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Titre :
Journal de l'instruction publique
Revue publiée par le Département de l'instruction publique à l'intention des acteurs du milieu de l'éducation. Des textes officiels du gouvernement côtoient des retranscriptions de discours et de conférences, des nouvelles nationales et internationales, des textes sur la pédagogie, des textes littéraires et de la documentation variée en support à l'enseignement.
Éditeur :
  • Montréal :Département de l'instruction publique,1857-1879
Contenu spécifique :
Mai
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque mois
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Journal de l'instruction publique, 1861-05, Collections de BAnQ.

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0'1 IPrRTfi r.r,~À' i 'USCRTÇP0 ___L'r/ ///h‘ PEUPÏf ÆwM Volume V.Montréal, (Bas-Canada) Mai 1861- No.5.M11 AÏSM DR®' ~ ï0 ,oa - “ Petl,,! Mensuelle.- Nouvelles et Faits Divers .Bullelin de l’Instruclion Publique.—Bulletin des Lettres.LITTERATURE POESIE.HOMMAGE A LA MEMOIRE DE M.JOSEPH LENOIR.O muse de la poésie, Pleure : Joseph Lenoir n’est plus! Le sort a, loin de cette vie, Emporté l’un de te3 élus.Son cœur si noble et si sensible Est aujourd’hui f.oid, impassible Comme le marbre du tombeau.Et sa muse si gracieuse, Hélas ! trop tôt silencieuse, S’est éteinte comme un flambeau ! 11 était encor dans un âge Où l’on espère de longs jours.O mort ! voilà donc ton ouvrage ! Tu nous l’as ravi pour toujours ; Mais au Canada, sa patrie, Par lui sincèrement chérie, Son souvenir ne mourra pas, Et les doux accents de sa lyre Ses vers où la grâce respire Braveront la faux du trépas.Nous, ses amis, pleurons sur sa perte funeste ¦ Honorons scs vertus et son talent modeste, Comme est tout vrai talent ; Rendons un justo hommage au charmant caractère De ce parfait ami, du tendre époux, du père, Du chrétien excellent.’ AB I si trop tôt du monde il a quitté la scène üù tout est éphémère, où plus vive est la peine Que la félicité, Son âme aimante et bonne à son Dieu rappelée, En laissant son argile, au ciel s’est envolée, Vers l’immortalité ! O toi, dont la mémoire Bien longtemps, pour ta gloire, Restera dans nos cœurs, Toi dont l’âme d’élite Ignorait son mérite.Semblable aux humbles fleurs.Toi, qui vois à cette heure La sublime demeure Où règne l’éternel, Dans ce ciel sans nuage Accepte mon hommage, Mon adieu solennel ! A.Marsais.SCIENCE.HISTOIRE DIT CANADA.COMPTE-RENDU DU COURS DE M.L’aBBÉ FERLAND, A l’unI-VERSITÉ LAVAL.XXIII.(State.) Champlain arriva le 5 Mai à Sainte-Anne du Cap Breton où il s’arrêta et y vit les P.P.Daniel et Davost qui bientôt allèrent le rejoindre.Champlain apprit à Tadoussac la nouvelle que les Anglais faisaient la traite en contrebande, et à Québec, il sut qu’une de leurs barques était aux Piliers attendant les sauvages.Champlain fut reçu à Québec avec une grande pompe, du moins jour le pays et les circonstances.Le Druit de son arrivée fut ûsntôt répandu et les sauvages venaient le voir.Parmi les sauvages était un chef Algonquin que les Français nommaient Capi-tana, venu des Trois-Rivières avec ses gens et plusieurs canots chargés de fourrures.Champlain ayant appris qu’ils étaient venus dans l’intention d’aller traiter avec les Anglais lit une remontrance à Capitana : il lui rappela la bonté des Français, il lui remit en mémoire que son père, chef vénéré, avait combattu et avait été blessé à ses côtés dans une bataille contre les Iroquois.Capitana fut touché des paroles de Champlain et, se levant avec modestie, 1 fit à Champlain le discours suivant : “ Je ne suis qu’un pauvre petit animal qui va rampant sur la 73 JOURNAL DE L’INSTRUCTION PUBLIQUE.terre.—Vous autres Français, vous êtes les grands du monde qui laites tout trembler.Je ne sais comme j’ose parler devant de si grands capitaines : si j’avais quelqu’un derrière moi qui me suggérât ce que je dois dire, je parlerais plus hardiment.Je me trouve étonne ; je n’ai jamais eu d’instruction ; mon père m’a laissé fort jeune ; si je dis quelque chose je vais le recueillant ça et là à l’aventure ; c'est ce qui me fail trembler.“ Tu dis que les Français sont venus habiter Québec pour nous défendre et que tu viendras en notre pays pour nous protéger.Je me souviens bien d’avoir entendu dire à nos pères que quand vous étiez là bas à Tadoussac, les Montagnais vous allèrent voir et vous invitèrent de monter ça haut où nos pères vous ayant vus vous aimèrent et vous prièrent d’y faire votre demeure.“ Pour l’habitation que tu dis que nous avons demandée aux Trois-Rivières, je ne suis qu’un enfant, je n'ai point de mémoire, je ne sais si je l’ai demandée : vous autres vous avez votre Massina-higan (écriture) qui vous fait souvenir de tout ; mais quoiqu'il en soit tu seras le bienvenu.“ Quand tu viendras là haut avec nous, tu trouveras la terre meilleure qu’ici : tu feras au commencement une maison, une petite maison pour te loger ; puis tu en feras une plus grande, et alors nous ne serons plus des chiens qui couchent dehors; nou s entrerons dans cette maison.Tu semeras des blés, nous ferons de même, et nous n’irons plus chercher notre vie dans les bois.“ J’ai envoyé quelqnes peaux d’orignal, non pour traiter, mais pour couper les bras aux Iroquois.Tu sais que les Iroquois ont les bras longs: si je ne les leur coupais, il y a longtemps que nous serions tous pris : j’envoie des présents aux nations qui leur sont voisines afin qu’elles ne se joignent pas avec eux ; ce n’est pas pour offenser les Français, mais c’est pour nous conserver.“ Tu dis que nous voulons aller à l’Anglais, je m’en vais dire à mes gens qu’on n’y aille point.Ja te promets que ni moi ni ceux qui ont de l’esprit n’iront : que s’il y a quelque jeune homme qui fasse un saut jusque là sans être vu, je ne saurais qu’y faire ; tu sais bien qu’on ne peut pas tenir la jeunesse:—si quelqu’un y va, il n’a point d’esprit.” Champlain qui était toujours très gai et qui connaissait les sauvages lui répondit en riant : Quand nous serons là haut nous serons un même peuple, vos jeunes gens épouseront nos filles, et nos fils prendront des épouses dans vos familles.