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Titre :
Bulletin des recherches historiques : bulletin d'archéologie, d'histoire, de biographie, de numismatique, etc. /
Éditeur :
  • Lévis :Pierre-Georges Roy,1895-1968
Contenu spécifique :
octobre
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
quatre fois par année
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Bulletin des recherches historiques : bulletin d'archéologie, d'histoire, de biographie, de numismatique, etc. /, 1900-10, Collections de BAnQ.

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EGLISE DE SAINT-IGNACE DU CAP SAINT-IGNACE BULLETIN DES RECHERCHES HISTORIQUES VOL.0 OCTOBKE 1900 No.10 SAINT-IGNACE DU CAP SAINT-IGNACE La paroisse de Saint-Ignace du Cap Saint-Ignace est formée de la seigneurie Vincelotte, concédée par Jean Talon à Geneviève de Chavigny, veuve du sieur Amiot, le trois novembre 1072, et par le gouverneur de Frontenac à Joseph Amiot, sieur de Vincelotte, le 1er février 1093 ; du fief Gamuche ou Gagné, concédé par l'intendant Talou à Gama-che et BelleavancOjle 3 novembre 1072 ; du fief Sainte-Claire, concédé par de Frontenac à llené Lepage, le 17 mars 1093, du fief Lafrenayc et du fief Fournier.Il y a près du fleuvo Saint-Laurent, au centre de la paroLse, un petit cap, formant presqu'île, qui porte le nom de Cap Saint-Ignace.Ce nom lui fut-il donné par un missionnaire jésuite ?La cho?o est possible, quoique la liste des missionnaires et curés de Saint-Ignace du Cap Saint-Ignace ne mentionno le nom d’aucun jésuite.Quoi qu’il en soit, du cap, ce nom ne tarda pas à s’étendre aux établissements qui se formèrent dans les environs, et le 30 octobre 1078, lorsque Mgr de Laval érigea la paroisse, il lui donna une sanction officielle.Dans son rapport au roi, on 1083, Mgr de Laval écrit : “ Le Cap Saint-Ignace (seigneurie de Vincelotte) contient une lieue ; il y a douze familles et 47 âmes.Dans la seigneurie de Gamache et de Belleavanco, qui n’ont ensemble qu’une demie-lieue, il y a quatre familles et vingt-troi8 âmes.” __ 292 __ La première messe Saint-Ignace du Cap Saint-Ignace fut dite dans la maison de Jacques Ilernier, surnommé Jean de Paris, parce qu’il venait de Paris.Ce Bernier est la souche de tous les Bernier passés, présents et futurs.La première chapelle fut bâtie en I683.au bord du fleuve, dans les limites du fief Gamache, sur un terrain donné par Nicolas Gamache.Elle était en bois.Un an ou deux après, on éleva une chapelle en pierre à côté de la première.En 1744, elle s’éboula avoc la côte.On voit encore les ruines do cette chapelle à mnréo basse.En 1746, on construisit, à douze arpents plus haut, uno maison en pierre pour servir de presbytère.Celte maison existo encore aujourd'hui.Elle est en bon état do conservation.Elle est même habitée.Dans le même temps, les habitants de la seigneurie Vin-celotto so mirent atts^i à bâtir un presbytère, malgré la défense de 1 évêque.De là, de longues et pénibles difficultés.Cependant les habitants do la seigneurie Vincelotte eurent la messe dans leur presbytère, et cela pendant environ 25 ans.Les divisions n’en continuèrent pas moins.Pour mettre fin à tous ces troubles, en 1772, Mgr Briand fixa la place de l’église sur les confins ouest do la seigneurie Vincelotte.Cette troisième égliso fut ouverte au culte en 1773.Elle était située au lieu et place de l’église actuelle.Cette église fut allongée uno première fois en 1824 et de nouveau en 1854.En 1880, on la remplaça par une nouvelle église, qui fut incendiée le 14 décembre 1890.L’église actuelle, commencée l'année suivante, a été entièrement terminée en 1893.C’est un beau et magnifique temple qui fait la gloire de la paroisse et proclame l’habileté de son curé et la générosité de ses habitants.La paroisse de Saint-Ignace du Cap Saint-Ignace a eu, depuis sa fondation, les dessorvants et curés suivants : — 293 — MM.Pierre de Cauraont, do novembre 1679 à avril 1680; Thomas Morel, 1680 à 1683 ; Paul Vachon, do 1683 à 1685 ; Paul Sonnémaud, du 1er janvier 1685 à mai 1685 ; Benoit Duplein, do juin 1685 à novembre 1685 ; Thomas Morel, de novembre 1685 à octobre 1686 ; Claude Moireau, récollet, de 1686 à 1687 ; Nicolas G'adurd, do janvier 1688 à avril 1688 ; ElieAudy, 1688 ; Gaspard Dufournol, 1688 ; Louis Aubert, récollet, 1688-1689 ; Philippe Boucher, 1689-1690 ; Jean Pinguet.de 1690 à 1692 ; Pierre de Francheville,1692-1698; Louis Mathieu, premier curé, 1698-1701 ; Rodolphe Dubus, de 1701 à 1702 ; Pierre Le Poyvre, 1702-1704 ; Philippe Rageot, 170-4-1707 ; Joseph Denys, 1707-1708 ; Yves Le Riche, 1708-1712 ; Charles Hazeur Desormeaux, 1712 ; Yves Godard, 1713-1714 ; J.