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Titre :
Bulletin des recherches historiques : bulletin d'archéologie, d'histoire, de biographie, de numismatique, etc. /
Éditeur :
  • Lévis :Pierre-Georges Roy,1895-1968
Contenu spécifique :
novembre
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
quatre fois par année
Notice détaillée :
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Bulletin des recherches historiques : bulletin d'archéologie, d'histoire, de biographie, de numismatique, etc. /, 1929-11, Collections de BAnQ.

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LE BULLETIN DES Recherches Historiques VOL.XXXV NOVEMBRE 1929 No 11 MAITRES ET DOMESTIQUES SOUS L’ANCIEN REGIME Sous le régime français, les rapports entre maître et domestiques étaient excellents.Les salaires n’étaient pas élevés, mais si les maîtres demandaient beaucoup de travail de leurs engagés, en retour ils les traitaient bien et les considéraient comme des membres de leur propre famille.Ils les nourrissaient, les habillaient et en prenaient grand soin dans leurs maladies.Mais l’engagement d’un domestique était un contrat et quand celui-ci était rompu sans raison valable, la partie lésée avait recours à la justice qui était alors très sévère.Dès le 5 décembre 1663, le procureur-général du Roi faisait part au Conseil Souverain que nombre de compagnons volontaires ne se gênaient pas de débaucher les serviteurs domestiques du service de leurs maîtres, en leur donnant des moyens pour les ennuyer et les obliger à les chasser.Le principal moyen employé par les domestiques qui voulaient laisser le service de leurs maîtres était de s’enivrer .Le Conseil Souverain lit droit tout de suite à la représentation du procureur-général du Roi, et le même jour, il adoptait l’arrêté suivant : “ Le Conseil a fait et fait très expresses inhibitions et défenses à toutes personnes de quelque qualité et condition qu’elles soient, de retirer sous quelque prétexte que ce soit, aucuns serviteurs sans congé par écrit de leurs maîtres à pei- — 642 ne d’amende arbitraire, et aux dits serviteurs engagés de quitter le service de leurs dits maîtres sans congé par écrit sous même peine et de payer à leurs dits maîtres chaque journée d’absence ou de temps perdu, à la somme de quatre livres, en faisant déclaration au greffe de ce Conseil par les maîtres de la sortie de leurs valets incontinent après icelle.Défenses sont aussi faîtes à toutes personnes de débaucher les dits serviteurs domestiques ni de boire avec eux, et à toutes personnes qui vendent vin d’en vendre ni distribuer aux dits domestiques à peine d’amende arbitraire, comme aussi de s’éni-vrer à peine de dix livres d’amende sans déport.” Quatre ans plus tard, le procureur général du Roi revenait à la charge sur le cas des domestiques qui laissaient le service de leurs maîtres, et.le 14 mars 1667, le Conseil Souverain décidait : “ Sur ce qui a été remontré par le procureur-général du Roi que nonobstant le règlement ci-devant donné par le Conseil contre les domestiques désertant le service de leurs maîtres auxquels ils sont engagés plusieurs quittent leurs dits maîtres sans congé d’eux et sont retirés par des habitants de ce pays sans qu’ils exigent les dits congés ainsi qu’ils le doivent conformément au dit règlement, le Conseil faisant droit a ordonné et ordonne que copie du précédent et dernier règlement du cinquième décembre 1663 sera envoyée dans toute l’étendue de son ressort pour y être observé en sa forme et teneur quant à ce point avec cette modification d’un côté que les journées d absence des dits valets seront par eux payés sur le pied de cinquante sols et d’autre par augmentation; liberté accordé a leurs maîtres de conclure contre eux à tels dépens, dommages et intérêts qu ils jugeront bon être pour retardement de service, dépérissement