“ Tu es toujours le même, répondit Capitana, tu as toujouis quelque chose pour faire rire.”, Champlain prit la résolution de faire construire un petit tort dans un endroit bien défendu par la nature au-dessus de Québec.11 choisit une petite île ou presqu’île dans le voisinage de la rointe-Platon.Il construisit là un comptoir qui fut fortifié et auquel on ne pouvait arriver que par eau ; il nomma ce poste le Fort Richelieu, qu’il ne faut pas confondre avec le fort plus important qui fut construit plus tard à l’embouchure de la Rivière Richelieu.Les Hurons étant attendus à Québec, Champlain envoya au devant d’eux une barque qui fut attaquée au-dessus des Trois-Rivières par les Iroquois et obligée de revenir à Québec, après avoir perdu deux hommes.Bientôt arrivèrent à Québec les Nipissiriniens ou sorcters que la curosité amenait et qui voulaient voir leurs anciens amis.Un jour que plusieurs d’entre eux étaient dans le fort observant un entant qui battait du tambour, un d’eux s’approcha de l’enfant au point de donner la peur à celui-ci qui le Irappa d’un coup de baguette et le fit saigner du nez., Les Nipissiriuiens dirent alors a Champlain qu’ils avaient d oit a des présents pour effacer a blessure faite à un des leurs ; mais Champlain leur dit que ce n’étaK point ainsi qu’on réglait de pareilles affaires chez les Français qui ne punissaient que le coupable ; que conformément aux usages de sa nation on allait donner le fouet à l’enfant.L’enfant étant amené, un Nipissirimen le prit sous sa protection et insista pour qu’on donnât des présents ; mais Champlain qui ne voulait point établir de précédent pour ces sortes de rançons, dit qu’il ne donnerait point de présents ; mais que si 1 on ne se déclarait pas satisfait des excuses, on allait punir I entant.alors un sauvage dit qu’il aimait mieux recevoir le fouet que de le voir donner à l’enfant, et les Nipissiriuiens déclarèrent qu ils allaient oublier toute cette affaire.XXIV.Jetons un regard sur ce qui se passait dans les contrées voisines à l’époque où nous sommes arrivés.Sir Cycil Calvet, Lord Baltimore devenu catholique, et souffrant des persécutions auxquelles les fidèles anglais étaient exposés, avait formé le projet de fonder sur les côtes de l’Atlantique une colonie de catholiques anglais.Il obtint la concession d’une partie Je l’étendue de territoire qui constituait la concession originaire de la Virginie.Ayant réuni environ 200 catholiques, Lord Baltimore fit partir une expédition accompagnée des pères White, Alton et Brock de la compagnie de Jésus laquelle vint aborder, après une assez longue traversée, dans la Baie de Chesapeake daÿis l’année 1634.Vers 1631, il s’était formé un petit établissement suédois sur la rivière Delaware, et une partie des habitants des états actuels de Delaware et de New-Jersey doiventj leur origine à des colons Suédois et Hollandais.Lord Baltimore établit dans sa colonie la liberté de conscience, non qu’il regardât tomes les religions du même œil, mais dans ce sens, que lin et les siens n’en persécutèrent aucune.Il n’en était point atnsi chez les puritains de la Nouvelle-Angleterre, ni chez les anglicans de la Virginie au milieu desquels les dissidents du culte dominant étaient fort mal reçus et fort mal traités.Tant que les catholiques demeurèrent en grande majorité, la paix légua dans la colonie de Lord Baltimore et personne ne lut tourmenté pour ses croyances religieuses ; mais quand une fois ces pienners colons eurent été débordés par le nombre des colons protestants venus d’Angleterre et de la Virginie, l’harmonie cessa de régner et les catholiques et autres de la minorité eurent beaucoup à souffrir., .Lord Baltimore avait fait alliance avec un des rois indigenes et concédé une étendue de pays sur les bords du Potomac.Il construisit un petit fort qu’il appela Sainte Marie en l’honneur de la mère de Dieu, et il donna au pays le nom de Maryland en honneur de l’épouse de son roi, Charles 1.Les Pères Jésuites du Maryland prêchèrent I évangile parmi les sauvages de ce pays qui, comme ceux du Canada, appartenaient aux deux grandes races Algique et Huronne-iroquoise.C est l.t qu’habitait cette tribu huronne des Andastoés qui faisait si vigoureusement la guerre aux Iroquois.Les missionnaires firent des conversions ; mais les traces de leur apostolat dispaïuient lorsque les troubles amenés par les protestants empêchèrent les prêtres catholiques de s’occuper des indigènes., , Ce fut vers cette époque, de 1633 à 1635, que la petite verole tit son apparition presque simultanément dans les colonies fiançaises et dans les colonies anglaises.Cette maladie faisait chez les sauvages des ravages terribles et elle leur inspirait une horreur et une crainte faciles à imaginer.Quelquefois même cette maladie donna aux indigènes de la défiance contre la religion ; ils s îma-"inaient que ce mal affreux était répandu chez eux par un sorti-fége: tantôt c’était un sac, tantôt un capot ou un autre objet qui avait apporté le fatal présent.Il se passa en 1634 eu Canada un événement qui retarda le voyage des missionnaires qui se disposaient à aller au pays des Hurons.Un sauvage de la Petite Nation, sur l’Outaouais, avait en mourant obtenu de son frère la promesse de tuer un homme dans des circonstances qu’il particularisa.Ce sauvage ainsi depo sitaire de cette mission de sang vint à Québec, et crut accomplir la dernière volonté de son frère en tuant un Français.Champlain, ayan découvert le meurtre et connu le meurtrier, fit arrêter ce coupable et le fit jeter en prison, déclarant en même temps a ses compatriotes qu’il serait jugé et puni selon les lois françaises.D’un autre côté le nommé Etienne Brûlé, interprête qui s était mis au service des Anglais, avait été tué chez les Hurons dans l’année 1633., „n„,.Les Hurons, ayant appris le retour des Français vouluient ail revoir leurs amis.Il y avait chez les Hurons un jeune sauvage qui avait été envoyé en France en 1626, et qui avait ete elevep les iésuites : il s’appelait Louis Amantacha ou Louis de Sainte-foi.Ce jeune homme avait de belles manières, et Kertk lui-meme aval été forcé d’admettre, à