Bulletin des recherches historiques : bulletin d'archéologie, d'histoire, de biographie, de numismatique, etc. /, 1 février 1935, février
VOL.XLI LE BULLETIN DES j II K S " LEVIS, FEVRIER 1935 No 2 LA FAMILLE LE PICARD DUMES NV NORE Jacques Le Picard, sieur Dumesny Noré, était originaire de Caën, disent les documents officiels; toutefois, dans son acte de mariage il se déclare fils de Philippe Le Picard et de Madeleine de Gédouin, de Noré, évêché de Baveux.Fils de militaire, M.Le Picard Dumesny Noré, a pu naître à Caën pendant que son père était en garnison clans cette ville; sa famille était probablement de Noré, évêché de Bayeux.M.Le Picard Dumesny Noré fut admis dans les gardes de la marine en 1677, et obtint une compagnie dans les troupes du détachement de la marine servant en Canada.M.Dumesny de Noré prit part à l’expédition de M.de I lenonville contre les Iroquois en 1687.Dans l’expédition de M.de Frontenac contre les Iroquois, en 1696, il commandait un des quatre bataillons de troupes régulières.Le 28 octobre 1699, M.de Callières écrivait au ministre: Le sieur Dumesny, capitaine et lieutenant de vaisseau, m a demandé de passer aussi (en France) et comme il y a 15 ans qu’il sert en ce pays sans en être sorti et qu’il m’a fait voir par ses lettres qu’il a perdu son père, j’ai cru que Sa Majesté ne trouverait pas mauvais que je lui aie permis d’aller vaquer à.ses affaires.” En 1701, le même gouverneur de Callières disait de M.Dumesny de Noré, dans son rapport au ministre: Le sieur Dumesny de Noré, natif de Caën, âgé de 40 uns, a été fait garde de la marine en 1677, enseigne de vais- 5422 9821 — 66 — seau en 1684, capitaine en Canada la même année, lieutenant de vaisseau en 1692, est marié en Canada".En juin 1706, M.Dumesny de Noré remplaçait M.Da-neau de Muy comme major des troupes de la colonie.Il fut fait chevalier de Saint-Louis un peu plus tard.M.Dumesny de Xoré décéda à Montréal le 27 octobre 1713.Le 15 novembre 1713, MM.de Vaudreuil et Bégon écrivaient au ministre: “Le sieur Dumesny Noré, major des troupes, est mort le 27 octobre dernier; il a servi Sa Majesté pendant 30 années avec distinction en ce pays, étant un parfaitement bon officier.Il laisse une veuve chargée de quatre enfants sans bien; elle a recours à l’honneur de votre protection, tant pour l’avancement de son fils aîné, enseigne de compagnie, que |x>ur obtenir une pension de Sa Majesté qui puisse lui donner moyen d’élever sa famille; son nom vous est connu, Monseigneur.ayant trois frères officiers de la Marine”.Le 21 mai 1713, précisément cinq mois avant sa mort, M.Dumesny de Noré avait acheté de M.de Garnies de Falaise, major de l’Acadie, la moitié d’une seigneurie que celui-ci avait obtenue de MM.de Frontenac et Bochart Cham-pigny, en 1694, sur les bords de la rivière Chambly.C’est partie de la paroisse actuelle de Saint-Denis sur Richelieu.Madame Dumesny de Noré, née Marie-Renée Chorel dit Dorvilliers, obtint, en mai 1714, une pension de 400 livres.Elle décéda à Québec le 3 mai 1717.Les enfants de M.Dumesny de Noré furent: lo—Philippe-Augustin Le Picard Dumesny de Noré né à Champlain le 14 décembre 1692.2o—Marie-Renée Le Picard Dumesny de Noré née à Champlain le 9 juin 1694 et décédée au même endroit le 10 juin 1694.3o—Louis LePicard Dumesny de Noré né à Montréal le 13 août 1695.11 prit le nom de Le Picard d’Etelan et passa en France après la mort de sa mère.En 1736, il était à Rochefort.(Inv.f.et s., IV, p.89 ). — 67 -k>—Louis-Hector Le Picard Dumesny Noré né à Montréal le 30 juillet 1697.Guéri miraculeusement par le Frère Didace Pelletier, il entra dans l’Ordre des Récollets et prit le nom de Frère Hyacinthe.Elevé à la prêtrise en 1720, il obtint, en 1741.la permission du Pape pour entrer chez les Chanoines Réguliers de Saint-Augustin.Il décéda à Québec le 25 août 1/43.L abbe Dumesny Nore, laissait une succession de plusieurs milliers de francs.Une lettre de Mgr de Pontbriand du 20 octobre 1743 nous apprend qu’il y eut certaines difficultés au sujet de sa succession.L’évêque de Québec prétendait que cette succession ne devait pas aller aux parents de l’abbé Dumesny Noré parce qu’il était encore religieux.Le Roi trancha la difficulté en décidant le 30 mars 1744, que la moitié de l'héritage irait au frère de l’abbé Dumesny Noré et l’autre partie aux hôpitaux du Canada.L Hôpital général de Québec eût sa bonne part.5o—Marie-Renée Le Picard Dumesny Noré née à Montréal le 11 novembre 1698.Elle fut religieuse ursuline a Québec sous le nom de Mère Sainte-Gertrude, et décéda le 11 juin 1751.L'Histoire des Ursitlines de Québec dit de la Mère Sainte-Gertrude: “La notice qui nous annonce la mort de la Mère Noré Dumesny de Sainte-Gertrude nous donne le touchant spectacle d'une jeune demoiselle parée de toutes les qualités propres a