Bulletin du parler français au Canada, 1 septembre 1909, septembre
Vol.VIII SEPTEMBRE 1909 BULLETIN DU SOMMAIRE Pages 7—La nostalgie de la foi chez Sully-Prudhomme.15—Rapport de la Société du Parler français au Canada à la Société Royale du Canada (juin 1909).21—Au congrès de nos sociétés.24—Lexique canadien-trançais (suite).33—Les Livres.j 35—Revues et Journaux.39—Sarclures.L’abbé Antonio Huot.Ad.iutor Rivard.Le Comité du Bulletin.Un professeur.J.-E.Prince.A.R.Le Sarcleur.«> REDACTION ET ADMINISTRATION LA SOCIÉTÉ DU PARLER FRANÇAIS AU CANADA UNIVERSITÉ LAVAL QUÉBEC Éditeur-dépositaire, à Paris : H.CHAMPION, libraire-éditeur, 5, Quai Malaquais. AVIS Les membres de la Société du Parler français au Canada sont priés de se rappeler que les séances de l’Assemblée générale ont lieu le quatrième lundi de chaque mois, et que tous sont invités à y assister.Ceux qui désirent recevoir, pour chaque séance, une lettre de convocation voudront bien en avertir le secrétaire.Les membres de la Société et les abonnés du Bulletin du Parler français au Canada trouveront, sur la bande du Bulletin, au-dessus de l’adresse, la date de la prochaine échéance de leur cotisation ou de leur abonnement.Cette indication sert de quittance à ceux qui sont en règle avec l’administration et rappelle aux autres qu’ils doivent acquitter des arrérages.Cotisations et abonnements sont payables d’avance, le 1er de septembre, your les 12 mois suivants.'* Le Mois littéraire et pittoresque.Mensuel.Paris, rue Bayard, 5.Abonnement : 14 fr.Sommaire du N° septembre ; Le Los de Saint-Michael, par Armand Praviel ; Une messe noyée, par Vincent Le Govec ; Louise-Adélaïde de Panthièvrc, duchesse d’Orléans, par le Bon A.de Maricourt ; M.Antony Troncet, peintre, par Joseph Ageorges ; Le bras, par Emile Faguet ; Les bœufs, poésie, par A.Le Peltier ; A une jeune fille, par Zénon-Fière ; Quand l’été s’annonce, roman, par Gustave Hue ; Varia, Chroniques, Livres du mois, Actualités scientifiques, etc. BULLETIN DU PARLER FRANÇAIS AU CANADA V'ITI BULLETIN DU VOL.-NTIII SEPTEMBRE 1909 — SEPTEMBRE 1910 PUBLIÉ PAR LA SOCIÉTÉ DU PARLER FRANÇAIS AU CANADA UNIVERSITÉ LAVAL QUÉBEC Imprimeur-Editeur O L’ACTION SOCIALE, Ltée 0 Imprimeur et Relieur $ 103, RUE SAINTE-ANNE, 103 (?O QUEBEC Editeur-Dépositaire HONORÉ CHAMPION Libraire et Éditeur 5, QUAI MALAQUAIS, 5 PARIS P ALPHABET PHONETIQUE (Signes conventionnels pour la figuration de la prononciation) d’après MM.Gilliéron et l'abbé Rousselot Lettres françaises.Les lettres a, e, i, o, u, b, d, n, f, /', k, l, m, n, py r, t, v, ont la même valeur qu’en français.g~g dur (gâteau) ; s = s dure (sa); œ = eu français (heureux); w = ou semi-voyelle (oui); y = i semi-voyelle (pied); iv = u semi-voyelle (huile); è = e féminin (je); b marque l’aspiration.Lettres nouvelles.*11=01/ français (coucou); c = c/i français (chez).Signes diacritiques.Un demi-cercle au-dessous d’une consonne indique que cetle consonne est mouillée: / (son voisin de / + y, / mouillée italienne), k (son voisin de k-\-y), y (son voisin de g + y), n (gu français de agneau).—Un point au-dessous d’une consonne indique que cette consonne est prononcée la langue entre les dents : t, d (sons voisins de t + s, d-\-z; c’est le t et le d sifflants canadiens de: li, du).Les voyelles sans signes de quantité ou de qualité sont indéterminées (tantôt ouvertes, tantôt fermées), ou moyennes : u (a de patte), e (e de péril), o (o de botte), ce (eu de jeune).—Les voyelles marquées d’un accent aigu sont fermées : d (a de pâte), é (e de chanté), d (o de pot), d’ (eu de eux).—Les voyelles marquées d'un accent grave sont ouvertes: à (a de il part), è (e de père), o (o de encore), ce (eu de peur).—Les voyelles surmontées d’un tilde sont nasales: â (an de sans), ê (in de vin), 6 (on de pont), œ (un de lundi.— Suivies d’un point supérieur, les voyelles sont brèves; a-, r, etc.; de deux points, elles sont longues: a:, i:, etç ; d’un accent, elles sont toniques: a , i', etc.Deux lettres qui se suivent, et dont la seconde est entre crochets, représentent un son intermédiaire entre les deux sons marqués.Ainsi, ô [o] = o demi-nasal.Les petits caractères représentent des sons incomplets.Il n’y a pas de lettres muettes dans la prononciation figurée; chaque son n’est représenté que par une lettre, et chaque lettre ne représente qu’un son.5 ABRÉVIATIONS acc.=aceeption adj.=adjectif,—tivement adv.=radverbe,—biale- fig.=figurément fr.=français fr.-can.=franco-canadien gr.=graphie gram.=grammaire intr.=intransitif lat.=latin litt.=littéralement loc.=locution m.=masculin m.s.=même signification néol.=néologisme phon.=phonétique pl.=pluriel pop.=populaire pron.=prononciation propt=proprement rem.=remarques s.:=substantif sign.=signifie,—fication sing.=singulier sol.=solécisme t.=ternie tech.=technique tr.=transitif v.=verbe, voyez var.=variante vx=vieux ment ane.=ancien ang.=anglais, anglicisme arch.=iarchaïsme barb.=barbarisme can.=canadien cf.=com parez dial.=dialectologie, dia- lectal ex.=exemple f.=féminin SIGNES ABRÉVIATIFS * Devant le mot qui forme la tête d’un article du Lexique, l’astérisque indique que, si l’on a cru utile de présenter quelques observations sur ce mot, il ne s’en suit pas nécessairement qu’on ne puisse l’employer même dans le discours soigné ; ce mot peut être un mot reçu dans la langue française, un néologisme de bon aloi, un archaïsme qu’on aime à conserver, un mot étranger qui n’a pas en français d’exact équivalent, etc.Devant un mot latin, l’astérisque indique une forme hypothétique, non attestée.=-v Ce signe indique l’étvmologie, la filiation, l’origine du mot, de la locution, de la tournure, de la prononciation, qui suit ou qui précède, suivant le sens de la tléche.— Le tiret marque certaines subdivisions dans le texte d’un article.= Le tiret double annonce la signification, la traduction, l’équivalent de ce qui précède.[| Le tiret double vertical indique les acceptions d’un mot, ou 'le sens attribué, dans le parler français au Canada, au mot qui fait le sujet d’un article lexicographique.Le terme propre français, le mot qu’on propose de substituer à celui qui forme la tête de l’article, quand il y a lieu, suit ce signe.| Le trait vertical indique un emploi spécial du mot dont il s’agit, une locution particulière où il entre.Dans le Lexique, les noms d’auteurs sont imprimés en petites capitales et les titres d’ouvrages en italiques.6 Vol.VIII, N° 1—Septembre, 1909.LA NOSTALGIE DE LA FOI CHEZ SULLY-PRUDHOMME Peu d’âmes ont aussi cruellement soufï'ert du doute que celle de Sully-Prudhomme.Toute son œuvre poétique n’est, pour ainsi dire, qu’un cri déchirant.Elevé dans la foi catholique par une mère pieuse, il alla se précipiter, au sortir de l’adolescence, dans l’abîme sans fond de cette science qui prétendait, alors, donner le dernier mot de la destinée humaine et dont la colossale «faillite» devait être si éloquemment proclamée, plus tard, par le clairvoyant Brunetière.Strauss, le précurseur de Renan, ruina les derniers vestiges de la foi dans le cœur du malheureux jeune homme qui, peu de temps avant cette lecture fatale, avait cru entendre résonner à ses oreilles l’appel de Dieu.On sait qu’il pensa même, un instant, à se faire dominicain.Dans toute la littérature française contemporaine, il n’existe pas de drame aussi poignant que la tragique histoire de cette âme.C’est, pendant quarante-trois ans (1865-1908), à une lutte terrible entre la conscience chrétienne et l’orgueil humain que nous fait assister l’œuvre du poète.Beaucoup n’ont jamais pu voir autre chose dans cette œuvre que les cinq strophes du Vase brisé et, surtout, celle-ci : Son eau fraîche a fui goutte à goutte, Le suc des fleurs s’est épuisé ; Personne encore ne s’en doute ; N’y touchez pas, il est brisé.Il ne faut pas leur reprocher trop sévèrement de n’avoir gardé que cet unique souvenir du poète de la Vie intérieure.Cette pièce (1) Stances.La Vie intérieure.— Poésies de Sully-Prudhomme.