Bulletin des recherches historiques : bulletin d'archéologie, d'histoire, de biographie, de numismatique, etc. /, 1 octobre 1923, octobre
LE BULLETIN DES VOL.XXIX •V.-I).DE LEVIS — OCTOBRE 1023 \0 10 LX PROJET D’EXPEDITION DE M.D’IBERVILLE CONTRE BOSTON vr |,J1 et Jü3, 1 * Onze ans plus tard, Pierre LeMoyne d’Iberville, alors à l’apogée de ses succès, proposait au roi de b rance une expédition non moins audacieuse que celle conçue par M.de Cal-lières en 1689 mais qui n’aurait demandé aucun secours en hommes de la part de la mère-patrie.Le grand marin proposait tout simplement de faire la prise de Boston.M.d'Iberville suggérait de faire cette expédition pendant les rudes mois de l'année et il en donnait la raison suivante : ‘‘Le temps (pii me parait le plus propre pour exécuter une entreprise de cette nature est l’hiver Tout favorise l’éloignement des vaisseaux qui emportent une par'ie considérable des forces de ce pays qui ne se trouve pour lors rempli que de gens de métier peu propres à la guerre et qui se croient en sûreté parcequ’ils ne peuvent pas s’imaginer qu’on soit en état de former en Canada des desseins de cette conséquence surtout dans une saison aussi fâcheuse que celle de l’hiver, tout cela concourt au succès de cette entreprise.” M.d’Iberville se faisait fort de réduire Boston avec dix-lmit cents hommes.A ce sujet, il écrivait : ‘‘Cette proposition paraîtra impossible à bien des officiers qui par leur rang et leur ancienneté auraient lieu d’espérer la conduite de cette affaire, et je ne doute point qu’ils ne s'v opposent, ne se sentant pas assez de force pour «e mettre à la tête d’un détachement qui doit être conduit avec la dernière vigueur.Ils ne manqueront pas aussi de persuader autant qu'ils ont été dans ces sentiments lorsqu’il a été question d’aller l’hiver aux ennemis, qui était la saison la plus propre pour les réduire, si on avait mis à la tête d'une jeunesse vigoureuse des gens capables de soutenir la fatigue d’une guerre aussi pénible.Je me donne la liberté de dire que les ennemis de ce pays-là ne doivent point être ménagés, et que la bonne guerre est la plus vive et la plus prompte, et qu’allant aux ennemis tambour battant, on leur a toujours donné le temps de se retirer dans des lieux de sûreté.” Les dix-huit cents hommes de l'expédition auraient été composés comme suit : mille Canadiens, quatre cents soldats choisis dans les troupes et quatre cents Sauvages alliés. — 291 — Puis.M.d Iberville donnait en passant un coup de griffe aux soldats de salons ou de bureaux qui étaient les principaux artisans de bien des expéditions manquées au Canada : "Les personnes qui font des mémoires dans le dessein de les voir exécuter par d’autres s’embarrassent peu qu’en suivant leurs plans on réussisse.Je n’expose rien que je ne veuille exécuter, et si on veut me faire l’honneur de nie confier 1 entreprise de Boston, j’ose assurer que je la réduirai avec ses dépendances à l’obéissance du Roi.” Avec une fierté faite plutôt de son assurance de réussir dans son projet, M.d’Iberville ajoutait : ‘\Si on veut bien se donner la peine de faire attention au succès que j ai eu dans mes projets, on verra que j’ai réussi à la baie cl Hudson ( 1), a Corlar, dans la prise de Pemquid, de c 11 e-Xeuve et enfin clans la découverte du Mississipi où mes devanciers avaient échoué.Si on veut aussi repasser mes mémoires,.on verra que je n’y ai rien exposé que de juste et que je n aie suivi.J espère que le mémoire que je donne de Boston ne sera pas plus mal raisonné, et je doute qu’on puisse y réussir autrement.” Al.d lbei ville ne voulait pas d officiers trop vieux pour cette expédition.Une campagne d’hiver, en raquettes, à travers les bois et les rivières gelées, était une entreprise qui demandait des hommes vigoureux, brisés aux fatigues de toutes sortes et dans la force de l’âge.Je.voudrais encore, disait-il, qu’on me donnât encore les officiers qui me conviendraient et qu’on ne s’attachât punit à les détacher par rang de pique, les personnes âgées 11’étant nullement propres pour ces sortes d’expéditions, et un homme seul bois d état de marcher, étant capable* de rompre tout l’ordre d’une marche aussi précipitée.” .