Journal de l'instruction publique, 1 novembre 1857, Novembre
rwm fUB£Wimsi —vÿ 'f_ in r mTê^mple 'Ue uÇ] Volume I.Montreal, (Bas-Canada) Novembre, 1857.No.11.SOMMAIRE.—Littérature : L’Orpheline, Poésie, par Madame Mélanie Waldor.— Education : Pédagogie.—Emploi du temps dans les Ecoles.—Hygiène et médc- ! Cine des en fans, par Madame la comtesse de Ségur.—La fin et les moyens.—Ques- j lion de morale, par Madame Guizot.—Exercices pour les élèves des écoles.—Le I coucher d’un petit garçon, par Mde Desbordes-Valmore.—Leçon de choses.—Le I Rouquet de violettes.—Exercice de grammaire.—Avis Officiels : Erection et limites de Municipalités scolaires.—Nominations de membres du Bureau des Examinateurs pour le District des Trois-Rivières.— Nomination de Commissaires d’Ecoles.—Avis important aux Instituteurs.—Instituteur desponible.—Editorial: Rapport du Surintendunt de l’Instruction Publique du Haut-Canada pour 1856.— Première conférence des Instituteurs du District d’inspection de M.Lanctôt.— Association Américaine pour l’avancement des sciences, (suite et fin.)—Revue Eibliogiaphique.—De l’Education, par Mgr.Dupanloup.(suite.) — Bulletin des publications et réimpressions les plus récentes.—Paris.Montréal.—Petite Revue Mensuelle.—Nouvelles et Faits Divers.—Bulletin de l’Instruction Publique.— Bulletin Littéraire.—Bulletin Scientifique.—Bulletin des Arts et des Beaux-Arts.— Documents Officiels : Circulaire aux Inspecteurs d’Ecole.—Distribution des prix aux élèves du Collège de Ste.Thérèse de Blamville, (suite et fin.) .LITTERATURE.POESIE.L’ORPHELISE.Au pied des saints autels l’avais prié longtemps ; Des cierges consumés la flamme vacillante, Errant autour de moi, jetait de temps eu temps, Comme un dernier adieu, leur clarté plus brillante ; Bien plus pâles ensuite, ils n’éclairaient plus rien ; Et, sur le simple autel, les pieuses reliques, Les images gothiques Semblaient fuir, se couvrant d’un voile aérien ; Et mes yeux, fatigués de répandre des larmes, A cette obscurité trouvaient alors des charmes.J écoutais s’affaiblir les derniers bruits du soir, Et sur les bleus vitraux, je regardais encore pl le Jour qui fuyait me laisserait y voir, Eres de mon saint patron, la Vierge que j’implore ! lais elle et tous les saints ne s’apercevaient plus, Et sous un rideau noir, on eût dit que dans l’ombre, T] De cette nuit plus sombre, ils étaient tour à tour pour jamais disparus 1 Et moi, fermant bientôt mes paupières lassées, e ne me souvins plus de mes peines passées.Won front appesanti s’inclina sur ma main, Pr^s de m’endormir, je vis dans un nuage Des anges occupés à tracer un chemin u leurs ailes laissaient un lumineux passage ; un d’eux me souriait comme pour me bénir, Fuis, en me soulevant doucement de la terre, w, .Semblait avec mystère ^-avertir que ma vie était près de finir.Et je sentis alors qu’avec de blanches ailes Je parcourais dans l’air des régions nouvelles ; Des sons mélodieux me berçaiont mollement, Leurs accords inconnus parcouraient la surface De cet azur que Dieu nomma le firmament, Se perdaient, renaissaient et mouraient dans l’espace.Une clarté nouvelle alors frappa mes yeux ; Et mon ange gardien qui me servait de guide Cessa son vol rapide_______________ “Où sommes-nous?” lui dis-je; il me répond: “Aux cieux.” Et la Vierge Marie, en m’appelant sa fille, Me dit : “ Approche, enfant, je te rends ta famille.” Alors je vis ma mère ; elle m’ouvrit ses bras.Mon père souriait à ma joie enfantine ; Des chérubins jetaient des roses sous mes pas, Et des voix répétaient : “ Tu n’es plus orpheline.” Soudain je crus sentir un baiser maternel : Sous ce premier baiser tressaillant tout entière, Je rouvris ma paupière.Hélas ! j’étais encor seule au pied de l’autel 1 Et, voyant le bonheur fuir sans pouvoir le suivre, Je regardais le ciel, et je pleurais de vivre.Melanie Waldor.EDUCATION.PEDAGOGIE.DE l’emploi DU TEMPS DANS LES ÉCOLES.Connaissances à donner aux Elèves.Chant, Géographie et Histoire.Avec l’arithmétique et le système métrique, dont nous nous sommes occupé dans notre dernier article, nous avons terminé l’examen des connaissances qu’il est indispensable de donner à tous les élèves, et qu’on doit de toute nécessité faire entrer dans le plan d’études des écoles.Mais si les connaissances énumérées jusqu’ici constituent l’enseignement strictement obligatoire, et ce qu’aucun individu entrant dans le monde ne peut ignorer, sans s’y trouver aujourd’hui dans une position tout à fait défavorable, elles sont bien loin de comprendre tout ce qu’il est utile, je dirais presque nécessaire, d’enseigner de nos jours à chaque individu, non pas seulement dans son propre intérêt, mais dans l’intérêt général de la société.Nous avons fait connaître précédemment que la dis- 206 JOURNAL DE L’INSTRUCTION PUBLIQUE tinction qui existait en droit entre les écoles où l’enseignement porte sur les seules matières obligatoires et celles où i! s’étend plus ou moins au delà, ne semble plus subsister en fait.L’administration elle-même a en quelque sorte montré qu’elle reconnaissait la difficulté de maintenir cette distinction, en retranchant la colonne destinée à recevoir les indications qui y étaient relatives dans les états de situation de l’instruction primaire qu’elle fait dresser chaque année avec un si grand soin.L’expérience a prouvé en effet, disions-nous, qu’il est infiniment peu d’écoles où l’enseignement ne s’étende, au moins pour une partie des élèves, un peu au-delà de la première partie du programme.C’est ce qui a lieu, en particulier, pour les éléments de la géographie et de l’histoire de France, pour le dessin linéaire et pour le chant, principalement le chant religieux.L’autorité l’a si bien compris qu’elle a lait entrer ces connaissances dans les programmes de l’instruction donnée aux instituteurs dans les écoles normales.Elle ne s’est pus bornée à les faire enseigner aux candidats qui peuvent aspirer au brevet complet, elle a voulu que tous les élèves maîtres y eussent part.Elle a pensé avec raison qu’ils resteraient toujours des instituteurs insuffisants, s’ils 11e pouvaient enseigner que les matières comprises dans la partie absolument obligatoire du programme des écoles primaires.En outre, dans ces dernières années, elle a introduit dans les écoles normales l’enseignement pratique de l’agriculture, et elle a recommandé d’en faire donner des notions élémentaires dans les écoles rurales, montrant ainsi combien elle tient à rendre l’instruction primaire de plus en plus utile aux populations qui la reçoivent.C’est dans le même esprit que nous passerons en revue les différentes connaissances qu’il est à désirer de voir donner à tous les enfants de nos écoles.Nous ne nous arrêterons pas à celles qu’on peut enseigner seulement à un petit nombre d’élèves qui poussent leurs études plus loin que la masse ; nous y reviendrons plus tard.Nous avons hâte, pour le moment, d’arriver au but de ce travail, qui est de tracer un emploi régulier du temps, de nature à convenir au plus grand nombre des écoles et à la grande majorité des élèves.Nous nous bornerons donc, avant d’aborder définitivement ce sujet, à compléter ce que nous avons dit de l’enseignement des écoles primaires, en parlant de ce qui devrait être étudié dans toutes et qui, en fait, est enseigné dans la plupart : c’est nommer le dessin linéaire, le chant, les éléments de géographie et d’histoire, que nous avons déjà indiqués plus haut, et auxquels on peut ajouter des notions d’agriculture pour les écoles rurales.Nous y joindrons différentes notions des connaissances usuelles que tous les hommes ont besoin de posséder, mais qui, en raison de la manière dont elles peuvent être données dans les écoles, devront être de notre part l’objet d’explications particulières.Pour différentes raisons que l’on oomprend sans que nous ayons besoin de les énoncer, nous passerons plus rapidement sur certaines matières que sur d’autres, et en particulier sur celles dont on semble mieux reconnaître l’utilité, parce qu’on est davantage dans l’habitude de les enseigner.De même, pour ne pas scinder un sujet, attendu les exigenees de ce recueil, nous ne placerons pas ces matières selon leur ordre vrai ou supposé d’importance.Ainsi aujourd’hui nous parlerons d’abord du chant, non pas en raison de son utilité pour les enfants des classes laborieuses, mais parceque nous le considérons comme un moyen d’éducation.Nous n’acceptons pourtant pas tout ce qui a été dit de l’influence morale de la musique.Cette influence a été beaucoup trop exagérée, et l’expérience s’est chargée de nous prouver que certaines populations peuvent cultiver la musique avec beaucoup de succès, sans en devenir plus morales.C’est qu’en effet, le chant, qui est la seule musique qu’on puisse enseigner aux masses, éveille des sentiments très-divers.Il n’agit pas seulement sur les âmes par le charme des mélodies : il produit au moins autant d’effet par les paroles.Or, il est bien à craindre que celui-ci ne soit pas toujours de nature à nourrir l’âme de pensées élevées ; il est à craindre surtout que les chants qui rappelleraient les populations au sentiment de leurs devoirs ne soient pas ceux qu’elles se plairaient le plus à répéter.Cependant, des personnes qui connaissent la puissance de l’habitude, sentirent combien il importerait de meubler de bonne heure la mémoire des enfants de chants moraux qui y tiendraient la place d’autres, et qui, devenus familiers à force de les entendre et de les répéter, se présenteraient les premiers à leur esprit.C’est pour atteindre ce but, autant que par la difficulté de faire enseigner aujourd’hui le chant théoriquement dans toutes les écoles, que nous désirerions que cet enseignement fût plus pratique que théorique ; car nous devons prendre les choses telles qu’elles sont, et non telles qu’elles seront plus tard.Nous voudrions donc que, contrairement à ce qui a lieu dans beaucoup d’écoles, on apprit moins de théorie, et que l’on chantât davantage.En général, dans les écoles où l’on étudie la musique, on fait beaucoup d’exercices de chant, et en réalité on chante très-peu, c’est-à-dire que les élèves quittent l’école ayant appris et sachant un très-petit nombre de chants.C’est l’inverse qu’il faudrait.Il serait à désirer que les élèves apprissent le chant, surtout en entendant chanter et en