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Titre :
Bulletin des recherches historiques : bulletin d'archéologie, d'histoire, de biographie, de numismatique, etc. /
Éditeur :
  • Lévis :Pierre-Georges Roy,1895-1968
Contenu spécifique :
décembre
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
quatre fois par année
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Bulletin des recherches historiques : bulletin d'archéologie, d'histoire, de biographie, de numismatique, etc. /, 1930-12, Collections de BAnQ.

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LE BULLETIN DES R es Historiques VOL.XXXVI LEVIS — DECEMBRE 1930 No 12 LES COMMANDANTS ET LES MAJORS DES TROUPES DU DETACHEMENT DE LA MARINE Les différentes compagnies des troupes qui servaient dans la Nouvelle-France étaient à l’origine indépendantes les unes des autres.Les officiers avaient bien leur ancienneté respective d’après la date de la commission de leur grade, mais les capitaines ne reconnaissaient et n’avaient d’autre chef que le gouverneur de la Nouvelle-France.On comprend qu’un pareil système, surtout en temps de guerre, avait de nombreux inconvénients.Dans l’hiver de 1686-1687, le gouvernement du roi se décida à réorganiser le squelette d’armée qu’il entretenait dans la Nouvelle-France.Il forma un corps d’armée à qui il donna le nom de “troupes du détachement de la marine” parce que la plupart des officiers et soldats furent tirés des régiments attachés au département de la marine.Les officiers du nouveau corps furent pris dans les troupes de terre et le corps de la marine.Bon nombre des anciens officiers du régiment de Carignan, qui étaient établis dans la colonie, reçurent aussi des commissions dans les troupes du détachement de la marine.Un ordre du Roi régla le rang de tous ces officiers.Cet ordre portait que les capitaines qui auraient servi dans les troupes de terre prendraient leur rang du jour de leur premiè- 0931 re commission de capitaine dans les dites troupes.Quant aux capitaines de Carignan leur rang devait compter du jour de leur commission de capitaine dans leur ancien régiment.11 devait également en être ainsi pour les autres officiers qui entreraient dans les troupes du détachement de la marine.Pour les enseignes de vaisseau, le même ordre du Roi fixait qu’ils prendraient leur rang du jour de leur brevet d’enseigne.A l’origine, le seul officier d’état-major des troupes du détachement de la marine fut le commandant même de ce corps.Le 17 mars 1687, le roi nommait Philippe de Rigaud, chevalier de Vaudreuil, commandant des troupes du détachement de la marine servant en la Nouvelle-France.Il exerça ce commandement pendant douze ans.Le 28 mai 1699, M.de Vaudreuil remplaçait M.de Callières, promu gouverneur de toute la Nouvelle-France, comme gouverneur de Montréal.Le même jour (28 mai 1699), Claude de Ramezay succédait à M.de Vaudreuil comme commandant des troupes.Il garda ce poste jusqu’au 16 mai 1704, date de sa nomination au gouvernement de Montréal.C’est Charles-Henri d'Aloigny, marquis de la Crois, qui succéda à M.de Ramezay.Sa nomination est en date du .mai 1704.Le marquis de la Crois périt dans le naufrage du Saint-Jérôme, à l’automne de 1714.Le gouvernement du roi décida alors de supprimer l’emploi de commandant des troupes.Lue note de 1717 soumise au Conseil de Marine dit : M.le marquis de \ audreuil demande pour son fils aîné l’emploi de commandant des troupes en Canada qui avait été supprimé depuis la mort de M.le marquis d’Aloigny.11 marque qu il est nécessaire de rétablir cet emploi pour contenir les troupes dans une plus grande subordination par de fréquentes revues et empêcher la mutinerie des peuples pareille à celle des habitants de Longueuil."Si cet emploi n’est pas rétabli, il serait nécessaire ’e commettre un ou deux capitaines pour aller faire ces revues auxquels il faudrait donner, outre leurs appointements de 1000 1.chacun, des gratifications considérables qui ne se monteraient a guère moins que les appointements d’un commandant. “D’ailleurs les deux capitaines des troupes qui seraient chargés de ces revues n'imposeraient point connue un commandant, d’autant que les sieurs de Saint-Martin et de Blain ville ne sont pas fort considérés dans le pays et qu’on ne pourrait compter sur eux pour ces revues.“Il en coûterait moins au Roi en accordant à son fils cet emploi puisqu’il ne toucherait plus sa paie de lieutenant le vaisseau.11 .,’ie le Conseil au cas que cet emploi ne pou- vant être supprimé sans que le service du Roi en souffre.