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Titre :
Le Canada-français /
Revue de l'Université Laval qui traite de philosophie, de théologie, de questions sociales, de linguistique, d'arts et de littérature.
Éditeur :
  • Québec :Université Laval,1888-1946
Contenu spécifique :
Un manuel d'histoire de la philosophie
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque mois
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseurs :
  • Parler français ,
  • Nouvelle-France
  • Successeurs :
  • Bulletin du parler français ,
  • Nouvelle-France ,
  • Revue de l'Université Laval
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Le Canada-français /, 1923-04, Collections de BAnQ.

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UN MANUEL D’HISTOIRE DE LA PHILOSOPHIE Je viens de goûter une primeur savoureuse.M.le Chanoine Barbedette(l), prêtre de Saint-Sulpice, l'un des vénérés directeurs du Séminaire de Coutances,— dans notre vieille Normandie, comme l’on sait,— m’a fait l’honneur de m’adresser le premier exemplaire à traverser l’Amérique de son récent ouvrage : Histoire de la Philosophie^2).Je voudrais tout de suite en dire la valeur, par mouvement de gratitude mais aussi bien pour le meilleur profit de notre enseignement secondaire des collèges et séminaires.Monsieur le chanoine Barbedette est un vétéran de l’enseignement philosophique dans les Séminaires de France.On le connaît déjà par sa coopération aux Congrès de l’Alliance des Grands Séminaires, en particulier par son remarquable rapport : Manière d’enseigner la philosophie scolastique pour répondre aux besoins des séminaristes.(3).J’ai donc ouvert son dernier livre avec l’espoir de fréquenter un cerveau clair et une doctrine solide.L’espoir n’a pas été déçu ; il a été plus que comblé.On sait encore que le cours de Philosophie Farges et Barbedette est substantiellement dû à sa plume, quoique avec l’honorable collaboration de Mgr Farges, et qu’il est monté déjà à sa trente-deuxième édition, ce qui reporte à la vogue qu’ont connue naguère les Zigliara et les San Severino.Mais sûrement Y Histoire de la Philosophie formera son principal mérite dans le monde de l’enseignement.C’est qu’au surplus vous n avez point là un livre improvisé, formé de notes hâtives que, faute de mieux, l’on est amené à publier parfois.C’est un livre de lente formation et dont les alluvions n’ont point été violentes.M.le Chanoine a consacré vingt-cinq ans de lecture, nous dit-il, à la preparation d’un manuel qui lui paraissait d’une souveraine (1) Uni par les liens du sang au R.P.Barbedette, l’un des quatre voyants de la Vierge à Pontmain, aujourd’hui missionnaire Oblat de Marie Immaculée.(2) In-12, VIII-500 pages.Chez Baston, Berche et Pagis, Paris, 1923.(3) Alliance des Grands Séminaires, Compte-rendu du Neuvième Congrès tenu à Paray-le-Monial, les 28 et 29 juillet 1914.Chez Beauchesne, Paris. 230 Le Canada français importance.On partagera unanimement ce dernier sentiment.De très louables efforts ont été faits ici même, danslemême sens.(4).Je pense que le livre de M.le chanoine Barbedette prolongera et confirmera les résultats de ces initiatives dans 1 esprit de nos étudiants de philosophie et des autres.Voici en deux mots la méthode de l’ouvrage : 1 auteur étudie selon les cadres classiques, avec toutefois d’heureuses précisions, les diverses périodes philosophiques, les philosophes, les écoles, les systèmes.Il donne un bref historique, suivi d’un exposé doctrinal et d’une appréciation critique.Tout cela est fort net, dans la conception et dans la rédaction, et d’un texte varié où 1 œil souvent pourrait déjà juger, oserais-je dire, avant que 1 esprit n ait encore saisi.Et c’est impartial, nuancé, pondéré.Je cite au hasard, à tire d’exemple, les quatre pages sur Roger Bacon, philosophe et savant.On saura gré à l’auteur de nous avoir donné soixante bonnes pages sur la philosophie des saints Pères, cette partie trop négligée dans nos manuels, et décriée chez les autres.Sans fol emballement, il restitue avec justice et par une étude bien poussée le rôle appréciable — immense pour quelques-uns, S.Augustin