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Titre :
Bulletin des recherches historiques : bulletin d'archéologie, d'histoire, de biographie, de numismatique, etc. /
Éditeur :
  • Lévis :Pierre-Georges Roy,1895-1968
Contenu spécifique :
mai
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
quatre fois par année
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Bulletin des recherches historiques : bulletin d'archéologie, d'histoire, de biographie, de numismatique, etc. /, 1900-05, Collections de BAnQ.

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Iasi IIMlîlîïiï.'ï'ïli'U «ISP, Eglise do Sa>nt-Philippe et Saint-.Tacqnes de Saint-Yallier. BULLETIN DES RECHERCHES HISTORIQUES VOL.(J MAI 1900 No.5 SAINT-PHILIPPE ET SAINT-JACQUES DE SAINT-VALUER Le 29 octobre 1072, Talon concédait à O.Morel de la Du-vantaye,une étendue de terre à prendro nur le fleuve Saint-Laurent “ d'un co-té à tin demi arpent au dolàdusanlt qui est sur la terre du sieur des Islets (Beaumont), et de l’autre le canal Bellechasse.” Le 1er niai 1699, Morel de la Duruntaye obtint une nouvelle concession.Son domaine se trouva borné d’un côté à Beaumont et de l’autre à Berthior.Mgr do Saint-Vullier acheta, pour la somme de 30000 livres,de L.-J.Morel de la Duranlaye, la moitié du tief concédé à son père.C’est à cette époque que ce domaine, donné à FHôpital-Général de Québec, prit le nom de Saint Vallior.Vers 1713, la première chapelle do Saint-Vallior, petite construction en bois fut élevée au milieu do la terre qui sépure Saint-Michel de Saint Voilier.Elle servit pendant quelques années pour tous les habitants établis entre Beaumont et Berthior.Le 3 mai 1722, Saint-Vallier fut érigée en paroisse sous le patronage de Saint Philippe et de Saint-Jacques.C’est vers la fin du dix-huitième siècle que l’église actuelle do Saint-Vallier fut construite.Los curés de Saint-Vallier ont été MM.Michel Claule Poulin de Courval, 1713 ; Joseph Voyer (desservant), 171(i ; Pierre Leclair, 1722 ; Thomas Blondeau, 1732 ; Charles GaraultSaint-Onge,1770 ; Jean Mario Vézina,1794 ; Urbain Orfroy, 1819 ; Jean-Baptiste Perras (desservant), 1841» ; François Morin, 1847 ; Prisque Gariépy, 1848 ; Narcisse Beaubien, 1849 ; Louis Antoine Proulx, 1854 : J.-A.Rainville, 1854 1899 ; Arthur Gouin, curé actuel.P.G.R. — 132 — L’INVASION DE 1775-70 M.P.-A.Porlier était né à Mont roui, le It) mai 1725.A vingt-trois ans il recevait l’onction sacerdotale; c’était en juin 1748.L’année suivante, il arrivait à Sainte-Anno de La Pocatière comme curé.Ce jeune prêtre était bien doué sous tous les rapports.Sa correspondance avec l’évêque dénote un grand zèle pour le bien des finies ; le laisser-aller qui y règne prouve qu’il était sur un bon pied d'amitié avec lis autorités ecclésiastiques do son temps.Mgr Briand,entre autres, semblait jouir de son entière confiance,car il le consultait souvent s’en rapportant surtout à lui, qu’il fût grand vicaire ou évêque soit pour élucider des points do morale théologique, soit pour la gouverne de sa paroisse dans des circonstances difficiles II en rencontra même de pénibles, lors de la guerre des Etats l/n,s contre le Canada, on 1775 et 1770, guerre dont leçon-tro coup se fit sentir jusque dans nos campagnes du bas du fleuve.M.Porlier joua un certain rôle au milieu des siens.lia laissé le récit de ces événements dans un mémoire que l'on retrouve dans les archives de l’archevêché de Québec .Pour intelligence plus complète do la question, qu’il suf-(ISO de rappeler qu'après la déroute de Montgomery et d’Arnold les Yankees ne se tinrent pas pour battus, et dans leur plan de revanche