*)'•_ d Iberville ne donnait pas beaucoup de détails sur l’expédition proprement dite.Comme il le disait ailleurs, le succès de cette entreprise n’était assurée que si elle était conçue et faite dans le secret le plus absolu.Il traçait ainsi son itinéraire : (Il M.U'Iborvllle écrivait baie du Deson.On était encore tu temps •le l'orthographe uu son. — 292 — “Je voudrais partir de Québec en canot dans le commencement de novembre ou au plus tard le quinze poutmle là me rendre par la rivière de la Chaudière au village de é anibequi où serait le rendez-vous., "Avec mes troupes et avec ce rem fort, je traverserais bois vis-à-vis de Boston que j’approcherais à trois ou quatre lieues toujours a couvert, et je m’y rendrais a la t.ueni de la nuit à la pointe du jour et m'en étant rendu maître et désarmé les habitants, j’enverrais des partis ruiner le plat pays jrisques aux portes de New A ork pour laisser cette place dései-te, si on le juge à propos.” Plus loin, M.d’Iberville revenait sur son binéraire et écrivait : "Quoique je ne connaisse les chemins du Canada a Boston que par des mémoires que j’ai tirés des personnes qui y ont voyagé, je crois néanmoins que la route la plus facile serait celle de la Rivière du Loup, (pu est à vingt lieues au-dessous de Québec, par où après avoir fait un portage de quatre lieues, on va tomber dans la rivière de Saint-François qui conduit à celle de Saint-Jean qu’on suit jusque* à Medoctek où on quitte cette rivière en faisant un portage de deux lieues pour se rendre de lac en lac à la rivière Metanikek qui mène a celle de Pentagouet d’où il faudrait encore faire dix-huit lieues pour se rendre à la mer, et le long delà mer plus de soixante lieues pour se rendre à Boston.Ce qui est impossible tant par la longueur du chemin que parce qu'on serait infailliblement découvert.“La rivière du Sault de la Chaudière, qui est l'autre route qu'on peut prendre, est beaucoup plus courte et conduit bien mieux à Boston.Il est vrai que depuis Québec jusqu’à douze ou quinze lieues, cette rivière paraît presque impraticable pour le canotage, mais cependant cette difficulté se peut surmonter en faisant passer les canots à lege avec les hommes les plus capables de les conduire pendant que le reste du parti irait par terre avec les vivres et les munitions nécessaires.” Ni.d’Iberville estimait le coût de son entreprise à une centaine de mille livres."Il faut compter, disait-il, que cette entreprise coûtera au moins quatre-vingt ou cent mille livres sans l’envoi du — 293 — \ aisseau dans letjuel on eniban|uerait la plus grande partie des \ ivres et munitions nécessaires pour cette expédition, lequel vaisseau pourrait être occupé à faire la course sur les caftes anglaises, pendant les mois de juin, juillet et août et sep-tembie, après quoi il se rendrait au lieu qu’on lui aurait marque pout y attendre les nouvelles de la réussite pour en donner incessamment ax is à la cour.” M.d Iberville était d opinion que l’expédition sur Boston, si elle réussissait, aurait une répercussion sur toute la N o u v e 11 c- A n g 1 e t e r r e : ‘‘La prise de Boston, écrivait-il, entraînerait infaillible-inent après soi la ruine de ce pavs si on brûlait les grains ; les habitants seraient obligés de se retirer dans la Pennsylvanie pour y subsister."Cet abandonnement