Bulletin des recherches historiques : bulletin d'archéologie, d'histoire, de biographie, de numismatique, etc. /, 1 février 1931, février
LE BULLETIN DES Recherches Historiques VOL.XXXVII LEVIS — FEVRIER 1931 _ ” \n 2 CHARLES BERTHELOT Charles Berthelot.le premier de cette famille qui passa dans la Nouvelle-France, arriva à Québec dans l’automne de 1726.Il était fils de Denis Berthelot, marchand-épicier, de la paroisse de Saint-Etienne du Mont, à Paris, et de Marguerite de Saint-Saulieu.Le jeune homme n’était pas venu ici avec l’intention de s’établir dans la Nouvelle-France.Son père qui, d’après ce que nous pouvons voir, était un marchand assez à 1 aise, 1 avait confie a un de ses amis, M.Vaillant, marchand, de Paris, qui se rendait à Québec pour ses affaires, “afin de lui faire voir le pays et l’instruire du commerce.” A Québec, pendant que le sieur Vaillant s’occupait de ses affaires, le jeune Berthelot sortait dans les familles.B connut Thérèse Roussel, fille du chirurgien Thi-mothé Roussel.Les jeunes gens décidèrent aussitôt de s’épouser.Les bancs avaient été placés à l’église, le contrat de mariage avait même été passé par le notaire de la Cetière, lorsque l’intendant Dupuy eut vent de l’affaire.Berthelot était encore mineur et n’avait apporté avec lui ni extrait baptistaire ni le consentement écrit de son père pour contracter mariage.L’intendant Dupuy, qui n’entendait pas badinage sur l’observation des lois, défendit formellement “à tous notaires et ecclésiastiques de prêter leur ministère au mariage projeté d'entre le sieur Berthelot avec la Pelle Roussel.’’ Son ordonnance est en date du 6 février 1/27.Comme cette pièce donne certains renseignements sur la famille Berthelot, nous la reproduisons ici : Claude Thomas Dupuy, etc."Ayant été instruit d'un contrat de mariage passé par monsieur de La Cettière, notaire en cette ville de Ouébec, entre le nommé Berthelot, ills d'un marchand tie Paris, arrivé l’automne dernier en cette colonie en compagnie du sieur \ aillant, marchand de cette dite ville.lequel sieur Vaillant, nous vint trouver ces jours passés et nous dit qua 1 occasion de la recherche qui se faisait par le dit Iîerlhelot de la demoiselle Roussel, fille, pour 1 épouser, et de quelques difficultés que le curé de la paroisse apportait à les marier, faute par le dit Rerthelot de rapporter son extrait baptistaire et le consentement de son père, actuellement vivant, ils se seraient retirés par devant monsieur l'évêque de ( Hiébec, qui leur avait dit de nous venir trouver et que, sur les difficultés qui se présentaient, il sen rapporterait à ce que nous penserions."Sur quoi nous avons demandé au dit Vaillant ce qu'était le jeune homme ; il nous a dit qu’il était fils du sieur Rerthelot, marchand-épicier, établi et demeurant à Rat is, rue du Petit-Pont, proche la rue de la Bucherie et vis-à-vis la rue de la I fuchette : qu'étant en relation d’affaires avec le père de ce jeune homme, il l’avait prié d’amener avec lui son fils en Canada, pour lui faire voir le pays et l’instruire du commerce, lui disant aussi (pie s'il se trouvait en Canada une occasion de le marier, qu’il la lui ménageât, et qu’il lui servit de père, en quoi il avait compris qu il pouvait ici donner au mariage de ce jeune homme le même consentement que le père y eut pu donner lui-même ; nous lui avons demandé de plus s’il avait au moins,quelque lettre et quelque écrit qui pût assurer la volonté du père ; mais nous ayant répondu qu’il n’en axait aucun, nous lui avons declare que son témoignage ne suffisait pas, et que les ordonnances défendaient de prouver par témoins et autrement que par écrit de leur main ou devant notaire les consentements des pères et mères en tel cas requis, et que nous en parlerions à mon — r>7 — dit sieur l’évêque, avec lequel étant convenus depuis de l'impossibilité et