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Titre :
Bulletin des recherches historiques : bulletin d'archéologie, d'histoire, de biographie, de numismatique, etc. /
Éditeur :
  • Lévis :Pierre-Georges Roy,1895-1968
Contenu spécifique :
février
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
quatre fois par année
Notice détaillée :
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Bulletin des recherches historiques : bulletin d'archéologie, d'histoire, de biographie, de numismatique, etc. /, 1933-02, Collections de BAnQ.

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LE BULLETIN DES Reçu ruches Historic es VOL.XXXIX LEVIS, FEVRIER 1933 LA FAMILLE COOKE Les Cooke d’Irlande furent anoblis sur les champs de bataille.En reconnaissance de leurs services.Jacques 11 les ennoblit et leur donna le nom de ( ookcs of the C avalicrs.Leur patrimoine de Carlow fut confisqué après la bataille d’Anghrin.On leur enleva tout ce qu’ils avaient, mais on 11e put ébranler leur foi.John-Thomas Cooke était né à Lisle, comté de Cork, en Irlande.Mis à l’école par son père, il préférait la vie libre des champs.Pour s’affranchir de l’autorité paternelle peut-être un peu rude et de 1 école qu il 11 aimait pas, il se blottit a fond de cale, dans un bâtiment qui partait pour le Canada.Découvert par le capitaine une fois rendu sur 1 océan, le jeune Cooke réussit a attirer la sympathie du rude matin.Celui-ci le recommanda à son ami, le commandant de 1 de Sainte-Hélène.Là.il apprit le métier de meunier.Le seigneur Montour, de la Pointe-du-Lac.avait besoin d’un meunier.Il engagea John- Thomas Cooke.Le jeune Ir landais devint un excellent citoyen et, quelques années plus tard, il épousait une canadienne-française.L’acte de mariage est au registre de la Pointe-du-Lac, a la date du (> septembre 179°: ' , ., “ L’an mil sept cent quatre-vingt-dix le six septembre après la publication de trois bans de mariage aux prônes de nos messes paroissiales entre rhomas Cooke, originaire ce Lisle, en Irlande, fils de Jean Cook et de Marguerite Morrey d’une part et Isabelle Guay.fille du Sieur André Guav.capitaine de milice et de défunte Anastasie Comeau, ses peie et — 66 — nièif.de cette paroisse d autre part, ne s'étant point trouvé d’empêchement au dit mariage, je soussigné, curé de la visitation de la pointe du Lac, ai reçu leur mutuel consentement de mariage et leur ai donné la bénédiction nuptiale avec les cérémonies prescrites par la Ste Eglise en présence du Sieur André Guay, père de 1 épouse, de Pierre Guay son frère, de Théodore Panneton, de Pierre Rivard et plusieurs autres qui n ont su signer de ce enquis.(Signé) J.Gagnon, ptre ” * Huit enfants naquirent du mariage Cooke-Guay: 1 l homas.né le 9 février 1792, qui devint évêque des 1 rois-Rivières.2 Marie-Pauline, née le 22 décembre 1793, mariée, le .6 février 1816, à Edmond Méthot.3 André, né le 31 décembre 1795, marié à Marie Moussette, qui lui donna trois fils, André, Maxime et Tho-rnas.et une fille, Eulalie, mariée à Edouard Erigon Décédé en 1878, à 84 ans.4° Marguerite, née le 6 septembre 1796, mariée à Louis Allai n.t.- m né le 2 octol,re 1799, marié à Rose Lafleur.J )eced«' en 1842., .6„.Jean-Baptiste-Richard, né le 15 février 1801.marié a Line he Cloutier.Décédé en 1861.Il eut, entre autres entants 1 honorable juge Richard-Stanislas Cooke.f, ,\nm; niar,ée à Charles Falardeau.de Saint-Alban.,s Elisabeth, née le 1er novembre 1806.M.Cooke père se noya en traversant le Saint-Maurice 180?CeniJre 1X08' MmC C°oke était morte le ler novembre Terminons ces quelques notes sur la famille Cooke empruntées a 1 Histoire des Ursulines des Trois-Rivières par le passage suivant du même ouvrage au sujet de Mgr Cooke: ne reviendra jamais à sa paroisse natale sans faire rr'lm 'm!''Trrt -arX fîntS.,ïaptismaux.Quand il rentrera dans cette humble eghse de village, la crosse à la main, il se dira ¦ L est ici que Dieu m a conféré mon titre de chrétien titre que nul autre n efface.” Quand il répandra ses bénédictions dans ses visites pastorales, comme il sera consolant pour lui ce enu ces champs, ces vallons d’où le Seigneur l’avait tiré pour en faiçe un ouvrier de sa mission.” GERYAIS LKKKBVRE.PREMIER PRETRE XE A MONTREAL ET PREMIER DOCTEUR EX THEOLOGIE ?L abbé Gervais Lefebvre serait-il vraiment le premier prêtre né à Montréal et peut-il réclamer le titre de premier docteur en théologie, accordé généralement à l’abbé Louis Liénard de Beaujeu.né à Montréal en 1708?Humblement, nous soumettons ces questions aux érudits.Mais quelle que soit leur décision, ne restera-t-il pas que l’ecclésiastique Gênais Lefebvre a droit à sa place dans nos annales, parce que sa carrière, sans être longue, présente divers traits qui la singularisent?* * * Le Répertoire du clergé de Mgr Tanguav, (édition de 1868, p.71) omet la date de naissance de Gervais Lefebvre et il le dit ordonne le 30 novembre 1696, puis missionnaire au Cap Saint-Ignace et à l’Islet, ce qui est impossible.L’abbé J.-B.-A.Allaire, dans son Dictionnaire du clergé (1er volume, p.332), avance qu’il naquit z’ers 1672 et il accepte la date du 30 novembre 1696, pour celle de son ordination.Double erreur.Il est facile de démontrer que ces excellents auteurs se trompent par une déclaration qui se rencontre très rarement, à Montréal, sous le régime français.Dans le registre de 1(>86, l’autorité religieuse reconnaît qu’elle a fait un oubli et veut le réparer avec solennité.“ Nous, François Dollier (de Casson), grand vicaire de l'illustrissime et révérendissime évêque de Québec, étant requis par Jean-Baptiste Lefebvre de faire mettre Gervais, son fils, sur le registre des baptêmes, attendu qu’il ne s’v trouve point ’ .nous lui avons dit de se rendre ce jourd’hui, à une heure après-midi au séminaire de Ville-Marie “ avec sa femme, Cunégonde Gervaise, Jean-Baptiste Gadois, parrain de l’enfant, Charles et Urbain Gervaise, ses oncles, et Pierre Chantereau, bedeau présent au baptême du dit Gervais Lefebvre qui eût lieu le dix-nemncnic niai mil six cent quatre-vingt-cinq.” — 68 — La cérémonie avait été faite “ fort tard à cause qu’on craignait la mort de 1 enfant, ce qui aurait été la cause qu’on aurait omis de 1 inscrire sur le présent registre pour l'avoir remis à écrire le lendemain .hn foi de quoi, à 1 exception du bedeau, tous signent, même la mère de l’enfant.On peut noter ici que le grand’père maternel de l’enfant, Jehan Gervaise, fut un des distingués pionniers de Ville-Marie.Adonné au négoce, il accepta d’être procureur fiscal, juge intérimaire et marguillier.lui 1676, il eut même le courage de présider une assemblât dt colons qui formulaient des suggestions au gouver-nttu de la Nouvelle-h rance, AL de Lrontenac, concernant 1 administration de Montréal.Résultat: défense faite aux colons de se réunir davantage dans un semblable but (1).Mgr I anguay a rappelé que dans sa descendance.Jehan Gervaise compte, au XIXe siècle, l’éminent évêque Plessis et It grant! homme détat, sir Georges-Etienne Cartier.