la faire briller dans le monde, estimer tellement la vie cachée et inconnue, qu’elle se réjouit des infirmités qui captivent son ardeur et son zèle, incapable de remplir aucun emploi suivi, cette chère Mère s’estimait heureuse de soulager les maîtresses en tout ce qu’elle pouvait, et de contribuer par là au bien des âmes.Son humilité était telle que jamais on ne l’entendait parler de sa famille, qui était très illustre, vertu rare, ajoute la notice, dans les personnes de naissance.Son union avec Dieu était très intime, quand il plut au Seigneur de la perfectionner par la vision béatifique.Elle était âgée de 52 ans, dont elle avait donné 34 à l’édification et à l’avancement de cette maison de Sain-te-l rsule.Elle mourut en l’année 1751”.6o—Philippe Le Picard Dumesny de Noré né à Montréal le 4 juin 1701.Il était à Rochefort en 1736.(Inv.f.et s.vol.IV, p.89). — 68 — A propos de l'abbé de Noré L’an mil sept cent quarente trois le vingt cinqe jour d’aoust sur les onze heures du Matin nous Coner du Roy Lieut, gnal Civil et Criminel au siege de La prevosté de Québec en Conseqce de Nôtre ordce de Ce jourd’huy étant enfin de Req"' anous présenté par Jeanne Cartier Ve du Sr Charles Larché, par laquelle elle expose quelle seroit crean-ciere d’une somme de quatorze Cens quatre vingt quinze livres neuf sols trois deniers de M.louis hector du mesnil no-rey pretre chanoine Régulier de St august in, que comme led.Sr de Norey seroit décédé ce dit jour environ sur les neuf heures du matin, lad.Ve larche Requiert pour La Conservation de ses droits, et autre qu'il appartiendra, qu’il nous plaise nous transporter en la maison ou led.Sr de Norey est décédé, seize Rue Couillard, a l’effet d’apposer nos scellez sur les Biens et effets par luy délaissez auquel Réquisitoire ayant Egard, Nous lieutenant gnal susdit accompagné led.procureur du Roy de cette prevosté et du greffier en icelle nous serions transportés en lad.maison, a l’effet de lad.requete, ou Etant, apres avoir pris le serment d’andré Benet, domestique dud.S.abé de Norey Agathe Larche qui luy a servy de garde pendant sa maladie, Margtt,; Turgeon Ve de Thomas Brochart servante dud.Deffunt, de cille Jeanne St Romain, tante dud.feu S.abé Norey et de lad.cille Jeanne Cartier Ve Charles Larche, comme Ils n ont rien détourné directement ny indirectement des Billets appartenant a la succession dud.feu S.de Norey et qu’ils ont Connce qu’il n’a rien été détourné par qui t[ue ce soit, duquel serment Nous avons donné acte, et ensuitte procédé a l’apposition de nos scellez ainsy qu’il suit: Premièrement Alliions a]x>sé un scelle sur 1 entrée de la serrure d’une ai mon l de Bois de1 Noyer dans la chambre ou le corps du dehuni est encore extans lad.armoire étant au coing du costé de la Rue.Aurions aposé deux autres scellés sur un Buffet ouvrant en deux corps Aeons aposé un autre scellé sur une croisé donnant dans un petit cabinet qui est au bout de la Cuisine de lad.maison — 69 — Lad.Croisée ayant veue sur la Cour de lad.Maison et après a\ on Refermé la porte dud.Cabinet auroit été aposé un autre scellé sur L entrée de la serrure d’iceluy qui sont tous les scellez qui se sont trouvés à aposer en lad.maison.Après quoy aurions procédé a L’évidence des meubles qui n ont pu etre mis sous les scelléz : scavoir Dans lad.Chambre Un tour de Lit de serge verte Brodé de Ruban Jonquille avec Cordonnet garny de ses Rideaux Ciel, et Bonnes Grâces le lit &ainy étant Renfermé sous les scellez a l’exception de la t bûchette Paillasse, et un Lit de plume.Lad.Chambre garnye de tanture de tapisserie de point dongris (Hongrie) Un fauteuil de tapisserie.(> Chaises a Ballustre qui ont Eté déclaréz par Noël follet Luy appartenir ainsy qu’une table a deux tiroirs et un petit rideau de toille pinte a une Porte vitré l n fauteuil et quatre ( baises de Cannes.4 tabourets couverts de Calemande Rouge et Blanche Deux Rideaux de fenestre de Cotton à Carreau avec leur tringles Deux flambeaux Dargens avec mouchette et porte mou-cliette marqué au dessous Baron ?Dans le grenier s’est trouvé ce qui suit: Un Bluteau hors de sa cage garny de ses toil les la Boitte démontée qui est dans led.grenier Ln îietit poil de fer a la Balance et un tuyau de deux feuilles de taulle.Un petit matelas et un drap , Deux tier son de capilairc plain dont il y a une douve de levee a un dont on a pris une poignée dans la maladie dud.deffunt.Un cofie de bois de pin fermand a clef Dans lequel s’est trouve environ un y2 minot de sel Lue table de bois de pin neuve sans pied Un cotre de bois de pin fermant a clef dans lequel il ne s est rien trouvé L n vieux tour de lit garny de son bois et de serge verte I >ans la cave s’est trouvé : Deux Cruches de grais vuide — 70 — Un panier d’osier garny de deux flacons de verre Un grand flacon de