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Titre :
Bulletin des recherches historiques : bulletin d'archéologie, d'histoire, de biographie, de numismatique, etc. /
Éditeur :
  • Lévis :Pierre-Georges Roy,1895-1968
Contenu spécifique :
avril
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
quatre fois par année
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Bulletin des recherches historiques : bulletin d'archéologie, d'histoire, de biographie, de numismatique, etc. /, 1938-04, Collections de BAnQ.

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LE BULLETIN DES Këgherches insTomui es VOL.XLIV LEVIS, AVRIL 1938 No 4 LES SIÈGES DE QUÉBEC Peu de villes, même dans la vieille Europe qui a vu tant de guerres, peuvent s’honorer d’avoir subi cinq sièges dans un siècle et demi.C’est le cas de Québec.Et si la Providence n’avait mis fin à l'entreprise de sir William Walker en faisant périr un bon nombre de ses vaisseaux sur les récifs de Pile aux Œufs, en septembre 1711, Québec aurait compté six sièges en cent quarante-six ans.C'est le 30 juillet 1711 que la formidable flotte de Walker, soixante-dix-huit navires, sortit des passes de Nantasket pour venir prendre Québec.La capitale dont les fortifications étaient si délabrées aurait-elle pu résister à l'attaque de Walker?La chose est douteuse.Quoi qu’il en soit, ce n’est qu'au milieu d’août que la population de Québec apprit que la flotte anglaise remontait le Saint-Laurent.Le naufrage des vaisseaux de Walker eut lieu au milieu de septembre 1711 et ce n’est que le 17 octobre suivant que la nouvelle en parvint à Québec.Les bonnes nouvelles ne voyagaient pas vite à cette époque.Le siège de 1629 Le siège de 1629 fut court et n’occasionna aucune perte de vie.Cependant, il eut des conséquences désastreuses puisqu’il éloigna Champlain de son œuvre pendant près de quatre ans.Dès l’été de 1628, David Kirke avait sommé Champlain de lui remettre Québec.Le fondateur avait répondu à Kirke que Québec était amplement pourvu de munitions et de provisions et qu’il se défendrait jusqu à la mort.A ce moment, chaque homme était réduit à sept onces — 98 de pois par jour.La belle assurance de Champlain sauva Québec.Il n'en fut pas de même, hélas ! l’année suivante.Le 19 juillet 1629, sir David Kirke, mieux informé cette fois de la situation de Québec, fit offrir une capitulation « honnête et raisonnable » à Champlain.Les pourparlers durèrent presque toute la journée du 19 juillet, et la capitulation fut signée le lendemain.Le même jour, les Anglais prenaient possession de Québec.Pas un coup de fusil n’avait été tiré.Que pouvait faire Champlain?Il n'avait pas de munitions et la famine régnait à Québec depuis plusieurs semaines.Québec ayant été pris en pleine paix fut remis aux Français mais cet événement retarda considérablement les progrès de la colonie.Le siège de 1690 C’est le 5 octobre 1690 qu’un Abénaquis, qui avait fait le voyage d'Acadie à Québec en moins de douze jours, avertit M.Provost, commandant intérimaire de Québec, qu’une flotte d’une trentaine de vaisseaux était partie de Boston depuis six semaines pour venir faire le siège de Québec.Le 16 octobre, la flotte de Phipps était rendue à Québec.Le même jour, un peu avant dix heures du matin, l’envoyé de Phipps était reçu au château Saint-Louis par le gouverneur de Frontenac.On se rappelle la fière apostrophe de M.de Frontenac : Je répondrai à votre général par la bouche de mes canons.Deux jours plus tard, le 18 octobre, avait lieu la bataille des grèves de Bcauport qui se termina à l’avantage des défenseurs de Québec.Les soldats de Phipps restèrent cependant sur la berge de Beauport jusqu’au 21 octobre.Dans l’intervalle, la flotte de Phipps avait bombardé Québec sans lui faire trop de dommages.Vers le soir du 23 octobre, on vit que les vaisseaux anglais faisaient leurs préparatifs pour lever le siège.En effet, le lendemain, 24 octobre, la flotte anglaise mettait enfin à la voile pour la haute mer.Le siège de Québec avait duré du 16 au 25 octobre, soit moins de dix jours.Le siège de 1759 Montcalm, dans son Journal, à la date du 17 juin 1759, mentionne 1 arrivée d un certain nombre de vaisseaux de — 99 — guerre anglais au bas de l’île d’Orléans.Les autres navires de guerre arrivèrent peu après.A la fin de juin, plus de cent navires de guerre de toutes sortes, y compris les transports, étaient ancrés entre Québec et le bas de l'île d Orléans.Virtuellement, la route du Saint-Laurent n existait plus pour les vaisseaux français depuis le milieu de juin.Les Anglais installèrent leurs batteries à Lévis à partir du 3 juillet et, le 12 juillet, ils commençaient le bombardement de Québec.Il se continua de façon intermittente, de jour et de nuit, jusqu’au 13 septembre, soit deux mois.La bataille de Montmorency, le 31 juillet 1759, fut à l’avantage des vaillantes troupes de Montcalm, mais les Anglais ne se laissèrent pas décourager par cet insuccès.Dans la nuit du 12 au 13 septembre 1759, les troupes anglaises débarquèrent à l’anse du Foulon et grimpèrent sur les Plaines d’Abraham, où, le 13 septembre, vers les dix heures du matin, s’engagea la bataille qui devait être fatale à Montcalm et à Wolfe.L'armée française, battue, se retira à Jacques-Cartier, et les Anglais se préparèrent à faire l’assaut de la ville.Mais, dans l’intervalle, M.de Ra-mezay, lieutenant de Roi de Québec, avait engagé des pourparlers et, le 18 septembre, il signait la capitulation de Québec.Les Anglais entrèrent dans la ville le même jour.Le siège de 1760 Le chevalier de Lévis, en rendant compte à la cour de la perte de Québec, se disait certain de reprendre la capitale au printemps de 1760 si on lui envoyait des canons et des munitions.Pendant l’hiver de 1759-1760, M.de Lévis réorganisa son armée, ramassa des vivres et fit préparer les embarcations nécessaires pour descendre de Montréal à Québec, aussitôt après la débâcle des glaces.Le 25 avril, toute l’armée était rassemblée à la Pointe-aux-Trembles.Murray, apprenant que l’armée française approchait de Québec, sortit de la ville, à la tête de la garnison, le 28 avril, au matin.Les deux armées se rencontrèrent à Sainte-Foy et, après une bataille sanglante, la victoire resta à M.de Lévis.Le soir même, l’armée française commença les travaux du siège à huit cents verges des murailles.Mais M.de Lévis avait si peu de canons et de munitions que tout ce qu’il pouvait faire c’était de garder ses lignes en attendant les secours — 100 — d'Europe Le 9 mai, une frégate parut devant Québec.Hélas ! Elle était anglaise.Dans la nuit du 16 au 17 mai, l’armée assiégeante leva le camp après avoir jeté en bas de la falaise du Foulon une partie de l'artillerie de siège qu’elle ne pouvait apporter.Ce quatrième siège de Québec avait duré du 28 avril au 17 mai 1760.Le siège de 1775 L'armée d’Arnold forte de 1100 hommes partie des États-Unis le 13 septembre 1775 arriva à Lévis le 9 novembre.La maladie et les désertions lui avaient fait perdre un tiers de son effectif.Arnold et son monde traversèrent le fleuve dans la nuit du 13 au 14 novembre.Pas assez forte pour attaquer Québec, elle se retira à la Pointe-aux-Trembles pour attendre l'armée de Montgomery qui venait par la route de Montréal.Les deux armées se réunirent le 1er décembre et s approchèrent de Québec.Le 5 décembre, les Américains s’emparaient du faubourg Saint-Roch et bloquaient la ville par le côté de Sainte-Foy.Le 15 décembre, Montgomery somma Carleton de lui iivrer Québec.Le gouverneur ne voulut pas même recevoir ses parlementaires.Du 15 au 30 décembre, on tira tous les jours sur Québec à l'aide de six ou sept petits canons, mais les dommages ne furent pas considérables.Enfin, dans la nuit du 30 au 31 décembre, eut lieu les attaques combinées de la Porte Saint-Jean, du Sault-au-Matelot et de Près-de-Ville.On sait que ces trois attaques lurent repoussées et que Montgomery fut tué à Près-de-Ville.L insuccès de ces attaques découragea les Américains, mais Ce ne fut qu au mois d’avril qu’ils levèrent le siège ou plutôt le blocus de Québec.L’arrivée de plusieurs vaisseaux de guerre anglais avec plusieurs centaines de soldats leur fit voir qu ils perdaient leur temps.P.