Bulletin des recherches historiques : bulletin d'archéologie, d'histoire, de biographie, de numismatique, etc. /, 1 mai 1930, mai
LE BULLETIN DES R e cherches Historiques VOL.XXXVI LEVIS — MAI 1930 No 5 LE SIEUR BOUCHEE D’ORCEYAL La Chesnaye-Desbois, clans son grand Dictionnaire de E/ noblesse, après avoir donné les alliances illustres de la vieille famille Bouchel d’Orceval, écrit: “Jacques-François de Bouchel d’Orceval mort officier d’infanterie des troupes au C anada, à Québec, a eu de bran-çoise Cardinet: lo Roch, lieutenant au régiment de Béarn et seigneur d’Orceval; 2o Victoire; 3o Agnès, mariée a François-Antoine Jarry de Mancy, mestre de camp de cavalerie et maréchal des logis de la seconde cie des mousquetaires, chevalier de Saint-Louis ".La Chesnaye-Desbois, nous l’avons constaté plusieurs fois, acceptait de bonne foi les pièces que les familles nobles lui communiquaient.Jacques-François Bouchel d’Orceval n’a jamais été officier dans les troupes du détachement de la marine.11 fut incorporé dans les troupes comme simple soldat.Sa haute noblesse lui aurait bien permis d’être officier mais sa conduite le lit passer ici par lettre de cachet.Les pièces suivantes nous feront connaître ce mauvais garnement.Nous croyons que La Chesnaye-Desbois fait erreur au sujet de la mort de d’Orceval.Il ne mourut pas a Québec, mais retourna en France avec les enfants nés de son mariage avec Françoise Cardinet. I.ETTIIK DI' M INI STUB A M.BELAMY A Compiegne, le 29 avril 1732 Outre les lauxsauniers et contrebandiers, .Mr, qui doivent estre envoyés en Canada dans le vaisseau du Roy le Aht-bis compris dans 1 ordre que je vous ay adressé le 22 de ce mois les nommés Antoine Roy, de Bonnaire et du Bouchel Dorceval qui ont eu la niesme destination doivent estre conduits a la Rochelle par le Sr du I illeul qui vous remettra avec les ordres de Sa Majesté pour (jue M.Letenduère s’en charge, vous en liserés pour ces trois particuliers connue pour les autres.OR»™ 1)1 KOI AU SIM ET DU SIKUlt D’ORC'EVAL A Compiegne, le 29 avril 1732 De par le Roy Sa Ma .\oulant que le Sr du Bouchel Dorceval qui es-to't entériné par ses ordres dans le Chasteau de Guise, d’où il a este transféré dans les prisons du petit Chastelet à Paris, soit transient dans la colonie de Canada.Elle mande et or' "n,K llu ¦''1'.brigadier du guet de le conduire sous bonne et sein e garde au port de la Rochelle pour estre embarqué sur les ordres qui en seront donnés par Sa .Ma"'', fait à Corapie-gnc le - » avril 1/32 (Signe ) Louis et plus bas Phelypeaux.Ll:’ri’l!l: 1,1 MIXISTitl-: ai uorvEiuNEtru de heaujiauxois A \ ersailles, le 12 may 1733 J ay receu les lettres que vous m’avez écrit les 15, 20 et -a octobre de 1 année dernière.\ ous verrez par ma depesche commune à vous et à Mr I locquart au sujet du domaine l’attention que j’ay faite à vo-e recommandation en faveur du Sr La Nouiller qui repasse dans la colonie.Je serons bien aise d’ailleurs de luv procurer les moyens de se urer de la triste scittttuion où il SJ ,‘rouv".u est avec grand plaisir que j’ay contribué à vous procu- nnrmie'd'h"" 1nUgt>’ C- ,)c‘rs”acle ^’ailleurs 62 le mariage des deux personnages précédents, et il n'est pas probable qu'ils aient eu un fils tué en t anada eu 1/61, car en supposant que ce (ils serait né mê-m: vingt ans après le mariage, il aurait encore eu environ 80 air .ce qui est un peu excessif pour aller à la guerre.Mettons que le baton de Woelniont a sauté par-dessus une génération »ge vers 1882.Nous fondons en une, ces deux versions, car elles se complètent.Le matin, dès le point du jour, On entend ce maudit tambour, Maudit tambour et maudit exercice, 1 oi, pauvr’ soldat, tu en as d’là fatigue.d) p.241 ; Sur Jliieliard et 1921, p.30 et 1923, p.sun répertoire, voir le /;.ilrx II.,1e 1020, 4027 Ils nous font mettre dans les rangs, Les officiers et les sergents, L’un dit: recule et l’autre dit: avance! Toi, pauvr’ soldat, t’en faut de la patience.Nos sergents et nos officiers Sont bien traités dans leurs quartiers, Nos capitain’ boiv’ le vin et la bière.Toi, pauvr’ soldat, va boire à la rivière.— 4 — Allons donc à la guerre, allons! Les coups de cann' se payeront, Les coups de cann’ les prisons, et les gardes, Tout se pay’ra, à la premier’ décharge.Qu’en a composé la chanson ("est un tambour du bataillon, ("est un tambour en battant sa retraite, Toujours regrettant sa joli’ maîtresse.# # # Nous devons également la chanson suivante à J.-A.Richard, qui l’apprit de son père en 1860.Celui-ci la tenait de Jacques Bernier qui fut, bien qu’illettré, le chansonnier attitré et prolifique du Cap Saint-Ignace.Bernier n’était pas morose et quoique célibataire, il trouvait toujours moyen de glisser un mot aimable au beau sexe, dans ses compositions: Voilà le jour arrivé, Où je reçois mon congé, Ce n’est pas avec rcgrète Turlurette (bis) Ma tante turlurette. — 276 — J’ leur-z-ai fait un beau présent, J’ai donné six mois d’mon temps, Sans compter toutes mes dettes, Turlurette, etc.— 3 — Ce qui me coûte de quitter, C’est les dames du quartier, Et ces joli’ demoiselles, Turlurette, etc.Voilà la dernière chanson, Que je fais au bataillon, J’en ai bien fait six ou sept, Turlurette, etc.Jacques Bernier, le vieux garçon, Voulez-vous savoir mon 110m?Peut-être, le trouvez-vous Icttc?Turlurette, etc.