de la conséquence pour les parties intéressées d’accomplir, quant à présent, ce mariage ; nous avons cependant entendu dire que l’intention des parties était de passer outre au dit mariage, ce que voulant prévenir et faire sur cela aux parties intéressées les remontrances nécessaires, lesquelles sont de notre devoir, et dont les edits et ordonnances chargent notre honneur et notre conscience, quand nous sommes avertis de ce qui se passe : " Nous avons fait venir pardevant nous la mère de la Demoiselle avec la Demoiselle, sa tille, et séparément le dit sieur lierthelot, auxquels ayant représenté les défenses qui étaient faites aux ecclésiastiques de marier des tils de famille, sans avoir leur extrait baptistaire et sans voir le consentement des pères et mères des dits enfants, les peines d'exhérédation prononcées contre les dits enfants au sujet de tels mariages, la perte des effets civiles et de tous les droits stipulés pour l’un et pour l’autre des conjoints dans le contrat de mariage ; " Nous les avons de plus engagés, pour les persuader davantage, de prendre sur cela la lecture des ordonnances de nos rois, que nous leur avons présentées, mais n’ayant pas voulu se rendre de leur part et ayant de la notre une juste crainte qu'ils ne fassent quelque chose contre les règles, et qui soit préjudiciable tant aux parents de la fille recherchée, dont l’intention est de pourvoir solidement la dite fille, qu’aux enfants qui en pourraient naître, comme aussi au jeune homme, lequel ne se dit âgé que de vingt à vingt-un ans, quoiqu’il paraisse en avoir beaucoup moins, et que n’étant arrivé ici que depuis six mois n’y a fait encore aucun commencement de fortune, et n’a apporté avec lui ni le consentement de son père ni son extrait baptistaire, omission qui ne donne pas lieu de penser (pie le père ait, ainsi qu’on le dit, consenti verbalement au mariage de son fils, et autrement que sous la condition qu’on lui en écrirait avant que d’en résoudre et en arrêter aucun.“ C’est par ces considérations et «à l’effet que les pères ne perdent pas le droit qu’ils ont sur leurs enfants, 68 — que la fortune des particuliers qui s’établissent en ce pays soit stable et assurée ; que les enfants qui y naissent et qui peupleront la colonie aient un état certain et avantageux, comme aussi pour prévenir les conséquences et les inconvénients qu'un pareil exemple porterait sur les gens de condition et sur les fils de famille, lesquels peuvent compter sur la fortune de leurs pères et mères, et pour ne pas détourner les pères de famille de l’Ancienne France d'envoyer leurs enfants s’établir et commercer en ce pays, que nous nous croyons obligé de déclarer et d’intimer a l’une et a l’autre des parties intéressées, ensemble aux parents de la dite Demoiselle en parlant a sa mère, aux notaires qui y pourraient contribuer, et aux ecclésiastiques qui pourront être sur ce requis, qu ils aient à ne point passer outre ou prêter leur ministère au dit mariage, jusqu’à ce que les parties et parents aient écrit au père du dit mineur, et en aient reçu le consentement par écrit.Mandons, etc.“ Fait et donné en notre hôtel, à Québec, le six février, mil sept cent vingt-sept.” (Signé) Dupuy (1) De jeune Berthelot écrivit à son père par les premiers vaisseaux qui partirent pour la France au printemps de 1727.D autorisation paternelle attendue avec tant d’impatience arriva a la fin de l’été, et le mariage eut lieu le 26 septembre 1727.Disons ici que l’intendant Dupuy fut vertement blâmé par le ministre pour avoir empêché le jeune Berthelot d’épouser Aille Roussel.Chai les Berthelot avait des dispositions remarquables pour le commerce.Probablement aidé aussi par les capitaux que lui fournit son père, il ne tarda pas à devenir un des principaux négociants de Québec.Le 3 octobre 1/48, Charles Berthelot achetait des hé-îitieis