Bulletin du parler français au Canada, 1 octobre 1905, octobre
OCTOBRE 1905 No 2 BULLETIN N DU ' S O M MAIRE Pages 41—Société du Parler français au Canada—Rapport du secrétaire général pour l'année 1904-1905.Adjutor Rivard.43—Gustave Zidler.J.-E.Prince.52— De l’emploi du pronom ‘‘on”.E.-Z.MassjcottE.53— Bibliographie du Parler français au Canada.James GeddeS, jr.Adjutor Rivard.01—Les mots populaires dans la littérature canadienne- fr&nçaise .L'Abbé F.-X.Burque.63—Façons de parler proverbiales, triviales, figurées, etc., des Canadiens au XVIIIe siècle.Le P.Potier, S.J.GG—Lexique canadien-français (suite).Le Comité du Bulletin.G9—Échos et Nouvelles.“ “ 73—Livres et revues.L'Abbé Amédée Gosselin.A.Rivard-Laglanderie.78—Sarclures .Le Sarcleur.80—Anglicismes.Le Comité du Bulletin.REDACTION ET ADMINISTRATION LA SOCIÉTÉ DU PARLER FRANÇAIS AU CANADA UNIVERSITE LAVAL QUÉBEC Éditeur-dépositaire, à Paris: H.CHAMPION, libraire-éditeur, 9, Quai Voltaire, COTISATIONS ET ABONNEMENTS pour 1905-1906 sont maintenant DUS. ALPHABET PHONÉTIQUE (Signes conventionnels pour la figuration de la prononciation) d’après MM.Giluéhon et l’abbé Rocsselot Lettres françaises.Les lettres a, e, i, o, il, b, d, n, f, j, k, /, ni, n, p, r, t, u, ont la même valeur qu’en français.g — g dur (gateau); s — s dure (sa); œ_=¦ eu français (heureux); w — ou semi-voyelle (oui); g = i semi-voyelle (pied); iv = u semi-voyelle (huile); è — e féminin (je); h marque l’aspiration sonore.Lettres nouvelles.îi = ou français (coucou); c = ch français (chez).Signes diacritiques.Un demi-cercle au-dessous d’une consonne indique que cette consonne est mouillée: Z (son voisin de l + y, l mouillée italienne), k (son voisin de k + y), g (son voisin de g + y), n (gn français de agneau).—Un point au-dessous d’une consonne indique que cette consonne est prononcée la langue entre les dents: t, d (sons voisins de t + s, d + z; c’est le t et le d sifflants canadiens de : ti, du).Les voyelles sans signes de quantité ou de qualité sont indéterminées (tantôt ouvertes, tantôt fermées), ou moyennes: a (a de putte), e (e de péril), o (o de hotte), œ.(eu de jeune).— Les voyelles marquées d’un accent aigu sont fermées: ci (ci de pcite), é (e de chanté), 6 (o de pot), œ (eu de eux).—Les voyelles marquées d’nn accent grave sont ouvertes : ci (a de il part), è (e de père), ô (o de encore), ce (eu de peur).—Les voyelles surmontées d’un tilde sont nasales : à (an de sans), ê (in de vin), ô (on de pont), œ (un de lundi).—Suivies d’un point supérieur, les voyelles sont brèves: cr, i-, etc.; de deux points, elles sont longues: a;, i:, etc.; d’un accent, elles sont toniques: a', ï, etc.Deux lettres qui se suivent, et dont la seconde est entre crochets, représentent un ’son intermédiaire entre les deux sons marqués.Ainsi, ô[o] = o demi-nasal.Les petits caractères représentent des sons incomplets.Il n’y a pas de lettres muettes dans la prononciation figurée ; chaque son n’est représenté que par une lettre, et chaque lettre ne représente qu’un son. Vol.IV, N° 2—Octobre 1905 SOCIÉTÉ DU PARLER FRANÇAIS AU CANADA RAPPORT DU SECRÉTAIRE GÉNÉRAL POUR l’aNNÉE 1904-1905 (Présenté et approuvé le 28 septembre 1905) Pendant l’année 1904-1905, la Société du Parler français au ¦Canada a poursuivi son œuvre heureusement.Parce que ce rapport s’adresse aux membres de la Société, qui savent déjà l’effort de leur recherche et le résultat de leur travail, cette constatation générale que tout a bien été et que tout va bien, devrait suffire; mais notre coutumier veut que le secrétaire enregistre dans son rapport les événements principaux de l’année, rappelle brièvement les travaux exécutés, consacre de courtes notices aux membres, aux comités, à la direction, aux œuvres de notre association.1»—LES MEMBRES La Société, londée par 20 membres, a vu augmenter constamment le nombre de ses adhérents : le premier septembre 1902, elle comptait déjà 204 membres; le premier septembre 1903, 383 membres; le premier septembre 1904, 482; enfin, nous sommes aujourd’hui 530.Comme dans les rapports précédents, nous ne comprenons pas dans cet état les abonnés du Bulletin, qui, au nombre de près de 400, ne font pas partie de la Société mais s’intéressent à notre œuvre et suivent nos travaux.41 42 Bulletin du Paiiler français Nous sommes heureux de constater que les défections sont rares parmi nous.Ceux qui une fois se sont inscrits sur nos listes y laissent figurer leurs noms et continuent à servir la cause de notre Société avec tout le zèle des premiers jours.C’est là, nous semble-t-il, un témoignage flatteur et qui lait croire que la Société n’a pas encore manqué à ses promesses.Cette fidélité tie nos adhérents nous fait regretter plus vivement le départ de ceux que la mort a enlevés.M.le Chanoine Jean-Rémi Ouellette, supérieur du Séminaire de Saint-Hyacinthe, est décédé au mois d’octobre 1004.Nous conservons le souvenir de ce grand éducateur, qui portait un vif intérêt à notre Société et avait été des premiers à s’inscrire sur la liste de ses membres.Nous le devons du reste aux prêtres du Séminaire de Saint-Hyacinthe, qui, suivant l’exemple de leur regretté supérieur, ont toujours montré pour notre œuvre un zèle dont nous ne saurions leur témoigner trop de reconnaissance.Mons eur l’Abbé Gustave Bourassa, enlevé trop tôt aux lettres canadiennes, avait saisi dès le premier instant le caractère patriotique de notre œuvre ; chaque année, avec sa cotisation île membre ac if, il nous adressait, dans les termes les plus délicats, l’expression de sa vive et encourageante sympathie.Nous avons perdu par sa mort un véritable ami.Le 21 avril dernier, mourait à Québec, l’un des fondateurs de la Société, M.J.