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Titre :
Bulletin des recherches historiques : bulletin d'archéologie, d'histoire, de biographie, de numismatique, etc. /
Éditeur :
  • Lévis :Pierre-Georges Roy,1895-1968
Contenu spécifique :
mars
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
quatre fois par année
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Bulletin des recherches historiques : bulletin d'archéologie, d'histoire, de biographie, de numismatique, etc. /, 1926-03, Collections de BAnQ.

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LE BULLETIN DES ft ECU EllC H ES JIlSTOlUUI K S VOL.XXXII LEVIS—MAILS 192(1 Xo 3 CE QU’ON TROUVE DANS UN LWENTA1RE DE NOTAIRE Pour la plupart des lecteurs un inventaire de notaire est une pièce toute prosaïque qu’on conserve parce qu’on peut en avoir besoin pour défendre des droits attaqués par des héritiers peu satisfaits de leur lot.Quelle erreur ! Les inventaires des notaires du bon vieux temps sont des sources précieuses de renseignements pour ce qu’on est convenu d’appeler la "petite histoire".Pour ma part, depuis une trentaine d années, il a dû me passer quelques milliers d’inventaires dans les mains.Je ne crois pas en avoir ouvert un sans y glaner un petit fait d’histoire utile.\ eut-on me permettre d'énumérer ici ce que j’ai trouvé de renseignements dans 1 inventaire d'un personnage de notre histoire ?Dans la liste officielle de nos intendants on voit le nom de Jessé Leduc, décédé a Québec le 21 septembre i/io.quinze jours a peine après son arrivée, .avant même de prendre possession de sa charge.C est tout ce que nous connaissons de Jessé Leduc.Nous lie savons pas même la date exacte de sa nomination pour la raison que sa commission ne fut pas insinuée par le Conseil Supérieur.Le lendemain meme de la mort de Jesse Leduc, le notait e Rivet recevait instruction de dresser son inventaire.Oi, voici ce que je glane dans cette pièce d’archives qui est composée d’une vingtaine de feuillets : ** \| Inclue s’était marié trois lois._ Sa première femme fut Anne Goujon de la l’.aronnie-rc (contrat de mariage pardevant Chénier et Dnsart, notaires à Paris, le -5 juillet Hit)! I.-ai Sa deuxième femme fut Noëlle Catherine Mongin (contrat de mariage pardevant Angers et l’iovs, notaires a Paris, le 5 niai 1707)., Sa troisième femme fut Claire Foucault ( contrat tu mariage pardevant Iliraon et PeK «y.notaires à Parts, le i«) mai 1710).C’est celte dernière qui l’accompagna a Quebec.Idle retourna en France tout de suite après la mort de M.Leduc.Idle avait été marié moins de quatre mois.*** Lett res de provisions de M.Jessé Leduc : |,a plupart de 110s historiens disent que M.Jesse Leduc fut nommé procureur général au Conseil Supérieur au coins, de l’année 1710.Les lettres de provisions de M.Leduc furent signées à Fontainebleau le ~’o juin 170S.Acte de sépulture de Jesse Leduc : _ _ “Le 22 7brc 1710 a été inhumé dans l’église paroissiale de Notre-Dame de Québec le Sieur Jessé Leduc, procureur général du Roi en cette ville, lequel est décédé quinze jours apres y être arrive, étant age ne cinquante trois ans.Son service et enterrement a été fait par moi cure de cette ville soussigné en présence de Aires Jacques et Antoine Katulot.intendants en ce pays de la Nouvelle-h rance.PocmuîT.Ptuk".**^Catalogue des livres de M.Jessé Leduc : Recueil de diverses pièces.Divers plaidoyers.J.a science ecclésiastique.Jidits et ordonnances sur les gabelles.Lettre de Materne.Le Blason.De Jictionibus juris.Brissonius de formulis et populi Romani verbis.Devins de Rcgulis juris.Methodica juris uniusque interpretatione.Nouvelle méthode pour apprendre en peu de temps la langue latine. Consolation de Boice.Instituts coutumiers.Remarques sur la lamine française.I,e comma ce de lettres.I te des lierges.Censées de Marc-Antoine de soi à soi.L'art de penser.Offices de Cicéron.Paraphrase poétique sur /'Ecclésiastique.Théophile sur les Instituts.I ’irgilius l anorum.Les songes dit sage.Code Louis ou Ordonnance de 1667.Pcrezius in Institute Justiniani.Le Concile de Trente.Oeuvres de Claudicn.Poésies latjnes.Xatalis Comur.Introduction à la vie dévote.Conférence du droit français et romain.Apparat de ( iecron.Commentaire d'Ilotoman sur les définitions de droit.Baudoin sur les Instituts de Justinien.Oeuvres de Théophile concernant l'Immortalité.Livre de fauconnerie.Remarques du droit français.La matronne d'Ephcsc.Le Panégyrique de Louis le (fraud.Rhétorique d'.Iristote.Le traité des bénéfices.Canisius sur le droit canon.Harangues et poésies du Père Cost art.Juvénal.Le trésor de I 'irgile.Les satires de Petronne.L’Ecole de Salcrnc pour conserver la sauté.Les épigrammes de Martial.Ordonnance des eaux et forêts.Observations sur la coutume de Paris. I; univers en abrégé.Le veritable chrétien gui combat les abus du siècle.Igrippa De l’anitate seientiani.lintretiens poétiques, l’harsale de Lucain.Impressions d'.Imsterdam.Poeniata Théodoni Boxée.Paratitle de droit canon par M.frérot.La coutume de Normandie.Le traité des hypothèques.Suctonc (Impression d'KIzévir).( asimir.Histoire poétique.Tribullins et propertins.Oraisons funèbres de M.fléchicr.Selatarium legnm libellas.Jacobi Christianis Soeietatis Jesus.Abrégé des matières bénéficiales.Panegcrici Pline, floras (,'alliens.Le véritable régime de vivre pour avoir la santé.J.es oeuvres de Saint-Arnaud (en vers).Livre de sagesse.IJ explication du titre de la prescription en la cour de Normandie.L'origine des armoiries.I ’irtutem l’irumque Hxcmpla.Décisions de M.Lemaistrc.Livre d'Horace.I.ipsi monita et exempta polinea.7'ragcdico St acres.Polinanim opiums morion silva.Ordonnance de 1667.Molière (X tomes).Pierre Corneille (4 tomes).Télémaque (2 tomes).Lettres tie Balsae (2 tomes).Code ( rimmel.Code de la Marine, Code des Marchands. Jitat de la 1'ranee (3 vols).Oeuvres ile Sa ravin (2 tomes).1 nslitufes île Justinien.Coutume de Paris (2 tomes).Oeuvres de Boileau.Institution an droit français.Histoire sainte (2 tomes).Histoire des papes (2 tomes).Ces droits ecclésiastiques (2 tomes).Contes de Lafontaine.