-G.R.QUESTION Je sais que le Père Crespel, Récollet, est mort à Québec le 27 avril 1775, mais où fut-il inhumé ?Rcx. — 101 — LE DOCTEUR DE BON A LD On s’cst demandé si le docteur de Bonald dont le nom, en notre province, fut bien connu, entre 1864 et 1890, était de la famille du vicomte de Bonald, un philosophe français marquant, mort en 1840.A cette question, ne pouvant répondre, nous nous bornons à fournir aux chercheurs les quelques notes que nous avons pu réunir sur la vie de ce Canadien d’adoption, classé un temps parmi les praticiens de qualité.* * * Tout d’abord, voici copie de l’acte de son premier mariage au Canada.On remarquera que dans cet acte, le nom du marié n’est pas précédé de la particule et que sa profession n’est pas indiquée, mais il ne manquait pas d’être considéré, puisque des curés de paroisses voisines se déplacèrent pour assister à la cérémonie de son union.Paroisse de Ste-Genevieve-de-Berthier « Ce quatre avril mil huit cent cinquante-trois, vu la dispense de trois bans accordée par Messire Hurteau, vicaire généra], à Sr Guillaume Sylvain Bonald, domicilié en cette paroisse, fils majeur de Sr Jean Baptiste Bonald et de dame Eliza Lauper (1), ses père et mère, d’Aurissac en France, et à Dame Elizabeth Cairns, veuve majeure de feu Louis Marie Raphael Barbier, en son vivant médecin de cette paroisse (2) ; ne s’étant découvert aucun empêchement canonique ou civil, nous prêtre curé soussigné, avons reçu leur mutuel consentement de mariage et leur avons donné la bénédiction nuptiale en présence de Messieurs Marcotte, curé de Lavaltrie, Giroux, curé de Lanoraye, et Loranger, vicaire de Berthier, avec les époux soussignés ».* * * (1) Dans la copie de cet acte, provenant des archives judiciaires de Jolicttc, ce nom se lit Lauper ; M.le curé de Berthier est d 'avis que c'est plutôt Lausser et M.G.Drouin nous écrit que d’après scs notes ce serait Lanpier.Que décider ?(2) Le docteur Barbier était mort le 29 janvier 1852. 102 — En 1865, le mari de la veuve Barbier est installé à Montréal et il s’annonce comme suit : « Guillaume-Sylvain de Bonald, M.D., membre de la Société impériale des arts, sciences et belles-lettres de France.Spécialiste en hydrothérapie.Traite surtout les maladies nerveuses chroniques, le rhumatisme, les maladies cutanées, les maladies de la digestion, etc.» De 1864 à 18ô6, M.de Bonald publia en fascicules la Clinique hydrothérapique de Montréal qui forme une brochure de 76 pages.(1) En 1882, il signait dans Y Opinion publique une étude concernant la protection des édiiices publics contre les incendies.Devenu veuf, il épousait à Montréal, le 17 février 1885, Mathilde-Sabine Parent, hile d Etienne Parent, conférencier de renom, et veuve du notoire journaliste, Evariste Gélinas.(2) Par ce mariage, M.de Bonald devenait beau-frère de l’historien Benjamin Suite.En juin 1886, il assiste aux funérailles d'Auguste Achintre, puis, le 31 mars 1891, il meurt à Cacouna, mais est inhumé à Montréal le 4 avril suivant.Sa deuxième femme lui survécut longtemps, car elle ne décéda que le 14 juillet 1917, âgée de 79 ans.E.-Z.Massicotte.QUESTIONS Dans 1 acte de sépulture de Jean Jouineau, à Québec, le 24 juin 1672, il est dit qu’il habitait la Rivière des Roches.Où était cette rivière des Roches dans les environs de Québec ?Beaup.Peut on me dire si Frederick Driscoll, auteur d’une brochure avant pour titre, 7he Twelve Days' Campaign—an impartial account of the Final Campaign of the late 14Gr,(1866) était Canadien ?Que faisait-il ?Chercheur (1) 28' Catalogue du libraire G.Ducharmc (N° 4622).' T ,N,! 9^‘n*s’ ^ut rédacteur en chef de la Minerve, puis fonctionnaire.Il n’avait que ans lorsqu tl s éteignit en 1873.(Audet St Malchelosse, PeeuJonymes caned,em.) 103 PRISE DE L'ALCIDE ET DU LYS Monsieur, Si je n’ai pû vous envoïer jusqu’ici des pièces décisives en faveur des François, c’est moins ma faute que la leur, et vous allés juger de la satisfaction que j'aurais eu à le faire par la relation que je vous ai promise, et que je n’abregerai pas d’un mot.Je viens, comme je vous l’ai marqué dans ma precedente de la recevoir.Relation de ce qui s'est passé à la prise de Y Alcide par l’escadre Angloise composée de onze vaisseaux de guerre, commandée par M.l'Amiral Boscawen.Le 29 mai 1753, l’escadre du roi commandée par M.du Bois de la Mothe, avoit resté en panne depuis quelques jours à cause de la brume et du calme.Sur les six heures du soir, le tems s’étant un peu éclairci, petit vent du sud-est, le général ht servir dans Louest quart sud-ouest.Cet éclairci ne dura, pour ainsi dire, qu’un instant, et à peine les vaisseaux étoient rassemblés que la brume revint aussi épaisse que les jours précedens.Il nous manquoit alors Y Algonquin, Y Espérance et Y Opiniâtre.La nuit, il ht très mauvais tems, gros vent du sud-ouest, pluie à verse et brume si épaisse qu'on ne voïoit pas la longueur du vaisseau.Nous passâmes au vent d'un banc de glace fort élevé qu’on ne reconnut qu’à une espece de blancheur et une fumée très épaisse.Ce fut tout ce que nous pûmes faire que le doubler.Le 30, le vent du sud-ouest et le mauvais tems continuèrent pendant tout le jour.Je faisois toujours la même route du plus près à ouest-nord-ouest, m’en retenant parmi plusieurs vaisseaux, en diminuant et augmentant de voiles pour ne pas m’en écarter.Nous nous faisions mutuellement les signaux de brume, de la cloche, l'amure à bas bord.On en entendit un qui faisoit l'amure à tribord du tambour.Sur les quatre heures et demie du soir, on n’entendit plus aucun signal, soit que les vaisseaux eussent changé de route, ou que le général eut fait le signal de remettre à l’autre bord et que les mauvais tems m’eussent empêché de l'entendre.Je continuai toujours la route du ouest-nord-ouest jusqu’à sept heures du soir que je hs faire le point à mon premier pilote qui ne faisoit qu’a neuf à dix lieues dans l’est-sud-est — 104 — du Cap de Raze.Je ne pouvois faire que la route du ouest-nord-ouest qui me conduisoit dessus ; d'ailleurs toujours mauvais tems du sud-ouest et brume épaisse.Depuis quatre heures et demie je n’eu donc plus aucune connoissance de vaisseaux et de général, point de hauteur depuis le 20.Je pris alors le parti restant seul, de mettre à la cape, la dérive dans le nord et deux heures après la dérive dans le sud, en attendant un éclairci, car il netoit pas de la prudence d'attaquer des dangers que je touchois presque.Le 31, au matin j eu connoissance du Lys et l'après-midi de Y Aquilon, ils s'étoient séparés le même jour que moi, et à peu près par les mêmes raisons.Le 4.ou 5 juin, Y Aquilon se sépara de moi par la brume.Le 7, le Dauphin Roial qui s’étoit aussi séparé le même jour, • se rallia à moi après nous être fait réciproquement les signaux de reconnoissance.Sur les six heures du soir le vent très foible du ouest-nord-ouest j'eu connoissance du haut des mats d’onze vaisseaux sous le vent dans l'est-nord-est cinq à six lieus Jugeant que ce pouvoit être notre escadre, j'arrivai dessus.Cependant, ayant quelque défiance je voulois m assurer avant la nuit de ce que je devois en penser.J'approchai donc seulement a distance de pouvoir distinguer les signaux de reconnoissance.Le vent diminuant toujours, la mer calme, nos trois vaisseaux mirent en panne.Le 8, au point du jour, la fraîcheur s étant déclarée au sud, par ce changement de vent, je me trouvai à trois lieues sous le vent de 1 escadre que j’avois pris pour la notre.