Bulletin des recherches historiques : bulletin d'archéologie, d'histoire, de biographie, de numismatique, etc. /, 1 mars 1931, mars
LE BULLETIN DES Recherches Historiques VOL.XXXVII LEVIS—MARS 1931 No 3 JEAN-FRANÇOIS GAULTIER Le il mal 1741, le chanoine Hazeur de L’Orme écrivait, de Paris, à son frère, également membre du chapitre de Québec : “ Il y a un médecin de nommé (pour remplacer le docteur Sarrazin) qui s’appelle M.Gauthier, mais il ne passera pas cette année, parce que le ministre veut auparavant prendre des arrangements, tant pour ses appointements que pour son logement.11 est venu me voir plusieurs fois avec MM.des Jussieux, médecins à Paris, lesquels m’en ont dit beaucoup de bien.11 a étudié et exercé à Paris pendant six ou sept ans.Il m’a paru s’énoncer avec assez de facilité et d une physionomie assez gracieuse.Je le crois âgé d’environ trente ans au plus; il ne boit point de vin à ce qu’il m’a dit.’ C’est l’été suivant (1742) que M.Gaultier, nommé médecin du roi au Canada, arriva à Québec.Gaultier suivit aussitôt les cours de droit du procureur général Verrier, ce qui lui valut, le 25 mars 1744* un siège au Conseil Supérieur.M.Gaultier décéda à Québec le 11 juillet 1756, victime d’une épidémie de fièvre pestilentielle apportée ici par le Lco-part, une des frégates de l’escadre qui amena Montcalm.Comme son prédécesseur Sarrazin, M.Gaultier fut membre correspondant de l’Académie royale des Sciences.Il avait été élu le 27 mars 1745- lîiltaud nous apprend que Gaultier découvrit le thé du Canada et démontra à l'Académie des Sciences la supériorité de notre capillaire sur le capillaire français.Il désigna notre thé comme un breuvage excellent, aromatique, sans arrête ni amertume, et il le donna comme très utile aup personnes que les affaires ou les infirmités retiennent sédentaires, et qui sont par là exposées à l'attaque de la picrrr.L’Académie des Sciences fut si satisfaite du mémoire que lui envova M.Gaultier a cette occasion quelle donna son nom à cette plante.C’est la Caultheria., .' mars 1752, Marie-Anne Ta-neu de la Pérade, veuve en premières noces de Richard Testa de la Richardière et en secondes noces de Nicolas-Antoine Cordon de \ illiers.Hile ne lui donna pas d’enfants.Il n'v a donc pas de descendants du docteur Gaultier au Canada (’t).HISTOIRE DU SUCRE D’ERARUE, PAR TEAN-bRANÇ()IS GAULTIER, CORRESPONDANT DE L’INSTITUT A\ant que d entrer dans le détail de tout ce qui concerne la manière dont on fait ce sucre, je crois qu'il est à propos de donnet la description des deux espèces d’érables qui le fournissent car il y a d’autres espèces d’érables qui n’en donnent point & don il ne coule point d'eau sucrée.U n’y a que deux espèces d’érables en Canada qui four- rion-ïleCVUCrU " crmssent dans '’Amérique septen-tnonak, & se trouvent presque partout: ils ne fournissent 1 eau sucrce avec laquelle on fait le sucre, que dans les en- dïntdSV Rd>& i"Ù '' t0n,be de 1:1 neiSe- On verra cepen-ant dans la suite de ce mémoire, que cette circonstance n’est pas absolument essentielle pour faire couler cette eau.SE " - -EWWiS « Description des deux espèces d érables dont on retire du sucre Le premier est un grand arbre qui est fort beau, & ordinairement fort haut; son écorce est blanchâtre & assez unie.Quand il est vieux, elle se fend & se gerse tout le long de l’arbre.Ses branches s’étendent de toutes parts & sont fort nombreuses, surtout vers la tête de l’arbre, car tout son tronc est ordinairement sans branches, ou il y en a très peu; ses branches sont chargées de grandes feuilles larges, anguleuses, arrondies, semblables a peu près à celles de la vigne, mais plus unies & plus molles; elles sont en dessus d’un vert foncé, & dessous presque blanches, attachées à une queue longue & rougeâtre.Cet arbre fleurit vers la mi-juin, ses fleurs sont en rose, d'un blanc un peu vert, ramassées en grape & pendantes: les fruits cpti leur succèdent sont composés de deux, & quelquefois de trois capsules, qui se terminent en une aile membraneuse.Ces capsules sont remplies chacune d’une graine arrondie, blanche & petite.Les semences sont mûres au mois de septembre.Cet arbre se plaît dans les lieux humides.& surtout dans les montagnes & pavs sablonneux où il est fort commun.Lorsqu’il se dépouille de ses feuilles, ce qui arrive dans le mois d’octobre, elles jaunissent & tombent.Son bois est assez tendre, & facile à travailler; il y en a même qui est très beau, parce qu’il est rempli de petits noeuds qui le font paraître tout piqué & marbré.Ces noeuds sont fort beaux & paraissent beaucoup quand le bois a été frotté avec un peu d’eau forte.On s’eti sert à cause de sa beauté pour les ouvrages de menuiserie, & pour les boiseries; on en fait aussi des montures de fusil, qui sont très belles.La seconde espèce d’érable est un arbre qui n’est pas si grand ni si haut que le premier, mais dont les branches sont plus nombreuses, & s’étendent également de toutes parts.Son écorce est d’une couleur rouge tirant un peu sur le brun, qui s’éclaircit beaucoup quand elle est mouillée; elle paraît alors plus rouge: elle est beaucoup plus unie & plus polie que celle de l’érable blanc.Ses feuilles sont plus petites, moins arrondies & plus pointues, elles sont dentelées dans toute leur circonférence, mais elles ont surtout trois grandes dents, dont une, qui est la plus considérable, est placée à l’extrémité de la feuille: elle forme un angle beaucoup plus aigu que les deux — J32 — autres 33 — lui qu'on retire des cannes à sucre.