affaiblirait beaucoup New-York et le mettrait hors d’état de rien entreprendre ; il n’est rien de plus facile que de réduire les habitants dans cette nécessité, les trois quarts de leur blé passant l’hiver dans le-, granges , il faut encore remarquer que tous ces grains sortent de la Grande lie qu’il se-rait très aisé de réduire.' Ces choses ainsi exécutées New-\ ork aurait tout à craindre et serai1; hors d état de rien entreprendre.Je le repette encore, Boston étant pris ave'' les environs, bien loin d’appréhender que les Sauvages surtout les Iroquois viennent a leur secours ; il est très sûr que voyant les Anglais battus non seulement il sera aisé de les attirer dans notie paiti, mais il est même assuré qu’ils viendront au-devant de nous, surtout sachant que cette entreprise serait conduite pai moi et mes frères qui pourrions nous assurer d avoii chez cette nation un crédit que tout autre n’a pas, étant reconnus d’eux pour les principaux chefs de leur nation.C e qui fera une paix très solide avec ces Sait va.T'es et engagera nos alliés à se tenir plus étroitement unis avec nous, en sorte que les dépenses énormes que le Roi a été obligé de faire pour la conservation du Canada et qu’il fait encore actuellement finiraient et ne seraient plus nécessaires.Si la sûreté du Canada se trouve dans la prise de Boston et des côtes voisines, l’établissement de l’Acad;c le trouve encore plus dans la réussite de cette entreprise.Il est aisé de — -’94 — voir qu’on ne peut jamais établir cette colonie si on ne se met au-dessus des forces des Anglais qui sont si supérieures aux nôtres, qu’ils sont non seulement en état de nous troublet mais même de détruire les établissements que nous y voudrions faire.Comme le nombre des bons hommes qu on se promet de trouver en Canada n est pas suffisant poui une affaire de cette conséquence, je compte de trouver dans l’Acadie un supplément de cinq cents hommes tant b rançais que Sauvages.” , , Le projet de M.d’Iberville aurait peut-être etc accepte par le roi, mais le grand marin était alors occupé a la recherche de l’embouchure du Mississipi.L’expéditton fut remise à un peu plus tard et la mort vint saisir d’Iberville avant qu’il pût réaliser ce hardi projet.P.-G.K.UNE OPINION SUR UK CONSEIL SOUVERAIN Dans l’automne de 1682, le chevalier de l’augy, officier dans les troupes, arrivait à Québec.Le 27 octobre 1682, il écrivait à son frère pour lui raconter sa traversée à bord du Sa in t ¦ / 'ranço is-Xavicr, vaisseau marchand, et lui donner ses premières impressions de Québec.11 disait : ”11 v a icy un Conseil Souverain ; a parler franchement, c’est peu de chose." LTn mois plus tard, le 22 novembre 1682, M.de Baugy écrivait de nouveau à son frère.Cette fois sa lettre étant confidentielle, il se déboutonnait un peu plus, et voici ce qu’il disait du Conseil Souverain : “Je t’ay parlé d’un Conseil Souverain ; si tu voais, tu ne pourrais pas t’empescher de rire, car depuis le 1er jusques au dernier des conseillers ils ont plustost la mine d en estre les ministres ; ils pendent tous l'épée au costé n’aiant pas le moien de s’acheter des robes ; tout ce qu’ils ont de meilleur c’est l’appétit qui ne leur manque nullement : c’est un plaisir singulier de les voir à la table de M.le général : il semble qu’ils ont observé un jeûne de cinq ou six jours et qu’ils se rassasient pour autant.” LES CORONERS DE MONTREAL.1764-192} Axant ./», lorsqu il y avait lieu de croire qu’une personne était morte par suite de violence, de négligence, etc, le Juge du ti ihunal royal ou seigneurial procédait à une enquête.Avec le changement de régime, cette tâche fut confiée à un officier d’instruction nommé coroner.Le pi entier titulaire de cette charge a été nommé en 1764 et, depuis, huit lui