-P.Tardivel, directeur de la Vérité.Le zèle de M.Tardivel ne s’était pas démenti, et aussi longtemps que sa santé le lui avait permis, il avait été de toutes nos réunions.Ses études l’avaient fait singulièrement habile aux travaux qui sont l’objet de nos efforts.Les notes nombreuses, remarquablement claires et précises, qu’il communiquait au comité d’étude et qui sont enregistrées sur nos fiches, le témoignent.Un autre fondateur de la Société du Parler français est disparu cette année, M.L.-J.Demers.Il assistait à la séance où furent jetées les bases de notre association.L'Evénement, dont il était le propriétaire et le directeur, nous prêta son concours, et en plus d’une occasion défendit les droits de la langue française au Canada.M.l’Abbé Hercule Gignac, curé de Sherbrooke et administrateur du diocèse, est mort au mois d’août dernier, victime d’un accident dont la nouvelle a douloureusement ému tous ceux qui connaissaient ce prêtre éminent.Ses vertus, les hautes qualités qui le distinguaient ont été dites par des voix éloquentes et tout Société du Parler français au Canada 43 le pays l'a pleuré.C’était un patriote dans le sens le plus élevé de ce mot.Rien ne lui était étranger de ce qui peut contribuer au progrès religieux, moral et intellectuel de notre peuple.Aussi, avait-il tenu à être des nôtres et nous aimons à nous rappeler les nombreux témoignages de sympathie qu’il prit soin de nous donner.M.l’Abbé J.-O.Guimont, curé de Saint-Damien, M.J.-B.Blanchet, député de Saint-Hyacinthe, M.le.comte de Puyjalon, décédés dans le cours de l’année, étaient aussi des membres de notre Société.2.—LE BUREAU DE DIRECTION La Société du Parler français a été dirigée, pendant l’année 1904-1905, par le bureau élu le 22 septembre 1904: Président d'honneur, Mgr O.-E.Mathieu.Président, l’honorable M.P.Boucher de la Bruère.Vice-président, M®1' J.-C.K.-Laflamme.Archiviste, M.l’Abbé S.-A.Lortie.Secrétaire et trésorier, M.Adjutor Rivard.Directeurs, M®1' C.-Q.Gagnon, M.l’Abbé Camille Roy, M.Paul de Gazes, M.J.-E.Prince, M.Eugène Rouillard.Les directeurs se sont réunis 4 lois.3.—LE COMITÉ D'ÉTUDE ET L’ASSEMBLÉE GÉNÉRALE Le comité d’étude a tenu ses assemblées régulièrement tous les lundis.Grâce à une meilleure méthode de travail, grâce surtout à une plus grande habileté de la part de ses membres et à l’aide d’un comité spécial qui s’est réuni deux ou trois fois par semaine, le comité d’étude a fait plus d’ouvrage, et avec moins de peine, que les années précédentes.En 1902-1903, il avait préparé 304 articles lexicographiques; en 1903-1904, 435 articles; cette année, il a présenté à l’assemblée générale, dans 9 rapports dont 7 seulement ont pu être examinés, 637 articles.Total des articles du Lexique canadien-français préparés par le comité d’étude depuis la fondation de la Société: 1376.Pour rendre toute justice au comité et faire comprendre la somme de travail qu’il s’e-.t imposée, il faut remarquer que, pour arriver a ce résultat, il a dû étudier un nombre beaucoup plus 44 Bulletin du Parler français considérable de mots, tous soumis à son examen par ses collaborateurs, mais les uns français, les autres remis à l’étude, et qui n’apparaissent pas dans les rapports.Il y a eu 7 séances de l’assemblée générale, et une séance publique extraordinaire donnée dans la salle des Promotions à l’Université Laval, à Québec, le 5 décembre 1904.Dans ses séances régulières, l’assemblée générale des membres a examiné, discuté et adopté, après modifications quand il était besoin, 7 rapports du comité d’étude.La séance publique du 5 décembre fut consacrée à la lecture de divers travaux sur l’œuvre de la Société, la «nationalisation» de la littérature canadienne-française, le parler français à l’école primaire, l’anglicisme dans nos journaux.Ce programme fut exécuté par Mgr Mathieu, l'honorable M.P.Boucher de la Bruère, M.l’Abbé Camille Roy, M.l’Abbé V.-P.Jutras, M.Chs Langelier, et le secrétaire de la Société.Un orchestre composé d’artistes québecquois, prêta aussi son concours.Ces amis de notre œuvre donnèrent à la soirée un cachet artistique dont le public sut faire une juste appréciation.Cette séance a fait paraître que notre Société compte un grand nombre d’amis.Au delà de mille personnes étaient réunies dans la salle des Promotions.Notre président avait à ses côtés Sir L.-A.Jetté, lieutenant-gouverneur de la province de Québec, et madame Jetté, Mgr L.-N.Begin, archevêque de Québec, M8r O.-E.Mathieu, recteur de l’Université, madame Boucher de la Bruère, Mgr C.-A.Marois, protonotaire apostolique, Vicaire-Général, Sir Alexandre Lacoste, juge en chef de la cour du Banc du Roi, Sir A.-P.Pelletier, membre du Conseil Privé, juge de la Cour Supérieure, l’honorable M.A.-B.Routier, juge en chef de la Cour Supérieure, Mgr J.-C.Iv.-Laflamme, protonotaire apostolique, messieurs les sénateurs Landry et Choquette, l’honorable M.A.Robitaille, ministre, secrétaire de la Province, l'honorable M.Thomas Chapais, membre du Conseil législatif, Mgr T.-E.Hamel, P.A., Mgr H.Têtu, Mgr C.-O.Gagnon, M.E.