chantant eux-mêmes.Ce serait le moyen de former de bonne heure l’oreille de la jeunesse et d’arriver à avoir un jour des populations plus aptes à étudier sérieusement h musique et à y prendre un vrai plaisir.Nous voudrions, en conséquence, que le chant se mariât davantage à tous les mouvements de l’école, et qu’il accompagnât presque toujours le passage d’un exercice à un autre.Pour cela il faudrait avoir à l’usage des écoles un beaucoup plus grand nombre de chants que nous n’en avons, et surtout des chants plus variés, répondant aux travaux et aux différentes saisons de l’année, aux heures du jour et à tous les phénomènes de la nature, aux grands événements de l’existence humaine, à toutes les circonstances de la vie domestique et civile, à toutes les fêtes de la vie religieuse.Nous voudrions que chacune de ces circonstances ramenât le chant qui s’y rapporte, et qui, en se rattachant aux impressions du moment, produirait d’autant plus d’effet sur l’esprit des élèves.Mais en attendant que nous ayons une abondance de chants répondant ainsi aux besoins de nos écoles, ceux que nous possédons déjà peuvent dès à présent y rendre de grands services, si l’on sait les mettre à profit.A cet égard aucune difficulté, car il ne faut pas pour cela de grandes connaissances musicales de la part des maîtres.A la rigueur, il suffirait de la voix et d’une oreille justes.En effet, il est fort peu question pour commencer d’un enseignement proprement dit, mais plutôt d’exercices de chant.Que le maître apprenne un certain nombre d’airs, qui' les chante lui-même et les apprenne par la pratique à un petit nombre d’élèves choisis à cet effet.Quand il aura ainsi formé un noyau d’élèves à la voix juste, à l’oreil® exercée, et capables de diriger les autres, en les entraînant, le reste marchera de soi : bientôt toute la classe suivra 1eX" emple.Que l’instituteur associe peu à peu le chant à tous les exercices de l’école, les élèves y prendront un vrai pi®1' sir, surtout s’il a soin d’approprier le plus possible les chan* à la circonstance et de dire quelques mots pour éveillé dans l’esprit et le cœur des enfants des idées et des sentiments en harmonie avec les paroles.Sans doute les élêves 11e sauront pas pour cela la musique, mais ils se graven® des chants dans la mémoire et ils s’habitueront à les répété ^ Leur éducation musicale se fera peu à peu, sans qu’on vio11" se heurter contre le défaut de goût que l’étude de la musiq1’ JOURNAL DE L’INSTRUCTION PUBLIQUE.207 rencontre encore dans la plus grande partie de la jeunesse.On préparera ainsi les voies à un véritable enseignement.banni les chants dont nous venons de parler, les chants religieux doivent naturellement occuper une grande place, bien qu’on 11e doive pas les choisir exclusivement ; ce serait risquer de manquer le but qu’on se propose.Mais, cette réserve faite, il ne faut pas oublier que l’enseignement du chant doit avoir en grande partie pour objet d’habituer les élèves à prendre aux cérémonies du culte une part beaucoup plus directe que cela n’a lieu d’ordinaire.Trop souvent, dans nos églises, les fidèles sont simples spectateurs des cérémonies auxquelles ils devraient s’associer entièrement.La connaissance et l’habitude du chant liturgique seraient un moyen de rehausser la beauté du culte et d’en augmenter l’attrait pour les populations par la part qu’elles y prendraient.Souvent aujourd’hui, elles se tiennent éloignées des églises où elles 11e savent pas occuper leur esprit.La participation des enfants au chant, en les associant davantage aux cérémonies religieuses, les attirerait à l’église et les y retiendrait ensuite : elle deviendrait à son tour un moyen de développer en eux le goût du chant, parce qu’on a toujours plus de goût pour les connaissances qu’on trouve l’occasion de mettre en pratique.De ce qui précède, il résulte que le chant religieux dans les écoles ne doit pas se borner à des hymnes et à des cantiques ; il doit comprendre aussi l’étude du plain-chant, afin i que les élèves suivent la liturgie avec intérêt pour eux-j mêmes et en contribuant à l’édification des fidèles.Du reste, cet enseignement, comme celui du chant tout entier, doit se faire essentiellement par la pratique.Il occupera donc, malgré l’importance qu’on peut lui reconnaître, une place assez restreinte dans le tableau de l’emploi du temps.Le chant doit, en effet, revenir fréquemment entre les exercices de la classe, mais pendant longtemps encore les leçons seront forcément très-rares.Après le chaut, que nous considérons autant comme moyeu d’éducation que comme objet d’enseignement, et par lequel nous avons commencé pour cette raison, nous arrivons aux matières qui appartiennent à l’enseignement proprement dit.Ici, à ne consulter que l’utilité des connaissances pour les élèves, nous devrions nous occuper avant tout du dessin linéaire.Mais l’importance de cette étude nous porte à en renvoyer l’examen à un autre article, réservant le peu d’espace dont nous pouvons disposer aujourd’hui pour des matières qui demandent moins d’explications de notre part, la géographie et l’histoire., Que la géographie doive être enseignée dans les écoles, e est ce qu’il est inutile de s’attacher à démontrer, tant l’on paraît en être convaincu.Pour le prouver, il suffit de rappeler qu’il n’y a presque pas une école où l’on n’en donne au moins quelques notions, même parmi celles où l’instruction reste le plus élémentaire, et qu’on en trouve à peine quelques-unes où l’on ne voie suspendues aux murs des cartes destinées à cet enseignement.Si, à ce qui se fait, nous avions besoin d’ajouter quelques raisons tirées de ce qui doit se faire, nous dirions qu’il est uitticile d’admettre que des enfants qui ont passé plusieurs années à l’école puissent la quitter sans avoir une idée du monde qu’ils habitent, ou tout au moins du pays où ils doivent vivre.Cet enseignement paraît d’autant plus nécessaire que, s’il ne se fait pas à l’école il est à craindre qu’il ûe se fasse jamais.On a beaucoup dit et répété que la géographie ne peut re enseignée que par les cartes, et l’on a parfaitement rai-s°n.Mais encore faut-il comprendre les cartes.Or, si n°Q n apprend pas aux enfants à s’y reconnaître, peut-être muront-ils jamais rien comprendre : ils les verront sans re t'Ure Une K^e situation ou de l’étendue des diffé- 11 s Pays qu’elles ont pour objet de représenter aux yeux.On voit, d’après cela, l’importance des premières notions de géographie dans les écoles.Dans ces notions, on ne doit pas seulement se proposer de donner une idée générale de la terre, et une connaissance un peu plus détaillée du pays qu’on habite.Il faut, avant tout, faire comprendre aux enfants la manière de représenter les lieux sur le papier, et de faire figurer, sur une feuille d’une dimension donnée, des pays d’une étendue de plus en plus considérable.Il faut aussi leur apprendre la manière de s’orienter, soit sur le terrain, soit sur les cartes, afin qu’ils arrivent à se faire une idée exacte de la position, dans leur pays ou dans le monde, des localités ou des contrées dont ils entendent parler.Cet enseignement de la géographie, le seul véritablement utile pour les enfants de nos écoles, ne peut se faire qu’en partant de ce qu’ils connaissent pour les conduire à ce qu’ils ne connaissent pas, c’est-à-dire, de la topographie de l’école, pour les amener à la connaissance de la figure et des dimensions de la terre et des principales contrées.Pour la marche à suivre à cet égard, nous ne pouvons mieux faire que de renvoyer aux excellentes directions qui ont été données dans ce recueil pour l’enseignement des premières notions de géographie.Ce n’est pas ici le moment d’insister sur les avantages d’une marche dont la supériorité a été si bien exposée.Nous voulons seulement en faire remarquer un qui se rapporte spécialement à l’objet de ce travail.Cet avantage consiste dans la variété qu’un enseignement de cette nature introduit au milieu des études des enfants, et dans l’intérêt qu’il répand sur ces études.Nous n’avons pas besoin d’insister pour faire comprendre comment, pour les enfants, des leçons données en partie en plein air, sur le terrain, en présence de la nature et en vue des objets dont on parle, doivent avoir infiniment plus d’attrait que d’arides leçons faites avec des livres et entre les quatre murs d’une classe.Nous 11e cesserons de le répéter aux maîtres qui se plaignent du peu de goût que les enfants montrent pour l’étude : si vous voulez qu’ils étudient avec succès, tâchez qu’ils étudient avec plaisir ; pour cela, efforcez-vous de les intéresser.La géographie, enseignée comme nous venons de le dire, est un de ces moyens d’intéresser les enfants.A défaut d’autres raisons, c’en serait une suffisante pour ne pas la négliger dans les écoles.Il reste d’ailleurs bien entendu que c’est un simple accessoire, et qu’elle doit occuper peu de place dans le plan d’études de jeunes enfants qui, en général, passent si peu de temps en classe.Il est en outre presque inutile de dire d’avance qu’un enseignement qui s’adresse ainsi plus à l’intelligence qu’à la mémoire doit être donné essentiellement par le maître lni-même ou par un adjoint.L’histoire, à certains égards, n’a pas la même importance que la géographie pour les écoles.Elle ne se prête pas à un enseignement qui, faisant appel à l’activité des élèves, réponde aussi bien à leurs besoins.C’est une étude toute sédentaire, et qui, par conséquent, n’a plus pour eux que l’attrait qui peut résulter du choix des sujets et de la manière dont ils sont présentés.Sous ce rapport, vouloir enseigner l’histoire à l’aide de ces petits livres forcément écourtés comme sont tous ceux qu’on peut mettre entre les mains des élèves des écoles primaires, c’est se condamner à ne faire de cet enseignement qu’une étude aride de noms et de dates.D’un autre côté, l’histoire est une étude qu’il est moins indispensable de commencer à l’école, parce que, de toutes les connaissances, c’est celle qu’011 peut le mieux acquérir seul et sans le secours de personne.Il suffit, en effet, de lire avec quelque attention les ouvrages historiques.On peut demander cependant s’il est bien convenable de laisser partir l’enfant de l’école, sans avoir meublé sa tête de quelques-uns des noms et des faits dont on entend parler sans cesse.Je ne