de feu Louis Rouer d Artigny, en sou vivant conseiller au Conseil Supérieur, savoir Augustin Rouer de \ il 1eray, Benjamin Rouer de \ illeray, enseigne en pied dans les troupes du détachement de la marine, Hector (1) Ordonnances des Intendants. r— 69 — Rouer d’Artigny, enseigne en pied dans les troupes du détachement de la marine, Geneviève Rouer de Villeray, épouse de Louis-Joseph Lambert, et Angélique Rouer de Villeray, épouse de Uenir Rousseau, “ une pièce de terre nommé vulgairement la Grande Prairie laquelle contient cinq arpents, trois perches, neuf pieds sur le chemin de la Grande-Allée, et cinq arpents, huit perches, quinze pieds du côté qui regarde le nord, du côté du sud-ouest joignant le terrain des Dames Ursulines sept arpents, deux perches, quatorze pieds, et de l’autre côté au nord-est quatre arpents le long du terrain de madame de Mor-ville ensuite un arpent une perche et demi le long du terrain des Dames de l’Hôtel-Dieu de Québec.” M.Berthelot paya son acquisition 5200 livres.Les héritiers de Villeray n’en reçurent pas une grosse part puisque sur ces 5200 livres ils en devaient 3265 à la fabrique Notre-Dame de Québec (1).A l’automne de 1758, M.Berthelot décidait de passer en France.Le 6 octobre 1758, il constituait sa femme sa procuratrice générale et spéciale, pour tout le temps que durerait son absence du pays.Il lui donnait pouvoir “ de régir, gouverner et administrer tous leurs biens et affaires actuelles et qui leur pourraient ci-après survenir sans exception aucune de quelque nature que ce puisse être, recevoir toutes les sommes qui leur sont dues et le seront ci-après par billets, obligations, sentences et arrêts et aussi par comptes courants, loyers, fermages, arrérages de rentes, constituts, etc, etc.Madame Berthelot recevait enfin pouvoir de faire tout ce qu’elle voudrait des affaires de son mari (2).M.Berthelot ne revint jamais dans la Nouvelle-France.D’après la tradition de la famille il serait mort à Saint-Denis, près Paris, vers 1780.Une chose certaine c'est qu’il vivait encore en 1779 puisque à la date du 19 janvier 1779 nous le voyons passer un acte de partage avec son fils Charles devant les notaires Maigret et Duprez, à Paris.(1) Acte de J.-C.I’nnet, 3 octobre 17-18.(-) Acte de Chimie Barolet, 0 octobre 1758. — 70 — Madame Berthelot était décédée a Québec le 14 novembre 17(>7, à l'âge de (>3 ans.I )e leur mariage étaient nés onze enfants : 1 Catherine-Joseph Berthelot née a Québec le 21 juillet 172().Décédée à Lurette le 21 juillet 1730.2 Charles-Louis Berthelot ne a Québec le 29 octobre 1730.Décédé à Lurette le 22 janvier 1731.3 Charles Berthelot né a Québec le 8 novembre 1731.Il épousa, a Québec, le 18 octobre 1703, Geneviève Channazars, et décéda a Saint-Henri de Mascouche le 29 mars 1803.Il avait eu plusieurs enfants.4 Louis-Stanislas Berthelot né a ( )uébec le 25 janvier 1733.Décédé au même endroit le 8 octobre 1733.5 hrançois-Charles Berthelot né à Québec le 1er septembre 1734.Décédé avant le 22 juillet 1771.0 Marie-Anne Berthelot née a Québec le 2 octobre 1735• Mariée, à Québec, le tO janvier 1764, à Guillaume Dubarry, chirurgien./ ^Joseph-Ignace Berthelot né à Québec le 11 février 1737.Lu 17/0, il résidait a Bordeaux, en France.Le 6 mai 1//0, par acte passé devant MM.Duguay et Rideaux, notaires a Bordeaux, il donnait procuration à ses frères et soeurs pour vendre certaines propriétés.N Michel-Amable Berthelot d’Artigny, né à Québec le 10 août 1738.Avocat.Notaire.Tttge des Plaidoyers Communs.Député.Décédé à Québec le 10 mai 1815.Il avait épousé Marie-Angélique Bazin, et eut trois enfants: A.Michel Berthelot, notaire ; B.Pierre Berthelot ; C.Amable Berthelot.Le fameux antiquaire._ 9° Marie-Louise Berthelot née à Québec le 14 août 1739.Décédée au même endroit le 7 août 1814.10° Adrien-Régis Berthelot né à Québec le 16 dé-ccmbie 