Bulletin des recherches historiques : bulletin d'archéologie, d'histoire, de biographie, de numismatique, etc. /, 1 septembre 1940, septembre
LE BULLETIN DES RECHERCHES HISTORIQUES VOL.XLVI LÉVIS, SEPTEMBRE 1940 LES DU PONT DE L’ACADIE (Suite et fi ri) No 9 VII—Louis Du Pont du Chambon Louis Du Pont du Chambon, le sixième fils de Hugues Du Pont du Vivier et de Marie Herauld, fut baptisé à Sérignac le 1er janvier 1686.Entré au service en Acadie, le 4 mai 1702 en qualité d enseigne dans la compagnie de son frère Du Pont du Vivier, il fut fait lieutenant le 1er mai 1704.Passé a 1 Ile Royale en janvier 1714 il fut promu capitaine le 2 juillet 1720.Commandant à Port-Dauphin le 26 mars 1723, major de 1 Ile Royale le 1er juin 1733, lieutenant de roi à 1 Ile Saint Jean le 1er avril 1737, il devint enfin lieutenant de roi à Louisbourg le 1er avril 1744.Il avait été décoré de la Croix de Saint Louis le 30 juin 1730.Passé en France après le premier siège de Louisbourg, il perdit sa femme le 21 mars 1746, et obtint sa retraite avec 1200 livres de pension.C’est ce que nous apprend Charles-Joseph d Ailleboust dans une lettre écrite de Rochefort le 20 mai 1746 : « Du Chambon a eu sa retraite avec appoin- tements en plein et 200 livres ; Mme Du Chambon est morte depuis peu de jours.» Retiré au logis noble du May, paroisse de Curac, en Saintonge, Du Pont du Chambon y mourut le 22 août 1775.On 1 a dit âgé de 97 ans à sa mort, mais il n’avait en réalité que 89 ans.Le 11 avril 1709 il avait épousé à Saint-Jean-Baptiste de Port Royal Jeanne Mius de Pobomcou, fille de Jacques Mius d Entremont, sieur de Pobomcou et d’Anne de Saint Etienne Lb Bullbtin des Recherches Historiques, Vol.XLVI, No 9, septembre 1940. 258 — de la Tour, soeur de Marie qui en 1705 était devenue l'épouse de son frère Du Pont du Vivier.De ce mariage sont issus les enfants suivants : A) Jeanne Du Pont du Chambon, née à Port Royal le 26 janvier 1710.D’après Ogilvy elle avait épousé N.Hertel de Cournoyer, ancien lieutenant d’infanterie.Il ne peut être ici question que de Jacques Lambert Hertel de Cournoyer, fils de Jacques Hertel de Cournoyer et de Marie Thérèse Godefroy de Linctot, né aux Trois-Rivières en 1703.Jacques Lambert Hertel de Cournoyer, nommé capitaine des postes à Louisbourg le 8 juin 1744, prit sa retraite le 1er avril 1754 avec le grade et les appointements de capitaine réformé.B) François Du Pont du Chambon, dit du Chambon l’aîné, né à Saint Pierre de Sérignac le 22 mars 1712.Entré jeune au service, il fut fait enseigne en second le 8 mai 1730, enseigne en pied le 1er avril 1737, lieutenant le 1er avril 1744 et enfin capitaine le 1er mars 1749.Nommé en 1737 commandant à Port Dauphin, après la démission de son père, il le resta jusqu en 1740.D’après Ogilvy il aurait été conduit en Irlande en 1758 après avoir été fait prisonnier par les Anglais devant Louisbourg, mais aurait été racheté l’année suivante.Embarqué en 1760 sur un vaisseau en destination de Québec, il aurait été pris de nouveau et emmené en Angleterre- Le dernier renseignement, du moins, concorde avec-1 État des familles des officiers de 1 Ile Royale à Rochefort en 1763 où il est dit que Du Chambon « a été pris en 1760, a perdu tout ce qu il avait, est un peu dérangé et hors d’état de payer ses dettes.» Ses dettes d’après lui-même s’élevaient à 800 livres, tandis que ses appointements étaient de 90 livres par mois./ .Ée 21 août 1761, le président de Conseil de Marine n’en écrit pas moins au duc de Choiseul qu’« il ne peut refuser à M.du Chambon, ci-devant capitaine des troupes du Canada le témoignage désiré.Il n’a que du bon à dire de cet officier qui sert depuis 40 ans, et serait aise de procurer à un de ses fils une place a 1 école militaire.» C’est, ajoute-t-il, « un bon gentilhomme de Saintonge hors d'état de pourvoir convenablement à ses enfants ».Du Chambon aîné prit sa retraite le 1er mai 1764 avec une pension de 600 livres sur le fonds des colonies.Il avait été fait chevalier de Saint Louis le 1er avril 1753, d’après les ordres du roi a M.de Drucour.Il mourut en 1765 des Lb Bulletin des Recherches Historiques, Vol.XLV1, No 9, septembre 1940. — 259 suites de ses blessures au lieu de Boisvert, paroisse de Sainte Marie en Saintonge.Le 2 octobre 1750 il avait épousé à Louisbourg, après dispense de parenté au 2e degré, Dame Marie Josephte d Entremont, veuve de Jean Baptiste de Couagne, vivant capitaine réformé et ingénieur à Louisbourg.Mme du Chambon aîné mourut à Louisbourg le 9 mai 1756, laissant les deux enfants suivants : 1) Je£n François Du Pont du Chambon, né à Louisbourg le 17 avril 1753.Entré à l’école militaire après avoir fait ses preuves en 1764, il fut nommé chevalier novice de l’ordre de Saint Lazare, au sortir de l’Ecole le 24 décembre 1769.Après avoir été successivement lieutenant en second au régiment de Cambrésis, sous-lieutenant au régiment de Flandres-Infanterie en garnison à Saint Domingue, lieutenant au même corps, premier lieutenant en la compagnie colonelle au régiment de Cambrésis, dédoublement de celui de Flandres, il passa en Amérique, avec son bataillon, y fit toute la guerre et fut blessé à Savannah.Promu capitaine en second en 1780, il repassa en France à la paix de 1783 et tint garnison à Bayonne.Chevalier de Saint Louis le 10 août 1788, après 32 ans de service, dont 9 campagnes de guerre, il sollicita sa retraite en 1791 mais n’obtint qu’un congé temporaire et dut a son absence de n’être pas massacré avec ses camarades à Versailles en septembre 1792 lorsque les soldats de Cambrésis se révoltèrent contre leurs officiers.Il mourut en 1824, après avoir été deux fois marié : 1° à Dlle Marie Virginie Boussac de Salles, et 2°, le 14 août 1819, à Dlle Andrée-Marie-Louise-Félicité Couderc.De ce deuxième mariage il eut Noble Jean-François Du Pont, 2ème du nom, né au château des Vigiers, près de Monestier, dans le Périgord, le 19 juillet 1820.Chef du nom et armes de sa