-J.Flynn, etc.A la lin de la séance, Monseigneur le Recteur, au nom de l’Université, conféra à notre président le titre de docteur ès lettres.Le mérite personnel de M.Boucher de la Bruère lui a valu ce titre; mais en choisissant, pour honorer monsieur le surintendant de l’Instruction publique, le jour où il présidait une séance de notre Société du Parler français au Canada 45 Société, l’Université nous a donné une nouvelle marque de sympathie; c’est de sa part un soin délicat dont nous avons été touchés.Il ne nous appartient pas d’apprécier les travaux qui furent lus dans cette séance.Ils ont été publiés dans le «Bulletin» et les journaux, l’Événement, le Soleil, la Vérité, la Patrie, la Presse, etc., en ont fait des comptes rendus élogieux.Pour en garder mémoire, nous croyons devoir reproduire quelques phrases des articles consacrés par les journaux à cette première séance publique de notre Société: «Rarement, disait le Soleil, de Québec, il nous a été donné d’assister à une séance aussi intéressante que celle d hier soir.Cette soirée a été un véritable régal littéraire.» « La séance d’hier soir, lisions nous dans le Canada, de Montréal, nous a montré quelle somme d’ouvrage les membres de la Société du Parler français ont déjà accomplie depuis deux ans.La salle des Promotions de l’Université Laval était remplie.L élite de la société artistique et littéraire de Québec.se pressait la pour entendre les lectures savantes que le programme promettait.Ce fut.une fête delà pensée et du goût, une grande leçon de patriotisme surtout.» Citons encore le Paris-Canada, de Paris, du 15 janvier dernier: « La Société du Parler français a donné sa première réunion littéraire à Québec.Elle a été des plus attrayantes et d'un intérêt particulier au milieu des fêtes de ce genre.Il faut former le vœu qu’elle soit régulièrement suivie de bien d’autres, pour entretenir, dans les classes dirigeantes, ce souci du parler français correct et élégant, qui ne doit pas rester le moindre au milieu de préoccupations dites plus graves.« On ne saurait porter trop d’attention à l’œuvre que poursuit la Société du Parler français, œuvre désintéressée, patriotique, d’une inspiration élevée et d’un goût sûr; et je lui exprime de loin l’hommage d’un esprit sincère.» (H.Fabre).4.—L’ENQUÊTE Nous avons _ ' ”é et distribué, cette année, un Bulletin d'observations sur les mots commençant par la lettre B, qui forme un questionnaire de 740 articles, et un supplément au Bulletin N° 1 sur les mots commençant par la lettre A, qui comprend 518 formes nouvelles, c’est-à-dire recueillies depuis l'envoi du premier fascicule.62 46 Bulletin du Parler français Sur ce Bulletin supplémentaire, nous avons, jusqu’à cette date, reçu 22,145 observations, qui, ajoutées aux réponses reçues sur le premier questionnaire, font un total de 65,796 observations sur les mots franco-canadiens commençant par A.Les Bulletins d’observations N° 2 (sur les mots en B) rentrés à cette date renferment 62,180 observations.Nous pensons avoir demandé à nos correspondants un travail trop long ; la rentrée des bulletins se ferait peut-être moins lentement, si le questionnaire était plus court.A l’avenir, il vaudra mieux diviser la matière en plusieurs fascicules distribués durant l’année.Nous devons mentionner aussi, dans ce chapitre, quelques contributions particulières au relèvement des formes franco-canadiennes.M.Paul de Gazes a mis à notre disposition des matériaux recueillis au cours de longues et patientes recherches, et qui sont bien les plus considérables et les mieux ordonnés qu’il nous soit possible de consulter.M.Philéas Gagnon, le bibliophile québec-qois, nous a permis de copier et de publier dans le Bulletin le précieux manuscrit du Père Potier, où sont enregistrées les formes du langage canadien du XVIIIe siècle.Le Séminaire de Québec nous a pareillement communiqué le glossaire manuscrit de Jacques Viger, conservé dans ses archives.Enfin, M.l’Abbé F.-X.Burque, qui depuis longtemps étudie notre parler populaire, a fait à notre Société le don généreux de ses notes, tout le fruit de ses recherches.Le dépouillement de ces manuscrits, le classement de ces matériaux et leur transcription sur fiches représentent une somme assez considérable d’ouvrage.Ce travail sera bientôt terminé, et nous le devrons surtout, nous sommes heureux de le reconnaître, au dévouement de quelques élèves du Grand Séminaire de Québec, qui sacrifient leurs récréations pour y travailler sous la direction de notre archiviste.5 —LE BULLETIN Le troisième volume de notre revue compte 344 pages.Le comité du Bulletin s’est efforcé de rendre ce périodique à la fois intéressant et instructif.Il appartient à nos collègues de dire s’il y a réussi.Nous pourrions, cette année encore, citer des appréciations du Bulletin par les revues canadiennes et européennes.Qu’il nous suffise de rappeler le témoignage flatteur de l'Annuaire critique des progrès de la philologie romane, de Leipsig: «Le Bulletin Société du Parler français au Canada 47 du Parler français, lisons-nous dans un article de M.Geddes jr, fournit sur la langue française au Canada, les données les plus sûres qui aient encore été publiées dans la province de Québec.» Avec l’autorisation du bureau, le comité du Bulletin a lait tirer à part la page d’Anglicismes qui se trouvait à la fin de chaque fascicule et en a distribué gratuitement 25,000 exemplaires dans les maisons d’éducation.Ces feuilles forment un petit vocabulaire pratique qui peut rendre, croyons-nous, quelque service aux étudiants.P 6.