& je >uis persuadé qu en le purifiant bien, on pourrait en faire un sucre aussi blanc que le sucre rafiné.Temps où coule l'eau sucrée Au commencement du mois de novembre, les érables se dépouillent entièrement de leurs feuilles; alors si on fait des incisions ou entailles à ces arbres, il en coule en très-petite quantité une eau légèrement sucrée, mais dont on pourrait retirer du sucre si on en avait assez.11 faut nécessairement, pour faire couler cette eau, qu’il ait gelé pendant sept ou huit jours, & que la gelée ait été assez forte pour faire descendre la liqueur du thermomètre trois ou quatre degrés, & même davantage, au dessous de la congélation.Je ne sais si la neige est essentielle pour cet écoulement, mais il y a grande apparence qu’elle y contribue beaucoup.Les jeunes érables, aussi bien que les vieux, ne donnent presque point encore d’eau dans ce temps, on n'en retire alors que de ceux qui sont d'un moyen âge & qu’on pourrait nommer adultes.J'ai fait pendant plusieurs années cette expérience les 20, 21, 22.23 & 24 novembre.11 y avait alors de la neige sur la surface de la terre, & je n'ai trouvé que les érables adultes ou des entailles a plusieurs érables, & j’eus le plaisir de voii couler 1 eau presque aussi abondamment que dans le mots de mars.Il en coula plus d’une pinte de chaque entaille en trois quarts d heure.Cette eau était très sucrée, très claire & tiès limpide, dune traîcheur admirable; mais elle avait un petit goût de vert, qu’on appelle en Canada, f/oût de scz>c.Les circonstances que nous avons trouvé être essentielles pour faire couler l’eau sucrée des érables, 11e se rencon-tient pas toujours dans les mêmes temps, dans les différents enchoits où croissent les érables qui donnent cette eau, il s ensuit que la récolte de cette eau se fait plus tôt clans des cm toits que dans cl autres: par exemple, dans le gouverne- — '39 — ment de Québec, des Trois-Rivières & de Montréal, on recueille 1 eau sucrée depuis la mi-mars jusqu’à la mi-mai, parce que c est le temps où dans ces cantons le soleil commence à avoii de la chaleur & a s élever sur 1 horizon.Les dégels sont grands & presque continuels, les gelées de la nuit sont peu considérables, le vent un peu chaud.Peut-être même la fonte des neiges, qui arrive dans ce temps-là, contribue-t-elle à fai-îe couler 1 eau sucrée.Dès que la sève monte aux érables, & que les feuilles commencent à s’épanouir, l’eau sucrée ne coule plus & le bois est fort sec.Un commence ordinairement la récolte de l’eau d’érable au fort de b rontenac, au Détroit & aux environs du fort St-brédéric èc dans le lac Champlain, au mois de février, & elle y Çst fmie les premiers jours de mars; parce que le froid de 1 hivei finissant beaucoup plus tôt dans ces endroits qu’à Québec, les dégels qui y sont très-grands, commencent dès la fin de janvier & continuent pendant le mois de février; aussi la récolte du sucre y est finie environ le 10 de mars.11 faut observer qu il y a peu de neige dans ces endroits.Caractère & vertus de l'eau d'érable L’eau qu’on tire des érables est claire comme de l’eau de roche, cependant un peu blanchâtre.Elle est fort désaltérante: quand on la boit, elle n’a rien d’onctueux ni de gras, & elle laisse dans la bouche un goût frais & sucré, qui est admirable.< Cette eau est adoucissante & rafraîchissante, on pourrait même dire balsamique & fort diurétique; on ne s’est jamais aperçu qu’elle ait causé aucun accident à ceux qui en ont bu beaucoup, même étant tout en sueur après de violents exercices.J ai fait glacer de l’eau d’érable dans un vase, en l’exposant à la gelée de la nuit, qui était assez forte; j’avais mis dans ce vase environ une pinte d’eau.Il se forma une glace dessus qui n’avait presque point d’autre goût en fondant que celui de l’eau commune, & il y avait au fond du vase sous la glace une matière grasse, onctueuse, qui était fort sucrée & à peu près comme du sirop.Il ne s’y forma point de cristaux. 140 — L'eau d'érable étant renfermée dans un baril, s’aigrit ; niais moins promptement (pie la liqueur qu'on tire des cannes a sucre.On expose un baril au soleil pendant l’été, & l’eau d’érable se convertit en un v inaigre qui est fort bon.J’en ai goûté, & l’ai trouvé très-propre pour assaisonner les aliments.On conserve une partie de l’eau qu'on ramasse sur la fin de la récolte pour faire ce vinaigre.Manière tic faire le sucre d’érable La fabrique du sucre d’érable n'a rien de singulier ni de difficile, les Sauvages y réussissent aussi bien que les Français, quoique ce soient ces derniers (pii aient appris aux premiers a le faire.Quand on a ramassé une certaine quantité c* eau d’érable, comme une demi-barrique, on la fait bouillir dans une chaudière de cuivre, ou encore mieux dans une de fer, jusqu'à ce qu’on ait fait évaporer presque toutes les parties aqueuses qui sont dans cette eau sucrée.11 faut avoir soin, pour faciliter cette évaporation, de la remuer souvent & de 11 minier quand elle commence à s’épaissir.On continue de la faire bouillir jusqu a ce qu’il reste dans la chaudière une matière grasse, onctueuse & sucrée, qui ait la consistance (1 un sirop fort épaissi.Quand elle est en cet état, elle est assez cuite, & c’est la marque où on connaît que le sucre est iait.alors i>n ôte la chaudière de dessus le feu, & pendant qu elle est encore chaude, on verse le sucre dans des vases de teiie ou bien dans des vases faits avec l'écorce du bouleau, ou d autres matières si on en a.On en forme des pains de différentes figures, il y en a (pii sont coniques, d’autres sont carrés, & d’autres sont plats; cette diversité de figure dépend fies vases dans lesquels on les forme.On laisse refroidir & secher ce sucre dans ces vases, & il s’y durcit très-fort après quoi on 1 ote pour le garder & pour l’employer aux usages que nous dirons.Il faut'observer que quand on veut faire de bon sucre, il est nécessaire qu'il ne reste pas trop longtemps sui le feu, « qu on ne lui donne qu’une consistance médiocre, alors le sucre est roussatre, un peu transparent, d’un goût gracieux, & d'une odeur très agréable.Au contraire, quand on le fait trop bouillir, il a un goût mielleux, comme la mêlasse ou doucette, & son odeur n’est point si agréable que ccl- 14* le du sucre qui est bien fait.Ce sucre se purifie de lui-même sans qu’on soit obligé d'v rien ajouter, cependant il y a des personnes qui le clarifient, quand il a à peu près l'épaisseur des sirops ordinaires, en y mettant des blancs d’oeufs, après quoi ils