Bulletin du parler français au Canada, 1 juin 1908, juin
P&/Ï & 3 /J Vol.VI JUIN, JUILLET, AOUT 1908 N« 10 BULLETIN DU 11 R SOMMAIRE Pages 361—Jean Rivard.—Le roman du colon.L’abbé Camille Roy.368—L’abbé Ragon.“ “ 373— Questions et réponses.A.R.374- Livres et Revues (Canadiana).Adjutor Rivard.383—Lexique canadien-français.Le Comité du Bulletin.386.—Anglicismes.Le Comité du Bulletin.387—Table alphabétique des matières.391- Table des matières par noms d’auteur.393—Index alphabétique des mots étudiés.RÉDACTION ET ADMINISTRATION LA SOCIÉTÉ DU PARLER FRANÇAIS AU CANADA UNIVERSITE LAVAL QUÉBEC Éditeur-dépositaire, à Paris: H.CHAMPION, libraire-éditeur, 9, Qu.i Voltaire. ALPHABET PHONETIQUE (Signes conventionnels pouT la figuration de la prononciation) d’après MM.Gilliéron et l’abbé Rousselot Lettres françaises.Les lettres-o, e, i, o, u, b, d, n, f, /, k, l, m, n, p, r, t, v, z, ont la même valeur qu’en français.9—9 dur (gateau); s = s dure ("sa); œ = eu français (heureux); w=^ou semi-voyelle (oui); y = i semi-voyelle (pied); m> = u semi-voyelle (huile); ê — e féminin (je); h marque l’aspiration.Lettres nouvelles.n = ou français (coucou); c = ch français (chez.).Signes diacritiques.Un demi-cercle au-dessous d’une consonne indique que cetle consonne est mouillée: / (son voisin de l + y, l mouillée italienne), k (son voisin de k+y), y (son voisin de g + g), n (gn français de agneau).—Un point au-dessous d’une consonne indique que cette consonne est prononcée la langue entre les dents : t, cl (sons voisins de t-\-s, c/ + z; c’est le t et le d sifflants canadiens de : ti, du).Les voyelles sans signes de quantité ou de qualité sont indéterminées (tantôt ouvertes, tantôt fermées), ou moyennes : a (u de patte), e (e de péril), o (o de botte), œ (eu de jeune).—Les voyelles marquées d’un accent aigu sont fermées : d (a de pâte), é (e de chanté), ô (o de pot), cé (eu de eux).—Les voyelles marquées d’un accent grave sont ouvertes : à (a de il part), è (e de père), ô (o de encore), ce (eu de peur).—Les voyelles surmontées d’un tilde sont nasales: û (an de sans), ê (in de vin), ô (on de pont), à (un de lundi.— Suivies d’un point supérieur, les voyelles sont brèves; a-, i\ etc.; de deux points, elles sont longues: a:, i:, etc; d’un accent, elles sont toniques: a , i', etc.Deux lettres qui se suivent, et dont la seconde est entre crochets, représentent un son intermédiaire entre les deux sons marqués.Ainsi, ô [o] = o demi-nasal.Les petits caractères représentent des sons incomplets.Il n’y a pas de lettres muettes dans la prononciation figurée; chaque son n’est représenté que par une lettre, et chaque lettre ne représente qu’un son, Vol.VI, Nn 10.—Juin, Juillet, Août, 1908.JEAN RIVARD' LE ROMAN DU COLON (Suite! Gérin-Lajoie—est-ce scrupule d’uu fonctionnaire qui regrette d’avoir dit tout le mal qu’il pense des députés qu’il coudoie et qu’il mesure, est-ce plutôt pour le remords d’avoir trop décrié ceux-là que nous envoyons au Parlement pour qu’ils travaillent et qu’ils fassent de bonnes lois, mais que lui, romancier, nous avait représentés comme oubliant souvent ce pourquoi ils sont députés et plénipotentiaires du peuple ?— Gérin-Lajoie a supprimé dans l’édition définitive tout ce qu’il nous avait d’abord appris sur la carrière de Jean Rivard député.Ces pages ne sont guère, au surplus, qu’une critique assez vive de l’esprit de parti, de notre système et de nos habitudes parlementaires, et l’on n’y voyait pas assez l’effort qu’aurait dû faire Jean Rivard lui-même pour améliorer le mécanisme et le fonctionnement de cette machine politique.Le député de Bristol, qui s’était présenté devant ses électeurs comme candidat indépendant de tous les partis, excellait à montrer les faiblesses de ses collaborateurs au Parlement ; il eut été un intrépide démolisseur, mais il ne paraît pas qu’il eût été capable de rien construire.Aussi bien.Jean Rivard comprit-il que le rôle du député passait ses lorces, était incompatible avec son humeur et avec ses goûts ; il se prit à regretter la forêt, et, député presque inutile, il eut le seul et déjà fort appréciable mérite de ne pas vouloir retourner au Parlement.(,) Conférence faite à l’Université Laval de Québec, le 1er avril 1908.361 Bulletin du Parler français au Canada 362 Gérin-Lajoie a donc fait disparaître, à tort croyons-nous, si l’on se place au point de vue de la conduite de l’œuvre et de l’équilibre du plan et de la composition, ce tableau de la vie parlementaire, pessimiste sans doute, mais où l’on trouve des pages fort instructives, et de la plus fine ironie.Jean Rivard, que ses ennemis politiques accusaient de n’être qu’une machine à voter, rentre dans son foyer et dans sa paroisse pour n’en plus sortir.Il y rentre, à la vérité, un peu diminué, et c’est la laute de Gérin-Lajoie ; et c’est pour cela que l’auteur a décidé de ne plus publier ce que Jean Rivard a fait, ou plutôt de ne plus montrer ce qu’il n’a pas fait et qu’il aurait dû faire pendant son séjour à Québec ; et c’est pour cela aussi qu'il aurait bien dù—voulant retrancher quelque chose—ne pas amorcer inutilement la curiosité du lecteur et supprimer la candidature elle-même de Jean Rivard et son élection—si exemplaire que celle-ci ait été, ne s’étant faite qu’avec des prières.Mais je soupçonne Gérin-Lajoie d’avoir voulu insinuer par cet épisode malsonnant de la vie de son personnage que si, dans notre démocratie, un colon peut ainsi s’élever jusqu’aux plus hautes situations sociales, cet homme de la forêt et des champs ne doit pas s’aviser de quitter les manchons de la charrue pour prendre en main, selon une bien vieille métaphore, le limon des affaires de l’Etat, et que c’est à ceux-là seuls qui ont une grande culture et une grande valeur intellectuelle qu’une semblable tâche peut convenir : thèse très discutable, que l’auteur a seulement esquissée, et qui ne laisse pas dans l'esprit du lecteur des conclusions assez nettes, ni assez précises.L’on n’en veut donc pas à Jean Rivard de revenir tout entier à sa vie première, si active et si utile.Dans les derniers chapitres du roman, l’auteur s’applique à nous montrer, dans le plus merveilleux épanouissement, l’œuvre économique et sociale que son héros a réalisée.Et le livre se ferme sur une causerie de Gérin-Lajoie avec Pierre Gagnon, le compagnon si courageux de la première heure, qui a gardé pour celui qu’il appelle son bourgeois et son empereur, une sorte de culte qui va jusqu’à l’enthousiasme.Pierre Gagnon résume ainsi, et à sa façon, tout le mérite et toute la vertu de Jean Rivard : « Je voudrais dit-il, que vous puissiez le connaître à fond.Il est aussi savant que monsieur le curé, il sait la loi aussi bien qu’un avocat, ce qui n’empêche pas qu’il laboure une beauté mieux que moi.Il mène toute la paroisse comme il veut, et s’il Jean Rivard 363 n’est pas resté membre de la chambre, c’est parce qu’il n’a pas voulu, ou peut-être parce qu’il a eu peur de se gâter, parce qu’on dit que parmi les membres il y en a qui ne sont pas trop comme il faut.Entin, monsieur, puisque vous êtes avocat, je suppose que vous avez lu l’histoire de Napoléon, et vous savez ce qu’il disait : si je n’étais pas Empereur, je voudrais être juge de paix dans un village.Ah ! notre bourgeois n’a pas manqué cela, lui ; il est juge de paix depuis longtemps, et il le sera tant qu’il vivra.Vous savez aussi que les hommes que Bonaparte aimait le mieux, c’étaient les hommes carrés.Eh bien ! tonnerre d’un nom ! notre bourgeois est encore justement comme ça, c’est un homme carré; il est aussi capable des bras que de la tête et il peut faire n’importe quoi — demaudez-le à tout le monde.» Ce témoignage universel qu’invoque Pierre Gagnon est l’hommage suprême de l’admiration des gens de Bristol pour le fondateur de Rivardville; il termine le roman du colon, et fait une dernière fois apparaître le type des délricheurs dans une lumière qui ressemble à la gloire d’une apothéose populaire.Tel est le roman de Jean Bivard.Il est le premier, dans l’ordre chronologique, de nos grands romans, les Anciens Canadiens n’ayant paru qu’en 1863, une année après Jean Rivard, le défricheur.L’abbé Casgrain, qui eut avec Gérin-Lajoie des relations d’amitié et littéraires très étroites, nous assure que Jean Rivard ne reçut pas du public l’accueil qu’il méritait.On lut sans assez d’enthousiasme ces pages que l’auteur avait voulu faire si pratiques.On en voulait sans doute à Jean Rivard d’être trop peu romanesque, si occupé des choses de la ferme, et si éloigné des intrigues où aime à s’aventurer l’imagination du lecteur.La mode n’était pas alors, comme elle l’est aujourd’hui, au roman social, et l’on n’était pas encore habitué à chercher dans le roman français l’exposé et la discussion des problèmes les plus difficiles de la vie contemporaine.Sans être précisément un précurseur, Gérin-Lajoie avait compris tout le profit qu’il peut y avoir à souder une thèse au récit d’un roman, La thèse a sans doute ici trop absorbé le roman; elle l’a mis en péril, mais nous pensons cependant que c’est pour cette thèse elle-même, et pour les idées justes qu elle enferme, et pour les suggestions heureuses qu’elle 364 Bulletin du Pahler français au Canada propose, que le roman de Jean Rivard, devenu enfin actuel parce qu’il est social, mérite de reparaître à la surface de notre vie littéraire.Nous ne pouvons, ce soir, dégager du texte de ce livre toutes les idées générales et tontes les théories qn'il développe; nous n’en pouvons dire tout ce qui peut et doit intéresser et retenir le lecteur d’aujourd’hui.La question de la colonisation y est évidemment celle-là que Gérin-Lajoie a voulu surtout étudier ; c’est celle-là dont il recherche le plus activement la solution, et c’est, vous le savez bien, celle-là dont s’inquiète encore avec une anxiété toujours incertaine l’esprit public.Aussi, loin de réduire et de ramener toute cette question aux seuls intérêts de Jean Rivard, l’auteur en a agrandi et élargi le point de vue ; elle devient dans ce livre, ce qu’elle est en effet, une question d’importance et de vie nationales.Et si nous voulions ici ramasser, réunir les fragments épars des théories de Gérin-Lajoie, les synthétiser et les systématiser, nous devrions faire voir comment il subordonne d’abord le problème de la colonisation à cet autre, déjà posé en 1860, qui est celui de