Bulletin des recherches historiques : bulletin d'archéologie, d'histoire, de biographie, de numismatique, etc. /, 1 septembre 1926, septembre
LE BULLETIN DES ~ ’ :itks Historiques VOL.XNX1I LEVIS SEPTEMBRE 1926 No 9 FRANÇOIS JUCHER K AU UE VAULEZAR Voici un personnage canadien bien peu connu.11 est vrai que presque toute sa carrière s'écoula en dehors de son pays natal.François Juchereau de Vaulezar naquit à Beauport le i6 septembre 1670.11 était le neuvième enfant de Nicolas Juchereau de Saint-Denys, seigneur de Beauport, et de Marie-Thérèse Giffard.François Juchereau de Vaulezar se destina à la marine dès son bas âge.Dans la liste des officiers et gardes de la marine choisis par le roi pour servir sur Y Indiscret (pie l’on armait à Rochefort en mars 1693 P01-11' passer au Canada on trouve les noms de MM.de Lorme.de Tilly et de Vaulezar.Mais il est certain que ce dernier servait déjà comme garde de la marine depuis quelques années.Le 14 janvier 1697.M.de Vaulezar recevait ordre de servir sur YAtalantc ou le Wesp, avec MM.de Chastrier et de Marillac.On voit qu’en 1703 M.de Vaulezar commandait le vaisseau le P ni y, et qu’il fit un voyage en Guinée.D’autre part, il.est.certain que la même année 1703 le roi de France accorda un brevet d’enseigne de vaisseau à M.de Vaulezar à condition de lever et d’équiper une compagnie de cinquante hommes.2522 — 514 — Le 24 janvier 1703, le ministre écrivait à M.d’Iberville qu’il acceptait qu’il fasse usage de la Loire au lieu du ll’csp pour son voyage de ia Mobile.Il écrivait en même temps à M.Bégon de faire passer par la Loire les compagnies que MM.de Yaulezar et de Chàteauguay étaient à lever, si elles étaient prêtes.Mais nous croyons que M.de Yaulezar ne leva pas la compagnie en question.C’est ce que nous apprend la lettre suivante en date du 27 août 1709 qu’écrivait le ministre à M.de Yaulezar : ‘lia été présenté des placets au Roy pour demander la compagnie que Sa Majesté vous a donné à la Louisiane, since qu'on a su que vous 11’avez point encore paru en ce pays là pour la commander; comme Sa Majesté vous a donné tout le temps dont vous avez eu besoin pour rétablir votre santé à l’occasion de ’laquelle vous êtes resté en France, il est temps désormais que vous me fassiez savoir si vous voulez aller à votre emploi ou le quitter, cette place ne pouvant pas rester plus longtemps sant être remplie.” (1) Le 10 décembre 1709- le ministre répondait ainsi à une proposition de M.de Vaulezar: J a1* reçu la lettre que vous m’avez écrit le 23 du mois passé pai laquelle vous proposez le S.de Morienne", Ter sous-brigadier des Gardes de la marine, pour aller tenir votre place de capitaine d infanterie a la Louisiane, en vous laissant servir en qualité d’enseigne de vaisseau en France; je vous ai fait savoir que Sa AI ajesté ne vous accorderait ce changement que pour une autre enseigne ; ainsi ce sera à vous à en cheichei quelqu un a qui cela conviendra, cette grâce ne pouvant vous être accordée à d'autres conditions.” ( i) M.de \ aulezar, après avoir obtenu une compagnie en Louisiane, ne se souciait pas de passer dans ce pays.Le 2t mai 171-.il demandait au ministre de donner sa compagnie a son enseigne le sieur de Grandville et de lui permettre de rester en France.M.de Vaulezar avait acquis la charge de capitaine giéné-ral garde-côte de la capitainerie de Roquedeville, en Normandie, et c est probablement ce qui le retenait en France.(1 > Archives de la province de QuC-bee. — 515 L'annee suivante, le 31 janvier 1713.le ministre écrivait à M.de Beauharnois: , Le St.de \ lulezar nia écrit c|ue néstant point en état d aiiei set vir a la Louisiane, il est dans le dessein de pas-set à St.Dontin^ue.je serai bien aise de savoir ce niai—Le ministre écrit à d’Auteuil qu’il est aise d’apprendre le mariage de sa fille avec le marquis de Crisafy.31 mai — Le ministre écrit au marquis de Crisafy qu’il est surpris qu il se soit formalisé de ce que M.de Champion}’ soit allé à Montréal sans l’en avertir.Autres griefs contre lui, voir Richard 341, (Archives, 1899) 31 mai — Le ministre écrit à Provost que l’évêque prétend avoir fait tout en son pouvoir pour le réconcilier avec M.de Crisafy.Autre difficulté avec Champignv, Richard 341-3- _ ’ 1702—Le marquis commande à Québec (Doc N F 1 605).’ ‘ ‘ ” ‘ 6 mai — Le roi décide que Crisafv commande dans le gouvernement particulier de Québec, en l’absence de Callières, en observant que, si celui-ci et Vaudreuil faisaient tous — 5 27 — deux défaut, ce serait M .de Ramezay qui aurait par intérim, le commandement général de la colonie.Vers i 754 on régla que le gouverneur de Montréal aurait rang de colonel, ainsi que les gouverneurs des T.