maison, il épousa, le 17 août 1846, Suzanne-Radegonde-Coraly Chi-cou-Lamy, fille mineure de Jean Chicou-Lamy et de Marie-Louise Ferret d’Arsat, dont trois enfants : Marie-Louise-Andrée, née le 18 août 1847, Louis-Emmanuel-Abraham, né le 18 août 1848 et Jean-Louis-Raphaël, né le 15 novembre 1852.Ce dernier Jean-Louis-Raphaël, comte, puis marquis du Chambon, fut capitaine au 7e Chasseurs à Vendôme, puis chef d’escadron, officier de la légion d’honneur et croix de guerre ; il habitait le Bernon (par Saint Severin, près Mont-moreau, Charente) et était aussi châtelain de Brame-Chau-mel, à Grézillac, Gironde.Il épousa le 3 août 1893, au château de Beynac près Sarlat, Béatrix de Beaumont de Lb Bulletin des Recherches Historiques, Vol.XLVI, No 9, septembre 1940. — 260 Repaire, fille de Christophe-Victorin-Amable, comte de Beaumont de Repaire, marquis de Beynac et de Marie-Irène Coignet de la Roque, et en eut un fils : Jean François, mort au champ d’honneur durant la grande guerre.2) Jeanne-Françoise, née le 7 mars 1751.Dans l’état des familles acadiennes pensionnaires, en 1791, elle apparaît comme résidant à Compiègne à cette date et touchant une pension de 400 livres.C) Louis Du Pont du Chambon, sieur de Vergor, baptisé à Sérignac (en Saintonge), le 20 septembre 1713.Officier dans les troupes de l'Ile Royale, il y fut fait successivement enseigne en second le 1er avril 1737, enseigne en pied le 1er mai 1743, et capitaine le 15 avril 1750.Bigot qui s’était lié d'amitié avec lui pendant qu’il était commissaire général de la marine à l’Ile Royale passe pour lui avoir écrit le fameux billet si souvent cité : « Profitez de votre place, taillez et rognez selon votre pouvoir » Devenu intendant au Canada, le trop fameux concussionnaire fit tous ses efforts pour attirer auprès de lui son ancien ami de l’Ile Royale.Voici ce qu’il écrivait de Québec, le 18 octobre 1750, au ministre de la marine : « Je suis bien sensible à la grâce que vous avez faite à M.Du Chambon Vergor de lui procurer une compagnie à l’Ile Royale, mais vous me faites l’honneur de me marquer qu’il ne peut avoir son changement pour le Canada qu’autant qu'il s’y présenterait un capitaine qui voudrait passer à Louisbourg.Comme je vois cependant, Monseigneur, que votre intention serait de mélanger les officiers des troupes de Français et de Canadiens, — du moins M.de la Galissonnière m’a dit à son départ qu’il vous le proposerait, — vous pourriez accorder à M.Vergor une compagnie ici, de celles qui vaquent.Je ne le verrai jamais servir dans cette colonie que par cette voie, car il ne se présentera point d'officier du Canada pour passer à Louisbourg dans le même grade.Ce serait pour moi une satisfaction bien grande ayant vécu avec lui depuis que je sers dans les colonies, et je vous supplie, Monseigneur, de vouloir bien me 1 accorder.Cet officier est à la mer sans quoi il aurait l’honneur de vous demander cette grâce.» Vergor était à ce moment passé en France pour rendre compte de sa conduite lors de la prise du brigantin le Saint-François, qu’il commandait.A son retour l’attendait l’ordre de passe qui le transférait dans les troupes du Canada en Lb Bulletin des Rechhrchbs Historiques, Vol.XLVI, No 9, septembre 1940. — 261 — qualité de capitaine et qui était daté du 1er avril 1751.Peu après, le 15 mai 1752, il était fait Chevalier de Saint Louis et était reçu le 1er novembre de la même année par le gouverneur Duquesne.Le 16 juin 1755 il rendit au général anglais Monckton le fort de Beauséjour dont il avait le commandement.Sa conduite parut suspecte en cette occasion et, en 1757, il dut comparaître devant une cour martiale sous 1 accusation d avoir capitulé sans tenter de se défendre.Acquitté par ses juges du moment, il ne parait pas l’avoir été par le jugement de 1 histoire.Il fut encore plus malheureux ou plus maladroit, en septembre 1759, lorsque, posté à 1 Anse au Foulon avec 100 hommes, il se laissa surprendre pendant son sommeil et permit à Wolfe de déboucher sur les Plaines d Abraham avec ses troupes.Aussi ne sommes-nous pas surpris lorsque nous rencontrons accolée à son nom sur une liste d’officiers datant d’environ 1761 l’apostille suivante : « Médiocre à tous égards.Riche.» Voici d ailleurs ce qu’en disait déjà en mai 1749 Mme Rocbert, dans une lettre écrite de Rochefort à son gendre Michel de Villebois : « Il part des bâtiments sous le nom d un du Chambon qu on appelle Vergor, qui est le maître de cérémonies chez M.Bigot.C’est bien le plus épais gars que j’aie de ma vie vu, mais il entend la manivelle.» (1) Rentré en France après la capitulation, du Chambon du Vergor se retira d abord à la Flèche, mais d’Hozier nous apprend qu en 1775 il habitait le fief de la Croix, paroisse de Saint Clerc de Cosnac, en Saintonge.Le 8 juillet 1752 il avait épousé à Notre Dame de Foye, Québec, Marie Josephte, fille de Joseph Riverin négociant et de feu Marie Josephte Perthuis, qui mourut à la Flèche en avril 1770 d après une lettre de M.Landrière des Bordes à M.de Léry (2).Il en eut les enfants qui suivent : a) Antoine-Bernardin, baptisé à Québec, le 21 mai 1753- b) Antoine-Marie, baptisé à Québec, le 16 septembre 1754 et inhumé à Charlesbourg le 29 janvier 1755.0 Louis-Ignace, baptisé à Québec, le 22 juillet 1756 et inhumé au même endroit le 16 novembre suivant.d) François, baptisé à Québec, le 15 juillet 1757.0 Joseph, né et baptisé à Québec le 6 novembre 1758.Passé en France avec sa famille peu après la cession, il fit en 1722 ses preuves pour être admis à l’Ecole Royale mili- (Q Rapp.Archives de Québec, 1934-35, p.68.(2) Daniel, familh de Ltry, p.88.Lb Bullbtin des Rrcherchbs Historiques, Vol.XLVI, No 9, septembre 1940 — 262 — taire, servit dans le régiment de Beauvoisis, dut émigrer à la Révolution et finalement revint à Québec, le lieu de sa naissance.Voici comment, dans une déclaration signée à Montréal, le 2 octobre Ï794, il nous renseigne lui-même sur sa venue en Canada et sur les malheurs qui l'ont précédé.