Bulletin des recherches historiques : bulletin d'archéologie, d'histoire, de biographie, de numismatique, etc. /, 1 septembre 1936, septembre
LE BULLETIN DES Recherches Historiques VOL.XLII LEVIS, SEPTEMBRE 1936 ~ .No 9 LE RÉVÉREND JOHN OGILVIE Avec les armées anglaises qui venaient faire la conquête du Canada en 1759 se trouvaient un certain nombre de ministres ou chapelains anglicans.Nous connaissons parmi eux : John Lloyd, chapelain du 15e Régiment; John Bourne, chapelain du 43e Régiment; Robert McPherson, chapelain du 78e Régiment ; Richard Kendall, chapelain du 63e Régiment ; Michel Houdin, chapelain du 48e Régiment; Ralph Walsh, chapelain du 28e Régiment; Lewis Bruce, chapelain du 47e Régiment, Thomas Gawton, W.Nicholson,.Jackson, John Ogilvie, Michael Schlaetler, chapelains du 60e Régiment ; Edward Whitty, chapelain du 35e Régiment; Henry Walker, chapelain du 58e Régiment.John Ogilvie était chapelain d’un des régiments de l’armée d’Amherst.Après la prise de Montréal, les troupes d’Am-herst retournèrent à New-York, mais le chapelain Ogilvie suivit le général Amherst à Québec.John Ogilvie était né à New-York et après avoir suivi les cours de Yale était passé en Angleterre où il fut fait ministre de l’église établie.La Society for the Propagation of the Gospel l’envoya ensuite comme missionnaire chez les Iroquois du Fort Hunter, province de New-York (1748).Il resta avec eux pendant dix ans.Pendant la campagne de 1759, le ministre Ogilvie fut attaché au 60e Régiment mais il s’occupa surtout des Iroquois de Fort Hunter qui avaient suivi les troupes anglaises au Canada. — 514 — Le ministre Ogilvie, sur l’ordre exprès de Amherst, passa l'hiver de 1760-1761 à Montréal.11 revint ensuite à Québec où il resta jusqu’à 1863, comme chapelain des troupes, conjointement avec le ministre John Brooke.Dans son ouvrage The Church of England in Canada, le ministre H.C.Stuart écrit au sujet du séjour de John Ogilvie à Québec: “.He also undertook some special French work in the neighbourhood of Quebec.He went among the French Canadians, mixing freely with them, and, we are expressly told, met with surprising success in this work, even establishing “ numerous congregations ” among them and making many converts from the Church of Rome ”, Nous croyons à la bonne foi du ministre Stuart, mais il est évident que M.Ogilvie exagérait beaucoup en affirmant qu’il fit beaucoup de conversions parmi les Canadiens-français des environs de Québec.Il n’y a aucune trace de ces apostasies dans nos archives.En 1763, le ministre Ogilvie suivit son régiment à Montréal où il devint le premier titulaire de la paroisse protestante de Montréal, établie en cette même année, tout en gardant sa charge de chapelain.C’est en 1764 que le Révérend M.Ogilvie retourna à New-York.Pendant neuf ans, il fut assistant ministre de la Trinity Church de New-York.Tl décéda en 1774, et c’est son ami le ministre Charles Tnglis, plus tard premier évêque anglican de la Nouvelle-Écosse, qui prononça son oraison funèbre.PASSÉ SANS FLÉTRISSURE Notre passé est sans flétrissure, il est simple et si imprégné de moeurs naïves et saines que l’on devrait être fier de le faire connaître au monde entier.Chacun devrait pouvoir dire de sa paroisse, de son village, de son hameau, avec autant d’orgueil que Virgile: Mantua me genuit.J.-Edmond Roy — 515 EES DIRECTEURS DES POSTES A MONTREAL, DE 1763 A 1924 On demande une liste, à date, avec notices, des maîtres ou directeurs des postes, à Montréal, depuis le 18e siècle.En joignant à nos notes celles obtenues de MM.Francis-[.Au-det, J.-H.Beaulieu et René Caillaud, nous pouvons fournir une liste, probablement exacte; quant aux notices, elles sont brèves parce que les titulaires de langue anglaise ( à deux exceptions près) furent des concitoyens assez effacés qui n’ont pas laissé de traces bien apparentes dans nos archives, et parce que les titulaires de langue française, au contraire, ont tous été des hommes en vue, dont les biographies sont bien connues.Nous nous bornons donc pour eux à signaler les faits saillants de leur carrière, et à corriger les dates de naissance et de décès qui, en certains cas, sont erronées.1— Thomson, John (1763-1778) — Adonné au commerce des pelleteries à Détroit et à Michillimakinac, dès la conquête du Canada, il accepta cependant, en 1763, de prendre la tête de liste des maîtres de poste de Montréal.On conçoit qu à cette époque, le service postal de la future métropole commerciale du pays ne devait pas absorber tous les jours, même