continuent de le faire bouillir jusqu’à ce qu’il ait acquis une consistance convenable.On fait par là un sucre qui est plus pur & plus blanc que celui qui est fait sans cette attention, il passe aussi pour le meilleur, surtout quand il est fait avec l'eau de plaine.Observations i Cent pots d’eau d'érable fournissent ordinairement dix livres de sucre.Cela peut cependant varier, car l’eau qui est plus sucrée, en donne plus que celle qui l’est moins.2° L’intérêt, qui gâte ordinairement tout, a introduit une fraude assez singulière & fort simple, dans la fabrique de ce sucre.Quand les habitants ou paysans ont fait bouillir l'eau d’érable jusqu’à ce que ses parties aqueuses soient presque évaporées, ils y ajoutent de la farine de froment, afin que le sucre, disent-ils, soit plus tôt fait, cette farine absorbe le reste de l’humidité qui était dans le sirop, & par là le sucre est bientôt fait; ils ont soin de bien mêler cette farine avec le sirop, après quoi ils retirent le sucre de dessus le feu & en forment des pains de différente figure.Ils se contentent de donner à cette fraude le nom de secret de faire promptement le sucre.Ils ajoutent ordinairement deux ou trois livres de farine sur dix livres de sucre.Ce sucre est plus blanc, mais moins bon que le premier, il n’a jamais la même dureté, & il n’est pas si agréable au goût ni d’une si bonne odeur.Sa blancheur le fait cependant rechercher par ceux qui ne s’y connaissent pas.3° Le sucre d’érable qui est fait avec l’eau qu’on ramasse sur la fin de la récolte, dans les premiers jours de mai & sur la fin d’avril, n’est jamais si bon que celui qu’on fait dans les mois de mars & d’avril : on a d’ailleurs beaucoup de peine à le faire; & quand il est fait, il est de si mauvaise qualité qu’on ne peut pas le garder longtemps.Il se fond aisément dans les grandes chaleurs de l’été; il n’a point la même dureté, ni les mêmes qualités que le premier; il a un goût de sève, — H 2 — qui est le goût de l’eau d'érable qu’on fait couler sur la fin de la récolte.La difficulté qu’on a pour faire du sucre avec cette eau, fait qu'on se contente de la faire bouillir jusqu'à ce que la matière sucrée ait la consistance de sirop.On y ajoute quelquefois une forte décoction de capillaire, qui rend ce si-top plus agréable & plus salutaire.On le garde, soit qu’il suit composé avec le capillaire ou sans capillaire, pour le boire mêlé avec de l'eau pendant les grandes chaleurs de l'été: cela fait une boisson fort agréable: mais il faut avoir soin, pour le conserver, de le garder dans une cave bien fraîche, car sans cette précaution il s'aigrit aisément & se gâte.Il ne peut pas supporter les voyages de mer.La fabrique du sucre, tant d'érable que de plaine, peut aller dans le Canada, à 12 ou 15 milliers par an.& on le vend ordinairement dix sols la livre.Ce sucre est d’une grande ressource dans les années où on n’en apporte pas de France & des Isles.On pourrait en faire davantage en Canada, parce que les deux espèces d’érables qui le fournissent y sont très abondantes.Des iisiu/cs d 11 sucre d érable & de plaine On l'emploie dans la cuisine pour la préparation des aliments^ surtout de ceux qui sont faits avec du lait; & dans la médecine.Lorsqu il est bien fait, il est un peu roux, très dur & un peu transparent, il a un goût exquis, une odeur très gracieuse, & une saveur bien plus agréable que le sucre brut des Isles.Quant à la médecine, le sucre d’érable est pectoral & adoucissant.On en fait des tablettes, surtout avec le sucre de plaine, qui sont très estimées & avec raison, car il est meilleur & plus doux que le sucre d’érable blanc.On emploie ces tablettes pour adoucir les acretés du poumon & de la trachée-artère, év 1 aci imonie de la limphe.C est ce qui fait qu'elles sont si salutaires dans le rhume, pour calmer la violence de la toux.On en fait bouillir gros comme une noix, dans une pinte d’eau pendant cinq ou six minutes.On en fait une boisson très agréable qu’on boit dans le rhume, l’extinction de voix & 1 enrouement, ou bien on se contente d’en mettre un petit >43 — morceau dans si bouche, & on l'y laisse tondre, cela fait un bock sec qui est tort bon.On fait quelquefois ces tablettes avec l’eau d’orge ou une infusion de capillaire: ces deux in-grediens en augmentent la vertu cA en relèvent la qualité.En-bn le sirop d érable battu avec de l'eau est fort adoucissant, pectoral & rafraîchissant ( Extrait des Mémoires de nuit hématique et de physique présentés à l'Académie Royale des Sciences par divers savants, tonie 11, p.378 ( 17^).CE QUE.ll’LKS LEMAITRE PENSE DE L\ ’’ PETITE PATRIE” Voyez-vous, c’est un peu court, l'esprit d’un boulevar-dier du boulevard.Il est excellent d'avoir un clocher.Quand je 1 etotu ne à la campagne, et que, de la voiture qui est venue me prendre a la station, je vois pointer, dans le lointain, mon cloihet a moi, cela m attendrit; il me semble que je rentre doucement dans la vie plus saine et plus vraie, et que, dans ce îetuge où ni attendent des âmes simples et bonnes, je juge d un esprit plus lucide le monde factice que j’ai quitté.Or, les Parisiens de Paris 11’ont point de clocher.La Madeleine en est totalement dépourvue; les clochers de Saint-Augustin et de la 1 rinité ne sont pas des clochers.et jamais Parisien de quinze ans n'a eu l'idée d’écrire sur eux des vers élégiaques.Ces malheureux n’ont point, comme nous, une petite patrie dans la grande, car Paris n’est pas un “ pays ” {I.c Temps 24 avril 1889).LE NOM FABER ET SES DERIVES L’exemple le plus frappant des variantes employées pour écrire le même nom nous est fourni par le nom patronymique Fabcr (ouvrier, travailleur), qui devait être naturellement très commun en raison de sa signification applicable à une foule d’individus exerçant la profession de manoeuvre, sans profession spéciale.Le mot latin Fabcr a donc eu pour derives: Fabre, Taire, Faure, Faivre, Le Fèvrc, Dufaure, Lefaure, etc, etc.(Albert Caissé, Le registre baptistaire de Saint-Vallier, p.18).