# * * .1 erminons par une chanson d’un autre genre.1) abord, elle est d’un versificateur, d’un amoureux et fiés probablement dun officier content d’endosser l’uniforme.Nous en avons trouvé le manuscrit avec des documents datant de 1820.L écriture est d’une femme, et le papier, par ses plis, semble avoir logé longtemps dans un carnet ou un portefeuille.tes strophes sont-elles canadiennes?sont-elles françaises.Si elles ont un ( anadien pour auteur, elles remontent certainement a 1812.En tout cas, nous vous laissons juge: — -77 — — 1 — Tous les braves courent aux armes, Adieu ! je quitte ce séjour, J’emporte au milieu des alarmes Le souvenir de nos amours (bis) Ma devise?En amant fidèle, Je prendrai, madame: l’honneur! Lorsque je combattrai pour elle, Je suis certain d’etre vainqueur bis — 2 — Mon coeur, toujours plein de tes charmes, Si je pouvais dans tes doux yeux, Surprendre en partant quelques larmes, Je partirais moins malheureux, (bis) Sur les champs affreux du carnage, Je verrais la mort sans pâlir, Il me faudrait plus de courage, 1 bis Pour te quitter que de mourir — 3 — Si le sort veut que je succombe, Celle à qui j’ai donné mon coeur, Viendra quelque jour, sur ma tombe, Jeter une modeste fleur, (bis) N’y mets pas la rose nouvelle, Car si ton coeur m’aime toujours, Tu choisiras une immortelle, 1 bis C’est l’emblème de nos amours Qui nous renseignera sur cette chanson?E.-Z.Massicotte - 278 - MEMOIRE SUR EES COLONIES DE LA FRANCE DANS E'AMERIOUE SEPTENTRIONALE, PAR M.LE MARQUIS DE LA GALISSONNIERE l.c.- prétentions qu’ont annoncées les commissaires de Sa Majesté Britannique sur l’étendue de l’Acadie, et les mesures que l'Angleterre poursuit pour s’établir dans cette partie du continent de l’Amérique, sont de nature à exiger de la part du Gouvernemnet l’attention la plus sérieuse.I undis que la paix paroit avoir comme assoupi la jalousie des Anglois en Europe, elle éclate dans toute sa force en Amérique, et si on n’y oppose dès à présent des barrières capables d’en arrêter les effets, cette nation se mettra en état e.s de (houaguen, de Niagara, du Détroit et des Illi-nms : on montrera combien il est nécessaire d’entretenir la communication par la Belle Rivière avec la Louisiane, et de ces cliferentes connoissances, on déduira les moyens que Ion croit indispensables de mettre en usage, pour ane echouer les projets ambitieux de P Angleterre, et — ie des deux nations, et de tirer des présens de rune et de l’autre.La seconde raison de la supériorité que l’on a eue sur les Anglois est le nombre des Canadiens françois qui sont accoutumés à vivre dans les bois comme les Sauvages, et qui par la sont non seulement propres à les conduire a la guerre contre les Anglois, mais à faire la guérie a ces memes Sauvages lorsque la nécessité y oblige.< n voit’ par la que cette supériorité des François en Amérique n est en quelque façon qu’accidentelle, et que si on neglige de la maintenir tandis que les Anglois tra-Vn n’entrera pas ici dans une plus longue discution sur le point de droit, mais on ne doit pas obmettre d’observer que ce poste, qui a été presque toujours regardé comme un objet de peu d'importance, est capable de causer la ruine entière du Canada et lui a déjà porté les plus rudes coups.C’est là que les François font souvent un commerce frauduleux qui fait passer à l'Angleterre les profits les plus clairs que le Canada devroit donner à la France.C’est la que les Anglois prodiguent aux Sauvages l’eau de vie dont l’usage leur avoit été interdit par les ordonnances de nos Rois, parce qu'elle les rend furieux.Enfin c’est la que les Anglois attirent toutes les nations sauvages, et qu ils tachent à force de présens, non seulement de les gagner mais encore de les engager à assassiner les traiteurs françois répandus dans la vaste étendue des forêts de la nouvelle France.Tant que les Anglois posséderont Chouaguen, on ne pourra être que dans une défiance perpétuelle des Sauvages qui ont été jusqu’ici les plus affidés aux François ; on sera obligé d'entretenir dans la plus profonde paix deux fois plus de troupes que l’état de la colonie ne 1 exige ou ne le comporte, d'établir et de garder des forts en une infinité d’endroits et d'envoyer presque tous les ans des détachemens très nombreux et très dispendieux pour contenir les differentes nations sauvages.La navigation des lacs sera toujours en risque d’être troublée, la culture des terres ne s’avancera qu’à demi et ne pourra se faire que dans le centre de la colonie.Enfin on sera toujours dans une situation qui aura tous les inconveniens de la guerre sans avoir les avantages.11 ne faut donc rien épargner pour détruire ce dangereux poste-là : la première occasion de représailles que les An glois en fourniront par quelqu'une de ce hostilités qu'ils ne sont que trop accoutumés de commettre en teins de paix, supposé qu'on ne puisse se le faire ceder gré à gré moyennant quelqu’équivalent.Ce que l’on a déjà dit dans le cours de ce mémoire en parlant de l’utilité du Canada relativement à la conservation du Mexique fait sentir que la communication libre et sure du Canada au Mississipi est