verre garni dozier dans lequel il n’y a rien Un Baril ou il y a 5 à 6 £ de lard.Une Barique vuide Une demie Barrique ou il y a quelque teste et pieds de l»rc Environ une Corde de Bois.Plus a été Reporté par led.André Banet une paire de Bouton de Manche a diamant commun monté en argent A été déclaré par led.Banet que la dlle Agathe Larché quelle a en sa possession un goblet d’argent quil a veu depuis qu’il est au service du deffunt dans sa maison et a linstant lad.Larché a déclaré que led.gobelet luy appartient et qu’il est vray qu’elle L'avoit presté aud.deffunt depuis deux ans A été encore déclaré qu’il y a chez M.Duplessis officier une calèche couverte appartenante a son Maitre, et une Ca-riolle qui est chez le nommé Louis Badeau que le Cheval est chez Joseph Normand.Et ne s’étant plus rien trouvé a inventorier Nous avons Laissé la garde de tous nosd.scellés entre les mains de Noël Collet propriétaire de la maison ou led.s.abé de Norey est décédé ainsy que les effets et meubles en evidence cy devant portés Lesquels scellés il s’est soumis de les repntés sains et entier, ainsy (pie lesd.meubles et effets en évidence et Rendu du tout gardien comme dépositaire du bien de Justice pour en rendre ( ompte, a (pii et ainsy qui appartiendra dont et de quoy Nous avons dressé le present procès Verbal les jour et an susdits, et a led.Collet signé avec la d.dlle St Romain avec nous, les autres susnommez ayans désclaréz ne scavoir signer de ce Enquis Noel Collet André Deleigne Hiché Jeannette St romain Panet Boisseau L’an mil sept cent quarante trois le vingt sixe aoust onze heures du matin Nous Coner du Roy Lieut.Gnal Civil et ( riminel au siege de la prevosté de Québec en conseqce de — 71 nôtre ord0" de ce jour étant enfin de Reqte a nous pnté par M.Guillaume Guillimin ConeT du Roy assesseur au Conseil supr de ce pays, au nom et comme chargé des Intentions (et) des dernieres volontés de feu M.Louis hector du Mesnil Norev prêtre chanoine de St Augustin par Ecrit de six et seize de ce mois, aux tins de Reconnoitre les scellez par nous apposez en la maison ou il est décédé le jourd’hyer, a la de Jeanne Cartier Ve du Sr Charles Larché, nous sommes transportés avec le procureur du Roy et le greffier de lad.prevosté, en lad.maison, ou Etant a la susd.Reqte dud.Guillimin, aud.nom, et en la pnce de lad.Delle Ve Larché stipulante pour elle le S.Panet praticien, aurions Reconnus tous les scellez par nous apposés led.jour d’hyer suivant notre procès Verbal, sains et entiers, et Iceux voulant remettre es mains de Me Boisseau nore choisy pour faire l’inre des Biens et effets qui sont sous lesd.scellez Led.procureur du Roy se seroit opposé comme II s’oppose a la levée desd.scellez pour les droits et interests de Sa Majesté et de tous autres qu’il peut appartenir, et en outre qu’il déduira ses Raisons en tems et lieu, par lad.De Ve Larché stipulante comme dessus a été dit Qu’étant nécessre de fre Inre et d’éviter les frais d’un gardien elle requiert que pour être statué sur l’opposition formé par M.le procureur, il en soit Référé ce jour-d'huy en l’hotel de Monsr le lieut.gnal a l’heure qu’il luy sera indiqué, sur quoy nous lieutenant gnal civil et criminel susdit ayant egard a l’opposition faite de la part de S.procureur de lad.prevosté, avons surcis et surcizions, a la levée et Reconn”' des scellez par nous apposez le jourd’hyer, jusques à ce qu’il en soit autrement ordonné fait a Quebec les jour et an susdits, et ont lesd.Srs susnommez signé avec nous.André Deleigne Hiché Guillimin Panet Monsieur Le Lieutenant général Civil et Criminel au siège de La prévosté de Québec Suplie humblement Guillaume Guillimin Coner du Roy assesseur au Conseil Supérieur de ce pays Disant Que M.Louis hector du mesnil norey pretre chanoine Régulier de 72 — St Augustin, et prieur de Mortagne, Lauroit chargé de ses Intentions et dernieres volontés suivant quelles sont portées par L’écrit de luy signé en datte des six et seize du présent mois, pour Ltre exécutées après son déceds, lequel étant arrivé le jour d’hyer, Vous auriez a la Requeste de Jeanne ( artier femme du S.Charles larche comme se prétendant creanciere dud.S.Abe de Norey, apposé vos scellez sur ses Liens et effets, Que comme le suppliant au dit nom, a interest pour L exécution des dernières Volontés dud.feu S.abé de Norey portées au dit Ecrit, Faire reconnoitre vos scellez, afin de faire ensuitte procéder a L’inre des Biens et effets qui sont sous iceux, Il a recours a vous pour Etre sur ce pourvue t e considéré Monsieur 11 vous plaise, Veu le dit écrit de deinieres volontés dud.feu S.abé de Norey cv devant datte, Il \ ou s plaise parapher Iceluy, et en consequence pour execution d icelles \ ou s transporter avec M.le procureur du Koy et le greffier de la ditte prevosté, en la demeure