1/40.Décédé a Sainte-Geneviève le 24 octobre 1813.Auteur des Berthelot de la région de Montréal.Louis-Balthazard Berthelot né a Ouébec le 7 octobre 1742.L acte de notoriété suivant reçu devant les notaires Deschenaux et Planté à Québec, le 28 février 1791, nous apprend de quelle manière M.Berthelot perdit la vie : , Aujourd hui, le vingt-huitieme jour de février de 1 ruinée mil sept cent quatre-vingt-onze est comparu en — 71 personne devant les notaires publics en la province de Québec résidants à Québec soussignés sieur François Girard, navigateur, natif de cette ville et paroisse de Québec où il réside actuellement, lequel a déclaré, attesté et affirmé és mains des dits notaires soussignés à tous qu’il appartiendra avoir parfaitement connu Louis-Balthazard Berthelot qui était marié aux Cailles Saint-Louis et était établi sur File de Sainte Lucie, lequel était Ids du sieur Charles Berthelot, vivant négociant à Québec, qu’il a connu l’épouse du dit sieur Louis-llalthazard Berthelot qui avec lui était venu s’établir à Sainte-Lucie où le comparant les a connus tous deux.Que la dite épouse du dit sieur Louis Balthazard Berthelot est décédée a Sainte-Lucie sans laisser aucun enfant, qu’il a vu le dit sieur Louis-Balthazard Berthelot après le décès de la dite dame son épouse et qu’il n’a point convolé en secondes noces : que l'année mil sept cent soixante dix-huit vers le mois de février étant en la dite île Sainte-Lucie et avec le dit sieur Louis-Balthazard Berthelot avec le sieur Papin Baronet s’embarquer dans un bateau corsaire, lequel bateau étant en mer entre les îles la Grosse Ilette et la Martinique ou Souffrira sauta en l’air sous les yeux du dit comparant et que tout l’équipage périt dans cet accident sans que personne de l’endroit où était le déposant put leur porter secours et que le dit sieur Louis-Balthazard Berthelot est péri dans cet accident de laquelle déclaration M.Micliel-Amable Berthelot d’Artigny, avocat, frère du dit feu sieur Louis-Balthazar Berthelot a requis acte à lui octroyé pour lui servir et à tous autres qu’il appartiendra et valoir ce que de raison.Et ajouté le dit comparant qu'il a pleine connaissance que dès le lendemain de cet accident le procureur du Roi de l’endroit s’empara des biens du dit feu sieur Louis-Balthazard Berthelot ; qu'il y a environ quinze mois qu’il a été à Sainte-Lucie en dernier lieu et qu’il a vu une négresse nommée Suzanne qui appartient à la succession du dit feu sieur Berthelot laquelle pria le comparant d’informer les parents de son maître de la mort de son dit maître ” (1).P.-G.R.(1) Acte de Deschenaux, notaire à Out1 bec, 28 février 1791. — 72 — MARGUILLIERS A N.-D.-DE-MONTREAL Dans les derniers jours du mois de mai 1676, l’évêque de Québec faisait sa visite pastorale à Montréal.Sur les instructions de l’évêque, monsieur Perot, curé de Notre-Dame, inscrivit dans le registre des délibérations le document suivant: Extraict des Registres du Secrétariat de L’Euesché de Québec.François par La Grâce de Dieu et du St.Siège Apostolique Euesque de Petrée, vicaire Apostolique en la Nouuelle France.Sur ce quj nous a Esté représenté que plusieurs difficultés et inconuéniens se trouuoient en L’Election des Marguil-liers de L’Eglise de Nôtre dame de Québec à Rajson que tout Le peuple estoit publiquement inuité et admjs po.délibérer à lad.Election.Nous auons ordonné et ordonnons par ces présentes que dors enauant l’Election des nouueaux Marguil-liers de lad.Eglise se fera par ceux quj sont en charge et par les Anciens, quj pour Ce suiet seront aduertis de se trouver à l’assemblée, ou à la pluralité des Voix et par suffrages Secret on Eslira vu nouueau Marguillier, Voulons aussy que la présente Ordonnance soit Insérée au Registre desd.Elections: donné à Québec en nôtre demeure ordinaire ce Cinqe décembre Mil Six Cent soixte.Signé