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Titre :
Bulletin des recherches historiques : bulletin d'archéologie, d'histoire, de biographie, de numismatique, etc. /
Éditeur :
  • Lévis :Pierre-Georges Roy,1895-1968
Contenu spécifique :
mars
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
quatre fois par année
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Bulletin des recherches historiques : bulletin d'archéologie, d'histoire, de biographie, de numismatique, etc. /, 1929-03, Collections de BAnQ.

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LE BULLETIN DES Recherches Historiques VOL.XXXV MARS 1929 No.3 LA MORT DU CHEF HURON KONDIARONK Le 4 août 1701, un traité de paix était signé à Montréal entre M.de Callières, gouverneur de la Nouvelle-France, et les représentants de presque toutes les nations sauvages qui habitaient la colonie.Les Abénaquis, les Iroquois, les Durons, les Outaouais, les Miamis, les Algonquins, les Pouteouatamis, les Outagamis, les Sauteurs, les Illinois avaient envoyé des représentants à cette assemblée.Garneau écrit : “ La consommation de ce grand acte fut accompagnée d’un événement qui laissa une impression profonde, et qui fournit une nouvelle preuve du respect que le vrai patriote impose même à ses ennemis.A une dés conférences publiques, pendant que l’un des chefs luirons parlait, le Rat, célèbre sauvage, perdit connaissance.On le secourut avec d’autant plus d’empressement qu’on lui avait presque toute l’obligation de ce merveilleux concert, sans exemple jusqu’alors.Quand il fut revenu à lui, il montra le désir de dire quelque chose ; on le fit asseoir dans un fauteuil au milieu de l’assemblée, et tout le monde s’approcha pour l’entendre.Il exposa avec modestie et dignité ce qu’il avait fait pour amener une paix universelle et durable.Il appuya beaucoup sur la nécessité de cette paix, sur les avantages qui en reviendraient à T 30 — toutes les nations, et démêla avec une adresse étonnante les intérêts des unes et des autres.Puis il se tourna vers le gouverneur général, et le conjura de justifier par sa conduite la confiance qu'on avait en lui.Sa voix s’affaiblissant, il cessa de parler.Doué d’une grande éloquence, il reçut encore dans cette circonstance imposante ces vifs applaudissements qui couvraient sa voix chaque fois qu'il l’élevait dans les assemblées publiques.Kondiaronk ne put assister à cette grande assemblée du 4 août 1701 dont il avait été, pour ainsi dire, le principal promoteur.Il décéda à l'Hôtel-Dieu de Montréal le soir même de l’assemblée préliminaire du 2 août où il avait pour la dernière fois fait entendre sa voix éloquente.D’acte de sépulture de Kondiaronk dit le Rat au registre de Montréal se lit ainsi : “ Le troisième jour du mois d’aoust mil sept cent un, a été inhumé le corps de Gaspard sciaga dit le Rat, chef des Durons de Messilinimakina, mort en cette ville le deuxième jour desd.mois et an, aagé de soixante et quinze ans ; témoins m/r Michel Barthélémy, prêtre, qui a signé avec moy prêtre soussigné faisant les fonctions curiales et pierre chatereau, bedeau, qui a déclaré ne sça-voir signer de ce interpellé suivant lordonnance.Barthélémy ptr R.C.De Breslay faisant les fonctions curiales.” Nous aimons à citer ici le témoignage rendu par l’historien Garneau au génie et au patriotisme de cet enfant des bois.“Jamais, dit-il, Sauvage n’avait montré plus de génie, plus de valeur, plus de prudence, plus de connaissance du coeur humain.Des mesures presque toujours justes, les ressources inépuisables de son esprit, lui assurèrent des succès constants.Passionné pour le bien et la gloire de sa nation, ce fut par patriotisme qu’il rompit, avec cette résolution qui compte le crime pour rien, la paix que le marquis de Denonville avait faite avec les Iroquois contre ce qu’il croyait être les intérêts de ses compatriotes., “ Le Rat ou Kondiaronk, son nom huron, brillait autant dans les conversations que dans les assemblées publiques, par son esprit et ses réparties vives, pleines de sel et ordinairement sans réplique.Il était en cela le seul homme en Canada qui pût tenir tête au comte de Frontenac qui l'invitait souvent à sa table ; et il disait qu'il ne connaissait parmi les Français que deux hommes d’esprit, le gouverneur et le F.de Carheil.L’estime qu’il portait à ce Jésuite fut ce qui le détermina, dit-on, à se faire chrétien.” P.G.R.TUT A NK A MEN EN AMERIQUE On a beaucoup parlé depuis quelques années du Pharaon d'Egypte, Tutankamen, dont la tombe enfin découverte a révélé de si riches trésors.Sait-on qu’il y a déjà un peu plus d’un siècle, l'un des chefs d'une de nos tribus sauvages d’Amérique portait à peu près le même nom?En effet, Keating, dans son édition des Voyages de Long, publiée à Philadelphie en 1855 (I, 260), parle d’un jeune chef Sioux qui rencontra le major Tagliafero vers 1823 et qui s’appelait " Tatunkamane ”, d’un nom qui signifie dans la langue indigène “ le boeuf qui marche ”.Tatunkamane n’était autre que le fils du fameux indien Red Wing dont le souvenir est commémoré par la ville du même nom dans le Minnesota.Des ethnographes, désireux de prouver l’unité de la race humaine, ont cherché à établir que les Peaux-Rouges avaient une origine asiatique et qu’il y avait eu communication entre l’Asie et l'Amérique par le détroit de Behring.Nous n’irons pas jusqu’à conclure que le “ Boeuf qui marche ” a quelque parenté avec le boeuf Apis des Pharaons, ni que les Sauvages de l’Amérique du nord ont eu dans les temps préhistoriques des accointances avec les peuples des bords du Nil, mais il ne nous en a pas paru moins intéressant de signaler ce rapprochement d’un Tatunkamane américain avec le Tutankamen égyptien.Aegidius Fauteux MACONS, ENTREPRENFURS, ARCHITECTES Pour répondre à une question, nous avons tâché de dresser une liste des architectes de la Nouvelle-France dont les noms nous sont parvenus soit par des imprimés soit par les documents des archives de Montréal.Mais l’ensemble de nos notes ne peut servir que de point de départ à un relevé plus parfait.A Montréal, d’après l’état de nos renseignements, les seuls ouvriers du bâtiment dont M.de Maisonneuve se fit accompagner nous paraissent être les menuisiers Nicolas Godé et ses fils Nicolas et François.Le charpentier Guillaume Boissier qui arriva au mois d’août 1642, fut tué par les Sauvages en juin 1643.Il ne fut remplacé par Urbain Tessier dit Lavigne qu’en 1L47.Il est de tradition que c’est à Louis d’Ailleboust de Cou-longe que revient l'honneur d’avoir dirigé les travaux du fort de Montréal, peut-être même d’en avoir fait les plans.Et, bien que les annales n’en fassent pas mention, il est permis de croire que parmi les pionniers de Ville-Marie, il y avait quelques ouvriers spécialisés dans les constructions en pierre, mais on ignore qui ils étaient.Il faut attendre la recrue de 1653 pour obtenir les noms de trois maçons: Michel Théodore dit Gilles, lequel fut victime des Iroquois en 1664, puis Urbain Brossard et Michel Bouvier dont nous parlerons.Dans la recrue de 1659, il y avait quatre maçons.Par la suite, le nombre de ces ouvriers augmenta graduellement.En 1741, on ne comptait pas moins de quatorze maçons et tailleurs de pierre â Montréal même, et en 1754, leur nombre dépassait dix-sept, toujours dans l’état actuel de nos notes, c’est-à-dire, qu’il peut ou doit y en avoir en plus.Ainsi qu’on le pense bien, les maçons et les tailleurs de pierre, furent les premiers artisans à se dire architectes et entrepreneurs.Mais il est bon d’ajouter que généralement on 11e paraissait pas alors être fixé sur la signification du mot architecte.Nous sommes d’avis qu’on ne l’entendait pas comme de nos jours.Et pour confirmer cette assertion, voici ce que nous lisons dans le savant ouvrage que M.Ouin- 133 Lacroix a consacré aux Anciennes corporations d'art et métiers, p.226: “Le mot architecte peu usité dans le moyen-âge n’a guère prévalu que vers le XYIIe siècle.“Autrefois les constructeurs d’édifices s’appelaient ordinairement raaitre maçons, ou maîtres des oeuvres de maçonnerie.Qui disait maître maçon indiquait un homme également versé dans la théorie et la pratique de l'art de bâtir ; la pensée, à cette époque, ne se séparait pas de la main.Le maître maçon d’alors était l'architecte de nos jours".Nos notes, en grande partie puisées dans les archives notariales, démontrent qu’il y eut des maçons, des tailleurs de pierre et des sculpteurs qui ne prirent jamais le titre d’architectes, tandis que d’autres en furent souvent gratifiés, surtout lorsqu’il se chargeaient de l’ensemble d’une construction.Doit-on supposer que les mots architecte et entrepreneur devinrent synonymes pour un temps, ou bien, qu’on qualifiait d’architecte, le maçon ou l’entrepreneur qui dirigeait les travaux d’après des plans ou des devis dont il était l’auteur ?Nous voyons aussi que certains ingénieurs ont fait des plans de maisons et d’églises; enfin, que quelques prêtres et un gentilhomme ont également mis leurs talents de dessinateurs à la disposition des constructeurs.Peut-on dire que ces gens furent de véritables architectes ?Ne pouvant nous prononcer, force nous est de ne soumettre ici qu’une suite de notices qui serviront peut être à quelqu’un du métier à formuler une opinion autorisée.Urbain Brassard, 1653-1710.Né en 1634, il faisait partie de la grande recrue de colons qui atteignit les rives de Montréal en 1653.Le 30 novembre 1658, Urbain Brossard entreprenait pour Lambert Closse, la maçonnerie d’un bâtiment sur le bord de la commune, proche de l’Hôtel-Dieu.Le 19 avril 1660, il épousait Urbaine Audiau.Quinze jours plus tôt, le 4 avril (Basset), Urbain Brossard et François Bailly s’associaient pour trois ans, pour “ tout ouvrage de maçonne ”.Les profits devaient se partager pas moitié.Chaque associé avait droit à son salaire lorsqu’il était malade, mais pendant huit jours par année seulement.S’il était 134 malade plus longtemps ou s'il chômait par cause de débauche, il lui était retranché trois livres pour chaque journée perdue.La société pouvait être dissoute durant le cours de la première année pour incompatibilité d’humeur, mais passé ce délai, celui qui voudrait rompre s’engageait à payer les dépens, dommages et intérêts qui en résulteraient.Rien ne nous indique que la société n’exista pas le temps convenu.Le il février 1665 (Basset) Urbain Brossard s'associa avec Michel Bouvier pour la construction d’une grande maison à Pierre Chauvin.U11 autre contrat, plus important, dressé le 22 février 167j, nous renseigne sur les talents du sieur Brossard.On y traite d'un marché par les maçons Gilles de Venues, U.Brossard et Michel Bouvier d’une part, et Jean Milot, d’abord taillandier, puis marchand et acquéreur du fief concédé au célèbre Robert Cavelier de la Salle, vis-à-vis le Sault Saint-Louis.Le seigneur Milot faisait construire alors, au fort du vieux Lachine, une grande maison de 50 pieds de front, par 19 pieds de profondeur et 23 pieds de hauteur jusqu’à la toiture.L’intérieur comprenait un rez de chaussée, un premier étage, un second étage et un grenier.A chaque étage, il y avait des foyers.Le rez de chaussée était agrémenté d’une forge, d’un puits et d’un four.Mais celui-ci était à l’extérieur du mur, côté est.Cette construction devait avoir à peu près l’apparence d’une de ces anciennes demeures dont il reste encore des vestiges dans l’île de Montréal et Pile Jésus.Pour éviter tout malentendu, dans la réalisation d’un édifice aussi grand — pour l’époque —, le sieur Brossard, en tête du contrat notarié, dessine le plan de la maison projetée et il le signe d’une belle écriture.C’est peut-être le plus ancien devis d’une maison de la région de Montréal, qui soit parvenu jusqu’à nous.Urbain Brossard décéda à Montréal et il fut inhumé le 10 avril 1710.Michel Bouvier, 1653-1703.Originaire de la Flèche il arriva à Montréal en 1653 et il y épousa dix ans après, Ma-thurine des Bordes. — 135 — Maçon .de métier, on le dit parfois, “ maître architecte-maçon Dans A travers les registres, p.96, Mgr Tanguay nous apprend qu’il “mourut victime d’un accident le 5 août 1703,” alors qu’il "tomba d’un échafaud de la maison que M.de Senneville faisait construire en haut de l'ile François Bailly dit Laflcur, 1659-1690 — Ce maître maçon arrive à Montréal en 1659 avec sa femme Marie Fon-teneau.Dès le mois de février, 1660, il faisait un marché avec Jeanne Mance, pour une construction quelconque.Puis le 4 avril suivant ( Basset), il entrait en société avec le maître maçon Urbain Brossard qui demeurait à Ville-Marie depuis 1653.Mais Bailly avait d’autres ambitions, car en 1667, il était devenu sergent, c’est-à-dire huissier du bailliage de Montréal.Ses fonctions toutefois, ne l'empêchèrent pas de prendre la conduite des travaux de l’église Notre-Dame, à partir du 19 juin 1672 (A.V.