—LA BILBIOTHÈQUE Nous avons reçu, pour notre bibliothèque, les fascicules 12, 13, 14 et 15 de YAtlas linguistique de la France de MM.Gilliéron et Edmont (don de l’éditeur, M.Champion); les Chansons et Dits artésiens du XIIIe siècle de MM.Jeanrov et Guy (Bibliothèque des Universités du Midi); le Lexique du Breton moderne de M.Y.Henry, et le Dictionnaire breton-français de M.J.Loth (l Diversité de Rennes); la Flore populaire de M.Rolland; le Dictionnaire analogique de Boissière ; le Dictionnaire de Bescherelle ; la Grammaise et le Dictionnaire du Patois bourbonnais de M.Paul Duchon; et divers autres ouvrages dont nous avons rendu compte dans le Bulletin.Le secrétaire-général, Adjutor Rivard.Approuvé par le Bureau de Direction, le 22 septembre 1905.Le président, P.Boucher de la Bruère.Québec, le 1er septembre 1905. GUSTAVE ZIDLER Gustave Zidler.L'Ombre des Oliviers (Le Problème de la Paix).Paris, éditions de la Revue des poêles—chez Plon, 1905, in-12, 71 pp.En parlant de la Terre divine, M.Émile Faguet disait, il n y a pas longtemps, que si certains morceaux qui composent l’œuvre de M.Gustave Zidler étaient nés en pays voisins, tout de suite ils deviendraient classiques.Or, l’auteur de la Terre divine, du Hochet d'or, de la Légende des écoliers de France, du Livre de douce vie, ne se démentit pas dans l'Ombre des Oliviers.C’est toujours la même inspiration élevée et pure, la même langue, suave, imagée, les mêmes vers lumineux.M.Gustave Zidler est du pays Messin.C’est là, en Elsass-Lotheringen, qu’il vit et écrit.Sa poésie se compose de tout ce que la bonne terre lorraine a de parfumé, de ce que lame du cher pays a de profond, mélancolique et doux.Le régionalisme littéraire actuel n’offre rien de plus émotionnant ou de plus frais dans la poésie.Lisez la Terre divine, le Livre de douce vie, ou l'Ombre des Oliviers qui vient de paraître, toute la symphonie de 1’Alsace-Lorraine est là, avec les souvenirs du peuple, ses aspirations et sa fidélité à la grande patrie qui ne meurt pas.Le poète est donc de sa province, mais de ce que les harmonies qu il évoque des'champs paternels lui prêtent des voix ou des teintes révélatrices du terroir, M.Gustave Zidler n’en est pas moins un poète de la Grande France.Son œuvre offre une portée générale qui dépasse souvent de bien loin le cadre lorrain-alsacien.Le poème (pii vient de paraître en offre un exemple.Comme son titre l’indique, mais surtout le sous-titre, c’est du problème de la paix universelle qu’il traite.La composition otlre trois parties: Vers l’Amour, Pour la Justice, et l’Ombre des Oliviers.Vers l’Amour a pour objet de nous montrer comme les caresses de la paix à côté des pitiés de la guerre.Le [poème commence par une pièce où figurent deux enfants en bas-àge.Un voyageur, qui vient de quitter son fils, aperçoit, le long de la route, un 48 Gustave Zidler 49 enfant dans les bras de sa mère.Il a même ingénuité, même tendresse que le sien.Une ligne imaginaire, qui rappelle ici celle de la frontière franco-allemande, en Alsace, sépare le pays qu ils habitent.Ils sont cependant voisins ; ils sont frères et faits pour s’aimer.« Et pourtant, peut-être.et pourtant, « Qui sait ?.un jour, sur la frontière, « Ton fils tuera mon pauvre enfant.« Comprends-tu cela, bonne mère ?» Dans la pièce suivante, Deux ennemis, apparaît le fantôme de la guerre.Il faut lire ces vers harmonieux et pleins d’images : La charge qui s’effare aux pavillons de cuivre, Un galop bondissant, que les hourras enivrent, Dans un bruit de fourreaux battant les étriers, Un tourbillonnement dans l'air d’éclairs d’acier, Puis le choc sous le feu nourri des mousquetades, Un tumulte, des coups de taille et d’estocade.Une rage, un vertige,—et les deux combattants, L’un par l’autre frappés, blessés en même temps.Sur un amas de morts, désarçonnés, croulèrent.Le morceau finit par cette effusion touchante, au moment de mourir : Et Dieu put voir ceci : dans un suprême effort Echangeant le secours suprême, le plus fort Aux lèvres du plus faible offrit l’eau de sa gourde, Et celui-ci, penchant sa tête déjà lourde.Voulut dans un merci, puisqu’il mourait bientôt, Sur l’ennemi—son frère—étendre son manteau ! Dans la Fête des drapeaux, c’est l’aspiration vers la paix et la liberté.Si d’un commun accord nous décrétions la fête De tous les drapeaux délivrés?Voici la dernière strophe : Et que la terre, comme une nef pavoisée, Riante, avec ses fds fasse sa traversée Par le grand mystère du ciel.Magnifiant l’accord de toutes les patries Dans les mille faisceaux aux nuances fleuries De tous les drapeaux fraternels ! 