Bulletin des recherches historiques : bulletin d'archéologie, d'histoire, de biographie, de numismatique, etc. /, 1 janvier 1935, janvier
,.BULLETIN D'ARCHEOLOGIE, D’HISTOIRE, DE BIOGRAPHIE, DE BIBLIOGRAPHIE, DE NUMISMATIQUE, ETC., ETC., PUBLIÉ PAR PlEUR l>G >RG ES R O V VOLUME QUARANTE ET UNIEME IÆVIS 5341157558 Bibliothèque et Archives nationales Québec Bulletin des Recherches Historiques Page blanche U] BIJLLKTIN DES tt KI’JI Kit CIIKS II ISTU It Mi I KS VOL.XL I LEVIS.JANVIER 1935 No LA FAMILLE BERTHELOT D'AKTIONY C l I ARI.KS BkKTHKT.OT Charles Berthelot, le premier de cette famille qui passa clans la Nouvelle-France, arriva à Québec clans l’automne (le 1726.11 était lils de Denis Berthelot, marchand épicier, de la paroisse de Saint-Etienne du Mont, à Paris, et de Marguerite de Saint-Saulieu.Le jeune homme n'était pas venu ici avec l’intention de s'établir dans la Nouvelle-France.Son père qui, d’après ce que nous avons pu voir, était un marchand assez à l’aise, l’avait confié à un de ses amis, M.Vaillant, marchand, de Paris, qui se rendait à Québec pour ses affaires, “afin de lui faire voir le pays et l’instruire du commerce.” A Québec, pendant (pie le sieur Vaillant s’occupait de ses affaires, le jeune Berthelot visitait les familles.Il con nul Thérèse Roussel, fille du chirurgien Timothée Roussel.Les jeunes gens décidèrent aussitôt de s’épouser.Les bancs avaient été placés à l’église, le contrat de mariage avait même été passé par le notaire de la Cetière, lorsque l’intendant Dupuy eut vent de l’affaire.Berthelot était encore mineur et n’avait apporté avec lui ni extrait baptistaire ni le consentement écrit de son père pour contracter mariage.L’intendant Dupuy, qui n’entendait pas badinage sur 1 observation des lois, détendit formellement “à tous notaires et ecclésiastiques de prêter leur ministère au mariage projeté d’entre le sieur Berthelot avec la Délie Roussel ” Son ordon- 4 - nance est en date du h février 1727.C omme cette pièce donne certains renseignements sur la famille lîerthelot, nous la reproduisons ici : “Claude Thomas Dupuy, etc."Ayant été instruit d’un contrat de mariage passé par monsieur de La C éttière, notaire en cette ville de Québec, entre le nommé lîerthelot, tils d’un marchand de Paris, arrivé l'automne dernier en cette colonie en compagnie du sieur \ aillant, marchand de cette dite ville, lequel sieur Vaillant, nous vint trouver ces jours passés et nous dit qu’à l’occasion de la recherche qui se faisait par le dit lîerthelot de la demoiselle Roussel, fille, pour l’épouser, et de quelques difficultés que le curé de la paroisse apjvortait à les marier, faute par le dit lîerthelot de rapporter son extrait baptistaire et le consentement de son père, actuellement vivant, ils se seraient retirés par devant monsieur l'évêque de Québec, qui leur avait dit de nous venir trouver et que, sur les difficultés qui se présentaient, il s’en rapporterait à ce que nous penserions.“Sur quoi nous avons demandé au dit Vaillant ce qu’était le jeune homme; il nous a dit qu’il était tils du sieur 11er-thelot, marchand-épicier, établi et demeurant à Paris, rue du Petit-Pont, proche la rue de la llucherie et vis-à-vis la rue de la IIuchette; qu’étant en relation d’affaires avec le père de ce jeune homme, il l’avait prié d’amener avec lui son fils en Canada, pour lui faire voir le pays et l’instruire du commerce, lui disant aussi que s’il se trouvait en Canada une occasion de le marier, qu’il la lui ménageait, et qu’il lui servit de père, en quoi il «avait compris qu’il pouvait ici donner au mariage de ce jeune homme le même consentement que le pere y eut pu donner lui-même; nous lui avons demandé de plus s’il avait au moins quelque lettre et quelque écrit qui pût assurer la volonté du père; mais nous ayant répondu qu’il n en avait aucun, nous lui avons declare que son témoignage ne suffisait pas, et que les ordonnances défendaient de prouver par témoins et autrement que par écrit de leur main ou devant notaire les consentements des pères et mères en tel cas requis, et que nous en parlerions à mon dit sieur l’évêque, avec lequel étant convenus depuis de l’impossibilité et de la consequence pour les parties intéressées d’accomplir, quant à présent, ce mariage; nous avons cependant entendu dire que l'intention des parties était de passer outre au dit mariage, ce que voulant prévenir et faire sur cela aux parties intéressées les remontrances nécessaires, lesquelles sont de notre devoir, et dont les édits et ordonnances chargent notre hon neur et notre conscience, quand nous sommes avertis de ce qui se passe : “Nous avons lait venir pardevant nous la mère de la Demoiselles avec la Demoiselle, sa tille, et séparément le dit sieur Berthelot, auxquels ayant représenté les défenses qui étaient faites aux ecclésiastiques de marier des fils de famille, sans avoir leur extrait baptistaire et sans voir le consentement des pères et mères des dits enfants, les peines d’exhé-rédiation prononcées contre les dits enfants au sujet de tels mariages, la perte des effets civiles et de tous les droits stipulés pour l’un et pour l'autre des conjoints dans le contrat de mariage; “Nous les avons de plus engagés, pour les persuader davantage, de prendre sur cela la lecture des ordonnances de nos rois, que nous leur avons présentées, mais n’ayant pas voulu se rendre de leur part et ayant de la nôtre une juste crainte qu'ils ne fassent quelque chose contre les règles, et qui soit préjudiciable tant aux parents de la tille recherchée, dont l’intention est de pourvoir solidement la dite fille, qu’aux enfants qui en pourraient naître, comme aussi au jeune homme lequel ne se dit âgé que de vingt à vingt-un ans, quoiqu'il paraisse en avoir beaucoup moins, et que n’étant arrivé ici que depuis six mois n’v a fait encore aucun commencement de fortune, et n’a apporté avec lui ni le consente ment de son père ni son extrait baptistaire, omission qui ne donne pas lieu de penser que le père ait, ainsi qu’on le dit, consenti verbalement au mariage de son fils, et autrement que sous la condition qu’on lui en écrirait avant que d'en résoudre et en arrêter aucun.“C’est par ces considérations et à l’effet que les pères ne perdent pas le droit qu’ils ont sur leurs enfants, que la fortune des particuliers qui s’établissent en ce pays soit stable et assurée; que les enfants qui y naissent et qui peupleront la colonie aient un état certain et avantageux, comme aussi pour prévenir le> conséquences et les inconvénients qu’un pa reil exemple porterait sur les gens de condition et sur le> tils de famille, lesquels peuvent compter sur la fortune de leurs pères et mères, et pour ne pas détourner les pcrcs de famille de F Ancienne France d’envoyer leurs enfants s’établir et commercer en ce pays, que nous nous croyons obligé de déclarer et d’intimer à l’une et à l’autre des parties intéressées, ensemble aux parents de la dite Demoiselle en parlant à sa mère, aux notaires qui y pourraient contribuer, et aux ecclésiastiques qui pourront être sur ce requis, qu’ils aient à ne point passer outre ou prêter leur ministère au dit mariage, jusqu’à ce que les parties et parents aient écrit au père du dit mineur, et en aient reçu le consentement par écrit.Mandons, etc.“Fait et donné en notre héitel, à Québec, le six février, mil sept cent vingt-sept.” (Signé) Dupuy ( 1 ) Le jeune Berthelot écrivit à son père par les premiers v aisseaux qui partirent pour la France au printemps de 1727.L’autorisation paternelle attendue avec tant d’impatience arriva a la fin de l’été, et le mariage eut lieu le 26 septembre 1727.Disons ici que l’intendant Dupuy fut vertement blâmé par le ministre pour avoir empêché le jeune Berthelot d'épouser Mlle Roussel.C harles Berthelot avait des dispositions remarquables pour le commerce.Probablement aidé aussi par les capitaux que lui fournit son père, il ne tarda pas à devenir un des principaux négociants de Québec.Le 3 octobre 1748, Charles Berthelot achetait des héri tiers de feu Louis Rouer d’Artigny, en son vivant conseiller au Conseil Supérieur, savoir Augustin Rouer de Villeray, Benjamin Rouer de Villeray, enseigne en pied dans les troupes du détachement de la marine, Hector Rouer d’Artigny, enseigne en pied dans les troupes du détachement de la marine, Geneviève Rouer de Villeray.épouse de Louis-Joseph Lambert, et Angélique Rouer de Villeray, épouse de Denis (1) Ordonnantos tirs Intendants. / Rousseau, "une pièci de terre nomrué vulgairement la (irait (/’ Prairie laquelle contient cinq arpents, trois perches, neuf pieds sur le chemin de la (irande-Allée, et cinq arpents, huit perches, quinze pieds du côté qui regarde le nord, du côté sud-ouest joignant le terrain des Dames Ursulines sept arpents, deux perches, quatorze pieds, et de l’autre côté au nord-est quatre arpents le long du terrain de madame de Mor-ville ensuite un arpent une perche et demie le long du terrain des Dames de l’Hotel-Dieu de Québec.” M.lîerthelot paya son acquisition 5200 livres.Les héritiers de \ illeray n’en reçurent pas une grosse part puisque >ur ces 5200 livres ils en devaient 5265 à la fabrique Notre-Dame de Québec ( 1 ).A l'automne de 1758, M.lîerthelot décidait de passer en b rance.Le 6 octobre 1758, il constituait sa femme sa procuratrice générale et spéciale, pour tout le temps que durerait son absence du pays.11 lui donnait pouvoir “cle régir, gouverner et administrer tous leurs biens et affaires actuel les et qui leur pourraient ci-après survenir sans exception aucune de quelque nature que ce puisse être, recevoir toutes les sommes qui lui sont dues et le seront ci-après par billets, obligations, sentences et arrêts et aussi pour comptes courants loyer, fermages, arrérages de rentes, constituts, etc, etc.” Madame lîerthelot recevait enfin pouvoir de faire tout ce quelle voudrait des affaires de son mari (2).M.lîerthelot ne revint jamais dans la Nouvelle-France.D’après la tradition de la famille, il serait mort à Saint-Denis, près Paris, vers 1780.Une chose est certaine, c'est qu’il vivait encore en 1779 puisque, a la date du 19 janvier 1779, nous le voyons passer un acte de partage avec son fils Charles devant les notaires Maigret et Dupre/, à Paris.Madame lîerthelot était décédée à Québec le 14 novembre 1767, à l’âge de 63 ans.De leur mariage étaient nés onze enfants: ( 1 ) Act» de .1.