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Titre :
Lectures
Grâce à ses critiques littéraires, Lectures souhaite faire connaître la valeur intellectuelle et morale des nouvelles parutions tout en créant un barrage efficace contre les « mauvaises lectures ».
Éditeur :
  • Montréal :Service de bibliographie et de documentation de Fides,1946-1966
Contenu spécifique :
mardi 1 avril 1958
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque mois
Notice détaillée :
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    Prédécesseur :
  • Lectures et bibliothèques
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Lectures, 1958-04, Collections de BAnQ.

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PER L-22 ECTURES Nouvelle série Vol.4 - No 15 Montréal, 1er avril 1958 Pour une saine hygiène des lectures Le cri d'alarme lancé par Son Eminence devant l’envahissement progressif de la littérature obscène, cri qu’ont repris, avec des variantes de détail, presque tous les évêques de la Province, a suscité des remous divers.Les uns, interprétant à leur façon les directives de l’Eglise, y ont vu un argument politique de première force.L’histoire se répète: ce n'est pas d’hier que des soldats mettent en lambeaux, pour se l’approprier, la tunique sans couture du Christ.D’autres, dont la vue était obstruée par une énorme poutre, ont tout de suite compris que l’Eglise mettait son doigt sur la paille qui dansait dans l’œil du voisin.Certains journaux, admirables de respect envers notre Mère l’Eglise, ont donné toute la publicité voulue aux messages successifs de son Eminence.Ce geste ne les obligeait pas, semble-t-il, à éliminer les annonces suggestives qui s'étalaient sur d’autres pages, encore moins à refuser de battre fanfare au profit d’un auteur à l’Index.Cela s’appelle, selon l’optique où l'on se place, de l’éclectisme, de la largeur de vue, de l’inconséquence ou de la religion à compartiments (un compartiment où l'on appuie le Cardinal dénonçant la mauvaise littérature, un compartiment où l’on prête main forte à un auteur condamné par l’Eglise).D'autres enfin, qui n'avaient vraisemblablement pas bonne conscience, se sont crus visés et ont repris une rengaine, aussi usée que certaines rengaines électorales, pour « dénoncer l’ingérence de l’Eglise dans le domaine temporel ».Nous ne parlons pas des fous qui ont écrit que le diable était à l'œuvre dans le monde de par la permission de Dieu et que vouloir s’opposer à son action par la force c’était contrecarrer l’action de Dieu.Ceux-là sont des «« illuminés » et personne ne les entendra sans sourire de commisération.* * * A côté de tout cela qui donne la nausée, il y a eu le geste, très simple mais très efficace, de parents qui ont entrepris le nettoyage des journaux qui, par l’une ou l'autre porte, pénétraient dans la maison.Il y a eu aussi la lettre de cette mère de famille, cancellant son abonnement à un journal et expliquant: « Je ne crois pas que la lecture de votre journal puisse garder pures l’âme de mon mari et celle de mes enfants ».Il y a eu aussi l’éloquente réaction d’un distributeur de journaux qui a retourné le paquet qu’il avait coutume de recevoir.Il y a eu enfin, à l’échelle de certaines collectivités diocésaines, la constitution de comités de presse aux dénominations diverses.Entre le groupe des « contre » et le groupe des « pour », à côté de ce remous provoqué par le cri d’alarme de Son Eminence et des évêques, il y a eu la morne indifférence d'une bonne portion du public cultivé.Pour ce dernier, la littérature ordurière, c’est l’homme de la rue qu’elle touche, pas lui.Et cependant, l’appel de l’Eglise n’aurait pas atteint son but si tous et chacun de ceux qui lisent, que ce soit des journaux, des magazines ou des livres, n’y voyaient une invite à améliorer la qualité de leurs lectures.N’y aurait-il pas là matière à un sérieux examen de conscience ?Quand s’effritent et se gangrènent les membres d’un organisme, n’est-ce pas l’indice d'un mal interne plus profond qui pourrit le cœur ou le cerveau ?Quand la classe dirigeante d’une société se nourrit de Sartre, de Colette et de Sagan, il n’y a pas de raison pour que la littérature pornographique ne prolifère dans les classes populaires.L’Eglise, chez nous, s'est prononcée, et avec une admirable énergie, contre la mauvaise littérature.Cette mise en garde vaut non seulement pour les journaux obscènes, mais aussi pour la pléthore de livres, de qualité douteuse, qui encombrent trop de nos librairies catholiques.Cet appel à la vigilance s’adresse non seulement aux lecteurs de journaux orduriers mais aussi aux lecteurs cultivés qui se donnent la licence de tout lire.Notre classe dirigeante, plus encore que les autres classes — à cause de son rôle et de ses responsabilités —, a besoin d’une saine hygiène intellectuelle.R.LECLERC LECTURES REVUE BI-MENSUELLE DE BIBLIOGRAPHIE CRITIQUE publiée par le SERVICE DE BIBLIOGRAPHIE HT DE DOCUMENTATION DE FIDES Direction: R.P.Paul-A.Martin, c.s.c.Rédaction: Rita Leclerc Abonnement annuel: $2.00 Etudiants: $1.00 Le numéro: $0.10 HIDES, 25 est, rue Saint-Jacques, Montréal-1 — Plateau 8335 Autorisé comme envoi postal de la deuxième classe.Ministère des Postes.Ottawa.Faits et commentaires Centre ' au Collège Canadien à Rome TROIS-RIVIERES (CCC).— Le Comité des Fondateurs de l’Eglise canadienne projette d’aménager un Centre bibliographique au Collège Canadien de Rome, a révélé M.le chanoine J.-L.Beaumier, membre de ce Comité et vice-postulateur de la cause de Marie de l’Incarnation, à son retour de Rome.Son voyage dans la Ville Eternelle a été fait dans ce but précis, à la suite d’une réunion du Comité tenue à Québec le 12 décembre 1957.Ce Centre bibliographique pourra renseigner tous ceux qui s’occupent de questions canadiennes à Rome, spécialement ceux qui travaillent aux causes historiques de canonisation.D’après M.Beaumier, ce Centre pourrait être constitué d’une petite bibliothèque, complétée par un fichier, se référant à des ouvrages canadiens dispersés dans diverses bibliothèques de Rome.M.le chanoine Beaumier a trouvé que le Collège Canadien est l’endroit tout désigné pour établir un tel Centre.Etant le milieu intellectuel et religieux canadien à Rome, quiconque désire des renseignements historiques, surtout d’ordre religieux, s'adresse spontanément au Collège Canadien.Cette institution possède déjà l’espace requis pouvant recevoir environ 2,000 volumes.M.Romuald Bissonnette, sulpicien, recteur du Collège, a fait faire un inventaire complet des ouvrages canadiens de la grande bibliothèque du Collège.Quant au fichier, il permettrait de compléter la petite bibliothèque.Il contiendrait de brefs renseignements sur des ouvrages canadiens pouvant être utiles dans la recherche historique sur le Canada religieux.Index des auteurs recensés dans ce numéro BARRAT (D.et R.), p.237 DAVY ( M.-M.), p.236 DENIS (R.), p.233 DUCHEMIN (M.), p.235 DURAND (S.