-R.et de Québec.Le plus ancien remplace le gouverneur et c’est ordinairement celui de Montréal (Bougainville, 1757).1703.25 mai —• Crisafy lieutenant de roi à Québec est témoin au testament de M.de Callières (M.S.R.1890 1,-iïo).30 mai — Le marquis de Crisafy est nommé gouverneur aux Trois-Rivières.1704—On blâme de Crisafy d’avoir libéré La Ferté, Richard, ( Archives, 1899, P- 365).1705, 17 juin — Le ministre écrit à Crisafy qu’il est content d’apprendre de lui qu’il a fait des efforts pour encourager la culture du sol dans son gouvernement des Trois-Rivières, particulièrement la culture du lin.Le fer, qu’il dit fcêtre en abondance, pourrait être exporté en France.9 octobre — Sa femme décède.1707, 30 juin — Le roi trouve très étrange et très blâmable le procédé par lequel Ramezay, Crisafy, Galifet, Lan-gloiserie et Louvigny, par une lettre commune, font des représentations sur leurs appointements.Ce procédé est inconvenant.Mérite jour — Le ministre à Crisafy: L’affaire de l’exploitation des mines de fer doit être remise à la paix.Ne peut, pour l’instant, augmenter ses appointements.1708, avril — M.de Crisafy gouverneur aux Trois-Rivières, et Madame de Yarennes, ancienne gouvernante, sont parrain et marraine aux Trois-Rivières.6 juin — Le ministre écrit à Crisafy qu’il a prié Raudot d’examiner la question de l’établissement d’une fonderie aux Trois-Rivières.1709, mi-janvier — M.de Vaudreuil est aux Trois-Rivières et dit que Crisafy a parfaitement fait exécuter les ordres que M.de Ramezay lui avait envoyés pour avertir les habitants de se tenir sur leurs gardes.6 mai — Sépulture, aux Trois-Rivières, de M.de Crisafy. 5->8 — La succession Crisafy donna environ 2,000 francs.La Compagnie d’Occident réclame la droit d’aubaine.Crisafy avait fait un testament en 1676 en faveur du commandeur de Crisafy e*t, à son défaut, a son neveu le chevalier de Crisafy, mais Louis XI\ ne reconnût pas cet acte comme valide et il donna ses biens à un abbé d’Avesne, 171 ;, 7 juillet — Le ministre à Monseignat.Il est satis! ail de sa conduite au sujet de la succession Crisafy et de la part (jui en revient au comte d’Avesne, à qui le roi avait disposé de cette succession.CeLte année probablement, le fermier du domaine d’Occident reclame les droits qu’avait possédés la compagnie des Indes Occidentales; laquelle avait eu ceux dont jouit le souverain et notamment, le droit d’aubaine.Il eut gain de cause.1712, 19 avril — Versailles.Arrêt du Conseil d’Etat qui révoqué le don fait par le roi en faveur de l’abbé d’Avesne par droit d’aubaine et maintient le fermier du domaine d’Occident dans la jouissance de ces biens, parce que le marquis de Crisafy n était point naturalisé.171 °; 10 mm Le roi .à Vaudreuil.Il a bien fait de taire saisir les biens de la succession du marquis de Crisafv Le jugement de Raudot là-dessus est bien fondé puisque Crisafy n était pas naturalisé., }7t L3- 3 juillet l’arrivée de Galifet, res, qui commande 1 tion.( APrès la mort de Crisafy et jusqu’à c’est Cabanac, major des Trois-Riviè-a place ; il reçut plus tard une gratifica- our les i reres inc Ï Zl - Juchcreau-Duchcsnay, 96-97; J.-Edmond Roy, K?nP;P ! 'Cf A)'cjnvcs de France, p.529.Daniel, Nos (/loues nationales.II, 286 et 304, enfin le Bulletin des Re- xxu LxnTeTxxîvV0ls n* v’ VI’ XIV’ XVI1- XX, E.-Z.Massicottr QUESTION1 H n’y a pas Nouvelle-France Pourquoi ?eu de concessions de seigneuries dans la de 1717 à 1727, soit pendant dix ans.Cur, — 529 — MEX01RES A BILLOTS ET PANNEAUX Dans les premiers jours de la colonisation de la Beauce, le transport des effets se faisait soit en canot, avec de nombreux portages, soit à dos de cheval, en suivant les rives de la Chaudière ou les sentiers tracés par les Sauvages à travers les Lois.Le premier véhicule employé par les habitants de la Beauce, lorsqu'ils eurent à descendre leurs produits à Québec ou à en remporter ce qui leur était strictement nécessaire, fut les "menoires à billots”.Ces “menoires à billots” étaient composées de deux perches d’érable ou de merisier, de douze à quinze pieds de longueur, reliées à peu près au milieu à une bille de bois rond fixée par des chevilles de bois d’érable.On plaçait sur cette bille les effets, qui devaient y être attachés bien solidement.Une des extrémités de ces perches traînait à terre tandis que le bout de l’autre côté de la bille servait de brancards pour y atteler un cheval ou un boeuf.Ce véhicule tout à fait original était le seul qui pouvait transporter une charge assez lourde dans les chemins à