La Quête : journal de la rue, 1 septembre 2004, Septembre
PER La Laie e JOURNAL DE RUE NUMÉRO 59 SEPTEMBRE 2004 L‘indifférence Ma **-*•*: ?V ?contribution volontaire sur le prix de vente va directement au camelot S.V.P.n’achetez qu’aux camelots portant une carte d identification M o t d e a r é d Voilà que septembre sonne à nouveau et que revient le moment quasi frénétique de la rentrée! Études, travail, carrière, projets, rêves ou autres.Nous sommes tout à coup très occupés à faire plein de choses, au risque de passer à côté de l'essentiel.Aurons-nous le temps de nous préoccuper de ce qui se passe dans le monde ou plus près de nous?Que se passe-t-il avec les défavorisés, les itinérants, les exclus, les vieux, les malades?Une question se pose : sommes-nous tous INDIFFÉRENTS à tout ce qui nous entoure?Nous abordons de front, dans le présent numéro, la question de l’indifférence que je vous invite à lire dans les pages qui suivent.Dans notre prochaine édition, soit celle d'octobre 2004, nous traiterons du thème de la prostitution; il y sera entre autres question du 20e anniversaire du PIPQ (Projet d'intervention en Prostitution à Québec), une initiative qui contribue beaucoup dans notre ville à venir en aide aux gens qui en vivent et en souffrent.Vous avez des réactions concernant quelque sujet de l'actualité sociale ou encore vous souhaitez réagir à l'un de nos articles, nous serions alors très intéressés de vous lire et de publier vos commentaires.Bonne lecture! Pierre Maltais action EDITEUR: L’Archipel d "Entraide COORDONNATEUR: Pierre Maltais RÉDACTRICE EN CHEF ADJOINTE : Patricia Manzelle ÉQUIPE DE RÉDACTION JOURNALISTES: Louis-Charles Guillemette, Patricia Manzelle Marianne St-Pierre, Karim Azzouz COLLABORATEUR-TRICE-S Antoine Faucher, Alcide Labrecque, Nancy Mc Kinnon, Marie Nassif, Lise Rioux, Lisette Roy, Moreny, Jacques Boulianne, Réjean Lehouiller, Yves Giguère, Gilles Pelletier, Jacques Pruneau, Paula Leclerc, Sophie Dubé, Baillar, Jean François Rioux, Régent Gagnon, Jean-François Verreault, Rachel Marcoux, Yves Geoffroi, Maurice G.Garneau.PUBLICITÉ : Pierre Maltais PHOTOS : Pierre Maltais, Patricia Manzelle et Marianne St-Pierre, Karim Azzouz Page couverture : Imprimerie STAMPA Inc.Graphisme : Patricia Manzelle, Marianne St-Pierre IMPRIMEUR : IMPRIMERIE Stampa Inc.(418) 681-0284 La Quête 729, côte d’Abraham Québec (Québec) GIR 1A2 Téléphone: (418) 649-9145 Télécopieur: (418) 649-7770 www.archipelentraide.com laquete95(5 hotmail.com La Quête est distribuée sur la rue en échange d'une contribution volontaire de 2 $, dont 1 $ revient directement au camelot.Dépôt légal 457621 Bibliothèque nationale du Québec Les propos tenus dans les pages de La Quête n'engagent que la responsabilité de leurs auteur-e-s.La QuËte est membre de la NASNA, l'Association nord-américaine des journaux de rue.AMI Tirait /ctrKfix AVDA membre 2003 Canada Strategie , emploi ' l.mploymcnt jeunesse Strategy M I S N SOMMAIRE S I O La Quête est un journal de rue.Elle donne la parole aux pauvres et aux démunis, à tous ceux qui ne trouvent pas ailleurs une place pour faire entendre leur voix.La Quête veut aussi être de tous les débats sociaux, en particulier ceux qui concernent les plus démunis.Le meilleur vendeur pour le numéro d’août : Jacques (coco) Bisson Vous pourrez le voir à son poste sur la rue Cartier.Bravo Jacques ! Deuxième meilleur vendeur Alain Dubé Troisième meilleur vendeur Marie-Louise D’Anjou Félicitations à tous les trois ainsi qu’à tous nos camelots ! 2.Mot de la rédaction 4.