-M., I., p.347).Plus tard, il fut sergent royal, géolier et concierge de la prison jusqu’en 1683.Il reprit alors son ancien métier, en y ajoutant la qualité d’architecte ainsi que le démontre un acte du notaire Mangue, daté du 3 décembre 1683.Dans cette pièce, Charles de Couagne, marchand bourgeois, stipule, que François Bailly et Michel Bouvier “ maîtres architectes maçons ” se sont engagés à lui construire une boulangerie.Ailleurs, dans le même document, on lit ; “ les dits architectes ou entrepreneurs ”, ce qui laisse bien entendre que ces deux mots étaient alors synonymes.Le sieur Bailly mourut en juillet 1690.François de La Jonc, 1689-1693.Né en 1656, il était “ maître tailleur de pierre, architecte et bourgeois ” lorsqu’il se maria à Québec en 1689.Le sieur de La Joue et Hilaire Bernard de Larivière entreprirent la construction de la porte Saint-Jean à Québec, d’après les devis de M.Bois-berthelot de Beaucours (B.R.LL, I, 58).11 laissa une nombreuse descendance.Hilaire Bernard de Larivière, 1692-1693.11 était à Québec vers 1692 et Mgr Tanguay nous fait savoir qu’il fut — 136 — huissier du Conseil, notaire, arpenteur et architecte.M.J.-Edmond Roy, dans une étude parue dans le B.R.t.I, 58, lui attribue la construction de la porte Saint-Jean, à Québec, en société avec le sieur de La Joue.Ce gentilhomme architecte fut inhumé à Québec le 1er décembre 1729.Pierre Janson LaPalmc, 1693-1743 — Natif de Paris.Après avoir demeuré à Québec, au moins de 1688 à 1708, il se fixe à Montréal.En 1693, déjà dénommé archi-tes, il aurait construit à Québec, avec LeRouge, la porte Saint-Louis (B.R.JL, I, 58).Le 23 janvier 1719 (Lepallieur) Pierre Janson LaPal-me fait “marché et devis” avec le R.P.d’Avaugourt pour l’église que veulent construire les Pères Jésuites sur leur emplacement.L’édifice qui mesurait 92 sur 30 pieds fut incendié en 1754.Au mois de juin 1721, Pierre Janson fut l’un des experts chargés de faire l’estimation des dommages causés par l’incendie qui détruisit le vieux Montréal, autour de la place du marché (ou place Royale).Pierre Janson fut marié trois fois et il laissa des descendants de chacune de ses femmes.Le plus fameux de ses enfants Dominique, dont il est parlé ci-après, était issu du second mariage.Pierre Janson fut inhumé à Montréal le 13 février 1743.Jean Le Rouge, 1693 — D’abord marbrier et “ juré arpenteur ”, il fut également architecte, et, en société avec Pierre Janson La Palme, il construisit la porte Saint-Louis à Québec en 1693.(Voir B.R.H., I, 58, et Massicotte, Faits curieux de l'histoire de Montreal, p.49.Jean-Marie-Josué Boisbcrthclot de Beaucours, 16931750 —: Né en 1662, il paraît venir en la Nouvelle-France en 1688.Serait-ce lui ou un parent, qui sous le prénom d’Hyacinthe dessina et construisit la redoute du cap au Diamant ainsi que la plupart des portes de la ville de Québec, vers 1693?(Voir B.R.H., L, p.37).A cette date, M.Boisberthelot était ingénieur en chef de la Nouvelle-France.En 1707, il travailla de nouveau aux fortifications de Québec, puis en 1712, il reprenait son poste d’ingénieur en chef. — 137 — M.Boisberthelot de Beaucours fut gouverneur des Trois-Rivières, puis en 1733 gouverneur de Montréal.Il conserva cette dernière charge jusqu'en 1748, année où il fut admis à sa retraite.11 mourut à Montréal, le 9 mai i75°> âgé de 88 ans.Les archives notariales nous apprennent que c’est lui qui dessina le plan de la prison de Montréal érigée au commencement du dix-huitième siècle, sur l’emplacement occupé au dix-neuvième siècle par la première Christ Church, côté nord de la rue Notre-Dame, près de la rue Saint-Laurent.Passant à la Pointe-Claire, le 3 août 1752, l’ingénieur Franquet note que l’église du lieu " a été bâtie du dessin de M.de Beaucourt, cy-devant ingénieur et gouverneur de Montréal ”, M.P.-G.Roy a écrit une copieuse biographie de ce personnage dans Les officiers d'état-major de Quebec, Montréal, et Trois-Rivières.Pierre Gax, 1694.Dans la l ie de Mlle Jeanne Lc-Ber, l'abbé Paillon nous dit qu’en 1694, Pierre Gay, tailleur de pierre et maçon, fut chargé de construire une église de 54 pieds sur 26, à côté du bâtiment de la communauté des Sœurs de la Congrégation.Nous ne possédons aucune autre mention de ce constructeur.Pierre Couturier, 1700-1715.— 11 épouse Marguerite Payet à la Pointe-aux-Trembles de Montréal en 1700.Mais il vécut par la suite à Ville-Marie.Le 29 juin 1707, Pierre Couturier s'engagea envers le Roi, représenté par l’intendant Baudot (Adhémar) à construire la prison de Montréal d après les plans dessinés par M.Boisberthelot de Beaucours.Cet édifice se trouvait sur le côté nord de la rue Notre-Dame, à quelques pas, â l’ouest de la rue Saint-Laurent.Ce fut sur cet emplacement que fut érigé, un siècle plus tard, la première Christ Church incendiée en 1856.Dans ce contrat, Couturier est dit entrepreneur mais en 1708, 1711, 1712, les registres de Notre-Dame le qualifie de maître architecte ” ou de “ maçon architecte ”. - 138 Le K juin 1712 (Adhéniar) Pierre Couturier, architecte et maçon, fait marché avec Pierre Raimbault, procureur du roi, pour la construction d'un pont, rue Saint-Paul.Le sieur Couturier mourut en janvier 1715, laissant plusieurs enfants.L’une de ses tilles épousa, en 1722, Dominique Janson LaPalme, architecte de renom, dont il est parlé ci-après.Ajoutons que le sieur Couturier fut en plus arpenteur, à partir de 1708 et qu'il décéda en janvier 1715 (Voir Mas-sicotte, Faits curieux de l'histoire de Montréal, p.53).Gilbert Maillet, 1703 — Dans le registre des Audiences de Montréal, à la date du 18 septembre 1703, il est dit maçon.Mais son acte de sépulture lui donne un autre titre, car dans le registre paroissial on lit que Gilbert Maillet, architecte, a été inhumé le 30 juin 1711, âgé de 55 ans.Gaspard Cltaiisscgros de Lery, 1717-1756 — 11 épousa a Québec, en 1717, Mlle Le Gardeur de Beauvais, et semble avoir demeuré dans cette ville jusqu’à sa mort, au mois de mars 1756.Cependant ses occupations le firent séjourner dans diverses parties de la Nouvelle-France.M.J.-Edmond Roy prétend qu’il fut ingénieur en chef de la Nouvelle-France pendant plus de quarante ans (B.R.//., I, p.37) et qu’il dirigea les travaux des fortifications à Québec, Montréal et autres lieux.Entre temps, il lit le dessin en 1/22 de la façade de l’église Notre-Dame de Montréal, démolie il y a cent ans.Ce plan signé de sa main est encore conservé dans les archives du séminaire de Saint-Sulpice.On attribue également à M.Chaussegros de Lery le plan de la cathédrale de Québec.Paul Tessier Lavigne, 1728-1766 — Petit-fils d’Urbain Tessier dit Lavigne, il naquit à Montréal en 1701.Sa mère, Marie Adhémar, était fille d’Antoine Adhémar de Saint-Martin, qui fut le principal notaire de Ville-Marie, et le greffier du tribunal.1 aul 1 essier lut maçon, tailleur de pierre et entrepreneur en maçonnerie.Il demeurait rue Saint-Jacques “en face de la place d’Armes et vis-à-vis l’église” (1748).I ai les archives notariales, on constate qu'il a construit plusieurs maisons dont il avait fait les devis.Son contrat le — 139 — plus important fut celui qu'il passa avec M.de Ramezay, devant Simonnet, le 7 octobre 1740; à cette date, Paul Tessier entreprend de construire “ la maison de M.de Ramezay, rue Notre-Dame, et il engage François Chastel, charpentier, de Lanoraie, à équarir durant l’hiver, tout le bois qui sera nécessaire pour la charpente.Où pouvait être cette grande demeure ?Le 24 août 1756, ( Blanzy) Paul Tessier Lavigne, maître maçon, entrepreneur, s’engage à M.Fleury Descham-bault, agent général de la Cie des Indes, à faire le rétablissement et l’augmentation de l'hôtel de la Compagnie à Montréal.L’édifice aura 02 pieds de long sur 48 de large, à un étage ou rez de chaussée sur la rue.Une des clauses oblige l’entrepreneur à faire “ la porte d’entrée en pierre de taille pareille à celle de l’Intendance.” Paul Tessier qui avait épousé Jeanne Lefebvre en 1728, décéda au mois d’octobre 1773.A cette dernière date, il logeait à la Longue-Pointe.Dominique Janson La palme, 1725-1762 — Né à Quebec en 1701, il était fils de Pierre Janson, ci-avant mentionné.En rédigeant le contrat de mariage de Dominique le 11 février 1726, le notaire Lepallieur donne les qualités suivantes: “ Architecte et entrepreneur de maçonnerie.” On lui a attribué le plan du frontispice de l’ancienne église de Notre-Dame de Montréal.Mais tout au plus, devons-nous supposer que là comme dans d’autres pièces, la qualité d’architecte qui lui est donnée, signifie seulement qu’il était entrepreneur.Quoi qu’il en soit en 1734 et 1735, il était chargé de la construction du fort de la Pointe-à-la-Chevelu-re (Crown Point) et il engagea à Montréal plusieurs ouvriers pour l’exécution des travaux.Le 29 février 1740, dans le registre du Sault-au-Récol-let, mention est faite du sieur “ Dominique Janson LaPalme, architecte de la ville.” Le sieur Dominique demeura pendant plusieurs années, rue Saint-Jacques, sur l’emplacement de la banque de Montréal.Il eut un demi frère, nommé Philippe qui fut maître-maçon et qui après avoir logé à Montréal, au Sault-au-Ré-collet et à Québec, mourut en 1762. 140 — Dominique, après avoir convolé en 1761, à Québec, fut inhumé dans cette ville, le 29 mai 1762.Charles Guilbault, 1727-1766 — Il se marie en 1727 à Québec et convole au même endroit en 1737.Après son second mariage il vécut à Montréal, car nous lisons dans un acte de Simonnet du 10 mars 1741: “Charles Guilbault, maître maçon, demeurant rue Notre-Dame.” \ ers 1752, il avait entrepris de construire le corps de 1 église du Sault-au-Récollet, car, le 13 janvier 1753, il donne quittance à la fabrique de cette paroisse, en présence de Paul Tessier et de Toussaint Périneau dit Lamarche, tous deux maçons experts.Dès cette époque, Guilbault s’était établi au Sault et il y mourut le 16 juin 1766.Pierre Dcslandcs Champigny, 1744 —Né en 1698, à Montréal, il épousa Marguerite Décompté en 1723.Il était maçon et tailleur de pierre; ce fut lui qui obtint des marguil-1 îers de Notre-Dame le contrat de la construction d’une sacristie le 2 mars 1744.Antoine Cmer 1748-1755 — Baptisé à Montréal, le 10 août 1/18, il épouse le 10 octobre 1740, Marie-Joseph Lenoir à la Longue-Pointe.Il demeure dans cette localité jusqu’en 1748, puis s’établit a la Pointe-aux-1 rembles, jusqu’en 1754.Le 19 janvier 1755, il achète une maison, rue Notre-Dame a Montieal, et prend les qualités de sculpteur et architecte.Nous ignorons ce qu’il devint ensuite.Architectes amateurs — A cette nomenclature de gens de métier, il faut ajouter quatre abbés et un gentilhomme qui tracèrent des plans utilisés par les constructeurs de l’époque.L'abbé Dottier de Casson, 1666-1701 — Ancien capitaine cavalerie, devenu Sulpicien vers 1660, il est à Montréal en 1666.Supérieur du Séminaire à deux reprises, M.1 abbé Olivier Maurault lui attribue la direction de certains travaux a l’église et au Séminaire.Oet éminent Sulpicien qui traça les premières rues de Montreal en 1672, mourut le 27 septembre 1701.L'abbé Guillaume Bailly, 1666-1691 — Arrivé le 7 septembre 1666, après avoir été maître d’école à la mission de La .Montagne, il tut confesseur ou supérieur des Sœurs de la Congrégation de Notre-Dame de 1685 à 1691.Dans ses Annales, la Sœur Morin (chap.22) dit qu’il était un habile architecte et que c’est lui qui lit en 1686, le plan de l’Hôtel-Dieu qui mesurait 130 pieds de long sur 31 pieds de large et avait trois étages.11 est fort possible que ce soit lui «pii également ait fait le plan de la maison et de la chapelle des Soeurs de la Congrégation qui fut commencée vers la même époque.L’abbé Bailly retourna en France en 1691.L'abbé François Vachon de Belmont, 1680-1732 — Né en 1645.11 vint diacre au Canada en 1680 et fut ordonné l’année suivante.Après avoir eu la charge de la mission de la Montagne, il fut curé, supérieur des Sulpiciens, supérieur des Soeurs de la Congrégation et vicaire général à Montréal.Mort le 22 mai 1732.M.de Belmont, d’après l’abbé Maurault, s'était exercé dans sa jeunesse aux arts et agréments, lesquels sont: le dessin et la musique, ” et il ajoute que, vraisemblablement, M.de Belmont fut l’architecte du Séminaire de la rue Notre-Dame et du fort de la Montagne.L’abbé Louis Geoffroy, 1685-1707 — Né à Paris vers 1661, il vint en Canada en 1684 ou 1685.Après avoir été curé de Laprairie, de Champlain, de Contrecœur et Sorel, il devint grand vicaire et mourut à Québec en mars 1707.On lui attribue la reconstruction de l'église en pierre de la paroisse de Champlain et le rétablissement du couvent des Sœurs de la Congrégation de Notre-Dame, en 1702.J.