|e fis les signaux de reconnoissance auxquels l’ennemi ne répondit qu en me donnant chasse toutes voiles dehors.Je pris chasse de mon côté dans le nord-ouest, après en avoir fait le signal.Cette route me parut la plus avantageuse dans la position où je me trouvois, faisant Y'arriere-garde, le Lys étant de 1 avant de moi et sous le vent, et le Dauphin Ratal sous le vent du Lys et de 1 avant.Nous courûmes toujours dans cet ordre, le tems très foible au sud, tems qui donne de grands avantages aux Anglois, parce qu'ils ont des voiles plus légères et des menues voiles plus grandes que les nôtres.Comme ils nous joignaient à vue d’œil, je mis le pavillon et la flame que J assurai d un coup de canon à poudre et au vent ; l'ennemi rmt Je sien sans 1 assurer.Je comptois par la route que je aisois, et en me faisant connoître, attirer les meilleurs voi- — 105 — licrs sur moi, et donner le tems aux deux vaisseaux de transports de s'échapper.Entre dix et onze heures du matin, le Dunkerque de soixante canons suivi de deux autres vaisseaux de même force, de 1 amiral de soixante quatorze canons et du reste de l’escadre, se trouva dans mes eaux assés près, assés long tems et dans une position où je les aurois bien incommodé par mes quatre canons de retraite, si j’avois osé attaquer le premier.La mer étoit unie comme une glace et il ventoit très peu ; et quoique je ne pusse douter à la manœuvre de l’ennemi qu’il ne m’attaquât, je voulus attendre qu’il commençât les hostilités.Lorsque j’étois parti d’Europe il n’y avoit point de guerre déclarée, et je sentois toute la consequence de paroitre l’agresseur.J’étois sûr que l’ennemi s’en prévaudrait pour m’accuser d’avoir le premier commencé la guerre, et pour me donner le tort dans toute l’Europe.Ces reflexions et ces considérations ne tardèrent à m’être très nuisibles.• Lorsque le Dunkerque commandé par l’amiral Howe, fut à la demi-portée de la voix, il se tira de mes eaux et tint le vent, comme pour me prolonger et m’aborder.Je le crus ainsi pendant un tems.Je voulus cependant savoir à quoi m’en tenir.Je priai Mess, de Rostaing, de Vaudreuil, Somerville et Drelincourt d’être attentifs à la conversation que j’allois avoir avec ceux du Dunkerque.Mess, du Moulin et Geoffroy quiétoientsur la dunette, ainsi que M.le Chevalier de Perce-veaux, n’en perdirent pas un mot, tout l’équipage étant attentif et ne faisant pas le moindre bruit.Je fis donc crier trois fois en Anglois : Sommes nous en paix ou en guerre ?On répondit : Nous n entendons pas.La même question fut alors faite en françois, même réponse.Je pris alors le porte voix et demandai encore deux fois : Sommes nous en paix ou en guerre.Le capitaine me répondit lui même par deux fois bien distinctement et en très bon françois : ha paix, la paix.Cependant le signal de commercer le combat avoit été quelque tems auparavant à bord de l’amiral par un paviolon rouge au petit mâts de hune.Je demandai encore comment s’appelloit l’amiral?On me répondit : L’amiral Boscawen.Je le connois, dis-je ; il est de mes amis ; et vous, Monsieur, votre nom, reprit-on : Hocquart, repondis-je.La conversation ne fut pas plus longue.Le tems de prononcer mon nom et l’ennemi le mot de paix, fut immédiatement suivi — 106 de la bordée haute et basse à bout touchant avec la mous-quetterie qui nous a ainsi déclaré la guerre.Ses canons étoient chargés à doubles boulets ramés et à mitrailles de toutes especes.La mer étoit trop belle pour en perdre un seul coup, et nous étions si près que les valets des canons Anglois entroient dans le bondage.Cela joint à la confiance que doit donner le mot de paix, prononcé par la bouche d'un capitaine, nous fit perdre beaucoup de monde, sur tout dans les batteries et sur îc gaillard d’arrière.Notre feu n’en fut cependant ni retarde ni diminué ; mais un boulet ayant coupé le bout de la barre du gouvernail, les timonniers furent forcés de l’abandonner.Je fis alors mettre les voiles sur les mats sans pouvoir abattre d un bord ni de 1 autre.Toutes mes manoeuvres hachés étoient devenues inutiles.Je me trouvai donc en but à cinq ou six vaisseaux qui me joignirent, m’en-tourerent et me combattirent, celui du contre amiral en étoit un.Je faisois cependant un feu très vif quoique partagé, avec ma mousquetterie et mes deux batteries que j’avois été obligé de remonter des gaillards.Je restai long tems dans cette situation, faisant face de tous cotés autant que la foiblesse de mon équipage pouvoit me le permettre.Quelqu’uns avoient déjà commencé à tout abandonner.J’avois cent hommes tués ou blesses, quatre officiers de tués, plusieurs presque hors de combat par leurs blessures.Les manoeuvres etoient hachées, les voiles criblées, le grand mâts percé de deux boulets au milieu à côté l’un de l’autre ; le petit mâts de hune percé et prêt à tomber, les vergues coupées, toute la mature offencée, plusieurs canons démontés.Dans ce deplorable état, et ne voiant nulle esperance de salut, et voulant conserver au roi de braves gens qui avoient soutenu avec tant de valeur un combat contre des forces si supérieures je songeai a me rendre.Je voulois cependant que ce ne fût qu’à amiral.Je cherchai donc à le découvrir, et après l’avoir apperçu ^ une Portée de fusil et lui avoir tué à ce qu’il m’a dit lui-meme, deux hommes et blessé plusieurs, j’essuïai en meme tems le feu des batteries de ses deux gaillards.Alors J amenai le pavillon au milieu et fus aussitôt entouré de uen pres de presque toute l’escadre ennemie dont chaque vaisseau m avoit combattu.1 Pendant que j’étois aux prises l'ennemi avoit détaché deux vaisseaux sur le Dauphin Roïal qui ne pûrent le joindre, 107 — et trois autres sur le Lys qui fut joint.Je vis cevaisseau se battre long tems avec valeur, seulement avec ses quatre canons de retraite et sa mousquetterie tant qu’il pû s’en servir ; mais ayant été mis entre deux feux hors de la portée du fusil, Il essuia plusieurs bordées sans pouvoir y repondre que foiblement, et fut enfin obligé de se rendre.» Que pensés vous, Monsieur, de cette relation?Ne vous semble t il pas qu’elle seroit entièrement décisive pour nous si nous avions toujours eu la bonne foi dont M.Hocquart nous a donné un si bel exemple.Assurément, ce capitaine a poussé la délicatesse au moins aussi loin que la valeur.Quoi, se voir donner la chasse par un escadre qu’il regarde d'abord comme ennemie ; voir arborer le signal du combat, et malgré cela s’obstiner à une conversation à l’amiable, en croire plutôt quelques mots d’un simple capitaine, que l’ordre que donnoit auparavant 1 amiral ; enfin n être convaincu 3uc lors que la mousqueterie a fait la declaration de guerre.Je vou-rois bien pour rendre le procédé plus glorieux que M.Hocquart en eut agi ainsi à la tête d’une escadre d’onze vaisseaux contre trois.Mais quelle excuse, croïés vous que puissent trouver les Anglois?Ma foi, ils n’en cherchent point, et même ils se moquent de nous.Ils prétendent que leur M.Howe, mieux instruit que M.Hocquart qui venoit d Europe, n’a attaché à ce mot de paix que la signification que les François y attachoient dans l’Amérique ; que d’ailleurs un mensonge qui ne sauroit tromper, n'est point un mensonge, selon plusieurs casuites des nôtres ; M.Hocquart ne devoit point en croire une raillerie qu’on faisoit par represaille, plutôt que le pavillon rouge qu’il avoit vû au petit mât de hune de l’amiral, et qu’enfin il ne tenoit qu’à lui de ne pas faire des questions aux quelles on avoit répondu d'avance, en supposant même qu’il ignorât les hostilités réciproques.Mais est ce le moment de railler, la matière le comporte telle?Non sans doute ; aussi n’est il pas douteux que ceux qui l’ont fait ; ont eu tort, tant dans l’exemple que dans l’imitation.Il est si peu sûr de juger du total sur une partie, que les Anglois n’ont pas dû croire que, parce que des esprits remuants avoient fait prendre un parti peu convenable en tous sens à ceux qu’ils ont pû persuader, tous les François pensoient à l’unisson.Il est certain que quoique M.Hoc- 108 — quart sc soit conduit avec quelque sorte d'imprudence quant à sa sûreté, il n’en a pas moins donné des marques de bonne foi et de valeur dignes d’être admirées.Les Anglois témoignèrent encore la persuasion où ils étoient de nos desseins contre eux, dans le traitement prétendu injurieux qu’ils firent à M.Rigault gouverneur des trois rivières pris sur Y Alcide.M.Rigault qui en a porté