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Titre :
Bulletin des recherches historiques : bulletin d'archéologie, d'histoire, de biographie, de numismatique, etc. /
Éditeur :
  • Lévis :Pierre-Georges Roy,1895-1968
Contenu spécifique :
juin
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
quatre fois par année
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Bulletin des recherches historiques : bulletin d'archéologie, d'histoire, de biographie, de numismatique, etc. /, 1938-06, Collections de BAnQ.

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It EC II K BULLETIN DES S HISTORIQUES VOL.XLIV LÉVIS, JUIN 1938 No 6 LA FAMILLE CHAFFERS William Unsworth Chaffers était né à Liverpool, en Angleterre, d'une famille catholique et très distinguée.Son père, le docteur Johnson Chaffers, était le médecin le plus en vue de Liverpool.Le jeune Chaffers arriva ici vers 1820 comme officier dans un régiment anglais.Il résigna bientôt sa commission et se mit dans les affaires d'abord à Québec puis à Saint-Césaire, comté de Rouville.Il amassa une fortune considérable pour le temps.Quand éclatèrent les tragiques événements de 1837, M.Chaffers se trouva dans une position difficile.Les discours de Papineau et du docteur Wolfred Nelson avaient ameuté la population canadienne-française contre les Anglais.Aussi, il crut plus prudent de s'éloigner de Saint-Césaire pendant un certain temps.Il revint bientôt cependant et ses concitoyens ne tardèrent pas à reconnaître qu'il était leur sincère ami.M.Chaffers décéda à Saint-Césaire le 1er février 1832.Un de ceux à qui il avait fait du bien écrivait dans la Minerve du 6 février 1852 : « Toujours disposé à se rendre utile, et à faire le bien, il ne sut jamais fléchir devant aucune difficulté.Possédant une érudition peu ordinaire, il appliqua, en tout temps et en toutes circonstances, au bien-être de ses concitoyens, ses connaissances acquises en prodiguant avec plaisir à qui lui en demandait, les conseils les plus salutaires.« Magistrat intègre, il sût toujours allier à la sévérité de la loi, qu’il était appelé à exercer, une aménité propre à adoucir l'amertume de la condamnation que l’exigence 4 162 — du cas requérait.Aussi, toutes les fois qu'il était appelé à agir comme un des gardiens de la morale publique, il savait remplir les devoirs ardus et délicats que lui imposait sa charge de juge de paix avec une douceur telle que le coupable semblait se consoler à la vue de la manière bénigne avec laquelle il venait d’entendre prononcer la sentence qui le condamnait.» M.Chaffers avait épousé, à Québec, le 7 mai 1822, Catherine-Henriette Blanchet, fille du docteur François-Xavier Blanchet et de Catherine-Henriette Juchereau Du-chesnay.Elle décéda à Rimouski le 11 décembre 1848, et M.Chaffers épousa, en secondes noces, à Montréal, le 15 août 1850, Mary Provandié, veuve Ledward.M.Chaffers eut deux enfants de son premier mariage : 1° Marie-Catherine-Henriette Chaffers, mariée à Joseph Lévy, gérant de la Cie de navigation du Richelieu.Elle décéda à Montréal le 20 novembre 1900.Elle avait eu six enfants.2e William Henry Chaffers né à Québec le 2 août 1827.Il continua le commerce de son père à Saint-Césaire.Il acquit une grande influence dans le comté de Rouville, et le 4 octobre 1856, il en était élu député.Il siégea un an à la Chambre et ne voulut pas se présenter aux élections de 1857.En 1864, M.Chaffers était élu conseiller législatif de Rougemont, et, le 22 mai 1867, était appelé au Sénat.11 fut tour à tour maire de Saint-Césaire, préfet du comté de Rouville, etc., etc.L’honorable sénateur Chaffers décéda à 1 Hôtel-Dieu de Saint-Hyacinthe le 15 juillet 1894.De son mariage avec Marie-Louise O’Leary, fille du docteur James O’Leary et de Marie-Josephte Tourangeau, il eut sept enfants : 1° Joseph-Henri-Jacques Chaffers, décédé célibataire à Saint-Pascal de Kamouraska le 12 octobre 1897.2° Charles-Edouard-Jacques Chaffers, prêtre, qui fut pendant de nombreuses années chapelain de l’Hôtel-Dieu de Saint-Hyacinthe.3° Joseph-Guillaume-Antoine-Emile Chaffers, qui fut médecin et décéda à Worcester, Etats-Unis, le 12 janvier 1898.4° Marie-Louise-Joséphine Chaffers, qui fut religieuse ursuline d’abord à Québec puis à Roberval. — 163 — 5 Edouard-Patrick-O Leary Chaffers, qui fut professeur de musique à Pensacola, en Californie.6 Jcan-Alfred-Emile Chaffers, qui fut médecin à Détroit aux Etats-Unis.7° Jean-Étienne Chaffers, avocat, décédé à Saint-Hva-cinthe le 5 juin 1899 P.