-B.Dugas, 1714 ; Pierre Leclair, deuxiômo curé, 17141722 ; Simon Foucault, 1722 ; Maurice Imbault, 1723 ; Lucien Verge, 1723 ; Charles Joseph Lo Berre, 1723 ; Simon Foucault, 1724-1741 ; J.Romain Dolbec, 1741-1746 ; François Marganne de Chapt de Lavaltrie, do 1746 à 1747 ; Jean François Curot, 17471764 ; Charles Manguo-Garaut Saint-Onge, 1764-1769 ; Jacques Ilingan, 1709-1777 ; Paul Antoine Bédard, 17771779 ; Jacques Panet, 1780 ; Jacques Olivior Guichard, 1780-1786 ; Jacques Panet, 1781-1783 ; J.Michel Paquet, 1783 1792 ; J.B.Griault, 1792-1806 ; Pierre Nicolas Leduc, 1806-1812 ; Pierre Viau, 1812-1818 ; Philippe Auguste Parent, 1818 1832 ; Louis Gingras, 1833 ; Etienuo Edouard Parent, 1833-1840 ; J.Etienne Cécil, 1840-1857 ; Frédéric Caron, desservant, 1857 ; François Morin, 1857-1859 ; Zé-phirin Sirois, 1859-1868; Napoléon Théodule Sirois, curé actuel.R. — 294 — LES MOTS D’ORIGINE SAUVAGE Achigan : Mot d’origine algonquine désignant la perche noire de nos rivières (black bass des Anglais).D'autres formes existent, et on dit, suivant les localités, acigan, acignan, malachigan, manachigan.Le mot est très vieux, étant venu en usage dès le commencement de la colonie, et on lit, entr’autres dans Hennepin, Description de la Louisiane : “ On y pesehe.des achigans.” Agohanna : usité en poésie et en histoire pour roi, chef suprême.“ Le Roy et Seigneur du pais qu’ils appellent en leur langue Agouhanna.” (Lescarbot, Nouvelle-France, p.320).Algonquin : Sauvage de la tribu indigène des Lenni-Len-napes, dont les descendants habitent aujourd'hui la région du lac Saint-Jean et du haut Saguenay.Au tiguré,personne d’apparence rude et fruste, ou qui est bizarrement accoutrée C’est un vrai algonquin, c’est-à dire un ours.Par extension, et pris substantivement, chose difficile ou impossible à démêler : Tout ça c’est de Valgonquin, c’est à; dire il est impossible d’y voir goutte.Almouchiche : du micmac animout, signifiant chien, suivi de la désinence diminutive shish.Le mot almouchiche est une expression purement locale, appartenant à la région du Ristigouche, et l’on désigne par là une variété de chiens que l’on dresse à faire la chasse aux porcs-épics.“ Pour l’al-mouchiche point de péril dans la chasse.” (Taché, Soirées Canadiennes, 1861, p.18).Apola : désigne une variété do ragoût, que M.de Gaspé (Anciens Canadiens, p.192) décrit comme suit : “ L’apola, ou étuvé d’alouettes, avec pommes de terre, mie de pain, et michigouen.” Assinabe : do l’algonquin assin, pierre.Lourde pierre servant à retenir une seine, un filet, au fond de l’eau. — 295 — Atoca : ce mot, désignant le fruit do la canneberge, est d origine huronne ou ii'oquoise.Le lexique iroquois de l'abbé Cuoq donne la forme tokware, et on lit, dans le Dictionnaire de la langue huronne do Sagard : “ A toca, petit fruit, comme cerises rouges, qui n’a point de noyau.” Atosset : mot montagnais désignant un poisson particulier au lac Saint Jean (Buies, Le Saguenay, p.203).Autmoin : nom donné, par les Souriquois, à leurs prêtres et sorciers.Ce mot se rencontre fréquemment dans plusieurs anciens ouvrages sur le Canada, mais avec tendance à tomber de plus en plus en désuétude.“ Lesautmoins adossaient, dans sa forme mystique,—Aux parois des rochers la logo fatidiquo.” (Taché, Soirées Canadiennes, 1863, p.100).Babiche : lanière do peau d’anguille.L'explication la plus rationnelle do l’origine do ce mot est celle qui le fait se rattacher au Souriquois ababich, signifiant corde, fil, ou encore, au micmac ababee, même signification, (^uoi qu’il en soit, l’emploi de babiche était à peu près général dès l'origino de la colonie, ainsi qu'en fait foi Lescarbot qui, en 1612,écrivait ababich dans son Histoire de la Nouvelle-France.Batiscan : exclamation en forme do juron adouci, et qui au Canada, remplit l'office de sapristi en France.“ M’en aller, batiscan ! On no me déloge pas do cette fayon.” (Le-May, Picounoc le Maudit, II, 159).Boucane : fumée quelconque, et, plus spécialement,fumée épaisse ou nauséabonde.Cacaoui : variété de canard (Ifarelda glacialis), que l’on rencontre dans les parages du golfe Saint Laurent.L’origine de ce mot est douteuse, et cacaoui peut être tout simplement une onomatopée.L’abbé Cuoq, dans ses Etudes philologiques (p.86), le fait dériver de l’algonquin anhan-howe, ou anh anhwe, d’où, ajoute-t-il, les Canadiens ont fait cacaoui.Ce qui semblerait prêter une grande force à cette — 296 — étymologie c'est que le P.Petitot, dans son Dictionnaire de la langue Dini-Dindjii, désigne le même volatile par can-canwi.Canaoua : terme dérisoire, ou de mépris, appliqué aux Sauvages par les blancs.Ce mot était surtout d’un usage très répandu, au siècle dernier.On disait aussi canaouache et canaouich, “ Les canaouas vont t'écorcher comme une anguille.” (De Gaspé, Anciens Canadiens, II, p.135).Canot : petit bateau, fait d'écorce ou d'un tronc d’arbre.Chose qui semblera étrange le mot canot lut omployé au Canada avant do l’être en France, et dérive de l'espagnol canoa se rattachant au dialecte des Caraïbes, dans les Antilles.Lescarbot, dans son Histoire de la Nouvelle-France, appelle canoa un “ petit bateau tout d'une pièce.” Carcajou : du montagnaie Kar-Ka Joo.Animal carnassier, appartenant à la famille des blaireaux et qui habite principalement le Labrador.Les Sauvages le désignent aussi sous le nom de quâ quâ-sut (diable-des-boisj.Caribou : animal sauvage à lu chair exquise, que l’on a surnommé le renne de l'Amérique septentrionale, Cazagot : mot emprunté aux Montagnaie du lac Saint-Jean, et désignant une sorte de boîteen écorce que la femme sauvage s'attache derrière le dos, et qui lui sert à porter son nourrisson.