Bulletin du parler français au Canada, 1 juin 1911, juin
ol.IX JUIN, JUILLET, AOUT 1911 N« 10 BULLETIN DU il Couronné par l’Académie française SOMMAIRE Pages 377—Nos plus belles victoires (poésies).Gustave Zidi.er 385—Les langues commerciales du monde.J.-E.Prince 389—De la première formation du goût littéraire à 1 école.C.-J.Magnan 395—Le congrès de la langue française et les associations.399—Le congrès de la langue française.Bureaux des sections.Horaire des réunions.404—Lexique canadien-franeais (suite).Le Comité du Bulletin 406—Table alphabétique des matières.411—Table des matières par noms d'auteurs.413—Index alphabétique.RÉDACTION ET ADMINISTRATION LA SOCIÉTÉ DU PARLER FRANÇAIS AU CANADA UNIVERSITÉ LAVAL QUÉBEC Editeur-dépositaire, à Paris : H.CHAMPION, libraire-éditeur, 9, Quai Malaquais. AVIS Les membres de la Société du Parler français au Canada sont priés de se rappeler que les séances de l’Assemblée générale ont lieu le quatrième lundi de chaque mois, et que tous sont invités à y assister.Ceux qui désirent recevoir, pour chaque séance, une lettre de convocation voudront bien en avertir le secrétaire.Les membres de la Société el les abonnés du Bulletin du Parler français au Canada trouveront, sur la bande du Bulletin, la date de la prochaine échéance de leur cotisation ou de leur abonnement.Cette indication sert de quittance à ceux qui sont en règle avec l’administration et rappelle aux autres qu’ils doivent acquitter des arrérages.Cotisations et abonnements sont payables d’avance, le Ie' de septembre, pour les 12 mois suivants.La liste des adresses est révisée le 10 de chaque mois.Comité du Bulletin.Le mois littéraire et pittoresque.Mensuel.Paris, rue Bayard, 5.Abonnement : 14 fr.Sommaire du N° de Juin.—Nouvelle.A propos d'une fresque, par G.-X.Aubault de la Haulte-Chambre.—Histoire.Un mariage princier à la cour de Catherine II : Alexandre et Elizabeth, par Pierre Bain.—Beaux-arts.La légende de sainte Ursule, par Mending et Carpaccio, par Abel Fabre.—Causerie.Pigeon vole, par Petit Hix.—Poésie.A la Vierge Marie, par Pierre Herveliu ; Les vieilles barques, par Louis Even ; Premier chant, par Louis Saurimont»—Roman.Les deux mains (suite), par Pierre l'Ermite.—Varia.La famille royale de Danemark, par Marc Hélys ; Un privilège unique en France : La «Fierté» d saint Romain à Rouen, par Edward Montier; Les provinces balliques, par Jean Denys ; Une visite aux ateliers de timbres-poste français, par Jacques Boyer.—Chronique.Auguste Angellier (18i8-19U), par René Jan ; Le théâtre d'Alfred Capus, par François Veuillot.—Pages oubliées.Actualité scientifiques.L’Esprit en France et à l’Etranger. Vol.IX, N° 10—Juin, Juillet et Août 1911.NOS PLUS BELLES VICTOIRES II LES DEUX FRANCES (XVIe SIÈCLE) (suite) POUR EN FAIRE UNE REINE Or, en ces temps, aux bords et de Seine et de Loire, Des poètes fervents, de leur langue amoureux, Voulurent lui dresser d’un bel art généreux Un trône sans rival de splendeur et de gloire.Pour leur Dame et Princesse ils s'efforcaient entre eux Sur la cithare antique avec l'archet d’ivoire ; Pour l'imposer au monde, en grandir la mémoire, Leurs vers, bons courtisans, portaient des cœurs de preux ; Et comme, avec l'encens plus pur de leur poème, Avec l'orgueil du sceptre et d'un fin diadème, Ces vaillants la dotaient d'un opulent trésor, Partout les plus hauts rois, devant la jeune reine S’inclinant, soulevaient, pour la baiser, la traîne De son long manteau bleu fleuronné de lis d’or! (1) Reproduction interdite.—Voir les premiers poèmes dans le Bull, de ¦décembre 1910, de janvier, février, mars, avril et mai 1911.377 378 Bulletin du Parler français au Canada POUR LA «DÉFENDRE» I « C’est un crime de lèse-majesté d'abandonner le langage de son pays.» ( Ronsard.) Mon /ils, il ne sied point à des enfants bien nés, Pour d'étranges amours, de mépriser leur mère: Ne va plus aux jardins de Virgile ou d’Homère Cueillir des rameaux morts et des bouquets fanés! Pourquoi d'obscurs tombeaux déterrer quelques cendres?A tes nouveaux pensers coudre un costume ancien ?Jaloux de ton parler, laisse à Rome le sien : Le français pour ton cœur commit seul des mots tendres.Les sons les mieux chantants restent ceux du berceau ; Défends-les!.Pour ta soif, content de ton ruisseau, Prends-en, baissé, l'eau vive et limpide en ton casque !.La Langue, c'est le clair visage de l'Esprit : Montre-toi donc entier, sans couvrir d’un vain masque Ton regard qui se mouille ou ta lèvre qui rit ! Nos PLUS BELLES VICTOIRES 379 II « Prendre pitié, comme bons enfants, de la pauvre langue naturelle.» ( Ronsard.) Mon fils, des bons vieux mots de nos anciens romans, Pour en parer tes vers, cueille-moi la guirlande ! Garde bien tout du cher patrimoine, et demande Les plus doux et jolis au cœur des grand’mamans ! N’exclus ni le présent des métiers, ni l’offrande Des provinces : manceaux, poitevins ou normands, Vivent tous nos vieux mots cl’amour et de légende, Peaux de couleurs, /dus beaux encor de sentiments ! Tous ont leur prix: qui veut trop retrancher, mutile.Mais souvent d'un art sou/ile enchâsse dans ton stgle Le vieux mot plein de sève et vraiment nourricier : C’est lui gui raffermit la /ihrase et la relève, Comme une humble relùpie à la garde du glaive Double de sa vertu la trempe de l'acier! 380 Bulletin du Parler français au Canada III « J’ai comparé nos dialectes aux maisons qu’un homme fort riche a aux champs.» ( H.Estienne.) Veux-tu sacrifier aux Grâces, gentil maitre.Mon fils?Possède en ville une exquise maison, Où l’art d’un ciseau neuf épand la floraison Des rinceaux en guirlande autour de ta fenêtre.Mais aime aussi tes prés avec leur fenaison ; Retourne avec ferveur au vieux manoir champêtre, Simple, flanqué de tours massives, où l’Ancêtre, Pour affrmer ses droits, a gravé son blason.Notre patois, vois-tu, c'est le logis rustique, Où le cœur se retrempe au passé domestique, A l’air vif du pays natal.Va donc revoir, Mon fis, pour mieux t’ébattre en gaillarde jeunesse, Le champ héréditaire et l'antique manoir, Qui font ton opulence et disent ta noblesse.' Nos PLUS BELLES VICTOIRES IV « Défendez votre mère contre ceux qui veulent faire servante une damoiselle de bonne maison.» ( Ronsard.) Mon fils, ne laisse pas ton toit ou tes vergers Abriter dans leurs nids trop d'oiseaux de passage: A chacun son domaine et son fief!.Est-ce sage De soumettre ton cœur à des sons étrangers?Pourquoi de mots lointains, par un coupable hommage, Quand ceux de ton pays se meurent négligés, Ton esprit se fait-il d’incertains messagers?Rends à l’arbre français son fier et vrai ramage! Couve et nourris chez toi tes secrètes chansons.Puis, un beau matin clair, vers tous les horizons, Pour égayer l'azur, que leur troupe s'élance! Et le monde, écoutant leur voix, comme un cristal, Dira: «Qui peut douter de leur berceau natal?«Ce qui plane là-haut, ce sont purs chants de France!» 382 Bulletin du Parler français au Canada V « Ce gentil esprit de Roy.leur lit entendre qu’il ne prenait point plaisir d’ouïr parler en autre langue que la sienne.» ( Ramus.) Ecoute encore, mon /ils.—Au temps du roi François, Des magistrats voulant selon la mode ancienne Le haranguer : «Non! non! dit-il, je ne reçois Et n'entends nulle langue en ma cour—hors la mienne.» —Ils venaient de Provence.—« Eh ! qu’à cela ne tienne! Si vous voulez céans vous plaindre de nos lois, Rien ne vaut pour plaider la façon parisienne : Allez vite l’apprendre ! »— Au bout de quelques mois, Nos gens—sans accent presque—exposent leur harangue En français: — «Donc, dit-il, sachant si bien ma langue, Chez vous, dans vos décrets, ne vous en privez point!»