“M.de Galliffet, gouverneur des Trois-Rivières en Canada, demande le commandement des troupes vacant par la mort de AI.le marquis d’Aloigny avec les mêmes appointements ou sans appointements, en conservant son gouvernement et lui accorder non seulement les mêmes honneurs, prérogatives et une compagnie pour soutenir la dépense qu’il serait obligé de faire dans les courses où cet emploi l’engagerait.Il demande aussi un ordre nouveau ou une confirmation de celui qu’il a eu pour commander en chef dans tout le gouvernement de la Nouvelle-France au défaut et en l’absence de M.le marquis de Vaudrai il.“Le sr.baron de Longueuil, lieutenant de roi de Montréal, demande l’emploi de commandant des troupes en Canada.“Le sr de Saint-Martin, le plus ancien capitaine des troupes du Canada, en demande le commandement ou une pension” (1).La demande du gouverneur de Yaudreuil n’eut aucun effet sur le Conseil de Marine.L’emploi de commandant des troupes servant dans la Nouvelle-France ne fut pas rétabli.La charge de major des troupes servant en la Nouvelle-France fut créé en 1691 et supprimée en mai 1743.En résumé, les commandants des troupes furent : 1° Philippe de Rigaud, chevalier de Yaudreuil, nommé le 17 mars 1687.2° Claude de Ramezay, nommé le 28 avril 1699.3° Charles-Henri d’Aloigny, marquis de la Grois, nommé en juin 1704 (2).(1) Archives de la province de Québec.(2) En 175!), Jean-Daniel Dumas fut nommé major-général des troupes de la colonie.(1 e jrrado correspondait, croyons-nous, au jçrade de commandant des troupes établi en 16K7.4 — 7°8 — Les titulaires de la majorité des troupes furent : 1° Joseph de Monic, nommé en 1691.2° Daniel Auger de Subercase, nommé en 1694.3° Charles-Henri d’Aloigny, marquis de la Crois, nommé le 1er avril 1702.4 Nicolas Daneau de Muy, nommé le 14 juin 1704.5 Jacques Le Picard, sieur Dumesny Norey, nommé en juin 1706.6 François Leverrier de Rousson, nommé le 17 mai 1714.7 Jean-Louis de Lacorne, nommé le 27 avril 1716.8 Pierre de Cavagnal de Vaudreuil, nommé en mai 1726.9 Louis Liénard de Beaujeu, nommé le 7 avril 1733.le gouverneur de càllieres Sur Louis-Hector de Callières, qui fut gouverneur de la Nouvelle-France de 1699 a 1703, on peut consulter, entr’au-tres études : H.Moulin, Les deux de Callicrcs ( Jacques et François).Caen — 1883.Brochure in-12 de 24 pages tirée des Mémoires de l’Académie de Caen.Henri Jouan, A propos de Jacques, François et Loiiis-llcetor de Callières.Cherbourg — 1890.Brochure in-12 de 18 pages tirée des Mémoires de la Société académique de Cherbourg.Benjamin Suite, Louis-Hector de Callicrcs, gouverneur du Canada, dans le National, de Lowell, juin et juillet 1890.L’abbé Max Godefroy, Le chevalier de Callicrcs, gouverneur du Canada, dans la Revue catholique de Normandie, juillet 1898 et seq.Dr Charles Vigen, Notice sur les de Callicrcs de Normandie et leurs rapports avec ceux de Saintonge, Ligugé (A ienne).Brochure in-12 de 24 pages, sans date de publication. — 709 — DE L’OBSERVANCE DU DIMANCHE ET DES JOURS FERIES Avant 1760, les autorités de l’ancienne et de la Nouvelle-France ne furent pas, relativement à l’observance du dimanche et des jours fériés, aussi sévères que l’étaient celles de l’ancienne et de la Nouvelle-Angleterre.En fait, on ne paraît avoir voulu empêcher que certains genres de commerce et les travaux manuels qui n’étaient pas urgents, sans cependant proscrire les amusements.Par exemple, on n’obligea les cabaretiers à fermer leurs débits que durant les offices religieux.Hors ces heures, on pouvait y boire, manger, jouer aux cartes et au billard tout comme les jours ouvriers.XXX La première contravention consignée dans les archives judiciaires, concernant le sujet que nous traitons, est celle de Jean Le Duc, colon notable.Résumons les pièces de ce procès qui sont rapportées dans l’Annuaire de Ville-Marie.1663, 17 avril — A Monsieur le gouverneur (de Maisonneuve).Messire Gabriel Souart, prestre, curé de la paroisse de ce lieu (de Ville-Marie) et commis par Mgr l'Illustrissime et Re-verendissime Evesque de Pétré, vicaire apostolique de toute l’étendue de la Nouvelle France pour la maintenance des choses ecclésiastiques en ced.lieu.Et vous représente qu’il a eu advis que le nommé Jean le Duc, l'un de vos habitans, aurait ce jourd’hui, dimanche 15ème jour d’avril, contre l’exprès commandement de Dieu et de Sa Sainte Eglise et sans notre permission, fait travailler ses boeufs et charriaux, scandaleusement, et à la vue de beaucoup de personnes [au transport] du blé pour la milice de cette habitation; duquel cas commis, Je vous demande Justice, par amende et réparation que vous jugerez à propos.G.Souart 11 est ordonné que le nommé Jean le Duc comparoistra demain à midy devant nous, pour estre jugé ce qu’il appartien- 7io — dra en présence ou absence.Faict à \ ille-Marye, le lôème jour d’avril 1663.Mandons.Paul de Chomedey ( A.Y.M.1.439) L’an 1663, et le dit jour, 16e avril, à la requête de M’re ( i.Souart, ptre curé de la parr.de Yillemarie, je commis au greffe et tabellionnage dud.lieu me suis exprès transporté au domicile de Jean le Duc et parlant à sa personne, lui ai signifié ce document et donné assignation à comparoir demain 17e d'avril, à l’heure de midy pardevant M.le gouverneur B.Basset Le 17e avril, M.de Maisonneuve après avoir entendu Jean le 1 )uc, le condamna en dix livres d’amende applicable au profit de l'église, ainsi qu’aux frais et lui fit défense de récidiver “sous plus grosses peines et punitions”.Le IXe avril — Benigne Basset signifia copie du jugement à le Duc et lui ordonna de payer comptant, ce qui était ordonné, à Charles Le Moyne, pour lors marguillier.