“ Elle avait sur son dos, dans son cazagot.un petit métis de douze mois." (Barthe, Souvenirs d'un demi-siècle, p.493).Chichicoui : instrument de musique en usage chez les Sauvages, et servant à battre la mesure.“Cet instrument, fait de bois, de peau desséchée ou de corne, se compose d’un mancho et d'une portion creuse, remplie de petits osselets, de petits cailloux, ou de plomb à tirer ” (J.C.Taché).Le vrai mot snuvage de cet instrument est chichigouane, de chi-chigoui signifiant serpent à sonnettes, sans doute par analogie avec le bruit de grelots do la queue do ce reptile. — 297 — Chouayen : terme dérisoire, ou de mépris, appliqué au Canadien-Français qui fait montre d’un loyalisme exagéré, en quelque sorto servile, vis à-vis des Anglais.Le mot chouayen remonto assez loin dans l'histoire, et appartient mémo à la période de la domination française, puisqu’on lo vit apparaître, pour la première fois, lors do la prise du fort d’Oswego.A cette époque, quelques Canadiens-français, désespérant déjà du succès définitif des armes françaises, avaient résolu de passer aux Anglais, dont ils attendaient faveurs et protection.La victoire française d’Oswego, survenant sur ces entrefaites, fit éprouver à cos transfuges un tel dépit, que le gros public prit de suito un malin plaisir à le leur rappeler à tout propos.Or, on sait que le fort Oswego s’appelait autrefois Chouayuen.Le là l’appellation chouayen.Durant la rébellion de 1837, le mot chouayen obtint un surcroît d’actualité, et servit, bien entendu, à désigner ceux des Canadiens-françuis qui faisaient alors bande à part contre les “ patriotes,” et en particulier les “ burean-crates." Esurynis : grains do porcelaine, faits do la nacre de certains coquillages marins, otdont les Sauvages confectionnent des colliers.Cos colliers jouaient autrefois un certain rôle dans les relations des colons avec les Indiens, et se présentaient, au début des délibérations, de conseils, comme gages de paix, de bonne entente.Il a toujours été, cependant, plus d’usago courant de remplacer esurynis par son équivalent xcampum, qui est un mot se rattachant au dialocto des Sauvages do la Nouvelle-Angleterre.“ Lors chasctines d’icelles donna audict cappitaine vug collier desuryny." (Cartier, Bref récit, p.44).Kayak : canot do pêche, en usage chez les Esquimaux de la région septentrionale du Labrador.Une coïncidence assez curieuse se remarque entre le Kayak des Esquimaux, et le Kayik des Yalvoutos de Sibérie, ce dernier étant aussi — 298 — un canot de pêche.Selon toute probabilité, notre propre mot Kayili a donc dû prendre naissance en Sibérie, dans les parages du lac Baikal, puis, de là, passant aux Esquimaux de la Léna, arriva en Amérique avec ces derniers, viâ le détroit de Behring.S’il est vrai qu’aucun fait, si petit qu’il soit, ne doit être laissé de côté pour l’intelligence des choses préhistoriques, ce mot Kayak viendrait donc ainsi singulièrement à l’appui de ceux qui prétendent que l’Amérique a été peuplée, à l'origine, à l’aide de migrations venues do l'Asie.Kini-Kinik ; du sauvage algonquin Kininigegi, signifiant “Je mêle.” On désigne, par ce mot, un certain mélange d’écorce ou do feuilles avec du tabac, et que fument les sauvages, les trappeurs, etc.Quelquefois aussi, Kini-Kinick se prend tout simplement pour l’écorce même servant de base au mélango en question, écorce enlevée à une variété d’aubier, dite “ bois-rouge.” Machicotè : de l’algonquin matshîgode.Jupe, jupon de femme.Mackinaw : couverture de laine, ou pelisse, par-dessus fait d’une épaisse couverture de laine.Le mackinaw fut autrefois l’objet d'un commerce très étendu avec les sauvages, et on le désignait ainsi parce qu’on se le procurait surtout au fort Mackinaw, qui en était l’entrepôt principal.“ Enveloppés dans nos pelisses de bison et dans nos couvertures mackinaw, nous pouvions,sans être incommodés, braver la fureur du vent.” (LoMoine, Chasse et pêche, p.31).Malachigan : corruption de manachigan, ou, selon Cuoq, de manacigan, et désignant spécialement une variété d’achi-gan mal conformé, que l’on nomme aussi “ gros bossu.” l.a première syllabe de ce mot sauvage a été confondue avec l’adjectif français mâle, tout comme s’il fallait écrire mâle achigan. / — 299 — Manitou : mot d’origine aigonquine (manito, génie, dieu, esprit).Divinité tutélaire adorée par nos sauvages.Chacun d eux se choisit un manitou dans le premier objet venu qui frappe ses sens.Cetle définition, si exacte qu’elle soit dans 1 espèce, est cependant par trop vague et incomplète, et le mot comporte diverses autres significations qu’il est utile de préciser ici : 1° Esprit, ombre, mSne : “.manitous de la plago,—Esprits, éveillez-vous.” (Fréchette, Fleurs boréales, p.50).2° Bon ou mauvais génie, appartenant à une légende locale : “.les plus nerveux parlaient do sortir et de provoquer en combat singulier lo manitou du Saint-Maurice.