* * * Passons a un deuxième fait.Le jeune Gervais Lefebvre, suivant la coutume du temps, fut instruit par les prêtres de Saint-Sulpice, mais vint un moment où il se produisit une difficulté.\ oyons ce tju en dit un de nos historiens.- , i\n entrait au Séminaire de Québec, Gervais Lefebvre, âgé de dix-huit à dix-neuf ans, ayant fait ses études , hl’man,te.s et une année de philosophie chez les Messieurs du Séminaire de Montréal.Il est à croire que le cours de philosophie n’avait pas été brillant, puisque nos annales ajoutent : ' Il est venu pour recommencer sa philosophie et dans le dessein de demeurer au Séminaire de Québec” (2).* * * Dans l’histoire du Chapitre de la Cathédrale de Quebec par Mgr Henri Têtu.( fl.R.H.1607.p.238) on lit que Germain Lefebvre reçut les ordres mineurs le 15 juin 1707, et le (1) Mnssicotte, Faits curieux, etc., p.26.(2) Abbé Ainédée Gosselin.L'Instruction au français, p.371.Canada sous le riqime sous-diaconat le lendemain.Evidemment, il s’agit de Gervais non de Germain Lefebvre.Mais où et quand fut-il ordonné ?Où et quand obtint-il ce titre de docteur dont il sera question ci-après ?Nous n’avons pu encore le savoir.Ce qui est certain, c’est qu'il fut nommé curé de Sainte-Foy en 1712, puis curé de Batiscan en 1714 où il séjourna jusqu’en 1730.C’est en ce dernier endroit qu’il se trouve mêlé à deux affaires ennuyeuses.* * * Le 23 décembre 1727, pendant que le curé Lefebvre célèbre une messe basse, Daniel Portail, sieur de Gevron (fils de Daniel Portail, maire perpétuel de la ville de St-Florent-le-Viel, et d’Anne Guilbaut, de la Pomeraie, diocèse d’Angers ) se marie à la gaumine, avec Anne-Antoinette Langy de Levrard.Dans son Dictionnaire, Mgr Tanguay (VI, 417) ajoute qu’au registre de Batiscan il appert que ce mariage à la gaumine fut contracté à l’insu du célébrant et qu’il fut réhabilité le 8 septembre 1728.* * * Nous sommes à une année qui sera pénible entre toutes pour l’abbé Lefebvre.Après avoir été pendant longtemps l’hôte cajolé de la famille de M.de La Naudière, seigneur de Sainte-Anne de la Pérade, ne voit-on pas le curé de Batiscan se brouiller avec la belliqueuse Madeleine de Verchères, femme de M.de La Naudière ?Oh ! les discordes entre gens qui ont été amis ! Au mois de mars 1730, notre fameuse héroïne porte plainte à l’évêque de Québec, contre l’abbé Lefebvre.Elle l’accuse d’avoir composé à son sujet des litanies burlesques dont les paroles lui ont été transmises par diverses personnes.(1) (1) Dans ces litanies dont on peut hésiter à donner la paternité à l'accusé, il est question de son confrère, l’abbé Voyer, curé de Ste-Anne.Ce dernier qui avait une “cure fixe” venait de refuser de remettre ses titres à Mgr bosquet (II.U.//., 1901, p.367). — 70 — Il s'en suit un procès qui dure des mois.Tout d’abord, M.et Mme de la Pèrade triomphent devant la Prévôté de Québec, mais l’opiniâtre abbé en appelle.Il signale que certains témoins de Madame de La Nau-diere sont récusables.Par exemple, que le sieur Portail, marie à la gaumine, est venu au pavs par lettre de cachet, que le sieur Arnold lîalthazar Pollet est lui aussi venu en Canada “par lettre de petit cachet” ( 1 j etc.Au Conseil Supérieur, l’abbé Lefebvre semble avoir l'avantage et ses adversaires sont condamnés à payer les frais.Il est inutile d en dire plus long sur cette chicane.M.I hileus ( i.'ignon a relaté presque tout le procès dans le Bulletin de 1900 (pp.340 à 345 ) et M.Pierre-Georges Kov en a également parlé dans son intéressant mémoire Madeleine de J'crchcrcs plaideuse ( M.S.R.C.— 1921 ).Au lendemain de cette affaire 1 abbé Lefebvre quitta la cure de liatiscan et on le retrouve dans sa ville natale,* six ans plus tard, alors qu’il va dicter un acte qui soulève une tempête judiciaire.Mais avant de lire l’acte qui est un testament, attirons I attention du lecteur sur le soin méticuleux qu’apporte le no-tau-e a indiquer où loge son client ainsi que les titres qu’il doit lui accorder dans cet écrit officiel.Le 13 avril 1736, par devant les notaires François Le •illieur et J.Mb Adhemar “fut présent, messire Gervais Le-lebuc, premier prêtre ne en cette ville et Docteur en théolo-f/ie.gisant au lit malade, dans la salle des hommes de l’Hô- dC CCttC v,ille.’ da”s le ^entier lit, en entrant dans la dite salle, a main droite, sam d’esprit, mémoire, entendement et jugement, comme .1 est apparu.voulant disposer du peu de ,,™ ,1 a plu a D,™.lui laisser, il a fait le présent testa- ment qu il a dicte.Au nom du Père, du fils et du S.Esprit.nJ reTrCr* i *î’ lcd’ test,ateur- recommande son âme à eit • • • ct enten(1 'lue ses dettes soient payées et torts par (1) Voir II.H.il.1920, im.180 et 247 17m , .notain- et huissier n tonna des cours de musique qui furent suivis par le meilleur élément de la société québécoise.Puis mon grand’ pere tonda la Société Harmonique.Cette société donna dans la nouvelle salle de 1 Académie de musique un grand nombre n concerts et d’opéras, notamment : la Dame Blanche de l.oie .lieu.Si j'ctais Roi d’Adolphe Adam, I.a Reine Topaze de Masse, A c tondiez pas à la Reine, etc.Ln 1865, la famille quittait Québec pour New-York où Al.Dessane avait été nommé organiste à l’église de Saint-Ijnmço's-Nav'er, avec des émoluments bien supérieurs à ceux de là basilique.Mais l’artiste était déjà atteint de la maladie qm devait 1 emporter si prématurément et le séjour à New' or.k tut Pen,1)le à cet homme si souffrant.Enfin, le 2 novembre 1869, toute la famille revenait à Québec et mon grand pere y mourut le 8 juin 1873.11 avait 47 ans à peine.Antonin Dessane composa un grand nombre d’oeuvres remarquables, mais sa composition la plus remarquable est cette Messe en re mineur avec accompagnement d’orchestre ou se î et le te une inspiration profondément religieuse et si humaine a la fois.Il y passe un souffle d’une puissance et — /s - d'une grandeur vraiment saisissantes.Cette Messe fut donnée à la Congrégation de St-Roch (de Québec) en 1897.Irma Miciiat ii Nomenclature des oeuvres de M.Antonin Dessanc I.