-G.R.DIVERSES SORTES DE CHASSE-GALERIE La légende de la chasse-galerie n'a pas toujours été racontée de la même façon, ni en Europe ni en notre pays.Rappelons d 'abord ce que le précieux Glossaire du parler français au Canada, (p.192), a relevé dans le folklore de quelques provinces de France.En Saintonge, la chasse-galerie était « le passage bruyant, le bruit d une troupe de diables sifflant, hurlant, faisant claquer des fouets et emportant des quartiers d'hommes ».Dans le Poitou, on disait que c’était « l’escorte du diable, bande conduite par les sorcières lorsqu’elles se rendent au Sabbat ».Dans la province du Maine, on désignait ainsi : « le bruit qu on entend dans l'air vers minuit.Tantôt c’est le galop des chevaux, la voix des chiens, le son des trompes, les cris des chasseurs ; tantôt c’est un bruit plein de désordres et de confusion et qui doit être le sabbat des sorciers ».En Anjou et en Normandie : « chasse aérienne et nocturne faite par une meute invisible dont on entend les aboiements.En certaine partie de l’Anjou, on rapporte « qu un sire de Gallery, en expiation de la faute qu’il avait commise de chasser un dimanche, pendant la grand’messe, fut condamné à chasser de nuit dans les plaines éthérées jusqu à la consommation des siècles.Sa meute endiablée descend quelquefois sur la terre et se repait du corps des voyageurs ».Cette version se rapproche de celle que M.Aégidius Fauteux, nous a fait connaître dans le Bulletin des recherches historiques de 1931 et qui provenait de la Vendée. — 164 A la suite du texte qu'il citait, M.Fauteux exposait qu'il y avait une parenté évidente entre la chasse-galerie d'outre-mer et la nôtre, mais que l’adaptation canadienne valait au moins l'original.A notre humble avis, elle vaut mieux.* * * Toutefois, il est curieux de constater quid, au Canada, certain conteur ait réuni une version canadienne à une autre d'Europe, en faisant suivre le canot merveilleux par une troupe de cavaliers.Ainsi, dans ses Souvenirs d'un octogénaire, Alfred Désilets rapporte que son grand-père avait retenu quantité de récits que lui faisait un vieillard nommé « le père Dargis ».Celui-ci n'avait pas « vu la chasse-galerie .mais une nuit, ses voisins la virent passer au-dessus du fleuve.Elle leur apparut sous la forme d'un grand canot monté par des hommes dont la figure n’était pas visible à cause de ses tons noirs.Ces hommes ramaient en cadence sur un air qui blessait les oreilles.Ils passèrent avec la vitesse de l'éclair.C'était après minuit.Ce canot était suivi par un corps de cavalerie dont les chevaux et les cavaliers qui les montaient étaient également noirs.Ils opéraient des mouvements si vifs qu’ils étaient presque insaisissables.Bien qu’ils fussent à une grande hauteur, il y avait un tel ébranlement de l’air que l'on crut que le ciel allait s’écrouler.Un instant après, la vision était disparue, sans autre trace qu une forte odeur de souffre ».(pp.46-47 ) * * * 11 est probable que nous avons là un des premiers essais de localisation de la version européenne.On n’avait pas encore osé abandonner les meutes et les cavaliers.Cela ne pouvait durer, car au Canada, on ne chassait pas à cheval et les randonnées se faisaient en embarcation, le véhicule quasi unique du bon vieux temps.La plupart des anciens prétendaient que le canot merveilleux ne voyageait que la nuit, or, il en est qui ont vu le canot en plein jour, car madame Euclide D .de la 165- Pointc-aux-Trembles, près Montréal, rapportait ceci : sa tante lui avait raconté, plusieurs fois ce qui suit : « Par un dimanche après midi, elle était rendue au bout de la terre chercher les vaches, pour la traite.Tout à coup, elle entendit de fortes voix qui chantaient une chanson finissant ainsi : Vous les voyez, fêtes et dimanches Aux cabarets se divertir (bis) ».Les chanteurs étaient dans un canot qui passait au-dessus d’un bois.Ils avironnaient avec un ensemble très régulier et l’on percevait le bruit de leurs pagaies plongeant dans l’air comme si c’eut été dans l’eau.Folle de peur, elle avait alors « descendue toute la terre » en courant, pour annoncer le fait à la maisonnée de ses parents.Longtemps, elle retint les paroles que chantaient les voyageurs aériens et, comme la demoiselle était grave, on admit généralement qu elle disait vrai.Toutefois, nous pouvons ajouter que les « voyageurs aériens » avaient plus d’une chanson dans leur répertoire, car dans l'Opinion publique de 1875, il est dit que parfois ils fredonnaient : Ma mignonnette embrassez-moi Nenni, monsieur, je n’oserais .C’est la seule et première fois qu’on nous signale une chasse-galerie diurne « en canot ».Mais M.Victor Morin, dans quelques pages de souvenirs, sur les Superstitions Û* Croyances populaires, parues dans les Mémoires de la Société Rovale de 1937, nous offre un autre cas de chasse-galerie « en pleine lumière » et très différente de tout ce qui a été recueilli jusqu'à présent.Laissons la parole à l’auteur : « Un jour, que le grand-oncle d’Azarie Lalumière était à fumer tranquillement sur le seuil de sa porte en regardant la réverbération d’un brillant soleil de juillet sur le toit de sa grange, il entendit le roulement d’une voiture et le claquement d’un fouet accompagné d’une voix ricaneuse qui disait : File, gadelle, les chemins sont beaux ».