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Titre :
Bulletin des recherches historiques : bulletin d'archéologie, d'histoire, de biographie, de numismatique, etc. /
Éditeur :
  • Lévis :Pierre-Georges Roy,1895-1968
Contenu spécifique :
août
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
quatre fois par année
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Bulletin des recherches historiques : bulletin d'archéologie, d'histoire, de biographie, de numismatique, etc. /, 1897-08, Collections de BAnQ.

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'¦¦•'îtTv é vV k w -¦& v S?-a LE GOUVERNEUR DE LA JONQUIERE BULLETIN DES RECHERCHES HISTORIQUES 3ème volume AOUT 1897 8ème livraison SAINT-VINCENT DE PAUL A venir jusqu’en 1743, sous la dénomination de Saint-François de Sales, l’île Jésus ne formait qu’une seule paroisse.Le 4 février 1743, Mgr de Pontbriand, évêque de Québec, décrétait la formation d’une nouvelle desserte dans la paroisse de Saint-François de Sales.Elle devait comprendre les habitants de la côte Saint-François d’Assise et une partie de ceux de la côte sud de l’île.Les paroissiens de la nouvelle desserte se mirent immédiatement à l’œuvre pour élever un presbytère en pierre dont le haut devait servir de chapelle provisoire.En quatre mois il fut achevé, et dans les premiersjours de novembre, M.O.-M.Semelle, premier curé, put y célébrer la messe.Cette maison avait quarante pieds de longueur sur vingt-huit de largeur.L’année suivante, les habitants commencèrent la construction d’une église en pierre de cent dix pieds de longueur sur quarante de largeur.Des circonstances imprévues retardèrent les travaux, et ce ne fut que quatre années plus tard qu’ils purent voir leur œuvre achevée.Saint-Vincent do Paul a eu jusqu’ici douze curés.Ce sont MM.O.-M.Semelle, 1744-1747 ; A.Renoyer, 1747-1790 ; E.-Z.Chenet, 1790-1801 ; A.Desforges, 1801-1804 ; C.Bégin, 1804-1824 ; A.-T.hagarde, 18241834 ; F.Lefebvre «le Bellefeuille, 1834-1835 : C.-T.Caron, 18i5-1839 ; F.-X.-R.Mercier, 1839-1847 ; E.Lavoie, 1847-1853 ; M.Lavallée, 1853-1881 ; A.-II.Coutu, curé actuel.Pierre-Georges Roy UN POÈME IIEROI-COMIQUE Lo 2G décembre 1727, Mgr Jean-Baptiste de la Croix de Saint-A allier, évoqué de Quebec, s éteignait à Y Hôpital-Général de Québec, à l’âge de soixante-quatorze ans et quelques semaines.Le même jour, le chapitre de sa cathédrale s’assemblait et nommait pour vicaire général du diocèse M.Boulard, curé de Québec.L’intendant Dupuy et le Conseil Supérieur refusèrent de reconnaître M.Boulard et déférèrent toute l’autorité à M.de Lotbinière, archidiacre.Mgr de Saint-Vallier avait demandé à être inhumé dans l’église de l’Hôpital-Général.M.Dupuy s’imaginant que le Chapitre voulait faire déposer le coj-ps do l’évêque de Québec dans les caveaux de la cathédrale, prit un moyen extrême pour se rendre au désir du défunt.Le 2 janvier, veille du jour fixé pour les funérailles, il se rendit pendant la soirée à F Hôpital-Général avec M.de Lotbinière, archidiacre, M.André de Lcigne, lieutenant général de police, et M.Iliehé, procureur du roi.Il ordonna à la supérieure, la mère Geneviève Ducliesnay de Saint-Augustin, de faire fermer les portes des salles ; puis il assembla toutes les personnes de la maison dans le vestibule de l’église.Là, M.Dupuy déclara qu’il venait faire sans le moindre délai l’enterrement de Mgr de Saint-Vallier, parce que les chanoines étaient déterminés à l’inhumer dans la cathédrale ; il ajouta qu’il agissait ainsi pour conserver à l’IIÔpital-Général les restes précieux de son fondateur.M.do Lotbinière, le père de la Chasse, jésuite, le père Antoine de Lino, récollet, M.Leclair, curé de Saint-Vallier, et le frère récollet Thomas Bédard, diacre, se revêtirent alors de leurs surplis et se rendirent dans la chapelle ardente.Après les prières prescrites, ils prirent le corps de Mgr de Saint-Vallier qu’ils renfermèrent dans deux cercueils, l’un de plomb l’autre de chêne, et le portèrent à l’église.M.Dupuy, les personnes venues avec lui, et les pauvres de l’IIôpital-Général, portant des