Francheville (avec paraphe) L’ordonnance, d’abord adressée à l’église de Québec, s’appliquait également à Montréal où elle venait d’être promulguée et devait être mise a execution.Et de fait, l’évêque la sanctionna officiellement.Le dernier jour de mai, avait lieu l'élection d’un nouveau marguillier dans la personne de Eiançois Poingnet (il signait pourgnet), et sous la présidence de l’évêque., L’acte y d,‘t que: “ L’Election à la pluralité des Voix a este faite sujuant & conformément à l’ordonnance de Mond.Seigneur inscrite cy dessus; ” lequel acte d’élection, signé par les cm e et marguilliers, anciens et nouveaux, est aussi signé par “ françois premier euesque De Québec.” — 73 — Depuis l’année ib~6 jusqua aujourd’hui, les marguil-liers de N.-D.-de-Montréal, anciens et nouveaux, seuls et sans le concours du peuple, ont nommé le nouveau marguil-lier, reçu l’audition des comptes et administré les affaires de la fabrique.O.Lai'Auck ACTES DE PRISES DE POSSESSION A l’instar de M.P.-G.Roy qui a publié dans le Rapport de l’arcliiinste de la province de Québec, 1921 -22.pp.39 à 88, divers actes de prises de possession conservés dans les archi- .ves de Québec, nous faisons connaître, de temps à autre, les documents de cette espèce qui sont à Montréal et que nous relevons au cours de recherches spéciales, de la redaction ou de la réfection des répertoires absents ou incomplets des actes notariés.Dans le Bulletin de 1926, p.13, nous avons reproduit le texte de l’acte de prise de possession de l’évêché de Montréal, par Mgr L.-J.Lartigue: plus tard, en 1927, p.246, nous avons fourni le texte de la plaque de prise de possession, en 1749, du territoire arrosé par la rivière Vénangue ou Venango, en Pensylvanie, E.U.Cette fois, nous reproduisons les intitulés de cinq actes i de prises de possession dans l’ancien gouvernement de Mont- \ real.La première, la plus importante sans doute, fut la prise de possession de la seigneurie de File de Montréal, par les Messieurs de Saint-Sulpice qui succédaient à la Société.— 1663, 18 août.(Basset) Acte de prise de possession de File de Montréal, fin 18 août r663.— L’abbé Gabriel Souart, procureur du Séminaire en vertu du contrat de donation du 9 mars 1663, requiert le gouverneur de Maisonneuve de vouloir mettre le Séminaire de Montréal en la possession de la propriété de la dite île.— 1694, 2 décembre (Adhémar) — Prise de possession de la cure de Lachine par M.Pierre Rémy, prêtre de Saint-Sulpice.— 1694, 9 décembre.(Adhémar) — François Dollier de Casson, supérieur du Séminaire, pourvu par Mgr l’évêque de — 74 Québec de la cure- de Ville-Marie le 3 août dernier, aurait prié M.Pierre Remv, un des prêtres du séminaire, de se transporter dans la dite eglise avec le notaire soussigné et là, mettre led.sieur Dollier en possession “réelle, actuelle et corporelle " de la dite cure.— 1695, -5 janvier.(Adhémar) — Prise de possession de la cure de la Bointe-aux-Trembles par messire Claude le Breton, prêtre du Séminaire de S.Sulpice.— 1707, 14 juillet.( Raimbault) — Prise de possession de la cure de Repentignv par tnessire Leonnard Chaigneau, prêtre de S.Sulpice.E-Z.Massicotte ACTE DK.NAISSANCE DE IKAN-BAPTISTE-\NNT-AUGUSTIN DE NOVAN Lan mil sej>t cent trante huit, le quatorze de janvier nous pretre capucin Misse.?apostoli(|ue, vicaire général de Wsr/r de Quebec; avons batisé un fils ne le douze du meme mois, et de la même année a minuit, de légitime mariage, de Messir Gillc-Augustin de Noyan, Ecuiver.major de la nouvelle Orléans, et de dame Jeanne Faucon du Manoir, ses pere et mere, a eu pour parain.Messieur Jean Baptiste de Bienville, chevalier de l’ordre militaire de St Louis Gouverneur de la province de la Louisiane, et pour tnaraine.dame Anne Mergevv de Valmon qui lui ont donné le nom de Jean Baptiste, Anne, Augustin, et ont signé avec nous, et autres