et maison du nommé Collet ou led.feu S.abé de Norey faisoit de son vivant sa residence, pour Reconnoitre en la presence de lad.Jeanne t artier \ e Charles Larche les scellez par vous apposez, pom ensuitte etre procédé a l’inventaire des Biens et effets qui sont sous iceux, par Me Boisseau Nore choisy par le suppliant, pour y procéder, apres que lesd.scellez luy auront ete Remis, pour mettre le dit supliant en état d’exé-uiiei Les intentions et dernières Volontés portées en l’écrit dud.feu S.abé de Norey et ferez Bien Guillimin Nous ordonnons que nous nous transporterons avec le I roc tireur du Roy et le greffier de cette prevosté aux fins de la ditte Req li ce jourd’huy onze heures du matin Mandons Ne tait a Quebec le 26 aoust 1743 André Deleigne A Monsieur le lieutenant general Civil et Criminel de la Brevoste de Québec .Suplie humblement la Veuve du sieur Charles Larche-\eque, Disant que par votre sentence du vingt trois juillet dernier Messire Louis hector Dumesnil Norey aurait été Condamné De luy payer une somme de quatorze cent quatre — 73 — vingt quinze livres neuf sols trois deniers avec interest et dépens, de laquelle somme la supliante n’a pu obtenir le payement et comme elle auroit apprise que le dit Messire De No-rey seroit décédé pour la conservation de ses droits et de ceux qu'il appartiendra elle requiert qu’il vous plaise, Monsieur, Vous transporter en la maison ou est décédé le dit Mre de Norey pour apposer les scellées sur les meubles et effets par luy Délaissés requérant la sancsion de Monsieur le Procureur du Roy et vous ferez justice Panet \ û la présente Requête, nous ordonnons que nous transporterons a l’heure présente en la maison ou est décédé led.sieur abbé de Norey aux fins de lad.Requête; mandons fait a Québec le 29e août 1743 André Deleigne LA PORCELAINE DU CANADA Michel Bégon, intendant de La Rochelle, écrivait à M.de Yillermont, le 25 février 1694: " M.Gaillard, commissaire de la Marine, m’a dit que la porcelaine qui nous vient du Canada et les calumets de marbre et de porphyre que nous croyons estre travaillés par les sauvages leur sont portés par les Anglois qui tirent la porcelaine de Guynée et la font travailler en Angleterre où se font aussi les calumets.J’ai bien de la peine à croire que cela soit vray, mais comme vous avés beaucoup de connoissance de ces sortes de curiosités, je vous prie de m’en mander vostre sentiment.” Est-il parfaitement établi aujourd’hui que les Sauvages travaillaient eux-mêmes la porcelaine et tous ces menus objets dont les Français étaient si friands?Riop. — 74 — LES SECRETAIRES DES GOUVERNEURS ET INTENDANTS DE LA NOUVELLE-FRANCE Champlain avait-il un secrétaire?Champlain vécut à Québec de 1608 à sa mort (1635), si l’on excepte les neuf voyages , quelques jours avant de s’embarquer pour la Nouvelle-France, Montcalm lui faisait connaître sa future maison : "Ma maison, disait-il, sera composée de trois aides de camp: M.de Bougainville, M.de la Roche-Beaucourt, lieutenant au régiment de cavalerie de Montcalm, le sieur Marcel, aide de camp de peine et du secrétariat, c est un sergent qui devient officier: un cuisinier, un aide, un demi-valet de chambre: Grisou, Joseph ; Dejean, premier laquais, deux autres hommes de livrée; un secrétaire, chirurgien, point; j’en amène de premier ordre, avec des garçons chirurgiens que le roi envoie”.En effet, Pierre Marcel devint lieutenant reformé à la suite du régiment de la Reine.11 suivit Montcalm jusqu’à sa mort.Il écrivait au chevalier de Lévis, le 14 septembre 1759: “C’est avec un coeur pénétré de la plus vive douleur que j’ai l’honneur de vous donner avis de la perte que nous venons de faire de M.le marquis de Montcaliji, ce matin, à cinq heures.Je ne l’ai pas quitté un moment jusqu’à sa mort, et je crois que c’était ce que je pouvais faire de mieux, surtout après en avoir eu la permission de lui ” Nous ignorons ce que devint Marcel après son retour en France.François Estcve Pierre Marcel était le troisième aide de camp en même temps que le chef du secrétariat de Montcalm.Il avait un secrétaire en titre qui, lui, n’était pas militaire.Il se nommait François Estève, et était de Notre-Dame des Tables, diocèse de Montpellier.Estève lit la traversée dans le même navire qui amena Montcalm.Il se maria, à Montréal, le 18 avril 1757, à Elisabeth Bissonnet, fille d’un voyageur.Deux jours avant le mariage de son secrétaire, Montcalm écrivait à sa mère: “Estève, mon secrétaire, se ma- rie.Beau caractère.Bon autographe, écrivant vite.Je lui procure un emploi et le moyen de faire fortune s’il veut.Il fait un meilleur mariage qui ne lui appartient; malgré cela, je crains qu’il ne le fasse pas comme un autre: fat, — 107 — frivole, joueur, glorieux, petit-maitre, dépensier”.Quel emploi Montcalm procura-t-il à son secrétaire ?Nous l’ignorons.Le 11 juillet 1757, il écrivait au ministre Moras en faveur de son protégé.Il lui demandait de lui accorder une commission d’écrivain de la marine, et l’informait que Estève était le neveu de M.Estève qui avait été avocat du Clergé.Il semble que François Estève cessa dès 1757 d’agir comme secrétaire de Montcalm.Pierre Marcel agissait à la fois comme troisième aide de camp et secrétaire.Quant à Estève, il resta ici après la Conquête.M.Aegidius Fauteux signale sa présence à Montréal le 11 avril 1763.P.