Bulletin des recherches historiques : bulletin d'archéologie, d'histoire, de biographie, de numismatique, etc. /, 1 juillet 1939, juillet
LE BULLETIN DES RECHERCHES historiques VOL.XLV LÉVIS, JUILLET 1939 CATHERINE TEGASKOUITA Abrégé de la vie de Catherine Tegaskouita, chrétienne iroquoise, decedee à la mission du Sault de Saint François-Xavier, le 17 avril 1680 Catherine Tegaskouita naquit environ l'année 1647 dans un village des Iroquois d Agnié, et elle y fut baptisée à 1 âge de 19 ans par le Père Jacques de Lamberville.Dieu qui 1 avait choisie pour faire éclater en elle les merveilles de sa grâce, la retira deux ans après de ce pays barbare pour l’envoyer dans cette mission de St-François Xavier.Le Père de Lamberville raconte lui-même le sujet et l’occasion de-son départ dans une lettre écrite des Iroquois d’Agnié en ces termes : Catherine Tegaskouita était d’un naturel doux et paisible porté de lui-même au bien avec une aversion extrême de toute sorte de mal ; non seulement elle ne pouvait souffrir les impuretés de ceux de sa nation, mais elle détestait aussi les autres péchés qui s’y commettent ordinairement comme les ivrogneries, l’attachement aux songes et les festins superstitieux ; avant que d’être chrétienne elle s'était mariée deux fois par ordre de ses parents, mais elle fit si bien auprès de scs deux maris l’un après l'autre qu’elle a vécu dans une virginité perpétuelle, ce qui paraîtra d’autant plus surprenant que la corruption est plus grande parmi les Iroquois — 194 où non seulement les hommes et les femmes, mais les jeunes gens et les enfants mêmes s’abandonnent aveuglement au vice d impureté.Je fus quelques années sans la connaître jusqu à ce qu’un jour l’ayant trouvée dans sa cabane où elle était arrêtée par un mal de pied je l’entretins du Christianisme et je la trouvai si docile que je l’exhortai à se faire Instruire et à fréquenter la chapelle, ce qu'elle fit avec une merveilleuse assiduité après qu elle fut guérie ; comme je la vis si constante, je m informai de ses mœurs en sa cabane, tous m’en disaient du bien.En effet, je remarquai qu’elle n’avait aucun vice des filles de son âge, cela m’encouragea à l’instruire incessamment.Enfin après lui avoir appris ses prières, et la voyant résolue de vivre toujours chrétiennement je lui conférai le baptême le propre jour de Pasques de l’année 1676 Depuis ce temps là je puis dire que je n’ai rien trouvé en elle en quoy elle semblât se relâcher tant soit peu de sa première ferveur.Je regrettais seulement qu’une âme si pure et si disposée à recevoir les impressions du St.Esprit demeurât dans une terre sujette à toute sorte de vices, et où c’est faire beaucoup que de résister seulement aux attaques des ennemis du Christianisme.Je lui en parlais quelquefois surtout quand elle venait se plaindre à moi des mécontentements qu elle recevait de ceux de sa cabane, car après avoir tache de la consoler je lui représentais la paix dont jouissent les Chretiens a St-François Xavier du Sault, et que si elle v était elle trouverait plus de douceur en un jour qu elle n’en pourrait goûter dans un an en demeurant ici.Toutes ces considérations ébranlaient son esprit, mais Dieu qui la voulait conduire dans un lieu de sûreté acheva de rompre ses liens de la manière que je vais raconter.Quelques chrétiens de la mission de Saint-François Xavier du Sault étant venus aux Iroquois pour voir leurs parents, un entr’autres des p us considérables Onnejout nommé Ogenharatarihiens entra dans ma cabane, où incontinent une foule de monde, comme c est la coutume du pais, vint saluer ce nouveau venu et parmi eux notre Catherine, cet homme les voyant assemblés commença à leur parler du Christianisme, et du bonheur de ceux qui venaient demeurer à St-François Xavier du Sault.Catherine seule comme si Dieu lui eût adressé les mrnl« 195 - mesures propres pour empêcher ses parents qui la voulaient arrêter ; je la mis entre les mains d’Ogenharatarihiens qui la confirma fort dans sa résolution, ce fervent chrétien et un autre sauvage d Agnié qui était parent de Catherine la conduisirent si adroitement que quoiqu on fut allé avertir un de ses oncles le plus considérable du bourg, qui s’opposait de tout son pouvoir à ce que nul de ses compatriotes, n’allât à la mission du Sault, et qui était alors chez les Flamans, voisins des Iroquois, où elle devait débarquer, il ne put toutefois la découvrir quelque diligence qu’il fit.Voilà de quelle manière le Père de Lamberville raconte que Catherine se rendit à St-François Xavier du Sault.Voyons à présent ce qu en dit le Père Cholence qui a soin de cette mission avec le Père Chauchetière.Tous les matins, hiver et été, elle était à quatre heures dans notre église, et souvent elle pressait la cloche qui sonne tous les jours à cette heure-là.Elle y demeurait plusieurs heures de suite en prière, la langue y avait fort peu de part, elle ne priait ordinairement que des yeux et du cœur, les yeux fondaient en larmes, et le cœur poussait incessamment des ardents soupirs, elle était toujours comme hors d’elle-même quand elle priait et s’entretenait avec N.