« Ayant inspecté les deux côtés de la route, il n'aperçut absolument rien et il allait se croire le jouet d'une hallucination lors-qu'en jetant, par hasard, les yeux au-dessus des « bâtiments », il aperçut une voiture qui filait sans dessus dessous « comme une poussière », avec le cheval et un voyageur la tête en bas.C était une chasse-galerie », c’est-à-dire un mécréant qui s'en allait vers l’éternité en vertu d'un marché conclu avec Satan.L oncle entra dans la maison blanc comme un drap et, sans dire un mot il fit mettre toute la famille à genoux pour réciter le chapelet .» * * * Peut-on supposer que dans les deux cas ci-dessus la jeune fille et le bon vieillard n’ont vu que le mirage d'une scène qui se produisait en réalité dans le lointain ?Si on se reporte, maintenant, aux légendes nocturnes, un ornithologiste américain va nous expliquer ce qui a pu leur donner naissance : Plusieurs sortes d oiseaux migra- teurs ne se déplacent que la nuit, afin d’atterrir le jour, en des endroits où ils trouveront dès l'aube, nourriture et repos.Or, comme jadis les oiseaux de toutes tailles étaient partout nombreux ; qu ils s envolaient en troupes denses ; qu'on entendait sans les voir, leurs croassements, leurs râles, leurs cris, leurs battements d ailes, il n’en fallait pas plus pour faire surgir des récits fantastiques.* * * Tout compte fait, répétons-le, ce sont les Canadiens qui ont imaginé la moins pénible, même la plus attrayantclé-gende.Le voiturage aérien, en canot d’écorce, d’un groupe de gais lurons qui vont saluer leurs blondes, ne se prête-il pas bien à la narration amusante ?Aussi, Honoré Beau-grand a tiré bon parti de la chasse-galerie canadienne, précurseur de 1 avion.Son récit est alerte, l’intérêt est soutenu et c est au dernier alinéa seulement, que le conteur, pince-sans-rire, laisse apercevoir qu’il n’a rapporté que le reve d un bûcheron en goguette.E.-Z.Massicotte 167 CAME DE SAINT-AIGNE Dans le Bulletin de mai l’on s’est demandé ce qu’est devenu M.de Saint-Aigne après son mariage avec Mademoiselle Aubert, célébré à Québec le 15 janvier 1749 Voici les quelques renseignements que je possède sur ce personnage : Au temps de son mariage en 1749, Amable-Jean-Joseph Came de Saint-Aigne était enseigne en pied dans les troupes de Louisbourg et il n’a pas cessé d’appartenir aux troupes de 1 ’Ile Royale jusqu’à la prise de possession de cette dernière colonie par les Anglais en 1758.Quoiqu’en dise l'acte du notaire Lanoullier du 6 juin 1749, il n’était donc pas à ce moment « en garnison à Québec » ; il était plutôt en congé.Le Bulletin cite un acte de notoriété passé devant le notaire Berthelot d’Artigny le 7 mai 1783 et d’après lequel M.Came de Saint-Aigne serait « parti de ce pays depuis plus de trente-quatre ans ».Ce ne serait donc pas deux ou trois ans après 1749 comme l’ajoute le Bulletin, mais au plus tard à 1749 même qu’il faudrait faire remonter le départ de notre officier.En effet, M.de Saint-Aigne a dû quitter Québec en 1749 (il y était encore le 5 septembre de cette année), mais il n’a pas pour cela quitté le pays, si l’on entend par là, en même temps que le Canada, 1 ’Ile Royale.Le 17 septembre 1751 on le trouve parrain à Louisbourg, et l’année suivante, le 18 juin 1752, au même endroit, on le voit convoler avec Louise-Charlotte de Loppinot, fille de Jean-Chrysostome de Loppinot, capitaine aide-major de la place, et de Madeleine Boitier En 1753, il a dû passer en France, car nous voyons que le 1er juillet 1754 on lui accorde une prolongation de congé d’un an pour rester en France.Il fut ue retour à Louisbourg probablement en 1755- Ce qui est certain c’est qu’il était encore à Louisbourg en 1757 lorsqu'il y fut promu au grade de capitaine.Comme les autres officiers de File Royale, il ne rentra définitivement en France qu’après la chute de Louisbourg en 1758.Voici l'entrée qui est consacrée à lui et à sa famille dans un mémoire de 1763 sur l’état des familles des officiers de F Ile Royale à Rochefort : 168 Came de Saint-Aigne, capitaine, 50 ans ; — A dépensé le peu qu'il avait ; on le dit bon sujet et de bonne conduite.Madame de Saint-Aigne, son épouse, prête d’accoucher, 27 ans.Came de Saint-Aigne, son fils, 10 ans ; Josette de Saint-Aigne, fille, 3 ans.Après avoir longtemps attendu à Rochefort, comme tant d'autres officiers de l’Ile Royale, M.de Saint-Aigne fut enfin destiné pour la Guyane le 1er mai 1764 avec le grade de major dans les troupes nationales.11 n’occupa pas longtemps ce poste, car il mourut l’année suivante, en 1765.Entre temps en 1760, il avait été fait chevalier de Saint Louis.Nous avons vu qu’il avait avec lui à Rochefort en 1763 son fils âgé de dix ans.Or ce fils était déjà enseigne dans les troupes de 1 lie Royale en 1755, alors qu’il n’avait qu’en-viron trois ans.Il arrivait alors assez souvent que des enfants de cet âge fussent inscrits sur le rôle des officiers par complaisance et afin d’ajouter quelque supplément aux émoluments paternels.Le jeune Saint-Aigne, promu enseigne en pied en 1760, fut fait lieutenant dans les troupes nationales