Éditorial: quand l’indifférence nous tient! Poésie 5.Hippodrome par Jacques Pruneau 6.Le désir d’écrire de Nancy McKinnon (PM) 7.L'indifférence et la différence de Louise Rioux 9.Texte d’Alain Dubé 10.Une saison en prison: à Maud de Réjean Lehouiller 12.Contre la montre de Jacques Pruneau 13.Ballade aux Chutes Montmorency Dossier : L’indifférence 14.Le festival de l’indifférence ( Les DéclencheurEs ) 16.La générosité d’un propriétaire par Patricia Manzelle 18.L’indifférence malmenée au micro par Karim Azzouz 21.L’indifférence par deux intervenants de l'archipel d’entraide de Pierre Maltais 22.Samuel Hakizimana se confronte à l’indifférence par ( PM ) 23.L’indifférence, ailleurs dans le monde par (PM) 24.PORTRAIT: camelot à temps partiel par Louis-Charles Guillemette Création littéraire et autres textes 25.Hommage à Soeur Françoise Lachance de Marie Nassif 26.Donne-moi de ton désir de Nancy MC Kinnon 29.Lettre à Robert Gillet et Jeff fillion de Maurice-G Gameau - Pensée du jour de Rachel Marcoux 30.La collectivité de Baillar, artiste-peintre 33.Dessins de Baillar 34.Ressources 35.Abonnements ÉDITORIAL Septembre 2004 Quand l'indifférence nous tient! Par Patricia Manzelle Après le tiraillement entre les fusionnistes et les défusionnistes, voilà que la ville de Québec est redevenue le théâtre de confrontation entre les défenseurs et les détracteurs de la radio CHOI-FM.La décision du CRTC n’aura laissé personne indifférent.D'un côté la radio qui se sert de son privilège de posséder des ondes hertziennes pour mobiliser ses auditeurs et auditrices.Et de l’autre, des anonymes défendant d’autres causes, qui restent dans l’ombre sans aucun moyen équivalent d’accéder à une tribune pour alerter le public.Le sort de ces personnes laisse indifférent.C’est l’inintérêt le plus absolu.Une radio a pu mobiliser son public grâce à l’appel des animateurs sur les ondes radiophoniques.On peut donc affirmer que la possession d'un média permet d'atteindre un nombre suffisant de personnes pour attirer l'attention, et pour que l'on parle d'opinion publique.Cette opinion publique est une force, un pouvoir de manipulation des décideurs politiques.Toute personne ou groupe de personne porteuse d'un message ou qui veut dénoncer un événement, rêve d'avoir la parole et de bénéficier d'un large auditoire.Tous les combats menés hors du réseau médiatique sont voués à l'indifférence.L'indifférence existe par méconnaissance des faits.Parmi la masse d'information, une quantité infinitésimale nous parvient, celle triée sur le volet.Par qui?Ce qui est certain, ce tri est pratiqué par une minorité de personnes.Cette indifférence semble être à l'origine de nombreux maux de toutes les sociétés occidentales, telle que l'intolérance, voire la xénophobie, l'homophobie, la misogynie.La méconnaissance de notre environnement entretient la peur, l'inquiétude.Notre intellect submergé par la peur, déclenche les signes de l'intolérance lorsque l'on rencontre des individus et des situations qui nous confrontent à cette peur.Ces différences que l'on retrouve à tous les niveaux, physique, culturel, économique et social, font de l’individu ce qu'il est, un être unique.Pour éviter ce «cloître» de la crainte, notre intérêt doit rester en éveil pour comprendre l’autre et ce qu'il vit, car 1 indifférence nous éloigne d'une société juste et solidaire pour tous ses membres. Septembre 2004 Hippodrome Par Jacques Pruneau La course allait commencer.*S/C '-.s Mais sur la piste des cygnes étaient alignés De beaux grands cygnes blancs, Majestueux et précieux comme des diamants.«Pourquoi des cygnes sur la piste»?Ai-je demandé au clown triste - _ Assis près de moi sur le banc.Il me regarda avec stupeur Et me répondit simplement, En pointant le nez Vers les cygnes blancs : «Ce sont des cygnes avant-coureurs» .*** \ s ™ g v je < , J'aurai dû y penser.¦¦ ' ' Septembre 2004 Le désir d’écrire de Nancy MC Kinnon Propos recueillis par Patricia Manzelle Nancy Mc Kinnon est une fidèle collaboratrice du journal depuis 1998.Après avoir recouvré son envie d'écrire avec la découverte du journal La 9uête, il y a six ans, son désir le plus cher demeure de publier ses écrits.Actuellement, elle présente à différentes maisons d'édition deux recueils.Un de poésie et un de nouvelles où beaucoup de textes ont été publiés par La Quête, ce sont ses premiers manuscrits.Nancy Mc Kinnon explique, lors d'une entrevue accordée à La Quête son parcours.Cette route de la création littéraire est semée d'embûche.