-('.l’aiiet, .1 octobre 1748.(2) Acte de Mande lînroJet.(> octobre 1708. 8 ( AT I IKK I X K-JoSKI’ll liKRTII KI.O'I Né à Québec le 21 juillet 172b.Décédée à Lurette le 21 juillet 1730.Il ClIARI.KS-LoUIS I )KR THKI.O'I Né à Québec le 20 octobre 1730.Décédé à Lnrette le 22 janvier 1731.III Chari.ks Rkrthkmit Le continuateur de la lignée.IV Loris-Sta.nist.as Rkrtiikkot Né à Québec le 25 janvier 1733.Décédé au même endroit le IS-C ' 11 a R l.l'.S 11K K T11 KLOT Né a Québec le 1er septembre 1734.Décédé avant le 22 juillet 1771.VI Marik-A.xnk Rkrthki.ot Née a Québec le 2 octobre 1735.Mariée à Québec, le 16 janvier 17(>4, à Guillaume Du-barry, chirurgien à Québec, natif de la paroisse de Campan, diocèse de Tarbes, fils de défunt Cyprien Dubarry et de défunte Cécile Cazeau.M.Dubarry décéda à Québec le 2 avril 1772.Il était à sa mort syndic des RR.PP.Récollets.Madame Dubarry survécut trente-six ans à son mari.Idle décéda à Québec le 6 décembre 1808. — 9 — VII Joseph-Ignace Berthelot Né à Québec le 11 février 1737.En 1770, il résidait à Bordeaux, en France.Le 6 mai 1770, par acte passé devant MM.Duguay et Rideaux, notaires à Bordeaux, il donnait procuration à ses frères et soeurs pour vendre certaines propriétés.Nous perdons ses traces a partir de cette date, 6 mai 1770.VIII M i n i e I.- Am a b i.k B erti i eu >t d’Artigny Né à Québec le 10 août 1738.M.Berthelot reçut sa commission d'avocat le 2b juillet 1771, et sa commission de notaire le 28 janvier 1773.Les deux professions s’exerçaient alors simultanément.Il en fut ainsi jusqu'en 1786.M.Berthelot d’Artigny opta alors pour la profession d’avocat .C’est le 31 décembre 1791 que M.Berthelot d’Artigny reçut une commission pro tempore de juge des Plaidoyers Communs pour le district de Québec.1*3le fut renouvelée à titre conditionnel le 19 septembre 1793.M.Berthelot d’Artigny goûta aussi à la politique.Candidat à la Chambre d’Assemblée dans le comté de Québec, en 1792, il fut défait par MM.de Salaberry et Lynch M.de Salaberry, qui était candidat dans deux comtés, opta pour celui de Dorchester.M.Berthelot d’Artigny revint sur les rangs dans le comté de Québec, et, cette fois, fut élu par acclamation.11 fut ensuite député de Kent, de 1798 a 1800.M.Berthelot d’Artigny décéda à Québec le 10 mai 181a.La Gazette (te Québec du 18 mai 1815 fait les adieux suivants à M.Berthelot: “Ce respectable monsieur, dans les diverses situations publiques oû il s’est trouvé, n’a jamais cessé d’employer ses talents et son influence à promouvoir le bien général de cette province et celui des individus qui ont eu recours à lui.et cela avec un zèle et un désintéressement dont on voit fieu d’exemples." — 10 Michel-Amable Berthelot d'Artigny avait épousé, à Quebec, le 20 juillet 1772.Marie-Angélique Bazin, fille de leu Pierre Bazin, négociant, et de Thérèse Fortier.File décéda à Québec le 1(> novembre 1702, à l'âge de 41 ans.I )e c ¦ mariage étaient nés sept entants: /.—Michel Berthelot Xé a Quélx'c le 28 mai 1774.H tut admis à la profession de notaire le 11 septembre 1707.Le 2 mars 1800, l'honorable (iabriel-FIzéar Taschereau, grand voyer du district de Québec, donnait la cornmis-sion suivante à M.Berthelot : "\ u que par un acte passé par le parlement provincial dans la trente-sixieme année du règne de Sa Majesté, intitulé, "acte pour faire réparer et changer les chemins et ponts "dans cette Province et pour d’autres effets", il est statué que les divers grands voyers de cette Province, sont autorisés d’appointer chacun en son district respectif, un député grand voyer: en conséquence et avec I agrément de Son Fx-cellence sir James Henry Craig capitaine général et gouverneur en chef pour la province du Bas-Canada &c &c &.Je soussigné ( iabriel-FIzéar Taschereau écuyer grand voyer pour le district de Québec, dans la dite Province, ai appointe et appointe par ces présentes Michel Berthelot écuyer de la ville de Québec, pour mon député grand voyer pour le dit district de Québec, pour tenir l’office de député grand voyer avec tous les droits, pouvoirs et autorités mentionnés et donné.- par lacté susdit, et en se conformant en tout aux règle-mens et remplissant les devoirs imposés par icelui acte; ratifie et confirme par ces présentes tous et chaque acte ou choses qui seront faits et exécutés conformément à la loi, par le dit Michel Berthelot, en vertu des présentes et leur donne la meme force et autorité que s’ils avaient été faits par moi-meme., n."lai.rc berthelot décéda à Québec le 21 janvier 1840, et fut inhumé dans le cimetière des Pauvres de l’Hô-tel-Dieu. 11 — Il avait épousé, à Québec le 20 niai 1817, Madeleine Seguin, bile de Joseph Seguin et de Madeleine Monier.Elle décéda à Québec le 20 juillet 1821.et fut inhumée au cimetière des Pauvres de l’Hôtel-Dieu.Il n’y eut pas d’enfant de ce mariage.//.—Pierre Hcrthelot d’Artigny Né à Québec le 28 juillet 1775.Décédé en bas âge.HI.—Amable Berthelot Né à Québec le 10 février 1777.Comme son père, il embrassa la carrière d’avocat et fut admis au barreau le 17 janvier 1799.11 s’établit d’abord aux Trois-Rivières où son amour du travail, sa science du droit et la scrupuleuse attention qu’il apportait à toutes les affaires qu’on lui confiait lui attirèrent une clientèle considérable.M.Berthelot, ami des livres et des études historiques, s’en vint ensuite résider dans sa ville natale afin de se rapprocher des bibliothèques et des dépôts d’archives.M.Hcrthelot fut député a la Chambre d’Assemblée pour le comté des Trois-Rivières de 1824 à 1827, pour la haute-ville de Québec de 1824 à 1836, puis ]R>ur le comté de Ka-mouraska de 1841 à 1847.M.Berthelot vécut à Paris de 1820 à 1824 puis de 1831 a 1834.Bibliophile averti, il en profita pour acheter de nombreux ouvrages sur l’histoire de l’Amérique et du Canada en particulier, qui lui formèrent une bibliothèque canadienne très précieuse.M.Berthelot décéda à Québec le 24 novembre 1847.l’u de ses amis lui consacrait la notice suivante dans la Miner-i'c du 30 décembre 1847: “Patient et studieux, M.Berthelot était un des hommes les plus savants de ce pays.Il s’adonna à plusieurs sciences.Le droit, l’économie politique, l’histoire, la botanique, la grammaire ont occupé successivement ses loisirs, la dernière surtout absorbait presqu'exclusivement tout son temps dans 12 les dernières années de sa vie.11 a consigné le fruit de ses recherches et de ses réflexions sur cette branche dans plusieurs dissertations qui ont vu le jour, et dans deux ouvrages moins remarquables par leur volume que par l'ingénuité et la profondeur de l’auteur, et publiés sous le nom de: hssai de f/rawinairc française (imprimé à Québec en 1K4Ü).et lissai d'anaiyscs grammaticales (imprimé en 1843).S'appuyant sur les principes du célèbre abbé (iirard, le premier des grammairiens modernes, et l'auteur si délié et si fin des synonymes français, M.Ilerthelot a introduit dans ses deux ouvrages, comme partie essentielle et fondamentale, l'analyse logique de la phrase, à laquelle il a donné une nomenclature qui explique la nature constructive de chaque mot en la désignant, à peu près comme les chimistes ont fait pour nommer les substances et leurs combinaisons.Il a simplifié ainsi considérablement l’étude de la grammaire à laquelle il se proposait de rattacher la logique et la rhétorique, séparées d’elle depuis quelques siècles, dans un travail qu’il a laissé inachevé.La méthode de M.Ilerthelot a eu ses détracteurs et ses incrédules comme toutes les nouveautés, mais elle a fait aussi de nombreux adeptes, à la tête desquels l’on peut placer le surintendant de l’éducation du Bas-Canada.Llle a été adoptée par le collège Sainte-Anne, et elle est suivie dans plusieurs des meilleures écoles élémentaires.M.Ilerthelot a publié aussi quelques opuscules historiques dans les journaux du temps ou sous forme de brochures.Celui qui a attiré l’attention davantage, est le mémoire dans lequel il prétend, sur un canon de bronze trouvé accidentellement dans le Saint-Laurent, au-dessus de Québec, que le laineux navigateur Verazzani a découvert ce fleuve .i\T L’auteur de la branche de Sainte-deneviève.Xi Logis-Balthazar Berthelot Né à Québec le 7 octobre 1742.11 alla s’établir à l'ile Sainte-Lucie.L’acte de notoriété suivant reçu devant les notaires Deschenaux et Planté, à Québec, le 28 février 1791.nous apprend de quelle manière M.Berthelot perdit la vie: “Aujourd’hui, le vingt-huitième jour de février de l’année mil sept cent quatre-vingt-onze, est comparu en personne devant les notaires publics en la province de Québec rési- dants à Québec soussignés sieur François Girard, navigateur, natif de cette ville et paroisse de Québec où il réside actuellement, lequel a déclaré, attesté et affirmé ès mains des dits notaires soussignés à tous qu’il appartiendra avoir parfaitement connu Louis- lïalthazard Berthelot qui était marié aux Cailles Saint-Louis et était établi sur File de Sainte-Lucie, lequel était bis du sieur Charles Berthelot, vivant négociant à Québec, qu’il a connu l’épouse du dit sieur Louis-Balthazard Berthelot qui avec lui était venu s’établir à Sainte-Lucie où le comparant les a connus tous deux.Que la dite épouse du dit sieur Louis-Balthazard Berthelot est décédée à Sainte-Lucie sans laisser aucun enfant, qu'il a vu le dit sieur Louis-Balthazard Berthelot depuis le décès de la dite dame son épouse et qu’il n’a point convolé en secondes noces ; qu’en l’année mil sept cent soixante dix-huit vers le mois de février étant en la dite ile Sainte-Lucie et avec le dit sieur Louis-Balthazard Berthelot avec le sieur Papin Baronet s’embarquer dans un bateau corsaire, lequel bateau étant en mer entre les îles la Grosse Bette et la Martinique ou souffrière sauta en l’air sous les yeux du dit comparant et que tout l’équipage périt dans cet accident sans que personne de l’endroit où était le déposant put leur porter secours et que le dit sieur Louis-Balthazard Berthelot est péri dans cet accident de laquelle déclaration M.Michel-Amable Berthelot d’Artigny, avocat, demeurant en cette ville de Québec, frère du dit feu sieur Louis-Balthazard Berthelot a requis acte à lui octroyé pour lui servir et à tous autres qu’il appartiendra et valoir ce que de raison.Et ajouté le dit comparant qu’il a pleine connaissance que dès le lendemain de cet accident le procureur du Roi de l’endroit s’empara des biens du dit feu sieur Louis-Balthazard Berthelot; qu’il y a environ quinze mois qu’il a été à Sainte-Lucie en dernier lieu et qu’il a vu une négresse nommée Suzanne qui appartient à la succession du dit feu sieur Berthelot laquelle pria le comparant d informer les parents de son maître de la mort de son dit maître".