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Titre :
Bulletin des recherches historiques : bulletin d'archéologie, d'histoire, de biographie, de numismatique, etc. /
Éditeur :
  • Lévis :Pierre-Georges Roy,1895-1968
Contenu spécifique :
octobre
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
quatre fois par année
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Bulletin des recherches historiques : bulletin d'archéologie, d'histoire, de biographie, de numismatique, etc. /, 1942-10, Collections de BAnQ.

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LE BULLETIN DES RECHERCHES HISTORIQUES VOL.XLVIII LÉVIS, OCTOBRE 1942 No 10 LES CANOTIERS ENTRE QUÉBEC ET LÉVIS Un métier disparu Un auteur français renommé a publié, il y a déjà plus d’un demi-siècle, un ouvrage très intéressant, Les métiers disparus.Il y faisait l’énumération et l’histoire des métiers disparus en France depuis l’époque de Clovis.Le Canada ne remonte pas à quatre siècles encore, et, pourtant, que de métiers exercés par nos ancêtres que nous ne connaissons pas même de noms aujourd’hui ! Parmi ces métiers l’un des plus intéressants et peut-être aussi l’un des plus dangereux est celui de canotier.Sans doute, les canots et les canotiers existent encore, mais il y a un siècle et plus le terme canotier ne s’appliquait ou à peu près qu’aux hardis gars qui, avec leurs canots, maintenaient les communications en hiver entre Québec et Lévis.Véritablement, en songeant à la dure besogne qu’accomplissaient ces hommes, aux dangers qu’ils couraient à chaque traversée, à leurs actes héroïques presque quotidiens, on ne peut s’empêcher de dire, avec Fréchette, Legendre et J.-Edmond Roy, qui les ont vus à l’oeuvre, que les canotiers de Lévis étaient faits d’un acier dont la trempe n’est plus connue.Race disparue, oui, mais elle a laissé un souvenir qui doit persister.L’exemple est un stimulant et celui de ces canotiers ne peut faire que du bien aux générations d’aujourd’hui appelées à des tâches si difficiles. — 290 — Les canots d'autrefois Louis Fréchette qui, clans sa jeunesse, fit des douzaines de fois la traversée du fleuve dans les canots lévisiens, les décrit ainsi: "Ces canots étaient des espèces de pirogues creusées dans un double tronc d’arbre, dont chaque partie était solidement reliée à l’autre par une quille plate en bois de chêne, polie et relevée aux deux extrémités de façon a ce que 1 embarcation pût, au besoin, servir en même temps de traîneau.Le patron s’asseyait à l’arrière sur une petite plate-forme élevée cl’où il dirigeait la manoeuvre, et gouvernait à l’aide d’une pagaie spéciale, tandis qu’à 1 a\ ant et quelquefois debout sur la pince, un autre hardi gaillard scrutait les passes et surveillait les impasses, la main sur les yeux, tout blanc de givre, avec des stalactites glacées jusque dans les cheveux.En avant du pilote, un certain espace était ménagé pour les passagers, assis à plat-fond, tout emmitouflés et recouverts de peaux de buffles, encaqués comme des sardines, parfaitement à l’abri du froid mais aussi entièrement immobilises.Les autres parties de 1 embai cation étaient garnies de tôles, qui, tout en assurant la solidité du canot, servaient de bancs aux rameurs à longues bottes et aux costumes plus ou moins hétéroclites, qui pagayaient en cadence, s’encourageant mutuellement du geste et de la voix”.Ce que dit Legendre du canot Napoléon Legendre décrivait ainsi le canot qui faisait la traversée entre Québec et Lévis au milieu du siècle der-niei.Aussitôt que la navigation se fermait, disait-il, vers la fin de novembre, une flottille de canots ou pirogues, montés par de hardis canotiers, habitués au plus dur travail, remplaçaient les bateaux a vapeur qui avaient fait le soi \ ice durant 1 été.Les canots avaient de vingt-cinq à trente pieds de long.Ils étaient découpés et creusés dans d’immenses troncs de pin, choisis avec soin et n’ayant ni noeuds ni fissui es.Les deux bouts étaient relevés comme les lisses 291 — d un traîneau, et le fond était légèrement arrondi et recouvert dune pièce plate de bois franc clouée sur toute sa longueur pour tenir lieu de quille.Avec cette forme, le canot courait rapidement dans l’eau et pouvait être traîné facilement sur les champs de glace ou les buttons qui lui barraient la route.Il pouvait porter une très forte charge, avec quinze à vingt personnes en plus.L’équipage était composé d’hommes choisis et habitués à cette rude besogne.Ils portaient des habits de laine et de longues bottes appelées bottes sauvages, dont les tiges leur montaient jusqu’aux hanches ”.La mise à l’eau des canots La batture, c’est la glace qui adhère ou reste attachée au rivage tout l’hiver.L’instant le plus dangereux de la traversée en canot c’était celui où il fallait faire sauter l’embarcation avec sa cargaison de la batture sur les glaces mouvantes que le courant poussait avec rapidité dont on ne peut se faire une idée.Les canotiers, eux, ne sautaient dans le canot qu’une fois cette dangereuse opération accomplie.Les passagers du canot qui traversaient le fleuve pour la première fois éprouvaient alors des émotions plutôt violentes.Des hauteurs de Lévis