-G.R.ADDENDUM René-Claude Barolet •M.Jean-Jacques Lefebvre, des Archives Judiciaires de Montréal, a trouvé, dans un acte de l’état-civil de Montréal, à la date du 7 juillet 1714: “Claude Barolet, secrétaire du gouverneur (de Vaudreuil) ”.Ce Barolet est le notaire René-Claude Barolet qui exerça sa profession à Québec pendant trente ans et décéda à Charlesbourg le 25 janvier 1761.M.J.-Edmond Roy a résumé, dans son Histoire du notariat, l’acte d’engagement de Barolet comme clerc-notaire au vieux notaire Chambalon (novembre 1710).Barolet, alors âgé de vingt ans, s’engageait pour trois ans à servir fidèlement son patron et à faire toutes choses licites et honnêtes qu’il lui commanderait sans s’absenter ni aller ailleurs sans le consentement de son maître.De son côté, le notaire Chambalon promettait de fournir à son clerc le boire, manger, feu, gîte et luminaire et, en plus, lui donner vingt livres par année.' C’est donc immédiatement son engagement fini que Barolet servit de secrétaire au gouverneur de Vaudreuil.P.-G.R. — 108 — COIN DE TERRE HISTORIQUE Naguère, il fut question de poser une plaque commémorative, a l'endroit connu autrefois, sous le nom de la “ Tannerie des Bélair ", afin de rappeler au public que Mgr Plessis, un des glorieux fils de Montréal, avait vécu dans cette localité.Pour une raison ou pour une autre, le projet fut délaissé et, comme il pourra être repris plus tard, nous croyons devoir signaler que celui dont on voulait honorer la mémoire nous parait être né et avoir grandi ailleurs que dans le nord de la métropole canadienne.La famille de Mgr Plessis Joseph-Amable Plessis-Bélair, forgeron demeurant au faubourg Saint-Laurent, épousa, en 1752, M.-Louise Ménard, dont il eut plusieurs enfants, entre autres, Joseph-Octave, baptisé à Notre-Dame, le 3 mars 1763, et qui devait un jour occuper un siège épiscopal.En 1765, le forgeron Plessis-Bélair achetait de la famille Barsalou, l’encoignure nord-ouest de la petite rue S.-Jacques et de la rue S.-Laurent (nommée alors “ la côte S.-Lambert ’’ ou "le chemin qui va au rempart ”).Sur l’emplacement acquis, il y avait une maison de pièces sur pièces et des dépendances.A n’en pas douter, le futur prélat grandit rue S.-Jacques et logea à quelques arpents du collège de Montréal, établi en 1773.au bas de ce qui est maintenant la place Jacques-Cartier.Rendu en rhétorique, le collégien Plessis “ refusa cl aller compléter ses études a Quebec’.Ce ejue voyant, son père l’employa comme aide, dans sa forge, et le futur prélat a dû marteler le fer dans la boutique adjointe à la maison paternelle, mais après quelques semaines de tra-'ail manuel, le jeune Octave accepta de continuer son coins.Ce qu il fit avec ardeur et bonheur, car il avait du talent et une grande facilité. — 109 En 1780, Octave Plessis recevait la tonsure “ et comme six ans devaient s’écouler avant qu’il ne put être admis à la prêtrise, Mgr Briand chargea le nouvel ecclésiastique des classes de belles-lettres et de rhétorique au collège de Montréal ” (Ferland, Mgr P., p.21).Prêtre en 1786 ; curé en 1792 ; évêque coadjuteur en 1801, puis titulaire en 1X07.il mourut à Québec en 1825.Non seulement Mgr Plessis a vécu une partie de sa jeunesse sur la propriété dont nous parlons, c’est aussi ce bien-fonds même qui permit à ses parents de constituer à leur lils (à titre clérical) une rente viagère de 150 livres ou shillings.Devenu veuf, le sieur Plessis-I'.élair disposa du morceau de terre où il avait peiné pendant près d’un tiers de siècle, mais l’aspect de l’immeuble différait de celui de 1765.L'artisan passé bourgeois avait remplacé l’ancienne maison de bois par une demeure en pierre.Le juge Arthur Davidson Montréal s’accroît.Autant que possible on cherche à se loger rue Notre-Dame, rue S.-Jacques et dans les rues transversales.C’est l’époque où chaque financier, professionnel ou fonctionnaire tient à avoir sa demeure à l’intérieur des remparts.Le 23 avril 1793, le forgeron Plessis-Bélair, “ demeurant rue S.-Jacques, près de la porte S.-Laurent ”, cédait, à l’avocat Arthur Davidson, son terrain sur lequel i! y avait une maison de pierre, pour la somme appréciable de 10,000 livres “ de 20 coppes ”.L’acquéreur payait 7000 livres en monnaie d’or et d’argent.Quant aux trois mille livres restant, elles n’étaient exigibles qu’après la mort de l’abbé Plessis.Jusqu’alors, le nouveau propriétaire paierait audit abbé la rente constituée.Deux mois après l’achat, l’avocat Davidson chargeait F.