témoins soussignés, le jour et an que dessus f.Mathias ptre Cap.Vie.gnal.etoiènt signé, Bienville, Mergevv.Loubois, Novan.Le Breton, de Levy, Mombrede, Nous pretre capucin supérieur de la mission du même ordre a la nouvelle Orleans, certifions l’extrait cv dessus veritable.et conforme à son original, et avoir été tiré dns registres de batême de la susditte paroisse par le TT/ père Mathias, faisant fonction de curé, et signé de sa propre main; en foi de quov nous avons donné le présent fait apposer le sceau de notre office, et signé, a la nouvelle Orléans le vingt de mars mil sent cent quarante huit.Extrait des registres de bateme de la paroisse S t Louis de la Nouvelle Orleans province de la Louissiane.T/.Charles Sup. LES EVENEMENTS DE 1837 DANS LA PROVINCE DE QUEBEC : CAUSES DIRECTES .ET INDIRECTES De 1812 ;i 1840, le Pas-Canada ;i traversé une période de mécontentement.Cette crise s’est denouee par une courte guerre civile dite rébellion.Quelles étaient les causes de ce malaise.' Quelles ont été les causes directes ou indirectes de la rébellion?C'est ce que nous avons à examiner.1 Les griefs des Canadiens: la question constitutionnelle.Les griefs des Canadiens étaient surtout d’ordre politique.Depuis 1791.la province de Québec avait une constitution.L Angleterre la lui avait octrovée.Elle comportait, cette constitution, un gouverneur, un conseil exécutif correspondant à un conseil des ministres, un conseil législatif ou chambre haute, une chambre d’assemblée ou chambre des députés.Les deux conseils étaient nommés par la Couronne (le conseil législatif a vie); la chambre d'assemblée était élue par le peuple.Mais 1 Angleterre ne respectait ni l'esprit, ni la lettre de la constitution.De cette "charte fondamentale des libertés canadiennes , elle avait réussi à faire un instrument de despotisme.Les dispositions essentielles de la constitution, elle les violait.En 1831, John Neilson, député de Québec—qu’il 11e faut pos confondre avec Wolf red Nelson — disait à Tocqueville: " l’Amérique du Nord appartient désormais tout entière à la race anglaise: la fortune a prononcé.” Tout était combiné pour annihiler au point de vue politique l’élément français.En 1828, sur 27 membres du Conseil Législatif, 18 étaient fonctionnaires: 4 seulement étaient Canadiens-français.En 1835, LS conseillers sur 23 étaient nés dans la Grande-Bretagne.Les deux Conseils étaient tenus par un petit groupe de familles anglaises auquel s’étaient rallié quelques représentants de l’ancienne noblesse canadienne.Cette oligarchie constituait ce que l’on appelait le “family compact”.Le Conseil Législatif, toujours du parti du gouvernement, appuyait toutes les mesures proposées par lui, même les plus hostiles aux Canadiens. — 76 — Exclus des Conseils, ceux-ci l'étaient aussi en fait des fonctions publiques.En 1834, sur 204 fonctionnaires 47 seulement étaient Canadiens-français: et c’était les moins rétribués.Gouverné par les Anglais, le Canada devait également être administré par eux.La Chambre d’Assemblée essayait vainement de faire reconnaître ses prérogatives en matière de finances.Elle avait le droit de consentir l’impôt.On lui remuait tout contrôle des deniers publics.A partir de 1820, la crise devient aiguë (question des subsides).Les gouverneurs veulent que la liste civile — c’est-à-dire les fonds affectés aux traitements des fonctionnaires publics — fussent votés en bloc et d’une façon permanente, une fois pour toutes.En 1821, lord Dalhousie demanda qu’elle fut votée pour la vie du Roi.La Chambre refusa._ Le conflit se prolongea.En 1833, l’Assemblée vota une loi de finances qui supprimait ou diminuait certains articles du budget et réduisait les crédits demandés par le gouverneur.Le Conseil législatif rejeta cette loi.Au printemps de 1837, lord John Russell, au nom du ministère anglais, fit passer une