Édit.Lemerre, 6 vols (1865-1908).7 8 Bulletin du Parler français au Canada est un symbole.Le poète dira plus grand en parlant de son âme; jamais il ne dira plus vrai.Dieu avait certainement donné à Sully-Prudhomme une grande âme.Porté vers les sommets, son esprit était assoiffé de justice, de vérité, de lumière : J’ai l’âme de l’aiglon dont l’aile vigoureuse Frémit d’impatience aux mains du ravisseur ; Il lui faut le Soleil.Comme Musset, l’infini le tourmente.Autour de lui, il ne voit rien de staDie et qui puisse servir de base à ses hautes conceptions.Il voudrait que son âme pût suivre là-haut le vol de l’hirondelle.D’où pourra-t-elle, hélas ! s’élancer vers l’infini ?Partout la dissolution, l’oubli, la mort.Que dis-je ?Après le départ des oiseaux, Les nids abandonnés pourrissent.Que sont devenus nos berceaux ?I)e leur bois les vers se nourrissent.Et pourtant, il y a, sur la terre, des choses si belles et que le poète chante si bien : J’aime d’un ciel de mai la fraîcheur et la grâce.La profondeur du ciel est un regard de Dieu.Pur reflet du ciel, aussi, lame de l’enfant attire le poète.Il est pris d’une grande crainte à la vue de tous ces jeunes gens qui entrent dans la vie.Comment se garderont-ils des dangers qui les guettent ?Jusqu'où sauront-ils porter intacte dans leur cœur la belle simplicité ?Conserveront-ils longtemps cette limpidité des yeux où transparaît la vérité ?Pour vous, enfant, le monde est une nouveauté ; De leur nid vos vertus, colombes inquiètes, Regardent en tremblant les printanières fêtes Et cherchent le secret d’y vivre en sûreté.Le voici : n’aimez l’or que pour sa pureté ; N’aimez que la candeur dans vos blanches toilettes ; Et si vous vous posez au front des violettes, Aimez la modestie en leur simple beauté.Voyez la jolie peinture qu’il nous fait des goûts et des curiosités de l’enfance : Ils ont de graves tête-à-tête Avec le chien de la maison ; Ils voient courir la moindre bête Dans les profondeurs du gazon. SULLY-PhUDHOMME 9 Ils écoutent l’herbe qui pousse, Eux seuls respirent son parfum ; Ils contemplent les brins de mousse Et les grains de sable un par un.Par tous les calices baisée, Leur bouche est au niveau des fleurs, Et c’est souvent de la rosée Qu’on essuie en séchant leurs pleurs.11 ’ Le dévouement caché des petits, des humbles, l’impressionne, le touche profondément.Le souvenir de la vieille nourrice qui 1 aima tant le poursuit; il revient plus fort quand le poète est triste.Celui-ci veut qu’on aille chercher la pauvre femme quand il sera à ses derniers moments et qu’on lui dise que c’est un caprice.Au bord du tombeau D'entendre chanter de sa bouche Un air d’autrefois Simple et monotone, un doux air qui touche Avec peu de voix.Par-dessus toutes les atlections, par-dessus tous les dévouements, il chante l’amour maternel.Voilà un vrai trésor pour le cœur humain.«Héroïsme et clémence», sacrifices toujours renouvelés, tendresse inépuisable, présence au moindre appel, indulgence sans bornes au fils même le plus coupable, Où finit l’amour maternel ?L’instinct le plus puissant et le plus noble voeu Sont tous deux dans le cœur satisfait sur la terre Par l’accord simple et doux, que nul conflit n’altère, De l’amour maternel avec l’amour de Dieu.Sullv-Prudhomme s’était laissé entraîner, dans sa jeunesse, à je ne sais quel vague internationalisme qui l’aurait fait un « citoyen du monde », dont le drapeau devait être «l’azur de soii rêve».Les boulets prussiens l’eurent vite ramené à la réalité.Son âme se sentira bientôt meurtrie des meurtrissures de la France.Fou de rêveries, le jeune poète n’avait pas compris quels liens puissants relient les vivants aux morts, jusqu’à quel point le pain que nous mangeons est trempé des sueurs de nos pères et combien (1) Les Solitudes.La terre et l’enfant. 10 Bulletin du Parler français au Canada sacré est le sol qui a bu les larmes et le sang des ancêtres.Le premier soldat français qui tombe pour la défense de la terre natale lui lait monter le rouge au front.J’oubliais que j’ai tout reçu.Mon foyer et tout ce qui m'aime, Mon pain et mon idéal même, Du peuple dont je suis issu.Et que j’ai goûté dès l’enfance, Dans les yeux qui m'ont caressé.Dans ceux mêmes qui m’ont blessé L’enchantement du ciel de France ! Dans nos champs défoncés encore, Pèlerin, je recueillerai, Ainsi qu’un monument sacré.Le moindre lambeau tricolore.Quand j’ai de tes clochers tremblants Vu les aigles noires voisines, J’ai senti frémir les racines De ma vie entière en tes lianes.O France !.Chaque fois que son âme s’élève, le nom de Dieu vient, comme malgré le poète, sur ses lèvres.Va-t-il comprendre, lui qui veut être un scrutateur d’âmes, que toute élévation, que toute vraie noblesse admirée par l’intelligence dans ces êtres imparfaits que sont les créatures, appelle nécessairement l'idée d’un Etre souverainement noble, souverainement parfait ?Laissera-t-il son cœur suivre sa pente naturelle et s’élever par une bonne et simple prière vers Dieu, source de toute noblesse et de toute beauté?Lèvera-t-il, enfin, les yeux ?Fera-t-il Ce geste, cher à l’homme, inutile à la bête, Involontaire appel de la pensée aux cieux ?Lui qui a dit : Dès que l’humanité fut au soleil éclose, File a comme un calice ouvert au ciel son cœur.Saura-t-il monter jusqu’à «la cime des choses» Pour y voir frissonner la première des causes ? Sully-Prudhomme 11 Son esprit et son cœur l’exigent ; son orgueil ne le veut pas: Je voudrais bien prier, je suis plein de soupirs ! Mon doute insulte en moi le Dieu de mes désirs.Son âme déséquilibrée par l’erreur fatale cherche partout un point d’appui.Le besoin d’éternité qu’il sent au plus profond de son cœur le porte à se cramponner, pour ainsi dire, à tout ce qui paraît résister le plus longtemps, ici-bas, aux atteintes du temps.Il aime les vieilles maisons: Leurs portes sont hospitalières, Car ces barrières ont vieilli ; Leurs murailles sont familières A force d’avoir accueilli.J’aime surtout, dans la grand’salle Où la famille a son foyer, La poutre unique, transversale.Portant le logis tout entier.Par une force qu'on ignore Rassemblant ses derniers morceaux, Le chêne au grand cœur tient encore Sous la cadence des berceaux.(i) 2 Tout ce qui dans la langue maternelle remonte très loin, ces vieilles expressions où les ancêtres ont mis leur âme, les moindres mots qui ont vaincu le temps et qui sont arrivés jusqu’à nous chargés de siècles et de souvenirs, lui sont extrêmement chers : Les vieux mots sont sacrés.L’enfant qui balbutie En reçoit le dépôt dès qu'il reçoit la vie; La vierge, qui les aime au refrain des chansons, Du timbre de sa voix en rajeunit les sons; Les récits des aïeux les rendent vénérables.Ils font de la chaleur, du jour, comme la flamme.Et l’air tressaille en eux des secousses de l’âme. Le poêle reste sourd même aux miséricordieux appels de l’Evangile.Pour l’orgueil vain de vouloir bâtir la destinée humaine sur de branlantes hypothèses dont quelques-unes, aujourd’hui, sont refournées au néant, abandonner follement Celui qui seul « a les paroles de vie éternelle », c’est profondément triste et terriblement inconséquent.En vain Sully-Prud-homme, après avoir « rejeté la pierre angulaire » de toute vérité, Jésus-Christ, se met-il à la recherche de la justice et du bonheur; en vain nous donne-t-il la première comme « le terme idéal de la science étroitement unie à l’amour », et nous affirme-t-il que Le bonheur n’est dû qu’à l’effort ; en vain, pour justifier son doute, en appelle-t-il à la conscience, qui ne peut que lui rappeler l’existence d’une loi divine dont elle-même est comme l’interprète en nous;—le poète est forcé d’avouer (1) Epaves.Vers le ciel.(2) Les Epreuves.Bonne mort. Sully-Prudhomme 13 1 impuissance et ia folie de son doute « sur l’avenir d’oulre-tombe, sur une compensation future des douleurs présentes, sur un règlement final de comptes à rendre, sur la sollicitude enfin et l’existence même d’un Créateur » : Quand un explorateur a seul longtemps marché Dans le désert aride et mouvant, tout jonché Des ossements de ceux qui tentèrent la route, Sans que des eaux du ciel il tombât une goutte, 11 se traîne, altéré, d’un pas lourd et tremblant, Vers les palmiers lointains dont l’appel l'encourage, Mais reconnaît, hélas! que c’était un mirage Et se couche, épuisé, sous le vol d’un vautour.Malheureux poète qui, sur les ailes de la foi, eût pu s’élever facilement jusqu’au sublime et qui, broyé par le doute, n’a laissé qu une œuvre stérile, décourageante, dangereuse, et qui ne peut être la nourriture d’aucune intelligence chrétienne, Sully-Prudhomme s’est-il enfin souvenu, à la veille de paraître devant Dieu, de ce cri de pitié qu il lançait, dans les Epreuves, vers le prêtre : Prêtre, tu mouilleras mon front qui te résiste ; .le m’en irai moins triste .avec l’espoir chrétien?Quatre ans avant sa mort, alors qu’il gisait presque immobile sur un lit de douleur, victime de la terrible paralysie, Sully-Prudhomme reçut, un jour, la visite de quelques intimes, au nombre desquels se trouvaient François Coppée et Frédéric Masson.Comme chacun s efforçait de mettre un peu de gaieté dans le cœur du pauvre malade, on s’aperçut vite que « plus que le corps, lame semblait misérable.» (|) Impossible de parler d’autre chose avec lui, que de la mort et du «par delà la mort».Sans cesse, il ramenait ses interlocuteurs vers cette pensée: «Il disait comme il s était reposé dans la loi chrétienne, comme il y avait trouvé d’heureuses promesses, comme il s’en était détaché et comme, depuis lors, il avait erré sur les chemins du doute, sans parvenir, , fP Fiédéric Masson, Discours prononcé à 1 Académie française, lors de la reception de M.H.Poincaré, le 28 janvier 1909,-Le Gaulois du 29 janvier 1909 Supplement. 