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Titre :
Bulletin des recherches historiques : bulletin d'archéologie, d'histoire, de biographie, de numismatique, etc. /
Éditeur :
  • Lévis :Pierre-Georges Roy,1895-1968
Contenu spécifique :
janvier
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
quatre fois par année
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Bulletin des recherches historiques : bulletin d'archéologie, d'histoire, de biographie, de numismatique, etc. /, 1960-01, Collections de BAnQ.

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Vol.66 Lévis — Janvier-Février-Mars 1960 No 1 N 709 LE BULLETIN DES Recherches Historiques ORGANE DU BUREAU DES ARCHIVES DE LA PROVINCE DE QUÉBEC DIRECTEUR ANTOINE ROY Autorisé comme envoi postal de la deuxième classe Ministère des Postes, Ottawa.5 51$ /?8Ô8 I Hommages de f2*«a LE QUOTIDIEN, Limitée IMPRIMKURS FÉ QUOTIDIEN LIMITEE vssm.ii.miHi Adrien BÉGIN, directeur-gérant Tél.: 837-5881 F £>5 7S 45, avenue Bégin, .f{ Q Q '¦ -, I ïbO.LÉVIS, P.Q. RECHERCHES HISTORIQUES REVUE D’ARCHEOLOGIE, D’HISTOIRE, DE BIOGRAPHIE, DE BIBLIOGRAPHIE, DE NUMISMATIQUE, ETC., ETC.PUBLIÉE PAR ANTOINE ROY DIRECTEUR VOLUME SOIXANTE-SIXIEME 1960 LE BULLETIN DES RECHERCHES HISTORIQUES Prix de l'abonnement: $5.00 par année DIRECTION ET ADMINISTRATION 2050, Saint-Cyrille Ouest, QUÉBEC SOMMAIRE Janvier-Février-Mars 1960 ANTONIO DROLET.— Les Débuts de la Librairie Canadienne JEAN-JACQUES LEFEBVRE.-La Famille Nadeau .Pages .S 13 BULLETIN DES RECHERCHES HISTORIQUES Vol.66 Lévis —Janvier-Février-Mars 1960 No 1 Les débuts de la Librairie Canadienne Par ANTONIO DROLET Bibliothécaire Université Laval, Québec Le commerce du livre n’est apparu au Canada qu’après 1760, et encore et pendant plusieurs années est-il demeuré plus ou moins organisé, pour n’être, au mieux, qu’une deuxième occupation des premiers imprimeurs.Ce n’est qu’aux environs de 1S20 (pie commencèrent à s’établir de véritables librairies, où l’on pratiquait régulièrement l’importation et la vente des livres.Pendant tout le régime français, on ne connaît l’existence que de deux libraires1, qui auraient tenu boutique à Montréal.A Québec, en 1759, lors de l’inventaire de la succession du magistrat Guillaume Verrier, propriétaire d’une bibliothèque considérable, l’huissier instrumentant déclare explicitement qu’il n’y a “en ce pays ni libraires ni personnes experte (sic) dans la dite évaluation” (des livres).2 Ce n’est donc pas par l’entremise de libraires établis au pays que les premiers Canadiens purent se procurer les ouvrages — 65,000, d’après certaines évaluations — qui se trouvaient dans leurs bibliothèques vers 1760.Tout au plus, y eut-il commerce occasionnel entre particuliers, dont on trouve trace dans certains volumes du temps, ou lors de ventes de biens de successions.3 On peut se demander comment les livres parvenaient au Canada pendant cette première période.Il est avéré que bon nombre de personnes apportèrent au pays des 1 Bulletin des Recherches Historiques, vol.36, pp.298-299, 1930.2 Inventaire Guillaume Verrier, p.1.Ms aux Archives du Séminaire de Québec).3 Bulletin des Recherches Historiques, 1:10, 189S.Vente des biens de Mgr de Lauberivière.5 6 collections personnelles, dont plusieurs sont connues.Il y a à ce sujet une observation révélatrice de l’abbé Dudouyt, du Séminaire de Québec, qui écrivait le 2 avril 1685: “La bibliothèque de Mgr de Saint-Vallier et d’autres (prêtres) qui passent sont considérables.”4 Des bienfaiteurs de France s’intéressaient à envoyer des livres au Canada.Citons Cramoisy, éditeur des Relations des Jésuites, qui fit don de plusieurs ouvrages au Collège de Québec 5 6, et un curé de Paris, Poitevin, qui légua sa bibliothèque personnelle au Séminaire de Québec.