absolument nécessaire.Cette chaine rompue laisseroit un vide dont les Anglois proffiteroient sans doute pour s’approcher de la source — 2Q2 — de l’argent.Beaucmip de leurs écrits sont pleins de ce projet qui ne sera jamais si la France se maintient dans ses possessions du Canada.La plus intéressante relativement à cet objet est celle de la rivière ( )yo, autrement ditte la Belle Rivière, elle prend sa source proche du pais occupé aujourd’hui en partie par les Iroquois, dirige son cours vers le midi, tombe dans le ( hiabache et avec lui dans le Mississipi.Cette rivière a été découverte par le Sr de La Salle qui en prit possession au nom du Roi et elle seroit peut être remplie aujourd’hui d’établissemens françois si la crainte que cela ne fit lier entre les Anglois et les traiteur-; françois un commerce de contrebande, n’eut empêche les gouverneurs du Canada d’y établir des postes solides.Les Anglois n'y en ont point non plus et n’y sont venus traiter que clandestinement.Jusqu’à cette dernière guerre, que la révolte de quelques nations voisines contre les François les a encouragés à y venir plus hardiment.Depuis la paix, ils ont été sommés de s’en retirer, et s ils ne le font pas on ne doit pas douter que le gouverneur du Canada ne les y contraigne par la force ; autrement il en arriveroit comme à Chouaguen et ce malheur serait encore plus fâcheux car un établissement sur la belle rivière les mettroit bien plus à portée de nuire que ne fait Chouaguen seul.1 .Ils y auroient encore plus qu’à Chouaguen la commodité de débaucher les nations sauvages.2 .Ils auroient plus de facilité d’interrompre la communication du Canada à la Louisiane, puisque c’est pres-qu uniquement par la Belle rivière que l’on peut por-tei du Canada dans le fleuve du Mississipi des détache-mens capables de rassurer cette colonie encore foible, contre les entreprises des Sauvages voisins de la Caroline que les Anglois excitent sans cesse contre les François.3 .Si jamais les Anglois deviennent assés forts en Amérique pour ozer tenter la conquête du Mexique, ce S0,,ilI dai ce^e belle rivière qu’il faudra nécessairement qu us descendent. 293 — 4 .C’est aussi uniquement par elle qu’ils peuvent attaquer avec des forces un peu considérables, et avec espérance de succès les postes des Jllinois et tous ceux qui sont ou qui seront établis le long du fleuve St.Louis autrement Mississipi.5°.C’est encore par là qu'ils peuvent attaquer le poste des Miamis ce qui ôteroit encore une de nos meilleures-communications avec le tleuve de Mississipi, et ce qui entraineroit la perte du Détroit ; poste important dont il sera parlé ci-après.On pense donc qu’une des dépenses des plus pressées est l’établissement de quelques postes sur la Belle Rivière mais l’on croit en même tems que ces postes n’ac-quereront de solidité, d’autant qu’on augmentera les forces tant de Niagara que du Détroit.C’est à ce dernier endroit qu'il faut aujourd’hui le plus s’attacher.S’il y avoit une fois dans ce canton mille habitans cultivateurs, ils nourriraient et défendraient tous les autres, c’est de tout l’intérieur du Canada l’endroit le plus propre à établir une ville où se réuniroit tout le commerce des lacs, et qui munie d’une bonne garnison et entourée d’un bon nombre d’habitations seroit à portée d’en imposer à presque tous les Sauvages du continent.Tl suffit d’en voir la position sur la carte pour en sentir l’utilité ; elle seroit située sur le fleuve St.Laurent à portée de l’oyo, des Illinois, du fleuve Mississipi et en situation de protéger tous ces diferents endroits et même les postes du nord des lacs.En suivant à peu près la même route ainsi que les mêmes vues, le poste qui mérite le plus d’attention après le Détroit ou concurremment avec lui, est celui des Illinois.Ici le climat est presqu’entièrement changé, on n’est plus exposé aux rigueurs d’un hiver de sept mois ; on n’a point comme aux environs de Québec à faire de défriche-mens ruineux pour mettre en valeur des terres assez médiocres hors les bords des rivières, tout le pais est découvert et n’attend que la charue.J1 y a déjà quelques habitans fournis d’un assez bon nombre de bestiaux, mais ce n’est rien en comparaison de ce qu’on y pourroit placer. De plus ces vastes plaines qui par (liferents détours s'étendent jusqu’à plusieurs centaines de lieues au delà du lac Supérieur sont couver d’une multitude innombrable de boeufs ; espèce qui vraisemblablement ne se détruira pas d ici à plusieurs siècles tant parce que le pais n'est pas tissez peuplé d’hommes pour que la consommation qu ils en pourroient faire soit sensible que parce que les cuirs n'en étant pas propres aux mêmes usages que ceux de la race européenne, il n'arrivera pas comme chez les hspagnols de Iti rivière de la Plata, de tuer les boeufs uniquement pour en avoir la peau.Si les boeufs illinois ne fournissent pas beaucoup par la suite aux tanneries on a lieu d’en attendre des avantages au moins équivalens et sur lesquels on ne peut s empêcher de s’arrêter un moment.1 .lis sont couverts d’une espèce de laine assez fine pour être employée à beaucoup d'ouvrages, on en a fait des épreuves.