¦ — 144 — LA FAMILLE LU docteur j.-p.rottot Le 11 octobre 1930, dame Aglaé Benoit, veuve en secondes noces du distingué docteur Rottot, célébrait le 92e anniversaire de sa naissance.A cette occasion, elle recevait de si nombreuses marques d'estime, "une telle avalanche de fleurs ”, qu’elle fut étonnée et particulièrement émue de savoir qu’on ne l’avait pas oubliée.La nonagénaire supportait fort bien le poids des ans et rien ne faisait prévoir que le 21 novembre suivant, cette vénérable dame aurait vécu.Ces deux événements me remirent en mémoire que jadis j’avais cherché les origines du médecin dont la vie avait avait été chargée d’années et d’honneurs.Et pour que mes notes servent à d’autres, je les adresse aux historiens de demain.XXX I ;— François Tréfilé dit Rottot, de Saint-Barthélé-mi, évêché de Rouen, épousa à Québec, en 1659, Catherine Mathieu de la ville de Châlons en Champagne (Tanguay, 1, 571 ), (1).II — François Tréfilé, né en 1666, du susdit mariage, épousa à Québec le 5 février 1691, Geneviève Normand (Tanguay, I, 571 et VU, 335).IIT — Pierre Tréfilé dit Rotot, né en 1695, marchand, se marie à Montréal, le 20 février 1726, à Marie-Anne LeBeau, puis il convole à Québec, le 20 juillet 1729 avec Marie-Elisabeth Gautier (Tanguay, VII, 335).IV — Pierre Tréfilé dit Rotot, né en 1736, marchand, épouse à Lachenaye, le 28 septembre 1767, Angélique Lecours (Tanguay, VII, 335).(1) Itotot est un sobriquet d'origine et voici ce que nous disent les auteurs qui ont étudié le sujet : Itotot — De ltoutot, commune du département de l’Eure.(X.E.Dionne.Origine des familles canadiennes, p.529.) Trefflé ou Truffey dit Itotot, né à S.-Bartliélémi de ltoutot (Eure) (E.Vaillancourt avec lu collaboration du Ii.1’.Archange Godbout, La conquête du Canada par les Normands, p.243.) \ — Pierre Rototte (sic), né en 1770, fils des précédents.et domicilié à Lachenaie, épouse à Varennes le 30 mai 1797, Marie-Magdelaine, tille de Charles-Etienne Le Te-tu.docteur et notaire, et de Marie-Josette Massue.YI — Pierre Rottot, marchand, lil> des précédents, domicilié pour lors à Saint-Jean-Baptiste (de Roxton Palis ?) épouse, à Montréal, Marguerite Shorts, le 18 février icS_>j.Leur contrat de mariage avait été dressé par le notaire Bedouin, le 14 février.Le 20 mai 1833, dame Shorts-Rottot était inhumée à Montréal.Pille n’avait que 31 ans et laissait deux fils, Jean-Philippe, né le 3 juillet 1825.à l’Assomption, et Joseph-Charles, baptisé à Montréal le 14 juin 1827.Lors du décès de sa femme.Pierre Rottot demeurait au “ courant Sainte-Marie ” et il était capitaine de la “ maison du guet à Montréal ”, Le 5 mai 1845, Pierre Rottot, redevenu marchand, fait dresser son contrat de mariage par le notaire Montreuil et le lendemain, il convolait à Notre-Dame avec Henriette \ iger, tille de feu Joseph Yiger, manchonnier, et de Joseph Morand.Vil — Jean-Philippe Rottot.Le sujet de cette notice généalogique, naquit en 1825.Ses classes terminées, il commença l’étude de la médecine avec le docteur Allard de Beloeil, puis " reçut son certificat de capacité ” de l’Ecole de Médecine et de chirurgie de Montréal, le 16 novembre 1847.Le 9 juillet précédent, il avait obtenu sa commission de capitaine de milice.l'aire partie de la milice, porter l’habit militaire a l’occasion et avoir un grade étaient fort bien vu dans la société d’alors.A Saint-Hyacinthe, le 28 mai 1848, le docteur Rottot épousait Sarah O’Leary.Dès cette époque, il exerça sa profession à Saint-Césaire, mais en 1854, nous voyons que le docteur Rottot est installé à Montréal par les registres de l’état civil de Notre-Dame ainsi que par les actes notariés, car il avait hérité de la propriété de son père au Pied-du-courant.Sa première femme Sarah O’Leary lui donna neuf enfants et mourut le 22 mai 1875, âgée de 50 ans. — 146 — Après quelques années de viduité, le docteur épousa, a Saint-Jacques de .Montréal, le 15 octobre 1879, Aglaé Benoit, veuve de Napoléon Mignault, notaire, Jean l’hilippe Rottot décéda le 28 septembre 1910, âgé de 85 ans.Durant sa longue existence, le notoire praticien avait été mêlé aux choses militaires et patriotiques, aux affaires municipales ainsi qu'au grand conflit qui pendant une ou deux decades bouleversa le clergé, les médecins, les journalistes et le public, relativement à l'établissement d'une faculté de médecine catholique à Montréal.Les contribuables de Montréal élirent M.Rottot conseiller de leur ville de 1856a 1858.Il fut médecin de l'I Intel Dieu de 1860 a 1878 ; professeur de botanique puis de toxicologie et de pathologie interne à l’Ecole de Médecine.En 1877.il devenait président de la Société Saint-Jean Baptiste.A partir de 18/2, il fut directeur de la rédaction de I l mon médicale.En lin, avec quelques autres confrères, il fonda la faculté de médecine de l’Université Laval, succursale de Montréal, de laquelle est née l’Université de Montréal (1).Dans sa précise histoire de l’Ecole de médecine et de chirurgie de Montréal ( 1843-1919), parue dans l’Union medicale du Canada (1926), le docteur L.-D.Mignault 1 ésume ainsi la carrière du fameux docteur Rottot : " Lors de sa mort en 1910, il était le dernier survivant (ks membies de 1 Ecole.Il avait passé sa longue vie à enseigne!, a exeicer sa profession, laissant derrière lui une iequitation enviable comme médecin et comme professeur.Il avait ce que les Anglais appellent “ the sence of humour ” et ses réparties fines avec son air sérieux ont fait rire bien des générations d’élèves et de médecins ”.Son fils le R.P.jésuite Edmond Rottot, né à S.-Cé-saire le 2 mars 1850 mourut au Sault-au-Récollet, le 15 août 19L5.age de 65 ans.Le docteur Rottot n’a plus, lui survivant, qu une fille et un fils.E.-Z.Massicotte (1) Voir rroression ,1, la Saint-Jeaii-Haiitinte en section (les biographies «les lli présidents généraux de 1024 et 1925, p.lu Sociét é.79, — 147 — ETIENNE LEMOYNE D’ADONCOURT M.K.