son occasion, que les jésuites elevent Die Les Hurons arrivèrent donc à Québec dans le commencement de la saison par petites flottiles de six à sept canots ; mais le gros c e la flotte attendue n’arrivait pas.On a vu que les canots huto s étaient soumis à un tribut qu’imposaient les sauvages de la Watio de l’Ile.Les canots étaient obligés de taire portage a I IIe ü Allumettes, et là les voyageurs étaient sourdis a une espece ue droit du Sound.La Nation de l’Ile taisait en outre le commerce de commission entre les Français et les sauvages.u Ces rusés marchands conçurent l’idée de détourner les Hu de descendre ; ils leur dirent que les Français étaient determines a vermer la mort de Brûlé, que Champlain demandait au moi quatre tètes de hurons ; que déjà on tenait un algonquin en PrlT,, La prison c’était une chose épouvantable pour les sauvages, r sieurs Hurons, effiayéspar ces menaces, s’en retournèrent grand nombre attendit.na Louis Amantacha, qui était venu un des premiers a QueDec, JOURNAL DE L’INSTRUCTION PUBLIQUE.70 en hâte vers eux et leur dit que les Français regardaient Brûlé comme un traître et un renégat, et ne songeaient pas le moins du inonde à le venger; que l’algonquin retenu en prison était un meurtrier ; enfin il détruisit tous les arguments des sauvages de l’Isle, et on se mit en marche.Bientôt Québec vit arriver la flotte Huronne, composée de 150 canots et portant cinq à six cents personnes.Ce fut un beau spectacle pour les nouveaux colons que de voir cette troupe nombreuse de naturels grands, bien faits, forts et vigoureux ; car c’est une remarque qu’ont faite tous les chroniqueurs du temps, qu’on ne voyait chez les sauvages aucune des difformités si connues chez les nations civilisées.Pendant le séjour des Hurons, Champlain fut obligé de passer par toutes les tribulations des festins, des fêtes, des conseils.La traite se faisait avec les agents de la Compagnie, et les missionnaires songeaient à remonter avec les Hurons, pour aller annoncer la bonne nouvelle de l’Evangile.Les Hurons connaissaient'déjà le Père Brebeuf qu’ils nommaient Echoit; mais ils refusèrent d’emmener les Jésuites; comme Champlain et les pères demandaient la raison de ce refus : Un chef fit un discours dont voici Ja substance : Tu veux que nous emmenions des Français avec nous ; tu sais bien que nous avons à passer par le pays de la Petite Nation, dont les habitants sont irrités contre toi.A notre passage, en descendant la rivière, ces hommes nous ont demandé de leur ramener leur frère que tu retiens en prison.Ils seront déjà fâchés devoir que nous ne leur rendons pas le prisonnier; si donc il y avait des Français avec nous, ils les tueraient bien certainement, et nous, nous serions tenus responsables de leur mort.Champlain trouva ces objections raisonnables et les pères durent renoncer à leur voyage pour cette année.CA continuer.) a disparu, et les sept couleurs de l’iris, mêlées et superposées de nouveau, ont reproduit Ja lumière blanche.Je viens de dire que chaque couleur présente dans le spectre une infinité de nuances; que l’orangé, par exemple, établit par degrés insensibles la transition du rouge au jaune ; celui-ci, le passage de l’orangé au vert, et ainsi de suite.N’existe-t-il, dans cette succession de teintes, aucune solution de continuité ?Tous les tons s’y trouvent-ils?aucun d’eux ne manque-t-il dans la série?Cette question délicate n’a été posée que postérieurement à Newton, et c’est aux recherches de l’habile opticien de Munich, h raunhofer, qu’on en doit la solution.Si l’on prépare, avec tous les soins imaginables, un spectre solaire parfaitement pur, on y découvre, à l’œil pu, une infinité de raies obscures dirigées perpendiculairement à sa longueur: le nombre de ces raies parait augmenter d’une manière prodigieuse, quand l’œil est armé d’une loupe ou d’un microscope.Chacune d’elles représente une lacune dans le spectre, une nuance qui manque entre deux nuances voisines.Les teintes de la lumière se succèdent donc, en quelque sorte, comme les sons de la gamme chromatique, non pas d’une manière continue, mais séparées par des intervalles que l’œil peut saisir, de même que l’oreille apprécie la discontinuité des sons.Les planètes et les étoiles nous envoient aussi des rayons que le prisme décompose ; mais les spectres obtenus sont trop faibles ' pour qu’il soit possible de les projeter sur un tableau.A leur sortie du prisme, on reçoit ces rayons sur l’objectif d’une lunette ; l’image colorée vient alors directement se peindre au fond de l’œil placé"à 1 oculaire.Les spectres des planètes sont sillonnés des mêmes raies que le spectre solaire, résultat qu’on pouvait prévoir, puisque les planètes ne nous renvoient que la lumière du soleil.Au contraire, les spectres des étoiles fixes présentent des raies tout différemment (distribuées ; chaque étoile a, comme le soleil, son système de lignes noires caractéristiques; on devait s’y attendre, car “ le soleil n’est qu’une étoile parmi les étoiles répandues dans l’espace.” Un Voyage d’Exploration dans le Soleil.C’est un lointain voyage que .je vous propose d’entreprendre ; niais la distance et les difficultés de la route ne pourront vous eftia)er, quand je vous aurai fait connaître les guides evpérimen-tés qui veulent bien nous conduire.Ces guides, nous Jes trouvons dans la riante petite ville de Heidelberg.Petite par le nombre de ses habitants, Heidelberg est grande par la renommée des maîtres qui, de tout temps, ont illustré son université.C’est a deux de ces maîtres que nous nous adressons : à M.Bunsen, chimiste de premier ordre, bien connu du monde savant par ses importants travaux sur les métaux des alcalis et des terres, sur les radicaux organiques et sur l’analyse des gaz ; à M.Kirchhoff, physicien éminent, qui a su résoudre par la puissance du calcul tin grand nombre de questions des plus compliquées, dans le domaine de la chaleur, de la lumière et île l’acoustique.I énétrons avec eux dans le laboratoire ; des lunettes, des prismes y sont disposés à côté de flacons qui contiennent des sels, des eaux minérales, des cendres de végétaux.Il s’est transformé en mie chambre obscure, qu’éclaire seule une Hamme d’un bleu pale, unique et souverain réactif d’une méthode d’analyse nouvelle dont on comprendra, dans un instant, la prodigieuse fécondité.une des plus brillantes découvertes du génie de Newton est, sans contredit, celle de la composition tie la lumière solaire.Si, dans une chambre obscure, on reçoit sur un prisme un faisceau telle de rayons venus du soleil, ce faisceau s’épanouit et se colore au s°rtir du prisme, et va peindre, sur le mur ou sur un écran convenablement placé, le ravissant phénomène du spectre solaire.