de bestiaux, et autres de pareille nature.” ' Les juges se montrèrent ensuite très sévères pour les domestiques qui délaissaient le service de leurs maîtres.Lu 1673.le nommé René Blanchard, aide de cuisine dfl gouverneur brontenac, quittait et abandonnait le service de son maître, sans avertissement ni raison valable.Jean Le-chasseur, secrétaire du gouverneur, fit arrêter Blanchard et il subit son procès devant la Prévôté de Québec.La condam- — 643 nation fut très sévère, et Blanchard en appela au Conseil Souverain qui semblait prendre plaisir à mettre à néant les sentences du lieutenant-général de la Prévôté de Québec.Le jugement du Conseil Souverain fut rendu le 5 juin 1673 dans les ternies suivants : “ Le Conseil a reçu et reçoit le dit appel, et faisant droit sur icelui a mis et met la dite sentence dont était appel au néant, et émendant et faisant ce que devait faire le dit lieutenant-général, déclare le dit Blanchard dûment atteint et convaincu des cas à lui imposés et pour réparation condamné d’être pris et enlevé des dites prisons par l’exécuteur de la haute justice, conduit à la Grande place de la basse ville et appliqué au carcan pour y être pendant trois heures avec un écriteau sur l’estomac auquel sera écrit : Domestique engagé qui a délaissé le service de son maître sous un faux donné à entendre, condamné en outre à servir trois ans par force tel maître qui lui sera indiqué et à tels gages qui lui seront ordonnés en justice; à restituer au dit sieur Lechasseur les choses qu’il lui a fournies au delà de ce qui lui était dû de gages pour le temps du service par lui rendu, à lui payer cinquante sols pour chaque journée qu'il s’est absenté, en dix livres d’amende envers le Roi et en tous dommages, intérêts et dépens du procès principal et d’appel envers le dit sieur Lechasseur, qui seront pris ensemble la dite amende sur les dits gages à fur et mesure du temps du service qu’il aura rendu, s’il n’y avait autrement satisfait Le 14 août 1673, Mathurin Moreau se plaignait au Conseil Souverain que Jacques Renault, son domestique, engagé à son service pour un an, avait déserté et abandonné son service.Renault fut condamné “ d’être pris et enlevé des prisons par l’exécuteur de la haute justice et appliqué au carcan en la place de la basse-ville pendant deux heures, ayant un écriteau sur l’estomac concu en ces termes : serviteur qui a délaissé le service de son maître pour la première fois.” Il lui fut fait défense de récidiver sous peines corporelles.Il fut eil outre condamné aux dommages et intérêts portés par l’arrêt du 2 juin 1673.¦ Le 18 octobre 1673, Renault Chollet dit Laliberté, domestique du sieur de Saintour, ayant lui aussi délaissé le ser- 644 — vice de son maître, reçut la même punition, c’est-à-dire qu’il tut appliqué pendant deux heures au carcan de la basse-ville de Québec avec un écriteau portant Serviteur domestique qui a délaissé sans congé le service de son maître pour la première fois.Il fut aussi condamné en cent sols d’amende, aux dommages et intérêts et à servir le dit sieur de Saintour jusqu'à ce qu'il fut entièrement quitte avec lui.Il fut de plus averti que s il récidivait il serait battu de verges et recevrait l’impression d’une fleur de lys.Quant à Abel Turcotte, qui avait reçu C Ik diet dit Laliberté chez lui.il fut condamné à payer au sieur de Saintour cinquante sols pour chaque journée de travail qu’il avait perdu, à vingt livres d’amende et aux dépens.Les registres du Conseil Souverain et de la Prévôté de Québec contiennent bon nombre d’autres condamnations du même genre contre des domestiques qui avaient laissé le service de leurs maîtres.P.