(Suite, Mélanges, p.357).3° Esprit invoqué par les jongleurs, les sorciers : “ L’importance des jongleurs est en raison de l’importance de leura manitous." (Taché, Forestiers et voyageurs, p.192).4° Fétiche, symbole : “ Dans le sac de voyage, le manitou tenait le premier rang.’’) Fer-land, Histoire du Canada, t.I, p.113).Mascouabina : d’origine aigonquine, désignant lo cormier ou sorbier domestique.Le P.Lacombe fait dériver ce mot do maskomin, signifiant “graine d’ours,” et cela parce que plusieurs animaux sauvages, entr'autres los ours, sont très friands do l’écorce du maskouabina.Muskeg : d’origine créé, désignant un marais, une savane.Le I.I etitot définit lo maskeg “ marais, ou plaine remplie do lichens.” Dans le dialecte otchipwe se trouve la forme mashkig.Maskinongè (esoxestor) : variété de brochet, ainsi nommée du mot algonquin muskelunge.Une corruption curieuse de ce mot existe parmi le peuple.On dit quelquefois masque allongé, sans doute par allusion à la tête allongée ot laide de ce poisson.D’un autre côté, plusieurs étymologistos préten-dont que lo mot original mSme.c’est-à dire muskelunge,dérive de deux termes indiens : mask, laid, difforme, et kinongé — 300 — poisson, ce qui donnerait, comme on voit, tout à fait raison d’etre à l’expression canadienne.Matachias : d’origine algonquine, désignant les rassades dont les sauvages ornent leurs habits.Les ceintures, colliers, etc,, servant à parer les jeunes squaws indiennes, se nomment aussi quelquefois des matachias.“ Les femmes et les jounes filles brodaiont des matachias." (Taché, Soirées Canadiennes, 1861, p.31J.Ce mot est très vieux, car on le rencontre dans Champlain, Lescarbot, Sagard, etc.11 n’a pas toujours, cependant, chez les vieux auteurs, la signification précitée, et plusieurs entendent, par matachias, un mélange de différentes couleurs dont les sauvages se servent pour se peindre le visage ou pour former sur leurs vêtements certaines figures de bêtes fauves, d’oiseaux, etc.On trouve notamment, dans Leclercq (Relation de la Gaspisie), le mot matachias cité à plusieurs reprises en ce sens, et même se matachier, pour se tatouer.Michitjouen : d’origine montagnaise, désignant une variété de porsil, dont l’arôme est bien supérieur à celui de nos espèces domestiques.Micmac : l'origine de ce mot, employé pour embarras, intrigue, mélange, no manque pas d’un certain intérêt.La tribu des Micmacs était distribuée, à l’origine, au nord delà baie do Fundy.Do bonne heure, les Français se firent do ces aborigènes des alliés fidèles, et surent les utiliser pour exercer des représailles sanglantes contre les Anglais, au milieu desquels le seul nom de Micmac devint bien vite comme une sorte d’épouvantail.On sait do quelles atrocités, souvent inouïes, s’accompagnaient les guerres indiennes dans ces temps troublés.Les Micmacs, entr'autres, se distinguèrent par leurs cruautés, et cela à tel point qu’il était devenu d’usage courant de dire : “Il y a du micmac là-dedans,” chaque fois qu’on voulait parler d’uncoupde main exécuté dans des conditions particulièrement révoltantes et — 301 — dont des Micmacs seuls pouvaient avoir été les instigateurs.l>ans la suite, le dicton Il y a du micmac s’appliqua à tous les meurtres et crimes commis avec accompagnement de férocités.Cela voulait surtout dire : “ 11 y a du feu et du sang là-dedans." Puis, avec le temps, tout cola finit par s’atténuer, s'adoucir, ot ce n'est plus maintenant que par un reste d’allusion à l’humeur batailleuse des Micmacs que le dicton est usité.Aujourd'hui, on no s'en sert plus qu’en parlant d’une entreprise, d'un projet, d’une affaire, où il y a matière à brouille, à altercation.On dit cependant encore : “ Il fait du micmac,” en parlant do quelqu’un qui brise, ruine, abîme tout ce qu’il touche.Micouenne : de l'algonquin emikwan.Longue cuillère de bois, usitée pour diverses fins domestiques.Plusieurs autres foi mes existent, et l’on dit micoine, micouaine, mi-couane, micouanne.Mitasse : ce mot dérive du sauvago vu'tas, signifiant guêtre.Mocassin : du sauteux malikasin, signifiant soulier.Mokok : d’origine micmaque, usité surtout parmi les Acadiens pour marais, savane.Munie : d'origino montagnaise, désignant un poisson particulier à la région du lac Saint-Jean.