l’émigration des Canadiens aux Etats-Unis, et à celui-ci qui est d’ouvrir à l’activité des jeunes, même instruits, et surtout peut-être à ceux qui sont instruits, la carrière utile et si noble de l’agriculture.Les jeunes gens s’en vont aux États-Unis on bien, et parmi ceux-ci beaucoup ont fait une partie de leurs études classiques, ils accourent dans les villes pour y végéter, comme cet ami de Jean Rivard, Gustave Charmenil, qui n'est pas autre, dans ce livre, que l’auteur lui-même : Gérin-Lajoie ayant éprouvé à sa sortie du Collège l’attraction des grands centres, et ayant cherché, à New-York d’abord, puis à Montréal, une vie de scribe besogneux qu’il a longtemps bien mal sustentée.En 1860, nos jeunes gens s’en vont donc en terre étrangère, on bien ils grossissent dans les villes le bataillon des mécontents, et nos forêts s’étendent encore à perte de vue sur la terre inexplorée de la Province ! Ce n’était vraiment pas ici, et à cette heure de notre histoire, le roman de la terre qui meurt qu’il fallait écrire, mais bien celui de la forêt qui reste debout, de la forêt qui vit, mais dont il faut enfin trouer la robe vierge, et dont il faut aussi peupler la séculaire solitude.Comment résoudre ce problème, et qui donc doit s’en charger?Gérin-Lajoie estime qu’il y a quatre facteurs essentiels qui doivent Jean Rivard 365 successivement et au bon moment intervenir, sans lesquels le problème reste insoluble, mais à qui il est possible et facile de produire les conclusions décisives : ces facteurs sont le gouvernement d’abord, puis le colon, le missionnaire, et enfin le conseil municipal des nouveaux centres organisés.A chacun, Gérin-Lajoie distribue la tâche qui lui revient, indique les moyens d’action dont il doit user.Le gouvernement doit s’inquiéter de faire le choix judicieux des terres qui sont propres à la culture ; il doit à tout prix empêcher que le colon ne s’égare, comme tant de fois il s’est égaré depuis I860, sur des lots stériles qui découragent ses efforts ; il faut que le sol que le gouvernement permet de labourer soit fertile comme le champ de Jean Rivard.Mais ce départ lait entre les terrains de colonisation et les terrains forestiers, le gouvernement doit aux futurs colons de tracer d’avance des routes, des chemins qui leur permettent de communiquer facilement avec les centres populeux, et qui éviteront aux pauvres défricheurs exilés dans la forêt de ces courses périlleuses et meurtrières, comme l’on en raconte dans l’histoire des Rois-Francs.Mais parce que dans notre province se heurtent souvent, en des conflits sans cesse renouvelés, les intérêts des spéculateurs et les intérêts des colons, le gouvernement empêchera, par des règlements judicieux qu’il doit être enfin capable de définir, que des spéculateurs cupides comme l'honorable Robert Smith, propriétaire des forêts du canton de Bristol, retiennent incultes des terrains dont ils attendent un grand accroissement de valeur avant de les livrer à la colonisation.Le gouvernement devrait enfin, dans toutes les localités importantes, créer îles fermes modèles, qui serviraient d’exemplaires à l’initiative des colons, et les empêcheraient de s’attarder dans la routine ou dans des expériences inutiles et ruineuses.Et l’on voit donc, par ce simple exposé, cpie s’il n’y a rien qui paraisse bien neuf aujourd’hui dans tout ce plan d’action gouvernemental, et rien que vous n’ayez lu souvent dans nos journaux, il n’en est pas moins juste de remarquer que Gérin-Lajoie a bien vu, en 1860, ce qu’il faut regarder comme des données essentielles du problème de la colonisation ; et n’y avait-il pas quelque mérite à les préciser, s’il est vrai que ce problème, jusqu’ici compliqué d’intérêts contraires qu’on ne sait pas accorder, 366 Bulletin du Parler français au Canada attend encore, et depuis plus de cinquante ans, comme on le disait il y a quelques jours au Parlement, sa difinitive solution?Quant à la part du colon, Gérin-Lajoie ne pouvait manquer de la faire large et active, puisqu’aussi bien c’est pour la décrire qu’il entreprenait son roman.Le colon type, le colon idéal c’est JeanRivard, « l'homme carré » dont parlaient Napoleon Ier et Pierre Gagnon.Je ne puis ici vous dire toute l’économie de sa ferme et de sa maison.Ce serait trop long, et peut-être qu’ainsi résumé ce serait fastidieux.Jean Rivard, d’ailleurs, a un jour livré à Gérin-Lajoie lui-même, qui visitait Rivardville, le secret de sa prospérité.Il se réduit à ceci : défricher un sol fertile ; cultiver avec méthode ; réserver sur son lot un coin, une parcelle de forêt nécessaire pour fournir le bois d’œuvre et le bois de chauffage ; fortifier sa santé par un travail assidu, mesuré et constant ; se lever de bonne heure, et surveiller soi-même le train de la ferme; ne pas faire de dettes ; ne pas trop agrandir sa propriété ; tenir un journal des opérations de la ferme, et un registre des recettes et des dépenses ; puis enfin, et c’est peut-être plus important que tout le reste, épouser Louise Routier ! Je ne vous dis rien de l’action du missionnaire, et des initiatives pratiques du conseil municipal, et je ne puis que vous rappeler avant de terminer que l’on aperçoit dans l’œuvre de Gérin-Lajoie, outre la question sociale qui constitue le fond même du livre, des tableaux de la nature et de la vie canadienne qui sont d’une belle et sincère vérité.Non pas que Gérin-Lajoie ait prodigué ces tableaux, et se soit plu à les charger de couleurs.Ils sont rares et ils sont sobres.Ce sont des esquisses ; avec Jean Rivard on vit en pleine nature, mais on ne fait pas de littérature avec.Lisez pourtant, si vous voulez saisir la manière simple et gracieuse de l’auteur, cette page où il décrit le premier assaut que Jean Rivard et Pierre Gagnon livrent à la foret.(1) Si d’autre part vous désirez vous rendre compte de la façon dont Gérin-Lajoie essaie de peindre la vie populaire, la vie des gens de la campagne, et voir comment il introduit dans leurs conversations les expressions pittoresques du parler canadien, (1) Jean Rivard, le défricheur, p, 37-39, Jean Rivard 367 .parcourez ces autres pages où l’écrivain pénètre dans la conscience de Pierre Gagnon, y surprend sa passion naissante pour brançoise, domestique de Jean Rivard, et raconte les confidences que fit un jour ce robuste amoureux à son bourgeois et à son empereur.1,1 Ces pages suffiront pour vous donner quelqu’idée des peintures de la vie rurale dans Jean Rivard.Vous lirez encore avec intérêt, et en goûtant la pleine saveur des choses canadiennes les chapitres consacrés à «la corvée», «aux noces» de Jean Rivard et à «sa lune de miel», aux «dimanches» à la campagne, et aux «soirées» en ville décrites par Gustave Charmenil.La lecture personnelle de Jean Rivard replacera sous vos yeux toute une série de coutumes et d’habitudes qui s’en vont ; elle vous fera donc aimer ce livre non seulement parce qu’il est un excellent manuel d’économie sociale, mais aussi parce qu'il est comme le reliquaire de vieilles choses disparues ; et si vous tenez compte de la grandeur du dessein qui l’a inspiré, de la bonhomie et de la simplicité de l’exécution, et de l’influence salutaire qu’il peut avoir sur l’esprit du peuple, vous estimerez que ce roman, malgré ses défauts de composition et de style, quoiqu’un peu plus aride et plus terne, est presque l’égal de celui que vers le même temps publiait M.de Gaspé ; et dans votre bibliothèque vous placerez sans doute Jean Rivard à côté des Anciens Canadiens.(il Jean Rivard, l’économiste, p.37-50.Camille Roy, Ptrc L’ABBÉ BAGON Notre Bulletin ne peut s’empêcher de faire part à ses lecteurs du grand deuil qui frappait, il y a quelques semaines, la famille des philologues français.L’abbé Ragon est mort, à peine âgé de 55 ans, dans la pleine maturité de son talent, emportant avec lui dans sa tombe l’admiration de ses élèves et l’une des grandes espérances de l’Institut catholique de Paris.Né le 25 juin 1853, à Ville-en-Blaisois, sur les confins de la Champagne, l’abbé Eloi Ragon fit ses études au Petit Séminaire de Verdun.C’est dans ce même Séminaire qu’il commença cette carrière de professeur qu’il devait faire si pleine et si brillante.Dès l’année 1875, l’abbé Ragon y était chargé de l’enseignement.Il s’y prépara en même temps à la licence ès lettres.En 1881, il venait à Paris y terminer cette préparation, et en 1882, avec son titre de licencie, il retournait à sa chaire de Verdun.Appelé en 1884, à l’Institut Catholique de Paris, l’abbé Ragon fut admis l’anuée suivante à l’agrégation de grammaire et il continua de professer, à l’Institut, jusqu’à sa mort(1) la langue et la littérature grecques.Avec MM.les abbés Lechatellier et Lejay, auxquels se joignit plus lard M.l’abbé Bousquet, l’abbé Ragon, fut à l’Institut l’une des plus hautes autorités philologiques dont se soient en ces derniers temps honoré Paris.C’est au pied de sa chaire de l’Institut Catholique que nous avons connu le grammairien éminent qui vient de mourir.Et nous nous souvenons de ces leçons si fortes, si animées, si abondantes, et parfois si exubérantes que nous allions entendre dans la salle des cours d’explication des auteurs grecs.Le jour de 1 abbé Ragon était attendu avec curiosité.Nous savions que nous apprendrions quelque chose à écouter un tel maître, et nous savions aussi que la syntaxe qu’il nous expliquerait et commenterait ne serait ni aride ni ennuyeuse.Avec quel soin l’abbé Ragon savait donner la raison des faits grammaticaux, et cherchait dans la pensée de L'abbé Ragon est décédé à Bar-le-Duc, après deux jours de maladie, le 29 mars 1908.3(58 L'abbé Ragon 36â l’auteur et dans les habitudes de la langue grecque le motif des constructions qui pouvaient étonner notre inexpérience.Et comme aussi il nous apprenait à faire jaillir du texte expliqué tout ce qu il pouvait contenir, demandant à l’histoire politique, aux institutions et aux mœurs des anciens les renseignements utiles ou nécessaires, propres à nous faire pénétrer davantage dans l’esprit et dans la civilisation des Grecs.Soucieux de rendre cet enseignement clair et pratique, l’abbé Ragon se servait volontiers du tableau noir où il s’amusait parfois des dessins plus ingénieux qu’artistiques qu’il traçait pour rendre sensibles et visibles à nos yeux les leçons de l’auteur.Mais ce sont surtout les explications grammaticales qui