« Déclaration du Sieur Joseph Du Pont du Chambon de Vergor prise par devant nous St Georges Dupré et Thomas McCord, écuyers, Juges à paix de Sa Majesté pour le district de Montréal : .« Qui déclare que son nom est Joseph Du Pont du Chambon de Vergor, qu’il est natif du Canada, étant né à Québec en 1758, qu'il a passé en France en 1764 ou 1765, qu'il a été élève à 1 École Militaire de Paris, qu’il a servi dans le régiment de Beauvoisis, qu'il a été obligé de laisser le service par ses infirmités, que, par son attachement au Roy, il a été obligé de sacrifier tous ses biens et de se réfugier en Espagne, qu il a résidé à Bilbao et à San Domingo de la Calsada les six mois avant son arrivée à Liverpool, qu’il est de rang ou occupation de gentilhomme et a passé de Liverpool à Boston pour se rendre ici, qu il s est rendu à Saint Jean vers le 15 ou 16 d Août dernier d où il a été envoyé par ordre de Son Excellence Mylord Dorchester, n’ayant pas un passeport de M.Hammond, le ministre de la Grande-Bretagne aux Etats-Unis, qu il a retourné et s’est rendu à New-York où, ayant montré ses passeports et papiers, il a obtenu le passeport dont il est porteur de M.Hammond, qu il est arrivé à Saint Jean dernièrement lundi le 29 du mois dernier, et vient pour joindre sa famille dans ce pays et y résider.« (Signé) Joseph Du Pont de Vergor.Le 21 octobre 1794 il faisait une autre déclaration à peu près semblable devant le juge Antoine Panet à Québec.Il était encore en Canada en 1802 car, le 16 octobre de cette année, nous le voyons signer devant le notaire Michel Berth clôt, à Québec, une obligation par laquelle il reconnaît devoir au notaire Joseph Riverin la somme de cent livres « pour soins, nourriture et passage, depuis 8 ans qu’il est dans cette province ».D’après l’acte le sieur de Vergor résidait a ce moment dans la paroisse de Saint Vallier./) N.Il faut probablement placer ici un autre fils que ne mentionne pas Tanguay et qui serait né en 1760.En effet, d après la Galette de Québec du 27 septembre 1764, Le Bulletin des Rbchbrches Historiques, Vol.XL.VI, No 9, septembre 1940. — 263 Mme Du Pont de Vergor se serait embarquée pour la France le jeudi précédent, mais, dès le lendemain un des deux fils qu’elle emmenait avec elle, un enfant âgé d’environ 4 ans, serait mort à bord.(1) g) Marie-Louise, baptisée à Québec le 9 décembre 1761 et inhumée le 18 du même mois.h') Henriette, baptisée à Québec le 13 mai 1763.Dans une note Tanguay dit d’elle « pensionnaire à Paris », mais il ne donne aucune date.D) François Du Pont du Chambon Chevalier du Vivier.Nous ne le connaissons que par Ogilvy, l’auteur du Nobiliaire de Guyenne qui, dans sa généalogie des Du Pont, après l’avoir donné comme fils de Louis Du Pont du Chambon et de Jeanne Mius d’Entremont, le dit capitaine et chevalier de Saint Louis, et le fait mourir à Compiègne, le 4 août 1766, âgé de 52 ans.Ogilvy ajoute qu’il fut inhumé le lendemain en présence de Messire Louis-Pie Séroux de Mailly, son beau-frère, ce qui semble impliquer qu’il avait lui-même épousé une Dlle Séroux de Mailly.Si le généalogiste de la Guyenne ne s’est pas trompé, François II Du Pont du Chambon, chevalier du Vivier, serait le seul de sa famille qui n’aurait pas servi en Acadie ou à l’Ile Royale.A aucune époque en effet nous ne l’avons rencontré parmi les officiers de l’une ou l’autre région.E) Anne Du Pont du Chambon de Mezillac.Elle épousa le 13 janvier 1739 à Port Lajoie, Louis de Coux, fils de Paul de Coux et de Dame Anne de Griniac natif de Du-haute, paroisse de Ségur, évêché de Limoges.M.de Coux qui était alors lieutenant devint ensuite capitaine.Anne du Chambon a dû mourir avant 1751, car, le 24 novembre de cette même année, on voit que M.de Coux se marie à Louisbourg avec Marguerite Henriette de l’Espérance, baronne du Saint Empire, native de Louisbourg, fille du sieur Charles Eberhard de l’Espérance et de Marguerite Dangeac.M.de Coux prit sa retraite en 1764 et mourut deux ans plus tard.Du mariage de Coux-du Chambon sont issus les enfants suivants : 1.Un fils qui était âgé de 24 ans en 1763 et avait été enseigne en pied à l’Ile Royale.Il devint capitaine dans les troupes nationales de la Guyenne.2 Jeanne, née le 10 mai 1741 et qui, en 1791, résidait à Exideuil, touchait une pension annuelle de 200 livres.(1) J.-E.Roy, Histoire de la Seigneurie de Lau^on, II, 384.Le Bulletin des Rbciierches Historiques, Vol.XLVI, No 9, septembre 1940. — 264 3 Marguerite-Henriette, née vers 1743 et qui, en 1775, résidait avec sa soeur au lieu de Mai, paroisse de Curac, à Saintes.F) François III Du Pont du Chambon de Mézillac, auteur de la branche cadette de Mézillac, né à Louisbourg le 8 octobre 1720.Officier dans les troupes de File Royale, il fut fait enseigne en second le 1er mai 1743, enseigne en pied le 1er janvier 1747, lieutenant le 15 avril 1752 et capitaine le 15 février 1756.Passé en France après la chute de Louisbourg, il fut désigné pour servir à Saint Domingue avec le régiment de Foix, en juillet 1762, mais, en se rendant à son poste, il fut blessé dangereusement au cours d’un engagement du vaisseau qui le portait avec une frégate anglaise.Mazas, qui semble s appuyer sur des états de service officiels, dit qu'il servait dans la Légion de File de France en 1766’ et à Saint Domingue en 1767 en qualité de capitaine dans la légion de Saint Victor.Après avoir pris sa retraite le 5 juillet 1769 il se retira à Rochefort et fut fait chevalier de Saint Louis le 1er juillet 1770.