(.'oufunie de Godefroy.Le traité des donations.Les oeuvres de Itaquet.lidits et Ordonnances de plusieurs rois.République de Baudoin.Oeuvres de Marc-Antoine Despasse.La grande conférence des Ordonnances (3 tomes).Les oeuvres de Loiseau.Recueil d'arrêts remarquables (2 tomes).Irrets de Louet.Les métamorphoses d'Ovide.Proces-verbal des conférences.Ordonnances de Tavencau pour l’état ecclésiastique.Abrégé de la jurisprudence romaine.L'histoire du temps.Irrets de Le Prcstrc.La coutume de bailliage.Le praticien français par Lange.Indices de Ragnan.Biblia Sacra.Pc divisione bcncficioruni.Sinopsis dccrctalium.Codici Justiniani (2 tomes).Pcrcsius Incodicis.Corpus Turis Canonici.Opus snauissimus floribus.l’irgile Maron.Conedeniuni coin meut arius in institutiones Justiniani.Acosta in Institutiones Justiani.Decisioncs Guidonis pape. Dictionarium Calpini.Decisiones Burdeyalenscs Xicol Bcry.***A ces pièces, ajoutons les lettres suivantes du ministre du Grand Roi au sujet de M.Leduc.Lettre du ministre au gouverneur de Vaudreuil (14 juin 1708) : “Le Roy a choisy le Sr.le Duc.avocat au parlement de l’aris, pour remplir la place de procureur général au conseil Supérieur de Quebek ; il a toutes les qualitez nécessaires pour un pareil employ.Sa Maté, désire que vous le fassiez installer aussytost qujl y sera arrivé, je l’ay jnformé de la conduite qu’jl doit tenir avec vous et je suis persuadé par les dispositions où je l’ay laissé que vous en serez content.Je vous prie de luy accorder vostre amitié et de luy donner toute la protection dont jl pourra avoir besoin pour bien remplir les fonctions de son employ.” Lettre du ministre à l’intendant Raudot (14 juin 1708) : “Le Roy a choisy le Sr.Le Duc, ancien avocat au parlement de Paris, pour remplir la place de procureur général au conseil Supérieur de Quebek.Jl a toutes les qualitez nécessaires pour un pareil employ.Comme jl n’a aucune habitude en ce pays jl est à croire qu’jl n’aura aucune prédilection pour personne et qu’jl n’entrera dans aucun des partis qui ont jusques à présent fait tant de mal à la colonie de Canada, je vous prie d’avoir pour luy tous les esgards possibles je l’ay pleinement jnformé de la conduite qu’jl doit tenir avec Mr de Vaudreuil et avec vous et je suis persuadé par les dispositions ou je l’ay laissé (pie vous en serez con-tens l’un et l’autre, je vous prie de l’installer et de le mettre au fait des affaires de ce pays affin qu’jl les puisse suivre.Je m’attends que vous luy accorderez vostre amitié et que vous agirez de concert avec luy surtout ce qui regardera les affaires de judicature estant homme de beaucoup de capaci • té et de d’érudition.Je vous recommande surtout d’éviter de luy donner le moindre dégoust dans ses fonctions et de les luy laisser faire en entier.” Lettre du ministre à M.Bégon, intendant de la marine au port de LaRochelle (14 juin T708) : ’ 135 — "Le Roy a choisy le Sr le Duc, ancien avocat au parlement de Paris, pour remplir la place de procureur général du conseil Supérieur de Québek.|1 doit se rendre jnccs-samt.a la Rochelle pour s'embarquer avec un valet.Sa Maté.désire que vous le fassiez recevoir sur le Vau, YAffri-quant et que vous recommandiez au Sr.de la Grange, qui le commande, d’avoir beaucoup d’esgard pour luy pendant toute la traversée et de luy donner un logement commode.Si ce navire se trouvoit party et qu'il en restast encore quelqu'un qui allast à Québek Sa Maté, veut que vous l’y fassiez recevoir et que vous vous accommodiez avec le capitaine pour la dépense de son passage.Vous recommanderez pareillement a ce capne.d’avoir aussy beaucoup d’esgard pour luy.Je vous prie de luy faire tous les plaisirs que vous pourrez et je vous en seray fort obligé" ( 1 ).Ces lettres prouvent que le ministre avait beaucoup de considération pour M.Redite des Fontaines.Mémoire du Roi à MM.de Yattdreuil et Raudot ( io mai 1710) : Sa Majesté a pourvu le Sr.Le Duc de la charge de son procureur général au Conseil Supérieur de Québec.File a J ait ce choix sur les témoignages qu'on lui a rendu de sa capacité et de s.a droiture.File désire qu'il soit établi dans les fonctions de sa charge.” 1\-G.R.LE R.P.JOSEPH CAR RENTIER.RECOLLET Dans le Repertoire du clergé de Mgr Tanguay, et dans le J Actionnaire dit clergé rie l’abbé J.-Iî.-A.Allaire, on lit que le P.P.Joseph Carpentier, né à Québec le 10 janvier 17.28, Jut ordonné chez les Récollets le 31 janvier 1751.qu'il décéda en 1760 et, c est tout.( )n pourrait ajouter que ce Canadien, admC à la prêtrise à l’âge de .23 ans ( 175 i ) devenait, l’année suivante, premier curé de Saint-Joseph de Soulanges 1 Les Cèdres ) où il demeura durant une décade, puisqu’il signe des actes jusqu’en 176.2 ?Ce serait donc en 176.2 et non en 17P0, que ce religieux serait décédé.' E.-Z.M.( 1 1 Aicliivt's do lu iirmiiicc avril" tX_>7, notre poète national.Octave Crémazie."C est dans la bibliothèque d'un antiquaire éminent M.le notaire Cyrille Tessier, que je suis allé chercher les renseignements que je vous transmets.Vous lui devrez une plus glande somme de reconnaissance qu’à moi-même car c est lui qui s'est imposé la tache aride de consulter les’pré-cieux bouquins.J’ai fait métier de scribe.F,l voici : Almanachs des adresses : -Crémazie Jacques, marchand, 24, rue "Année 1X22.-du Cul-de-Sac.Année 1X26.—Crémazie Jacques, marchanl, 24 ru- du C ul-de-Sac."Jacques Crémazie vécut là de 1826 à mai 1X44."Crémazie (Joseph-Octave) étant né le 16 avril 18 >7 il s ensuit donc que Joseph-Octave Crémazie naquit à oüé-h'c dans la maison portant le numéro 24, rue du Cuî-dc-Aac.basse-ville.1,!"U U si ns rette .juin "l !iL'a.'".U 'ui.învôT.T.i^I.^'urv' ï" ' al,.1"lll"* -Ht., nus,,,, ox,,.,,.,.- . "Mais il no faudrait point s’cn tenir là : il s'agit do vérifier maintenant si lo “numéro municipal" do cotte maison n’a pas été changé, le nom de la rue l'a été depuis : Le Cul-cle-Sac do l'année 1827 est devenu la rue Champlain do l’année IQG2.