Bulletin des recherches historiques : bulletin d'archéologie, d'histoire, de biographie, de numismatique, etc. /, 1 juin 1928, juin
LE BULLETIN DES Recherches Historiques VOL.XXXIV LEVIS — JUIN 1928 No 6 LES CONCESSIONS EN ElEIf ET SEIGNEURIE SOUS LE REGIME ANGLAIS On est généralement sous l’impression que les seules concessions en fief et seigneurie sous le régime anglais furent celles de Murray Lav, Mount Murray et Schoolbred.Il y en eut quelques autres.Nous donnons ici un résumé des concessions en fief et seigneurie du régime anglais d’après les actes même de concession.On constatera par ces textes que les concessions de Saint-George, Saint-Normand.Argv-le et Thwaite ne différaient guère de celles de Murray Bay, Mount Murray et Schoolbred.Murray-Bay (27 avril 1762) — Acte de concession de James Murray, gouverneur de Québec, à John Nairne, capitaine au 78ème Régiment d'infanterie de Sa Majesté: “ Whereas it is a national advantage and tends to promote the cultivation of lands within the province to encourage His Majesty’s natural-born subjects settling within the same : _ .“ For these purposes, and in consideration of the faithful services rendered by John Nairne, Esquire, Captain in the 78th Regiment of Foot, unto I lis Majesty, 1 do hereby give, grant, and concede unto the said Captain John Nairne, his heirs, executors, and administrators for ever, all that extent of land lying on the north side of the river St.Lawrence from the Cap aux Oyes, limit of the parish of Eboule- mens, to the south side of the river of Mal!taie, and for thre leagues back, to he known hereafter at the special requestor said John -\ air ne, by the name of Murray’s 15a v ; firmly t-.hold the same to himself, his heirs, executors, and adminis trators for ever, or until His Majesty’s pleasure is further known, for .and in consideration of the possessor’s paviiw liege homage to His Majesty, his heirs and successors, at liis castle oi St.Lewis in Quebec on each mutation of pro-jierty.and, by way of acknowledgment, a piece of gold of the value of ten shillings, with one year’s rent of the domain reserved, as customary in this country, together with the woods and rivers, or other appurtenances within the said extent, right of fishing or fowling on the same therein in chided without hindrance or molestation; all kind of traffic \uth the Indians of the back country hereby specially excepted.” ' - 1’ublid dans l’ouvrage de M.George M.Wrong, A Canadian Manor and its Scii/ncurs.Mount Murray (27 avril 1762) —Acte de concession 1 e Janies Murray, gouverneur de Québec, à Malcolm Fra ser, lieutenant au 7_’).Aussi ne revenons-nous sur le sujet que pour signaler qu’un siècle plus tôt (tout près) un autre Belvèze se trouvait en Canada, et probablement dans ['armée.* * * Le 12 janvier 17(10, l'aschal-Henrv-Marie Fabre La Ferrière, natif du bourg de Carmenel, paroisse de Saint-Jacques de Mmitredon, diocèse d'Alhy en Languedoc, taisait dresser son contrat de mariage avec Marie-Catherine Aubuchon-Lespérance, âgée de seize ans et fille de F.tienne Aubuchon-Lcspéranee, capitaine d’une compagnie de milice, de la cote Saint-François d'Assise de la Longue-1‘ointe.A ce contrat étaient présents: Jean-Lierre Fax.lieutenant des grenadiers au régiment de Béarn; Henry de Sal-vignac, lieutenant au dit régiment; Claude Corbierrc, lieutenant des troupes légères et Daniel de Chabert Joncaire.lieutenant dans les mêmes troupes: Ignace Souligne, Charles Clément de Sabrevois 3, 1 alliance de la France avec les Américains révoltés dv la révolution française, souillée d’horribles excès il est vrai, mais pareils à ceux qui ont accompagné toutes les guerres civiles, avaient surtout exalté l’animosité contre la France, à un degré dont les gens nés depuis trente a quai ante ans seulement, ne peuvent se faire une idée.Mr Ryland pouvait être excusable d’être l’homme préjugé de son époque et de son education ; c était un malheut encotc plus qu’une faute, dans les situations subordonnées qu’il occupait.Mais à mesure que le poste que 1 homme public occupe est plus élevé, et qu il peut par ses détet mi-nations occasionner plus de mal ou plus de bien a un grand nombre de ses semblables, sa responsabilité s accroît.Voir donc un homme comme le général Craig convoiter, solliciter et obtenir une situation aussi relevée et d’autant de responsabilité que celle de gouverneur du Canada, pour s’y abandonner à de fougueuses antipathies, à un mépris universel pour la population sur laquelle il venait commander, prouve qu il était pétri d assez d’égoisme pour ne pas comprendre qu’il y avait des devoirs attachés à sa place.Il en avait calculé les profits et ambitionné les honneurs, voila tout.Il parle avec mépris et colère, d’une foule d hommes qui lui étaient^ bien supérieurs en talents, en vertus et en lumière.F,st-ce 362 — que si ses injustes projets et son insolent mépris pour la représentation du pays, avaient transpiré à cette époque, a la veille d'une guerre contre les Ktats-Unis, ils n'auraient pas justifié tant d'hommes si violemment outragés.