peine ouverts.Les cantons de la Beauce avant leur colonisation étaient sillonnés de chemins de sucrerie, que les habitants des seigneuries construisaient en commun pour se rendre aux belles érablières dont la région était parsemée.Ces chemins de sucrerie étaient très étroits, mais avaient quelquefois une longueur de quinze, vingt et même plus de trente milles en pleine forêt.Ils étaient censés ne servir que lorsque la neige en avait couvert les souches, troncs d’arbres (corps morts), branches, racines et cailloux.Avant même la fin de la saison du sucre, la neige était disparue, et il fallait, par ces mêmes chemins d’hiver, sortir le sucre des bois, alors on se fabriquait des “menoires à billots” très fortes qui remplaçaient la traîne d’hiver.Un autre moyen de transport a été le “panneau” qui était une selle formée d’un large morceau de toile très forte dont on couvrait entièrement le dos d’un cheval ou d’un boeuf.Cette toile pendait de chaque côté de l’animal et elle avait deux grandes poches, l’une à droite, l’autre à gauche, dans lesquelles on plaçait facilement toutes sortes d’effets.Cette selle avait un siège formé d’une peau de mouton et d’étriers.Le “panneau” est mentionné dans grand nombre d’inventaires de successions des habitants de la Beauce; son usage s’est conservé jusqu’à ces dernières années, surtout dans le commencement des établissements au milieu de la forêt dans les cantons éloignés des centres habités.Philippe: Angers UNE ORDONNANCE INEDITE DU GOUVERNEUR DE LAUZON Le Sieur de Lauson Conseiller ordinaire du Roy En ses Conseils d estât et privé Gouverneur Et Lieutenant général pour Sa Majesté en la Nouvelle France esten-chie du fleuve Sainct Laurens, Estant nécessaire de pourvoir à la retraicte Et à la suieté des habitants de Quebecq en cas que les Ennemis y tissent Irruption, Et comme le lieu de Québecq est tout ou\ei t et sans defense la maison des Révérends pères Jésuistes seule capable de retirer nombre de personnes et de familles en une telle occurrence Et jugeant à propos que cette maison soit mise en estât défensable y faisant des flancs pour résister aux Ennemis en cas d’attaque, Nous avons prié les dits peres Jesuistes de fortifier leur maison de Quebecq y faire des* Canonnières et Saillies pour la flanquer en sorte que l’on s’y puisse défendre contre les attaques des Ennemies mesme y avoir des pierriers et autres petites pierres pour s’y défendre.De cc t40 par d’autres lettres émanées du roi.( Annuaire de la noblesse, Paris, 1866, page 417).En 1636, Guillaume de Caen était sergent-major de l’escadre de Bretagne et commandait le Saint-Michel.Il était capitaine depuis 1619.I) après Bachelin-Deflorenne: “Etat présent de la no-Hesse française en 1873", il y avait à Paris, M.le comte de Caen, originaire de Caen, dont les armes: d’azur à la fleur de lis (1 argent.J ai trouvé trois familles ayant des armes ornées d une fleur de lis, .mais ces armes 11e sont pas identiques, et, pour 1 époque en question, c est a dire vers le commencement du dix-septième siècle, il était impossibles d’y rattacher un Guillaume de Caen.’ Y aurait-il parmi les lecteurs du Bulletin quelqu’un ayant une donnée plus précise à communiquer ?Rkgts Roy QUESTIONS Un a déjà posé la question au Bulletin, j’y reviens : où et quand est mort Pierre-François Fromage?Il signe au contrat de mariage de Philippe Amyot et de Marie Harnois a Québec, le 25 septembre 1694.On le dit marchand.Un document du 26 janvier 1704 le dit commis à la Prévôté de Québec.Enfin, une pièce de 1708 nous permet de dire qu’il était mort avant cette année.Le 4 juin 1715, le ministre écrit à MM.de Costebelle et Soubras au sujet de la pêche que les Anglais de Boston ont fait l'année dernière près de l’île Royale.11 dit que le Roi a donne ordre au sieur d Iberville de se plaindre au roi d’Angleterre de ces empiètements.Quel est ce M.d’Iberville ?II ne peut être question de Pierre Lemovne d’Iberville mort depuis 1706.' XXX — 533 — LES PREDECESSEURS DE GARNEAU A l’heure où Carneau se tourna vers lui, le champ de I histoire en Canada n’offrait qu’une très maigre végétation.II abondait, certes, en relations, mémoires et chroniques, niais il existait à peine quelques ouvrages dignes du nom d'histoire.Sous le régime français avait paru l'Histoire de la Nouvelle-France par le Père Charlevoix.De bon style, puisée aux sources officielles par un homme qui, de plus, avait' visité les lieux et s’était documenté sur place, elle présente de sérieuses qualités d’exactitude et d’impartialité.Mais, outre qu’elle s’arrête en 1725 pour le Canada et en 1736 pour la Louisiane, elle