(A.Y.M.I.440) Remarquons que dans sa plainte, l'abbé Souart dit (pie le Duc "a fait travailler sans notre permission”.D’où l’on peut inférer que permission aurait pu être accordée, si le délinquant avait démontré l’urgence au préalable.Cette condamnation n’entacha pas la bonne réputation dont jouissait le sieur Le Duc puisque quelques mois après son procès il était élu marguillier de la paroisse.XXX En juillet 1667, Daniel Bialle, marchand huguenot, ayant tait décharger des marchandises un jour de fête “au mépris de notre religion”, il fut arrêté sur l’ordre du juge Migeon de Branssat et condamné à 100 livres d’amende.Le sieur Bialle porta appel de cette sentence au Conseil Souverain, (20 août 1667) prétendant que les marchandises ne lui appartenaient pas et qu’elles étaient la propriété du sieur de la lour Loyer de Québec.Le Conseil permit l’appel.Il y eut quelques condamnations d’aubergistes qui avaient tolère — par exception — que l’on but ou que l’on joua dans leur établissement pendant les offices.Nous les avons déjà signalées dans le Bulletin ainsi que dans notre étude “Auberges et cabarets d’autrefois (1927). — 7” — Une chose qui peut étonner, c’est que les officiers de justice choisissaient les dimanches et les jours de fêtes pour s’assurer que les mesures étaient conformes aux étalons ou modèles adoptés.A Québec, une ordonnance de l’intendant Raudot ( 22 août 1708), défend de vendre sur le marché de la basse-ville de Québec et d’étaler des marchandises à la porte de l’église Notre-Dame de la Victoire, particulièrement pendant le service divin (P.-G.Roy, Inventaire des Intendants, 1,64b Dans la capitale de la Nouvelle-France, les pêcheurs pouvaient donc commercer avant et après messes et vêpres.XXX Deux ordonnances démontrent que certains habitants du gouvernement de Montréal voulurent de nouveau violer la loi.Ainsi, le 28 février 1688, le juge Migeon de Branssat défend d’atteler des boeufs ou des chevaux pour transporter leurs grains aux moulins les dimanches et les fêtes.Il ordonne même aux meuniers de tenir les portes de leurs moulins fermées ce jour là.Le 25 avril 1712, le Conseil Supérieur refuse d’accorder aux cordonniers le privilège de recevoir les jours de fêtes et dimanches, les fournitures qui leur seraient apportées par les tanneurs.XXX L'abbé Faillon dans son Histoire de la Colonie française, volume I, page 269, a donné un résumé des lois concernant l’observance du dimanche dans la vieille Angleterre au 17e siècle.On y était beaucoup plus sévère qu’au pays de nos aïeux.Il en était de même dans la Nouvelle Angleterre.D’après la Winston's Cumulative Encyclopedia, voici quelques-unes des décisions adoptées par les magistrats du Dominion of Nezv Haven, Connecticut, vers 1673, et qu’on a appelées les Bine Laws, de ce qu'elles furent imprimées sur du papier bleu.“Personne ne pourra voter qui ne fréquente l’une des églises de sa localité.Tous doivent prêter le serment d’allégeance.La nourriture et le logement seront refusés aux hérétiques.Le dimanche, personne ne doit voyager, cuire des ali- merits, balayer la maison, se couper les cheveux, se raser ou embrasser ses enfants."Quiconque portera des habits ornés de passementerie d’or ou d’argent de plus d’un shilling la verge, sera passible d’une amende.Quiconque apportera des cartes ou des dedans le Connecticut paiera une amende de 5 louis.Défense de danser, de jouer d’un instrument de musique, à l’exception du tambour, de la trompette et de la guimbarde, etc.En notre pays, il ne paraît pas y avoir eu d’amende ou de peine corporelle pour ceux qui n’assistaient pas aux offices re ligieux.E.