(1) Il vivait encore en 1789.Le 18 décembre 1760, il avait épousé à Saint Louis de Rochefort, Marie Geneviève Hertel de Beaulac, native de Chambly en Canada, veuve d’un capitaine de File Royale, Michel Dangeac de Merville, fille de Claude Hertel de Beaulac et de sa première femme, Geneviève Mirambeau.Il en eut les enfants suivants : 1.François I Du Pont du Chambon de Mézillac qui mourut à Port Louis.Henriette, née le 15 mai 1763, élève de la maison de Saint Cvr.En 1791 elle résidait à Paris et touchait une pension de 200 livres.Fleury-Vindrÿ, dans son ouvrage sur les Demoiselles de Saint Cyr, nous dit qu'au sortir de 1 Ecole en 1/85 elle fut novice Visitandine rue du Bac., 3.Anne-Eléonore-Charlotte, née le 2 mai 1766.Elle épousa Toussaint Dclamarre, commissaire de la marine à Rochefort, dont une fille unique, Honorine-Adélaide-Félécité qui épousa, le 10 octobre 1837, son cousin germain, Raphaël-François-Félix de Caulatico Du Pont du Chambon de Mézillac., 5' François II Du Pont du Chambon de Mézillac, baptisé a Saint Louis de Rochefort le 16 janvier 1768.Entré le 29 septembre 1783 a 1 Ecole Militaire de Pontlevov, il en sortit le 29 mars 1788 avec le grade de sous-lieutenant dans le regiment de Boulonnais.Il fut plus tard chevalier de O) Mazas, Hist, de l Ordre de Suint Louis, II, 193-Le Bulletin des Recherches Historiques, Vol.XLVI, No 9, septembre 1940. — 265 — Saint Lazare et de Notre Dame de Mont Carmel.Emigré en Espagne lors de la Révolution, il épousa à Cadix Dona Isabel de Domingo y Baira, dont il eut Raphaël-François-Isabel-Félix de Caulatico Du Pont du Chambon de Mézillac, né le 18 mai 1804 à Cordoue et qui épousa le 10 octobre 1837 sa cousine germaine, Marguerite-Honorine-Adélaide-Félicité Delamarre, dont il eut à son tour une fille Philomène, née à Saint Jean d’Angély le 25 novembre 1840.5.Pierre-Louis-Alphonse-Benjamin Du Pont du Chambon de Mézillac, né le 30 septembre et baptisé le 1er octobre 1769, à St Martin de File de Ré.Reçu le 26 septembre 1787 à l’Ecole Militaire de Pontlevoy, il en sortit le 29 mars 1788 pour entrer dans le régiment de Boulonnais en qualité de lieutenant.Il fut tué à Quiberon en 1795.Sur le monument élevé aux victimes de Quiberon et dans la liste publiée par M.de la Gournerie, il n’est appelé que Pierre de Mézillac et est dit du régiment d'Hervilly.6.Marguerite-Félicité-Honorine, née le 27 février 1772.Elle résidait à Saint Jean d’Angely en 1791 et touchait, comme ses trois soeurs, une pension de 200 livres.Elle mourut au même endroit en 1839.7.Marie-Adélaide-Sophie, née à Rochefort en 1774.En 1853 elle était veuve de Jean Thibault d’Allerit.G) Marie-Josèphe Du Pont du Vivier du Chambon, baptisée à Port-Dauphin le 8 juin 1722.Reçue à l'Ecole de Saint Cyr le 2 mai 1733- C’est à tort que Fleury-Vindry dans ses « Demoiselles de Saint Cyr » la fait épouser Jacques-Alexis de Verteuil.Ce dernier épousa Marie-Josèphe Du Pont du Vivier de Gourville H) Anne-Henriette Du Pont du Chambon qui épousa Charles-Ignace d’Averhoult de Martimont, capitaine de grenadiers au régiment de Flandre et chevalier de Saint Louis.Elle mourut avant le 24 octobre 1775, laissant une fille Marie-Henriette, née le 15 mai 1763, et qui, après avoir fait ses preuves pour Saint Cyr en 1774, d’après d'Hozier, épousa par contrat du 13 janvier 1777 René Duchaine, avocat au présidial de Saintes, et mourut vers 1784.I) N.Du Pont du Chambon qui épousa par contrat du 31 décembre 1743 N.Brunet de la Soulière.J) Jean-Baptiste-Ange Du Pont du Chambon, né à Port-Dauphin probablement entre 1723 et 1727.Officier dans les troupes de 1 Ile Royale, il fut fait enseigne en second le 1er avril 1741, enseigne en pied le 1er janvier 1747, lieutenant Lb Bulletin dbs Recherches Historiques, Vol.XLVI, No 9, septembre 1940. — 266 le 15 avril 1750, et capitaine le 1er avril 1754.Passé dans les troupes de Saint Domingue après la perte de 1 ’ Ile Royale, il y mourut vers 1764.Il avait épousé à Louisbourg, le 29 juin 1757, Marie-Anne, fille de Jean-Pierre Roma et de Marie-Madeleine Moreau, née à Louisbourg le 4 février 1736.En 1791 Marie Anne Roma, veuve, résidait à Fontenay-le-Comte, et, sur l’État des pensions où elle est portée pour 200 livres, elle est dite veuve d’un capitaine au régiment de Bourbonnais.K) Mathieu Du Pont du Chambon du Maine, né à Port-Dauphin vers 1728.Officier dans les troupes de l’Ile Royale, il fut fait enseigne en second le 1er mars 1749, enseigne en pied le 15 avril 1750, lieutenant le 1er avril 1755, et enfin capitaine le 1er avril 1760.Passé en France après la chute de Louisbourg, il lut en 1764 désigné pour servir dans les troupes nationales de la Guyane en qualité de capitaine.Il fut fait chevalier de Saint Louis en 1773.(1) Il avait épousé le 2 avril 1758 à Louisbourg Barbe-Blanche fille de feu Pierre-André Carrerot, conseiller au Conseil supérieur de Louisbourg, et de Marie-Josephte Chéron.Sa femme mourut à la Rochelle le 15 décembre 1759 en donnant naissance à un enfant mort lui-même quelques jours plus tard.Voici l’acte d’inhumation de cet enfant anonyme tiré des registres de la paroisse de Saint Barthélémy de la Rochelle.(2) « Le 24 décembre 1759 a été inhumé dans le cimetière du clocher le corps d’un garçon anonyme baptisé à la maisor par M.Lafaye, maître chirurgien, né le 15 du courant du mariage légitime entre messire Mathieu du Maine du Chambon, capitaine-aide-major des troupes des colonies françaises et défunte Barbe-Blanche Carrerot.Témoins André Carre-rot, officier des colonies, et messire Philippe Dailleboust, écuyer, sieur de Cerry, capitaine de port en Québec, oncle et grand-oncle de l’enfant.» G) Charles François Ferdinand Du Pont du Chambon, né à Louisbourg le 26 novembre 1734.Officier des troupes de 1 lie Royale, il fut fait enseigne en second le 15 avril 1750, enseigne en pied le 1er avril 1754 et lieutenant le 1er mai 1757.Rentré en France après la chute de Louisbourg, il passa dans les troupes de Saint Domingue avec le régiment de Foix en 1763.Présent à l'assemblée provinciale de la noblesse de Saintonge en 1789, il est dit capitaine au régiment (1) Mazas, Histoire de l'Ordre de Saint Louis, II, 203.(2) Archives de la Rochelle, Supplément E, 510.Lb Bulletin des Rbchbrchbs Historiques, Vol.XLVI, No 9, septembre 1940. 