*’ En 1749, le roi faisait un envoi d’environ 2,000 volumes pour être distribués dans les paroisses.Du Canada, on faisait aussi venir des ouvrages de France.Dans les Premières Relations, les missionnaires sollicitent l’envoi7 de livres au Canada.On peut croire cependant que les dons spontanés ou sollicités ne pouvaient pas suffire à former les collections importantes qui firent leur apparition.On devait donc commander des ouvrages.Les Jésuites ont pu pratiquer ce moyen, si on en juge par les ouvrages qui apparaissaient dans leur bibliothèque, très tôt après la date de leur édition en France.8 * Dans la correspondance conservée aux archives du Séminaire de Québec, se trouvent plusieurs lettres où il est question de commandes de livres envoyées à Paris.® Des particuliers ont pu aussi utiliser ce moyen.Guillaume Verrier, qui vécut à Québec de 1729 à 1759, possédait nombre d’ouvrages parus pendant cette période.Il avait pu les faire venir en utilisant les catalogues de libraires qu’il possédait.10 Ce sont là les moyens qui existèrent avant 1760, à défaut de commerce de libraire établi au pays.Une ère nouvelle s’ouvrit, qui devait modifier la situation précédente.On peut noter tout de suite que cessèrent les communications directes avec la France, seule source d’approvisionnement jusqu’alors.Le commerce devint un monopole de la nouvelle métropole, l’Angleterre, et les livres ne firent pas exception.Avec l’établissement au pays d’une population de langue anglaise, le livre anglais fit rapidement son apparition, même chez les gens de langue française.Dès 1764, une bibliothèque11 circulante ouverte à Québec offre à ses lecteurs des ouvrages anglais et français.4 ASQ.Lettres M., no 1, p.2., 5 La Bibliothèque du Collège des Jésuites.Revue d'histoire de l’Amérique française, 14: 489, mars 1961.6 Aegidius Fauteux, Les bibliothèques canadiennes.Montréal “La Revue Canadienne", 1916.Tiré à part p.10.7 Thwaites, The Jesuit Relations, 49: 211 ; 50: 161 ; 51: 115; 52: 109.8 Les ouvrages de médecine à la résidence des Jésuites de Québec, Laval Médical, 22 : 686-699, 1957.« ASQ.Lettres M 1, p.2; M 16, p.4; M no 168; M no 122.10 ASQ.Inventaire G.Verrier.11 P.-G.Roy, Une bibliothèque circulante à Québec.Le Bulletin des Recherches Historiques, 6: 142, 1900. 7 Un événement important dans le domaine du livre marqua les débuts du régime anglais, l’introduction de l’imprimerie à Québec, en 1764.Cette innovation ne devait pas changer la situation et favoriser vraiment, par elle-même, le commerce des livres.Pendant longtemps, les impressions canadiennes eurent une importance fort restreinte et se limitèrent à peu: manuels scolaires, livres de dévotion, quelques ouvrages de droit, documents officiels, journaux — rien qui put alimenter pour la peine un commerce de librairie.L’édition canadienne a été longtemps très limitée quant au genre de ses publications, et pour s'être élargie avec les années, elle ne couvre pas encore un champ aussi considérable que dans des pays plus anciens ou plus importants.La librairie canadienne serait insuffisamment fournie si elle devait s’en tenir uniquement aux productions du pays.L’importation du livre, d'abord unique source d’approvisionnement, est donc demeurée très importante.C’est précisément par ce genre d’importation que l’imprimerie canadienne apporta l’occasion d’établir les débuts de la librairie canadienne: ce qu’elle ne pouvait produire elle-même, elle s’occupa de le fournir en inaugurant un commerce qui a des rapports naturels, pourrait-on dire, avec le travail de l’imprimeur.Dès son apparition au pays, l’imprimeur joignit très souvent le commerce du livre importé et d’occasion à son entreprise d’impression.L’imprimerie et la librairie furent donc des occupations complémentaires.Une lettre, en date du 10 octobre 1803, d’un marchand de Niagara, Andrew Heron, à l’imprimeur québécois, John Neilson, montre, qu’à l’époque, ou considérait que les deux occupations allaient de pair.En quête d’un imprimeur à établir à Niagara, Heron écrivait: “When I had the pleasure of seeing you in Quebec, I mentioned to you that I thought this would be a good place for a printer to print a paper and also keep a bookstore.” 