-X.Daveluv, maître-maçon, entrepreneur qualifié, d’exhausser la maison acquise d’un “ étage en ma- — 110 — çonne de pierre grise et de pratiquer dans cet étage, treize croisées ou ouvertures semblables à celles du rez-de-chaussée Arthur Davidson avait été admis au barreau en 1771 ; il fut nommé juge de la Cour du Banc du Roi en 1800.Marié en premières noces à Jane Fraser et, en secondes.à Eleanor Birnie, il mourut en 1807.laissant plusieurs héritiers.Sa succession fut administrée par sa veuve et par son gendre, l’avocat David Ross.Le docteur Wolf red Nelson Avec l’année 1842, au coin de terre qui fait l’objet de ce relevé, va s’attacher le nom de Wolfred Nelson, certainement l’un des principaux auteurs de l’insurrection de 1837-38.La biographie de cet homme politique est tellement connue que nous pouvons nous contenter de la résumer.Né à Montréal le 10 juillet 1791 (non pas 1792, comme on le dit souvent), Wolfred Nelson étudia la médecine à bonne heure, car il n’avait que 21 ans lorsqu’il reçut le grade de chirurgien-major, au début de la guerre de 1812.En 1819, il épousait mademoiselle Fleurimont de Noyelles.Etabli à S.-Denis-sur-Richelieu.il fut élu député en 1827 et devint chef des “ rebelles ” de sa région en 1837.Comme tel il prit part aux combats de S.-Denis et de S.-Charles.Fait prisonnier, on l’exila aux Bermudes où il ne séjourna cpie trois mois.Libéré, il s’établit aux Etats-Unis, mais revint au Canada vers 1841, car en 1842, il avait loue, de la succession Davidson, l’immeuble de l’encoignure S.-Jacques et S.-Lambert (aujourd’hui S.-Laurent).C’est là qu’il devait clore sa carrière mouvementée.Au cours des vingt-et-une dernières années de sa vie, Nelson fut président des “ gouverneurs du Collège des médecins et chirurgiens” (1848); inspecteur des — Ill — prisons (1852) ; premier maire de Montréal, élu par le suffrage populaire ( 1854), etc.Il importe de noter que, le 31 mai 1847, il avait acquit au prix de $15,000, des héritiers du juge Davidson, la maison et l’emplacement qu’il occupait depuis cinq ans et où il éleva sa famille.Wolfred Nelson mourut dans sa ville natale le 17 juin 1863, âgé de 71 ans et onze mois, puis il fut inhumé à Sorel dans le cimetière anglais où reposaient plusieurs de ses parents.Après le décès du patriote Nelson, deux de ses fils médecins se partagèrent la clientèle de leur père.L’un, Alfred, se spécialisa dans le traitement des maladies des yeux et des oreilles ; l’autre se consacra à la médecine générale.Mais un événement pénible occasionna une mutation de propriété.Le 28 mars 1868, mourait Josephte-Charlotte Fleu-rimont de Novelles, âgée de 71 ans et veuve du docteur Wolfred Nelson.Les héritiers des époux Nelson, dispersés ici et là, ne tenaient plus à la maison paternelle et, le 1er février 1869, ils vendaient l’immeuble à un nommé William Herring pour le prix considérable de $32,134.40, soit $4 le pied pour une partie et $3 pour l’autre.Dans les trente ans qui suivent, la propriété des Plessis, Davidson et Nelson perdit beaucoup de son aspect d’antan.Tant sur la rue S.-Jacques que sur la côte S.-Lambert (ou S.-Laurent), on n’y trouvait que des boutiques d’ouvriers en métaux ainsi qu’un dépôt de charbon et de bois de chauffage.Finalement en 1898, l’éditeur Trefflé P>erthiaume devenait acquéreur de l’encoignure S.-Jacques-S.-Laurent et y installait le quotidien La Presse, dont il avait prévu le succès.E.-Z.Massicotte — 112 — WILLIAM CUTHBERT (1795-1854) William Cuthbcrt qui représenta le comté de Bona-venture à l’Assemblée législative du Canada, du 24 janvier 1848 au 6 novembre 1851, habitait New-Richmond.Né à Alloway, Ecosse, en 1795, il était, croyons-nous, de la même famille que les Cuthbert de Berthier.Il vint s’établir à New-Richmond, vers 1812, ou peut-être un peu avant.Sa soeur Agnès, mariée à Andrew Turner, vint avec son mari et ses enfants en 1812 et ils ne vinrent qu’après William.Celui-ci avait deux frères : Daniel et Robert.Le premier émigra aux Etats-Unis, et Robert demeurait à Greenock, Ecosse, où il était propriétaire de navires.William entreprit l’exploitation de la forêt, fit le commerce du bois et s’employa à la construction de navires.Il n’en construisit pas moins de quatorze à l’endroit nommé Shipyard Point, a New-Richmond.Le dernier fut baptisé du nom de sa femme, Christiania Montgo-mety.Celle-ci était la Idle de Donald Montgomery, natif de l’Argyl.shire, Ecosse, qui fut durant plus de trente-cinq ans l’un des représentants à l’Assemblée législative de l’Ile du Prince-Edouard.Donald (1808-1893), frère de madame Cuthbert, fut