cierges, formaient le cortège funèbre.A l’église, la cérémonie fut très simple.Après le IAbero entonné par M.Dupuy lui-même, le cercueil fut déposé dans le tombeau préparé au pied de l'autel du Saint Cœur de Marie.Lorsque la nouvelle se répandit dans la ville que Mgr de Saint-Vallier avait été enterré au milieu de la nuit, sans aucunes cérémonies, une véritable émeute se déclara.Quelques individus sonnèrent même le tocsin et publièrent que le feu était à l’IIôpital-Général.Le lendemain, le vicaire général se transporta à l’Hôpital-Général ; il interdit l’église, suspendit la supérieure de sa charge et nomma une autre religieuse pour la remplacer.Ce sont ces démêlés entre M.Dupuy, M.de Lotbinière et le Conseil Supérieur d’une part, et M.Boulard, le Chapitre et le gouverneur de Beauharnois de l’autre part, qui nous ont valu le petit poème que nous exhumons aujourd’hui île la poussière de l’oubli.Cette pièce contient beaucoup de vers faibles et baroques—plusieurs même pèchent contre les règles de la prosodie—mais ces imperfections sont rachetées par des passages très heureux et d’une verve satirique remarquable.L’abbé Etienne Marchand, son auteur présumé, naquit Québec le 27 novembre 1707.Ordonné prêtre le 21 octobre 1731, il fut nommé, l’année suivante, curé de Champlain.Trois ans plus tard, il prenait possession de l’importante cure île Boucherville qu’il garda tout près de quarante ans.En 1773, il se retira — 116 — à l’IIÔpital-Général de Québec pour prendre un repos légitimement gagné.Il ne se reposa pas longtemps car Dieu le rappela à lui à peine un an plus tard, le 17,janvier 1774.Etrange retour des choses humaines ! L’abbé Marchand, qui dans ses vers n’a guère ménagé les bonnes religieuses de l’IIôpital-Général de Québec, dort son dernier sommeil sous les dalles de leur église, près de Mgr de Saint-Vallier dont il a raconté les funérailles d’une façon si burlesque.Les nonnains qu’il a traitées si légèrement et celles qui leur succèdent ont sans doute prié et prient encore sur sa tombe pour le repos de son âme.Pierre-Georges Koy LA MÉSAVENTURE D’UN AMIiASSADEUR Au commencement de l’été de 1829, Québec eut la visite de l’ambassadeur d'Angleterre aux Etats-Unis.Son Excellence, peu après son arrivée, ayant mangé trop copieusement dn saumon frais et des jHilatea iiouïellex, fut prise d’une indigestion assez sérieuse.Le docteur Henry, chirurgien de la garnison, mandé en toute hâte, prescrivit la diète absolue.Sir C.et lady Ogle, de Halifax, étaient en ce moment à Québec et ils étaient, de même que le diplomate anglais, les hôtes de sir dames Kempt au château Saint-Louis.Un grand dîner était commandé pour le soir du même jour en l’honneur de ces hôtes distingués.Il était trop tard pour le con-tremander.L’amhussudcur fut donc forcé de garder la chambre.On était au dessert.Tous les convives prêtaient en ce moment la plus grande attention à sir James Kempt qui racontait un épisode île sa vie militaire, lorsque tout à coup un individu, coiffé d’un bonnet de nuit, d’une main tenant une chandelle et de l’autre retenant son pantalon, se précipita dans la salle à manger.La surprise fut d’abord très grande, mais lorsqu’on reconnut le personnage un immense éclat de rire s’éleva dans toute la salle, ("était notre diplomate qui encore peu au fait des êtres du château s’était égaré dans ses pérégrinations nocturnes.On peut s’imaginer qu’il ne fut pas lent à sortir.P.G.R. Its TROUBLES DE L'EGLISE 10 EN 1721 PREMIER CHHNT Je chante les excès de ce zèle profane Qui dans les cœurs dévots enfanta la chicane Ht qui dans une Eglise exerçant sa fureur A semé depuis peu le désordre et l’erreur.Sous ce masque un chanoine abusant d’un vain titre (U Fier de sa dignité, méprisant le chapitre, Pour soutenir les droits de l’archidiaconat Enterre de son chef un illustre prélat C’est en vain qu’à l’envi partout on se prépare A lui rendre un honneur dont il fut trop avare (3).Lotbinière assisté d’un juge et d’un bourreau Le fait par des laquais traîner dans le tombeau.Muse, raconte-moi quelle jalouse envie De ces hommes de