-B.Tcstard de Montigny, 1754 — Le 7 janvier 1754, ce gentilhomme fait marché avec Jacques Roy, maître maçon du faubourg Saint-Laurent, “ pour les ouvrages de maçonnerie, charpenterie, couverture, menuiserie, serrurerie, etc, ” suivant les plans dressés par ledit sieur deMontigny.XXX On a divisé l’architecture en plusieurs catégories, mais en la Nouvelle-France, surtout dans la région de Montréal, on ne connut que l’architecture civile et domestique, l'architecture militaire et l’architecture religieuse.Dans aucune, — T42 cependant, nos ancêtres n’ont produit des chefs-d’ceuvres.On chercha plutôt à faire solide sans dépenses trop élevées.Dans un prochain article nous classifierons nos notes sur les habitations de diverses périodes.E.-Z.Massicotte REPONSE Mgr de Laval (XXXIV, p.662) — Mgr de Laval Bois-Dauphin, évêque de la Rochelle de 1661 à 1693, n’était pas le frère de l’évêque de Québec, mais un parent très éloigné.Il était le fils de Philippe-Emmanuel, marquis de Sablé, et de Madeleine de Souvré, et avec lui s’éteignit la branche cadette de Laval.L’évêque de Québec n'a eu qu’un neveu évêque, Charles-François-Guy de Laval-Montmorency, qui était tils de Jean-Louis, seigneur de Montigny, et de Françoise de Chevestre de Cintré et qui, après avoir été nommé évêque d’Ypres par Louis XIV, fut sacré par Fénelon à Cambrai, le 6 mai 1713.et mourut prématurément moins de 4 mois plus tard, le 26 août 1713.Aegidius Fauteux LES DISPARUS P- P.François-Prudent Cazeau — Né à Saint-Pierre de la Rivière-du-Sud le 19 juillet 1843, du mariage de François-Prudent Cazeau et de Marie-Brigitte Coulombe.Ordonné prêtre dans sa paroisse natale le 30 septembre 1866 par Mgr Blanchet, archevêque d’Orégon-City, il suivit la même année cet évêque en Orégon.Deux ans plus tard, M.Cazeau entrait dans la Compagnie de Jésus.Il occupa divers postes et fut supérieur du collège Sainte-Marie à Montréal.Décédé dans cette ville le 3 février 1884.On a de M.Cazeau une brochure publiée à Sainte-Anne de la Pocatière en 1867 et intitulée Lettre de M.F.Prudent Cazeau, prêtre missionnaire, relatant à sa famille son voyage du Canada à l’Orégon, précédée de quelques notes relatives à ses premières années, son ordination et sa première messe. '43 — ETABLISSEMENT DE LA DEMI*: AU CANADA Dans le Bulletin des Recherches Historiques de février dernier, M.O.Lapalice nous donne un document, jusqu ici resté inconnu, concernant la dime a Montréal en 16b7.lous les amateurs de la petite histoire lui en sauront gré.Mais, en lisant les quelques notes explicatives qui précèdent le texte, nous nous sommes demandé si elles rendaient bien justice a Mgr de Laval et à M.Lapalice lui-même, à moins que les termes dont il s'est servi soient bien l’expression de sa pensée.Voilà pourquoi nous prenons la liberté de dire ici notre opinion, non pas pour détendre la mémoire d un grand évêque, mais par respect pour la vérité.M.Lapalice écrit : “ En dépit des demandes de Mgr de Laval, qui voulait le treizième, le paiement de la dime fut réglé par de Tracy, le 4 septembre 1667, en la manière qui subsista pendant plus de deux siècles, c’est-à-dire le vingt-siziè-me.Quelques remarques d’abord pour mettre la question au point.Au sens propre du mot, la dime est la dixième partie d line chose.Tout le monde sait cela.Elle était obligatoire chez les Hébreux, volontaire et généreusement payée dans la primitive église, canoniquement et légalement établie en certains pays et particulièrement en France au \ Te siècle (1).La contribution commandée par l’Eglise a conservé le nom il est vrai, mais les taux ont varié suivant les temps, les lieux et les circonstances.“ Elle n’était souvent que du treizième, du quinzième, du vingtième, dans quelques localités du trentième, et même moins encore ” (2).J1 en fut ainsi en France jusqu’à la Révolution, mais lorsque nos premiers ancêtres quittèrent la France pour venir s’établir en Canada, ils savaient bien, qu’un jour ou l’outre, ils seraient obligés de payer la dîme ici comme ils l’avaient vu faire ou fait eux-mêmes là-bas.Le service gratuit que l’on avait donné aux premiers colons ne pouvait durer toujours.Iluy il) Cf Mgr iiu*.mie.I/J) Moulart.1.-A.Paquet, La Dîme, dims Mémoires (le la Société L’Eglise et l’Etat, etc., cité pur Mgr Paquet, loc.eit. — 144 Mgr de Laval arriva au pays en 1659.Quatre années se passèrent pendant lesquelles il s’efforça de se bien rendre compte de l’état des personnes et des choses.En 1663, il crut le temps venu de donner une forme plus régulière à son Eglise.C’était son droit et son devoir puisqu’il en était évêque fondateur.Il fonde d’abord son séminaire, procure générale du clergé, qui serait chargé de la subsistance des prêtres missionnaires, de la construction des églises et presbytères, etc.Comme moyen de rencontrer ce double but, il établit la dîme et la fixe au treizième.Le Roi vint après qui donne son approbation et sa sanction légale.Sa Majesté ne crut pas, “ en ce faisant,” créer une nouveauté ni sanctionner une injustice.Après l’exposition de la requête, le Roi continue dans l’arrêt du mois d’avril 1663: A ces causes, savoir faisons qu’après avoir examiné en notre Conseil le dit acte d’établissement et d’érection du dit Séminaire, nous n y avons rien trouvé que d’avantageux a la gloire de Dieu et au bien de nos sujets, qu’à ces tins nous 1 avons agréé et agréons, confirmé et confirmons par ces présentes, et, en ce faisant, suivant et au désir du dit acte, que toutes les dîmes, de quelque nature qu’elles puissent être, tant de ce qui naît par le travail des hommes que de ce que la terre produit d’elle-même, se payeront au treizième.” etc.Pour ce qui est de cette fondation d’un Séminaire et rétablissement des dîmes, on ne saurait nier que le tout ne fût conforme aux saints canons et en rapport avec les nécessités du pays.C est du moins ce que pensait le vicaire apostolique et le Roi lui donna son approbation comme étant non seulement " avantageux à la gloire de Dieu, ” mais encore “ au bien de ses sujets.” Mgi de Laval ne demanda jamais rien pour lui-même à ses ouailles, il n eu reçut rien non plus, si ce n’est l'ingratitude d’un trop grand nombre dont plusieurs avaient vécu de ses charités.Ce sont des vérités qu’il peut être utile de répéter de temps en temps.Dans 1 application, 1 établissement de la dîme au Canada lut un désastre pour les quatre années qui suivirent l’arrêt du mois d avril 1663.Cet arrêt fut enregistré au Conseil — 145 — Souverain le 10 octobre suivant.Publié et affiché, il devenait obligatoire dans toute la colonie.La réponse fut une protestation quasi générale accompagnée de plaintes justes ou injustes.Avec l’esprit dominateur et entêté qu’on lui a prêté si souvent et si injustement, parce qu’on n’a pas su tenir compte de ses devoirs d’évêque, disons même d’homme et de chrétien, Mgr de Laval aurait passé outre.Il n’en Ht rien.Touché de toutes ces réclamations, il prit sur lui de modifier le règlement en attendant que ses ouailles se fussent ressaisies et que le Roi eût manifesté ses intentions.Le 10 novembre, juste un mois après l'enregistrement de l’arrêt royal — et sans que M.de Tracy fût là pour l’y pousser — l’évêque écrivit la lettre suivante aux habitants de la paroisse de Québec laquelle comprenait alors toute la côte de Beaupré, PIle d’Orléans, Lauzon, etc, en somme toute la région de Québec faisant alors la majeure partie de la population du pays: “ Déclarons qu’ayant été obligé pour le bien et avancement de ce christianisme d’ordonner que les dîmes seraient payées au treizième, eu égard néanmoins à l’état présent du pays, nous avons jugé à propos de vous accorder et vous accordons par ces présentes qu’elles ne seront payées, six années durant, qu’à la vingtième.Déclarons en outre que pour contribuer aux nécessités de votre église, nous donnons la dime de cette année, 1663, à la réserve de celles de Lauzon, de la Pointe-de-Lévy et de Pile d’Orléans, lesquelles seront employées pour bâtir les églises paroissiales des dits lieux.(1) On dira peut-être que cette relaxation des dîmes ne concernait que la paroisse de Québec.Voici la réponse du vicaire apostolique dans la lettre qu’il écrivait à son petit peuple le 1er février 1664: “ A tous les habitants, salut, “ Ayant fait insinuer au greffe du Conseil Souverain l’établissement de la dîme, en conséquence de l’arrêt de Sa Majesté, en date du mois d’avril 1663, par lequel elle aurait été réglée au treizième, et ayant déclaré, vu l’état présent du (1) Edits et Ordonnances, vol.I, ]>.36, édition do 1864, Québec. - 146 - pays, qu'elle ne serait levée, pendant les six années, qu au vingtième, dans le dessein de continuer autant que besoin serait, l’on avait néanmoins fait difficulté de la payer.Nous, voulant témoigner notre affection aux habitants leur avons fait offre que la dîme ne serait payée qu’au vingtième notre vie durant, de quoi n’étant pas contents, nous consentons volontiers de leur donner le temps, jusqu’au retour des vaisseaux de l’année 1665 pour représenter à Sa Majesté les raisons de leurs difficultés, pendant lequel temps nous prenons la résolution de les assister gratuitement selon notre pouvoir et commodité comme nous avons fait ci-devant, et, en attendant, nous admonestons et exhortons les habitants de commencer à bâtir des églises et des presbytères afin que les prêtres puissent au plus tôt résider sur les lieux convenablement à leur condition et, par ce moyen, desservir les paroisses” (1)., , De quel côté se trouvaient la largeur d esprit et la générosité.De quel côté l’entêtement?Ces deux lettres, si rapprochées de rétablissement de la dime et qui se suivent de si près ells-mêmes, doivent-elles être classées parmi les demandes “en dépit” desquelles INI.de Tracy fit son règlement de 1667?On ne se contenta pas de murmurer contre la dîme bien qu’on ne la payât point, on inventa des faussetés ridicules pour la discréditer aux yeux des habitants auxquels Mgr de Laval écrivit le 10 mars 1664: “ Vous serez avertis que quelques personnes ayant mal entendu un mot fini est dans l’établissement des dîmes, ont semé dans l’esprit des peuples de faux bruits et calomnies, disant que l’on voulait exiger la dîme des œufs, des choux, des planches, des cordes de bois et généralement toutes sortes de manufactures, ce qui est contre la vérité du dit établissement, contre la coutume universelle et contre l’intention de l’Eglise.Car le mot travail des hommes, dont il est parlé dans le dit établissement, ne veut dire autre chose que le labourage de la terre ” (2).A qui fera-t-on croire que nos anciens colons auraient tenu pareille conduite s’ils n’y avaient été encouragés sinon poussés par des personnages haut placés?