-M.), p.232 CiRANDBOIS (A.), p.227-228 - Publication approuvée par P Ordinaire LEKEUX (M.), p.234 LOMBARD! (R ), p.234 MARIE-VICTORIN (Frère), p.229-231 SPEAIGHT (R.), p.235-236 SOUBIGOU (L.).p.234 SWIGGETT (H.), p.236 226 35099554 Littérature canadienne Etudes d'auteurs Alain Grandbois A Saint-Casimir de Portncuf, où il naît le 25 mai 1900, Alain Grand-bois vit une enfance heureuse.Il fréquente l'école.Il étudie au Collège de Montréal, au séminaire de Québec, à St-Dunstan Uni-versity.Après l'obtention de sa licence en droit à l'Université Laval de Québec, il suit des cours à l’Université de Paris.Dès 1918, il réalise ses rêves de jeunesse et voyage: il parcourt le Canada et les Etats-Unis.De 1921 à 1928, c’est l'Europe, les capitales prestigieuses: Paris, Rome, Berlin.Vienne, Moscou.A l'instar de Biaise Cendrars.il chemine sur les routes du monde; on le retrouve en Afrique, en Italie (1929), aux Indes (1930).On n’en finirait plus de dénombrer les contrées et les mers que traverse ce poète errant.De 1931 à 1938, entre plusieurs séjours à Port-Cros et à Paris, et quelques escales au Canada, il apprend les divers visages de l'homme et de la terre: Allemagne, Proche-Orient.Chine, Japon.Espagne, etc.Entre temps, sous tous les deux, il écrit, publie ses premiers livres, noue des amitiés.A l'annonce d une guerre imminente, il rejoint son pays, se fixe à Montréal.Par delà le chaos, de longues vagues de souvenirs l'assaillent, plus vivaces que l'instant présent; et en des images étranges s'inscrivent des accents encore inouïs au Canada.Après les mystérieux Voyages de Marco Polo, se fait entendre la voix passionnée des Iles de la Nuit.Ces deux volumes valent à leur auteur le prix David.Alain Grandbois participe, en 1944, à la fondation de l'Académie canadienne-française.Il ne cesse d'écrire, des poèmes, des nouvelles, des articles de critique et même une émission radiophonique: Visages du Monde.Récipiendaire du prix Duvernay 1950, il se mérite aussi, en 1954, la médaille Lome Pierce de la Société Royale du Canada.Et c'est à nouveau l’Europe (1956).En 1957, il paraît à l’émission télévisée (CBFT) « Rencontre > et publie son quatrième recueil de poèmes, L’Etoile pourpre.Alain Grandbois vit actuellement dans une demi-retraite qui lui permet de se consacrer à son œuvre.Cette œuvre,1 malgré quelques déficiences (rares incohérences, propensions à la rhétorique), se distingue par l'ampleur et la richesse de ses thèmes que soutient une écriture de très haute qualité.Le poète communie intimement avec les quatre éléments.Il s’enracine dans la terre, s’ancre dans la mer, se dresse face à l’espace et aux planètes de feu.Et dans cet affrontement prométhéen du cosmos, il clame une douleur sauvage de vivre condamné à « la seule vigilance de cette étoile fatale et précise ».Il embrasse tout l’univers matériel et l'offre, comme en un geste de primitif religieux, en holocauste à sa désespérance d’homme fragile et fugace.Car l'immensité et la solidité de l'univers ne lui font que mieux constater, par contraste, l’éphémère de la condition humaine.C’est ainsi que se mêle au thème des éléments celui de la mort.Cette mort attirante et certaine, le poète ne la repousse que pour prendre du recul et la jauger.Mais elle pèse sur ses épaules et le force à rentrer en lui-même, à renouer avec le passé.Alain Grandbois réussit cependant à signifier une qualité particulière de la mort, c’est-à-dire son pouvoir de susciter, en 1.Le manque d’espace nous oblige à ne proposer ici que quelques points de réflexion sur une oeuvre qui appellerait des analyses poussées.227 sa violence occulte, une attirance vers un mystérieux ««ailleurs», repoussant et désirable.La mort est aussi une blessure qui ouvre a l'amour.Constatons ici un renversement des perspectives coutumières aux poètes lyriques qui déplorent que la passion amoureuse s'abîme dans le vide métaphysique quand l’être est violenté dans son existence même.Alain Grandbois, dans un saut vertigineux, franchit le ravin où tôt ou tard roule et se fracasse le corps humain, et s'accointe avec l’Etre: Ils ilisent que nous nions Dieu A lors que nous ne cherchons que Dieu Que Lui seul Lui Des lies de la Nuit à L'Etoile pourpre, le thème religieux, d’abord en sourdine, puis en mineure et finalement avec véhémence, retentit, soit en contrepoint, soit dans l'exaltation d'une mélodie unique.Il semble constituer l'épicentre d’où se propagent en secousses sismiques les principaux thèmes de cette poésie: la mort dissolvante mais annonciatrice d'une recouvrance de soi-même; l'amour impossible mais si vorace qu'il requiert toujours un objet plus digne du désir de l’homme; l'attention aux phénomènes de la nature qui bouille et s’anime comme un monstre volcanique; la tendresse qui s'abandonne, confiante, aux précarités de la vie.Tous ces thèmes se retrouvent (parfois édulcorés) dans l'œuvre en prose d'Alain Grandbois.Il n'est, pour s’en persuader, que de lire les récits de la mort d'Anahatoha et du P.Marquette (Né à Québec), l’évocation de l’effritement moral de Béatrix (Les Voyages de Marco Polo) et la nouvelle intitulée Le Rire (Avant le Chaos).Dans une langue nerveuse et sensuelle à la fois, Alain Grandbois esquisse un paysage, une silhouette, plante des vérités en pleine lumière sans pourtant renoncer à les auréoler d’une pénombre de mystère.Né à Québec et Les Voyages de Marco Polo sont plus que de simples proses d'art; ce sont les récits d'un poète qui s’explicite.Et Avant le Chaos, si on le considère uniquement comme une autobiographie romancée.perd de son charme envoûtant.Car là où le poète sacrifie à la clarté, il demeure un artiste admirable.Et c'est peut-être cette dualité formelle de l'œuvre d’Alain Grandbois qui.au premier abord, laisse le lecteur perplexe.Entre Né à Québec et les lies de la Nuit, la transition est brusque.Pourtant, c'est, fondamentalement, le même univers qui s'exprime; mais par des moyens et à des niveaux différents.A l’imagerie luxuriante et au rythme incantatoire de la poésie répondent la notation précise mais évocatoire et la rapidité nerveuse, elliptique, de la prose.Alain Grandbois n'a pas fini de rayonner sur nos lettres.Déjà salué en Europe comme un grand poète, pratiqué avec ferveur par la jeune génération d'intellectuels canadiens, il conquerra sans doute bientôt l’audience du grand public.Nous croyons que la majeure partie de son œuvre actuellement publiée ne passera point.# * * ŒUVRES.1 2 — Né à Québec.Louis Jol-liet.Paris, Messein, 1933.254p.(Réédité en 1949, chez Fides, dans la collection du Nénuphar).— Poèmes.Hankéou (Chine), 1934.(Ces poèmes ont tous été repris, avec des variantes, dans Les Iles de la Nuit).— Les Voyages de Marco Polo.Montréal, Valiquette.1942.229p.(Prix David).— Les Iles de la Nuit.Poèmes.Montréal, Parizeau, 1944.131p.(Prix David).— Avant le Chaos.Nouvelles.Montréal, Les Editions Modernes, 1945.201p.— Rivages de l'Homme.Poèmes.Québec, 1948.94p.— L’Etoile pourpre.Poèmes.Montréal, L'Hexagone.1957.77p.- * * * SOURCES A CONSULTER.— Baillar-geon (Samuel), c.ss.r.Littérature Canadienne-Française.Montréal, Fides, 1957.p.343-348.— Bégin (Emile), dans l'Enseignement secondaire au Canada (P.C.l 1942.no I, p.71-73.— Chevalier (Willie), Alain Grandbois, dans Le Digeste français [P.C.] 1951, no 136.p.66-71.— De Grandpré (Pierre), La * revenue d'Alain Grandbois », dans Le Devoir [P.C.| 15 février 1958.— Garneau (René), Alain Grandbois et la familiarité de la mort, dans Les Cahiers de l’Ouest [P.F.] 1954, no 3.p.24-26.— Gendreau (Roland), Alain Grandbois, ensorcelé des Iles, dans Reflets, I, 1 (1951) Université de Montréal, p.23-31.— Houle (Jean-Pierre), Les poèmes d’Alain Grandbois dans L’Action Nationale [P.C.