* * * IS — Charles Ukrtuklot No a Québec lo S inivembro 1731.II so mit dans lo ounmerce puis la nialadio lo força à l'inactivité.Il so retira alors chez son tils, curé do Saint-Henri de Maso niche, où il décéda lo 29 mars 1803.M.Hertholot avait é]xmsé, à Québec, le 1S octobre 17(>3, (ionovièvo Channazars, tille de feu Pierre-Simon Channazars et de défunte Marie-Jeanne Resche.Après la mort de son mari, madame llerthelot suivit son lils.l'abbé Charles llerthelot, dans les différentes cures que son évêque lui confia, à Saint-Luc et à Saint-Pierre de I ile d’( irléans.Kilo décéda dans cette dernière paroisse le dernier jour de novembre 1813 et fut inhumé dans le cimetière paroissial le lendemain.Nous avons sous les yeux une lettre que cette excellente femme écrivait, le 15 décembre 1812, a ses tilles religieuses au monastère des Ursulines de Québec.M.l'abbé Berthe-lot était alors curé a Saint-Luc, non loin de la frontière américaine, et le Canada était en guerre avec les Etats-Unis.( et te épi t ro exhale des sentiments si beaux, si chrétiens qu’elle vaut la peine d’être reproduite: Mes chères tilles, écrivait-elle, il y a longtemps, ce me semble, que je n ai point reçu de vus nouvelles, ni du reste de ma famille à Québec: on dirait que vous êtes tous morts.Comment allez-vous?comment vont Gonzague et sa femme .Lisette et Planté avec leurs enfants ?mon frère et ma soeur ?Je n’entend plus parler d'eux.Ah ! si je pouvais écrire, que je lusse a votre âge, quand même je serais religieuse, il me semble que j'échapperais plus souvent un instant pour écrire a ma mère ! Mais vous êtes bien les soeurs (le votre trere: il n’aime pas à écrire, et je crois que vous lui ressemblez un peu en cela.Pourtant j’aime à penser que je me trompe, et que vos lettres ne parviennent pas aisément à leur adresse.Si vous m'écrivez bientôt (et le plus tôt.ce ¦-eia le meilleur), acheminez-les exactement; vous pourriez es remettre au soin de M.Sauvage, prêtre du.séminaire de Montreal.'Je vous dirai naturellement que par temps je m’en-mm Je ne puis plus, et on ne veut pas me laisser faire tout — 19 — et* que je taisais il y a quelques années.Mes oreilles s’endurcissent.ma vue s'affaiblit; je ne puis plus lire le soir.Je tricotte encore un peu, mais ça me fatigue dans le clos.Ah ! mes pauvres enfants, que la vieillesse est une chose triste ! Point, ou très mince société ici, toujours vis-à-vis les uns des autres, sans avoir rien de nouveau à se dire; il y a quel quefois de l’ennui à essuyer: mais il faut se consoler avec le bon Dieu.Priez-le pour moi, afin qu’il m'accorde la grâce de me soumettre à sa sainte volonté en toutes choses; dans l'affliction comme dans la consolation, dans l'infirmité corn me dans la santé, enfin dans le temps comme dans l'Eternité.Le curé espérait sortir d’ici cet automne.Il dit qu’il s’y déplaît beaucoup.Il peut avoir quelque raison.Du reste, il se porte mieux qu’il n’a fait depuis bien du temps; il faut en remercier le bon Dieu.“Parlons actuellement des Bastonnais.Vous en avez eu, j'en suis sûre, plus de peur pour nous que pour vous, que nous-mêmes.Voilà ce que c’est que d’être éloigné du théâtre; les objets grossissent de loin, et de près, on voit au juste ce qu’ils sont.Eh bien ! on s’est familiarisé à entendre parler de guerre, à voir aller et venir à tous moments des soldats, des miliciens, des gens de corvée, à apprendre même quelques alertes, qui ont donné, il faut l'avouer, quelques petits frissons pour un instant, mais qui, enfin, Dieu merci, se sont évanouies en fumée.Dieu veuille que nous soyons quittes à aussi bon marché pour l'année prochaine ! Nous avons tout mis entre ses mains.S’il faut que nous ayons la guerre l’année prochaine, je ne sais ce que nous deviendrons, car il n’y a rien dans ces contrées-ci, et le curé ne se (latte pas d’avoir cent minots de blé, cette année; — et pour tout cela, il ne se démonte pas et prend sa tasse de café tous les jours: il serti assez té»t de s’en passer quand il n’y en aura plus.“Je me rappelle que Julie doit avoir fait sa première communion vers le 15 août dernier; il me semble qu’elle me l'a écrit elle-même.J’ai prié le bon Dieu pour elle ce jour-là, et le prie tous les jours qu’elle en conserve la grâce et s'en rende digne de plus en plus.Lorsque vous verrez Lisette, dites-lui que je suis très contente de ce que presque tous ses enfants ont eu ce bonheur, car supposé que Charles — 20 — l'a faite aussi.C ela doit taire six communiants dans sa famille.Ou elle prenne bien garde de négliger ou de s’éloigner de la communion, ( "est souvent la seule ressource et la seule consolation dans la vie, dans le ménage.Dites-lui bien que c’est moi qui dis cela.“Faites mes amitiés au cher (ionzague et à la chère Li-lique.File a perdu son dernier enfant: le bon Dieu sait bien ce qu’il l’ait.Ils sont heureux dans le ciel.X’’oubliez point mon frère et ma soeur, mon gendre, mes petits-enfants.Je porte tous ces gens-là dans mon coeur; il serait trop long d’écrire tout ce que je sens pour eux.Je les embrasse de tout mon coeur."Pour vous, mes chères tilles, qui avez choisi la meilleure part, estimez infiniment votre état.Jouissez de la paix, de la solitude.Pensez à moi dans vos prières, comme je ne vous oublie pas dans les miennes.Recommandez-moi à toutes vos sœurs, que je salue très respectueusement, et me croyez, mes chères tilles, votre tendre et affectionnée mère’’ ( 1 ).battants : I (ÎKNKVIKVK T II KRKSK BkKTIIUIT Xee à Québec le 7 février 1765.File lit profession au monastère des Ursulines de Québec, le 3 septembre 1763, sous le nom de Mère Saint-François (l’Assise.Décédée à Québec le 2 décembre 1X30 (2).II (ÎI-:XKYI ÈVK-J l'I.li; P>KKT11KU>T Xé à Québec le 21 janvier 176ü.File fit profession au monastère des Ursulines de Québec sous le nom de Mère Saint-Joseph (2 février 1762 g Décédée à Québec le 5 janvier 1X42 (2).(1) l.iX I ru II lin It ill (Jucher, tome III.p.:ci:i. l.ix l'nnifiiiix ih (Jucher, toim- III.p.‘,VA2. — 21 111 M AR1 K- E U Z A B ET 11 I Vh K T H Kl.( )T Née à Québec le 1X novembre 1766.Décédée à l’Ancienne-Lorette le 1er septembre 1707.IV MARiH-Lor isi-; Iîertu ei.oi Née à Québec le 1 .Mariée, au même endroit, le 20 mai 1704, à Joseph Bernard Planté, notaire, tils de Dominique-Bernard Planté, chirurgien et notaire, de la Pointe-aux-Trembles, et de Marie-Thérèse Faucher.M.Planté fut député de Hampshire et de Kent, inspecteur du Domaine du Roi et greffier du Papier Terrier.Il fut aussi un des fondateurs du Canadien avec MM.Bédard et Taschereau.Le notaire Planté décéda presque subitement a Québec le 13 février 1826, et sa veuve le suivit dans la tombe moins de quatre mois plus tard, le 10 juin 1826.Aucun de leurs (ils ne perpétua le nom de Planté.V CAT HHRl N K 1 >KRT H EM >T Né à Québec le 31 avril 1768.Décédée à l’Ancienne-Lorette le 21 février 1760.VI Charles Bertiiklot Né à Québec le 2 avril 1770.Ordonné prêtre à Québec le 25 mai 1703, il devint peu après vicaire à la cathédrale de Québec dont le curé était alors M.Joseph-Octave Plessis, le futur évêque de Québec.En 1706, M.Rerthelot était nommé curé de Saint-Henri de Mascouche.En 1807, M.Berthelot remplaçait M.François Plessis-Belair comme curé de Saint-Luc, comté de Saint-Jean.Le territoire de cette paroisse n était pas très grand tuais le curé avait à desservir Mille-Roches, aujourd’hui Saint-Athanase, et les fidèles échelonnés sur les deux rives du Richelieu jusqu'à la frontière américaine.Il allait aux malades au Pé-ningouin, à File aux Noix, à la rivière Lacolle et même à (Ttasy, état de New-York (1 ).C’est jtendant que M.Berthelot était curé de Saint-Luc * (),, trouve- ra dans eet ouvragv plusieurs lettres de l’abbé Itertlie.lot à s,-s soeurs re-liLTHMlsps ursuUnes ù Québec. mourut If 13 avril 1830, dans la soixante-unièinc année de son âge et la trente-septième de son ordination.Il lut inhu nié dans les caveaux de l’église de Saint-Luc, paroisse dont il avait été curé pendant sept ans.M.l’abbé Berthelot, par son testament, avait légué tous ses biens à Mgr Lartigue.Il est considéré comme un des bienfaiteurs insignes de l’évêché de Montréal.Vil Anoki.kji i: Ri:htii iu.ot Née à Québec le 3 août 1771.Décédée à PAncienne-Lorette le 18 octobre 1771.VI11 Claire Berthelot Née à Québec le 21 juin 1773.Décédée en bas âge.IX A N TO I N K - A AIA H LE R E RTH E LOT Né à Québec le 17 avril 1775.Décédé à Beauport le 18 août 1775.X J ( >SE I'll - A M A BLE R ER T11 ELOT Le continuateur de la lignée.XI Louis de Gonzague Berthelot Né à Québec le 12 juillet 1777.Il eut, à l’âge de vingt ans, une aventure dont il conserva le souvenir toute sa vie.Nous en trouvons le récit dans la Gazette de Québec du 29 juin 1797 : “Dimanche dernier, le 25 de ce présent mois, Jacques — 24 — Perreault, tils unique de Jacques Perreault, Pettier, seigneur