égare trop souvent son lecteur dans les minuties de questions purement religieuses.Elle pèche égale-™ent, selon la remarque de Garneau, par une “pieuse crédulité’’ qui mine son autorité considérablement.En dépit de quelques faiblesses, la critique doit reconnaître en Charlevoix un historien de bonne école et d’une méthode remarquablement avancée.Il est le créateur de l'histoire canadienne.Après la conquête, George Heriot, directeur adjoint des postes dans l’Amérique anglaise, fit paraître à Londres en 1804, un premier volume, sous le titre, The History of Canada from its first discovery.Dans sa préface, l’auteur avoue, en toute franchise, que la plus forte partie de son livre n’est qu’une traduction de Charlevoix.Il ajoute seulement qu’il a, de plus, consulté quelques relations de voyage.Son travail ne dépasse pas les dates où s’arrête celui du Pète Jésuite.Evidemment, laissé à ses propres ressources, Heriot abandonna la tache de poursuivre seul son chemin : le second volume ne vit pas le jour.Simple compilation, fortement abrégée, l’histoire de Heriot ne se recommande par aucune qualité particulière.La monotonie de son récit chronologique s’augmente encore de l’enchevêtrement d’un style diffus et pénible.Il lui reste le mérite d’av .ir été notre premier historien en langue anglaise.Quelque vingt ans plus tard, William Smith, qui l’avait terminée en 1812, publie en 1826, sous la date de 1815, une History of Canada from its first discovery to the year 1792.En l’abrégeant , il s’inspire, autant que possible, de Charlevoix.Pour la suite, il a utilisé nombre de documents officiels, — 534 — ainsi que des renseignements obtenus sur place et souvent des personnes mêmes qui ont pris part aux événements.Substantielle compilation de faits, enfilés les uns après les autres sans choix ni méthode, ses deux volumes accusent franchement l’absence de critique, l’insuffisance du style, et l’espoir d’établir la supériorité de l’anglo-saxonisme.Smith a, tout de même, dans la dernière partie de son livre, fait oeuvre de pionnier intelligent et documenté.Ses jugements sur les premières années du régime anglais représentent une opinion contemporaine fort respectable.Enfin, grâce à lui, sont venus jusqu’à nous des documents, aujourd’hui perdus, qu’il a reproduits ou cités libéralement.Le premier Canadien à tenter l’oeuvre historique fut François-Joseph Perrault, celui-là même qui avait donné à Carneau des leçons d’histoire.Son travail n’est, de fait, qu’un manuel pour les écoles, mais il est aussi plus et mieux que cela, du moins pour le régime anglais.Toute critique, il faut l’admettre, est inexistante dans ce livre écrit par un fonctionnaire, qui en avait l’âme; mais on y trouve d’abondantes pièces documentaires.Sur nombre de faits, son bouquin a, de plus, la valeur d’un témoignage oculaire.Ainsi, tout rudimentaire qu’il soit de composition et de style, il vaut sur plusieurs points d’être consulté même de nos jours.Avec Michel Bibaud, dont le premier de ses deux volumes parut en 1833, se présente une oeuvre plus considérable.A base de Charlevoix et de Smith, additionnée d’ouvrages subséquents, sa documentation qui 11e s’aventure guère hors de l’imprimé, couvre cependant à peu près tout le champ historique.Mais insoucieux de critique et de méthode, il reçoit au hasard de toutes mains et ne sait pas assimiler ses emprunts.Maigre et malhabile, sa narration fatigue par son imprécision et son décousu.Il ne formule que rarement une idée gêner ale, mais il se risque à de brèves réflexions, marquées d une curieuse sagacité.D’une grande simplicité et d’une égale sécheresse, le style ne va pas au delà du mérite de la clarté.Tout en tenant compte de ces restrictions, l’ouvrage de Bibaud marque un effort louable et sérieux vers une présentation méthodique et complète du passé.Il a réellement atteint à l’histoire. — 535 Ces quelques prédécesseurs, Garneau, dès son premier volume, allait les surpasser et les rejeter dans l’ombre.Mais quelque modeste que soit leur contribution à notre littérature historique, ils conservent l’indéniable mérite d’avoir pétri la matière et préparé la voie à leur successeur, à qui ils ont grandement facilité la tâche (Gustave Lanctôt, François-Xavier Garneau, p.137).LES DISPARUS M gation & renonçant & fait et passé aud Québec en l’estude dud notaire après midy le dix-huite.may mil sept cent dix sept, en presence des sieurs Jacques Pinguet de Vaucour et Jean Mossion, témoins demeurans aud Québec qui ont avec les d parties et notre signés.Soupirail Pierre Courreaud de Lacoste Pinguet de Vaucour Jean Mossion Rivet (1) (1) Archives Judiciaires de Quebec. — 54- — LA FAMILLF HUOT L ancêtre de la famille Huot, à Lujuelle appartient M.Charles Huot, artiste-peintre, s’établit dans la paroisse de L Ange-Gardien, près Québec, entre les années 1668 et 1670.Comme son nom n'apparaît pas dans les recensements de 1606 et de 1(167.et qu'il se maria en 1671 à L’Ange-Gardien, on doit supposer qu’il s’y établit durant l’une des deux années précédentes.Selon son contrat de mariage passé devant Paul Va-chon, notaire royal, le 12 juillet 1671, Mathurin Huau ( Huot).