«J'ai toujours des refus.», ce fut ses premiers mots pour exprimer sa déception après avoir reçu une lettre négative des éditions l'Hexagone.Nancy MC Kinnon : «Mon rêve est de publier mes poèmes, ce sont mes tripes, mais mes études, mon travail me ramenaient trop dans le réel.Grâce à la Quête, j'ai pu m'essayer au récit.Ce fut un tremplin.J'ai retrouvé le désir d'écrire.Je connais mes lacunes.Ma principale est mon langage familier et trop simple.De cette façon, j'espère que mes écrits sont compris de tout le monde.Mais, lorsque je lis, je relève toujours les mots que je ne comprends pas, je mémorise le vocabulaire pour combler mes carences.Je veux augmenter la qualité de ma narration en enrichissant mon vocabulaire.Je me sens tellement seule dans cette entreprise, je ne sais pas comment fonctionne une maison d’édition.J'ai donc décidé de prendre l'annuaire et de les appeler les unes après les autres pour savoir si elles publiaient des nouvelles ou de la poésie.Finalement, au détour d’un coup de fil.Monsieur Hugues Doré, des éditions Laliberté, m’est venu en aide, il m'a fourni une liste de maisons d'édition à Montréal.Il a pris le temps de rechercher et de m'informer sur ce métier qui restait un mystère pour moi.Il m'a été d'un grand secours entre autre par ses conseils.Ensuite, je suis sur l'aide sociale, je n'ai pas les moyens de payer quelqu'un pour corriger mes fautes.Je me sers de mes correcteurs sur l'ordinateur maintenant qu’ils sont réparés.Pour l'instant, je ne suis pas capable d'écrire un roman, cela ne me m'intéresse pas de garder les mêmes personnages dans la même histoire.Je préfère les nouvelles car elles me permettent de raconter des histoires totalement différentes les unes des autres.Mes poèmes sont plus une volonté de partager avec Monsieur et Madame tout le monde.Ils peuvent retrouver des émotions vécues telles que la souffrance, l'amour.Je veux créer des liens avec mes lecteurs car ils vont aimer ma poésie et ils vont se reconnaître.Tandis qu'avec les nouvelles, je veux divertir en changeant de style, chaque boisson a un goût différent comme mes histoires.En fait, il faut que je tombe sur la personne qui me donnera une chance.».€ Septembre 2004 L'indifférence et la différence Par Lise Rioux L'indifférence d'être ce que je ne suis pas, pour raconter une partie de ma vie «bien volontairement» dans un journal de la rue.Pourquoi est-ce que je vomirais sur mes propres pensées à vous raconter que j’en ai ras le bol de la vie.Dieu seul à part moi sait ce que je vis vraiment.Je n'ai pas d'amis, je n'en veux pas.Il y a trop de mépris envers moi.Les gens me veulent plus parfait qu eux, sauf qu a certain moment je leur plais bien pour les aider quitte à y laisser ma peau.Dieu m’a donné un don à ma naissance, celui de lire à travers les pensées, de réparer des appareils sophistiqués, dans l'électricité, mécanique, et.là je deviens fine mais je le fais avec l'aide du ciel mes guides de lumière, mon Jésus, mon Ange Gardien Leuviah, mes parents etc.Je vois dans l'invisible et essayez donc de m'en passer une ! Je peux sentir votre haine ou n'importe quoi.Ce n’est pas de la vantardise, il y a d'autres gens comme moi, je suis dans l'indifférence de la différence d une planète avec beaucoup de gens endormis.Je vomis la loi des autres, l'injustice, l’hypocrisie, le mensonge.Je suis ce que je suis, trop persévérante dans ma façon d'être, j'ai mal de voir quelqu un qui dit m aimer et que pour gagner sa cause il essaye de m'acheter avec ceux qu'il a besoin pour sa satisfaction personnelle.NON !!! je ne veux pas payer pour ça, alors que je suis souffrance et vis dans la misère au point de piquer une crise de nerfs sans que je veuille vraiment et j'en ai pour trois jours à m'en remettre.Ou bien, ma différence est l'As des folles sur ma planète.Toi qui me fixes droit dans les yeux avec un regard pour foudroyer ma vie de ton soi-disant amour.Tu peux toujours me juger, tu es aussi «fucké» que moi dans ce que je te dis.La différence, c'est que t'es «crissement» intelligent, même si je t’emmerde avec mes lamentations.Personne ne peut cracher sur l'indifférence.Celui qui se regarde «le nombril» est bien souvent celui-là même qui a le plus besoin des autres, du plus petit au plus grand que lui.