“ La munie, qui a la queue ot la couleur de l’anguille, la forme du crapaud de mer ot la tête comme colle do la morue.” (lluies, Le Saguenay, p.203).Magane : d’origino algonquine, signifiant petite planche, planchette.La nagane veut dire un ensemble do planchettes, munies de lacets, de cerceaux et de courroies, dont les mères indiennes eo servent pour porter leurs nourrissons sur le dos.Ouachc : do l'algonquin amikwae.Conduit pratiqué horizontalement sous terre, par le castor, et aboutissant à la ouiclie, ou cabano.Ouananiche : mot sauvage désignant un poisson fortesti- — 302 — mé, appartenant à la famille des saumons d'eau douce, et que l'on trouve surtout dans la région du lac Saint Jean et de sos tributaires.Ouaouaron : du lniroti ouaraon, crapaud.Grosso grenouille verte, faisant entendre comme une sorte de beuglement, dont lo mot ouaouaron donne d’assez près l'onomatopée.Les Anglais, du reste, appellent aussi ce batracien bull-frog, c'eut à-dire grenouille-bœuf.Le missionnaire Sagard, dans son Dictionnaire de la langue huronne, place le ouaouaron parmi les animaux décrits sous l’en-tête général de “Bestes à quatre pieds.” Üuiche : de l’algonquin amikwic, cabane,cache, ou retraite du castor.Ouragan : du sauteux onâgan, signifiant plat, vase.Petit panier d’écorce de bouleau, servant de corbeille à pain.Les Cris des bois prononcent orâgan, oyâgan.Outiko : géant, ou monstre fabuleux, dans les légendes sauvages.Pagaie: petit aviron court, dont l’usage nous vient des Sauvages.Pacane (carya olivaoformis) : de l'algonquin pakane, ou pagdn.Noix du noisetier ou coudrier.Pécan : animal appartenant à la famille des petits ours,et qui fait le désespoir des chasseurs par sa finesse et ses espiègleries malicieuses.Pémican : viande desséchéo de bison, très nutritive sous un petit volume.Pitouane : mot d'origine sauvage pour arbuste, arbrisseau.Pichou : du cris piseio, loup cervior, lynx.Nom sous lequel ou désigne un être laid ou malin.On dit surtout communément : “ Laid comme un pichou." Picouille : du cris püu, signifiant briser, fracasser.Tout animal étique, maigre, décharné à l’excès. — 303 — Pimbina : fruit du viburnum edule, que Michaux ot Gray considèrent comme une variété de la cannebcrge du Maine et du Canada.Pirogue : mot sauvage françisé, et désignant soit un canot d’écorce, ou un canot fait d’un tronc d’arbre creusé.Sacalioua : l’équivalent do la chasse galerie, chez les Sauvages, et signifiant grand tapage, orgio infernale.On dit aussi sacaqua ot sacaqui.Saccacomi : du sauvage sahaw, allumer, ou encore sakai-pwagane, allumer la pipo.Lo saccacomi est une plante du genre tabac, croissant dans les forêts, et atteignant la hauteur du “ petit tabac do Virginie." C'était même là 1e tabac fumé presque exclusivement par les indigènes, lors de la découverte du Canada, et encoro aujourd'hui bon nombre do nos habitants en font usage et continuent à lo désigner par son nom sauvage, afin de le distinguer du tabac proprement dit.Sagamiti : mot d’origine sauvage, et désignant une sorte de bouillie faite avec du blé d'inde, dans laquelle on cuit quelquefois de la viande.Le F, Lacombe fait dériver ce mot du cris Kisdgamitew, c’est un liquide chaud, tandis quo l’abbé Cuoq tient pour l’algonquin Kipagamite, signifiant le potage est chaud.Lo toute manière, il est évident que le mot sagamité devrait ainsi son origine à une méprise, lo premier Français qui l'entendit l'ayant sans doute pris à tort pour lo nom même du potago dont il s'agissait.Stigamo : chef do tribu indienne.Vient du micmac sha-quemau.“ Fins lo shaquemau conduisit le missionnaire à la chapelle.” (Faucher do Saint-Maurice, De tribord à bâbord, p.442).Sisiquoi : Le P.Lacombe fuit dériver ce mot du sauvage sisikican, petit sifflet en os.Le sisiquoi désigne une sorte d’instrument que les Sauvages secouent avec cadence, dans leurs conjurations, et qui est composé d’un petit sac de — 304 — parchemin bandé, dans lequel sont renfermées de menues pierres.On dit aussi chichikois.Squaw : dérivé de l'algonquin.Femme indienne.Succotash : du sauvage msiclcquatash, qui, s’il faut en croire Webster, appartiendrait au dialecte Narraganset.Mélange de mais et do haricots, que l’on a fait bouillir ensemble.Tamarac (larix america) : mot algonquin désignant l'arbre plus connu sous le nom d’épinette rouge.Certains étymologistes rattachent ce mot à l’arme dite tomahawk, laquelle était surtout faite avec le bois du tamarae.Tobagane : du cris otobanash, traîneau.Sorte de traîneau, composé d’une longue planche de bois flexible,recourbée à, une extrémité, et dont on se sert, en manière d’amusement d'hiver, pour gljsser du haut de pentes escarpées.On dit aussi traîne sauvage.Tomahawk : arme de guerre des Sauvages, en forme de casse-tête.Le P.Lacombe fait dériver ce mot du cris oto-mahuk, assommez le, ou otâmahwaw, il est assommé.Totem : mot algonquin désignant l’emblème ou insigne particulière à une tribu, à uno famille.Touradi : mot montagnais désignant une grosse truite partielière aux lacs du nord do Québec.Wigwam : mot sauvage signifiant hutte, cabane, et qui désigne le “ home ” dos Indiens.Dérivé du cris wikiwak, dans leurs demeures.Par extension, habitation délabrée, de peu de valeur : C’est un vrai wigwam, c'est-à dire cela n’est guère habitable.Wampum : expression anglaise pour wompam, qui est un mot tiré du dialecte des Indiens do la Nouvelle-Angleterre, et désignant la porcelaine, les grains de porcelaine.Wapite (Cervu8 canadensis) : cerf ou élan du Canada.Ce mot dérive du cris icapitew, signifiant blanchâtre,venant — 305 — de ce qu on a voulu distinguer co cerf de l'orignal ou daim, dont le pelage est presque noir.11 arni-cootai (Somatoria spcctabilis) : Variété de canard eider, appelé aussi “ eider remarquable," autrefois assez abondanto dans les