ils se fortifièrent à Saint-Koch,sur les buttes à Nepveu et à Levis.Wooster, leur général, s'efforça d’on-régunonter des Canadiens-français et il réussit dans une certaine mesure à convaincre plusieurs habitants des campagnes de la rive sud qu’il y allait do leurintérêt d’épouser la cause américaine.M.de Beaujeu, seigneur de l’Ho-aux-Grues et capitaine do milice, se mit on frais do vouloir déloger l’ennemi, et dans ce dessein il fit une levée de troupes des royalistes dans ces mêmes campagnes do Saint-Thomas jusqu’à la — 133 — Rivière-du-Loup.Il recruta ainsi 350 soldats.ilaialesAroé-ricains, avertis do co qui so tramait contre eux, n’attondi-rent pas qu'on vint les attaquer à Lévis ; ils coururent au devant do l’avant garde de M.de lleaujeu, composée do soixante hommes.La rencontre eut lieu à .Suint-Thomas.Cette poignée de Canadiens fut mise en pleino déroute par les Bos-t tonais, beaucoup plus nombreux et mieux armés.Cinq soldats canadiens fuient tués et dix blessés, et parmi ses derniers se trouvait l'aumônier, M.Bailly.Onditquedanscetto rencontre des enfants combattirent contre leur père, des frères contre leurs frères.51.Porlier ne put réussir il empêcher quelques uns do ses paroissiens de prendre fait et cause pour les Yankees.Son Mémoire est quelque peu diffus.Il on ressort que les Bostonais avaient envoyé des émisaires à Suinte-Anno de la Pocatièro et dans le voisinage pour y faire des enrôlements d'hommes ot des achats de provisions.Il arriva un jour il Saintc-Anno un nommé Pierre Aiot ou llayot, porteur do proclamations à l’effet de séduire les gens.Un habitant des plus aisés, du nom de Germain Lionne, et son gendre Clément Gosselin, se mirent à la disposition du traître llayot et ils réussirent à enrôler, malgré le curé, un certain nombre de meurts do faim.11 y out à ce propos plusieurs réunions do rebelles à la couronno britannique.Co mouvement délojml fut bientôt réprimé, ot M.do Bonujeu recruta à Sainte-Anne même plusieurs soldats qui devaient l’aider à chasser les Américains.M.Porlier se montra dans cotte circonstance à la hauteur do sa position, et l'on constate qu'il jouissait do la confiance du lieutenant-gouverneur Carleton et de M.II.Cramahé, ancien administrateur de la Provinco.M.Porlier quitta Sainte-Anne on 1778.Il obtint la cure de Saint-Ours où il mourut en 1900.N.-E.Dionnk — 134 Mémoire d’observations sur la conduite des habitants des deux paroisses Sainte-Anne et Saint-Roch au sujet de l’invasion des Bostonois rebels et de l’exécution désordres de Son excellence Mons.de Carleton Pour les repousser de la Pointe Lévy sous les ordres de M.de Beau-jeu.Son Excellence Monsr.de Carleton (1) me dit à la fin * d’aoust de l’anné dernière qu’il plaignoit plus l'habitant canadien qu’il ne le condamnoit, parce qu'il avoit connoissance que c’étaient les marchands dos villes quiles séduisaient ; cela me donna lieu, de retour chez moi, d'observer ce que disaient les Caboteurs (sic) de nos cantons.Je n’ai qu’un trait pour faire voir que Son Excellence ne se trompoit point.Comme j'étais à sermonner un jeune homme nommé Renoit Déchaîné, comendé en vertu des ordres qu’avait apporté Mr Dunier (et puisqu’il a été chefdu party bostonois depuis), un habitant dit pour le détourner de suivre mes avis : Va demander à un tel qui vient do Québec, tu connoîtrns s’il fait bon pour toy de marcher.Ce tel avait des lettres du congrès qu’il lisoit dans son canton.J’espèrois que l’éloignement nous garantiroit de la séduction, nous estions assez tranquils, occupés les cap nés Lousier (2) et Duchouquet, etc, à attendre des ordres du gouvernement pour agir suivant que M.Cramahé (3; en avait prévenu ces doux Me-sieurs lor>quo les renvoyant dans l'arrière saison il leur dit qu’ils seroient avertis à temsdes mouvements qu’ils auraient à faire.