la plainte aux ministres de la cour de France et à l’amirauté attribue ce traitement à l’idée où étoient les Anglois que sa famille avoit emploie son crédit pour animer les sauvages et faire réussir les entreprises de la France.Il ajoute qu'on lui en fit le reproche très exprès ; et ceci me paroît très fort contre nous.Quelque soit l’envie que peut avoir une nation de jettcr le blâme sur la nation ennemie, ceux qui en sont les chefs, et sur tout les militaires, ne sont point assés lâches pour sacrifier à ce dessein un de leurs semblables et particulièrement un homme considerable par son rang.Ainsi plus le procédé a pû être déraisonnable et odieux, plus il prouve que la conviction contre nous paroissoit certaine ; et plût à Dieu ! comme je l’ai déjà dit, qu elle ne fût telle qu’aux yeux de ses ennemis.Mais tandis que vous ne vous occupés en Europe qu’à examiner qui a été l'agresseur, tandis que ceux qui ont tort, crient plus haut que les autres, nous continuons malheureusement à fournir des matières à dispute.J apprends que Beausejour est pris, et voici en peu de mots ce qu'un officier de ce fort vient de m’écrire.» (Pichon, Lettres et Mémoires pour servir à l'histoire du Cap Breton, pp.248 et seq.) QUESTION Près de Québec se trouve la paroisse de Saint-Félix du Cap-Rouge et une partie de la rue Champlain qui va de Québec à Cap-Rouge porte le nom de Cap Blanc.Quel est ce cap et pourquoi lui a-t-on donné ce nom de Cap Blanc ?C.B. — 109 — CLÉMENT CAZEAU M.Clément Cazeau était le frère de Mgr Charles-Félix Cazeau, qui décéda vicaire général de l'archidiocèse de Québec.Mgr Cazeau se dévoua toute sa vie.Son frère, dans un domaine différent, avait le même cœur et la même âme.Lui aussi donna le meilleur de lui-même aux bonnes causes pendant toute son existence.Né à Québec le 1er août 1797, M.Cazeau, ses études terminées, se destina à l’enseignement.On voit son nom parmi les instituteurs de l ancienne organisation de l’Institution Royale.Plus tard, la Société d Education ouvrit une grande école aux Glacis, à Québec, et c’est M.Cazeau qui fut chargé de la direction de cette maison qui exista pendant un bon nombre d’années.Il fut donc un des pionniers de l’instruction publique dans la ville de Québec.Ses amis réussirent à faire entrer M.Cazeau dans l’administration publique.En 1848, M.Cazeau était nommé commis au Bureau de poste de Québec.L’article suivant tiré de Y Ami de la Religion et de la Patrie du 12 mai 1848 affirme qu’en 1848 il n’était pas toujours facile d’avoir une réponse en français au Bureau de poste de Québec.« Le public apprendra avec satisfaction que M.Clément Cazeau, de cette ville, a été nommé un des employés du Bureau de la poste de Québec.Les personnes qui n’entendent et ne parlent que le français pourront être comprises et se faire comprendre maintenant, chose qui n’était pas très facile avant la nomination de M.Cazeau.C’est une amélioration ; espérons qu elle sera suivie des réformes importantes que l’opinion publique demande depuis longtemps dans ce département dont les employés se sont, jusqu'à ce jour, plutôt regardés comme les maîtres que comme les serviteurs du public.Nous appelons l'attention de qui de droit, sur la nécessité, la justice même, de publier dans les journaux rédigés en langue française, les listes mensuelles des lettres non réclamées.Ces listes ne sont publiées que dans la Galette de Québec que la masse de la population de ce district ne lit pas.Ainsi le but que l’on a en vue d’atteindre par cette publication, celui d’informer les personnes auxquelles ces lettres sont adressées de venir les réclamer, se trouve en — no grande partie manqué.Puis, il arrive souvent que les noms canadiens-français sont tellement défigurés, estropiés dans ces listes, qu il est impossible de les déchiffrer.Un peu d’attention remédierait à ce grave inconvénient.» Un peu plus tard, M.Cazeau fut transféré au Bureau de la Douane, à Québec.Si nous ne faisons erreur, M.Cazeau fut le premier canadien-français à entrer dans cette arche sainte des douanes, où aucun de nos compatriotes n ’avait pu encore pénétrer.M.Cazeau décéda à Québec le 21 juin 1872, à l'âge de 75 ans.Lc Courrier du Canada du 22 juin 1872 disait de cet honnête citoyen : « Nous avons la pénible tâche d'annoncer à nos lecteurs le décès d'un homme dont la vie toute entière a été un exemple de patience, de courage, d'honneur, de délicatesse et de charité chrétienne.M.Clement Cazeau, officier des douanes de Sa Majesté, frère de M.le grand-vicaire Cazeau, a rendu, samedi dernier, sa belle âme à Dieu après s’être préparé, avec foi, espérance et amour, au redoutable passage du temps à 1 éternité.Sa mémoire vivra longtemps dans Québec, où il a tant fait pour répandre les bienfaits ae 1 éducation, où il a tant travaille, et, aussi, tant édifié.Il était le type de ces anciens Canadiens qui avaient emporté de la vieille France avec la foi et l’honneur, ces habitudes d’hospitalité généreuse devenues si rares de nos jours ».P.-G.R.NOS LÉGENDES Nos histoires et légendes font partie du merveilleux patrimoine moral que nous a légué le passé, et qu’il serait criminel d enfouir, comme le serviteur infidèle, ses talents afin de ne nous occuper que de bagatelles exotiques.Notre devoir n est-il pas au contraire, de tirer le meilleur parti possible de ce fonds qui manque le moins, dans toutes les spheres de notre activité spirituelle ?Pour ne parler, par exemple, que de la légende, il faut reconnaître que cette forme ou plus exactement cette déformation de l’histoire a dans une large mesure inspiré le génie français, au cours dcSaScs’ Abbé Fortunat Charron. — Ill — LA FAMILLE CHOREL DORVILLIERS On s est demande ÇBRH, 1938, pp.33s.) de quelle paroisse de France venait François Chord d'Orvilliers de St-Romain.La question ne se serait jamais posée si Tanguay avait pris soin de transcrire fidèlement les renseignements fournis par nos registres paroissiaux.Un exemple.« St-Martin, ville de Rouen » deviendra, sous la plume de notre généalogiste « St-Martin, archevêché de Rouen ».On imagine l’embarras du chercheur lorsque 10, 20 églises ont, dans un diocèse, le même titulaire.Pour le cas qui nous occupe, l’acte de mariage aux registres des Trois-Rivières dit expressément que François Chord vient de St-Nizié, ville de Lyon.Le contrat de mariage, reçu par Ameau, notaire, le 26 novembre 1663, confirme cette donnée.Il porte : « François Choret (sic) Sr de St-Romain, né à Lyon, paroisse St-Nisy, fils de feu Mathieu, bourgeois, et de feue Claudine Guevaleset (Guevalet) ».Bien qu’établie à Lyon, cette famille Chord était probablement originaire de St-Romain-en-Jarret, (1) près de Lyon.J ai trouvé à la Bibliothèque Nationale, dossiers bleus d Hozier, vol.187, une généalogie et de nombreuses citations d’actes relatifs à une famille Chord domiciliée à St-Romain.Je cite : « Lan 1626, le 14 avril, est né Roland, mon fils, a eu pour parain Valous, mon beau-père, et maraine Claudine Chord, ma soeur, femme de Mre Mathieu Gayvallet, procureur d’office.Batisé par Bouet, Curé ».(Note de Guillaume Chord, époux de Françoise Valous, 1.cit.fo 9).Chose étrange : Claudine Chord et Mathieu Gayvallet sont les noms et prénoms des parents de François Chord d’Orvilliers, mais transposés.Notre canadien aurait-il, pour quelque raison inconnue, transformé les noms de ses père et mère?Autre note : « Ma sudite fille (Florie) a été Batisée le 8 8bre (1673).Son parain a été Sr Antoine Chord, Bourgeois de Lyon, mon cousin ».(Note de Pierre Chord, avocat, fils de Guillaume et de Françoise Valous, marié en 1661 à Delle Marguerite Vitally, 1.cit.fo 14).(1) Aujourd'hui, departement de Loire, arrondissement St-Eticnne. 