ont succédé, comme suit : John Burke.John-( '.erbrand Beeks.John Burke.Jonathan-A.Gray.Jean-Marie Mondelet.Jean-Marie Mondelet L .Joseph Jones E .Joseph Jones \ Melchior Alpli.de SalaberrxJ-Charles-Joseph CoursolE .Joseph Jones E .Joseph Geoffrionj-.Joseph Jones }-.Joseph Geoflfrion J-.Edmond McMahon ^.Joseph Jones }•.Edmond McMahon.8 septembre 17(14 12 octobre 1791 13 septembre 1792 20 mai 1800 -7 août 1812 9 avril 1838 -3 avril 1847 -7 juin 1848 18 mars 1879 18 mars 1879 7 janvier '893 5 novembre 1894 Joiix IU'kkk, 17(14-1800—Ce personnage dont nous avons déjà publié la notice biographique comme premier notaire anglais (Bulletin des Recherches Historiques, 1922, p.-37) et comme premier protonotaire de Montréal, revient de nouveau dans cette série puisqu’il fut en plus notre premier coroner.Nous rappelons donc ici quelques dates de sa vie.Né en 1730, il est nommé notaire en 1762, greffier de la paix en 1764, avocat en 1765 et protonotaire en 1794.Sa commission de coroner date du 8 septembre 17^-b On lui nomma un remplaçant en 1791 parce qu’il partait pour voyage mais il reprit sa charge le 13 septembre 1792 et il la censérva jusqu’à sa mort survenue le 20 mai 1800. Jon n-(îi:kiîk.\nd ]’>i:kk, 1791-1792—Né en 1738.il débuta dans le commerce des boissons alcooliques, par permis daté de 1771.Deux ans.plus tard, nous voyons qu’il est deputy clerk du marché.Nommé notaire le 31 mai 1781, il exerça cette profession durant le reste de son existence, ce qui ne l’empêcha d'accepter en plus la charge de surveyor des douanes le 18 novembre 178(1, celle de coroner du 12 octobre (791 au 13 septembre 1792.Il mourut à Montréal le 4 décembre 1822.âgé de 84 ans.Jonatiian-Abraiiam Grav, 1800-1812—Gratifié d’une commission d’avocat le 5 août 1768, puis d’une commission de notaire le 31 mars 1796, on lui ajoute celle de coroner le 20 mai 1800.Il décéda le 3 r juillet 1812.Jean-Marie Mo\i)i:i.i:t, 1812-1847—H devait être fils de ce Jean-Marie Mondelet qui exerça la profession de notaire sans commission, dans la vallée du Richelieu, entre 1760 et 1785 Celui qui nous occupe naquit en 1772 et il reçut sa commission de notaire à Montréal, le 1er de septembre T 794-Il exerça jusqu'en 1842.Le rôle qu’il a joué dans les affaires publiques a été tel qu'il faudrait un livre pour lui rendre justice.Nous nous contentons de signaler ici que le sieur Mondelet fut député de Montréal de 1804 à 1809 ; l’un des cinq notaires du roi nommé en 1821, ce qui l’autorisait “d’apposer les armes et la couronne de Sa Majesté sur un panonceau, à la porte de son étude” : magistrat de police, en ! 81 o : juge en chef des sessions en 1821 et qu’il servit durant h: guerre de 1812-1815 avec le grade de major.M.J.-Kdmond Roy, dans son Histoire du notariat, volume II, en parle à diverses reprises, mais il nous parait avoir fait un même personnage du père et du fils.Le notaire-coroner-magistrat a laissé deux fils qui ont brillé dans la magistrature : les honorables Charles et Dominique Mondelet.Joseph Jones, 1838-1894—Né en 1808.M, Jones avait donc 30 ans lorsqu’il fut nommé coroner conjoint avec le sieur Mondelet le 9 avril 1838 et il conserva sa charge pendant 56 ans, car sa carrière ne prit fin que le 3 novembre 1894.Il avait épousé une fille de David Haudyside.ancien distillateur.Au cours de sa longue existence on lui nomma quatre conjoints. Melchior-Alphonse d’IrumBERRV de i (^47'J 848 Né à St-Philippe de Laprairie le 20 r était élu député de Rouville eu 1841.Avocat en :rrv de Saeaberry, aine le 20 mai 1813, il Avocat en 1843, il de- venait coroner conjoint le 23 avril 1847.H abandonna cette charge en 1848 pour accepter celle d’assistant adjudant genêt al de la milice du Pas-Canada.M.de Salaberry mourut à Québec le ^7 mars 1807.Il avait épousé à Montréal, en 1846, Marie-Emélie, fille de l'honorable Louis Guy.