toutes les heures du fonctionnaire et qu’il pouvait se livrer à d’autres occupations pour équilibrer son budget domestique.En fonctions durant quinze ans, il fut démis en 1778, par Lord Dorchester “ pour avoir froissé Hugh Finlay, alors directeur de la poste au Canada , .Peut-être avait-il amassé quelque pécule et voulait-il jouir de son aisance en son pays d’origine, quoiqu’il en soit, il retourna en Angleterre en 1781 (1).Un John Thomson, que l’on imagine être son fils, devint membre de la Compagnie du Nord-Ouest, ensuite de la Compagnie de la Baie d’Hudson.Il avait épousé une canadienne, Françoise Boucher, et il mourut à Rigaud en 1828 (2).2— Gray, Edward William (1765-1810) — Né en Angleterre, le 4 décembre 1742, il vint au Canada en 1760.O) 11./,’.//.1933.p.495.(2) Wftlluco, Document* relating to the V.U'.( p.502. — 516 — A peine âgé de 23 ans, E.W.Gray obtint une commission de notaire pour la région de Montréal, puis le 12 juin 1765, il devenait " Deputy Provost Marshal ", en sorte qu’il fut pratiquement shérif dès lors; cependant, il n'en obtint le titre qu’au mois de mai 1776 en même temps qu’il recevait sa nomination de maitre de poste ( 1 ).Le sieur Gray, en 1767 avait épousé Margaret, fille de F'.Oakes, un des bourgeois de Nord-Ouest, et il mourut le 22 décembre 1810.Contrairement à ce qu’on a prétendu, E.W.Gray n'a pas été le premier notaire anglais de la région de Montréal, mais plutôt le troisième (2).3 — Ermatinger, Frédéric William (1810-1816) — Il était marchand, à Montréal, lorsqu’il fut appelé le 24 décembre 1810, à succéder à feu Grav, et comme shérif et comme maître de poste.Mais ce fonctionnaire, en 1816, abandonna la poste pour d’autres activités.Ainsi, en 1817-18 il devint directeur fondateur de la banque de Montréal, puis il accepta d’être commissaire pour la construction du canal Lachine commencé en 1821, terminé en 1825 et qui coûta près d’un demi-million de piastres.M.Ermatinger ne mourut pas en 1816, comme il a été dit, mais le 28 février 1827.âgé de 58 ans 4 II i/liants, James (1816-1828) — Né en Angleterre, il passa aux Antilles, puis vint demeurer à Montréal où on le nomma maître de poste en octobre 1816."Il occupa cette charge jusqu’au 6 juillet 1828.’’ La Montreal Gazette du lendemain annonce sa retraite et lui decerne de grands éloges.Elle le cite comme un employé modèle qui a opéré de sérieuses réformes.” En 1827.M.Williams avait demandé an gouvernement un octroi de terre pour lui et sa famille composée de trois garçons et deux filles ”, _ Possible qu'il ait obtenu l’octroi désiré et qu’il soit allé finir ses jours sur cet immeuble.(1) li.R.U.1002, p.17.(2) 11.R II.1023, p.109.(3) II.R.II.1002, p.11 et 1923, p.109. — 517 — 5 Porteous, Andrew ( 182/-1840) — Sur ce citoyen qui fut maître de poste de 1827 à 1840, nous n’avons aucun renseignement.Serait-il cet Andrew Porteous qui était enseigne du 1er bataillon de milice de Montréal en 1812 et qui devint capitaine en 1830?( 1 ).Thomas Porteous, l’un des directeurs fondateurs de la banque de Montréal et commissaire pour la construction du canal Lachine (2) était-il de la famille d’Andrew?Autre question à laquelle nous ne pouvons répondre.^ Andrew Porteous fut démis par le gouverneur Lord Sydenham, pour n’avoir pas délivré en temps et lieu les malles de Son Excellence.Il eut beau protester et s’excuser sur ce qu’il n’avait pas suffisamment d’employés, il ne fut nas écouté” (3).0 Porteous, James (1841-1855) — Le successeur de Andrew Porteous fut James qui pouvait être parent du démissionnaire?On voudrait l’identifier avec ce James Porteous.qui en 1812, fut enseigne du 2e bataillon de Terrebonne (4).James demeura d’abord rue S.-François-Xavier au-dessus du bureau de poste, ensuite, jusqu’à sa résignation, dans la maison appelée “ Albert place”, angle des rues Lagauche-tière et S.-Urbain.Après 1855 il semble quitter notre ville.7 Meilleur, J.-B.(1855-1861) — Pour la première fois depuis la conquête et près de cent ans après le changement de régime on songe à confier la direction des postes à un homme du terroir, un Canadien de naissance et d’origine./ Né à la Petite côte, paroisse Saint-Laurent près Montréal, le 8 mai 1796 (5), de J.-B.Meilleur et de Suzanne Blé-gnier-Jarrv.Après un cours au collège de Montréal, il alla étudier la médecine aux Etats-Unis et il obtint son diplôme (1) Mention clans Irving, Officers of ItritWi forces in Canada.1812.15.(2) Terrill, Chronolopi/ of Montreal, p.85.(.'!) P.-J.Audet, It.U.U.1002, p.18.(4) Irving, Officers, eto.