-Z.Massicotte REPONSE L’abbé Périnault, compagnon de Chateaubriand ( XXXY1, p.704) — On a demandé, dans le Bulle tin de novembre (p.704), quel est ce Périnault canadien, qui lit le voyage d’Amérique avec Chateaubriand, en avril 1701.Ce 11’est autre que l'abbé Joseph Périnault, né a Montréal le .juillet 1771,et fils de Jacques Périnault dit Lamarche, maître maçon.Etant passé avec son père en France, il fit ses études à 'fours d’abord puis au Séminaire de Saint-Sulpice, à Paris.11 11'était encore qu’étudiant en théologie lorsqu’il se décida de suivre M.Nagot, Sulpicien, qui allait fonder le nouvel établissement de Baltimore, et s’embarqua avec lui sur le même vaisseau qui portait Chateaubriand.M.Périnault, sujet du diocèse de Québec, obtint de son évêque la permission de termi 11er ses études de théologie à Baltimore.Il y était encore en juillet 1793 lorsque Mgr Carroll, de Baltimore, désireux de garder avec lui un prêtre français parlant l’anglais, demanda à 1 évêque de Québec la faveur de lui accorder son exeat.Nous retrouvons cependant Monsieur Périnault cà Montréal, l’année suivante.11 y est ordonné par Mgr Hubert, le 17 août 1794.Apres avoir été deux ans à Longueuil, vicaire de Mgr De nault, alors coadjuteur, il fut curé de la Rivière-des-Prairies, de 1796 à 1806, du Sault-au-Récollet, de 1806 à 1816, de Kingston, dans 1 Ontario, de 1816 à 1819, et, enfin, de Saint-Esprit.de 1819 jusqu’à sa mort, arrivée à Montréal, le 29 juin ^~b Aeg.Fauteux — 7i3 — PAROLES DES SAUN AGES DE LA MISSION DE PENTAGOUET, PROCHE DE PEMKUIT, A M.DE I’RONTEXAC (6 janvier 1691) Ne soys point surpris, mon père, de ce que tu ne m’as point vu depuis longtems ; que cela ne te fasse point ainsy juger de moy ; n'est-ce pas que mon enfant pense-roit ailleurs.Je ne saurois m’oublier de toy.Je pense toujours à toy.Mon ennemy et le tien qui à peine est à une journée de moy, m’occupe sans cesse.Yoyla pour-quoy tu ne me vois pas.Je n’ay point d’autre application que celle de luv faire la guerre, parce que tu as jugé à propos, mon père, que je lisse ainsy et que tu m’as dit : " courage mon enfant, sy ton ennemy et le mien te sollicite à faire la paix, ne te fies pas à luy ; sy tu le fais, tu es mort ; il te trompera.” J’ay sans cesse la vue sur toy, mon père, en qui je mets toute ma confiance et ie n’ay point d’inclination plus forte que celle de faire ce que tu désires de moy.Tl est vray que je suis tout à faict pauvre.Je suis par exemple sans capotte, sans couverte, sans chemises, sans bas, sans bonnet, sans plomb, sans poudre, sans fèves et sans tabac, en telle sorte que sy je veux fumer quelques fois pour dissiper mon chagrin, je suis obligé de me servir de feuilles d’arbres, de bois et de tondre.Mais pour tout.cela je ne perds pas courage ; n’importe que je soys ainsi dénué de tout.Je ne pense présentement à aultre chose qu’a faire la guerre, et sy j’avais encore de la poudre et du plomb tu ne me verrais pas présentement, et cela d’aultant plus que l’hyver m’est la saison la plus ad-vantageuse pour faire la guerre, puisque dans ce tems notre ennemy commun est dispersé dans les habitations escartez.Je regrette la perte d’un tems sy précieux, et ce n’est que la seule extresme nécessité où je suis de plomb, de poudre, de fèves, de flèches, etc., qui m’oblige d’envoyer à Québec pour te prier très instamment, mon père, de vouloir m’en assister.Au reste, je te dis, mon père, que quand bien mesme tu ne m’assisterois pas de poudre, etc., je ne laisserois pas pour cela de continuer de faire la guerre, et sy je ne me trouve pas aultre chose, j’einployerais mes chaudières et les os des bestes que je tueray à faire des flèches.Je dis bien plus que quand mesme l’Anglois se sera rendu maistre de Québec, je ne mettray jamais bas les armes que tu ne m’en aye donné l’ordre.C’est ce que j’ay déclaré cet automne dernier à l’Anglois lorsqu’il m’escri-vit pour me solliciter de traitter avec luy de la paix.Je me souviens que lors de l’advertissement que tu m’avois donné, et sans me mettre en peine des menaces qu’il me laisoit de me perdre sans ressource, après s’estre rendu maistre de Québec, sy je ne voulois pas lui entendre, je luy répondis qu’il pourrait faire du pis qu’il pourrait, que je 1 en défiais, et que je ne consentirais jamais à la paix que mon père qui est en Canada ne me dist de la faire.Te luy dis de plus, au sujet des menaces qu’il me faisoit de me perdre." A ce que tu dis, Anglois, que tu me perdras sans ressources ; je conviens avec tov que tu pourras peut cstre le faire, mais sçache que ma mort te coûtera bien cher, lu me dis cela parce que tu es nombreux ; encore bien que tu m’estimes méprisable, nous sommes pourtant bien toy et moy l’ouvrage de Dieu et nous somme >u> du maitre-autel.Son installation exigea 195 livres de fer, acheté chez Pierre Gamelin à 22 sous la livre ( 1 ), et le forgeron Parant s acquitta de l'ouvrage pour 16 lbs 15 sous.1 huis ! inventaire minutieux des biens meubles et immeuble- de 1 Eglise, fait en 17‘>2.il est mentionné à la page “Dans le sanctuaire, — Un grand crucifix pendant de la voûte jusqu a la tribune.” En mars 1793, il lut acheté "neuf aunes d’étoffe violette pour couvrir le grand Christ.” La demolition de 1! ancienne église que M.Sattin avait appelée la nouvelle , nécessita l’abandon de l’endroit que le grand crucifix occupait depuis 92 ans, et son installation dans 1 eghse actuelle, en 1830.Dans 1 inventaire de 1843, il est fait mention “d’un grand crucifix en bois