| 1949, no 33, p.26-33.— Leblanc (Léopold).Alain Grandbois ou la tentation de l'absurde.Thèse (inédite).Université de Montréal, 1957.— Racette (Jacques-Thomas), dans La Revue dominicaine [P.C.l 1949.no 1, p.167-171.Jacques BRAULT 1.Il ne s'agit ici que de 1res sommaires indications bibliographiques.2.En plus, Alain Grandbois a collabore à nombre de journaux et revues, et écrit plusieurs textes radiophoniques.22N Frère Marie-Victorin ¦ Notre enfance s'ouvre sur la prairie comme un clair matin.Les herbes hautes et frissonnantes en recueillent les enchantements comme les promesses du jour.Telles furent les premières années de Conrad Kirouac, né à Kingsey Falls, le 3 avril 1885, du mariage de Cyrille Kirouac et de Philomène Luneau.Ces journées pleines de soleil se passèrent à l'Ancienne Lorette, à Saint-Norbert d’Arthabaska et à Saint-Sauveur de Québec, où un important commerce retenait le père du jeune Conrad.Ce que furent ces premières années, les Récits laurentiens nous le redisent un peu.Conrad Kirouac fréquenta d’abord son école paroissiale de Saint-Sauveur de Québec, puis il passa à l’Académie Commerciale dirigée par les Frères des Ecoles chrétiennes.Attiré par la vie de dévouement de ses maîtres, il décida, en 1900.d'entrer au noviciat de Maisonneuve où il devint le Frère Marie-Victorin.Il fit de l'enseignement à Saint-Jérôme, à Saint-Léon de Westmount, puis à Longueuil où.pendant quinze ans, il assuma la direction de la classe supérieure et du Cercle LaSalle de l’A.C.J.F.Une santé précaire lui fournit l'occasion de s’intéresser aux plantes: le professeur L.Fernald.de l'université Harvard, fut son guide dans cette nouvelle voie.De 1908 à 1920, il travailla dans un isolement presque complet, poursuivant sans défaillance l'étude de la flore du Québec.En 1920, l'université de Montréal étant devenue autonome, Mgr Georges Gauthier demanda au Frère Marie-Victorin d’assurer la fondation de l’Institut botanique.En 1922, il était nommé professeur titulaire, alors qu’il obtenait son doctorat ès sciences de cette institution.Les premières années furent des temps héroïques: le Frère Marie-Victorin s’appliqua d’abord à doter l’Institut d’un corps professoral de première valeur.Il améliora grandement le programme des études et s’efforça de vivifier l’enseignement par des travaux de recherches.11 constitua une bibliothèque d’une grande valeur documentaire et travailla sans relâche à l’enrichissement de l'herbier.Il compléta ce rayonnement par des publications nombreuses, par l'organisation de cours de vacances pour les professeurs de l'enseignement secondaire et par la fondation de sociétés et de groupements parascientifiques.Le Frère Marie-Victorin connaissait l'influence profondément éducatrice des voyages d'études.Des excursions botaniques furent organisées chaque année durant la période des vacances, à partir de 1920.Il couvrit de la sorte à peu près toute la province de Québec et même une partie de l’Ontario.En 1929, il fit un grand voyage en Europe, en Asie et en Afrique, parcourant le continent noir depuis le Cap jusqu’au Caire.Chaque année, il se rendait aux Etats-Unis, afin de prendre part au congrès scientifique ou de visiter les maîtres de la botanique américaine.Durant les dernières années de sa vie.il passa les saisons d’automne et d’hiver dans l'Ile de Cuba, y poursuivant des études floristiques importantes publiées sous le titre général de Itinéraires botaniques dans l'Ile de Cuba (3 volumes).Le Frère Marie-Victorin ne se contenta pas de son action dans le milieu universitaire.Il voulut également se pencher vers la jeunesse pour lui apprendre les secrets de la nature.C’est pourquoi, il accorda tout le prestige de sa vaste autorité à l'organisation des Cercles de Jeunes naturalistes.et c'est même en pensant à tous ces jeunes qu’il écrivit sa Flore laurentienne qui fut l'œuvre principale de sa vie avec la fondation du Jardin botanique.Depuis 1925, le Frère Marie-Victorin semait partout l’idée de créer à Montréal un jardin botanique.L'œuvre rencontra de multiples difficultés.En 1936, les plus beaux rêves allaient devenir une réalité; trois années plus tard, l'Institut botanique quittait l’immeuble de la rue Saint-Denis pour s’installer au Jardin.Cette dernière institution dispense aux visiteurs, presque à leur insu, un enseignement de grande portée: dans un cadre merveilleux, chaque saison y renouvelle, avec une fécondité inlassable, la féérie des couleurs et des parfums.229 J Le Frère Marie-Victorin fut toujours l’hom-me-labeur.En cette chaude journée du 15 juillet 1944, il s’en était allé avec quelques collaborateurs en excursion botanique dans la région de Thetford Mines: c’est en revenant, qu'un stupide accident de la route vint interrompre tragiquement cette vie montante pleine de rayonnement et de dynamisme.Il n’avait que 59 ans ! Le Frère Marie-Victorin fut un grand convaincu de la dignité de sa vocation de religieux éducateur.Pour la garder, il accomplit de sérieux sacrifices, refusa des offres honorables et alléchantes, et il ne perdit ja-faisante requise auprès des jeunes.Il aima passionnément.11 fut l’initiateur des retraites fermées pour étudiants.Son journal intime revient avec insistance sur le sens réel de sa vocation: celle d'un apôtre qui puise auprès de Dieu et de la Vierge Marie l’influence bienfaisante requise auprès des jeunes.Il aima aussi passionnément sa Congrégation, et pour saluer le dernier petit Frère qui se présentait à son bureau, il laissait de côté les plus grands personnages.Une correspondance où passait tout son cœur allait au moment voulu rejoindre l’âme désemparée de tel ou tel de ses anciens, relever son espoir et lui montrer, sans prêcher, les horizons surnaturels.D’ailleurs, sa dignité de vie était une leçon perpétuelle pour tout son entourage.* * * L’œuvre écrite du Frère Marie-Victorin peut être groupée sous les chefs suivants: éducation, littérature, histoire, science pure, et vulgarisation scientifique.Dans le premier groupe, il faut ranger les discours académiques prononcés régulièrement au fauteuil présidentiel de la Société Canadienne d’Histoire Naturelle ou lors des réunions de l’ACFAS; certains de ces travaux furent des articles de combat et connurent un retentissement considérable.En littérature, il convient de rappeler les Récits laurentiens et les Croquis laurentiens; en histoire, un drame Charles Lemoyne et Peuple sans histoire.Dans le domaine scientifique, la liste est très longue, des articles ou travaux de science pure dont l’ensemble est dominé par La Flore laurentienne, lourd in-quarto, fruit d’une collaboration intense de tout le personnel de l’Institut botanique, en particulier du Frère Alexandre, é.c., auteur de plus de 2,00() dessins; il reste enfin les articles ou travaux de vulgarisation scientifique qui atteignent presque la centaine et qui sont de petits bijoux de précision scientifique aussi bien que d’élégance littéraire.Quel jugement porter sur l'ensemble de l’œuvre de Marie-Victorin ?Il fut un artiste très sensible et très raffiné, un savant rigoureux, un homme de culture et un véritable humaniste.L’un des plus grands services qu’il a rendu à notre littérature, ce fut celui de détruire le préjugé de l’opposition entre les Sciences et les Lettres.Non content de se lancer presque seul dans cette croisade, il démontra, par son exemple personnel, à quelle hauteur peut s’élever un écrivain lorsque ses connaissances philosophiques et ses talents littéraires sont appuyés sur le roc solide de la science.Son œuvre de vulgarisation scientifique en particulier constitue un apport précieux à la littérature pédagogique, puisque la plupart de ses travaux sont destinés à la jeunesse des écoles; ils sont remarquables par la précision technique, l’élégance du style et la richesse de l’expression.L’une des principales caractéristiques de l'œuvre littéraire du Frère Marie-Victorin, c’est le souci de la couleur locale; la description est l’un des domaines où il excelle davantage, car il lui insuffle toute la vie bouillante des êtres eux-mêmes.Il faut y ajouter le souci de l’observation directe de la nature et la hantise de l’exactitude scientifique.A ces qualités qui sont le signe non équivoque du véritable humanisme, il joint une richesse de vocabulaire qui déconcerte parfois et que certains critiques ont estimé de la préciosité.