Bulletin des recherches historiques : bulletin d'archéologie, d'histoire, de biographie, de numismatique, etc. /, 1 juin 1920, juin
Hui.ijyriN UES RECHERCHES HISTORIQUES VOL.XXVI BEAUCEVILLE-JUIN 1920 No « La famille Rouer de Villeray AUGUSTIN ROUER DE LA CARDONNIERE ET DE VILLERAY (SUITE ET FIN) Le lendemain de la capitulation du fort Beauséjour, le colonel Monekton envoyait la lettre suivante à M.de Villeray, commandant du fort Gaspareau: “ Je vous envoie une copie de la capitulation que j’ai accordée à Monsieur de Vergor et à sa garnison.Je vous aecorderay une ]>areille capitulation pour vous et pour votre garnison sy vous voulez consentir à me rendre votre fort.“ Mais si au contraire vous ne vous soumettez pas aux conditions que je vous offre, vous ne devez pas vous attendre à aucune grâce de ma part, non plus que votre garnison.‘ I Si vous acceptez les conditions (pie je vous offre en les signant et en me les envoyant par un officier, je vous en ferai l’échange.” Le fort Gaspareau n’était à proprement parler qu’une grande enceinte avec des- pieux debout.De plus, M.de Villeray n’avait sous ses ordres qu'une vingtaine de soldats.Il ne pouvait compter sur les pauvres Acadiens que les Anglais menaçaient de considérer comme des traîtres s’ils prenaient les armes contre eux.11 accepta donc la capitulation que lui offrait Monckton.Mais il se hâta peut-être trop de rendre son fort.Pour 1 honneur dos aunes françaises, il aurait dû attendre au moins que les assiégeants fussent à portée de fusil de son fort.Le H juillet 1755, le chevalier de Prueour terminait une lettre au ministre en écrivant: “ • • de n‘ay rien résumé à la louange du !3r Villeray.1 ai juge parce que j’ai vu du personnel et parce qu’on m’en a dit que c’est un hon homme qui avait perdu la tête, de plains sa famille, il a des garçons qui, m’a-t-on dit, donnent de 1 espérance pour l’avenir, ce qui me déterminerait a vous demander, Monseigneur, une retraite pour luy telle que vous la .jugerez convenable et la nomination de sa compagnie au Sr de Saint-Aigue.” M.de Villeray, qui avait eu vent de la lettre du chevalier de Drucour au ministre, se résolut à se justifier.Le -0 septembre 1755, il lui écrivait de Louisbourg: “ Mo1?devoir exigeant que je vous rende compte d’un poste que j’ai commandé pendant deux ans, partie sous les ordres de Monsieur de la Martinière et partie sous celles de Monsieur de Vergor, tous deux capitaines en Canada, permettez que je m’en acquitte, ce que je vais faire avec la sincérité dont un honnête homme ne doit jamais se séparer.“ Je suis fâché de joindre à ce détail le malheureux événement de la prise du dit fort par les Anglais.Le fort de Laspareau n’était autre chose qu’un °spaee de vingt-cinq toises sur toute face, entouré de piquets et d’une blagousse (block-house) à chaque coin dont le peu de solidité n’aurait pas permis d’y établir des bat-teiies, le tout étant plus près de tomber que do pouvoir être utile.“ Jugé, Monseigneur, si un tel fort défendu par vingt hommes seulement n’etait pas plus capable de procurer a son commandant du désagrément que de l’honneur.Ce- pendant dans eetto perplexité j’eusse tenté une deteuse si les lâches Acadiens eussent exécuté mes ordres plutôt que de servir les Anglais comme ils ont fait dès leur débarquement au fort Lawrence.“ Les dépêches de Monsieur de \ orgor vous informent de ce qui s’est passé à lîeauséjour et inoy je n ay a vous informer que de ce (pii s’est passe au tîaspareau et voici le tout., .“ Les Anglais ayant paru dans la Haye française le 2 de juin.Monsieur do Vergor me dépêcha un ordre pour luy envoyer à lîeauséjour tous les habitants de tîaspareau, de la Baye Verte et autres lieux dépendant de mon commandement.Le qu’ayant exécuté, je restais avec vingt soldats.11 ne me survint aucun événement jusqu’à la prise de lîeauséjour (pie celui de revoir les habitants revenir chez eux sans vouloir plus exécuter les ordres de M.de Vergor et les miennes.M.de Vergor se rendit le H> y ayant été forcé non seulement par les raisons d un fort délabré par la bombe, mais encore par une troisième rebellion des habitants.“ Le lendemain, 17 du mois, je reçus une ambassade du commandant anglais qui non seulement- demandait que je lui remis mon fort, mais encore me menaçait de disgrace forte si je ne me rendais aux mêmes conditions de M.de Vergor, ce que vous verrez, Monseigneur, par les termes de sa lettre ici jointe ainsi que celle de la capitulation.“ Toutefois, les rodomontades n’eussent eu ici aucun effet, si j’eusse pu ramener les habitants a leur devoir et les obliger de reconnaître la bonté dont vous les avez accablés.Après une mûre délibération avec deux officiers tant du dehors que de ma garnison, nous avons cru devoir ménager l’intérêt de la France en acceptant une capitulation qui n’est nullement contre l’honneur et que d’ailleurs je ne devais pas espérer un miracle de la fortune, n’étant pas en état de soutenir la première décharge d’artillerie puisque je n’étais pas même à l’abri du fusil.Je vous proteste.Monseigneur, que je serai toujours sensible à cette disgrâce quoique ce soit le sort de la guerre • t t mi, •,rn11808’ i! so f,-°nva devant Cadix, au u \if ?>-111b°!nh;,rdenient d;n,s Ips journées des 9 et 10 d sà l,e Ie ” ï '/ ans T rai,l>ort, parle avec avantage (le sa belle conduite en cette occasion.Quatre jours après cette affaire, M.de Villerav était a t prisonnier de guerre et transféré de Cadix aux îles l»al< «ii es.Il se trouvait a Raima le 22 mars 1810, lors du massacre des prisonniers par la populace.Le gouvernement réussit a sauver une partie de ces malheureux en les .(•tant sur 1 île de ( ahrera.M.de Villerav, sur la recom-mandatmn d un seigneur espagnol, resta' prisonnier sur h S bailments de guerre anglais jusqu’au 12 avril 1811 •poqne a^ laquelle par ordre de l’amiral sir Charles Cotton,’ fut debarque a ( an.po en Calabre.Une fois en liberté 1 voulut regagner aux dépens des ennemis le temps qu’ils , *,va,°ut fait perdre.Embarqué sur la Ville de Maaen-/V'‘'J,
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