( C h a r EEs-Joseph Coursoe, 1848-1878—Fils de Michel Coursol, employé de la Cie de la Baie d’Hudson, et de Mélanie Quesnel, fille du poète Joseph Quesnel, il naquit à Amherst-bury, Ont., le 3 octobre 1819.Admis au barreau le 24 février 1841, il épousa le 16 janvier 1849, Emilie-Hélène-Henriette I aché, fille de Sir Etienne-Pascal Taché.Nommé coroner conjoint du district de Montréal le 27 juin 1848, il démissionna en 1878 alors qu’il fut élu député de Montréal-est à la Chambre des Communes.A son décès, le 4 août 1888, il représentait encore cette division électorale.Ajoutons que M.Coursol fut en plus successivement ou concurremment.surintendant de la police (1856-66) • jugie des sessions, 1869 ; maire de Montréal.1871-72 ; président de la Société St-Jean-Baptiste, 1872-76.Joseph Gëoefrion, 1879—Fils de Félix Geofifrion et de Catherine Brodeur, il naquit à Varennes le 14 novembre 1836, nommé coroner conjoint le 18 mars 1879, il fut promu à la charge de registrateur de Verchères le 8 octobre 1887.Il occupait encore ce poste lors de son décès, le 6 janvier 1911.Le défunt était frere des honorables Félix et Alphonse Geofifrion ainsi que de l’avocat Victor Geofifrion, mort tout récemment.Marie-Micuee-Edmoxd McMahon, 1893 — Fils du docteur McMahon qui pendant trente ans fut préfet du comté de Laval, le coroner actuel du district de Montréal est né à Ste-Rose.ile Jésus, en 1852.Admis au barreau en 1881, il fut assistant greffier de la couronne, chef du greffe de la cour de police, puis coroner conjoint avec M.Jones, le 7 janvier 1893.L’année suivante, le 5 novembre, il devenait seul titulaire de la charge.Enfin, il est recorder de la vi"e de West-mount depuis 1893.E.-Z.Massicoter NOS PREMIERS MARTYRS CANADIENS Le i(> mars., , On sera adverty que l’année i(>4‘) l’ère Jean de I>re-hoeuf, du diocèse de Bay eux, recueillit le fruit de \uigit ans tie travaux qu'il avait employé à prêcher 1 Evangile aux barbares de la Nouvelle-France ; au milieu des supplices que lui tirent endurer les Iroquois ennemis de Jésus-Christ, il louait et bénissait Dieu avec une constance qui étonna les barbares.( )n le fit briller à petit feu, on luy mit des haches ardentes sur la chair nue, de l’huile bouillante sur sa teste en dérision du baptême et lorsqu’on se prépara a le couper pai moiceaux un barbare luy arracha le coeur de la poitrine, qu'il dévora brutalement, il finit ainsi sa vie très sainte.11 s était disposé au martyre par la macération impitoyable de son corps jointe à mie oraison continuelle où Dieu le favorisa de trequentes illustrations.Le 2 février.< On sera adverty que l'année 1(14(1 en la Nouvelle-France, le Père Anne Noue, Champenois, après avoir travaillé 18 ans à la convertion des barbares, mourut au milieu des neiges par la violence du froid.Son corps fut trouvé après sa mort appuyé sur ses genoux, la teste nue, les yeux élevés au ciel et ses mains croisées sur la poitrine.Du io de may.On sera adverty que l’année 1(152 le Père Jacques But-teux, d'Abbeville, après bien des sueurs et des fatigues animé d'une ferveur incroyable l’espace de 18 ans qu il emploia a gagner à Jésus-Christ les barbares de la Nouvelle-France, fut tué à coups de fusils par les Iroquois ennemis de la Religion Chrétienne, conformant ainsi le sacrifice de sa vie à l’honneur de J.-C.11 s’était préparé au martyre, observant très religieusement une très rigoureuse mortification et une oraison continuelle.4 juillet.