« Sa langue, note Louis Dantin, est d’une plantureuse variété, d’une richesse prin-cière et prodigue.Son invention verbale n’a de limite que celle de plusieurs dictionnaires et d’une douzaine de manuels techniques.* * * * ŒUVRES: I.— Science: La flore du Témiscouata.Québec, 1926.125p.— Les Filicinées du Québec.Montréal, 1923.97p.— Les Lyco-podinées du Québec.Montréal, 1925.122p.— Etudes floristiques sur la région du Lac Saint-Jean.Montréal, 1925.175p.— Les Equisélinées du Québec.Montréal, 1927.137p.— Les Gymnospermes du Québec.Montréal, 1927.147p.— Le dynamisme dans la flore du Québec.Montréal, 1929.89p.— 230 Les Liliiflores du Québec.Montréal, 1929.89p.— Les Spadiciflores du Québec.Montréal, 1931.60p.— La Flore laurentienne, illustrée par le Frère Alexandre.Montréal, Imprimerie De-La-Salle.1935.927p.2,800 fig.— Nouvelles entités de la flore phané-rogamique du Canada oriental.Montréal, 1940.74p.— L'Institut botanique: vingt ans au service de la Science et du pays (1920-1940).Montréal, 1941.40p.— Itinéraires botaniques dans l'Ile de Cuba.I.Montréal, 1942.486p.— II.Montréal, 1944.418p.— III.Montréal, 1956.236p.II.— Littérature.Education.Vulgarisation scientifique: Récits laurentiens.Paris, Editions Casterman - Tournai, Les F.E.C., 1919, 207p.— Croquis laurentiens.Montréal, 1920.153p.— Peuple sans histoire (fantaisie dramatique).Montréal, 1925.22p.— Discours ou articles publiés en divers journaux ou revues: La province de Québec, pays à découvrir et à conquérir.— La Science et nous.— Le Pin blanc.— Le Jardin botanique de Montréal.— Les Sciences naturelles dans l'enseignement supérieur.— Dans le maelstrom universitaire.— Dix ans après (La Société canadienne d’Histoire naturelle).— La tâche des naturalistes canadiens-français.— Une génération de professeurs sacrifiés.— Après la bataille, les œuvres de paix.— Pour un Institut de géologie.— Nous nous mourons d’académisme vide.— La Science et notre vie nationale.— Etc., etc.* * * SOURCES A CONSULTER.— Audet (Louis-Philippe), Le Frère Marie-Victorin, ses idées pédagogiques.Montréal, Les Editions de l’Erable, 1942.282p.(On trouvera, dans cet ouvrage, une bibliographie complète jusqu’à 1942 de l’œuvre écrite de Marie-Victorin, bibliographie préparée par Marcelle Gauvreau).— Rumilly (Robert), Le Frère Marie-Victorin et son temps.Montréal, Les Frères des Ecoles chrétiennes, 1949.459p.— Bulletin du Très Saint Enfant Jésus, mars, avril 1945.Intéressant documentaire par Marcelle Gauvreau.— L’Intérim, décembre 1944.Numéro consacré au Frère Marie-Victorin.— Mes Fiches, no 164, avril 1945.Hommage au Frère Marie-Victorin.— Dantin (Louis), Croquis laurentiens par le Frère Marie-Victorin; appréciation dans Gloses critiques.Montréal, Editions Albert Lévesque, 1931; p.7-20.— Préfontaine (Georges), La Flore laurentienne du Frère Marie-Victorin.Montréal, Le Devoir, livraisons du 13 et du 15 avril 1935.A ces sources qui peuvent être consultées par tous, il faut ajouter de très nombreux textes manuscrits conservés à l'Institut botanique de l’Université de Montréal et surtout le Journal intime du Frère Marie-Victorin, journal conservé précieusement par les Frères des Ecoles chrétiennes de la province de Montréal.Louis-Philippe AUDET Pour les jeunes - Coll.Le Pélican Robert de Roquebrune D un océan à l'autre T 28p.G.Cerbelaud-Salagnac Le fils de Sikorh (Chemise-de-Pierre I) 104p.La caverne de la montagne (Chemise-de-Pierre II) 112p.Illustrés.Couv.cartonnée, ill.en couleurs.$1.10 chacun (par lo poste $1.20) ___________________ Chez FIDES notices bibliographiques Géographie (91) DURAND (Suzanne-Marie) CANADIENS, AIES AMIS ! Québec, Editions du Pélican, 1957.140p.ill.19 cm.S1.75 (frais de port en plus) Pour tous « Ce qu'un être humain peut faire de plus grand en ce monde, c’est de voir quelque chose, et de dire d’une manière simple ce qu’il voit.Des centaines d’hommes sont capables de parler pour un qui sait penser; mais il y en a des milliers qui sont capables de penser pour un qui sait voir.Voir clairement, c’est poésie, prophétie et religion.> Cette pensée de John Ruskin que l’Auteur a mise en exergue à son livre, elle revient spontanément en mémoire au moment où on le ferme, et c’est là, je crois, le plus bel éloge que l’on puisse faire à Canadiens, mes amis.Invitée à faire, au Canada français, un séjour de deux mois, la fine psychologue et l’éducatrice de carrière qu’est Suzanne-Marie Durand a su voir et peindre notre pays comme bien peu de touristes, au terme de séjours plus prolongés.Quand on se rappelle les récits de la plus haute fantaisie qui ont pu sortir de la plume de gens dont c’était le métier de voir Nouvelle présentation - Coll.Les Maîtres de la Spiritualité Introduction à la vie dévote par Saint François de Sales 324p.16cm.Couverture vynil (rouge, bleue, verte ou noire) $2.00 (par la poste $2.10) __________________ Chez FIDES et de bien voir, on respire d'aise à parcourir le livre Canadiens, mes amis.11 faut dire que, sous l'égide de guides particulièrement bien informés (Mgr Tessier, Mgr Victor Tremblay, etc.), il était plus facile à Mlle Durand d'aller droit à l’essentiel.Comme on pouvait s'y attendre, le voyage de l’Auteur au Canada français était surtout orienté vers les Instituts familiaux.Son reportage nous promène dans ces magnifiques institutions qui se multiplient dans la Province.Tout au cours de la randonnée, l'Auteur peut cependant admirer les visages multiples de notre pays, et sa plume très vivante et très simple se plaît à décrire des types humains comme les Bourgault et des coins aussi splendides que la vallée du Saguenay et la corniche de la Gaspésie.11 est toujours intéressant de connaître les impressions des Français qui visitent notre pays.Si l’on a été déçu par certains touristes qui semblaient n’avoir d’autre chose à faire que de rechercher les restes de la Huronie, ou de jeter les hauts cris parce qu'ils ne trouvaient pas de vin à leur goût au premier restaurant venu, qu’on lise les pages lucides et ferventes que Suzanne-Marie Durand consacre à notre pays.R.L.Nouveauté Coll.Rêve et Vie Pointe-aux-Coques par Antonine MAILLET Un roman dont l’action se déroule dans un charmant petit village d’Acadie.La jeune fille venue pour un an dans le pays de son père cédera à la chanson des trèfles et des mgues, et du jeune pécheur au visage bronzé qui, un soir, lui a parlé tout bas sur la grève.127p.Couv.illustrée $1.50 (par la poste $1.60) m^mCHEZ FIDES 252 Biographie (92) DENIS (Roland), o.m.i.LE IEÜ DANS LA MONTAGNE.Présenté par Eugène Nadeau, o.m.i.Montréal, Rayonnement {1958}.263p.photos (h.