à se donner corps et antes aux américains qui n’auraient pu être regardés que connue des libérateurs.Sir ( ieorge Prévost a été bien habile de faire oublier dv pardonner les excès de son prédécesseur immédiat.Vous voyez que d'avance Air Kyland et tous ceux de son école le dénoncent dv le baissent.11 ne pouvait donc faire autrement que s'appuyer sur l'élément populaire, sous peine de perdre le pays.Ouand il n'avait que des ennemis irréconciliables dans son conseil, il les a encore trop ménagés, et ils l’ont perdu.Un peu plus de faveur pour la représentation lui aurait mieux réussi : et des réforme'- graduelles, régulières, avec dv par le Parlement, auraient été plus sages que la prise d'armes, le conseil spécial, et la corruption ehontée, affichée par lord Sydenham, tristes combinaisons imprévues, nées de désespoir, et qui ont pour résultat le gachi dé l'anarchie gouvernementale (jtti prévalent depuis cinq à six années, et qui préparent je n’en doute point de prochains désordres.Heureusement je n’y serai plus pour en voir de nouveaux.! en ai vus assez, et de reste, et à mon âge de soixante et neuf ans l’on ne veut plus que l’amitié, l’étude ei le repos.\ enex donc, je vous en prie, passer quelques jours avec moi.Madame Papineau a grand désir de vous voir avec madame Christie.Le lents est venu où vous devez dégager cette noble dv bonne parole que vous nous avez donnée de nous venir voir.Vous parliez d’aller a Saratoga dv Niagara.Rayez ces courses lointaines de votre itinéraire.Klles vous raviraient une trop grande portion du teins que vous pourriez me donner.Cette année je suis cloué ici par la présence des ouvriers que j emploie, pour finir les dépendances qui étaient nécessaires pour compléter mon établissement.Chapelle ttl-nmlaire maintenant finie, grand hangar aux trois quarts fini, et maison en briques pour le jardinier qui se finira vite, parce que toutes les pièces sont préparées dé qu'il n'y a plus qit a les lier ensemble, dé je commence aujourd’hui. Donnez-nous le plus de teins que vous pourrez cette année et je vous en donnerai le plus que je pourrai 1 an prochain.Madame Christie voyagera bien plus tranquil le avec vous, Mme Papineau N moi.dont les sages exemples vous forceront à être également sage et dont la longue expérience en fait de courses et de voyages, la rassurera sur les risques qu’elle pourrait craindre, sous c otre seule direction.l'ai passé plusieurs jours en dévotions (pie je ne volts ai pas pressé de venir partager.\ ous auriez été un peu en pavs perdus auprès de mon bon évêque de l>y-town accompagné de dix prêtres qui sont venus bénir nia petite chapelle de famille pour la livrer au culte public & privé.Après cette cérémonie nous y en avons célébré de douloureuses, en commémoration de mon bon père et de mon cher Gustave dont les restes ont été apportés dans cette chapelle, en laquelle est aussi inhumé mon cher petit-fils, fils d’Amédée, «pie vous connaissez, ainsi que sa charmante femme, ma bruc dont le coeur saigne encore bien douloureusement a la suite de cette perte.Nous sommes en petit cercle pour le reste de la saison, venez l'embellir.J’ai à vous renouveler l’expression de ma bien vive reconnaissance pour la bonté que vous avez eu douciu votre sixième volume, aux pages (pie Louis Dessaulles a bien voulu écrire en réfutation de la lâche calomnie que le docteur Nelson avait été gagné a lancer contre moi.Des trahisons pareilles de la part d hommes avec qui l’on a longtems vécu dans 1 intimité, attristent et indignent.Mais il faut savoir ne les pas imiter, en se livrant à de longs ressentimens.Je crois que le pauvre Docteur est doublement châtié & humilié, par mon silence et par la vigueur des réfutations (pie des hommes du talent de Dessaulles ont spontanément et deux memes, soumises a la considération du public.Adieu, cher Monsieur Christie, mes respects affectueux à Madame Christie, à Melle Doucet.aux Messieurs et Dames Doucet.