«Y a les yeux crottés», il ne voit que lui et sa façon d être indifférent.Et toi le «crotté de pourri» qui sait si bien manipuler l'énergie, regarde donc un peu plus ce que tu fais par rapport à tes pensées.Tu gâches la vie des autres autour de toi, tu empoisonnes leur existence, ce qui fait un vrai gâchis pour la tienne, ta propre vie.Tas les yeux et les oreilles bouchés «bien dur».T'es de service en crisse, point à la ligne.Ha! Ha! 0. Septembre 2004 La Ojêfe Chez moi, c'est un fouillis.Comme dans mon cerveau, c'est aussi un labyrinthe, donc difficile de trouver quelque chose dans ça.J’ai l'esprit ouvert «au bout», une grande gueule pour me défendre, je suis agressive si l'on m'attaque.Je hais la place où j'habite, je veux «crisser» mon camp, sortir de cet enfer pour voir et aller là dans le ciel avec ceux qui m'aiment vraiment.J’aime la Nature, le Soleil est resplendissant aujourd'hui, c'est plein de couleur partout.J’aimerais qu'il y en ait autant dans mon cœur.Savoir Aimer même si c'est laid.Pardonner le mal et savoir le comprendre.Car il y a une raison à tout ce qui vit dans cet enfer de planète.Comment faire pour comprendre une humanité entière?Les méchants surtout qui violent les enfants et les femmes.Ceux qui tuent par plaisir, moi je ne sais pas leur pardonner.Je hais les gouvernements, les municipalités, ils ne sont pas honnêtes.On se fait voler.Comment fait-on pour leur pardonner?Je suis au bout de mon rouleau, comme un livre que t'as finis de lire.Je ferme la page, mais!.L'indifférence d'une vie, c'est plein de divergence d'opinion, de beau, de laid, de souffrance.Ma plaie est si profonde, je n'arrive plus à la fermer.Où est l'Esprit de l'Amour, de la Paix et de l'Harmonie sur cette planète dont nous faisons tous partie.Mon Jésus tu voudrais bien m'expliquer ce que je ne comprends pas et pardonne moi d'être aussi amère.I vivre un tremplin vers une meilleure vie 261, Saint-Vallier Ouest Québec (Québec) G1K 1K4 Tél.: (418) 523-4343 Fax: (418) 523-7986 Notre mission -Nourriture et gîte Engagement social -Responsabiliser -Orienter -Collaborer -Dîner 12h00 hommes, couples -Souper 17h30 femmes seules, familles Septembre 2004 La (Me Par Alain Dubé Le phénomène des sans-abri a-t-il toujours existé?Au 19e siècle on les appelait les «rétractés».Ils continuent d’évoluer au rythme de nos structures sociales nombreuses et complexes.Depuis fort longtemps, les itinérants ou sans-abri, vivent des particularités reliées à la misère et l’extrémisme sous toutes ses formes.Ce phénomène découle des failles de la gestion des ressources humaines.Ces failles se sont atténuées avec le temps grâce aux modifications de nos structures sociales.Par ailleurs, la recrudescence du nombre de sans-abri et d’itinérants servira en général de baromètre pour évaluer la qualité de vie humaine des assistés sociaux.Ils luttent continuellement pour survivre et s’extraire de leur condition, sachant qu’il n’y a aucune porte de sortie.L’essor social des sans-abris ne cesse-t-il pas de croître proportionnellement à la destruction des programmes sociaux?La bureaucratie augmente considérablement, les gouvernements gèrent mal les ressources et ne les distribuent pas efficacement ni équitablement.Cette bureaucratie déconsidère les motifs qui créent des bénéficiaires sociaux, ceux qui sont versés dans un processus sans-issu.Un prestataire de l'aide-sociale qui veut acquérir la connaissance académique, devra avoir complété douze années d’étude minimun.Les bénéficiaires qui désirent faire des études peuvent être exclus de toute prestation d’aide sociale, dépendamment des cas.Il faut être assez instruit pour s’y démêler.Nous constatons qu’on force les prestataires à rester dépendants