Architecture - bâtiment - construction, 1 janvier 1947, Janvier
¦ .i ; ' ; - - * - gH ';C ;¦ .-^?r\ y '5;>' ' •- tSpsrv NSHMSHi RHHI ¦imd •'¦mmmmi,; üâmmmm rvV;!ç- $¦'$ : 1 s ¦ ?¦_ 'Y Ifc Usage : Pour les murs dans tous genres de constructions ainsi que dans les cas spéciaux comme les cuves à distillation, brasseries, acides, marinades, et pour les piscines.Parmi les divers tvpes d’édifices où les produits STARK sont en usage mentionnons: DES UNIVERSITÉS, ÉGLISES, ÉCOLES, HÔTELS, BUREAUX DE POSTE, AÉROPORTS, QUAIS, GARES DE CHEMIN DE FER ET D’AUTOBUS, ORPHELINATS, HÔPITAUX, DISTILLERIES, BRASSERIES, FABRIQUES DE PRODUITS PHARMACEUTIQUES, CONSERVERIES, ABATTOIRS, LAITERIES, BOULANGERIES, ENTREPOTS FRIGORIFIQUES ET AUTRES.Catalogues et prix sur demande Une grande quantité de cette tuile a été employée dans notre grande et belle université de Montréal.0 En hommage à /11.Erneot Cormier, architecte réputé et reconnu partout au Canada de J.-H.LABERGE représentant 1650 Blvd.St.Joseph Est.MONTRÉAL.CHerrier : 5400 WBMH LA Ql'INCAILLERlE BELLEVILLE-SARGENT EN USAGE A L’IMMEUBLE DE L’UNIVERSITE DE MONTREAL A ETE FOURNIE PAR LA 658 OUEST, RUE CRAIG MONTRÉAL QUINCAILLERIE RAYMOND LIMITÉE ARCUITtCTUffi BATIM-BNT • CON/TRUCTION VOLUME 2 • NUMÉRO 10 AU SERVICE DE L’ARCHITECTURE ET DE LA CONSTRUCTION DU QUÉBEC Janvier 1947 Le congrès de I Institut —Editorial.fi ERNEST CORMIER.architecte et ingénieur.12 I j homme, sa personnalité, ses œuvres.15 Résidence de l’avenue des Pins.16 L Université de Montréal.20 [églises Saint-Jean-Baptiste et Saint-Ambroise.22 La Cour suprême, à Ottawa .24 La tour de I hôtel Windsor.27 Le Palais de Justice de Montréal.27 L’Hôtel-Dieu de Sillery.28 Les plans de I Université.29 Nouvelles de la construction.54 Travaux en cours et projets.56 Les matériaux — La tuile céramique.38 Lettres de nos lecteurs.52 Propos — Le témoignage des ruines.46 Directeur: PAUL-H.LAPOINTE, M.I.R.A.C.Conseil d'aviseurs : Président : EUGENE LAROSE, B.A.A., F.R.A.I.C.; conseillers : P.-H.DESROSIERS, J.-L.-E.PRICE, M.E.I.C.; AIME COUSINEAU, I.C., B.Sc.A.; GABRIEL ROUSSEAU, B.Sc.(M.I.T.), I.C.; Architecture: EMILE VENNE ; Génie civil : ROMEO VALOIS, I.C., B.Sc.A.; Urbanisme : CHS-E.CAMPEAU, I.C.B.Sc.A., ROLAND GARIEPY, A.D.B.A.; Matériaux : BLAISE BROCHU, I.C.; Exposition : CARL MANGOLD ; Construction : L.GOR DON TARLTON ; Règlements : GEO.-E.DE VARENNES, M.RA.I.C.; Equipement : HENRI MAGNAN, PAUL-E.GERVAIS ; Conseiller juridique: Me RAYMOND EUDES, M.P.; Secrétaire de la rédaction: LUCETTE SENECAL ; Adjoint à la rédaction : ROBERT ELIE.ARCHITECTURE, Bâtiment, Construction, est publié par la « Compagnie de Publication Canadienne », Gérant : ALBERT TREMBLAY.Rédaction et administration: 3534, Chemin-de-la-Côte-des-Neiges, Montréal.Tél.: FItzroy 6387.— Publicité: J.-F.D'ENTREMONT, MARCEL BYARELLE, Chambre 718, Edifice Drummond, 1117 ouest, rue Ste-Catherine, Montréal.Tél.: LAncaster 8011.ABONNEMENT : Une année, $3.00 ; deux années : $5.00 — Autorisé comme envoi postal de la deuxième classe.Ministère des Postes, Ottawa.— DROIT D’AUTEUR : Le contenu de la revue "Architecture, Bâtiment, Construction” est protégé par le droit d’auteur, et la matière y contenue ne peut être reproduite sans la permission écrite des éditeurs.Tous droits de reproduction, de traduction et d’adaptation réservés pour tous les pays.ARCHITECTURE / JANVIER 9 ; à ¦) I jM ¦Hi La salle des cours de diététique de l’Université de Montréal où les murs sont finis en Flexwood.Le bureau du directeur des Laboratoires Abbott, à Chicago, 111., également fini en Flexwood., Us architectes et .a « - rjrsts - »» >» :r:t :u?- ,e- ¦” e“S .u.ioniques, ^ * Paul Collet 58 ouest, rue CRAIG • MONTRÉAL • PL.3879 DISTRIBUTEURS EXCLUSIFS POUR LE CANADA h'r js TM, .KjS/- fi’ $ , PVVvp AW VV/AAL ?f -n( VyàV-.1 !