(t) Sir Guy Carleton en 1775’ lieutenant gouverneur et commandant en chef de l’armée.(2) Augustin Koy-Lausier, mort le 12 avril 1790 âgé de SS ans et sept mois.(3) Hector Cramahe avait administre la province de 1770 a 1774, en l’absence de sir (iuy Carleton. Cependant arrive du camp Bostonois Pierre Aiot chargé do proclamation» de Mr Wooster ; (1) elles portaient peino de mort ou d’exil contre ceux qui nuiroient même do paroles au congrès.J étoia cluz leSr Lausicr ; il voulut les lui faire prendre.Il y eut do l’altercation, je coupai eourt on disant à Aiot que cela (2) ne regardoit point Lausier fils lieutenant, l’adresse étant au capitaine ; il s’en fut, mais il se donna de garde d'arrêter chez Lauzior père capitaine.Il fut droit chez Germain Dionne qui le lendemain fit com mender toute la paroisse pour se rendre chez lui, j’étois à un malade co jour là, on ni'y demanda s’il fallait aller chez Germain Dion-no ; — non, dis je, il n’est pas capitaine, c’est une assemblée illicite pour nous séduire, restez chez vous, quand lo capi-taino vous l'ordonnera, vous irez chez lui.—Quolques uns m’écoutèrent, d’autres méprisèrent mon avis.Comme je connuissois le génie s 'duirant do ce Germain Dionuo, l’ascendant qu’il nvoit sur les esprits parce qu’il sor-toit d’être premier lîaillif, qu’il étoit riche, jo vis quotout étoit perdu, jo pris le party de luy écrire la lettre la plus tendre pour le détourner do son dessein.Le capitaine Lau-zier y fut luy même.On rit de ma lettre, ou n’écouta point le capitaine.Clément Gosselin gendre do Germain Dionne enrôlait.Germain Dionne fournissoit les besoins do vivres, souliers etc.Ou écrivit rebel au Congrès celuy qui refusoit.Par mes soins il ne séduisit que quelques vagabonds, mais malgré tout, ne pouvant être partout et en tous temsje tentai d’arrêter ces assemblées séditieuses par ceux même pour lesquels elles se faisoient.J’en avois parlé à Mr Mercier, mouche qui me parut Hostonoise et qui se promenait dans nos (1) Wooster était général des troupes américaines après la retraite d'Ar nold et la mort de Montgomery.(2) Augustin Roy-Lausier était ainsi marchand à Sainte-Anne. — 136 — cantons.Il me fit entendre quo Mr IVooster, qu'il mo dit commander alors au camp do Québec, an êteroit Germain Dionne, si je luy en écrivois, joie fis, mais ce monsr.étoit à Montréal, et n’est venu au camp qu’a commencement de mars.Nous étions alors à la mi-janvier.Aiot, Gosselin et Germain Dionne firent ce qu’ils voulurent, ils n’engagèrent cependant que des meurs de faim.Au commencement do février, parut dans nos cantons le Sr Feré avec le titre do commissaire du congrès pour des vivres.11 fit transporter le bled de Mr Ducltenai, seigneur de Saint-Dock ; il dit qu’on devait le païer à la nouvelle York (1) où il étoit.Cet homme sur bien dos raisons que je luy alléguais pour soutenir l’authorité roiale, so rendit et me dévoila son âme.Il me dit ce que j’avais jusqu’alors ignoré, la faiblesso des rebels depuis le coup du 31 décembro,et que les secours promis ne leur venoient pioint,qu’il ne voudroit quo 50 hommes qu’il se chargerait de débusquer la garde do la Pointe Lévy-Dis-simulé, lui dis-je, il n’est pas encoro tems, les cinquante écloront bientôt.Il resta dans nos cantons à flâner,sous prétoxto de faire des recrues.Il onvoia cependant le nommé Blondin pour tenter de pénétrer à Québec afin d’avoir l’approbation de Son Excellence.Blondin ne put réussir.11 y avoit bien du terns quo le Sr Lausier et Duchouquet vouloient éclater, jo les arretois.le Sr Riverin vint pour avoir M.Hanglade chirurgien de ma paroisse ; il me parla de la possibilité de chasser la garde de la Pointe Lévy ; il mo fit sentir qu’il alloit hazarder d’aller à Québec.M.Bailly (2), prêtre du séminaire, voiageoit choz nous ; il excitoit, encourageoit les roialistes ; mais avant de nous déclarer, on conclut, sous prétexte d’aller acheplerdu bled (1) New*York.