de l’État, contribuant ainsi à créer un cercle vicieux.On se doit d’être réalistes.On ne peut leur demander l’impossble.Ils sont déjà démunis et laissés pour compte.Nous croyons qu’il faudrait soutenir et favoriser la réussite, quelle quelle soit, puisque nous en sortirons gagnants en bout de ligne.Après tout, le savoir et la connaissance ne sont-ils pas à la base de la richesse d’une société?Nous aimerions que vous preniez en considération qu’il faut revoir certaines lois et programmes sociaux.Force est de constater qu’il y a un manque du côté de la gestion de certains programmes.Plusieurs bénéficiaires de l’aide-sociale souhaitent s’en sortir et non s y enraciner.843-6227 rue Racine, I.orretvllie Septembre 2004 Une saison en prison : JÀ MaucC Réjean Lehouiller Très chère Maud, source de ma vie.Comment tu peux m'être chère, je ne saurais dire, tu es l'être le plus cher que j’ai sur terre.Tu es mon souvenir le plus doux et le plus amer.Le plus doux parce que tu existes, le plus amer parce que tu es loin de moi.Je me répète en écrivant que pas un jour, pas un seul, ne s'écoule sans que je pense à toi, ma fille chérie.Tu es après Dieu, celle à qui je pense le plus.Le reste n'est que solitude, angoisse, toutes sortes de mauvaises pensées, vite oubliées.Tu fais partie de mes plus beaux rêves.Entendu que quand je rêve d'avenir, les yeux grand ouverts, tu es là, chère Maud.Car aucun rêve ne peut être inimaginable sans toi, ma fille chérie.Mes rêves s'évanouissent et je tombe dans ma triste solitude.Priant Dieu au nom de Jésus de changer ma morne existence, me redonner courage de vivre, d'aimer et d'être aimé.Sans amour, l'on n'est rien.Même si j'avais tout les trésors du monde, l'on n'est rien.Dieu un jour, j'en suis certain, va changer ma vie.Laisse-moi te dire, ma fille chérie Que pas un jour, pas un seul Ne s'est écoulé Dans un univers triste et morne Sans que je ne pense à toi Mon bel amour.Perdu Perdu dans mes pensées Septembre 2004 Comme un noyé cherchant bouée Les flots de la vie me submergent Vais-je trouver dans ce monde Une berge?Solitude Toi qui me suis pas à pas État d'esprit cher au poète État de corps tant recherché S'il n'y avait pas l'ennui Qui me suit Je te bénirai, oh douce Solitude Alors que je hais ton attitude.mmzmrn: .y- ,'i , ¦ J* * Photo: courtoisie ‘ ! Photo: ¦ h Septembre 2004 La üêfe Contre Ca montre Jacques Pruneau Long de temps sans plume dégainer Non que j'aie eu envie de la délaisser Bien loin de moi cette idée ' Vous l'aviez sans doute deviné.Le temps fait de moi sa marionnette Et je suis loin d'être à la fête À courir je passe mes journées Plus le temps de plume dégainer Comme je l'ai fait si souvent Il y a encore peu de temps.Et quand il me reste un peu de temps à moi Je n'ai plus la force d'aligner comme il se doit Des mots qui me feront plaisir Des idées qui feront jaillir Des images belles à ravir « Ou tristes à en mourir.C'est l'heure de baisser mes voiles et de jeter l'ancre pour la nuit De contempler les étoiles Et la lune qui luit Et de m'endormir doucement, Pendant qu'il en est encore temps.Dans quelques heures ce sera jour Il viendra comme un vilain tour Et je reprendrai course folle N'aurai plus un instant à moi Ni pour discuter avec Éole Ni pour causer quelque émoi À qui que ce soit.Je cours et je cours, de-ci, de-là, Et puis, bonheur, revient la nuit Qui contemple, complètement abruti, Par la course de cette vie Que je n'ai même pas choisi! lïiSSil ¦¦ SSII /lil n » Septembre 2004 Ballade aux Chutes Montmorency .w L’Archipel fait encore une autre sortie avec des gens qui n’ont pas souvent l’occasion de changer d'air.Cette sortie s’est faite en collaboration avec le service Accroche-Toit et La Quête.Elle s’effectuait aux Chutes Montmorency.Tout le monde était très satisfait de cette sortie.