14 Bulletin du Parler français au Canada dans son amour pour le divin, à rencontrer nulle part une certitude qui satisfit également son imagination et sa raison.» Et le poète, les yeux dans les yeux de ses amis, interrogeait ceux-ci, les pressait, « voulant savoir, dit M.Frédéric Masson qui raconte ce poignant incident, si, à nos cœurs, nous portions la même blessure ».Coppée, qui jusque là avait cherché à donner un peu de joie à son mélancolique ami, devint soudainement très grave et dit d’un ton calme et convaincu : « Moi, je crois.» Alors, Sully-Prudhomme, tournant ses beaux yeux pleins de tristesse et où semblait passer comme « une admiration jalouse » vers le poète des Humbles et de la Bonne Souffrance, lui dit ces simples mots : « Ah I Coppée, vous ne savez pas comme vous êtes heureux ! » Tout en osant espérer — peut-on mettre des bornes à la miséricorde de Dieu?—qu’il retrouva dans la foi de sa mère, lui aussi, « quand vint l’heure du suprême départ, » cette paix souveraine dont il eut toujours une si ardente soif, il ne nous a pas semblé inutile de détacher de son œuvre ce qui suffit à faire de Sully-Prudhomme, malgré son incrédulité et comme en dépit de lui-même, le poète de la conscience.Antonio Huot, p“'e. RAPPORT DE LA SOCIÉTÉ DÉ PARLER FRANÇAIS AU CANADA O à la Société Royale chi Canada (Juin 1909) Pour la première lois la Société du Parler français au Canada a l’honneur de paraître à une séance de la Société Royale.Il ne sutfit donc pas qu’elle dise seulement ce qu’elle a fait dans l’année qui vient de s’écouler, il convient plutôt qu’elle fasse connaître l’objet qu’elle poursuit depuis sa fondation et la manière dont, jusqu’ici, elle a réalisé le dessein de ses fondateurs.Elle ne peut s’arrêter aux détails et doit, dans ce premier rapport, se borner à une vue d’ensemble et à un aperçu des travaux auxquels elle s’est livrée pendant les sept dernières années.C’est, en effet, en 1902 que la Société du Parler français au Canada a été fondée à Québec, sous les auspices de l’Université Laval.Elle a pour objet l’étude, la conservation et le perfectionnement de la langue française, écrite et parlée, au Canada.Sans tenter de proscrire l’usage d’aucun autre idiome, reconnaissant au contraire que c’est aujourd’hui une supériorité que de pouvoir parler deux langues, la Société veut entretenir chez les Canadiens français le culte du parler maternel, les engager à le perfectionner, à le conserver pur de tout alliage, et à le défendre de toute corruption.Elle prétend faire par là œuvre nationale.Par l’étude scientifique du parler français au Canada, il est possible d’apporter une utile contribution aux belles recherches de la philologie romane.A ce point de vue, notre pays n’a presque jamais été exploré, et les seuls qui, jusqu a ces dernières années, s’étaient occupés d’étudier scientifiquement notre langage, étaient quelques philologues des États-Unis.Nous avons cru 15 16 Bulletin du Parler français au Canada qu il appartenait aux Canadiens de reprendre et de pousser plus loin ees études, et l’intérêt qu'a soulevé en Europe le mouvement inauguré par notre Société, est une preuve, semble-t-il, que du moins notre intention était bonne et avait quelque valeur.Mais l’étude scientilique du langage des Canadiens français n’a pas, aux yeux de notre Société, pour seul but la recherche des lois qui président à l’évolution des langues situées dans des circonstances exceptionnelles, mais encore elle est destinée à rendre plus facile et plus sûr le travail d’épuration dont la langue émigrée a toujours besoin, et dont la nôtre ne pourrait se passer.N’est-il pas nécessaire, en effet, de connaître la valeur d’un produit phonétique ou d’un substitut lexicologique, avant de chercher à le proscrire ou de lui accorder le droit de cité ?Pour atteindre son but, notre Société propose à ses membres: 1° L’élude de la langue française, et particulièrement du parler franco-canadien, dans son histoire, son caractère, sa situation légale, ses conditions d’existence ; 2° L’observation, le relèvement et la distribution topographique des faits qui caractérisent la phonétique, le vocabulaire, la sémantique, la morphologie et la syntaxe du parler populaire franco-canadien ; 3° L’examen des dangers qui menacent la langue française au Canada, du rôle des écrivains dans le maintien de sa pureté et et de son unité, du devoir de l’instituteur vis-à-vis des forces populaires du langage ; 4° La recherche et la mise en pratique des méthodes les meilleures pour étendre et perfectionner la langue française au Canada, la délendre, l’enrichir et l’épurer ; 5° Les œuvres propres à laire du parler français au Canada un langage qui réponde à la fois à l’évolution naturelle de l’idiome et aux enseignements de la tradition, aux exigences de conditions sociales nouvelles et au génie de la langue ; 6° Le développement d’une saine critique et d’une littérature nationale dans le Canada français ; 7° Des conférences et des réunions d’étude, où des questions touchant le but de la Société font l’objet de mémoires, de rapports et de discussions ; 8° La préparation et la publication d’ouvrages, d’études et de bulletins assortis à ces desseins. Rapport a la Société Royale du Canada 17 Le programme est large, et il va sans dire que nous ne prétendons pas 1 avoir tout rempli.J’exposerai dans un instant, en quelques mots, ce que nous avons fait.Auparavant, vous me permettrez de vous dire d’où nous sommes et combien nous sommes.La Société du Parler français n’est pas une entreprise de clocher.Fondée à Québec, uniquement parce quelle n’a pas été tondée ailleurs, elle en appelle à tous ceux qui pensent que la langue est une sauvegarde de la nationalité et qui croient que, dans un pays comme le nôtre, il importe, pour la grandeur même de notre patrie nouvelle, que les langues ancestrales soient conservées dans toute leur pureté.Aussi, la Société du Parler français a-t-elle vu se recruter ses membres dans toutes les parties de la province de Québec et même au dehors.Nous avons des confrères dans l’Ontario, dans le Manitoba, dans la Nouvelle-Lcosse, dans le Nouveau-Brunswick, et aux Etats-Unis.Fondée par vingt membres seulement, la Société a vu augmenter constamment le nombre de ses adhérents ; dès le premier septembre 1902, elle en comptait déjà 204, et aujourd’hui nous sommes au-delà de 800.Il serait fastidieux de vous décrire notre organisation.Mais vous aimerez peut-être que je mentionne ceux qui, depuis 1902, ont été, tour à tour, Présidents de notre association.La Société a eu successivement pour Présidents d’honneur, Monseigneur O.-E.Mathieu et Monseigneur J.-C.K.-Laflamme, tous deux recteurs de l’Université Laval.Les Présidents actifs ont été : l’honorable M.Adélard Tur-geon, l’honorable M.P.Boucher de la Bruère, M.l’abbé Camille Roy, et M.J.