«om affreux, donné à la plus belle apparition de l’optique ! Dans ee spectre viennent s’étaler toutes les vives couleurs de l’arc-en-eie , le rouge, l’orangé, le jaune, le vert, le bleu, l’indigo et le , ®t 1 chacune d’elles occupe une portion déterminée de la bande ‘ummeuse, et passe par une infinité de nuances, intermédiaires outre les nuances de ses extrémités.Comment ces couleurs, ces nuances innombrables ont-elles été produites?Le prisme a-t-il colore la lumière du soleil, a-t-il imprimé à cette lumière quelque alteration mystérieuse?Non; le prisme n’a fait que séparer les jnyons différemment colorés dont la réunion forme la lumière tanche ; il les a séparés, parce que ces rayons ne s’infléchissent, sp ^freJrac^ent Pas également lorsqu’ils le traversent : les violets étn e lactent P*1’8 les jaunes, ceux-ci plus que les rouges : ils lin JA8 Para'le|es avant de rencontrer le prisme, ils doivent ne s ecarter les uns des autres quand ils en sortent.Pour con-leium cftte explication, Newton n’a eu qu’à recevoir, sur une les f»-’ , .ray01’S séparés par le prisme ; la lentille les réunit en taisant tous passer par son foyer ; en ce point, toute coloration ftiuuwcuco, id jumicie eiecuique, la lumière u une lampe ordinaire ou d’une bougie, par exemple, analysées par le prisme, donnent encore des spectres colorés ; mais cette fois les raies obscures ont disparu ; elles sont remplacées par quelques lignes brillantes qu’on aperçoit tantôt dans le vert, tantôt dans le rouge ou dans Je jaune, selon Ja nature de la flamme.Bien plus, i introduction dans cette flamme d’une parcelle de substance étrangère, suffit pour provoquer dans le spectre la formation d’une ou de, plusieurs lignes brillantes ; si donc la flamme est par elle-meme dépourvue de pouvoir éclairant, ces raies apparaissent seules, au milieu d’un champ complètement obscur.Chaque substance déterminée, fournissant un système de lignes brillantes qui lui est propre, l’apparition de ces raies prouvera évidemment Ja presence de cette substance dans la flamme., Tel est le principe de la nouvelle méthode d’analyse chimique dont MM.Bunsen et Kirchhoff vont maintenant nous faire connaître les applications.La flamme bleu-pâle que vous voyez brù-ler sur la table de leur laboratoire est celle d’un mélange de Pour remédier à ce désordre, qui peut avoir des suites si funestes, il faudrait une entente parfaite parmi les Canadiens, et au besoin former des associations de personnes qui s'engageassent à diminuer leurs dépenses, à vivre comme vivaient nos pères, à ne pas rougir de s’habiller avec l’étoffe fabriquée dans le pays, au lieu d’aller s’endetter chez les marchands pour s’acheter un habit qui sied si mal à un cultivateur.A propos, nous avons vu avec plaisir, dans un journal, qu’à Québec, un certain nombre de citoyens se font un honneur de porter l’étoffe du pays.“ 2o.L’ivrognerie.—Un sentiment pénible s’empare de notre âme en abordant ce sujet.Nous nous reportons par la pensée vers ces années dernières, au temps où l’ivrognerie, ce fléau de notre société, était disparu.Hélas! ce3 beaux jours n’ont duré que trop peu de temps.Quel abîme de dépenses fut comblé par la cessation de ce désordre, que de comfort fut apporté dans les familles, avec quel bonheur nous entendions dire à des petits enfants : “ Maintenant que notre père ne boit plus, nous avons des vivres en abondance et de bons vivres.” Mais le règne de la sobriété, qui rendait à tant de familles le bonheur, qui séchait tant de larmes, qui réhabilitait dans son honneur le peuple canadien, et sans lequel il n’y a pas de salut pour la nation, n’a fait que paraître ; il n’a pas eu de temps de produire tout le bien qu’on en pouvait attendre ; le terrible fléau a reparu pour causer dès ravages plus affreux que jamais.“ Et disons-le en passant, l'ivrognerie d’aujourd’hui a un caractère plus alarmant que l’ivrognerie que nous déplorions avant le régné de la tempérance.Autrefois il n’y avait guères que les hommes qui y fussent adonnés ; peu de jeunes gens s'y livraient ; aujourd’hui, non seulement les jeunes gens, mais les enfants même donnent tête baissée dans ce vice détestable.“ On a tant parlé sur cette question que nous nous bornerons ici à en dire très peu de chose.Il serait difficile, ou plutôt impossible, de constater tout le mal qu'a fait au peuple canadien l’excès dans l’usage de la boisson.Nous ne parlons pas du mal dans l’ordre moral, il est incalculable ; mais au point de vue de ses intérêts matériels et pécuniaires.“ Il y a cela de remarquable que le caractère canadien, naturellement jovial, sacrifie ses intérêts les plus chers dans le plaisir.Nous voyons, sans doute, au milieu de nous d’autres peuples faire des excès, dans l’usage de la boisson, plus odieux peut-être que ceux que nous déplorons ici chez les Canadiens, mais ce n’est jamais avec autant de préjudice pour leurs intérêts temporels.Pour les Canadiens-Français ivrognes, on dirait qu’il y a une fatalité particulière ; dans leurs excès, ils saciifient tout ; il faut qu’ils deviennent pauvres, réduits à la mendicité.Combien de fois n’en avez-vous pas vus au temps de la moisson, quanl leur présence était strictement requise dans le champ, quitter l'ouvrage —les enfayits suivent l’exemple du père—se rendre à l’auberge, y passer presque des journées entières?Qu’arrive-t-il?le temps de la moisson est avancé, réclamerait un travail prompt et assidu ; la pluie survient inattendue, continue deux ou trois jours et voilà pour cette famille une perte de cent ou deux cents piastres.