\._ * ' Ÿ I i " ! ¦< \ A.: ,j foA 1 -c.œ f-yO.' ?V"' ¦ ' V>.' /'- ftfl Sm a:yYjY - A ,-A s?/.- ¦¦;."iP^~r:r> r ',>'rV' ' AY,.-; „.i> ! ( r‘A AAr'*;; :^/y1 Y/'r YiV: / Y - AY $£:L: V f'i V Y rwJ ' Ï V vi VVY/V rv.'J*r>-X J.'-A ; v •• rrr -A- :^r •">>' ., ,., \ i -/ VS - C'- V" '„.M; M v c-vArx-T rr > Y ¦ ( .C- v , v LT/TY/: .yvL X-C* A - v VCv.‘ • .X '• .;• i " ' '-7 .aAX/A ! ' v -.^ A-.v/zyv/y:-.L4 A-',.;.rf-'-V Y / > .V'1 V '.A r v -Tvr- /^' > : XX ¦¦• W' is .v .v.cv « /!rYÀV>:;"A ¦ \v '' ~-S- V \ ù .o V' Le Congrès de l'Institut L Institut Royal d Architecture du Canada convoque, cette année, ses membres à Montréal pour les 20, 21, 22 février.Les circonstances contribuent à donner à ces journées d étude une importance toute particulière.Jamais encore, en effet, 1’ architecte n a eu à jouer un tel rôle dans la vie nationale et son concours n a été sollicité avec une aussi grande insistance.Le congrès de I Institut s ouvre donc au début d une année qui exigera de la profession un effort gigantesque.Le gouvernement fédéral ne demande rien moins à 1 architecte que de prendre la direction d un vaste plan quinquennal dont 1 objectif est la construction de centaines de milliers d habitations, d innombrables usines et d édibces publics de toutes sortes.C est un retard d une quinzaine d années qu il laudra rattraper, puisque la crise économique, avant la guerre, avait durement atteint 1 industrie du bâtiment.Les travaux qui seront présentés ne manqueront pas de débnir les conditions d un relèvement rapide et de proposer des solutions aux problèmes de I heure.Surtout, le congrès sera 1 occasion de discussions amicales entre les architectes de toutes les provinces,1 ' cp qui est toujours d un immense pjnfity Là profession, dont le, prestige ne cesse de grandir, V gagnera cqr.tajppment à voir-S,établir entre ses membres desprelaiiçn^ toujours plug étroites.¦ : L, „> * ; *.* ,v, ¦ J ¦* 5 ÎÎJ3 3 roo, Les architectes, en affirmant leur solidarité, ne se proposent certes pas de constituer un groupe fermé et même hostile.Bien au contraire, ils veulent resserrer les liens qui les unissent déjà à d autres groupements dont I ensemble forme ce que 1 on est convenu d appeler 1 industrie de la construction.A 1 Institut, à son président, M.Charles David, et à tous es membres du conseil, nous faisons nos meilleurs vœux de succès, et nous souhaitons la plus cordiale bienvenue à nos collègues qui assisteront au congrès 'JUIisxÆ DIRECT lU'R s : ¦ o, ,/- ARCHITECTURE/ JANVIER A A >' .V ¦ ¦ B.Sc.A F.R.A.I.C D.P.L.G.F.R.C.A.F.R.I.B.A û flnr ¦ rm * ¦*•»-*"* 'V’ > > % » 7 - a k« • c * .¦ . ERNEST CORMIER A R C H I T E C T E ET INGENIEUR L’HOMME • SA PERSONNALITE SON OEUVRE L H O NI NI E Nous avons songé à faire le point cl une carrière qui, heureusement, est loin d être achevée.C est une entreprise hasardeuse, nous le savons, mais fallait-il attendre que 1 artiste se soit tu et que nous disposions du recul nécessaire pour porter un jugement qui ait quelque chance d être définitif ?Nous croyons, au contraire, qu il faut réagir contre une telle attilude, à la fois paresseuse et injuste.On demande loujours plus de recul et.dans notre pays, il arrive trop souvent qu'on attende si longtemps que des œuvres estimables finissent par tomber dans un profond oubli.D ailleurs, notre but n a jamais été de porter un jugement, provisoire ou définitif, sur I œuvre d Ernest Cormier.Qu’il nous suffise ici d en donner une vue d ensemble, soit de réunir des documents suffisamment nombreux pour qu’on puisse se former une opinion et assez exacts pour qu'on soit tenté de voir ou de revoir les originaux.L’œuvre d’Ernest Cormier est assez exceptionnel puisqu’il se compose presque exclusivement de grands monuments