-Z.Massicotte demandait ici même, il y a quelque temps, quels sont les historiens et les généalogistes qui se sont occupés d Etienne Lemoyne d’Adoncourt, petit-tils de Charles Lemoyne.Je n ai pas la prétention d’etre un historien ni un généalogiste; je ne suis qu’un curieux d’histoire et cela su 11it pour que, depuis longtemps déjà, je me sois intéressé à Etienne d’Adoncourt.Sans avoir réussi encore à le dépister complètement, je crois être en mesure de fournir sur sa courte carrière quelques renseignements nouveaux.Tanguay ne s’est pas trop risqué en plaçant la naissance d’Etienne entre 1689 et 1700, et il me semble que c’était en effet se donner assez de marge.Etienne doit être né, sinon après 1689, du moins après 1(>8S, parce que nous connaissons tous les enfants du 1er baron de Longueuil nés jusqu a cette dernière date, et lui-même n’en est pas.Il doit de plus être né avant 1700, et surtout 1701, parce qu il est à présumer que le chevalier de Longueuil, baptisé en 1701, fut le dernier enfant d’Elizabeth Souart qui, d’après l’âge qu’on lui donne au décès, 68 ans en 1724, devait avoir alors au moins 44 ans.11 est très difficile d’ordonner les enfants du 1er baron de Longueuil,.parce que plusieurs sont certainement nés en France et que, pour cette raison, nous n’avons pas ici leurs actes de baptême.Dans un travail généalogique manuscrit qu'il avait préparé à l’intention de l’abbé Ferland et (pie nous avons sous les yeux, sir Louis-1 lippolyte Lafontaine prête 10 enfants au 1er baron de Longueuil, et il les énumère comme suit : 1 — Marie-Elizabeth, baptisée à Montréal, le 6 janvier 1684.On sait qu’elle devint Soeur Hospitalière à Québec, sous le nom de Soeur de l’Enfant-Jésus et mourut à 27 ans, le 15 décembre 1711.2 — Gabnellc-Charlotte, baptisée à Montréal, le 29 octobre 1685.3 — Charles, baptisé à Montréal le 20 août 1686, et inhumé 3 jours plus tard à Longueuil, d’après les registres de Boucherville, paroisse voisine. — 148 — 4 — Charles, baptise à Longueuil, ou à Boucherville, le 20 octobre loITFKK I X HT HE FOLKLORE CANADIEN Au in.>is d'octobre 1918, votre serviteur proposa à la Société historique de Montréal de donner une soirée de folklore canadien avec des interprètes du terroir.La suggestion fut aussitôt acceptée et la tache de préparer le programme fut conliée a Marius Barbeau et ;i moi meme.Le succès de cette affaire dépassa les espérances ; on en consigna même les details circonstanciés dans un bouquin I 1 ), car bien des gens, les organisateurs compris, avaient cru que personne n avait eu semblable idée auparavant.le viens de constater qu'il faut en rabattre et que l'idée était dans l'air sous une forme quelque peu différente de la néitre.Une lettre que vient de me confier M.de Léry MacDonald va démontrer ce que j’avance.L’un des plus populaires gouverneurs généraux que la Grande Bretagne nous a envoyés, l'inoubliable Lord Dutïerin, aurait voulu, un jour, donner une audition d’airs canadiens.Comme cette lettre est inédite et qu’au point de vue *• Veillée du bon vieux temps ”, il est utile d’en conserver le texte, on me permettra de vous la faire connaître.Private Government House, Ottawa, Feby, 18th, 1878.My dear Colonel Flarwood, Ever since I came to Canada I have been wanting to do something to revive the popularity of the old Canadian boat songs, and their national ditties, and in consultation with Lady Dufferin I have thought that something to this end might be accomplished by our arranging for a chorus of French singers dressed in voyageur or snow shoeing costume being planted in the supper room, and performing a programme while my guests are at supper at the ball on the 27th inst.There is however great difficulty in getting hold of any persons who have cultivated this species of music (1) Veillées du bon vieux temps à la Bibliothèque Saint-Sulpice, h Montréal, les 18 mars et 24 avril 1919.Montréal.G.Ducharme, 1920, 1 vol.pp.102. in this neighbourhood, it seems to have fallen completely into oblivion, even among the French population, and 1 am told that (Juebec perhaps would be the nearest place where we could obtain recruits.i )i » ^ < m think \ ( »u could help us with y ou r advice ami counsel in the matter, for I am Mire you'will sympathise with the object I have in view.1 Ik mattei would of course have to be arranged upon a business footing, but I would willingly spend £20 or £30 in forwarding an object which in the first place would lie agreeable to my guests and in the second promote so desirable a national object as the revivification of our characteristic Canadian romances.Believe me, My dear Colonel ever yours sincerely, Dufferin ( i ) On le voit, Lord Dufferin raffolait de nos bonnes \u dies chansons, il aurait voulu par un exemple partant de haut, les remettre en honneur, les faire estimer par le peuple comme par les intellectuels.Fin lettré, estimant la race canadienne-française il cherchait le moyen de combattre le dédain avec lequel les snobs considéraient notre littérature orale.Comme il se serait intéressé aux collections considérables que réunirent quelques décades plus tard Marius Barbeau et avec lui celui qui signe ces lignes.Comme il lui aurait été facile d’offrir à ses hôtes de Rideau Hall des programmes variés soit avec des interprètes du terroir, soit avec des artistes capables de donner à nos chants toute leur valeur.Il est à propos de répéter ici combien nos concitoyens d’origines étrangères ont été fascinés par notre folklore.J’ai déjà signalé (B.R.H.1930, p.137) que Wil-lard-Ferdinand Wentzel, un norvégien, qui fit la traite (1) La soirée à laquelle Lord Dufferin fait allusion était son bal d adieu en qualité de gouverneur du Dominion.11 v avait mille invités au nombre desquels se trouvaient les ministres, les juges de la Cour sul prême, les militaires, etc., etc.Les journaux du temps disent que cette fête surpassa en splendeur tout ce qu’on avait vu à Ottawa. - 158 dans le nord-ouest, avait collectionné quantité de chansons de voyageurs dès 1799.J'ai également raconté quelque part que le lieutenant Hack, au cours d’une expédition