-G.R.LES DISPARUS- A./ .Andrew- ! bornas Corcoran — Né à Saint-Patrice de Raw don le 21 mars 1855.mariage de John Corcoran Adèle Desrochers.Il entra au noviciat des Clercs Saint-\ iateur le 8 octobre 1868 et fut ordonné prêtre le 4 jum 1887.Il enseigna six ans à l’Ecole Saint-Michel de Paris et sept ans au collège de Joliette.En 1895, le Père Corcoran était appelé à Paris en qualité d’assistant du Père Lajoie, supérieur général des Clercs Saint-Viateur, et, en 1900, il était nommé provincial de Chicago.Il décéda à Phoenix, Arizona, le 27 janvier 1904.Le Père Corcoran avait publié Saint Jean Merci;mans, panégyrique du jeune saint, prononcé dans l'église de /’Immaculée Conception à Montréal à l'occasion de sa canonisation (Montréal, 1888); Saint Àzcl-lus, translation de son corps dans la chapelle du collège Joliet te, le 3 novembre 1892 (Joliette, 1892). 645 — FEUX FOLLETS Si l’on posait la question : qu’étaient-ce que les feux follets?la plupart des gens nous fourniraient la réponse du Nouveau Larousse: "c’étaient des gazs spontanément inflammables qui se dégagaient des terrains marécageux ou renfermant des matières en putréfaction’’ ou encore "parfois des décharges électriques partielles se manifestant au haut des mats des navires, canots, etc.” Résignons-nous; le temps est passé des êtres mystérieux et fantastiques.Nous sommes à la période de l’électricité, des avions, du téléphone, du radio.Aujourd’hui le merveilleux est un produit de la science.Autrefois, il nous venait des illettrés, de ces simples (pii, donnant cours à leur imagination, expliquaient facilement tous les phénomènes.En France, les feux follets s’appelèrent autrefois, feux-fées, feux Saint-Elme, feux Saint-Nicolas, feux Sainte-C lai-re et feux Sainte-Hélène.Au Canada, ils n’avaient qu’un nom: feux follets.Toutefois, il y en eut de diverses sortes, comme il y eut divers moyens de les amadouer, de les délivrer, de s’en débarrasser ou de s’en préserver.Parlons d’abord des feux follets ordinaires ou terrestres.Ils se rencontraient sur les routes, près des marécages.Pour certaines gens, c’étaient des “âmes en peine cherchant qui les délivreraient.Pour d’autres c'étaient des " esprits malfaisants ” qui se donnaient pour tâche d’ennuyer les passants.Relisons ce qu’en a dit.en 1848, le docteur A.Pain-chaud, dans une très savante étude, intitulée ‘ C ours de lectures sur l’Univers, fait à l'Institut canadien de Québec ".( 1 ) Vous apercevrez que le bon vieux docteur, tout en nous servant de précieux renseignements, ne partageait guère la croyance populaire._ .“ Suivant le vulgaire, un feu follet est un esprit malfaisant.Ceux qui en ont peur (et ils ne sont pas en petit nombre) prennent la fuite et se mettent à courir, en cherchant à devancer le mauvais esprit.Le vide d’air que ces gens font par derrière eux eu courant ainsi, entraîne le feu fi llet a lent suite, et, comme de raison, il va aussi vite qu eux sans ja- (1) Him ton, Répertoire national, vol.IV, pp.265 et suiv. — 646 — mais les atteindre.Courent-ils directement sur le feu follet, alors celui-ci fuit à son tour devant eux; et c’est en courant toujours que nos peureux de coureurs tombent dans des fossés, ou s’engagent dans des marais ; de là la mauvaise intention de ces mauvais esprits.Le vulgaire débite là-dessus maintes et maintes histoires.De misérables filous ont joué à cette occasion plus d’un tour à nos bonnes gens de la campa-gnc,.qui croient généralement que le feu follet s’amuse volontiers avec le fer et l’acier, et que lorsqu’on veut s’en débarrasser, on n’a qu’à planter sur un piquet son couteau de poche ou sa hache.Le feu follet va de suite danser autour de ces outils, et vous êtes en sûreté tout le long de votre route." misérables escrocs ont ainsi commis de vrais lar- cins, et sur une grande échelle.Ils attendent le retour des gens des noces, qui d ordinaire s’en reviennent tard chez eux.Nos filous fixent une boule de feu au bout d’une perche; ils la font ailler et revenir en zigzag; voilà un feu follet; et vite, chacun de tirer de sa poche et de son gousset, canifs, couteaux.fourchettes, etc; les filles n’hésitent pas de détacher leurs belles épinglettes; tout enfin est déposé sur la clôture, dans l’espérance bien sûre de retrouver le butin le lendemain au matin.Mais le feu follet se plaît avec ces bagatelles, qu’il a juge à propos de les emporter avec lui, pour en jouir plus longtemps ” Le délicieux I’.A.de Gaspé, sur un ton plus badin, nous parle egalement des vrais et faux feux follets.Extrayons cette page savoureuse de ses inoubliables Anciens canadiens.