à la bonne cousine Mme Planté, Mr et Mme Trudeau et Delle Trudeau.Plus vous nous aine- ncrcz de ces amis, plus vous serez aimable.Néanmoins vous êtes assez apprécié par toute ma famille et moi que nous serons heureux et reconnaissans de vous voir et vous avoir avec nous, soit que vous veniez en grand ou en petit nombre.Votre bien sincère et bien obligé ami, L.J.Papineau (1 ) ' Monte Bello, lObre 10, 55.Mille renierciemens affectueux, mon cher monsieur Christie, pour votre bonne lettre du six du mois dernier.Je suis confus & humilié de ma paresse d’avoir attendu si tard a y répondre.A cette époque avancée de la saison, j ai eu tant & tant d’occupations, que je mérite un peu de pitié, un peu d’indulgence, beaucoup de pardons.11 me fallait faire finir et le hangar commencé, et la maison du jardinier, et la maison pour les fleurs qui avaient souffert du froid l'an dernier et qui j’espère n’en souIfi iiont point cette année, ayant fait recommencer des fourneaux sur un meilleur plan qu’ils n’étaient.Les jours sont si courts a cette date, que le travail des ou-\iieis n était presque rien, et que je me suis beaucoup tenu avec eux pour les surveiller, diriger èv diligenter, l'.t puis après avoir fini ce long et ingrat travail du relevé de toutes les ventes durant les dix dernières années, comme base d après laquelle le Gouvt donnera une indemnité quelconque, les commissaires 1 ont souhaité sous une autre forme que celle que j’avais adoptée & il m’a fallu recommencer.Le Gouvernement a adopté comme tègle appioximative de compensation, ce que les mutations avaient produit de profits casuels durant les dix dernières années.h,n supposant que cette donnée fut approximative-memt équitable pour des seigneuries anciennement établies, elle ne 1 est point pour celles qui commencent à s’é-tablii & le font avec une très rapide progression comme la mienne.Ainsi un quart de la superficie du terrain concédé chez moi l’est depuis quatre ans, plus de la moi-tie l’est depuis moins de dix ans.La règle adoptée ne (1) Kibliothèquo Saint-Sulpice, il Montréal — 365 — peut avoir une juste application pour toute cotte position de ma propriété.Celles qui ont été concédées depuis quarante ans, époque du premier établissement, me donnent proportionnellement trois et quatre fois plus que celles qui sont concédées depuis moins de dix ans.Je fais ce travail pour démontrer aux commissaires quelle criante injustice souffrira ma famille, s’ils décident contre moi d’après une règle inapplicable à ma condition.Les criards diront : pourquoi n’a-t-on pas concédé plus \ ite.Ils ne savent pas que le gouvernement français avait défendu au Séminaire de Québec, pendant tout le tems de son occupation, d’établir leur seigneurie, parce qu'il se trouvait trop faible pour protéger les colons contre les Sauvages et plus tard pour ne pas nuire aux règles d’après lesquelles il faisait faire le commerce des pelleteries par des congés donnés à Montréal, où l'on pouvait le surveiller & faire observer les conditions qui le réglaient, ce que l’on n’aurait pu faire à cette distance.Loin de faire des reproches au Séminaire de ne pas établir, le Gouvernement lui fesait des excuses.Du moment où mon père est devenu acquéreur et moi ensuite, les efforts pour avancer l'établissement ont été incessans et bien plus dispendieux que profitables.Au moment où l’on commence à rentrer dans ses avances, la règle inapplicable à la situation dérobera à mes enfans quelques milliers de louis, que mon père avait placés, non pour lui, mais pour eux au plutôt.J'ai passé un tems infini a établir clairement ces détails statistiques, (hic) qui feront toucher au doigt, combien une loi aussi importante aue celle qui touche à la propriété, demandait plus de lumières, de réflexion & de moralité, que n’en possèdent ceux qui ont fagotté celle-ci.Le principe (pie vous aviez consacré, la commutation volontaire, rendue encore plus facile, était le seul équitable & aurait été tout aussi prochainement efficace, que celui de la loi nouvelle, contre laquelle il y aura une suite longue de réclamations en indemnités devant le Parlement, perte de tems infini ; octrois aux amis, refus aux adversaires politiques, inextinguibles animosités.J’ai perdu beaucoup de tems à ce travail très ennuyeux, d’autant plus ennuyeux qu’il est venu si vite à la suite , Londres, Naples, Nca.Nous prendrons Azélie à Montréal et remmènerons à (Juébec où les couvens sont si beaux !
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