—Messe solennelle en Sol à 4 voix — enfants, ténors et basses ( 1849 ).-•—Messe solennelle en Ré mineur à 4 voix mixtes avec accompagnement d’orchestre, d.—Messe solennelle en Mi bémol à 4 voix mixtes avec accompagnement d’orchestre.4.—Messe en Do à d voix — enfants, ténors et basses.5.—Haec Dies en Fa pour voix d’hommes.6.—Terra Tremuit en Mi bémol.7.—Te Deum en Fa.Solo et choeurs.8.—Regina Coeli No.1 en Do (1852).9.— “ “ No.2 en Do.10.— - " en Fa (1860).II.— “ “ No.4 pour 4 voix mixtes.12.—Tota Pulchra est ( 1860).ld.—Fanis Angelicus.14.—Tantum Ergo en Si bémol ( 1867).15.— “ “ No.1.16.— - “ No.2.17.—Domine Salvum No 1.1*8.— " " No.2, en La majeur.19.—Ave Maria No 1 en Mi bémol (1851).20.— “ “ No.2 en Ré bémol.21.— Inviolata.Solo et choeur.-2.—Libera Me, Domine, en Sol Mineur.2d.—Memorare en La.24.—Venite, Exultemus Domino (1868).25.—Laudate en Ré majeur (1857).26.—Litanies de la Stc-Vierge et du Sacré-Coeur.27.—L’Enfant-Dieu en La bémol (1861).28.—La plus belle fleur, Cantique pour l’Immaculée- Conception. — 76 — Sui- Orchestration Théorie d’orchestration — Juin 1869.Le galop de Pégase — grand orchestre.Les gardes mobiles — 1871 — grand orchestre.Polka —• grand orchestre — juin 1867.Fantaisie-Sonate — quintette à cordes et flûtes te d’orchestration pour grand orchestre — 1863.Marche Cantate en l’honneur du Prince de Galles devenu plus tard Edouard VU (1860).I n grand nombre d’ouvertures pour grand orchestre.Morceaux de Piano — Fantaisies pour Violoncelle.Violon ou Flûte.I n grand nombre de Chants profanes, notamment : le Grillon — Ecoutez-bien, tous deux.dédiés à Madame Des-sane.MADAME DESS ANE, NEE IRMA TRUNEL DE LA CROIX-NORD 1828-1899 .Elle venait cl Auvergne.Son père était receveur en re-tiaitc de 1 em egisti ement et par sa mere elle était cousine gt i incline de 1 abbé Grisel, chanoine de St-Denis et aumônier de la Chambre des Pairs sous le règne de Louis-Philippe.C était une royaliste très convaincue et elle en avait les qualités et les défauts.Son éducation avait été très soignée.Apres sa sortie du couvent des Ursulines de Ville franche et comme elle manitestait des tendances artistiques très prononcées son père la mit au Conservatoire de Metz oû elle décrocha bien vite un premier prix de chant et de déclamation lvri-quc.A 18 ans, c’était une blonde au regard pur et jeune comme son unie.Intelligente, harmonieuse et sensible, extrêmement distinguée avant tout, elle ne cherchait pas à se faire remarquer car elle avait compris que l’idéal, pour une femme’ c.c;sî «accomplir parfaitement les devoirs ordinaires avec fidélité, ordre et amour.Ce fut là tout son programme et la regie invariable de toute son existence.En 1847, nous la retrouvons à Clermont-Ferrand oû elle avait suivi son pere.Afin de pouvoir s’accompagner plus pai faitement, elle prit des leçons de piano d’un jeune musi- cien nouvellement installé dans la ville.C’était Antonin Dessane.Le jeune artiste fut frappé de la grâce si simple, de la réserve et de la prudence de son élève.Il fut surtout absolument bouleversé par le son de sa voix.C’était un mezzo-soprano très étendu, d’un timbre chaud et vibrant.Gracieux, mélancolique et d un charme pénétrant dans les Oratorios de Gluck et de Haendel, il pouvait atteindre au pathétique le plus sombre dans La Juive, Mireille, Les Huguenots, Mignon, etc.Et sans connaître encore ni le monde ni la vie.cette entant, parce quelle était une grande artiste, avait saisi d instinct les sentiments les plus profonds et les plus complexes de la nature humaine.Les deux jeunes gens se comprirent très vite.De se comprendre à s’aimer il n’v a qu’un pas et quelques mois plus tard, M.Dessane conduisait a 1 autel celle qui devait faire la joie et le charme de toute sa vie.Bientôt, des tracas financiers vinrent assombrir la paisible existence des nouveaux mariés, car la Révolution de lN-hX jeta la perturbation au sein de la société française aussi bien en province que dans la capitale et les artistes eurent particulièrement à souffrir de cet état de choses.Sur les entrefaites.une position d’organiste fut offerte à M.Dessane a la basilique de Québec.Il accepta et accompagné de sa femme toute jeune encore, il fit voile pour le Canada.Il y était déjà venu, mais pour elle ce fut un dur sacrifice.lout lui répugnait: les Sauvages, le climat si rigoureux et plus que tout, l’éloignement des siens et du cher pavs qu’elle adorait à si juste titre.Appuyée au bras de celui qui fut toujours son maître et son dieu, elle fit taire les répugnances de sa nature délicate pour ne garder aux lèvres que le sourire de la vaillance qui se donne et qui se dévoue librement.Elle avait 21 ans.A son arrivée, elle fut vivement impressionnée par la majesté de notre fleuve et par le spectacle de cette nature sauvage et superbe.A Québec, elle retrouvait sa langue, beaucoup de ses habitudes, sa croyance.Puis le travail vint apporter son réconfort à celle qui gardera toujours la nostalgie de la douce France de saint Louis et de Henry IV.Elle seconda merveilleusement son mari en tout et pour tout.Xeuf enfants naquirent de cette union, dont deux moururent en bas âge.En 18(>5, c’est le départ pour New-York, M.Dessane avant été nommé organiste à Saint-François-Xavier.La famille est encore toute jeune et c’est la vie trépidante et fiévreuse au sein d’une ville immense où ies deux artistes ne sont pas connus.La lutte pour la vie s’y fait plus âpre et d autant plus que M.Dessane est déjà atteint de la maladie dont il ne se remettra pas.Chaque soir, après une journée consacrée à d’innombrables leçons au dehors, a des répétitions avec les grands orchestres ou les maîtrises des églises, les deux époux retrouvent 1 intimité familiale si chère à leur coeur.On fait asseoir 1 altiste dans un tauteuil confortablement, puis la maman aide vite les enfants à se costumer et à se grimer.Un théâtre s improvise et bientôt apparaissent a la