“Je vous lo confesse à mon grand regret, il m’est impossible de poursuivre davantage ce travail de vérification.Je vous ai mis sur la bonne piste ; à d’autres de continuer ce travail facile après tout, car il ne consiste qu’a remonter le courant à la fde des cadastres.Les inexactitudes que renferme cette lettre indiquent qu’elle a été rédigée trop à la hâte, et que vraisemblablement son auteur, un historien consciencieux, ne s’attendait nullement à ce qu’elle fut livrée à la publicité : autrement il eut vérifié chacune de ses assertions.La lettre nous .apprend que le poète Crémazie naquit à la basse-ville, au numéro _’4 de la rue du Cul-de-Sac.Mais un contemporain et admirateur de Crémazie, L.M.Par veau, donnait à entendre, en 1873, ( 1) que le poète est né sur la rue St-Jean, intra muros.Au cours d’une conversa tion, l’abbé Casgrain affirmait que l’auteur des Mil!e-/!cs est né à la haute-ville.Qui croire ?Nous avons voulu en avoir le coeur net.11 n’existe que quatre almanachs ou annuaires des adresses de la ville de Québec avant celui de 1844-1845 : ce sont ceux de 1700, 1791.1822 et 1826.Ils ne se trouvent ni à la bibliothèque du Parlement, ni à celle de l’Université Laval ; mais un antiquaire de renom, M.le notaire Cyrille Tessier, les a en sa possession.M.Tessier s’est fait un plaisir de les mettre à notre disposition.Qu’on juge de notre étonnement lorsqu'on parcourant l’almanach de [82b, nous constatons que la lettre de M.Ernest Mvrand donne non l’adresse de Jacques Crémazie, mais de Pierre Crépeau qui se lit juste au-dessus de celle qui faisait l'objet de ses recherches : grave mais bien involontaire erreur de lecture! D'après l’almanach de 1826, Jacques Crémazie est, connue en 1822, marchand au numéro fi de la rue St-Jean.Nous ignorons sur quoi s’est basé M.Mvrand pour écrire (1) Nos homms de lettres, p.1(14. que le marchand Crémazie a vécu à la basse-ville de 1826 à mai 1844.ha rue du Cul-de-Sac existe encore, seulement le numéro 24 et quelques autres en ont été distraits pour les passer à la rue Champlain, prolongement de celle du Cul-de-Sac.M.Myrand parle de la facilité de remonter, à partir du temps de Jacques Crémazie, "à la file des cadastres”: c’est une impossibilité car il n'y a pas ett de cadastre à Québec avant 1870 ; puis l'organisation des bureaux d’enregistrement ne remonte pas au-delà de l’année 1842.Ce numéro 1 1 de la rue St-Jean répond actuellement à la librairie J.-K.Walsh, propriété de Al.A.-b.Langevin.Cet établissement est peu éloigné de l'hôtel de ville et surtout de l’Académie Commerciale dont la cour avoisine celle de la librairie.J lien que nonagénaire, M.le notaire Tessier est frais, alerte et dispos : il continue à se rendre, deux fois le jour, à son bureau ; et il garde le souvenir vivace des choses de sa jeunesse.11 nous apprend que la rue St-Jean a été élargie d'une quinzaine de pieds sur le côté sud : que les maisons ont été démolies, mais que le numér 1 1 1 s'il est plus éloigné de la rue, ne se trouve guère plus à droite ou à gauche qu’au temps de Crémazie.Jacques Crémazie résidant, en 182Ô, au numéro il de la rue St-Jean, il y a probabilité mais non certitude que le poète y soit né le 16 avril de l'année suivante.Nous avons l'ait la chasse au document qui pourrait établir cette certitude, en parcourant le greffe des notaires qui avaient leur etude à Québec au temps du marchand Crémazie.Notre bonne étoile a voulu que sans recherches prolongées nous ayons trouvé au greffe du notaire dis.M.DeFoy, à la date du 31 décembre 1825, la minute d’un bail passé entre dame Angélique Chamberlain!, veuve de feu sieur William Mea-sam, et le sieur Jacques Crémazie, marchand ; bail où ce dernier prend à loyer, pour le terme de deux années entières.à courir du ter mai 1826, tout le bas d'une maison en pierre a deux ét.ages, plus trois chambres dans les mansardes, etc.Nulle part nous n’avons trouvé la résiliation de ce bail : d’ailleurs il n’est pas vraisemblable que Jacques Crémazie ait quitté son nouveau logis moins d'un an après s’y être transporté.Il est donc hors de doute que le poète Octave Crémazie naquit au numéro i i de la rue St-Jean.Nous espérons que le centenaire de sa naissance ne [lassera pas inaperçu à Québec.I,a Commission des Monu merits Historiques qui a déjà plusieurs initiatives à son credit ne pourrait-elle pas prendre celle de faire mettre une jilaquc commémorative sur la propriété de M.Langievin ?Mais rien ne s'oppose à ce qu’on fasse davantage.LrciKN Skrriî LETTRE DU CONSEIL DK MARINE A MM.DE VAUDRKUIE ICI' l’.KGON AU SUJET DU SIEUR LAMOTHE CADILLAC Le () juillet 171S Le Conseil vous envoyé cy joint, Messieurs, les pieces et papiers du sieur de la Motte Cadillac sur lesquels il fonde ses demandes pour ce qu’il prétend luy être deub par le Roy pour les avances qu’l a fait pendant le tems (|u il a commande au Fort Ponlchartrain du Détroit ; vous aurez attention de les examiner et de les luv renvoyer ensuitte avec votre avis et un état de ce que vous croirés luy etre légitiment deub.\ ous trouvères aussy cy joint deux placets dud.sieur de La Motte par 1 un desquels vous verés qu’il demande a etre remboursé de ce qu'il a laissé and.fort du Détroit sur le pied que les marchandises ou autres effets y valoient pour lors et par l’autre que si on ne juge pas a propos de luy accorder un dédommagement de la non jouissance de ce poste et du commerce exclusif qui luv en avoir été concédé son Ids y soit envové pour coin mander.Le Conseil souhaitte que vous examiniez avec attention ses demandes, et que vous luy renvoyiés ces placets avec votre avis, vous trouverez cv joint un état de toutes les pieces qui sont jointes à cette depeche (1 ).