de la Rivière-Ouelle, Pierre Yoyer.fils de Charles Yoyer, Pettier, notaire, de cette ville, Joseph Derome, fils de M.Charles Derome, marchand, de cette ville, Etienne Têtu, fils de M.Félix Têtu, de la paroisse de St-Thomas, et Gonzague Berthelot, fils de M.Charles Berthelot, ci-devant négociant de cette ville, ayant fait une partie pour aller se promener au Sault de la Chaudière, prirent à cet effet un |>etit canot d'écorce appartenant au jeune Derome, dans lequel ils se rendirent et montèrent le rapide à la faveur de la marée, qui alors était haute.Vers les cinq heures de l’après-midi, voulant revenir, ils firent une tentative pour franchir les brisants qui étaient extrêmement forts, à cause de la marée, qui 'V trouvait a demi-basse: mais au moment où ils allaient échapper le danger, un d’eux, se mit à crier qu’ils allaient périr, ce qui effraya tellement les autres que, perdant courage, ils cessèrent de nager: et le courant s’étant emparé du canot, qui n avait plus d’essor, la violence des bouillons le fit tourner.Pe jeune Perreault fut le premier qui tomba à l’eau, \ over et Têtu le suivirent, Berthelot et Derome furent les derniers renversés, parce qu’ils tenaient le derrière du canot: rie ces cinq, quatre ont été engloutis dans le torrent, le jeune Berthelot seul revint sur l'eau, et heureusement se saisit de la pince du canot, à laquelle il se tint ferme jusqu a ce que le courant l'eût fait dériver à terre.11 se rendit aussitôt a la maison du passager pour lui demander secours, lui exposant le malheur qui venait d’arriver, mais celui-ci lui i et usa la moindre assEtance: il ne voulut pas même le traverser de 1 autre cote du fleuve, à quelque prix que ce fut, lui donnant pour raison qu’il n’osait laisser les enfants seuls; de s juillet 1779.I )écédée en bas a^e.XIII Ana s ia \-Kkm i Berth ki.ot Xé à Québec le 1er octobre 1781.Décédé à Saint-Augustin de Portneuf le 13 mars 1784.* * * JoSKI’II-A MAHI.E I î KR I'll KI.OT Xé à Québec le 23 avril 177(».II lut admis à la profession de notaire le 5 janvier 1811.Le notaire Berthelot exerça d’abord sa profession à Saint-Eustache puis à Saint-Benoit.Joseph-Amable Berthelot décéda à Saint-Benoit le 29 août 1860.Il avait épousé, à Rcpentigny, le 18 juillet 1814, Marie-Michelle 1 lervicux, tille de Paul Hervieux et de Anne-C harlotte Trottier Desauniers.Madame Berthelot décéda à Saint-Benoit le 22 janvier 1879.De leur mariage étaient nés huit enfants: I Joseph-Amabi.e Bkktiielc>t Xé a Saint-Eustache le 8 mai 1815.Le continuateur de la lignée.Il Marie-Km eue Bertiiei.ot Xée à Saint-Eustache le 1er août 1816.Mariée, au même endroit, le 30 avril 1851, à Jean-Joseph Cirouard.notaire, veuf de Marie-Louise Félix. 29 — M.Girnuard est une des figures les plus .sympathiques de notre histoire.Député des Deux-Montagnes de 1830 à 1837, il ne prit pas souvent la parole en chambre mais il était réconnu comme un homme d’un rare jugement et un conseiller désintéressé Arrêté en 1837, il fut remis en liberté sans subir de procès.Il refusa d’entrer dans le ministère llaldvvin-Lafontaine en 1842, déclarant qu’il n’avait pas de goût pour remplir les hautes fonctions de ministre.M.Girouard décéda à Saint-Benoit le 18 septembre 1855.Madame (îirouard survécut plus de quarante ans à son mari, hile décéda à l’Hospice Gamelin, à Montréal, le 15 décembre 18%.M a r i !¦;- A n < ; k l i y ri: I > krt hki.ot Née a Saint-Eustache le 9 décembre 1818.Décédée non mariée à Montréal le 7 avril 1902.IV M A K I K-A X N K I ’» KRT 11 KT.(>T Xée à Saint-Eustache le 11 janvier 1821.Décédée non mariée à Montréal le 12 juin 1894.Y G h ari.ks- P a r i.1 ! krt i i ki.ot Né à Saint-Eustache le 27 janvier 1823.Décédé au même endroit le 5 février 1823.VI C maki.ks-Ai.kxis Bkktiiki.ot Né à Saint-Eustache le 13 mars 1824.Décédé au même endroit le 14 décembre 1842. — 30 — VII Louis dk Gonzague Berthe lot Né à Saint-Eustache le 4 août 1826.Décédé au mémo endroit le 11 juin 1X28.VIII Thomas-Louis dk Gonzague Berthei.ot Né à Saint-Eustache le 10 mars 1829.Décédé au même endroit le 15 mars 1831.* L’iionorabi.e Joseph-Am able Bertiiei.or Joseph-Amable lïerthelot, né à Saint-Eustache.le 8 mai 1X1 a, du mariage de Joseph-Amable lïerthelot.notaire, et de Marie-Michelle Hervieux, termina ses études classiques en 1X32.l’année du grand choléra, et commença ses études de droit à l’automne de la même année.11 passa brevet avec sir L.-ll.Lafontaine qui avait épousé sa cousine.Adèle lïerthelot d’Artigny.Admis au barreau le 12 novembre 1836.il entra en société avec son patron.Peu après, commençaient les troubles • pu conduisirent aux rébellions de 1X37 et 1X38.M.lïerthelot était patriote mais ne fut jamais partisan de la révolte armée.Ce qui n'empêcha pas qu’en novembre 1838, il fut jeté en prison en même temps que d’autres patriotes, la plupart aussi inoffensifs que lui.Après quelques jours de détention, d demanda par lettre au secrétaire de sir John Colborne de bien vouloir lui donner la cause de son arrestation.Il ne reçut aucune réponse mais, une semaine plus tard, on le remit en liberté.A la nomination de sir L.-ll.Lafontaine, son associé à a judicature, en 1853, M.lïerthelot forma une nouvelle société avec son ami, sir G.-E.Cartier.En février 1859, M.Berthelot était nommé temporaire-.nent assistant juge delà Cour Supérieure, pour remplacer h juge I).I).Day.qui venait d’être choisi comme codifica- 31 — teur des luis.L’année suivante, le juge Day descendit du banc et M.Herthelot, par commission du 30 novembre 18(*0, le remplaçait au banc de la Cour Supérieure pour le district de Montréal.L’honorable juge Herthelot eut une longue et intéres santé carrière comme juge.Très assidu à ses devoirs, il sc reposait de ses travaux du banc en voyageant en Europe pendant les vacances judiciaires.Le 1er septembre 1876, le juge Herthelot descendait du banc afin de prendre un repos bien mérité.11 décéda à Montréal le 24 juillet 1897.Le juge Herthelot avait épousé, le 27 avril 1849, Julie-Hélène McEnis, fille adoptive du juge F.lzéar Rédard.Enfants : T J OS KI* Il - E L Z Ê A K I i K K T 11 KI .OT Né à Montréal le 27 janvier 1850.Médecin.Décédé à Montréal le 30 juillet 1892.Il avait épousé à Montréal, le 22 octobre 1877, Herthe Prévost, fille de Amable Prévost et de Rosalie-V ictoire Rer-nard.Enfants : I.—Georges Herthelot Né à Montréal le 17 août 1879.Ingénieur civil.Décédé à Boston, Mass., le 24 juin 1819, il fut inhumé à Montréal le 29 juin 1914.Il.—Rosalie-Hectorine Herthelot Née à Montréal le 2 novembre 1885.Mariée, en 1900, à Léon Bourgeois. 32 — 11 ClIAKI.KS-JEAN BeKTHKI.OT Né à Montréal le 23 mars 1851.Fonctionnaire du gouvernement du Canada.Décédé à Montréal le 29 mars 1XX6.III J ui.ik Berth El.ot Née à Montréal le 31 décembre 1X52.Mariée à Montréal, le 30 décembre 1872, a Joseph-Ovide burgeon, avocat, tils de feu l’honorable Joseph-Ovide burgeon.M.'burgeon décéda à Montréal le 23 novembre 1886.IV Louis-1 Ienri Berthki.ot Né à Montréal le 15 avril 1856.Avocat.Décédé à Montréal le 10 septembre 1006.Célibataire.V J ( >S KIM I - 11E N J A M I N 1 ’> EUT HEU )T Ne a Montréal le 17 novembre 1X5X.Avocat.Décédé à Montréal le 20 mars 1XX2.Il ne s’était pas marié.VI M AK I K- I l Kl.EX E-AdI-U.E I >KRTII EKOT Née à Montréal le 29 octobre 1X59.Mariée a Montréal le 18 septembre 1883, à l’ierre-brançois Casgrain, médecin.Madame Casgrain décéda le 27 novembre 1890.l.e docteur Casgrain décéda, à son tour, à Montréal le 28 février 1909. vu M AK I K-LoUI SK I > KRTH K LOT Née à Montréal le 1er novembre 1863.Décédée au même endroit le 16 juillet 1865.VIII J OS Kl'H - A M A I! I.K 1 > KKT11 K LOT Né à Montréal le 31 mars 1865.Décédé au même endroit le 1er août 1865.IX G K( >K ( ;ks- A UC.U ST K ISkrtii KI.OT Né à Montréal le 28 octobre 1866.Décédé au même endroit le 28 juillet 1867.* * * Branche de Saintc-dencvioi'e ( 1 ) AdRIKN-RkC.IS I >KRTIi KI.OT Né à Québec le 16 décembre 1740.Il se mit dans le commerce et fut marchand à L'Assomption puis a Sainte-Geneviève de Jacques-Cartier.M.Rerthelot décéda à Sainte-Geneviève le 24 octobre 1813.M.Berthelot avait épousé, en janvier 1772, Marie-Jo-sephte Guillon, tille de feu Jean-Baptiste Guillou et de dé-1 unte Marguerite l’rovencher.Lu secondes noces, en août 1784, il épousa Archange Mézières, tille de Pierre Mezières, avocat et notaire, et de Archange Campeau.(1) Voir p.H».Nos notes sur la Immelie de Sainte-Geneviève sont fort incomplètes, toutefois, avec les jalons posés ici.les intéressés pourront-, erovons-nous, compléter leur lignée. Enfant- I L HAS: - - A LEX - I’.rRTH- < »T L- :» r.timtateur - .V^.nchc a >ainte-< iciivvieve.II J : ¦ \-B A I»T i - T H: :-P.A!.! HAZAR Best HELOT * * * Ch arles-A lexis Berth elot li fut marchand à Sainte-Geneviève de Jacques-Cartier.I! avait épousé, a Sainte-Geneviève, le 11 janvier 1803.Charlotte-Adélaïde Pezard de Champlain, tille de Jean-Rap-ti-te Pezard de Champlain et de Charlotte Laguerce.Enfants : I Ch arles-Adrien Berth elot Né à Sainte-Geneviève le 27 octobre 1803.Notaire.Décédé à Sainte-Geneviève le 19 juillet 1851.Il avait épousé, à Sainte-Geneviève, le 8 janvier 1828.Marie-Catherine Delvecchio.fille de feu Pierre Delvecchio et de feu Marie-Iaiuise Beaudry.Enfants : 1 — 35 — /.—Marie-Catherine-Charlotte Berthelot Née à Sainte-Geneviève le 28 octobre 1828.Mariée à François-Hyacinthe Rrunet, notaire, de Sainte-Geneviève.File décéda à Montréal le 22 juillet 1895.11•—Marie-Louise- Azilda Bert helot Née à Sainte-Geneviève le 27 juin 1830.Décédée au même endroit le 7 août 1830.III.—M arie-A nastasic- Albina Bert helot Née à Sainte-Geneviève le 29 août 1831.Décédée au même endroit le 15 août 1832.Il •—Martc-Mclauie Berthelot Née a Sainte-Geneviève le 6 juillet 1833.Décédée au même endroit le 4 mars 1834.I '¦—Bierre-Churles-Adrien Berthelot Né a Sainte-Geneviève le 31 mars 1835.Décédé au même endroit le 23 juillet 1836./ 7.