-E.Prince, le président actuel.Sous ces différentes administrations, la direction de la Société a toujours été la même, et ses travaux se sont poursuivis sans interruption, toujours à la recherche du même objet.Plusieurs comités sont chargés respectivement d’étudier les questions soumises à nos délibérations.Les plus importants de ces comités sont ceux qui travaillent à l’établissement d’un glossaire franco-canadien assorti au double dessein de la Société savoir : l’étude scientifique de notre langage et son perfectionnement.Dés sa fondation, la Société a inauguré une vaste enquête, grâce à laquelle elle a pu recueillir les éléments du parler français 18 Bulletin du Parler français au Canada au Canada, répandus sur tout le territoire.Le plan d’étude comprend plusieurs opérations : D’abord, le comité dépouille les communications reçues de nos confrères et les rapports des différents cercles d’étude établis dans la Province ; le tout est transcrit sur des fiches qui forment les premières pièces conservées dans nos archives.Des comités spéciaux étudient chaque forme au point de vue dialectal, au point de vue historique, et au point de vue du français moderne.Pour outiller ces comités, nous avons dù iormer une bibliothèque, la plus complète qu’il y ait au Canada et probablement en Amérique, des glossaires, dictionnaires, grammaires, et autres ouvrages qui traitent de philologie et de dialectologie romanes.Ces ouvrages et aussi les principales revues de linguistique française, un grand nombre de publications régionalistes et les œuvres des patoisants, sont mis à contribution.Quand les recherches sont terminées sur une série de mots soumis à notre examen, les vocables qui appartiennent à la langue classique sont rejetés, et un rapport est rédigé où se trouve, par articles, le résultat de toutes les études.Ce rapport est envoyé aux membres qui ont exprimé leur intention de collaborer à notre œuvre, et, chaque mois, l’assemblée générale fait l’examen des derniers rapports distribués, discute les articles, les corrige, s’il y a lieu, et les adopte.Les correspondants à qui nous avons envoyé ces rapports nous les renvoient avec des notes et des additions nombreuses.Les nouveaux matériaux ainsi recueillis sont mis à l'élude, et enlin un autre comité publie un Bulletin d’observation, où se trouvent tous les mots et toutes les acceptions recueillis.Ce bulletin est envoyé à des correspondants spéciaux, dont nous nous sommes assuré le concours dans toutes les parties de la Province, et qui nous le renvoient avec des notes sur l’emploi de chaque vocable et de chaque sens.Ces rapports servent à établir la distribution topographique des mots du parler populaire canadien français.En effet, la Société n’a pas cru qu’il était suffisant de relever les formes dialectales du parler canadien et de les étudier dans les différentes acceptions qu’on leur donne; elle a pensé qu’il fallait encore chercher à en déterminer l’usage.Voilà pourquoi elle a tenté de faire une distribution topographique, non seulement de chaque mot, mais encore de chaque acception de chaque mot. Rapport a la Société Royale du Canada 19 En dernier lieu, le résultat complet de toutes les recherches et de toutes les observations est transcrit sur des fiches spéciales, où des espaces particuliers sont réservés à la description phonétique du mot étudié, à chacune des acceptions qu’on lui donne, aux notes recueillies par les différents comités sur la phonétique, sur le vieux français, sur les dialectes et sur le français moderne.Au verso de ces fiches, se trouve inscrit, d’après une méthode spéciale, le nombre d’observations reçues sur l’usage de chaque mot dans chaque comté.Grâce à cette méthode de travail, grâce surtout au généreux concours de plus de 200 correspondants distribués dans toutes les parties de la Province, la Société du Parler français a pu recueillir plus d’observations qu’aucun autre lexicographe canadien.De plus, il laut remarquer que ces observations sont soigneusement contrôlées, et qu’elle n’admet dans son glossaire que les mots dont l’emploi est attesté par des personnes dont elle connaît la science et la probité.La Société est actuellement rendue à la lettre L.Déjà, elle pourrait publier la première partie de son glossaire, qui formerait deux ou trois volumes.Cest ce qu elle fera, lorsque son trésorier sera en état de subvenir à la dépense qu’une pareille publication exigerait.« Je me demande, disait Charles Nodier, si le dictionnaire concordant des patois d’une langue, ne serait pas le plus beau monument qu’on pût élever à la lexicologie.» Nous voulons élever ici un de ces monuments et nous croyons pouvoir y réussir, parce que la méthode employée par nous est la seule qui, dans un pays comme le nôtre, puisse assurer le succès de pareille entreprise.Quelques articles de notre glossaire ont déjà été publiés dans notre revue.La Société fait en effet paraître, chaque mois, par fascicules de 40 pages, un Bulletin du Parler français au Canada.Le septième volume sera complété dans un mois.Il ne nous appartient pas d’apprécier la valeur de cette publication, mais si nous en croyons 1 Annuaire de Philologie Romane de M.Volmuller, de Leipsig, notre Bulletin ne serait pas sans avoir quelque valeur et sans présenter quelque intérêt.Il nous a plu singulièrement de voir aussi, et à maintes reprises, d’autres revues de linguistique les plus considérables d Europe, comme la Romania, la Neueren Sprachen, la Revue de Linguistique de M.Vinson, la Revue de 20 Bulletin du Parler français au Canada Philologie de M.Clédat, la Revue de Dialectologie romane, mentionner avec éloge et citer notre Bulletin.La préparation d’un glossaire franco-canadien et la publication de notre Bulletin ne forment cependant qu’une partie des travaux de notre Société.Mais il serait trop long de donner ici un détail des consultations que nos comités d’études sont appelés à donner à tout instant sur des questions de langue, de l’action particulière que la Société exerce chaque fois que l’occasion s’en présente, et des travaux divers qu’elle lait exécuter par ses membres.Nous ne pouvons cependant passer sous silence les séances publiques que la Société du Parler français donne chaque année à Québec, à l’Université Laval, séances où des travaux importants sont lus et qui ont toujours paru attirer l’attention du public.Il faudrait peut-être aussi mentionner les cercles d’étude que la Société a fondés dans plusieurs collèges de la province de Québec et qui ont donné souvent les meilleurs résultats.Notre association est heureuse d’avoir été agréée comme société affiliée à la Société Royale du Canada.C’est pour elle un honneur, dont elle sait laire la plus juste appréciation, et qui lui impose un engagement de poursuivre ses travaux avec plus de zèle encore.Pour le Bureau de Direction de la Société du Parler français au Canada, Le Secrétaire général, Adjutor Rivard. AU CONGRÈS DE NOS SOCIÉTÉS Au mois de juin dernier, s’est constituée à Montréal la « Fédération des Sociétés catholiques canadiennes et acadiennes françaises du Canada et des Etats-Unis».Une soixantaine de sociétés avaient envoyé des délégués—au nombre de deux cents — au Congrès constitutif.Une constitution a été adoptée et des bureaux établis : Présidents d’honneur : S.G.Mgr Bruchési, archevêque de Montréal, et Son Excellence sir Alphonse Pelletier, lieutenant-gouverneur de la province de Québec.Vice-présidents d'honneur: pour la province de Québec, M.Cyrille-F.Delàge, député provincial du comté de Québec, vice-président de l’Assemblée Législative de Québec et président-suppléant de l’Association S.Jean-Baptiste de Québec; pour l’Acadie, l’honorable Dr Landry, ministre de l’Agriculture dans le cabinet provincial du Nouveau-Brunswick et délégué de la Société de l’Assomption ; pour les Etats-Unis, M.le Dr A.-A.-E.Brien, de Manchester, président général de l’Association Canado-Américaine.L’Exécutif de la Fédération, exercice 1909-1910, est composé comme suit: Président général, Dr J.-Edmond Dubé, délégué de l’Association S.Jean-Baptiste de Montréal ; 1er vice-président, M.J.-V.Desaulniers, du Conseil de l’Instruction Publique et Président Général de la Société des Artisans Canadiens français ; 2e vice-président, M.le Dr J.-A.Saint-Denis, ancien président régional et délégué de l’Union S.Joseph du Canada ; secrétaire-archiviste, M.Jean-B.Lagacé, professeur à l’Université Laval et délégué de l’Association pour l’avancement des lettres, des sciences et des arts au Canada ; secrétaire-correspondant, M.le chanoine Georges-Marie Lepailleur, curé de S.Louis du Mile-End, à Montréal, aumônier général des Artisans Canadiens français, ainsi que des Eorestiers Catholiques de la province de Québec; trésorier, M.L.-J.