rampe une minuscule gi ande duchesse, une fille de Madame Angot, un petit, tout petit Duc, une mignonne Fille du Régi ment! une Vivandière, ete.L on lit, Ion s amuse follement, et l'on oublie que la lutte recommencera demain, toujours plus tragique et plus effroyable.L’on oublie surtout qu’un hôte invisible est entré à pas feutrés et que la mort guette celui pour qui l’on déploie tout ce luxe et toute cette adorable féérie.Quatre ans se sont passés à combattre le mauvais sort et maintenant il faut revenir au plus vite à Québec car les jours de 1 artiste sont comptés et il le sait.Fn 1873, il ferme pour toujours les yeux aux choses de ce monde, laissant dans la plus grande détresse la femme qu il adore et les enfants qu’il a eus d'elle.Ma grand’mère, en femme courageuse qu’elle était, parvint a dompter son effroyable chagrin et un mois après la moi t de son mari, elle rouvrait son piano et recevait ses premieres eleves., .Y'lle ,de Quebec se montra extrêmement sympathique a la famille éprouvée.Ce fut un admirable mouvement de bienveillance qui porta tous les jeunes gens et toutes les jeunes Iules de la meilleure société à venir s’inscrire comme élèves.Seconder par ses filles aînées, qui lui servaient d’accom-pagna nets tt de îepétitiices.Madame Dessane commençait ordinairement le travail de la journée vers 8 heures du matin — 79 — pour le terminer souvent à 11 heures du soir.Avec de la conduite et une persévérante initiative, les choses prirent bientôt une meilleure tournure et bientôt une modeste aisance fut la récompense de si généreux efforts.I n à un, les entants quittèrent le toit maternel pour accomplir leur destinée.Restée seule.Madame Dessane se retira chez son gendre, M Michaud.de Montréal.Toujours jeune de caractère, malgré les épreuves de sa vie, elle s’occupa tout particulièrement de ses petits enfants et se fit leur éducatrice et leur initiatrice dans les choses de l’esprit.Ce rôle lui allait a merveille.Tous en gardèrent un souvenir inoubliable et leur premier grand chagrin fut de perdre une grand’mère qui les comprenait bien et qui leur donnait l’illusion que la vie était bonne et douce.^ En 1899, elle répondait à l’appel de Dieu.Sur son lit funèbre, dans sa longue robe blanche et entourée de lis innombrables, cette femme de 70 ans avait gardé toute la pureté des lignes et la limpidité du regard de son extrême jeunesse.En la regardant, il nous semblait contempler un ange.Irma Michaud LES DISPARUS Bckwgcr, L’hon.juge Louis — Né à Saint-Vincent de Paul de 1 île Jésus le 25 août 1825.de François Bélanger et de Françoise Allaire.Admis au barreau le 8 octobre 1852, il exerça sa profession à Montréal en société avec MM.Pelletier et Papin puis avec M.Louis-T.Drummond, plus tard juge, et enfin avec MM.Desnoyers et Ouimet.Le 22 septembre 1873, M.Bélanger était élevé au banc de la Cour Supérieure pour le district de Beauharnois.Quelques années plus tard, une loi provinciale assignait au juge du district de Beauharnois, en plus de sa besogne, le district de Terrebonne.Après avoir administré la justice pendant plus de dix ans dans ces deux districts, l’honorable juge Bélanger Put se reposer un peu car une nouvelle loi provinciale donnait un juge résidant au district de Terrebonne.Le juge Mélanger prit sa retraite le 11 juin 1902.après trente années de service sur le banc.Décédé à Beauharnois le 6 juin 1911. 80 LES METHOT Met hot, L lion.Louis — Né à la Pointe-aux-Trembles le 2 mars 1793, de Joseph Méthot et de Josephte Gouin.Il fonda à Sainte-Croix de Lotbinière une maison de commerce qui prit beaucoup d importance.Député de Lotbinière de 1830 à 1838, puis conseiller législatif de 1848 à sa mort arrivée à Sainte-Croix le 16 octobre 1859.Alcthot, François-Xavier — Né à la Pointe-aux-Trembles le 10 novembre 1796, de Joseph Méthot et de Josephte Gouin.11 fut un des fondateurs de la maison Chinic et Méthot, aujourd'hui la Compagnie Chinic, de Québec.Il établit aussi à la Canardière une fabrique de clous coupés.Le Canadien du 19 août 1842 parle de cette fabrique et dit que c'était la meilleure du genre à Québec.Echevin de Québec de 1842 à 1843.Le 9 juin 1848, il était élu député de la cité de Québec a la Chambre d Assemblée de la province du Canada sur M.Joseph Legare fils.Aux élections de 1851, M.Méthot se représenta avec M.John Maguire, mais ils furent battus par MM.G.-O’Kill Stuart et Hypolite Dubord.M.Méthot décéda à Québec le 6 novembre 1853.“ Entré dans les affaires sans autres moyens que sa réputation, son intelligence, son amour du travail, M.Méthot laissa malgré ses nombreuses géiiéi osités publiques et particulières, une belle fortune à ses enfants, et à de dignes continuateurs qu’il avait formés, une des premières maisons de commerce de Québec.” (Canadien, 7 novembre 1853).Méthot, .Intoine-Prosper — Né à la Pointe-aux-Trem-bles le 1/mars 1804, de Joseph Méthot et de Josephte Gouin.Adnns a la profession de notaire le 16 mars 1829, il s’établit a Saint-Pierre les Becquets.En janvier 1842, il fut choisi unammement comme candidat pour remplacer l’honorable iU- A-"lV "lor,n> depute de Xicolet, nommé juge.Il s’effaça genet eusement devant Louis-Michel Viger qui pouvait rendre plus de services que lui à la cause canadienne à cause de ses relations.A la retraite de M.Viger, en 1844, M.Méthot — 81 le remplaça comme député de Nicolet et garda ce siège jusqu’en 1847.Décédé à Saint-Pierre les Becquets le.juillet 1871.Méthot, Mgr Michel-Edouard — Né à Sainte-Croix de Lotbinière le 28 juillet 1826, de Joseph Méthot et de Marie-Xavière Desrochers.Ordonné prêtre à Québec le 30 septem-l)ie 1849.11 passa toute sa vie ecclésiastique au séminaire de Québec.11 tut professeur, puis préfet des études et enfin su-périeui et recteur de l’université Laval.Prélat domestique en 1886.Décédé à Québec le 8 février 1892.Auteur de La foie et 1 univers.A consulter sur Mgr Méthot Y Annuaire de ïuniversité luirai pour l'année académique 1892-1893, article de Mgr T.