publics, dont quelques-uns comptent parmi les plus importants du pays.On aurait tort, cependant, de croire que l’architecte ne s est préoccupé que d élever de belles façades et de créer de somptueux décors.Un peu plus d’attention nous permettrait de constater qu Ernest Cormier ne ressemble en rien à I esthète de l’époque victorienne, ce parfait décadent qui prenait ses rêves pour des réalités et qui méprisait souverainement les nécessités de la vie.Il mérite plutôt le titre de maître d œuvre parce qu’il n ignore rien du métier, de ce beau et complexe métier de constructeur, mais aussi parce qu il sait le dépasser sans le trahir.On peut dire qu’Ernest Cormier appartient à la génération des pionniers.Au temps de ses études, soit au début du siècle, l’architecture n’était pas encore cette profession rigoureusement organisée, aux cadres bien définis, que I on connaît aujourd hui.La construction était une science toute empirique, qui s apprenait sur le chantier ; si des problèmes plus vastes qu’à l’ordinaire venaient à se poser, on faisait appel à l’ingénieur.Les exigences de I art, le plus souvent, étaient ignorées et la technique de F exécution retenait seule l’attention.Même de ce côté, les préoccupations de la majorité des constructeurs restaient assez sommaires.C’est justement à cette époque que les villes ont traversé leur crise de croissance et, malheureusement, leur prodigieux développement s’est fait à peu près au hasard.De cette confusion, il ne pouvait résulter que laideur et gaspillage.On oublie trop souvent qu en recherchant l’harmonie, en faisant la synthèse de tous les éléments de l’édifice, 1 architecte se trouve par le ARCHITECTURE / JANVIER 13 fait même à préciser les problèmes techniques, et, aussi, à simplifier I exécution du programme.La formation qu’Ernest Cormier s’est donnée indique bien qu il eut à traverser cette période de transition.Il a été ingénieur avant d être architecte ; il a assimilé la science de la construction avant de chercher à maîtriser un art extrêmement complexe.C est en 1906 qu il a terminé ses études à I Ecole Polytechnique de Montréal.Aussitôt après, il est entré à la Dominion Bridge, dont il fit partie du bureau d étude pendant deux ans.Enfin, en 1908, I occasion s offrait de réaliser un désir qu il entretenait depuis longtemps et il prenait le bateau pour I Europe.Dès son arrivée à Paris, il s inscrivait au cours d architecture de I Ecole des Beaux-Arts.Ainsi, Ernest Cormier eut à maîtriser deux disciplines et il semble qu il ait eu autant d aptitudes pour la science de I ingénieur que pour I art de I architecte.Ce ne fut, d ailleurs, qu’à son retour au pays, en 1919* que sa carrière s oriente plus particulièrement vers I architecture.Si nous continuons ce récit bien incomplet des années d apprentissage, nous constatons que 1 ingénieur ou I architecte domine tour à tour.Pendant ses éludes à Polytechnique.la peinture et la sculpture occupaient ses loisirs et.avant même de recevoir son diplôme, il songeait à devenir architecte.Cet attrait devait se préciser au cours cle son passage à la Dominion Bridge et l'amener à se lancer dans une nouvelle voie.Une fois reçu architecte, il méritait le Jarvis Rome’s Scholarship, ce qui lui permit de passer deux ans dans la Ville Eternelle.On imagine avec quel émerveillement et quelle attention soutenue le jeune architecte-ingénieur s aventura dans un domaine enchanté qui compte tant de chefs-d œuvre de 1 Antiquité et de la Renaissance.Combien de fois n’est-il pas retourné par la suite dans cette Italie qui semble écrasée sous le poids de son glorieux passé.Elle a nourri son inspiration et.tout en se gardant du pastiche, il n’a pas manqué de lui rendre hommage.II en a peint les monuments les plus émouvants comme pour mieux se