étaient le triomphe de notre érudit professeur.Il aimait à rencontrer sur son chemin les difficultés de texte ou de syntaxe qui appellent la discussion, et il ne lui déplaisait pas alors — car il croyait avoir toujours raison, et sa science du grec lui permettait de le croire—il ne lui déplaisait pas de heurter et de détruire les opinions proposées par d’autres commentateurs non moins illustres et non moins autorisés que lui.Du reste, il étayait son interprétation d’arguments si nombreux et si plausibles qu’il fallait bien no.s rendre à cette évidence.Nous ne pouvions que lui reprocher de s’attarder parfois trop longtemps sur des constructions que tout bachelier doit connaître, et que nous estimions à peine dignes de l’attention d’un candidat à la licence.Mais l’abbé Ragon avait été près de dix ans professeur de l’enseignement secondaire, el il avait donc rapporté de Verdun l’art de répéter sous toutes les formes possibles une même explication, art qui est bien une qualité du professeur de collège ou de petit séminaire, mais qui peut devenir un défaut chez le professeur de Faculté.Les leçons de l’abbé Ragon pouvaient donc quelquefois manquer de sobriété.Mais quelles causeries intarissables où l’esprit se mêlait à l’érudition 1 Le professeur ne manquait jamais l’occasion de décocher quelques traits, de laisser tomber une plaisanterie de bon aloi qu’en dépit des règlements nous applaudissions bruyamment.Enveloppé, enserré dans sa longue douillette bien fermée, les lunettes plantées sur un nez robuste, les yeux ardents tour à tour abaissés sur le texte ou cherchant des regards approbateurs, ajustant souvent de la main le rabat qui s’étalait sur sa poitrine, l'abbé Ragon aimait à provoquer son auditoire, et nos 370 Bulletin du Parler français au Canada protestations elles-mêmes, parlois aussi vives que les' applaudissements, n’étaient pas laites pour lui déplaire.L’abbé Bagou apportait à ces leçons la précision, la clarté, la logique qui sont les qualités principales de ses Grammaires.La Grammaire grecque qu’il publia la première, en 1889, le posa tout de suite devant le monde des professeurs et des philologues.L’auteur avait trouvé l’art de rajeunir un enseignement qui avait été jusque là, dans les collèges surtout, trop machinal.Limitant l’étude de la langue grecque à la prose attique, il élimina de son manuel les mots et les formes que proposaient les vieillies grammaires, et que l’on appelait le « grec de collège».Le plan de sa Grammaire grecque, calqué sur celui des grammaires plus savantes, celles par exemple de Riemann, avait le rare mérite de vulgariser, au profit des jeunes élèves, des méthodes que l’on avait jusque là trop exclusivement réservées à l’enseignement supérieur.C’est ce même plan, logique et scientifique, que l'abbé Bagou adopta plus tard pour sa Grammaire latine et sa Grammaire française, et il composa ainsi une trilogie, dont l’unité de dessin et de méthodes profite à l’intelligence et à la mémoire des élèves.L’abbé Ragon voulut surtout mettre de l’ordre et de la logique dans l’enseignement de la grammaire élémentaire.A treize ans comme à vingt ans, l’esprit se développe d’après les mêmes lois et les mêmes procédés.Les méthodes rationnelles et scientifiques sont toujours les meilleures : le grand art est de savoir les doser et les adapter à la force des esprits.L’enseignement de la grammaire, quand il est réduit à une énonciation brutale des règles, est nul pour la formation et le développement de l’intelligence.Et s’il est évident que l’on ne doit pas donner à des enlants de treize ou quinze ans des leçons qui ne peuvent être comprises que par des esprits plus cultivés, il n’est pas moins sûr qu’il faut toujours provoquer chez l’enfant la pénétration raisonnable des choses, faire donner à son jeune esprit, et tout de suite, toute sa mesure, et l’habituer à se rendre compte de la logique des règles et des constructions de la syntaxe, et il faut donc bannir des classes l’enseignement grammatical qui charge la mémoire sans intéresser et aiguiser la raison, i L’abbé Ragon 371 Les anciennes grammaires, celle de Lhomond en particulier, apprenaient surtout à faire des thèmes.Les règles de la langue grecque ou latine y étaient énoncées comme des axiomes, sans qu’on fit assez voir leur raison d’ètre ; elles étaient faites d’après les éléments de la phrase française, et nous en arrivions, par exemple, à cette absurdité d’enseigner qu’il y avait en latin une règle du que retranché ! Les syntaxes nouvelles, comme celle de Ragon, sont faites d’après la phrase grecque ou latine, et leur plan, et leurs méthodes permettent bien mieux à l’élève et aux professeurs de se reconnaître dans l’élude grammaticale des auteurs.Nous savons quelles oppositions l’on a faites parfois à ces méthodes nouvelles dans les milieux traditionnalistes de l’enseignement secondaire.Il était si facile de faire apprendre une grammaire que l’on n’avait pas besoin de raisonner! Et il y avait si longtemps que l’on faisait de même ! Aujourd’hui ces résistances, qui étaient plutôt l’effet de la routine, et qui sont toujours le premier mouvement de l’esprit quand on l’invite à sortir de ses premières et vieilles habitudes, sont à peu près partout tombées, et Ragon règne en maître dans la plupart des collèges libres et des petits séminaires de France et du Canada.L’abbé Ragon fut, pour la langue française, un ouvrier très actif de la réforme de l’orthographe.Il a même voulu devancer ses contemporains, et l’on trouve dans sa Grammaire française des règles qui ne laissent pas de surprendre l’œil et l’esprit.Hardi comme il se plaisait à le paraître, l’abbé Ragon a voulu, lui-même, prêcher d’exemple.II écrit comme il pense qu’il faut écrire, et l’éditeur d’une brochure consacrée à la mémoire du grand ami de l’abbé Ragon, Mgr Enard, archevêque d’Auch, éprouvait le besoin de mettre au bas de la première page d’un article signé par l’abbé l’avis qui suit : « Cette manière d’écrire et d’autres analogues ne sont pas des fautes d’impression, mais l’orthographe adoptée par l’auteur.» Nous n’avons jamais pensé que les réformateurs de l’orthographe puissent avoir le droit de désorienter ainsi leurs contemporains, et d’introduire l’anarchie dans les imprimeries françaises.* * * Toute la vie de 1 abbé Ragon a été un exemple admirable de labeur et de dévouement à l’œuvre de l’enseignement.Dans son appartement de la rue de Vaugirard, entouré de livres qui étaient 372 Bulletin du Parler français au canada le seul ornement de son cabinet de travail, l’abbé Ragon n’a cessé de se préoccuper du relèvement de l’enseignement secondaire libre en France, et il a éprouvé la grande joie de constater l’heureux résultat de tant d’efforts persévérants.L’empressement avec lequel on a partout pourvu à la formation des professeurs ecclésiastiques des collèges et des petits séminaires, persuadé que l’on était, avec l’abbé Ragon, que c’est toujours par là qu’il faut commencer; le zèle cjue l’on a mis à organiser VAlliance des maisons d'éducation chrétienne, dont l’abbé Ragon lui-même était le secrétaire-général, et l’une des principales chevilles ouvrières; les éditions classiques de VAlliance, de plus en plus parlaites, et auxquelles l’abbé Ragon a si longtemps et largement contribué, tout cela est dans une grande mesure l’œuvre de ce prêtre infatigable, qui est tombé sur le champ de travail, en tournée d’inspection à Bar-le-Duc.Ajoutons que l’abbé Ragon, économe comme tout Français, et à la façon du Français qui sacrifie souvent son bien-être personnel et tout confort à des œuvres d’intérêt social et général, trouvait moyen, grâce à ses économies, de faire des largesses qui révèlent toute la noblesse de son âme d’apôtre.Quand il est mort, l’autre jour à Bar-le-Duc, il apportait les 4,500 francs de rentes qu’il s’était engagé à payer jusqu’en 1911 aux créanciers hypothécaires de l’Ecole Fénélon.L’abbé Ragon ne s’est guère permis, dans sa vie, qu’une seule fantaisie, celle d’être jardinier.Il avait acheté à Meudon une petite propriété où il allait chaque semaine de la belle saison cultiver des plantes et des Heurs.Il faisait lui-même son jardin et se vantait très volontiers d’y réussir à merveille.Combien de fois n’avons-nous pas vu l’abbé botaniste, après la messe et le petit déjeuner, faire le tour du jardin si beau et si vaste de l’École des Carmes, y visiter les plates-bandes, caresser les fleurs, et donner sur chacune d’elles des renseignements qui eussent étonné un spécialiste! Ces promenades, et ce travail en pleine nature, le reposaient et le dédommageaient des aridités de l’autre jardin qu’il fréquentait, celui des racines grecques.L’abbé Ragon s’intéressait au Canada, et à nos collèges et à nos petits séminaires.Combien de fois, dans sa chambre d’étude, il nous a interrogé sur l’organisation et le développement de notre enseignement secondaire! Et quels conseils pratiques nous avons souvent recueillis des lèvres du maître ! Inutile d’ajouter qu’il souhaitait pour nous tous les légitimes progrès.Dans une lettre L’abbé Ragon 373 qu’il nous écrivait il y a deux ans, il nous disait à propos de la brochure d’Yves de la Brière, Nations catholiques et Nations protestantes.Où est la supértorité sociale?