“ Quel est celui d’entre nous qui ne pourrait nommer un certain nombre de Canadiens réduits à la misère, dont les terres sont passées entre les mains d’étrangers, par suite de leur malheureuse passion pour l’ivrognerie ?Tous les jour3 nous avons sous les yeux de ces tristes exemples; le luxe et l’ivrognerie amènent ce funeste résultat.1 ‘ Voici l’histoire d’un nombre malheureusement trop grand de nos compatriotes : Un homme acquiert une belle terre ; avec des habitudes d’ordre, d’économie et un travail qui, sans être excessif est assidu, il peut l’acquitter auprès de celui de qui il l’a achetée, et,transmettre un bel héritage à ses enfants Mais il est adonné à l’ivrognerie ; tous les ans il consume en liqueur ce qui pourrait faire son paiement de terre.Puis l’ivrognerie amène la paresse ; au lieu d’entretenir la ferme, de l'améliorer, une partie du temps se passe à l’auberge ou à fêter avec ses amis.La terre qui dans les commencements rendait avec abondance s’épuise, la récolte est maintenant loin de suffire aux dépenses, et cependant la famille ne diminue en rien ses exces ; la toilette chez les enfants est toujours extravagante, et la boisson continue à couler à grands flots.Bientôt on ne' peut plus rencontrer les paiements de terre, ni les comptes de magasin ; puis, un autre écueil attend notre pauvre cultivateur.Aux deux monstres qui dévoraient sa propriété vient s’en joindre un troisième—la cupidité.“ 3o.La Cupidité’.—Elle ne dévore pas seulement la substance de l’ivrogne, mais encore celle de tous ceux qui, par une cause ou par une autre, tombent entre ses mains.Un homme, aujourd’hui, soit par mauvaise conduite, par maladie, ou par un accident quelconque, est-il incapable de rencontrer ses engagements, se voit-il forcé de faire un emprunt, il peut se considérer comme ruiné.Un certain nombre d’individus, surtout étrangers, qui ont des capitaux, sont aux aguets ; quand un cultivateur a UDe propriété sur laquelle il peut donner une hypothèque, il trouvera facilement de l’argent à emprunter de ces individus sans entrailles comme sans pudeur; mais à quel taux d’intérêt?à donze, vingt, trente par cent.Le temps de payer arrive, notre homme n’a pas le moindre à compte à donner.Ou lui fait renouveler le billet ; eu lui chargeant toutefois l’intérêt de l’intérêt.Après un certain temps, on le poursuit, la terre est vendue par ordre de la cour, le prêteur l’achète pour une bagatelle, et voilà un Canadien de plus réduit à la misère.“ Si ce fléau continue à faire ses ravages parmi nous, aidé du luxe et de l’ivrognerie, on peut dire pour la race canadienne-française, que ses beaux jours sont passés ; bientôt nous verrons le sol entre les mains de quelques spéculateurs étrangers.” Rameau : Notes Historiques sur la Colonie Canadienne de Détroit, G8 p.in-12.Rolland et Fils, libraires ; E.Senécal, imprimeurs.Les citoyens de Windsor et ceux de Sandwich ont fait imprimer, à leurs frais, cinq cents exemplaires de cette intéressante lecture de l’habile écrivain, et se proposent de les distribuer dans leurs écoles.Chaque petit canadien-français de cette partie reculée du Haut-Canada pourra ainsi lire l’histoire de l’établissement de ses ancêtres, qui ne furent point sans mérite en fondant une colonie aussi éloignée des centres de population.Ecoutons un instant M.Rameau : “ On n’avait point d’autre recours que Montréal, qui, alors, n’était 91 JOURNAL DE L’INSTRUCTION PUBLIQUE.guère plus considérable que n’est Sandwich aujourd’hui ; pour s’y rendre on n’avait pas d'autre moyen de communication que les canots d’écorce, qui ne pouvaient guères circuler qile la moitié de l'année.Aujourd'hui même, où nous disposons de ressources de toute espèce, bateaux à vapeur, capitaux immenses, outillage puissant, aujourd'hui que nous nous appuyons sur une société nombreuse et riche sur ce continent même, s’il s’agissait d’aller fonder une colonie dans l’intérieur, à 200 lieues de tous endroit habité, on regarderait cela comme une opération difficile et audacieuse.Qu’était-ce donc alors?“ On a fait un héros de Daniel Boone, le pionnier du Kentucky ; mais ses travaux n’étaient qu’une plaisanterie a coté de ceux de Lamothe Cadillac, il agissait à 2 ou 3 jours de marche de la Virginie, lequel pays a son époqne possédait vingt fois la population et le3 ressources du Canada de 1,700.“L’entreprise des Mormons allant fonderleur colonie au milieu du désert, a été regardée comme une entreprise de désespérés—cependant ce n'était rien, auprès de la fondation du Détroit—ils étaient cent fois plus j nombreux et beaucoup mieux fournis de tout ; et tandis que Cadillac ne pouvait demander de secours que dans uu pays presque aussi faible et aussi déuué qu’il l’était lui même, ils avaient derrière eux, un pays riche, puissant, abondant en ressources, et capable d’écraser les tribus indiennes.” A de tels enseignements, M.Rameau ajoute de sages conseils, qui pourraient être utiles en bien d’autres endroits qu’à Sandwich et à Windsor.Nous espérons que nos lecteurs feront leur profit de ceux que nous reproduisons : 11 Que ces réflexions sur le passé, soient donc pour vous un enseignement salutaire—et en songeant aux travaux de vos aïeux et à l’héritage qu’ils vous ont légué, sachez suivre les exemples qu'ils vous ont donnés —que serait-il arrivé si alors au lieu de se porter sur des terres neuves on n’eut jamais songé qu'à se partager les vieilles terres défrichées jusqu’à ce qu’elles fussent réduites à des lambeaux de 80 ou 90 arpents?Il en serait résulté que devenant à la fin impartagcables, les héritages auraient été vendus, et qu’un grand nombre d’entre vous, seraient aujourd’hui réduits, à la condition de louer des terres à des étrangers où a gagner au jour le jour un salaire incertain qu'il faudrait aller solliciter de toutes parts.Or que de motifs n’avez-vous pas aujourd’hui pour chercher a vous étendre comme vos ancêtres ont fait; vous en avez bien plus qu’eux, car en agissant ainsi ils ne faisaient que suivre les impulsions, de leur bon naturel et d'une sagesse instinctive.Mais vous êtes éclairés par l’expérience, et vous voyez avec évidence combien même il eut été avantageux qu’ils fissent plus encore et qu’ils s’assurassent à tout prix toutes les terres du pays.