— —Et sous le dais ainsi, jusqu’aux rives du Rhône, L’armant du sceptre d'or de la Justice au poing, Le Roi subtil assit le français sur son trône. Nos PLUS BELLES VICTOIRES 383 VI « Mieux vaudrait comme bon français ou citoyen rechercher et faire un lexicon des vieux mots d’Artus, Lancelot et Gauvain.» (Ronsard.) Dès qu'un rayon s'argente aux voiles du matin, L’abeille, âme du ciel, rode des monts aux plaines, Pillant œillets et lis, sauges et marjolaines, Pour fondre en sa retraite un merveilleux butin.Toi de même, mon fils, promptement, sans dédain, Va cueillir les chers mots naïfs des cantilènes : Ne sens-tu pas, ému, l'arome des haleines Qui semblent nous chercher du fond du vieux jardin?Dans ta ruche soigneuse, au creux des alvéoles, Amasse le parfum bourdonnant des paroles, Puis retourne en nos champs, et, souvent à l’essor, Distille en un seul miel les /leurs de l'idiome, Et ce miel, quelque jour puisé dans ton « Trésor», Ira d’un vers divin composer le doux baume. 384 Bulletin du Parler français au Canada VII « O dévots amateurs de bonnes lettres, plût à Dieu que quelque noble cœur s'employât à mettre et ordonner par règles notre langue française ! » ( Geoffroy Tory.) Apprête-toi, mon fils, pour la belle oraison.La parole est un peu comme un troupeau de chèvres Que le pâtre surveille avec la fliite aux lèvres, Pour retenir leur fuite, autour de sa maison.Prends yarde à tous ces mois trop gaillards et trop mièvres Avec leurs pieds légers et leur folle toison! Impose à ce caprice une droite raison, Des lois à ce désordre et du calme à ces fièvres! Qu'il obéissent tous à l’appel des pensers, Sans jamais te trahir, confus ou dispersés! Soumets ta phrase égale aux justes disciplines, Pareil au chevrier, qui module son chant En descendant le soir la pente des collines Avec son troupeau sage à ses pas s'attachant ! Gustave Zidler.(à suivre ) LES LANGUES RCIALES DU MONDE0’ Le grand magazine économique de Londres, The Economist, faisait dernièrement des réflexions sur l’avenir des langues.Ce n’est pas que le sujet fût traité de façon remarquable, ni que 1 auteur, du reste, parût s’y appliquer.Les considérations elles-mêmes se reliaient plus ou moins au titre de l’article, mais la matière présentant certain intérêt, il m’a semblé qu’il ne déplairait pas au Bulletin d’accueillir le compte-rendu abrégé qui va suivre.Cet écrit de 1’Economist commence par le trait suivant.Des élections parlementaires ont lieu en Hongrie.Certain candidat, magyar de nationalité, a entrepris de faire un discours à des villageois slovaques, dans leur langue, sans parvenir à se faire comprendre.L’orateur est sur le point d’abandonner la partie quand un auditeur, bien avisé, lui suggère d’essayer de l’anglais.Il se trouve que la recette fait merveille, les électeurs slovaques étant pour la plupart d’anciens émigrants revenus d’Amérique oû ils ont appris l’anglais.Cet incident, si simple et dont la matière est prise au hasard dans un coin perdu de l’Europe occidentale, n’est-il pas significatif?Le lait, dit l’écrivain, de rencontrer ainsi des traces de diffusion de l’anglais à l’étranger est loin d’ètre isolé.En Italie, en Grèce, en Espagne, en Scandinavie, comme en maints autres endroits du globe, le touriste anglais se trouve à tout moment confronté avec des gens qui entendent l’idiome anglo-saxon.Ainsi c’est l’anglais que l'on parle aux Indes dans les transactions commerciales ; c’est lui dont fait usage le parlement central de ce pays aux races si variées.L’anglais, aurait dit Lord Morley, est appelé à unifier les différents peuples de cette partie de l’Orient où l'Angleterre depuis si longtemps déjà exerce son empire.On a vu enfin que le Japon lui-même, il y a peu d’années, proposait d’adopter la langue anglaise au parlement d’Yokohama, la (1) The Economist, London, Engl., Febr.4th, 1911.385 44 386 Bulletin du Parle» français au Canada syntaxe nipponne oilrant des difficultés pratiques extrêmes, et d ailleurs les idiomes de ce pays étant très nombreux.Les langues d origine latine, dit 1’Economist, dominent en b rance, en Italie, en Kspagne, au Portugal, dans l’Amérique centrale et 1 Amérique du sud.L'espagnol règne au Mexique et le français dans la province de Québec, mais en dehors de ces pays, 1 anglais rayonne sur toute l’Amérique du Nord, en sorte que, suivant I écrivain, il serait impossible de nier sa prédominence dans le monde du commerce.On ne saurait, toujours suivant lui, disputer que sur le lait de savoir quelle langue, l’allemand ou I espagnol, occupe le second rang, le premier appartenant à l’anglais.L’auteur, ici, n’est pas très rigoureux, avouons-le.Il oublie la Roumanie, la Suisse, la Belgique et les colonies françaises.Les Etats-Unis eux-mêmes sont loin d’avoir une langue homogène.Pa nui les idiomes qui y vivent, ceux dérivés du latin ne constituent pas tout à fait des unités négligeables.La même remarque s’applique au Canada et à d’autres pays encore.Mais en somme, l’Angleterre étant la première puissance maritime et commerciale du monde, si l'on y joint les colonies qu elle a londées et où dominent ses institutions, il semble vrai que l’anglais est au premier rang des idiomes du commerce mondial.Le français, d’après notre insulaire, serait bien la langue de la diplomatie, mais, dit-il, voilà que déjà le sport menace de lui enlever sa souveraineté dans le domaine des modes.La langue française,dit-il, est comme crystalisée dans son élégance, l’allemand commé ligé par masses (conç/ealed in lumps); toutes deux sont trop régulières ( c’est très curieux ! ) et trop raides pour se plier aux exigences de la nouveauté, aux expressions variées et multiples des choses de notre temps.Seul l’anglais, ajoute-t-il, par l’élasticité (loose) de sa syntaxe, est apte à se soumettre aux variations nécessaires du langage, comme il a su autrefois s’assimiler avec aisance divers apports Scandinaves, grecs et latins.Surtout, écrit-il,—(il fallait s’attendre à celle-là!) la manière de l’anglais qui va droit au but, en appelle à l’homme d’affaires pour qui la concision du langage signifie à la fin économie de temps et d’argent. Les Langues Commerciales du monde 387 Relevons un peu ce dernier argument.Que de gens parmi nous croient avoir tout dit quand ils ont déclaré que 1 anglais est plus court que le lrançais' Comme si comparer une langue à une autre, même pour la concision ou la brièveté, se réduisait à compter les lignes, les mots et les lettres.Est-il quelque chose de plus vain que ce calcul numéral?Quelle est la première qualité du langage, même dans les affaires, si ce n’est la précision, d’où dérive toute clarté?Pour juger le point en litige, il (audrait décider, admettant qu’une langue a plus de concision qu une autre, si elle possède encore la même précision.Mieux vaut une phrase en dix mots qui dit précisément une chose, qu’une phrase en cinq qui la laisse incertaine.Or, ce serait une rude thèse à soutenir que celle où l’on chercherait à mettre le français ailleurs qu au premier rang pour la clarté.Admettons pour un moment que l’anglais possédât plus de concision, ce qu'il faudrait examiner avec soin avant de juger, reste le point de savoir s’il offre par ailleurs tout autant de qualités essentielles.Cet examen étant fort délicat à faire, inutile de dire que la plupart de ceux qui tranchent en faveur de l’anglais ne l’ont pas encore entrepris.Les traductions, du reste, chez nous, ont depuis longtemps tout gâté.L’ignorance y entre pour une certaine part sans doute, mais il faut bien aussi ne pas oublier la prépondérance de l’anglais, au pays, depuis les premiers jours de 1760.Ayant à reproduire toute une littéralure ofiicielle, chargée de textes, l’on a dû ou cru devoir traduire mot à mot toujours, de crainte de trahir le sens rigoureux de la phrase.Le lrançais de celte façon était réduit à un vasselage.C’est ainsi qu’on est parvenu, depuis les jours du vieux Cugnet,"1 plus savant en lait de loi qu’en fait de langue, à ce style juridique qui dépare vraiment trop parfois nos livres de droit et de jurisprudence.C’est ainsi que nos écrits politiques et tout notre langage en général, depuis celui de la tribune à celui du Palais, a subi des atteintes dont il est toujours si difficile de se débarrasser.Toute notre vie civile devait porter les traces de notre changement d’allégeance.Du reste, que de travail, de soins, d’aptitudes, que de connaissances de la langue il faut pour bien traduire! Aussi l’on ne saurait trop applaudir au progrès que l’on remarque depuis quelque temps, à Ottawa et à Québec, dans (1) Cugnet, jurisconsulte, premier rédacteur de nos lois françaises, après la cession. 