«J’y trouve de bons arguments en faveur des catholiques, mais je remarque une lacune: il n’y est nullement parlé de l’instruction.Malgré celte rélutation, la thèse de la supériorité des nations protestantes garde une apparence de vérité dont nous ferons bien de nous défier, et je souhaite vivement que dans quinze ou vingt ans les progrès intellectuels du Canada français soient aussi incontestables que la vivacité de sa foi religieuse.» C’est sur ce vœu de l’abbé Ragon, qui traduit tous les nobles motifs de son zèle d’éducateur, que nous terminerons cet article que nous avons voulu consacrer à la mémoire d’un maître aimé et regretté.Camille Roy, Ptre QUESTIONS ET RÉPONSES Mattawa et Matlawin sont les noms de deux rivières assez considérables en notre pays, affluents, l’une de la rivière Outaouais, l’autre du St-Maurice.La première a donné son nom à un village situé précisément au confluent de l’Outaouais et de la Mattawa, l’autre est en train de fournir le nom à une région de colonisation déjà assez connue, sur l’arrière ligne des comtés de Mas-kinongé, Berthier et de Joliette.Quelle serait la meilleure formation du nom désignant cette région?On a préposé Mattavaisie et Mattavinie ; mais nous trouvons que Mattavaisie a bien de la peine à venir de Matlawin.Il nous semble que la nouvelle région devrait s’appeler la Mattavinie.J'ai lu : « L’éléphant écrasait la tête des prisonniers sous ses pieds.» Ne serait-il pas mieux de dire « sous ses pattes » ?Non.On dit pied, en parlant, non seulement de l'homme, mais aussi des animaux chez qui cette partie a son extrémité entouré d’un sabot : le pied d’un cheval, d’un bœuf, d’un chameau, d’un éléphant, etc.; mais on dit la patte d’un chien, d'un lièvre, d’un lion, etc. LIVRES ET REVUES (CANADIANA) Dans les Annales politiques et littéraires du 3 mai (pp.429 et 430), M.L.Darton écrit deux bonnes colonnes pour inviter les Français à rejeter les expressions struggleforlifeur, strugglefor-lifeuse, struggleforlifer, strugglelifer, strugglelifeur.Pour conclure, il répète le mol de Sarcey : «O l’anglomanie ! Quelle misère 1 Soyons donc Français en France ! » Ces anglicismes ne se sont pas introduits chez nous ; notre langue n’a pas osé adopter struggle for life, mais elle en a adopté bien d’autres, bêlas ! « Soyons donc Français en Nouvelle- France ! » Le journal Hàvre-Éclair, publié au Havre, a, paraît-il, un « correspondant particulier » à Québec.Ce correspondant signe : « A.-S.Per.» Dans le numéro du 2 mai, ce monsieur « A.-S.Per, » puisque « A.-S.Per » il se nomme, donne ses impressions de français au Canada.A son avis, nous ne sommes « ni Anglais malgré la conquête, ni Français malgré l’origine et la langue communes ».Aussi a-t-il éprouvé, en arrivant à Québec, une cruelle déception : il pensait trouver ici quelque chose qui lui rappellerait sa patrie.Allons donc ! il s’est senti plus chez lui à Madagascar, à Saigon, à Hanoï, et « plus loin même, en des concessions comme celles de Shangaï ou de Tientsin », que dans ce Canada où « deux de nos lois, dit M.Per, celles touchant la dissolution des congrégations et la séparation des églises et de l’Etat ont causé un vif ressentiment contre nous ».En Chine, à Tien-Tsin ou à Shang-Haï, au Tonkin, à Hanoi, en Cochinchine, à Saigon, à la bonne heure ! M.Per se trouve tout de suite chez lui.Il a cependant rencontré quelques « intellectuels », « qui voyagèrent et connurent d’autres rives que celles du Saint-Laurent » ; 374 Livres et Revues 375 avec ceux-là, il s’est parfaitement entendu.« Mais ils sont la minorité, ajoute-t-il ; et j’ai dù, pour connaître bien des détails, promettre de ne citer aucun nom.» Parmi quels gens M.Per a-t-il donc fréquenté chez nous ?Dans un article intitulé : La vie au Canada (9 mai), le « correspondant particulier » du Hàvre-Ëclair fait part à ses lecteurs de quelques nouvelles observations.Vraiment, les personnes qui ont renseigné M.Per, à condition qu'il ne cite pas leurs noms, auraient pu sans danger attirer son attention sur des choses plus intéressantes.Le voyageur (il nous fait connaître cette fois-ci qu’il a visité la Sibérie, la Mandchourie et le Sénégal) a surtout été lrappé, au Canada, par ce qu’il appelle un « singulier contraste » : les serviteurs portent des faux-cols comme les maîtres ! « Le porteiaix qui s’occupe de vos malles, dit M.Per, porte chapeau melon, col éblouissant, pardessus et gants.» Impossible de reconnaître « la situation sociale des gens » par l’habit qu’ils portent, non plus que « par la place qu’ils occupent » au théâtre : M.Per, à un concert de la Symphonie de Québec, a reconnu « sous un diadème et dans une vaporeuse toilette de soie » une servante !.Avoir fait le tour du monde, avoir vu chez eux les Chinois, les Russes, les Malgaches, et, débarqué à Québec, ne pouvoir distinguer un portefaix canadien d’un voyageur hâvrais, c’est vexant ! M.Per guillemelte avec soin les mots « claques », « manteau », « casque », « fiIle de tables », et il explique entre parenthèses ce que signifient ces expressions canadiennes.Ecrit-il un français plus pur que le nôtre, quand il emploi les mots anglais barmen, business, elevator, et, sans italiques ni guillemets, cars, smokings et dining room ?L'Enseignement chrétien du mois de mai cite l’étude sur Bibaud de M.l’abbé C.Roy, le travail de M.J.-E.Roy, De la langue des professionnels, et la conférence de M.de Cazes sur Notre vocabulaire.Dans la Quinzaine coloniale du 10 avril (pp.303-306), article de M.Bertrand Nogaro : La Colonisation au Canada et la Fran:e.De l’avenir de la nationalité canadienne-française et de l’ai le qu’elle peut recevoir de la France. 376 Bulletin du Parler français au Canada M.Marius Hazzom, au cours d’un article (Au Canada) publié dans le Journal de Roubaix du 6 niai, fait un éloge flatteur du Canada français, et, à l’occasion des fêtes prochaines qui rappelleront les premiers jours de la colonie et les travaux de ses fondateurs, il constate « une fois de plus, que le profit des choses n’est pas toujours pour ceux qui en eurent les peines ».Le « manifeste » de l'Association des champs de bataille de Québec a traversé l’océan.Nous en trouvons un écho dans le Journal du Cher (Bourges, 13 mai), qui en reproduit quelques passages.Le Journal du Cher a pris ce document pour « un appel général officiel adressé au public français et anglais » au sujet des l'êtes dont l’objet est de célébrer le troisième centenaire de la fondation de Québec.Dans le Journal des Débats du 10 mai, analyse par M.Michel Salomon de la causerie de M.l’abbé Vignot sur la Langue française au Canada.Lan al Lenner rend compte, dans Y Hermine du mois d’avril (pp.36-37), des Horizons, le premier fascicule du Canada chanté de M.Albert Ferland.Patrie, La terre canadienne, Un soir de juin, Le retour des corneilles.Oseraké, Terre nouvelle, sont des poèmes qui ne pouvaient elle écrits que par un Canadien et qui sont caractéristiques de cette Nouvelle- France.Ce que j’aime surtout, c'est la Poésie des feuilles, plus encore, Arbres blancs, et surtout Prière des bois du Nord, qui témoignent non plus seulement d’un amour vague et comme littéraire du pays natal, mais d’un véritable culte pour les arbres et par où M.A.Ferland s’avère un grand ami de la nature en ce qu’elle a de plus doux et de plus noble.Dans un article publié dans le Bulletin de la Canadienne (15-20 avril, pp.310-311), je trouve une discussion de l’opinion émise par le Comité d’Étude de la Société du Parler français sur le mot tricentenaire.L’auteur, qui signe « L.L.», après avoir parlé des discussions soulevées par le projet du Parc des batailles, ajoute que « le Livres et Revues 377 triosième centenaire a provoqué aussi une controverse grammaticale », celle du « tricentenaire ».M.L.L.croit que ce mot est bien venu et d’un emploi légitime, même au sens de troisième anniversaire séculaire.La question n’est pas d’une très grande importance, et ce serait sans doute trop prolonger ce débat que de répondre en détail aux remarques du Bulletin.Cependant, le ton courtois et sympathique de M.L.L., sa manière honnête, et les arguments habiles qu’il apporte ne permettent pas que nous laissions passer son article sans le signaler à l’attention de nos lecteurs.Pour des raisons tout opposées, il convenait de ne point s’occuper de certaines dissertations parues sur le même sujet dans un journal de Québec.Mensuel, dit M.L.L., signifiant « qui a lieu, qui apparaît une fois par mois ».bimensuel, signifie « qui a lieu, qui apparaît deux fois par mois », etc.L’un des sens du mot centenaire est « l'époque où une ville a cent ans » ; tricentenaire pourra donc signifier « l’époque où une ville aura trois cents ans ».C’est fort bien présenter la question, telle que M.L.L.la voudrait résoudre.Mais je ne vois aucune analogie entre men-suel&-*-trimensuel, et centenaire^-*-tricentenaire, précisément parce que, dans le sens où nous devons le prendre, centenaire désigne une « époque », tandis que mensuel veut dire « qui a lieu une fois par mois ».Centenaire, dit encore, et très justement, M.L.L., centenaire est d’abord adjectif et a le sens de « qui a cent ans » ; puis il est substantif et évoque l’idée de « l’être qui a cent ans » ; et enfin, par extension, il devient « le moment » où cet être a cent ans.Et il ajoute : En préfixant tri, vous avez les mêmes formations avec une durée triple.Quoi de plus logique ?Voyons donc quel sera, logiquement, le sens de chacune de ces formation nouvelles : 1° L’adjectif centenaire signifie « qui a cent ans » ; en préfixant tri, je triple la durée : l’adjectif tricentenaire signifiera donc « qui a trois cents ans ».C’est logique, en effet, et c’est français ; nous avons écrit qu’à notre avis on pourrait dire ; « Québec est une ville tricentenaire.» 378 Bulletin du Parler français au Canada 2° L’adjectif centenaire pris substantivement désigne « l’être qui a cent ans » ; en préfixant tri, je triple la durée de cet être : l’adjectif tricentenaire pris substantivement désignera « l’être qui a trois cents ans ».C’est encore logique.3° Enfin par extension, centenaire, substantif, devient « le moment » où un être a cent ans.En préfixant tri, je triple la durée de ce moment : pour rester dans la logique, il faut dire que tricentenaire est « un moment » qui dure trois fois plus longtemps que le moment où un être a cent ans.Lui donner le sens de « moment ou époque où l’être a trois cents ans », ce n’est plus logique.Le centenaire est, en effet, l’anniversaire séculaire d’un événement ; le troisième anniversaire séculaire ne dart pas plus que le premier : l’un et l’autre sont un moment, une époque.M.L.L., écrit encore : Toutes les fois qu’un mot implique une idée de quantité, en lui préfixant bi, tri, etc., on double, on triple cette quantité.Je ne crois pas que cette définition soit exacte, mais peu importe.En passant au sens de « moment », d’ « époque », le mot centenaire cesse d’impliquer une idée de quantité.Il ne s’agit donc plus de tripler une quantité, mais d'indiquer le rang, l’ordre du « moment » dont on parle, et c’est ce que le préfixe tri ne peut pas signifier.