- • Du ne peut guère douter qu'en les prenant jeunes et en les coupant ils ne fussent propres au labourage peut êtte même auroient-ils sur les boeufs domestiques le même avantage que les chevaux qui est d’être beaucoup plus vites.Ils part lissent aussi plus vigoureux mais peut être est ce leur éducation sauvage qui v contribue ; au reste il n’y a pas d'apparence qu’ils soient difficiles à appt i\oiser.On en a vu de quatre à cinq ans, taureau et femelle qui étoient extrêmement doux.11,1 établissent assez bien le pais des Illinois pour que les habitans pussent enfermer dans des parcs un giand nombre de ces animaux, ils en pourroient faire des salaisons; ce qui est susceptible d’être poussé très Dm sans que pour cela il y ait aux Illinois un grand peu-1, ' tCe commerce mettrait peut être en état de se passer des boeufs el Irlande pour la Martinique et même d’en fournir aux colonies espagnoles en concurrence avec les .\ng ms et a meilleur compte qu’eux._ On objectera sans doute que ces profits sont bien éloignés et que peut-être s’y trouvera-t-il des obstacles imprévus, mais qu’on éloigne tant qu’on voudra ce point de vue il reste toujours une question ; non si l'on doit — 295 — abandonner ce poste, niais si l'on doit le livrer à l’Angleterre qui en feroit un entrepôt solide pour entreprendre la conquête du Mexique.On ne parle point des mines qu’on prétend avoir découvertes dans ce canton indépendamment de ce qu’on n’en est pas suffisamment informé on estime qu’on ne doit y penser qu’après qu’on se sera fortifié principalement en hommes, en bled et en bestiaux.Article 6e¦ De la Louisiane On ne s’étendra pas sur ce qui concerne la Louisiane qui dans l’état de foiblesse où elle est aujourd’hui ne peut se soutenir qu’à l'ombre des forces du Canada.La Louisiane est un pais très susceptible de culture utile et auquel il ne manque que des habitans.On peut le peupler par le bas et par le haut du fleuve et aucune des deux voies n’est à négliger.Les progrès du commerce seront plus rapides en peuplant la partie à portée de la mer ; on peut néanmoins douter que ce soit de ce côté que doive se porter la principalle attention du Gouvernement ; indépendamment que c’est ce qui est le plus capable d’exciter l’envie et les clameurs des colonies voisines, c’est aussi la partie qui se remplira le mieux d’habitans sans que le Gouvernement s’en mêle.Si l’on ne considère que la force et la solidité des éta-blissemens, on doit alors se déterminer à peupler la Louisiane par le haut du fleuve, elle doit tirer sa principale force et ses principales ressources du poste des Jllinois dont on a parlé dans l’article précédent.Ce poste, comme l’on vient de le faire pressentir, n’est pas à beaucoup près aussi attirant que le bas du fleuve, c’est en quelque façon un pais perdu, ou de long-tems le commerce ne sera brillant ni les fortunes rapides, mais en recompense elles y seront peut être plus solides que dans aucun autre endroit des colonies.On doit considérer aussi que les difficultés de remonter le fleuve sont telles que le bas de la colonie ne peut jamais nourrir les Jllinois.Le poste des Jllinois au contraire semble être placé exprès pour assurer la subsistance de la nouvelle Orleans, où il pourra en tout tems et malgré toutes les forces maritimes du monde, envoyer des grains et des viandes.Il y auroit quelques observations à faire sur les postes voisins de la Géorgie et de la Caroline, mais comme ils dépendent immédiatement du gouvernement de la Louisiane et que nous n'en avons qu’une connoissance imparfaite nous nous abstiendrons d'en parler d’autant que ce mémoire est déjà long et qu’on peut appliquer à ces postes ce qui a été dit de la Belle Rivière et de Chouaguen.Conclusion Le résultat de ce mémoire est qu’on ne doit omettre aucun moyen pour augmenter et fortifier le Canada et la Louisiane surtout pour établir solidement les environs du fort St.Frederic et les postes de Niagara, du Détroit et des Illinois.Pour cet effet on doit se déterminer à envoyer beaucoup de monde a la Nouvelle France afin de mettre ceux qui en ont l’administration en état de travailler en même tems aux diférents établissemens proposés.Ce monde doit être principalement des soldats, dont on pourra en très peu de tems faire de bons habitans.( )n peut y joindre quelques contrebandiers et même quelques femmes de mauvaise vie, mais il ne faut envoyer de ces dernières que quand on en demandera, ce qui vraisemblablement ne sera pas sitôt y ayant en géné-1 al dans le Canada plus de femmes que d'hommes.On peut y joindre aussi des mendians valides, mais il faut que ce soit en très petite quantité à chaque fois, afim qua mesure qu’ils arriveront on puisse les envoyer en diférents endroits où ils soient dans la nécessité de travailler.F.nlin on ne doit rien épargner pour mettre ces colonies en force, puisqu’on peut et qu’on doit les considérer comme le boulevard de 1 Amérique contre les entreprises des Anglois ; qu’elles seules peuvent suppléer au défaut de forces maritimes ; que les dépenses qu’elles occasionneront en épargneront de plus considérables et beaucoup moins certaines dans leurs effets surtout si l’on se laissent réduire à la nécessité d’y faire passer des secours de h rance pour les soutenir en tems de guerre, et qu’on ne — 297 — pût les abbandonner à leurs seules forces actuelles sans les livrer en quelque sorte aux Anglois à qui la supériorité en Amérique et les richesses qu’ils en retireroient à l’exclusion des autres nations donneroient très certainement la supériorité en Europe.