—Marie Berthelot Née a Sainte-Geneviève le 7 décembre 183().I II-—hdouard-.Idrien Berthelot Né a Sainte-Geneviève le 17 mars 1839.Décédé au même endroit le 5 mai 1840.I III ¦—J i il es-A If) ho use- A d r ie 11 Berthelot Né à Sainte-Geneviève le 4 février 1841. 3 — / y.—Marie-.Ulrica Hcrthelol Xv Sainte-Geneviève It* 22 nov embre 1842.Décédé au même endroit le 18 mai 1843.A.—Marie laurier-Arthur Hcrthclat \é à Sainte-Cieueviève le 2 mars 1844.A7.—Marie- Louise Her the! al Xée à Sainte-! «eneviève le b> mai 1840.II J k a \ -Maki k-I sidokk 1 îekth km >t \é à Sainte-Geneviève le 7 décembre 1804.Médecin le 27 décembre 1828.Décédé à Sainte-Madeleine de Ri^aud le 8 mars 1841.Marié à Julie Rochrune.III A l AK I K-.\ N ASTASI K I ’> KKT11 KU)T Xée à Sainte-Geneviève le 25 décembre 1805.Mariée à Télesphore Kimber, notaire.Décédée à Sainte-Geneviève le 20 janvier 1884.IV AI A KI K-Eléonore Bkktii KU>T Xée à Sainte-Geneviève le 15 juin 1807.Décédée au même endroit le 23 juin 1808.Y .Ai A RI K-J OS K1* 11 - Y 1 (TO IR K I > KKT H KI.( >T Xée à Sainte-Geneviève le 17 janvier 1800.Décédée au même endroit le 14 juillet 1800. VI Léon Iîerthei.ot Né à Sainte-Geneviève le 29 mars 1810.Décédé au même endroit le 8 septembre 1810.VU Firm in Ukktii ki.ot Né à Sainte-Geneviève le 29 mars 1810.Décédé au même endroit le 18 juillet 1810.VIII Al)É LA ï I ) K- .\ I K LA N I K I ’> ERT11 El .< >T .Née à Sainte-Geneviève le 11 décembre 1811.IX PI ER R E- AI.KREI) I > E RT H K T .OT Né à Sainte-Geneviève le 9 avril 1813.Décédé au même endroit le 28 août 1813.X .Charm >tt e- M a rgu e r i t e 1 ’> ert h e lot Née à Sainte-Geneviève le 1er novembre 1814.Mariée au même endroit, le 7 janvier 1835, à Charles-Guillaume Gamelin, marchand, fils de feu Charles-Gédéon Gamelin Gaucher et de Catherine de Lorimier.Elle décéda à Sainte-Geneviève le 28 janvier 1884, à I aj*c de 69 ans.XI Mari i:-Auei.iutine 1 >erti i r:urr Née à Sainte-Geneviève le 20 juin 1816.Décédée au même endroit le 2 décembre 1816. — 38 — XII Joseph -A i.kred I >krthelot Né à Sainte-Geneviève le 6 mars 1818.Décédé au même endroit le 29 juillet 1818.XIII Jeak-Baptistk-Jules IIerthklot Né à Sainte-Geneviève le 24 août 1819.Décédé au même endroit le 27 février 1820.XIV J l ' LES- H A NDOLP H H HKT H EL( )T Né à Sainte-Geneviève le 9 février 1821.Avocat.Greffier de la Cour à Sainte-Scholastique.QUESTK )NS •Hector Saint-John de Crevecoeur, dans son ouvrage: "Lettres d’un cultivateur américain", raconte qu’il a eu plusieurs fois l’occasion d’admirer la douceur et la tendre charité des religieuses des hôpitaux de Québec et de Montréal.Peut-on me dire en quite année Crèvecoeur visita Québec et Montréal ?Peut-on également me dire où trouver des renseignements sur le séjour au Canada de cet agronome français ?V.'I'.< >ù est mort le fameux Ryland, secrétaire du gouverneur C raig, qui causa tant de soucis et de peines à Mgr Plessis ?Rvland ne s’était-il pas établi au Canada au départ de Craig ?Beaup. — 59 SAINT-HENRI DES TANNERIES La section du grand Montréal, sise à l’ouest de la rue Fui ford et au sud de la côte Saint-Antoine, occupe presque entièrement l’étendue des anciens fiefs Saint-Joseph et Saint-Augustin.Ce coin de la ville fut connu, dès le XVIIle siècle, sous le nom des " Tanneries ", ou " Tanneries du coteau Saint-Pierre , puis “ Tanneries des Rolland ", et ensuite "Saint-Henri des Tanneries”.Un document judiciaire du 27 novembre 1686 nous apprend qu à cette date il y avait déjà “ une manufactu re et tannerie de cuir.sur le bord et coteau de la rivière Saint-Pierre ", c’est-à-dire dans la localité où se trouvent maintenant les paroisses S.-Clotilde.S.-Zotique et S.-Henri.Le susdit document nous apprend encore que, le lt> octobre 1686, un charpentier nommé Claude Jaudouin, employé à la tannerie, fut inopinément tué par un autre ouvrier.Nicolas Martin dit Jolycoeur.Celui-ci, ignorant (pie son compagnon était au bois et entendant un froissement de branches, imagina qu’un ours venait à lui.Pris de peur, il déchargea son fusil dans la direction du bruit avec le regrettable résultat que l’on sait.Ladite “ manufacture ” appartenait alors à Jacques Baillet qui la céda, le 28 septembre 1687, aux marchands tanneurs, Jean Dedieu et Jean Mouchère.A leur tour, le 15 juin 1691, ils la revendirent à Jacques Baillet et François Cibardin, cordonnier.Au mois d’août 1691, la milice de Montréal dut aller défendre Laprairie, attaquée par les Anglais.A ce combat, l’ennemi fut repoussé, mais plusieurs Montréalais succombèrent, entre autres le cordonnier Cibardin.Baillet remplaça son associé défunt par le marchand Pierre du Roy.Le fait est consigné dans un acte d'A-dhémar, du 10 juillet 1692, ainsi que dans une ordonnance du 26 septembre 1695, qui homologue le chemin public traversant l’emplacement de la tannerie.* * *» — 40 Après cette date, Baillet disparait.Son établissement est passé à Charles De Launay, marchand de cuir notoire, domicilié rue Saint-Paul.C’e^t chez ce De Launay que chambra, agonisa et mourut, le 26 février 1710, le célèbre Daniel Greysolon du Lhut, explorateur et coureur de bois audacieux.Cet historique personnage fut à ce point reconnaissant des soins qu’on lui avait prodigués qu il légua la plupart de ses biens aux enfants du sieur de Launay.* * * Au point de vue " appellation géographique ”, un artisan entre maintenant en scène qui reléguera ses prédécesseurs dans l’oubli.Gabriel Le Noir Rolland, né le 20 juillet 1688 et tils d’un irascible marchand de Lachine, se mit au service de Charles De Launay en 1713.On le trouva si avenant que, le 15 avril 1714, il épousait Marie-Joseph De Launay, tille de son patron, dont il devenait très tôt l’associé.Gabriel Le Noir Rolland décéda au mois de janvier 1751, laissant une veuve et une nombreuse famille.Et ce sera cette famille qui attachera son nom aux Tanneries de la banlieue ouest de Montréal.* * * Un changement va s’opérer dans la région étudiée, car, en 1810, il est décidé que la fabrique de la paroisse Notre Dame comptera 600 louis, au curé Michel Le Saul-nier, pour aider à construire une école et une chapelle "aux Tanneries”.La somme susdite parait avoir été payée le 18 août 1811 (A.V.M.I.381).Le 14 janvier 1813, le R.P.Louis, récollet, désire contribuer à l’établissement de la chapelle et de l’école nouvellement bâties par contributions et charité publiques aux "Tanneries des Rolland", et particulièrement au "village de Saint -1 lenri" des dites Tanneries.Pour ce, il comparait devant le notaire DeLisle et donne à M.le curé Le Saulnier “un retable, une pierre — 41 consacrée, un tabernacle, des tableaux, chandeliers et autres choses dépendant et appartenant à la chapelle Notre-Dame des Anges, dans l’église des Récollets.’’ Saint-I lenri Dans l’acte notarié ci-dessus, le nom du patron de la nouvelle chapelle, Saint-Henri, apparaît pour la première fois, à notre connaissance, et puisque l’on s’est demandé pourquoi on avait choisi ce nom, nous soumettons une hypothèse.Le curé d’office de la grande paroisse Notre-Dame était l’abbé Le Saulnier, mais le curé en titre, en même temps que le supérieur des Sulpiciens, était l’abbé Henri-Auguste Roux.Or les Tanneries dépendaient de la paroisse de Montréal, n’est-il pas plausible de croire qu’on donna comme patron à la nouvelle mission, celui du curé en titre ?* * * C’est entre 179X et 1 «S31 que le quartier des Tanneries des Rolland se développa et prit l’apparence d’un village.On y trouvait des tanneurs, des corroyeurs, des cordonniers et aussi des jardiniers.L’érudit Jacques N iger, dans ses “ Observations pour l’amélioration des chemins en 1K25 ”, n’oublie pas le “ village de Saint-Henri.” Il constate que la construction du canal Lachine ainsi que les concessions de terrains qui ont été faites par le lieutenant-colonel Guy et l’honorable h'.-A.Ques-nel, dans ce qu’ils possédaient du fief Saint-Joseph pour établir un nouveau chemin, ont rendu le " village de Saint-Henri beaucoup plus rapproché de la ville de Montréal.” "Avant peu d’années, ajoute l'archéologue-arpenteur, le chemin cpti rend la communication plus facile entre la ville et le village susdits, deviendra une véritable rue.” Jacques \ iger, qui devait être le premier maire de Montréal, ne se trompait pas, car le chemin dont il parle est maintenant la partie ouest de la rue Notre-Dame.* * * 42 — Le recensement des ecoles de Montréal, en 1828, nous fournit des renseignements a retenir sur le village naissant.Aux Tanneries des Rolland il y avait alors : Une école paroissiale pour les garçons et filles, sous la direction de Mlle Rolland.Nombre d’élèves : 30.Une école anglaise pour garçons et filles, sous la direction de M.Moriarty.Nombre d'élèves : 25.La Minerve du 27 septembre 1862 constate " le progrès rapide du joli village des Tanneries des Rolland (ou S.-Henri).Il est traversé par deux lignes de chemin de fer, le Grand Tronc et le Chemin defer de Lachine.11 possède aussi un “dépôt”.On apprend que le Séminaire Saint-Sulpice a décidé, vu l’augmentation de la population, d’y construire une église.Jusqu'alors, il n'y avait eu qu’une petite chapelle.où l'on ne disait que des messes basses et des prières.Pour les grand’messes, les baptêmes, les mariages, les sépultures, il fallait aller à Notre-Dame, place d’Armes.* * * En autant que nous avons pu nous en assurer, il y a longtemps, par deux anciens citoyens de S.-Henri, l’avocat et fameux chanteur Frédéric Lefebvre et Hector Lé-tourneux, nés entre 1840 et 1845, la première chapelle-école du petit village S.-Henri se trouvait, à peu près, où s’élève de nos jours, l’église S.-F,lisabeth du Portugal.Le bâtiment était en pierre et les fidèles aimaient leur petit temple qui avait l’apparence extérieure de celui de Notre-Dame-des-Neiges, construit peu après ( 1814) et qui existe encore à l’angle du chemin de la Cote-des-Neiges et de l’avenue Lacombe.Au premier étage, la chapelle S.