112 — Cette famille portait (1, c.fo 6, v°) « d'azur au chevron d'or, accompagné d'un soleil de même naissant de l’angle dextre du chef de l'écu, et à senestre une étoile d'argent, en pointe un phénix de même regardant le soleil ».Berneval LES FAMILLES ROBITAILLE Quatre frères Robitaille vinrent s'établir dans la Nouvelle-France.Ils étaient les fils de Jean Robitaille et de Martine Cormont, d Auchy-au-Bois, évêché de Bourgogne (Pas-de-Calais).Jean Robitaille, 1 aine des frères Robitaille, épousa à Québec, le 27 novembre 1670, Marguerite Buletez.Pierre Robitaille épousa, le 5 mai 1675, Marie Maufait.Jean-Baptiste Robitaille épousa Marie Thérèse Levasseur.Philippe Robitaille épousa, à Montréal, le 15 octobre 1693, Madeleine Warren, veuve de Richard Theys.Tous les Robitaille de la province de Québec doivent descendre des quatre frères Robitaille.Les familles Robitaille ont fourni à la province de Québec un lieutenant-gouverneur, l'honorable Théodore Robitaille, un maire de Québec, le docteur Olivier Robitaille, un secrétaire de la Province, l'honorable Amédée Robitaille, un grand nombre de professionnels et de membres du clergé Notons parmi ces derniers : l'abbé Pierre Robitaille, né a Lorette le 11 septembre 1759, qui, en 1812, laissa une cure importante pour suivre a la frontière, en qualité d’aumônier, es milices canadiennes qui volaient à la défense du pays attaqué par les troupes américaines.Curé de Sainte-Marie de Monnoir en 1830, l'abbé Robitaille décéda le 27 août 1834, victime de son zèle à secourir ses paroissiens malades du cho era.Mgr Tanguay n'hésite pas à dire que le curé Robi-taiile fut un exemple de zèle et de charité — 113 — L'HERMITE DE S* BARNABE Les détails singuliers qui nous avaient été donnés vaguement, lors de notre première visite dans cette paroisse, de la vie d un certain Toussaint Cartier, assez généralement connu sous le nom de l’Hermite de S‘ Barnabé, nous ont engagé, dans cette 2d- visite, à recueillir sur le compte de cet homme tout ce que l 'on peut encore connaître ici, de moins équivoque à son égard.En conséquence, nous avons entendu d’abord quelques vieillards âgés de plus de 80 ans qui nous ont assuré que, dans leur enfance, ils ont très bien connu cet hermite pour avoir visité fréquemment le lieu de sa résidence.En outre, nous avons interrogé des personnes respectables de cette paroisse lesquelles nous ont assuré avoir souvent entendu leurs parens parler en détail, de tout ce qui se rattache à la vie et la conduite que ce T.Cartier a menée durant près de 38 ans dans 1 île S* Barnabé.D’après nos recherches minutieuses voici a quoi peut se réduire la relation si variée de la vie de cet Européen que l'on croit un des descendans du célèbre Jaq.Cartier.D’abord, par l’acte de sa sépulture, daté du 30 janvier 1767, on reconnaît qu’il s’appelait Touss*.Cartier, qu’il mourut âgé de 60 ans, après avoir reçu les Sacrem.de pén.d Euch.et d’Extr.et qu’il fut inhumé dans l'Eglise de Ri-mouski.Né en france, il en partit à l’âge de 28 à 29 ans pour venir dans ce pays.Durant la traversée, à la veille de périr, il fit l’engagement de vivre séparé du monde au premier lieu où il pourrait prendre terre.Ce fut à l'île S‘ Barnabé qu’il aborda, et qu’il fixa sa résidence.Il parvint à y construire une maison d une 30,,“ne — 30e de pieds, qu’il divisa en trois chambres.Il y vécut, près de 38 ans du fruit de son travail et par les bienfaits du seigneur de Rimouski.Il avait une bibliothèque assez intéressante, et paraissait être bien instruit.Sa vie était régulière : il fréquentait souvent les Sacremens, et on le voyait fréquemment dans l’église.Il se communiquait peu.Il s’était acquis l’estime générale des fidèles par sa vie édifiante, par son humilité, et par les autres vertus chrétiennes qu’il pratiquait sans ostentation.Le Père Ambroise, missionnaire de Rimouski, avait toute sorte d’égard pour lui, l’admettait à sa table, et le retirait souvent 114 — chez lui.Dans la crainte d’être distrait par les personnes qui visitaient l’île S* B il avait une chambre particulière, où personne n’entrait, et dans laquelle il se renfermait pour vaquer plus librement à l'oraison.D'ailleurs, il était bien hospitalier, et accueillait avec bonne grâce, ceux qui venaient le visiter dans sa solitude.Il éprouvait de fréquentes attaques d’épilepsie.Par suite de cette infirmité, un de ses yeux paraissait comme presque sorti de sa place, et pour tempérer la douleur aigüe qu’il éprouvait dans cet œil, il le faisait souvent lécher par son chien.L’hiver de sa mort, il eut une attaque si violente d’épilepsie, un jour qu’il s’était mis en devoir de traverser de 1 île S.B.a Rimouski, qu il resta sans connaisse sur la glace, un espace de temps assez considerable.On 1 y trouva tout transi de froid et exposé au danger prochain de mourir.Il fut recueilli avec la charité qu’on exerçait habituellement à son égard, dans la maison que l’on voit encore sur la rive nord est de la Rivière Rimouski, ci-devant de Mr Trudel, et de présent de Mr Rivard.C’est là qu’il reçut les derniers sacremens et qu’il mourut.Sa mort, comme 1 avait été sa vie, fut un sujet d'édification, par les vifs sentimens de foi, de patience et de résignation, qu’il fit paraître aux yeux du pere Ambroise, et des assistants — 29 juillet 1833.f Jos.Ev.de Québec.(1) QUESTIONS L'oraison funèbre de la Vénérable Mère Marie de l’Incarnation prononcée par le Père Jérôme Lalemant a-t-elle été conservée ?A.X.Quelle est 1 opinion du Père de Charlevoix sur la Mère Marie de l’Incarnation ?A Y Quels sont les « célèbres docteurs » qui, d’après le grand Bossuet, ont approuvé les écrits spirituels de la Mère Marie de 1 Incarnation ?a y (0 Cette notice de Mgr Signay, tirée des Archives de été communiquée par M.l'abbé Ivanhor Caron.nxeneveene ac i^utbcc, — 115 — OUVRAGES ET ARTICLES SUR MGR DE LAVAL (Liste partielle) Alexis (fr.cap.) Mgr de Laval et la Nationalité Canadienne (à 1 occasion du 246e anniversaire de l'arrivée de Mgr de Laval à Québec, le 16 juin 1659).La Nouvelle-France vol.IV, 1905, pp.243-255- Auclair (abbé Elie-J.) — Le troisième Centenaire de Mgr de Laval en France.Mémoires de la Société Royale du Canada 3e série, vol.XVIII, sect.1, p.103-113.L’Ecole des Arts et métiers de Mgr de Laval, dans : Barbeau (Marius) Au Coeur de Québec.Montréal 1934 D 92-112.F' Beaupin (Mgr) — Mgr de Laval à Montigny-sur-Avre.Discours de Mgr Beaupin à l’occasion de l’inauguration du monument de Mgr de Laval.Le Canada-Français vol XI pp.9-25.Bcaupin (Mgr) Eloge de Mgr de Montmorency-Laval, premier évêque de Québec.Paris, 1923, 29 p in-16.[Bois (abbé L.-E.)] — Esquisse de la vie et des travaux apostoliques de Sa Grandeur Mgr François-Xavier de Laval-Montmorency/, premier évêque de Québec ; suivie de l'Eloge funèbre du Prélat.Québec, 1845- 145 p.in-8.Brasseur de Bourbourg (abbé) — Esquisse Biographique sur Mgr de Laval, premier évêque de Québec.Québec, J.-B.Fréchette, s.d.(1845 ?)• 43 p.in-12.Brasseur de Bourbourg — Almanach ecclésiastique et civil de Québec pour 1846.Les pages 17 à 55 contiennent la biographie de Mgr de Laval par E.-C.Brasseur de Bourbourg.CamiranJ (abbé Antonio) — La Sainteté chez.Mgr de Laval.Dans Le Canada Français, vol.X, p.276-293.Caron (abbé Ivanhoë) — Mgr de Laval et la Colonisation de la Nouvelle-France.Le Canada Français, vol.X, p.321-332.Gaillard de Champris — Mgr de Montmorency-Laval Paris, 1924, VIII, + 167 p.Gaillard de Champris — Jean de Bernières et Mgr de Laval ou Le directeur laïque d'un futur évêque.— Le Canada Français vol.X, pp.294-306. 116 Gaillard de Champris (H.) — Mgr de Laval et le Pouvoir Royal.Le Canada Français, vol.XI, p.241-255 ; 434-453.Chapais (T.) — Discours prononcé à VInauguration du Monument de Mgr de Laval, le 22 juin 1908.Dans Discours et Conférences, vol.II, p.275-286.Courchcsne (Mgr Georges) — Mgr de Laval et l'Education en Nouvelle-France.Le Canada Français, vol.X, p.307320.Gosselin (Amédée) — Les Neveux de Mgr de Laval.Le Canada Français, vol.XII, 653-672.Gosselin (1 abbe A.-H.) — Rôle Politique de Monseigneur de Laval.Le conseil souverain et les gouverneurs du Canada.Le Canada Français (1er) I, 1888, p.43-74.Gosselin (abbé Auguste) — Le vénérable François de Laval, premier évêque de Québec et apôtre du Canada, sa vie et ses vertus.Québec, 1890.IX, 84 p.in-12.