(La fin dans la prochaine livraison).LES DISPARUS L’abbc Joseph-Benoit Soulard — Né à Saint-Roch des Aulnaies le 22 mars 1841, du mariage de François Soulard et d’Adélaïde Roy Lauzier.Ordonné prêtre le 22 mai 1869.Après avoir été vicaire dans sa paroisse natale, il fut curé de Sainte-Perpétue, des Ecureuils puis de la Pointe-aux-Trem-bles.Décédé au collège de Sainte-Anne de la Pocatière le 28 janvier 1920.On a de M.l’abbé Soulard Mémoire du Révd.Joseph-B.Soulard soumis aux ministres en conseil au sujet des graves difficultés scolaires dans la paroisse de St-Jean-Baptistc des Ecureuils (1894) et Second mémoire du Révd.Joseph-B.Soulard soumis aux ministres en conseil au sujet des graves difficultés scolaires dans la paroisse de St-J.-B.des Ecureuils : 1er avril 1894.Mgr Joseph-Octave Plessis — Né à Montréal le 3 mars 1763, il fut ordonné prêtre à Québec le 11 mars 1786.Curé de Québec, il fut nommé évêque de Canathe et coadjuteur de Québec le 26 avril 1800.Il succéda à Mgr Denaut comme évêque de Québec le 27 janvier 1806.Mgr Plessis décéda à Québec le 4 décembre 1825.C’est une des grandes figures de l’église du Canada.Nous avons de Mgr Plessis: Discours à l’occasion de la victoire remportée par les forces navales de Sa Majesté Britannique dans la Méditerranée les 1 et 2 août 1798, sur la flotte française, prononcé dans l’église cathédrale de Québec le 10 janvier 1799; Journal d'un voyage en Europe, 1819 et 1820; Oraison funèbre de Mgr Jean-Olivier Briand prononcée dans la cathédrale de Québec le 27 juin 1794; Journal de la mission de 1811 et 1812 dans les Provinces Maritimes; Journal de la mission de 1815. L1 PRAIRES — PAPETIERS — RELIEURS A MONTREAL AU XYIIIe SIECLE On admet que Fleury Mesplets fut notre premier imprimeur et notre premier éditeur; qu'il fut aussi libraire et papetier.MuL son règne commence sous le régime anglais.Antérieurement, il y avait des livres à Montréal, l’on y vendait du papier, l'on y reliait les livres.Existait-il donc des libraire- papetier- relieurs, ou s’approvisionnait-on à Québec, sinon en l’ancienne France?• Lu joignant aux miennes, les notes inédites de l’ami Ovide Lapalice.ancien archiviste de Notre-Dame, je trouve deux marchands de livres et de papiers (pii faisaient aussi de la reliure à l'occasion à partir du XYIIIe siècle.Ce petit fait doit être noté.Dans le compte rendu de Pierre Guy, marguillier de Notre-Dame en 1741.on lit ; Payé au Sr Sanschagrin, libraire, pour avoir relié le registre de l'église et ]Kiur une demie aune de Bougrain, 4 livres.A ceci, M.Lapalice ajoute : _ I-n 1010, i ai fait relier à neuf ce registre de 1741.L'ancienne couverture était en parchemin ’’.Compte rendu de Jacques Charly, marguillier en 1742: 1 ayé au Sr Sanschagrin pour façon d’un registre pour la fabrique, 3 livres.10 sols.Payé au Sr Sanschagrin, a mains de papier, pour les registres.12 livres.10 sols.Je présume que ce relieur “ Sans chagrin ’’ devait être Juin Set>' ou (.eto élit Sanschagrin qui épousa à Montréal, le 1.' octobre 1725, M.Madeleine Rocheleau et qui vécut dans notre ville jusqu'après 1750.Son successeur doit être Joseph Bargeas qui, dans un aete d Adhémar, du 1er septembre 1754.apparait connue marchand-libraire.Jo-eph Bargeas < il signe ainsi i originaire de Limoges se maria à Notre-Dame, âgé de 23 ans.le 9 septembre 1754.Il epeusa alors.Catherine Parte, âgée de 22 ans et déjà veuve de Charles Cottin.De cette union naquirent deux tilles qui moururent en bas âge.Bargeas était encore à Montréal après la capitulation, car dans le compte rendu du marguillier Guyon-Després en 1761.on relève cet item: — 19 juin.Payé au nommé Hergia (sic), par l’ordre de M.le curé, pour des registres.30 livres.Bargeas quitta-t-il le pays, ou s’en alla-t-il à la campagne?Je perds sa trace après 1761.Quoiqu’il en soit, il m’a fait plaisir d’apprendre que ces marchands artisans du livre, avaient des boutiques à Montréal avant la conquête et il y en eut peut-être d’autres.E.-Z.Massicotte LE FRERE JESUITE GILBERT DU TH ET En 1611, les Pères Jésuites Pierre Biard et Ennemond Massé arrivaient en Acadie.Ils s’établirent à Port-Royal et commencèrent leur apostolat auprès des Sauvages.Au mois de mai 1613, le Père Quentin et le Frère coadjuteur Gilbert Du Thet venaient prêter main forte aux Pères Biard et Massç.Deux ans de séjour à Port-Royal avaient démontré aux Pères Jésuites l’impossibilité de fixer le centre de leur mission en cet endroit à cause, probablement, de la difficulté d’y attirer les Sauvages.Avec la permission du roi de France, ils transportèrent le siège de leur mission sur un autre point de la même côte, qu’ils nommèrent Saint-Sauveur.Les trois Pères Jésuites et le Frère Du Thet étaient à peine établis à Saint-Sauveur que les Anglais, sous le commandement de Samuel Argall, arrivèrent à l'improviste.Le navire de la petite colonie, le Jouas, se trouvait dans le port.Ils l’attaquèrent et n’eurent pas de difficultés à s’en emparer puisque les Français ne s’attendaient pas à être attaqués.Il n’y avait pas même de canonnier à bord.