12 Pendant de nombreuses années, l’imprimeur canadien pratiqua donc un commerce de librairie plus ou moins considérable et organisé, aussi bien en ouvrages importés qu’en ouvrages d’occasion.Il s’importa aussi des livres et il s’en vendit d’occasion par d’autres personnes, particulièrement après des décès ou lors du retour en Europe de certains canadiens.Le livre anglais eut ses entrées relativement faciles, aussi bien à Québec qu’à Montréal et à Halifax.13 Il s’agissait surtout d’éditions européennes courantes et d’ouvrages populaires.En ce qui regarde le livre français, les conditions s’avèrent différentes.C’est une constatation qu’il fallut nécessairement faire aussitôt après la conquête.Du Séminaire 12Aegidius Fauteux, The Introduction of printing into Canada.Montréal 1930, p.131.13 Marie Tremaine, A bibliography of Canadian imprints, 1751-1SOO.Toronto, University Press, 19S2.P.xviii. 8 des Missions Etrangères, à Paris, on écrivait le 1er avril 1764 qu'on hésitait à envoyer des livres à Québec, parce qu’ils sont “choses de contrebande”.14 Le besoin de livres français devait cependant se faire sentir, et d'une façon sérieuse.Le pays sortait d’une longue période d’années de guerre, et la paix revenue, on se préoccupait de se fournir des articles dont les hostilités avaient interrompu le commerce.Le Séminaire de Québec, particulièrement, va être amené à prendre la succession du Collège pour l’enseignement et on y ressent un besoin accru de livres.Comme il n’est plus possible d’en faire venir directement de Paris, il faut donc recourir à l’intermédiaire d’un libraire de Londres, Paul Vaillant.En 1765, bien que les démarches soient longues, il expédie à Québec des livres français qu’il a fait venir d’abord de Paris.15 Il arrivait aussi que les livraisons retardent considérablement, en 1769, on ne pourra recevoir qu’un an plus tard les commandes déjà placées.1*' En 1771, les choses vont mieux, et on reçoit les ouvrages classiques attendus.17 Il est possible que des livres français, il en soit provenu aussi du côté des colonies américaines.C’est peut-être une importation de ce côté, qui faisait écrire à Mgr Briand, en 1771 : “Nous vous conjurons, N.T.C.P'., cessez ces lectures de livres impies qui se répandent dans le diocèse.” 18 En 1771 et 1772, il se vendait des romans de Rousseau en Caroline du Sud, à New-York, en Pennsylvanie et en Virgine.19 De ce côté, il a donc pu pénétrer au Canada un genre de littérature qui ne répondait pas à tous les goûts, ni surtout à tous les besoins.L’abbé Ivanhoë Caron observe à ce propos : “Les oeuvres malsaines de Voltaire et des encyclopédistes avaient leur entrée libre bien plus facilement que les livres de piété et les manuels de classe.” 20 Lue lettre écrite en 1777 par un prêtre du Séminaire montre que le livre français était toujours en demande et qu’il n’était pas toujours facile de se le procurer : “Si la Providence vous procure quelque circonstance favorable et que vous puissiez en profiter pour nous faire parvenir sept ou huit dou- 14 ASQ.Lettres M, no 122, 122A.15 ASQ.Lettre M, no 123.18 ASQ, Lettre M, no 132.17 ASQ, Lettre M, no 136.18 Mandement des évêques de Québec, 1771.Cité par Marcel Trudel, L‘Influence de Voltaire au Canada, vol.1, p.39.19 Bernard Fay, L’Idée révolutionnaire en France et aux Etats-Unis, à la fin du xvme siecle, p.27.Cité par Séraphin Marion, Les lettres canadiennes d’autrefois.Ottawa, 1939, v.1, p.56.20 Ivanhoc Caron, La colonisation de la Province de Québec.Les débuts du régime anglais, 1760-1791, p.230. 9 zaines de livres français et autant de livres latins pour l’usage de nos classes, vous nous rendriez un service signalé.” 21 Lorsque le gouverneur Haldimand veut fournir de livre la bibliothèque publique qu’il a travaillé à fonder, en 1779, il a recours à un agent de Londres, aussi bien pour les livres français que les livres anglais.22 Cette situation difficile s’est prolongée un bon nombre d’années.On lit dans la Gazette de Montréal, en date du 18 septembre 1815: ‘
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