-E.Hamel.T_ Méthot.L'honorable Prançois-Xavicr-AIfred-Ovidc ____ Né à Québec le 19 septembre 1843, du mariage de François-Xavier Méthot, et de Dorothée Measam.M.Méthot alla s'établir a Saint-Pierre les Becquets où il lit de la culture améliorée.En 1871, M.Méthot était élu député de Nicolet à la legislature de Québec.Il représenta ce comté jusqu’en 1876.Le 18 décembre 1877, M.Méthot était élu député du même comté à la Chambre des Communes du Canada.Le 27 mars 1884.M.Méthot était appelé au Conseil législatif de Québec pour représenter la division de La \ allière.L’honorable M.Méthot décéda a Saint-Pierre-lcs-Becquets le 20 octobre 1908.Méthot, Joseph-Edouard — Né à Sainte-Anne de la Pé-rade le 24 mai 1855, fie Joseph-Télesphore Méthot et de Cé-lina Matte.Admis au barreau en juillet 1875, M.Méthot s’établit aux Trois-Rivières.Après quelques années, il entra en société avec .M.C.repeau, d Arthabaska.Ce bureau devint un des plus importants des Cantons de l’Est.M.Méthot passa les dernières années de sa vie à Trois-Rivières où il avait commencé à pratiquer sa profession.Décédé dans cette ville le 16 mai 1920.A consulter sur M.Méthot The Canadian Biographical Dictionary, p.186. — 82 — QUE POUVAIT ETRE UN MIRAMION ?En analysant 1 inventaire de l'officier Pierre-François de Sarrobert, dressé par Danré de Blanzv, le 8 janvier 1756, j'ai noté, il y a longtemps, un mot curieux désignant un vêtement ou une partie de l’habillement: “ Un miramion de mousseline, 15 francs”.Pan dernier, 1 abbé Elisée Choquet me signala qu’il relevait également mention d'un " miramion ” prisé à 30 sous, dans un contrat de mariage rédigé par le chirurgien-notaire Joseph Palatine, le 24 avril 1/58, ainsi que dans un autre de ses contrats, en date du 14 octobre 1750.Et Ion s est demandé: que pouvait être un miramion?* * * Après avoir feuilleté de nombreux dictionnaires, encyclopédies et ouvrages sur le costume, je irai rien trouvé.Me serait-il maintenant permis de lancer une conjecture?En 1640, Marie Bonneau épousait en France, Jacques de Beauharnois, seigneur de Miramion.Devenue veuve, madame de Miramion consacra sa fortune et ses jours à 1 établissement de maisons de refuges pour les femmes et les filles repentantes.Ensuite, elle créa des communautés de filles chargées de tenir les écoles dans les campagnes, de soigner les malades, etc.* *n appelait ces demoiselles qui ne prononçaient pas de voeu, les Miratnioncs.” En autant que je puis 1 apercevoir, les Miramiones, s’apparentaient aux Béguines de Belgique.Or celles-ci portaient une faille noire, sorte de voile, d’écharpe ou de mantille.C était 1 insigne de leur association.* ourquoi les affiliées de madame de Miramion n’au-t aient-elles pas eu un accessoire vestimentaire qui les aurait particularisées, puis qui serait devenu mode?E.-Z.Massicottk — S3 — NOTES SUR SIMON SA N GUI N ET 11 ne me fait aucun doute que Simon Sanguinet, le juge de la Cour des Plaidoyers Communs à Montréal, nommé en 17SX, ait été le même que le notaire et l'avocat Sanguinet, connu à l'époque.Mis de Simon Sanguinet, notaire roval à Québec, et d Angéli(|ue Lefebvre - I hichouquet, il épousa en 1750 à Montréal, I hérèse Réaume.Sur le tard, en 17SS.il convole avec Jeanne Hervieux.Tanguay donne ces deux dates.11 est singulier qu au bas de ces deux actes, espacés de vingt-cinq années, combien la signature du contractant est identique.En 17t>4, l’année de son admission au notariat, Simon Sanguinet sert de témoin à son trère, Toseph qui épouse à Montréal, Marguerite Réaume, soeur rie Teanne, précitée.(Les deux frères deviennent beaux-frères).La confusion peut venir de ce que ranguav donne ce Toseph comme notaire.Or.il est expressément indiqué dans l'acte qu’il est négo-ci.ant, cependant ur nous et composée avec des esprits de la Jamaïque, du lait frais et du sucre d’érable.Nous prîmes avec le plus grand plaisir notre part d’un régal si peu attendu, et, après avoir passé environ une heure dans cet asile hospitalier, remercié celle qui en faisait si bien les honneurs, et vanté, comme elle le méritait, l’élégance de sa charmante demeure, nous retournâmes au .vaisseau, extrêmement satisfaits, et emportant la plus haute idée de l’hospitalité canadienne.” L’hospitalité canadienne ! C'était une des plus belles qualités de nos ancêtres.Conservons-la encore longtemps.C’est sûrement le meilleur moyen de nous faire bien juger par les étrangers. — 86 — I/EMIGRATION AUX ETATS-UNIS IL Y A 40 ANS (Deuxième partie) Latiscan (paroisse Saint-François-Xavier), comté de Champlain.Population en 1891 : 996.Relevé des émigrés, fait le 13 août 1892 (1).Alain (Dr S) parti en 1887 avec sa femme pour Mé-nden.Lelcourt (Placide) en 1885 avec sa femme et cinq enfants pour Mériden.l.t hsle ( M) en 1891 avec sa femme et quatre enfants pour Menden.i’-ergeron ( Camille et liorromé) en 1888 pour Water-bury.I > i n n t* 1 (Alfred, Charles) en 1891 pour Mériden.l'-nmel ( Louis.Moïse, Wilfrid) partis pour Mériden avant 1880.I’runel (Georges et Joseph) avant 1880 pour Mériden.Ijrunel (Gustave) avce sa femme pour Mériden.u,iel (J"hn ) avec sa femme et neuf enfants pour le Dakota en 1890.1 Meriden"61 ( >st‘,)h ) et Hubert (Alfred) avant 1880 pour l’-nmel (deux enfants de Roch) en 1891 pour Mériden.i f rin"Ulïai^ avec deux nommés Duval pour le Dakota vers 1880.Cartgnan (Noé) avec six ou sept enfants en 1882 pour Mertden.u.comme on disait alors, le caissier.Se< qualités natives développée' par de fortes études classiques et par ses diver' emplois subséquents, le désignaient tout particulièrement ; ur ce poste éminent qui requiert des aptitudes exceptionnelles.M.Vézina remplit ces fonctions à la sattsfaetî >n des directeurs et du public jusqu’à sa mort survenue à Québec le 25 janvier 1882.Voici le p -trait qu’en trace M.Béchard il): " Sa figure est souriante, franche, ouverte, pleine de dignité et de cette bonhomie traditionnelle des anciens Canadiens : de 'orte que l’on peut dire que la figure agréable de M.Vézina relève encore tous les talents dont la Nature l’avait doué.U> August* Béchard.Biographie de M.Françou IVriiin.Quéhco.1878. — 119 — Il y a dans ses yeux et sur son large front une expression bien prononcée de candeur unie à beaucoup de fermeté.” M.\ ézina n’était pas seulement un financier habile, mais aussi un économiste distingué et un zélé philanthrope.Les oeuvres de bienfaisance trouvèrent toujours en lui un ami ou un auxiliaire généreux, et ses conseils, marqués au coin de la prudence et de la sagesse, étaient fort recherchés, et il faut ajouter que cet homme vertueux ne se dérobait jamais à «on devoir.Ihans 1 intimité, M.