(1) Archives 66 i()6/.11 était alors âgé de huit ans.Au re- censement de !081 ou le dit âgé de vingt-quatre ans.Il demeurait chez son père à Sainte Anne de Beaupré.Il n’y a pas de doute qu’à cette époque son père songeait à son établissement.En 1683, le premier avril, il recevait 111 concession le fief des Eboulements, côté nord du Saint-Laurent.Cette concession lui fut accordée par le gouvei neui de la Barre et 1 intendant de* Meulles.Elle comprenait cinq quarts de lieue ou environ, sur deux lieues de profondeur.Il recevait en même temps le droit de pêche et de chasse dans l’étendue des dits lieux.Lors de l’octroi de la seigneurie des Eboulements, Pierre de Lessard demeurait dans la seigneurie de la Baie Saint-Paul.Pierre de Lessard épousa en 1690, à Sainte-Anne de Beaupré, Barbe Eortin, veuve de Pierre Gagnon ; on voit qu'il résidait alors à 1’Islet Saint-Jean.Barbe Lortin, veuve de Pierre Gagnon, s'était mariée a 1 âge de quinze ans.Sept enfants sont issus de son ma- nage.L aînée Marie-Madeleine devint le dix juin 1686 à Sainte-Anne de Beaupré, l’épouse de René Lepage qui fut plus tard seigneur du Bic, de 1'Islet, etc, etc.Lls entants de I ierre de Lessard et de Barbe Eortin fuient Etienne, baptisé a Sainte-Anne de Beaupré le 23 janvier 1691, décédé à L'Islet le 29 novembre 1714, Prisque baptisé a Sainte-Anne de Beaupré, le to février 1694; François, baptise a Sainte-Anne de Beaupré le 22 novembre MM 1696 ; Geneviève, mariée à Pierre Bélanger ; Thérè riée à Louis Gagnon Belleavance.ese, 111a- lieue de Lessard obtint une deuxième seigneurie, en 1696, le 8 mars, du comte de Frontenac et de' l’intendant Lochart C hampigny.Cette seigneurie comprenait une éten- duc de terre d'une lieue et demie de front sur deux lieues de profondeur, située au lieu dit le Bicq.le dit iront à pren-die au sud ouest depuis la l’ointe au Père, appartenant au sieur René Lepage.Cette concession était faite à la condition que les enfants de Pierre de Lessard et ceux de sa femme issus de son premier mariage hériteraient également.Cette seigneurie fut connue sous le nom de Rimouski ou de la .Mollaie.Des difficultés survinrent au sujet de la situation de cette seigneurie.Idles provenaient du fait que l’on était pas bien renseigné sur la localisation des rivières Métis, Hâtée, du Bicq et Rimouski.Pierre de Lessard et son épouse eurent une troisième seigneurie le 30 juin 1698.Elle leur fut également accordée par le gouverneur de Frontenac et l’intendant P.ochart Champigny.Elle comprenait une étendue de une lieue de terre de front sur pareille profondeur située sur le Saint-Laurent, proche L Islet Saint-Jean au derrière de là seigneurie de Mademoiselle du Tertre, tenant d’un côté à la terre du sieur de la Chesnaye et de l’autre à celle de F i tt • ; -Çois Bélanger, d’un bout à la seigneurie de la dite demoiselle du Tertre, et de l’autre aux terres non concédées.Pierre de Lessard vendit son fief des Kboulements en 1710 à Pierre Tremblay.La seigneurie de la Pointe au Père ou de Rimouski passa en partage aux enfants des deux familles Lessard et Gagnon qui vendirent leurs parts à René Lepage et ses fus de 1717 a 1/49- Quant au fief du sieur Lessard de L Islet il lu: • nclavé en 1721 dans la paroisse de Notre-Dame du Bon C 'useil.11 se trouvait au bout des profondeurs du fief de L'Islet Saint-Jean.Ce fief passa également en partage aux enfants de I ici re de Lessard, et a ceux de son épouse issus du mariage de Pierre Gagnon.Pierre de Lessard et son épouse Barbe Fort in, moururent en 1737, à trois mois d’intervalle.Ils habitaient à L’is-let.Pierre de Lessard était âgé de soixante-dix-huit ans et Barbe Fortin de quatre-vingt-huit ans.Pierre de Lessard fut inhumé à L Islet le huit mai 1737> après avoir reçu les sacrements de pénitence et d’extrême onction, n’ayant pu communier par manque de connaissance.Barbe Fortin fut inhumée a L Islet le jj août 1737- Richard Lessard F'ITRK DU MINISTRE COLBERT A L’ABBE DE QUE Y LUS ( 15 MAI 1 (>(«>) Monsieur, I ay eu beaucoup de joye de voir par la lettre que vous avez pris la peine de ni escrire le douze octobre dernier que \otis me confirmez les assurances que j ay eues d’ailleurs que le nombre des habitans de la Nouvelle-France est augmenté des deux tiers, depuis le temps que le Roy s’applique et donne ses soins pour l’accroissement de cette colonie et vous ne serez point fasché d’apprendre que Sa Majesté a résolu d’y envoyer Monsieur Talon pour v servir encore quelques années en qualité d’intendant jusques à ce qu’il ait mis cette colonie en estât de se soustenir et d’augmenter par elle-même, et comme il vous informera en détail des efforts que Sa Majesté a fait encore cette année, et qu’elle continuera de faire les suivantes pour v envoyer un nombre d’hommes et pour contribuer par ce moyen à cette multiplication qui est si nécessaire et si advantageuse, je me rends à ce qu’il vous en fera sçavoir.Sa Majesté s attend bien que la colonie de Montréal augmentera considérablement par vos soins et par vostre application, dont elle se repose presque entièrement sur vous ; elle a fort approuvé la résolution que vous avez prise et exécutée de nourrir de jeunes sauvages pour les eslever dans les maximes de nostre religion et de la vie civile des François afin de n’en composer qu’un peuple, s’il est possible.Je sçay qu’il ne faut pas moins de zèle, d’application et de piété que vous en avez pour réussir dans une semblable entreprise mais dans l’estime que nous faisons icv de toutes les rares qualitez qui sont en vous nous avons lieu d'en espé-1 er beaucoup de satisfaction ; vous m’obligerez sensiblement de me faire sçavoir ce qui se passe dans l’estendue de dette colonie et de me croire, etc.( Non signé) ( 1 ) (1) Archives de la province de QuC'boc. 149 UX DINER CHEZ LE GOUVERNEUR CAT I ICA RT Je suis arrivé à sept heures juste à la Place Dalhousie (Montreal) où demeure Son Excellence.J’ai été tout surpris de voir que la plupart des membres du Haut-Canada avaient leurs femmes avec eux.Il y avait Colville et sa femme, Roland Macdonald et sa femme, Duggan et sa femme, M.Robinson et sa femme, Colville et sa femme.On donne la main a lord Cathcart, mais on ne fait qu'un salut à milady qui vous rend une belle révérence.A table, j'étais entre M.Dionne et le Dr Laterrière.Je me trouvais le second voisin de lady Cathcart.Vis-à-vis nous étaient le Dr Taché et M.Webster, un membre du llaut-Canada.Colville et un aide-de-camp lésaient le bout de la table.'Pout ce monde-là y compris lady Cathcart, et excepté seulement M.Webster, parlait français de sorte «|ue la conversation s’est tenue en français dans notre quartier.Ce pauvre W ebster paraissait tout dépaysé.Lady Cathcart parle assez bien français et j’ai causé assez longtemps avec elle.Je ne sais pas pourquoi, je m’étais imaginé que lady Cathcart était à 1 autre bout, de sorte que je causais très volontiers avec cette dame qui parlait si volontiers français.Le Dr Laterrière 111 a.dit (pie c.