loi qui autorisait le gouverneur du Bas-Canada à payer les fonctionnaires et à acquitter les dépenses publiques en dehors de tout vote de la Législature.D’autres griefs paraissent moins justifiés.Les Canadiens se plaignaient du discrédit jeté sur leur langue.Cependant, en 1835, lord Gosford, gouverneur, répondit à la Chambre en français d abord, et en anglais, seulement ensuite.Les excès du ministère ainsi que des gouverneurs anglais, provoquèrent un redoublement d’agitation.L’opposition, d abord uniquement parlementaire, se manifestait aussi, depuis une dizaine d’années, en dehors du Parlement.Ces deux mouvements doivent être séparés.20 L’opposition constitutionnelle: le parti de la Réforme.t Les hommes politiques canadiens, dont certains étaient d’excellents juristes, avaient entrepris de battre l’Angleterre avec ses propres armes.Grands admirateurs de la constitution britannique, ils réclamaient, à leur profit, l’application de ses principes.Grâce à eux, la Province de Québec se trouve etre la première colonie anglaise qui ait réclamé légale- 77 ment son droit à l’autonomie.Ce sont les principes posés par eux qui seront plus tard adoptés dans tous les Dominions.L’exposé des voeux canadiens est contenu dans les fameuses 92 Résolutions votées en 1834 par la Chambre d’Assemblée, texte d’ailleurs diffus et très mal rédigé.Ce que réclamaient les hommes politiques de Québec peut se résumer d’un mot: un gouvernement responsable.Ils voulaient un Conseil Législatif élu et non plus nommé — des ministres responsables devant la Chambre — et le contrôle des finances.Contrôle qui devait s’exercer de deux manières: l’annualité du budget, la spécialité des crédits.L’annualité du budget: c’est-à-dire qu’il est voté tous les ans pour l’année suivante.La spécialité des crédits; c’est-à-dire que la loi de finance qui fixe le budget est votée article par article: elle affecte en détail les recettes qu’elle vote aux dépenses qu’elle autorise, de telle sorte que le pouvoir exécutif n’en puisse faire un autre emploi (d’après Esmein, Eléments de droit constitutionnel).Telles étaient les revendications des réformistes.Louis-Joseph Papineau, député depuis 1810, orateur (président) de la Chambre d’Assemblée depuis 1815, fut leur porte-parole jusqu’au jour où il se laissa entraîner par les partis extrêmes (i837)- .30 L’agitation extra-parlementaire: les Jeunes Canadiens.Un parti beaucoup plus avancé s’était en effet constitué dans la province de Québec : le parti des jeunes Canadiens ou Patriotes.Jeunes, ils l’étaient en effet pour la plupart.Patriotes, ils ne l’étaient pas moins.Mais ils étaient aussi anticléricaux et démocrates.On peut assigner une date à la naissance du parti: 1827.année de l’apparition de la Minerve.Ludger Duvernay, directeur de ce journal, semble avoir été l’âme du nouveau groupe.Sa correspondance le montre en relations avec la plupart des patriotes qui jouèrent un rôle dans les événements de 1837.A défaut d’autres libertés, les Canadiens avaient celle de la presse.Tls en profitèrent.Divers journaux se créèrent.Des journaux extrémistes comme Y Argus.(Trois-Rivières, 1826), la Minerve, le Canadian Spectator (Montréal, 1827), le Canadien, (Québec.1831), le Cindicator (Montréal, It Libéral (Québec, 1837).Ils répandirent les idées des jeunes Canadiens et familiarisèrent le publie avec la hardiesse de leurs opinions.Hardies, elles l’étaient réellement.Au point de vue politique, l’autonomie ne leur suffisait plus pour leur pays.Ils ne cachent pas leurs «aspirations et celles-ci ne visent à rien moins qu a 1 indépendance totale.I )ùt cette indépendance être achetée au prix d’une guerre.“Canadiens, ne faites pas rouiller vos plaques de fusil ”.Cette phrase se trouve, dès >83 g dans une lettre du docteur Davignon à Duvernay.Et,
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