267 — de Foix-Infanterie et chevalier de Saint Louis.On le trouve chevalier dès 1778.Le 17 mai 1764 il avait épousé à Saint Jean de la Rochelle, avec dispense de consanguinité du 3e au 4e degré, Marguerite-Joseph te, fille de Michel Rodrigue et de Marguerite Lartigue, née à Louisbourg.Madame Du Pont du Chambon fut assassinée à Vitry-sur-Seine, dans la nuit du 21 au 22 avril 1796, avec deux de ses soeurs et trois autres personnes, ainsi qu’on le verra plus loin.De ce mariage sont issus deux enfants : 1.Frédéric-Joseph Du Pont du Chambon.Ogilvy et Saint Allais dans leurs nobiliaires, le disent né, le 9 août 1766, à Chalais, mais ils l’ont confondu avec l’un de ses frères.M.Léonce Grasillier a établi, dans la « Nouvelle Revue » de septembre 1923, que Frédéric-Joseph-Louis est né à Angoulême le 23 mars 1765.Ce fils d’une de nos plus belles famille acadiennes fut un misérable personnage.On le trouve étroitement mêlé vers la fin du XVIIIe siècle à une histoire à la fois sensationnelle et sordide que M.Léonce Grasillier a contée au long dans la Nouvelle Revue, en huit articles parus du 1er juin au 15 septembre 1923 sous le titre : « La question Louis XVII et l’affaire Petit du Val » (1).Voici résumé aussi succinctement que possible le récit de M.Grasillier : François-Gaspard-Philippe Petit du Petit-Val, né à la Rochelle en 1747, était receveur général des fermes au département de la Rochelle et possesseur d’une fortune considérable.Il avait épousé, le 26 janvier 1785, Anne-Suzanne-Marguerite Donat de Saint-Coux, fille de Jean-Anne-Gabriel Donat, Sieur de Saint-Coux, et de Marguerite Rodrigue.Sa belle-mère Marguerite Rodrigue appartenait à une famille acadienne bien connue et était elle-même née à Louisbourg.C’est pourquoi il est intéressant de noter la présence au mariage Petit du Val-Donat de Saint-Coux de deux autres Rodrigue qui étaient oncles de l’épouse, Pierre Rodrigue, président des Trésoriers de France au bureau des Finances de la Généralité de la Rochelle, et Paul Rodrigue, prêtre docteur en théologie, qui était alors vicaire à Notre-Dame de la Rochelle, mais qui fut bientôt pourvu d'un canonicat à la cathédrale, le même qui, lors de la Révolution, abandonna l’état ecclésiastique et épousa la chanoinesse Bonne de Musset, la propre tante d’Alfred de Musset.Sa femme étant morte en 1787 en laissant un fils, Marguerite-Alexandre- (1) Ces articles ont été mis en volume plus tard.Le Bulletin des Recherches Historiques, Vol.XLVI, No 9, septembre 1940. — 268 Gaspard, âgé d’un an, M.du Petit-Val, devenu valétudinaire, alla résider à Paris où il avait déjà acquis l’hôtel du comte de Tessé.Vivaient avec lui, outre son fils, sa belle-mère, Madame Donat de Saint-Coux, et les deux soeurs cadettes de cette dernière, Marguerite Rodrigue, veuve du Chambon, et Victoire-Bibiane Rodrigue, fille.A la Révolution, du Petit-Val acheta le château de Vitry-sur-Seine, bien national mis en vente, et s’y installa en juin 1794.Il fut alors dénoncé et arrêté en même temps que sa belle-mère, mais tous deux réussirent à prouver leur civisme et furent libérés en octobre suivant.Mais, dans la nuit du 21 au 22 août 1796, des assasins qui ne furent jamais découverts pénétraient avec effraction dans le château de Vitry-sur-Seine et, faisant d’un coup 6 victimes, massacraient M.du Petit-Val lui-même, sa belle-mère Mme Donat de Saint-Coux âgé de 55 ans, Mme veuve du Chambon née Rodrigue, âgée de 43 ans, Mlle Victoire-Bibiane Rodrigue, âgée de 40 ans, soeur des deux précédentes, et deux femmes de chambre.Seul avait été épargné le jeune Petit-Val âgé de 10 ans.Selon toutes les apparences l’enfant avait été sauvé à dessein, en vue d’une captation d’héritage.Il fut ramené à Paris parson oncle et tuteur légal, Pierre-Alexandre Petit, chevalier du Petit-Val, capitaine.En 1797 ce dernier fut dénoncé comme émigré et jeté en prison, mais grâce aux efforts d’un certain Pierre Seignette, Juge au tribunal de cassation, il finit par se faire libérer.Le chevalier du Petit-Val qui n’avait pas émigré, était la victime d’une conspiration ourdie par des parents maternels de son pupille.On voulait le supprimer et, lui mort, on aurait nommé un tuteur nouveau qui se serait chargé de faire disparaître bientôt, de mort apparemment naturelle, le jeune enfant qui avait longtemps été de santé débile.Les auteurs de la conspiration étaient les Rodrigue et principalement le citoyen Frédéric-Joseph-Louis Du Pont du Chambon.Ce dernier fils de Charles-François-Ferdinand Du Pont du Chambon et de Marguerite Rodrigue, l'une des victimes de Vitry-sur-Seine, était né le 23 mars 1765 à Angoulême où son père tenait garnison, mais il n’avait été qu'ondoyé à cette date, et il ne reçut le baptême qu’à l’époque de sa première communion à la Rochelle.Baptisé Frédéric-Joseph-Louis, il dit lui-même qu’il supprima Louis en haine de Louis Capet.Admis à l’Ecole Lb Bulletin des Recherches Historiques, Vol.XLVI, No 9, septembre 1940. — 269 Militaire le 7 septembre 1781, il lut breveté sous-lieutenant le 7 septembre 1783, et, en février suivant, il était affecté au régiment de Touraine-Infanterie.Il était lieutenant depuis le 14 avril 1788 et en garnison à Montauban lorsqu’éclata la Révolution.Il se déclara Jacobin farouche et s’empressa d’abandonner les rangs pour s’abriter derrière des fonctions administratives.On lui accorda un emploi de commissaire de guerre à Limoges le 17 février 1792.L’activité qu’il déploya à Limoges attira l'attention de ses chefs.Lors de la révolte de Lyon contre la Convention, le ministre de la guerre, Pache, nomma Du Chambon au poste de commissaire-ordonnateur dans la ville de Lyon.C'est là qu’il connut Châlier, dont il se fit le séide, mais lorsque la réaction reprit le dessus, il sut comme toujours tirer son épingle du jeu et il se dispensa d’accompagner Châlier au supplice.Dans un mémoire dont M.Grasillier cite de copieux extraits, il raconte lui-même avec la plus pure phraséologie jacobine ses hauts faits révolutionnaires à Lyon.Après avoir