( )n sera adverty qu’en l’année 1(148 chez les Lirons en la Nouvelle-France le Père Antoine Daniel, de Dieppe, se voyant inopinément surpris d'une bande d’Iroquois.ennemis — 299 — do Jôsus-Clu ist, lorsqu il faisait l’instruction accoutumée aux neophites rju il avait assemblez dans la chapelle, leur conseilla de se sauver par la porte do derrière et afin de leur donner le temps pour éviter la rage de leurs ennemis, alla avec un coulage hétoique au devant de ces barbares et contint longtemps le violent effort qu’ils faisaient pour entrer par la porte qu’ils trouvèrent ouverte jusqu’à ce que enfin ayant été blessé à mort d’un coup de fusil, comme un bon pasteur, il donna sa vie pour son troupeau : après quoi les infidèles brûlèrent son corps avec la Sainte Chapelle.r 2 may.On sera adverty que l’année 1646 le Père Edouard Masse.Lionnais, mourut très saintement à la Résidence de St-Jo-seph en la Nouvelle-France, tout chargé des fruits qu'il avait recueillis dans les missions très pénibles et qui s’est passée en cette contiée bai bare, d ou les Anglais hérétiques l’avant re-tii é par deux fois et autant de fois obligé d’une ’ rès pénible prison, il ne cessa d’importuner Dieu parses prières, couchant sur la terre, jeûnant tous les jours, faisant de très rudes disciplines jusqu’à ce que, enfin, fort âgé il obtint la permission de repasser la mer pour la 3ème fois au grand profit de plusieurs âmes qu’il y a gagnez à Jésus-Christ.1 )u r 7 mars.On sera adverty qu’en l'année 1649 les Iroquois transportez d’une haine enragée contre Jésus-Christ, bridèrent à petit feu dans un village des Huions le Père Gabriel Ealle-mant, parisien ; ils le percèrent avec des haleines brûlantes, luy appliquèrent sur le corps nu des haches toutes rouges, ils luv crevèrent un oeil avec une broche ardente enfin luv ayant fait souffrir mille autres tourments, il mourut au milieu de cette effroyable boucherie après 55 heures entières d’une patience invincible, couronnant ainsi par une fin glorieuse sa vie très religieuse et très sainte ( 1 ).(1) Les lignes .~ juin 170B, il est question du capitaine Moore.‘J envoie, disait M.de Yaudreuil, nar le bâtiment la Marie, commandé par Thomas Moore, 43 de vos prison-moi s au 1 (>11-Royal, dont je vous envoie la liste avec ordre au sieur de Brouillan de vous les envover à Boston,” Gabriel Christie (XXIX, p.195)—Gabriel Christie, proprietaire des seigneuries de Bleury (Iberville), Sabrevois, Xoyan et Lacolle sur les rives du haut Richelieu, naquit l'an 17-2°.en Angleterre, de parents anglais et anglicans.^ Ayant.épousé Sara Burton, il en eut Napier-Cbristie Burton et deux filles : Catherine, née le 15 janvier i"72, et Sara, née le 20 novembre 1774 ; celle-ci devint l’épouse du révérend James Tunstall.recteur de la Christ Church, à Montréal.De plus, il eut un lils naturel James ChrisHc.et d’une maîtresse du nom de Rachel Blenderleath trois autres fils: Gain ici, ( ieorge et Guillaume Blenderleath, ceux-ci gardant le nom patronymique de leur mère ; il les reconnut tous comme siens dans son testament, rédigé et signé à Leicester, comté de Middlesex, en Angleterre, alors qu’il v .séjournait temporairement, le 13 mai 17S9.il avait en outre un frère du nom de Guillaume et probablement une soeur, Marie-Anne, veuve d’Henri Galliwav.11 a tenté en vain d’appeler Iberville Christieville.Il était a sa mort colonel-commandant du deuxième bataillon dans le seizième régiment royal amérimain d’infanterie de la province de Québec et en plus major général de l’armée de Sa Majesté ; on le désignait sous le nom de général Christie.Très riche, outre ses terres du Canada il en possédait aussi en Angleterre. — 314 — \ la tin, il avait sa résidence à Montréal, rue Saint-Paul, où il décéda le 20 janvier 1799.à l’âge de 79 ans.et ses tune- railles furent célébrées à la Christ Church.L’abbé J.-B.-A.Allairk Les archives du premier Conseil de la Nouvelle-Frnnce V I\ • P- Q—On sait
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