388 Bulletin du Parler français au Canada la rédaction de nos lois.Notre littérature légale est en voie de perfectionnement et chaque année voit paraître, sous forme de critique ou de traité, des écrits où se révèle une langue de plus en plus correcte et châtiée.Le même mouvement, heureusement, commence à se faire sentir ailleurs.Pour revenir àl Economist, une autre assertion peut-être mériterait d être relevée.Cette souplesse (looseness) d’une langue capable ainsi de se faire aux milieux les plus divers, à toutes les formes de penser ou de sentir, est-elle bien, même en affaires, un attribut distinctif de 1 anglais?Si la langue est l’expression d’un peuple, il semble bien de premier abord que la personnalité du peuple anglais, sa lorte originalité, répugne fort à une telle aptitude.L on discute depuis longtemps au sujet de l’établissement d’un droit commercial uniforme, et tout dernièrement l’Economiste français nous entretenait du projet de modifier dans ce sens la loi concernant seulement la lettre de change et les billets à ordre, ce qui est une partie restreinte du droit commercial et maritime.Or, les résultats de la discussion établissent l’impossibilité absolue de s entendre jamais sur certains points essentiels, au moins dans l’état actuel du commerce.L’Economist, élargissant de beaucoup le point qu’il semblait en commençant vouloir traiter, conclut en disant qu’il ne saurai» y avoir jamais de langue universelle.Il fut un temps, dit-il, où le grec, le latin, l’arabe parut en voie de devenir une langue mondiale, mais il n’est pas probable que la confusion des parlers puisse jamais prendre fin.Les langues, ajoute-t-il avec vérité, sont des organismes vivants.Supposé par impossible un moment où se produirait l’unité, cela ne pourrait durer: les altérations inévitables entre groupes de races ou de peuples différents par le caractère, les mœurs et la civilisation, ne tarderaient pas à se traduire de nouveau dans le langage.Le problème, dit avec raison l’auteur, se réduit à celui de l’unification des races, ce qui ne pourrait aboutir, évidemment, que si l’une d’elles arrivait à la maîtrise absolue de toutes les autres dans l’univers.J.-E.Prince. DE LA PREMIÈRE FORMATION DU GOÛT LITTÉRAIRE A L'ÉCOLE Discours prononcé à la séance publique annuelle de la Société du Parler français, Université Laval, le 22 janvier 1911 (Suite) La Récitation se prête aussi merveilleusement à la formation du goût littéraire, à la condition de suivre à la lettre ce conseil de Nicole: «Il ne faut jamais permettre que les enfants apprennent rien par cœur qui ne soit excellent.» Cet avis est très sage.En effet, les choses qu’on apprend par cœur s’impriment davantage dans l’esprit «et sont comme des moules et des formes que les pensées prennent, lorsqu'ils les veulent exprimer.» Mais les morceaux de récitation doivent être choisis avec discernement, appropriés à l’âge des élèves et bien expliqués, car il ne s’agit pas de faire fonctionner la mémoire seule, mais il faut que le jugement et le goût y trouvent leur profit.Puisque les enfants aiment la musique, ils trouvent dans le rythme des vers une imitation du rythme des sons, et la mémoire en reçoit un grand secours.Écoutons ce gentil petit garçon ou cette charmante petite fille de six ans réciter les vers suivants: LA PETITE ÉTOILE Brille, brille, petite étoile; Fixe sur moi ton oeil de feu.Lorsque la nuit étend son voile Tu viens et me parles de Dieu, Tu dis : C’est lui notre Père Qui nous a faites toutes deux.Toi, petite fille sur terre; Moi, brillant soleil, dans les cieux.E.Dupuis.389 390 Bulletin du Parler français au Canada Ou encore la première strophe de cette inimitable poésie de Reboul: i.’ange f.t l’enfant Un ange au radieux visage, Penché sur le bord d’un berceau, Semblait contempler son image Comme dans l’onde d’un ruisseau.Charmant enfant qui me ressemble.Disait-il, oh! viens avec moi, Viens, nous serons heureux ensemble : La terre est indigne de toi ! Et parmi cent autres, c’est aussi L’Enfant et la Grand'Mère de Ratisbonne : l’enfant et la grand’mère Grand’mère, d’où viens donc que vos cheveux sont blancs?—Mon enfant, c’est l’hiver, c’est la neige des ans.—Grand’mère, d’où vient donc que vous avez des rides?— Le chagrin a creusé tous ces sillons arides.—Grand’mère, qui vous fait trembler la tête ainsi ?— Enfant, un vent du ciel.Je ne tiens plus ici.—Pourquoi vos yeux sont-ils cernés de noir, grand’mère?—C’est pour avoir versé plus d’une larme amère.— Pourquoi tenir si bas, si courbé votre front?— C’est pour mieux voir la terre où mes os blanchiront.—Et que murmurez-vous toujours, mère chérie, Même quand votre enfant vous embrasse?—Je prie.Louis Ratisbonne.Au cours moyen et au cours supérieur, on peut déjà aborder l’étude de morceaux classiques faciles, à la condition, bien entendu, que la récitation soit la reproduction de mémoire d’une bonne lecture bien faite, dont le maître donne les principes, la mesure et, autant qu'il peut, le modèle.Ainsi la récitation devient moins un exercice de mémoire que de diction, avec l’intonation naturelle, l’accent vrai, la ponctuation raisonnée; c’est une œuvre à la fois d’intelligence, de sentiment et de goût qui, n’ayant rien de commun avec la déclamation théâtrale, a sa place marquée dans l’école, sans la changer en succursale de Conservatoire.«La récitation, d’après Vapereau, c’est la lecture sans livre, la meilleure des lectures.» Formation du Gout Littéraire a l'école 391 Ils sont nombreux les morceaux convenant aux élèves cours moyen et supérieur.J’en cite un au hasard, de I Mercier : LECTURE ET RÉCITATION VOIX DES CHAMPS Va, chante, û laboureur, afin qu’en ses entrailles La terre avec amour reçoive tes semailles, Afin que.par moment, L’àme des bœufs que la chair tient enveloppée, Quand tu la berceras avec la mélopée.Frémisse doucement.Chante, ô semeur! Depuis qu’en un rythme sublime Le créateur a fait retentir sur l’abîme Son fiat éclatant, Le rythme est souverain, le rythme est salutaire, Tout ce qu’on entreprend de sacré sur la terre S'accomplit en chantant.Chante, et qu’aussi ta voix austère, soit mâle; Et lorsque tes blés murs, en un remous d’or pâle.Onduleront aux vents, Fendant les soirs d’été, pareil à ton cantique, Un chant s’élèvera, vénérable et mystique, De leurs épis mouvants.Louis Mercier.Tous les exercices de la langue Irançaise concourent à la formation du gont.C’est encore l’aride et revêche dictée dont on a dit tant de mal, et souvent à tort.Voici quelques modèles de dictées, correspondant aux trois cours de l’école primaire, modèles que j’emprunte au hasard à l'Enseignemet Primaire.Vous constaterez, mesdames et messieurs, que ces textes parlent de choses qui ne sont pas étrangères à l’enfant; tantôt ils poétisent le matin, les champs, la moisson, le village, le réveil des oiseaux, tantôt ils rappellent les hauts faits de notre histoire, décrivent le Canada, font revivre les joies de la famille.des .ouis 392 Bulletin du Parler français au Canada COURS ELEMENTAIRE LE MATIN Le beau soleil se lève ; il est rouge comme un globe de feu.Le coq fait entendre sa voix matinale.Le petit oiseau gazouille dans les buissons.L’abeille bourdonne près de la ruche.La cloche appelle le chrétien à la prière.Dans la cour de la ferme, le laboureur attelle les chevaux à la charrue.Allons, mes enfants, levez-vous bien vite, car bientôt la clochette de l'école tintera et vous appellera aussi au travail.LES CHAMPS Que