était originaire de la paroisse de la Madeleine, en la ville de Segré, évêché d’Angers, province d’Anjou (1).La famille Dutertre, (Letartre), avec laquelle il s’allia par son mariage avec Marie Dutertre, fille de Réné et de Louise Goulet, était originaire de la paroisse de Saint-Pierre de la Poterie, évêché de Chartres, en la province du Perche.Le mariage fut célébré le 25 novembre 1671, dans l’ancienne chapelle de L’Ange-Gardien, par messire F.Fillon, pretre, missionnaire et desservant des cures de la Côte de Beaupré (2).Ce fut ce digme prêtre qui, quatre ans plus tard, bâtit l’église en pierre de L’Ange-Gardien.Ce temple remplaçait la première chapelle construite en colombages quelques ailées auparavant.Au recensement de 1681, on trouve Mathurin Huot établi sur la Côte de Beaupré, non loin de l’église de L’An°e-Gardien.Il a pour voisin, d’un côté, Joseph Guy on, et'de 1 autre, Réné Letartre, dont il marie la fille en 1671 Dans le recensement susdit, il est fait mention de lui ; Mathurin lluau ( Huot), 35 ans ; Marie Letartre, sa femme, 26 ans-enfants : Marie, 8 ans ; Jean, 4 ans; Louise, 2 ans ; un fusil, 3 betes a cornes, 6 arpents en valeur” (3)., Plusieurs autres enfants naquirent de ce mariage ; il n entre pas dans le cadre de la présente généalogie de faire I histoire de toutes les familles qui descendent de Mathurin (1) Voir greffe du notaire I’nul Québec, Palais de Justice, Québec.(2) Registres de la paroisse de 1,’Angr i-O Histoire des Canadiens Français p.SO.’ Vnclion.Archives de la province •Gardien, année 1671.par lienjnmin Suite, vol.de V, — 543 — Huau (Huot).Nous donnons seulement la lignée dont descend M.Charles Huot.On remarquera que le nom de l’ancêtre.Huau, est devenu Huot, et qu’il s’écrit ainsi depuis plus de deux cents ans.Généalogie de M.Charles Huot, artiste-peintre 1— Mathurin Huau (Huot).Fils de Réné Huau et de Rénée Fortier, de la paroisse de la Madeleine, en la ville de Segré, province d’Anjou, diocèse d’Angers.Marié à L’Ange-Gardien le 25 novembre 1671 à Marie Dutertre, (Letar-te), tille de Réné Dutertre (Letartre) et de Louise Goulet.II— JEAN.Marié à L’Ange-Gardien le 17 janvier 1701 à Madeleine Roussin, fille de Nicolas Roussin et de Madeleine Tremblay.III— FANCOIS.Marié à L’Ange-Gardien le 18 février 1754 ^ Marie-Louise Maheu, fille de Gabriel Maheu et de Clotilde Garneau.IV— FRANCOIS.I—Marié à Sainte-Famille, I.O., le 18 janvier 1780 à Marie-Charlotte Leblond, tille de Jean-Baptiste Leblond et de Marie-Charlotte Letourneau; 2— Marié à Notre-Dame-de-Québec le 14 janvier 1783 à Marie-Louise Robitaille, fille de François Robitaille et de Marie-Mathurine Moreau.V— JEAN.Marié à Notre-Dame-de-Québec le 29 novembre i8r5 à Geneviève Raby, fille d’Augustin-Jérôme Raby, et de Marie-Gilles Turgeon.VI— CHARLES.Marié à Notre-Dame-de-Québec le 7 février 1853 à Aurélie Drolet, Hile de Gaspard Drolet et de Marie-Antoinette Leblond.VII— CHARLES.Artiste-peintre.Marié à Paris, France, en 1888, à Louise Schlaechter, originaire du grand duché de Mecklembourg Schwerin, en Allemagne.Par ce qui précède, on voit qu’une branche de la famille Huot s’tablit à Québec vers 1800.Toutefois, quelques-uns des descendants de Mathurin Huot restèrent fidèles à la terre ancestrale.En 1908, l’un d’eux put justifier une occupation ininterrompue de deux cents ans par les descendants de Mathurin Huot.Nous empruntons au Livre d'or de la No- branche demeurée sur le .1671 .Marie Letarte.T7or .Madeleine Poussin.• 1/33 • .Françoise P'iset.17(18 .Geneviève Lefrançois.1807 .Marguerite Marois.• (837 .Marie Beaudoin.1868 .Henriette Gagnon.