\ ézina était d'un commerce charmant.Affable, doux et joyeux, il avait de fines réparties dans la conversation.Il aimait à causer, surtout d’affaires et de choses sérieuses.Un autre biographe de M.Vézina, M.J.-C.Lange-lier, écrivait : " Aux qualités du banquier et de l’homme d’affaires, M.Y ézina réunit celles du bon citoyen et de l’homme de bien.Les œuvres de bienfaisance, la misère et l’indigence ont toujours trouvé en lui un auxiliaire généreux ; il aime le pauvre, la veuve et l’orphelin ; il est toujours prêt à rendre service.Comme un homme de bien, M.Vézina remplit ses devoirs religieux avec la sincérité d’un parfait chrétien.Aussi les citoyens du faubourg Saint-Jean le considèrent-ils comme un modèle ; quand ils parlent du “caissier" (c’est ainsi qu’on désigne vulgairement M.Vézina) ils n’en parlent que dans les termes les plus respectueux, comme on parle d'un homme qui est reconnu pour être un citoyen modèle sous tous les rapports.“ Bien que par son économie et sa bonne conduite, M.Vézina se soit acquis une jolie aisance, il vit avec beaucoup de simplicité ; à la vie de grand gala, il préfère la vie de l’homme paisible, employant à faire du bien ce que d’autres dépensent en parties de plaisir et en amusements.“ Dans ses excursions temporaires à la campagne, pour prendre ses récréations, suivant ses habitudes d’au delà de 25 ans, il se plaît à converser avec le cultivateur, pour l’instruire sur ses devoirs de citoyen et lui donner — 120 — des conseils sur tout ce qui concerne ses intérêts.” M.Vézina a laissé plusieurs écrits.Mentionnons entr’autres : une brochure sur les banques, deux sur le “ Département de la Trésorerie provinciale ” et une “ Etude historique de la progression financière de la Caisse d’Economie de Notre-Dame de Québec, 3 vols.Québec, 1878).Tous ces travaux indiquent un économiste remarquable autant qu’un financier habile et renseigné.M.Vézina avait épousé, en 1844, Eléonore Rinfret dit Malouin, fille de René Rinfret, maître maçon de Québec.De ce mariage naquirent dix enfants.Deux de ses fils, Adolphe et Ludger, marchèrent sur ses traces et s’occupèrent de finance ; le premier devint secrétaire-trésorier de la Caisse d’Economie, et le second, comptable de la même institution.Francis-J.Audet HABITANTS DE GASPE EN 1765 Peter Labrouche, Paul Mayo, Michel Arbour, James Millié, Julien Lepeau, Ers Pagé, Frs Aubry, Jos.Méthot, Jos.Morvoy, Peter Rondin, Peter Dijonne, Michel Olivier, Thomas Lepeau, Frs Hamel, Clis Blondel, Rock Derack, Frs Garnier, Nicolas Breton, John Garnier, Frs Ayot sr, Frs Ayot jr, Edward Manwaring (?), Win J.Hutton, Felix O'Hara, Caleb Nelson, lohn Throhire (?), Jas.Paterson (Archives de la province de Québec).REPONSE La rivière de Tonnagane (XXXVIII, p.746) — La rivière “ I onnagane’ est vraisemblablement cette rivière de Tonnaganne — longitude à peu près 92, latitude 44 — indiquée sur la carte spécialement dressée en 1660, pour Y Historic!.Canadensis du P.du Creux (Creuxius).A 1 évidence secondaire, je me permets de vous faire remarquer que cette indication de cuivre se présente en pleine série Keweenanicenne cuprifère de la région sud du lac Supérieur.A.M.D.De Meulles — 121 — LETTRE DE M.HOCQUART AU MINISTRE (7 OCTOBRE 1731) J ai reçu la lettre que vous m’avez fait l'honneur de m'écrire le 17 avril dernier.I outes les munitions et marchandises embarquées sur le vaisseau du Roi, ont été remises dans les magasins, en bon état et bien conditionnées.Il y en a cependant quelques-unes au-dessous de la qualité que j’avais demandée, j en fais 1 observation à M.de lîeauharnois à Rochefort.le suis parvenu a faire faire de bonnes salaisons pour les postes du Roi, d'où les garde magasins m’écrivent qu ils n’en ont jamais eu de si bonnes.Mr Michel à qui j’avais particulièrement recommandé de veiller aux envois, y a donné toute l’attention que je pouvais désirer.J avais demandé l’année dernière quatre cents quintaux de lard salé ; parce que de toutes les salaisons qu’on a faites, jusqu’à présent, dans ce pays-ci, il s’en est toujours gâté une bonne partie.Cela n’arrivera plus je vous prie, seulement, Monseigneur, de donner ordre à Rochefort, qu’on nous envoie par le vaisseau du Roi, un cent de sel.Ci-joint l’état des munitions et marchandises pour garnir les magasins et les postes l’année prochaine.J’y ai compris quarante milliers de poudre.Ce n’est pas que nous ayons absolument besoin de cette quantité, mais seulement dans la vue d’augmenter le produit des ventes ; cette marchandise étant toujours vendue comptant.Tl est plus juste que le Roi profite de ce bénéfice que la compagnie des Indes qui ne laissera pas à ce que je crois, d’envoyer vingt milliers ; elle est d’une aussi bonne qualité que celle du Roi.J’ai remis au Sr de Tonnancourt fils, le brevet de garde magasin que vous lui avez procuré.Il doit avoir l’honneur de vous en faire ses très humbles remerciements.Le Sr Foucher, procureur du Roi à Montréal, a été fort assidu à ses fonctions, et je n’ai, Monseigneur, que de bons témoignages à vous rendre de sa conduite.Il s’est su fort bon gré du parti qu’il a pris de se rendre à >on devoir d'autant que je l'ai instruit qu'autrement vous auriez pourvu à son emploi.J'ai expliqué à Mine de Ramezai qu'il fallait qu’elle payat le prix des munitions qui lui ont été délivrées des magasin.'.Il est vrai qu'on a eu jusqu'à présent des facilite' d'en délivrer a crédit a ceux qui font quelqu’entre-pri-e pour le Roi.11 n'est guère possible de s'en départir tout a fait, mais je tiendrai la main à éviter les non valeurs.Je me conformerai.Monseigneur, aux ordres qu’il vous plait de me donner, pour les passagers sur le vaisseau du Roi, en faisant payer cent cinquante livres à ceux qui seront a la table du capitaine, à l’exception des officier- qui passeront avec un congé du Roi et de celui qui sera chargé des dépêches et 30 1.pour ceux qui seront nourris a la ration du munitionnaire, à l’exception des valets des officiers, majors et capitaines qui ont des congés.