“ Il y a deux moyens bien simples, suivant la tradition, de se soustraire aux espiègleries de feux-follets les plus mal intentionnés.Le premier consiste à demander à celui qui intercepte votre route, quel quantième est Noël ?Le sorcier toujours peu au fait de notre calendrier, ne sait que répondre, et s empresse de faire la même question à son interlocuteur.Malheur alors au voyageur s’il hésite seulement à répondre catégoriquement.C’est un pauvre diable bien à plaindre entre les mains d’un sorcier aussi malfaisant.Les enfants, autrefois, dans les campagnes, ne manquaient pas de s’informer, aussitôt qu’ils commençaient à balbutier du quantième de Noël, crainte de faire la rencontre d un teu follet.Ceux qui avaient la mémoire ingrate fai- — 647 — saient la même question vingt fois par jour.“ Le second moyen, encore plus infaillible que le premier, est de mettre en croix deux objets quelconques, que le feu follet, toujours mauvais chrétien, ne peut franchir.“ Ceci me rappelle une anecdote : Plusieurs jeunes gens retournant chez eux, fort tard après une veillée, aperçurent tout à coup un feu follet qui, sortant d’un petit bois, venait à leur rencontre.Chacun s’empresse de mettre en croix au milieu du chemin, tous les objets qu’il avait dans sa poche : couteaux, sacs à tabac, pipes, etc; nos jeunes gens rebroussent ensuite chemin en se sauvant d’abord à toutes jambes.Ils se retournent néanmoins à une distance respectueuse, et aperçoivent le feu follet qui, après avoir voltigé longtemps autour des objets qu’ils avaient déposés, s’enfonçait de nouveau dans le bois d’où il était sorti.“ Il y eut alors une longue discussion entre les jeunes gens.— Je ne demande pas mieux que de m’en retourner chez nous, disait Baptiste, si François veut passer le premier.— Non, répondait François; passe toi, José qui est le plus vieux.— Pas si fou disait José : que Tin (Augustin) nous donne l’exemple, et nous le suivrons.” “ Nos braves seraient encore probablement à la même place, si le Nestor de la bande n’eut proposé l’expédient de se tenir tous par la main, et d’avancer comme font les “ solda-res ” en ligne de bataille.Cette proposition fut adoptée ; mais hélas, il ne restait plus rien de leurs dépouilles, le feu follet avait tout emporté.Il est probable qu’un rusé farceur avait voulu hacher son tabac et fumer une pipe à leurs dépens ”.XXX D’ordinaire, le feu follet avait l’aspect d'une boule de feu ou d’une flamme, mais le docteur Painchaud, déjà cité, en a connu ayant une autre forme : “ Ces vapeurs inflammables sortent parfois des cimetières et prennent en entier la forme du cadaztre dont elles émanent et de là ces contes d’apothéose, ces histoires de montée au ciel en corps et en âme de certains défunts sortis de la tombe, tandis que ces vapeurs peuvent tout aussi bien venir des ca- — 648 — davres des plus grands scélérats, morts en véritables damnés, que de ceux qui sont morts en prédestinés.” XXX Dans cette cueillette de réminiscences sur les feux follets, il est impossible d’omettre les pages que leur a consacré le captivant traditionaliste que fut le docteur Hubert Larue: C est un fait parfaitement avéré que nulle contrée n’a eu d aussi fréquents rapports avec les revenants et les esprits, que nulle terre n’a engendré autant de feux follets, vu courir autant de loups-garous que l’ile d’Orléans.