parages du golfe Saint-Laurent, mais que l’on no rencontre plus aujourd’hui sue sur le littoral du Labrador faisant face à l’Atlantique.War ou : loup-garou.Flomme qui, suivant une superstition, erre la nuit dans les campagnes, changé en loup.Watap : mot algonquin désignant la racine d’épinette rouge, dont on se sert pour coudre l’écorce.Sylva Cl a pin LES GENEALOGIES On croit que les généalogies ne s'appliquent qu’aux personnages on évidence.Je me demande à quoi bon, dans ce dernier cas ?Celui qui atteint une liante position, la notoriété, la célébrité, se passe bien d’ancêtres, et comme dit Corneille : Il donne ses exploits pour noms île ses aïeux, tandis que l’humble artisan ou le cultivateur sans autre titre devraient plutôt se retourner vers les temps anciens et reconstruire la chaîne des parentésqui va jusqu’à eux.S’ils ont du cœur, ils se tont gloire d'appartenir à telle ou telle famille qui a été des premières à transformer un coin du Canada sauvage en pays chrétien.Cette lignéo les réconforte moralemout dans les luttes de la vio, car bon sang ne doit pas mentir.Lorsque l’on reporte sa pensée sur do lointaines origines on se sent plus confiant en soi-même que l’individu isolé au milieu de la foule et venant il no sait d’où, A l'heure des épreuves, tous nos morts marchent avec nous pour soutenir notre courage et nos résolutions.Comprendriez vous l'amour — 306 — de la patrie, sans cela ?On disait à un chef iroquois de partir avec sa tribu, et d’aller occuper un autro territoire.“ Comment ferais-jo, demanda-t-il, est-ce que je puis dire à ceux que je laisserais ici, dans la tombe : levez-vous et suivez mes pas ?’’Nous devons faire, à notre manière, ce qu’entendait ce barbaro dans sa languo figurée.Il faut donc recueillir la pmrtio de l’histoiredu passé qui nous touche de plus près, la répandre écrite, imprimée, afin d’en conserver le souvenir car, par la longueur du tomps, mille et mille choses sont déjà sorties de la mémoire du peuple, et un jour viendra où personne no pourra remplir le vide.Nous qui avons été, selon la volonté do Dieu, les pionniers de la terro d’Amérique, aimons à nous le rappeler—ceci est un orgueil non seulement légitime mais louable.En ce genre, il n'y a aucune vanité à nous faire valoir ; c’est bion plutôt une noble fierté qui nous relève à nos propres yeux et dans l’estime des autres.Il est beau, sans doute, do pouvoir diro : “ Je suis un ancêtre,” il est beau également de comprendre ce qu’étaient nos pères et d’en parler.Ce courant électrique de l’âme qui remonte à travers les générations, inspire le respect do soi-même, même à la vortu, fait les peuples forts.Ne négligeons point do pareils éléments, nous qui avons tant besoin de nous appuyer sur quoique chose, nous qui cherchons à nous perpétuer, pour transmettre à 1 avenir lu forme et le fond d'uno race respectable.Benjamin Sui.te — 307 — REPONSES Le For ill on (IV.VII, 487).—La côte nord do la baie de Gaspé se termine par une pointe rocheuse qui s’avance jusqu’à une lieue dans la mer et atteint 700 pieds de hauteur : c’est le Forillon.D’où vient cette appellation et que signifie-t-elle ?Il y a doux arm dans les pages mOmes du Bulletin (1), il.Georges Johnson, chef de la Statistique à Ottawa, et auteur de recherchos curieuses sur l’origine des noms de lieux, se déclarait favorable à l'hypothèse émise par M.Thwaites, du Wisconsin, que forillon serait un dérivé du verbe forer.L analogie entro le travail du forêt et l'action des eaux sur les rochers, aurait suggéré le nom.Mais y a-t-il lieu dans le cas actuel de recourir à l’hypothèse ?Je ne le ponse pas.Voici ce qu'écrivait Champlain dès 102(1 : ,l Ln ce liou de Gaspey est une baye contenant de large en son entréo trois ou quatre lieues, qui suit au Norrouest environ, cinq lieues, où au bout il y a uno rivière qui va assez avant dans les terres.Les vaisseaux viennent en ce lieu pour faire la pesche du poisson sec, où est un gallay où l’on fait la seicherie des moluês, Je un ruisseau d’oauë douce qui se descharge dans la grand’mer, commodité pour les vaisseaux qui vont mouiller l’ancre à une portée de mousquet de ce lieu : & à une lieue du Cap de Gaspey, est un petit rocher que l’on nomme le farillon, esloigné do terre d'un jet de pierre ; ce dit cap est uno pointe fort estroitte, le ter-rouër en est assez haut, comme celui qui environne la dito baye, couvert de pins, supins, bouleaux & autres meschans bols.La pesche est abondante tant en moluës, harans, saumons, macreaux, homars.” (Edition Laverdière, p.1085).(I) Voyez vol.IV, pp.2S5, 314. — 308 — Co passage do Champlain renferme plusieurs constatations intéressantes : 1° L'orthographe du mot n’est pas “ fourillon", comme l'écrit l’abbé Ferland (la Gaspisie), ni “ forillon ”, comme on le voit généralement ; mais “ farillon.” 