-D.Papineau, secrétaire général de l’Alliance Nationale ; enfin, l’aumônier de la Fédération, expressément désigné à ce poste d’honneur par Monseigneur l’Archevêque de 21 22 Bulletin du Parler français au Canada Montreal, selon les prévisions de la constitution, dans la personne de M.l’abbé Philippe Perrier, visiteur général des écoles catholiques de Montréal.Le Congrès a adopté des motions déclaratoires qui précisent, comme l’écrivait M.Denault dans le Pionnier, «le sens que la Fédération entend donner à son effort, l’œuvre pratique qu’elle veut entreprendre sans tarder, poursuivre sans relâche et accomplir sans frayeur ».La première de ces motions fut proposée par M.le chanoine Lepailleur et M.J.-B.Lagacé; nous n’en avons malheureusement pas sous la main le texte officiel ; mais nous pouvons dire que, «sous la forme d’un acte de parfaite déférence et de filiale soumission au Souverain Pontife, en sollicitant la faveur de sa paternelle bénédiction pour l’œuvre débutante, cette motion concrétise et réitère la large et belle profession de foi catholique intégrale que comporte l’article 2 des statuts de la Fédération.» La deuxième motion « d’entrée en matière » vise le respect des droits de la langue française.Les congressistes suivants s’assurèrent l’honneur de la proposer au Congrès, qui l’acclama d’enthousiasme: MM.Amédée Denault, directeur du Pionnier, représentant la Coopérative des Colons du Nord, Nominingue, Québec, et M.Geo.Séguin, président général de l’Union S.Joseph du Canada, Ottawa, Ont., proposeurs; M.le Dr G.-H.Béique, délégué de l’Alliance Nationale, Magog, Québec, et le Dr Archambault, vice-président général de l’Union S.Joseph du Canada, Hull, Québec., secondeurs.Cette motion se lit comme suit: « Le premier Congrès annuel de la Fédération des Sociétés Catholiques Canadiennes et Acadiennes françaises du Canada et des Etats-Unis émet le vœu: Que le projet de loi présenté à la dernière session de la Législature de Québec en faveur du respect des droits de la langue française par les compagnies d’utilité publique, projet qui fut adopté unanimement par l’Assemblée Législative, grâce à la colloboration distinguée des chefs de divers groupes en cette Chambre, mais ne put, cependant, aboutir à terme, soit de nouveau présentée dès la session prochaine et que les membres des deux Chambres soient priés d’en assurer, cette fois, l’adoption définitive.» La troisième et dernière proposition tend à favoriser l’épuration et la propagande de notre idiome national et avec lui, par lui, de l’influence française en Amérique.Cette motion, également ) Au Congrus dk nos Sociétés 23 votée à l’unanimité par le Congrès, y fut proposée par MM.Archambault et Béique, sus-nommés, appuyés par MM.Séguin, Bélanger, de l’Union S.Joseph, Sherbrooke, Québec, et Denault.Elle se lit ainsi : « Le premier Congrès annuel de la F.S.C.C.et A.F.du Canada et des Etats-Unis émet le vœu : Que toutes nos Sociétés, dans la mesure où la chose leur est possible et tous nos adhérents individuellement, en autaut qu’ils le peuvent, encouragent de leur mieux l’œuvre excellente que poursuit, pour l’épuration et la propagande de notre idiome national, la vaillante Société du Parler français, de Québec, et ce, par abonnement à sa revue, par concours à ses travaux, ou par tous autres moyens propices.Ce Congrès formule aussi le souhait que le gouvernement de la province de Québec comprenne bien vite l’importance nationale et sociale qu'il y aurait pour lui à subventionner de plus en plus généreusement, selon les ressources à sa disposition, une entreprise aussi patriotique, aussi utile à l’influence française en Amérique.» LEXIQUE CANADIEN-FRANÇAIS (Suite) Effronder (efrôdé) v.tr.|| Effondrer.Égets (éjè) s.m.pi.|| Déchets, résidus.Égayir (égàyi.r) v.tr.Il Égayer.Égalir (égàli.r) v.tr.|| Égaliser, aplanir, rendre uni.Fr.Egalir est un terme technique: égalir les dents d’une roue d’horlogerie, Darm., Lar.Dial.Egalir = égaliser, aplanir, Normandie, Moisy, Maze, Delboulle.Égarouillé (éganigé) adj.|| Écarquillé, hagard (en parlant de l’œil).Ex.: Regarder quelqu'un avec des yeux tout égarouillès.Dial.Idem, Bas-Maine, Dottin.Égousiller (s’) (s éguzigé) v.réfl.|| S’égosiller.Égousser (égusè) v.tr.|| Ecosser.Yx fr.Égousser se trouve dans Rabelais, Besch.Égrafigner (égrafiné) v.tr.|| Égratigner, déchirer légèrement, érafler.Ex.: S’égrafigner la main.—Égrafigner un mur, un meuble.Yx fr.Égrafigner= ni.s., Littré, Lar., Borel, La Curne, Du Gange.« Toujours le chardon et l’ortie Puisse égrafiner son tombeau.» (Rolsahd.) « Et même trouvèrent façon d’effacer, d’égraffigner, de rompre, de falsifier tous les livres qu’ils purent trouver de la dite science.» (Bonaventure des Periers.) 24 Lexique canadien-français 25 Dial.Egrafigner = m.s., Normandie, Moisy, Delboulle, Maze ; Picardie, Corblet ; Maine, Montesson, Dottin ; Berry, Jaubert, Lapaire ; Poitou, Favre; Saintonge, Eveillé; Bresse, Guillemaut.Égrafignure (égrafinu.r) s.f.|| Égratignure, éraflure.Yx fr.Egrafignure— m.s., Lar., Besch.Dial.Id., Poitou, Favre; Berry, Jaubert.Égrandir (égrâdv.r) v.tr.|| Agrandir.Dial.Idem., Bas-Maine, Dottin.Égrémilleux (égremiycé) adj.|| Qui s’émiette facilement.Égrémiller (ègremigè) v.tr.|| Ecraser, émietter, réduire en poudre.Dial.Idem., Centre, Jaubert, Poitou, Favre.Égrener (égrené) v.tr.|| Émietter, réduire en poudre, écraser.Fr.Egrener = dégarnir de grains des épis, des gousses, des grappes.Éguenillé (égêniyé) adj.|| Déguenillé.Égreneux {egrende) s.m.|| Egreneur.Ein (é) art.Il Un.Dial.Id., Picardie, Corblet.Ej’ (êj) pron.pers.lrc personne sing.|| Je.Ex.: Ej’ vais aller vous voir.Dial.Id., Normandie, Travers ; Picardie, Corblet.Éjambée (éjàbé) s.f.|| Enjambée.Dial.Id., Centre, Jaubert.Éjamber (éjàbé) v.tr.|| Enjamber.Dial.Id., Centre, Jaubert. 26 Bulletin du Parler français au Canada Éjarrer (éjâ.ré) v.tr.|| Eculer (des souliers).Ejarrer (s’) (s éjà-.rè) v.réfl.1° || Ecarter les jambes; tomber en écartant les jambes.Dial.Ejarrer =¦ écarter les jambes, Poitou, Favre; Centre, Jaubert.Ejarrer = fendre, Jaubert.2° || Devenir fourbu à la suite d’une marche forcée.El (él) art.Il Le.Dial.Id., Picardie, Corblet.Élaise (élè:z) s.f.|| Alèse, planche ajoutée à une autre pour l’élargir.Vx fr.Elaiser = élargir, Darm.Dial.Elaise = alèse, Normandie, Moisy, Robin.Élayer (élàyé) v.tr.|| Elaguer.Dial.Id., Normandie, Moisy, Robin.Maze.Élévateur (élévatce.r) s.m.|| Ascenseur, monte-charge.Éleuve (èlàev) s.m.|| Elève.Dial.Id., Centre, Jaubert.Élégible (élégib) adj.|| Éligible.Dial.Id., Normandie, Moisy.Élimer (élimé) v.tr.|| Aiguiser (une scie).Élingué (élégé) adj.|| De taille élevée et mince, maigre, grand et fluet.Dial.Elingué = haut, élancée, mince, Normandie, Moisy, Robin, Delboulle.Vx fr.Eslingué = m.s., Cotgrave.Éloèse (élwèz) s.f.1° || Éclair.2° || Étoile.Ex.: Se promener à la lueur des èloèses.Éloégner (élwenè) v.tr.|| Éloigner. Lexique canadien-français 27 Éluchon (élucù) s.in.|| Alluchon, dent d’engrenage implantée sur un roue.Élusé (éluzé) adj.|| Malade, étourdi.Ex.: J’ai un mal de tête! j’en suis tout élusé.Emagination (émajina.syô) s.f.|| Imagination.Émaginer (émajirté) v.tr.|| Imaginer.Dial.Ici, Centre, Jaubert.Émahiner (émahiné) v.tr.|| Imaginer.Dial.Id., Centre, Jaubert.Émaillé (émàyé) adj.|| Entr’ouvert.Embâiller (âbà.yé) v.tr || Rembarrer, embarrasser.(V.embcirrer.) Embâcler (âbà.klé) v.tr.|| Embarrasser, mettre dans de mauvais draps.Fr.Embâcle = ce qui fait obstacle à la navigation sur un cours d’eau, Darm.Vx fr.Embâcler = embarrasser, encombrer, La Curne, Oudin.Dial.Embâcler — m.s., Normandie, Moisy.Embarbouillé (âbàrbuyé) adj.! Avoir le cœur embarbouillé = avoir le mal de cœur.Dial.Ici, Normandie, Moisy.Er.Embarbouiller = famil.barbouiller, embarrasser complètement, Darm.Embardée (âbàrdè) s.f.1° || Mouvement d’une voiture, d’un traîneau, d'un cheval, etc., qui sort de sa voie.Ex.: Le traîneau a pris une embardée.2° || Erreur grossière, faute, entreprise risquée.3° |j Digression (dans un discours).b r.Embardée = (mar.) mouvement de rotation d’un bâtiment à l’ancre, produit par un fort courant ou un grand vent arrière, Darm. 28 Bulletin du Parler français au Canada Embarder (âbàrdè) v.intr.|| Sortir, glisser hors de sa voie.Fr.Embarder — (mar.) en parlant d'un navire, éprouver un mouvement de rotation sur soi-même, Darm.Embarder (s’) (s ûbàrdé) v.réfl.