— 544 blesse rurale, la généalogie de bien ancestral depuis 1(170 ( 1).hamille Huât, de l,'Auge-Gardien.Mathurin.167 r Jean.Jean-Thierry.1733 Mathurin.Pierre.Chrysostôme.Joseph-Chrysostôme.w y Notice biographique de M.Charles H not, artiste-peintre Charles Hunt est né à Québec du mariage de feu Charles Huot, marchand, et de dame Aurélie Drolet.Il suivit dabord les cours de l'Ecole Normale de Québec, où il se distingua par ses succès dans les classes du dessin.A la même époque, il commença a s’adonner à la peinture, et plusieurs toiles du jeune élève attirèrent sur lui l’attention ' " ue.A 19 ans, il partait pour 1 Kurope, plein de confiance dans l’avenir et bien décidé de travailler avec ardeur sous la direction des maîtres français.Laissons ici la parole au correspondant d’une revue française "Le Men et le Beau" publiée a Paris.Pierre de Melville écrivait récemment ce qui suit : M.Charles Huot, qui est bien Canadien Français, puisqu’il est né à Québec, vint à Paris à l’âge de 19 ans.Il passa cinq années a notre Kcole des Beaux Arts, où il fut un brillant elève de Cabanel.A vingt et un ans, il envoyait au Salon son premier tableau: “Le bon Samaritain,” qui est, depuis, au musée de Pontoise.11 participa a plusieurs Salons consécutifs et a d autres expositions, notamment à l’exposition universelle de Paris, en 1878, avec des scènes canadiennes qui lui valurent des diplômes et des médailles.Après avoir visité 1 Espagne, l’Allemagne et l’Italie, il séjourna dix-sept ans en Prance.Le maître Beaudry le chargea de copia ses décorations de 1 Opéra, copies qui servirent à exécuter des tapisseries genre Gobelin.M.Huot a fait aussi des (1) Voir : Le Livre d’Or de la Noblesse rurale, p.9.-,.15 illustrations pour des ouvrages édités à Paris, entre autres, “L'art d’être grand-père,” de V ictor Hugo, et “La civilisation des Arabes, du Dr Lebon.” Pendant son séjour en France, M.Huot sut se créer une réputation de peintre remarquable : on trouve son nom dans le Dictionnaire des Artistes français, publié à Paris il y a quelques années déjà.Mais il tardait à M.Huot de revoir sa ville natale.En 1X98.il revint définitivement à Québec, où déjà une belle réputation d’artiste-peintre l’avait précédé.En 1900, M.Charles Huot faisait une première exposition à Québec.Une centaine de tableaux, portraits paysages, tableaux de genre, aquarelles, etc., furent exposés.Ce fut une véritable révélation pour la population québécoise.Pendant un mois on vit défiler des milliers de visiteurs dans les bâtisses du Parlement, où avait lieu l’exposition.Des scènes de la vie canadienne, et des paysages représentant certains endroits bien connus de la région de Québec, attirèrent tout particulièrement les regards des visiteurs.La presse du pays lit l’éloge de M.Charles Huot en termes très flatteurs.M.J.-P.Tardivel, dans la Vcritc.de Québec, lui consacra un article très élogieux qui résume bien la pensée populaire.Nous en donnons la conclusion: “M.Huot est un peintre de chez nous, bien qu’il ait étudié longtemps en Europe.Il cherche de préférence ses inspirations dans 110s campagnes, nos forêts, au bord de notre grand fleuve, et au foyer de l'habitant.C’est pour cela que son exposition a vivement intéressé le public de notre ville qui aime la note canadienne.” L’exposition toute personnelle que fit M.Charles Huot en 1900 fut un triomphe indiscutable.Les journaux et les revues se plurent à faire l’éloge de l’oeuvre de M.Huot.M.Léon Ledieu, dans Le Monde illustré, de Montréal, et M.Louis Fréchette, dans Le Soleil, de Québec, publièrent des études remarquables.Un critique d’art de Québec, bien au courant du mouvement artistique, M.Nazaire Levasseur, lui consacra un bel article qui se termine par les réflexions suivantes : "M.Huot est un peintre du terroir.En général, il crée.Les trois quarts de ses tableaux sont des originaux.Il est 546 — scrupuleusement exact et dans la ligne et dans le coup de pinceau.Il sait reproduire fidèlement la nature.Dans ses paysages, on se retrouve immédiatement et l’on nomme d emblée l'endroit, même s’il s’agit d’une simple route au milieu d’un bois.Deux ou trois points des Laurentides formant perspective suffisent pour s’orienter.C’est dire que chez lui l’impression est profonde, la mémoire et le coup-d’oeil sont remarquables.f "Ce qu’il y a d’intéressant et de précieux pour nous, c’est que M.Charles Huot se plaît à chanter et à célébrer, dans ses tableaux, notre pays, son histoire, ses scènes de moeurs, ses paysages, ses forêts, ses rivières, avec leurs cascades, etc.En un mot, AI.Charles Huot vient de se révéler peintre vraiment remarquable.” La liste des oeuvres de Al.Charles Huot est considérable.Nous n’entreprendrons pas de la dresser au complet.Qu’on veuille nous permettre d’en signaler quelques-unes : Parmi les portraits, mentionnons: Sa Sainteté Pie X conservé à l’Université Laval, l’abbé Lindsay, Mgr T -g’ Rouleau, Mgr Horan, Mgr Langevin, les abbés Chandonnet et Legaré, anciens principaux de l’Ecole Normale de Québec; 1 honorable, Al.Letellier de St-Just, l’honorable Thomas Chapais, Mgr Laflamme, ancien professeur à l’Université Laval de Québec, les supérieurs des collèges de Lévis et de Chicoutimi, les juges F.