de la Guyane en 1764.Une note à la suite de ses états de service nous apprend qu’il mourut peu après.Dans 1 état des pensions accordées aux familles de 1 ’Ile Royale en 1791, 1 on voit qu à la veille de la Révolution, Madame de Saint-Aigne (appelée par erreur Madame de Ste-Rigne) touchait une pension de 600 livres comme veuve d un major des troupes de Elle Royale.M.de Saint-Aigne ne fut jamais major des troupes à Elle Royale ; il le fut à la Guyane.L erreur ne tire pas à conséquence, car c’était comme veuve d un officier de Elle Royale que la veuve Saint-Aigne touchait une pension.Cette dernière que l’on dit née le 24 septembre 1735, résidait à Bordeaux avec sa fille Marguerite, née le 19 août 1759, et qui avait elle aussi une pension de 200 livres.D après les renseignements qui m’ont été fournis par un de nos héraldistes, M.de Saint-Aigne aurait porté les armes suivantes : Ecartelé, au 1 d’argent, à un chiffre D-L entrelacé de sable ; au 2 d argent, à un dragon au naturel ; au 3 d’argent, à une tour de gueules posée au côté droit de l’écu et accostée — 169 à gauche de cinq étoiles de gueules posées 2, 1 et 2 ; au 4 d argent, à deux fers de lance de sable posés en pal Cette lecture est évidemment erronée.Je comprends mal que dans un écartelé les quatre quartiers soient du même émail.J'ai eu en ma possession une lettre de M.de Saint-Aigne écrite de Québec le 5 septembre 1749 et qui était cachetée de ses armes.Malheureusement le cachet mal conservé ne permettait pas de distinguer d'une façon sûre l’émail des quartiers.Ce qui semblait plus clair, c’était que, au premier quartier, le monogramme était fait, non pas des lettres D-L, mais des lettres C et A, et peut-être d’un S dans l’entrelacement, ce qui correspondrait à Came de Saint-Aigne.Aegidius Fauteux LE P.EMMANUEL CRESPEL, COMMISSAIRE DES RÉCOLLETS AU CANADA.Au n° d’avril 1938, p.100, du B.R.H., un chercheur, qui signe Rex, pose cette question : « Je sais que le Père Crespel, Récollet, est mort à Québec le 27 avril 1773, mais où fut-il inhumé ?» Une rectification s’impose d’abord.Ce n’est pas le 27.mais le 29 avril, vers midi, que mourut le P.Crespel, et son inhumation eut lieu le 1er mai.A défaut de l’acte de sépulture, que nous n’avons pas, je crois que l’on peut faire foi à l’épitaphe latine qu’un lecteur anonyme de la Gazette de Québec adressa à ce journal et qui parut le ou vers le 25 avril 1775- Le P.Odoric Jouve en reproduit le texte dans sa biographie du P.Crespel.(1) Je cite les lignes qui nous intéressent.(1) Revue du Tiers-Ordre, 1905-1907.Cf.le dernier article, tbid., avril 1907, p.165-Le P.Jouve fait observer que l’abbé Bois, à la notice que celui-ci consacre au P.Crespel, à l’édition de Québec (1884) des Votâmes, cite de façon fautive la double épitaphe publiée dans la Galette, celle du 25 avril, et une première, de quatre vers seulement, parue le 4 avril, l’une et l’autre en latin. — 170 Septuaginta binos annos jam clausit aprili Viginti nona, sole nitente die ; Inde, die et prima maii surgenda sepulta Hie locus ossa fovet, spiritus astra tenet.Ce que l'on peut ainsi traduire : Le 29 avril, vers midi, il termina ses 72 années, et le 1er mai ses ossements furent inhumés dans ce lieu en attendant la résurrection.L'abbé Bois, qui avait pourtant, semble-t-il, cette épitaphe sous les yeux, assigne à tort le 28 avril comme date du trépas du P.Crespel (p.XXXIII).Où fut inhumé le récollet ?On peut répondre, je crois, avec une certitude morale : dans l’église des Récollets.A sa notice l'abbé Bois écrit bien qu’il fut enterré dans la chapelle Sainte-Anne de la basilique de Québec, mais il se corrige à ses notes manuscrites conservées au séminaire de Nicolet, où il dit que le P.Crespel fut inhumé dans l’église des Récollcts, couvent de Saint-Antoine.Ce qui paraît juste, étant donné que l’acte de sépulture du défunt est absent au régistre de Notre-Dame.On le rencontrerait sans doute au registre des sépultures des Récollets de Québec, si ce registre n'avait pas été très probablement brûlé, avec le reste des archives, lors de l'incendie du couvent et de l’église en 1796.Car les Récollets de Québec et de Montréal (aux Trois-Rivières ils étaient curés) tenaient sûrement registre de 1 état civil pour les sepultures.La meilleure preuve en est que, sauf quelques exceptions, lesquelles par leur nature confirment positivement la règle (1), on ne rencontre, ni aux registres de Notre-Dame de Québec, ni à ceux de Notre-Dame de Montréal, les actes de sépulture, non seulement des récollets, mais non plus ceux des défunts qui, d’après leurs volontés testamentaires, voulurent être inhumés chez les Recollets.C est donc évidemment que ceux-ci tenaient registre, comme le font leurs successeurs, les Pères Franciscains de Québec, des Trois-Rivieres, de Montréal et d ailleurs.