-Henri, avec un autel, un retable et autres articles provenant de l’ancienne église des Récollets, rue Notre-Dame, ne pouvait manquer d avoir un cachet pieux et artistique.On le sait par ce qui en a été sauvé et qui est conservé dans une de nos chapelles montréalaises. 43 — Toujours, selon les anciens, le rez-de-chaussée du batiment servait d'école bilingue.\u nombre des instituteurs qui enseignèrent là, outre ceux déjà nommés, on rappelait les noms de M.La Motte, de M.Bellerose et d’une Mlle Clarke.Quant aux desservants dont on avait gardé souvenance, on mentionnait surtout les abbés Benoît Granjon et Antoine Mercier.En certaines saisons, les desservants voyageaient a cheval.L hiver, un des villageois allait chercher le prêtre dans un “ berlot rouge ’’ connu de tout le monde.Si bien que sur la route, le dimanche ou les jours fériés, lorsqu on voyait le traîneau à couleur vovante, on se disait : “ Tiens, v’ià le curé qui passe.’’ * »f * Au mois de décembre 1865, Mgr Bourget obtenait de Rome le décret apostolique qui l’autorisait à démembrer la grande paroisse de Montréal ; celle-ci comptait alors plus de 80,000 catholiques.Toutefois, S.-Henri des Tanneries ne fut érigée en paroisse qu’au mois de juillet 1867 et le premier curé, l’abbé Pierre-Larcille Lapierre, ne prit charge de son poste (|tie le 12 août suivant.?* * C est entre 1862 et 1874 que doivent se placer deux événements "artistiques” sur lesquels les anciens étaient intarissables.Tandis que s’élevaient les murs de l’église de la nouvelle paroisse, un cercle d’amateurs, comme il y en avait beaucoup en ce temps, organisa une soirée dramatique et musicale pour aider à défrayer les frais de construction.Au nombre des interprètes et des musiciens qui figuraient au programme, on citait des noms d’étudiants : Alphonse Deschamps, qui fut médecin et l’époux d’une fille de l’honorable Eustache Prudhomme : puis de son frère cadet.Alexandre Deschamps, ordonné prêtre en 1870, et qui prêcha le sermon de circonstance, lors de la mémorable célébration de la S.-Jean-Baptiste en 1874 : — 44 — des futur> membres du barreau : Frédéric Lefebvre, "liasse profonde extraordinaire", et Louis-Ludger Mail let, tenor réputé.La pièce a I affiche était le drame " Dimitri " que 1 on croit être une des nombreuses oeuvres théâtrales, de l'instituteur français.Krnest Doin (Voir />’.R.//.1917, pp.2(>, 59.124).Des mois après, encore au bénéfice de la nouvelle paroisse et encore d’après la tradition, un concert fa meux aurait permis d’encaisser une recette très élevée.A cette séance, se firent entendre des artistes parti-culiètentent estimés : Oscar Martel qui avait obtenu un double prix de violon au conservatoire royal de Relique , I loi tense Fortin (dame Martel) ; le docteur Tan-(tède Itudel, Frédéric Lefebvre, avocat, et une chorale.Ouand le bon vieux chanteur Lefebvre parlait de ce concert, où il y avait foule et où les exécutants avaient été acclamés, on le sentait encore fier du succès obtenu.* * * Avant 1X75, la paroisse S.-Henri des Tanneries com pu liait au nord, partie de l.a future ville de V estniount et elle s étendait, au sud.jusqu'au fleuve S.-Laurent ; à l'est, elle était bornée par la rue Fulford, limite de la ville de Montréal, et, à l'ouest, par la paroisse de Lachi-ne.Dans et' tenitoire, relativement tissez populeux, diverses industries avaient pris racine, dont les principales étaient : les usines des " Rolling Mills", une fabrique de verre, deux briqueteries, une importante fabrique de chaussures, de même qu’une grande tannerie.Pour se reconnaître, le peuple avait décerné un nom a chaque endroit où les habitations étaient groupées.Ainsi, on parlait couramment du coteau S.-Pierre de la cote S.-Antoine, de N.-Dame de Toutes Grâces, de S.-Ilenrt des Tanneries, du coteau S.-Augustin, du village I)eLisle, de la ferme S.-Gabriel, de la côte S.-Paul, etc.' Av et les années 1874, 1875.187(>, la paroisse S.-Henri se vit successivement enlever plusieurs “coins” qui — 45 — constituèrent des villages, puis des villes lesquelles (saut une : Westmount) ont été englobées par le grand Mont réal.* * * Ajoutons a ce rapide exposé un mot sur le petit temple de 1810.Le 4 septembre 1872, a la demande du curé La-pierre et des commissaires d’écoles de la localité ", les Frères des Ecoles chrétiennes acceptèrent d’aller enseigner a Saint-Henri.“ La communauté était composée de six Frères.On comptait 200 élèves répartis en quatre classes.et le local mis à la disposition des Frères était l’ancienne chapelle construite par MM.de Saint-Sulpi-ce.” Il s’agissait la “d’un logement provisoire et les Commissaires s’étaient engagés à construire une maison convenable dans un délai de deux ans.” Mais une terrible crise financière retarda l’érection du collège jusqu'en 1877.' ' Que devint la petite chapelle ?Quand fut-elle démolie ?* * * Serait-il possible de vérifier si vraiment, ainsi que nous l’assurait M.Daniel McKercher, il y eut jadis un moulin à vent pour la mouture du grain, à l’endroit élevé où le C.N.R.passe sous la rue Notre-Dame, au sud de la gare S.-Henri et tout près de la rue S.-Augustin ?* * * Terminons enfin par quelques lignes sur la dernière diligence, digne de ce nom : celle qui faisait la navette entre Montréal, S.-Henri et Lachine, avant l’introduction du tramway électrique.En été, le véhicule était un omnibus ; en hiver, c’était un traîneau, fermé et à compartiments.A Montréal, le point de départ de la diligence était l’hôtellerie de la Cité, tenue par Charles Larin et que fréquentaient sur- — 46 — tout les cultivateurs du haut de l’ile de Montréal et de la rive sud du S.-Laurent.Avec sa cour pavée en cailloux et ses vastes écuries blanchies, rétablissement offrait un coup d oeil pittoresque, en plein coeur de la métropole.Sis côté sud de la rue Notre-Dame, près de la rue Dupré, il fut rasé en 1892.Le cocher de la diligence de Lachine, entre 1880 et 1885, était un nommé Deschatnps, gaillard à l’allure décidée, qui avait voyagé dans “ les pays d’en haut ’’ et à qui une longue chevelure noire et un teint basané donnaient 1 apparence d’un aborigène.Jamais automédon n a conduit un chariot avec une plus parfaite maestria.Les anciens le voient encore trônant sur le siège de son lourd véhicule en débitant à ses chevaux des kvrielles de mots sonores.De temps à autre, pour stimuler leur ardeur, il s’armait d’un fouet à lanière interminable.Sous l’effort d’un bras habile, cette lanière décrivait dans l’air des courbes ou zigzags qui finissaient en claquements secs comme des coups de pistolet.A des distances fixes, afin de racoler la clientèle, Deschamps déposait son fouet et son brûle-gueule pour emboucher une trompette dont il sonnait aussi bien que les lévites à Jéricho, surtout avant l’arrêt obligatoire à S.-Henri, chez l’hôtelier Pierre Larante.Voiture, cocher, fouet, trompette, tout était bruit dans cette affaire, et à moins d’être sourd comme deux pots, nul ne pouvait ignorer le passage de la diligence de Montreal-Saint-Henri-Lachine ! L.-Z.Massicotte QUESTION Vilham Cuthbert, qui posséda des terrains, dès 844, dans le canton de New-Richmond et qui exploita des moulins a scie dans le comté de Bonaventure, était-il parent avec les Cuthbert de Rerthier (en haut).X Y Z — 47 — aRPKNTKI’R.NOTA I RK KT AVOCAT Au commencement du régime anglais, nous avons eu, à Québec et à Montréal, plusieurs notaires qui étaient en me me temps avocats.Mais le cas de François Lemaître Lanio-rille bat, croyon-nous, tous les records.Il fut à la fois et en même temps, arpenteur, notaire et avocat.On ixnirrait toutefois répéter au sujet de ce professionnel entreprenant le proverbe bien connu, mieux vaut ne pas courir trois lièvres à la fois, car, malgré son cumul, M.Lemaître Lamorille mourut plutôt pauvre.François Lemaître Lamorille, né vers 1685, était le fils de François Lemaitre Lamorille et de Marguerite Poulain.11 se livra d’abord au commerce.Lors de son mariage avec Olive-Pélagie Arguin, en 1722, il est qualifié de marchand.Le 17 novembre 1725, l'intendant Bégon donnait à M.Lemaître Lamorille une commission d’arpenteur.Il fut à l'origine assez employé comme arpenteur.Nous le voyons très souvent comparaître devant la Prévôté de Québec en sa qualité d’arpenteur.Il fut même employé à plusieurs repri ses par les intendants pour borner des terrains en contestation.Le siège de Québec et les malheurs du temps ruinèrent M.Lemaître Lamorille.Le gouverneur Murray eut pitié de lui et lui accorda, en 1761, une commission de notaire.Les temps étaient si durs que même avec son étude de notaire et son état d’arpenteur, M.Lemaître Lamorille ne réussissait pas à accrocher les deux bouts.11 eut encore recours au gouverneur Murray et lui demanda une commission d’avocat.Les listes officielles ne nous donnent pas le nom de François Lemaître Lamorille comme avocat.Il est certain, toutefois, que M.Lemaître Lamorille reçut une commission d’avocat.La Gazette de Québec du 21 mars 1761 publie l'avis suivant: “Le public est averti que Messieurs LeMaitre LaMoril-le, et Saillant et Lebrun ont été reçus avocats à la Cour inférieure ou des Plaids Communs de la province de Québec, à la séance du 29 janvier dernier, auquel jour ils ont prêté ser- ment en cette qualité, ont obtenu leurs licences, en date du 14 mars présent mois, de Sa Très Honorable Excellence le gouverneur en chef de la dite province de Québec." M.Lemaitre Lamo tille décéda une année à peine après avoir été admis au barreau, comme nous le constatons par 1 acte de sépulture suivant tiré des registres de Notre-Dame de Québec: Le 22 mars mil sept cent soixante-six, a été inhumé Maître hrançois LeMaitre LaMorille, ancien marguillier, arpenteur royal, notaire et avocat, décédé hier, muni des sacrements.