« Un bipède n’est pas un ensemble de deux pieds, mais un animal qui a deux pieds », dit M.L.L.pour démontrer que nos exemples étaient mal choisis.De même, un tricentenaire n’est pas un ensemble, une période de trois cents ans, mais un être qui a trois cents ans ; est-ce une raison pour que ce soit le « moment » où cet être a trois cents ans, son troisième anniversaire séculaire, son troisième centenaire ?Je regrette de ne pouvoir me rendre aux arguments de M.L.L.; je pense que notre Comité d’Etude a raison de rejeter l’expression : le tricentenaire de Québec, et je remarque que M.L.L.lui-même intitule son article : « Les fêtes du troisième centenaire.» M.Ch.Arnaud rend compte, dans le Pohjbiblion (avril, p.297), du roman de M.G.Forestier, la Pointe-aux-Rats, où l’Ouest Livres et Revues 379 canadien est présenté comme une terre « meurtrière, par le climat, par les loups, par les usuriers canadiens, plus loups que les loups.» M.Arnaud laisse à d’autres le soin de garantir ou de contredire ces informations ; il n’en apprécie que l’expression : « Elle est médiocre.» M.Albert Métin a récemment publié, chez Colin, à Paris, une Elude de colonisation : La Colombie Britannique.M.Saint-Amand écrit dans la Revue d’Europe et d'Amérique (mai, pp.327-329) que c’est la « monographie la plus complète et la plus explicative que la Colombie Britannique ait encore inspirée ».La Revue d’Europe et d’Amérique (mai, pp.330-335) publie une traduction française d’un article du Times du 12 mars sur la Littérature franco-canadienne, à propos des Nouvelles études de M.Ch.ab der Halden.Article fort intéressant, et qui révèle chez son auteur une connaissance remarquable de la littérature trançaise et une rare habileté à parler pertinemment de la nôtre.Cet article pourrait bien n’avoir pas été écrit par un Anglais.Le critique du Times n’est pas, à l’endroit de M.Chapman, plus tendre que M.ab der Halden, et comme celui-ci il pense que M.Lozeau «est sans contredit un poète, » et que le pauvre Nelligan aurait pu être le « grand poète tant attendu—le poète de cette France qui s’étend par delà les profondeurs de l’Atlantique et par delà le golfe bien plus large et bien plus profond de la Révolution française ».Ailleurs, après avoir cité cet aveu de Lozeau : « Je n’ai pas fait mon cours classique, je ne sais pas le latin, » l’écrivain du Times ajoute : Il se peut bien que cette négligence du latin dans les écoles franco-canadiennes, soit l’une des raisons pour lesquelles le français de Québec, parlé ou écrit, a souffert du contact avec une langue étrangère.» L’idée est juste ; l’étude du latin, puisqu’elle est l’étude du français même, est admirablement assortie à la conservation de notre idiome.Mais c’est dans les collèges classiques qu’on apprend ici le latin ; à l’école primaire, au Canada comme ailleurs, 380 Bulletin du Parler français au Canada il n’en peut être question.Il eût été plus juste de dire : L’enseignement du latin dans les collèges canadiens-français est l’une des raisons pour lesquelles le français de Québec n’a pas plus souffert du contact avec une langue étrangère.L’abbé Henri Cimon.Aux vieux pays /Impressions cl souvenirs/.Chicoutimi (G.Delisle), 1907, in-4», 25c.x 15.5c., 459 pp.La description bibliographique de ce livre montre bien que, pour faire connaître le format d’un volume canadien, il ne suffit pas d’indiquer le mode de pliage du papier, mais qu’il faut encore, comme je le disais dans le dernier numéro du Bulletin, donner les dimensions de la page.Voici un in-quarto ; on croirait avoir afiaire à un volume assez encombrant.Pas du tout ! Il a les dimensions d’un in-octavo cavalier.D’ailleurs, les cahiers ne portent pas de signatures, et, une fois relié, cet in-4° pourra passer pour un in-8° ou un grand in-12.Les Impressions et souvenirs de M.l’abbé Cimon sont les impressions et souvenirs qu’il a gardés d’un voyage aux vieux pays.Or les vieux pays sont des pays connus, que beaucoup de gens ont visités, que plusieurs ont décrits ; c’est se risquer dans une entreprise difficile que de les décrire une fois de plus : on court le hasard de n’exciter aucun intérêt, depuis si longtemps que l’Europe est connue, et qu’il y a des guides.Pour échapper à ce danger, quelques voyageurs veulent nous faire accroire qu’ils ont fait un voyage à nul autre pareil, qu’ils ont vu des choses qu’on n’avait pas su voir encore, qu’ils ont fait des observations que personne n’avait faites avant eux, bref ! qu’ils ont découvert la France, et l’Allemagne, et la vieille Italie.Ils paraissent n’avoir rien vu de ce qu’ils étaient allés voir, ils se tourmentent pour omettre tout ce qui peut se trouver dans un Bædeker.Hélas! trop souvent, dans ces récits de voyages, on sent le souci que prend l’auteur de dire toujours des choses neuves et l’effort continuel qu’il lait pour y réussir.Quand il n’y paraît point, c’est merveille ; à moins qu’il y soit singulièrement habile, celui qui s’essaye dans ce genre risque fort de prendre inutilement une peine extrême.Je viens de dire ce que n’est point l’ouvrage de M.Cimon.Un bon récit de voyage—de voyage en pays connus—ne doit être ni un guide aride et sec, ni une suite prétentieuse de considé- Livres et Revues 381 rations tirées par les cheveux et absolument étrangères au sujet.Un bon récit de voyage doit être avant tout.un récit de voyage.Et r ouvrage de M.Cimon me paraît bien satisfaire à cette condition—mais d’une tout autre manière que l’ouvrage, par exemple, de M.Huard.Celui-ci, a l'ait de ses voyages un récit dont j’ait dit dans le Bulletin tout le charme et l’intérêt (vol.Y, p.28).Mais les Impressions d'un passant sont les impressions de M.Huard, et les Impressions et souvenirs sont les impressions et souvenirs de M.Cimon, et cela fait toute la différence du monde.Loin de passer, de glisser, M.Cimon appuie ; loin de faire deviner les paysages et les monuments, il les décrit ; loin de négliger les détails, il les enregistre avec soin, et c’est moins des impressions que des souvenirs très précis.Des détails—faut-il le dire ?— il y en a peut-être trop.Depuis le départ de Québec, «le dimanche, 4 octobre 1891, » et la traversée à bord du Parisian, dont la course est donnée jour par jour avec latitude, longitude et nombre de milles parcourus, jusqu’au retour à bord du Sarnia, qui, lorsqu’il fut par 55°20 de latitude et 6°40 de longitude avait fait 177 milles, et ainsi de suite pendant 10 jours, et jusqu’à l’arrivée à Québec, « le mardi, 2 août 1952 » M.l’abbé Cimon n’omet aucune des notes qu’il a prises.Dans tous les cas, il n’en omet pas assez.Plusieurs de ces détails sont d’une importance secondaire.Pourtant, ces détails mêmes et une certaine naïveté dans la manière de les présenter font que le livre de M.Cimon ne ressemble pas à un guide et reste un récit de voyage agréable à feuilleter.L’auteur décrit beaucoup, mais il décrit comme il a vu, et il le fait de telle sorte que souvent on voit comme lui, et que c’est intéressant.M.Cimon ne cherche pas à philosopher sur tout ce qu’il voit.11 a cependant voulu, ici et là, tenter quelques comparaisons, quelques rapprochements, comme à la page 10, où il a comparé à la vie la course du navire qui le portait ; ces réflexions allongent inutilement le voyage.J’aime mieux M.Cimon quand il raconte, quand il décrit, parce qu’alors il s’exprime simplement, sans effort comme sans prétention.Il voit la Tour penchée ; il dit : « Void la Tour penchée», et puis il la décrit, et puis il continue sa route.le sais bien que ce n’est pas nouveau ; mais quand on n’a (1) Mais c'est une faute d’impression ; le voyage s’est heureusement terminé en 1892. 382 Bulletin du Parler français au Canada pas vu la Tour penchée, on peut aimer à savoir quel air a ; et, si on 1 a vue, on n’a qu’à tourner la page pour trouver autre chose.Mieux encore, le lecteur peut consulter ce livre, qui n’est pas un guide, absolument comme il consulterait un autre livre qui en serait un.M.Cimon a lait suivre son récit d’une table alphabétique, avec renvois aux pages, des noms des personnes, des lieux, et des monuments dont il est parlé dans le volume.On y trouve 505 noms de personnes, 442 noms de lieux, et 376 noms de monuments.Le livre de M.Cimon convient donc à deux sortes de gens : à ceux qui aiment les récits de voyages, et à ceux qui ne les aiment pas.Les premiers y trouveront une relation sans fard et sans apprêts des incidents ordinaires d’un voyage en Europe, et une description sincère des endroits remarquables ; les seconds, grâce à l’index, s’en serviront comme d’un ouvrage de référence.Les mœurs actuelles du Canada français, par M.G.Bonet-Maury, dans la Revue Bleue du 30 mai, pp.691-693.M.Bonet-Maury parle surtout de la presse canadienne, « catholique, morale et patriote ».Dans la Voix du Peuple (Auch) du 19 mai, une chronique de M.George de Montorgueil est intitulée : La première femme française au Canada.M.de Montorgueil, à propos des fêtes prochaines, rappelle le souvenir de la femme de Champlain, « la première des Canadiennes aux peux doux ».Le Bulletin de la Société générale d’Éducation (Paris, 15 mai, pp.413-419) publie sous le titre : L’enseignement public au Canctda-français, une analyse du Rapport du surintendant de l’Instruction publique de la province de Québec pour l’année 1906-1907.Adjutor Rivard, LEXIQUE CANADIEN-FRANÇAIS (Suite) De qui (dé ki).|| Qui.Ex.: De qui t’a dit ça?—Qui t’a dit cela?Dial.Id., dans le Bas-Maine, Dottin.De quoi (dè kwà).|| Quoi, qu’est-ce que.Ex.: De quoi vous faites donc là ?= Qu’est-ce que vous faites donc là?—Viens ici.—De quoi‘! = Quoi, plaît-il?Dial.Id., dans le Bas-Maine Dottin.Dérailer (dérèlé) v.intr.|| Dérailler.Fa.Dérailler: «Ce mot est écrit d’ordinaire dérailler et prononcé déraillé (Il mouillées); mais c’est une erreur, puisqu’il vient de l’anglais rail, prononcé en ang.rèl.Il vaut mieux suivre la prononciation anglaise, que cette mauvaise prononciation qui rapproche dérailler de railler.» Littré.«L’orthographe dérailé et la prononciation dérailé, recommandées par qq’uns, n’ont pu prévaloir contre l’influence de érailler, railler, etc.» Dérailement (dérèlmâ) s.m.|| Déraillement.Dérail (déràij) s.m.|| Graisse qui se lorme dans la membrane du péritoine, du mésentère.Ex.: Cortons de dérail—rillettes faites avec la graisse du péritoine.Dérailler (déràyé) v.tr.|| Bâcler (les boyaux); absol., enlever le dérail.Dérangé (dérâjé) adj.1° || Faible d’esprit, qui a la tête dérangée.Fr.Avoir le cerveau dérangé = un commencement d’aliénation mentale, Darm.S’applique à l’organe plutôt qu’à la personne.2° || Pris de vin.383 384 Bulletin du Parler français au Canada Déranger (se) (së dérctjé) v.réfl.