(1) Par exemple 1 acte de sépulture du P.Félix de Bcrev, dernier commissaire des Récollets au pays et dernier récollet prêtre à Québec.N'ayant pas de successeur, il fallait bien que son décès et sa sepulture fussent inscrits, au registre de Notre-Dame à Québec.Il était mort sur e territoire de cette paroisse.Us autres cas que je pourrais citer d'actes de sépulture de Kécollets aux registres pnroissiaux sont analogues.r — 171 — Malheureusement, avant l’obligation du dépôt annuel des registres, on attendait, pour les déposer au greffe, qu’ils fussent remplis.Et cela prenait un si long temps que souvent le feu les détruisait.Les cas sont fréquents pour les paroisses.Et il semble bien que ce fut le sort du registre des sépultures des Récollets de Québec.Le registre des Récollets de Montréal est également perdu ; du moins on ignore ce qu’il est devenu.A mon tour, en terminant, je poserai une question relative au P Crespel.L’abbé Bois écrit, p.XXXV de sa notice, que les lettres du P.Crespel « furent reproduites en Canada, par les soins de la famille Volant de Saint-Claude ».Je connais, pour le Canada, antérieurement à l’édition de 1884, des Volages du P.Crespel, les éditions suivantes.1808.Voyages en Canada par le R.P.Emmanuel Crespel, récollet, et son naufrage sur /’isle d'Anticosti en 1736.Imprimé à la nouvelle imprimerie (Québec), 28 pp.in-8.1832.La Relation du Naufrage du Navire La Renommée.: Extraite d'une série de lettres du P.Emmanuel Crespel, Récollet à son Frère.Dans Bibaud, Magasin du Bas-Canada, Montréal, 1832, n° d’avril et suiv.1830.Artidès, le naufrage du Père Crespel.Dans Y Abeille Québec, mars et avril.1851- Les Voyages au Canada et Naufrages du R.P.Emmanuel Crespel, Récollet, sur l'Isle d'Anticosti en 1736.Publiés in-extenso dans les Mélanges Religieux de Montréal.L’une ou l’autre de ces reproductions ou éditions est-elle celle que publia la famille Volant de Saint-Claude ?ou est-ce une autre ?ou bien l’abbé Bois se trompe-t-il ?P.Hugolin Lemay, O.F.M.QUESTION Qui s’est servi le premier de l’expression typique « le grand dérangement » pour désigner la déportation des Acadiens ?A.G. — 172 — L'ABBÉ JEAN-BAPTISTE-CHARLES BÉDARD, P.S.S.Nous croyons utile d'ajouter une note à l’intéressant article de M.Pierre-Georges Roy, paru ici-même en mars, sur « Les sept frères Bédard ».L’historien qui racontera plus tard les origines du diocèse de Montréal saluera avec plaisir la personne de M.l’abbé Jean-Baptiste Bédard, P.S.S.Prêtre humble et timide, il avait pourtant le courage de ses convictions.Dans le regrettable conflit qui, en 1821, mit aux prises Mgr Plessis et Mgr Lartigue d'une part, et le Séminaire de Montréal, de l'autre, M.Bédard, après quelques hésitations, se rangea du côté des évêques.Non content de souffrir en silence, il voulut travailler à l’apaisement de nos difficultés religieuses.Et Mgr Plessis écrivait à Mgr Lartigue : « Ce prêtre déjà si estimable dans mon opinion, le devient encore davantage par ses efforts pour rétablir la paix dans l’Église de Dieu (1).» M.Bédard savait qu’un inférieur a toujours le droit de présenter à scs supérieurs de respectueuses remontrances.Et en juin 1824, il soumettait à M.Roux des « Déclarations et Observations au sujet du Gouvernement Ecclésiastique du District de Montréal (2) ».Le Mémoire plut à Mgr Plessis qui voulut l’envoyer à Rome.L’abbé Bédard consentit à la démarche de son évêque et il lui écrivait le 27 septembre 1824 : « Si vous faites mention de moi dans vos écrits, en envoyant ce Mémoire, je vous prie de marquer que je suis Canadien, âgé de 58 ans et prêtre de S.Sulpice, d’après votre conseil depuis plus de 30 ans ; que j ai été soumis à la volonté de mon Supérieur dans tout le reste et que dans ce point je m oppose seul à lui et à mes confrères, parce que je crois que ma conscience et le bien de la Religion y sont intéressés ; qu enfin je demande à genoux la bénédiction de Sa Sainteté, promettant de me soumettre humblement et sincèrement à tout ce qu elle décidera dans cette cause comme dans tout le reste (3).» (1) Rapp.Je l'Archiviste Je la Province Je Québec 1928-1929, p.169, 28 avril.(2) Ce mémoire fut publié en 1872 par Adolphe Ouimet.C'est le premier fascicule des Pieces Justificatives de La Comédie Infernale.Di L î,rc^vciAnglais de Rome.Letters from Baltimore and Quebec.Mgr * M- Gradwell, 28 octobre 1824.Aussi Rapport Je /'Archiviste Je la Province Je Québec, 1928-1929, p.191. 173 — Nous n’avons pas à apprécier ici le contenu du Mémoire ni le style vraiment pauvre de M.Bédard.Mais le geste qu’il pose, l’intention qui l’anime et l'humilité qui l'accompagne sont dignes de tout éloge.Saluons donc ce frère de Pierre Bédard, prêtre de Saint-Sulpice — il nous le dit lui-même — d’après le conseil de Mgr Plessis.Léon Pouliot, S.J AU SUJET DES “ BIENS DES JÉSUITES ” Audience accordée par Léon XIII à l'honorable Honoré Mercier, en 1888.Où il est question des « Biens des Jésuites ».Dans son « Mercier », M.Robert Rumilly est plutôt laconique sur le séjour que fit à Rome le Premier Ministre de la Province de Québec en 1888 : « Il alla ensuite à Rome, et fut reçu en audience par le Pape (1).» 