-t.) 19.5cm.S2.00 (frais de port en plus) Pour tous Ascensiones in corde suo disposait (Lv.83, 6): il est peu d’âmes dont on puisse, comme de celle du Père Roland Denis, suivre aussi facilement la montée graduelle vers les hauts sommets de la vie spirituelle.On le doit au fait que son histoire repose tout entière sur les écrits personnels du héros, 667 lettres intimes et 4 ?journaux » annuels sur ses opérations de missionnaire.Le narrateur, le Père Eugène Nadeau, l’auteur au doigté si délicat de Martyre du silence (Mère Marie-Anne) et de Sapier (le Père Xavier Fafard), s’est volontairement caché derrière sa documentation et s’est contenté d’en établir le lieu chronologique ou d’en éclairer brièvement les allusions.Ce qui ressort en premier lieu de ce récit.Réédition- Coll.Lo Gronde Aventure Le canon tonne % a Saint-Eustache par Georges CERBELAUD-SALAGNAC Un roman dont l'action se situe en 1837, à l’époque troublée de l'Insurrection.127 pages $1.25 (par la poste $1.35) En vente partout et à 25 est, St-Jacquei, MONTREAL |[( 135, ave Provencher, I IULU SÀINT-BONIFÀCE, Man.c'est que le Père Denis n'avait pas la vocation de «Père quêteux»; il a compris deux ans seulement avant sa mort que la soif des âmes, dans un pays dépourvu de tout, ne peut se satisfaire que si l’on a d’abord ouvert les esprits par l’école et soulagé les corps par les œuvres de miséricorde.Cette expérience tardive s'explique par le fait que le Père Denis ne songea d'abord qu'à un résultat: arracher les âmes des Basutos à leur corruption morale et les associer, par la grâce de son ministère apostolique, à la grande famille des rachetés.Or.pour que ce ministère fût vraiment fructueux, le missionnaire voulut que sa vie personnelle fût d'abord tout imprégnée de vie surnaturelle.L’identification de son âme avec celle du Christ, par le renoncement à soi-même, par l'union à la Passion, par la prière et la pénitence constantes, est le leitmotiv de tous les écrits ici exploités.Le livre fermé, on s’aperçoit qu’on y a vécu au contact d’un homme conquis à l'idéal missionnaire dès l’âge de dix ans et que cet idéal fascine encore à l'heure où Dieu le rappelle à Lui.Le Père Denis apparaît ainsi la traduction concrète du modèle de l'apôtre, tel que le dessine Dom Chautard dans L’âme de tout apostolat, le livre de chevet de ce Basuto d’adoption.Sa vie de privations est d’autant plus édifiante qu'elle oscille entre deux pôles: les misères inhérentes à l’une des missions les plus difficiles au monde (sœur jumelle de celle de la baie d’Hudson), l'humour et même la gaieté avec laquelle l’Oblat non seulement accepte toutes ces privations, mais court au devant d’elles.C’est le spectacle le plus réconfortant apporté par cette lecture que celui de ce jeune Père (1921-1956), abandonné presque seul dans un territoire impraticable, entassant les tâches les unes sur les autres, sentant qu’il s’y use à petit feu, et néanmoins constamment heureux parce que son Maître et sa Mère y sont glorifiés.En laissant au Père Denis le soin d'offrir lui-même ce spectacle aux jeunes qui cherchent leur vocation, le Père Nadeau rend à notre Eglise missionnaire, substitut de la France, un immense service: il suscite le recrutement du bataillon d'ouvriers qui iront prendre, dans la vigne du Seigneur, la place des apôtres tombés, comme le Père Denis, au champ d’honneur.On ne saurait assez le remercier d’une propagande évangélique dont il double la valeur en s’effaçant devant son frère oblat Emile CHARTIER, p.d.233 Littérature étrangère Notices.„ .".s Religion (2) LEKEUX (Martial), o.f.m.LART DE PRIER.Paris, P.Lethiel-leux {‘1957}.292p.22cm.Pour tous Les livres du Père Lekeux ont d’ordinaire très bonne presse.Oui n’a lu et goûté les ouvrages bien connus: Maggy, Mes Cloîtres dans la tempête, Sainteté et bonne volonté ?La même saveur spirituelle se retrouve dans l'Art de prier.L'Auteur y apporte une réponse à ce besoin de prier qui, consciemment ou non, tourmente bon nombre de catholiques que dessèche un matérialisme de plus en plus envahissant ou l’activisme des œuvres.Difficultés inhérentes à la prière, nécessité de l’oraison dans une vie qui se veut belle et féconde, méthodes à utiliser pour prier: c’est l’exposé de tout cela que liront ici ceux qui ignorent jusqu’à l’a.b.c.de l’oraison.Ceux qui ont quelque pratique de la prière pourront y trouver le rappel de très utiles vérités.A.C.LOMBARDI (Ricardo), s.j.PIE XII POUR UN MONDE MEILLEUR.I.Les premiers pas du mouvement.Traduit de l’italien par J.Thomas-d’Hoste.Paris, La Colombe {cl958}.192p.19.5cm.— II.Préannonce du Mouvement.158p.Pour tous Le Père Lombardi n’est pas un inconnu au Canada où nous sont parvenus des échos de la croisade qu’il a entreprise pour un monde meilleur.Le Mouvement pour un Monde meilleur a été lancé en février 1952, par S.S.Pie XII.Il vise à obtenir un renouvellement général des âmes et des institutions, par l’entremise de l'Eglise, et dans le monde entier.Les deux volumes qui viennent de paraître aux Editions de La Colombe nous exposent l’historique du mouvement ainsi que la doctrine qui l'inspire.Tous ceux qui sont séduits par le Réarmement moral feraient bien de parcourir ces pages du Père Lombardi.Ils y découvriront peut-être qu’ils n’ont pas à chercher ailleurs que dans leur catholicisme — mieux connu et intégralement vécu — les ferments qui transforment les âmes et revivifient les sociétés.A.COTE SOUB1GOU (Mgr L.) SAINI PAUL GUIDE DE PENSEE ET DE VIE.Paris, P.Lethielleux {cl957}.173p.19cm.Pour tous Il n'est pas toujours facile, même pour des chrétiens cultivés, de comprendre la doctrine paulinienne.Le livre de Mgr S^bigou peut les y aider.11 groupe une série de douze conférences, prononcées à Rio de Janeiro, devant un auditoire de laïcs.Les idées développées se groupent autour de cinq centres d’intérêt: la connaissance du mystère du Christ, l’entrée dans l’Eglise, la pratique de la vie chrétienne, l’attente du retour du Seigneur, la valeur exceptionnelle du témoignage de saint Paul.On trouvera un grand profit spirituel à méditer ces pages où la profondeur de la pensée ne nuit en rien à sa clarté.t A.COTE 234 ^8909175 Littérature (8) DUCHEMIN (Michel) LES GAULOIS SONT DANS LA STEPPE.Roman.