|| Se mettre en goguette, s’enivrer légèrement.Ex.: Il prend un verre de temps en temps, mais il ne se dérange jamais.Fr.Se déranger : cesser d’avoir une conduite régulière, Darm.Débaucher (dèbôeé) v.intr.|| Partir.Ex.: Il est temps de débaucher.(Acadien.) Déraper (dérapé) v.tr.et intr.1° v.tr.|| Arracher.Fr.Déraper= terme de marine, en parlant d’une ancre, quitter prise sur le Tond et laisser dériver le navire, Darm.Dial.Déraper = arracher, dans le Midi, Darm., Delboulle ; — Glisser, se décrocher, Norm., Maze.2° v.intr.|| S’enfuir, se sauver, s’en aller.Déraquer (déraké) v.tr.|| Retirer du bourbier, de l’ornière.Dial, üéraquer— dégager (une voiture embourbée), Norm., Moisy, Maze, Delboulle; Pic., Haigneré.Déréner (déréné) v.tr.|| Enlever les rênes à un cheval.Dial.Dérèner=m.s., Bas-Maine, Dottin.Dergner, dargner (d'erné, damé) adj.Dernier.Dial.Dergner=m.s., Centre, Jaubert; Pic., Corblet.Dérhumer (se) (së dérumé) v.ref.' || Se désenrhumer.Dial.Se dérhumer = m.s., Maine, Dottin, Montesson.Derrick (derik) s.m.1° || Grue, mât de charge, chèvre mécanique.Fr.Lar.enregistre derrick, expression américaine : appareil de sondage servant à forer les puits pétrolifères.(N’importe quel sondage à grande profondeur.) 2° || Martinet, cordage qui sert à maintenir la corne d’artimon et dont on se sert pour soulever les fardeaux sur le pont.De rien (dé ryé) loc.j II n’y a pas de quoi.De rien répond à un remerciement pour un service rendu.Fr.Pop.De rien : Ça ne vaut pas la peine, Littré.Dial.De rin, m.s., Bas-Maine, Dottin. Lexique canadiëns-françaiS 385 Dérocher (déràcé) v.tr.|| Dégarnir une pièce de terre de roches.Fr.Dérocher — jeter en bas d’une roche, Darm.Fr.-can.Voir Erocher.Dérougir (déniji.r) v.intr.|| Dessoûler.Ex.: Il ne dérougit pas depuis huit jours=il ne dessoûle pas, il est ivre depuis huit jours.Dérouter (dératé) v.tr.|| Déshabituer.Ex.: Ça l’a dérouté de travailler aux champs, = ça lui a fait perdre l’habitude.Fr.Dérouter = mettre hors de la roule, de la voie, Darm.Dérouter (se) (sé déni té) v.réf.|| Se déshabituer.Des, du (dé, du).|| De.Ex.: Des méchants enfants = de méchants enfants.Je ne veux pas du pain=pas de pain.Ne faites pas du bruit = pas de bruit.Fr.Il faut, quand un adj.précède, dire en général de et non des: de von vin, de bonnes gens; mais on pourra se servir de des quand l’adj., en raison de l’usage, peut être considéré comme ne faisant qu’un seul mot avec le substantif: des jeunes gens.On revient à de, si on met devant l’adj.un mot qui le modifie: de tout jeunes gens.Désabrier (dézabriyé) v.tr.|| Découvrir.Vx FR.Désabrié— sans abri, La Curne.Dial.Désabrier = m.s., Saintonge, Eveillé, Haut-Maine, Montesson.Désaccord (dézàko.r) adj.|| Désaccordé.Ex.: Le piano est désaccord = désaccordé, Darm.Fr.Désaccord est un substantif.Désaccrocher (dézàkroeé) v.tr.|| Retirer ce qui est accroché, faire cesser d’être accroché.Vx fr.Désaccrocher = m.s., Cotgrave.Dial.Id., Normandie, Moisy.Le Comité du Bulletin. ANGLICISMES Anglicismes.Flag (ang.).Flask (ang.) s.m.Flush (ang.-américain) adj.et s.Il s’est montré flush.Faire le flush.Flush, adv.Il a passé (son examen) flush.Le montant était un peu élevé, mais il a payé flush.Flou,r (ang.fluke).Il a passé son examen, mais c’est un floux.Il ne fait que des floux.(Au billard).Équivalents français.Drapeau, pavillon.Gourde, flacon.Généreux, dépensier, prodigue.Il s’est montré généreux.Se montrer prodigue, généreux.Facilement, sans difficulté.Il a passé sans difficulté.Le montant était un peu élevé, mais il a payé sans aucune difficulté.Raccroc, coup plus heureux qu’habile (au billard et au fîg.), heureux hasard.Il a passé son examen, mais par un coup de hasard.Il ne fait que des raccrocs.Le Comité du Bulletin.386 TABLE ALPHABÉTIQUE DES MATIÈRES PAGES Abréviations.b Alphabet phonétique.5 Anglicismes.40, 80, 120, 160, 200, 240, 280, 320, 360, 386 Bibliographie.(Voir Comptes rendus, Livres et Revues.) Caractère (le) des peuples.295 Clef (une) — Terminologie technique, Adjutor Rivard.104 Comptes rendus : Aux vieux pays (l’abbé H.Cimon), A.Rivard.380 Congrès international des Américanistes, XVe session.Les Dialectes français dans le parler franco-canadien (Adjutor Rivard), l’abbé Camille Roy.105 Elévations poétiques (l'abbé F.-X.Burque), Adjutor Rivard.62 Dictionnaire historique des Canadiens et des Métis français de l'Ouest (R.P.A.-G.Morice, O.M.I.), Id.302 Entre amis (R.P.Louis Lalande, S.J.), Id.186 Entre la vie et le rêve (Florian Parmentier), Id.188 Epouse du Christ (Sœur Véronique), Id.112 Essais sur la littérature canadienne (l’abbé C.Roy), Id.20 Guide artistique et pittoresque de la ville de Honfleur (Léon LeClerc), Id.235 Inventaire chronologique des livres, etc., publiés en langue anglaise dans la province de Québec (N.-E.Dionne), Id.148 Jérusalem (Henri d’Arles), Id.Ill Journal d'un solitaire (Xavier Thériat), A.D.66 La Côte Nord du St-Laurent et le Labrador canadien (Eugène Rouillard), Adjutor Rivard.346 La famille Aubert de Gaspé.—La famille Boisseau.— La famille Renaud d'Avène des Méloizes (P.-G.Roy), Id.231 L’âme solitaire (Albert Lozeau), Id.23 Langue et patois de la Suisse romande (L.Gauchat), Id.38 La politique économique mondiale (S.Sculfort de Beaure- pas), Id.38 387 388 Buu jEtin du Parler français au Canada La Rhodesia (E.de Renty), J.-E.Prince.66 L'Effort des races (Jean Ott), Adjutor Rivard .38 Les Sources claires (Mte d’Escola), Id.112 Nouvelles eludes de littérature canadienne-française (Ch.ab der Halden), Id.27 Orateurs canadiens-français aux États-Unis (Georges Belle- rive), Id.303 Pour la Harpe d’or (René Gonnard), Id.188 Sous les brumes du temps (Louis Tiercelin), Id.309 Souvenirs d'une classe au Séminaire de Québec(L-E.Roy), Id.268 Vingt-cinq années de vie littéraire (Maurice Barrés), Id.310 I)e la langue des professionnels, J.-E.Roy.212 Ecrivains (les) français et notre langue populaire, R.P.T.Hudon, S.J.,.281 Elections de la Société du Parler français au Canada.61 E muet (1’) au citoyen Sicard, le Citoyen Crouzet.294 En Belgique — Société flamande pour la vulgarisation de la langue française.254 Elude sur l’histoire de la littérature canadienne—Michel Bibaud, l’abbé Camille Roy.41, 121 —Michel Bibaud journaliste et la vie littéraire de son temps, Id.161, 201 —Jean Rivard—Le roman du colon, Id.321, 361 Extrait du livre des délibérations de la Société du Parler français au Canada—Nomenclature géographique.87 Formats (les) canadiens, Adjutor Rivard.338 Index alphabétique des mots étudiés.393 Jean Rivard—Le roman du colon, l’abbé Camille Roy.321, 361 Langue (de la) des professionnels, J.-E.Roy.212 Langue française (la).293 Langue internationale (la), Adjutor Rivard.300 Langue (la) parlée au Nord-Ouest canadien, Philéas Gagnon.132 I„e Crucifié, poésie, Paul.-G.Feuillette.224 Lexique canadien-lrançais.(Voir Y Index alphabétique.)- ¦ 32, *72, 113, 151, 191, 236, 270, 312, 348, 383 Livres et Revues.20, 62, 66, 105, 112, 148, 185, 188, 231, 235, 265, 301, 309, 346, 374 Loquet (un)—Terminologie technique, Adjutor Rivard.102 Mécanisme vocal, Adjutor Rivard.68 Table Alphabétique des Matières 389 Michel Bibaud —Étude sur l’histoire de la littérature canadienne, l’abbé Camille Roy.41, 121 Michel Bibaud, journaliste, et la vie littéraire de son temps, l’abbé Camille Roy.161, 201 Mots (les) populaires dans la littérature canadienne-française, l’abbé F.-X.Burque.227 Nomenclature géographique — Extrait du livre des délibérations de la Société du Parler français au Canada.87 Noms canadiens des principales essences du Canada.298 Nouveaux cantons (les), Eug.Rouillard.81 Parler de la Gaspésie, O.A.18 Principales essences (les) du Canada — Noms français, noms canadiens, noms latins.298 Prononciation des mots anglais francisés, Adjutor Rivard.98 Propriété (la) de l’expression, l’abbé Emile Chartier.7 Questions et Réponses.149, 197, 174, 373 Ragon (l’abbé), l’abbé C.Roy.368 Rapport du Secrétaire général de la Société du Parler français au Canada pour l’année 1906-1907, Adjutor Rivard.55 Rapport du Trésorier de la Société du Parler français — Séance du 21 janvier 1908, l’abbé S.-A.Lortie.181 Représentation graphique des temps, Adjutor Rivard.138 Sagesse (la) des nations et le caractère des peuples.295 Sarclures, le Sarcleur.78, 119, 158, 278, 318, 358 Science (la) du langage.311 Séance publique de la Société du Parler français au Canada.(Voir Soc.du P.fr.au C.).Serrure (une)—Terminologie technique, Adjutor Rivard.103 Snobisme (le).296 Société llaJ du Parler français au Canada : Séance publique du 21 janvier 1908—Compte rendu.177 Rapport du Trésorier, séance du 21 janvier 1908, l'abbé S.-A.Lortie.180 Rapport du Secrétaire pour l’année 1906-1907, Adjutor Rivard.'.55 Élections.61 Société nationale de dialectologie romane.251 Table alphabétique des matières.387 Table des matières par noms d’auteurs.391 Terminologie technique—Une clef—Une serrure—Un loquet, Adjutor Rivard.102 390 Bulletin du Parler français au Canada Iraduction (la) des textes officiels, J.-E.Prince.288 Iraduction (la) française des textes officiels—Extrait du Hansard.255 « I ricentenaire» ou «IIIe Centenaire», le Comité d’Étude.262, 377 Une pétition, A.R.344 B sage (F).287 \ iolons (les) d’autrefois — Essai de folklore musical, J.-E.Prince.330 Vocabulaire (le).293, 319 TABLE DES MATIÈRES PAR NOMS D'AUTEURS PAGES A.(O.).Parler de la Gaspésie.-.• 18 Burque (l’abbé F.-X.).Les mots populaires dans la littérature canadienne-française.227 Chartier (l’abbé Émile).La propriété de l’expression.7 Comité d’Étude (le).Nomenclature géographique.87 — «Tricentenaire» ou «IIIe Centenaire».262 Comité du Bulletin (le).Anglicismes.40, 80, 120, 100, 200, 240, 280, 320, 360, 386 —Lexique canadien-francais.32, 72, 113, 151, 191, 236, 270, 312, 348, 383 — Questions et Réponses.149, 197, 274, 373 —Séance publique de la Société du Parler français au Canada.177 — Société nationale de dialectologie romane.251 —Le snobisme.296 Feuillette (Paul G.).Le Crucifié.224 Gagnon (Philéas).La langue parlée au Nord-Ouest Canadien.132 Hudon, S.J.(B.P.T.).Les écrivains français et notre langue populaire.281 Le Sarcleur.Sarclures.78, 119, 158, 278, 318, 358 Lortie (l’abbé S.-A.).Rapport du Trésorier de la Société du Parler français au Canada—Séance du 21 janvier 1908.181 Prince (J.-E.).La traduction des textes officiels.288 —Les violons d’autrefois.330 —Comptes rendus.