était milady ; alors j’ai ri en moi-même du train que j étais parti : mais comme elle a bien voulu continuer sur le même ton, j’ai continué moi aussi.J’ai appris quelle avait été longtemps a Paris et qu’elle s’était mariée la.Elle a dû être belle femme dans son temps.Il y a quinze tins a peu près de cela d’après ce (pie j’ai pu voir.M.Dionne a qui on avait dit qu’elle était extrêmement raide et hautaine a été tout content d’elle.Lord Cathcart est un grand baton de perruquier, chamarré de décorations, qui mange, pat le ct^marche par ressorts, ce qui ne l’empcche pas de boire bien raisonnablement.L’aide-de-camp qui était à notre bout de la table, est un jeune Peel, un neveu de sir Robert Reel.Les impies et leurs femmes occupaient l’autre bout de la table.De chaque coté du gouverneur étaient Madame R.Macdonald, a droite, et Madame Robinson.La première est une assez belle femme, la seconde était remarquable par la décence de sa toilette ; chose très rare à la cour. J’ai mangé du poisson excellent, et do la queue de castor, ce qui fait que je n’ai pas rompu l’abstinence.J'ai bien mangé et peu bu, car je souffrais énormément des pieds.Mes bottes neuves me fesaient l’effet d’un instrument de supplice.Ce qui me rappelait le calembourg de M.de Masigny “J’ai des souliers vingt-cinq (neufs très étroits) (9, 13 et 3).Après le diner qui a duré 3 hrs l/> et duquel les daines ne se sont retirées que fort tard, nous sommes montés au salon.Là nous avons retrouvé of course les dames, mais avec augmentation.11 y avait les trois tilles de lord Cathcart de plus, une qui est lady Douglass, mariée au major Douglass, un des aides-de-camp, est peut-être la personne le plus décolletée que j’ai encore vue de ma vie.Tu sais pourtant, comme dit Sylvain, que j’ai vu bien des topinambours en exhibition.Une des filles de lord Cathcart est infirme ; elle a l’épine dorsale ou je ne sais quoi de travers, elle ne marche pas, elle était étendue sur un sopha en grande toilette comme les autres.Les Anglais sont de singuliers automates.'Pout ce monde-là était là presque sans se regarder, sans se parler, posant sur des sophas, des ottomanes, des divans, etc., etc.On aurait dit ce qu’on appelle un tableau vivant.Je me suis trouvé entouré dans un coin par les trois plus grands impies qu’il y eut là.Ogle Govern, (le membre pour Leeds, que j’ai si bien éuuché dans mon discours) Dugan, et R.Macdonald.C’est superbe de voir comme ces Messieurs paraissent remplis de bonnes intentions.Ils sont farcis d’amour pour les Canadiens ; ils ne désirent rien tant que de voir les Canadiens au pouvoir avec leur parti.M.Lafontaine est le plus grand homme du pays, bien supérieur à Baldwin et à Draper.M.Morin n’a pas son pareil, etc., etc., etc.Ils ont été jusqu’à me parler de ma situation en perspective d’assistant secrétaire d’Etat.Ils m’ont dit qu’il ne faudrait pas que je refusasse cela.Ils m’ont cité tous les hommes d’état en Angleterre qui avaient commencé par être sous-secrétaire d’état, plus vieux que moi, etc., etc., etc.Ah! les impies.J’ai dit loin du loup et de sa ruse ! Car je suis bien sur qu’ils ne montreraient pas patte blanche.Quand nous avons eu pris le café et le pousse-café, nous avons entendu dans la chambre voisine, une mélodie en symphonie sur le piano.On m’a dit que c’était une des lady qui mon- trait son savoir faire.Il parait toujours que ça voulait dire de sacrer notre camp ; car aussitôt que ça été fini les daines avec leur mari ont commencé à défiler fesant un grand salut et une grande révérence toute empesée, et ensuite 1rs yens non maries ont fait la même cérémonie.J’ai trouvé cela si bête que j en ai eu toute la peine du monde à ne pas m éclater de rire.Je m’en suis revenu en cab avec M.Baldwin.Chemin faisant nous avons causé de lord Cath-cart et de son prédécesseur lord Metcalfe.11 dit que tout le talent de ce grand diplomate consistait à savoir se taire et que les circonstances ont fait le reste.C’est justement comme dans les vaudevilles.Je lui ai conté la grande amitié de -M.Ogle Gorvan et Cie pour les Canadiens.Cela l’a beaucoup amusé.J’ai trouvé en arrivant Letourneau et Pierre Lamothe qui m’attendaient.Ils ont été tout surpris de nous voir (Lettre de M.P.-J.-O.Chauveau à sa femme).U XL LETTRE DU CONTRE-AMIRAL BEDOUT A bord de Y Argonaute, 15 frimaire an 11 de la République française.Jacques Bedout, contre-amiral, commandant une division des forces navales.J’ay reçu, mon cher \ illeblanche, votre lettre en date du 22 du passé, elle m’a fait beaucoup de plaisir puisquelle m’apprend que vous êtes à Paris ; vous ne devez pas douter de tout l'intérêt que je prends à vous et à ceux que vous me recommandez, comptez donc que si je suis destiné pour Saint-Dominique, je ferai pour vous et pour eux tout ce qui dépendra de mon amitié.J'active mon départ autant qu’il m’est possible, et je me flatte que je pourrai appareiller du 17 au 18 c.P.Adieu, mon cher Villeblanche, je vous embrasse de coeur, aimez moi un peu, car je le mérite pour le sentiment que je vous porte.Bedout ( Suscription) Monsieur R.H.Villeblanche, rue de l’Université, no 279, faubourg Saint-Germain, à Paris (1).