âgé de soixante et quinze ans.environ”.M.Lemaitre Lamorille avait sauvé du naufrage de sa lortune deux maisons situées à Québec, côte LaMontagne.Sa seconde lemme, Marie-Joseph Latour, fut forcée de vendre ces propriétés pour payer les créanciers de son mari.La Gazette de Québec du 7 mai 1766 publie l’avis de vente de ces maisons.L’avis ajoutait: “S’il se trouve quelques .luttes ciéanciers de leu maître LaMorille qui n’eussent pas tait leur déclaration devant Mtre Lanet, ils sont avertis de le laite, tante de quoi ils ne seront pas compris dans la liquidation à faire du prix de la vente des deux dites maisons”.Nous avons sous les yeux le compte du chirurgien Soit-pnaii a madame Lamorille pour les soins et remèdes fournis a son mari pendant sa dernière maladie.Il y a de tout dans ies deux Ietiilles : potions, médecines, calmants, gargarismes, saignées, emplâtres, lavements, onguents, pansements, ti-sannes, apéritifs, embrocations, etc, etc.Soupirait écrivait exe usivement au son mais, avec beaucoup de patience, nous réussissons a comprendre.QUESTION M.Henri lîoland, français de naissance, fit vers 1887 une tournee de conférences au Canada.Ses impressions de \oyage ont-elles été publiées quelque part ?1 n lecteur du Hnlletin peut-il me fournir quelques renseignements sur ce voyageur? — 49 — L’HISTOIRE R O .\ IA N C E E La guerre, on le sait, a creusé entre le XIXe siècle et nos jours un abîme plus large encore que celui qui sépare l’ancien régime des temps nouveaux.Et de ce bouleversement est né un état d'esprit symptomatique.Un public qui a beaucoup souffert cherche — c’est une réaction physiologique — à s’évader (un peu trop ) du cauchemar et à quérir dans ses lectures une distraction plus qu’un enseignement.Nécessairement, le goût de l’histoire en souffre.Il est juste, d’ailleurs, de reconnaître que celle-ci, jadis, s’habillait d’un revêtement sombre.Par surcroît, sa lecture exigeait ce je ne sais quoi de préhistorique qu’abolit la vitesse accélérée de notre vie : le recueillement.Aussi bien, maintenant, certains écrivains, pour se faire pardonner leurs études historiques, les amenuisent-ils au point de les réduire presque à l’anecdote.Ah ! certes, l’histoire ainsi conçue reçoit le don de la couleur et la grâce de la vie ! Mais ce qu’elle gagne en pittoresque, en visibilité, elle le perd, hélas ! en profondeur.De ce fait, divers dangers sont nés.D’une part, le filmroi, extrait fie ces " études ”, lorsqu’il pourrait devenir un excellent éducateur, impose à la jeunesse des visions inexactes des temps abolis, dont celle-ci , conservera le souvenir regrettable et tenace.D’autre part, les livres dits historiques foisonnent, qui séduisent le lecteur parce qu’ils sont affabulés.Ah ! combien cette pente est dangereuse ! En effet, songe-t-on assez au péril de ce genre nouveau que son titre même condamne ipso facto, puisqu’on l’appelle l’Histoire romancée ?De grâce, sachons distinguer, 1'11 istoire est une clin se ; le roman en est une autre.Et nos aïeux, les classi ques.qui n’étaient pas des sots, avaient été fort avisés de nous mettre en garde contre la confusion des genres.\ussi les esprits réfléchis (mais seront-ils longtemps "réfléchis", si cette mode continue ?) éprouvent-ils un malaise red a lire ces innombrables " Vies " de personnages illustres où l’on se plait de nos jours a mêler, non sans grâce, la réalité à la fiction.Encore altérés — c’est très français — de vérité et de précision, ils s’alarmèrent (|tiel(|Ue peu de ce genre hybride qui rappelle la chauve-souris de l,a Fontaine quand elle nous dit : “ Te mis oiseau, voyez mes ailes L n des écueils de ces vies romancées est aussi qu'elle- donnent aux "questions affectives" un rôle parfois bien un peu prépondérant et rompent ainsi l’équilibre du récit.Certes, notre goût actuel de la psychologie n est point condamnable.Mais, dans le domaine passionnel, nombreux sont les historiographes modernes (pii laissent leur imagination broder des arabesques aux dépens du sévère esprit critique et de la documentation rigoureuse.Alors, il arrive ceci de fâcheux ; l’auteur “interprète volontiers son personnage.Il lui prête des sentiments et même, pour lui donner plus de vie, il n'hé-ite pas a interposer des dialogues et des réflexions qui ne > appuient que sur l’hypothèse.Kn lisant ces récits factices, nous volons sur les ailes de la chimère.Et c’est un \ ol plané qui, pour certains lecteurs, ne manque certes pas d'agrément.I,c remède a tout ceci 1 Plutôt (pie de viser à l’histoire.pourquoi certains écrivains renommés, dont les oeuvres (le talent nous séduisent en nous troublant, ne présentent-ils pas franchement leurs travaux comme des romans historiques J f'relire démodé, dira-t-on.Pourquoi ?I lonnètement conçu, le roman historique eut sa beauté.11 eut même son utilité.Sans chercher à nous impose! des motifs de crédibilité au sujet des gestes de se- hetos, un Walter Scott ne nous a-t-il pas donné une mer\eilleuse vision des usages et des moeurs du temps -ur lesquels s’est penché son génie ?Si on l’imitait, le roman redeviendrait du roman, du bon roman, l’histoire redeviendrait de 1 histoire, et nous n’aurions plus l’impression désobligeante d’être dupes.(André de Mari-court.l:.:Uo de Paris, octobre 1933). — 51 — KNTH DE BIENS ENTRE DEUX GUICHETS Ici et là, nous avons signalé dans le IhUletiu.des actes notariés qui offrent des particularités inattendues, amusantes ou curieuses.Serait-ce sous ce dernier aspect que l’on classerait le document dont il sera question plus loin et par lequel, un médecin incarcéré pour dettes effectue une vente de ses biens, dans le local même où il est détenu ?A noter, ce praticien n est pas un personnage effacé; il a place dans les Fils de Québec, vol.Ill, p.75, de l'archiviste P.-G.Roy.Et pour le cas où le lecteur n'aurait pas cet ouvrage sous la main, extrayons-en quelques dates et faits avant d’en venir à notre document inédit.* * * _ Jean-h rançois Bossue dit Lyonnais, né à Québec en 1795, reçoit son diplôme de médecin en 1813.Après avoir pris part a la mémorable bataille de Châteauguay, il pratique a Québec puis, désireux d’augmenter ses connaissances, il se rend à Paris.Revenu au Canada, il s’établit a S.-Nicolas, ensuite à Chambly.C est durant son séjour à cet endroit qu’un créancier inflexible le fait arrêter et loger dans la geôle de Montréal.Le docteur se décide alors à signer un con ttat qui mêle a 1 histoire de sa vie, par ailleurs cahoteuse.un trait dont on a peu d’exemple.* * * Le 17 mai 1831, en la prison du district de Mont-Hal (laquelle était rue Notre-Dame, vis-à-vis la colonne Nelson), pardevant le tabellion R.-G.de Lapoterie et un confrère, comparaît Jean-François Bossu dit Lionnais.médecin A l’effet des présentes "étant entre les deux gui Uicts de la prison ' ledit médecin reconnaît qu’il est en detté envers Paul Millard, aubergiste de Chambly, et qu il consent à lui abandonner en paiement “une jument ouïs poil blond, un cheval de même poil, deux charrettes légères et une charrette de travail, avec leurs roues, un harnais complet, etc ", le tout estimé a 150 dollars." Fait en ladite prison, entre les deux guichets, à 5 heures et un quart, d'après le cadran de l’Kglise Protestante" (Veut-011 dire la Christ church, angle nord-ouest des rues Notre-Dame et S.-Laurent ?) * * Probable qu'on libéra le prisonnier à la suite de ce sacrifice et qu’il put reprendre l’exercice de sa profession.Accusé d’avoir pris part à l’insurrection de 1837, on le coffra de nouveau ; dans l’ancienne prison qu'il connaissait, ou dans la nouvelle, au Pied-du-Courant ?Nous n'en savons rien.Ce qui parait certain, c’est que dans la maison où on le détenait, il lit une chute.Résultat : il dut s’aliter à l'I Intel Dieu et il mourut dans cet hôpital en 1838.* * Un mot sur le notaire qui dressa le contrat.Il se nommait, au long, Remi Godin de Lapoterie et, à son mariage, eu 1828, le docteur Lionnais avait assisté à la cérémonie en qualité d’ami.Nous avons parlé de la triste fin de ce jeune notaire dans un article sur les sépultures hâtives ( 11.R II 1934, p.293).K.-/.Massicotle LKTTRK DU M1NISTRF.A M.DKCIIAXI’.L (1725) Le Sr Lobinois de I oitrneuve a esté eniplové depuis quelques .années à Montréal en qualité d’écrivain extraord''e, et v a lait en I absence de M.d’Aigremont les fonctions de Comm' .M.Bégon 1 avoit chargé aussv de sa .subdélégation.Il est passé depuis deux ans en France nour des affres de familles.Il sen retourne cette année en Canada, pour v continuel ses sei \ ices.Il ne m est revenu nue de bons témoignages de sa conduite et je vous prie de luv faire les plaisirs qui pourront dépendre de vous.” Qui était ce M.Lobinois de Tourneuve? NOTKS KT DOCUMENTS SUR L’EVOLUTION L’ASSURANCE CONTRE L’INCENDIE AU CANADA DE L évolution de 1 assurance contre l’incendie dans notre pavs peut se diviser en trois grandes périodes.1—Avant 1804.II — De 1804 à 1867.III De 1867 à nos jours.Chacune est maïquée d un événement considérable, qui modifie complètement l’aspect précédent et qui donne une orientation nouvelle.Ainsi, en 1804, une société ouvre la premiere agence dans le Bas-Canada, à Montréal.C'est le point A départ dune expansion assez rapide, dont nous indique-lons la marche capricieuse.1867, c'est, avec la fédération dis pimcipales colonies britanniques de l’Amérique du Nord, la centralisation des pouvoirs en matière d’assurances et la naissance d’un ordre de choses très différent du précédent.A une liberté d action presque entière succède un contrôle de plus en plus précis, exercé par l’Etat sur la constitution des sociétés, sur leur administration interne et sur leurs opérations.lout aibitraire qti elle soit, cette division permet de pré-¦antei une synthèse mieux ordonnée que ne le serait une sim-p( nomenclature des faits dans l’ordre chronologique.Elle nous fait saisir plus facilement les grandes étapes de l’évolution.