|| S’engager imprudemment (dans une affaire).Embardeux, -se (âbàrdde, -oe:z) s.m.|| Celui qui tente des entriprises risquées, hasardeuses.Ex.: C’est une embardeuse de première force.Embarquement (âbàrkêmâ) s.m.|| Embarcadère.Fr.Embarquement = action d’embarquer, Darm.Embarlifcoter (âbàrlifikoté) v.tr.|| Emberlificoter (pop.), empêtrer, embarrasser, faire tomber dans un piège; circonvenir, séduire par de fausses promesses.Dial.Id., Normandie, Bois ; Centre, Jaubert ; Bas-Maine, Dottin ; Poitou, Favre; Bresse, Guillemaut.Embarras (âbarà) s.m.|| Echalier, haie sèche.Fr.Échalier = clôture rustique de fagots, de branches d’arbres entrelacées, Darm.Fr.On dit aussi: clôture d'embarras.Embarrer (âbâ.ré) v.tr.1° || Enfermer à la clef.Ex.: Embarrer qq’un dans une chambre —l’enfermer à la clef.Yx fr.Embarrer = enfermer entre des barres, Godefroy.Fr.Embarrer = engager la barre d un levier sous un fardeau pour le soulever, Darm.2° || Embarrasser, rembarrer.Ex.: Si j’avais continué à discuter avec lui, il m’aurait embarré.Fr.Embarrer = en parlant d’un cheval, s’embarrasser, à l’écurie, les jambes dans une des barres de sa stalle, Darm.Embarrure (âbâru:r) s.f.1° || Cloison qui sépare les stalles dans une écurie.Fr.Embarrure = contusion, écorchure qu’un cheval qui s est embarré se fait à la jambe en se débattant, Darm.2° || Verrou, serrure. Lexique Canadien-français 29 Embasse (âbâ:s) s.f.|| Embase.Yx fr.Ambasse = m.s., Darm.Embelle (âbèl) s.f.|| Occasion favorable.Ex.: Avoir embelle, avoir son embelle = avoir beau.— Prendre son embelle — saisir l’occasion favorable.Fr.-can.(Voir belle).Emberlicoter (âbêrlikôté) v.tr.|| Emberlificoter.Emberliner (âbêrliné) v.tr.|| Tromper, séduire par de fausses promesses ou en flattant, enjôler ; embarrasser.Dial.Ici., Bas-Maine, Dottin ; Centre, Jaubert.Enibotter (àboté) v.tr.|| Mettre des bottes.(Labrador.) Embrener (âbrêné) v.tr.|| Embarrasser.Fr.Embrener = salir, Darm.Embricoler (cibrikàlé) v.tr.|| Mettre la bricole.Dial.Ici., Normandie, Moisy, Maze.Embrouillage (àbrvyà.j) s.m.|| Embrouillement.Éméché (émecé) adj.|| Hébété par des boissons enivrantes, dans un état voisin de l’ivresse.Fr.Pop., Larousse, Guérin, Larive.Dial.Id., Normandie, Rev.des P.P., I, 85 ; Moisy.Émécher (émecé) v.tr.|| Couper la mèche d’une chandelle, moucher une chandelle.Vx fr.Esmecher= m.s., Cotgrave.Dial.Emécher— m.s., Normandie, Moisy; Bresse, Guille-maut.Émites (émit) s.f.pl.|| Limites, bornes.Ex.: Y’a des émites ! Je souffrirai pas ça plus longtemps.—Il est fort y’a pas d'émites. 30 Bulletin du Parler français au Canada Emmailler (s’) (s ânu'r.yé) v.réfl.|| Se prendre dans les mailles d’un filet.Emmalicer (àmalisé) v.tr.|| Rendre méchant, vicieux.Ex.: Prenez garde au chien; les enlants l’ont assez emmalicè qu’il est dangereux.Emmalicer (s’) (s àmalisé) v.réfl.|| Devenir méchant, vicieux.Emmancher (âmàcé) 1° || Arranger, disposer, réparer, mettre en état, ajuster, assujettir, fixer, attacher.2° || Parer, habiller.3° !| Rouler, maltraiter en paroles, étriller, battre, mettre dans de mauvais draps, faire des reproches à.4° || Donner.Ex.: Emmancher un coup de poing à qq’un.Fr.-can.(Voir amancher.) Emmancher (s') (s âmàcé) v.réfl.1° || S’habiller, s’affubler.2° || S’y prendre.Fr.-can.(Voir s'amancher).Emmanchure (âmâcu.r) s.f.1° || Arrangement, disposition, situation, le plus souvent bizarres ou fâcheux.2° || Disposition, combinaison qu’on ne comprend pas.3° || Ajustement singulier et ridicule, affublement, accoutrement.4° || Ouvrage mal fait, mal agencé.Fr.-can.(Voir amanchure.) Emmiauler (ânujôlé) v.tr.|| Amadouer, enjôler, prendre par de douces paroles; leurrer, tromper.Dial.Id., Centre, Jaubert ; Normandie, Bois, Moisy, Delboulle.Fr.-can.(Voir amiauler).Emmiauleux (âmyôloé) adj.|| Enjôleur, amadoueur.Dial.Emmiauleux = doucereux, hypocrite, Centre, Jaubert.Emmouler (ânmlé) v.tr.|| Mettre dans des moules.Ex.: Emmouler le sucre. Lexique canadien-français 31 Emmouracher s’ (s’ânmracé) v.réfl.|| S’amouracher.Dial.Ici., Bresse, Guillemaut.Emmoyenné (âmweyené) adj.|| Riche, qui a des moyens.Emparenté (âparüté) adj.|| Apparenté.Vx fr.Ici., Littré, Godefroy.Dial.Ici., Normandie, Moisy, Delboulle.Émouver (ènrnvé) v.tr.[j Emouvoir, remuer.Ex.: Je m’en vas lui émouver la hile.Empas (c'tpci) s.m.1° || Appât.2° || Entraves.Vx fr.Empas = m.s., Du Cange, La Curne, Bonnard, Cotgrave, Oudin.« Jusques à tant que Mars ayt les empas », Rab., Garg., ch., IL 3° || Lampas.Dial.Empas= m.s., Centre, Jaubert ; Bresse, Guillemaut.Fr.-can.(Voir ampas.) Émoigner (s’) (s émwenè) v.réfl.|| S'informer, s’enquérir.(N.-Brunswick.) Fr.-can.Le P.Potier relève à Détroit, en 1746 : « Je ne suis point émoillé de lui := informé, enquis.» Empaffé (âpàfè) adj.|| Gorgé de nourriture.Dial.Empafè — m.s., en Normandie, Du Bois.Empaffer {âpàfè) v.tr.|| Empêtrer, embarrasser.Empaffer (s’) (s âpàfè) v.réfl.|| S empiffrer, manger gloutonnement, s’engouer en avalent de trop gros morceaux.Fr.S'empaffer = s’enivrer, Lar., Besch.Dial.S'empaffer = manger à l’excès, se remplir jusqu’à la gorge, dans le Bas-Maine, Dottin; en Normandie, Moisy, DuBois, Iravers; dans la Bresse, Guillemaut. 32 Bulletin du Parler français au Canada Empanner (s') (s âpàné) v.réfl.|| Etre embarrassé dans la boue, la neige, etc., de manière à ne pouvoir avancer.Ex.: Il y avait tellement de neige qu’à la lin le cheval s’est empanné.Fr.En panne, (marine) disposition des voiles telle que le navire reste en place.— Famil.: Rester en panne, ne pouvoir avancer., Empâter (àpâ.té) v.tr.|| Amorcer.Ex.: Empâter sa ligne avec du bœuf = amorcer sa ligne.Empâtrer (âpâ.tré) v.tr.|| Amorcer.Empicotté (âpikôté) part, passé.|| Qui a la picotte, la petite vérole.Empigeonner (âpijàné) v.tr.|| Jeter un sort à qq’un, lui porter mauvaise chance par des maléfices.Fr.-can.(Voir pigeonne).Empirance (âpirâ.s) s.f.|| Détérioration, dommage.Vx fr.Ici, Godefroy, Darm., Larousse.Empirement (âpirmâ) s.m.|| Détérioration.Vx fr.Ici, Godefroy, Littré.Emphatique (âfàtik) adj.|| Énergique.Ex.: Affirmation emphatique.Fr.Emphatique = qui a de l’emphase, Darm.Emphatiquement (ûfàtikmâ) adv.|| D’une manière énergique.Fr.Emphatiquement = d’une manière emphatique, Darm.Le Comité du Bulletin. LES LIVRES ?S.-A.Lortie.Element a Philosophiae christianae.T.ï.Logica—(Jnto-logia.Québec (L'Action Sociale, Ltée), 1909, in-8°, 20 c.5x 14 c., 475 pages.Sous le titre d’Elemenla Philosophise Christianae ad mentem S.Thomæ Aquinatis exposita, M.l’abbé S.-A.Lortie, S.T.D., professeur de Théologie dogmatique à l’Université Laval, vient de publier la première partie d’un manuel de philosophie.C’est un élégant volume, in-8, de 475 pages, relié en toile, sorti des ateliers typographiques de L’Action Sociale (ltée), Québec.Bien que le Bulletin traite surtout de sujets concernant le parler français au Canada, il croirait, tout de même, manquer à son devoir, s’il ne présentait pas à ses lecteurs l’œuvre de l’un de ses membres fondateurs et colloborateurs les plus dévoués et les plus assidus.Depuis la restauration des études philosophiques et théologiques d’après la méthode scolastique, les volumes de philosophie ont surgi nombreux, variés.Les uns très longs et très élaborés oflrent des difficultés trop grandes pour être mis entre les mains d’élèves d’un cours élémentaire: les autres ne répondent pas suffisamment aux exigences actuelles du baccalauréat ès-sciences.Le livre de l’abbé Lortie arrive donc à temps.Préparé par de solides et brillantes études de philosophie et de théologie ; successivement professeur de Logique, de Métaphysique et de Morale, nul mieux que l’auteur n’était apte à entreprendre semblable tâche.Il a réussi.L’ordre suivi dans le nouveau manuel est à peu près celui de Zigliara.Seulement, nous sommes heureux de le proclamer, les thèses y sont exposées, démontrées d’une façon plus courte, plus claire et plus méthodique.Nous y voyons avec plaisir quelques questions de critique et de métaphysique traitées d’une manière toute personnelle et toute neuve.Au commencement de chaque chapitre il y a un tableau synoptique qui sera d’une grande utilité pour les élèves et pour les professeurs: ça leur permettra d’avoir une vue d’ensemble de toute la matière que contient ce chapitre.33 Bulletin du Parler français au Canada 34 Nous conseillons lortement aux professeurs des séminaires et des collèges classiques de se procurer le