(2) Devenu plu* tard coadjuteur, sous le titre d’évêque de Capse. — 137 — do semence, de faire un voiago à, la Kivièro du Sud, pour conoître le nombre des roialistes.Nous fûmes surpris qu’il fut si petit.J'y vis M.Désilcts-Couillard, qui me dit que M.Cramahé l’avait renvois dans l’arrière saison, en luy disant les mêmes choses qu’il avoit dites au Sr.Lausier.Lo 20 mars, M.Iliverin arriva à Sainte-Anne, après avoir fait passer les ordres de Son Excellence à M.de Beaujeu.On fut quelque tems en balance si on se déclarerait, vu l’opposition des paroisses d’en haut.Quelqu'un dit, et son avis fut suivi : Quand il en devrait coûter la vie, obéissons, nous serons peut-être arrêtés, mais nous sauverons nos paroisses do la tache de rébellion.Dans la même nuit, on éclata, les capitaines et autres officiers donné» eut par leurs mouvemens dos preuves d’un zèle des plus vifs, on se disporsa pour annoncer les ordres jusqu’il Camourasca, et pour avoir des hommes, l’étendart roial fut planté entre la maison du Sr.Lausier, lieutenant, et lo pres-bitèro.M.de Beaujeu arriva lo 21, à midi ; on vint lo chercher comme il dînait, le même jour, de la lîivièro Quelle, les habitans do cette paroisse voulant le voir, s'assurer qu’il existait et qu’il étoit porteur d’ordres de Son Excellence.Il partit tout de suite.Cependant, 31.Bailly onvoia un courrier de la Pointo à la Caillo (1) pour presser il.de Beaujeu de se rendre, il eut connoissance que les paroisses d’en haut étoient averties et remuaient pour s'opposer, mais les milices d’en bas n’étoient pas encore prêtes.J'écrivis pour luy suivant les pouvoirs qu’il en avoit l’amnistie pour tous ceux qui mnreheroient avec luy : le pardon fut datté du quartier général dos roialistes à Sainte-Anne, signé Beaujeu, et contresigné Porlier, prêtre.Il fut envoié à M.Bailly, à la Pointe à la Caille.M.de Beaujeu donna une amnistie particulière à Feré.(i) Saint-Thomas de Montmagny. — 138 — Dans cet intervalle arriva M.Fortin (l), diacre, qui voia-geoit pour une quête de bled.L1 fut surpris do voir l’éten-dart du roy planté comme je l'ai dis.Est-il possible que dans le nord on dorme pour la bonne cause?—Vous pouvez vous éveiller, luy dis-je, laissez votre quête pour un autre temps, allez annoncer ce que vous voiez, et faites remuer, ce sera une diversion, qui ne pourra que nous faire réussir.—On ne me croira pas, reprit il.—Eh bien, je vais écrire à Mgr de Doryle (2) ce qui se passe.Il se chargea de ma lettre et partit.Il m'a dit depuis cpie si l'échec n’étoit pas arrivé si tost à St Pierre (3), lu nord fournissoit un party considérable et se mettoit en marche.Le 23 au matin, cinquante miliciens de Camourasca, quatre de la llivière-Ouelle, vingt-sept de Sainte-Anne, vingt-cinq de Saint-Koch, partirent avec M.de Beaujcu.Le tems devint si affreux que, croiants se rendre à la Pointe à la Caille, ils ne purent passer les uns Saint-Jean les autres l’Is-let.Ils trouvèrent les paroisses la pluspart neutres, qui ne churchoieut qu'à les décourager.Cela n’empêcha pas do se rendre la nuit du 24 au 2o quartier-général à Saint-Thomas.On disposa une partie pour faire des recrues d’armes et d hommes.Je reçus un courrier do M.do Beaujeu pour faire marcher l’arrière garde.Il m’avait prévenu, lorsqu’il partit, de la tenir prête au besoin.Le capitaine Lausier et son fils Louis étaient restés exprès avec plusieurs chefs de famille.M.de Beaujeu voulolt intimider en montant ceux (pii s'opposeraient, ou annonçant autant de monde par derrière qu'il en (1) Jean-Marie fortin, qui fut curé de Saint-Jean, I.O., de 1800 à 1822, décédé en 1829.