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Titre :
Bulletin du parler français au Canada
Organe de la Société du parler français au Canada qui y publie des études de linguistique et des réflexions sur les conditions de l'évolution de la langue française au Québec et au Canada.
Éditeur :
  • Québec :Société du parler français au Canada,1902-1914
Contenu spécifique :
juin
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque mois
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Successeur :
  • Parler français
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Bulletin du parler français au Canada, 1910-06, Collections de BAnQ.

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JUIN, JUILLET, AOUT 1910 No 10 Z'Jcf Cy/C-x H ' -3 Vol.VIII L M BULLETIN DU l) Couronné par l'Académie française SOMMAIRE Pages 301—Le « BULLETIN » à l'Académie française.362—Louis Frécliette (suite et fin).371—'Un nouveau Microbe.382—Les Livres.381—Revues et Journaux.386—Lexique canadien-frânçais (suite).391—Sarclures.393—Table Alphabétique des matières.397—Table des matières par noms d’Auteurs.399—Index Alphabétique des mots étudiés.Lk Comité du’Buli.etin L abbé Camille Roy L’abbé A.Garneau Adjutor Rivahd Ad.iutoh Rivahd Le Comité du Bulletin Le Sarclf.dr REDACTION ET ADMINISTRATION LA SOCIÉTÉ DU PARLER FRANÇAIS AU CANADA UNIVERSITÉ LAVAL QUÉBEC Éditeur-dépositaire, à Paris : H.CHAMPION, libraire-éditeur, 5, Quai Malaquais.A AVIS Les membres de la Société du Parler français au Canada sont priés de se rappeler que les séances de l'Assemblée générale ont lieu le quatrième jeudi de chaque mois, et que tous sont invités à y assister.Ceux qui désirent recevoir, pour chaque séance, une lettre de convocation voudront bien en avertir le secrétaire.Les membres de la Société et les abonnés du Bulletin du Parler français au Canada trouveront, sur la bande du Bulletin, au-dessus de l’adresse, la date de la prochaine échéance de leur cotisation ou de leur abonnement.Cette indication sert de quittance à ceux qui sont en règle avec l’administration et rapprellç aux autres qu’ils doivent acquitter des arrérages.Cotisations et abonnements sont payables d’avance, le 1er de septembre, pour les 12 mois suivants.Comité du Bulletin.Le mois littéraire et pittoresque.Mensuel.Paris, rue Bayard, 5.Abonnement : 14 fr.Sommaire du N° Juin ; Composition hors texte.Jésus s'offre à l’amour des hommes, par Lespagne ; Nouvelle.Jésus chez le publieain, par François Veuillot ; Histoire.Un centenaire : La mort de Henri IV (li mai 1910), par Léon Le Grand; Beaux-Arts.Le Salon de la Nationale, par A.Fabre; Causerie.La Comète, par Petit Hix ; Poésie.L’aigle blessé, par Pierre Lhande, S.1.; Primitifs, par Henri Mériot ; La Vendée, par Emmanuel des Essarts ; Roman.-w Alors, ils le reconnurent » (Un), par Joseph des Verrières; Varia.Les scaphandriers, par Jacques Boyer : Les étapes de l'aérostation (fin), par L.Picard ; L’uniforme du soldat, par Michel Dolques ; La Croix-Rouge en France et à l'étranger, par M.I.éra ; Conte.Le jardin de lis de Isa, par Roger de Condé ; Le livre du mois.Un poème inédit de Louis Veuillot: Cara ; L.P.Victor Delaporte, S.J-, par Pierre Lhande; Salons de peinture, par Nemo; L’Esprit en France et à /’Etranger. Vol.VIII, N° 10—Juin, Juillet, Août, 1910.LE “BULLETIN” à L’ACADÉMIE FRANÇAISE Dans sa séance du 19 mai dernier, l’Académie a attribué à notre Bulletin une part du prix Saintour.Ce prix est décerné «à des ouvrages de diverses sortes: lexiques, grammaires, éditions critiques, commentaires, ayant pour objet l’étude de notre langue, principalement depuis le XVIe siècle jusqu’à nos jours ».C’est donc, avant tout, l’œuvre philologique de notre modeste revue que l’Académie française a voulu reconnaître et récompenser.Nos études sur le parler français au Canada sont ainsi consacrées par le plus haut tribunal littéraire qui soit en France, et cette appréciation nous encourage autant qu’elle nous honore.Il y a plus de huit ans déjà que la Société du Parler français au Canada naissait à l’Université Laval de Québec.L’ambition de ses fondateurs était de travailler à la conservation d’une langue qui ne doit pas mourir sur les lèvres canadiennes-françaises ; c’était surtout de la préserver de toute contamination dangereuse, de la protéger contre toute influence corruptrice, de la purifier des anglicismes, qui, dans notre pays cosmopolite, menacent chaque jour de