( 1 ) Mandements des Evêques de Québec, vol.I.p.100.(2) Ibid, p.101. — H7 — “ Pendant que la question était discutée à Québec, écrit M.Lapalice, la dime n’était pas encore exigée dans la petite colonie de Montréal.” Et pourquoi donc?L’enregistrement au Conseil Souverain donnait force de loi à l’arrêt royal dans tout le pays, à Montréal comme ailleurs, aussitôt après publication et affichage, ce qui ne tarda point.Les habitants des Trois-Rivières en firent l’expérience.Le Conseil Souverain avait député MM.Le Gardeur de Repentigny, Charron et Madry pour publier et afficher l’arrêt là où il y avait lieu de le faire.Par la première occasion, ils avaient envoyé une copie collationnée de ce document aux Trois-Rivières, “ pour y être lue, publiée et affichée.” On refusa net de se rendre à cet ordre.Les délégués en appelèrent au Conseil Souverain.Dans sa séance du 9 avril 1664, le Conseil, après avoir rappelé que les délégués avaient été nommés “ pour rendre le contenu au dit arrêt notoire à tous les peuples de ce pays, ” ordonne que “ lecture, publication et affiche sera faite du dit arrêt partout où besoin en sera.” L’arrêt du Roi eut donc force de loi partout où la publication en fut faite, c’est-à-dire en tous les lieux où se faisait du labourage et par suite où besoin en était.Si la dîme n’a pas été exigée à Montréal, elle ne l'a été nulle part au pays.La vérité est que l’arrêt a rendu le paiement de la dîme obligatoire; que les colons refusèrent d’y obéir; (pie Mgr de Laval renonça à tout, jusqu’à l’été de 1665 et, après, à cause des expéditions contre les Iroquois probablement, en sorte (jue, pendant quatre ans, à part quelques nobles exceptions qu’on ne connaît pas, la dime légale ne fut payée nulle part, ni à Montréal, ni aux Trois-Rivières, ni à Québec.L’historien Latour dans ses Mémoires sur la Vie de Mgr de Laval est très catégorique sur ce point.11 écrit: “ Les choses demeurèrent près de quatre ans dans cet état.On ne paya rien aux curés jusqu’en 1667 que M.de Tracy, vice-roi, M.de Courcelles, gouverneur, et Talon, intendant, firent, à la prière de l’évêque, une ordonnance par laquelle il fut réglé que les dîmes ne seraient payées qu’au vingt sixième, pendant vingt ans, sans préjudice pour la suite. - .48 - De tout ce qui précède, il ressort clairement que les demandes de Mgr de Laval pour le paiement de la dime au treizième se réduisent au seul arrêt du Roi et que par conséquent il est inexact de dire que c'est en dépit de ces demandes du treizième que Tracy tit son règlement de 1667.Il serait plus juste de dire que l’Evêque n’urgea pas l’application de cette loi en face du mauvais vouloir de son peuple, mais que, par pure bonté, et de lui-même, il offrit de la porter au vingtième pour six ans, puis pour sa vie durant, donnant aussi toute latitude aux habitants d’en appeler au Roi, se privant enfin d’un revenu auquel, canoniquement et légalement, il avait plein droit pour le soutien de son église et le bien spirituel des récalcitrants.Quoi qu’il en soit, la difficulté était réglée, non pas pour vingt ans, comme on le pensait, mais pour toujours jusqu’à présent du moins.Ce règlement, on vient de le dire, n’était pas l’œuvre de M.de Tracy seul; les trois puissances, comme on disait alors, y avaient collaboré.Ajoutons que la date que porte ce document, clans la plupart sinon dans tous les imprimés, n’est pas exacte.En voici les preuves.La décision de Tracy, Courcelle et Talon ne fut jamais enregistrée au Conseil Souverain.Elle resta dans le secrétariat de l’intendant Talon dont les papiers furent en partie “ dissipés ” dans la suite, de même que ceux de ses successeurs.Elle fut acceptée cependant et exécutée de bonne foi de part et d’autre.C’est ce que nous apprend l’édit de 1679 sur la dîme dans lequel on fait mention du dit règlement dont on donne la substance et que l’on date du 4 septembre 1667, le tout de mémoire ou par tradition, mais sans avoir jamais vu le texte apparemment.Et pourtant ce texte existait à l’évêché de Québec et il portait la date du 23 août 1667.Nous retrouvons cette même date dans les archives du séminaire de Québec dans une liste du temps de documents à enregistrer à l’évêché.Cette entrée se lit comme suit; “Ordonnance pour l’établissement des dîmes à la vingt sixième pendant vingt années.Elle est rendue sur les représentations du clergé des défenses des habitants qui doivent 149 — porter le bled aux presbytères; elle est rendue par Mrs de Tracy, Courcelles et Talon, 23 août 1667.’’ Cette preuve pourrait suffire à prouver notre avancé.En voici une autre qui ne manque pas de valeur, c’est qu’à la date du 4 septembre, supposée être celle de la passation du règlement, M.de Tracy était déjà parti {xnir la France depuis six ou sept jours, le St-Scbastien qui le portait ayant quitté Québec le 28 août.Le P.Hardy, S.J., l'accompagnait et le Journal des Jésuites qui nous donne cette information ne peut s’être trompé.Nous avons fini.Qu’on nous pardonne ces détails qui pourront paraître fastidieux à quelques-uns, mais ce sont aussi les petits détails qui, trop souvent, défigurent les hommes et les choses.Amédée Gosselin, ptre OUVRAGES PUBLIES PAR L’HONORABLE FELIX-GABRIEL MARCHAND Erreur n'est pas compte ou Les inconvénients d'une ressemblance.Vaudeville en deux actes.Montréal — 1872.57 pp.in-12.Quelques scènes d'une comédie inédite: Les faux brillants.Comédie en cinq actes et en vers.Imprimé pour la Société Royale.Ottawa — 1882.14 pp.in-4.Un bonheur en attire un autre.Comédie en un acte et en vers.Montréal, imprimerie de la Gazette — 1883.50 pp.in-8.Le travers du siècle, poésie.Imprimé pour la Société Royale.Ottawa — 1884.2 pp.in-4.L’aigle et la marmotte, fable.Imprimé pour la Société Royale.Ottawa — 1885.2 pp.in-4.Les faux brillants, comédie en cinq actes et en vers.Montréal, Prendergast & Cie, éditeurs, 37, rue Saint-Jacques — 1885.106 pp .in-16.Nos gros chagrins et nos petites misères.Imprimé pour la Société Royale.Ottawa — 1890.4 pp.in-4.Manuel du notariat.Montréal — 1892.Mélanges poétiques et littéraires.Montréal — 1899.367 pp.in-8. CHARLES D’AILLEBOUST DE COULONGE DIT DE DOUGLAS Dans la livraison de février du Bulletin, M.Claude de Bonnault a publié d’abondants documents sur M.d’Aille-boust de Douglas, officier canadien.Le Rapport des Archives Canadiennes pour 1905 (I, 323) signale une lettre du 6 mars 1762 par laquelle le président du Conseil de Marine, qui a reçu un mémoire du Sr d’Ailleboust de Douglas, enseigne dans les troupes du Canada, demandant un emploi dans les troupes, écrit à M.Dumas que le surnom de Douglas ne se trouve pas dans les notes qui ont été remises au bureau des colonies, et le prie de lui marquer s’il s’agit du Sr d’Ailleboust à qui il a donné des certificats le 19 août 1761.11 est évident que le d’Ailleboust qui sollicite un emploi en 1762 et le d’Ailleboust dont on vient de publier les états de service ne sont qu’un seul et même personnage.Parmi les pièces publiées par le Bulletin, l’on trouve précisément le certificat du 19 août 1761 délivré par M.Dumas.Or, les lecteurs du Bulletin ne sont peut-être pas moins curieux que le président du Conseil de marine de savoir qui est ce d’Ailleboust canadien au surnom mystérieux et jusque-là tout-à-fait inconnu de Douglas.Après des recherches assez laborieuses, nous en sommes venus à la conclusion qu’il n’est autre que Louis-Charles d’Ailleboust, baptisé à Montréal, le 28 mars 1737, fils de Louis-Hector d’Ailleboust de Coulonge et de sa première femme, Marguerite Lefournier du Vivier.Charles d’Aillebout, qui avait 24 ans en 1761 comme d’Aillebout de Douglas, a été, comme le même personnage, promu enseigne en pied en 1759 (1er janvier).Il était enseigne en second depuis le 17 mars T756.et, dans les listes de promotion du temps, il est toujours désigné sous le nom de d’Ailleboust tout court, tandis que les deux seuls autres enseignes appartenant à la même famille sur la fin du régime français étaient appelés de Cuisy d’Argenteuil ou de Cery.t Cette identité de Charles d’Ailleboust de Coulonge avec d’Ailleboust de Douglas est d’ailleurs encore plus clairement établie par un document judiciaire que nous avons retrouvé dans la collection Baby, à la Bibliothèque Saint-Sulpice. i5i — U s’agit d’un mémoire ou factum présenté a la Cour d’Appel de Québec vers 1780, dans une cause de Gordien d’Ailleboust de Cuisy et de Louis-Hector Lefournier du Vivier, appelants, contre René-Ovide Hertel de Rouville et A-mable Boucher de ^Boucherville, comme ayant épousé les deux demoiselles de Saint-Blain, intimés.L objet du litige était un contrat de vente passé en 1761 entre ( hurles d Ail-leboust de Coulonge et M.de Saint-Blain, aussi officier.\ oi-ci, en résumé, comment les faits de la cause sont exposés par Jacques-François Cugnet, avocat des intimés.“En 1761, Charles d’Ailleboust, mineur de 25 ans, officier dans les troupes, après avoir fait les deux dernières campagnes qui lui avaient été extrêmement coûteuses à cause de la cherté des denrées, ayant perdu deux fois ses équipages et été blessé à l’affaire du 28 avril, prit la résolution, dans le dessein de continuer son service, de passer en b rance dans le temps fixé par la capitulation du 8 septembre 1760, et voulut se défaire de quelques biens-fonds et constituts qu’il possédait en ce pays où il ne comptait plus revenir.“Pour réussir dans son projet, il s’adressa au Sr d Ail-leboust de Cuisy, son oncle et son tuteur, afin d’avoir de lui la connaissance des biens qui lui appartenaient et dont son oncle avait la possession.Quoique C harles d Ailleboust, (pii avait obtenu des lettres d’émancipation, fût autorisé à retirer les titres de ses propriétés, cependant le Sr de Cuisy les lui refusa sous divers prétextes, ce qui l’obligea d avoir recours au général Gage qui ordonna au Sr de Cuisy de les lui remettre; sans se conformer aux ordres du gouverneur, le Sr de Cuisy lui remit, au lieu de titres, un état de quelques constituts d’une ou deux parties de terre situées près de Montréal, qui lui appartenaient.“Chs d’Ailleboust, nanti de cet état, chercha à vendre ses fonds, tandis que le tuteur cherchait à l'en empêcher et faisait tous ses efforts pour détourner les acquéreurs en priant les uns et en épouvantant les autres, afin de les empêcher de traiter avec son mineur dont il était présomptif héritier, craignant de perdre sa succession.“Chs d’Ailleboust, qui n’avait que 24 ans, 3 mois, vendit le 6 mai 1761, malgré les démarches de son tuteur, ses biens à M.de St-Blain, officier, pour 15000 livres tournois dont 7 — J5- — lui furent payées avant la passation du contrat, les 8 autres mille ne devant être payées qu’après que Charles d’Ailleboust aurait atteint sa majorité et aurait fourni ratification de la dite vente chez les Srs Thouron frères à la Rochelle où les parties avaient élu domicile respectif ainsi qu’il appert au contrat passé devant Mézières, notaire à Montréal.