valant 20 louis.” Dans les délibérations des marguilliers, le 7 mai 1887, il ut question une première fois de placer sur le comble du mt de 1 eghse, en arriéré et en face du fleuve, le grand cruci-îix en bois, qui était autrefois dans le premier jubé de droite (î) Compte-rendu en avons vue dans les fossées à demi comblées de la cité détruite de Louisbourg où les officiers de la garnison les nou-1 ,ssa,on* co.mme on faisait jadis des oies du Capitole ou encore aujourd luii des carpes de Fontainebleau.Ce don d’ubiquité, tout extraordinaire qu’il puisse paraître, existe cependant.L’anguille peut effectuer de véritables migi at ion s en traversant des espaces considérables pour aller ti ouver les eaux qui lui conviennent le mieux.I oui ceux qui ont tait la pêche à ce poisson gluant et visqueux, ils savent quelle ténacité de vie il possède.On peut le couper en quatre ou cinq morceaux que les tronçons semblent m\h encore, comme ceux du scorpion, de la couleuvre et du su pun .( e>t même une croyance populaire qu’une anguille ai acre en pieces peut résoudre ses anneaux et former un corps compact.\l.‘ Ul11t!aile (los ai,tres poissons qui meurent presque i , n i V e ?U’ ! ;lnS'\1,I,e Peut vivre longtemps dans l’her-IC ou a telle humide.1 ous les ans, au printemps, quand ar- nnlbi sa.s,,ndi;irai’Un Peut voir des myriades de petites «^îguilks remonter le fleuve en colonnes serrées.Elles se di- rnnre p1 an'vant .au confluent des rivières, remontent les les nen 7’ frf nch!ssent lcs courants et les rapides et même temnsTnn C’est s“rto«t la nuit et par des blot issen H S T'6 eS;7RU,lles gagent.Le jour, elles se Blottissent dans les touffes d’herbes.snhim^rL111''1,1 at-n>ns e.xPPcluent l’apparition ou la disparition thm nveïl an^"eS danS leS caux sans aucune communica- fois à h,, 7 -riV1CI CS’, da,as c'es pacs intérieurs situés quelquefois a une très grande distance. 7 25 — Un sportsman qui a l’habitude de fréquenter la rivière Sainte-Marguerite, affluent poissonneux du Saguenay, nous a raconté l’étrange spectacle dont il fut le témoin un jour.C’était vers la fin d’août.Il se trouvait campé sur une langue de terre, de deux cents pieds de large environ, qui tait la séparation entre la rivière Ste-Marguerite et un petit lac de l’intérieur.Un soir un peu brumeux et humide, il aperçut tout-à-coup une anguille qui, sortant de la rivière, se glissa sur le sable du rivage de toute sa longueur, puis entra sous, l’eau.Une autre la suivit qui prolongea de quelques pieds le sentier limoneux (pie sa devancière venait d ébauchei.ht ce fut comme cela une procession d anguilles se succédant Us unes aux autres jusqu’à ce que la langue de terre fut traversée par une sorte de tranchée jusqu’au lac.Une fois la voie ouverte, ce fut comme sur le pont d’Avignon, toutes les anguilles y passèrent.Ce défilé dura une partie de la nuit.' Les anguilles comme les oiseaux ont leurs migrations.Elles laissaient les eaux du fleuve pour venir frayer dans ces parages lointains.Ce lac, aimé de l’anguille, se divise par un mince tilet d’eau dans les flots du Saguenay.Chose extraordinaire, on dit (pie les anguilles une fois la saison de frai passée, au lieu de reprendre la voie de terre, redescendent à la met pai ce mince filet d’eau.Plusieurs nous ont assuré avoir vu de semblables immigrations à la tête de la rivière à Mars.Il n’y a pas de doute que ce phénomène doit se reproduire en plus d’un endroit.Un pêcheur attentif pourrait 1 étudier sur place.XXX •' Nos ancêtres qui étaient plus scrutateurs.et phi s studieux que nous le sommes, avaient une vague idée de ces migrations.c Nous avons remarqué sur une carte du territoire du Saguenay dessinée par Bellin ( i) un chapelet de lacs en arriéré de la Malbaie auxquels il donna le nom de lacs a I angml-le.Ces lacs sont séparés par d’étroites bandes de terre en travers desquels courent des lignes pointillées avec la légende Portage à l’anguille.(1) Voir Charlevoix, III, 04. — 726 — Ayant voulu contrôler cette indication singulière, nous écrivimes au curé de Saint-Urbain qui nous apprit qu’en effet il y avait dans sa paroisse deux ou trois mares, éloignées de la riviere du Gouffre de près de cinquante arpents.Ces mares forment un lac de douze à quinze arpents de longueur sur deux ou trois de largeur qui communique à la rivière du Gouffre par un ruisseau.Quand vient le printemps, c’est par ce ruisseau que l’anguille monte de la mer dans le lac.Elle en descend vers la fin d’août ou au commencement de septembre.Autrefois on tendait en ces endroits des espèces de nasses ou coffres à anguilles et on en prenait en assez grande quantité; quelques uns faisaient aussi cette pêche à l’hameçon.