50 Bulletin du Parler français La deuxième partie, Pour la Justice, commence par une pièce vraiment délicieuse, Paysage de guerre.On ne lit rien de plus beau dans la poésie française actuelle.En citei seulement des fragments serait la diminuer.11 faut tout lire.L auteui nous montre «le beau rêve d amour» parmi les peuples, anéanti.La Rançon de la Paix figure une agape fraternelle où les nations sont réunies.Les corbeilles d’automne ornaient les larges tables, Où passaient des parfums prospères et elements ; Dans le pain généreux, fait de tous les froments, La vie et le bonheur s’offraient aux jeunes races.Kt pour que le passé triste voilât sa lace, Pour distiller au cœur le baume de 1 oubli, Parmi les Nations, ses sœurs, de groupe en groupe, La France, en souriant, dans le cristal des coupes Versait son vin subtil, toujours clair et joli.Mais le soir vient et un hôte, l'Hôte inattendu, arrive; c’est la Justice.Pèlerin douloureux, j’erre par tous chemins, Et je quête, en tendant mes défaillantes mains, L’aumône d’un regard.Pour cpie la paix fleurisse, ô Nations, qu importe La rançon, dont devraient la plupart l’acheter ?Pour jouir de la paix, il faut la mériter ! Réparez donc vos torts.Une voix dit : « C’est juste : ôtons toutes les chaînes ! Que la paix rende à tous ce que la guerre a pris ! Mais l'honnête conseil ne plut pas.Les oppresseurs refusent de lever les chaînes, les vainqueurs de rendre les dépouilles injustement acquises.C’est le tour de l’Hôte inattendu : Une flamme jaillit dans l’œil du vieillard sombre.Il vit encore le Droit succomber sous le Nombre, Et, relevant son front, qu’un nouveau coup frappait, Terrible, il s’écria : « C'est cela, votre paix, Nations ! c’est cela, votre justice sainte ! Condamner tout malheur, étouffer toute plainte, Absoudre et consacrer les arrêts du canon ! Quand un peuple veut vivre et réclame son nom, Gustave Zidler 51 L’anéantir deux fois dans l’ombre et le silence ! Imposer aux vaincus l’œuvre de violence, Les lois et le drapeau qu’ils n’ont pas acceptés ! Sceller et garantir les iniques traités ! Aux crimes des tyrans prêter vos bras complices ! C’est cela votre paix?cela, votre justice?.» Toute générale que soit la portée du poème, le souvenir de rosace-Lorraine y est partout visible.Le dernier titre du volume n’est formé que d’une seule pièce, l'Ombre des Oliviers ; c’est la conclusion philosophique du livre.Les Canadiens français tout comme les Lorrains-Alsaciens ne sauraient trop méditer la leçon des derniers vers : « Il sait ! (le vieil arbre de paix).Il sait ! La vie est un combat, que nul n’élude; C’est par l'effort sans fin que nous nous délivrons; Seul, le cœur du plus fort connaît la quiétude.—Et c’est ce qui rend grave au bord du chemin rude L’ombre des oliviers qui descend sur nos fronts.Cette toute récente production de M.Gustave Zidler est dédiée à M.Sully-Prudhomme, l’un des doyens de la poésie française.Le livre est digne des deux maîtres.Une chose qui nous frappe, et ce n’est déjà pas d’aujourd’hui.Parmi les poètes de la génération actuelle—je mets tout à fait à part ceux de Paris, qui sont presque des étrangers pour nous— nul, à l’exception d’Achille Million peut-être, de Tiercelin ou de Vermenouze—Louis Mercier est beaucoup trop artiste—nul ne nous ressemble autant que Gustave Zidler.Son tour d’esprit, sa manière et sans doute son patriotisme lorrain en font un proche parent des Canadiens.Nul ne serait mieux compris et goûté dans les écoles.Outre qu’il possède une rare beauté de forme— ce qui a valu à l’auteur le compliment de faire des vers classiques, donc modèles—les ouvrages de M.Gustave Zidler sont encore irréprochables de moralité, ce qui n’est peut-être pas, après tout, si banal.M.Gustave Zidler est actuellement l’un des très brillants représentants du mouvement régionaliste dans la poésie française.J.-E.Prince. DE L’EMPLOI DU PRONOM “ON” L’année scolaire ou collégiale est commencée.Partout les élèves vont se remettre, entre autres choses, à cultiver l’art d’écrire et de parler le français, notre douce langue maternelle.Ne serait-il pas opportun de signaler, sans plus tarder, une iaute très répandue et qui contribue pour beaucoup à enlever à notre parler cette élégance que nous admirons tant dans la conversation, même familière, de nos cousins d’outre-mer?La faute à laquelle je voudrais déclarer la guerre, c’est l'emploi abusif et incorrect du pronom indéfini on pour nous.A tout instant, vous entendez, de nos jours, sur la rue comme dans les collèges: «On a été là, hier.On est revenu ce matin.On était parti.On s’est amusé.» etc.On se faufile partout, même dans les phrases où il n’a que faire.Pourquoi ne pas mettre cet intrus à sa place?Il est lourd, désagréable à l’oreille, et c’est lui — je le jurerais — le grand coupable qui enlève à notre idiome une partie de son charme.On a sa place, parfois; je ne le nie pas, mais nous doit avoir la sienne aussi, et plus souvent que l’autre.Employons donc la première personne du pluriel quand il le faut.Nos phrases y gagneront en correction et en clarté.Cette réforme, je m’en doute, ne peut s’opérer pratiquement que dans les générations nouvelles ; aussi est-ce aux éducateurs que je demande d’extirper le on du langage de ceux qui seront les hommes de demain.Une fois commencé, le mouvement fera son chemin, car j’ai pu constater que cette faute était très facile à détruire, les gens se rendant vite compte que le on est encore plus haïssable que ne l’était le moi.autrefois.E.-Z.Massicotte.Note.—Quelques-uns paraissent craindre que le pronom on disparaisse, vienne, si on lui fait la guerre, à n’être plus employé même quand il est nécessaire.Ce n'est pas à craindre chez nous, et M.Massicote a raison, bien que le pronom on ne soit pas aussi laid qu’il le dit.Rappelons que d’après le sens du discours, on peut désigner aussi la personne qui parle, ou celle à qui l’on parle, ou celle dont on parle, mais cet emploi est rare, et nous pouvons adresser a ce pronom le discours classique: «Vous ne méritez pas l’amour qu’on a pour vous.» R. BIBLIOGRAPHIE DU PARLER FRANÇAIS AU CANADA (SuiteJ 1829 15.