11 existe aux Archives de l’Immaculée-Conception un document capable de jeter un peu plus de lumière sur cet événement et que nous publions aujourd’hui avec plaisir.C'est, de la main du P.Marcel Martineau, le compte-rendu d’une visite faite par le Recteur du Collège Ste-Marie au Premier Ministre, le 17 mars 1888, soit le lendemain de son retour à Montréal.« Notes sur la visite que fit le R.P.Turgeon, recteur du Collège Sainte-Marie, à l'honorable H.Mercier, Premier Ministre, à son retour de Rome, le 17 mars 1888.« Après les félicitations d’usage, M.Mercier nous parla de sa visite à Rome.Il avait d’abord rencontré plusieurs Cardinaux et causé longuement et souvent avec le P.Lopinto (2).Il obtint facilement une audience du S.Père, qui le reçut avec des marques non équivoques de bienveillance.Le S.Père félicita M.Mercier d’avoir obtenu la reconnaissance civile aux Jésuites du Canada (3), (1) Mrniir, p.337.(2) Le P.Frédéric Lopinto, S.J.ancien Recteur et professeur du Collège Sainte-Marie de Montréal.(3) C'est en 18S7 que l'acte incorporant les Jésuites avait été adopté par la Législature de Québec. — 174 en lui disant qu’il avait été un exemple aux gouvernements, surtout dans leurs relations avec les ordres religieux.Le S.Père regrette le différend qui exista entre le Premier et le Cardinal Taschereau, mais Sa Sainteté espère qu’il n’y aura pas de suite.« M.Mercier avait entamé la question des « Biens », quand le S.Père dit que cela regardait la Propagande (1).Après un moment de silence, le S.Père reprend : Que feriez-vous dans cette question ?— Ce que voudra le S.Siège — Ah ! ainsi vous seriez prêt à donner ces Biens à ceux que le S.Siège indiquerait.—Oui, S.Père, mais a une condition.A ce mot, le S.Père se sentit piqué visiblement.— Mais à quelle condition ?— S.Père, vous la trouverez bien juste quand vous la connaîtrez : à la condition que le gouvernement recevra (sic) une quittance signée par les Jésuites, maintenant reconnus civilement et seuls propriétaires de ces Biens, comme successeurs des anciens Jésuites.Le Pape montrant par là qu il est homme d’État, lui répondit que la condition était en effet juste et raisonnable.— Seriez-vous prêt, Monsieur le Ministre, à régler cette question ?— Oui, quand le S.Siège voudra.J ajouterai que cette question doit être réglée au plus tôt, et je me sens la force de la régler, et je ne sais si mes prédécesseurs pouvaient en dire autant.Dans tous les cas, j ai pour les Jésuites un dévouement que d autres n ont pas.Car ce sont mes maîtres, mes professeurs et je les aime.De plus, j’arrive cette année avec un surplus considérable, et jamais le gouvernement n’aura eu une meilleure chance de rembourser cette somme.T.S.Père, permettez-moi cependant de faire remarquer à Votre Sainteté que je suis ici le débiteur du S.Siège, ce n’est pas à moi à presser le S.Siège à exiger le paiement.Si le S.Siège m autorise à garder 1 argent en sûreté de conscience, je ne m y oppose pas.Mon seul but dans la démarche que je tais en ce moment est d accomplir un acte de justice.— Donnez ces arguments au Card.Siméoni (2).—Je l’ai déjà fuit, S.I ère.Je demande encore à Votre Sainteté de n’avoir pas à agir avec des étrangers dans cette question, mais avec des letes Canadiens.Le pays craindra moins que l’argent de la(âSr?gU^oiT’uVropnÆdCe0nSidéré “ ^ de nmSi°n' dépCnda,t d‘rCCtCmCn[ (2) Le cardinal Simconi était alors Préfet de la Propagande. — 175 restitué ne passe dans des mains étrangères.Enfin, si la question se règle, V.Sainteté voudra bien attendre le moment des élections générales.M.Mercier demanda alors l'autorisation de vendre le terrain du vieux Collège des Jésuites à Québec et d’en laisser le prix en dépôt pour être distribué selon les vues du S.Siège.Le Pape répondit que c’était une affaire de chancellerie .Le Pape accorda plusieurs faveurs à la famille du Premier Ministre.« Après cette audience, le Card.Rampolla (1) dit au P.Lopinto que le Pape en était enchanté.« Si nous avions des hommes comme cela en Europe, ajouta le Card.Rampolla ! Pourquoi vos Pères ne forment-ils pas des défenseurs comme celui-ci ?» Léon Pouliot, S.J.NATIF DE ROUEN Il s’agit de Jacques Delaunay, qui fut époux de Catherine Besnard et qui figure, dans le Dictionnaire Généalogique, à la page 171 du tome I.D’après M.