et de la terrasse Dufferin, à Québec, le spectacle d’un canot se frayant un chemin à travers les glaces est très beau, mais les spectateurs ne se rendent compte qu’à demi des émotions de ceux qui font la traversée.Us sont si loin du danger! Mais les voyageurs qui sont là, assis au fond du canot, sont à quelques lignes de l’abîme, n’en sont séparés que par une mince cloison, ils entendent le bruit épouvantable des banquises qui se choquent et, souvent, menacent d’engloutir l’embarcation qui les porte.Ceux et celles qui ont fait une traversée en canot de Lévis à Québec quand le fleuve est couvert de glace peuvent seuls dire ce qu’on éprouve dans ces moments tragiques.En sautant de la batture sur les glaces Malgré les grands risques courus par les canotiers et leurs passagers lorsqu’ils faisaient glisser leurs canots de la — 292 batture dans le fleuve, peu d’accidents arrivaient dans ces manoeuvres dangereuses.Dans la Gazette de Québec du 1er février 1830, nous trouvons justement le récit d’un accident de ce genre qui, heureusement, ne causa aucune perte de vie.“Vendredi (29 janvier 1830), disait la Gazette de Québec, un de nos canots traversiers d’hiver chavira au moment où il fut lancé à l’eau pour traverser de la Pointe-Lévis à Québec.Le courant était dans toute sa force, et les gens, au nombre de onze, dix hommes et une femme, furent entraînés rapidement.Les jeunes et actifs traversiers de la Pointe-Lévis eurent bientôt lancé des canots à l’eau pour courir à leurs secours.Et, après avoir sauvé les gens dont plusieurs, surtout M.Boisseau, de Saint-Thomas, avaient beaucoup souffert du froid, qui ce matin-là était de quinze degrés au-dessous de zéro, ils crurent qu’ils pourraient aussi sauver le canot, et à leur surprise, ils trouvèrent un des passagers suspendu à une des barres du canot; l’air qui était renfermé dessous lui permettant de respirer et n’étant pas exposé au froid extérieur, il n’avait pas souffert.Nous apprenons avec plaisir que M.Boisseau se rétablit rapidement”.Ce M.Boisseau sauvé par les canotiers lévisiens d’une mort certaine était le notaire Ignace-Gaspard Boisseau, établi à Saint-Thomas depuis 1815.Il décéda à Saint-Thomas le 23 juillet 1840, dix ans après sa tragique aventure de Lévis.'À travers les glaces Laissons Louis Fréchette nous décrire la traversée en canot: “Nage, compagnons!.Haut les coeurs, les petits coeurs!.D’immenses blocs verdâtres barrent la route! vite, le cap dessus ! Bon là ! Lâchons l’aviron, l’épaule aux amarres, et en avant sur la surface solide du grand fleuve! Plus loin, ce sont d’énormes fragments entassés et bousculés les uns sur les autres; le passage semble impraticable .n’importe, hissons le canot à force de bras: et en avant toujours! Voici un ravin qui se creuse, descendons-v ! C’est un abîme peut-être: en avant quand même! La neige détrempée s’attache et se congèle aux flancs de l’embarcation, qu’elle menace d immobiliser: hardi, les braves! Pas une minute à per- — 293 — dre, roulons! roulons! .Et nous voilà repartis.Ici, c’est autre chose; tout s’effondre sous nous.Ce n’est plus de l’eau, ce n’est plus de la glace; impossible de pagayer, plus de point d’appui pour trainer.Il faut pourtant se tirer de là, les enfants! En-dedans, vous êtes paralysé; en dehors, vous enfoncez a mi-jambe dans la neige fondante et la glace en frazil; il n’y a pas à dire, il faut se tirer de là.Et cela durait des heures, quelquefois des journées entières .Oh! il n’était pas tendre le métier”.L’arrivée des canots à Québec Il faut avoir vu les canotiers à l’oeuvre pour se faire une idée des dangers que couraient ces hardis marins.Le saut du canot de la batture dans le lit du fleuve était une manoeuvre extrêmement dangereuse.Il suffisait d’une minute d oubli du conducteur du canot ou d’un des membres de l’équipage pour faire verser le canot.Mais il ne faut pas se figurer que l’arrivée à Québec était beaucoup moins dangereuse.Ecoutez Napoléon Legendre sur ce point.“L’atterrissage, dit-il, était souvent plus dangereux que le départ.Il fallait bien calculer 1 endroit et le moment, car la glace flottante qui passait avec une vitesse de trois ou quatre milles à l’heure, se pressait constamment contre les blocs fixes de la rive, et si le canot se faisait prendre entre ces deux murailles aigues, il était broyé comme verre, avec tout son contenu., Quand on pouvait atteindre quelque endroit sûr et abrité, comme une anse ou l’espace compris entre deux quais, où la glace restait stationnaire, le débarquement s’opérait avec assez de facilité, mais quand on était obligé d’aborder en plein courant, il fallait toute l’habileté du capitaine et tout le sang-froid de 1 equipage pour éviter de sérieux accidents”.Les canots à la dérive Fai fois, les canots tentant de se rendre à Québec par de grands vents ou quand la glace était abondante dans le fleuve, étaient entraînés par le courant ou les glaces à plusieurs lieues du port, dans le bas de Saint-Joseph de Lévis — 294 — (Lauzon), à Beaumont, à Saint-Michel cle Bellechasse et dans l’anse de Saint-Vallier.Dans ces occasions, les canotiers, plutôt
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