été commissaire ordonnateur auprès de diverses armées, il vit son emploi supprimé en 1795- Il vécut quelques temps chez ses parents de la Rochelle et de Saintes, puis il vint à Paris pour solliciter une pension de secours.Tout ce qu’il obtint fut une place de commis expéditionnaire au bureau des procès verbaux du Conseil des Cinq-Cents.Entre temps, il rencontra un limonadier du nom d’Achard qu’il avait connu à Lyon et s’en servit pour dénoncer le chevalier du Petit-Val.L’enquête fit voir qu’il avait tout dicté à Achard.Du Chambon fut envoyé à la prison de l’Abbave avec Achard son complice.Personne ne doute plus qu'il avait dirigé l’assassinat du 22 août 1796 dont sa propre mère fut victime.Les dossiers sont incomplets et on ne sait exactement ce qu'il advint d’Achard et de lui-même après leur incarcération à l’Abbaye, mais on a déjà vu que le chevalier du Petit-Val fut libéré et continua sa tutelle.Le 20 germinal an IX (10 avril 1801) Marguerite-Alexandre-Gaspard Petit du Petit-Val mourait à l’âge de 14 ans et demi.La famille maternelle du défunt se précipita dès lors à la curée, et l’héritage fut finalement partagé en 1802, en deux moitiés, l’une à la ligne paternelle et l’autre à la ligne maternelle.Du côté paternel, le chevalier du Petit-Val eut la moitié de la moitié de la fortune de son neveu, et l’autre moitié de la moitié alla à Augustin-Athanase Chastenet de Puysegur et à sa soeur, veuve de Rességuier, Lb Bulletin des Rbchbrchbs Historiques, Vol.XLVI, No 9, septembre 1940 . — 270 — cousin germain et cousine germaine du défunt par leur mère, Angélique Charlotte Petit du Petit-Val.La moitié du côté maternel fut plus morcelée.Cinq dixièmes, (c’est à dire un quart du total) échurent à l’oncle maternel, Gabriel Donat de Saint-Coux.Quatre dixièmes furent partagés entre les grands oncles maternels, les frères Rodrigue, Antoine et Pierre demeurant à Paris, Paul l’ex-chanoine, demeurant à Vendôme, et Jacques André, demeurant à Philadelphie.Enfin le dernier dixième de la deuxième moitié, échut aux deux frères, Frédéric et Victor Du Pont du Chambon, cousins du défunt.C'est ainsi qu’un quarantième de la fortune convoitée finit par échoir au sans-culotte égorgeur de Lyon, au parricide Frédéric du Chambon.Cet argent ne put le sauver de la misère et en 1810 il adressait de Bayonne au ministre de la guerre une nouvelle demande de secours.Il ne reçut pas de réponse et personne n’entendit plus parler de lui.On se demande sans doute ce que vient faire Louis XVII là-dedans.C’est qu'une légende veut que l’enfant du Temple soit mêlé à l’affaire Petit-Val et qu’il ait été la cause involontaire du massacre du château de Vitry en 1796.On aurait, paraît-il voulu faire disparaître des témoins de 1 évasion de Louis XVII.C’est ce que prétendent plusieurs auteurs favorables à la survivance qui citent les témoignages de Babeuf et de Mme d’Abrantès.M.Grasillier établit sans peine que 1 affaire Petit-Val n’a rien à voir avec la question Louis XVII.2.Louis-Joseph Du Pont du Chambon, né le 9 août 1766 et baptisé le 11 à Sainte-Marie de Chalais (Charente-Inférieure).Tout ce qu’on sait de lui c’est qu’il fit ses preuves pour admission à l'Ecole de la Flèche le 31 décembre 1775.L’Etat des pensions en 1791 donne parmi les pensionnés trois frères du Chambon, fils d’un capitaine au régiment de Foix, qui est évidemment Charles-François-Ferdinand du Chambon.Un seul est désigné par son prénom, Louis, et est dit sous-lieutenant au régiment de Touraine-Infanterie.Ce ne peut être que Frédéric-Louis dont nous venons de parler.Les deux autres que 1 on dit respectivement sous-lieutenants dans Cambrésis et dans Angoumois, doivent être le présent Louis-Joseph et Ferdinand-Victor qui suit.De toute façon Louis-Joseph dut mourir avant 1802 car on ne le voit pas partageant avec ses frères en cette année la succession Petit-Val.Le Bulletin des Recherches Historiques, Vol.XLVI, No 9, septembre 1940. 271 — 3.Ferdinand-Joseph-Victor Du Pont du Chambon, né à Saintes le 3 juillet 1768.Il lit ses preuves en 1782 pour être page de la grande écurie du Roi.Il vivait encore en 1802, car en cette année il partage avec son frère Frédéric un dixième de la moitié de l'héritage Petit-Val VIII—François II Baptisé le 6 mars 1688, ayant pour parrain François Du Pont, probablement son frère, et pour marraine, Marie Boire.Il fut inhumé à 16 ans le 10 mars 1704.Nous devons au R.P.Godbout de connaître l’existence de ce second François, comme nous lui avons dû déjà de connaître celle du second Pierre né en 1685.Ni l'un ni l'autre n’apparaissent dans le testament mutuel de Hugues Du Pont et de Marie Herauld fait en 1693- Cela est particulièrement étonnant dans le cas du présent François qui existait en 1693 puisqu'il n’est mort qu’en 1704.IX—Joseph Du Pont Dont à l'instar de Gabriel déjà nommé (III), nous ne connaissons l’existence que par ce qu’il est mentionné comme légataire dans le testament mutuel de ses père et mère Hugues Du Pont et Marie Herauld.Aégidius Fauteux.LE PATRIOTE JOSEPH-CHARLES TACHÉ Le passage est un peu long mais je tiens à le citer en entier parce qu’il fera connaître la jeunesse d’un patriote sincère, d'un Canadien-français qui n’a pas joué un rôle de premier plan mais qui n’en a pas moins rendu de grands services à ses compatriotes dans la sphère d’action où la Providence le plaça.M.de Gaspé écrit dans ses Mémoires: «J’assistais un jour à une grande fête nationale, c’était celle de la Saint-Jean-Baptiste, lorsque je vis dans les rangs de la procession un jeune monsieur portant le costume des Le Bulletin des Recherches Historiques, Vol.XLVI, No 9, septembre 1940. — 272 — cultivateurs canadiens: soulier de cuir tanné, boutons taillés dans un morceau de baudrier, etc., il n'y manquait rien.Je m’enquis de son nom, et l’on me dit que ce gentleman était démocrate quand même; qu’il s’accoutrait de la sorte pour ne point encourager les manufactures étrangères et pour preuve ambulante de son patriotisme.Je fus d’autant plus surpris, que je le savais issu d’une famille distinguée par son esprit.Un discours qu’il prononça le soir même me frappa non seulement par le style, par les pensées profondes, les sentiments élevés, mais encore plus par l’honnête et profonde conviction qui le caractérisait.