* "Après les 7000 livres reçues et le contrat passé, Charles d Ailleboust s’embarqua pour la France sans avoir le temps de mettre son acquéreur en possession, ce qu’il 11e pouvait point avant sa majorité qu’avec le consentement de son oncle et tuteur."L'automne de la même année 1761, M.de St-Blain s embarqua aussi pour la France et périt malheureusement sur l’Auguste au large de File Royale."Charles d’Ailleboust, arrivé en France où il apprit le* triste sort de M.de St-Blain, crut qu’il 11e pourrait toucher le restant de son argent, étant mort.11 sortit des terres de France, suivant les apparences, avant l’âge de majorité accompli, pour passer a-t-on dit, en Prusse, dont depuis ce temps on n’a eu aucune nouvelle, c'est-à-dire depuis février 1762."Mme de St-Blain, tutrice de sa fille de 7 ans, donna des ordres a 1 houron frères de LaRochelle pour faire faire par le dit Charles d’Aillebout l’acte de ratification et lui payer les 8000 1.restant, mais les Srs Thouron ne trouvèrent point le Sr d’Ailleboust et en informèrent Mme de St-Blain ainsi qu’il appert par l’acte de perquisition du dit dis d’Ailleboust judiciairement affirmé, qui est annexé à la procédure.* '767> Mme de St-Blain s’adressa enfin à la justice Pour se faire rendre son bien.M.de Cuisy répondit à cette première action par un mémoire diffamatoire, farci d’anecdotes odieuses sur le compte de son neveu, autrefois son pupille.11 s’y plaignait que ce mineur avait été séduit et avait vendu a vil prix des biens qui valaient beaucoup plus, et supposait malicieusement, sans en donner de preuves, que la somme de 7000 livres n’avait jamais été payée et que l’argent perdu au jeu était la cause et l'effet de cette prétendue vente. — i53 — “Mme de St-Blain offrit au Sr de Cuisv de lui abandonner les biens vendus en lui remettant les 7000 livres payées avec intérêt.“Sur ce qu’un mineur a par la loi 6 ans après sa majorité pour se faire restituer contre les actes passés par lui en minorité, la Cour remit à faire droit sur cette instance jusqu’à cette époque, avec réserve des droits des parties et des dépens.“Le temps de la grande majorité s’étant écoulé, les intimés formèrent leur demande en reprise d'instance, concluant à ce que le contrat fût exécuté, avec offre de payer les 8000 1.restant à la charge de décharge valable.“Les intimés furent surpris d’apprendre que le Sr de Cuisy 11e voulait plus être acteur dans la pièce, en s’excusant, en apparence, sur son grand âge, mais seulement pour ne pas être obligé de reporter sur le bureau les écrits qu’il avait fournis en 17O7, dont les motifs 11e convenaient plus avec les nouveaux moyens dont il se disposait à faire usage sous les noms empruntés de son fils et de Duvivier, soi-disant héritiers présomptifs de dis d’Ailleboust mort ou absent.“Les appelants, comme de nouveaux athlètes, se présentèrent au combat et débutèrent en grossissant la fortune de Chs d’Ailleboust de plus de moitié, et en donn int un tableau hideux de sa conduite, le peignant non seulement comme un joueur et un prodigue, mais encore comme un homme sans probité et sans délicatesse, en un mot pour un homme capable de tous vices.” Pour résumer, disons que la Cour des Plaidoyers communs à Montréal s’était prononcée en première instance en faveur des intimés, et avait déclaré la nullité du contrat de vente de 1761 en adjugeant aux héritiers de M.de Saint-Blain les 7000 livres qu’avait reçues Charles d’Ailleboust avant la passation de l'acte, plus les intérêts.Et c’est de ce jugement en première instance que Gordien d’Ailleboust de Cuisy et Louis-Hector Lefournier Duvivier en appelaient devant le tribunal supérieur à Québec, vers 1780.Nous n’avons pas les autres pièces du procès.Nous savons seulement par une lettre attristée de René-Ovide Hertel de Rouville, en date du 30 mars 1780.et qui se trouve aussi parmi les papiers Baby, que les intimés, après avoir triomphé à Montréal en première instance, perdirent leur cause à Québec.Il faut croire que la Cour d’Appel a cru suffisamment fondée la prétention des Srs de Cuisy et Duvivier qu’il n’y avait pas eu paiement des 7000 livres ès-mains de Charles d’Ailleboust et que ce dernier avait simplement passé ses biens à M.Saint-Blain en règlement d’une dette de jeu.Quoi qu’il en soit, et indépendamment de la partialité inévitable qui s'y trahit dans l’interprétation des faits, il ressort du factum de Jacques-François Cugnet que Charles d’Ailleboust est bien l’enseigne en pied qui, sous le nom d’Ail-lebout de Douglas, raconte avoir été blessé à la bataille de Sainte-Foy en 1760.Trois ans avant ses arrangements avec M.de St-Blain, Charles d’Ailleboust avait déjà songé à la disposition de ses biens.Le 13 juin 1758, de passage à Montréal, probablement entre deux de ces dangereuses expéditions qu’il accomplissait avec M.de Montégron, il lit son testament devant le notaire Simonnet.Par ce testament, où il est appelé Charles-Borro-mée d’Ailleboust de Coulonge, il léguait pratiquement tous ses biens à sa belle-mère, Marie-Anne de Miray, et à sa tante paternelle, C atherine d Ailleboust de Coulonge, veuve de Codfroy de Linctot.A Thérèse Du Bignon, qui avait été élevée domestique dans la maison et dont la mère était sau-vagesse, il donnait “toutes ses chemises, ses habits, et sa montre d’or.” Dans une des listes d’officiers publiées par M.l’abbé Daniel, en appendice à son ouvrage sur la famille de Léry, Charles d’Ailleboust apparaît parmi ceux qui sont restés en ( anada erM760.En effet, il n’a dû quitter le pays qu’après le 6 mai 1761, date de son contrat de vente avec M.de St-Llain.Son premier projet cependant était de s’embarquer avec les autres officiers aussitôt après la capitulation.En effet, le 15 septembre 1760, huit jours seulement après la capitulation, un conseil de famille s’assemblait à Montréal par les soins du Sr Danré de Blanzy, notaire, et autorisait le Sr de Cuisy, en sa qualité de tuteur, à rembourser au sieur La-caze la somme de 2300 livres que Louis-Charles d’Ailleboust, mineur, avait reçue de lui pour son passage en France et aider a sa subsistance et sa nourriture.Pourquoi le jeune — T55 — d’Ailleboust, à l’aide de ce secours, n’est-il pas passé immédiatement en France?Aurait-il tout perdu au jeu dans l’intervalle?Il se peut en effet qu’il y ait eu plus de fondement que ne l’a voulu admettre Jacques-François Cugnet, dans la prétention du sieur de Cuisy que Charles d’Ailleboust était joueur et dérangé.Dans une revue d’officiers qui date de 1761, nous trouvons cette apostille accolée au nom de d’Ailleboust, enseigne en pied: Chassé pour faux billet.11 ne peut s’agir ici que de notre Charles d’Ailleboust, n’y ayant en 1761, dans les troupes canadiennes, que deux autres enseignes en pied du nom de d’Ailleboust, à savoir: Gordien d’Ailleboust de Cuisy et Philippe-Antoine d’Ailleboust de Cerry, qui sont passés tous les deux en France dès septembre 1760 après la capitulation.Cette disgrâce expliquerait pourquoi Charles d’Ailleboust sollicite du ministre, en 1762, un emploi ou plutôt un remploi dans les troupes.Cela expliquerait surtout pourquoi il s’est dissimulé sous le surnom de Douglas, un surnom que rien ne paraît justifier dans l’histoire de sa famille.11 est probable que le malheureux n’est parti en 1762 pour aller servir le roi de Prusse que parce que sa requête n'a pas été entendue en France.Nous ignorons ce qu’il est ensuite devenu.Il serait pourtant intéressant de savoir s'il n’a pas laissé sur les bords de la Sprée des descendants qui sont aujourd’hui Prussiens et qui peut-être ont combattu à Vimy et à Ypres'contre leurs lointains cousins du Canada.Aegidiüs Fauteux REPONSE Le sieur Péan (XXXI\ , p.5tS2) — Michel-Jean-Hugues Péan est né à Saint-Ours, et y fut baptisé le FS mai 1723.Aeg.F. i5 — LE CLUB DES BROTHERS-IN-LAW < )n peut être laniilier avec diverses langues et cependant se tromper “ pour 1 amusement ou l’énervement de la galerie sur la traduction ou l’emploi de certaines expressions.11 y a un quart de siècle, un de nos plus illustres premier.^ ministres, souleva une tempête en qualifiant un bouillant général saxon de foreigner.I n journaliste et sénateur défunt qui nous a laissé de bon> ouvrages historiques et biographiques émoustilla ses confrères en traduisant man of zmr par cuirassier.Un autre, moins notoire, cependant estimé, écrivit, un jour que le “Canon Dumoulin, d’Ontario, avait, etc” or, il parlait tout bonnement du ” chanoine Dumoulin.” I bans une cause, où il plaidait en français, un fameux avocat anglais, déclara, au grand émoi du tribunal, que l’adversaire de son client tenait "un cochon aveugle”.Il s’agissait d’un blind pig.Les fautes des autres n'excusent pas les nôtres, cependant si de grands personnages ont eu des bévues à leur actif, trouvera-t-on surprenant qu’un modeste archiviste soit pris en tante et lui refusera-t-on l’occasion de s’en confesser, non par gloriole, mais à seule fin d’empêcher une erreur de se propager?X X X La seconde partie de ma petite étude sur les auberges les hôtelleries, les cafés et les clubs des siècles derniers pa-nussait a peine, en tiré à part que mon bienveillant ami, M JNbu echal N autel, conservateur de la bibliothèque du barreau de Montreal, nie signala que ma traduction de Brothers-in-aw Cl»b par Club des Beaux-Frères, ne s’accordait pas avec ce qu il avait lu dans un volume de maître A W P Jm^chanan, The Bench and bar of Lower Canada dozen to D’après cet auteur, le club en question se composait d avocats et le nom qu’ils s’étaient donné constituait en anglais, un jeu de mot dont l’équivalent en français serait Confreres en droit . —1 r57 Afin de vérifier, je communiquai avec M.Buchanan, lequel fort gracieusement, me fournit un exemplaire de son excellent ouvrage.Je constatai alors, que M.Buchanan reproduit un intéressant article de Wm McLennan sur les Old Clubs of Montreal, et surtout, le texte même des procès-verbaux du club, de 1827 à 1833.La lecture de ces compte-rendus, comme aussi la liste des membres du club ne laissent pas subsister de doutes.1 ou s les membres furent des avocats, hormis le notaire Henry Griffin et l’hon.John Molson, mais ceux-ci n’étaient que membres honoraires.Extrayons du texte de M.McLennan un résumé de l’existence du club: “After the Beavers, the Gray Beards and the Bachelors, came the Brothers-in-Law, the last of the old dining-clubs.This was the outcome of a dinner at a tavern at Côte-des-Neiges, on the last day of February, 1827, when a number of lawyers proposed and founded the Order, fifteen in number to dine together six times during the year.The members sent their contributions of food and wine before them, being especially careful as to the quality.1 he entrance fee was six bottles.“ In the minutes we find that Mr \\ alker A.C .having-lost a wager of a hat or six bottles of wine at the option of the winner, the late judge Gale, the latter generously presented the result to the club, where upon it was resolved that the loser should be held to procure a hat oi the shape woi m by Spanish cavaliers to be worm by the president of the day during the transaction of public business, and to be thereafter considered the property of the society.“ When the late Judge McCord positively declared his inhability to seing he was permitted to escape on drinking two bumpers, Henry Griffin, first Notary ot the Bank of Montreal, presented the club with a snuff-box on the 20th June 1829 John Molson, Sr presented the club on the 10th March, 1832, with a leg of mutton raised on Boucherville Island; “never such a leg seen on this side of the Atlantic.Before it was half consumed the Brothers-in-Law were unanimously of opinion that the man who can raise such mutton is worthy of a seat in his Majesty’s Council for the Province of Lower Canada! Their last meeting was held on the 20th February 1833.” XXX Le seul canadien français qui fit partie du club fut Alexis Bourret, avocat, et oncle de l’honorable Joseph Bour-ret.Cela n’empêcha pas la langue française de “ figurer ” dans les réunions.Ainsi, lors du dîner qui eut lieu le 20 octobre 1828, on chanta plusieurs chansons entre autres: Le vin, le vm, par l’avocat W.Badgley, Venus me défend; Vivre, vivre et boire et Bonsoir la compagnie par M.Bourret, puis une chanson farcie d’anglais : Je suis un French gentleman par l’avocat J.