* 'es ,eux follets se manifestent sous l’apparence de flammes dont la couleur est loin d’etre uniforme; les uns la disent bleue, d’autres, rouge, d’autres, verte.Peu importe la couleur ; c’est un détail qui regarde les feux follets et personne n a le droit de leur imposer de règles là-dessus.Mais il est un point sur lequel tout le monde est d’accord et que personne n’a songé à contester: c’est que le feu follet dont le vol est rapide, les zigzags très nombreux, n’a d’autre ambition que d’attirer les gens dans les précipices.Triste privilege que possède la lumière du feu follet, en commun avec bien d autres lumières du siècle.bien qu a cette particularité qui pourrait douter que le teu follet ne soit autre chose que le malin esprit ?Aussi la presence de ces diablotins enflammés aurait-elle été pour ces habitants de 1 île d’Orléans une source amère de désagréments, si leur esprit inventif n’eut découvert deux moyens aussi simples qu infaillibles de se débarrasser de leur présence importune.” \ oici la recette: Piquez une aiguille ou votre couteau sui la cloture et le feu follet s’arrête tout court.Alors.ou bien le feu follet se déchire sur le couteau et par là même se délivré; ou bien il s épuisé en efforts interminables pour passeï par le trou de l’aiguille et dans l’intervalle, vous avez K,-; Vn C C regagner votre demeure et de vous mettre à l’a-uridj.xxx Il nous reste à parler des feux follets aquatiques, dont nous a entretenu 1 avocat Alfred Désilets, des Trois-Rivières, clans ses Souvenirs d un octogénaire.(1) B.U.H., 1809, pp.100 et suiv. — CA 9 — “Non loin de la maison paternelle, sur les bords du fleuve, vivait le père Dargis qui avait eu plusieurs aventures avec la gente ténébreuse.Il en parlait avec autorité.“ Mon grand père et ses frères tenaient de la bouche du père Dargis les faits suivants.“ Un soir, le père Dargis avait chargé son canot de trente minots de blé, pour aller le faire moudre au moulin du Cap-de-la-Madeleine, sur la rive opposée du fleuve, une distance de plus de quatre milles.Attardé par l’opération du chargement, le père Dargis n'avait pu laisser la rive sud qu’à la nuit noire, ce qui du reste ne le préoccupait guère, c’était un homme qui pour la force, en valait deux et que la lutte n’effrayait pas.11 prit l’aviron et travailla ferme jusqu’à ce qu’il fut rendu au chenal.A cet endroit, il sentit son canot s’immobiliser par une force insoupçonnée.Un malaise, sinon la frayeur, s’empara de lui et le porta à réfléchir.On le lui avait dit, et d’ailleurs, tout le monde savait que les feux follets habitaient l’eau profonde et que si on les appelait du nom offensant de culs grillés, toute leur troupe se mettrait en branle et le jetterait avec son canot de l’autre côté du fleuve.“Rah! se dit, Dargis, ce sont des comtes en l’air.Toute-» fois, si j’essayais.Et de sa grosse voix qui grondait comme le tonnerre, il répéta le cri conventionnel trois fois.Sa voix n’était pas encore éteinte dans sa gorge, qu’un feu follet dansait sur le devant de son canot et lui donna un soufflet qui le renversa et lui fit perdre connaissance.Pendant combien de temps, il ne put le dire.Mais lorsqu’il s’éveilla il reconnut qu’il était avec son canot sur la rive nord du fleuve, à quelques cents pieds du moulin.C’était pendant les heures de la puissance des feux follets, et, bien qu’il portât facilement six minots de blé sur ses épaules, il ne put avant l’aurore, en déplacer un seul, ni se rendre au moulin pour raconter sa mésaventure.“ Pendant tout ce temps, il eut la figure tuméfiée et souffrit de cuisantes douleurs, qui cessèrent complètement, au point du jour.