«—Bah! dis-je à part moi, vous ne serez pas, mon cher, longtemps démocrate quand même; je ne vous donne guère plus de cinq ans pour changer de conviction.«Me trouvant quelques années après dans la paroisse dans laquelle il résidait, et m’étant assuré qu’il était radicalement guéri de ses velléités démocratiques, je me fis introduire à lui,et sans préface aucune, je lui fis part du jugement que j'avais porté sur lui précédemment.11 éclata de rire et me dit : «—Monsieur, avec un peu d’honnêteté et avec le gros sens commun, on revient bien vite de ses folies.» Et, en note M.de Gaspé ajoute: «Mon respectable ami M.C.T., en lisant ces Mémoires, se rappellera notre conversation à ce sujet à Rimouski.» Avec cette indication il est très facile de reconnaître le personnage mis en scène par M.de Gaspé.C’est le docteur Joseph-Charles Taché, qui fut député de Rimouski de 1848 à 1858.En effet, M.Taché et un certain nombre de jeunes patriotes ardents avaient décidé d’adopter le costume canadien afin de faire revenir leurs compatriotes aux vêtements que portaient leurs ancêtres, c’est-à-dire l’étoffe du pays.Mais ce geste patriotique fut un feu de paille.Ces jeunes professionnels ne firent guère d’adeptes et, eux-mêmes, au bout de deux ou trois ans, se décidèrent à porter les vêtements des gens de leur condition.Le docteur Taché sortit de la politique pour occuper la charge de sous-ministre de 1 agriculture, à Ottawa.Le gouvernement du temps lui devait bien ce poste.M.Taché avait été un des principaux apôtres de la confédération des provinces de 1 Amérique du Nord.Grand nombre des idées émises dans sa célébré brochure Des provinces de l'Amérique du Nord et d une Union fédérale furent acceptées par les Pères de la Confédération.Le Bulletin des Recherches Historiques, Vol.XLVI, No 9, septembre 1940. — 273 — C’est M.Taché qui rendit possible la publication de l’immortel Dictionnaire des familles canadiennes de Mgr Tanguay.Ce dernier avait été curé de Rimouski alors que le docteur Taché exerçait sa profession dans cette ville.Le curé Tanguay avait bien des fois entretenu le docteur Taché de son projet de publication.M.Taché s’était rendu compte de T importance de ce Dictionnaire pour le peuple canadien.Et dès sa nomination au poste de sous-ministre de l'agriculture et des statistiques, il appela son ancien curé auprès de lui.Sans l’aide qu’il donna à Mgr Tanguay, le grand généalogiste n’aurait jamais pu mener son oeuvre à bonne fin.Le docteur Joseph-Charles Taché décéda à Ottawa le 16 avril 1894.C’est une de nos gloires canadiennes.QUESTIONS Une vieille dame de 82 ans me racontait l’autre jour que lorsqu’elle était élève des Ursulines, le costume porté était une robe en plaid écossais vert.Elle n’a pu préciser quel était le clan dont on portait le tartan, mais a mentionné que certaines élèves avaient des lignes jaunes dans leur plaid, tandis que d’autres n’en avaient pas.Dans le goût 4es élèves du temps, les étoffes qui n’avaient pas la ligne jaune étaient beaucoup préférées.Les tartans où il y avait du rouge ou autres couleurs voyantes n’étaient pas permis.Elle raconte que quelques années plus tard, lorsque de ses soeurs plus jeunes qu’elle sont allées chez les Ursulines, le costume avait changé; il était devenu noir.Existe-il une histoire sur le costume des élèves des Ursulines.Il me semble qu’il serait très intéressant de savoir de quelle manière les élèves furent habillées durant les 300 ans de l'existence de ce monastère?Il serait, il me semble, particulièrement intéressant de savoir quand fut adopté après la conquête, le costume en tartan écossais?Chercheur Chaque comté rural de la province de Québec a son préfet, élu par les différents maires du comté.A quand remontent les premiers préfets de nos comtés?S.T.Le Bulletin des Recherches Historiques, Vol.XLV1, No 9, septembre 1940. — 274 LETTRE D’AMUR Y GIROD A J.E.HAMILTON (8 MARS 1833) Le 8 mars 1833.J .E.Hamilton, Ecr, Petite Rivière.Monsieur, Je comprends qu un homme qui a la tête pleine du bien qu il veut faire au pays, qu’un homme qui est presque suffoqué par les affaires publiques, même s il a peu d’embonpoint, qui à peine a le temps de faire ses repas et de vouer quelques heures au sommeil tel qu un bon législateur, ne se donne pas la peine de lire ce que les journaux rapportent de lui.1 our un humble individu tel que moi, dont la bonne réputation fait le plus grand des biens, qui ne se mêle jamais des affaires publiques qu il n’entends pas, qui a le temps de manger et de dormir, et par consequent de lire les journaux, pour moi, dis-je, il en est autrement.Si ces rapports contiennent des insinuations ou 1 assertion de faits controuvés, qui attaquent directement ou indirectement mon caractère d’honnête homme.Je dois chercher un remède et le remède le plus efficace, fut-il le plus sévère.Un tel rapport a été publié et le rapporteur le met dans votre bouche.Dois-je m'y soumettre tranquillement?Vous vovez que je ne le fais pas.Mais ne devez-vous pas demander a punition d un homme qui vous fait dire des mensonges et des choses qui vous rendront ridicule?Pour vous montrer combien je suis intéressé à ce que vous vous chargiez de la poursuite des rapporteurs devant l’honorable Chambre d assemblée, je m en vais vous citer ce qu’ils ont dit dans le Mercury, la Gazette de Québec et le Canadien.Ils vous font dire dans votre éloquent discours contre 1 indemnité proposée en faveur de Mr.Perrault, que ce Monsieur a pris une petite ferme, que vous avez vue avec les ecoites et les experiences; que vous pourriez acheter toute la besogne pour £600; que vous êtes persuadé