(1) Archives de la province de Québec. Monsieur de Beauharnois, qui venait intendant, arriva le 29 d’août (1702).Il fut reçu avec de grands honneurs.Il était parent de Monsieur le comte de Bontchar-train.ce qui était dans ce temps-là un grand moyen de faire fortune.Il passa pour la première année le plus cruel hiver qui se soit peut-être jamais vu en Canada, non pas par la rigueur du froid, qui fut assez tempéré, mais par la fâcheuse picote, qui désola toute la Nouvelle-France.Ce fut un Sauvage venant d’Orange, qui nous l’apporta l’automne.Il en mourut à Québec, et on l’enterra honorablement comme un chef.La maladie commença par la maison où il avait demeuré et se communiqua en peu de temps partout, avec une fureur incroyable.Il n’y eut point de maison épargnée dans la ville, ceux qui conservaient leur santé ne suffisaient pas pour soulager les malades : les familles entières se trouvaient frappées, et le peu de soin qu’ils recevaient, joint à l’infection et à la malignité de cette peste, les faisaient mourir fort promptement : il est vrai qu’il en mourut un grand nombre a qui rien 11’avait manqué, et que l’effroi s’étant mêlé dans cette affection générale, plusieurs moururent de peur, sans qu’on pût remarquer sur leur corps aucune appa rence de petite vérole.La mortalité fut si grande que les prêtres ne pouvaient suffire à enterrer les morts, et assister les mourants.On portait chaque jour le corps dans l’église de la basse-ville ou dans la cathédrale sans aucune cérémonie, et le soir on les inhumait ensemble quelquefois jusqu'à 15, 16 et 18.Cela dura plusieurs mois, en sorte que l’on comptait sur les registres mortuaires plus de deux mille morts dans Québec (1) sans parler des environs qui n’eurent pas un meilleur sort.Jamais on n’a tant vu de deuil, chacun pleurait ses proches, l’un sa femme, l’autre son mari ; celui-ci son frère, celui-là ses enfants ; les orphelins pleuraient leur père et leur mère ; tout le monde était dans les larmes et pendant tout l’hiver, on ne fit des assemblées que pour des llj Urosse exagération. funérailles ; ceux qui n'étaient pas attaqués de ce mal, fuyaient les maisons, où il y avait des malades, mais mal-,glé leurs précautions ils étaient pris à leur tour, et mouraient comme les plus exposés.Notre hôpital fut rempli d'une si grande quantité de malades que ne pouvant les y loger tous et n’ayant pas d’endroit plus chaud pour les y mettre, nous les plaçâmes dans le choeur : on interrompit les observances, et nous retardâmes les vêtures de nies soeurs Jeanne-Geneviève Baudrv de la Conception et Françoise Auclair de Saint-Bernard qui étaient entrées dans le cours de l’été, parce que dans cette desolation ' " , nous n’avions pas le temps de nous reconnaître.Nos religieuses tombèrent malades en si grand nombre dès le commencement, qu’il n’en resta pas assez de saines pour soigner les malades de nos salles et de nos infirmeries.Nous acceptâmes l’offre que plusieurs bonnes veuves nous firent de nous rendre service ; elles venaient pour avoir soin des religieuses malades, et les religieuses qui se portaient bien, avaient soin des salles, car nous ne voulûmes pas faire servir les pauvres par des séculières.Ce fut une espèce de bonheur de ce que nous essuyâmes les premières les rigueurs de ce fléau, parce que cela nous mit en état de soulager les autres dans le temps qu’ils en eurent le plus de besoin, et cela nous donna aussi l'expérience qu’il fallait pour les traiter.11 en mourut peu â l’hôpital en comparaison de ce qui mourait dans la ville, ce qui redoublait l'empressement qu’on avait de venir chez nous.Nous perdîmes en fort peu de temps cinq religieuses ; la première, qui mourut le 5 décembre, lui ma soeur M.vio-.Madeleine Maufils de Saint-Louis, âgée de 32 ans.Elle avait beaucoup d’esprit, d’enjouement et d’adresse, et était extraordinairement ingénieuse pour toute sorte de choses.( )n lui avait fait apprendre à peindre ; elle aurait surpassé ceux qui lui montraient, si elle eut vécu, tant elle avait des dispositions.11 y a encore dans la maison quelques paysages qui sont de sa main ; la mort l’a empêchée d’en achever plusieurs qu’elle avait ébauchés.On a toujours remarqué en elle une grande obéissance, une aimable sincérité, une humeur gaie et une conversation fort agréable trouvant sur toutes choses de quoi réjouir ses soeurs.Elle était partial- 3479 — 154 — lièrement dévote à la très sainte Viergie et à saint Joseph.Onze jours après, ma soeur Marie-Angélique Monv de Sainte-Agnès, mourut, âgée de 20 ans.Elle était fort silencieuse, intérieure et extrêmement modeste dans les sa! les, où elle édifiait tout le monde par son air recueilli, autant que par sa ferveur et sa grande charité envers les malades.Le lendemain, ma soeur Marguerite Côté de Saint-Pan;, converse, mourut, âgée de 29 ans.Elle était pleine de belles qualités, d'un bon esprit, douce, agréable, laborieu x, adroite, soumise et toujours prête à faire ce qu’on souhai tait, et très dévote à la passion de Notre-Seigneur.Il est aisé de juger de la consternation de toute la communauté en voyant des morts si fréquentes et si subites : car dans le temps que nous croyions nos soeurs hors de danger, elles tombaient dans l’agonie et mouraient en fort peu d’heures : on prenait la précaution de les munir des sacrements avant qu’il y eût à craindre, afin de ne les point effrayer et de calmer aussi nos inquiétudes ; nous nous flattions que Dieu se contenterait des trois qui venaient de mourir ; et nous ne pensions pas que Marie-Anne Gauvreau de Jésus dût nous quitter si tôt, parce qu’elle était bien guérie de la petite vérole.Cependant le 2 février elle mourut à l’âge de 32 ans.Son extérieur était très agréable et prévenant ; sa douceur et sa complaisance la rendaient aimable à tout le monde ; elle ne perdait point les occasions d'obliger ses soeurs, et obéissait à ses supérieures avec beaucoup de facilité et de promptitude: elle avait supporté avec une grande patience la longue maladie par laquelle Xotre-Seigneur l’avait disposée à la mort.Le 2 de juin, ma soeur Louise de Saint-Gabrielle, jeune religieuse, âgée seulement de 30 ans, mourut encore : il y avait longtemps ,qu’elle souffrait d'étranges douleurs dont sa grande modestie l’empêcha de se plaindre pendant que l’on aurait pu v remédier : elle ne déclara son mal que lorsqu’il fut incurable ; elle supporta cette fâcheuse maladie avec une patience et une résignation admirables.Elle était régulière, obéissante et fort exacte â tous ses exercices spirituels, malgré les emplois dissipants où l’on l’a quelque fois occupée, et dont elle s’est toujours acquittée avec beaucoup de soin.Elle avait été élevée en France dans un couvent où elle avait quelques parentes re- i55 limitai ses.Kilo apprit a faire de petits ouvrages pour les-Muds elle avait assez d adresse, puis elle revint en Canada pour se donner à Dieu.Nous pouvons mettre cette année au nombre de celles ù Dieu nous a le plus visitées, puisque nous eûmes tant de part à l’affliction commune et qu’en particulier nous perdîmes cinq de nos soeurs toutes jeunes ; la mortalité fut générale : le Montréal, les Trois-Rivières, les paroisses de la ¦campagne, les nations sauvages, tout s’en ressentit.Dieu nous enleva M.le chevalier de Callières, gouverneur général, homme d’un mérite très distingué.Il avait des qualités pour gouverner qui devaient le rendre cher à toute la .o-ionie, un bon esprit, une rare prudence et un grand discernement pour connaître, pour aimer et pour favoriser les gens de bien.Son désintéressement parfait lui lit s.vntie.