( >n a lemarqué que les anguilles étaient moins nombreuses a la descente qu’à la montée.Cette diminution semble à pi enuere vue extraordinaire quand on sait que ces poissons sont ailes déposer leur frai dans le lac.Elle est aisé cependant a expliquer.C’est qu’une bonne partie des immigrants qui unt monté la rivière du Gouffre font évidemment portage a travers des lacs de l’intérieur et redescendent à la mer par les rivieres qui se jettent dans le Saguenay.Les dires des pte luu s de a riviere à Mars se trouvent donc jnstifiés.G anguille a ainsi, dans l’intérieur des terres, des en-< toits pmilégiés, où elle aime à se reposer des fatigues et des emotions de la mer.La rivière aux Perles, qui traverse le village de Ka- ïes'lnH.1’ T T ,des,sentiers favoris suivi par ce poisson.Les habitants de 1 endroit le savent, et lui tendent des em- uches (|ll, sont souvent funestes.Cette pèche à l’anguille est une des curiosités de l’endroit.A la nn-août quand les foins sont coupés et que des '‘'J hrine 0deur des fenaisons, les fermiers qui rav^rs dnV,0r % ,reU,X dc 1a rivière aux Perles jettent en saut A, f , uneld,-ue de cailloux en forme'de crois- où sednU l .rCf!'CnC i,s ménagent une ouverture sommet- r C est Ia bourrole, espèce de ruche au tement eno-eh*6'’ ffits, revenus, et sions ce que le dit’sieùr'de Jonl'«rn,j;nicnt aux dits provi-après lecture hit.\ r L Da Saudray ayant entendu, et Sieur de Ta S-mdr T dlts provisions estant en latin le dit de la ditte* lA-li ¦ ‘ U> J TT transporté au devant la porte Pointe H, t T ,par0,ss,alle du dit St Enfant Jésus de la Sîe^et tesmoîre 7aVeC 'C T Sieur ^ Breton le dit Noï porte de h ditte R r' nonimes’ °11 estant auraient trouvé la ayant n d le i s 'Rl,Sï °“verte le dit Sieur de la Saudraye fruits eroffits.mJs 739 — trée de la ditte Eglise, son de la cloche, prières faites au maistre autel d’icelle, Baisement du d.autel en cygne de y raye pocession, que par la sortie d icelle Eglise, sans contradiction ny opposition quelconque, ce fait le dit Sr de La Saudi aye a fait inhibition et deflfencez à tous qu il appartiendra de tumbler ny inquietter le dit Sieur Le Breton en la pocession et jouissance de la ditte Cure du St Enfent Jésus de la ditte Pointe aux Trembles sur les payties et censures éclésiastiques et autres portées par les dittes provisions, et estants sorties de la ditte Eglise et au mesnie instant les dittes lettres de provisions de la ditte Cure ont esté remises en mains du dit sieur Le Breton quv du tout ce que dessus a requis acte au dit sieur de La Saudraye quy luy a octroyé le put pour luy servir et valloir ce que de raison.Fait en présence de Lierre Boucher Escuver Sr de Boucherville Louvs Loysel un des marguillier de la ditte pai Disse, Jean Beauchan ancien marguillier Lierre Jannot et Jean Lacombe paroissiens demeurant au dit lieu de la Pointe aux Trembles signé «à la minute des présentes avec les dits sieurs de La Saudraye et le Breton et Nottaire, à la réserve des dits sieurs Loi sel et Lacombe quy ont déclaré ne scavoir escrire nv signer de ce enquis suivant 1 ordonnance ainsy signez Kde la ~Saudraye C.le Breton.DeBouchervilfe, Jean Beauchan Lierre Jannot et Adhemar Nore Royal avec paraphe la nu-nutte des putes demeurée en lestude du dit Nottaire (|uy requis soubsigné Signé Adhemar Xore avec pataphc.(Signé) Adhmar Greffr.LE SAUMON Au clix-septiènie et au dix-huitième siècle, le saumon frayait partout dans le fleuve Saint-Laurent et ses tributaires, ainsi qu’en témoignent certain passage des Relations des Je-suites (1655) et divers documents officiels ultérieurs.Ce poisson se présentait en si grande abondance qu’il devint, pour les Canadiens, un objet de commerce assez considerable puisque les autorités daignèrent s’en occuper, comme on va le voir. — 740 Le fameux édit royal de 1748, relatif à l’imposition des droits sur les marchandises qui entreront en Canada ou qui en sortiront, décrète que pour l’exportation du saumon salé, les négociants paieront une taxe de sortie d’un franc, seize sols par barrique (E.& 0.R.1, 604).Le 5 mai 1752, Louis Damour de Louvières loue à Antoine Lupien dit Baron, un moulin situé sur la rivière Château-guay a 1 endroit appelé “la pêche au saumon”.M.W.Sherwood Fox, M.S.K.C, a récemment consacré un mémoire à la pêche au saumon dans le lac Ontario et les cours d’eau qui s’y déversent.l’rès de 1 oronto, dans les rivières Don et Humber, assure cet auteur, les saumons étaient si nombreux qu’on pouvait, au dard, en pêcher une vingtaine en une heure.Il ajoute qu’il a îélevé, dans la 7 otonto Gazette de 1/98, l’offre de vente d’une ferme où se trouvait une “pêche aux saumons” et que de celle-ci plusieurs familles pouvaient tirer leur nourriture.Enfin, il signale que dans 1 état de New-York, les saumons remontaient jadis les rivières en telle quantité que les colons les cueillaient à la fourche.Feu A.