dans la région de la haie d'Hudson, avait recueilli grand nombre des refrains que chantaient les nombreux nautonniers canadiens-français qui manoeuvraient ses canots.Malheureusement un musicien anglais Edward Knight, jr, s’empara de son oeuvre et prétendit en extraire des symphonies qui ne rappellent guère nos airs populaires.L’ouvrage fut publié à Londres vers 1823, mais son succès fut nul.En 1897, William l’arker Greenough consacra tout un volume à notre folklore.Deux décades plus tard, en 1 77-1 6q6.Voir la liste des greffiers.Jacques Bourdon, 1(177-17_’o.Voir la liste des huissiers.Pierre Chesne, notaire de la terre et seigneurie de I.on-gueuil, un acte du 3 juillet 1679.Adrien Bétourné, “notaire, commis en la seigneurie de Kepentigny”.Un acte de 1(180.Michel Moreau, Boucherville, 1681-1698.Sépulture à Boucherville le 5 janvier 1699.Hilaire Bourgine, 1685-1690.Après 1690, il quitte la Nouvelle-France et devient marchand à la Rochelle.( Doc.8 mai 1713).J.-B.Bottier, 1686-1703.Commission de notaire royal le 15 mars 1693.(Reg.des and.20 mars 1695).Pierre Cornillicr dit (irandchamp, 10 avril 1686, notaire commis pour l’occasion.Antoine Adhéntar de Saint-Martin, 1687-1714.Venu en qualité de soldat, il pratiqua comme notaire et huissier à Champlain, Sorel.etc.avant de venir à Montréal, où sa commission lui fut donnée par M.Dollier de Casson le 2 mai 1687 et ratifiée par le tribunal sept jours plus tard (Reg.des and.) Bien qu’il signe tous ses actes: Adhémar, il est évident que dans la société, on le nommait couramment M.de Saint-Martin, car c’est ainsi que la plupart des lettres trouvées dans les archives lui sont adressées.(Voir la liste des greffiers, etc.) François Fa Bernade, sieur de la Prairie, s’intitule notaire de la Pointe-aux-Trembles de Montréal, en avril 1687.Il avait été huissier à Sorel etc., puis instituteur à Montréal et à la Fointe-auxTrembles.Ce fut un notaire amateur qui ne semble pas avoir reçu de commission.Nous lui avons consacré une notice dans le B.R.II.de 1921, p.359, parce qu’il paraît avoir été le premier maître d'école laïque de Ville-Marie (1).(1) M.La Bernade parait avoir été instituteur dans la répion de Québec.Voir l’.-O.Roy, L'Ilr d’Orléan», pp.325-326. II — Première justice royale ou sénéchaussée, 1663-1666 Créé le 28 septembre i63 par le Conseil souverain, ce tribunal se composait d'un juge civil et criminel, d’un procureur du roi, d'un greffier et notaire royal, puis d’un sergent royal.Les titulaires de ces diverses charges furent: Juge civil et criminel: Louis Artus de Sailly, 16631666.Salaire, 4.(Voir la liste des notaires seigneuriaux.) Nicolas de Monchy, nommé le 26 mai 1664, il reste en fonction jusqu’en 1666.V oir sa notice dans la liste des notaires seigneuriaux où nous l'avons placé pour conserver l’ordre chronologique.Sergents royaux: Pierre Raguideau.Paillon, (Hist, de la col.Ill, jt)) dit, qu'en même temps que M.de Monchy, on nomma deux sergents royaux de la sénéchaussée, MM.Ani-cet et Raguideau.Dans les Jug.et délit, du Cons.Souv.I, '.89, il n'est pas question d'Anicet et nous ne trouvons son nom dans aucun document.Anspessade, puis caporal de la garnison et, enfin, sergent royal, Raguideau fut tué par les Iroquois, en 1665.La sénéchaussée ou premier tribunal royal fut supprimé le 18 septembre 1666.| Paillon, Hist, de la Col.111, 162).III — Tribunal de police, 1664 Créé par M.Chomedey de Maisonneuve au mois de mars 1664, ce tribunal se composait de cinq juges élus par le peuple.Ces magistrats furent Jacques Le Moyne, frère de Charles, Gabriel Sel, sieur du Clos, Jacques Picot dit Labrie, Jean Leduc et Louis Prud’homme.Sur ce ti ibunal qui 11e paraît avoir guère existé, voir notre article dans le Bulletin de 1920, p.180, et 1930, p.266. - i85 - IV — Seconde Justice Royale, 1693-1760 Par suite du développement de la colonisation dans la région montréalaise, vers la fin du 17e siècle, la nécessité s’imposa d’établir un tribunal dont la juridiction s’étendrait sur les seigneuries de cette partie de la Nouvelle-France, où il n’y avait pas de juges.Voilà pourquoi, sans doute, Louis XIV, par son édit du 15 mars 1693 (1) décida l’abolition de la cour des Seigneurs de Montréal et la remplaça par une justice royale qui ne fut jamais une prévôtée et que l’on désigna sous le nom de “ jurisdiction de Montréal.” Au mois de septembre suivant, l’abbé Dollier de Casson renonça à la nomination des officiers de la justice (2) les seigneurs ne se réservant que la nomination du greffier et la garde du greffe.L’édit royal décrétait que le nouveau tribunal se composerait comme suit: Un lieutenant général civil et criminel.Un procureur du roi.Un greffier.Quatre notaires royaux.Quatre huissiers.Quatre procureurs postulants tenant lieu d’avocats.Cette cour siégea d’abord deux fois la semaine: les mardis et vendredis, pendant les “ temps plaidoyables ” et les mardis, seulement, pendant les vacances et parfois pas du tout au temps des “semences” (Voir Massicotte, Arrêts, edits, etc, p.36, etc.) Dans la suite, le nombre des séances augmente ainsi (pie le nombre des notaires et des huissiers.De plus, pour aider le lieutenant général, civil et criminel, on créa la charge de lieutenant particulier.(1) Cet édit 11e fut enregistré au Cons.souv.que le 8 oet.1696.(2) Le roi avait laissé lu nomination du juge du nouveau tribunal aux seigneurs, mais le décès inopiné de M.de Branssat mit les seigneurs dans l’embarras, car il fallait choisir entre M.Deseliambault, juge du tribunal supprimé, et M.Juchereau, gendre de M.de Branssat.