la nature vous soit chère ! Les champs sont nos amis.L’air des champs donne force et sagesse.Heureux les enfants qui vivent à la campagne ! Les près verts, le lac bleu font mieux connaître et chérir la bonté du Créateur.Aimez donc les bois, la fontaine, l’étang bordé de long roseaux.Aimez les joyeux oiseaux, les petites fleurs et le grand chêne.LA MOISSON Le champ de blé est jaune comme de l’or.Voici les moissonneurs avec leurs faulx.Le blé est coupé ; on en fait des gerbes.Un lourd chariot les emporte au grenier de la ferme.L’hiver, on battra les gerbes pour avoir le grain.COURS MOYEN NOTRE BERCEAU Un jour, vers le milieu du seizième siècle, trois petits vaisseaux montés par des hommes intrépides et commandés par un hardi capitaine, ouvrant leurs voiles à la brise du ciel, comme des oiseaux fuyant la tempête, s’éloignèrent de cette terre d’Europe où l’orgueil de l’esprit et la corruption du cœur préparaient de si formidables catastrophes.Elles étaient bien frêles, ces nefs aventureuses, mais le Maître des eaux et des vents veillait sur elles.Après une navigation longue et pénible, les trois navires abordèrent à une plage inconnue, et leur chef y planta une croix ornée des armes de son souverain.Cette plage, c'était la plage de Gaspé, c’était le Canada; ces hommes, c’étaient des Français, ce chef, c’était Jacques Cartier.Jacques Cartier! c’est le nom qui rayonne au frontispice de notre histoire.Une année après cette première expédition, il pousse plus avant, il tonche à Stadaconé ; Québec! il va lire l'Évangile selon saint Jean aux indigènes d’Hoche-laga : Montréal ! C’en est fait, le grain de sénevé est jeté en terre ; avec l’aide du ciel, il y grandira et deviendra un arbre aux puissants rameaux et au verdoyant feuillage.Thomas Chapais. Formation du Gout Littéraire a l’école 393 I.E RÉVEIL DES OISEAUX Le merle s’éveille, secouant la rosée de ses ailes brillantes.Le voilà qui aiguise son bec sur la branche, et de rameau en rameau sautille jusqu'au sommet de l’arbre où il a dormi, étonné de voir que presque tout sommeille encore dans la forêt, quand l’aube du jour a remplacé la nuit.Deux lois, trois fois, il lance sa fanfare aux échos de la montagne et de la vallée, qu’un épais brouillard lui dérobe encore.De minces colonnes de fumée blanchâtre s’échappent du toit des chaumières ; les chiens aboient autour des fermes et des clochettes sonnent au cou des vaches.Les oiseaux quittent alors leurs buissons, agitent leurs ailes et s’élancent dans les airs, pour saluer le soleil, qui vient une fois de plus leur donner sa bienfaisante lumière.Le pauvre petit moineau se réjouit d’avoir échappé aux dangers de la nuit.Perché sur une petite branche, il avait cru pouvoir dormir sans crainte, la tête ensevelie sous ses plumes, il a vu se glisser dans les arbres la chouette silencieuse.COURS SUPERIEUR LE PETIT SOULIER DE l’enFANT Je ne crois pas qu’il y ait rien au monde de plus riant que les idées qui s’éveillent dans le cœur d’une mère à la vue du petit soulier de son enfant ; surtout si c’est le soulier de fête, des dimanches, du baptême ; le soulier brodé jusque sous la semelle ; un soulier avec lequel l’enfant n’a pas encore fait un pas.Ce soulier-là a tant de grâce et de petitesse, il lui est si impossible de marcher, que c’est pour la mère comme si elle voyait son enfant.Elle lui sourit, elle le baise, elle lui parle ; elle se demande s’il se peut, en effet, qu’un pied soit si petit ; et, l’entant fût-il absent, il suffit du joli soulier pour lui remettre sous les yeux la douce et fragile créature.Elle croit le voir, elle le voit tout entier, vivant, joyeux, avec ses mains délicates, sa tête ronde, ses lèvres pures, ses yeux sereins dont le blanc est bleu.Si c’est l’hiver, il est là, il rampe sur le tapis, il escalade laborieusement un tabouret, et la mère tremble qu’il n’approche du feu.Si c’est l’été, il se traîne dans la cour, dans le jardin, arrache l’herbe d’entre les pavés, regarde naïvement les grands chiens, les grands chevaux, sans peur, joue avec les coquillages, avec les fleurs, et fait gronder le jardinier, qui trouve le sable dans les plates-bandes et la terre dans les allées.Tout rit, tout brille, tout joue autour de lui, comme lui, jusqu’au souffle d’air et au rayon de soleil qui s’ébattent à l’envie dans les boucles follettes de ses cheveux.Le soulier montre tout cela à la mère, et lui fait fondre le cœur comme le feu une cire.Mais quand l’enfant est perdu, ces mille images de joie, de charme et de tendresse, qui se pressent autour du petit soulier, deviennent autant de choses horribles.Le joli soulier brodé n’est plus qu’un instrument de torture qui broie éternellement le cœur de la mère.V.Hugo. 394 Bulletin du Parlek français au Canada le Canada Trois océans baignent les plages du Canada.Dans son étendue de quatre cent mille lieues, tout est immensité et multitude.Aux grandes terres morcelées qui voisinent à l’Atlantique succèdent la grandiose et léconde vallée laurentienne, que la forêt vierge et des lacs superbes séparent des rivages arctiques.Puis au centre, une plaine immense va s’élevant jusqu’à la base d’une vaste chaîne de montagnes, dont les sommets sont vêtus de nuages ou couronnés de neige.A la la cbaîne-mére succèdent des alignements qui rivalisent avec elle d’altitude et de pittoresque.Les derniers de ces monts sombrent à demi dans les eaux tièdes du Pacifique.Paisible, au sein de cette nature majestueuse, le Canada dort sous la coupole bleu-tendre de son ciel ensoleillé.L’atmosphère est partout sereine et vivifiante.A la rigueur des hivers, aux neiges éclatantes, aux magiques draperies des aurores boréales, succèdent en mai et juin, une nature d’été riche en bocages et en forêts aux feuillages toujours verts.Les minéraux depuis les plus rares jusqu’aux plus simples, une faune des plus variées, d’épaisses forêts admirablement fournies et puis des blés dorés qui ondulent sous la caresse des vents, des eaux magnifiques partout, rivières et fleuves, où chantent en se brisant des chûtes, des rapides, des cascades dont on ne connaît pas encore toutes les énergies.O Canada, plus beau qu’un rayon de 1 aurore ! C.P.H.Il est évident que la dictée doit être expliquée, commentée, analysée de Façon à mettre en relie! les beautés littéraires renfermées dans le texte.C.-J.Magnan.(à suivre) LE CONGRÈS DE LA LANGUE FRANÇAISE ET LES ASSOCIATIONS (S ni le) Le projet du Premier Congrès de la Langue française au Canada est accueilli dans tout le pays avec la plus grande faveur.Nous avons commencé dans notre Bulletin du mois de mai la publication des résolutions adoptées par l'Association canadienne-française d’hducation d’Ontario, par les Sociétés Saint-Jean-Baptiste de Montréal et de Québec, par le Bureau Exécutif de l'Alliance Nationale et le Conseil des Artisans Canadiens français.Nous offrons aujourd’hui à nos lecteurs la suite des adhésions reçues.La Société Mutuelle l'Assomption, société acadienne de secours mutuel, a publié dans le numéro du 4 mai de l’Assomption, organe officiel de la société, imprimé à Fitchburg, Mass., l’adhésion suivante: « Nous applaudissons, et nous sommes sûrs que pas un Canadien ni un Acadien ne refusera d’applaudir avec nous, à l’idée excellente, nécessaire et bienfaisante, émise par la Société du Parler français, de convoquer l’an prochain à Québec, sous le patronage de l’Université Laval, un premier congrès de la langue française au Canada.« Voici le texte complet de la belle résolution, appuyée d’importants considérants, que la Société du Parler français a adoptée.On n’a qu’à le lire pour en comprendre l’importance, on n’a qu’à écouter et à regarder autour de soi pour en voir toute l’opportunité.