pénétrer de leur noblesse et pour en surprendre le secret.Ernest Cormier revint à Paris peu de temps avant que ne commençât la première guerre mondiale.Chose étonnante, I artiste qui avait trouvé en Italie le milieu le plus favorable à I épanouissement de tous ses dons, céda une fois de plus la place à I ingénieur.La maison réputée « Considère et Caquot », qui n’ouvrait que rarement ses portes aux étrangers, le prit à son service.C était une véritable ruche d ingénieurs où chacun avait sa tâche particulière.Fait à signaler : dans cette société savante, le béton était à Fhonneur et l’on y fit certaines expériences décisives qui devaient emporter les dernières objections des constructeurs qui hésitaient encore à employer ce matériau.Ernest Cormier y collabora aux travaux les plus divers : ponts, routes, barrages, etc.La tâche était ardue, mais elle lui per- mettait de connaître toutes les ressources du béton et de suivre de près les essais des mouvements d’avant-garde.Une fois la paix rétablie, il revient à Montréal et il ne tarde pas à ouvrir un bureau.Nous sommes en 1919 ; le temps de I apprentissage et de 1 alternance est maintenant terminé.L architecte prend définitivement le dessus et il a acquis une telle expérience qu il s élève en peu de temps au premier rang.Dès 1920.il collabore avec les architectes Amos et Saxe à la construction du nouveau Palais de Justice de Mont réal.C’est là sa première œuvre importante et.à ce titre, elle mérite une place de choix dans la liste de ses travaux.Ernest Cormier n’a, d ailleurs, jamais songé à la renier même s’il avoue que.comme tous les artistes, c est toujours I édifice qu il vient d élever qui a ses préférences.Au sujet de ce premier monument, il se plaît à signaler aujourd hui qu il s est trouvé à appliquer un principe qui devait le guider par la suite dans toutes ses entreprises.Ernest Cormier considère, en effet.que le monument public.— I édifice qui doit durer.— ne saurait déroger à la tradition pour suivre une mode passagère.II estime aussi que l’architecte doit employer des ma-tériaux nobles, qui ont subi I épreuve du temps, tels que la pierre, le marbre, le bronze, etc.Il ne croit pas qu une telle conception empêche toute invention.Au contraire, I obstacle ne peut à ses yeux que stimuler I imagination et I architecte qui consent à s imposer des limites, à discipliner son inspiration, ne fait rien d autre que le poète qui utilise le vers régulier et qui ne réussit pas moins à trouver des accents nouveaux.Dans le Palais de Justice, dont 1 aspect est bien traditionnel.Ernest Cormier soulignera un détail d exécution pour démontrer que I artiste peut suivre 1 exemple des maîtres du passé, s’inspirer de leurs œuvres, sans pour cela renoncer à créer.Pour donner à I édifice I aspect qui convenait à sa destination, 1 architecte a disposé au sommet d’un large perron plusieurs colonnes imposantes.Mais une telle colonnade, même si elle produit l’effet désiré, peut avoir le défaut de gêner la circulation.II fallait à tout prix dégager 1 entrée et c est pour cette raison que la ligne de la façade a été brisée pour former au centre un demi-cercle où s ouvre la grande porte.Ainsi, un espace libre, suffisamment vaste, se trouve aménagé entre la porte, les colonnes et le perron et I on a pu résoudre le problème sans modifier le caractère qu'on voulait donner au Palais.Vingt ans plus tard.Ernest Cormier se voyait confier la construction de la Cour Suprême, à Ottawa.Le programme était le même, mais, cette fois, l’édifice devait faire partie d un ensemble dont le gouvernement fédéral voulait qu’on respectât le caractère.En dépit de cette contrainte, tous reconnaissent à I architecte le mérite d’avoir su imprimer un caractère particulier à ce monument qui retient