“ La première es-copeterie, dit le Père Biard, fut terrible du côté de l’Anglais: tout le navire était en feu et en fumée.De notre part on répondait froidement et l’artillerie était du tout muette.Le ca- — 300 — pitaine Flory criait bien: “ lâche le canon, lâche ’’, mais le canonnier n’y était pas.Or Gilbert Du Thet qui de sa vie n’avait été peureux ni couart.oyant ce cri et ne voyant personne qui obéit, prit la mèche et nous lit parler aussi haut que l'ennemi.Le mal fut qu'il ne nuira pas, que.s’il l’eut fait, peut-être y eut-il eu quelque chose de pis que le bruit.” Le pauvre Frère Du Thet reçut peu après un coup de mousquet dans le corps dont il mourut le lendemain.Le Frère Du Thet, au dire du Père Biard, mourut avec confiance, résignation et dévotion.Au départ de Honfleur, en présence de tout l'équipage, il avait demandé à Dieu de mourir en travaillant à la conquête des âmes et au salut des Sauvages.L'humble Frère fut donc le premier religieux et peut-être le premier Français à donner sa vie sur le sol canadien pour la foi et la F'rance.LES DISPARUS L’abbc Jean-Claude Mathevet — Xé â Yalamat (Viviers) le 20 mars 1/17, il passa ici en même temps que Mgr de Lauberivière, en 1740.11 fut élevé à la prêtrise à Québec, le t mars 1747.Sulpicien, M.Mathevet s’occupa surtout des Algonquins.Il fut plusieurs années chargé de la mission du Lac des Deux-Montagnes.Il vécut deux années à la Présentation, de 1758 à 1760.Décédé à Montréal le 2 août 1781.M.Mathevet savait parfaitement l’algonquin et connaissait l’iro-quois.On a de lui en manuscrit : lo.Epitome de l’histoire sainte jusqu’à Daniel inclusivement: 2o.La vie de Notre-Seigneur Jésus-Christ d après les Evangiles; 3o.Psaumes, cantiques, vêpres du dimanche; 4o.Dictionnaire d’algonquin-français et de français-algonquin; 5o.Mots et phrases de la langue des Loups; 6o.Pages d’abénaquis, etc, etc.( L’abbé Henri Gauthier, Sulpitiana, p.232 ).QUESTION La lettre écrite par Louis XI\ au gouverneur de Frontenac pour le féliciter d’avoir repoussé les Anglais en 1690 a-t-elle été publiée." Si elle existe encore où est-elle conservée -1 y v — 30i — LA CONGREGATION DES MESSIEURS CHEZ LES JESUITES DE PARIS, ET LES MISSIONS DE LA NOUVELLE-FRANCE Vers 1630, les Jésuites de Paris établirent dans leur Maison Professe de la rue Saint-Antoine une Congrégation de la Sainte-Vierge sous le titre de la Purification de Notre-Dame.Les membres de cette Congrégation étaient des ecclésiastiques ou des laïques d’honnête condition.C’étaient des chrétiens d’une piété reconnue et d’une vie exemplaire.Il ne leur suffisait pas de prier et de se sanctifier ; ils se consacraient aussi aux oeuvres de charité.Ils visitaient les hôpitaux et les prisons, et ils y distribuaient des aumônes.Un d’entre eux était habituellement désigné pour faire avec le Père Directeur ces charitables visites.Mais ils ne songeaient pas seulement aux pauvres et aux malheureux de France.Leur charité s’intéressait encore à la conversion des sauvages, par exemple dans le Canada.Ainsi la Relation, publiée par les missionnaires en 1639, nous apprend que la Congrégation de Paris payait tous les ans l'entretien d’un Sauvage (1).Quelques années plus tard, les Congréganistes envoyèrent des aumônes aux missions de la Nouvelle-France, et les missionnaires versèrent ces aumônes dans une caisse que les membres de la Congrégation des luirons avaient établie pour le soulagement des pauvres.C'est alors que ces bons luirons, désireux de témoigner quelque gratitude à leurs confrères de Paris, leur adressèrent un remerciement à la mode huronne.C’était un collier où ses mots étaient inscrits en porcelaine noire sur un fond de porcelaine blanche: Ave Maria gratia plena.Au collier était jointe une lettre écrite par le P.Chaumonot au nom des luirons sur l’écorce de bouleau qui leur servait alors de papier.La Relation de 1654, nous a conservé la teneur de cette lettre.Nous en citerons seulement quelques passages : “ Depuis plusieurs années, écrivaient ces fervents chré-“ tiens, vous nous avez envoyé de riches présents.Nous nous “ sommes assemblés, et nous avons dit : qu’enverrons-nous à (1) Relation* des Jésuites, édition de Québec, 1H38, tome T.1039, clinp.J f, f.11. w F''* : .i- _ * .¦ *r .* ifrr m c «ext ot 3 trt ' .!~r .' ~ ’ - v — CT, -lC.e SZ CâO iCO-lTi k f.¦ i •*.- dit allant 4e cfeaptkts rj.rer.r*» amai-.c ¦ or.«erez bien a:«e en la même âçce que T> nez no»: me •.'Tallin tner Tr * lient la.it r, r~tz ¦ mrat des tes ce s» 21, M.là,./.Massicotte (B.R.H.) et M.O.M.aurault, p.s.s., en 1020 i llisl.Ç le terrain de J.-B.Ménard, au sud-ouest de la Poudrière, avait été remis, vu que la petite vérole sévis- .0) ' est ,e ,en'ai" occupé île nos jours par l’édifice de la Koval Se- (Mint ips * ^ sait et vu que les cimetières devaient à peine suffire, on songea à en ouvrir un autre, qui fut le huitième.Jean Latour, marguillier en 1734, acheta un terrain sur rue S.-Joseph, No 152 du terrier, des héritiers Basset, pour la somme de 800 lhs.(Arch.N.-D., Gamelin, A-14), près de la maison Duval, laquelle devait se trouver vers le milieu de l’église actuelle.L’alignement fut donné par J.