« Le Congrès sera une source de renseignements dont chacun a besoin et saura profiter, il sera une source de force qui protégera et sauvegardera notre bel héritage national, lame même de notre race.395 Bulletin du Parler français au Canada 396 « Personne ne peut donc y demeurer indifférent.» Monsieur Charles Leclerc, secrétaire général de VUnion Saint-Joseph du Canada qui compte au-delà de 30,000 membres, nous a transmis la résolution suivante, adoptée à Ottawa, au siège principal de la Société, par le Bureau Exécutif: « L’Union Saint-Joseph du Canada approuve l’initiative prise par la Société du Parler français d’organiser un Congrès de la Langue française au Canada, et félicite les promoteurs d’une entreprise si patriotique et si éminemment nationale.« Elle promet à la Société du Parler français son concours le plus actif, et elle donne pleine adhésion au Congrès en perspective.« Elle engage ses membres et ses succursales à aider, dans la mesure de leurs lorces, l’œuvre si belle de l’extension du règne de la langue française, et de la correction du parler français au Canada.» Monsieur J.-E.Lachance, secrétaire général de VAssociation Canado-Américaine, dont le siège social est à Manchester, New-Hamsphire, nous communique l'ordre du jour suivant, adopté par le Bureau de Direction de cette association, à son assemblée du 12 mai : « Le Bureau de Direction de l’Association Canado-Américaine a appris avec joie qu’un Premier Congrès de la Langue française au Canada, convoqué par la Société du Parler français et organisé sous le patronage de l’Université Laval, aura lieu à Québec en 1912.« Au nom des seize mille membres de cette association, il prie la Société du Parler français d’agréer l’expression de ses plus chaleureuses félicitations et l’assurance de son entière adhésion au projet.« A celte époque, où l’on tente de faire adopter la thèse que l’expansion et l’avenir du catholicisme en Amérique sont intimement liés au développement et à l’expansion de la langue anglaise, l’idée d’un Congrès de la Langue française est des plus opportunes et ne saurait être accueillie avec trop d’enthousiasme par tous les véritables patriotes.S’il est vrai de dire que le passé est une garantie de l’avenir, il sera relativement facile de prouver la fausseté de la thèse précitée, en démontrant que c’est pour une grande part à l’usage et à la culture du doux parler de France, Lk Congrès et les Associations canadiennes 397 que la race canadienne-française doit la conservation de sa loi, de ses mœurs, et de son caractère ethnique.« Le Bureau de Direction de cette association est heureuse de constater que la Société du Parler français a manilesté sa sympathie envers les Canadiens français des Etats-Unis, en accordent à quelques-uns de nos compatriotes les plus en vue, les distinctions honorifiques du Congrès.Il est surtout reconnaissant à la Société d’avoir offert au Président de cette association, le titre de membre d’honneur.« Il forme enfin des vœux pour le succès complet du Premier Congrès de la Langue française au Canada et exprime l’espoir que cette solennelle manifestation d'attachement à la langue des aïeux, servira aussi à l’union plus étroite—pour l’intérêt de la religion et la gloire du nom français—des trois groupes qui se partagent l’influence française en Amérique : Les Canadieus français du Canada, les Acadiens et les Canadiens français des Etats-Unis.» A son assemblée du 12 mai dernier, le Bureau de Direction de la Société Saint-Jean-Baptiste d'Ottawa, a adoptée à l’unanimité la résolution suivante proposée par Monsieur J.-B.Saint-Laurent, secondé par Monsieur J.Champagne, et que nous a fait parvenir Monsieur J.-A.Patry, secrétaire général de la Société: « La Société Saint-Jean-Baptiste d’Ottawa donne son adhésion la plus complète au Premier Congrès de la Langue française au Canada convoqué à Québec pour 1912, par la Société du Parler français, et elle fait des vœux pour que cette société remporte tout le succès que mérite une si belle entreprise.» La succursale de Québec de la Société des Artisans Canadiens français, a adopté à sa réunion du 16 mai, la résolution suivante proposée par Monsieur J.-S.Matte, secondé par Monsieur Joseph Picard : « Reconnaissant l’importance et l’opportunité de la convocation d’un Congrès delà Langue française au Canada, et tout le bien qu’un tel congrès est appelé à faire, non seulement au point de vue de la correction et de l’épuration de notre langue, mais encore et surtout au point de vue national en augmentant le prestige de notre race à nos propres yeux et dans l’estime de nos concitoyens d’origine étrangère, la succursale de Québec de la Société des Artisans Canadiens français félicite la Société du Parler français 998 Bulletin du Parler français au Canada de 1 heureuse initiative qu’elle a prise en cette occasion, et adopte l’ordre du jour suivant : « La succursale de Québec de la Société des Artisans, donne sa pleine adhésion au projet du Congrès de la Langue française au Canada et promet son concours le plus actif ; elle s’inscrit immédiatement comme membre donateur en versant la somme de vingt-cinq piastres.» Nous recevons de Saint-Boniface, Manitoba, l'adhésion suivante : « Les membres du Cercle La Vérendrye, de l’A.C.J.C., ont appris avec une vive satisfaction que la Société du Parler français au Canada avait décidé de convoqué, en 1912, un Premier Congrès de la Langue française au Canada.Dès les premiers jours ils se sont intéressés au développement de ce projet, et ils sont heureux d’offrir leurs services aux organisateurs du Congrès pour faire connaître à la population française du Manitoba le but qu’on se propose d’atteindre et pour contribuer ainsi à sa réussite.« Ils sont heureux de profiter de l’occasion pour assurer la Société du Parler français au Canada que son œuvre s’est acquis depuis longtemps l’humble estime de tous les membres de l’A.C.J.C.au Manitoba.« Les membres du Cercle La Vérendrye, en particulier, apporteront, leur faible concours à tout ce qui pourrait accroître l’influence de la Société du Parler français chez eux et autour d’eux.» LE CONGRÈS IlE LA LANGUE FRANÇAISE BUREAUX DliS SECTIONS D’ÉTUDE SECTION SCIENTIFIQUE Président: L’honorable M.Pascal Poirier, sénateur, Officier de la Légion d’honneur, membre de la Société Royale du Canada (Shédiac, N.-B.).Vice-présidents : (sous-section historique) M.Joseph-Edmond Roy, docteur ès lettres, • Officier de l’Instruction publique, membre de la Société Royale du Canada, professeur à l’Université Laval, Archiviste du Canada (Ottawa).(sous-section juridique) L’honorable M.A Constantineau, docteur en droit, juge de la Cour de comté de l’Ontario (Ottawa).(sous-section philologique) M.Alcée Fortier, professeur à l’Université Tulane, président de l’Athénée Louisianais (Nouvelle-Orléans, Louisiane, E.-U.) Secrétaire: M.l’abbé S.-A.Lortie, docteur en théologie, maître ès arts, professeur à l’Université Laval (Québec).399 -100 Bulletin du Parler français au Canada Rapporteurs : (sous-section historique) M.l'abbé Antonio Huot, docteur en théologie et en philosophie (Pass-Christian, Missouri, E.-U.).(sous-section juridique) M.J.-E.Prince, avocat, Conseil du Roi, docteur en droit, professeur d’économie politique à l’Université Laval (Québec), (sous-section philologique) M.l’abbé Émile Chartier, docteur en philosophie, licencié ès lettres de l’Université de Paris (St-Hyacinthe).SECTION PÉDAGOGIQUE President : L’honorable M.P.Boucher de la Bruère, docteur ès lettres, surintendant de l’Instruction publique dans la province de Québec (Québec).Vice-présidents : M.l’abbé R.Labelle, P.S.S., directeur du Collège de Montréal (Montréal).M.l’abbé J.-S.Corbeil, docteur en théologie, Principal de l’École Normale de Hull (Ottawa).Secrétaire : M.C.-J.Magnan, maître ès arts, Inspecteur général des écoles de la province de Québec (Québec).Rapporteurs : M.l’abbé P.Perrier, docteur en théologie et en droit canonique, professeur à l’Université Laval, visiteur des écoles de Montréal (Montréal).M.l’abbé N.Degagné, maître ès arts, professeur au Séminaire de Chicoutimi (Chicoutimi).SECTION LITTÉRAIRE Président : L’honorable M.L.