l’attention, au milieu des autres, par ses heureuses proportions.14 ARCHITECTURE / JANVIER Ici encore, l’architecte a cherché à satisfaire aux besoins matériels, mais tout en respectant fidèlement son dessein.II signale à ce propos qu’un critique lui a reproché dans une causerie radiophonique d avoir orné I intérieur de son édifice de quatre colonnes géantes et coûteuses qui ne supportent rien.Or, au contraire, chacun de ces piliers supporte exactement 280,000 livres, ce qui, évidemment, suffit à les justifier.Entre le Palais de Justice et la Cour Suprême il a élevé plusieurs édifices importants, dont cinq églises.Menlionnons-en deux qui se trouvent à Montréal : Sain t-Ambroise, qui n est pas terminée puisqu elle ne compte que trois travées tandis que le plan en prévoit cinq, et Sainte-Marguerite-Marie.En 1926, il se rendait en Nouvelle-Angleterre pour y entreprendre, dans des conditions idéales, la construction de I église Saint-Jean-Baptiste de Pawtucket.Ils sont rares les travaux qui lui ont donné une aussi grande satisfaction.Grâce à la compréhension du curé, I architecte a pu travailler en toute liberté et diriger 1 exécution jusque dans le moindre détail.Pour la décoration, il a obtenu la collaboration du maître français Georges Desvallières qui a contribué, avec Maurice Denis, à rénover F art religieux.L architecte a lui-même choisi les statues et commander les ornements sacerdotaux.A cette fin, il est retourné une fois de plus en Italie dont il avait depuis longtemps inventorié les richesses.II s’est adressé aux plus célèbres musées pour obtenir des reproductions soignées de chefs-d œuvre de la Renaissance, tel le Saint-Jean-Baptiste de Donatello.Quant aux verrières, elles ont été exécutées d après ses propres dessins.Ernest Cormier semble avoir eu le rare privilège de choisir ses travaux.C est ainsi que la liste de ses œuvres ne compte pas une seule maison de rapport, ni un édifice commercial, et à peine quelques hôtels particuliers qu il a construits pour obliger des amis ou pour sa propre satisfaction.Parmi ces derniers, il faut mentionner la maison de I architecte, avenue des Pins, à Montréal.Elle s élève sur un terrain en forte pente qui présentait de sérieuses difficultés, mais que I architecte-ingénieur a pris plaisir à surmonter.Comme il le dit lui-même, il s’est amusé pour une fois à jouer avec des cubes, mais sans renoncer au goût qu il a loujours eu pour les matériaux précieux.La façade principale, d un seul étage de hauteur, ne révèle absolument rien de 1 intérieur.Ses lignes sobres, sévères mêmes, découragent la curiosité, mais à barrière, du côté jardin, l’aspect change totalement.Là.c’est trois étages que nous distinguons et, par le dessin des grandes baies vitrées et des fenêtres, tout le plan de la maison peut se lire.Cette façade respire largement et s ouvre généreusement à la beauté de la perspective.Cette brève présentation ne saurait se terminer ici.II reste à mentionner l’œuvre que tous considèrent comme la plus importante : l’Université de Montréal.Ernest Cormier y a consacré plusieurs années de sa vie.II a en effet commencé ses recherches avant 1924, année où I on a entrepris I établissement du projet, et, par suite de difficultés d ordre financier, il a fallu retarder jusqu à 1932 I exécution de ses plans.Le lecteur trouvera plus loin les explications sobres, mais complètes, que l’architecte a lui-même fournies.Contentons-nous de souligner ici la franchise avec laquelle le problème a été abordé.Par suite de la destination de l’édifice, il fallait accorder une attention loute particulière aux exigences de I aménagement et I extérieur ne pouvait être que le reflet de I intérieur.L architecte a choisi le parti le plus rationnel et le seul qui convenait.Il aurait été évidemment