-tout a la gloire du Roi, et à l’avantage du pays ; il av ii de-grandes vues pour l’augmentation de la Nouvelle-France à'.l"’ur y établir le bon ordre.11 voulait que tout le monde fit son devoir et quoiqu’il fut fort modeste, il était craint et obéi partout.11 avait peu de santé, la goutte le tourmentait souvent , mais ce qui le lit mourir fut un vomissement de sang qui le prit dans la cathédrale pendant la grand’messe le jour de l’Ascension.1! ne vécut que fort peu de jours.Tl nu enterré aux Récollets, a côté de son prédécesseur ; le I ere Gdinas, commissaire, fit son oraison funèbre ; il lui donna de très justes louanges, car on ne pouvait dire assez de bien de ce grand homme (Soeur Juchereau de Saint-Ignace, Histoire de Y Hôtel-Dieu de Québec).QUESTION F abbé Leguerne, décédé curé de Saint-François de 1 île d’Orléans en décembre 1789, était, dit Turcotte, excel-len: écrivain et surtout bon poète.Je connais une lettre de I ibbé Leguerne publiée en brochure par Mgr C.-O.Gagnon en 1889.Le Canada-français a aussi publié dans ses “Documents inédit s (vol.2e.p.148), une autre lettre de l’abbé 1 ."'/uerne.Connaissez-vous d’autres productions de ce poè-n- Ses poésies ont-elles été conservées ?Acad. — 156 — OUVRAGES PUBLIES PAR FEU L'HONORABLE SENATEUR PHILIPPE LANDRY Buissons alcooliques et leurs falsifications, Ste-Anne de la Pocatière, typographie de F.-H.Proulx, imprimeur-libraire—1867.33 pp.in-8.Où est la disgrâce ?Réponse à une condamnation politique.Québec, de l’imprimerie du Canadien, 40, rue Ste-Famille—1876.55 pp.in-8.Traité populaire d’agriculture théorique et pratique.Montréal, Cie d’imp.Canadienne, 222, rue Notre-Dame— 1878.V-319 pp.in-8.La question constitutionnelle de Québec.Discours prononcé par M.Landry, député de Montmagny, dans la Chambre des Communes, le 13 mars 1879.23 pp.in-8.L’Italie, scs beautés et scs souvenirs.Conférence donnée le 3 novembre 1880, au Cercle Catholique de Québec.24 pp.in-8.Le budget.Discours.Ottawa, 17 mars 1882.Débats des Communes.10 pp.in-8.Cette enquête.Lettres de M.Ph.Landry, député à la Chambre des Communes du Canada, à M.E.Pacaud, rédacteur de [’Electeur (Du Courrier du Canada), Québec— 1883.75 pp.in-12.Les six raisons du Dr Verge contre le Cercle Catholique de Québec réfutées par M.Ph.Landry, député à la Chambre des Communes (Du Courrier du Canada”).Québec—1884.58 pp.in-12.A Son Eminence Jean, cardinal Siméoni, préfet, et aux autres Eminentissimes cardinaux, membres de la Sacrée Congrégation de la Propagande.25 février 1885 (1).5 pp.Traité populaire d’agriculture théorique et pratique.Ouvrage couronné.2e édition.Montréal, Beauchemin & Valois, lib-imp., 256 et 258, rue St-Paul—1886.445 pp.Adresse.Discours de M.Landry.Ottawa.29 février 1892.5 pp.Observations sur la nomination d’un délégué apostolique au Canada.Rome, Imprimerie Forzani, etc.—1897.35 pp.(1) Uiu> autre édition est datée du lit) avril 18S5. — 157 — Difficulté scolaire du Manitoba par questions et réponses à la portée de tous.Québec, Léger Broussenu, imprimeur—1897.64 pp.in-1 2 (i ).Les finances du Canada de 1867 à 1899.(1900).14 pp.Cotes du huitième parlement compilés par /’h.l.andrx.sénateur.1896-1900.20 pp.Speech and debate on the Manitoba School Question.Ottawa, Tuesday, June 12, 1900.8 pp.Cotes du çc Parlement, 1900-1904.32 pp.Le Bill d'autonomie des provinces rtée ici, si le chemin de fer avait glissé sur ses rails il aurait pu être apporté ici par les bateaux à vapeur et les locomotives.11 a fallu renoncer à 1 idée de 1 apporter par les secousses du roulage.Alors Amédée a projetté l'apporter par un des petits bateaux à vapeur de touage, mais leurs propriétaires lui ont dit que les travaux du Grand Tronc avaient excessivement gâté la navigation du St-Laurent à Ste-Anne ; que deux de ces ha teaux y avaient échoué et n’avaient été dégagés qu’après de longs délais et que deux de leurs barges y avaient été brisées ; qu’en conséquence ils lui conseillaient d’attendre aux eaux moyennes, où ces dangers cesseront, pour venir avec ses restes vénérés, ce qu’il fera sous un mois à peu près.Lorsque j’eus 1 extrême douleur de perdre ici mon cher Gustave expiré avec la plus entière résignation à l’ordre de la Providence, à l’âge de vingt et un ans, dans les bras de ses inconsolables parents, Amédée accouru pour partager nos souffrances et assister aux funérailles de ce cher entant, me proposa de bâtir une chapelle non loin de ma demeure & qui dût servir de tombeau de famille.Oui, lui dis-je, je dois le faire.Je prends racine ici, je ne m’éloignerai probablement pas du lieu oû repose celui que j'aurais dû devancer.J'v réunirai le corps de mon père et bientôt après mes restes seront déposes auprès.Mon cher père a vaincu tant d’obstacles, surmonté tant de fatigues, fait tant de dépenses pour commencer 1 établissement de cette seigneurie, «ju’il est bien que nous y reposions les uns après les autres, aux pieds d un homme qui a tant fait pour son pays et pour i6o — sa famille.Que sun souvenir nous soit une leçon 3 dit : "L’an 1663.le.juillet, a esté enterré au cimetière de Québec Jean.dit Labrie exécute le inesme jour par justice à la potence." Sous le régime t rampais, les corps des suppliciés étaient généralement jetés à la voirie.Le nommé Jean.dit Labrie fut, crovons-nous, le seul supplicié qui.pendant .ante la durée du régime