-A.Prudhomme, membre de la Société Royale du Canada, juge de la Cour de comté du Manitoba (Saint-Boniface).Vice-présidents : M.Pamphile LeMay, docteur ès lettres, membre de la Société Royale du Canada (Québec).M.A.-D.DeCelles, docteur ès lettres, membre de la Société Royale du Canada, conserva- Le Congrès de la Langue française 401 teur de la bibliothèque du Parlement du Canada (Ottawa).Secrétaire : M.J.-B.Lagacé, professeur à l’Université Laval (Montréal).Rapporteur : M.l’abbé Camille Roy, docteur en philosophie,licencié ès lettres de l’Université de Paris, membre de la Société Royale du Canada, professeur à l’Université Laval (Québec).SECTION DE LA PROPAGANDE Président: L’honorable M.Raoul Dandurand, membre du Conseil Privé du Canada, sénateur, docteur en droit (Montréal).Vice-Président : M.Eugène Rouillard, Officier d’Académie, vice-président de la Société du Parler français au Canada (Québec).Secrétaire : M.Amédée Denault, publiciste, chef du Secrétariat des Œuvres de l’Action Sociale Catholique (Québec).Rapporteur: M.l’abbé Élie Auclair, docteur en théologie et en droit canonique, professeur à l’Université Laval (Montréal). HORAIRE DES RÉUNIONS (PROGRAMME PROVISOIRE) (Les séances auront lieu à iUniversité Laval) QUEBEC-1912 LUNDI, 24 JUIN FÊTE NATIONALE DES CANADIENS FRANÇAIS (Célébration de la Fête nationale, organisée par la Société Saint-Jean-Baptiste de Saint-Sauveur de Québec: Cortège de saint Jean-Baptiste, Messe, etc.Programme spécial.) A 2 heures.Ouverture du Secrétariat, à l’Université Laval, pour l’inscription des congressistes, la distribution des imprimés, etc.A 8 heures du soir.Séance d’ouverture du Congrès.MARDI, 25 JUIN A 10 heures.Réunion générale des Congressistes, suivie de Séances des sections.A 2 heures.Séances des sections.A 8 heures du soir.Séance générale du Congrès, organisée par les sections littéraire et pédagogique réunies.MERCREDI, 26 JUIN Le matin.Excursion des Congressistes (par souscriptions) au Petit-Cap, Saint-Joachim.—Lunch.Après-midi.Retour à Québec.402 Le Congrès de la Langue française 403 A 8 heures du soir.Séance générale du Congrès, organisée par la section scientifique.JEUDI, 27 JUIN A 10 heures.Séances des sections.A 2 heures.Séances des sections.Le soir.(Fête ou réception, dont le programme sera arrêté ultérieurement.) VENDREDI, 28 JUIN A 10 heures.Séance générale du Congrès.(Réception des rapports des sections.) A 2 heures.Séance générale du Congrès.(Adoption des vœux.) A 8 heures du soir.Séance publique (dans un local qui sera désigné ultérieurement), organisée par la section de la propagande.SAMEDI, 29 JUIN A 10 heures.Séance générale du Congrès.Après-midi.(Fête ou réception, dont le programm ser arrêté plus tard.) A 8 heures du soir.Soirée musicale et littéraire.DIMANCHE, 30 JUIN Le matin.Messe du Congrès.Après-midi.Manifestation populaire, aux monuments de Laval, de Champlain, de Montcalm, des Braves, et de Jacques-Cartier.A 8 heures du soir.Séance de clôture du Congrès. LEXIQUE CANADIEN-FRANÇAIS (Suite) Garrochable (gàroeàb) adj.1° i| Qui peut être lancé.Ex.: Tes cailloux sont trop gros, c’est pas garrochable.2" j| A qui on peut jeter des pierres, qu’on peut atteindre avec des pierres.Ex.: Le chien est trop loin, il n’est pas garrochable.Garrochage (gùràca.j) s.m.|| Action de jeter des pierres.Ex.: Cesse donc ton garrochage, tu casses les vitres.Garrocher (gàrôeé) v.tr.2° || Jeter des pierres à (qq’un).Fr.-can.Garrocher qq’un: lui jeter des pierres, Pôtier, Détroit, 1752.—Au fig.: Ça été beau aux vêpres, les deux chantres se garrochaient=chantaient à tour de rôle, se renvoyaient l’un à l’autre les versets.—La mer garroche=est grosse.Dial.Garrocher: lancer des pierres, Poitou, Favre; Anjou, Verrier.2° || Lancer, jeter (quelque chose) avec la main.Ex.: 11 a garroché le marteau de 16 livres à .pieds.Dial.Garroter: m.s., Picardie, Corblet.Garrocher (se) (sè gàrôeé) v.rétl.1° || Se hâter, aller vite.Ex.: J’ai beaucoup d’ouvrage, je vais me garrocher.— Un cheval qui se garroché.2° || Se donner des airs, se pavaner.Gartage (gàrtà.j) s.m.|| Gratage.Garter (gàrté) v.tr.|| Gratter.Gartin (gàrté) s.m.|| Gratin.Garture (gàrlu.r) s.1.|| Gratture.404 Lexique canadien-français 405 Gaspil (gàspiy) s.m.|| Gaspillage.Ex.: Il ne peut pas amarrer les deux bouts, il y a trop de gaspil dans sa maison.—On va reprendre cet ouvrage-là, mais ça va faire bien du gaspil.Dial.Gaspille (s.m.et f.): m.s., Normandie, Dubois.— Gaspi : m.s., Bas-Maine, Dottin ; Normandie, Moisy.—Gaspille (s.f.): m.s., Centre, Jaubert.Gaspiller (gàspiyé) v.tr.|| Gâter; rendre indocile, vicieux; détériorer.Ex.: Gaspiller un enfant,—un ouvrier, un cheval,—un chemin.Fr.-can.Gaspiller le bon Dieu—en parler, le mettre en cause, le prendre à témoin, le laire intervenir à tout propos.Gaudriole, godriolle (gôdriyôl) s.f.1° || Avoine moulue.Ex.: Meunier, je t’apporte de l’avoine pour faire de la gaudriole.2° || Mélange d’avoine, de pois et de sarrasin, etc.(surtout pour engraisser les cochons).Ex.: Semer, faucher de la gaudriole.— Donner de la gaudriole aux cochons.Vx fr.«Trois septiers de godriole et trois septiers d’avoine», Cari, de Notre-Dame de la Roche 434 (en 1213), cité par A.Del-boulle, Mots obscurs et rares de l’ancienne langue française, dans Romania, t.XXX///, p.361.Fr.-can.Aussi goudriolle.Gaudron, godron (godrô) goudron (giiclrô) s.m.|| Goulot.Fr.-can.Aussi gouleron, goulon.Gaudron, godron (godrô) gordron (gôrdrô) s.m.|| Goujon.Gavagner (gàvàné) v.tr.|| Maltraiter, faire souffrir, malmener; obséder, cherchera connaître la pensée de qq’un, fatiguer par des demandes incessantes; poursuivre, pourchasser; gâter, épuiser.Ex.: J’ai une bronchite qui me gavagne—qui me fait souffrir, qui me fatigue.— Ce garçon là se gavagne—êpuise ses forces, ruine sa santé.— Change-toi pour travailler, car tu vas gavagner tes habits.—Les enfants du voisin passent leurs temps à gavagner mes vaches.Dial.Gavagner: gâter, gaspiller, abîmer, Poitou, Favre; Saintonge, Eveillé.Le Comité du Bulletin. TABLE ALPHABETIQUE DES MATIERES Pages Abréviations.6 A l’Académie française, le Comité ou Bulletin.181 Alphabet phonétique.5 Anglicismes.(Voir VIndex alphabétique.) 88, 128, 168, 208, 248, 288, 328, 376 A quoi bon le latin, l’abbé Adolphe Garneau.8, 98 Aux membres de la Société du Parler français au Canada, Le Comité d’étude.147 Bibliographie.(Voir Comptes rendus, Revues et Journaux.) Bulletin du Parler français au Canada—A l’Académie française.181 —Avis.54 —Abréviations.6 —Signes conventionnels pour la figuration de la prononciation 5 Cercle(un)d étude du parler français au collège de Valleyfield, l’abbé L.-A.Groulx.346 Comité (le) d’étude de Montréal ( Société du Parler français au Canada), J.Gauvreau.111 Concours de la Société du Parler français au Canada, 252, 153, 183, 230, 231 Congrès (le premier) de la Langue française au Canada — Projet exposé dans le Bapport du Secrétaire de la Société du Parler français, Adjutor Bivard.266 — Bureau de direction.305 —Comité de Patronage et membres d’honneur.340 —Appel au Public.334 —Le Congrès et la presse française d’Amérique, Amédée Denault.312 —Le Congrès et les Associations.356, 395 —Horaire des réunions.399 Crise (la) du français et l’art épistolaire, le Commandant de Montesson.243 406 Tables Alphabétique des Matières 407 Comptes rendus : Pages .4 bas la Marine ! (Du May D’Amour), Adjutor Rivard 108 A la manière de.(Paul Reboux et Charles Muller), Id.81 L'Ami du professeur de français (Louis Tesson), Id.41 Bas les masques ! (R.P.Couët, O.P.), Id.321 L'Ane de Gorbio (Dominique Durandy), Id.198 Bibliothèque antonienne (R.P.Hugolin, O.F.M.), Id.197 Une Campagne d'Action française (Léon Daudet), Id.191 La Chanson des vieilles choses (Louis Tiercelin), Id.123 La Chastelaine de Vergi (éd.par Gaston Raynaud), Id.194 Les Chemins de l'àme (Englebert Gallèze), Id.123 Le Clocher fleuri (Maurice La Bellangeraie), Id.38 Le Dernier évêque du Canada français (Vte de Breil de Pontbriand).A.G.163 La Dévotion an Cœur eucharistique de Jésus (R.P.A.Guillol), Adjutor Rivard.321 Discours sur les Passions de l’Amour attribué à Pasccd (Emile Faguet), J.