parle pas seulement de l’histoire sainte, qu’aucun élève ne doit ignorer ; je regarde cette étude comme 208 JOURNAL DE L’INSTRUCTION PUBLIQUE.faisant nécessairement partie de celle de la religion.On ne concevrait pas comment un élève pourrait connaître la religion qu’il doit pratiquer, sans connaître aussi la succession des faits par lesquels Dieu en a préparé l’établissement depuis la création du monde.Nous avons eu d’ailleurs l’occasion de faire remarquer ailleurs comment la simplicité et le charme des récits bibliques sont merveilleusement adaptés aux dispositions de l’enfant.Mais, pour nous en tenir à l’histoire profane, comprendrait-on qu’un enfant, qui quitte l’école après avoir parcouru le cercle des études de l’instruction primaire, fût, à sa sortie, tout à fait étranger aux principaux faits de l’histoire de son pays, à la connaissance de ses bienfaiteurs et de ses principales célébrités, des hommes en un mot qui l’ont illustré et ont contribué à en faire l’un des premiers pays du monde ?D’ailleurs, convient-il pas de lui apprendre à les juger, au lieu de livrer son esprit sans expérience aux jugements passionnés des partis 1 Il ne faut pas oublier non plus que, précisément par la facilité qu’offre la lecture des livres historiques, l’étude de l’histoire est peut-être de toutes les études celle qui peut le mieux, dans les écoles, donner le goût de la lecture et surtout de la lecture sérieuse.Plus que jamais, aujourd’hui, il est utile de propager ce goût parmi les classes laborieuses, d’un côté comme moyen de les détourner des lectures frivoles et dangereuses qui se propagent en ce moment dans leur sein, et d’un autre côté comme sauvegarde contre les plaisirs grossiers par lesquels elles sont disposées à occuper leurs moments de loisir.Or, pour que l’étude de l’histoire puisse avoir ce résultat dans les écoles, elle ne doit pas se borner à n’être que la récitation d’un petit livre sec et aride.Je suis loin toutefois de repousser les abrégés qu’on met entre les mains des enfants : ces abrégés ont leur utilité, ils sont même indispensables.Mais il ne faut pas oublier que ce sont des résumés, et que, pour justifier ce titre, ils doivent résumer un enseignement plus étendu donné par le maître.Cet enseignement plus étendu, on le comprend, ne peut pas se donner dans de nombreuses leçons d’histoire, que ne comporte pas le temps si court dont on dispose pour tout ce qu’il faut enseigner aux enfants des écoles primaires.Le temps à assigner à l’histoire dans le plan d’études de ces écoles sera donc très-restreint.En conséquence, il ne reste, pour y suppléer, qu’à mettre à profit les leçons de lecture : nouvelle raison pour apporter le plus grand soin dans le choix des livres destinés à ces dernières .—Bulletin de l'Instruction Primaire.Hygiène et médecine des enfans.médecin par des soins éclairés ! Moi-même, j’en ai perdu un par ignorance des symptômes du mal qui me l’a enlevé, et par une alimentation reconnue trop tard détestable.Mes premiers enfants ont fait des maladies graves qui ont nécessité des remèdes douloureux.J’aurais tout évité si j’avais eu les notions d’hygiène et de médecine que j’ai eues plus tard et que je dois à un homme de talent et de conscience.« Mes filles mariées ont profité de ma tardive expérience et ont préservé leurs enfants des maux dont je n’avais pas su préserver les miens.J’ai pensé qu’en publiant ce petit écrit, je rendrais setvice à bien des jeunes mères ; j’espère que chacune pourra comprendre et mettre en pratique les moyens très-simples que je recommande pour les maladies ou les indispositions les plus communes à l’enfance.” Utilité de la médecine préventive.Il vaut mieux prévenir le mal que le guérir.Les moyens préventifs sont simples, faciles, et ne demandent qu’une surveillance maternelle, c’est-à-dire intelligente.C’est pourquoi je vais, pour différentes indispositions, indiquer le moyen d’arrêter le mal au début.Il est bien entendu que je ne prétends pas traiter ici des maladies graves pour lesquelles les soins d’un médecin sont indispensables, mais seulement des symptômes qui peuvent les faire redouter.Disposition des enfants à avoir la tête prise.Chez les enfants, la tête est l’organe le plus constamment menacé.Quand un enfant a la fièvre, la tête se prend généralement.On reconnaît que la tête se prend, lorsque l’enfant a le regard lourd, c’est-à-dire quand il tourne péniblement l’œil, qu’il le fait avec effort ; Quand la pupille est plus dilatée que d’habitude ; Quand les battements du cœur et la force du pouls sont en désaccord, le cœur battant très-fort et le pouls étant petit quoique vif ; Quand la tête est chaude ; Quand l’enfant est disposé à l’assoupissement ; Quand le visage est rouge et brûlant ; Quand l’enfant ne s’amuse de rien, s’irrite de tout et n’accepte aucune distraction.Lorsque tous ou la majorité de ces symptômes sont réunis, vous pouvez craindre que la tête ne s’engage ; alors, si l’enfant a un au et plus, faites-lui prendre un bain de pieds d’eau chaude et de savon.(J’indiquerai à la fin comment il faut faire administrer les bains de pieds, les cataplasmes, etc.) Pendant le bain de pieds, mouillez la tête de l’enfant avec une éponge pleine d’eau fraîche, mais pas trop froide.Laissez la tête découverte, ou tout au moins ne mettez qu’un petit béguin de batiste ou de toile fine.Si le bain de pieds ne soulage pas l’enfant, vous mettrez a chaque pied un cataplasme de farine de graine de lin saupoudré de camphre que vous laisserez une bonne demi-heure.Vous continuerez à mouiller de temps à autre la tête de l’enfant.Vous reconnaîtrez qu’il y a du mieux lorsque l’enfant reste éveillé ; Qu’il accepte la distraction; Qu’il est moins rouge ; Que le regard reprend de la vivacité ; Que l’œil se meut sans effort pour regarder ce qui se passe autour Nous commençons aujourd’hui à reproduire de l’Ami de L'Enfance de Paris une série d’articles sur cet important sujet, extraits d’un ouvrage récent de Madame de Ségur, intitulé La Santé des Enfans.Ce sujet est intimement lié non-seulement avec l’éducation domestique, mais encore avec l’instruction publique.Que de pauvres enfans n’ont pas pu étudier, parce que leur santé affaiblie ne le leur permettait pas ?Combien d’autres ont succombé pendant leurs études, faute d’attention de la part de leurs maîlres ou de leurs parens ?Les chefs d’institution, les directeurs de pensionnat et même les simples instituteurs trouveront dans ces articles des conseils utiles, car ils partagent à cet égard la responsabilité des parens.Quant aux mères de familles, elles nous sauront gré sans doute de mettre sous leurs yeux des avis qui leur sont donnés par une d’entr’elles et qui prennent le petit enfant au berceau pour le conduire jusqu’à l’adolescence, à travers les périls sans nombre dont sa frêle existence e6t entourée.Ce petit livre renferme de très-utiles remarques et d’excellens conseils.Sous la forme la plus dénuée de prétention scientifique, il parle le langage de l’expérience et de la raison.Nous n’en saurions trop recommander la lecture à toutes les personnes appelées à s’occuper de l’éducation de la première enfance.“ Que de fois, dit Mme.de Ségur, ai-je vu de pauvres mères pleurer des enfants qu’elles auraient conservés, si elles avaient su prévenir les maladies, ou tout au moins aider aux prescriptions du UC lui j Que les mouvements de la tête, des mains, sont plus vifs ; Que le pouls reprend de la force et que les battements du cœur perdent de la leur ; Que la tête et le front sont moins chauds ; Alors il ne reste plus qu’à maintenir les pieds chauds, ’a tete fraîche.Il ne faut donner aucune nourriture pendant plusieurs heures jusqu’à ce que la fièvre soit passée, la tête complètement dégagée, Donner à boire soit de l’eau panée, soit de l’eau de riz, soit l’eau de gruau.(J’indiquerai la manière de les faire à la fin du livre.) Achevez de dégager la tête en donnant un demi-lavement do tiède.Si l’enfant est trop jeune pour prendre des bains de pieds, corn mencez tout de suite par les cataplasmes et l’eau fraîche sur la et le front.i_.Pour tenir les pieds chauds après le cataplasme, enveloppez c que pied d’une flanelle double.Quand l’enfant est poséi dans lit, mettez-lui aux pieds une bouteille de grès pleine d eau chaude et bien bouchée.Placez-la de manière qu’elle ne tou pas aux pieds de l’enfant qu’elle pourrait brûler._ Maintenez la chambre dans une bonne température, pas chaude, donnez de l’air s’il ne fait pas froid dehors ; l’air est JOURNAL DE L’INSTRUCTION PUBLIQUE.209 jours bon pour les enfants, surtout quand la tête est prise ou menacée.Soignez le régime pendant quelques jours.Tenez le ventre libre au moyen de lavements moitié lait et moitié eau.Délicatesse de l'estomac, des entrailles.Donnez à votre enfant une nourriture saine, pas trop abondante ; garantissez-le du froid, surtout aux extrémités et au ventre ; garan-tissez-le de l’humidité aux pieds ; il aura un bon estomac et par conséquent de bonnes digestions.Si toutefois la dentition ou un refroidissement amenait un vomissement et un dérangement d’entrailles, donnez à l’enfant pendant la durée de l’indisposition : Une nourriture légère, pas de soupes grasses ; des panades, du riz cuit à l’eau et au sel, et sauté dans du beurre frais, des tartines de pain et de beurre, du pain sec à volonté et autres mets sains et légers.Faites boire soit de Peau de riz, soit de Peau de gomme, soit de l’eau panée, fraîche et légèrement sucrée ; on peut en donner trois ou quatre verres par jour ; mais si l’enfant n’a pas soif, il ne faut pas le forcer à boire.Si le dévoiement persiste, prenez un blanc d’œuf cru et aussi frais que possible ; mettez-y une grande cuillerée de sirop de gomme ou de sucre râpé, battez-le jusqu’à ce qu’il soit en mousse ; alors, ajoutez un verre d’eau fraîche en continuant de battre et en versant l’eau tout doucement.Faites-en prendre à l’enfant une cuillerée toutes les heures, en ayant soin de battre chaque fois.Interrompez quand le dévoiement est arrêté depuis plusieurs heures.Mettez sur le ventre une feuille de coton cardé, que vous ferez tenir en la bâtissant sur un ruban.Frictionnez légèrement le ventre avec de l’huile tiédie.Tenez les pieds bien chauds.Donnez matin et soir une tasse d’eau de gruau un peu sucrée, chaude ou froide, selon le goût de l’enfant.S’il y a des coliques, de fréquentes garde-robes avec peu de matières et des glaires, donnez une cuiller à bouche d’huile de ricin dans une petite tasse de bouillon ; la purgation amenée par l’huile de ricin (*) arrêtera l’irritation d’entrailles commençante.Quand le dévoiement est fini, augmentez progressivement la nourriture ; quand, au bout d’un jour ou deux, vous reviendrez à la viande, commencez par du mouton rôti ou grillé ; une côtelette, une tranche de gigot, du filet de mouton sans graisse, est la nourriture la plus légère et la plus saine.Ne donnez du poulet que lorsque les entrailles seront remises ; gardez-vous du veau, c’est la pire des viandes.S’il y a disposition aux coliques et dérangements d’entrailles, continuez l’eau de gruau pendant dix ou quinze jours.Rougeole ; premiers symptômes.