Dieu peut corrompre la vie Et comment en public, prêchant l’humilité, Ils conservent dans l’âme autant de vanité.Parmi les embarras ei les troubles du monde Québec voyait l’Eglise en une paix profonde.Saint-Vallier veillait toujours sur son troupeau Par son exemple était sa règle et son (lambeau.Ce vigilant Pasteur ennemi des intrigues Par sa rare prudence assoupissait les brigues Et chacun par ses soins, tenu dans le devoir, S’il avait un penchant n’osait le faire voir Mais de ses jours passés a nos yeux comme une ombre L’éternelle nuit vint terminer le nombre.Il mourut.aussitôt le chapitre assemblé Malgré le noir chagrin dont il est accablé Règle, dispose tout pour la pompe honoraire, Songe au bien public et nomme un grand vicaire L’Eglise avait besoin d’un solide rempart D’une commune voix on reconnut Houlard (» Et cette élection par la règle autorise, Dispose entre ses mains les rênes de l’Eglise.L’archidiacre aspirait à ce nouvel emploi Mais au faible parti le plus fort fait la lui.(') M.Louis-Eustache Chartier de Lotbinière.(2) Mgr de Saint-Vallier.® Mgr de Saint-Vallier avait refusé de faire sonner les cloches à la mort du marquis de Vaudreuil, arrivée le 10 octobre 1725.M.Etienne Boulard.D-C — 118 — 11 ne s’agissait plus que îles devoirs funèbres Et ce fut sur ce point que l’esprit des ténèbres Dans les coeurs prévenus répandant le poison Y lit voir le scandale en liabit de raison.Par un jaloux orgueil la charité bannie Et de l’autorité l’injustice munie Le chapitre à Boulant prodiguant sa faveur l)e tout Pontemment veut décerner l’honneur.1,’archidiacre y prétend ; la question s’agite Bientôt de toutes parte, ou dispute, on s’irrite.Il apporte pour lui la coutume et les lois, i.’uir retentit au loin des accents de sa voix Mais dans pes volontés le chapitre immobile Se rit de son courroux avec un air tranquille, Et malgré ses clameurs imprime sur son front Par ce nouveau mépris un éternel affront.A ce coup imprévu sa voix reste au passage, Il soupire, il gémit, mais sourds à ce langage Les chanoines contents se retirent chez eux Et le laissent en proie à son sort malheureux.Sitôt que la douleur lui permet de se rendre Au logis où déjà Pou se lasse d’attendre, Où malgré tons les soins le souper refroidit, A l’odeur d’un ragoût son grand cœur se raidit, Et sa vertu domptant sa mauvaise fortune, li calme toits ses maux excepté sa rancune.Après un bon souper l’impatient sommeil Qui travaille à sou tour à le rendre vermeil Dans un oubli profond vint plonger sa tristesse Et changer tous ses maux dans une douce ivresse.Tout était calme alors et l’Bglise eu repos Se délassait ainsi de ses pieux travaux.Cependant la discorde aux yeux creux, nu teint blême, Au souille envenimé, déplaisant à soi-même, Sortant de chez Nuian lasse d un long séjour Fut trouver l’archidiacre avant le pjin t du jour Et pour mieux déguiser sa difforme nature D’un conseiller d’état elle prend la figure ; Elle jette en passant ses \ eux sur le Palais (>).Ce superbe édifice hérissé de ses traits Que jamais on ne vit mépriser sa menace Lui porta dans le cœur une nouvelle audace.Elle vole et les vents allumant son tison, Font pleuvoir de ses mains les l\ ux et le poison Sur les communautés elle souille sa rage.Ses serpents détachés avancent son ouvrage, IL Pa’ais de l'Intendant. — 119 Tandis que poursuivant sa course dans les airs Elle va captiver l’Eglise dans m s fers.Elle arrive et bientôt, vient frapper à l’oreille Du chanoine endormi qu’en sursaut elle éveille : Quoi, tu dors, paressmx, lui dit-elle ; tu dors Tranquille à tant d’affronts qui sont autant de morts, Tu souffres que lloulard, de récente mémoire, De tout l’enterrement te ravisse la gloire.Tu lui céderas donc et de ta dignité, .bâche, tu soutiendras, si mal l’autorité ! Quoi, tu verras demain avec un c.ieurde glace Tes titres méprisés et lloulard à ta place Ce rang mal soutenu répond-il donc au choix Du prélat dont la main t’y plaça dans six mois ?l.