-E.P.196 Echos héroï-comiques du naufrage des Anglais sur l’Isle-aux-Giufs en 1761 (R.P.Hugolin, O.F.M.), Adjutor Rivard.196 Elévations poétiques (R.P.Félix Anizan, O.M.L), Id.81 Essais et Conférences (Henri d’Arles), Id.165 La Fête du Christ à Villemarie (Albert Ferland), Id.197 Fêtes du 75e Anniversaire de l’Association Saint-Jean- Baptiste de Montréal, juin 1909, Id.39 Feuilles volantes et Pages d’histoire (Ernest Gagnon), Id.40 Figures françaises (Ernest Gaubert), Id.40 La Fille de M.Mahaut (Gustave Guesviller), Id.320 Fleurs sauvages (Atala), Id.165 La Fosse aux lions (Emile Baumann), Id.320 Le Français fonétique (Louis Tesson), Id.41 Le Français, langue internationale (J.Novicow), Id.322 La Franc-Maçonnerie et la Conscience catholique (R.P.Couët, O.P.), Id.321 Le Frère Didace Pelletier, récollet (R.P.Odoric M.Gouve, O.F.M.), A.L.287 Gerbes du Mont-Royal (Auguste Charbonnier), Adjutor Rivard.35 Hellas (Noël Aymès), Id.164 408 Bulletin du Parler français au Canada Pages Histoire de la Littérature française depuis le Romantisme jusqu'à nos jours (J.-H.Retinger), C.R.371 L'Humanité s’éveille (Albert Delassaux), Adjutor Rivard.36 Il faut sauver la France (Horace Marion), A.1.286 L’Illimité (Manoël Gahisto), Adjutor Rivard.81 Images blanches et noires (Paul de Chévremont), Id.37 L’Impérialisme britannique (John Bridge), Id.318 De l’Influence eucharistique sur l’apostolat des premiers missionnaires au Canada (Mer J.-M.Emard), Id.81 L’Instruction au Canada sous le Régime français (l’abbé Amédée Gosselin), J.-Edmond Roy.274 Les joyeuses histoires de Bretagne^Paul Sebillot), Adjutor Rivard.36 Leurs Fils (Robert Havard de la Montagne), Id.37 Livre de lecture phonético-orthographique (Louis Tesson), Id.41 Le Maître d'école (Georges Beaune), Id.38 Mémoires et comptes rendus de la Société royale du Canada, Id.34 Les Meilleures Pages de Jean Nesmy, Id.194 Le Milieu médical ou la question médico-sociale (Dr Grasset), J.-E.P.196 1830 (Louis Riballier), Adjutor Rivard.317 Œuvres choisies de Maurice et Eugénie de Guérin (éd.par Ernest Gaubert), Id.42 Pages de combat (l’abbé Emile Chartier), Id.318 Par aventure (Léon Lalage), Id.194 Par les routes humaines (Florian-Parmentier), Id.37 Politique de France (Fagus), J.-E.P.317 Regarde de tous tes yeux (Raymond Schwab), Adjutor Rivard.37 Review of Historical publication relating to Canada, vol.XIV, Id.82 La Sorbonne (Pierre Leguay), J.-E.Prince.33 Le Val d'Amour (Charles Dormier), Adjutor Rivard.192-316 Le Verbe français raisonné (Louis Tesson), Id.41 Vers l'Action (Arthur Saint-Pierre), Id.321 Visions (C.-R.Poirée), ld.193 La Voix des choses (Pierre Courtois), Id.38 Table Alphabétique des Matières 409 Pages Discours du Président de la Société du P.F., Mfc'r P.-E.Roy, à la séance publique du 22 février 1911.259 Ecoles techniques au Canada sous le régime français, l’abbé Amédée Gosselin.55 Erables (les), poésie, l’abbé J.Hoellard, p"e Eudiste.89 Errata.122, 182, 265, 365 Esperanto, universal ou français.202 Ferland (Albert), Jkanjaquet.205 Figuration de la prononciation (signes conventionnels pour la) 5 François-Xavier Garneau, Hector Garneau.214 Galand (le), poésie, Englebert Gallèze.17 Garneau (F.-X.), Hector Garneau.214 Glanures.202, 241 Glossaire (Voir Lexique).Gustave Zidler, Adjutor Rivard.156 Harnachement—terminologie canadienne, l’abbé V.-P.Jutras 22 Instruction (l ) au Canada sous le Régime français ( l’abbé Amédée Gosselin), .1.-Edmond Roy.274 Laflamme ( Mgr J.-C.K.), notice nécrologique.7 Langue et Nationalité, J.-E.Prince.91 Langue (la) française au Canada, Thomas Chapais.49 Langue (la ) française dans l’Ontario, A.Constantineau.294 Langue (la) française en Louisiane, l’abbé Antonio Huot.227 Langue (la) française, langue auxiliaire, Paul Di.schanel.202 Langues (les) commerciales du monde, J.-E.Prince.385 Latin (A quoi bon le), l’abbé Adolphe Garneau.8, 98 Lexique canadien-français ( Voir Y Index Alphabétique ), le Comité du Bulletin 31, 74, 114, 158, 189, 234, 283, 307, .366, 404 Livres (les) (Voir Comptes rendus ).Loi (la) Lavergne.yy Monseigneur Laflamme, notice nécrologique.7 Noël rustique, l’abbé Camille Roy.175 Noms géographiques dans le territoire de l’Abitibi, Eugène Rouillard.70 Nos plus belles Victoires, poésies, Gustave Zidler, 129, 169, .209, 249, 289’, 329’, 377 Nos poètes au pays du Danube, Jeanjaquet.205 Parler (le) français (de la Tribune, de Woonsocket).R) no Bulletin du Parle» français au Canada Parler (le) Irançais du Nord-Ouest, L.-A.Prudhomme.Patois (les) de France, André Theuriet.Poète (un) illettré, Adjutor Rivard.133, Première formation du goût littéraire à l’école, C.-J.Magnan .359, Printemps, poésie, Blanche Lamontagne.Questions de théorie littéraire, Roger Dutheil.Questions et réponses (Voir Y Index Alphabétique), 1 abbé A.Aubert, A.Rivard.105, 162, 323, Rapport du Secrétaire de la Société du P.F., séance publique du 22 février 1911, Adjutor Rivard.Rectification, A.R.Réforme orthographique, 1 abbé A.Aubert.Revues et Journaux, Adjutor Rivard.43, 82, 83, 96, 104, 124, 125, 137, 146, 151, 166, 167, 199, 207, 237, 244, 247, 325, 339, 372, Sarclures (Voir Y Index Alphabétique ), le Sarci.eur.48, 86, 127, 206, 245, 327, Séance publique de la Société du Parler français au Canada, 22 février 1911.Signes abréviatifs.Société du Parler français au Canada : — Séance publique du 22 févrierl911.— Discours de Msr P.-E.Roy, président, séance du 22 février 1911.Rapport du Secrétaire, séance du 22 février 1911, Adjutor Rivard.—Elections.—Appel aux membres.—Aux membres de la Société .Le Comité d'étude de Montréal, J.Gauvreau.—Concours littéraire.152, 153, 183, 230, Sur le lac, en canot, poésie, l’abbé J.Hoellard, ptre Eudiste Terminologie canadienne— Harnachement, l’abbé V.-P.Jutras Trait d’union dans les noms de nombre, 1 abbé A.Aubert.Zidler (Gustave), A.Rivard.AGES 241 203 182 389 355 138 373 266 316 323 374 375 255 6 255 259 266 73 54 147 111 231 186 22 324 156 FABLE DES MATIÈRES FAB NOMS D’AUTElîRS Pagks Aubert (L'abbé A.)- Questions et Réponses.323 —Réforme orthographique.323 —Trait d’union dans les noms de nombre.324 Chapais (L’hon.M.Thomas).La langue française au Canada 49 Comité du Bulletin (Le).Anglicismes.88, 128, 168, 208, 248, 288, 328, 376 —Glanures, Echos et Nouvelles, et articles non signés.(Voir la Table alphabétique.) —Lexique canadien-français.31, 74, 114, l.>8, 189, 234, 283, 307, 366, 404 — Questions et Réponses.105, 162,323,373 —La loi Lavergne.97 — Concours de la Société du Parler français au Canada.152, 153, 183, 230, 231 —A l’Académie française .181 Comité d’étude (Le) Aux membres de la Société du Parler français au Canada.147 Constantine a u (L’hon.M.A.).La Langue française dans l’Ontario .294 Denault (Amédée).Le Congrès de la langue française et la presse française d’Amérique.312 Dutheil (Roger).Questions de théorie littéraire.138 Gallèze (Englebert).Le galant, poésie.17 Garneau (Hector).François-Xavier Garneau.214 Garneau (l’abbé Adolphe).A quoi bon le latin.8, 98 Gauvreau (J.).Le Comité d’étude de la Société du Parler français à Montréal.111 Gosselin (l’abbé Amédée).Ecoles techniques au Canada, sous le régime français.55 — Comptes rendus.(Voir la Table alphabétique.) 411 412 Bui.i ÆTiN du Parler français au Canada Hoellard (l’abbé J.) Les Érables, poésie.89 — Sur le lac, en canot, poésie.18b Huot (1 abbé Antonio).La langue française en Louisiane.227 Jutras (l’abbé Y.-P.).Terminologie canadienne—Harnachement.22 L.(A.).Comptes rendus.(Voir la Table alphabétique.) Lavigne (David-E.) Le parler français.19 Mag nan (C.-J.).De la première lormation du goût littéraire à l’école.359, 389 Prince (J.-L.).Comptes rendus.