par votre propre examm sur les lteu*s M.P.n’a pas dépensé £23 en expériences sur cette ferme, cm’il a mis un étranger (&c.une hynclle de sottises trop ridicules pour être repétées) à la tête, qui pour le certain quelle que soit la perte de l'entreprise, s'arrangerait de manière à ne pas être celui qui perd JA?substance ce que ces scélérats de rapporteurs t dire.Qui sait mieux que vous et moi que pendant Le Bulletin des Recherche.H,.touques.Vol.XLVI, No 9, septembre 1940. — 275 — les derniers 12 mois vous n’avez jamais mis le pied sur la ferme que j'occupe; que quelque relative que soit l’idée de grand et petit, on ne peut pas acheter à 1J4 lieue de Québec sur la grande route une terre de 200 arpens en culture pour £600, et que ces gens vous rendent l’être le plus ridicule, l’homme d’affaire le plus inepte, en vous faisant tenir de pareils propos, pendant que tout le monde sait tout aussi bien que moi, quoique je n’aie pas l’honneur de vous connaître personnellement, que vous êtes un législateur et un habile et éloquent avocat, la gloire du barreau de Québec et de tous les barreaux du monde, qui fera punir ces marauds de rapporteurs.— Vous faire parler d’examen sur les lieux, comme si un homme de votre rang dans la société ne pouvait pas examiner ce qu’il ne voit pas! Passe encore, si au lieu de £25 que Mr.P.doit ne pas avoir dépensés, ces rapporteurs iniques avaient ajouté quelques schelings et pence! Quant à Y étranger, vous le savez trop bien, que nous tous sommes des étrangers dans ce pays: Canadiens, Anglais, Ecossais, Irlandais.Indiens même, s’il est vrai, comme de sa vans historiens le prétendent, qu’ils sont les descendans des Phéniciens ou des Juifs, qui sont devenus les cruels oppresseurs des ours et des ânes, si de ces derniers, il y en a eu d’aborigènes dans nos forets.Vous ne pouvez pas avoir dit une pareille chose.Mais cette insinuation perfide qui termine le rapport, qui doit faire croire au public, que je suis ce que vous savez bien qu’on ne nomme pas en bonne société — vous l’auriez faite?Vous, un législateur, vous l’ornement du barreau, vous un honnête homme, qui ne voudrait pas souiller son caractère par une si lâche calomnie?Non, Monsieur, je ne le crois pas.Mais vous voyez aussi la nécessité de mettre une fin à de telles pratiques, a insister à ce que les rapporteurs m'indiquent où je dois recueillir les profits que je dois avoir faits, qu’ils ne rapportent que les véritables discours des législateurs: la littérature n’y perdrait pas, ni le public, et c’est pour vous solliciter de vous charger d’une si grande mesure, que j’ose m’adresser à vous, par la voie de la presse, vu que j’ai le malheur de ne pas vous connaître personnellement.(1) J’ai l'honneur d'être, Monsieur, Votre très-humble, très obéissant, Très-soumis Serviteur, A.Girod (1) Lt Canadien, 11 mars 1833.Le Bulletin des Recherches Historiques, Vol.XLVI, No 9, septembre 1910. - 276 — LES COIGNE DU BERRY EN CANADA Lorsque le comte de Frontenac, gouverneur général du Canada, débarqua à Québec, vers la fin de l’été 1672, il amenait avec lui, composant sa maison, des «officiers grands et petits» (1).Un des plus importants, son maître d’hôtel, s’appelait Charles de Couagne.Lorsqu’il se maria, à Québec, en 1680, il déclara venir de Clion, archevêché de Bourges, être fils d un autre Charles de Couagne et de Renée Greffière(2).Des raisons de voisinage expliquent le choix fait par Frontenac de son maître d’hôtel.Sur la paroisse de Clion se trouvait le château de l’Isle Sa vary, et Frontenac était seigneur de 1 ’Isle Savary.Les Coigne étaient d’ailleurs à Clion longtemps avant les Buade.On a dit qu’ils venaient du Portugal et se nommaient originairement da Cunha (3).Us apparaissent anciennement en Montmorillonais, sur les confins de la Touraine et du Berry.Geoffroy Coigne, chevalier, y vivait vers 1250 (4).L’abbé de Marolîes les range parmi les familles connues en Touraine «de temps immémorial».A ce propos, il remarque qu’il ne veut point comprendre dans sa liste des maisons plus illustres, mais «transplantées d’ailleurs» et parmi elles, justement les Buade (3).La filiation des Coigne s’établit depuis 1407 (6).Au XVIIe et au XVIII1 2 siècles, ils ne faisaient remonter leur généalogie qu à Jean de Coigne, seigneur de la Roche-C.oigne et de Marteau, paroisse de Clion, lequel vers la fin du XVe siècle épousa Jeanne Bertrand, qui lui apporta la seigneurie de Marteau (7).(1) Henri Lorin, Le comte Je Frontenac.Paris, 1895, p.28.(2) Mgr Tanguay, Dictionnaire des familles canadiennes.Montreal, 1871-1890, 7 vol., t.1, p.164.(3) Bibl.Nat.Pièces Originales, vol.802, dossier 18227 (Coignée) n ° 2 Dossiers Bleus, vol.201, dossier 5117 (Coigne).Cabinet d'Hozier, vol.93, dossier 2611 (Coagnc), fol.56.L Hcrmicc BcScwuvm,Histoire iMatoiique dc lanohlesse de Touraine.Paris,1665,pp.161-164.y) i f/AUCHET"FlLLEAU’ Dictionnaire des familles du Poitou, t.11, p.561.(5) Mémoires de Michel de Marelles.Amsterdam, 1755, 3 vol., t.II, pp.81-82.(6 ) Heauchbt-Filleau, op.etloc.cit.(7) La Th a um Assié r r, Histoire de Bern, p.1052.,L7rCoe ;s )USC1U à 176°- La deuxième partie, publiée ri8,”’/llait fr,17® a 1792' La troisième partie, de 1792 futP“bllee la mfme année.La quatrième partie, p hee en 1834 rendait 1 histoire du pays jusqu’au départ du gouverneur Dalhousie, en 1828.Enfin, a cinquième et sanXPMlepdC 1835’ fut pnWiéê en 18?6.Dans i * ‘ c’J ' L!r,ui t disait: «La connaissance de l'histoire de son pays est si utile et intéressante pour ceux qui l’occu- KX'Le *} PaS hf*« df l'abrégé de celle! Canada r- ':r‘pL t cs £nbants des écoles élémentaires du pays ±G“'I?PTn' Conmhr « qu'il en a coûté à leurs mcrce etPr Ctfb lf Ct y faire f,turir la religion, le com-uif/i-wltUrC)>’ Perrault déclarait aussi qu'il noir I r a n iSt0m de la Nouvelle-France de Charlevoix Sm h n, îranÇaiS’ C7 VHistory °f Canada de William de M p(-rnn
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