-S.; sa ferveur ne paraissait pas moins dans les confessions qu’elle faisait tous les huit jours et quelquefois plus souvent elle passait une heure entière dans l’église à pleurer et à gémir en s'y préparant et quand elle commençait sa confession, c’était toujours avec des sanglots si grands qu elle aurait donné beaucoup de peine à son confesseur pour se faire entendre, s’il n'eut bien connu d’ailleurs son innocence qui était angélique.Elle se croyait la plus grande pécheresse du monde et c’est dans ses sentiments d’humilité qu’elle faisait toutes ses confessions.Mais cette même ferveur éclatait particulièrement toutes les fois qu'elle communiait ; l’on éprouve ici longtemps ceux qui viennent des Iroquois avant que de leur accorder cette grâce ; il n’en a pas été ainsi de notre Catherine ; elle s’y était elle-même trop bien disposée et elle désirait trop ardemment cette faveur pour ne la lui pas accorder incontinent.Elle se prépara à cette grande journée par un redoublement de dévotion extraordinaire et depuis ce jour elle parut toute autre tant elle était pleine de Dieu et de son saint Amour.Il ne fallait pas être longtemps en sa compagnie pour s’en ressentir et pour en être embrasé comme elle.Toute — 196 — sa joie était de penser à N .-S.et de s'entretenir familièrement îVecf.Lui ;,elle Posait presque tout le jour, les dimanches et es fetes, a prier aux pieds des autels et les jours ouvriers die y venait souvent pour lui offrir son travail, si on lui demandait quelquefois : Catherine aimez-vous N -S ?c’était assez pour la voir incontinent toute émue.Ah ! mon ere, repondait-elle.Et elle n’en pouvait pas dire davantage.C est cet amour embrasé qui lui a fait renoncer au mariage pour consacrer sa virginité à N.-S.à 1 age de vingt ans, et quoiqu elle ait souffert de la part de ses proches de rudes attaques touchant ce procédé dont on n avait pas encore d exemple parmi les Iroquois elle a toujours tenu aK7C UnC co"stance inébranlable, chose sans doute bien admirable parmi les sauvages dont les femmes les plus ver- d’un'Sari d$Pirent qUha“ managC P°Ur tirer de la chasse u un mari de quoi subsister.j r^f1S.Ca.therin[ «“789 p'4"ê Voici ce que nous apprend Y Etat Militaire: ëæSSSgSSgS raine de dragons.Vice-amiral janvier 17cn • Ç' ^ décembre 17QQ • Cnm»- a uc ’• J792 , Sénateur, ïi , 1 10 , vr°mte de 1 Empire, 1808, mort à Paris lè - si- : -arconc^!^,or^^cLÆha7,s troisième, général de brigade ’ et lc Maintenant voici ce que dit M lal * • rapporte cela iadic 01.r,,m • • crois avoir f porte cela jadis au Bulletin mais pour accommoder M. — 215 — Édouard Mirât qui désire cette information je vais répéter mes notes : r La famille du nom qui nous occupe, bourgeoise, s'appelait ainsi d un petit bourg de Picardie: Bougainville (Somme) et s établit a Paris dès 1614 dans la personne de Pierre marchand mercier, demeurant rue des Prêcheurs, époux de Marie de Blois.f Son fils y ves de Bougainville fut huissier-commissaire-priseur au Châtelet, dont : Pierre-Yves épousa Marie-François d'Arboulin.Pierre-Yves fut echevin de Paris en 1741 et 1743 (Annuaire de la Noblesse Pans, 1859) et fut aussi notaire, demeurant rue du Bac.Louis-Antoine, leur cinquième enfant fut baptisé le 13 novembre 1729, à Saint-Merry, né la veille.Louis-Antoine se donna aux sciences et à l'âge de vingt ans écrivit un traité du Calcul intégral.En 1753 il fut nommé aide-major d'un bataillon de mi ice.Au mois de février 1759, il eut le grade de colonel et la croix de Saint-Louis.11 était alors avec Montcalm Pendant la campagne d'Allemagne (1761-3) le comte de Stainville le prit comme aide-de-camp.La paix faite, il revint à Paris, et songea à la marine.Il obtint un brevet de capitaine de vaisseau le 13 juin 1763.On sait quelle fut sa destinée : on connaît ses voyages Elevé au grade de chef d’escadre le 1er janvier 1780.En septembre 1790, les équipages de l’escadre de Brest s'étant révoltés, M.d Albert de Rion ne put conserver un commandement qu on donna a Bougainville dont le nom est devenu populaire dans la marine.Ferme et conciliant il parvint à rétablir l’ordre et revint à Paris le 1er janvier 1792, pour y recevoir le brevet de vice-amiral.Il ne crut pas devoir accepter la position qui lui était faite.Louis-Antoine n'émigra pas, et le 25 juin 1795, une loi de 1 Assemblée Nationale le nomma membre du bureau des longitudes.Le 25 novembre suivant il fut choisi pour faire partie de l'Institut.Les Consuls lui firent régler le 12 février 1802 une pension de 4,000 francs.L Empire le fit sénateur comte et grand officier de la Légion d'Honneur.Après une vie longue, honorablement remplie et utile à la science il mourut à onze heures du soir le 31 août, 1811, au Passage des Petits-Pères, No 5, veuf de Maric-Joseph-Flore de Mon-tendre (Registres de l'ancien troisième arrondissement de — 216 — Paris).De son mariage il avait eu un fils Hyacinthe-Yves-Philippc-Potentin ne a Brest en 1781 et mort à Paris le in wt0a8248i826iComrc'amiral depui,s lc Icr mai 1831' t ïéc t mil ?„ ?VOyT aUtOUr du monde’ dont '< publia le récit 1837, en trois volumes, in-quarto.h Les armes de la famille furent d’abord : «D'or à la,g]c eployet de Sable », mais changées plus tard r “Tl,3 ^ anCrc,c' dcux é^cs
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