nouveau manuel.Le second volume paraîtra dans le courant du mois de janvier, et le troisième en juin prochain.Depuis quelques années, la psychologie et la morale ont fait beaucoup de progrès et ont pris une importance capitale.Aujourd’hui il y a une foule de théories nouvelles que l’on ne peut laisser de côté.Nous espérons que dans les dernières parties de son ouvrage, comme il l’a fait d’ailleurs pour la première, l’auteur, tout en restant bon scholastique, se montrera au courant et moderne, au bon sens du mot.Il rendra un grand service à ses confrères dans l’enseignement.Un Professeur.Jules-Philippe Hbuzey.La Normandie et scs Peintres.Paris (Nouvelle Librairie Nationale—Collection des Pays ce France), 1909, in-18 jésus.Dans ce volume de deux à trois cents pages, excellemment édité et d’une lecture facile, « c’est la Normandie à travers ses peinlres » que célèbre Monsieur Heuzey.Oh ! les artistes n’y sont pas tous de premier ordre, mais tous sont de belle tenue, originaux, et quelques-uns très intéressants, dont la renommée a dépassé depuis longtemps les frontières de la petite patrie.La Normandie a engendré Théodule Ribot, Ch.Chaplin, Eugène Boudin et un très excellent peintre actuel, A.Lebourg; mais elle est surtout la patrie de Poussin, de Millet et de Géricault, trois représentants très hauts de l'Ecole française.Tous ces ouvriers de la Normandie et de la Erance méritaient le livre si exquis que vient de leur consacrer M.Jules-Philippe Heuzet.J.-E.Prince. REVUES ET JOURNAUX Comme les années passées, nous ne pouvons, dans le numéro de septembre, que mentionner brièvement les principaux articles intéressant le Canada, parus depuis notre dernière revue.Lettre du Canada, s.s.(Le Marché français, 6, Place du Louvre, P.; 8 et 9 juin.) L’exportation du grain canadien et la route de la baie d’Hudson.Ses avantages économiques.Historique de la question.Lettres datées de Fort-Churchill.Les Français de la Nouvelle-France, par A.Léo Leymarie.(L’Autorité, 2 juin.) Développement de la race française au Canada.Le 25e anniversaire de l'Alliance française.(Journal des Débats, P.; 2 juin.) Dans le discours prononcé par M.Paul Deschanel, quelques paroles émues à l’adresse des Canadiens français.La Colonisation française au Canada, par X.Dulac.(L’Express de l'Ouest, Nantes; 7 juin.) Avantages faits au colon, au Canada et notamment dans la province de Québec.Objections contre la venue des Français en Canada.Vues justes.Lettres du Canada, par Frank des Laurentides.(L'Univers et le Monde, P.; 26 mai.) Débats au Parlement de Québec.35 36 Le Bulletin du Parler français au Canada La situation des émigrés français au Canada, par M.Jean Bernard.(Le Gil-Blas, P.; 22 juin.) Contre l’émigration française au' Canada.Vers l'Ouest canadien, par M.Georges Démanché.(Revue /rançaise, 92, rue de la Victoire, P.; juin, pp.315-313.) Que les Canadiens français devraient émigrer vers l’Ouest.Notes Canadiennes, par Reallec.(L'Univers et le Monde, 142, rue Mont martre, P.; 5 juillet; 16 août.) Sarrazin et Arnoux, par M.le Dr Treille.(La France médicale, 1, Place des Vosges, P.; 29 mai, p.XIX.) Michel Sarrazin, médecin, botaniste, qui organisa le service médical de l’Hôtel-Dieu, à Québec; et le chirurgien delà marine Arnoux, en service auprès de Montcalm.Lettre du Président de la Chambre de Commerce française de Montréal, M.Chevalier.(Bull, de la Soc.de Géographie commerciale, 8, rue de Tournon, P.; mai, pp.354-356.) Une Conspiration à Québec en juillet 1608, par M.Jean Mérignac.(L’Action française, 3, Chaussée-d’Antin, P.; 11 juillet.) La Découverte du Lac Champlain, par M.André Chagny.(La Croix illustrée, 5, rue Bayard, P.; 11 juillet.) Dans la Revue de Paris (85, Faubourg Saint-Honoré, P.; 29 juillet), compte rendu du livre de M.Maurice Dewavrin, le Canada économique du XX' siècle. Revues et Journaux 37 Contre le Canada français, par M.Henri de Bruchard.(L'Action française, 3, Chaussée-d’Antin, P.; 22 juillet.) Belle réponse à l’article injuste de M.J.-E.Vignes, paru dans la Grande Revue du 10 avril, La Convention franco-canadienne.(La Gironde, Bordeaux ; 15 juillet — L’Echo, Jarnac ; 18 juillet,) France et Amérique, par M.Angel Marvaud.(Le Monde économique, 62, rue de Provence, P.; 19 juillet, pp.867-868.) A propos de la fondation à Paris d’un Comité sous cette appellation, France et Amérique, en vue de développer les relations de tout genre entre la France et les états du Nouveau-Monde, en particulier le Canada.Lettre du Canada, par Frank des Laurentides.(L'Univers et le Monde, P.; 4 août.) La Saint-Jean-Baptiste.Fédération des sociétés calholiques canadiennes et acadiennes françaises du Canada, et des Etats-Unis.Survivance de l’âme française.Les Français au Canada, par M.Ch.de Saint-Cyr.(L’Éclaireur, Nice ; 31 juillet.) Chez les Français du Canada.(Journal de Lamballc, Lamballe ; 8 août.) D’après le livre de M.Jean Lionnet.Au Canada.(La Lanterne, P.; 15 août.) «Déchéance des Canadiens français».«Tyrannie cléricale» « Bigotisme ».« Ignorance ».« Masse abrutie et ivrogne, au dessus un état major laïque et religieux pourri par tous les les vices.».Etc.Deux colonnes de « révélations » de ce genre.L’auteur de celte élucubration a bien fait de ne pas signer. 38 Le Bulletin du Parler français au Canada L'Ame canadienne, par M.Louis Arnould.(Le Correspondant, 31, rue Saint-Guillaume, P.; 10 août, pp.465-494.) Excellent article, que nos journaux ont reproduit.Nous souhaitons que M.Arnould réunisse en volume ses études canadiennes.Ce serait un livre utile, plein d’enseignements pour nous.Les Petites Frances littéraires, par M.Charles Le Goffic.(La République, 21, Montmartre.I’.; 24 août.) Parmi les « ilôts intellectuels (où l’on pourrait se croire en terre française», l’auteur parle de la Belgique, du Luxembourg, de la Suisse et du Canada.L’Action française au Canada, 7.906-4.90.9, par M.Joseph Romanet du Caillaud.(L'Action française, Chausséc-d’Antin, P.; 18 août.) Lettre de Paris, par M.Oscar Havard.(Gazette du Centre, Limoges, 17 août.) L'àme canadienne, d’après 1 article de M.Louis Arnould.A.Rivard. SARCLURES t't Nous avons déjà dit tout le mal qu’il faut penser du jargon que certains Anglais de l’Ontario appellent le « Parisian French», et qui leur sert à rédiger leurs circulaires destinées à notre Province.Eh bien ! le « Parisian French » nous envahit ! Voici une maison, apparemment canadienne-française, qui le parle aussi.Un armurier, de Montréal, s’adresse en ces termes à ses compatriotes : « La Maison XXX a l’honneur de porter à votre connaissance dans un but purement National.Quelle à un beau choix d’Armes des systèmes les plus variés tous travaux exécutés par un personnel de ltlc classe dans 1 Art tin métier, ne pas confondre à de certain marchands qui se disent tels et plus souvents ils sont plus novice que l’acheteur, par l’œil c’est tout beau et tout bon, les examples des Accidents de chasse des années précédentes démontre ce qui est dit plus haut.» Il y a toute nue page de ce style.Est-ce là de la traduction?Il paraît impossible de reconstituer là-dessus un texte anglais Li sez encore : «Nous ne faisons pas de Catalogues, le client doit nous fixer pour les prix qu’il désire pour un bon fusil.» Le sarcloir m’en tombe des mains ! Dans la traduction, faite à Ottawa, d’un projet de loi d abord rédigé en anglais, nous lisons qu’une certaine somme sera dépensée « pour aider à établir protection, sûreté et commodité pour le public aux passages à niveaux existant».A la rigueur, cela se comprend.Mais à première vue, il semble bien qu’une partie seulement de la population sera protégée.Car, pas de protection pour le public dépourvu de passages à niveau existant ! /* Une compagnie anglaise d’Ottawa écrit quelle vend des « générateurs à gaz tous guarantés en plein et absolument aussi bons comme neufs ».Et elle ajoute: « Ecrivez-nous pour la 39 40 Le Bulletin du Parler français au Canada machine que vous amieriez et nous pourrons vous arranger.Envoyez pour le catalogue.Le $75 indu purifier.» Qu’est-ce que cela veut dire ?**’ «L’improvisation est la pierre de touche de tout bon organiste et celles de M.Pelletier sont connues partout pour leur perfection.Son traitement du cantique favori de la congrégation Notre-Dame a été merveilleux d’invention, de suite.» Le cantique était-il donc malade ?et quel traitement l’organiste lui a-t-il lait subir ?