-G.Scott.Les réunions des Brothers-in-Law commencèrent dans la taverne Cooley, a la C ote-des-Neiges, en février 1827.Car la suite, elles eurent lieu a l.a taverne du Mile Knd, puis à la taverne St-Mary, au Pied-du-Courant.Fn 1832, on dîna chez Madame Mussen, rue Notre-Dame, enfin, le dernier repas fut servi à l’hôtel Orr, rue Notre-Dame, en 1833.Il n’y avait plus que quatre membres.La terrible épidémie du choléra, en semant le deuil dans toutes les familles, avait mis fin aux reunions de ces bons vivants.E.-Z.Massicotte LES DISPARUS François-Xavier Toussaint — Né à Saint-Jean de l’ile d’Orléans le 1er mars 1821, du mariage de Pierre Toussaint et de Justine l'ortier.11 lit son cours classique au séminaire de Québec, puis après un séjour de quelques mois à la Nouvelle-Orléans où il voulait étudier le génie civil, il entra dans 1 enseignement.JM.I oussaint fut maître d'école cinq ans à Saint-Jean de File d'Orléans, quatre ans à Saint-Laurent Puis fonda l’Ecole commerciale de Saint-Michel de Belle-chasse.En 185/, il devenait professeur a l’Ecole normale Laval qui venait d’être fondée.J1 enseigna dans cette maison jusqu’en 1894.Décédé à Québec le 2 décembre 1895.Nous lui devons trois manuels de classe: Traité d'arithmétique ( 1865) qui a eu plus de vingt-cinq éditions; Géographie moderne (1868) ; et Abrégé d'histoire du Canada (1874) qui a eu egalement plusieurs éditions. — 159 — LE CHIRURGIEN DE BONNE L’on s’est intéressé à plus d’une reprise dans le Bulletin au chirurgien de Bonne qui exerça sa profession en Canada dans la seconde moitié du 18e siècle et chaque fois Ion s est demandé s'il n’était pas parent du capitaine Louis de Bonne qui fut tué au siège de Québec, et, par suite, du fils de ce dernier, le trop célèbre juge de Bonne.Les quelques notes qui suivent, si elles ne parviennent pas à dissiper tout le mystère dont il est entouré, serviront peut-être à préciser un peu plus les contours du fuyant personnage.Le Dr Ahern, dans ses Notes pour servir à l histoire de la médecine dans le Bas-Canada (p.123), distingue deux chirurgiens de même nom, Antoine-Camille, qui serait mort à Montréal le 1 1 décembre 1774.à l'âge d’environ 44 ans, et Daniel qui, après avoir été médecin de l'Motel-Dieu à Montréal, de 17(10 à 1770, serait mort en 178(8.11 s'est évidemment appuyé sur Tanguay qui, d'une part (vol.iit, p.264), note le mariage de Daniel de Bonne, chirurgien, avec Marie-Anne Meilleur, en 1760, et, d’autre part (vol.VI, p.4), signale la présence d’Antoine-Camille de Bonne, chirurgien a un mariage en 1765.Tanguay, et le Dr Ahern a sa suite, sont dans l’erreur.11 n'y a eu en Canada qu’un seul chirurgien du nom de Bonne; c’est celui qui est mort à Montréal le 1 1 décembre 1774.et il s’appelait Antoine-Camille.Au registre de la Rivière-des-Prairies, à la date du 22 septembre 1760, on lit nettement que c’est Antoine-Camille de Bonne, tils de Claude et de Rose Hcrbin, qui épouse Marie-Anne, fille de Joseph Meilleur et de M.-Anne Quevillon.En lisant Daniel, Mgr Tanguay a eu une étrange distraction.Ni Tanguay, ni le Dr Ahern ne paraissent savoir que le Dr de Bonne a pratiqué son art en ce pays bien avant 1760.Le seul examen des registres aurait pu l’apprendre a 1 auteur du Dictionnaire généalogique, car, a 1 Assomption, le 7 novembre 1757, on signale la présence à un mariage d'Antoine-Camille de Bonne, chirurgien aide-major des troupes françaises.En effet, dans deux lettres à Bourlamaque du 10 et du 24 mars 1758, le marquis de Montcalm en parle comme du chirurgien qu’il a spécialement chargé du soin d’un Canadien qu’avait grièvement blessé un capitaine des troupes de terre, M.de Selles, (i) Le Dr Ahern veut encore, et cette fois en s’appuyant sur l’autorité de Maximilien Bibaud, que le chirurgien de Bonne ait été employé par le gouvernement pour traiter les victimes du mal de la Baie St-Paul.Cela nous parait un peu hasardé.Le sieur de Bonne est mort le i r décembre 1774.et ce n’est guère vers [7S3 que le .gouvernement a commencé de s’émouvoir sérieusement du mal de la Baie St-Paul et a chargé d’office certains médecins d’en prévenir les ravages.II reste enfin à savoir si le chirurgien de Bonne était parent du capitaine du même nom, neveu de M.de la Jonquiè-re.Bien que la question soit loin d’être résolue, il y a des arguments en faveur de l’affirmative.Le capitaine de Bonne était lils de Louis-Joseph de Bonne et de Marie V illeneuve, et originaire de Saint-Martin, dans le diocèse de Lavaur.D’autre part, le chirurgien à son mariage est dit fils de Claude de Bonne et de Rose Herbin, et originaire de Saint-Maurice de Bougerv.Dans le registre de la Rivière-des-Prairies, le nom du diocèse dans lequel se trouverait St-Maurice de Bougery est écrit d’une façon à peine lisible.Des copistes ont voulu lire Luçon et d autres Laon.Nous croyons cependant que le griffonnage du curé de la Rivière-des-Prairies est, dans 1 espèce, encore plus près de Lavaur, que de Luçon et que meme de Laon.Dans ce cas, le capitaine et le chirurgien seraient tous deux de la même région du Tarn dans le Languedoc, et il y a lieu de croire que leurs familles sont apparentées._ Mais un fait plus significatif encore, c’est que, le juin 17^17, à Montréal, lors du baptême de Pierre, l’un des enfants du chirurgien non mentionnés par Tanguay, la mar-1 aine n est autie que Dame Marie-Louis Prud’homme, veuve du capitaine de Bonne.Il nous a semblé que ce rapprochement autorise une présomption qu’il y avait au moins un lien de cousinage entre l’ancien chirurgien des troupes françaises et le père du fameux juge de Bonne.Argidius Fautrux •>0 < # Pour l’histoire: à propos de l’assassinat de 1 abbé Dar-veau (19 octobre 1914).Le Père Patrice Gibbons, de la Trappe d’Oka (2 novembre 1914).Le Père Manseau, des Clercs de SaintA iateur (16 novembre 1914).L’abbé Camille Caisse, curé de Sainte-Marie de Malbo-ro (7 décembre 1914).Deux discours de l’abbé Camille Caisse (7 décembre 1914)- ., Le curé Pierre-Augustin Campeau, P.S.S.(21 décembre 1914).a , Max Doumic, ancien professeur à l’Ecole Polytechnique de Montréal, par André Michel (28 décembre I9M)-L’abbé Elias Bouchard, P.S.S.(4 janvier 1915). — 176 Les droits du français au Canada, allocution par Mgr Bruchési (11 janvier 1915).L'abbé François-Xavier Plante, ancien curé de Saint-Edouard-de-Napierville ( 18 janvier 1915).L’abbé Joseph Robillard, curé de Saint-Eusèbe de Montréal (25 janvier 1915).L’abbé Georges-Denis Lesage, ancien curé du Mile-End (1er février 1915).Les Frères des Ecoles Chrétiennes (8 février 1915).L’abbé Louis-Mélassipe Taillon, curé de Saint-Michel-de-Napierville (8 mars 1915).L’abbé François-Xavier Laberge, ancien curé de la Pointe-Claire (15 mars 1915).L’abbé Isidore Forget, ancien curé de Saint-Colomban (22 mars 1915).L’abbé J.-M.-H.Lecourt, curé de la Longue-Pointe (q avril 1915).^ L’abbé Jean-Baptiste Bourget, ancien curé de Sainte-Geneviève (19 avril 1915).Jules-Paul Tardivel, par l’abbé Elie-J.Auclair (26 avril I9I5)., L’abbé Alfred Houle, curé de Saint-Léonard-de-Port-Maurice (26 avril 1915).L abbé Joseph-Euclide Dugas, ancien curé de Sainte-Anne-des-Plaines (3 mai 1915).L’abbé Ernest Plessis-Bélair ( 17 mai 1915).L abbé Hercule Marsolais, curé de Saint-Vincent-de-Paul (7 juin 1915).La première messe au Canada, 24 juin 161 s (21 juin 191 S)- , ¦ L abbé Martin Callaghan, P.S.S.(21 juin 1915).Mgr Langevin, archevêque de Saint-Boni face (28 juin I9I5)- , L Alphonse Giroux, professeur d’histoire au college de Montréal (6 septembre 1915).Le R.P.Rottot, S.J., par le R.P.Lalande (20 septembre 1915).Mgr Racicot, par l’abbé Elie-J.Auclair (27 septembre I9I5). 177 — Circulaire de Mgr Bruchési à.l’occasion du troisième anniversaire de l’arrivée des Récollets au Canada et du vingt-cinquième anniversaire de l’établissement des Franciscaines à Montréal, 20 septembre 1915 (4 octobre 1915).Circulaire de Mgt; Bruchési au clergé du diocèse de Montréal sur la mort de Mgr Racicot (4 octobre 1915).Eloge funèbre de Mgr Zotique Racicot, évêque de Pog-la, par Mgr Georges Gauthier (4 octobre 1915).M.Daniel-Joseph Lefebvre, P.S.S., curé d’Oka (11 octobre 1915).M.l’abbé Castonguay, curé des Cèdres (18 octobre 1915) - , Les Soeurs de l’Espérance (8 novembre 1915).Le Père Louis-Olivier Fortier, des Rédemptoristes (20 décembre 1915).L’abbé Timothée Sauriol, du séminaire de Sainte-Thérèse (27 décembre 1915).Mgr Lorrain, par l’abbé Elie-J.Auclair (3 janvier 1916) .L’abbé Joseph-Alfred Lippé, curé de Coteau-Station (10 janvier 1916).L’abbé Joseph Quesnel, curé de Saint-Louis de Gonzague, Valleyfield (14 février 1916).L’abbé Albert Marsolais, ancien curé de Saint-I'aschal-Baylon de Montréal ( 14 février 1916).L’abbé Emile-Olivier Plante, ancien curé de Saint-For-tunat et de Saint-Georges au diocèse de Sherbrooke (28 février 1916).Le Frère Louis-Maxime Laferrière, C.S.Y.(6 mars i9i6)-< , L’abbé Joseph-Octave Labonté, curé de Saint-Janvier au diocèse de Montréal (1er mai 1916).L’abbé Zéphirin Auclair, curé de Saint-Polycarpe (8 mai 1916).L’abbé Alphonse Paphvruce Tassé, curé de Saint-Cy-prien de Napierville ( 15 mai 1916).L’abbé Pierre-Auguste Fournet, P.S.S.(29 mai 1916).Le curé Deslauriers, de Saint-Antoine de New-Bedford (3 juillet 1916). — 178 — MoT Gustave Blanche vicaire apostolique du Golfe Saint-Laurent, par l'abbé Klie-J.Auclair (14 août 1916).Le l’ère Frédéric de Ghyvelde (21 août 1916).Mère Brosseau.ancienne supérieure générale de l’Hô-tel-Dieu de Montréal (28 août 1916).L’abbé Péladeau, ancUn curé de Sherrington (4 septembre 1916).L’abbé Zotique Cardin, ancien curé de Repentigny (11 septembre 1916).Le chanoine Adam (18 septembre 1916).Un trait de la vie de Mgr Lorrain (9 octobre 1916).Le chanoine Pierre Sylvestre, ancien professeur du séminaire de Juliette (20 novembre 1916).Mgr Aubry, ancien curé de Sainte-Martine et vicaire-général de Yalleyfield (4 décembre (916).Antoine Roy (à suivre) LES DISPARUS L'honorable Dunbar Ross — Né à Clonakilty, en Irlande, vers 1800.11 était avocat de profession, et émigra jeune au Canada.Le 1er mai 1850, M.Ross était élu député de Mégantic.11 représenta ce comté de 1850 à 1851, puis le comté de Beauce (formé en 1853 de partie de Dorchester et de Mégantic) de 1854 à 1861.M.Ross fut solliciteur-général du Bas-Canacla dans les ministères Hincks-Morin (31 août 1853 au 10 septembre 1854), MacNab-Morin (11 septembre 1854 au 26 janvier 1855) et MacNab Taché (du 27 janpier 1855 au 23 mai 1856), et Taché-Macdonald (24 mai 1856 au 25 novembre 1857).Décédé à Québec le 16 mai 1865.Nous avons de M.Ross (sous le pseudonyme Zeno) The “Crise” Metcalfe, and the Lafontaine-Baldwin Cabinet defended (1844), et The scat of government of Canada, its Legislative Council, and “double majority” question (1858). — i79 — LETTRE DE L’INTENDANT DE MEULLES A M.PEUVRET DE MESNU A la Source, le 5 juin 1687.Je viens d’apprendre, monsieur, que le dernier vaisseau devait partir le 10 pour Québec qui est celui de Dombourg.J’avais cru qu’il ne partirait que dans le mois de juillet.Je m’étais décidé à ne vous écrire que par ce vaisseau pour avoir plus de choses à vous mander mais je me trouve dans une certaine conjoncture, absence qu’elle est dans un grand voyage dont elle n’est pas de retour.Pour ce qui me regarde je vous dirai que j’ai reçu monsieur de Seignelay avec si peu de contentements que je voudrais ne l’avoir jamais revu.Notre gouverneur lui a écrit tant d’impertinences et tant de faussetés que je ne puis avoir d’audience de lui aussi ne m’en suis-je pas beaucoup mis en peine.Cela n’empêchera pas qu’au retour de la Cour je ne cherche lieu de faire connaître monsieur Denonville au roi si je puis et à monsieur de Seignelay pour ma propre satisfaction et pour me venger.J’ai vu monsieur le duc de Bcauvilliers que j’ai assurément détrompé dans la conversation que j’eus avec lui je lui dis que j’avais de la peine à croire que M.Denonville put se sauver parce qu’il était obligé de me restituer l’honneur et la réputation qu’il m’avait ôté en me calomniant comme il l’avait fait.Vous savez que les Fermes