—Maladie.—Période décroissante.La rougeole est une maladie peu grave si elle est bien soignée, très-grave si les soins sont donnés avec négligence ou inintelligence.Les symptômes précurseurs sont : Rhume de cerveau ; Yeux pleurants : Toux ; Mal de gorge.Au bout d’un jour ou deux survient la fièvre avec agitation.Après un jour ou deux de fièvre, on commence à apercevoir de légères taches rouges comme des piqûres de puce sur la poitrine, les bras, les cuisses ; elles gagnent le visage et tout le corps.A mesure que les taches rouges se multiplient, la toux, le rhume, la fièvre diminuent; au bout de deux jours les rougeurs tendent à 6 effacer ; c’est le moment du danger et des précautions (1).Tant que la fièvre entretient dans le malade une chaleur qui porte à la peau, il n’y a pas à craindre de voir les rougeurs disparaître subitement ; chacun sait le danger d’une rougeole rentrée.Mais quand la fièvre est tombée, que les rougeurs tendent naturellement à s’effacer, il faut préserver soigneusement le malade de ou* refr°idissement, de tout air extérieur, de tout courant d’air.Nous allons indiquer les soins à donner au début et dans le courant de la maladie.(*) Connue en Canada sous le nom d’huile de castor (anglicisme.) (l)Le danger, en fait de rougeole, consiste surtout dans les complies trine' * ^es1 origine française, car tous les hommes des autres origines qui y ont figuré ont reçu leur éducation hors du pavs.Mais nous ne voyons pus pour notre part, pourquoi le Canada tout entier qui 6 enorgueillit d’un Sir William Logan ne s’énorguellirait pas egalement d’un Hunt, d’un Wilson ou d’un Dawson, tout comme les Etats-Unis s’énorgueillissent d’Agassiz, de Guyot et de tant d autres dont les noms trahissent de suite l’origine exotique.Nos institutions collégiales ont eu jusqu’à présent des besoins plus pressans à satisfaire que celui des recherches scientifiques; elles ont du nécessairement s’occuper beaucoup plus d’enseigner, de vulgariser que d’inventer.Elles entrent aujourd’hui dans une pé-riode de développement qui leur permettra de se donner ce luxe et si elles remplissent cette nouvelle mission aussi dignement qu’elles ont rempli la premiere, nous ne resterons pas longtemps en arrière de nos voisins.Ceux de nos lecteurs qui désireraient étudier plus sérieusement les travaux de l’association, en attendant la publication de son compte-rendu annuel, trouveront dans notre Journal of Education un apperçu plus détaillé et plus complet à quelques égards que celui que nous venons de leur offrir.Revue Bibliographique.De VEducation, par Mgr.Dupanloup, Evêque d’Orléans—3 vols, in 8vo—Orléans et Paris.{Suite.) (1).Dieu, le Père, la Mère, l’Instituteur, l’Enfant, dit Mgr.Dupanloup, voilà le personnel de l’éducation.Bannissez l’idée de Dieu d’une œuvre de ce genre, de Dieu, du Christ ; que les lèvres du père, de la mère ne s’ouvrent jamais pour la prière ; que leur cœur soit vide de tout sentiment religieux ; que pourrez-vous attendre de tel6 guides, instituteurs naturels et obligés de l’enfance?“Ah ! je détourne mes pensées et mon regard; et j’affirme, quels que soient les parens, quel que soit l’enfant, quels que soient les dons de la nature, du génie, de la fortune, j’affirme qu’il ne se fera là, pour l’avenir, qu’une œuvre de désolation et de ruine !” C’est de Dieu que vient toute autorité.Il est dans l’ordre que le faible soit protégé par le fort, que le génie, c’est-à-dire, la lumière, veille avec ceux qui en sont temporairement ou éternellement privés ; que celui qui a déjà suivi un sentier y guide les pas de celui qui l’ignore ; mais ce droit de protéger, d’éclairer et de conduire s’évanouit s’il n’est respecté et si l’autorité ne lui vient en aide.Quiconque oserait s’y soustraire commettrait une folie, s’il n’était l’égal en tout de celui qui se l’arroge.L’autorité vient de Dieu, qui la communique au chef de la famille, au chef de l’état, etc., c’est un droit souverainement juste.Voyez l’analogie : Dieu est l’auteur du monde ; il a donc essentiellement droit sur lui ; le monde dépend de lui;,c’est sa création.Le fils, de même, dépend du père qui lui a donné la vie ; mais le père c’est le délégué de Dieu dans la famille, c’est son protecteur, sa lumière, son guide; il a donc droit de commander et de se faire obéir.“ Dans l’éducation, l’autorité de Dieu est une autorité transmise au père, à la mère et par eux à l’instituteur.” Ils ne doivent jamais perdre de vue Celui de qui ils les tiennent et rie pas oublier que c’est l’enfant même de Dieu qu’ils élèvent et qu’ils ne sont que ses envoyés, les représentans de sa sagesse, de sa puissance et de son amour, c’est-à-dire, de son autorité souveraine auprès de cet enfant.Tous leurs droits viennent de là, et par conséquent aussi tous leurs devoirs.Le dévouement à l’enfance est un des moyens les plus sûrs d’arriver au grand but de l’éducation, qui est la perfection des âmes.L’instituteur qui ne s’y livre que dans le but d’améliorer ses moyens d’existence et de se faire une réputation d’habileté, polit les mœurs, ou dé.eloppe l’intelligence de l’enfant, il est vrai, mais il oublie souvent l’essentiel de sa tâche, l’éducation intérieure de l’enfant, et la culture du sentiment moral et religieux qui vit à l’état latent au fond de son cœur.Le mercenaire ne cherche jamais les âmes pour les élever jusqu’à Dieu ; les intelligences, pour les éclairer ; les cœurs, pour le6 (1) Voir les livraisons de Septembre et d’Octobre* ennoblir, les former ; les caractères, pour les redresser ; toutes les facultés intellectuelles et morales, pour les développer ; tous les défauts, jusqu'aux moindres pour les extirper, les corriger, toutes les qualités, pour les faire valoir et vivre ; toutes les vertus pour les inspirer et les nourrir.Il n’y a que le digne instituteur, que ce soit le père lui-même et la mère, ou le simple instituteur délégué, qui fasse tout cela : c’est un dévouement sans borne que cette œuvre intérieure reclame, et l’accomplir avec indifférence serait exposer l’enfant aux malheurs qui sont toujours les résultats d’une éducation incomplète.Dieu doit donc régner dans l’éducation chrétienne et prendre part à cette grande œuvre.Au milieu des voix fortes de l’égoïsme et des autres passions mauvaises qui emportent le siècle, celle de l’auteur du livre que nous avons sous les yeux rappelle à des sentimens plus vrais et plus en harmonie avec les devoirs qu’impose l’humanité.Les premières sont matérielles comme la terre dout elles se détachent, l’autre est fraîche et pure comme l’eufance qu’elle poétise ; et comme Ta dit Quelqu’un d’une autre voix peut-être moins douce, on ressent à l’écouter comme une impression de brise matinale.Il n’est pas de sujet plus difficile à traiter que celui qui l’occupe ¦ il serait rare pourtant de trouver une intelligence qui l’ait fait avec autant d’amour et de bonheur.Chacune de ses paroles appoite la conviction; chacune de ses idées est marquée au coin de l’expérience la plus incontestable ; chacune de ses maximes et tous ses préceptes, en un mot, lui jaillissent du cœur.Est-il un plus sûr conseiller que celui-là?L’art est l’esclave de quiconque à qui Dieu a donné assez de puissance pour le maîtriser.Ceux qui le possèdent ne sont pas nombreux ; mais nous n’avons certes pu méconnaître la main du maître, de l’homme d’élite, maître de l’art, dans le tableau que nous trouvons au cinquième livre de son œuvre.Après nous avoir montré Dieu exerçant son autorité sur sa créature et lui déléguant ses pouvoirs souverains, il nous dévoile le travail de Dieu, le "chef-d’œuvre de ses mains au dernier jour de la création.“ Je dois d’abord, dit-il, rappeler comment Dieu, créateur de l’homme, fut aussi l’instituteur de la famille et de ses droits, et par là le fondateur de toute société, de toute autorité entre les hommes.“ Lorsque Dieu fit l’homme à son image et à sa ressemblance, il ne voulut pas en faire une créatnre solitaire.“ La lumière, les soleils étaient créés : ils devaient être les serviteurs de l’homme, et non 1e modèle de sa création.Le modèle était plus haut, Dieu dit : Faisons l’homme à notre image et d notre ressemblance.C’était beaucoup dire : l’effet suivi la parole.“ Dieu appliqua ses mains divines à un peu de terre, et il lui plut de former lui-même le corps de l’homme ; et cette boue, façonnée par de telles mains, reçut bientôt la plus belle et la plus noble figure qui ait encore paru dans le monde.“Toutefois, ce n’ètait là qu’une admirable statue, et non pas l’image et la ressemblance de Dieu.“ Alors Dieu répandit sur sa face un souffle de vie, spiraculum vitœ, inspiration pure de la vie éternelle et divine, et l’homme devint une âme vivante.“ Alors la vie lui fut donnée ! La vie spirituelle : il pense, il connaît, il juge, il veut, il aime.La vie matérielle : il respire, il se meut, il voit, il entend.“ Alors se forma, entre ce corps fait de terre, il est vrai, mais par un ouvrier divin, et l’âme, souffle vivant du Très-Haut, cette alliance extraordinaire, et qui fut demeurée inviolable, si nous n’avions pas péché.“ Alors ce corps, si droit et si beau, se sentit pour la première fois naturellement élevé ver6 le ciel.Un sang généreux circula dans ses veines, son cœur battit avec force dans sa poitrine, ses pieds immobiles 6’avancèrent, ses mains se joignirent pour bénir son créateur, ses genoux fléchirent pour l’adorer.