“ Jusque-là, le père Dargis n’avait pas connu la peur, mais ensuite, la nuit, lorsqu’il était hors de chez lui, il admettait qu’il s’effarouchait facilement ”, XXX — 650 — Pour terminer cette compilation sur le sujet ajoutons ceci : Joseph-J.Grignon clans Le vieux temps, p.72, dit que Pour délivrer un feu follet “ âme en peine ”, il fallait “ ficher la lame de son couteau de poche dans la croix du piquet d’une clôture .C'est ainsi seulement qu’on pouvait “ fixer la malheureuse flamme vagabonde.” Enfin, Philéas Cantin, qui demeurait à Saint-Lambert de Lé\ is, en 1 )21, déclarait avoir appris des anciens, une recette infaillible pour se mettre à l’abri des méchancetés des “ esprits lumineux ”.Quand on voyait un feu follet, il fallait découper vite-ment un morceau de tourbe ou de gazon et se le placer sur la tête.Comme on se trouvait alors entre deux terres, le feu follet ne pouvait plus faire de mal.” Mais ces recettes sont devenues inutiles, car les feux follets semblent avoir quitté nos parages et sans les folkloristes, qui s’en occuperait ?E.-Z.Massicotte LES DISPARUS Labbé Séré de la Colombière — Né à Saint-Sympho-rien (\ îenne), il passa ici comme membre de la Compagnie de Saint-Sulpice en 1682.Rappelé en France en 1691, il quitta la Compagnie et -revint avec Mgr de Saint-Vallier comme pretre séculier en 1692.Il fut chanoine de la cathé-,, de Quebec, vicaire-général et grand archidiacre.Il dé-ceda a Quebec le 18 juillet 1723.A consulter sur ce saint pretre 1 ouvrage de M.Ernest Myrand, publié en 1898, M.de la Colombiere, orateur.Nous avons de M.de la Colom-biere son sermon prononcé à Québec le 5 novembre 1690, publie dans 1 ouvrage de M.Myrand, et son oraison funèbre de — 1700^ {Tononcee dans la cathédrale de Québec le 4 juin 1/0, et publiée par M.l’abbé Bois dans son Esquisse de la vie de Mgr de Laval. 651 — NOTES ET DOCUMENTS SUR LE PALAIS DE L’INTENDANCE, A QUEBEC (Suite et fin) xxx Lettre du ministre au sieur de Beaucours, capitaine et ingénieur (1er juillet 1713) : “ Sa Majesté a donné ordre à M.Bégon de faire rebâtir le palais dans le même endroit où il était ; elle s’y est déterminée par rapport au terrain qui luy appartient, à la commodité du débarquement et au moins de dépense que cela causera en égard aux matériaux qui sont sur les lieux dont une partie pourra servir aussi bien que les fondements qui y sont s’ils se trouvent bons.Sa Maté souhaitte qu'il soit batv sur les mêmes alignemens afin que cela cause moins de dépense, mais il sera nécessaire de distribuer les dedans d’une autre manière.J'av écrit à M.de Beauharnois qui a un plan de ce Palais à Rochefort pour qu’il en fit distribuer les dedans sur le plan ; il m’a mandé qu’il le ferait et qu’il l’envoyerait à M.Bégon.Vous examinerés en ce temps ce qui conviendra tout ce que je vous recommande c’est de faire construire ce Palais avec solidité, mais aussi contre le feu afin qu’un pareil malheur à celuy qu’il a essuyé n’arrive plus à l’avenir, je vous recommande aussi d’en faire un bâtiment simple tant pour le dehors que pour les dedans, il ne s’agit point â présent d’y mettre d’autres ajustemens que ceux dont on ne pourra absolument se passer, ce palais outre le logement de l’intendant doit contenir les magasins du Roy pour la distribution, la bluterie, la salle d’armes, la chambre du Conseil et de la prevosté, la chapelle et les prisons.Je vous prie de donner toute votre attention pour que le tout soit bien disposé, que les endroits qui ont besoin d’une communication continuelle ensemble Bayent facilement et que les prisons soient seures afin qu’il ne s’échappe plus de prisonniers à l’avenir, il faut aussi qu’une petite chambre des prisons aye veue sur la chapelle pour que les prisonniers puissent y entendre la messe.Vous pourés vous servir de cette bâtisse pour diminuer la roche qui est à côté de la fontaine du Roy et — 652 — ’ez la bonté- Monseigneur,
de

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