-N.Montpetit prétendait que, vers 1870, le saumon se voyait encore jusqu au pied des chutes Niagara et dans un petit ouvrage sur la pêche au Canada signé par Richard Nettle ( / he Salmon fisheries of the St.Lawrence and its tributaries, Montréal, 1857) on apprend que le saumon se pêchait encore vers 1855, à l’entrée de la rivière de Sainte-Anne de la Pérade, au-dessous des Trois-Rivières., Rivons auteurs s’accordent à dire que ce fut à partir de 1 année 1840, que le saumon se retira graduellement de l’intérieur du pays.Le flottage des billots et les moulins à scies contribuèrent s,ms doute à la disparition de ce poisson de même que l’indus-ti ic du papier a chassé, des Trois-Rivières, le savoureux petit poisson qui, 1 hiver, se rendait à l’embouchure du Saint-Maurice.E.-Z.Massicotte 74i — ANTOINE, HENRI ET GEOFFROY DE RUADE Ruade, famille de la Touraine, d’où sont venus les seigneurs de Cavairac, de Palluau et de Frontenac, portait d’.l-zur à trois pattes (te griffon d'or, posés 2 et 1 (1).Saint-Ger-main-en-Laye lui doit deux capitaines et un lieutenant: Antoine, Henri et Geoffroy de Buade.Antoine de Buade Comte de Frontenac, baron de Palluau, gentilhomme de la Chambre du roi, fils de noble Geoffroy de Ruade et d'Anne de Carbonnier ou Charbonnier, Antoine de Bannie tut institué, le 27 juin 1594, sur la résignation de Jean 11 de la Salle, dans l'état et office de capitaine dcsehasteaiix, pares et gruerie de Saint-G erniain-cn-Bayc, de Saint-James et dr la Muette (2).Il était un des familiers de Henri IV.Sous l’an 1604, 13 septembre, nos Registres paroissiaux le qualifient maître d’hôtel de la reine Marie de Médicis ( 3) ; chevalier de l’Ordre du Saint-Esprit le 31 décembre 1619, il reçut de Louis XIII, én considération de ses services, par lettres signées de Montauban (25 août 1621), don de tous les ait ci -rissements et combles en l’étendue de la maîtrise et gruerie de Saint-Gcrniain-cn-Layc, dans la rivière de la Seine et di\s environs d'icelle appartenant au roy, pour iceux, posséder a titre de cens, à raison de cinq sols par an, pour chacun des arpents (4).La maison qu il habitait a Saint-t iei main, était dans le voisinage de l’orangerie.Sa femme, Anne de Secondât, fille de messire de Secondât, conseiller au Conseil privé du roi de Navarre, et de dame Léonore de Rrignieu, qu’il avait épousée, le 11 décembre 1583, lui avait donné, entre autres enfants: 10 Henri, dont suit la notice.t ., 20 Henriette ou Henrve, mariée à Saint-Germain-en-Laye, le 26 avril 1605, à noble François Carbonnier, gentil- (1) Anselme, Maison de France, tome VII.(2) Bibliotli.Nat.Dossiers bleus, vol.M3.(3) h avait donné il cette princesse des leçons de littérature française.(4) Areliiv.Nat.Carton 01, No 146G. — 742 — 11'"mue ordinaire de sa Majesté, Cornette de la compagnie till ïiir Tld dCl,aS,T- ,hK d'Orléans, frère de Louis ‘ ' 1 dlte veuve dans un acte de baptême, 27 août d° i)ianc> marraine à Saint-Germain, le 7 avril i5,r.40 Jeanne, dont baptême, le 26 mars 1598 tenue sur ' " ms I,ar Jeanne (ie Gondv, prieure de l’abbaye de Poissy.50 Ady/eo, qui eut pour parrain (21 mars 1601) node l.ellegarde, chevalier des ordres du roi irand I - n-irck II nUrf'e' T’ p,!Ur niarraine- n°ble dame Diane de bre Tbu 1 wT dCUX aCt,eS’ dont du 7 déeem- ba.ine ( ^ “7 aVnl ^ le titre daI>bé d’Au- '¦ Uauu' sur fonts (19 juin 1602) par son f^llenn.et par demoiselle Marie de Caumont.1,1c licnri Vi I>., |>.645.(2) Lettres de madame de Sévifcné, édition de Mtmmaniué, III, page 7.tome "LA CLAIR K FONTAINE” Depuis le petit entant de sept ans jusqu'au vieillard aux cheveux blancs, tout le monde, en Canada, écrivait en 1908, notre éminent compatriote, M.Ernest Gagnon, sait et chante la Claire-Fontaine.( )n n’est pas Canadien sans cela.Si cette chanson, de provenance normande, est populaire en notre pays, elle l'est également en France.Nous avons là dessus le témoignage de M.Jean Richepin, de l’Académie Française, qui a t'ait récemment à Paris une conférence sur les Contes et chansons populaires de la Normandie, et qui a consacré tout un aimable chapitre à décrire les beautés de la Claire-Fontaine."Non seulement, dit le savant académicien, il y a des versions de cette chanson partout en France, mais il y en a une au ( atiada, et elle y est devenue presque la chanson nationale.Il ma été dit qu'on la chantait partout au Canada, dans toutes les familles, et que même, dans certaines cérémonies religieuses, on en joue la musique comme une musique de cantique, connue une musique sacrée.Elle est d’ailleurs tout à fait ravissante.” M.Richepin est porté à croire que cette chanson a été j apportée du Canada en b rance, comme chanson populaire, pour la première fois, en 1851, par M.Xavier Marinier, de 1 Académie française, qui avait visité l’Amérique du Nord et plus particulièrement notre pays.Nous laissons ici parler de nouveau M.Richepin qui pro-t ite de 1 occasion pour dire des amabiités aux