2° Ce nom à l’origine ne désignait pas comme il l’a fait par la suite, le promontoire même qui termine la côte nord do la baie de Gaspé ; mais simplement “ un petit rocher ” détaché de ce promontoire, à un jet de pierre du rivage, et à une lieue de l’extrémité du promontoire, ou cap de Gaspé, 3° La baie do Gaspé était dès cette époque un lieu de pêche très fréquenté, où même l’on faisait le séchage de la morue.Or, lo mot farillon tel quo Champlain nous le donne se trouve dans Beseherello, Larousse, Littré et la plupart des grands dictionnaires et des encyclopédies.Ouvrez le Bes-cherollo do 1887 : “ Farillon (rad.prob.phare) Pêeh.Réchaud dans lequel les pêcheurs allument du feu pendant la nuit pour attirer certains poissons.” On trouve également dans les dictionnaires lo mot sous une autre forme : “ Pha-rillon (prononcé fa ri-llon),petit phare,en général ; réchaud dans lequel les pêcheurs font un feu de flamme lu nuit pour attirer les poissons ; pêche dans laquelle on emploie ce feu.” Un Breton établi au Canada depuis quelques années, M.Lorans, m’informe que dans son pays on nomme farillon» (ou pliarillons) les lumières de moindre importance placée» sur les îlots à l’intérieur du golfe du Morbihan.Ainsi farillon, diminutif de phare, est très français ; il a plusieurs significations, toutes applicables dans le cas présent.Nous n’avons que l’embarras du choix.Essentiellement, c’est une lumière pour les pêcheurs, destinée à attirer les poissons ou à guider les marins.Lès lors qu’avons nous besoin do chercher ailleurs ?Léon Gérin — 309 — L’ordre sacré et militaire du Saint-Sépulcre, (VI, VIII, 737.)—L’origine de l’ordre du Saint-Sépulcre se perd dans la nuit des temps.Charlemagne, Louis VI, Philippe le Sage, saint Louis, Philippe, roi d’Espagne, animés d’un grand zèle pour la foi catholique, instituèrent à diverses époques de courageux chevaliers,soumis à certaines règles, dans le but de garder et do défendre contro les attaques des infidèles la ville de Jérusalem et le sépulcre deNotro-Seigneur Jésus Christ ressuscité.Lorsque Godefroy do Bouillon, à la tête d’une nombreuse armée de croisés, s’empara de Jérusalem et en fut solennellement proclamé roi, il créa parmi ses plus nobles compagnons des défenseurs du Saint-Sépulcre.Plus tard, le pieux Beaudoin constitua le patriarche de Jérusalem grand maître et chef do cet ordre de chevalerie.Mais Jérusalem retomba entre les mains des infidèles, et son pasteur ayant été obligé de prendre le chemin de l'exil, l'ordre do Saint-Sépulcre lui même sembla menacer ruine.Les papes, depuis Alexandre VL jusqu'à Benoit XIV, mirent tout en 1 les troupes do marine furent mises à terre mais l lo.empGcha d'ag,r ment Enfin, la division entra dans la rade le 3 mars, vice amiral hollandais avait disposé ses vaisseaux en croi sant et fait construire deux batteries sur le rivage, al.d’E trées attaqua d'abord l'escadre ; le combat s'engagea de vaisseau à vaisseau dans un espace très-resserré et ne tarda pus il devenir fort meurtrier ; bientôt un vaisseau holtaL «»ula,«l couvrit do .es ddbns enllunmes o Glo-vieux monté par d'bistrées, qui dut quitter son navire, que les flammes ne tardèrent pas à dévorer.M d l'''truU® rü;l‘ en cette occasion deux blessures graves à la teto, et eut toutes les peines imaginables à gagner la terre, parce quo l’embarcation qu'il montait faisait eau do toute part.Co combat fut interrompu par la nécessité où chacun se trouvait de s’occuper do son propre salut ; en effet 1 incendie avait pris sur presque tous les navires : Les vaisseaux hollandais les Armes de Leyde, l'Etoile d'or, le Popmbounj, le Svhera mundi, le duc d'York et le Moine d or urent brûlés.H en fut do même des vaisseaux français le Glorieux, le Marquis et l'intrépide.Après un désastre semblable, M.d’Estrées dut renoncer pour cotte année du moins il conquérir Tubago ; il tit rembarquer ses troupes, revint il la Martinique et de là fit voile pour la Franco où il arriva au mois de juin 1677.Dans le courant de la même année, d’Estrées s’empara des îles d’Orguin et deGorée sur la côte occidentale d’Afrique.Il se dirigea ensuite vers Tabago et, lo 6 décombre, il mouillait dans une baie située à six milles de la ville.La descente dos troupes do débarquement s’opéra sans obsta-de ; le 12, elles campaient à quatre cents mètres des forts — 317 — -do la ville, ot des batteries furent aussitôt installées.Dès le début du tir une bombe tomba sur la poudrière et détermina une explosion terrible, grâce à laquelle les troupes franeai-ses purent pénétrer dans le fort sans éprouver la moindre résistance.Le v.ce-arairal Binks avait été tué par Pexplo-sion : la ville capitula et devint possession française hn mai 1678, d'Kstrées voulut compléter son succès en enlevant Curacao.Il se dirigea sur ce point avec quinze vaisseaux et trois brûlots.Mais une catastrophe causée par son inexpérience en navigation lit échouer cette entreprise-la division entière se jeta sur les récifs des îles Aves ; douze’ vaisseaux furent complètement perdus ; seuls, les trois bâti, merits qu.se trouvaient en arrière, eurent le temps de virer * 8aUVÔrent Une ferrando Partie des équipages.l‘-n 1681, le roi le nomma maréchal de France.Il conserva néanmoins son titre do vice amiral du Ponant, dont il obtint la survivance pour son fils Victor Mario.Kn 1686, il fut chargé de bombarder Tripoli.Louis XIV créa la même année la vice-royauté de la Nouvelle-Franco ot la lui donna, ainsi que la croix du Saint-Esprit.Kn 1688,les Algéniens ayant recommencé leurs hostilités d hstrées fut envoyé contre eux et les obligea de nouveau à omander la paix.Ce fut sa dernière expédition 11 fut nommé gouverneur do Bretagne, et rendit de grand services dans cette province en assurant la sûreté des côtes Il est mort à Paris, le 19 mai 1707,à l’âge de quatre-vingt-trois ans.