-X.Lemieux, Casault, Aleredith, l aschereau, Aylmer, Sévignv; l’honorable Cyrille F Délâ-ge, etc, etc.M.Huot excelle dans les tableaux d’histoire.A l’occasion du 3eme centenaire de la fondation de Québec, ses talents d artiste et ses connaissances en archéologie et en histoire furent mises à contribution par le Comité général de cette fete dans 1 illustration des costumes et des drapeaux de 1?MUH ‘T M ?tous lcs *«**.C’est sons la direction de M.Huot que lut construit le “Don de Dieu” qui figura aux grandioses fêtes de 1908.Le Parlement de Québec possède un grand tableau historique intitule: Le premier Parlement de Québec en 1791 ” Ce tableau seul, avec le plafond de la même salle, sur lequel ;yr’f!iarles Um\ a Pc,nt touchante allégorie historique, ont *c suJet est la devise de la province de Québec, “Je me souviens," suffirait à illustrer son auteur, mais M.Charles Huot a un grand nombre d’autres tableaux à son crédit ; la liste des oeuvres de notre peintre québécois fournirait la matière à une jolie brochure.Nous ne saurions passer sous silence la verrière si remarquable que l’on admire à la bibliothèque de l’Assemblée Législative, composition originale au bas de laquelle on a justement inscrit: ‘‘Je puise mais n’épuise”.Parmi les tableaux de genre, paysages et scènes d’intérieur canadien, signalons les tableaux exposés en 1900 au Parlement le Québec : “Le Laurier”, scène de moeurs politiques; “Labour d’automne”, scène champêtre qui a été achetée pour le Musée d’Ottawa: "Le Père Chatigny”, “Le Père Godbout’ et "Le Sanctus à la maison”, sont des scènes d’intérieur canadien vraiment remarquables; le “Sanctus”, surtout, est une oeuvre de toute première valeur artistique.Pamphile Lemay lui a consacré une jolie poésie.Parmi les paysages canadiens signalons: “Effets de lune sur le Saint-Laurent”, “Coucher de soleil au bout de l’Ile”, “La chute Montmorency”, “Le Petit Saguenay”, “Les marches naturelles”, “Le lleuve Saint-Laurent en hiver”, “Le chemin de la Boule à Lorette”, “La rivière Batiscan”, “Les gardeuses d’oies”, “La huronne”, etc; “Le remouleur”, scène parisienne, “La vieille fileuse” et “Les glaneuses”, tableaux exposés au Salon de Paris en 1884, et combien d’autres nous pourrions mentionner.La qualité première des tableaux de M.Charles Huot est qu’ils sont franchement canadiens.La synthèse de son oeuvre est l’application de l’art européen à la belle nature et à l’histoire de son pays.11 a su poétiser quelques-unes des pages les plus intéressantes de notre histoire ainsi que quelques-unes de nos moeurs champêtres, etc.Il a relevé à nos propres yeux les beautés incomparables de notre patrie en les idéalisant sur la toile.En un mot, ses tableaux font mieux aimer notre patrie canadienne.Ajoutons que M.Charles Huot est loin d’avoir terminé sa carrière artistique; son pinceau n’est pas oisif: portraits, tableaux d’églises, et autres sortent périodiquement de son atelier.Il prépare actuellement un grand tableau d’histoire: “L’ouverture solennelle du Conseil Souverain”, — 54» — en 1663.Il nous a été donné de voir l'esquisse de ce beau tableau: elle est simplement délicieuse.Espérons qu’avant longtemps nous pourrons admirer cette oeuvre vraiment magistrale dans la grande salle du Conseil Législatif, pour laquelle elle est destiné.Hormisuas Magnan LES DISPARUS _ Pierre-7 hcophilc Leg aré—Né à Charlesbourg le 12 février 1851, du mariage de Pierre Legaré et de Eulalie Renault.Il débuta dans les affaires en créant, avec son père, une industrie d’instruments aratoires.En 1877, il se lançait dans les affaires pour son propre compte.L’année suivante, il achetait la Cossitt Co., de Brockville.En 1890, M.Legaré entrait en société avec M.Latimer, manufacturier de voitu-1 es, de Montréal.Cinq ans plus tard, il achetait les intérêts de M.Latimer et continuait les affaires sous son propre nom.En 1910, M.Legaré constituait en corporation la maison P.-T.Legaré Ltée qui, en 1921, devint la Compagnie P.-T.Legaré Ltée avec un capital actions de $5,000,000.La Cie P.