“Sans doute ils n’est pas aussi facile maintenant de les acquérir, il en coûte plus et elles sont plus enfoncées dans l'intérieur.Cependant croyez-moi, quelque soit le prix auquel les terres en bois debout soient parvenues, il n’en est pas moins avantageux et même urgent pour vous vous d’en acheter, toutes les fois que vous le pourrez et même de vous gêner pour les acquérir,—car plus vous irez plus elles monteront de prix, plus elles deviendront rares.“Aujourd’hui encore quand on acheté une terre en bois debout, on peut couvrir une partie du prix avec le bois qui s’y trouve, et après cette exploitation il est bien rare que le terrain revienne à plus de 4 ou 5 piastres l’acre.Dans c moment-ci surtout où nous subissons une crise qui a fortement affecté les transactions et altéré le prix des immeubles, il est plus facile de les obtenir à bon compte qu’il ne l’a été précédemment.“ C’est donc une occasion à saisir, car une fois cette crise passée, les choses reprendrout leur eours et avec le mouvement ascendant de la population, la terre ira toujours croissant de valeur.Que chacun dans la limite do ses forces, s’emploie donc à s’assurer les terres non cultivées pendant qu’il y en a encore ; sinon vos enfants ou petits eufants diront aussi un jour, quand on ne voudra plus leur vendre de terres que dépouillées de toutes valeur en bois, et à un prix double ou triple de celui qu’on demande maintenant, ils diront à leur tour : Ah combien nos pères ont été malavisés de ne point acheter toutes ces terres, quand elles étaient toutes boisées et à si bon compte! Il faut donc aujourd'hui faire non seulement le possible, mais en quelque sorte l'impossible pour vous assurer ce qui en reste, et chaque pèro de famille devrait tenir à honneur, en se privant s’il le faut, d’établir de son vivant chacun de ses garçons sur une terre nouvelle, en laisant à l’aîné, intact et sans morcellement l’ancien patrimoine de la famille.” Smith: Abécédaire musical contenant la théorie simplifiée des principes élémentaires appliquée à l’étude d’un instrument ou de la voix, par Gustave Smith, organiste de l’Eglise St.Patrice, etc.Typographie musicale de l’auteur ; 32 p.in-8.Nous avons déjà mentionné d’autres travaux utiles du laborieux professeur, qui n’épargne aucun effort pour populariser l’étude de la musique.Le prix de ce petit ouvrage est de 25 cts.Québec, avril et mai 1861.Rapport sur les Missioxrs du Diocèse de Québec, 14e livraison, xvm-192 p.in-12, Brousseau.Nous signalions l’autre jour la publication du Rapport des Missions du l'iocese de Moutréal, celui de Québec vient de paraître, et ne lui cède en rien.On y trouvera surtout des détails intéressants sur les postes du nord, et sur une foule d’autres établissements où 1 éducation, protégée par les missionnaires, fait de grands progrès.Nous ne connaissons guère de lecture plus attachante.Les articles sur les missions du Labrador, de la Rivière Rouge et de la Baie d’Hudson, sont on ne peut plus descriptifs et agréables à lire.Brunet : Voyage d’André Michaux en Canada depuis le lac Champlain jusqu’à la Baie d’Hudson, par O.Brunet ; 27 pages in-8.Bureau de l'Abeille.Cet intéressant travail historique et scientifique est au nombre de ceux que publie, de temps à autre, le journal des élèves du Séminaire de Québec.Sa ré-impression est une bonne fortune pour les amateurs.M.Brunet, professeur de botanique à l’Université Laval, ne se contentera pas, nous assure-t-on, d’avoir suivi les traces du célèbre botaniste français dans ce récit, dont il a eu beaucoup de peine à réunir les éléments épars; mais il va parcourir lui-mcme l’espace exploré par Michaux au nord du St.Laurent, dans la direction de la Baie d’Hudson, afin d’enrichir l’herbier déjà si considérable qu’il a formé.Nous lui souhaitons bon voyage et bon succès ; et nous attendrons avec impatience des nouvelles de la grotte du “ Grand Lac des Mistassins” et du génie qui l’habite.Lemoine : Ornithologie du Canada, par J.M.Lemoine, Avocat, seconda partie ; v-398 p.in-12.E.R.Fréchette.Nous donnerons des extraits de cc second volume de l’intéressant travail de notre jeune naturaliste.Nous avons reproduit le premier presqu’en entier ; mais le Département de l’Instruction Publique, nous sommes heureux de le dire, ne s’cst point borné à ce stérile tribut d’admiration, il a acheté cinquante exemplaires du livre pour être distribués en prix dans les écoles ; grâce à cet encouragement et à celui donné par la bibliothèque du Parlement, M.Lemoine a pu ré imprimer la première partie, tirée d’abord à un très petit nombre d’exemplaires.Petite Revue Mensuelle.Notre parlement a terminé sa dernière session le 18 mai.Un grand nombre de projets de loi ont été sanctionnés ; un petit nombre d’en-tr’elles cependant ont trait à la législation civile proprement dite ; presque toutes sont d’un caractère local et municipal.Et il n’est pas étonnant qu’il en soit ainsi dans un moment où les statuts refondus (trois énormes volumes) viennent à peine d’être publiés et où une commission prépare un code.Les questions les plus importantes débattues pendant la session ont été celle de la représentation basée sur lapopulation, des avances faites au Grand Tronc, des lois sur l’usure et sur les faillites, et de l’abolition du droit d’appel au conseil privé.Sur la première un vote assez fortanégativé la demande de la grande majorité des députés haut-canadiens ; un seul représentant du Bas-Canada M.Sommerville votant pour la proposition et dix députés du Haut-Canada votant contre.Le ministère n’a eu qu’une assez faible majorité sur la seconde question ; le statu-quo a été maintenu quant à l’usure et aux faillites et sur la dernière question, le projet de loi de M.Cartier a été perdu dans le conseil législatif.Dans son discours de clôture le gouverneur général annonce la visite non officielle du Prince Alfred, second fils de la Reine, âgé de seize ans et demi, et aspirant en marine.Le deuil où se trouve la famille royale empêchera S.A.d’accepter aucune invitation, et le voyage devra se faire strictement incognito.Depuis ce temps le jeune