l'envahir.Il nous a paru que le moyen le plus sûr de servir une langue, cétait de la bien étudier d’abord.Ce souci de mieux connaître notre langue a inspiré tous les travaux lexicologiques, tous les articles qui ont paru dans le Bulletin, et que l’Académie française couronne aujourd’hui.Nous sommes heureux de reporter sur nos collaborateurs dévoués, et en particulier sur notre infatigable et érudit secrétaire général, l’hommage de l’Académie.Tous travailleront désormais avec un zèle plus confiant encore à une œuvre qui a mérité de si hautes et si précieuses sympathies.A l’Académie française, si bienveillante pour les Canadiens qui se souviennent et qui conservent par delà les mers les bonnes traditions de France, nous envoyons l’expression sincère de notre respectueuse gratitude.Le Comité du Bulletin.361 LOUIS FRÉCHETTE Sa vocation poétique ; le milieu intellectuel et littéraire de sa jeunesse; sa carrière.(Suite) Mais en même temps que les questions d’ordre littéraire préoccupaient les écrivains en herbe du collège ou de la revue, d’autres questions pénétraient, avec une autre littérature, dans notre vie intellectuelle et dans notre vie publique.Nous devions avoir ici le contre-coup des agitations qui avaient plus d’une fois bouleversé en France les écoles philosophiques.La querelle du libéralisme alluma dans notre pays la discorde.L’on ne pouvait oublier que quelques-unes des idées malsaines qui s’étaient greffées comme un chancre dangereux sur le catholicisme français, avaient eu jusque dans notre province des adeptes.La conception du catholicisme intégral répugnait alors à quelques esprits qu’avait fascinés la doctrine nouvelle, et qui subissaient visiblement l’influence d’outre-mer.Papineau avait laissé des disciples qui souhaitaient pour leur pays une démocratie, une république, je veux dire un état politique qui fût plus indépendant des droits et des prescriptions de l’Église.Ces tenants du libéralisme tout court et du libéralisme catholique se réclamaient malheureusement d’un parti politique qui eut à souflrir de ses compromettants amis.Et parce que rien n’est plus propre que la passion politique à envenimer toutes les querelles, la fureur de disputer, pour parler comme Bossuet, s’empara des esprits, et l’on 362 Louis Fkéchette entendit, et l’on lut, dans les tribunes, dans les salons, dans les journaux, toute une littérature agressive, acrimonieuse, où l’on exécutait hardiment ceux-là que l’on croyait coupables d’errer avec de Falloux, Montalembert, Dupanloup, ou que l’on soupçonnait de tremper leur plume dans l’encrier de Louis Veuillot.Au surplus, il arriva, à cette époque de la jeunesse de Fréchette, comme il arrive toujours, que des âmes neuves, frissonnantes au seul mot d’indépendance et de liberté alliaient à leur libéralisme une sorte d’incrédulité, plus factice peut-être que réelle, et mettaient quelque coquetterie à faire voir au coin de leurs lèvres le sourire élégant du scepticisme.L’on sait que notre jeune poète ne put échapper tout à fait à l’emprise d’un snobisme si séduisant, et qu’il fit quelque temps tourner au vent du siècle ses mobiles convictions.Ajoutez à cela que, vers 1863, l'on élaborait à Québec, pour notre pays, une constitution nouvelle, que la Confédération eut alors de vigoureux adversaires, et que cette évolution de notre politique nationale constituait une autre cause suffisante de surexcitation des esprits.Littérature, philosophie, religion, politique se rencontrèrent donc, en ce temps-là, pour se heurter et se combattre.Les mêmes écrivains s’occupaient à la fois de tous les problèmes, et il advint que la politique se répandit dans tous les domaines.Le temple des lettres ne connut pas longtemps la sérénité olympienne qu’y avait fait régner Crémazie.On s’y bouscula bientôt comme dans une salle de comité électoral.C’est peut-être Fréchette, que hantait déjà le désir de siéger au Parlement, qui donna la première poussée à ses voisins ; en tous cas, c’est lui qui cria le plus fort le jour où il fit entendre de Chicago la Voix d'un Exilé.Au bruit de ces strophes tumultueuses, qu’il publiait entre 1866 et 1869, on eût volontiers pensé qu’une sorte de révolution passait, en la bouleversant, sur la terre canadienne.Fréchette clamait, hurlait au gouvernement conservateur sa haine féroce ou sa rage impuissante.A moi ce fouet sacré, ce fouet de la vengeance ! Arrière, scélérats ! arrière, ignoble engeance ! Brigands de bas étage et fourbes de haut rang ! Point de grâce pour vous, fuiriez-vous jusqu’au pôle, Je vous appliquerai le fer rouge à l’épaule, Et je vous mordrai jusqu’au sang ! 