entre tous, des antiques Docteurs chrétiens, trop souvent relégués au rang des primitifs.Je ne dirai pas que la critique de la raison pure et les autres thèses anciennes deviennent claires dans ce manuel, mais la faute n’en est pas à l’historien.Au moins, on en trouve une bonne étude et l’appréciation relève d’une pénétrante analyse faite au préalable.Ici, comme dans tout l’ouvrage, l’auteur a eu à son service de nombreux travaux qui ont paru de nos jours sur les philosophes anciens et modernes, avec les plus récentes mises au point.Il en a profité avec sagacité.Les élèves ne s’en apercevront point toujours .les maîtres sauront ce qu'il a dû lui en coûter d eveil et de labeur.Mais mon but n’est guère que de signaler a nos professeurs ce livre excellent, et je m’arrête.Non toutefois avant d’avoir marqué qu il est écrit en fonction de la philosophie thomiste.On s’étonnerait dans 1 Église, présentement, du contraire.Pourtant, d’aucuns savent le mérite qu il y a de le faire tout uniment.L’auteur cite à la fin de sa préface cette pensee qui demeurera, de Maritain, dans Y Antimoderne'.“ Le monde a mis six siècles à comprendre que d’avoir fait S.Thomas et d avoir donné aux hommes cette lumière, c’est peut-être le charisme le plus merveilleux dont (4) Mentionnons en particulier le petit volume de M.1 abbé Robert, «uccinct et bien inspiré. Un Manuel d’Histoire de la Philosophie 231 Dieu ait gratifié son Église depuis les temps apostoliques.Soyons fidèles à S.Thomas comme à une grâce de Dieu M.le Chanoine Barbedette y est fidèle jusqu’à Yaudace ; une audace presque inaccoutumée dans cette espèce de manuels.Outre que vingt pages sont affectées au Docteur Angélique, il se prononce sans passion mais avec liberté sur les autres maîtres de la Scolastique.Lisez par exemple sur S.Bonaventure, Scot et Suarez.Mais ces lignes de sa conclusion générale en disent assez sur l’esprit du manuel : “ C’est vers le thomisme que le néo-scolastique doit demeurer orienté, c’estàsa doctrine spécifique qu’elle doit rester obstinément fidèle.Une restauration sans S.Thomas serait inefficace comme celle de Suarez, éphémère comme celle de Descartes.Non pas que la Scolastique doive être un simple décalque du thomisme.Il suffit, mais il faut qu’elle soit bien pénétrée de ses principes et comme informée de son esprit.La Néo-Scolastique n entend nullement rester figée ou resserrée dans des cadres rigides : elle sait qu’elle a pour devoir de s’assimiler les parcelles de vérité d où qu elles viennent et, pour autant, de repenser sa doctrine en fonction des philosophies nouvelles, des découvertes scientifiques et des dogmes catholiques ; trois sources continues de vie et de progrès.La nécessité de réfuter les plus pernicieuses erreurs la force à préciser son critérium, sa méthode, ses principes, ses preuves et ses lois.Le progrès des sciences physiques et naturelles l’amène à rectifier ses positions sur le terrain scientifique et ainsi à “ maintenir son autorité de science-reine qui veille au bien commun de l’univers scientifique” (J.Maritaln).L’apologétique, enfin, l’oblige à monter qu il n y a pas d’opposition entre la raison et la foi, entre la métaphysique scolastique et le dogme, et qu’en dernière analyse, le thomisme est la philosophie même de l’Église : “ Auream Sancti Thomæ doctrinam (Léon XIII) Ecclesiasuampropriamedixit esse” (Benoît XV).Et, déjà, il n’est plus téméraire d’espérer que l’avenir est à la philosophie thomiste, et “prochain.le jour où l’on pourra constater dans le monde laïque un puissant mouvement de rénovation scolastique ” (Jt Maritain).Une pïochaine édition, (elle est assurée), contiendra quelques développements sur 1 enseignement de la philosophie au Canada, indiqué d’un simple mot cette fois.L’étude de Mgr Paquet,(5) et telle conférence du R.P.Lamarche, O.P.(6), lui en fourniront une suffisante matière.J.M.Rodrigue Villeneuve, o.m.i.(5) Coup d œil sur l histoire de l'enseignement philosophique canadien.““'t appréciations, Mélanges canadiens, Québec, 1918.(6) Cf.Le Devoir, 21 novembre 1919.
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