prince est arrivé à Halifax et S.E le gouverneur général doit se rendre au devant de-lui dans le bas du fleuve.S'il parcourt les Etats-Unis, le second fils de notre souveraine, y trouvera un état de choses bien différent de celui qu’y avait laissé le Prince de Galles.La guerre civile y sera bientôt dans tonte son horreur, quoiqu’à dire le vrai les parties belligérantes aient jusqu’ici malgré toutes leurs prorocitioas et bravades réciproques, agi avec une grande lenteur.Les arméesdu Nord et du Sud nousont pendant assez longtemps rap-pellé la fameuse stance de Sédaine sur l’opéra, J’ai vu des soldats en alarmes, Les bras croisés, le corps droit, Crier cent fois aux armes Et ne pas bouger de l’endroit! Les seuls faits d’armes qui se soient passés jusqu’ici ont un caractère les uns puéril, les autres atroce.Dans ce deruier genre est l’épisode de la prise d’Alexandrie dans lequel le Colonel Ellsworth commandant du régiment des zouaves de New-Yorlc, à trouvé la mort.Le massacre que Ton a fait de son meurtrier a doublé l’horreur de cette bien déplorable affaire.On comprend du reste peu de chose au mouvement des troupes et au plau de la campagne ; les intentions de l’armée du Sud sont difficiles à savoir ; le silence qui règne sur tout ce qui la concerne indique ou une grande habileté et une discrétion sans pareille, ou un découragement et une impuissance bien funestes.Cette dernière opinion ne saurait cependant nous être inspirée par la lecture des journaux fiançais de la Louisiane qui nous arrivent depuis quelque temps avec une ponctualité à laquelle nous n’étions pas habitués même en temps de paix.Nous y JOURNAL DE L’INSTRUCTION PUBLIQUE.trouvons en fait de levée et d’équipement de troupes, en fait d’enthou-siame militaire l'exacte copie de ce que contiennent les journaux du Nord, moins l’extrême violence des articles de fonds de cette dernière partie de la presse américaine, laquelle est loin d’être égalée par les sécessionnistes.Cette violence depuis quelques jours, s’adresse même à l’Angleterre avec une outrecuidance dont le Canadien de Québec fait bonne justice dans un passage qui suit une citation d’un articles du Courier and Inquirer.Ce dernier journal menaçait d’une déclara-de guerre les deux puissances européennes si elles persistent a traiter les hommes du Nord autrement que comme des rebelles : “ Certes, voilà qui est parlé bien haut à une puissance comme l’Angleterre, pour des gens qui, de l’aveu de leurs propres journaux, le N.\.Tribune entre antres, “ manquent encore de cavalerie, d’artillerie légère, de moyens de transport, de matériel de campement d’approvisionnements, de munitions, de bagage, etc., etc., et enfin ce qui n’est pas le moins important, d’un département chirurgical formellement organisé pour les volontaires.” Aussi de pareilles fanfaronades ne peuvent-elles que prêter à rire, excepté pourtant pourceux qui, comme nous, ont le malheur d'être dans le voisinage immédiat du pays où elles se disent.Ce n'est pas que nous ayons à craindre pour la sécurité du pays, dans un temps où l’Angleterre est en paix avec le monde entier; puis, il y a toute apparence que le Sud occupera suffisaimnent, d’ici à quelque temp3, les forces régulières du Nord.Mais supposez que le gouvernement de Washington suive la ligne de politique qui lui est tracée, par ses journaux, il s’ensuivra nécessairement une rupture avec l’Angleterre, et c’est assez pour exposer toute notre frontière du Sud aux incursions de bandes de maraudeurs, qu’aucune autorité ne pourra contenir, qu’on encouragera peut-être sous main, comme cela s’est vu pendant nos troubles de 1887-38.Nous ne parlons ici que du cas de simple rupture des rapports diplomatiques et non du cas de guerre ouverte, ce qui serait bien plus grave encore.Et dans l'Etat de choses que créerait une rupture diplomatique entre l’Angleterre et les Etats-Unis, qui pourrait garantir la paix pour vingt-quatre heures seulement?le plus mince incident suffirait pour allumer la guerre.Or en pareil cas, nous aurions affaire à une nation qui se prépare et où les esprits sont montés à la guerre depuis plusieurs mois.Et nous n’avons qu’une poignée de troupes régulières, qu’il serait bien à souhaiter de voir augmenter bientôt, et cela dans l’intérêt même de la paix ; car si nous avions en Canada une vingtaine de mille hommes de bonnes troupes, avec une brave milice prête à les appuyer, nous sommes sûr que nos voisins se résigneraient à en passer par le programme de Lord Johu Russell, qui est d’aillenr3 en stricte conformité avec le droit international européen, et qui plus est avec les antécédents de la politique des Etats-Unis eux-mêmes.“ En voyant nos voisins si susceptibles, si exigeans vis-à-vis de l’Angleterre, on serait tenté de penser qu’ils veulent se réserver un casus belli, pour essayer de gagner au Nord ce qu’ils sont menacés de perdre au Sud.C’est, comme on sait, une idée de M.Seward, le secrétaire du président Lincoln, que d’arrondir les Etats-Unis en s’emparant des Canadas.Si nos voisins perdent le Sud, ce sera une raison de.plus de jeter leur dévolu sur le3 Canadas, et les armements considérables qu’ils auraient alors sur pied leur fourniraient les moyens d'accomplir leur projet si nous n'étions pas bien préparés à les recevoir.Ce ne sont pas là de vaines conjectures.L'Angleterre commettrait une faute énorme, irréparable, si elle ne mettait promptement le Canada sur une espèce de pied de guerre un peu imposant, ce qu’on appelle en style diplomatique la paix armée.” Nous doutons fort pour notre part qu’après un échec comme celui que notre confrère anticipe les états du nord fussent assez bien portans et assez en appétit pour vouloir nous absorber.Deux faits peignent dès à présent la situation que la guerre civile a faite à la ci-devant grande république.L’Espagne qui il y a si peu de temps craignait de se voir enlever Cuba, vient de s'annexer la république dominicaine.Qui eût pu prévoir un tel évènement il y a seulement six mois ?Le second c’est que l’Angleterre qui m’avait pas encore songé sérieusement à compléter sa grande ligne de chemin de fer à travers ses colonies jusqu’à Halifax ne parle de rien moins que d’escamoter aux Etats-Unis l’idée que ceux-ci avaient depuis si longtemps émise d’un chemin de fer de l’Atlantique au Pacifique.L’Ecko du Pacifique journal français publié à San Francisco, fait sur ce sujet les sages réflexions qui suivent et par lesquelles nous terminerons, c«r elles ouvrent un assez vaste borisonà la pensée de nos lecteurs pour que là-dessus nous prenions congé d’eux.