¦ b La bande était composée de Marcel, Éric, Réal, Claude, Louise, Robert, Guy, Claude,Robert & Nancy et enfin Pierre.» Jm mk i 2X1 TOUS LES JOURS BIERE CANADIENNE 21H30 A 22HQ0 23H30 A 24B00 1049 3ième Avenue Québec, Limoilou, ff 529.3829 Septembre 2004 (-:—.; ^ Dossier % L’indifférence \J «Le Festival de l’Indifférence» Il est étonnant d’innover en inaugurant la première édition d’un festival qui met à l’honneur un phénomène aussi répandu que l’indifférence.Dans tous les pays du monde, hommes, femmes et enfants se bousculent et jouent du coude dans le boxing day de la réussite.Faire semblant d’écouter, dépasser dans la file d’attente, engueuler une caissière, congédier une femme enceinte, laisser des enfants dans la misère, autant de comportements qui laissent éclater au grand jour notre amour pour l’indifférence.Les DéclencheurEs, centre de production et de diffusion en photo et vidéo engagées, vous convie donc au Festival de l’Indifférence, événement qui met en lumière diverses disciplines artistiques et qui se veut une tribune pour les artistes qui ont en horreur la neutralité d’opinion.Bon Festival ! L’équipe des DéclencheurEs Septembre 2004 Lo Giêïe Programmation - Anti-pub : Du 3 au 9 septembre l'exposition collective Bien sans rien réunira le travail de 4 artistes qui présenteront leurs affiches anti publicitaires dans la galerie du Lieu, centre en art actuel, ainsi qu'à divers endroits surprises à Québec.Le vernissage de cette exposition se tiendra le 3 Septembre, au Lieu, au 345 rue Du Pont, dès 20h00 et sera suivi du party de lancement du Festival.Performance: Le 4 Septembre, de 13h00 à 17h00 12 artistes, offriront un parcours d'autant de performances inédites dans le quartier St-Roch.Le parcours sera disponible dans la programmation du festival.Surveillez sa sortie! - Photographie : Du 9 au 15 septembre, John Londono, Christian Lamontagne, et un trio des DéclencheurEs présentent chacun une série de photographies qui effleure le thème de l'indifférence à la Galerie Rouje.Le vernissage de l'exposition photo aura lieu le 9 Septembre à la Galerie Rouje, dès 20h00, au 228 rue St-Joseph.U1 § ! V Te «s» % » •** f* b?*£*£ ¦«Ml#’ mmmm il»] - V- Septembre 2004 La générosité d'un propriétaire hors du commun Par Patricia Mamelle Ce titre n'est pas une boutade, il existe bien à Québec un propriétaire immobilier altruiste.Conrad Tremblay est ce propriétaire-là.Depuis onze ans, il est bénévole au conseil d'administration de l'organisme l'Archipel d'Entraide.Cet organisme assure la direction du service Accroche-Toit.Ce service reloge des personnes envoyées par des intervenants des CLSC, des hôpitaux ou des organismes communautaires.M.Tremblay est également un de leur fournisseur d'appartements.Une grande humanité se dégage de cet homme discret, qui est toujours prêt à aider son prochain.Lors d'une entrevue accordée à La Quête, M.Tremblay nous raconte «sajob» de gestionnaire immobilier.Comme il le dit, «depuis tout petit, j'aime aider les autres».Ce sentiment ne l'a jamais quitté, aujourd'hui encore il continue d’aider les autres dans la mesure de ses moyens.« Cela fait partie de moi, je veux aider le monde, je dépanne souvent du monde.Même si je me suis fait embarqué souvent» , confie-t-il.^ f M.Tremblay connaît beaucoup de propriétaires, il convient qu'ils sont rares, ceux qui réagissent comme lui.D'ailleurs, il admet que les autres propriétaires se demandent comment il fait.Car il lui arrive de perdre de l'argent, mais malgré ce fait, il continue.«75% des personnes aidées se sortent du trou », cal-cule-t-il en réfléchissant sans doute, au nombre de personnes qui s'en sortent grâce à la bonne volonté des autres.M.Tremblay poursuit, «ça m'encourage à continuer à offrir un peu de mon temps pour aider ceux qui en ont besoin».Selon M.Tremblay, le service Accroche-Toit fait un suivi important auprès des personnes qui occupent ses logements.Il ne rencontre donc pas de gros problèmes avec les locataires de ce service.«Lorsque J'ai un locataire qui a du trouble, je l'envoie à l'archipel.Beaucoup ont remonté la pente mais il y en a d'autres qui continuent de boire, dés qu'ils ont de l'argent.».