français, inhumé au cimetière de Québec.Nous ignorons p nir quelle raison les autorités de la colonie tirent une exception en faveur de ce pauvre diable.Quel crime avait commis Jean.dit Labrie ?Ait Journal des Jésuites nous trouvons deux entrées sur lui."Un peu auparavant (le 15 avril ù>3) on apprit 'es nouvelles de ceux des Français qui s’étaient enfuis de Ta doussac au nombre de tj où ils avaient hvverné avec deux autres qui y restaient." "Le 5 ( juillet) arriva la chaloupe de M.L'Epine (Les-pinay) (pii portait le sr de Maze, secrétaire de M.le gouverneur.et un des iuyars de Tadoussac nommé Labrie, qui fut pendu le lendemain.” QUESTION Le juge en chef Jonathan Sewell était un homme très entreprenant.Il construisit à Québec une église, (Trinity Church ), un hôtel (Union Hotel) et un théâtre.On me dit que ce théâtre était dans les environs de l’église Saint-Patrice.Où trouverais-je l'histoire de ce i défit re : XXX 1 1) Archives (le lu province de Ollf-hrr LES GRATIFICATIONS DU KOI A LA NOUVELLE-FRANCE EN 1669 Estât de ia dépense que le Roy veut et ordonne estre laite par Mr.IC tienne Jehannot, sieur de Bartillat, garde de -on J réss»r Royal pour le payement tant des gratifications que Sa Majesté a accordées aux officiers des troupes restées en Canada que celles qui y doivent passer, ensemble a plusieurs habitante dudit pays, hospitaux de religieuses et au clergé, qu'autres dépenses extraordinaires, ainsy qu’il en suit : Premièrement.Aux officiers tant des troupes qui sont en Canada que de celles qui y doivent passer au nombre de trente cinq v compris quatre gentilshommes qui y doivent aller la somme de s,x mille livres Gc gratification que Sa Majesté leur a accordée en considération de leurs services.6000 1.Au Sr de La Motte, premiei capitaine, commandant les quatre compagnies d'infanterie restées au dit pays par gratification.1000 1.Au Sr de Yillieu, cy-devant lieutenant au régiment de Linières aussy par gratification.600 1.A un médecin français la somme de 1200 1., savoir 600 1.pour luv donner moyen de se mettre en esquipage pour servir au dit pays et y exercer la pharmacie, et pareille somme de 600 1.pour une année de ses gages.1200 1.A dix jeunes gentilshommes qui doivent passer au dit pays par gratification pour distribuer entr’eux cy.i20O 1.A l’aumosnier du régiment de Carigaian qui va au dit Pa>’s.300 1.A deux damoiselles qui passent au dit pays 600 1.chacune par gratification.X200 1.Au sieur Couture, ancien habitant de Québec, qui y sert d’interprète.400 j Au sieur Rollan, habitant de l’ancienne France, passant à la Nouvelle.^OQ ] A une Sauvagesse en considération de son mariage dans le dit pays avec un Français.1150 1.Au sieur de Chambly pour luy donner moyen de bastir un moulin au dit pays.".^oo j — 105 — Au sieur de Brucy, lieutenant réformé, par gratiffica-tion, en considération de l'establissement ir de cet esprit ou de leur diet ou par le conseil des autres intentassent des procès sur ce su jet.11 y aurait plus de procès dans ce pays qu’il n’y a de personnes et comme les juges sont obligés de juger suivant es regies, dont ils commencent d’avoir quelque teinture en les appliquant à des affaires où l’ignorance a fait qu’on n’en a point observés, ils seraient obligés de faire mille injustices ’ ee que j aurais cru faire moi-même, Monseigneur, si je — i75 — in y étais entièrement assujetti dans plusieurs procès us les partages qui ont été faits jusqu’à présent, qui fit défense d'intenter aucun procès au sujet des comptes de tutelles et des renonciations que les femmes ont dû faire a la communauté de leurs maris, et qui lit défense aux juges de recevoir les parties a plaider sur ces matières.Ivnfin, Monseigneur, une déclaration qui validât tous les décrets qui sont intervenus et tous les autres actes et contrats qui ont été passés jusqu’à présent et les droits que les particuliers ont acquis les uns contre les autres, excepté dans les matières odieuses comme les actes et contrats où il y aurait de l’usure, du dol, de la fraude et les possessions où il y aurait de la violence ou de l’autorité.Ce n est que par là, Monseigneur, que vous pouvez mettre la paix et la tranquillité dans ce pays, lequel sans cette précaution si juste sera toujours malheureux et hors d’état de pouvoir augmenter ces habitans qui devraient être occultés a cultiver leurs terres étant obligés de les quitter tous les jours pour soutenir de mauvais procès.Je connais ce mal, Monseigneur, par toutes les affaires qui viennent continuellement par devant moi et dont on peut vous dire que j ai été accablé depuis que j y suis parce que ces pauvres habitans me trouvant d’un accès facile et n’étant point obligés de mettre la main a la bourse pour plaider, il n'y a guère de jour que je n’aye rendu plusieurs ordonnances sur toutes les affaires qui se sont faites entre eux avant que j'y arrivasse ; il y en a même qui craignant les procès, viennent ni en demander pour empêcher ceux qu’on pourrait leur faire à l’avenir, l’ignorance où ils sont leur faisant craindre les moindres menaces qui leur sont faites sur ce sujet pur d autres aussi ignorants qu’eux. '/ — J ai I honneur de vous dire, Monseigneur, que si Sa Majesté leur donne la déclaration que j’ai l’honneur de vous demander pour eux, il est nécessaire pour assurer la propt tété des terres à ceux > < en i acheter moyennant une grosse redevance et n-,,- H h ssXfi Xi rt'’'" hai,i,i'"s tireront ancnn profit c-!;WS ' •M',"Selg:"n"'' * titre pour les vexer Il V a encore un avantage qui est, à ce que je crois o k; les intent,uns de Sa Majesté que quelques sUom.Vs ont* sei^ur tîi,esMl',,tanS; ,,OUr™Us k faire entendre, Mou- ver* ml,» V S,SairC ,|UC J a,e rh:,nne«r flf vous obser-\cr que es -Non,lands étant venus les premiers dans ce \s - établirent d abord la coutume du Vexin.comme cette o'-uv i I s‘,un,,s a Ia coutume de Paris, pour ce qui reP , e la dite mouvance ayant conservé la coutume du Vexin conn e leurs vassaux et leurs tenanciers parce qu’elle leur es plus avantageuse, il me semble que ce serait encore un
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