(Voir U.K.H.1915, i).303 et 1921, p.180fl.' — 186 — Parfois, aussi, on choisissait des assesseurs, ordinairement des anciens notaires ou des militaires suivant la nature du procès, pour décider de la sentence a imposer.A plusieurs reprises, également, des notaires, des militaires.des huissiers exercent temporairement la fonction de procureur du roi dans des causes de meurtres, de désertions, de faux monnayage, etc.I.es charges de procureurs-postulants étaient assumées par des notaires, des huissiers, des commis du greffe, des clercs de notaires etc.On constate, enfin, qu’en plus des huissiers royaux, immatricules à Montréal, des huissiers du Conseil supérieur résidèrent dans cette ville, et que certains huissiers clés juridictions voisines firent quelques exploits.Concurremment avec les juges ordinaires, les subdélégués de l'intendant, à Montréal, qui furent, pour la plupart, des commissaires-ordonnateurs, connurent diverses classes c'e causes.11 exista, aussi, un poste de la maréchaussée.Juges — Lieutenants généraux civils et criminels En France, dans les grandes juridictions, il y avait un lieutenant général de police, un lieutenant civil et un lieutenant criminel.A Montréal, on avait fondu ces trois charges en une seule.i—Charles Juchereatt de Saint-Denis.Nommé par arrêt du Conseil souverain en date du 5 octobre 1693 (Voir notice dans B.R.H.1921, p.18.) M.Juchereatt resta en fonction jusqu’au 8 mai 1702.C’est après cette date qu’il dut partir pour le Mississipi où il allait établir des tanneries, etc.Il 11e revint pas de ce voyage et “ mourut à Ouahache, dans l’automne de 1703.” (Roy, La famille Jucher eau Ducliesuay, 105-107)._ 2—Joseph Alexis de Fleury, sieur Deschambault.Le 5 juin 1701, il reçut commission pour faire fonction de lieutenant général, en 1 absence de M.Juchereatt mais ne fut assermenté devant le Conseil supérieur que le premier mai 1702.Selon I abbé Allaire (Hist, de Saint-Denis.312) sa nomination daterait de 1704.D’après Doutre et tareau (H.gén.du droit, p.232) il n’aurait été nommé définitivement que le 27 mai 1706 et ceci nous paraît exact.Quoiqu’il en soit, il siège, presque sans interruption de 1702 au 22 mars 1715 et décède quelques jours plus tard: le "to mars 171 c.("Voir F.R.H.1Q2T, p.t5r >.M.Deschambault avait ete, auparavant, juge seigneurial et procureur du roi.3— François-Marie Rouat, né à Montréal en 1676.était lieutenant particulier, lors du décès de M.Deschambault.Tl remplace ce dernier en qualité de “lieutenant particulier commis au siège”, mais s’absente souvent en t7tc; et 1716, peut-être pour avancer sa nomination qu’il obtint le 27 avril 1716.M.Rouat conserva sa charge jusqu’à sa mort, en mai 1727.(B.R.H.102r.t8t).Rappelons, ou’avant d’être “ lieutenant particulier ” il fut lieutenant de la maréchaussée, à Montréal et qu’il résidait en.“ son hôtel ” angle des rues Notre-Dame et Saint-François-Xavier.4— Pierre Raimhault.ancien notaire, et procureur du roi lors du deces de AT.Rouat.succède à ce dernier ( 1726), mais il ne fut titulaire de la charge que le 20 avril 1727.Sépulture, T 7 octobre T 740.Dans les deux dernières années de sa vie.la maladie, probablement, l’oblige de s’absenter fort souvent.(F.R.H., 1921, p.T82).5— Jacques de la Fontaine, conseiller du roi au Conseil supérieur de Québec vint remplacer AT.Raimhault au mois de novembre 17.10 et il reste en fonction îusqu’au mois d’octobre 1741.P.-O.Rov, dans ses monographies des Conseillers au Conseil supérieur, T r) T q.page t8t, le nomme Tacnues de la Fontaine de Relcour et nous informe qu’il mourut à Québec au mois de juin T7ÔÇ.ô—Jacnues-Toseph Guiton.écuver.sieur de ATonrenos, prit la présidence du tribunal au mois de novembre T74T et la conserva îusqu’à la capitulation de ATontréal.f Notice dans F.R.H., T92T.p.183).Lieutenants généraux intérimaires Pierre Cabazié, 1698, octobre 1700, 1702, 1703, 1705.(Voir la liste des huissiers). Georges Pruneau, 15 octobre 1700.A.Hatanville, octobre 1700.Frs Lory, octobre 1700.Antoine Adhémar, greffier et notaire, 1703.Pierre Rainibault, 170t.1702, 1713, 1718, 1720 à 17-27- Michel LePailleur, notaire et huissier, 1715, 1720, 1726.Nicolas Senet, notaire, 17-7- J.-C.Rainibault, fils, notaire, 1730, 1731, 1733- J.-B.Decoste, huissier, 1735- |.11.Adhémar, 173(1 à 1743, greffier, notaire, huissier.( juillet de Chaumont, notaire, 1740.Danré de Blanzy, 1741, 1758, greffier et notaire.Lieutenants particuliers Outre les lieutenants généraux civils et criminels intérimaires, il y eut des lieutenants particuliers qui assistaient les lieutenants généraux, “ siégeaient avec eux ou les remplaçaient ” à l’occasion (Doutre et Lareau, Hist.i/cn.du droit, p.130).François-Marie Bouat, d’après Lareau, Histoire du droit, I, 247 aurait été nommé lieutenant particulier le 7 juillet 1711.Il figure dans les actes en cette qualité de 1712 à 1716 après quoi il devint lieutenant général.Pierre Rainibault, procureur du roi est lieutenant particulier “commis”, pendant la plus grande partie de l’année 1716.Jean-François Malhiot, ancien marchand, fut lieutenant particulier de 1741 à 1753.Procureurs du Roi Les notices sur ces procureurs se trouvent dans le B.R.H.de 1926, pp.393 et suivantes.1—Jacques Alexis de Fleury, sieur Deschanibâult, avocat en parlement.Ancien juge seigneurial, il entre en fonction au mois de novembre 1693, puis il est promu lieutenant général, civil et criminel en 1702.Mort en 1715 (Voir la liste des lieutenants généraux.) 189 — 2— Pierre Raimbault, remplace régulièrement M.Des-chambault à partir de 1702, mais il n’est officiellement nommé que le 27 mai 1706.En 1727 il devient lieutenant général.3— François Foucher, 1727-1759.Les Edits & Ord.111, 97, nous informent qu’il fut nommé le 29 avril 1727, cependant, il ne ligure dans les documents judiciaires qu’au mois de janvier 1728 et sa famille parait continuer à demeurer dans la région de Québec, encore deux ans de plus.Tanguay (IV, 79) a vu des pièces, qu’il n’indique pas, où ce procureur était appelé Fouchet de Labrador (1).Il signe toujours Foucher, et occupe en qualité de procureur, jusqu’en 1756, mais après cette date, nous ne constatons sa présence qu’une fois en 1759 (2).Procureurs du Roi intérimaires Pierre Cabazié, huissier, 1696 à 1701.Pierre Rivet, I70t.voir la liste des greffiers intérimaires.Pierre Raimbault, notaire, etc.1701 à 1706 alors qu’il devient titulaire.Jean Cusson, notaire, 1707-1708.Michel LePallieur, notaire, etc, 1715 à 1730.Il prend le titre de substitut du procureur du roi à partir de 1716.Jean-Baptiste Adhémar, notaire, etc.1717, puis de 1729 à 1754, comme substitut.Etienne Rocbert de la Morandière, 1723.Garde magasin du roi.Jean-Baptiste Tetro, notaire, 1727.François Simonnet, notaire, de 1758 à 1760.Pierre Le Gardeur de Repentigny, 1732, T 733.Guillet de Chaumont, notaire, [734, 1736, 1740, 174t.Gaudron de Chèvremont, notaire, 1736.François LePaillietir, notaire, 1738.Danré de Blanzy, notaire, 1739 à 1742.Liénard de Beaujeu, 1740.Jean Latour, notaire de Québec, 1740.