«À une période», raconte t-il « j'ai aidé une de mes locataires toxicomane.Je suis allé la voir quelques minutes, quatre fois par semaine.Elle ne s'est pas piquée pendant un mois et demi».Mais, le timbre de sa voix laisse mal augurer de la suite.Ses obligations professionnelles ne lui ont pas permis de maintenir son rythme de visites.«Mes visites se sont espacées.La locataire a Septembre 2004 recommencé.Elle est morte d'une ouerdose quelques temps plus tard.».Un moment de silence.Il ajoute d'un ton résigné que personne ne peut aider les gens contre leur gré.«Aide-toi et les autres t'aideront», s'accorde-t-il à préciser.WSMK -n 35 -, H-' g 1 \§ Au service des ¦ISaHAI I^Aai.L travailleurSEs et des Micnei racoub Conseiller en sécurité financière Conseiller en assurances collectives et rentes collectives • Assurance Collective • R.E.E.R Collectif • Assurance Salaire • R.E.E.R.• Assurance- Vie 505,14e rue, Québec, Qc G1J2K8 Tél.: (418) 529-4226 Fax : (418) 529-4223 Ligne sans frais : 1-877-823-2067 Charlotte & Solange Courtemanche 850 rue St-Jean Québec, Qc.G1R 1R3 522-4889 fax.: 522-4614 Septembre 2004 L’indifférence malmenée au micro de l’animateur Denis Duchêne Propos reccueilis par Karim Azzouz Denys Duchêne, animateur de l’émission matinale «Les matins distincts», et également responsable de l'information de la station de radio communautaire alternative CKRL (89.1 FM), a eu l’amabilité de recevoir La Quête dans les locaux de la radio à Limoilou.À cette occasion il nous livre quelques-uns de ses sentiments sur l’indifférence.La Quête.: Avez-vous été témoin de manifestations d’indifférence?Denis Duchêne.: Je la vois tous les jours et cela m'affecte personnellement en tant qu'homme dans la réflexion que j'ai engagé depuis de nombreuses années, comme homme de radio depuis 14 ans.Je la reconnais dans toute sorte de domaine, sur le plan environnemental, social, dans l'attitude des gens.Dans les vox-pop, où les gens s'interrogent peu, et développent très peu d’arguments.L'indifférence est présente dans notre quotidien, dans notre famille, elle est partout! La Q.: Au Québec il existe une forte culture du consensus, celle-ci ne favorise t-elle pas, dans une certaine mesure, l’expression d’indifférence dans les rapports humains ou sociaux par exemple?D.D.: Si les gens font partie de ce consensus, volontairement, là je ne vois pas d’indifférence.Je la vois davantage dans ceux qui sont à l'extérieur de ce consensus.Il y a des gens, des citoyens ordinaires, qui croient que le consensus qui provient des élites, des intellectuels, des syndicats ou peu importe le groupe social, est une chose qui les dépasse.On ne peut rien y changer, moi simple citoyen, je reste indifférent face à cela car je ne pense pas pouvoir changer le cours des choses.On ne sait jamais tout, on se sert de çà comme excuse! Pour reprendre la pensée de *Ricardo Petrella, politicologue et économiste de profession créateur du groupe de Lisbonne, on peut changer les choses, non seulement rationnellement mais aussi physiquement, par des gestes, lorsqu'on franchit le seuil de notre domicile, et que l'on ferme la porte pour être dans la société.C’est à partir de là que les gens peuvent devenir beaucoup moins indifférents.Mais il faut se donner la peine de franchir cette porte, d'aller dire ce fameux " bonjour ", établir le contact.La Q.: Pour quelle(s) raison(s) refuse-t-on de dépasser cette peine?D.D : Elles sont multiples, occupations professionnelles, loisirs, télévision.Cette dernière en particulier augmente le sentiment d'indifférence qu'on peut avoir dans les sociétés occi- Septembre 2004 dentales actuellement.Ce médium repose sur 3 composantes : la vitesse, l'abondance et la simplicité.La Q.: Le gouvernement du Québec à une politique d'immigration active, paradoxalement il n'y a pas de discours auprès des employeurs québécois ce qui pose le problème de la reconnaissance de cette main d'œuvre.D.D : Il y a une méfiance qui est institutionnalisée et qui transpire ensuite vers la société civile.Si elle est