(Voir la Table alphabétique.) Rivard (Adjutor).Rapport du Secrétaire de la Société du Parler français au Canada pour l’année 1906-1907.55 —Mécanisme vocal.68 —Prononciation des mots anglais francisés.98 —Terminologie technique.102 —Représentation graphique des temps.138 —La langue internationale.300 391 392 Bulletin du Parler français au Canada —Les formais canadiens.338 —Comptes rendus, Livres et Revues.(Voir la Table alphabétique.) Roy (1 abbé Camille).Étude sur l’histoire de la littérature canadienne—Michel Bibaud.41, 121 —Michel Bibaud, journaliste, et la vie littéraire de son temps.161, 201 —Jean Rivard—Le roman du colon.321, 361 —Comptes rendus.(Voir la Table alphabétique.) —L’abbé Ragon.368 Roy (J.-E.).De la langue des professionnels.212 Rouillard (Eug.).Les nouveaux cantons.81 i INDEX ALPHABÉTIQUE DES MOTS ÉTUDIÉS Nota.—Les mots en caractères gras sont tirés du Lexique canadien-fran-çais ; les mots en italiques, des articles de M.l’abbé E.Chartier et de M.Philéas Gagnon, a indique que le mot se trouve dans les Anglicismes ; s, dans les Sar-clures ; r, dans les Questions et Réponses.Les chillies renvoient aux pages de ce volume.A à cont'r cœur, 33 acte, 288 à demande, 238 à demeure, 236, 353 affûtage, 227 affûteur, 227 agent de freight, a, 280 agrès, 132 aiguiber, 19 allège, 132 Aloustouc, 227 amèts, 227 Anglais, 132, 134 application, 10 argot, 319 arpent, 132 arrive qui plante, 286 arrachis, 227 au contre, 34 aucun, s, 119 au plus coupant, 116 avarice, 319 avaricieux, 284 aveindre, 306 aviron, 132 B hacker, 10 bagosse, 18 balise, 242 bambocher, 281 banquise, s, 279 baragouin, 319 barge, 18 barre de canot, 132 bas, 14 bâtisse, 305 battre les chemins, 242 beau damage, 195 bee, 73 biorque, 18 bise, r, 277 blood, 10 blotter, a, 40 bluff, 11 bois blanc, 299 Bois Brûlés, 133 bois barré, 298 bois carré, 227 bois de fer, 299 bois dur, 299 bois frais mangé, 227 bois franc, 134 bois rond, 247 bonduc-chicot, 298 bordée de neige, 242, 243 boucané, 227 boucaner, 306 boucler, 228 bouette, 18 bouffies, 247 boulant, 243 bouleau (écorce del, 133 bouleau à canot, 298 bouleau blanc, 298 bouleau noir, 298 bouleau rouge, 298 bourgeois, 133 bouts, 133 boyart, 18 braid, a, 160 braid à dentelle, a, 160 braid à finir, a, 160 braid anglais, a, 160 braid médaillon, a, 160 braid militaire, a, 160 braid tubulaire, a, 160 braider, a, 160 brancher (se), 228 brandy, 334 brassin, 247 brigade, 133 brin, 283 brise, r, 277 brosse, 11 brimante, 248 brunir, 228 burner, 11 butin, 133, 305 C cabane à sucre, 247 caboche, 283 cache, 133 cache, 228 cacher, 133 cage, 133 cahot, 243 caillé, 284 cajeux, 133 call down, 10 caller, 10 candy, 11 canne, 282 canot, 133 canot du nord, 134 capot, 14, 134 capot de couverte, 134 carabine, 134 carrer (se), 286 carriage, 11 carte-poste, a, 40 casseau, 247 cavalier, 285 cèdre blanc, 299 cent, 291 centin, 291 c’est correct, 72 çhair de poule, 283 393 394 Bulletin change, 11 char, 244, 249, 306 char à freight, a, 280 char plate-forme, 244 char urbain, 244 charabia, 319 charme, 298 chaudière, 134 chaussettes, 14 checker, 10 chemin de plaques, 229 chemin plaqué, 229 chêne gris, 298 chum, 11 circulation, 74 clairer, s, 279 claque, 282 cliche, 12 clipper, 306 coat, 76 cochon raisonnable, 220 coco, 283 code, 114 cody, 19 cœureux, 19 collecteur, 10 collect freight, a, 280 collègue, r, 198 collerette, 14 collet, 14 collouer, 77 colorer, r, 276 colorier, r, 276 coloué, 77 coltailler, 74 coltailler (se), 74 comme une perdue, 282 comjpagnie, 285 conducteur, 292 confrère, 198 confusion, 74 connecter, a, 240 connexion, a, 240 conseils, 134 considération (en), 32 considération (sous), 32 consomption, 32 constituants, 32 consulte, 32 contable, 33 conte, 33 contemplation (en), 33 contenancer, 33 conterbande, 33 conterbandier, 33 cont’r-coeur (à), 33 conterdire, 33 conterdiction, 33 conterfaire, 33 contestation d’élection,33 du Parler français au Canada conteux, 34 contracter, 34 contracteur, 34 contrat, 34 contre (au), 34 contre (de), 34 contre-à-contre, 34 contre-à-côte, 34 contrevention, 34 convint, 35 convoiter, 35 cook, 35, 116 cookerie, 116 cookerie, 10 côpérage, 35 côpère, 35 copie, 35 copieux, 35 coppe, 35 copper, 35 coque, 150 coque-cigrue, 35 coquerelle, 35 coquerie, 35 coquille, 150 cordeau, 36 corde à virer le vent, 36 cordée, 36 corder, 36 cordon, 36 cormier-maskouabina, 299 cornailler, 36 cornailler (se), 37 corner, 37 corniche, 37 cornichon, 113 coronel, 37 corporal, 37 corporation, 113 corporé, 113 corporance, 72 corporant, 72 corporaux, 72 corps, 72 corps, 14 corps mort, 72 correct (c'est), 72 correspondre (se), 72 correyer, 72 correyeur, 73 corrigeable, 73 corriger, 73 corroie, 73 cortons, 73 corvée, 73 côsse, 73 cossin, 73 costarde, 74 costume, 14 costumé, 74' cot, 114 cote, 114 côte, 114 côteux, 74 côteyeux, 74 cotil, 74 cotir, 74 cotiser, 74 cotiseur, 74 coton, 114 coton jaune, 114 côtoyeux, 74 cotte, 114 cotter, 114 couac, 114 couac, 18 coucherie, 115 cou-croche, 115 coudais (je), 75 coude, 75 coudéyer, 75 coudis (je), 75 coudre, 75 coudu, 75 couëffe, 75 couenne, 75 couette, 76 couillon, 76 couillonner, 76 coulée, 76 coulée, 246 couler (faire), 76 couleuré, 77 couleurer, 77 couleuve, 77 coulouêr, 77 couloir, 247 coulombage, 77, 115 couloué, 77 coup, 115 coupable, 115 coupailler, 115 coupant, 116 coupant (au plus), 116 coupe, 116 couper, 116 couque, 116 couquerie, 116 courailler, 116, courailleur, 116, 117 courailleux, 117 courant, 116 coureux, 117 couriace, 117 courir, 117 courir l’eau d’érable, 246 courson, 117 cours privé, 10 court (être de), 117 courvée, 73, 117 Index alphabétique des mots étudiés 395 cousable, 118 coùtage, 118 coûtageux, 118 coûtant, 118 couteau, 118 coùtément, 118 coûte qui coûte, 118 couvarcle, 151 couvarte, 151 couvarture, 151 couvert, 151 couverte, 151 couyau, 152 C.P.R., r, 197 crabe, 152 crac (dans un), 152 crachoué, 152 crack, 154 cràde, 152 craire, 152 crakers, 152 crâle, 152 crâlée, 152 cramaillère, 152 crampe, 153 cramper, 153 cramper (se), 153 cramponner (se), 153 cran, 153 crane, 153 crank, 11 crank, 153 cranque, 153 crape, 153 crapin, 154 crapouille, 154 craquage, 154 craque, 154 craque, a, 200 craqué, a, 200 craqué, 154 craquer, a, 200 craquer, 154 craquignole, 155 crasse, 155 crasser, 155 crasser (se), 155 crasserie, 155 crasseux, 155 crassin, 155 crassiner, 155 créature, 15(5 creek, 192 creire, 156 crémeur, 156 crémone, 156 créon, 156 crétique, 157 crétiquer, 157 cretons, 73, 157 creume, 157 creumer, 157 creuve-faim, 157 creuyable, 191 crevé, 157 crève-faim, 157 crever (se), 157 crevure, 191 crève-z-yeux, 191 créyable, 191 créyant, 191 créyature, 156 cri, 191 criage, 192 criature, 156 crible, 192 cric, 191 cric-crac, 192 criéture, 156 crieur, 192 crignasse, 192 crigne, 192 crin-crin, 192 crique, 192 criquet, 192 crir, 193 criyon, 193 crôbàrre, 193 crotons, 73 crouston, 284 croûte, 246 crowd, 152 crowd, 11 cut, 114 cutter, 114 D dag, 193 daguer, 193 dagueur, 193 dalle, 134 dalle, 194 dalot, 194 damage, 194 damage (beau), 195 dame, 194 dampeur, 195 dandy, r, 150, 296 dangéreux, 195 dans, 195 danse, 195 danse callée, 196 danse carrée, 196 danse ronde, 196 danse vive, 196 danseux, 196 dans le criminel, 195 dans le temps de le dire, 195 dans le temps de rien, 195 dans un crac, 152 dans un rien de temps, 195 d’apparence, 196 d’apparence que, 196 d'arculons, 196 darder (se), 239 dargner, 270, 384 dargniérement, 270 darner, 270 damier, 270 darte, 270 dash, 270 d’avance, 270 d’avant que, 271 day-book, 271 d’dans, 271 débagager, 271 débagoulard, 271 débagouler, 271 débarbouiller, 271 débarquement, 272 débarquer, 272 débarras, 272 débarrer, 273 débater, 273 débattement, 273 débaucher, 384 débenture, 273 débine, 273 débiner, 273 débiscaillé, 312 débiter, 312 débord, 312 débordage, 312 débouche, 312 débouliner, 312 déboutonner (se), 312 deboutte, 312 débrager (se), 356 débrayer, 312 débrette, 313 débricoler, 313 débris, 313 débriscaillé, 313 débrousser, 313 décacher, 313 décaler, 313 décaniller, 313 décanter, 314 décapoter, 314 décarcaner, 314 décerner, 314 décesser, 314 déchagriner, 314 déchaîné, 314 396 Bulletin du Parler français au Canada de chance que, 315 déchanger (se), 315 décharge, 315 déchargeage, 315 décharger, 315 dèche, 315 décheter, 315 déchicoter, 315 déchiffrer, 315 déchoquer (se), 315 d’écit’ et d'là, 315 déclarer faillite, 31G déclaver, 316 décolérer (se), 316 décoller, 316 décolouer, 316 décompter, 316 de conte, 33, 316 de contre, 34 décoppé, 316 décoter, 316 découèffer.317 découde, 317 découdu, 317 découleurer, 317 de court (être), 117 découvert, 317 décrocher, 317 décrocheter, 317 déculotter.348 dedans, 348 de dépense, 355 dédire (se), 348 de dlà, 352 défaçonner, 348 défaire (se), 348 défaisable, 348 défaite, 349 défalcataire, 349 défalcataire, a, 80 défalcation, 349 défalcation, a, 80 défaller (se), 349 défarger, 359 défaut d’une côte, 349 défint,-te, 349 défoncer, 349 défranchisation, 350 défranchisation, a, 80 défranchiser, 350 défranchiser, a, 80 défuntisé, 350 dégainde, 350 dégeancer, 350 dégêner, 352 dégendrer, 350 déglacer, 350 dégnaiser, 236 degner, 350 dégniaiser, 350 dégommer, 350 dégoter, 350 dégouailler, 351 dégouquière, 351 dégourmer (se), 351 dégoûtation, 351 dégouttière, 351 dégraisser (se), 351 dégrader, 351 dégras, 352 dégreyer, 352 dégrimoner, 354 dégripper (se), 355 dehors, 352 dehors (en) de, 236 d'ein, 352 d’eine.352 déjà, 352 déjeter, 237 déjeunner, 237 déjeviller, 237 déjointer, 237 déjouquer, 238 déjuiller, 238 délàbre, 238 délayé, s, 318 délibéré, 238 délibérer, 238 délibérer, s, 318 délier, 353 déloquer, 238 délurer, 238 démailler, 19 démancher (se), 238 démanchure, 238 demande (à), 238 demande (grand), 239 demander, 239 demander à ce que, 270 démanger de, 282 démàrrer, 196 déméliorer, 353 démélois, 239 démêloué, 239 déménagement, s, 119 demence (en), 239 démentir, 13 demeurance, 239 demeure (à), 236, 353 demiard, 236 demi-lune, 236 demoiselle, 237 démon, 353 démontant, 353 demurrage, 353 dénarfer, 353 dénerfer, 353 dénicher, 353 dénicheter, 353 dénicheux, 354 dennaison.353 denner, 353 d'en par là, 354 dentisse, 354 déouacher, 354 dépareillé, 354 déparler, 354 département, 134 départir, 13 dépêche des affaires, 354 dépense (de), 355 dépigeonner, 355 dépitailler (se), 355 depis, 355 dépiter (se), 355 déplanter, 356 déplet, -te, 356 dépleumer, 356 déplomber, 356 