-15.Ilervieux, commis-voyer, et fut trouvé de 89 pieds de longueur, la largeur n’en étant pas mentionnée.Ilervieux rédigea son procès-verbal, pour lequel il chargea trois lhs, en ces termes: “ Sur la réquisition quy nous a esté faite par le sieur Latour marchand bourgeois de cette ville et marguillé en charge de cette ville pour luy donner allignement pour Une Cloture de quatre Vingt sept (sic) pied de Long quil Veut Elevé de muraille pour Claure Le Semmetière nouvellement achetté par La fabrique sur la Rue St.Joseph, Nous Jean Baptiste heruieux Commy de Monsieur Le grand Voyer a montreal Nous sommes Exprès Transporté sur La ditte Rue St.Joseph ou Estant auons donnée alignement audit Sieur marguillé En Charge d’une Ligne droite Tandiie du Couin de la maison du Sieur Duual au Bout de La muraille du Semmetière au sieur, j’auont fait planté des piquets de distance en distance sans quil puisse sortire dudit alignement sous peine de demolission et de lamande porté par les reglements de Voirie contre Lantrepreneur dont Et dequoy nous auons dressé le present procest Verval dy celuy délivré Coppie a montreal le 20 7brel734.(signé) Heruieux.” Après la construction de la muraille autour du cimetière, René Decouagne en donna le toisé par le rapport suivant: A la Requeste de Maître Jourdain Jay toisé vue Muraille qui est sur le Niueau de la Rue St.Joseph qui Renferme Le Semetière de la fabrique qui a de Long quatre vingt neuf pieds de long et de haut douze pieds et dix pouces y compris les sur Espesseurs, et fait La quantité de trente quatre toises trois quart, fait a montreal Ce 13 may 1735.R.Decouagne.” Le maçon Jourdain s’était chargé de l’entreprise pour 451 lbs, 15 sols. Le 3 juin 1739, avait lieu la première inhumation “dans le nouveau cimetière, séparé de l'église”; celle de Pierre Surprenant, de Laprairie.L’église de Xotre-Dame actuelle occulte aujourd’hui le site de ce cimetière.9ènte cimetière — Le 21 octobre 1781, les tabriciens décident d’acquérir, “ ]x>ur la somme de (>000 chelins ancien cours , la maison et l'emplacement de Julien Tavernier, sis rue S.-Jacques (aujourd’hui la Manque de Montréal; soit 25 pds.de front jusqu’aux fortifications (Terrier, No 217, p.211 ).On y affermit la résidence du bedeau, et on y bâtit une chapelle des morts.Lu 17X4, quand on enterrait dans les quatre cimetières alor^ en usage, Montréal, dont la mortalité atteignait environ 300, fut visité par une épidémie, qui fit 502 victimes.Ou songea à établir un cimetière de plus.Le 7 mai 17X.->, Louis Porlier-Lamarre, marguillier, ht 1 acquisition de la propriété de Pierre Fortier, située “ entre la maison et remplacement dernièrement acquis par la Fabrique et la maison des demoiselles Gamelin, sur rue St-Jac-ques pour la somme de 4800 chelins ancien cours et y établit un neuvième cimetière; en ht construire le mur par François Daveluy maçon, pour la somme de 1000 lbs: paya 292 Ibs a St Amour charpentier pour couvrir ledit mur, et 30 lbs pour le nivellement.( e cimetière était destiné à remplacer le sixième, qui occupait 1 angle de 1 église et du séminaire.Il reçut les sépultu-1 es jusqu en 1799.En 1816, avec l’emplacement, de la mai-s"n {|u bedeau, il fut vendu 600 louis sterlins aux commissai-îes, chaigés de la démolition des anciennes fortifications.Nous avons fini avec les petits cimetières du vieux Montreal.Un y avait enterré un peu partout.I Luis 1 église paroissiale, les messieurs de S.-Sulpice étaient inhumes sous le sanctuaire; les congréganistes de la ici ne.dans la chapelle des Ames du Purgatoire; les Nieurs c e la Congrégation de N.-D., dans la chapelle du S.-untant-jesus; les propriétaires de bancs à perpétuité sous em banc; et e 1/ avril 1/96, on décide de ne plus enterrer ' ans la chapelle de S.-Amable, laquelle est littéralement rem- 3> 5 — ]>lie.I a> Jésuites et les Récollets ( 1 ) enterraient chez eux : le> Hospitalières et les Soeurs Grises chez elles; et on enterrait aussi clans la chapelle de X.-I).-de-l*onsecours (2).En H n depuis 1766, les Anglicans avaient leur cimetière, à l’ouest de l’ancienne poudrière, en pleine rue St-Jacques.lOème cimetière—Le 25 mai 1797.la fabrique décide d'acquérir, hors des murs, un terrain assez spacieux pour répondre à la population, et remplacer tous les petits cimetières de la ville.Le 16 décembre 1798, le procureur-général Sewell adressait une lettre à la fabrique et affirmait que les cimetières étaient un danger pour la sécurité publique.L’année suivante, la fabrique achetait un terrain des héritiers de Gabriel Gotté, dans le faubourg S.-Laurent.Mais à peine acquis, le terrain fut jugé non convenable, parce que trop exigu et trop près de la ville, et parce que “ le roc est a 2 ou 3 pieds de la surface du sol ’’, et il fut résolu de le remettre en en retirant le meilleur parti possible.On jeta alors les yeux du côté du faubourg S.-Antoine.Le 15 décembre 1799, on résolut d’acquérir quatre arpents de la terre de Pierre Guy.Plus tard on acheta les emplacements de dame IL Desfonds, de Durocher, de Parent, de Guy Lemieux, de J.