facile de céder aux préjugés du public et de commencer par dessiner une façade qui rappelât, avec plus ou moins de bonheur, quelque monument ancien.Ernest Cormier a voulu, au contraire, résoudre les mille problèmes matériels et grouper ensuite tous les éléments du jeu en un ensemble qui soit à la fois logique et harmonieux.Ernest Cormier poursuit son œuvre.II a terminé les plans de 1 Hôtel-Dieu de Sillery, dont nous reproduisons la maquette, et de I Hôtel-Dieu de Saint-Georges de Beauce.Un troisième hôpital est en voie de cons-traction à Sorel et il est probable qu il pourra ouvrir ses portes l’été prochain.Enfin, dès le printemps, il espère entreprendre la construction du Séminaire de Québec, qui comptera parmi ses œuvres importantes.Mieux que tout commentaire, les documents que nous avons réuni dans ce numéro permettront au lecteur de dégager les caractères essentiels de I œuvre d Ernest Cormier.Nous espérons, toutefois, que ces quelques pages d introduction aideront à en déterminer la valeur avec plus de justesse.Avant de conclure, nous aimerions insister sur le fait que 1 auteur de cet œuvre a toujours obéi à deux disciplines qui ne sauraient se confondre, bien qu elles relèvent toutes deux du domaine de la construction.Il est encore significatif que rares sont les architectes qui ont reçu une formation scientifique aussi complète et qui, en même temps, n ont cessé tout au long de leur carrière de manifester un intérêt aussi vif pour les arts plastiques.A la fois artiste et savant.Ernest Cormier cherchera à concilier perfection technique et beauté formelle ; à ses yeux, la beauté d un monument dépend à la fois de la grandeur et de 1 originalité de la conception, et, de la qualité de I exécution.Quant à I ornement, il s en passerait volontiers ; en tous cas, il ne l'admet que s’il a une utilité quelconque et, par ce goût de la simplicité, il appartient vraiment à notre temps.Nous ne doutons pas qu il ferait sien ce mot de Fénelon qu’Auguste Perret aime à citer : « II ne faut admettre dans un édifice aucune partie destinée au seul ornement, mais, visant toujours aux belles proportions, on doit tourner en ornement toutes les parties nécessaires à soutenir un édifice.> Cet architecte-ingénieur a toujours visé aux belles proportions : qu'on en juge d après les illustrations des pages qui suivent.ARCHITECTURE ARCHITECTURE/JANVIER 15 La maison de l'architecte s élève, avenue des Pins, sur un terrain en forte pente.A GAUCHE, LA FAÇADE ; AU BAS DE LA SUIVANTE, VUES DE l’aRRIÈRE ET DU PAGE COTE DEGAGE, pagsasa LlLI lima t /TUDIO -a.41-0 il HTSlX- i 0 0 M lOMl/mb EM.C10/ ü L.l 5.U.1Ï MAijy t»/ i~T~TTn^T~rf «apy t*.ti±£ Ü K t X C i V i i t & $ a?SM .- mmm PERSONNALITÉ SA A DROITE, LES PLANS DE DEUX ÉTAGES.A LAR-RIÈRE, LES FENÊTRES OUVRENT SUR UN JARDIN QUE l’architecte a lui-même dessiné.De la petite TOUR, ON A ACCÈS AU GARAGE PAR UN ESCALIER. to ' > ' '?& %.2f&à#> *&f £/-^- V~5 ‘ '% '*7>~* ’: -V '*>&• .!&£ feSSfii: ,4 ,r»M« ,.'SW^': ' r?; y S'a* ai -v _______________________________! ' Les photos de ces deux pages nous conduisent À l’intérieur de la maison de l’architecte.Comme dans ses grands monuments, il n’a VOULU UTILISER QUE DES MATÉRIAUX PRÉCIEUX.Au HAUT DE CES PAGES TROIS VUES DU SALON ET l’escalier QUI DÉBOUCHE SUR LA BIBLIOTHÈQUE.K M&j mm «P#.1 ‘l.’ k ' ^ ^ -.*1 \v», s i,/ ^ 9 ¦ *14 * f/OUS sommes très honorés d avoir si souvent l occasion de coopérer avec les architectes et les entrepreneurs dans la construction de nombreux édifices du district de Montréal et des environs.Nos matériaux sont de la meilleure qualité et nous faisons tout en notre pouvoir pour donner entière satisfaction à notre nombreuse clientèle.‘Deà'ia&i&U' ¦p/ikiiderit
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