successivement député, conseiller législatif, puis membre du Sénat du Canada de 1873 jusqu’à sa mort.Détail intéressant : Christiania avait seize frères et soeurs.Line belle famille ! Monsieur Cuthbert fut nommé juge de paix le 3 mai 1828 et sa commission fut renouvelée le 31 décembre 1831.Le piemier mai 1829, il fut nommé commissaire pour l’amélioration du chemin entre New-Richmond et Bonaventure, qui longe la rive nord de la Baie des Chaleurs, sur une distance de plus de vingt et un milles., .Ayan( entrepris un voyage en Ecosse, M.Cuthbert était passé de Greenock, qui possède de grands chantiers de construction de navires, à Liverpool où il débarqua malade, le 13 juillet 1854, souffrant d’un érésipèle à — 113 — la figure et au cou.Sur l’avis du docteur David Macrevie, de Liverpool, il fut immédiatement conduit chez son neveu.William Cuthbert, à Rocky Ferry, sur la rive gauche de la Mersey, en face de Liverpool.Le médecin s’adjoignit le docteur William Hamilton, de Rock Ferry, et tous deux lui donnèrent les soins que réclamait son’état, mais ils ne purent le sauver.M.Cuthbert décéda le 3 août suivant.Il fut inhumé le 9, dans le cimetière de Greenock.Il était âgé de cinquante-neuf ans.Madame Cuthbert survécut à son mari pendant de longues années; elle décéda le 3 juillet 1891.âgée de quatre-vingt-dix-huit ans.Sa fille Anne, épouse du docteur Hastwell Thornton (fils de Richard Thornton, de Bradford, Yorkshire, Angleterre), survécut aussi à son père.Le docteur Thornton mourut à New-Richmond, le 20 juin 1858, à l’âge de trente ans.Deux enfants issus de ce mariage furent : une fille demeurant à Montréal, et le docteur H.-W.Thornton qui mourut des suites de blessures reçues lors de l’incendie de sa résidence à New-Richmond, le 2 janvier 1907 (1).Francis-J.Audet LETTRE DU PRESIDENT DU CONSEIL DE MARINE AU GOUVERNEUR DE BEAUHARNOIS A Marly, le 28 janvier 1727.M.Begon m’a remis, Monsr, l’état des oyseaux et animaux qu’il vous a remis et dont vous trouverés cy joint copie, il sera nécessaire que vous en fassiez l’envoy icy lorsque le permettra pour estre remis à la Menagerie du Roy à l'exception toutefois du castor qu’il est inutile d’envoyer parce qu’il y en a actuellement trois; vous pourrés aussy vous dispenser d envoyer la grue et le goeslan à moins que ces oyseaux n’ayent quelque chose de particulier” (1).(1) Archives de la province de Québec. — 114 — LA BIBLIOTHEQUE DE L’INSTITUT CANADIEN Le Club Canadien a failli hériter de la bibliothèque du fameux Institut Canadien.Les pourparlers et les négociations qui s’engagèrent entre les directeurs des deux institutions et les autorités religieuses à ce sujet offrent un intérêt si captivant qu’il convient d’en faire une courte analyse.L’Institut Canadien date de 1854.C’était un cercle de propagande littéraire et politique qui mérita la défaveur de l’Eglise par son attitude frondeuse et anticléricale.Il fut frappé des foudres ecclésiastiques en pleine floraison.Tout ce que la ville et les environs comptaient d’esprits hardis et libres penseurs en faisait partie.Papineau, revenu d’exil, en était la figure centrale.On y voyait Antoine Gérin-Lajoie, Doutre, Dessaules, E.Parent, Arthur Buies, Laflamme, Dorion, Wilfrid Laurier, etc.On assistait nombreux aux conférences qui s’y donnaient.Le prince Jérôme Bonaparte, qui visita le Canada en 1858, fut reçu solennellement ; c’était un libre penseur avéré.Il envoya plus tard à l’Institut et à ses membres des livres et des gravures qu’on a su bien conserver.Les livres de la bibliothèque ne plaisaient guère à Mgr Bourget, évêque de Montréal.Il fulmina des condamnations et des interdits.La plupart des hommes de talent qui fréquentaient l’Institut se soumirent aux volontés de l'Ordinaire et cessèrent toutes relations avec leurs amis d’hier.M.Laurier fut un des premiers à se retirer.L’Institut périclita avec les années et finit par fermer boutique.Mais que faire des livres qu’on amassait avec amour depuis longtemps ?Ces bouquins, qui formaient une collection considérable, laissaient généralement à désirer au point de vue doctrinal.Plusieurs étaient à l’Index et considérés immoraux.Us étaient sous le coup de l’interdiction épiscopale.Tout de même, les esprits les plus éclairés du Club Canadien, qui comprenaient la valeur intrinsèque de cette bibliothèque, jetaient sur elle des regards de convoitise. — 115 M.Alfred Brunet, qui appartenait à l'Institut, et qui avait été président du Club Canadien, lit-il les premières tentatives d’acquisition?C’est fort probable.Quoiqu’il en soit, c’est sous l’administration du Dr Georges Leclère que s’amorcèrent pour tout de bon les tractations qui devaient aboutir au transfert de la bibliothèque de l’Institut au Club Canadien.La route à suivre était semée d’écueils.A cette époque, les luttes politico-religieuses étaient si violentes qu’il fallait y aller en douceur.L’excommunication de Mgr Bourget tenait encore les esprits surchauffés.Il n’v avait qu’une chose à faire : obtenir les bonnes grâces de l’autorité diocésaine.Le Dr Leclère entreprit cette tâche redoutable, auprès de l’évêque de Montréal.Les pourparlers furent couronnés de succès, car le 3 août 1881.une assemblée générale était convoquée dans le but de tenir les membres du club au courant de ce qui se passait.Le comité chargé de s’aboucher avec les membres de l’Institut et qui était présidé par M.L.