(Bruges} Desclée de Brouwer {'1957}.220p.18cm.Pour adultes Je crains que les lecteurs des œuvres précédentes de Michel Duchemin ne soient déçus s’ils lisent son ouvrage intitulé Les Gaulois sont dans la steppe.Duchemin, qui avait mis tellement d’humour et d’entrain dans Neuf filles pour un garçon ne réussit pas toujours à nous dérider avec ses Gaulois.Peut-être a-t-il mal choisi son sujet.Le Slave des latitudes de Léningrad et de Moscou est sans doute plus flegmatique que son cousin de Yougoslavie.Un groupe de Français, assez hétérogène, s'embarque sur le « Karlory » pour une visite de quinze jours en Union soviétique.Trois jours à Léningrad, autant à Moscou.Visite éclair qui permettra de remonter en vitesse une perspective Newsky large comme la Seine et qui se perd à l’horizon, de jeter un œil furtif à l’intérieur d’une basilique désaffectée, de suivre un guide dans un quelconque ancien palais royal dont les caractéristiques sont le colossal et le trompe-l'œil, de faire la queue à l’entrée du mausolée de Léline, enfin de visiter une usine de la banlieue de Moscou.Comme l’on est entre Français, et Français de droite et de gauche, on arrive à « s'engueuler », à se plaindre de la table et du service, etc.Ce voyage, Michel Duchemin a dû le faire « autour de sa chambre », tellement la documentation est mince et de troisième main.Aucune observation qui vaille la peine.L’Auteur semble n’avoir pas voulu se compromettre.Il fait siennes les opinions qui courent le monde sur le standard de vie en U.R.S.S., la valeur réelle des techniques russes, le camouflage auquel recourent les services du tourisme, de la propagande et de la publicité.La découverte la plus sensationnelle serait l’amabilité du peuple russe, l’aménité de ses douaniers et de ses policiers.Derrière ce rideau de fer, que l’on vient d’entrouvrir pour laisser entrer les Métèques, habiteraient des humains dont le comportement ne différerait pas du nôtre, occidentaux qui vivons en régime démocratique.Le plus étonnant serait cet état d’euphorie des masses courbées sous la dictature d’un Krouchtchev ?Non, ce n’est pas cela qui est étonnant.Vous ne devinerez jamais ! On est tellement féru là-bas de tout ce qui concerne la France, ses livres, ses films, ses artistes et ses chansons qu’à chaque tournant de rue, on se bute sur un Russe qui parle le français de façon impeccable ! Clément SAINT-GERMAIN SPEAIGHT (Robert) NATURE ET GRACE DANS LES TRAGEDIES DE SHAKESPEARE.Traduit de l’anglais par Henri Lemaître.Paris.Editions du Cerf, 1957.225p.22.5cm.(Coll.L'Art et Dieu).Pour tous On se rappelle ce gentleman qui, il y a deux ans, fut appelé ici comme juge (adjudicator) de nos festivals dramatiques.Par sa compréhension des pièces, par son sens de la mesure, par l’équilibre de ses verdicts, autant que par la distinction de son langage, il s’attira ici l’admiration générale.Quelle différence avec le matamore incompétent et prétentieux qui lui succéda, contraint de quitter les salles sous les huées de la foule ! C’est le gentleman Speaight qui expose ici, par l’étude fouillée de six pièces de Shakespeare, sinon la théologie ni même la philosophie, du moins la doctrine et les croyances sociales, du dramaturge.Nous disons « sociales »; car plutôt qu’une étude sur sa théorie de la nature et de la grâce, n’est-ce pas un résumé de ses considérations sur le désordre et l’ordre dans le monde que nous apporte ce volume ?En fait, ne serait-il pas mieux intitulé Equilibre et déséquilibre social dans Shakespeare ?Au dire même de l’auteur, chacune de ces pièces a pour point de départ ou pour résultat l’assassinat d’un roi, par le suicide ou le meurtre.Or, selon la conception de l’époque élisabéthaine, « l’Etat et la société, dont l’Etat est l’expression, sont ébranlés par le crime » (p.59), lequel devient ainsi un crime contre nature, entendons: contre l’ordre social.Que le désordre soit une maladie de la pensée (Hamlet), de l’imagination (Macbeth) ou du cœur (Antoine et Cléopâtre), le cosmos exige qu’il soit rétabli ou du moins vengé.C’est cette exigence du maintien de l’ordre dans les trois sections de l’univers shakespearien, dans l’homme politique, dans l’Etat et dans le monde, que le dramaturge a voulu illustrer.Tous ceux qui ont contribué à ce crime contre nature, tous ceux qui l’ont prépare 235 par leur taste, leur luxure ou leur folie, doivent expier s'ils ne se repentent pas, rentrer en grâce avec la nature s’ils ne sont pas à jamais pourris.Cette rentrée en grâce, chez Shakespeare, a pour symbole des figures idéales comme Cordelia {Lear) ou Miranda {Tempête)-, l’expiation est symbolisée par les orages et ouragans qui abondent dans ce théâtre.Mais, que l'une et l’autre soient nécessaires, on le devine sinon aux affirmations explicites de Shakespeare, au moins à ses allusions et insinuations constantes.En somme, si nous avons bien compris, les termes nature et grâce, qui reviennent constamment dans son œuvre, y ont un sens voisin des dogmes catholiques, celui de la communion des saints, celui du rachat et de l'expiation des fautes, ceux mêmes du Purgatoire et du Paradis.On comprend dès lors que l’ouvrage fasse partie d'une collection qui s’appelle « L’art et Dieu »: en mettant son art au service de l’ordre, donc de la raison et de la vérité, le poète a servi la cause de Dieu.Nous croyons avoir tiré ainsi la conclusion implicite d’une thèse assez difficile à saisir.Malgré son abstraction presque inévitable, cette thèse de M.Speaight sur la doctrine sociale de Shakespeare constitue, avec la biographie du poète due à Louis Gillet et la Dramaturgie de Mlle Gaubert (Parizeau, Montréal, 1945), une trilogie.Elle fournit au lecteur moyen une connaissance suffisante du dramaturge le plus génialement irrégulier qui ait illustré le théâtre.Kmile CHARTIER, p.d.tiers.Cette lutte, qui commence à Londres, s'achève sur le continent américain à New York: ce qui permet à l’Auteur d'accuser en relief les mentalités et les techniques de chacun de ces deux mondes dans le règlement des grandes affaires, question aussi de faire un peu d'humour en comparant deux équipes de tempéraments typiquement opposés.Sommes-nous peut-être gâtés par l'esthétique balzacienne au point de ne vouloir rencontrer que des personnages romanesques fortement portraiturés, régis par un mécanisme rigoureux de psychologie ?Vu de cet aspect.Les Grands de ce monde est un roman qui nous déçoit: on a l'impression, en le parcourant, de lire la gazette du jour â la page du monde des affaires ! L’analyse des réactions psychologiques — qui nous semble pourtant la pierre de touche du romancier véritable — paraît trop sporadiquement larvée ou marinant dans une décantation languissante.Faut-il objecter que la psychologie des hommes d’affaires soit telle ?Sans doute, en partie; mais l'Auteur en accentuant davantage les secrets de l’astuce et de la ruse chez ses personnages, aurait provoqué à plein tous les ressorts de l’illusion.Au contraire, le lecteur est tout surpris de n’être pas étonné: les événements se déroulent tout uniment dans le courant ordinaire le plus prosaïque.N’étaient l’intrigue d’amour sous-jacente et la personnalité cassante du personnage Sait, le roman s'avalerait péniblement.Ce roman voudrait-il être, sans le prétendre outre mesure, une réponse à Un Américain bien tranquille, de Graham Greene ?11 rétablit que ces Grands de ce monde sont souvent des hommes matérialistes, mais capables cependant d’humanité, du moins de quelque humanisation.Roland-M.CHARLAND Biographie (92) SWIGGETT (Howard) LES GRANDS DE CE MONDE (The Power and the Prize).Traduit de l’américain par France-Marie Watkins.Paris, René Julliard.359p.19cm.(Coll.Capricorne).$3.25 (frais de port en plus) Pour adultes L'intérêt de ce roman se concentre dans la lutte que se font deux compagnies métallurgiques rivales, l’une américaine et l’autre anglaise, pour réaliser des contrats avec des DAVY (Marie-Magdeleine) SIMONE WEIL.Préface de Gabriel Marcel.Paris, Editions Universitaires [1956].132p.pl.(h.-t.) 17.5cm.