— M.Bibaud.Extrait de Lettres d'un Américain voyageant en Canada en 1825.Article s.s.dans la Bibliothèque canadienne ou Miscellanies, etc.(M.Bibaud, éditeur), Montréal (imp.James Lane), mai 1829.t.VIII, N° 6, pp.220-223.V.p.222, sur le nom Bostonnais V.p.223 : « Nous pouvons hardiment faire une remarque ; c est que les Français canadiens parlent leur langage plus purement qu'aucuns autres émigrés que nous ayons vus.» 1831 16.—M.Bibaud.Noms vulgaires, populaires et scientifiques de quelques plantes remarquables du Canada.Article s.s.dans l'Observateur (M.Bibaud, éditeur et propriétaire), Montréal (imp.Ludger Duvernay), 11 juin 1831, t.II, p.356.31 vocables : ail des bois, colombine sauvage, cornouiller, herbe à chaux, sapinette, sureau noir, sureau blanc, etc.Le nom canadien est généralement suivi du nom anglais et du nom latin.1832 17.—M.Bibaud.De quelques locutions bizarres.Article s.s.dans le Magasin du Bas-Canada- - Journal littéraire et scientifique (M.Bibaud, éditeur et propriétaire), Montréal (imp.Ludger Duvernay), octobre 1832, t.II, N° 4, pp.136-140.Citation d’un article du Cabinet de lecture, et (pp.139-140) remarques sur des locutions incorrectes employées au Canada, telles que démancher (défaire, démettre), embarquer dans une calèche, en débarquer, grouiller (remuer, bouger), c’est de valeur (c'est fâcheux, triste, malheureux), adresser la multitude (s’adresser à la multitude), opposer une mesure (s’y opposer).53 54 Bulletin du Parler français 1833 18.Isidore Lebrun.Tableaux statistique et politique des deux Canadas.Paris (Treuttel & Wiirtz), 1833, in-8, 538 pp.V.p.188 « De toutes nos provinces, c’est de la Normandie cpie le langage canadien a conservé le plus de locutions.C’est souvent à s’v méprendre, comme pour la prononciation.En général, le français canadien n'a point d’accent ; et l’instruction en se répandant va élaguer du langage usuel une foule d’expressions britanniques.» P.271 : « Le principal (soutien de la nationalité canadienne-française) est et doit être la langue, et ils (les Canadiens français) ne la purifient pas des défectuosités qui lui sont restées depuis presque un siècle, ou qu’elle a reçues du contact de l’anglicisme.Le français que parle le Bas-Canada n est plus le langage du XVIL' siècle, quoiqu’il conserve une forte empreinte de style réfugié.» 19.-Théodore Pavie.Souvenirs Atlantiques.Voyage aux Etats-Unis et au Canada.Paris (Roret), 1833, 2 vol.in-8, 352 et 356 pp.V.vol.I, p- 146.Se rendant de Kingston à Montréal, Pavie a connu les voyageurs canadiens-français: «Leurs chansons sont toutes françaises et j’éprouvais un plaisir délicieux à les écouter chanter en chœur des chants de leur première patrie.Souvent je m’asseyais sur les bords du Saint-Laurent pour esquisser ses paysages imposants, mais tout à coup ces voix m arrivaient sur les Ilots, comme un souvenir, et je les écoutais avec ravissement.» Pavie lit son voyage au Canada en 1829.1839 20.—Lord Durham.The Report and Despatches of the Earl of Durham, her Majesty High Commissionner and Governor general of British North America.Londres (Rigeways, Piccadilly), 1839, in-8, XVI+423 pp.Cette édition anglaise, ainsi que celle de 1902 (Londres, Methuen ét Co.), comprend les annexes.Il parut, en 1840, à Québec, une version française, sans les annexes (s.1.n.d., in-8, 78 pp.à 2 colonnes): Rapport de Lord Durham, haut-commissaire de Sa Majesté, etc., sur les affaires de l Amérique Septentrionale Britannique.V.pp.8-9 de la version française: La différence du langage produit entre les Anglais et les Canadiens français des « malentendus funestes », envenime les querelles et entretient des animosités; c’est l’un des obstacles a la bonne entente entre les deux races les plus « difficilement surmontés » et comme la cause de tous les autres.P.68 : Le remède est « d’établir dans cette province une population anglaise, avec les lois et la langue anglaises, et de n’en confier le gouvernement qu’à une législature décidément anglaise.» Bibliographie du parler français au Canada 55 1841 21.—(L’Abbé Thomas Maguire.) Manuel des difficultés les plus communes de la langue française, adapté an jeune âge, et suivi d'un recueil de locutions vicieuses (s.s.).Québec (Fréchette & Lie), 1841, petit in-8, II-}-184 pp.Dans VAvertissement (p.II, verso du titre), l’auteur dit n’être qu’un « humble compilateur.malgré quelques articles de sa création devenus indispensables pour signaler des erreurs de langage particulières au Canada».Il cherche à corriger le langage plutôt qu’à traiter scientifiquement les laits dialec-tologiques.L’ouvrage comprend, pp.1-134 : Manuel des difficultés, par ordre alphabétique; pp.135-172: Recueil de locutions vicieuses, 239 articles; pp.172-184 : Prononciation figurée' de pllisieurs mots qui peuvent embarrasser tes jeunes élèves, en orthographe vulgaire.Cf.Geddes, Can.-Fr., p.19, ou KJ' 02, p.I 311 ;—Gingkas, Manuel (N° 53), p.I.1842 22.—M.Bibaud.La langue française—L’expansion de la langue française aux Etats-Unis et au Canada.Article s.s.dans l'Encyclopédie canadienne, journal littéraire et scientifique (M.Bibaud, éditeur-propriétaire), Montréal (imp.John Lovell), mars 1842, 1.I, No 1, pp.1-3.23.