Canadiens, tout en nous taisant connaître a fond 1 histoire de cette chanson.Cette chanson, dit-il, populaire au Canada, nous permet-tM de remite hommage, en même temps, aux Canadiens qui sont nos frères, qui parlent notre langue, qui chantent nos chansons, qui ont un folklore de toute beauté chez eux, et qui publient encore des volumes de vers en français.Vous savez comment ils se battent sur le front; ils sont les véritables ri-\aux de nos poilus; et je crois qu’en chantant cette chanson, en la redisant, il faut penser à eux qui l’ont gardée, qui en ont ait presque un chant national.La Normandie n’eût-elle produit que cette chanson, serait un grand pays de folklore : — 75i car elle a produit un chef-d’oeuvre; et les Canadiens n'eussent-ils gardé que cette chanson, cela suffirait pour qu'ils eussent le cerveau plein de notre idéal et le coeur plein d’amour fidèle envers la France, ce qu’ils prouvent en versant si généreusement leur sang fraternel à la rescousse de notre commune mère.“ Cette chanson, c’est la Clairc-l'ontaine.Elle est originaire de la Normandie, et on peut en préciser la date a peu près exactement.Dès le premier vers, un mot, le mot fatiyué se trouve.Et l’on voit (les gens qui s’occupent de ces questions savent) que le mot “fatigué n'est guère entré dans la langue française qu’au XVle siècle par les latinistes, et qu il est entré dans la langue courante avec le sens de las, recru de fatigue, au XVI le siècle.D’autre part, une version de cette chanson a été imprimée pour la première fois, fruste, assez incomplète, dans le fameux chansonnier de Ballard, qui a paru en 1704.Or, il n’y a qu’à faire un raisonnement, une induction ou un syllogisme, si l'on veut, car les deux sont aussi bons, pour trouver que la chanson dut être faite vers le milieu du XVIle siècle.” M.Richepin cite ici en entier la chanson normande qui se rapproche d’assez près de notre Claire Coutume canadienne; il conclut en disant cpie cette chanson avait tous les droits de devenir la chanson nationale d’un pays comme le C anada, et d’être en même temps la plus belle fleur du folklore normand ( 1 ).EN L’HONNEUR DU PERE HENNEPIN Le 4 octobre 1924, on a placé sur la dixième avenue, a Minneapolis, état de Minnesota, une tablette en bronze pour commémorer la découverte des chutes Saint-Antoine par le Père Hennepin.Cette tablette a été offerte a la ville de Minneapolis par la Société des Daughters of American Colonists.(1) Bulletin de la Société de Géographie, de Québec, vol.12, no .1, p.155. LES JESUITES AU CANADA APRES LA SUPPRESSION DE LA COMPAGNIE DEJESUS Lorsque le Pape Clément XIV, cédant à la pression menaçante des gouvernements impies de l’Espagne, du Portugal et de la France, et pensant éviter par là de plus grands maux a 1 Eglise, publia, le 21 juillet 177d, le bref de suppression de la ( ompagnie de Jésus, sir Guy C arleton, alors gouverneur du C anada, s entendit avec Mgr liriand pour qu’on laissât les Pères in statut quo.Mgr liriand fait allusion à cet incident dans les termes suivants : "\ (,us uvez su, longtemps avant moi, la triste catastrophe des Jésuites; elle m a at tligé et mis ma foi à l’épreuve.Qu’il ni a coûté pour dire a ces bons Pères que j’avais le bref et l’ordre de le signifier I .eu r prompte soumission, leur entiè- re docilité ne m a pas soulagé dans ma peine; au contraire elle 1 a rendue plus sensible.Le soulagement est venu du côté d’où je ne I espérais pas, du gouverneur, tout protestant qu’il est Ainsi nos Jésuites ont encore l’habit de Jésuites, ont encore la î éputation de Jésuites, font les fonctions de Jésuites, et il n’y a que le gouverneur, moi et mon secrétaire, qui sachent au Canada qu ils ne sont plus Jésuites, eux exceptés.Je rends compte au Souverain-Pontife de toute ma conduite et j’ai la i.u diesse de lui demander toutes les indulgences qui se gagnaient dans leurs maisons, cependant sous mes ordres et ma ( irection, lui marquant que j’ai établi les mêmes supérieur et procureur qui gèrent les biens sous mes ordres C’est le seul moyen qui m’a paru mieux accorder les ordres de Sa Sainteté avec les vues du gouverneur”.L’évêque rendit compte de tout cela au Saint-Siège et sa conduite fut approuvée.En 1/76, le 26 septembre, peu après le siège de Québec pai les Américains, le Prélat écrivait là-dessus : .Le* /eSU,tes de.Québec- enfermés avec moi dans la vil- ênt le r !Cn Cup c c zèle jusqu’à son dernier soupir.Il mourut le 25 mai 1/76, âgé de 60 ans.(1) Il y en avait, en outre, 9, 222, 223, 680 Richard, Mgr Louis .•••¦.469 Richelieu, Inventaire des Registres de l’état-civil du district de 614 Rignud de Vaudreuil, Joseph-Hyacinthe de 577 Rignud de Vaudreuil, Joseph-flyacinthe-Frunçois de Paule de.579 — 768 — IJiga ml do Vaudreuil, Mémoire du R«i au gouverneur
de

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