(Coll.Témoins du XXe siècle) Appelle des réserves Depuis 1947, le nom de Simone Weil éveille dans l’esprit de tous les gens qui prennent la vie au sérieux, la figure d’une présence mystérieuse, enrichissante et pleine d’inquiétude à la fois, une pensée profonde et com- 236 plcxe.Ses livres, pour la plupart publiés à titre posthume, dont les plus connus sont La Pesanteur et la Grâce, L'Enracinement, L’Attente de Pieu, révèlent les aspects d’une personnalité qui ne se laisse pas facilement saisir.L’extrême originalité de cette pourchas-seuse d'idées essentiellement militante, la culture sans bornes de cette toute jeune fille qui se dit elle-même chrétienne sans appartenir à quelque confession déterminée et que plus d'un considèrent comme une mystique des sommets digne de figurer dans une Histoire du sentiment religieux en France au XXe siècle, enfin tout d’elle et de son message ne saurait être adéquatement apprécié si l’on ignore les incidences principales qui ont façonné cette âme.« Nul n’était mieux préparé à cela que Marie-Magdeleine Davy >, d'écrire Gabriel Marcel en préface du présent opuscule.Auteur d’une Introduction au message de Simone Weil (Paris, Plon 1954), M.-M.Davy nous donne, compte tenu des limites de l’édition, une vue d’ensemble essentielle satisfaisante de Simone Weil et de sa pensée.Ruland-M.CHARLAND BARRAI' (Denise et Robert) CHARLES DE FOUCAULD et la fraternité.{Paris] Editions du Seuil {1958}.192p.ill.18cm.(Coll.Maîtres spirituels, no 15) SI.20 (frais de port en plus) Pour tous La collection des Maîtres spirituels, qui s'attache à présenter la physionomie et le message des grands « maîtres * de l'humanité — des maîtres aussi divers que Mahomet, saint Augustin, Jean Baptiste, Georges Fox, saint Paul, le Bouddha, Ca'vin, etc.(1) — a eu la main heureuse en choisissant le Père de Fou-cauld.Si l'on en juge par le nombre d’écrits de toutes sortes inspirés par le mystère de cette vocation exceptionnelle, si l'on en juge surtout par la floraison des communautés qui sont nées dans le sillage de cette vie qui, selon toutes les apparences humaines, s’était d'abord soldée par un échec, on peut dire que le Frère Charles a été à l’origine d'un véritable raz de marée spirituel et qu'il est l’un des maîtres les plus écoutés des catholiques du vingtième siècle.Même si déjà l’on a lu plusieurs biographies de Charles de Foucauld, on ne se lasse pas de se remettre devant les yeux la verti- gineuse trajectoire de cette âme en quête d’absolu et qui devait devenir d’une si totale transparence à Dieu.Aussi, l'on ne peut parcourir sans une profonde émotion, ce beau petit livre, bourré de textes du Frère Charles, qui nous présente d'abord l’histoire de sa vie exceptionnelle, puis l'essentiel d'un message en tout point calqué sur l’Evangile.L'originalité de cette biographie, c’est quelle ne se limite pas à l’existence terrestre du père de Foucauld, elle en retrace le rayonnement posthume, rayonnement qui tient du miracle.Communautés religieuses comme les Petits Frères et les Petites Sœurs de Jésus, les Petites Sœurs du Sacré-Cœur, instituts séculiers d'hommes et de femmes, fraternité de simples laïcs comme la Fraternité Charles de Foucauld, il semble que le message de celui qui s’appelait le Frère universel, soit inépuisable pour inspirer, par des voies diverses mais convergentes, la montée des âmes vers Dieu.A côté des textes de Charles de Foucauld.on trouvera, dans ce petit livre d’exceptionnelle qualité, des textes du Père Voillaume, de la Petite Sœur Magdeleine de Jésus, de Louis Massignon, etc.On ne saurait répandre trop largement un livre qui portera des fruits de vie.R.LECLERC] ( I ) Tous les titres de cette collection ne sont pas à répandre sans discernement.Grains de sagesse « S’agit-il du livre ou du cinéma, l’Eglise travaille à les maintenir sous l’influence des lois de la morale qu’ils ne sauraient violer sans trahir leur mission: index des livres, cotation morale des films, ont précisément pour but de remédier à l’ambiguïté des moyens qui, destinés à éduquer et à enrichir l’homme, peuvent, hélas ! si souvent servir à l’avilir.» S.Em.le cardinal FELT1N >« La vente des revues obscènes est un scandale et nous nous étonnons que des hommes qui se déclarent membres de l’Eglise continuent à manifester de letonnement lorsque Nous leur disons que le scandale est un péché grave et public.» S.Em.le card.P.-E.LEGER 237 Faits et commentaires le grand prix de littérature catholique à M.F.Weyergans PARIS (CCC) — Réuni à Paris, le jury du Grand Prix de littérature catholique, fondé en 1955 par l'Association des Ecrivains catholiques et la revue « Ecclesia », vient de couronner l’écrivain belge Franz Weyergans, pour son livre « Les jours heureux », publié aux Editions universitaires de Bruxelles et pour l'ensemble de son œuvre.Le jury est composé de MM.Daniel-Rops, Robert d’Harcourt, le duc de Lévis-Mirepoix, François Mauriac, de l'Académie Française; Gabriel Marcel, de l'Institut; Mmes Jeanne Ancelet-Eustache et Geneviève Duhamelet; MM.Jean-Jacques Bernard, Gaétan Bernovil-le, Louis Chaigne.Luc Estang, André Geor- ges, Jacques Hérissay, Jacques Madaule, Abel Moreau et Jean Soulairol.Le Prix est d'une valeur de $250.00.Reçu après son succès à la revue « Lccle-sia », M.Weyergans a déclaré: « Mon livre est une défense du mariage chrétien, c'est-à-dire celui qui dure et rajeunit avec les années ».M.Franz Weyergans est le quatrième lauréat du Grand Prix catholique de littérature, les précédents ayant été M.Paul Lesort en 1955, Mmes Louis Bugeaud et Yvonne Chauffin en 1956, et M.Jean-Claude Renard en 1957.Ce prix couronne, sans distinction de genre, soit un livre récent, soit, à l’occasion d'un livre nouveau, l’ensemble de l’œuvre d'un auteur.des bonnes lectures dans le diocèse de ’ CHICOUTIMI (CCC) — Une campagne en faveur de la bonne lecture dans le diocèse de Chicoutimi est appuyée par une lettre pastorale de Son Exc.Mgr Georges Melançon.Voici un substantiel résumé de cette Lettre: Notre temps affiche une tendance marquée au matérialisme et au sensualisme, dont la mauvaise littérature est l’un des signes évidents, souligne la Lettre pastorale de Son Exc.Mgr Melançon.« L'un des signes les plus évidents de ce sensualisme est, sans contredit, la faveur dont jouit présentement la mauvaise littérature partout.même chez nos catholiques.Littérature dite obscène, c'est-à-dire qui s’arrête à la description concrète, évocatrice des actes contraires aux mœurs, et qui met tout au moins dans l'occasion prochaine de péché; littérature qui trompe, c’est-à-dire qui enseigne l’erreur directement ou indirectement; littérature plus nocive encore, qui sans rien enseigner, sans offenser la pudeur, présente le vice, le ma’, l’erreur sous un jour favorable, afin de les rendre sympathiques et jeter dans Pâme, le plus grand désarroi.» Quelques laïques ont voulu former un comi té qui s’est donné comme appellation: « Comité de Responsabilité Chrétienne ».Ce Comité, sous le compétent et chaud patronage de Son Exc.Mgr Paré, assumera la tâche de penser et de diriger la campagne.Nous avons voulu leur donner officiellement Notre approbation par cette lettre pastorale, leur rappelant que Nous sommes avec eux dans un tel travail d'assainissement pour le salut des âmes.De plus, Nos Très Chers Frères, vos prêtres sont eux aussi avec vous