“ Alors sa figure s’anima : le regard, le sourire, la parole et la grâce y resplendirent à la fois.Une majesté royale vint se placer sur son front ; l’innocence, la candeur, la joie pure, la reconnaissance, l’amour embellirent sa brillante physionomie.“ Alors surtout s’alluma, pour la première fois, dans ses yeux, cette flamme céleste, à laquelle rien ne ressemble dans le reste de la nature ; et qui, malgré le péché, jette encore quelquefois, a travers nos paupières attristées, des feux plus vifs et plus purs que les rayons du plus beau jour.“ Alors enfin l’homme éleva vers les cieux un regard presque divin ; les anges le virent, et, contemplant l’excellence de sa beauté et l’admirable rejaillissement de la gloire de Dieu sur cette face auguste, s’ils ne furent pas tentés de l’appeler un Dieu, ils crurent volontiers qu’il en était l’image.“ Voilà l’homme tel que Dieu l’a fait.Dieu le voit, Dieu le bénit, Dieu l’appelle et, lui montrant la vaste étendue de la terre, de la JOURNAL DE L’INSTRUCTION PUBLIQUE.217 mer et des cieux: Ta es le chef-d’œuvre de mes mains, lui dit-il : sois le roi de mes œuvres, la nature entière, voilà ton royaume, je l’ai tout donné.« Alors, d’un regard abaissé vers la terre, l’homme prit possession du monde ; les animaux 6’inclinèrent à ses pieds et reçurent leurs noms de lui, comme du plus puissant des monarques : et, s’avançant bientôt à travers ses domaines, il exerça librement ce noble et majestueux empire, dont le sceptre a été depuis brisé dans ses mains, mais dont il nous reste encore de glorieux, quoique tristes débris.” Le souffle de Dieu qui inspirait Moïse a dû nécessairement passer sur l’âme de l’auteur, lorsqu’il écrivait ces lignes.L’auteur prouve dans ce chapitre que le devoir de travailer à la première éducation de leur enfans est tout entier dévolu aux parens ; et les conseils qu’il leur donne à ce sujet émanent d’un cœur éminemment chrétien.Il passe ensuite en revue les différens droits et devoirs de l’autorité paternelle et maternelle, veut que le père et la mère président à l’éducation secondaire et publique de leurs fils et de leurs filles et leur indique les bons instituteurs qu’ils doivent charger de ce soin.Il n’est pas de devoir plus grave que celui-là.Il y va de tout pour eux et leurs enfans.Que ce maître unisse l’intelligence à la sagesse, l’instruction à la prudence, la fermeté de caractère au dévouement : qu’il aime l’enfance et la jeunesse et qu’il soit réellement vertueux.En parlant de la dignité et de l’influence de l’instituteur, il assimile cette profession à une magistrature, et, à ce titre, la dignité de l’instituteur est considérable.L’antiquité avait là-dessus la même opinion.Sénèque appelle les instituteurs les magistrats de la famille, et il les mettait bien au-dessus des magistrats de la cité.Ce n’est pas seulement, dit-il, le droit vulgaire dont ils dictent les arrêts ; ils enseignent à la jeunesse à suivre les sentiers de la justice.et ils lui font connaître ce que c’est que la piété, la patience, le courage et combien une conscience sans leproche est un bien précieux.Senèque va jusqu’à mettre les instituteurs au rang de ceux qui remplissent les charges les plus élevées de la république.L’instituteur est encore plus que cela, il est père.En effet, l’éducation n’est-elle pas une paternité spirituelle dont les devoirs sont aussi pesants, la tâche aussi étendue que ceux de la paternité selon la chair?Or quelle influence et quelle autorité ne doit pa6 avoir ce père des âmes sur toute l’intelligence de l’enfant.Quand par sa douceur, son mérite, son dévouement, ses vertus, il a réussi à lui inspirer le respect et l’amour, il en est réellement le maître ; c’est une chose qui lui appartient et qu’il façonne à son gré.(A continuer.) Kulletin des publications et réimpressions les plus récentes.Paris, Octobre et Novembre 1857.Balleydiek.—Histoire de l’Empereur Nicolas par Alphonse Bulleydier, 2 vols, in-8, 952 p.—Prix, 15 fr.Cet ouvrage à un très-grands succès.On trouvera dans le Canadien de Québec et dans le Courrier des Etats-Unis de New-York, des extraits de ce livre, rempli d'un très vif intérêt.Œuvres d eSAiNT Bazile, tome 4e et Œuvres de Saint Clement d'Alexandrie.tome 2e.Deux volumes grand in-8 à deux colonnes du Cours de Patrologie de l’abbé Migue.Patin.—Etudes sur les tragiques grecs, 2e édition, 4 vol.in-18.—Prix, 14 francs.Hachette, libraire.Resie.—Histoire et traité des sciences occultes, tome 2e et dernier, 698 p.in-8.Aubertin.—Etude critique sur les rapports supposés entre Seneque et Saint Paul : thèse présentée à la faculté des lettres de Paris, par M.Charles Aubertin, ancien élève de l’Ecole Normale in-8, 444 p.Burnouf.—Premiers principes de la grammaire grecque, extraits de la méthode pour étudier la langue grecque adoptée par le conseil de l'instruction publique, 176 p.in-8—Prix, 1 f.50 c.Durcy.—Abrégé d’histoire grecque in-12, 352 p.et cartes 2 f.50 c.Abrégé d’histoire romaine, 378 p.et cartes 3 f.Histoire de France et du moyen âge, 519 p.3 f.Histoire de France, du moyen âge et des temps modernes, 555 p.3 f.50 c.Tous ces ouvrages se trouvent chez Hachette, libraire de l’Université et sont rédigés conformément au programme de l’Université.Leveqüe (Charles.)—Notice sur la vie et les oeuvres de Charles Simart, membre de l’institut.(Académie des Beaux-Arts,) 20 p.in-8.Rœderer.—Œuvres du comte de Rœderer publiés par son fils, tome 6e grand in-8 à 2 vols.634 p.Saint Simon.— Mémoires complets et authentiques du duc de St.Simon, précédé d’une notice par Sainte-Beuve, tome 15 iu-8.Hachette libraire.Prix 4 f.L’édition aura 20 volumes.Elle est tres-complète et économique Cortambert-—Géographie physique du globe et géographie générale de l’Asi moderne, in-12, 63 p.—Prix, 75 centimes.—Géographie générale de l’Europe et de l’Afrique modernes, in-12, 79 p.75 c.—Géographie générale de l’Amérique et de l’Océanie in-12.63 p.75 c.—Description particulière de l’Europe in-12, 216 p.1 f.50.—Description particulière de l’Asie, de l’Afrique, de l’Amérique et de l’Océanie, 316 p.in-12, 2 f.Tous ces ouvrages sont rédigés conformément au programme de l’Université et se trouvent chez Hachette.Fontaine de Resbecq.—Voyages littéraires sur les quais de Paris.Lettres à un bibliophile de Province in-18, 244 p.Babixet et Hocsel.—Calculs pratiques appliqués aux sciences d’observation in-8, 388 p.—Prix 3 f.Fontaine de Resbecq.—Notice sur le doctorat en droit : grand in-8, 199 p.Michelet.—L’insecte, 404 pages in-18.—3 f.50 c.Do Moncel.—Notice sur l’appareil d’induction électrique de Rbum-horff.Ladrey.—Chimie appliquée à la viticulture et à l’œnologie, 640 p.et une carte, 7 fr.Remcsat.—Les sciences naturelles in-18, 405 p.Prix, 3 fr.Salvetat.—Leçons de céramique professées à l’Ecole centrale des arts et manufactures, 2 vols, in-18, 12 fr.Montréal, octobre et novembre 1857.Fables, par Paul Stevens, un beau volume, in-8 de 119 pages.J.B.Rolland, libraire-éditeur et John Lovell, imprimeur.M.Stevens est Belge de naissance, comme nous l’avons déjà dit, et à ce titre il a bien fait de dédier ses 64 jolies fables à l’honorable Denis Benjamin Viger, ce vétéran de la politique et de la littérature canadienne, qui a publié il y a quelques années une brochure très-remarquable sur la Belgique, dans laquelle il faisait une étude comparative de notre pays et de cette heureuse contrée de l’Europe dont la position sociale et politique présente " tant d’analogie avec le nôtre.Nous parlerons plus au long des fables de M.Stevens dans une autre livraison.Canada Directory for 1857-58, John Lovell, rédacteur, éditeur et imprimeur.1,544 pages, grand in-8.C’est dans son genre l’almanach des adresses le plus complet que l’on puisse désirer.M.Lovell, imprimeur habile, s’est surpassé dans l’exécution typographique.La masse de ren-scignemens de tous genres que contient cet énorme volume est quelque chose d’effrayant.C’est un dictionnaire politique, topographique et statistique de toute la province aussi détaillé qu’il est possible de l’imaginer.On y a joint une excellente carte des Deux-Canadas préparée tout exprès et corrigée d’après les derniers renseignemens officiels topographiques et géologiques.Le coût de cette publication par le nombre d’agens que M.Lovell a dû employer pour visiter le pays dan3 toutes les directions, s’élève à S50,000.Le prix de chaque exemplaire est de $5 Nous attirons l’attention de nos lecteurs sur la partie qui a trait à l’instruction publique et dont le Surintendant de l’Education du Bas-Canada a fait tirer 500 exemplaires en brochure, qu’il se propose de faire distribuer dans les écoles.Nous devons ajouter que ces cinq cents exemplaires ne coûtent rien au département et sont dûs à la libéralité de M.Lovell.Nous espérons que le public lui en tiendra compte.Petite Revue Mensuelle.Voici un mois bien notable dans l’année par les époques religieuses et civiles qui s’y rencontrent et qui ne Ta pas été moins par les évènemens importans qui l’ont signalé tant au dehors qu’au dedans.La Toussaint, le Jour de^*efgLf9rS»t«t^artin, la Sainte Cécile, patronne de la musique, lySlamte wjSr&sxne de la philosophie et des demoiselles très majeures (les unes ayarittâîJ^jt'tfûjAbesoin de l’autre), voilà autant de fêtes accumulées dan» quelqqps^staÿat qui toutes rappellent quelques souvebiçy.populairesTWat [ijscritesJxianR ce calendrier du peuple mêlé de lain\lSpn'e et de jsvhT ufynche comme\e fuseau des Parques, et sont émailleçS^ffe ces oods'VMpx dictons quïont tant de charme.En Canada la SaHjt'lfertin a couratne d’amener qS?lques beaux jours qui nous consolent des^-puneg 6t dè3 cojyis 4a WntjRurieux de la Toussaint; on appelle cela réteSUiTa,Sa}j«?SfafStÿWtL^Bcore l’été des sauvages.La Sainte Catherine a le^milégÇLd&J^f'feniiere bordée de neige et elle est en possession d’une joyeuse fête populaire qui consiste à faire de la tire, mot que nous ne trouvons dans aucun dictionnaire, bien qu’il se trouve ainsi que la chose qu’il représente, dans toutes les bouches.L’évènement le plus important non seulement de ce mois mais de Tannée entière a été la prise de Delhi, qui a enfin succombé devant l’armée anglaise.L’assaut donné le 14 Septembre a permis aux assié-geans de s’installer dans une partie de la ville ; mais ii leur a fallu une lutte de six jours pour s’emparer de tous les bastions, les palais et les forts où les plus braves cipayes se sont défendus jusqu’à la dernière