ève-toi sans tarder, va présemer requête Au Conseil Souverain et l’intendant en tête, Au chapitre étonné fais voir des combattants, Fais-toi connaître enfin par des coups éclatants.Elle dit et sur lui répandant son haleine be dangereux poison glisse de veine en veine Qui bientôt faisant voir son prix par ses excès, Elle se retira certaine du succès.Mais d’abord que l’aurore avec ses doigts de roses Eut de la nuit an jour fait la métamorphose, Qu’au retour du soleil l'Orient aimanté Eut à l’autre hémisphère envoyé sa clarté Plein du trouble qu’excite une -ainte colère Même avant de n’en prendre un peut voir Lotbinière Bravant imprudemment la rigueur des climats Arriver au Palais tout couvert de frimas.Faible, défiguré, chancelant, hors d’haleine, Autant saisi de froid que pénétré de peine, Il se laisse en entrant tomber dans un fauteuil Et paraît en tombant se choisir un cercueil.A cet aspect funeste une vieille servante, Qui toujours est debout avant que le coq chante, Par ses cris effrayants qu’enfante la terreur, A toute la maison communique sa peur, baquais et marmitons au sommeil tous font trêve Et l’Intendant U) lui-même en désordre se lève, Passe dans l’antichambre où l’archidiacre assis Entre vivre et mourir parai-sait indécis.Et par un prompt secours d’un verre d’eau divine, Eau qui du corps humain réchauffe la machine O) Claude Thomas Dupuy. — 120 — Que le souffrant ne prit que pur dévotion, A ses membres glacés il rendit l’action.l’uis dans un cabinet près d’un feu qu’on allume Le conduit doucement et l’asseoit sur la plume.Là, bientôt ses esprits reprennent leur vigueur, Sa langue se délie et de tout son malheur 11 conte mot à mot la déplorable histoire.L’intendant qui l’écoute à peine ose l’en croire ; Son épouse en frémit ; cette chère moitié Dont le cœur fut toujours nourri dans la pitié, Du droit de décider se croyant investie, l’rend cent fois avant lui ie chapitre à partie Et poussant plus avant l’esprit tie charité Lui suggère un dessein sur le champ médité.¦S’il est vrai qu’aux grands maux il faille de grands remè les Et qu’à île prompts secours il n’est rien qui ne cède, 11 en faut à ceux-ci, lui dit-elle, appliquer Dont l’infaillibilité ne nous puisse manquer.Le conseil est à nous, mais sa conduite lente Ne nous servirait pas au gré de mon attente, Lue cause douteuse y languit trop longtemps.l’ai des chemins plus courts dont nous serons contents Puisque malgré vos droits, le chapitre s’obstine Et nous ravit l’honneur où le sang vous destine, Demain sans plus tarder, lorsque le jour cessant Aura fait du chemin retirer le passant, Que la nuit sur la ville aura jeté ses voiles, \ ous irez tous les deux guidés par les étoiles.Et suivis seulement de deux ou trois recons, De l’évêque défunt faire enlever le corps.Vous en avez le droit, vous comme grand vicaire Et vous comme exécuteur testamentaire.Tout vous sera facile, ou vous ne voudrez pas.André (1) sans balancer marchera sur vos pas, Vous serez secondés par le | ère Lâchasse (2) L’ouvrage sera fait avant qu’une heure passe Et par vos mains bientôt votre évêque enterré Le chapitre à Boulard n’aura rien tléféré Contents vous en serez et de votre victoire Partout la lîenommée annoncera la gloire.” A ce noble dessein, l’archidiacre applaudit Par un tendre baiser, l’intendant répondit, Et bénissant le Ciel qui lui montre la voie, Tout le reste du jour se passa dans la joie.(P André de T.eigne, lieutenant général île la prévôté.(2) Le R.P.Joseph de La Chasse, jésuite. —121 — Cependant l’heure vient qui doit les signaler L’Hôpital est déjà prêt à les receler U> Esclave, qui ne voit que par l’œil d’un Jésuite Ce couvent abusé n’en prévoit pas la suite ; Il leur ouvre son sein, il les reçoit chez lui, Tout cède sans obstacle à la voix de Dupui, Qui de chaque côté partageant son escorte, L’engage par serment à bien garder la porte Il entre avec André, l’archidiacre les suit : Deux laquais, un bourreau, gens devaat qui tout fuit Et tous d’un même esprit portés vers la chapelle Où prompt au rendez-vous Lâchasse les attend, A lias précipités notre troupeau se rend.Là, chacun de son mieux faisant son personnage, Ou contrefait sa voix, ou change son