Émile Vaillancourt (La Conquête du Canada par les Normands'), Jacques avait eu pour parents Louis Delaunay et Marguerite Orléans, du diocèse de Rouen.Peut-on préciser davantage le lieu d’origine ?Oui : l’acte de sépulture (Sainte Famille, 25 février 1670) dit en toutes lettres : Jacques Delaunay, natif de Rouen.Tanguay n’a pas remarqué cette indication.Il est vrai que, dans le manuscrit, le mot Rouen n’est pas facile à lire : l'o ressemble à peine à un o ; un tréma déroutant surmonte le griffonnage, qui semble finir par an plutôt que par en.Pour reconnaître Yo de la syllabe Rou, qu’on se reporte, par exemple, à l’acte de baptême d’Hippolyte Jahan (Ste-Famille, 19 mars 1671), où se trouve le nom de Rocheron (Ro) : même forme de Yo après une r ; pour reconnaître le tréma, qu’on voie l’acte de baptême d’Anne Raté (19 octobre (1) Le cardinal Rampolla, secrétaire d'Étar de Léon XIII. 176 1670), ou sc rencontre le nom de Milloucr, ou l'acte de baptême de Louis Moreau (24 déc.1670), où apparaît le nom de Buot, etc.Dans tous ces actes, y compris l’acte sépulture de Delaunay, l'écriture est de l'abbé Thomas Morel.Ses trémas (sur Buot, Millouer, Rabourin, Blouin, Douaire, Rouen, etc.), sont tous pareils : points très haut placés et très écartés.A notre avis, la chose n’est point douteuse : il faut lire, dans 1 acte de sépulture de Jacques : natif de Rouen.C.L.OÜ ET QUAND NAQUIT LE POÈTE ÉMILE NELLIGAN Depuis des années les anthologies, les dictionnaires et les recueils de biographies nous repètent que l’un de nos meilleurs poètes de langue française, Émile Nelligan, est né en 1882 en sorte qu il n aurait eu que 15 ans lorsqu’il lit partie de 1 École littéraire.Tout dernièrement, Germain Beaulieu m écrivait pour me signaler que lorsque Nelligan fréquentait son bureau et le mien, en 1897, il avait la taille et 1 allure d'un garçon de 18 ans et qu'il avait certainement dû naître avant 1882.Dans le même temps, je relevais dans l'Opinion publique de 1875 que 1 abbé Alfred Vigeant (1) avait célébré à Ri-mouski le mariage d’un M.Nelligan de Montréal avec une demoiselle Hudon.Sachant que c'était là les parents de notre ami Nelligan je repris les recherches faites, il y a quelques années, sans résultat et, avec le concours de M.¦ rouin, de M P.-G.Roy et de M.J.-J.Lefebvre, il nous a ete enfin possible de relever des renseignements qui vont permettre de corriger une erreur trop souvent répétée et d ajouter quelques autres précisions. — 177 — Le père du poète se prénommait David, il était fils de Patrick Nelligan et de Catherine Flynn, et il fut sous-inspecteur des postes à Montréal.La mère du poète se prénommait Amanda-Amélie, elle était fille de l’avocat Joseph-Magloire Hudon et de Julie Morisset.M.Hudon était avocat ; il fut le premier maire de Rimouski et il conserva sa charge jusqu'à son décès, le 20 septembre 1873 Le célèbre Émile naquit le 24 décembre 1879 et, comme il fut baptisé le 25 décembre en l'église Saint-Patrick, son acte de naissance est rédigé en anglais.Il eut pour parrain et marraine son grand père et sa grand’mère paternels.Voici d’ailleurs la copie ue cet acte : Parish of St.Patrick, Montreal.The twenty fifth December one thousand eight hundred and seventy nine we the undersigned priest have baptized Emile born yesterday of the lawful marriage of David Nelligan Ast.P.O.Inspector and Amelie Amanda Hudon of this parish.The sponsors were Patrick Nelligan and Catherine Nelligan undersigned with the father.D.Nelligan P.Nelligan C.Nelligan J.D.Bray priest.Émile Nelligan qui jeta tant d’éclat sur l’École littéraire aura donc soixante ans l'an prochain.On peut rappeler ici, qu’il n’est pas le seul écrivain, d’origine entièrement ou partiellement anglaise, écossaise ou irlandaise qui a pris place dans l’histoire de la littérature canadienne française.Tous connaissent les noms des Holmes Maguire, McDonell, Chapman, Dunn, Buies, Robertine Barry, Tardivel et autres Ajoutons que la mère d’Émile mourut à Montréal, le 6 décembre 1913, âgée de 55 ans et que son père, l’employé des postes, ne décéda que le 11 juillet 1924.E.-Z.Massicotte QUESTION De quelle nationalité était l’abbé Pierre Sax, prêtre distingué du diocèse de Québec, décédé à Saint-Romuald d’Etchemin le 19 décembre 1881 ?X — 178 — QUÉBEC EN 1852, D’APRÈS BRASSEUR DE BOURBOURG La terrasse est le site le plus imposant de l’ancienne capitale de la Nouvelle-France, et celui où le voyageur aime à venir oublier les heures en contemplant l’immense panorama qui se présente à ses regards.Les Canadiens vous disent avec une juste vanité que c’est le plus beau du monde.Je ne suis pas entièrement de leur avis, malgré I admiration qu il m inspirait chaque fois que j allais y porter mes pas .car je ne puis oublier celle que j’ai éprouvée en tant d autres contrées.Mais c’est certainement un des spectacles les plus grands et les plus frappants qu’il soit possible de concevoir., tout autour, descendant en pente abrupte jus- qu au bord du fleuve, s’alignant le long des eaux, enlaçant dans sa construction bigarrée de toutes sortes de couleurs es flancs du cap Diamant, couronné de son orgueilleuse citadelle, et, vis-à-vis, le promontoire de la Pointe-Lévi, avec son amphithéâtre de maisons blanches, ses métairies! ses bois et ses prairies : à gauche, le large ravin où la rivière saint-Charles roule ses ondes pour les unir au Saint-Laurent ; 1 avenante paroisse de Beauport, qui, le long de ses coteaux,’ se développe avec grâce jusqu’à la chute de Montmorency ; a quelque distance, au fond de la baie, la belle île