et ils feront leur part.Nous tenons à souligner que les dirigeants de la campagne ne cherchent querelle à personne.Ils veulent, au contraire, la collaboration de tous, aussi bien de ceux qui font la vente des journaux, revues et livres, que de ceux qui achètent et lisent.P.us la présente campagne sera conduite dans la fraternité, plus elle 238 7845 48 fera de bien.Plus elle mettra de lumière dans les esprits et réveillera chez chacun le sens de la responsabilité, plus elle aura remporté de succès.A cette fin, Nous demandons la collaboration entière de tous et Nous bénissons ceux qui la favoriseront.Quant au programme de la campagne, il comportera une part, la plus considérable, con- sacrée à l'étude.C'est qu'il est important d’avoir des idées très justes et chrétiennes sur la question des lectures.La dernière partie comportera un engagement à ne faire que de bonnes lectures.Cet engagement lui-même sera d'autant plus facile que l’on aura eu soin auparavant, de mettre à la disposition des lecteurs, une abondante et saine littérature- Document On se moralise?Un article, paru dans Commerce Montréal (no du 24 mars 1958) donne un aperçu de la réaction des journaux jaunes en face de la campagne de moralité.Cet article se passe de commentaires.Se référant ouvertement à la campagne qui se fait contre les journaux jaunes, quelques-uns d’entre eux font maintenant mine de s’amender.On écrit « notre journal changera d'aspect, mais nous n’avons pas pour autant l’intention de porter compétition aux bulletins paroissiaux ».Alors, on annonce le prochain numéro, qui continuera à présenter des nouvelles sortant de l’ordinaire, « à dénoncer ce que les gros journaux taisent ».L’un dit: « si nous quittons l'arène de la vie privée, nous ne quittons pas celle des affaires publiques », l’autre « si nous quittons la chambre à coucher, nous n’abandonnons pas le salon ».« Nous éviterons de parler du crime et du sexe * et l'autre d'enchaîner « bien qu’à notre avis une jolie femme n’a rien d’obscène ».Et en chœur: «« mais nos potins seront plus nombreux ».On laisse l’immoralité pour la médisance ou la calomnie, quand ce n’est pas le chantage.Et on ajoute, comme pour se condamner soi-méme: « nous croyons ce changement de politique nécessaire ».Mais voilà ce qui est absolument renversant: Après avoir fait une confession publique, admis les propos de chambre à coucher, les intrusions dans la vie privée, les descriptions et les histoires sur le crime et le sexe, proposé une réforme, au moins apparente, au moins partielle, on ajoute, sans honte, que, si le tirage diminue, en retournera à l’ancienne manière.Si les lecteurs « exigent de notre journal qu'il traite les mêmes sujets que par le passe et qu'il ne bifurque pas sa ligne de conduite, nous leur offrirons sans fléchir ce qu’ils désirent ».Tout aussi bien dire: l'immoralité est un commerce payant.Si nous ne faisons pas autant d'argent en pub’iant un journal digne et propre, nous n'avons aucun scrupule à retourner dans la boue et le péché public.Pourvu que ça paye.N.D.L.R.— Les citations sont tirées textuellement de deux de ces journaux hebdomadaires annonçant un changement de politique.« L’histoire enseigne la lenteur avec laquelle cheminent les idées les plus fécondes, quand elles heurtent des intérêts contraires.L’expérience l'a démontré cent fois: pour faire prévaloir des solutions rationnelles, la raison seule ne suffit pas.Celui qui représente les intérêts des autres, celui qui se bat pour eux, doit être dominé par la volonté de servir.Il doit croire à la justice de sa cause et se vouer sans calcul à une grande œuvre.» PIE XII 239 [n vente à notre librairie ion SL CitETARI A LL LA PROVINCE, ARCHIVES DE LA PROVINCE, PARC DES CH AM FS DE BATAILLE, QUEBEC, QUE.6-58 Questions sociales 172 BISHOP (J.).Le jour où le Christ mourut.1957.343p.$3.75 '*** Catéchèse pour notre temps.1958.355p.$4.90 DANIEL (Y.), Paroisses d'hier, paroisses de demain.1957.264p.$3.25 GALOT (J.), s.j., Le cieur du Père.1957.208p.$2.95 HOUANG (F.), Ame chinoise et christianisme.1957.I48p.$2.40 HUNERMAN (G.), Nous avons vu sa gloire: vie de Jésus.1957.416p.$3.75 LAMENNAIS.Imitation de Jésus-Christ.Nouv.éd.1958.383p.$2.00 LEGAULT (E.), c.s.c.Le prêtre.1958.48p.ill.$0.75 MONESTIER (M.).La mystérieuse compagnie (les Jésuites).1957.226p.$2.40 PARE (Th.), o.f.m., La prière des psaumes.1956.672p.Relié.$5.00 PERRIN (M.).o.p.Consécration à Dieu et présence au monde.1957.155p.$2.10 POTVIN (R.), ptre, L'action catholique, son organisation dans l'Eglise.1957.297p.$3.50 THIVOLLIER (P.), Le peuple de Dieu.Tome III — David et Salomon.1958.383p.ill.$3.25 VAN LIERDE (Mgr), Derrière les portes va-ticanes.1958.276p.$3.70 BERTRAND (Th.).L'apprentissage.Principes et réalisations dans le Québec.(Coll.Bibliothèque économique et sociale).Fides, 1958.162p.$2.50 CORDELIER (S.).Les adolescents face à leur avenir.1957.198p.$3.40 Littérature DANIEL-ROPS, Où passent les anges.1957.278p.(B) .$2.65 LE NORMAND (M.).Enthousiasme.Nouvelle présentation.Fides, 1958.175p.$1.50 MENARD (J.), De Corneille à Saint-Denys Garneatt.1957.214p.$3.75 CHOQUETTE (R.), Elise Velder.(Coll.Gerbe d'or).Fides, 1958.334p.$3.00 DIWO (J.et J.), De briques et de brocs.1957.219p.(TB).$1.90 DUCHEMIN (M.), Les Gaulois sont dans la steppe.1957.220p.(B) $2.00 SOSEKI (N.), Le pauvre cœur des hommes.1957.308p.(B?) .$3.25 WOHL (L.de).Le lion de Navarre.1956.327p.(B) $2.85 Collection Bibliothèque Ecclesia BECQUE (L.).c.ss.r.Faut-il réformer les sermons?1957.140p.$1.60 GRUNWALD (C.de).Quand la Russie avait des saints.1958.187p.$2.00 *** Le purgatoire, profond mystère.1958.157p.$2.00 Collection Feuillets de vie spirituelle AUBRY (J.).Nazareth, rédemption de la famille et du travail.1957.95p.$0.80 MICHEL (Chan.J.), Entre deux courses — miettes de spiritualité.1957.95p.$0.80 Collection Porte ouverte *** No 1 — On nous change la religion.Toutes les religions sont-elles bonnes?La fin du monde est-elle pour demain ?L’Eglise et les soucoupes volantes.$0.40 No 2 — L'Eglise condamne-t-elle les divorcés ?L’Eglise est-elle nataliste ?Eglise et union libre.Accouchement sans douleur.$0.40 Mariage CHARBONNEAU (P.-E.), c.s.c.Fiancés.1958.58p.$0.75 Famille d’aujourd’hui — situation et avenir.44e semaine sociale de France.1958.444p.$4.80 LAURE (P.), s.j., Au siècle de l'enfant.1958 233p.$2.60 Histoire ANJOULAT (A.P.), Aujourd'hui IAfrique.1958.40p.$3.90 GROULX (Chan.L.).Notre grande aventure.L’Empire français en Amérique du nord.Fides, 1958.300p.Relié $4.50 Biographies BRIEN (R.), Poète de l’amour: St François d’Assise.1957.199p.$2.00 DENIS (R.), o.m.i., Le feu dans la monta-g le — autobiographie missionnaire.1958.263p.$2.00 CRONIN (V.), Le Sage venu de l'Occident: Père Matéo Ricci.1957.328p.(TB) $3.70 GUITTON (Jean).Le cardinal Saliège.1957.330p.$3.85 ELCHNGGER (A.), Les héros du mois.1958.257p.$2.95 LEVRON (J.).Saint Louis.1957.226p.Relié $4.70 t*ANEEL (H.), Les fioretti du curé d’Ars.1957.221p.$2.65 POIRIER (L.).Le chemin du Seigneur: St Paul.1957.233p.$2.65 THERESE DE L’E.-J„ Manuscrits autobiographiques.1957.348p.$4.80 VICAIRE (M.H.), o.p.Saint Dominique.(Coll.Les saints par l'image).1957.247p.$7.80 25 est, rue Saint-^actfues, Wo,JpÂ#Ëfêt.IS&?5 t 9 fS76 bibliothèque nationale ______ou *>uébec
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