\ ou- m'avez ci-devant prescrit d'accorder le passage gratuit aux Pères Jésuites et Récollets, les ecclésiastiques des séminaires de St-Sulpice et des missions étrangère- prétendent que cette grace doit s’étendre à eux en conséquence le Sr Baret ecclésiastique qui a permission de -e- supérieurs de se rendre en France, m’a demandé son pas-age, je me suis contenté de la soumission qu’il a donnée au I resorier de payer les cent cinquante livres ordinaires.Ayez agréable, Monseigneur, de me marquer précisément vos intentions à cet égard.J td examiné d'aussi près que j’ai pu.la conduite du Sr Rainbault, lieutenant général à Montréal : plusieurs personnes continuent de le taxer d'un mauvais commerce avec la Dme Lachauvignerie, veuve d’un officier, et auxquels je ne peux encore ajouter foi.eu égard à l’âge avancée du dit Sr Rainbault et la laideur de cette femme qui est âgée de près de 50 ans, mais qui a un talent extraordinaire pour découvrir les menées des Français et des Sauvages, (dont elle entend la langue) qui se mêlent de commerce étranger.Cette femme est logée hors la ville et le Sr Rainbault qui s est fait une ressource pour sub- — 123 — sister, des captures qu’il a faites jusqu’ici est tellement en liaison avec elle, que cela donne occasion aux discours malins que 1 on tient sur son compte.Cependant, je lui ai foit tecommandé de s abstenir de la voir, hors dans les cas où elle aurait des avis sûrs à lui donner ; et d’éviter cependant toute occasion de scandale, je ne doute point, Monseigneur, qu il ne se conforme à ce que je lui ai prescrit.J’ai l’honneur d’être, etc., Hocquart ( 1 ) LES DISPARUS Malhiot, Edouard-Elisée — Originaire de Saint-Pierre les Becquets, il se rendit a Montréal en 1830.Il ne tarda pas a entrer en relations avec Papineau, Duvernay et les principaux patriotes.Malhiot devint un des principaux officiers des T*ils de la Liberté.Après l’écrasement des patriotes par les troupes régulières, Malhiot put se sauver aux Etats-Unis.11 s établit en Louisiane où il devint avocat et grand agriculteur.En 1856, il fut même élu sénateur.Décédé à L’Assomption, Illinois, en août 1875.A consulter sur Malhiot une étude de 1 abbé Ivanhoë Caron dans les Mémoires de la Société Royale du Canada, année 1928.Gagnon, Alphonse — Xé à Saint-Jean Port-Joli le 23 juin 18.i 1, de Charles Gagnon et de Marie-Clémentine Dubé.11 entra d’abord à la rédaction du Canadien, de Québec, puis tut sténographe officiel, employé des postes et enfin fonctionnaire au département des travaux publics de la province de Québec.En 1907, il remplaçait M.Ernest Gagnon comme secrétaire de ce département.Décédé à Québec le 4 octobre 1932.Auteur de Etudes archéoliques et variétés (1894) \ Notes sur les Sauvages du ( anada (19 ); E’Amérique préco- lombienne (1908) ; Questions d’hier et d’aujourd’hui (1913) ; La lumière visible (1920) ; Le secret du succès (traduit de 1 abbé B.Feeney) (1920); La vieille Angleterre (1925).(1) Archives de la province de Québec. — 124 — LA PETITE HISTOIRE A propos de la récente entrée de M.Georges Lenôtre à rAcadémie française, le Temps, de Paris, écrit que l'admission de • éminent historien dans 1 auguste société consacre en quelque sorte le genre de la petite histoire où a brillé et brille encore le nouvel académicien, celui qui lui a valu la haute distinction dont il vient d’être l’objet après l’admiration d une foule de lecteurs dans toutes les parties du monde.^'5.niérite de M.Lenôtre aura été de découvrir et de ré- véler 1 intérêt puissant qui s attache aux personnages et aux eeenements jugés secondaires ou parfois même sans aucune importance par les écrivains de ce qu’on a convenu d'appeler la grande histoire.Avec patience, avec méthode, l’auteur de Tournebout et, il y a quelques semaines, de Napoléon, a e\oqué ces figures et ces faits mis pour ainsi dire au rancart et en a dressé des monographies ou des récits qui projettent une vive lumière sur le passé national.Travail qui impose de longues et minutieuses recherches, mais qui récompense amplement le chercheur consciencieux.Connue le note le confrère parisien: “La petite histoire ne rapetisse pas plus les hommes que les événements, mais elle choisit dans chacun d'eux les parties les moins éclatantes, les moins en vue, celles qui n'appartiennent pas à l'exceptionnel et se rapprochent de la moyenne.Elle tend à tout ramener a la mesure humaine Elle découvre le côté familier des champs de bataille, si l'on peut dire, efface sur les choses le vernis que la légende a étalé, et fait surgir dans un éclairage tout neuf les scènes les plus rabattues de nos annales historiques”.Chez nous, dans notre province, nous avons des chercheurs, principalement M.Pierre-Georges Roy, à Québec, et -1.E.-L.Massicot te, à Montréal, qui, à l’instar de l’acadé-nucien Lenôtre, en France, colligent et groupent les menus laits de notre histoire en puisant dans le trésor des archives co", e a leurs.S01ns- L'honneur insigne conféré là-bas à celui qu ils ont droit de regarder comme leur maître ne peut que les encourager à suivre la voie où ils se sont engagés et où nous le savons, ils goûtent les plus grandes consolations. — 125 Fasse que d'autres, à leur exemple, dans les différents districts de la province et partout, à travers le Canada et jusqu’aux Etats-Unis, s’intéressent à la petite histoire de la partie du pays qu'ils habitent, du groupe au milieu duquel ils vivent ! Leur cueillette, s'ils y apportent le discernement et le sens critique nécessaires, aidera à mieux établir les détails de la grande fresque où se trouveront représentés les gestes et les exploits des ancêtres qui ont façonné les destinées de la patrie canadienne (La Presse, 13 janvier 1933).ORDONNANCE DE M.BOCHART CHAMPIGMY SUR UNE REQUETE DE JACQUES DE MAR EU IL, LIEUTENANT REFORME DES TROUPES DU DETACHEMENT DE LA MARINE, POUR OBLIGER LE SIEUR DUPRE, CURE DE QUEBEC, DE LUI DONNER COPIE D’UN ECRIT LU PAR LUI A LA GRAND’MESSE PAROISSIALE ET FORT PREJUDICIABLE AU DIT SIEUR DE MAREUIL (19 JANVIER 1694) Monseigneur l’intendant, Supplie humblement Jacques de Mareüil.lieutenant reformé des troupes du détachement de la marine et vous remontre qu’il a appris (pie le Sr Dupré, curé de cette ville, avait dimanche à la grand’messe paroissiale lu un escrit où le suppliant est taxé de plusieurs choses fort préjudiciables à sa réputation et comme il souhaittait avoir coppie du dit écrit pour pouvoir se justifier des faits y contenus il a esté prier le Sr Duprez de la luy délivrer ce que luv aiant refusé et s’estant addressé aux Srs Genaple et Chamballon notaires qu’ils eussent à se transporter ché le dit Sr Dupré et des tesmoins