“ Pendant que l’Union se déchire et oublie ses intérêts les plus directs pour ne s’occuper que de ses discordes et de ses blessures, le grand railroad du Pacifique ne se fait pas.“ L’Angleterre, qui sait mettre à profit les malheurs de ses voisins, comprend que c’est le moment de revenir à ses projets, Elle discute de nouveau et démontre la nécessité de réaliser le grand chemin de fer qui conduirait d’Halifax au golfe de Géorgie en traversant tout le Canada et sans sortir du territoire britannique.L'Illustrated London News contient sur ce sujet un article très détaillé qui a produit une réelle sensation.11 Nos intérêts, dit ce journal, s’accroissent dans l’Est et réclament impérieusement de nouvelles voies de communication.Le long détour par le cap Horn, la ligne même de Panama, entraînent des lenteurs préjudiciables aux transactions et ne répondent plus au besoins du commerce.La ligne qui passe par l’Isthme de Suez a d’autres inconvénients ; d’ailleurs elle n’est pas sous la main du pays.Il lui faut une route à lui indépendante des éventualités, sur le sol anglais.La route qui passera par le Canada est la seule qui puisse convenir à une nation dont l’industrie puissante a besoin d’être incessamment à la recherche de nouveaux débouchés.“ Viennent ensuite les détails, l’examen des points de comparaison entre les avantages offerts par chacune des lignes en projet, et la préférence est donnée à la ligne anglaise.Il s’agirait ici non plus d’utiliser les lacs et rivières qui permettraient un parcours en bateau d’environ 2,000 milles dans la direction voulue, mais d’une voie de fer non interrompue, coùtaut à l’Etat de 25 à 30 millions de livres sterling Grosse somme sans doute, mais inférieure, ajoute-t-on, à celle payée pour arriver à l’extinction de l’esclavage, dans les possessions des Antilles, inférérieure encore aux dépenses proposées récemment pour la fortification des côtes d’Angleterre, et certes beaucoup plus utile.—Ce serait d’ailleurs la ligne la plus courte.Comparée à la ligne de Panama, elle offrirait un racourci de G,000 milles pour aller au Japon, de 5,000 milles pour aller à Canton, et de 3,000 milles pour correspondre avec Sydney.11 Tous ces motifs, bien présentés et très développés, sont de nature à solliciter un mouvementée capitaux suffisant pour entreprendre ce travail gigantesque.” NOUVELLES ET FAITS DIVERS.BULLETIN DE L’INSTRUCTION PUBLIQUE.—Nous avons souvent parlé de ce que faisaient quelquefois des localités pauvres et éloignées pour l’éducation de leurs enfan3, et nous avons eu souvent occasion de le comparer avec l’apathie de, paroisses riches et populeuses : voici quelques détails que le zélé missionnaire de l’Isle Bonaventure, M.Guillemette dans le comté de Gaspé nous envoie sur les efforts de ses paroissiens ; ils ne manqueront point d’intéresser nos lecteurs.“ Vous recevrez par cette malle le rapport de la petite municipalité scolaire de l’ile Bonaventure.Je ne puis m’empêcher de dire que cette école m’a surpris.Je pensais réellement que pour les derniers six mois elle avait plutôt fonctionné pour la forme qu’en réalité et voilà que les progrès des enfants m’ont véritablement étonné.L’école est organisée on ne peut mieux : livres, ardoises, cahiers, rien ne manque et les progrès en lecture et en écriture méritent une mention des plus honorables.J’y ai vu même de jolies petites lettres dont le style aurait fait honneur à plus d’une école du district de Gaspé.” — MM.les commissaires d’écolc-s de la Baie de Gaspé Sud, ayant jusqu’ici refusé d’établir la cotisation dans leur municipalité, M.l’inspecteur Ééchard les a fait poursuivre devant M.le juge Thompson, qui les a condamnés à l’amende.M.Hamilton, avocat, qui a conduit la procédure mérite à juste titre les remerciments des amis de l’éducation et pour le courage qu’il a montré en prenant une cause qui était loin d’être populaire dans l’endroit et pour 1 habileté avec laquelle il l’a conduite.— Une séance littéraire et scientifique très intéressante a eu lieu dernièrement à l’Université Laval, des expériences sur la lumicre électrique, ont été faites par M.le professeur Hamel, et M.Rameau a fait une lecture sur la colonisation de l’Algérie comparée avec, celle du Canada.Le savant écrivain a terminé par une lettre très intéressante de M.Belcourt, missionnaire à l’Ile du Prince Edouard, qui lui annonce l’émigration d’un grand nombre d’Acadiens dans le comté de Bonaventure.— Le 16 du courant, les élèves de l’école normale Laval à Québec, ont célébré par une soirée littéraire et musicale le quatrième anniversaire de l’inauguration de cette institution.Un discours de circonstance a été prononcé par un des élèves.BULLETIN DE3 LETTRES.— On annonce de Paris la mort de M.Henry de Courcy,- écrivain distingué qui, sous le nom de C.de La Roche Héron, s’est souvent occupé du Canada dans les colonnes de l‘Univers.M.de Courcy avait longtemps résidé à New-York, où il était agent pour une manufacture de glaces.Il visita le Canada et se lia d’amitié avec feu le Commandeur Viger, qui lui fournit les matériaux de son livre, ” Les Servantes de Dieu en Canuda." M.de Courcy a aussi écrit une Histoire de l’église catholique aux Etats-Unis.Il était frère de M.Pol de Courcy écrivain breton trè3 distingué.— M.Rameau, qui a fait dans les principales villes du Canada un grand nombre de lectures publiques sur le développement de la race française en Amérique, objet de ses études, doit s’embarquer prochainement pour la France.Il emporte avec lui les vœux et les sympathies bien méritées de tous les Canadiens amis des lettres et de leur pays.Des Presses à air dilaté d’Euscbe Senécal, 4, Rue St.Vincent, Montréal.
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