(2) Mgr D’Ksglis, .1 cette date, était coadjuteur de Mgr Briand et portait le titre d’évêque de Dorylée.(3) C’est à Saint-Thomas que les royalistes furent battus par les Bosto-nais. — 139 — avait avec luy.J’onvoiai avortir jusqu’à Camourusca.Plusieurs do Saint-Roch partirent le même soir, à leur tête le capitaine François Pelletier ot le lieutenant Jaques Pelletier, dont les enfans étoient partis la veille avec H.do Beau-jou.Lo 25, lo corps do l’arrière garde s’arrangea pour partir.Le lendemain, 2(i, à 4 heures du matin, les voitures en effet arrivèrent chez moy, lorsque le Sr.Feré parut tout à coup.Tout est perdu, s’écria t-il en entrant, nos gens sont massacrés.M.Bailly est du nombre, d'autres ont été faits prisonniers.Le corps de party’ a pris l’allarmo à la Pointe à la Caille, tout est dispersé, sauvez moy’, salivez vous.Accablé par cette triste nouvelle, je demeurai interdit quelque terns.Revenu de mon saisissement, je m'addrcssai à ceux qui étoient pour partir : .Retournez, mes amis, leur dis-je, votre zèle devient inutile, il fait encore nuit, moins vous paraîtrez, mieux ce sera pour vous.Je dis 5 Feré : Puisqu’il fautque je travaille à me sauver, vous m’embarrasseriez fort, partoz dans cette voiture que voilà du bas de la paroisse et gagnez Rimousky’.La déroute fut bientôt sceu.Il me fallut essuyer les reproches des pères et des mères qui me redemandoieut leurs onfans : Voilà ce que c'est vous autres t vrai que, partout dans le monde, le ridicule peut tuer aussi sûrement que le poignard. Le jour où il monta ù la tribune, M.Willis s’écria d’un ton solennel, en désignant le pupitre installé devant lui : “ Oui, inessieurs.j’ai là les preuves de l’infamie des prêtres de Rome ; j'ai là des pièces démontrant le bien-fondé des accusations si graves quo j’ai portées contre eux !” En même temps,il ouvrit le pupitre en question.Aussitôt, un gros oiseau noir en sortit avec un bruit assourdissant, effleura le visage de M.Willis, et prit son vol jusque dans les tribunes.C’était un coq qu’une main facétieuse avait enfermé dans le bureau de l’orateur, dont la frayeur fut telle qu’il resta un certain temps, avant de reprendre possession do lui-même.Quand enfin il put parler, il s'embrouilla dans son discours ot fut impuissant à déguiser, sous des artifices de langage, la faiblesse manifeste de son augumentation.Les rieurs ne furent nas de son côté, et la Chambre, en majorité acquise aux idées d’apaisement, résolut do ne pas s'opposer à l'application du compromis.Depuis cette époque, la paix religieuse n’a plus été troublée dans le Nouveau-Brunswick, et tout porte à croire que, d’ici longtemps, on n'y persécutera plus les catholiques.Camili.e Dekoi et BIBLIOTHEQUE CIRCULANTE En 17l>4, le sieur Germain Langlois, demeurant sur la place du marché,à la h into ville de Québec,fonda une bibliothèque circulante.8 il faut en croire le prospectus que publia alors Langlois sa bibliothèque consistait en plusieurs centaines de volumes bien choisis, tant en anglais qu'en français, écrits par les meilleurs auteurs sur des sujets intéressants ot amusants.Voici quelles étaient les conditions île Langlois pour pouvoir s’abonner à sa bibliothèque : Payer six sols par semaine d argent courant d'Halifax ; Ne prendre qu'un seul livre à la fois , Ne pas le garder plus d'une semaine ; Payer tout dommage fait au livre.P.