sont adjugées.Elles commencent au premier d’octobre.Je ferai tous mes efforts pour trouver lieu d’employer M.Peuvret.Vous m’avez recommandé de l’occuper ou de le faire employer, ce à quoi je bataillerai, vous assurant que son.sera de vivre avec moi.Je vous recommande mes intérêts et d’avoir la bonté de m’envoyer en lettres de change le reste des effets que j’ai laissés à Québec dont vous avez.il y a un mois que je suis dans ma mai- son de La Source.Je vous assure que je n’ai jamais pas- sé un temps si doux que celui-là.Je m’en retournerai à Paris dans 8 jours où j’espère trouver M.Peuvret qui sera apparemment de retour du Perche où il est allé.du Mesnu de mes respects Je vous embrasse de tout mon coeur (1).LES DISPARUS Mgr François-Xavier Bossé — Né à Sainte-Anne de la Poeatière le (> septembre 1838, du mariage de Maurice Bossé et de Marie-Marguerite Ouellet.11 fut ordonné prêtre dans sa paroisse natale le 4 octobre 1863.Il fut d’abord vicaire à Sainte-Croix, puis curé de Cascapédiac, de la Riviè-re-au-Renard, de Percé et de Douglastown.En 1882, M.Rossé devenait préfet apostolique du Golfe Saint-Laurent avec résidence à la Pointe-aux-Esquimaux.C’est à cette occasion qu'il fut créé camérier secret de Sa Sainteté.En 1892, Mgr Bossé revenait au diocèse de Rimouski et occupa successivement les cures de Caplan, de Pabos et de Saint-Pierre-du-Lac où il décéda le 28 juillet 1912.Mgr Bossé a publié dans les Annales de la propagation de la foi un bon nombre de lettres intéressantes sur l’histoire du Labrador.Il a laissé, en outre, un travail sur les légendes gaspésiennes.Mgr Louis-Jacques Langis — Né à Rimouski le 26 février 1843, du mariage de Joseph Langis et de Mélanie Lepage.Ordonné prêtre à Québec le 6 juin 1868, il fut professeur au séminaire de Québec, au collège de Lévis puis directeur et supérieur du séminaire de Rimouski.En 1883, il devenait curé de L’Isle-Verte, en 1891, vicaire-général du diocèse de Rimouski, et, en 1899, curé de Saint-Octave de Métis.Décédé à Rimouski le 8 mai 1916.Nous avons de Mgr Langis: Oraison funèbre du Reverend messire Oli-vier-Désirc Vézina prononcée dans l'église de Notre-Dame-des-Xcigcs de Trois-Pistolcs le 6 décembre 1906.(1) Archives de la province de QuObec. 18 L — E TABUSSEMENT D’UNE TRAVERSE MONTREAL ET LONGUEUIL, PAR GOUVERNEUR GUY CARLETON ENTRE LE (29 JUILLET 1775) Par son excellence Goy Carleton capitaine général et gouverneur en chef de la Province de Québec vice-amiral d icelle, major général des armées du Roy, commandant le département septentrional, etc., etc.Estant nécessaire tant pour le bien du Service (pie pour 1 utilité et la Commodité publique, d’Etablir une Traversé Sûre pour passer le fleuve St Laurent du faux bourg de Québec à Longueuil, et Etant Informé de la bonne conduite, Vigilance et Exactitude de Jacques Roussin, l’avons établi, et par ces présentes l’établissons durant notre Plaisir, pour Maître passager de Ladite Traverse avec un droit Exclusif du coté dudit faux bourg; a la charge par Ledit Roussin d’estre toujours pourvu de bons hommes, de Batteaux et canots suffisants pour ladite Traverse, et de Se Transporter Immédiatement du coté de Longueil Si tasa quil Verra le Signal du Pavillon arboré du coté de Longueuil, ayant attention de se conformer exactement au Reglement et Tarif, de nous Signé et annexé à ces présentes, a peine d’encourir et de payer La pénalité y porté.Donné a Montréal ce jqeme Juillet 1775, sous mon Seing & la Scelle de mes Armes.Guy Carleton Par son Excellence H.T.Cramahë Reglement pour traverse du fleure St Laurent du faux bourg de Québec à Langucil.1.—Pour le service du Roy Sera Tenu le passager de passer en tous teins Sur le champ.2.—Pourra joujr 'du même privilège tout partidulier dans des cas extraordinaires.3.—Dans les cas ordinaires Sera tenu le passager de passer en tout Tems depuis Soleil Levé jusqu’à soleil couché.4.—Un seul passant sera tenu d’attendre une demie heure à moins yu’il ne paroisse estre dans un cas bien pressé. i8j — 5.—S’il se présente plus d'un passant pourront Traverser sur le champ.6.—Sera Tenu le passager de ce coté, d’aller avec son Batteau prendre les Cheveaux, Voitures ou autres effets qui seront à la Traverse du coté de Longueuil aussi tôt le Signal fait pour ce sujet.7.—Aura ledit passager le droit de passer ceux qui se Trouveront pour lors a la Traverse de Longueil, a moins que le Batteau ne fut trop chargé au Embarrassé.8.—Sera Tenu le passager de faire porter les Sact ou porte manteaux des propriétaires chez eux.Tarif des prix que pourra Exiger de passager.1.—Pour un homme en canot en tout tems, 1 Shelling de la privince.2.—Pour le particulier (pii étant pressé voudroit se faire passer à l’instant en canot, 2 Schelings.3.—Pour une personne seule en bateau.3.4.—S’il passe plus d’un en batteau par tete, 1.5.—Pour un homme et un cheval.3.6.—S’il passe deux cheveaux et Leur Conducteur, 4.7.—Pour un cheval caleche et Conducteur, 4.8.—Pour deux cheveaux Caleche et Conducteur, 5.9.—Pour chesque Boeuf seul.3.10.—Si plus d’un boeuf par tête, 2.11.—Par chasque Veau, mouton ou cochon, 2.12.—Pour chaque quart, 1.13.—Pour chaque Barique, 2.14.—Pour chaque Tonne, 3.15.—Pour tout le batteau, 6.16.—Pour chaque poche de grain, 6.17.—Pour sac ou porte manteau, 4.Et pour plus ample Encouragement, aura Le passager privilège Exclusif de passer; en Conséquence il est fait Très Expresse deffense a Tout autre de passer qui que ce soit pour salaire sous L’amende d’une Piastre par chaque personne ainsy Traversée, Laquelle amende n’aura cependant pas Lieu en cas que le passager n’auroit aucun Batteau ou canot prêt dans une demie heure cy dessus Limitée.Sera Tenu le passager de se conformer au Reglement et Tarif cy dessus et pour cet effet il aura Toujours deux bons batteaux avec des canots, sous la pénalité de Cent vingt Schellings de cette province.ht affin que le public ne puisse ignorer du present Reglement et present Tarif, Sera Tenu ledit passager d’en faire afficher une fidole Copie dans un Lieu public de sa maison ou est le Traverse.Donné a Montréal ce 29e Juillet 1775.Guy Carlkton (1) LES DISPARUS il/qr / homas-Grégoirc Rouleau — Xé à Saint-Laurent de 1 ile d’Orléans le 29 avril 1851, du mariage de Clément Rouleau et de Henriette Gosselin.Ordonné prêtre le 28 février 1874, il fut vicaire à Saint-Georges de Beauce, assistant-principal et principal de l’Ecole normale Laval à Québec.Il consacra cinquante ans de sa vie à cette institution.Décédé à Québec le 29 avril 1928.11 était protonotaire apostolique.Auteur de Notice biographique sur l'abbé Edouard Bonneau, chapelain des Révdcs Sœurs de la Charité de Québec (1888); Notice sur l’Ecole normale Laval de Québec pour l’exposition de Chicago (1893); Catéchisme des lois scolaires à l'usage des candidats aux brevets d’enseignement (1894); Manuel des bienséances (1897); Sermon prononcé à la bénédiction du monastère des Cisterciennes réformées sur la Rivière Etehemin, dimanche, le 9 août 1903 ( 1903) ; Eloge funèbre de Léon NUI prononcé à l'église de St-Jeau-Baptiste de Québec le 28 juillet 1903 ( 1903) ; Le Révd.mes-sirc J.-O.-D.Naud, curé du Sacré-Cœur de Jésus (1903); Notice biographique sur l'abbé Mayrand, curé de Saint-Isidore de Dorchester (1904 ) ; Discours sur le pouvoir temporel du Pape, etc, etc.(1) Pièce en la possession de M.Montarville de La Bruère. UNE ANCIENNE CHANSON CANADIENNE C’était par un beau jour d’été J’étais au champ après faucher.On me prit pour compère, J’étais content comme il n'y en avait guère.Quand le compère fut prié Une commère a fallu chercher On me donna Gavotte Mais, cependant, tout le monde s’en moque.Quand la commère fut priée La vieille Catin a fallu atteler Mais qu’elle était bien rosse Elle passait bien à travers la roche.Quand nous fûmes dans l’embarras La vieille Catin allait le petit gallop Mais que ça n’avançait guère, Je n’en craignais pas pour rester derrière.Quand nous fûmes dans l’embarras La Vieille Catin n’allait que le petit pas Elle tomba dans une marre J’aurais désiré d'avoir une barre.A force de la zizanner La vieille Catin s’est relevée Elle se tenait debout Mais cependant, la catin dégoutte.Quand vint le temps de payer l’écho Je n’avais plus rien qu’un écu faux, Je vois venir Nichol J’étais content que le coeur m’en vole.Je lui ai vendu mon calumet -Tout allumé le manche après Aussi une jolie blague De loup marin qui était bien suparbe - i85 - Jamais de la vie je consentirai D’être compère si mal grayé Ma foi, c’est un scandale Quand il faut vendre sa pipe et sa blague (1).LES DISPARUS L’abbé Isidore-Grégoire ücblois — Né à Sainte-Marguerite de Dorchester le 21 septembre 1X42, du mariage de Basile Deblois et de Césarie Marcoux.11 ht partie de la congrégation des Frères des Ecoles Chrétiennes pendant vingt ans sous le nom de Frère Héraclien, puis fut ordonné prêtre le 7 juin 1X84.Professeur au collège de Sainte-Anne de la Pocatière, il fut ensuite vicaire à Saint-Joseph de Lévis et curé de Cranbourne.Décédé à Frampton le 30 mars 1901.M.Deblois avait publié, en 1XX7, un ouvrage intitulé A thcorical and practical system of book-keeping, by simple and double entry, containing seven sets fully illustrated, etc, etc.L’abbé Odilon Paradis — Né à Québec le 29 juin 1829, du mariage de François-Xavier Paradis et de Marie-Angèle Lacroix.Ordonné prêtre à Québec le IX septembre 1X52.Après avoir été vicaire à Saint-Jean-Baptiste de Québec, il fut curé de Laval, de Frampton, de Sainte-Anne de la Pocatière puis de Saint-Anselme.Décédé à Québec le 1er mars 1889.On a de M.l’abbé Paradis Notes historiques sur la paroisse et les curés de Sainte-Anne de la Pocatière, depuis les premiers établissements, publiée à Sainte-Anne de la Pocatière en 1869.L’hon.Louis-François Rodrigue Masson — Né à Terrebonne le 7 novembre 1833, du mariage de l’honorable Joseph Masson et de Marie-Geneviève-Sophie Raymond.Il fut avocat, maire de Terrebonne, officier de milice, député de Terrebonne, ministre de la milice puis président du conseil à Ottawa, sénateur du Canada, conseiller législatif de Québec, lieutenant-gouverneur de la province de Québec, etc, etc.Décédé à Montréal le 9 novembre 1903.Il avait publié en deux volumes Les bourgeois de la Compagnie du Nord Ouest.Récits de voyage, lettres et rapports inédits relatifs au Nord-Ouest canadien, publiés avec une esquisse historique et des annotations (1889 et 1890). 