dépoitrailler (se), 356 déposoir, 11 dépôt, 356 dépouillant (en), 357 député.357 déqualification, 357 déqualification, a, 80 déqualifié, 357 déqualifié, a, 80 déqualifier, 357 déqualifier, a, 80 de quand, 357 d’equerre, 357 de qui, 383 de quoi, 383 de raculons, 196 de reculons, 196 débaucher, 382 dérail, 383 dérailer, 383 dérailement, 383 dérailer, 383 dérailler, 383 dérangé, 383 déranger (se), 384 déraper, 384 deraquer, 384 dérêner, 384 dergner, 384 dérhumer (se), 384 de rien, 384 dérocher, 385 dérougir, 385 dérouter, 385 dérouter (se), 385 derrick, 384 des, 385 désabrier, 385 désaccord, 385 désaccrocher, 385 de seconde main, 10 Index alphabétique des mots étudiés 397 déserté, 228 de suite, s, 359 des fois, 286 devant, 133 dévisager, s.158 dewasher, 354 diary, a, 40 difforme, r, 276 directory, a, 320 discarter, a, 320 discompte, a, 320 discompter, a, 320 disconnecter, a, 320 discrimination, a, 320 discriminer, a, 320 disqualification, a, 80, 320 disqualifié, -er, a, 80, 320 d'jeùner, 237 docks, 11 dodge, dodger, dodgeur, a, 360 dollar, 289 dotche, dotcher, dotcheur, a, 360 d'pis, 355 drêt, 305 drill, a, 120 driller, a, 120 drill-shed, 11 drill-shed, a, 120 du, 382 dull, 11 dur à cuire, 286 E eau à la glace, 10 eau d’érable, 246 eau de sève, 246 eaux salées, 228 écrapoulir, 12 écréanché, 19 écuyère, 218 édifice, s, 158 éhiber, 19 embarras, 228 emprunter à ou de, r, 149 en arracher, 12 encanteur, 11 en consideration, 32 en contemplation, 33 en dedans de, 348 en dehors de, 236 en demence, 239 en dépouillant, 356 engagé, 134 en mains, s, 158 en manches de chemise, 284 enmouler, 247 enneiger (s’), 242, 248 E.& O.E„ r, 150 en rapport avec, s, 278 entailler, 246 en un rien de temps, 286 épinette jaune, 298 épi nette rouge, 299 éplucher, 12 épluchette, 250 équipée, 286 équipement, 136 érable à Giguères, 298 érable bâtard, 298 érable blanc, 298 érablière, 245 espérer, 134 être de court, 117 él riper, 12 F facterie, 10 faire connexion, a, 240 faire couler, 76 faire couler, 246 faire la chaudière, 134 faire réduire, 247 fall (to) to work, r, 149 fashionable, 11 fastener, a, 40 fesser, 18 feu, 292 fixer, 11 flag, a, 386 flambant neuf, 284 flasque, 286 doux, a, 386 flush, 11 flush, a, 386 folle-avoine, 134 fonds d'ormes, 228 fonte, r, 277 foolscap, a, 40 fort, 134 fournaise, 306 franc, 134 Français, 134 freemen, 135 freight, 11 freight, a, 280 freight shed, a, 280 frêne blanc, 298 frêne gras, 298 frêne noir, 298 frêne rouge, 299 fun, 11 G gabare, 135 galet, 135 gang, 11 gomme, 135 gommer, 135 gonfler, 247 gortons, 73 gouvernail, 133, 135 goudrelle, 246 grand demande, 239 gratter, 135 grémens, 135 gretons, 73 grilloche, 19 grosse épinette, 298 grosse ouvrage, s, 158 grotons, 73 G.T.R., r, 197 guertons, 73 guide, 135 H habiller à plomb, 12 hâler, 19 Half-breeds, 133 hangard, 135 hardes faites, 306 hêtre, 299 hier au soir, 286 hivernement, 135 homme à la neige, 243 homme libre, 135 horn-pipe, 334 hose, 11 hureux, 305 I I.C.R., r, 197 impothèque, 11 incendiât, 250 incendie, 292 incommode, 19 incroyable, r, 296 informe, r, 276 itou, 306 J jack, 10 jargon, 319 jeunesse, 286 joint, 285 jonction, 10 joug, 246 K Kapskouk, 228 kertons, 73 398 Bulletin du Parler français au Canada L label, 11 ladrerie, 319 ledger, a, 40 lésine, 319 lisse, 244, 305 ligne, s, 279 lion, r, 296 livre, 135 lock out, 11 locks, 11 loi, 288 loose, 10 loune, 18 M mail, 11 mailler, 19 Maléchites, 228 mailer, 10 mangeur de lard, 135 marchandises sèches, 306 marche, 135 margot, 18, 19 marier, s, 78 marionnettes, 229 marron, 135 masconahina, 229 matachias, 229 matinal, r, 275 matineux, r, 275 mèche, 286 Méchins, 229 menote, 282 merisier blanc, 298 merisier rouge, 298 merveilleuse, r, 296 Met ifs, 133, 135 meublier, 248 Micmacs, 229 micouenne, 247 milieux, 133 mille, 291 millin, 291 mirliflor, r, 296 mitan, 283 mitasses, 229 mocassins, 229 monter, 285 moses, 11 money-musk, 334 mouque, 18 mouvette, 247 muscadin, r, 296 N nager, 135 necktie, 11 nique, 135 noix blanche, 298 nous ne sachons pas, 199 noyer dur, 298 noyer tendre, 298 0 office, s, 279 opulent, 19 orignal, 242 orme blanc, 299 orme rouge, 299 ouèseau, 305 ouigouam, 229 P pad, a, 40 pagée, 248 paire de pantalons, 10 panne, 247 palette de l'estomac, 317 paper-clip, a, 40 papier foolscap, a, 40 parler franc, 134 particulier, 10 parti de sucre, 247 pas de la porte, 282 pas de reste, 284 passage, 230 patliache, 229 patois, 319 patronage, s, 318 pager une visite, 10 peloter, 243 pémican, 136 pente, 243 perche, 248 perche de canot, 136 petite épinette, 298 petons, 282 peuplier Liard, 299 piastre, 289 piaule, 18 pièces, 136 pimican, 136 pin blanc, 299 pince ,229 pin-cushion, 11 pin gris-cyprès, 299 pin jaune, 299 pin résineux, 299 plaine, 298 plaque, 229 plaqué, 229 plaquebiére, 18 platane de Virginie, 299 platin, 11 play, 11 plier, r, 276 r, ployer, r, 276 pluck, 11 plume-fontaine, a, 40 plumer, 230 plus coupant (au), 116 poignets, 14 poisson franc, 134 poker, 11 policeman, 11 pont de glace, 248 port, 11 portage, 136 portage, 230 portageux, 230 porter attention à, 10 positif, 286 post-card, a, 40 poste-carte, a, 40 poudrerie, 243 pourcie, 230 prairie, 136 pratique, 286 prendre l’épouvante, 11 prendre ses degrés, 10 prendre une marche, 10 prepaid freight, a, 280 présider, s, 79 prêtrise, s, 318 prié (être), 281 pruche, 299 Q Q.C.IL, r, 197 Québec, 231 Québécois, r, 197 Québecquois, r, 197 queuotes, 282 quérir, 306 qu’ri, 191 R ranger,-334 rappeler (se) de, s, 119 raquettes, 136 rava uder, 283 réaliser, s, 78 receveur, 292 réduction, 10 réduit, 247 reel, 334 régler, 284 rencontre, 243 renvoi, 243 réparation, r, 277 ressortir, 13 Index alphabétique des mots étudiés 399 restauration, r, 277 resté, 19 rivage, r, 277 rive, r, 277 roll, 11 rough, 10 Royal Mail, r, 150 runner short, 10 S sagamo, 230 saguenash, 136 salange, 230 sapin blanc, 299 sapin rouge, 299 satchel, 11 saule, 299 sault, 306 scheming man, r, 197 scier, 11 scrap-book, a, 40 scrape, 11 scraper, 10 s’écarter, 12 se rappeler de, s, 119 short, 10 show, 11 sink, 11 slang, 11 sleigh, 11 sling, 11 slow, 10 smart, 10 snack, 11 snob, r, 296 sort, 284 sou, 291 souêr, 305 sourlinguer, 19 sous considération, 32 span, 11 spleen, 11 squash, 11 squash, 115 squid, 18 stand, 11 steward, 11 stock, 11 stove-pipe 11 strap, 10 strike, 11 strike, 306 subway, 11 sucre de sève, 246 sucre du pays, 136 sucre gris, 136 sucre sauvage, 136 sucrerie, 246 sucrier, 246 Suisse, 246 sur, s, 319 sur (une équipe), s, 278 T tablet, a, 40 tamarac, 299 tant qu’à, s, 278 taureau, 136 teem, 10 temps des sucres, 246 terrine de ferblanc, 12 through freight, a, 280 tignasse, 76 limer, 10 tip, 11 ttre, 247 tirer sur, 285 tomahawk, 230 tombe, 13 tomber d'un mal, 17 top, 11 toque, 247 tour, 286 tout de suite, s, 359 transfert, 10 traverse.136 traverser une jonction, 10 tremble, 299 tremper, 282 trempette, 247 tribuler, 107 tricentenaire, 262 tric-trac, 192 trimbalé, 283 trouble, r, 149 V vache qui ne meurt point, 220 vénéneux, r, 275 venette, 282 venimeux, r, 275 verdet, r, 296 voyageur, 134, 136 W wâganes, 229 waiter, 11 waltape, 136 wigwam, 229 Y yeast, 11 Bibliothèque et Archives nationales Québec Le Bulletin du Parler Français au Canada Page blanche AVIS Les membres de la Société du Parler français au Canada sont priés de se rappeler que les séances de l’Assemblée générale ont lieu le quatrième lundi de chaque mois, et que tous sont invités à y assister.Ceux qui désirent recevoir, pour chaque séance, une lettre de convocation voudront bien en avertir le secrétaire.Nous prions tous les lecteurs qui seraient disposés à faire pour le,compte de la Société une petite enquête locale et qui n’ont pas reçu notre Bulletin d’observations No 3, de nous l’écrire ; nous leur enverrons immédiatement un exemplaire de ce Bulletin.Nos correspondants voudront bien nous faire parvenir leurs réponses aussitôt que possible ; car nous attendons la rentrée des observations sur les mots en C pour publier le questionnaire sur les mots en D.Les Contemporains.29 mars : Raymond de Sèze ; 5 avril : Mgr Hacquart.* * * Le Mois littéraire et pittoresque.Mensuel.Paris, rue Bayard, 5.Abonnement : 14fr.Sommaire du N" d’avril ; Le péché de Marie-Rose, par Pierre Billaud; Une petite cour au XIIP siècle : Stanislas à Lunéville; Le salon des refusés du siècle, par Gustave Hue; Causerie: L'indépendance de la critique, par Joseph Ageorges ; Poésie : Sous les tilleuls, par Pierre Ladoué,— Vieux Missels, par Joseph-Emile Poirier ; Roman : En 1S15, par Ernest Daudet ; Varia: En pops hongrois, par Dominique Netterlé,—Chauffeurs et mécaniciens, par E.Laval ; Chronique : Pluie d’inventions, par Le Sénéchal ; Le Livre du mois: L'Egérie de Louis-Philippe, par R.Arnaud ; Causerie dramatique, par François Veuillot ; Pages oubliées, Variétées scientifiques.Echos du mois. BULLETIN DU PARLER FRANÇAIS AU CANADA » Le Bulletin, organe de la Société du Parler français au Canada, est dirigé par un comité nommé par le Bureau de direction.Il paraît une fois par mois, sauf en juillet et août, Les abonnements partent de septembre.Conditions d’abonnement : Canada et Etats-Unis, $1.00; Union postale, 8 francs j réduction de moitié aux élèves des collèges et des couvents du Canada.On peut devenir membre de la Société et recevoir, à ce titre, le Bulletin, en envoyant au Secrétaire une demande d’inscription et le montant de la cotisation annuelle ($10.00 pour les membres bienfaiteurs; $2.00 pour les membres titulaires ; $1.00 [Etranger : 8 francs] pour les membres adhérents).Les cotisations sont dues au 1er septembre ; mais on peut s’inscrire en tout temps durant l'année, en payant les arrérages.Les membres adhérents et les abonnés, qui s’inscrivent après le 1er février, doivent, pour recevoir les numéros du Bulletin parus depuis septembre, verser un supplément de >50 sous.Le 1er, le 2ième, le -tiènie et le ôième volumes du Bulletin sont en vente.Prix, chaque volume : $2.50 ; le troisième volume ne se vend «pie dans la série complète des cinq années du Bulletin, dont le prix est de $12.50.Pour tout ce qui concerne la Société et le Bulletin, s’adresser A MONSIEUR le SECRÉTAIRE de la Société du Parler français au Canada Université Laval (Bureau de Poste, casier N° 236) Québec Imprimerie et Reliure, L’Action Sociai.e, Quebec.
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