° Edouard Gcepi* Les ouvrages (te M.Fattlon.(VI, IX, 747 Pour donner une idée de la puissance de travail do M.Paillon, il suffit de faire la simple énumération des principaux ouvrages édités par lui dans un laps de temps relativement restreint : — 318 Vie de M.Démia, supérieur des Sœurs de Saint-Charles 1.829.Vie de M.de Lantages, supérieur du séminaire du Puy— 1830.Histoire des Catéchismes de Saint-Sulpicc—\S3\.Méthode des Catéchismes—1832.Coutumier des Catéchismes—1832.Recueil de Paraboles et de Comparaisons pour les Catéchistes— 1822.(2 vols.) Explication, d'après les Pères, des six jours de la création.—1835.Hotice sur sainte Marie-Madeleine—1835.Ouvrages deM.Olier revus et annotés—1836.(10 vols.) Vie de M.Olier—1841.(2 vols.) Documents sur M.Emery, supérieur de Saint-Sulpice— 1845.(2 vols.) Monuments sur l histoire et l'apostolat de sainte Mane-Madeleine—1848.(2 vols.) Vie de la sœur Bourgeois—1854.(2 vols.) Vie de mademoiselle Mance—1854.(2 vols.) Vie de madame d'Youville—1854.Vie de mademoiselle Leber—1854.Xotice sur le séminaire de Baltimore—1854.Retraite pour le séminaire de Montréal—1*54.Instructions et règlements pour différentes communautés— 1854.Histoire de la colonie française en Canada.—1865 66 (2 vols.) Vie de la Très Sainte Vierge, tirée des écrits de M.Olier —1866.(2 vols.) Vie de Saint Joseph, diaprés M.Olier—1866.(2 vols.) Histoire des premiers apôtres de la Gaule—1868.(2 vols.) nouvelle histoire de M.Olier—1870.(3 vols.) Outre ces ouvrages complètement finis, dont quelques-uns édits, nous devons mentionner encore beaucoup d’autres recueils de matériaux, qui ne demandaient plus à l’auteur connu MTVraVail ^ r^C,i°n ; et t0U8 qui ont connu M.Ïa,lion savent avec quelle facilité et quelle rapidité vraiment incroyables, il pouvait l’accomplir.Ce sont entr autres: \° La continuation de l’Histoire du Canada jusqu’à la con-quete ; ouvrage pour lequel il avait réuni près de trente volumos in-4 de documents.2° Une histoire dos colonies de Montréal dans l’Amérique septentrionale.M° Une édition complète des écrits de M.Olier, qu’il avait réunis, collationnés et annotés, lesquels devaient former environ une vingtaine de volume in-4.4° Plusieurs autres travaux sur différents sujets do morale et do discipline ecclésiastique, règlements et instructions pour les communautés.b ° Implication du Pontifical pour les retraites d’ordination qui se font dans les séminaires de Saint-Sulpice.n° Un certain nombre de sermons et de sujets d’oraison universellement admirés dans les différents séminaires où l’auteur avait été employé ; Enfin, nous pouvons mentionner un grand nombre de tottres ou mémoires, et une correspondance étendue Quand on considère l’étendue de ces travaux, on est étonné, en songeant qu’ils sont l’œuvre d’un seul homme ¦ mais l’étonnement et l'admiration redoublent lorsqu’on penseaux circonstances qui en accompagnaient la production M Fail Ion n’a presque jamais pu s’y appliquer exclusivement’ et le plus souvent il lui fallait les mener de front avec les fonctions les plus impérieuses et les plus absorbantes de professeur ou de directeur dans les séminaires.R. — 320 — QUESTIONS 748, —Le comte de Beaujeu, qui accompagna La Pérouse dans plusieurs de ses expéditions, était-il Canadien ?A.O.C.749, —N’y a-t-il pas eu deux personnages du nom do Cri-sacy dans la Nouvelle France ?En 1696, le chevalier de Cri sa (’J est inhumé à Montréal.Or, en 1707, c’est un M.de Crieacy qui est gouverneur de Trois-Rivières.750, —Où puis-je me procurer uno photographie ou un dessin quelconque du monument élové en l’honneur du général Wolfe dans l’abbaye de Westminster ?Milit.751— A-t-on conservé la liste des royalistes français qui vinrent s’établir au Canada avec le comte de PuiBaye ?Combien de ces royalistes ont fait souche pai mi nous ?X.X.X.752.—Nos historiens ne s’accordent pas beaucoup sur les causes qui firent partir sir John Coape Sherbrooke du Canada avant l’expiration de son terme d’office.Les uns disent que Sherbrooke partit dégoûté du Canada, les autres prétendent que l’état de sa santé, seul, lui fit demander son rappel.Où est la vérité ?Sir John-Coape est-il mort longtemps après son départ du Canada ?Fro.753.—A-t-il existé, avant ou après 1821, dato de l’usage du Lauzon, un jeton ou billot de traverse sur les bateaux entre Lévis et Québec, sous forme de pièce ronde en plomb et portant l’inscription “ Laurent Chabot ” d’un côté, et “ (rood for four pence ” do l’autre ?Numismatic
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