^ Gosselin (abbé Auguste) — Vie de Mgr de Laval, 1er évêque de Québec et apôtre du Canada.1622-1708.Québec, 1890, 2 vol.in-8.Gosselin (abbé A.) — Le vénérable François de Montmorency-Laval, Premier Evêque de Québec.Québec, 1901.XI, 456 p.in-12.Nouv.éd.revue, corrigée, mais abrégée.Gosselin (abbé Auguste) — Le vénérable François de Montmorency-Laval, Premier Evêque de Québec.Québec.Dussault & Proulx 1906, XII, 452, p.in-8.Nouv.éd.Groulx (abbé Lionel) — François de Laval.L’Action Française, 1923, IX, p.274-284.Hommage à Mgr de Laval, 1623-1923.Souvenir.54 p.Québec, 1923.K Houssard (le Frere) Copie de la lettre que j'ai écrite à Al.Tremblay, Directeur du Séminaire des Missions-Etrangères de P./r/j' et Procureur du Seminaire de Québec, au sujet de la mort de l Lavah premier eveque de Québec, en date du premier septem-1708.Publiée par l’abbé Auguste Gosselin, dans Le Vénérable F.de Montmorency-Laval.Q.1901.p.422-446.Publié également en brochure, à Lévis, par M.P.-G.Roy, en 1930.Lagacé (Jean-Baptiste) — Le Monument de Mgr de Laval 15 22 C Revue Canadienne.Nouv.Série, 1908, vol.I, p.i Edmond)] — Deuxième Centenaire 1674- 1874.Notice biographique sur François de Laval de Montmorency, — 117 — 1er eveque de Quebec, suivie de 41 lettres et de notes historiques sur le chapitre de la cathédrale.Montréal, 1874, XVI — 322 p.in-8.La Tour (abbé Bertrand de) — Mémoires sur la vie de M.de Laval, premier évêque de Québec.A Cologne, J.FR.Motiens 1761, VII, + 215, p.in-12.Leblond de Brumath (A.) — Bishop Laval.Toronto, 1906.(The Makers of Canada).284 p.in-8.Lebrun (R.P.Chs) — Le Vénérable François de Montmorency Laval et le Venerable Jean Eudes.La Nouvelle-France 1906, V, p.50-62 et 205-216.Lindsay (abbé L.) — Le Monument Laval.La Nouvelle-France, 1904, vol.III, p.161-164).Maheux (abbé Arthur) — Le Troisième Centenaire d'un Educateur.Mgr de Laval.L’Enseignement secondaire au Canada, IV, p.433-438.Un Monument au Pays Natal de Mgr de Laval.— Le Canada Français, vol.X, pp.142-155.Morissette (abbé Napoléon) — En marge des nouvelles éditions de Garneau : Mgr de Laval.Le Canada Français — XVI, 585-608 — XVII, 16-25 ; 221-231 ; 317-327.Notice biographique sur Mgr François de Laval de Montmorency.Montréal, 1874, I vol.in-8.Publié à l’occasion du 2e centenaire de la fondation de l’évêché de Québec.Le Vénérable François de Montmorency-Laval.Souvenir des fêtes du deuxième centenaire, célébrées les 21, 22 et 23 juin 1908.1708-1908.Publié à la demande du Comité du Monument Laval.(Par la Nouvelle-France).Québec.Imprimerie de l’Evénement.1908.191-XXIII p.gr.in-8.Illustrations.La Nouvelle-France.Supplément souvenir du deuxième centenaire de François de Montmorency-Laval, premier évêque de Québec.Québec, 1908, 64 p.in-8 royal.Rivard (Adjutor) — Monseigneur de Laval.Discours prononcé à l'Univ.Laval, etc.Lévis, 1891, 20 p.in-8.Rivard (Adjutor) — Monseigneur de Laval.Lévis, 1897.P.-G.Roy.éd.20, p.in-12.Robitaille (abbé Georges) — Mgr de Laval et ses Fiisto-riens.Le Canada Français, vol.XIV, pp.449-464 ; 532-551.Roy (Mgr Camille) — Le Troisième Centenaire de Mgr de Laval.Le Canada Français, vol.X, p.241-249.Roy (Mgr Camillej — Mgr de Laval — Québec, 1923, 86 p. 118 — Roy (J.-Ed.) — Le Premier Historien de Mgr de Laval.(B.de La Tour.) La Nouvelle-France, vol.VII, 1908, p.253260.Roy (P.-G.) — Les résidences successives de Mgr de Laval à Québec, B.R.H.XXVII, p.321-324.Scott (abbé H.A.) — Bishop Laval.(Makers of Canada series : Anniversary edition, vol.I.London and Toronto 1926, XIII, 342 p.) Scott (abbé H.A.) — Le Vén.Frs de Montmorency-Laval et l Eglise de la Nouvelle-France.Le Canada Français, X p.250-275.Scott (abbé H.A.) — Le Vénérable François de Montmorency-Laval et l'Eglise de la Nouvelle-France.Dans : Nos Anciens Historiographes, p.225-255.Taché (J.-C.) — Notice historiographique sur la fête célébrée à Québec, le 16 juin 1859, jour du 200ème anniversaire de Varrivée de Monseigneur de Montmorency-Laval en Canada.Québec, 1859, 72 p.in-8.Têtu — Les Evêques de Québec.Québec, 1889, pp.7-76.Têtu (Mgr H.) — Monseigneur de Laval, premier évêque de Québec.Esquisse biographique.Québec, 1887, 121 p.in-12.Translation des restes de Mgr de Laval à la chapelle du Séminaire de Québec.Québec, 1878.110 p.in-8.Relation complète de tout ce qui s’est passé depuis l'exhumation des ossements de Mgr de Laval le 19 septembre 1877 jusqu'à leur déposition au séminaire le 23 mai 1878.Contient l'éloge funèbre prononcé par Mgr Antoine Racine, dans la chapelle du Séminaire.Troisième Centenaire de Mgr F.de Montmorency-Laval, premier évêque de la Nouvelle-France.1623-1923.Compte-rendu des Fêtes de Montigny-sur-Avre et de Saint-Germain-desPrés.Mamers, Gabriel Enault, Imprimeur-Editeur, 1924, 128 p.in-8.Antoine Roy.QUESTION Où a été publiée la lettre de M.Emery, supérieur de Saint-Sulpice, où il fait l’éloge de la Mère de l'Incarnation > A.X. — 119 — LA MOLSON S BANK La Molson’s Bank ou Banque Molson, de Montréal, obtint sa charte en 1855, en vertu du Free Banking Act, qui avait été adopté par la législature sur la proposition de l’honorable W.H.Merritt.A 1 origine, la Molson’s Bank fonctionnait plutôt d’après le système bancaire américain.Plus tard, elle obtint une nouvelle charte qui lui donnait les privilèges et les pouvoirs des banques canadiennes déjà existantes.Le fondateur et premier président de la Molson’s Bank, William Molson, fut puissamment aidé par son frère, l’honorable John Molson.En 1890, la Molson’s Bank avait un capital payé de $2,000,000.C est en octobre 1924 que la Banque de Montréal absorba la Molson’s Bank.D’après les arrangements conclus, la banque de Montréal devait donner à chaque actionnaire de la Molson s Bank deux parts de son propre capital pour trois parts de l’autre, avec en plus un bonus de $10 pour chaque part de la Molson's Bank.Cette dernière banque avait alors un capital autorisé de $5,000,000 dont $4,000,000 payés.Son fonds de réserve était de $5,000,000.Les deux frères Molson, William et John, étaient les fils de l’honorable John Molson, le grand brasseur, qui, lui-même, avait été président de la banque de Montréal, de 1826 à 1834.John Molson décéda à Montréal le 12 juillet 1860 et son frère William le suivit dans la tombe le 18 février 1875.Les deux Molson, financiers et hommes d'affaires habiles et de progrès, avaient considérablement développé l’industrie fondée par leur père.QUESTION Henry, dans son récit du siège de Québec en 1775, dit que les Anglais, après avoir pris Ethen Allen, craignaient tellement de le voir s’échapper qu’ils le mirent dans une cage et qu’il fit ainsi le voyage de Québec à Londres.Y a-t-il du vrai là-dedans ? — 120 DEUX RODIER Naquirent et vécurent à Montréal, deux notoires citoyens : l’un fut marchand, échevin, avocat, maire et conseiller législatif ; l'autre, menuisier, industriel et sénateur.On s’emmêle, à leur sujet, parce que tous deux furent « honorables », tous deux furent riches ; tous deux, dans la vie publique, s’appelèrent Charles-Séraphin Rodier, bien qu’au baptême, le premier (le maire) n’eût été gratifié que du prénom Charles, le second (le sénateur) que du prénom Séraphin.Sans insister sur ce point, exhumons quelques notes.