364 Bulletin du Parler français au Canada Pour grossir dignement leurs cohortes impies, Ils ont tout convoqué, requins, vautours, harpies, Va-nu-pieds de l’honneur, héros de guet-apens.Hardis coquins, obscurs fdous, puissants corsaires, Bretteurs, coupe-jarrets, renégats et faussaires.Bandits, voyous et sacripants ! 1,1 Et lout ce lyrisme tapageur parce que le cabinet de la Province de Québec comptait parmi ses membres un Ouimet et un Archambeault, parce que Georges-Etienne Cartier était chef du gouvernement, et parce qu’enfin le parti conservateur du Canada se recrutait parmi les Tassé, les Bréhaut, les Schiller, et les Bamsay ! ,2) On voulut faire comprendre à ce jeune Caton encore plus sévère que l’ancien qu’il exagérait ; on lui reprocha même certains vers que paraissait lui avoir inspirés une sorte de démagogie anticléricale.Mais le censeur et le poète s’obstinèrent.Et ce fut pour se défendre contre la critique, que Fréchette, à peine de retour au pays, en 1871—dans ce pays qu’il s’était promis de ne plus revoir—entreprenait avec l’auteur des Causeries du dimanche, cette polémique violente où la politique et le libéralisme faillirent tuer la littérature.Puis l’on vit bientôt se produire dans la république des lettres une sorte de mêlée générale où Fréchette eut sa part de coups.Sous prétexte de critique littéraire, l’abbé Cas-grain, Joseph Marmette, masqués sous le nom collectif de Placide Lépine, M.Bouthier qui se dissimulait à peine derrière Jean Piquefort, le docteur LaRue qui signait Laurent, échangèrent des aménités, se signalèrent les uns aux autres leurs moindres défauts, et montrèrent devant le public nos hommes de lettres à peu près tels que la nature les avait faits : les lecteurs amusés virent défiler dans d’originales attitudes des Silhouettes littéraires, des Portraits et Pastels, des Profds et Grimaces.* + * Cette époque de la vie de Fréchette, que nous analysons, est peut-être la plus sombre de son existence.C’est un long jour d’orage (1) La Voix d'un Exilé.Deuxième année, mai 1868.(2) La Voix d'un Exilé.Deuxième année, p.11.Voir la note de l’auteur. Louis Fréchette 365 entre deux soleils : le soleil du premier enthousiasme, et celui de la gloire.Seulement l’orage ne put passer sans laisser dans lame sensible du poète des impressions attristantes : et une sorte de pessimisme l’envahit, que le succès devait plus tard dissiper, mais dont on retrouvera des traces aux derniers jours de sa carrière.Souvent, à cette époque, il exhalait en vers douloureux sa mélancolie.De son exil de Chicago, il apprit un jour que son ancien compagnon d’étude (1) 2 3, et son frère au Parnasse, M.Pamphile LeMay, obtenait un premier prix au concours tie poésie de l’Université Laval, à Québec.(2' Ce succès du jeune harde qui chantait le pays natal, raviva dans l’àme de Fréchette l’image de la patrie absente, et lui fit éprouver la nostalgie des jours heureux de sa jeunesse.Il écrivit à LeMay, pour le féliciter, des strophes où passaient tout son cœur, et, avec quelques larmes, tous ses chers souvenirs.naguère encore, suivant la même étoile, Nous n’avions qu’une nef, nous n’avions qu’une voile ; Nos luths comme nos cœurs vibraient à l’unisson.Poètes de vingt ans, c’étaient luttes sans trêve : C’était à qui de nous ferait le plus beau rêve, C’était à qui ferait la plus belle chanson.Nous rêvions, nous chantions,—c’était là notre vie.Et, rivaux fraternels, sans fiel et sans envie, A la muse des vers nous faisions notre cour.Tu charmais les zéphirs, je narguais la bourrasque ; Et nous voguions tous deux, toi songeur, moi fantasque, L’âme ivre de printemps, de soleil et d’amour.Nos soirs étaient sereins, nos matins étaient roses, Tout était calme et pur ; nuis nuages moroses N’estompaient l’horizon,—ô présage moqueur ! J’aimais.et je croyais à l’amitié fidèle ; Tout me parlait d’espoir, quand le sort, d’un coup d’aile.Brisa mes rêves d’or, ma boussole et mon cœur ! L’orage m’emporta loin de la blonde rive Où ton esquif bottait toujours à la dérive, Bercé par des flots bleus pleins d’ombrages mouvants.Et depuis, balloté par la mer écumante, Hochet de l’ouragan, jouet de la tourmente.J’erre de vague en vague à la merci des vents.
de

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