heure, certains qu’ils étaient de ne pas avoir de quartier.L’ordre donné par le général anglais Wilson à ses troupes de ne faire grâce à aucun des soldats révoltés mais d’épargner les femmes et les enfans, paraît avoir eu pour but la dernière partie seulement de l’injonction, la fureur des vainqueurs rendant bien superflue la première, qui se serait exécutée malgré le général s’il s’y fut opposé.Ou croit que plus de dix mille cipayes ont été massacrés, et cette terrible hécatombe frappera probablement les Indiens d’une terreur telle que Ton peut considérer le parti des rebelles comme foudroyé «t incapable de se relever, quoique dans d’autres provinces il puisse encore donner des inquiétudes sérieuses.Un nombre immense de fugitifs a laissé Delhi et s’est répandu dans toute l’Inde, portant avec lui la terreur et probablement aussi bien des projets de vengeance.Parmi les fugitifs se trouvent le roi de Delhi et sa famille que l’on est JOURNAL DE L’INSTRUCTION PUBLIQUE.parvenu à faire prisoners.Le général Wilson a fait grâce au vieux souverain et à son épouse, qu'il ne paraît point tenir responsables de ce qui s est passé ; mais il a fait pendre deux des fils et un des petit-fils du Priam Indien.Le 21 Septembre Delhi était entièrement au pouvoir de l’armée britannique, et la perte des vainqueurs dont le chiffre n’est pas encore bien fixé était incomparablement moindre que celle que l’on aurait pu redouter.Le général Nicholson est mort des suites de blessures reçues pendant l’assaut.Le militaire distingué était né à Bargemont près de Dublin en 1822 et n’était par conséquent âgé que de trente-cinq ans.Il prit du service dans 1 Inde comme cadet d’infanterie à l’âge de 16 ans.Il s’y distingua particulièrement dans la campagne de 1845, où, devenu capitaine, il donna le premier avis des progrès de l'armée Sihk qui venait de ’passer le Sutley et reçut une médaille à cette occasion, son activité et son discernement ayant fait remporter par là d’importantes victoires.Dans toute la guerre du 1: unjaub il rendit d importans services, que lord Gough reconnut dans ses dépêches, et il fut promu au rang de major.Ce fut lui qui amena de\ant Delhi 1 artillerie de siège et les renforts qui permirent de donner 1 assaut, et il eut pour cela de nombreux combats à livrer et beaucoup de sangfroid et de prudence à montrer.Un de ses jeunes frères venait d’être tué dans une autre partie de l’Inde lorsqu’il est mort lui-même dans les ramparts de la ville qu’il avait autant et plus peut-être que tout autre contribué à enlever.Pour que rien ne manque aux succès de l’armée anglaise, la garnison renfermée dans la citadelle de Lucknow vient d'être secourue et la ville qui était au pouvoir des cipaies a été reprise.Le général Neil a été tué dans cette affaire.Ces nouvelles nous parviennent au moment ou l’on se prépare ici à ouvrir les temples catholiques et protestaus pour y implorer les secours de Dieu sur les arme3 de Notre Souveraine déjà victorieuses ; un jour de jeune et d’humiliation ayant été fixé par les autorités civiles et religieuses pour cet objet.Tandis que se dénouait dans un déluge de sang le drame épouvantable de la révolte des Indes, un homme qui a pris part à plus d’une sanglante tragédie, le général Cavaignac mourait subitement à sa campagne, dans le département de laSarthe.Agé de 55 ans, le général Cavaignac qui avait été gouverneur général de l’Algérie, ministre de la guerre et chef du pouvoir exécutif, aurait encore pu dans le cours des vicissitudes humaines plus étrange en France que partout ailleurs jouer un grand rôle au profit de son pays.Cependant M.Gaillardet dans sa derniere lettre au Couiner des Etats-Unis croit devoir apprécier de la manière suivante cet évènement qui a crée en France une profonde et douloureuse sensation : “ Si la mort de l’ancien chef du pouvoir exécutif est “ profondément regrettable pour la démocratie, elle l’est moins pour lui-“ même.11 est tombé dans tout l’éclat et la pureté de cette at'itude u qui a fait de lui une sorte de statue antique, la statue de la probité.“ Ce rôle n’aurait pu qu’être amoindri, soit qu’il eût siégé sur les bancs “ du corps législatif actuel, soit qu’il eût refusé d’y entrer après avoir “ consenti aux conditions imposées à sa candidature.Il avait dans les “ rêves même de l’avenir moins de chances de monter que de descendre.“ Les républicains exaltés ne lui avaient point pardonné et ils l’ont “ montré en n’assistant point à ses funérailles ce qui n’a pas empêché “ qu’elles n’aient été une grande manifestation populaire.Cavaignac, “ emportant avec lui dans la tombe le récent mandat des électeurs de “ Pari», comme un dernier sacre populaire est mort à temps et opportu-“ nément pour sa gloire sinon pour son pays.” Ces paroles sont tristes si toutefois elles ne sont pas cruelles.Elles démontrent pins énergiquement que tout un cours de philosophie, la vanité et le néant des grandeurs humaines : elles peignent surtout à merveille ce triste piédestal basé sur le sable mouvant qui s’appelle la popularité.Il y a cependant aux yeux des hommes positifs un memento encore plus éloquent que celui-là, ce sont les crises et les paniques financières comme celle qui vient de passer en furieuse sur toute l’Amérique et qui, si elle a laissé les banques du Bas-Canada debout, a renversé quelques-unes de nos maisons de commerce et en a ébranlé beaucoup d’autres.Les crises financières du reste, qui ressemblent beaucoup aux révolutions, ^accomplissent pas en entier comme ces dernières, ce fameux verset du magnificat que les chantres patriotes de Versailles prirent un méchant plaisir à répéter par trois fois au bon Louis XVI à la veille de sa chute.Si les bourrasques commerciales descendent les puissances de leurs trônes elles n’élèvent point les pauvres à leur place, et les classes ouvrières de New-York et de Québec en font dans ce moment la trop triste expérience.Dans cette derniere ville, au lieu de s’ameuter tumultueusement comme on l’a fait dans l’Empire-City, on discute paisiblement et avec sagesse divers plans qui permettront de venir au secours des braves et laborieuses populations des faubourgs.Le journalisme, constatons-le avec regret, a souffert lui aussi dans toute l’étendue du continent, de la panique, et l’on ne saurait vraiment trop admirer le courage des jeunes gens qui à Québec au moment de la chuie des feuilles viennent de résusciter le Fantasque.Ce courage est d’autant plus héroïque qu’il y a des noms difficiles à porter et que certaines gens (etM.Aubin est du nombre) savent rendre leur héritage bien lourd.La première livraison du premier Fantasque parut à Québec dans le mois d’Août 1837 avec une asté-rique pour No.et un point d’interrogation pour date : de cette époque au 24 Février 1849, date de la dernière livraison, ce journal véritable feu-follet parut, disparut et reparut sous trois ou quatre formats divers, mais toujours avec le même cachet d’esprit, de gaieté et de finesse qui en ont fait un modèle du genie.Puisse Fantasque second être toujours aussi spirituel mais jamais aussi méchant que Fantasque premier, souhait qu’en bons jour- nalistes officiels nous nous permettons de formuler dans notre propre intérêt d’abord, puis dans celui des nouveaux ministres quelqu’ils soient, qui vont bientôt sans doute remplacer ceux dont la démission n’a pas été un des moindres évènemens de ce mois si fertile en nouvelles de tout genre.NOUVELLES ET FAITS DIVERS.BULLETIN DE L’INSTRUCTION PUBLIQUE.—Les demoiselles élèves des Ursulines des Trois Rivières ont tenu un bazar, produit de leurs épargnes et de leur industrie, dont le revenu est destiné à aider à l’achèvement de la cathédrale de ce diocèse.On y remarquait, dit VEre Nouvelle, une foule d’objets gracieux et élégans en peinture, en dessin et en broderie, et qui témoignaient autant des progrès des élèves que de leur charité.—La ville de Sherbrooke contient maintenant une très forte population catholique, dont une grande partie est d’origine française II y a depuis trois ans un collège dirigé par des prêtres et des ecclésiastiques ; malheureusement l'édifice où se tenaient les classes et qui était en bois a brûlé dans le cours de l’été dernier.M.Dufresne, le principal, aidé des dons généreux des citoyens catholiques et protestans s’est remis à l’œuvre et a presque fini de construire un nouvel édifice bien préférable au premier : ce qui n’a pas empêché les mêmes citoyens de construire un couvent ou académie de filles qui est en activité depuis six mois, et vient d’êire mis sous la direction des Dames de la Congrégation de Notre-Dame.L’inauguration de ces deux édifices a eu lieu le premier dimanche de ce mois, et Mgr.de St.Hyacinthe, accompagné de Mgr.Demers, évêque de Vancouver, et de cinq religieuses institutrices, fut reçu la veille dans l’église paroissiale où toute la population s’était réunie pour les accueillir et implorer avec eux les bénédictions du ciel sur le nouvel œuvre.Le lendemain apvès la messe célébrée pontificalement par l'évêque de Vancouver, rennes, et un seimon par M.O’Donnell de Sorel on se rendit procession-nellement au couvent et au collège où des adresses furent présentées en anglais et en français à Mgr.Prince, et où plusieurs discours de circonstance furent prononcés.—Sa Seigneurie, l’évêque Fulford de Montréal, est aujourd’hui en Europe pour veiller aux intérêts de son diocèse.Sa Seigneurie, avant son départ, voulut bien faire l’offre de mettre le département de l’instruction publique en rapport avec les institutions d’éducation anglaises.Inutile de dire que cette offre a été accueillie avec empressement.