(Voir la Table alphabétique.) —Langue et Nationalité.91 —Les langues commerciales du monde.385 Rivard (Adjutor).Comptes rendus.(Voir Table alphabétique.) -—Revues et journaux.(Voir la Table alphabétique.) —M.Gustave Zidler .156 —Questions et Réponses.(Voir la Table alphabétique.) —Rapport du Secrétaire général de la Société du P.F.(séance du 22 février 1911).266 —Rectification .316 Rouili.ard (Eugène).Noms géographiques dans le territoire de l’Abitibi.70 Roy (M#r P.-E.) La Société du Parler français au Canada.259 Roy (l’abbé Camille).Noël rustique.175 —Comptes rendus.(Voir la Table alphabétique.) Roy (J.-Edmond).L’Instruction au Canada sous le régime français.274 Sarcleur (Le).Sarclures.48, 86, 127, 206, 245, 327, 375 Zidler (Gustave).Nos plus belles Victoires, poésies.129,169, 209, 249, 289, 329, 377 INDEX ALPHABÉTIQUE DES MOTS ÉTUDIÉS Nota.—Les mots en caractères gras sont tirés du Lexique canadien-français ; les mots en italiques, de la Terminologie canadienne de M.l’abbé V.-P.Jutras.a indique qu’un mot se trouve dans les Anglicismes ; s, dans les Sarclures : r, dans les Questions et Réponses.Les chiffres renvoient aux pages.A bill (shipping), a, 248 craquer, a, 328 blotter, a, 288 crochets, 24 à bride abattue, 28 bois de la selle, 25 crossing (railway), a, 248 acculoire, 26 bol, a, 328 croupière, 25 à celle fin, 75 bourrure, 24 acter, a, 376 brake man, a, 248 D advice note, a, 248 bricole, 24 affronter, s, 86 demeure (péril en la), s, 87 agraffe, 23 C dérêner, 28 aigrettes, 26 des fois, 115 à la galette, 310 ça dit ça, 241 dessus de la bride, 22 à l’épouvante, 28 camper, 241 dételer, 28 all aboard, a, 376 cantique, r, 105 de valeur, 241 apala, 241 carabiné, 204 diary, a, 288 aqui, 241 carte-poste, a, 288 d’jà, 241 arganeau, 24 casse-gueule, 22 dossière, 25 arracher (en), 241 caution, s, 48 drouine, 241 à seule fin, 75 cisailler, 29 dur de gueule, 28 à toute bride, 28 chaque, r, 324 attaches, 24 charger la sellette, 28 E attelé avec des cordes, 28 check, a, 248 atteler à la bricole, 27 checkage, a, 248 en arracher, 241 atteler à la cheville, 27 check de bride, 23 encenser, 29 atteler au bacul, 27 checker, a, 248 en fife, 32 atteler au collier, 27 checkeur, a, 248 en fifre, 32 atteler au dernier trou, 28 chienne, 241 en fiole, 76 atteler aux fêtons, 27 clip (paper), a, 288 en force, 79 atteler aux traits, 28 clochettes, 26 étal, r, 105 attelles, 23 collect freight, a, 248 être à sa galette, au forçail, 78 concerné, s, 375 étrier, 25 avaloires, 25 contracter, s, 87 express, a, 248 awapousse, 241 contracteur, s, 245 contrat, s, 245 F B contre, r, 105 cordeau, 23 fastener, a, 288 bacul, 28 cossin, 24, 27 fausses-rènes, 23 badge, a, 376 courir la drouine, 241 fausse-sangle, 25 Baptiste son frère, 241 couverte ci cheval, 27 farfinage, 116 bargain, a, 376 crack, a, 328 farfiner, 117 basement, a, 376 craqué, a, 328 farfineux, 117 413 1- 414 Bulletin fêtons, 24 feu, 1X8 fiarté, 31 fiat, 31 fichument, 31 fiel, 31 fier pet, 31 fièvres, 31 fieuvre, 31 fieuvres, 31 fifoliet, 32 fifre (en) 32 figé, 32 figue, 32 figuration, 32 figure, 32 figurer, 32 filandes, 32 fil d’alton, 32 fil d’arichal, 32 file, 74 file, a, 288 filer, 74 filet, 242 fille, 74 filleux, 74 fillol, 74 fin, fine, 75 fin (à celle), 75 fin (à seule), 75 fini, 75 Animent, 75 finir, 75 finissant, 75 finition, 75 fiole (en), 7fi fioler, 76 fion, 76 fionner, 76 fionneux, 76 fiopper, 31 fisgue, 76 fisquement, 77 fisquer.77 fiston, 77 fixture, 77 fiacotage, 77 flacotement, 77 flacoter, 77 flag, 77, 116 flagoter, 77 flaguer, 78 flag station, 77 flail, 77 flailler, 78 flambe, 78 flamber, 78 flambeux, 78 flames, 78 flammècbeux, 78 du Parler français flan, 78 flancheur.79 flàneux, 79 flange, 114 flaque douce, 79 flaquer, 79 flaquet, 79 flaser, 79 flask, 79 flask, a, 88 flass, 114 fiasse, 79 fiasse, a, 88 flat, 79 flattant, 114 flan.79 flauber, 80 Haye douce, 79 flèche, 80 flécher, 80 fleume, 80 fleur, 80 flincher, 80 flirt, 80 floux, 114 flush, 80 flùtailler, 114 flûte, 114 flùter, 114 flûteux, 114 flux, 114 fly, 116 fois (des), 115 follerie, 115 folloir, 115 foncière.115 fonçure, 115 fond de pêche, 115 fondre, 115 fontif, 115 tool’s cap, a, 288 fool’s cap, 115 foot-ball, 116 forbir, 116 forbu, 116 forçail (au), 78 force (en), 79 forcer, 116 forcin, 116 forçure, 117 fordon, 117 foreman, 116 forfinage, 116 forfiner, 117 forfineux, 117 forgeon, 117 forger, 117 formage.116 formance, 117 formi, 117 au Canada formiller, 117 formillière, 117 fort, 117 fort en sang, 117 tortiller, 117 fortillon, 117 fosse, 118 fossé, 118 fosset, 118 fossette, 118 fosseyer, 118 fosseyeur, 118 fou, 118 fouaillon, 118 foudrer, 120 foué, 118 fouillage, 119 fouillon, 120 fouir, 119 foulure, 235 four (envoyer sur le) 120 fourbir, 120 fourchetée, 120 fourgailler, 119 fourgailleux, 119 fourgotter, 235 fournaise, 120 fourrer dedans, 120 foutée, 116 fouter, 119 fouter (se), 119 foutre (ni) ni branle.11 foutreau, 119 foutument, 119 fouyer, 119 fraîche, 121 frais, 121 fraisil, 121 frali, 158 frâlic, 158 frame, 121 franc dans le collier, 121 franc clans le collier, 29 franchetée, 121 frapper coup, 121 frasil, 121 fraule, 122 fraye, 122 fredasser, 159 frédileux, 122 frédilleux, 122 fredoches, 122, 159 fréduleux, 122 free, 158 frégade, 158 freideur, 122 freidir, 122 freidure, 122 freight, a, 248 freit.158 Index Alphabétique 415 frémenter, 159 frémillement, 159 frémiller, 159 frémilles, 159 frémillière, 160 frenière, 160 fréquentations, 160 fréquenter, 160 frérot, 160 fret, 159, 160 fri, 160 fricasser (se), 160 fricot, 161 fricoter, 161 frigoune, 161 frigousse.161 fril, 189 friler, 189 frimasser, 189 frine, 189 fringue, 189 fringaleux, 189 fripe, 190 frique, 161 frique et fraque, 161 friser, 234 frisette, 234 frisettine, 234 frison, 190 frisson, 190 frisonneux, 190 frisottine, 234 frit, 190 fritage, 190 froc, 234 frôler, 122 froli, 234 frolic, 234 fromagier, 234 frond, 234 fronde, 235 fronder, 235 fronteau, 235 frontière, 235 frontière, 22 frotter, 235 frotteur, 235 fruit, 235 fruitages, 236 frutages, 236 fugère, 236 full dress, 236 fumant, 236 fumelle, 236 fumer, 283 fumeux, 283 fun, 283 funnant, 283 funneux, 283 funny, 283 furir, 283 furnonche, 283 fuse, 283 fuseau, 283 fuseau de fil, 283 fusil, 284 G gabard, 284 gabareau, 284 gabari, 284 gabat, 284 gabioner, 284 gabottage, 284 gabotter, 284 gabotteux, 285 gabourage, 285 gâcheux, 285 gadelle, 285 gadellier, 285 gadellier sauvage, 307 gaffer, 307 gaffer (se), 307 gafre, 308 gager, 307 gages, 307 gagnage, 308 gâgne, 308 gagouët, 308 gaideile, 308 gainif, 307 gaiters, a.88 gaiters, 308 gaits, 308 galafre, 308 galancine, 308 galanciner, 308 galanter, 308 galbander, 309 galbandeux, 309 gale, 309 galé, 309 galendard, 309 galer, 309 galer tse), 309 galettage, 309 galette, 310 « (être à la>, 310 « (être à sa), 310 « (donner la), 310 « à cuivre, 310 « de blé d'Inde, 309 « de sarrazin, 310 galetter, 310 galfat, 310 galfeter, 310 galfeutrer, 310 galipote, 310 galipoter, 311 galon, 311 galopé, 311 galvauder, 311 gambler, 366 game, 366 ganapé, 366 gandole, 366 gang, 366 gangne, 367 gangway, 367 ganif, 367 ganses, 27 garanti, 367 garce, 367 garçonnière, 367 garcognère, 367 gardage, 368 garde-chien, 368 garde-feu, 368 garde-grain, 368 garde-gueule, 22 garde-nez, 22 garder, 368 garde-soleil, 368 garde-z-yeux, 36 garde-: yeux, 22 garden party, 368 gardien,-ne, 369 gardin, 369 gargaille, 369 gargosser, 369 gargote, 369 gargoter, 369 gargoton, 369 gargouët, 369 gargousse, 370 gargousser, 370 gargousseux, 370 gargoussin, 370 garguien,-ne, 369 gariau, 370 garibaldi, 370 garni, 370 garnotte, 370 garrochable, 404 garrochage, 404 garrocher, 404 garrocher (se), 404 gartage, 404 garter, 404 gartin, 404 garture, 404 garuau.370 gaspil.405 gaspiller, 405 gaudriolle, 405 gaudron, 405 gavagner, 405 godriolle, 405 godron, 405 Y Bulletin du Parler français au Canada 41
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