-J.Lajoie (plus tard secrétaire-trésorier et directeur du Parc Sohmer), fit le rapport suivant : “ Le 26 juillet 1881, le comité de l’Institut Canadien, représenté par MM.Jos.et J.-S.Doutre, Ls-C.Crevier et Alfred Brunet, et le comité du Club Canadien, représenté par MM.Georges Leclère, J.-B.-A.Lanctôt et L.-J.Lajoie, se sont réunis dans les salles du Club Canadien et, après discussion, les conditions suivantes ont été arrêtées à l’unanimité : “ 1, le prêt de la bibliothèque de l’Institut et des gravures qu’il possède sera fait pour l’espace de dix ans ; “2, un inventaire correct des livres sera fait par un membre de l’Institut et un membre du Club Canadien ; “ 3, il est entendu qu’en aucun temps durant ces dix années, le Club Canadien aura le droit de remettre la dite bibliothèque, soit pour cause d’insolvabilité, soit pour toute autre cause ; 9 — 116 “4, les membres de l’Institut auront libre accès à la bibliothèque tous les jours, depuis 1 heure de l’après-midi jusqu’à 6 heures du soir ; “ 5, le Club Canadien aura le contrôle absolu et exclusif de la bibliothèque et le droit d’interdire ou non la circulation des livres au dehors ; " 6, Le Club Canadien sera tenu d’assurer la bibliothèque contre le feu, au nom de l’Institut Canadien, au montant de $7,000.” L’adoption de ce rapport fut suivie d’une motion qui démontre bien la gravité de la situation ainsi que la crainte qu’on éprouvait de venir en conflit avec l’autorité diocésaine.M.O’Meara propose, secondé par le chevalier A.Laroque: “Que dans le cas où le Club Canadien, en raison de son acceptation de la bibliothèque de l’Institut Canadien, encourrait les censures ecclésiastiques, il soit permis au Club Canadien, après appel aux autorités religieuses supérieures compétentes, sur la représentation de la dixième partie de ses membres, de remettre la dite bibliothèque à l’Institut Canadien, ce club étant persuadé que l’avantage de posséder une bibliothèque ne serait pas suffisante compensation pour la perte d’une dixième partie de ses membres I “ Que dans le cas ou après un appel aux autorités ecclésiastiques supérieures, les membres du Club seraient censurés, qu’il soit décidé que sur requête signée par un dixième des membres, le comité de direction devra remettre nécessairement la bibliothèque à l’Institut sans consultation et sans autre autorisation ultérieure de tous les membres du club, sans qu’il soit nécessaire de convoquer une assemblée spéciale à cet effet.” _ L’affaire en resta là jusqu’à l’année suivante.Le 24 te\iiei lbS2, le bureau de régie prend connaissance de 1 acte préparé pour la prise de possession de la bibliothèque de l’Institut, et un comité est chargé de le signer toujours avec l’entente” de sauvegarder les intérêts du elub.MM.Moquin et Lanctôt ont mission de recevoir — 117 — la bibliothèque et de l’installer convenablement.Le chevalier Larocque est nommé bibliothécaire et MM Thi-baudeau, Moquin et Papineau sont désignés comme ses assistants.Au mois de mars, les directeurs et les membres du comité de la bibliothèque.MM.Augé et Robidoux prennent connaissance d’une lettre de l’évêque de Montréal à 1 abbe Rousselot, curé de St-Jacques.En voici le texte : , “ Evêché de Montréal.29 fév.1883.' AI.le Cure, I ai la présente, je vous charge de voir le président du Club Canadien et de lui exposer que le catalogue de la bibliothèque de ce club contient une quantité (fouvrages d’auteurs condamnés et de livres immoraux En consequence, vous le prierez d’expurger la dite bibliothèque de tous les livres condamnés par l’Index, et de tous les romans qui sont contre les bonnes moeurs dans l'espace de dix jours à partir de la présente notification.Autrement, le soussigné se trouvera dans l’obligation de renouveler contre cette bibliothèque les défenses déjà portées par Mgr Tgnace Bourget., ^ 0lls voudrez bien me faire rapport par écrit sur lo !ésultats de la mission que je vous confie par la présente.” ' “ Je suis bien sincèrement, T r , “ Edouard-Charles, évêque de Montréal.” Une delegation fut immédiatement chargée de s’en-undu' avec 1 abbé Rousselot et de lui faire part du désir ardent du club de se conformer aux volontés de l’Evê-
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