—M.le docteur Aubry, professeur à l’Université Laval, à Québec, a commencé un cours public d’histoire générale.Outre les élèves de l’Université, M.Aubry a une cinquantaine d’hommes du monde qui se pressent trois fois par semaine dans la salle des cours publics de la faculté des arts.11 Les dix leçons que M.Aubry a données jusqu’à présent, ajoute le Courrier du Canada, ont été consacrées à décrire et à expliquer l’œuvre des six jours de la création et le dogme de la chute de l’homme et de la promesse d’une rédemption.Le professeur, appelant à son aide les sciences de la chimie, de la physique et de la géologie, a prouvé scientifiquement la vérité du récit mosaïque, et développant dans l’ordre du raisonnement et de la philosophie les preuves déduites de la tradition universelle et du consentement unanime des peuples, il a mis au néant toutes les folles tentatives de l’incrédulité contre les livres saints.Il fait vraiment bon entendre M.Aubry évoquer l’autorité des annales des différens peuples, les noms et les œuvres des historiens, des orateurs, des philosophes et des poètes de tous les âges, et offrir, avec une splendeur de science qui -éclaire sans fatiguer l’auditeur, le tableau des progrès de l’esprit humain.” —On vient d’inaugurer, à la Baie Saint Paul, (comté de Charlevoix) une nouvelle académie.Le discours d’inauguration a été prononcé par le directeur, M.Amouroux, ci-devant professeur au collège industriel de Saint Germain de Rimouski.M.Trudelle, curé, et M.Boudreau, médecin, ont aussi porté la parole.L’académie a 40 élèves, et comme elle était en opération depuis quelque temps, on a pu montrer des cahiers qui ont fait honneur à la nouvelle institution.M.Amouroux est Français de naissance et si nous jugeons de son habileté par le discours qu’il a prononcé dans cette occa.ion et par d’autres écrits publiés dans le Canadien, il ne peut que réussir dans son entreprise.BULLETIN LITTERAIRE.Il a plu à Sa Majesté d’appeler à la Chambre des Lords le grand historien Macaulay.A ce sujet, le London News s’exprime dans ces ternies : “ Ce triumvirat des historiens anglais Hume, Gibbon et Robertson moururent sans être anoblis.Le roi George III, qui fut représenté par Bute, Grenville, Buckingham, ou North, n’eût jamais songé à faire un pair du bibliothécaire des avocats, du milicien de Hampshire ou du ministre presbytérien.Mais nous vivons à une autre époque et Sa Majesté a mandé Macaulay à la Chambre des Lords, à cause de ses œuvres historiques sans doute, et non pour ses essais ni même pour ses discours.Qu’aurait dit M.Croker, n’eut-il vécu que trois semaines de plus, en apprenant l’élévation de Macaulay ?” JOURNAL DE L’INSTRUCTION PUBLIQUE.219 —M.Charles Mackay, le célèbre poète anglais, est sur le point de visiter les Etats-Unis et le Canada.On l’appelle le Béranger anglais, et s’il n’égale pas le poète français sous certains rapports il lui est supérieur par la moralité de ses chansons.—Outre les pertes nombreuses que les lettres françaises ont faites cette année et que nous avons successivement signalées dans ce journal, se trouve celle de deux hommes dont les travaux ont eu, il y a quelques années, un grand retentissement ; M.Lherminier et M.Gustave Planche, b’auteur de la Philosophie du Droit a eu, comme professeur d’histoire et de philosophie, une tres-grande vogue dans la jeunesse plus ou moins ecclectique de l’Université.Il a été, dans l’opposition au catholicisme, un des émules des Michelet et des Quinet ; mais cette popularité éphémère s’est évanouie lorsque l’orateur plus mur et plus éclairé est revenu à de meilleures doctrines.Lherminier laisse la réputation d’un écrivain laborieux et érudit, d’un penseur hardi, mais pas toujours heureux dans sa logique.M.Gustave Planche était un helléniste et un critique du premier ordre.Ses travaux sur les auteurs grecs et ses articles publiés dans la Revue des Deux-Mondes et les autres périodiques lui ont donné un rang élevé dans la littérature classique et séribuse.—Le Cabinet de lecture de l’Œuvre des bons livres a réorganisé ses séances pour l’hiver et l’on y a déjà entendu : lo.La suite du travail historique de M.l’Abbé Rouxel sur la vocation de Montreal ; 2o.Une dissertation philosophique de M.le Curé Beaudry ; 3o.Un travail de M.Joseph Lenoir, assistant-rédacteur de ce journal, sur la littérature canadienne ; 4o.Deux élégies de M.Denis, directeur du collège de Montréal, qui, par la beauté des vers et la richesse de la lime rappellent les meilleures traditions du Parnasse français ; 5o.Une lecture de M.Valade, l’inspecteur des écoles, sur la scienee ; Go Une dissertation de M.l’Abbé Giban sur l'autorité, et enfin une lecture de M.Cyrile Boucher sur l’avenir de la jeunesse canadienne.On voit que les directeurs de cette utile institution se sont mis vigoureusement à l’œuvre et qu’ils ne se proposent pas de laisser chômer nos orateurs.— M.l’Abbé Faillon du séminaire de St.Sulpice de Paris est arrivé en Canada pour s’y fixer permanemment.Cet écrivain distingué a déjà visité deux fois notre pays et il y revient cette fois avec des matériaux précieux qu’il utilisera comme il sait le faire.M.Faillon a écrit la vie de M.Olier, fondateur de son ordre, et celles de Madame Youville, de Mlle Mance et de la Soeur Bourgeois, fondatrices de trois de nos plus anciens établissements religieux.Ces ouvrages forment six beaux volumes in-8, imprimés et illustrés à Paris avec le goût le plus parfait.Il travaille actuellement à une histoire de la colonie de Montréal, qui, sous sa plume, prendra nécessairement les proportions d’une histoire du Canada.BULLETIN SCIENTIFIQUE.—M.Florent Prévost «.lu, en présence du public français, un travail sur la protection que l'on doit accorder aux animaux et l’utilité des oiseaux au point de vue agricole.C’est un document qui lui a coûté beaucoup de soins et que l’on peut trouver dans l'Ami des Sciences.Par l’observation qu’il a faite de3 habitudes des différentes variétés d’oiseaux, il en vient à prouver qu’ils rendent plus service au cultivateur en détruisant les insectes qu’ils ne lui sont nuisibles par la part qu’ils prélèvent eux-mêmes sur les produits de la terre, à laquelle, suivant l’auteur, ils ont autant de droit que le soldat qui a combattu pour son pays en a a sa ration.—M.Silberm -n, du collège de France (Paris,) a fait usage des petits ballons en caoutchouc, qu’on l’on voit aujourd’hui à Montréal parmi les étalages des marchands de jouets, pour faire des expériences sur la direction des vents dans les diverses couches de l'atmosphère.Il a prouvé qu'au-dessous de ISO pieds l’air était constamment troublé par des cou-rans variables, et il conclut que les observations météorologiques faites au moyen de l’anemomètre sont très-défectueuses en ce qui concerne la direction des nuages et l’influtnee du vent sur la température.—Une société appelée société d’acclimatation a été formée dans le .but d’introduire en France les espèces d’animaux dont on pourrait tirer parti en les apprivoisant.M.Jules Verreaux a recommandé à la société l’introduction en Algérie et dans les colonies des Indes occidentales, du serpentarius reptilivorus et de la grue caronculée, qui sont les ennemis monels de tous les reptiles venimeux.On trouve ces oiseaux au Cap de Bonne Espérance, et rien n’est curieux comme la description que donne M.Verreaux des combats du serpentarius avec les plus grandes espèces de serpens.L’oiseau commence par rompre avec ses pattes les vertèbres du reptile qu’il avale ensuite en commençant par la queue.BULLETIN DES ARTS ET DES BEAUX-ARTS.—M.Labelle, organiste de l’église paroissiale de Montréal, se propose de passer en Kurope pour s’y perfectionner dans son art.Ses amis doivent lui donner des concerts d’adieu dont le produit sera destiné à faciliter l’exécution de son projet.M.Labelle a aussi donné dernièrement à Belle-ville (Haut-Canada) un concert de musique sacrée qui paraît avoir eu un grand succès.—Pays.—M.Perrault ayant obtenu un congé de la Chambre d’Agriculture est reparti pour l’Europe où il est allé soutenir ses thèses pour l’obtention de son diplôme à l’école de Grignon.Il doit choisir pour sujet de sa thèse l’établissement et la distribution d’une ferme modèle en Canada, et il se propose de publier ce travail qui sera d’une très grande utilité et que de plus il mettra lui-même à exécution à Varennes.Il doit aussi s’occuper du choix d’une bibliothèque départementale pour la Chambre d’Agriculture.—M.A.Turgeon, fils de M.Alfred Turgeon, avocat de Terrebonne, vient de partir pour l’Europe, où il doit suivre les cours de l’école d’agriculture de Grignon.On voit que l’exemple de M.Perrault porte déjà ses fruits.—M.Ernest Gagnon, professeur de musique à l’école normale Laval et organiste de l’église de St Jean à Québec, est parti pour l’Europe afin d’y compléter ses études musicales.M.Gagnon a fait preuve d'un talent remarquable, et quoiqu’il soit encore bien jeune, il a toute chance possible d’exceller dans sa profession.Nos souhaits les meilleurs l’accompagneront dans sa ca rière artistique.—M.Plamondon, élève de Paulin Guérin, a mis la dernière main à la copie qu’il fesait de la Transfiguration de Raphaël, le plus grand tableau dû au pinceau de cet artiste et probablement la plus belle œuvre d’art en ce genre qui existe au monde.Cette copie sera placée dans i’égli3e de St.Jean, à Québec ; elle a les mêmes dimeusions que l’original.Il est peu d’artistes qui aient entrepris un travail semblable et l’on assure que M.Plamondon a parfaitement réussi.Commencé depuis vingt-cinq ans, on peut dire que ce travail a été l'œuvre de sa vie.—Son Altesse Royale le Prince Napoléon a été élu membre de l’Académie des Beaux-Arts, en remplacement du marquis de Pastoret.—Le premier prix pour les plans du monument de Wellington, a été accordé à M.Calder Marshall.Il consiste en une somme de £700 sterling.Le second (£500) l’a été à M.F.Woodington.Il y en a plusieurs autres de £100 chaque.—M.Edouard Giugras, de Québec, dont nous avons admiré les belles voitures, à l’exposition de Montréal, est mort le jour même où il apprenait qu’il avait obtenu le premier prix.On lui avait accordé des récompenses aux expositions universelles de Londres et de Paris ; l’une de ses voitures a été achetée par l'Empereur.Son important atelier de carrosserie existe toujours et nous espérons qu’il continuera à jeter du lustre sur l’industrie canadienne.M.Gingras s’était gagné l’estime de tous ses concitoyens.Un nombreux public assistait à ses funérailles.—La mort du sculpteur Simart, qui appartenait à la classe des beaux-arts de l’Institut, est une des nombreuses pertes récemment faites par ce corps savant.Il était élève de Pradier, avait quarante-huit ans, et mourut en tombant d’un omnibus, preuve, dit M.Pitre Chevalier, que chez nous le talent ne donne pas d’équipage.Simart obtint le premier prix de l’académie française à Rome.Il succéda à son maître Pradier dans l’Institut.Ses oeuvres les plus remarquables sont la Vierge de Troyes, la statue de la Poésie épique, le bas-relief du tombeau de Napoléon aux Invalides, la fameuse statue de Minerve, appartenant au duc de Luynes, les sculptures de l’un des nouveaux attiques du Louvre et les cariatides du pavillon central.L’Empereur qui, il y a quelque temps, voulait montrer dans toute sa splendeur la nouvelle partie du Louvre au Roi de Bavière, ordonna que les échaffaudages qui la masquaient, tombassent dans un temps donné.On répondit que le temps que I on accordait ne suffisait pas pour les faire disparaître.