pour luy délivrer acte du dit refus les dits notaires en aiant fait difficulté à cause du dit escrit il a recours à vous pour luy estre sur ce pourvue.Ce considéré, monseigneur, il vous plaise ordonner à l’un des dits notaires de fair sur ce que dessus tous les actes de ce requis par le suppliant et vous ferez justice.De Mareüil Veu la requeste cy-dessus nous enjoignons à Me Louis Chambalon nottaire royal en cette ville de faire les actes re- — 126 — quis et contenus en la d.reqte et d’en délivrer des expéditions au suppliant en luy payant salaire.Fait à Québec ce 19e janvier 1694.Bochart Champigny Aujourd’hui vingtiesme jour de janvier mil six cent quatre vingt -quatorze sur l’heure de une et demve de relevée est comparu pardevant le notaire royal en la prevosté de Québec soubsigné le sieur Jacques de Mareuil.lieutenant réformé des troupes du détachement de la marine entretenues en ce pays, de en cette ville, lequel nous a prié et requis ver-ballement de h nous vouloir avec luy et les d.tesmoins transporter en la maison presbitéralle de ce lieu de Québec aux fins de sommer et interpeller d’abondant ("en continuant leurs précédantes sommations h verballes par luy faites ainsy qu il a dit) M" hratiçois Dupré prestre curé de l’églize pa-roissialle de Notre-Dame de cette d.ville de Québec, de lui délivrer incessamment et sans dellav copie d’un escrit duquel il lit publiquement lecture en l’églize parr.de cette d.ville dimanche dernier dix-sept de ce mois à la grand’messe par lequel escrit le d.sieur de Mareuil est taxé de plusieurs choses fort préjudiciables à son honneur et réputation, à quoy nous d.notaire ne pouvant satisfaire pour les raisons parti-culièi es que nous en avons, icelluv d.sieur de Mareuil nous aurait a 1 instant fait aparoir une ordonnance sur requeste rendue par Monseigneur l'intendant en date du jour d’hier portant injonction a nous de ce faire; en exécution de laquelle ordonnance nous d.notaire nous sommes avec le d.sieur de Mai eni 1 et tesmoins transportes jusques au séminaire de cette (1.ville de Québec où estant parlant au d.sieur Dupré le dit sieur de Mareuil la d’abondant sommé et interpellé, en piescnce du d.notaire et tesmoins, de luy délivrer incessamment copie d un escrit par lequel il est taxé de plusieurs choses fort préjudiciables à son honneur et réputation par luy lu et publié le d.jour de dimanche dernier, luy déclarant qu’à tante de ce faire il proteste se pourvoir ainsy qu’il advisera, a quoy le (1.sieur de Mareuil en satisfaisant à la d.sommation que 1 escrit qu il publia dimanche dernier qu’il l’a remis ez main.s de Monseigneur l’évesque de Québec par l’ordre duquel il en fit la publication et qu’ainsy il est hors d’estat d en pouvoir fournir copie, satisfaisant en cette au devoir de sa charge, ce que le d.sieur de Mareuil a pris pour refus et eu a îequis acte au d.nore a !uy octrove pour servir et valoir en tems et lieu ce que de raison, hait au dit séminaire en la maison presbitéralle les jour et an susdits en présence du sieur Florent de la Cetière tapissier et de Pierre Banne charpentier tesmoins demeurans en cette d.ville de Québec quy ont avec les d.sieur curé, de Mareuil et nore signe.François Dupré De Mareiiil De la Cetierre Pierre Banne Chambalon ( 1 ) REQUETE DE WILLIAM-DUNNER POWELL AU GOUVERNEUR HALDIMAND POUR ETRE ADMIS A PRATIQUER LE DROIT (20 août 1779) The Petition of Wiliiam-Dummer Powell humbly therewith that your Petitioner has regularly studied the Law in the Middle Temple of which Society he is a Member and that he hath at a considerable Exjxmce transported himself into this province with a view to Practice, the Prazer therefore of this Petition is that your Excellency would he graciously pleased to grant to your Petitioner a Commission of Barrister in this Province and your Petitioner as in Duty bound shall ever pray &, &.Note — M.Powell reçut sa commission d’avocat le lendemain de sa demande (21 août 1779).C'est lui qui, en 1783, fut le délégué des Canadiens à Londres avec MM.Delisle et Adhémar.Le 24 décembre 1/88, M.Powell recevait une commission de juge des Plaidoyers Communs jxutr le District de Montréal.11 devint juge en chef du Haut-Canada le 1er octobre 1818, et se retira en 1825 avec une pension.Le juge Wiliiam-Dummer Powell, décédé à Toronto le 6 septembre 1834, est une des grandes figures de la magistrature ontarienne.(1) Archives Judiciaires de Québec, greffe de Chanibnlon. — 128 — WILLIAM-DARLING CAMPBELL Né à Québec le 25 mars 1830, de Archibald Campbell, notaire du Roi, et de Agnès George.Admis à la profession de notaire le 2 février 1852.Le 3 juillet 1866, M.Campbell était élu conseiller du quartier Saint-Pierre, cité de Québec, pour remplacer M, Withall, qui laissait la ville.A la fin de son terme d’office, M.Campbell refusa de briguer de nouveau les suffrages populaires.Cette âme de musicien et de poète était peu faite pour la politique ou les luttes municipales.Il préférait aider tous les mouvements généreux de sa bourse, de son travail et de ses conseils sans se tenir au premier rang.Décédé à Québec le 3 mars 1885.L Electeur du 4 mars 1885 disait de William-Darling Campbell : “Le notaire ( ampbell était l'une des figures les plus sympathiques et les mieux connues dans notre vieille cité de Québec qui a vu depuis peu de temps disparaître bon nombre de ses principales personnalités.a Occupant une position considérable dans sa profession, mêlé a toutes les grandes affaires, toujours prêt à prendre part a tous les mouvements généreux, Darling Campbell s’était acquis une grande popularité parmi notre population.Ecossais d origine, il avait su par sa politesse excpiise, par sa tournure desprit vraiment française se conquérir l’estime de tous les Canadiens français qui eurent l’occasion de le connaître.Sans fanatisme, sans parti pris, il possédait le rare talent de rallier tous les suffrages.S agissait-il de jeter les préliminaires d’un mouvement quelconque, soit charitable, soit religieux, soit politique ou autre, vous étiez sûr de voir — parmi les premiers — appa-îuîtie M .-D.C ampbell.Ce n’était pas ostentation de sa part: 1 sc C1 °yait plus obligé que les autres, c’était son excellente nature, son coeur admirable qui se trahissait malgré lui.”
de

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