186 — ACTE D’ACCEPTATION PAR MGR DE LAVAL D’UNE TERRE OFFERTE PAR LE SIEUR GA-MACHE POUR L'ERECTION D’UNE EGLISE AU CAP SAINT-IGNACE 2 mars 1683.François par la grâce de Dieu et du St-Siège apostolique, premier évêque de Québec, ayant reconnu en nostre vi-sitte faitte en les costes du Sud en l'année 1681, la nécessité qu il y a d’édiffier d'espace en espace des chapelles afin d’y célébrer la Ste-Messe, administrer les sacrements avec décence et y pouvoir instruire les peuples étant impossible d’y establir des églises où ces dits peuples puissent s’assembler en nombre à cause de l’éloignement les uns des autres, l'incommodité des lieux et infertilité d'une grande partie des terres, nous aurions par le devoir de notre charge donné les avertissements sur ce nécessaires et nos ordres aux missionnaires qui sont chargés des dits lieux afin que tous ces peuples ayent a y satisfaire en conséquence de quoy le Sr Morel quy a soin de la mission despuis la rivière du Sud jusqu’à la rivière du Loup contenant vingt cinq à trente lieux de pays, nous aurait représenté qu’en exécution de nos ordres il aurait depuis notre ditte visitte fait touttes les instances possibles pour porter à la construction desdittes chapelles et spécialement depuis l'automne der.et qu’il y aurait enfin disposé les habittans de divers lieux et entres autres ceux de divers seigneuries de la Riviere-Ouelle, Ron Secours, Cap St-Ignace de Lislet, La Frenaye et la Rivière-du-Sud et nous aurait informé que le Sr Gamache ayant offert de donner de la terre pour la bâtisse d une chapelle sur six arpens de front, qu’il tient de la seigneurie du Cap St-Ignace au-versé le dessein et empesché quelquns uns de ces habittans tant dudit Cap St-Ignace que des autres lieux circonvoisins auraient unanimement été satisfaits dudit lieu et que les habittans des dits lieux se disposant à la construction de la ditte chapelle le dit Sr de l’Epinay et sa femme auraient renversé le dessein et empesché quelquns uns de ses habittans dy contribuer et auraient pour les en détourner offer de donner de la terre pour laditte chapelle dans un lieu à eux ap- - i87 - partenant quy n’est aucunement propre et qu’ensuitte le Sr Bernier en ayant offert sur la terre qu’il tient de la ditte seigneurie du Cap St-Ignace pour le même effet conjointement avec Pierre Carron le dit Sr de L’Epinay les aurait couvertes persistant à vouloir quelle fut seise dans le lieu susdit, ce quy aurait obligé le Sr Morel et les habittans dudit lieu d’aviser à ce qu’il y aurait affaire et ledit Sr Gamache serait intervenu et aurait fait donnation par écrit conjointement avec sa femme de la quantité de terre avec les conditions portés dans laditte donnation qu’il nous aurait envoyé signé d’eux et de tesmoins laquelle donnation nous avons aprouvé et aprouvons par ces présentes et ordonnons audit Sr Morel de déclarer de notre part aux habittans desdits lieux qu’ils ayent à construire laditte chapelle sur ledit lieu donné par ledit Sr Gamache et faisons deffances à tous fiddles de l’un et l’autre sexe de troubler ny inquietter aucuns des habittans quy de leur bonne volonté voudraient contribuer à la construction de laditte chapelle.Donné à Québec en notre demeure ordre, le deuxieme mars mil six cent quatre vingt trois, Signé françois Evêque de Québec et plus bas est écrit par le commandement de Monseigneur Thiery.Collationné par nous notaires Royaux en la prevosté de Québec y résidants soussignés sur une copie en papier représentée par le Sr Louis Gamache, seigneur du fief de l’Is-let en la Coste du Sud, y demeurans, et à luy à l’instant rendu avec la présente.Fait à Québec le dix sept octobre mil sept cent quarante huit.Panet Barolet QUESTION Le 3 novembre 1672, l’intendant Talon concède un fief sur la rivière de la Chaudière, “ avec Pile Fortunée qui est au devant, ” au sieur Miville.Où était ce fief et quels en ont été les propriétaires successifs?A.X.B. LETTRE DU JUGE DE BONNE A MM.PANET, PERRAULT, PAINTER.BLACKWOOD ET LANGLOIS Messieurs, Cette curiosité opiniâtre que vous montrez, dans un teins si avancé, et cette coalition de cinq personnes connues par leurs démarches antérieures, pour être du nombre de celles qui ont bazardé des démarches au nom du peuple canadien, sans aucun fondement, me mettent dans le cas de répondre à votre dernière du premier courant.lo—Que, comme individu, je ne crois pas devoir montrer à des personnes que ma nation regarde comme opposées à ses intérests et à ses droits, en ne daignant pas les consulter dans des matières aussi importantes, des adresses qui donnent un désaveu aussi formel à celuy qui s’est prétendu ou sera assé téméraire pour se dire le député des Canadiens parce qu’il aura dans ce moment les signatures d’une partie de sa nation et d’un très petit nombre de la mienne, dont 1 insuffisance serait assés caractérisée d’elle-même s’ils n’y joignaient pas encore l’illégalité dans leurs démarches et même une désertion de plusieurs qui s’étaient laissé aveugler en 1784 et qui ne donneront pas leur acquiessement cette année, quoique peut-être on se servira encore injustement de leurs noms.2o—Que l’offre que vous me faites de me montrer ce que vous avez envoyé en 1784 est beaucoup trop tardif, puisque vous n’ignorez pas que mes constituants qui sont tous les principaux propriétaires du pays et d’une importance respectable ont un droit beaucoup plus fondé à faire des démarches que d’autres dont les intérests, dans la Province, sont de si peu de valeur, qu'ils ne courent aucuns risques dans un changement, et n’y peuvent que gagner où un peuple entier serait la victime de semblables innovations.Qu en troisième et dernier lieu, après vous avoir donné mon opinion individuelle sur le cas, nos pouvoirs se bornent a remettre au I rès honorable Lord Dorchester, nos très humbles adresses pour parvenir au pied du Thrône de notre auguste Souverain, après les avoir fait signer par un nombre de propriétaires suffisant pour prouver l’inconséquence d’un soi-disant député de notre nation et de ceux qui devront l’autoriser dans tel avancé, et pour soutenir les privilèges d’un peuple nombreux dont je puis dire cent vingt mille âmes ignorent les démarches, et j’ose avancer, sont entièrement opposés aux innovations que l'on veut introduire parmi eux en voulant même en imposer asséz pour publier que c’est avec leur consentement que l’on agit.Voilà, Messieurs, ma réponse.Si vous aviez montré autant d’activité, à mon arrivée, j’aurais pû en prévenir mes concitoyens et vous communiquer leurs intentions; mais d’une manière (pii me parrait suspecte et le 31 d’octobre commencer une pareille tentative semble couvrir une subtilité insidieuse contre laquelle des exemples trop fréquents de la part de certaines personnes, doivent mettre en garde mes compatriotes et ceux (pii s’intéressent à leur bonheur et c’est en quoi j’espère avoir l’approbation de mes constituants et celle de ma nation.Je n'ai pas cru pour 3 ou 5 signatures en supposant que votre dessein serait de nous joindre, devoir retarder mes opérations; et s’il était vrai que les 3 Messrs Canadiens pour reconnaître l’injustice faite à leur nation en général désireraient le prouver publiquement; ils ont encore le tems de protester contre leurs anciennes et nouvelles démarches dont les vues sont si contraires au bien et désirs de leurs compatriotes.Tel est le conseil qu’ose leur donner un véritable Canadien dont les intentions sont droites et qui a l'honneur d’être Messieurs Votre très humble & très obéisst Serviteur (signé) Dis Bonne Québec le 2 novembre 1783.A Messieurs Antne Panet Perrault l’ainé J.Painter I.Blackwood Ls.Langlois, à Québec. LETTRE DE MM.DE BEAUHARNOIS ET HOC-QUART AU MINISTRE ( IX OCTOBRE 1732) Monseigneur, Nous avons reçû la lettre que vous nous avez fait l’honneur de nous écrire le 8 avril dernier.Le nommé Yerbau, Anglais de nation et establi en ce pays depuis plus de 20 ans, continue d’avoir une bonne conduite, et comme il ne s’est pas démenti jusqu’à présent nous vous s " s, Monseigneur, de luy obtenir les lettres de naturalité qu’il désire depuis longtemps.Cy-joint le contrat d’acquisition (pie M.Hocquart a faite au nom du Roy d’un terrain près le Palais appartenant à la veuve du Sr de Frontigny pour la somme de 1388 1.que son mary devait au magasin, au moyen de quoy cette somme a esté remplie au garde magasin dans l’etat des recettes extraordinaires scavoir en 1728 pour 1108 1.15 s.et en 1731 pour le restant jl sera expédié pour le tout une ordonnance de dépense sur le d.exercice de 1731.Je n’ay pû faire un autre arrangement parceque les 1108 1.15 s.faisoient partie des ventes de 1728 et les 279 1.restants proviennent des anciennes dettes du magasin recouvrées en 1731.Nous avons l’honneur de vous informer que M.Begon, cy devant intendant, dans l’espérance que Sa Majesté pourrait augmenter ses establissements en Canada avait empes-ché les particuliers qui ont des emplacements dans l’enceinte du Palais le long de la rue St-Nicolas jusques et compris le terrain de la veuve Frontigny d’y faire aucun bâtiment de pierre parceque Sa Majesté se déterminerait dans peu d’en faire l’acquisition.M.Hocquart a suivi les mesmes veues, mais ces particuliers luy ont fait de nouvelles représentations pour l’engager a en faire au nom du Roy les acquisitions, ou leur permettre d’y bâtir.Si Sa Majesté est dans le dessein de retenir ces differens terrains, jl serait plus avantageux à present que dans la suitte de les acquérir.Ces terrains estants fort proches de l’eau en sont d’autant plus recherchez à mesure (pie le pays s’augmente.Nous en joignons le plan sur lequel vous aurez, Monsgr, agréable de donner vos ordres.Ces terrains contiennent 279 toises en superficie et D-D l’estimation tant du terrain que des bâtiments peut monter à 10875 1.M.Hocquart leur avait proposé d’eschanger leur terrain pour d'autres situez le long de la cloture du jardin du costé du S.O.dont on peut absolument se passer, le jardin estant d’ailleurs d’une assez grande estendue jl n’a pû les y déterminer jusqu’à présent.Le Sr Amariton, capitaine de compagnie, est mort le 17 dernier.M.Varin en labsence de M.Hocquart a mis les scellez dans sa maison et lorsqu’il sera question de l’inventaire et vente de ses meubles le sieur Lanouillier sera payé par préférence, Made.Amariton y donne volontiers les mains et les créanciers opposants ne peuvent prétendre leur payement qu’après le d.Sr Lanouillier qui est muni de condamnations prononcées tant par M.Bégon et par M.Hocquart.La dame Amariton a receû les 1200 1.que Sa Majesté luy a accordées tant sur l’Etat du Roy que sur les congez.Sa situation est toute des plus fâcheuses; ce que son mari a laissé suffira à peine pour payer ses créanciers, jl n'y a eu entre eux aucun contract de mariage.Elle fut séparée de biens en 1700 d'avec son mari, et elle s’est cependant obligée conjointement avec luy dans les dettes qu’il a contractées pendant et après la communauté.Nous vous suplions, Monseigneur, d'accorder à cette veuve une pension pour la faire subsister.Le Sr Bélugard, commissaire d’artillerie, continue de s’appliquer avec soin aux fonctions de son employ.A l’égard du Sr abbé Lepage jl a establi comme jl se l’estoit proposé deux nouveaux moulanges à sa seigneurie de Terrebonne.Mais les glaces ont esté si épaisses lhyver dernier dans la rivière où ses moulins sont establis, qu ils ont esté oisifs pendant six mois ce qui ne luy estait pas encore arrivé, jl a inutilement employé pendant plus d’un mois à diverses reprises tous les habitants de sa seigneurie à rompre ces glaces pour donner un cours libre à l’eau; les eaux ont esté si basses pendant tout l’esté qu’elles ne luy ont pas permis de faire descendre les bois qu’il devait livrer encore cette année pour le port de Rochefort, de manière que le vaisseau du Roy ne sera chargé que de chanvres et de gol- dron.Vous serez.Monseigneur, informé de la quantité qui en aura esté embarquée.Le Sr Bleury a bien livré quelques bois torts, mais jls sont trouvez si mal débitez que Mr.Hocquart n’a pas jugé à propos de les envoyer.Le d.Sr Bleury les vendra aux marchands de cette ville, et jls demeureront pour son compte.Mr.Hocquart comptait renouveller cette automne avec le Sr abbé Lepage un marché pour une fourniture de borda-ges de ehesnes et sapin pour le port de Rochefort.L’indisposition du Sr Lepage ne luy a pas permis de descendre à Québec, jl prendra des mesures avec luy ou quelques autres pour faire ces fournitures afin que le vaisseau du Roy ne s’en retourne point à vuide l’année prochaine, Mr Hocquart pourra estre en état avant le départ des derniers vaisseaux de vous rendre compte de ce qu’il aura fait à ce sujet.Nous avons informé M.de Léry de la gratification de 300 1.que Sa Majesté luy a accordée en considération de son voyage et de son séjour à Montréal.Nous avons l’honneur de vous représenter que cette somme est fort modique par les dépenses qu’il est obligé de faire pendant tout l’été et une partie de 1 automne, qu’il reste dans cette ville, pour y conduire les travaux des fortifications; nous vous suplions Monseigneur d’augmenter cette gratification au moins de 100 1.Cy joint l’état des journées qu’il a employées cette année, Nous sommes avec un très profond respect, Monseigneur, \ os très humbles et très obéissants serviteurs, Beauharnois Hocquart A Québec le 1
de

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