-f.Legaré fait aujourd’hui'affaires à peu près dans tous les centres de la province de Québec.En 1919, Sa Sainteté Be-Iioit X\ créait M.Legaré commandeur de Saint-Grégoire-Ie-Grand.Cet homme d’affaires remarquable décéda à sa maison de campagne du lac Legaré.dans la paroisse de Sainte-Rose, comté de Téniiscouata, le 9 juin 1926.George-Manly Muir -— Né a Amherstburgh, comté d Essex:, Ontario, le 16 avril 1807, du mariage de Charles-Adam Muir, major au 41e Régiment de Sa Majesté, et de Elisabeth Lender.Admis au barreau le 25 mars 1830, M.Muir fut le premier greffier du conseil exécutif de la province de Quebec sous le régime de la Confédération.II fut en-smte greffier de l’Assemblée législative de la province de Quebec.Converti à la foi catholique à l’âge de douze ans, M.Muir fut un des bienfaiteurs insignes du Bon-Pasteur de Quebec Les services qu’il rendit à l’Eglise lui valurent lé tire de chevalier de Saint-Grégoire-le-Grand.Décédé à Québec le 7 juillet 1882.^ — 549 — LA MERE CECILE DE SAINTE-CROIX La Mère Cécile de Sainte-Croix fut une des Ursulines qui eurent la gloire et le mérite de venir fonder le monastère de Québec avec la Mère Marie de l’Incarnation.La Mère de Sainte-Croix est peut-être moins connue que ses compagnes de mission ; elle n’en mena pas moins pendant les quarante-huit années quelle a passées dans la Nouvelle-France une vie utile et édifiante.La Mère Marie de l’Incarnation, qui avait toujours le mot juste, a dit de la Mère Cécile de Sainte-Croix quelle était une "religieuse parfaite.” Dans l’ouvrage intitulé Les Ursulines de Québec depuis leur etablissement jusqu'à nos jours, il est dit de cette vénérable compagne de la Mère Marie de l’Incarnation : Semblable a la violette au milieu des lis, aimant la vie intérieure et cachée en Dieu, la Mère Cécile de Sainte-Croix fuyait avec soin tous les rapports inutiles avec un monde auquel elle avait renoncé.Son unique délassement en ce pays fut l’étude épineuse des langues sauvages, et ses plus chères délices furent toujours d instruire les petites Algonquines et les Montagnaises, dont elle parvient à parler avec facilité les langues respectives.Durant près d’un demi-siècle la Mère Cécile de Sainte-Croix partagea avec un courage héroïque les privations, les peines et les fatigues des premières religieuses de ce monastère.De combien d’épreuves sa vie ne fut-elle pas traversée, surtout pendant les longues années qu’elle survécut à ses saintes compagnes! En 1686, à l’âge de 77 ans, elle eut la douleur de voir brûler pour la seconde fois son monastère, et elle mourut au milieu des incommodités qui en furent la suite.” La lettre de la Mère Cécile de Sainte-Croix que nous donnons ici provient des Archives départementales de Rouen et est inédite, croyons-nous.LETTRE DE LA MERE CECILE DE SAINTE-CROIX A UNE DE SES COMI'AGNES DE FRANCE Ma Mère très chère, La paix et amour de Nostre Seigneur.J’avois proposé de garder vostre lestre à escrire la dernière afin de vous don- — 550 — ner tout le temps mais i’ai veu que ’ien avois sy peu que i’ai tout quitté le reste, ie n'ay point assez de mortification pour vous escrire si en bref sçachant d’ailleurs que vous attendez cette lestre avec impasience et que ie vous priray bien de me faire acquiter de celles qui me resteront necessaires comme à monsieur de La Tour.Je vous escrivis sur la mer environ à cent cinquante lieues de diepe par les pécheurs.Je ne sçais sy vous avez reçue la lestre.Dieu mersi nous avons esté préservée du danger des navires que ie vous mandois mais nous en avons bien encouru d’autres que ie vous diray.11 m’a souvent passé par lesprit spesiallement durant le mal de la mer qui est ce en quoy i’ay le plus souffert et qui a le pluj long temps duré.Je tacheray de bien vous dire tout afin que vous vous y attendiez, quant vous en viendrez là.Pour ce qui est de la nouriture en quoy pour l’ordinaire on endure beaucoup sur mer et de quoy i’ay ouy plusieurs se plaindre, nous avons este exemptes de cela et beaucoup mieux traictées que nous n eusions este en nostre maison particulièrement pendant que nous avons esté dans le navire de monsieur Bon-temps quy av.ut donne ordre qu’on ne nous resfusast aucune chose c e ce que nous demanderions.C’est.Dieu merci, la moin-.e mortification que l’on a que le manger.Je l’ay expérimente.Xous nous sommes veues plus contentes avec ‘, la ,n,aïs d’en haut, ont dé-au (|ue deux sauvages outawas, avoient avoué nue pom se venger c e quelque affront prétendu, ils avoiént mme le detestable projet d’épier qudqu’Àng ois poü ¦ s asMiier ; mais qu après qu’ils eurent commis l’action ils avoient trouve que c’étoit le feu époux de votre sud pliante, ce qui les affligea beaucoup, vû que c’étoit une’ personne qu ,1s aimoient et respectaient extrêmement me sur les Z ^ *'1 .Cra,nte des ,oix se répande mê-: sauvages qui commenttent des crimes d’une ?oex?s s ;otrrsupp,iante ^zzi ac uels de NiZZ
Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.
Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.