(5) Iles biographes le font naître le 0 mai, date de son baptême, un autre, le 19 mai et un autre en 1800; eell -s-ei sont des fautes typographiques évidemment, 518 — de médecin en 1825.Vers 1852, il devenait l’un des fondateurs du collège de l’Assomption; député en 1854; surintendant de l’Instruction publique en 1842; directeur des postes à Montréal en 1855; président de la Société Saint-Jean-Baptiste en 1857; inspecteur des postes en 1862; registraire provincial en 1871.Entre temps, il publia des ouvrages didactiques et surtout un précieux Memorial de l'éducation.Au cours de sa vie très active il fut admis membre de la Société médicale et philosophique du Vermont; reçut le titre de docteur honoraire de la faculté de St.John, New-York et les palmes académiques de Paris.Alors qu’il était inspecteur des postes (1862-1865), le docteur Meilleur habita rue des Conseillers, près de la rue Berthelet, dans une demeure à laquelle il avait donné le joli nom de “Chaumière agreste”.Après avoir séjourné à Québec M.Meilleur revint habiter Montréal, cette fois, rue des Allemands, non loin de Craig.Et c’est là qu’il décéda le 6 décembre 1878 (1).L’inhumation eut lieu le 11 du mois, au milieu d’un grand concours de notables, entre autres, les honorables Gédéon Ouimet et P.-J.-O.Chauveau; les docteurs E.-H.Trudel et D’Odet d’Orsonnens, M.B.-A.-T.de Montigny, Cy.Tessier, P.S.Murphy, J.-P.-I.Barthe, L.-A.Boyer, le professeur D.Boudrias.On lui a consacré des notices assez détaillées dans divers périodiques, revues et journaux, comme aussi dans divers ouvrages biographiques ou bibliographiques, mais il reste encore à faire, sur ce remueur d’idées une étude soigneusement préparée, précisant davantage le rôle qu’il a joué dans notre vie publique.8 — Freer.Edward Stayner (1861-1874).En 1859, son épouse, Mary Raymond, décédait à Montréal, âgée de 59ans.Deux ans plus tard, il était nommé maître de poste de Montréal.mais ne conserva cette charge que treize ans.Après 1879, son nom disparaît du Bottin montréalais, ainsi que ce- (I) (n auteur fixe erronément son décès au lt' décembre. — 519 — lui d’un autre Freer qui avait ici l’agence d’une compagnie de transatlantiques.9 — Lamothe, Guillaume-]eau-Baptiste (1874-1891) — Né à Montréal, le 14 septembre 1824, de Joseph-Maurice Lamothe (surintendant du département des Indiens) et de M.-Josephte Laframboise.Après études aux collèges de S.-Hyacinthe et de Montréal, il voyagea en Europe, de 1846 à 1851, et c’est durant son séjour là-bas, qu’il épousa à Florence, en 1850, Marguerite de Savoye.En 1852, il était lieutenant de cavalerie et capitaine en 1857.Le 26 novembre 1861.il devenait chef de la police de Montréal, charge qu’il abandonna, en 1865, ayant accepté la mission périlleuse de faire évader du Canada, les “raiders de St-Albans ” (officiers sudistes) réfugiés à Montréal et dont l’extradition était réclamée par les nordistes.Cette aventure des plus dramatiques a été détaillée autrefois, par l’historien A.-D.De Celles.Nommé directeur des postes de Montréal le 15 juillet 1874, il démissionna en 1891, et s’éteignit dans son hospitalière demeure, rue S.-Famille, le 21 janvier 1911.10 — Dansereau, Clément-Arthur (1891-1899 ) — Né à Contrecoeur le 5 juillet 1844, de Clément Dansereau et de Louise Fiset.Il fit ses études au collège de l’Assomption et à l’Université McGill.Admis au barreau le 4 septembre 1865, il se consacra néanmoins au journalisme et fut pendant plus de douze ans, rédacteur à la Minerve, qu’il finit par acquérir.Passé greffier adjoint de la Couronne en 1880; envoyé en Europe pour choisir des livres pour la bibliothèque de la législature de Québec en 1884, il était nommé directeur des postes, à Montréal, en janvier 1891.Il abandonna cette charge en 1899, pour reprendre la direction de la Presse.Ce notoire journaliste, ami et confident de Sir Adolphe Chapleau autant que du sénateur L.-A.Sénécal, et dont la biographie développée est particulièrement intéressante, mourut le 27 mars 1918.11—Beausoleil, Cléophas (1899-1904) — Né à S.-Félix de Valois, le 19 juin 1845, de Joseph Beausoleil et de Rose Ducharme.Ses études commerciales et classiques terminées, il choisit d’être clerc d’avocats; en même temps, il subit l’at- — 520 — tirance du journalisme et collabore à l’Ordre (fondation de Joseph Royal); ensuite, à Y Evénement puis au Nouveau-Monde dont il prend la rédaction générale.En 1874, il fonde le Bien Public avec L.-O.David, puis, en 1875, il
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