—M.Bibaud.Note, dans l’Encyclopédie canadienne, ibid., p.38, annonçant «pour paraître prochainement» une «seconde édition corrigée et augmentée» du Treatise de Meilleur.Cf.26.24.—Anon.et l’Abbé Thomas Maguire.Questions grammaticales ou Remarques sur le Manuel des difficultés (V.No 21).Articles s.s.et réponses de l’Abbé Maguire, dans la Gazette de Québec, mai et juin 1842, passim.25.—M.Bibaud.Etudes grammaticales.Article s.s.dans F Encyclopédie canadienne (M.Bibaud, éditeur-propriétaire), Montréal (imp.John Lovell), mai 1842, l.I, No 3, pp.101-106.Examen et discussion des articles mentionnés an N" 24.«Généralement parlant, les Français (de Paris ou des Provinces) ne prononcent pas exactement et en tout comme les Canadiens qui n’ont pas séjourné en France.».« Quelque respect que l’on doive avoir pour la prononciation de Paris, celle du reste de la France devrait lui être préférée, là où elle lui serait contraire : les Parisiens ne 56 Bulletin du Parler français devraient pas être imités, s'il était vrai qu’ils disent, comme fait ici le peuple sans éducation, mye, fye, oreye.ete, au lieu de dire, comme le reste des Français et ceux des Canadiens qui ont été bien élevés ou qui ont étudié, mil ou millet, /i//e, oreille, en donnant à / ou II le son mouillé, comme s’expriment les grammairiens.» Et l’auteur signale particuliérement comme prononciations canadiennes défectueuses l’a de la terminaison ation prononcé trop long, 1 e des mots comme alerte, etc., prononcé comme a, le t linal prononcé dans pot, minot, etc.Cf.N» 32.26.—Jean-B.Meilleur.A treatise on the pronunciation of the French Language, or a Synopsis of rules for pronouncing the French Language, with practical irregularities, exemplified.«Second edition, enlarged and improved.» Montréal (John Lovell), 1842, petit in-8, 108 pp.La première édition avait un autre titre (V.N" 11).L’Introduction ajoutée à la édition (pp.11-36), et datée: «Montréal, septembre 1841,» renferme des «general considerations upon the mecanism and the philosophy of language».L’ouvrage s’adresse aux instituteurs, et l’auteur veut donner à ceux-ci un moyen d’exercer «in English, their French pupils, upon the rules and practical irregularities of their vernacular tongue, and in French, their English pupils who devote a share of their time to the study of this language».Dans la Préface (p.7), Meilleur explique comment son traité remanié est adapté aux besoins du pays: «In spite of the efforts of some fanatical politicians to poscribe the French and to prevent its use in this country, its true knowledge will always he eagerly sought tor, by all philologists, as a fertile source ol useful and agreeable learning.The English may forcibly become the language of business and officiality; but the French shall still continue to be.as ever, the language of science and polite littérature- As several English words are daily introduced in the French, I have purposely taken for example those which seem now to be adopted in that language, especially by the people ot this country, with a view to facilitate a more easy and more regular intercourse in the transactions of business, by a uniformity of terms and expressions, technical as it were, which have become of a common and general acceptation among persons of both origins.» Parmi les termes anglais que Meilleur relève comme étant «pretty generally adopted into French in this country», nous trouvons; wagon, writ, yawn, yankee, ponding, Coldstream, misdemeanor, steamboat, steam, steamer, bill', sheriff, poll, spleen, meeting, schelling, hasting, railroad, toast, sloop, warrant, wigh, wiski, etc.Meilleur se sert de signes conventionnels pour figurer la prononciation.L’Université Laval, à Québec, possède un exemplaire de la seconde édition qui paraît venir d’un second tirage, car le titre porte la date « 1847 ».Cet exemplaire a été annoté par l’auteur lui-même en 1869, apparemment en vue d’une troisième édition.Cf.Nos 23 et 33. Bibliographie du parler français au Canada 57 27.—M.Bibaud.Prononciation de la langue française.Article s.s.dans l'Encyclopédie canadienne, journal littéraire et scientifique (M.Bibaud, éditeur-propriétaire), Montréal (imp.John Lovell), juin 1842, t.I, No 4, pp.134-138.Compte rendu du Treatise de Meilleur (N°26), et discussion.28.-Philologue.Traité de prononciation.Article dans F Encyclopédie canadienne (V.N° 27), juillet 1842, t, I, N° 5, pp.177-190.L’auteur reprend un grand nombre des indications de Meilleur dans son Treatise (N° 26), et les corrige.29.M.Bibaud.Article s.t.et s.s., dans ï Encyclopédie canadienne (V.N° 27), août 1/842, t.I, N° 6, pp.225-228.Compte rendu du Manuel de Maguire (N° 21).Dissertation et témoignages sur les mots pimbina et atoca.30.—M.Bibaud.Botanique.Article s.s.dans / Encyclopédie canadienne (V.N° 27), septembre 1842, t.I, N° 7, pp.253-255.Noms vulgaires, populaires et scientifiques des arbres, arbrisseaux et plantes les plus remarquables du Canada.31.—M.Bibaud.Encore un mot sur le Manuel.Article s.s.dans l'Encyclopédie canadienne (Y.N° 27), septembre 1812, t.I, N° 7, pp.202-264.Dissertation sur les titres Reverend, Monsieur.Messire, appliqués aux membres du clergé.32.—Anon.Etudes grammaticales.Article s.s.dans l'Encyclopédie canadienne (V.N" 27), novembre 1842, t.I N° 9 pp 340-345.Reproduction de Remarques sur le Recueil de Maguire, parues dans te Canadien (de Québec), avec notes; 23 mots.