* Première génération En 1763, un colon français, originaire du Dauphiné, épousait, à Montréal, Marie-Marguerite Vallée, dont le père, ancien soldat, était natif de Blois.Le colon, Pierre Rodier, portait allègrement, tantôt le surnom de « Pipette », qui se donne ici aux fumeurs fervents, tantôt celui de Bellefleur qu’il semble avoir préféré sur ses vieux jours.Bien des choses pourraient s'écrire sur la descendance de Pierre, mais nous devons, ici, nous limiter à ne dire un mot que des deux financiers ci-haut dénommés.Deuxième génération jean-Baptiste, l'un des fils du colon, né en 1770, se maria en 1793, avec Julie-Catherine Lejeune, dite Bonaventure.Elle fut mère de seize enfants dont neuf moururent en bas âge.Ce Jean-Baptiste, qui, tour à tour, fut forgeron, voyageur, commerçant, éleva sa nombreuse famille dans cette section du faubourg Saint-Joseph appelée la Bourgogne et Bourg Guy, parce que partie des terrains appartenait ou avait appartenu à la famille Guy.Troisième génération L un des fils de Jean-Baptiste, fut nommé Charles, au baptême (1797) et, plus tard, il crut bon de s’appeler Charles- 121 — Séraphin.Comme il était d’esprit alerte, ses parents songèrent à l’envoyer au séminaire, mais le remuant rejeton, aussi grand d’ambition que petit de taille,avait hâte de faire sa marque et il quitta les classiques pour s'attaquer aux affaires, en pleine jeunesse.Parti au bas de l'échelle sociale, il s’éleva avec la même énergie et le même succès que son ami, le futur millionnaire Masson, de six ans son aîné.Il était à ce point souple, intelligent et débrouillard qu’à sa majorité, (1818), il avait déjà, rue Saint-Paul, un magasin de nouveautés à lui.Comme tous ceux qui voulaient être quelqu’un à l'époque, il s’enrôla dans la milice et, en 1821, il était sous-officier dans le 2ème bataillon de Montréal.Par la suite, il parvint au grade de lieutenant-colonel.Son commerce florissait et, pour avoir meilleurs prix, il se rendait en Europe faire ses achats sur place.Le voyage par voiliers était quelque peu long, cependant, on assure qu’il « traversa l'océan quarante fois » de 1819 à 1832.Ce chiffre n’est-il pas exagéré ?Evidemment, il s’agit de l’aller, aussi du retour, tout de même, pour atteindre le chiffre 40, il lui aurait fallu faire plus de deux traversées certaines années.Le marchand Charles-Séraphin Rodier avait près de trente ans, lorsqu’il épousa (1825) une demoiselle de la haute bourgeoisie de Montréal, Marie-Louise Lacroix, dont le père d’origine allemande, avait d’abord porté le nom de Von Krenz, qu'il changea en celui de Lacroix lorsqu’il « vint chercher aventure en la Nouvelle-France ».Ce Paul Lacroix, né à Strasbourg s’occupa du trafic des fourrures.Il épousa d’abord une prisonnière américaine, Marguerite McClure, qu'il avait achetée des sauvages, ensuite il convola avec Catherine de Launière et celle-ci fut la mere de la mairesse Rodier.Echevin de Montréal de 1833 à 1835, C.-S.Rodier « se retira prudemment des affaires en 1836.Il avait amassé ce que l’on considérait alors être une belle fortune et il prévoyait les troubles qui brunissaient l’horizon ».C’est à cette époque, « âgé de 39 ans, qu’il se mit à étudier Cujas & Pothier », sous maître A.-C.Buchanan.Admis au barreau en mars 1841, il devint commissaire du port, président des sessions trimestrielles de la paix, puis directeur de la banque Jacques-Cartier. 122 En 1843, il invita les PP.Jésuites à venir s’établir en notre ville.Pour ce, il « leur procura une maison avoisinant la sienne et leur facilita l’établissement d’une chapelle».Pendant qu’il était maire de Montréal (1837 à 1861), il eut le grand honneur de recevoir le futur roi de la Grande Bretagne (Edouard VII), le prince Alfred et le prince Jérôme Bonaparte.Ces réceptions l'enchantèrent.Causeur volubile, ayant fait une partie de ses études classiques, renseigné sur la politique, la finance et le droit, les gens répétaient, à son sujet, un mot autrefois répandu : « il est instruit quoique financier ».D’une grande correction vestimentaire et très courtois, il confirmait le dicton : « on devient riche, mais on naît élégant et poli ».En 1862, Jean-Louis Beaudry lui enlevait sa charge de «premier officier municipal »; toutefois, en compensation, le sieur Rodier devint lieutenant-colonel et, lors de la confédération, membre du Conseil législatif.L’ex-maire Rodier s'éteignit en février 1876,et sa femme en 1879.Sur 1 usage que fit de ses biens ce couple heureux, il en sera question plus tard.* * * Le second Charles-Séraphin, neveu du précédent, naquit en 1818,du mariage de J.-B.Rodier, boulanger, et de Desanges Sédillot-Montreuil.En 1848, il épousa Angélique, fille mineure du retors marchand de gros, (ferblanteries et cuirs), André Meunier-Lapierre qui, lui aussi, avait débuté sans le sou.Le futur sénateur Rodier fut menuisier, entrepreneur et manufacturier.A sa mort, en 1890, il était l’un de nos grands capitalistes.Pour démontrer que les Canadiens français peuvent réussir en affaires, il faudra, quelque jour, retracer l’ascension de nos marchands, industriels et financiers du 18 et du 19e siècle; il est certain qu on relèvera de nombreux exemples de vies commencées dans la pauvreté et qui s’achevèrent dans 1 aisance, même dans l’opulence.E.-Z.Massicotte — 123 — LE SECRET DES LETTRES EN 1829 Il est reconnu aujourd’hui que sous le règne de Napoléon Bonaparte, en France, le secret des lettres n'existait pas.La police secrète ouvrait toutes les lettres qui passaient par les bureaux de poste et qui lui paraissaient suspectes.En Angleterre, au temps où Napoléon Bonaparte était dans toute sa gloire et sa puissance, les seules lettres que la police pouvait ouvrir étaient celles qui étaient destinées aux détenus des prisons et aux personnes accusées de haute trahison.En 1839, Québec avait un chef de police, Thomas Ainslie Young, occupé à pourchasser les Patriotes.Comme M.Young ne réussissait pas toujours à arrêter ceux qu il soupçonnait d’avoir des sympathies pour la cause canadienne-française, il s'imagina d’inaugurer à Québec le système qui avait si bien réussi à Napoléon Bonaparte, c est-à-dire d ouvrir toutes les lettres qui paraîtraient suspectes à la police.Dans une lettre qu'il écrivait à M.W.L.Collin, il se plaignait de M.Stayner, maître de poste, qui lui avait refusé d’ouvrir les lettres qui passaient par le bureau de poste de Québec.Et, détail curieux, M.Young mentionnait à son ami CofRn les personnes dont il voulait ouvrir les lettres.«J'ai reçu l’information, disait-il, de M.Perrault, greffier de la Paix, que, depuis quelque temps, madame Lafontaine et mademoiselle Marrett, sœur de madame Bédard, ont été les principales correspondantes du parti canadien.Une quantité considérable de papiers a été détruite chez les Massue le jour où il y a eu descente de police au Fantasque et mademoiselle Marrett craint beaucoup que plusieurs de ses lettres soient trouvées parmi les papiers saisis dans les bureaux du Canadien.Ne serait-il pas possible d’ouvrir leurs lettres au bureau de poste ?Je voudrais faire ouvrir les lettres adressées à Hector-S.Huot, à Mme Huot, Mme Bédard, Mme Massue, Mlle Marrett, aux Belleau, Amable Berthelot et son fils, M.White (beau-frère de M.Ryan) M.Auvray, ancien cuisinier de sir John Colborne, aux Dclagrave, etc, etc ».Il va sans dire que le projet de M.Young ne fut pas accepté par sir John Colborne.Celui-ci voulait emprisonner tous les Patriotes mais il aimait à y mettre des formes.P.-G.R. 124 « GRAISSER LES MAINS » OU LES POTS-DE-VIN CHEZ LES HURONS Au chapitre VII de la Relation des Hurons de 1636, et qui a pour titre : « De l'ordre que les Hurons tiennent en leurs conseils », saint Jean de Brébeuf écrit : « Quand quelqu'un soit Citoyen, soit Estranger, veut obtenir quelque chose du Pais, la coustume est de graisser les mains des principaux Capitaines, au branle desquels tout le reste se remue.Je suis très asseuré de ce que je viens de dire, le regret que quelques particuliers ont de semblables désordres, et l’envie mesme des autres Capitaines, qui ne sont pas appelez au butin, en découvrent plus qu'on ne désirerait ; ils se décrient les uns les autres, et le seul soupçon de ces présents secrets émeut quelquefois de grands débats et divisions, non pas tant pour le désir du bien public, que pour le regret de n'estre pas de la partie ; et cette jalousie empesche par fois de bonnes affaires (1).» En plus du portrait de l’universelle avidité et jalousie humaines qui en fait le fond, ce texte suggère deux remarques: 1) « Graisser les mains ».Expression qui paraît plus noble que « graisser la patte » et qui a exactement le même sens.Elle est moins employée.Le Glossaire du Parler français au Canada qui sait « graisser la patte » ignore « graisser les mains ».2) « Je suis très asseuré de ce que je viens de dire ».Comme l’accusation est grave, saint Jean de Brébeuf a soin de marquer qu’il n’affirme pas à la légère.Il signale ce qu’il a entendu, surtout ce que, bien malgré lui, il a dû constater.Mais la réalité solidement établie, il en tire une leçon de portée générale et dont les lecteurs européens de la Relation feront leur profit : « et cette jalousie empesche par fois de bonnes affaires ».Léon Pouliot, S.J.