(1) M.l’.-O.Tîoy est d’avis qu’il prit ce nom parce que sa mère avait des intérêts considérables dans le Labrador.(2) Après 1756, il séjourna deux ans en France.(Arch.Cannd.) IQO —• Baron de Longueuil, 1742, 1744.1745- Gaspard Adhémar de Lantagnac.174‘4- Henri Bouron, notaire, 1752.Pavan de Xoyan, 1751, 1754, 1755.Pierre-Joseph Celoron de Blainville, 1756.• Antoine Girouard, huissier, 1751''.Greffiers Les notices sur les greffiers sont dans le B.R.U.de 1925, PP- t14 et suivantes.1— Antoine Adhémar de Saint-Martin, du 17 novembre 1693 à son décès, en avril 1714.(Voir aussi la liste des notaires.) 2— Jean-lîaptiste Adhémar, fils du précédent.Le 7 juin 1707, il recevait une commission de “greffier commis" ( Rég.des and.p.88).De juin 1713 à avril 1714, il remplace souvent son père.Après le décès de ce dernier, il devient greffier et reste en fonction jusqua la lin 1718.Par la suite, il est greffier intérimaire à plusieurs reprises.Il figure en plus dans la liste des notaires, etc.3— Jacques David, notaire.Doutre et Lareau, dans leur Histoire générale du droit, disent (pie le 20 septembre 1718, il devint locataire du greffe de Montréal, en vertu d'un bail consenti par 1 abbé Yachon de Belmont, représentant les Seigneurs de Montréal.Cependant, il ne présente sa requête ptour être installe greffier que le 8 janvier 1719.H conserva sa charge jusqu'à sa mort, survenue en octobre 1726.4 Joseph-Charles Raimhault de Piémont, 1727 à 1732.]1 signe ordinairement: Raimhault lils, mais aussi Piémont et prend parfois le titre de greffier en chef.5 Claude-Cyprien-Jacques Porlier déclare au tribunal, le 20 septembre 1732, qu’il a été nommé greffier par M.l'intendant Hocquart le 9 du même mois et il devient titulaire.Sa commission fut enregistrée le 14 novembre 17^2.11 exerce sa charge jusqu’en 1744.^ Voir la liste des notaires).6 Louis Claude Danré de Blanzy reçoit sa commission de greffier le 13 novembre 1744 et la présente au tribunal le iç) du même mois.M.de Iîlanzy resta en fonction jusqu'en 1760.' Gre filers intérimaires Georges Pruneau, i ( >»>4, 1690, 1697 cl 1698.Voir la lisle des huissiers.Antoine Galipeau, 1097.Dans la même année, il est procureur à diverses reprises.Au contrat de mariage entre le capitaine h rançois de Jordy et Anne Nolan, le 24 novembre 1(196, Galipeau est témoin et il est dit “clerc”.Pierre Rivet, commis greffier, 1699, 1700, 1701.On le trouve, plus tard, greffier du Conseil souverain, à Québec.Tanguay, \ I, 587, nous apprend qu’il épouse Marie-Madeleine Rageot à Québec en 1708 et qu’il décède dans cette ville, en février 1721.J1 devait être le frère d’Alexandre Rivet, mentionné dans la liste ties procureurs postulants.Michel Lepallieur, notaire, huissier, etc, 1703, 1705, l7l7- .Jacques David, notaire et plus tard greffier, agit comme greffier commis, au mois d’août 1718.Maurice Blondeau, négociant, 1721.J.-B.Marts, commis greffier, 1722.Antoine Puypéroux de la Fosse, 1723.Voir les listes des notaires et des huissiers.Christophe-Hilarion Du Laurent, 1724, 1726, 1727, 1728.Postulant a Montréal de 1722 à 1728, il devient ensuite notaire à Québec et greffier au Conseil supérieur.Mort à Québec le 13 avril 1760.Jean-Baptiste Adhémar, notaire et ancien greffier, 1725, 1726, 1728 et 1749 à 1753.Joseph-Charles Raimbault de Piémont.1726.Devint ensuite greffier titulaire.Charles Benoist dit Berthier, 1729, 1730, 1731, 1732, •733.>734- Il était clerc chez le notaire Raimbault, et signe parfois Benoist et parfois Berthier.En 1745, 2 août, une de ses lettres trouvée dans les archives, nous apprend qu’il est, dans le moment, à Michillimakinac; il annonce qu’il part pour les Illinois et demande au destinataire de le faire nommer dans quelque bon poste, s’il le peut.Il ajoute qu’à Michillimakinac, il n’y a que coquineries. — 192 — Nicolas Augustin Guillet de Chaumont, 1729, 1732.Voir la liste des notaires.François Masson dit Champagne, 173°- H est procureur postulant de 1730 a 1737.puis comparait comme témoin dans diverses pièces jusqu’en 1758.Le 30 décembre de cette dernière année, on le dit maitre d’école, demeurant chez J.-C.Decoste fils, huissier, rue Notre-Dame.J.-B.Decoste, 1731, 1735.1737, 1738.Voir la liste des huissiers.Charles René Gaudron de Chèvremont, 1732, 1733.1734, 1735.Voir la liste des notaires.Pierre Simon, sergent, 1735.François Lepallieur, fils de Michel, 1736, 1738, 1739.Voir la liste des notaires.Louet, 14 août 1736.Ce doit être Jean-Claude Louet, qui succéda à son père, comme notaire, à Québec, en 1739.Cyr de Monmerqué, sieur Dubreuil, 1737.Voir la liste des notaires et des huissiers.Louis-Claude Danré De Blanzy, 1737 à 1744, année en laquelle il devient greffier titulaire.Voir aussi la liste des notaires.J.-C.Porlier, 1739 à 1744.Il cesse d’être assistant greffier après la mort de son père et la nomination de M.Danré de Blanzy.Sa signature ressemble tellement à celle de son pere qu’il faut avoir vu une pièce du 17 mai T741 et une autre du 21 décembre 1743 pour être convaincu que deux Porlier, le père et le fils, étaient employés au greffe.Charles Deguire, 1748 et 1749.Voir la liste des notaires.Henri Ronron, 1754.Voir la liste des notaires.Pierre Panet, 1755 à 1738.Voir la liste des notaires.• Claude Le Mouiller, 1758.\ oir la liste des huissiers.Jacques Crevier Duvernay, 1759.Voir la liste des notaires.K.-Z.Massicottk (A suivre)
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