—Reproduction d'un article de la Gazette de Québec sur le même ouvrage.Cf.No 25.\ 33.Jean-B.Meilleur.A treatise on the pronunciation of the French Language etc.(V.N° 26.) 58 Bulletin du Parler français 1850 34.- Ihéodore Pavie.L Amérique anglaise en 1850 — Les Anglais et les Américains sur les bords du Saint-Laurent Les Canadiens-I"rançais—Scenes de la vie coloniale et de la vie nomade.Dans la Revue des Deux Mondes, 15 décembre 1850, t.VIII, pp.965-1007.A propos de l’apparition des deux ouvrages suivantes: 1" Hudson Buy or Snow shoe tourneys, boat and canoe travelling incursions, par R.-M.Ballantyne; Edinburgh, 1847; 2» L Acadie, or Seven years explorations in British America, par Sir Janies Alexander; Londres, 1850.V.III.Le Canada—Québec (pp.987-993), spécialement p.988: .« En face de Québec, sont répandus en grand nombre les anciens colons français que les Anglais désignent par le nom de French colonists.Leur quartier général est le comté actuel de la Rivière-du-Loup.Plus civilisés à tous égards que leurs compatriotes, les Acadiens du Nouveau-Brunswick (V., sur les Acadiens, p.985), ils représentent la vraie race canadienne-française, les premiers occupants, après les Indiens, de cette partie du continent américain.Ils parlent un vieux français peu élégant; leur prononciation épaisse, dénuée d’accentuation, ne ressemble pas mal à celle des Bas-Normands.En causant avec eux on s’aperçoit bien vile qu’ils ont été séparés de nous avant l’époque où tout le monde en France s’est mis à écrire et à discuter.» V.IV.Le Haut-Canada, p.994: Dans le Haut-Canada, «on n'entend presque plus parler français.» 1851 35.—Xavier Marmier.Lettres sur l’Amérique.lcre éd., Paris (Bertrand), 1851.Y.l’éd.de Paris (Plon et Cic), 1881, 2 vol.petit in-16, 455 et 403 pp.V.vol.I, pp.120-121 : Discussion de l’étymologie de Canada et de Québec.V.vol.I de 1 éd.de 1806, p.95 : « Ici, l’on garde, dans l'usage de notre langue, celte sorte d'atticisme du grand siècle.Le peuple lui-même parle assez correctement et n’a pas de patois.» 1853 36.—J.-J.Ampère.Promenade en Amérique.II.La Nouvelle-Angleterre et la Nouvelle-France.Dans la Revue des Deux Mondes, 15 janvier 1853, XXIIIe année, L XVII, pp.292-319.V.p.306: «L’accent qui domine à Montréal est l'accent normand.Quelques locutions trahissent pareillement l’origine de cette population, qui, comme la population franco-canadienne en général, est surtout normande.Le bagage des voyageurs s’appelle butin, ce qui se dit également en Normandie et Bibliographie du parler français au Canada 59 ail I ears,et convient particulièrement aux descendants des anciens Scandinaves.)).On a dit à l’auteur: «Montais, m’sieu, il y a un biau chemin,» et, en parlant d’un bateau : « Ne prenez pas celui-là, c'est le plus méchant.)).« Pour retrouver vivantes dans la langue les traditions du grand siècle, il faut aller au Canada.» Inhabitant canadien «ne parle pas le patois qu’m parle aujourd’hui dans les villages de Normandie. «OOO // 1 4 I i AJ VI .Arrivage quotidien de I HAUTES NOUVEAUTES Z.PAQUET ^ MAGASIN A RAYONS ^ COSTUMES TAILLEUR, MANTEAUX, COLLERETTES, JUPES DE ROBES TOURS DE COU, FICHUS pour Dames Vi / I \ \ Etc., Etc.K “ TWEEDS ” ANGLAIS et ECOSSAIS, SERGES, DE HAUTE VALEUR POUR MESSIEURS.OOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOQOOOOOOOOOOOOOOOO pour Enfants, Dames et Messieurs, est à lui seul un grand magasin.À c*~ NOS PRIX SONT DES PLUS BAS OOOOOOCHDOOOpCOOCKXXXXXXXXXJOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOO Vu MUTTPT UQ JL, une visite fl ce RAYON VOUS CONVAINCRA a MUTTOT PQ ME U Di J JGim de la supériorité de nos marohandises ^ MJD U JjJjDio tv *i CKDOOOOOOOOOOOOOOOOCKDCKOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOCXD ^ USTENSILES DE CUISINE, GRANDE VARIÉTÉ ‘ ÉÎ Le rayon >T' de la> | Z.PAQUET, 1 - 163 a 171, Rue St-Joseph, QUEBEC.TELEPHONE z 2304 Toute commande faite par la poste sera exécutée avec promptitude. 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BULLETIN DU PARLER FRANÇAIS AU CANADA * Lé Bulletin, organe de la Société du Parler français au Canada, est dirigé par un comité, nommé par le Bureau de direction.Il paraît une fois par mois, sauf en juillet et août, Les abonnements partent de septembre.Conditions d'abonnement: Canada et Etats-Unis, $1.00; Union postale, 8 francs ; réduction de moitié aux élèves des collèges et des couvents du Canada.On peut devenir membre de la Société et recevoir, à ce titre, le Bulletin, en envoyant au Secrétaire une demande d’inscription et le montant de la cotisation annuelle ($2.00 pour les membres actifs ; $1.00 [Étranger : 8 francs] pour les membres adhérents).Les cotisations sont dues au 1er septembre; mais on peut s’inscrire < n tout temps durant l’année, en payant les arrérages.Les membres adhérents et les abonnés, qui s’inscrivent après le 1er février, doivent, pour recevoir les numéros du Bulletin parus depuis septembre, verséi un supplément de 50 sous.Les deux premières années du Bulletin sont en vente.Prix, chaque volume : $3.00; pour les nouveaux membres et les nouveaux abonnés : $2.00.Pour tout ce qui concerne la Société et le Bulletin, s’adresser A MONSIEUR le SECRÉTAIRE de la Société du Parler f rançais au Canada Université Laval (Bureau de Poste, casier 221) Québec Québec.Édouard Marcotte, Imprimeur
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