d’Orléans, qui renferme cinq paroisses, et que le fleuve étreint de ses deux bras ; a 1 horizon, les sombres falaises du Cap-Tourmente, premier anneau de cette chaîne de montagnes sauvages qui s étendent jusques sous les neiges éternelles des régions polaires, et de quelque côté que le regard se tourne, le LUU «iDcr* et ca^me) malgré la rapidité de son cours, qui part de Quebec avec ses goélettes, ses bricks à trois mâts, ses navires de tout bord, pour s’unir à la mer dans toute la îaieste de sa puissance.Il n’y a peut-être pas une autre viHe dans le Nouveau-Monde qui offre de si étranges con- r fmmS ^ : >VlUc guerre et de commerce,"perchée comme un nid d aigle, ainsi que les châteaux des bords du K-hin sur un roc perpendiculaire, sillonnant l’Océan avec ses nombreux navires ; ville américaine bâtie par une colonie 179 — française, gouvernée par un seigneur anglais, gardée par des Highlanders écossais, soumise encore aux institutions féodales de la France de Louis XIV combinées avec le système du gouvernement parlementaire ; ville moderne par sa civilisation, sa politesse, ses habitudes de luxe, et touchant aux débris des populations sauvages et aux déserts qui s’étendent derrière elle ; ville, enfin, située à la même latitude à peu près que Paris, et réunissant le ciel bleu et le climat ardent des contrées méridionales aux rigueurs d’un hiver hyperboréen.Même contraste dans la distribution des rues et le style des habitations.La ville haute, enceinte de murailles et de bastions, renferme les grands hôtels et les magasins de luxe ; la ville basse les ouvriers, les marchands, et les marins.Puis viennent ses vastes faubourgs, dont l'aspect est celui des villes anglaises ou américaines.Avec ces accidents de terrain, cette diversité de constructions, et je ne sais quelle teinte sombre qui voile son ensemble, Québec rappelle souvent au voyageur l’aspect de ces vieilles villes de France ou d’Allemagne restées en arrière des temps modernes.(.Histoire du Canada, vol.II, p.206.) LA FÊTE DU TRAVAIL ET L’ORDRE DES CHEVALIERS DU TRAVAIL Si l’on rapproche l’article paru dans le Bulletin de 1937, p.303, au sujet des Chevaliers du travail, de celui que nous avons publié dans le Bulletin de 1934, p.432, on constate que les deux s’accordent sur plusieurs points.Dans l’article signé, l’auteur a voulu rappeler, surtout, que c’est à cette populaire association que l'on doit la création du Conseil central des métiers de Montréal, dont le premier président fut Louis Guyon, un mécanicien érudit qui consacra ses loisirs au théâtre et à la généalogie.Dans l'article sans nom d’auteur, on signale que Tordre des Chevaliers du travail pénétra au Canada en 1881 et qu'il contribua à faire élire M.A.-T.Lépine, un ouvrier, contre M.A.-E.Poirier, un avocat, en 1888.A ces notes on nous permettra d’ajouter quelques mots. 180 — Alphonse-Télesphore Lépine, lorsqu'il se porta candidat de Montréal-est à la Chambre des Communes, était maître-imprimeur et journaliste.Il éditait et dirigeait le Trait J union qui s’efforçait de réunir sous une même bannière les travailleurs libéraux et conservateurs, en même temps que Jule; Helbronner, sous le pseudonyme de J.-B.Gagne-petit, poursuivait une campagne semblable dans un grand quotidien.Actif, affable, obligeant et versé dans les questions ouvrières, M.Lépine plaisait aux électeurs, cependant on ne prévoyait pas qu'il remporterait une aussi écla-t.inte victoire sur un adversaire tel que l éminent criminaliste, Alexandre-Eudore Poirier, orateur éloquent et acclamé qui, apres quelques échecs, délaissa la politique pour succéder comme recorder, à l'historien-juriste B.A.-T.de Montigny! Mais il est un fait qui n'a pas été mentionné dans les susdits articles, qui pourtant a son importance, et voici : \ est-ce pas à I Ordre des Chevaliers du travail que l’on doit 1 institution de cette fête du travail, observée aujour-d hui dans toute l'Amérique ?Sauf erreur, cette fête fut célébrée pour la première fois le mardi 5 septembre 1882, à New York, au cours d'unë convention générale de l'Ordre.En ce jour, dédièrent en piocession, la plupart des sociétés ouvrières de la grande ville.Toronto, paraît-il, eut sa fête du travail'en 1885 et Montreal suivit l’exemple en 1886, sous les auspices’ de l mon des cigariers.Cependant, on ne la célébrait pas à date nxe, ni de même façon, car en 1887, des Chevaliers du travail de Montréal organisèrent un pique-nique, le samedi, 18 septembre, sur le terrain de l’exposition (maintenant parc Mance).D après Fred.Wm.Terrill, la première grande procession du « Labor Day » à Montréal, se fit le lundi 3 septembre 1888, et 5000 adhérents prirent part au défilé lour Quebec assure-t-on, la fête du travail daterait de • E année des reunions du congrès des ouvriers du Dominion.i cette occasion, parut l’unique numéro du journal bilingue, La Fete du Travail (1).Enfin, si l'on s’en rapporte
de

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