* * * La caractéristique de la période antérieure à 1804, c’est I absence presque totale de documents, qui fait croire que la colonie de Québec n’a pas connu l’assurance contre l’incendie avant la tin du NY II le siècle.Il est certain que sous le régime tlançais les armateurs ont employé l’assurance maritime, pianquée en Europe depuis la fin du moyen-âge.Ainsi les 1 ( Dv es de la province de Québec possèdent une police datée "r D48.Mais il semble à peu près établi (pie les marchands et.a plus forte raison, le peuple de Québec, de Montréal et de — 54 — Trois-Rivières.n’ont pas songé à s'assurer contre l’incendie.I/auraient-ils pu d’ailleurs, puisque en France Passuran ce venait à peine de naître au moment où le Canada passe à l’Angleterre?Rappelons ici ce que nous écrivions dans /Issu rances d’août 1933: " En France existent au XVIIIe siècle des Bureaux des Incendiés, qui pratiquent plus l’assistance aux sinistrés que l’assurance.F.n 1750, cependant, on fonde la Chambre générale des assurances de Paris qui.en 1753, devint la Chambre Royale des .Issuranecs, dont les méthodes sont sous certains aspects voisines des nôtres.” Avec une organisation aussi embryonnaire, croit-on vraiment que ces entreprises aient pu étendre leurs affaires à une colonie où le risque d’incendie était grand et le danger de conflagration plus grand encore?Nous ne le croyons pas.( L’Actualité économique.revue mensuelle.10e année, no 1, avril 1934.p.241.LETTRE DU MINISTRE A MM.DF BEAUH \KNOIS F.T DUPUY ~ , , 7.A lîrest le 13 mav 192/ J1 ma esté addressé par Mr de Poilvilain de Pierre Pont, gentilhomme de Normandie, le mémoire cv joint du Si-Martin.prestre, desservant à Labrador, auquel jl s'intéresse pour obtenir une concession de terre a cette coste attenant de celle accordée au Sr Constantin afin d’y faire la pesche du loup marin.\ ou s aurez agréable de vous faire informer si cette concession peut lit\ estre accordée sans préjudicier à celles qui ont esté cv devant faites, et de me le marquer avec votre avis, Cet ecclésiastique marque attssy qu’il se commet plusieurs «abus en cet endroit faute de juges pour connoître des différends qui surviennent entre les M'‘s.de batimens marchands qui vont v faire la pesche.prenés la peine d’examiner ce qu’il conviendroit de faire pour v mettre l'ordre convenable, et me marquez sur cela votre Sentiment ( 1 ).( 1 ) Archives île In iimvilice de Onéhec. — 55 — \r SIEGE DE LOl’ISROl'kG EN 1758 L armée française a Louisbourg en 1758, parait-il, comptait 5,7(X) combattants.Il y avait dans la rade une escadre de onze navires sous les ordres de l’amiral Des Gouttes.11 y eut de la part fies Français.1.500 morts ou blessés ( 1 ).La garnison de Louisbourg sous les ordres du sieur Drucourt se composait de 2,500 de troupes régulières et de 600 miliciens et sauvages.Le port était défendu par cinq vaisseaux de ligne, cinq frégates et un vaisseau de 50 canons.Environ 400 assaillants périrent durant ce siège.La garnison, les officiers des vaisseaux, les matelots et les troupes de la marine, au nombre de 5,037 furent conduits en Angleterre comme prisonniers.1.500 hommes de la garnisons ont été tués (2).Le nombre des prisonniers consigné par Ferland est conforme au rapport publié à cette époque, et il faut donc conclure que l’effectif mentionné ailleurs de 5,700 ne peut être exact puisque cela n’indiquerait qu’une perte de 63 hommes.11 faut ajouter au nombre total des prisonniers celui des hommes tués pour obtenir la force numérique de I armée française.Nous relevons dans Chronological livcuts imprimé à Londres, à la tin de 1758, le détail de la garnison transportée en Angleterre, comme suit: Régiments Officie rs Soldats Malades H blessés Tntn I 24 compagnies de la Marine et deux d'artillerie 76 740 195 1017 2e bataillon volontaires étrangers 38 402 8o 52(> 2e bataillon de Cambise 38 466 104 608 2e bataillon d’Artois.32 407 27 400 2e bataillon de Bourgogne 30 353 31 414 Officiers de mer, soldats et marins 135 1124 1347 2606 349 (1) Dictionnaire général du Canada, II 3498 •177, Rév.1790 H.LeJeune, 5637 o.M.r.(2) Cour* (l'histoire du Canada, TT-560, Abbé Ferland. — 56 Les Anglais éprouvèrent les pertes suivantes: T ués : Régt.Royal— Lieutenants, Fenton; Howe.“ Forbes—Capitaine, comte de Dundonald." Amherst—Lieutenants, Nicholson: Campbell.“ Webb—Enseigne, Godfrey Roe.“ Col Monckton—Lieutenant, Hart." “ Fraser—Capitaine, Bailey; Lieutenants, Cuth- bert; Fraser; Murray." “ Rangers—Capitaine, Rogers: Enseigne.Fran- ci s Ceruthers.Officiers tués 12 Sergents 10 Soldats 146 Artilleurs 4 172 Blessés : Ingénieurs—Colonel, Bastide, Ingénieur en chef.Régt.Royal—Lts, Fitzsimmons, Bailey, Ashe; Enseigne, Waterson." Amherst—Lt, Hamilton; Lt et Adjt, Mukins; lins, Monneypenny." Forbes—Capt, Rycaut; Lt, Fr Tew." Whitmore—Lts, Pierce Butler; John Jermyn; Wm Hamilton.“ Bragg—Capt, Browne." Ottway—Lts, Allan; Brown; Lt et Adgt, Cock-burn; Eus, Armstrong.“ Hopson—Lt, Lilley.“ Webb—Lt, i lopkins.Anstruther—Capt, Smith.“ Fraser—Capt, Donald McDonald; Lt et Adjt, Mex'r Campbell; John McDonald.Officiers blessés 24 Sergents ** / Tambours 2 S< ildats 315 Artilleurs 5 353 — 57 — Le 2.^ août 175S.le major général Amherst tut nommé commandant-en-chef en l’Amérique du Nord.Le 10 septembre arrivée à Boston du capitaine Morton et du capitaine Ingraham: deux transports avec troupes de Lmtisbourg.Ils annoncent à destination de Gaspé: Le 15e régiment ( Gen’l Amherst) Le 28e régiment (Gen’l Bragg) Le 58e régiment (Col Anstruther) sous les ordres du général Wolfe.\ destination de la baie de Lundy, pour St-Jean: 35e régiment (Gen’l Ottway) 2e bataillon Royal-Américain Rangers, (350) Major Scott Lue partie de l’artillerie et deux frégates.Partis de Louisbourg, pour Boston: 2e bataillon RoyalScott (Gen’l Sinclair) 17e régiment ( " Forbes) 47e “ ( “ Lascelles) 48e " ( “ Webb) 03e “ Highlanders (Col Fraser) sous convoi du navire de guerre Captain, (>4 canons, commandant le capitaine Amherst ayant à bord le général Amherst.* * * 11 y avait a Louisbourg au moins 13 régiments de 800 à 'HJO hommes et le bataillon Royal Américain formé de 700 hommes.Les Rangers, en général, comptaient cent hommes par compagnie, mais il y en avait souvent plus, comme c’est le cas ici.En ajoutant à ceux-là les ingénieurs et les artilleurs, on arrive facilement a 15,000 hommes de troupe, sans compter les marins.Les drapeaux pris à Louisbourg furent portés du palais de Kensignton a la cathédrale St-Paul, et v furent déposés, le 6 septembre, par ordre du roi.La supériorité numérique des troupes d’Amherst sur celles de Drucourt était près de 3 à 1, et la marine de guerre en proportion de 3‘A à 1.Cependant le siège dura du 8 juin au 26 juillet.Régis Roy — 58 — 1874-1934 Au mois d'octobre 1934, le juge J.-C.M , durant une séance de la Cour suprême d'Ontario, aurait rabroué un témoin parce qu'il ne savait pas la langue anglaise.Il aurait même ajouté que s'il en avait le pouvoir, il n’accorderait pas le droit de vote, en Canada, à quiconque ne pourrait pas parler l’anglais.Ces remarques parurent déplacées et la Société S.Jean-Baptiste de Cornwall protesta aussitôt non seu lement dans les journaux, mais aussi auprès des autorités civiles.Finalement, le juge M écrivit au président de la société, M.Bonneville, pour lui dire que ses paroles avaient été mal comprises et qu’il n’avait nullement eu l'intention d’offenser la race canadienne-française pour laquelle il professait le plus grand respect, etc.Rref, son explication fut jugée satisfaisante et l'incident fut clos.(Montreal Star, 17 octobre 1934).* * * Kn regard de ce qui précède on relira sans doute avec plaisir le discours que prononçait dans Ontario, le gouverneur-général.Bord Dulterin il y a exactement soixante ans, nous en trouvons le texte dans Y Opinion publi-quc du 1er octobre 1874.“Cors du récent passage de Lord Dufferin à Windsor, Ont., la société St Jean-Baptiste de cette ville lui a présenté une adresse.A cette adresse Son excellence a fait la belle réponse que voici : " M.le Président et Messieurs, J ai écouté avec une satisfaction toute particulière 1 adresse que vous m’avez fait l’honneur de me présenter.Je suis bien convaincu que nulle part dans la Puissance Sa Majesté n’a de sujets plus loyaux, plus fidèles et plus intelligents que ses sujets de race française, et je me réjouis de 1 occasion qui m’est donnée d’exprimer mon estime et mon respect pour les représentants de ces hét oïques pionniers, a la hardiesse desquels nous devons en si grande partie 1 héritage dont nous jouissons. (.est une chose des plus étonnantes que ce coup d'neil avec lequel les chefs des premières expéditions françaises discernèrent comme par inspiration sur leur route chaque endroit avantageux, chaque position con-\ enable, soit pour leur défense, soit pour leur commerce.Ils choisirent avec une telle sagacité les sites pour les constructions de leurs forts et pour la fondation de leurs établissements que les générations suivantes ne purent faiie de meilleur choix.C est pour cela que presque chaque cité importante dans les vallées du Mississipi et du St Laurent doit son origine à un fondateur français.'Mais ce n'est pas à ce seul titre que nous sommes obligés envers la race française.Il ne faut pas oublier que c est a son élévation d esprit, a son amour de la liberté et à son exacte appréciation des droits civils cou tenus en germe dans la constitution primitivement accordée par l’Angleterre au Canada, que nous devons le développement de cette autonomie parlementaire dont le pays est fier a si bon droit ; et je puis vous assurer qu’aux veux d’un Anglais il y a peu de choses plus agréables a observer que la dignité, la modération et 1 habileté politique avec lesquels les hommes publics fiançais du Canada aident leurs collègues anglais à appliquer et à faire fonctionner ces grands principes de droit et de pratioue constitutionnels qui sont la base du gouvernement libre de ce pays.Messieurs, j ai toujours considéré comme du meil hui augtue la collaboration de la race française dans le Canada : cette race qui a déjà contribué si puissamment ;i civiliser 1 Europe, ne peut manquer de suppléer aux dé-t.uits inhérents au John Bull traditionnel ; d’un autre
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