-IL Ghampoux, de Valois, de C ampeau et de Pascal Persillier-Lachapelle.Le cimetière du faubourg St-Antoine eut à subir les contre-coups des plus terribles épidémies qui assaillirent Montréal.L’année 1810 vit 528 victimes, la moyenne étant de 325; l’année 1825, 915 victimes, la moyenne 680; l’année 1832, 2732 victimes, la moyenne 815; l’année 1834, 2000 victimes, la moyenne 840 (3); l’année 1847, 2720 victimes, la moyenne 1750; et l’année 1854.3210 victimes, la moyenne 1900.(1) Les Uéeollets furent ré-inliuinés en 1800 dans la chapelle de N.-D.des Anges, rue Ohenneville.(2) Mnrie-.Joseplite Hay.fille de l’ierre Uuy, maître-sculpteur, et de Catherine Campeau, fut inhumée à N.-î >.-de-1 ion secours le 24 janvier 1735.(3) Ce nombre des décès en 1834 ne renferme pus la “Liste des Catholiques décédés du Choléra en 1834, à la daine Ste.Anne, qui n ont point été inhumés dans le cimetière." Cette liste de 88 noms, dont l'âge et la nationalité sont donnés, et comprenant 72 irlandais, 13 canadiens, 1 anglais, 1 écossais et 1 sauvage, a été dressée par les docteurs Pierre lleaubien et l’ierre Munro, certifiée par les notaires 11.Valette et 1’.Laeomhe.et couchée à la fin du registre de 1834. — 3*6 — Ce carreau de terre, relativement restreint, pendant les 55 années qu'il fût en opération, reçut la dépouille mortelle de 57,000 montréalais et émigrés irlandais.11 fut fermé en 1855, et vendu en grande partie à la Cité pour devenir la totalité du carré Dominion, et partie de l'Evêché.1 lème cimetière — Les fabriciens n'avaient pas attendu après l’épidémie de 1854 pour songer à acquérir un autre champ des morts.Le 7 mai 1848, Damase Masson, marguil-lier en charge, était chargé par la fabrique d’étudier le projet.Le 17 juillet 1853, un comité de cinq marguilliers, savoir: Pierre Jodoin, Ephrem Hudon, A.-M.Delisle, Jean Pruneau et Romuald Trudeau, fut nommé pour s’enquérir d'un site convenable, et choisit la terre du Dr.Pierre Beaubien, sur le chemin de la Côte-des-Neiges.Les 276 propriétaires de lots de sépulture dans le cimetière du faubourg St-Antoine obtinrent un équivalent dans celui de la Côte-des-Neiges.En 1871, la fabrique, avec certaines difficultés, fit l’acquisition de la terre de \\ illiam Tait, voisine, céité nord, de la terre de Beaubien, et voisine, côté sud, du terrain de l’Université de Montréal.lui 1907, sous la cure de monsieur Troie p.s.s., la fabrique acquit, du côté sud de la terre de Beaubien, les propriétés McKenna, Desmarchais, Quinn et Aubry, lesquelles sont limitées au chemin Shakespeare.O.Lapalice LES DISPARUS /.abbe Hyacinthe Roitxcl — Né à Yalognes (Coutan-te>i, le 22 juin 1830, il entra dans la Compagnie de Saint-Sulpice le 3 octobre 1848, fut ordonné prêtre le 10 juin 1854 et an h a a Montréal le 10 novembre 1855.Il fut employé au gi and-séminaire et a la paroisse Notre-Dame de Montréal.Décédé a Montréal le a mai 1899.Nous avons de M.Rouxel :cs P'cuiiers colons de Montréal, conférence faite an Cabinet ( c h t turc paroissial, le 23 mai 1857; La vocation de la colonie de Montréal, lecture prononcée le 7 septembre 1857, cnri-< uc d annotations historiques de M.le commandeur Viger. — 3i7 — LE SIEUR DE BOURCHEMIN Il a été question à plusieurs reprises dans le Bulletin du sieur de Bourchemin.M.Lapalice et M.Massicotte ont, à tour de rôle, apporté des éclaircissements précieux sur sa carrière canadienne, ( B.B.H., XXIV, 273, et XXV, 210).11 ne parait pas cependant que toutes les obscurités qui l’enveloppent aient encore été dissipées.C’est ainsi que l’on se demande encore si le Sr de Bourchemin n’avait pas Chevalier pour nom patronymique et cela parce que Tanguay (I.126) le fait marier, à Champlain, avec Elizabeth Disy, le 13 novembre 1687, sous les noms de Jacques-François Chevalier, sieur de Bourchemin.11 n’y a qu’à recourir à l’acte de mariage même pour constater combien Tanguay dans l’occurrence s'est grossièrement trompé.Notre généalogiste national n’a pas remarqué que le conjoint avait signé dans les registres de Champlain, non pas “ Chevalier de Bourchemin ”, mais “ le chevalier de Bourchemin.” C’est cette erreur initiale de Tanguay qui a induit nos historiens à croire que le sieur de Bourchemin avait été tué en Acadie en 1696, alors qu’en réalité il est mort en France un peu avant 1698.Il est vrai qu’un officier français du nom de Chevalier a été tué près du fort de Natchouac, ainsi que l’atteste une lettre de M.de Villebon du 30 octobre 1696 (Collection de Manuscrits, p.247), mais ce Chevalier, (pii n’a été fait enseigne de la compagnie de \ illieu qu’en 1694 et qui l’était encore en 1696 (ibidem, p.146 et p.241 ), ne saurait en aucune façon être confondu avec le sieur de Bourchemin qui servait en C a-nada et (pii, lieutenant réformé depuis 1691, avait été fait lieutenant en pied dans la compagnie de M.de Saint-Jean en 1694.D’ailleurs nous savons par XAlphabet Laffilard que Bourchemin était déjà repassé en France en 1695, l’année même où lui fut concédé son fief sur la rivière ô amaska et Laffilard est là-dessus nettement confirmé par une lettre du comte de Frontenac (pii vient de paraître dans le dernier Rapport de l'archiviste de la province de Québec (19281929, p.281).Dans cette lettre au ministre (pii est du 4 novembre 1695, le gouverneur place le Sr de Bourchemin au nombre «le
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