institutionnalisée d’abord dans le système d'éducation, elle se transporte aussi dans l'imaginaire des chefs d’entreprises et des professionnels.Cette institutionnalisation, par la non embauche de gens compétents provenant de pays étrangers dans la fonction publique, amène une indifférence dans les systèmes d'éducation, d embauche, dans la société.Ce qui nous mène à une société qui est moins ouverte qu'on peut le croire.L'État nous dit qu'on est ouvert mais c'est l'État qui semble ouvert à recevoir un quota déterminé d'immigrants.Dans la réalité la société québécoise est indifférente à l'immigration.La Q.: Il existe pourtant une discrimination positive pour le recrutement des minorités visibles dans la fonction publique fédérale et provinciale.Cela ne révèle-t-il pas une contradiction?D.D.: Il existe un décalage entre la théorie et la pratique.Il y a une tendance lourde au Québec qui est malsaine à ce niveau.Elle perdure dans la société canadienne, peut être moins en Colombie britannique où j'ai vécu.L'indifférence des québécois par rapport aux nouveaux arrivants me touche.De même l'indifférence des québécois, et des nouveaux arrivants inclus, par rapport à l'appareil d'État, le processus électoral, les abus des grandes entreprises qui ne payent pas suffisamment d'impôt, leurs échappatoires fiscaux et l'indifférence dans la société versus une autre partie de la société.L'indifférence est le terreau de 1 appel à l'intolérance, c'est ce qui lui sert de tremplin, e Québec est une société indifférente depuis de nombreuses années, et ce pour des raisons socio-historiques liées au rôle de l'église, à la présence anglaise lors de la colonisation.Cette indifférence amène une forme d'intolérance.Nous sommes rendus, au Québec, beaucoup plus loin que l'indifférence avec l'intolérance.La Q.: Le Québec a évolué depuis les années 60.D.D.: Il évolue en économie, le niveau d'instruction évolue oui, mais sur le plan des idées à caractère social, sur celui de la tolérance, de l’intégration par le travail, je ne crois pas qu'il évolue énormément.Le discours en onde de certaines radios à Québec, crée dans une certaine partie de la population des sentiments les amenant vers l'indifférence, l'intolérance.Cela se répercute sur l'ensemble de la société de Québec.La Q.: Discernez-vous des signes, des raisons d'être optimiste?D.D.: Parmi les signes encourageant en matière politique, les dernières élections fédérales ont montré une ouverture un peu plus grande à certaines minorités.La société du Québec est très jeune, conserver nos valeurs de tolérance, La «Me Septembre 2004 de civisme, chèrement acquises c'est un combat que je mène en me servant des ondes publiques.On ne peut pas parler d'indifférence sans y relier les gens qui nous entourent, çà part beaucoup de là.Le Québec est une société qui a réalisé de belles choses, mais mon inquiétude demeure quant à l'avenir.De plus en plus de jeunes sortent des sentiers, je compte sur cette génération des 15-25 ans pour nous instruire, nous informer, nous sortir de notre confort, de notre indifférence.Nous vivons dans une société qui à fait un bond immense en éducation et il reste encore beaucoup de choses à faire.* Ricardo Petrella est conseiller du Centre Commun de Recherche de la Commission Européenne, il est professeur d'économie politique à 1' université Catholique de Louvain (Belgique) et est président du Comité international pour un contrat mondial de l'eau.Il s'est fait particulièrement connaître à titre de fondateur et président du Groupe de Lisbonne, réunissant 21 penseurs et chercheurs provenant de pays parmi les plus industrialisés.Ces personnalités analysent de façon critique les bouleversements économiques, l'expansion des sociétés multinationales et le rôle des États dans ces évolutions.Les Matins Distincts de 6h30 à 9h00, sur CKRL 89,1 MHz FM.Yves Boissinot, pharmacien Enchantée Je Librairie du mieux-être wfwmemsmi-.¦mmum *®**$s| œir TzSfy > '<
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