-G.R. UNE LETTRE DE SAINT VINCENT DE PAUL Les Hospitalières de l’Hotel-Diou de Québec conservent avec grand soin une précieuse relique de saint Vineont de Paul.C’est une lettre autographe que le saint écrivit il la mère Suint-Joseph et dans laquelle il rend un glorieux témoignage au dévouement des premières Hospitalières de Québec.Nous la transcrivons en respectant scrupuleusement l'orthographe : “ De Paris, ce 20 avril 1602.Ma révérende mère, • La grâce de Xotro-Seigneur soit avec vous pour jamais.11 est vrai que ceux qui m’ont fuit l'honneur de vous rapporter l’estime que je fais des missions du Canada ont eu sujet de le faire ; car, en effet, je regarde cet œuvre comme l’un des plus grands qui so soient faits depuis quinze cents ans, et ces saintes âmes qui ont le bonheur d’y travailler, comme des âmes vraiment apostoliques (pii méritent l'approbation et le secours de l'Eglise, particulièrement vous et votre communauté qui contribuez à l’assistancj spirituelle et corporelle des pauvres et des malades, qui est le comble de la charité chrétienne, eteu quoy je tieudray à singulière bénédiction de vous aider, s’il plaît au bon Dieu de m'en faire la grâce quelque jour.Quant â présont, ma chère mère, cela m'est du tout impossible, à cause d.s misères do ce pays iey provenants des guerres passées, et des divisions présentes do co royaume qui réduisent les provinces dans une entière désolation, à quoy plusieurs personnes charitables de Paris tachent d’apporter quelque rernèdo cont ribuantde leurs soins et de leurs aumônes p >ur empêcher que le monde périsse do pauvreté ; mais ces aumônes ne pouvant suffire ; il servirait de peu de leur parler des besoins du Canada.Je ne doute pas, ma chère mère, que ceux de votre hôpital no soient grands, après les portes que les Iroquois vous ont fait —144 — * souffrir do delà et la diminution notable du revenu que vous avez icy sur les coches, dont je suis bon témoin, pour ce que plusieurs de nos maisons y ayant leur petite subsistance,ont peine d’en tirer la moitié do ce qu’elles on tiraient ci-devant, je prio Notre-Seigneur, ma révérende mère, qu'il suscite quelques bonnes personnes qui vous donnent moyen do lui continuer vos services on ses pauvres membres, et c’est ce que j’oso espérer de sa paternelle providence qui ost adorable partout.J'ai une particulière confiance en vos prières ; bien que je sois indigne d’y participer, je vous les demando néanmoins avec toute l'humilité que je le puis, et avec désir qu’il plaise à Dieu me faire la grâce de vous servir qui suis en son amour, Ma révérende môro, Votre très humble et obéissant sorvitour, Vincent de Paul, Ptro, Do la Mission.A ma Edo Mère, La Mère Supérieure dos Eeligiouses de la Miséricorde do l’IIôtel-Dieu de KébeC, À Kéiîec.- UNE EPITAPHE Epitaphe do Monsieur Richer, Curé do Québec, décédé en cette ville et enterré dans le caveau de la chapelle du Séminaire, servant d’Eglise Paroissialle et même de Cathédrale.Ci-git, juftement regretté, Un digne Prêtre et Curé ; I >ea vers l'on corps eft la pâture, .Mais fon âme prend nourriture Dans lo féjonr bienheureux, Où il eft entré glorieux, .De fes Pnroiffiens lo Pafteur, II n’a cherché que leur bonheur ; Et pour foulager les pauvres Il s'eft rendu lui-même pauvre.De fes vertus admirateurs, Soyons-en les imitateurs.