(1) Thwaites, X, 252. — 125 — LES CARTES OU PLANS DE JEAN BOURDON « La liste des arpenteurs du Canada, écrivait M.J -Edmond Roy en 1895, s'ouvre par un nom glorieux, celui de Champlain, hydrographe du roi.Le fondateur de la colonie est réclamé à bon droit par cette docte profession.» En effet, c’est Champlain lui-même qui arpenta et mesura le domaine de Louis Hébert C’est encore le fondateur de Québec qui mit, avec toutes les formalités voulues, les nouveaux colons en possession de leurs emplacements sur le rocher de Québec.Après la mort de Champlain, ce fut Jean Bourdon qui le remplaça comme ingénieur et arpenteur de la colonie.On comprend que dans une colonie naissante les officiels sont obligés de cumuler.Bourdon agissait à la fois comme procureur général du Conseil Souverain, ingénieur et arpenteur Pendant plus de trente ans, Jean Bourdon présida à la plupart des constructions importantes de la colonie, comme aux arpentages.On avait tellement confiance en lui que pour les contestations au sujet de bornages quand il s’était prononcé on se dispensait d’aller devant les tribunaux.Dieu sait pourtant que les premiers habitants de Québec aimaient à faire régler leurs différends par les juges.Ils n'étaient pas normands pour rien ! C'est Jean Bourdon qui traça, en 1641,1a première carte connue du Canada depuis Champlain.Elle nous montre la région qui s’étend de Québec au Cap Tourmente.Mgr Cyprien Tanguay a reproduit cette carte au premier volume de son Dictionnaire généalogique.La même année 1641, Bourdon fit la carte du fleuve Saint-Laurent, de Québec à Montréal.Jean Bourdon est également l’auteur du Vrai plan du haut et bas de Québec comme il est en l'an 1660.Ce plan a été reproduit au premier volume de Y Histoire de la colonie française au Canada de l'abbé Faillon.On attribue aussi à Jean Bourdon une carte du fort et des environs de Québec en 1664.L’ingénieur-arpenteur Bourdon dut dessiner nombre d'autres cartes et plans ; malheureusement, ils ne sont pas parvenus jusqu’à nous. 126 La corporation respectée des arpenteurs géomètres peut se flatter des premiers noms inscrits sur la liste de ses membres.Champlain et Bourdon sont des figures qui brillent d un vif éclat aux premières pages de notre histoire.RÉPONSE Maladie de la Baie-Saint-Paul (vol.XLIV, p.61).Voici la liste des ouvrages publiés que je connais au sujet de cette maladie : 1.Direction pour la guérison du mal de la Baie Saint-Paul.A Québec, chez Guillaume Brown — 1785.2.Lettre circulaire au sujet du mal de la Baie Saint-Paul, de l’évêque de Québec aux curés, le 12 avril 1785- 3.Description de la maladie de la Baie Saint-Paul, S.1.n.d.22 p.in-8, 1786.(Cette brochure est attribuée à Robert Jones, chirurgien.) 4- Remarks on the distemper generally known by the name of Malbay Disease including a description of its symptoms and method of cure chiefly intended for the use of the clerical and other gentlemen residing in the county, by Robert Jones, Surgeon, Montreal, 1786., 5- Additional notes on the Geognosy of Saint-Paul s Bay, by Lieutenant Baddeley.Quebec Lit.& Historical Society, 1831, p.76.' 6.Notes on the measures adopted by government between 1775 and 1786, to check the Saint-Paul's Bay Disease, A.W.Cochran.Trans.Lit.& Historical Society, Quebec, 1843, Vol.IV, No : 2, pp.139, 162.(Lucs le 6 mars 1841 •) Lucien Brault — 127 — LH PREMIER BONNIER AU CANADA Mgr Tanguay, dans son Dictionnaire généalogique, donne une liste des enfants de Jacques Bonnier dit Laplantc et de Geneviève Thérèse Migneron, mais il ne mentionne pas le lieu ni la date du mariage des époux et encore moins le lieu de leur origine en France.Nous trouvons ces renseignements dans le contrat de mariage de Jacques Bonnier dit Laframboise (et non Laplantc, comme le dit Tanguay) reçu par le notaire Gilles Rageot, le 3 août 1687.Rageot qualifie ainsi Bonnier : «Jacques Bonnier dit la Framboise, soldat de la compagnie Saint-Jean, fils de défunt François Bonnier et de Marguerite Ribaur, ses père et mère, de la paroisse de Bolleson, de l'évêché de Tréyé (Tréguier) en Bretagne.Quant à l'épousée, il la nomme Geneviève Migneron, hile de Jean Migneron et de Marie Pavy, de la paroisse Saint-François-Xavier de Sillery.Migneron et sa femme promettent donner à leur fille une terre et habitation de trois arpents de front sur quarante de profondeur, joignant d’un côté le dit Migneron, d’autre côté à Chagnolct, d’un bout le nommé Le Gascon, d'autre le seigneur du lieu.Ils s’engagent de plus à donner aux jeunes époux cinq cents d anguille saumurée dans l’automne prochain, six minots de blé dans la fête de Noël, une robe de chambre dans la fête de Saint-Michel et une jupe dans la fête Saint-Michel en un an.Bonnier devait jouir d’une certaine considération dans sa compagnie puisque trois camarades sont présents au contrat de mariage : le sergent Claude Gilles Le Cacoign, écuyer, sieur de Villemond, le premier caporal Pierre Héron dit Lataille, et le soldat Nicolas Guillaume Courcainc dit Lafontaine de Flandres.On ne trouve pas, toutefois, l ’acte de mariage de Jacques Bonnier dit Laframboise aux registres de Notre-Dame de Québec, ce qui nous permet de présumer qu’il eut lieu à Sillery, qui n’avait pas encore de paroisse française mais possédait une chapelle pour les Sauvages.Jacques Bonnier dit Laframboise est, croyons-nous, le premier ancêtre canadien de tous les Bonnier actuels. 128 — UN BAL MASQUÉ A QUÉBEC EN 1831 Lord et lady Aylmer étaient arrivés à Québec le 13 octobre 1830.Tous deux étaient très bien disposés.Ils voulaient gagner la sympathie de leurs administrés, Canadiens-français comme Anglais.Mais la guigne s’acharnait sur le nouveau gouverneur.On avait fait de grands préparatifs pour l'ouverture des chambres qui devait avoir lieu le 26 janvier 1831.Quelques jours avant cette cérémonie officielle, lord Aylmer tomba malade et scs médecins lui défendirent formellement de se rendre au Parlement pour présider à l’ouverture des chambres.Un autre gouverneur se serait tout simplement fait représenter par un député ad hoc comme la chose se fait de nos jours.Lord Aylmer se mit dans la tête d’ouvrir les chambres au château Saint-Louis et, ce qui est encore plus ridicule, dans sa chambre à coucher puisqu’il ne pouvait sortir de son lit.On dit que le ridicule tue.La cérémonie du 26 janvier 1831 ne tua pas lord Aylmer mais elle entama son prestige pour plusieurs années.On parla longtemps de ce cirque dans les salons de Québec.La seule cérémonie officielle de lord et lady Aylmer qui eut du succès à Québec fut leur bal masqué du 7 avril 1831.Cette fête attira une société très nombreuse et comme elle était d’un caractère nouveau ici chacun y retira sa petite part de vanité.Les costumes des invités étaient beaux, riches, originaux.On en voyait de tous les genres.Les dames étaient vêtues à l’anglaise, à la française, à la suisse, à l’italienne, à l’espagnole,etc.,etc.On y voyait des habits de cour, de chasse, des uniformes de hussards, de fantassins, de carabiniers, de marins, etc., etc.Mais, chose curieuse, la palme fut accordée pour les costumes à un groupe de trois sauvages et d’une sauvagesse.La mimique des enfants des bois jointe à leur costume étrange leur conquit tous les suffrages.La danse s’ouvrit vers les dix heures du soir et se continua jusqu’aux petites heures du matin.Les sauvages et la squaw parurent dans plusieurs numéros et furent très applaudis.Les journaux du temps ne nous disent pas quel costume lord et lady Aylmer avaient adopté pour la circonstance.Les dominos les protégeaient peut-être contre la curiosité des reporters.P.-G.R.
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