“ Il faut, répliqua l’Empereur, que le Roi de Bavière voie les cariatides ; rappelez-vous ce qu’Alexandre fit du nœud-gordien.” L’on prit des mesures en conséquence.L’immense échaffaudage fut scié et à un signal la masse entière s’écroula.Le Roi de Bavière vit les chefs-d’œuvre ; mais le pauvre Simart ne put juger de l’effet qu’ils avaient produit : il n’était plus.—Les Etats-Unis viennent de perdre un statuaire distingué, M.Crawford, élève du grand sculpteur Suédois Thorwalsden.—La charrue canadienne à vapeur de Romain a été essayée publiquement en Angleterre, le 11 septembre, avec le plus grand succès.Elle est maintenant la propriété de M.Crosskill, si bien connu en Europe par l’invention du brise-mottes mécanique.L’Illustrated London Nevjs contient une gravure de la charrue de M.Romain.Le premier modèle en grand de cette machine fut construit pour l’exposition de Paris en 1855 le comité canadien de l’exposition ayant voté une somme de £800 pour aider l’inventeur dans ion entreprise.L’outil proprement dit est un cylindre armé de houes long de six pieds et de 30 pouces de diamètre.Il pulvérise le sol et le met .dans un état d’ameublissement semblable à celui qui serait produit par un double labour profond suivi d’un hersage et de l’usage du brise-mottes: il déplace et brise pendant l’action les briques, racines ou autres objets enfouis sous le sol, et passe par dessus les gros cailloux à la surface, qui font lever le cylindre sans le briser ; cette charrue laboure à des profondeurs que l’on varie à volonté de trois à douze pouces, se meut à la vitesse d’un mille à l’heure et laboure souvent la profondeur requise de trois-quarts d’arpens à un arpent par heure, au prix de trois chelins et demi à cinq chelins l’heure, ou en moyenne de quatre chelins l’arpent.M.Crosskill, en achetant l’invention de M.Romain, exigea que la machine ne fût pas exposée précaution prudente, lorsqu’on sait ce qui est arrivé à notre concitoyen’ M.Frederick Andrews, qui, ayant exposé à l’exhibition de New-York ses pédales d’orgue, vit un Américain obtenir une patente à sou préjudice.M.Charles Romain, quoiqu’établi depuis longtemps à Toronto, est né à Québec, où son oncle occupait une position distinguée dans la société comme homme de lettres et de science. 220 JOURNAL DE L’INSTRUCTION PUBLIQUE.DOCUMENTS OFFICIELS.(Circulaire No.23.] Bureau de l’Education, Montréal, 5 Novembre 1857.Monsieur l’Inspecteur, Vous recevrez prochainement une caisse de livres qui vous est expédiée par la voie de Vous devrez distribuer ces livres conformément aux prescriptions contenues dans ma circulaire No.20.Vous remarquerez que, grâce à la libéralité du gouvernement, je suis en état de vous envoyer cette année un nombre de volumes mieux proportionné au nombre d’élèves qui fréquentent vos écoles.Vous devrez apporter une attention toute particulière à la croyance religieuse des élèves, et ne donner les livres destinés exclusivement aux éléves d’une croyance, qu’à ces élèves.J’ai pu joindre à cet envoi celui des brochures suivantes : lo.Essay on the Insects and Diseases injurious to Wheat Crops, by H.Hind, Esq.2o.Essai sur les insectes et les maladies du blé, par Emilien Dupont.3o.Etudes sur l’instruction publique chez les Canadiens-Français, par D.P.Myrand.V 5o.Notes and Statistics on Public Instruction in Canada, from Lovell’s Directory of Canada.Ces brochures doivent être dstribuées par vous, dans vos visites, aux instituteurs et aux institutrices, et vous leur recommanderez de les lire et d’en rendre compte à leurs élèves, dans des leçons familières, sur les sujets qu’elles traitent.S’il vous reste de ces brochures, après la distribution faite aux maîtres [et maîtresses, vous pourrez les donner en récompense aux élèves.Vous voudrez bien apposer votre signature au reçu que vous trouverez au pied du duplicatum de la liste ci-jointe et la transmettre sans délai à ce bureau.J’ai l’honneure d’ê re, Monsieur l’Inspecteur, Votre obéissant serviteur, PIERRE J.O.CHAUVEAU, Surintendant de l’Education.LIVRES FRANÇAIS.Bibliothèque de la Jeunesse Chrétienne de Marne, série in-8o do do do do in-I2 Bibliothèque de l’Enfance, do do in-18 Fables de LaFo.itaine.Les Servantes de Dieu en Canada.Abrégé de l’Histoire du Canada de Garneau.Fables de Paul Stevens.Traité de l’Agriculture Flamande.N.B.—Les Fables de LaFontaine, l’Histoire du Canada de Garneau, les Entretiens sur la Physique, la Chimie et les autres sciences, dans les collections de Marne et de Rion, peuvent être donnés aux éleves protestants ; les autres livres français ne doivent être donnés qu’aux élèves catholiques.LIVRES ANGLAIS.(Pour les protestants exclusivement.) Miller’s Illustrated London Library, (choisie).Home Books par Cousine Alice .(Pour les catholiques exclusivement.) Sadlier’s Popular Library.Canon Schmidt’s Tales.Boyhood of Great Painters.IP our les catholiques et les protestants.) Popular and Moral Tales, par Madame Guizot.Stories for Children, par Mlle.Edgeworth.Canadian Settler’s Guide, par Madame Trail.The Child’s Book of Nature, par Hooker.Salmon Fisheries of Canada, par Nettle.Le Canada et l’Exposition Universelle, par J.C.Taché.Pretty Little Poems for Pretty Little People.Hodgins’ Geography and History of British North America.Esope’s Fables.,.Gay’s Fables .Gems of Fables.Book of Birds.Book of Animals.Robinson Crusoe .Total.Reçu du Sunntendaut de l'Education le nombre de volumes ci-dessus indiqué.Distribution solennelle des prix aux eleves du Petit Séminaire de Ste.Thereso.(Suite et Fin.) Cinquième—Excellence—lr prix, Augustin Dagenais, 2d prix, Arthur Filiatrault, 3e Hormisdas Ladouceur ; lr acc Samuel Racine, 2d Magloire Lalonde, 3e John Marrin.Version latine—lr pr Arthur Filiatrault, 2d Augustin Dagenais, 3e Samuel Racine ; lr acc Magloire Pilon, 2d Magloire Lalonde, 3e Hormidas Ladouceur.Thème latin—lr pr Aug.Dagenais, 2d Arthur Filiatrault, 3e Magloire Lalonde ; lr acc Samuel Racine, 2d Georges Dumouchel, 3e Hormisdas Ladouceur.Histoire ancienne en anglais—lr pr John Marrin, 2d Augustin Dagenais, 3e Arthur Filiatrault | lr acc Hermyle Leclerc, 2d Georges Dumouchel, 3e Samuel Racine.Mémoire—lr pr Augustin Dagenais, 2d John Marrin.3c Hormisdas Ladouceur ; lr acc Arthur Filiatrault, 2d Hermyle Leclerc, 3e Samuel Racine.Arithmétique—lr pr Augustin Dagenais, 2d Hormisdas Ladouceur, 3e Magloire Lalonde ; lr acc Benjamin Desmarchais, 2d Samuel Racine 3e Magloire Pilon.Thème français—lr pr Arthur Filiatrault, 2d Augustin Dagenais 3e Samuel Racine ; lr acc Magloire Lalonde, 2d Hormisdas Ladouceur’ 3e Magloire Pilon.Thème anglais—lr pr Arthur Filiatrault, 2d] Augustin Dagenais, 3e John Marrin ; lr acc Calixte Ethier, 2d François Desmarchais, 3e Magloire Lalonde.Version anglaise—lr pr Arthur Filiatrault, 2d Augustin Dagenais 3e Calixte Ethier ; lr acc Hormisdas Ladouceur, 2d Samuel Racine’ 3e Magloire Lalonde.Sixième—Excellence—lr prix Alfred Sauvé, 2d Odilon Blondin 3e Zéphyrin Laurin ; lr acc Félix Dumoulin, 2d Paul Desjardins, 3e François Huberdault.y > cioiuu lauiic- 1 F uauon -Dionain, de Fernando David ; lr acc Alfred Sauvé, 2d Félix Dumoulin, 3e Ludger Lauzon Thème latin—lr pr Odilon Blondin, 2d Paul Desjardins 3e Attred Sauvé ; lr acc Félix Dumoulin, 2d Télesphore Vincent, 3e Zéphyrin Laurin.J Thème français—lr pr Alfred Sauvé, 2d Ludger Lanzon 3e Odilon Blondin ; lr acc Zéphyrin Laurin, 2d Félix Dumoulin, 3e P.Chauveau Paul Desjardins et T.Ouimet., Arithmétique—lr pr Odilon Blondin, 2d François Huberdault 3e Félix Dumoulin ; lr acc Paul Desjardins, 2d Alfred Sauvé, 3e Zéphvrin Laurin Histoire Sainte—lr or Odilon Blondin, 2d Alfred Sauvé 3e Trefflé • Ouimet; lr acc Fernando David, Félix Dumoulin, 3e Paul Desjardins.Mémoire—lr pr Odilon Blondin, 2d Alphonse Séguin, 3e Alfred Sauvé ; lr acc François Huberdault, 2d Zéphyrin Laurin, 3e Trefflé Ouimet Version anglaise—lr pr Zéphyrin Laurin, 2d Odilon Blondin, 3e Ludger Lauzon ; lr acc Alphonse Séguin, 2d Télesphore Vincent 3e Alfred Roy Thème anglais—lr pr Odilon Blondin, 2d J.Bte.Sanche, 3e Félix Du-moulin ; lr acc Elle Gauthier, 2d Ers.Huberdault, 3e Pierre Chauveau Classe préparatoire—Excellence—lr pr Daniel Legault, 2d Edmond Cajetan ; lr accessit Alexandre Chauveau, 2d Oscar McKay 3e Arthur Duval.' Notions d’agriculture—lr pr Oscar McKay, 2d Albert Valois ¦ lr acc Alexandre Chauveau, 2d Edmond Cajetan, 3e Daniel Legault Lecture—lr pr Oscar McKay, 2d Arthur Duval ; lr accessit Edmond Filiatrault, 2d Ferdinand Paquet, 3e Irénée Lamoureux Ecriture—lr pr Arthur Duval, 2d Chs.Howard ; lr acc Irénée Lamoureux, 2d Edmond Cajetan, 3e Emile Lavigne Anglais—lr pr Oscar McKay, 2d Alexandre Chauveau ; lr acc Daniel Legault, 2d Irénée Lamoureux, 3e Edmond Filiatrault Mémoire—lr pr Daniel Legault, 2d Oscar McKay ; lr accessit Arthur Duval, 2d Edmond Cajetan, 3e Ferdinand Paquet.Arithmétique—lr pr Chs.Howard, 2d Albert Valois ; lr acc Daniel Legault, 2d Alfred Bélanger, 3e Oscar McKay.Thème françab—1ère division—Prix, Edmond Cajetan; lr acc Alex.Chauveau, 2d O.car McKay.2de division—Prix, Daniel Legault ; lr accessit Théophile Cajetan, 2d Ephrem Leclerc.Musique instrumentale—lr pr François Duquet, 2d Henri Desaulniers.Proximè accesserunt—Adolphe Payet, Zotique Perrault, F.Xavier Sauriol.Musique vocale.—1ère division—lr pr François Duquet, 2d Jos Valois; lr acc Basile Routhier, 2d Toussaint Desjardins, 3e Antime Pilon.2de division—lr pr Homere McMahon, 2d Amédée Thérien • lr acc Alfred Sauvé, 2d Timoléon Piché, 3e Arthur Filiatrault._ Prix mérités pour cinq accessits—Paschal Brunet, Joseoh Racine, F.Xavier Sauriol, Antime Pilon, Henri Desaulniers, Elie Auclair, François Labelle, Marcellin Perras, Joseph Aubin, Samuel Racine, Félix Dumoulin.Des Presses d Vapeur de Sénécal Sç Daniel, 4 Rue St.Vincent
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