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Titre :
Bulletin du parler français au Canada
Organe de la Société du parler français au Canada qui y publie des études de linguistique et des réflexions sur les conditions de l'évolution de la langue française au Québec et au Canada.
Éditeur :
  • Québec :Société du parler français au Canada,1902-1914
Contenu spécifique :
mai
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque mois
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Successeur :
  • Parler français
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Bulletin du parler français au Canada, 1910-05, Collections de BAnQ.

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P^/C P p-joà ë* • c> JY Vol.vin MAI 1910 N» 9 BULLETIN DU SOMMAIRE Pages 321—Louis Fréchette (à suivre).Camille Roy, ptre.331— Parlons français 1.Gustave Zidi.eh.332— Au Laboureur.Pamphile Lemay.333— Le Parler français chez nous.Albert Fkhland.335—Le Poêle.Adjutor Rivaud.339—Néologie Canadienne ou Dictionnaire, par Jacques Viger, (1810).—(suite et fin).343—Les Livres .!.Adjutor Rivard.347— Bibliographie.C.R.348— Lexique.Comité du Bulletin.358— Questions et Réponses.359— Sarclures.Le Sarcleur.360— Anglicisme.Comité du Bulletin.REDACTION ET ADMINISTRATION * LA SOCIÉTÉ DU PARLER FRANÇAIS AU CANADA UNIVERSITÉ LAVAL QUÉBhiC Éditeur-dépositaire, à Paris : H.CHAMPION, libraire-éditeur, 5, Quai Malaquais. Les membres de la Société du Parler français au Canada sont priés de se rappeler que les séances de l’Assemblée générale ont lieu le quatrième jeudi de chaque mois, et que tous sont invités à y assister.Ceux qui désirent recevoir, pour chaque séance, une lettre de convocation voudront bien en avertir le secrétaire.Les membres de la Société et les abonnés du Bulletin du Parler français au Canada trouveront, sur la bande du Bulletin, au-dessus de l’adresse, la date de la prochaine échéance de leur cotisation ou de leur abonnement.Cette indication sert de quittance à ceux qui sont en règle avec l’administration et rappelle aux autres qu’ils doivent acquitter des arrérages.Cotisations et abonnements sont payables d’avance, le 1er de septembre, pour les 12 mois suivants.Comité du Bulletin.Le mois littéraire et pittoresque.Mensuel.Paris, rue Bayard, 5.Abonnement : 14 fr.Sommaire du N° Mai ; Jésus invite l'humanité au culte de sa Mère, par Lespagne ; Roses d’amour, adapté de l'anglais par Pussy R.; Le culte de Notre-Dame aux Jeux floraux, par Armand Praviel ; Les madones de Raphaël, par Abel Fabre; Superstitions, par Emile Faguet ; Poésie.A l'ombre de Jeanne, par Louis Foisil ; A une première communiante, par Jean de la Bretonnière ; Roman.« Alors ils se reconnurent » (suite), par Joseph des Verrières, avec 6 compositions de Jean Jamet ; Le centenaire de l'indépendance de la République Argentine : le passé de la République Argentine, par Noël Affiliés; L'Argentine d'aujourd’hui : le « campo » el Bucnos-Agres, par François Ricard ; La presse dans l’Argentine, par G.Lecarpentier ; Nadar, anecdotes et souvenirs, par Etienne Charles ; Le vicomte Kugène-Metchior de Vogiié, par FYançois Lau-rentic ; Les élections, par Némo ; Causerie dramatique, par François Veuillot : Lu Barricarde et Chantecler; Pages oubliées, etc.Actualités scientifiques. Vol.VIII, No 9—Mai, 1910.LOUIS FRÉCHETTE Sa vocation poétique; le milieu intellectuel et littéraire de sa jeunesse; sa carrière.Le 31 mai 1908, vers onze heures du soir, après une journée de maladie seulement, Louis Fréchette mourait à Montréal.Depuis quelques années le vieux poète souffrait.Sa robuste constitution avait fléchi.Le temps, la maladie, les chagrins dont se charge trop facilement une âme d’artiste, les variables et fortes émotions qu’avaient longtemps et tour à tour surexcitées en lui la louange et la critique, les querelles souvent engagées et âprement conduites, l’isolement qui chaque jour étend autour de ceux qui vieillissent le cercle impitoyable de ses indifférences et de ses abandons, le sentiment de sa faiblesse irrémédiable et de son impuissance, le spectacle toujours triste de sa propre ruine, tout cela avait assombri les derniers jours de Louis Fréchette, avait peu à peu détaché cette âme de tant de choses, de tant d’âmes qu’elle avait passionnément aimées: tous ces ennuis, toutes ces angoisses d’un soir de vie qui ne doit plus se dissiper ici-bas dans des clartés d’aurore, avaient mis au cœur de l’homme des désirs de s’en aller vers une vie meilleure.Il souhaitait mourir, et la veille du 31 mai, quelques heures avant d’être foudroyé par l’apoplexie, il confiait à un ami ancien et fidèle ce vœu de chrétienne espérance.