(Gazette de Québec, 7 avril 1768) — 145 — ETATS DE SERVICES DU COLONEL DE SALABERRY, PÈRE DU HEROS DE CHATEAUGUAY 1° Blessé deux fois en 1775,dont une fois très sévèrement ; infirmités résultantes, dont je me ressens encore après quarante-cinq ans.Cette première campagne et la suivanto, je les ai faites il mes propres frais et dépens, volontaire sans aucune paye.Le reste de la guerre révolutionnaire d’Amérique, en paye à la paie demi-paye, interrompue, quand Surintendant des Sauvages en 1799.—En 179ti, Major lor Batt du Régimont Royal-Volontaires-Canadiens.Régiment réformé en 1802.Ensuite Commandant du premier Régiment de La Milice d'Elite incorporée, levée on 1812 pour cette dernière guerre d'Amérique ; âgé alors de plus do soixante ans, à présent dans ma soixante-neuvième, et ma santé ruinée par mes anciens services et blessures ; et les chagrins pour la perte de mes chers enfants.2° Aucun sujet Canadien n’a fait pour son Roi de sacrifices aussi sensihles, car, de quatre fils, j’en ai perdu trois dans l'Armée ; proportion certainement bien cruelle ! et objet d'une douleur ineffaçable ! Le seul do mes tils qui me reste a toujours servi honorablement dans l’armée,en diverses parties du monde, depuis 1 âge de quatorze ans, entr autros â la glorieuse affaire de Châteauguay, pour laquelle il a reçu de Sa Majesté des marques do dbtinction, et une place au Conseil Législatif, contre la règle de n’y point introduire en même temps, et le Père, et lo Fils : mais j'espère que tous deux, nous serons toujours les plus fermes appuis du Gouvernement soit au Conseil, soit l’épée â la main, malgré mon âge avancé.3° J’ai perdu en France près de deux mille louis, étant sujet Anglais, te qui dans la guerre révolutionnaire m’a — 146 — privd de l’avantage de pouvoir retirer cette somme, perdue à présent sans ressource par ce quo les Lois de co pays-là appellent prescription : perte considérable pour ma famille.Des Gentilshommes qui s’offrirent à servir Volontaires on 1775, nous ne restons plus que trois, mois seul à Québec.JOSEPH LEVASSEUR BOlltilA Le materiel du C'unadien, dont le premier numéro parut le 22 novembre 180(1, fut acheté par ADI.Borgia, Bédard, Taschereau, Blauehet, Bourdage et Planté.En 1808, AI.Borgia fut destitué de sa position dans lu milice.Le 17 mars 1810, Borgia fut arrêté sur l’ordre do Craig avec Bédard, Blanchct et Taschereau.En juillet de la même année, Borgia lut relâché pour cause de maladie.AL Borgia lit de nombreuses tentatives pour introduire on Canada le droit civil anglais, mais il ne réussit pas.Le député Borgia avait un tempérament assez excitable.Pendant la session do 1819, il fut mis sous la garde du sergent d armes, pour avoir fait des gestes insultants à Sherwood et l'avoir traité d’imbécile. — 147 — RÉPONSES La mission d’Oka et ses missionnaires.(VI, Il T, 707.)—Avant l’établissement définitif de la Mission du Lac des DeuxMontagnes à Oka, en 1721, les MM.do Saint-Sulpice avaient dirigé : 1° Lu mission do la Montagne de Montréal, fondéo en 1070, confiée à MM.Trouvé, Mariet et de Belmont ; 2° En même temps que la mission de la Montagne, celle du Sault au-Réeollet, fondée en 1690, administrée par MM.Robert (lay et Maurice Quéré de Tréguron ; 3° En 1704, les sauvages non iroquois des deux missions ci dessus furent réunis les uns, Algonquins, à Sainte Anne du bout de l’Ho, par M.Lascaris d’Urfé, les autres, Nïpis-sings, à file aux Tourtes, au pied du Lac des Deux Montagnes, par .M.C.René de Breslay.En 1721, toutes ces missions cessent d'exister pour donner naissance à la Mission du Lac des Deux Montagnes (Oka), qui devait durer jusqu’à nos jours.Voici les noms des missionnaires : MM.Hamon
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