/, J’ai lu, de mes yeux lu, ce qui s’appelle lu, l’annonce d’un boucher, citoyen des Etats-Unis, qui vend du porc « 11 cts la rib », et des beans, « 8 cts la quarte.» Ab ! j’ai passé de bien mauvaises vacances ! D’un journal des Etats-Unis: «Les exercices du mois de St-Joseph sont commencés depuis lundi; cette dévotion est très répandue parmi nous; c’est le patin de notre paroisse.» Le patin d’une paroisse.qu’est-ce que cela peut bien être?Une perle : Un Canadien français, propriétaire d’un hôtel à Weedon, avait entendu parler du tricentenaire de Québec.Bon patriote, il a voulu perpétuer chez les siens le souvenir de cet anniversaire : il a appelé son établissement: TH BEE CENTENAIRE HOTEL.Le reste de l’annonce est en français.Le Sarcleur. OUVRAGES DE PHILOLOGIE PROVENANT D'UNE BIBLIOTHÈQUE ACHETÉE APRÈS DÉCÈS ET MIS EN VENTE PAR DUBÉ & LAPERRIÈRE 13, RUE ELGIN, OTTAWA Tous ces ouvrages sont garantis complets et en bon état, sauf indication contraire., Un bon nombre, aussi, sont entièrement neufs.Les reliures sont, pour la plupart, particulièrement soignées, certaines de ces reliures étant du genre dit «amateur», ou de luxe.Les frais de port sont à la charge du destinataire.Les ouvrages qui, à réception, ne donneraient pas satisfaction, pourront être retournés, à charge de payer les frais de retour.Aubertin, G.H.—Grammaire moderne des écrivains français.Bruxelles, 1861, 1 v.in-12, demi-rel.chagrin.$1.00 Bancel, J.-D.—Histoire de la langue et de la littérature française au moyen-âge.Paris, 1878, 1 v.in-8, br.1.00 Borel, Pierre.— Trésor de Recherches et Antiquités Gauloises et Francoises.Paris, 1655, gr.in-8, veau antique, 680 p.5.00 Buies, Arthur.—Anglicismes et Canadianismes.Québec, in-12, 106 p.br.30 Delesalle, Georges.—Dictionnaire argot-français et francais-argot.Paris, 1896, in-8 br., 450 p.*.j 25 Delvau, Alfred.—Dictionnaire de la langue verte.Paris, 1867, 2e éd., 1 v.in-12, demi-maroquin, tête dorée, 539 p.3.00 Du Belly, J.—La défense et illustration de la langue française, av.introduct.et commentaire par J.Teil.Paris, 1875, in-12, br.40 Du Méril.—Diet, du patois normand.Caen, 1849, in-8, demi-rel.percaline.3.00 Genin, F.—Lexique comparé de la langue de Molière et des écrivains du lie siècle.Paris, 1846, in-8, br.(rousseurs) .1.50 Genin, F .—Récréations philologiques.Paris, 1856, 2 v.in-8, demi-chagrin.3.00 Genty, A .—Rimes inédites en patois percheron.Paris, 1861, in-18, br.75 Gingras, J.-F.—Recueil des expressions vicieuses et des anglicismes les plus fréquents.Québec, 1861, in-18, br., 48 p.1.50 Gingras, J.-b.— Manuel des expressions vicieuses les plus fréquentes.Ottawa, 1867, in-18, br., 77 p.3 00 Girard, l'abbé.— Synonymes français, avec notes par M.Beaugée.Paris 1802, 2 v.in- 12, veau antique.1 00 Jasmin, J.—Les Papillotes, poésies provençales avec texte français en regard.Agen, 1842, 2 v.in-8, demi-veau.$2.00 Jaubert.—Glossaire dti Centre de la France.Paris, 1856-58, 2 v.gr.in-8, avec les 2 suppléments, demi-chagrin.6.00 Larchey, L.—Les excentricités du langage, 4e éd.Paris, 1862, in-12 br.1.00 Larchey, L.—Diet, historique d’argot, 9e éd.Paris, 1881, in-12, demi-chag.2.00 Larchey, L.—Nos vieux proverbes.Paris, 1886, in-12, br.1.00 Laveaux, J.-C.—Diet, des difficultés grammaticales et littéraires de la langue française, 3e éd.Paris, 1846, 1 v.gr.in-8, 739 p.demi-veau.2.00 Leroux, P.-J.—Diet, comique, satgrique, critique, burlesque, libre et proverbial.Pampelune, 1876, 2 v.in-8, br.3.50 Manseau, J.-A.—Diet, des Locutions vicieuses du Canada, 1e livraison, lettre A.Québec, 1881, in-18, br.50 Ménage.—Diet, étymologique de la langue française.Paris, 1750, 2 v.in-folio, veau antique.8.00 Meyer, L.-E.—Glossaire de l'Aunis.La Rochelle, 1870, 1 v.in-8, 112 p.1.50 Nisard, Charles.—Étude sur le patois de Paris et de sa banlieue.Paris, 1872, in-8, br.1 50 Nisard, Charles.—De quelques parisianismes et autres locutions des 17e, 18e et 19e siècles.Paris, 1876, in-12, br., 239 p.1.50 Oswald, John.—A dictionary of etymology of the English language.Edinburgh, 1867, 12e éd., in-18, toile, 796 p.1.50 Peignot, Gabriel.—Amusements philologiques ou variétés en tous genres.Dijon, 1842, in-8, br.1-25 Peignot, Gabriel.—Essai analytique sur l’origine de la langue française.Dijon, 1835, in-8, demi-chagrin.100 Pellissier.E.—French and English passages for unseen translation.Londres, 1892, in-12, toile.-40 Piètrement, C.-A.—Le Patois Briard du canton d'Esternay.Paris, 1888, in-8, 79 p.*.125 Ponceau, E.du—Mémoire sur le système grammatical des langues de quelques nations indiennes de l’Amérique du Nord.Paris, 1838, m-8, demi-veau, 480 p.3-00 Porchère, S.—Musée-Dictionnaire d’originalités et curiosités littéraires, anecdotes, etc.Paris, (s.d.), in-8, br-, 335 p.-50 Rigaud, Lucien.—Diet, d'argot moderne.Paris, 1881, in-12,demi-chagrin.1.25 Rivaudeau, A.de, gentilhomme du Bas-Poitou.—Œuvres poétiques.Nouvelle éd.annotée.Aubry, 1259, in-8, br.1-50 Sainéan, Lazare.—L'Argot ancien, (1455-1850).Paris, 1907, in-8, bi.1.50 Sonnets franc-comtois inédits, écrits au commencements du 18e siècle.Paris, 1892, in-12, br., 172 p.• • -60 Toubin, Charles.—Diet, étymologique et explicatif de la langue française.Paris, 1886, gr.in-8, demi-chagrin, 790 p.3.50 Virmaitre, Charles.—Diet, d’argot fin-de-siècle.Paris, 1894, in-12, demi- chagrin, 349 p.».•;.150 Vitu, Auguste.—Le Jargon de Villon.Etude philologique.Paris, 1884, in-8, demi-maroquin, 600 p.3.00 Wailly, M.de—Principes généraux et particuliers de la langue françoise.Paris, 1777, in-12, veau antique .1 00 White, R.-G.— Words and their uses.A study of the English language.Boston, 1899, in-8, toile, 460 .100 Atlas linguistique de la France, publiée par MM.Gilliéron et Edmont.—M.H.Champion, libraire, 9, Quai Voltaire, à Paris.—Le fascicule, 25 francs.* * * Polybiblion.Revue bibliographique universelle, publiée sous les ausipces de la Société bibliographique.Paris, rue Sant-Simon, 5.Partie litt., 16 fr.; Partie tecbn., 11 fr ; les deux parties réunies, 22 fr.^ î* 'i’ *i* L Argus des Revues.Mensuel.Publié par l'Argus de la Presse.Paris, rue Drouot, 14.Contient l’indication dés titres et des auteurs des principaux articles parus dans les revues françaises et européennes.Chaque titre porte un numéro d ordre ; il suffit d’envoyer ce numéro à l’administratioii de l’Argus, pour recevoir l’article.Par article, 1 fr.; par coupure de journal, 0 fr.30 ; tarif réduit pour 100 coupures.* * * Le Courrier de la Presse.Bureau de coupures de journaux.Dir., M.Gallois, Paris, boulevard Montmartre, 21.Fournit à ses clients les articles de journaux et de revues, les concernant personnellement, ou sur un sujet quelconque auquel ils s intéressent.Par coupure de journal ou de-revue, 0 fr.30; tarif réduit pour 100 coupures.—Catalogue de 13,000 journaux et revues: 3 fr.50 BULLETIN DU PARLER FRANÇAIS AU CANADA Le Bulletin, organe de la Société du ‘Parler français au Canada, est.dirigé par un comité nommé par le Bureau de direction.Il paraît une fois par mois, sauf en juillet et août.Les abonnements partent de septembre.Conditions d’abonnement : Canada et Etats-Unis, $1.00; Union postale, 8 francs ; réduction de moitié aux élèves des collèges et des couvents du Canada.On peut devenir membre de la Société êt.recevoir, à ce .titre, le Bulletin, en envoyant au Secrétaire une demande d’inscription et le montant de la cotisation annuelle ($10.00 pour les membres bienfaiteurs ; $2.00 pour les membres titulaires ; $1.00 [Étranger : 8 francs] pour les membres adhérents).Les cotisations sont dues au 1er septembre ; mais on peut s’inscrire en tout temps durant l’année, en payant les arrérages.Les membres adhérents et les abonnés, qui s’inscrivent après le 1er février, doivent, pour recevoir les numéros du Bulletin parus depuis septembre, verser un supplément de 50 sous.Les sept premiers volumes du Bulletin sont en vente.Prix, chaque volume : $2.50 ; le troisième volume ne se vend (pie dans la série complète des sept années du Bulletin, dont le prix est de $17.50.Pour tout cé qui concerne la Société et le Bulletin, s’adresser A MONSIEUR le SECRÉTAIRE de la Société du Parler f rançais au Canada Université Laval (Casier, N° 236) Québec Imprimerie et Reliuie, L’Action Sociale (limitée), Québec.
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