«Il y a, ajoutait-il, l’au-delà qui est toujours inquiétant, mais j’ai assez souffert, il me semble, pour que Dieu 321 322 Bulletin du Parler français au Canada me pardonne.'1’» Il traduisait ainsi en prose des vers, les derniers peut-être qu’il ait faits, et qui avaient paru quelques semaines auparavant: Pour moi, je me confie à la justice immense.Or, ta justice, à toi, Seigneur, c’est la Clémence! D’ailleurs, les poètes, ceux-là du moins qui ont exprimé dans leurs vers, soit quelque vérité humaine, soit quelques-unes de ces pensées qui jaillissent du fond même de la conscience nationale, ne meurent pas tout entiers.Et la mort de Fréchette, loin de le rejeter dans l’ombre ou dans l’oubli, a remis en lumière et en pleine actualité l'œuvre qu’il nous a laissée.Il arrive que la mort grandisse ses victimes.Et il pourrait se faire que, dans notre province du moins où Fréchette fut tant discuté, la grande paix du tombeau profile à sa gloire.C’est le 16 novembre 1839 que Fréchette naquit à Févis, au pied même de la falaise, dans le quartier qui porte le nom d’Hadlow.Son père, venu de Saint-Nicolas, était entrepreneur de quais.Ses ancêtres étaient partis de File de Ré, de celte Saintonge qui nous a donné avec Champlain la Heur de son héroïsme courageux.Fe jeune enfant perdit trop tôt sa mère, et ne connut pas assez longtemps la joie calme, la paix de la vie de famille.Une mégère qui prit la place de l’absente au foyer, fit la vie dure aux orphelins.A quinze ans, Fouis quitta le toit paternel, et s’en alla demander aux hasards de l’existence du pain et du travail.Il cassa de la pierre à macadam dans les rues d’Ogsdenburg, en attendant qu’il revint poursuivre ses études au Petit Séminaire de Québec, et aux Collèges de Sainte-Anne et de Nicolet.Doué d’une délicate sensibilité, d’une imagination prompte à s’enflammer, le jeune collégien dut lire avec avidité les recueils de vers qu’il put se procurer.Si l’on en juge par des polémiques malheureuses qu’il fit plus tard « à propos d’éducation », il aimait mieux la poésie que le grec ; et s’il ne mit pas en vers les textes qu’on lui fit traduire, c’est que la muse soufflait à son oreille de bien autres choses.A dix-neuf ans, il composait (1) Cf.un article de M.L.-Ü.David sur Fréchette, reproduit dans le Soleil du 20 juin 1908. Louis Fréchette 323 les premières pièces qu’il a publiées, et c’était : Le chant de la Huronne (1>, et des strophes de consolation, AV pleure pas, qu’il écrivit pour l’album d’une mère.Au Pensionnat de l’Université Laval, où il fit son droit, il eut pour voisin de chambre M.Adolphe Routbier.Tous deux avaient alors, et eurent peut-être toujours plus d’admiration pour Lamartine que pour Cujas ou Pothier.M.Routhier devait, quelques années après, confesser qu’en dépit des règlements du Pensionnat, Fréchette et lui avaient souvent, pendant de longues soirées, lu ensemble des strophes de Lamartine, de Victor Hugo ou de Turquety 11 leur arrivait même de rimer tous deux sous la flamme de la lampe discrète.Une année que Louis Fréchette, étudiant, fut attaché au Journal de Québec (1861-1862) ne l’empêcha pas de continuer à alligner aes vers : le nouvelliste rimait en marge de la gazette, et dès 1863, à vingt-quatre ans, il publiait son premier recueil : Mes Loisirs.Mais la vie fut rude au jeune parnassien.Mes Loisirs n’enrichirent pas leur auteur.Victor Hugo et Longfellow, à qui l’étudiant avait sans doute fait hommage de son livre, lui écrivirent des lettres courtoises et flatteuses, mais le livre lui-même dormit chez le poète ou chez le libraire.Dans un article qui parut dans le Journal de Québec, le 4 février 1865, le correspondant du Journal écrit ceci à propos de Mes Loisirs: «Ce livre a causé fort peu de sensation, et il se vend presque pas, à preuve que le débit n’a pas encore couvert les frais d’impression.'*’» Une modeste situation de traducteur surnuméraire pendant les sessions du Parlement ne put suffire à équilibrer le budget de l’étudiant besogneux.
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