visage.L’aspect de leur prélat, étendu sur un aie, Qu’ils ont vu tant de fois, glorieux sous le dais, Retrace à leur esprit une funeste image, Des honneurs de la vie et de leur prompt passage L’archidiacre surtout semble se reprocher Le forfait qu’il médite et n’ose en approcher ; Mais l’enfant de Thémis qui le voit en balance Lui répète trois fois qu’il est temps qu’il commence Et pmir mettre la tin à ce triste opéra Entonne sur le champ lui-même un libéra.Lâchasse lui répond et sa voix assurée Eut malgré les remords d’un chorus honorée, Et la troupe faisant les devoirs du clergé _ Donne quelqu’appareil d’un service abrégé On vit nos trois héros.Doucement je vous prie Muse, j’entends déjà le lecteur qui s’écrie Qu’on devrait à jamais cachent l’avenir, En forfait que le ciel se réserve à punir.Si vous êtes forcée à raconter le reste, Craignez vous-même aussi quelque revers funeste, Ou bien défendez-vous de présenter aux yeux Tout ce que ce récit peut avoir d’odieux.“ Deux effrontés laquais ”—taisez-vous ils sont hommes Et dans un pareil cas ils sont ce que nous sommes Signalant à l’envi leur intrépidité, A*peine eurent-ils oui h- libéra chanté, Que prenant le prélat de leurs mains scandaleuses Muse, encore une fois, il n'est d’âmes pieuses Qui ,u.tremblent d’horreur à ce récit nouveau— Le traînèrent en terre assistés d un bourreau.___ ( Fin du premier chant) (b L’Hûpital-Général de Québec. __122____ RÉPONSES Capitaine «le In C6te.(Ill, V, 315.)—Au Heu d'imiter les village» de1 rmice et de grouper leurs maisons au centre du territoire paroissial ou seigneurial, les premiers Français établis comme cultivateurs au Canada se placèrent le long du fleuve, de manière à former une rue dont un côté était bordé pur les maisons et l’autre par le cours d’eau.Cela s’appelait une côte parce que, en elfet, les habitations se trouvaient rangées “ côte à côte sur la côte ” au sommet de la berge de la rivière.Vers 1601) l’intendant Talon, imbu d’une idée rétrograde assez surprenante chez un tel homme, voulut obliger les habitants à se mettre en villages, mais il n’y parvint pas, excepté à Charlesbourg ou il était roi et maître.,, b,n 1075, à peu près, le comte de Frontenac organisa la milice.Tout le Canada ne renfermait que six mille âmes.On nomma des habitants capitaines de la côte.Va sans dire qu’il était impossible ¦ le mettre un capitaine par paroisse puisqu’il y avait des seigneuries de huit ou dix colons seulement.Avec le temps on finit par avoir des capitaines de paroisse j ils faisaient le même service que les capitaines de la côte, ("étaient eux qui recevaient les ordres du gouverneur et les communiquaient aux gens qu’ils concernaient dans leur circonscription.On les employait comme huissiers également.Quant aux exercices militaires qu’ils faisaient faire aux miliciens, ils devaient se borner au tir à la cible, car nous n’avons pour ainsi dire jamais vu les Canadiens se battre autrement qu’à la sauvage.‘ l.a milice ne recevait aucune paye, mais ses officiers, tous habitant-,étaient reconnus comme porteurs des ordres du gouvernement.Cet orgueil était leur salaire.De 1G7H à 1754 nous n’avons pas eu de régiment dans la colonie, mais seulement deux ou trois compagnies d’infanterie pour garder les )«listes ou magasins «lu roi à Québec, Trois-Rivières, Sorel, Chambly, Cataracouy—en tout de 200 à 30(1 hommes sous les ordres u un simple capitaine.La chaîne des milices, allant de côte en côte, servait en temps ' * paix comme en temps do guerre, de moyen tic communication.Aujourd hui nous avons dans ces mêmes lieux le chemin de ter et le télégraphe électrique.i Le capitaine de la paroisse ou de la côte avait son banc attitré dans 1 église et la cho*e s’est continuée jusqu’à la Confédération.Lntrc 1 automne de 17GO et l’été île 1.G.'», les autorités militaires ung aises ne voulant pas instituer immédiatement un nouveau mode i administration, confièrent aux capitaines de milice une foule de i?roirSi p,lblic8’, e,ltre autres ceux déjugés de paix, et même après I
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