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Titre :
Le Canada-français /
Revue de l'Université Laval qui traite de philosophie, de théologie, de questions sociales, de linguistique, d'arts et de littérature.
Éditeur :
  • Québec :Université Laval,1888-1946
Contenu spécifique :
Nérée Beauchemin
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque mois
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseurs :
  • Parler français ,
  • Nouvelle-France
  • Successeurs :
  • Bulletin du parler français ,
  • Nouvelle-France ,
  • Revue de l'Université Laval
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Le Canada-français /, 1928-12, Collections de BAnQ.

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Vol.XVI, N ° 4.Québec, Décembre 1928.LE CANADA FRANÇAIS 4 Publication de l’Université Laval NÉRÉE BEAUCHEMIN (1) Vous rendez hommage au poète délicat, et très tendre, qui depuis plus de quarante ans honore votre région trifluvienne.Vous couronnez une œuvre qui fut ici très discrètement composée, dont l'harmonie ne se voulait répandre que dans le champ clos des amitiés prochaines, et qui ne chercha jamais les applaudissements publics.Monsieur Nérée Beauchemin est assurément d’abord votre poète ; il vous appartient, par ses affections les plus profondes, par sa pensée qui ne s’éloigne jamais ni de vos foyers, ni de vos temples, ni de vos plaines, par son rêve dont le vol circule avec tant de grâce dans la ligne souple de vos horizons ; il vous appartient par le culte qu’il a voué aux choses de chez vous, à vos paysages si reposants, à vos coutumes anciennes ; il vous appartient par toute sa vie vécue dans l’intimité de vos commerces, et dans la sympathie fidèle de vos admirations.Et aujourd’hui, Trois-Rivières, ville située près de Yamachiche, et qui en reçoit tant de gloire, lui prend son barde solitaire ; elle l’amène, lui, l’aède modeste et presque timide, à son bruyant Capitole, proclame sa longue victoire, (1) Allocution prononcée à THôtel-de-Ville des Trois-Rivières, dimanche, le 11 novembre 1928, à l’occasion delà remise du grand prix d’Apostolat laïc par la Poésie, au poète Nérée Beauchemin. 218 Le Canada français et pose à sa manière, sur un front qui se dérobe, le laurier symbolique et triomphal.Vous permettez, cependant, que d’autres, de Québec et de Montréal, se joignent à vous pour couronner votre poète, élargissent en quelque sorte votre geste, et donnent à ce public hommage sa pleine signification.Si Nérée Beauchemin vous appartient par droit de naissance, nous, de Montréal ou de Québec, nous lui appartenons par droit de conquête.Et puisqu’il étend sur nous son magique et irrésistible empire, nous lui apportons le féal tribut de notre docile et académique sujétion.C’est au nom de Québec, et c’est tout particulièrement au nom de l’Université Laval que je viens vous dire avec quelle joie nous nous associons à cette reconnaissance publique du haut et royal mérite de l’œuvre littéraire de Nérée Beau-chemin.L’auteur des Floraisons matutinales et de Patrie intime est plus que le poète d’un village ou d’une région ; il est le poète de son pays et de sa race.Et il con v ient que sa race et son pays lui disent toute la fierté qu’ils éprouvent à écouter ses chants, à entendre vibrer sa lyre, à reconnaîre toujours la très saine et très bienfaisante inspiration de ses poèmes.C’est cette inspiration même que vous avez voulu honorer aujourd’hui, en décernant à Nérée Beauchemin ce que vous appelez le “ Grand Prix d’Apostolat laïc par la Poésie * * * Nérée Beauchemin a fait avec de la littérature, avec de la poésie, de l’apostolat.La terre de Yamachiche fut prédestinée pour être le berceau des écrivains apôtres.C’est sur cette terre que naquit en 1824 l’auteur de Jean Rivard.Et c’est là, cher poète, que vous êtes né vous-même en 1850.Vous aviez douze ans quand Gérin-Lajoie publia dans les Soirées canadiennes, Jean Rivard, le défricheur ; et vous Nérée Beauchemin 219 aviez quatorze ans quand il publia dans le Foyer canadien, Jean Rivard, économiste.Vous faisiez alors vos études au Séminaire de Nieolet, et nul doute que dans cette maison qui fut celle de Gérin-Lajoie, et qui garde pour cet ancien illustre plus qu’un cher souvenir, un culte qu’elle proportionne à son œuvre et à sa gloire, vous avez appris vous-même à aimer, à vénérer l’écrivain apôtre, l’auteur du roman social qui^avait exalté l’amour du sol, qui avait prêché le respect de nos nécessaires traditions, et qui avait voulu lier à la fortune économique et morale de “ l’habitant ” canadien les destinées mêmes de notre race.Peut-être aussi est-ce en retrouvant dans les vieux murs du Séminaire de Nieolet l’écho prolongé et mélancolique de la chanson du Canadien errant que vous avez éprouvé en vous les premiers tressaillements d’une muse qui sommeillait encore.Quoi qu’il en soit, Yamachiche qui vous avait donné le jour, avait aussi placé près de votre berceau la jeune gloire d’un écrivain qui ne voulut jamais écrire que pour être utile à ses compatriotes.C’est dans la même atmosphère, calme et lumineuse, que furent élevées vos âmes ; c’est au spectacle des mêmes paysages qu’elles se sont doucement émues ; c’est dans le culte des mêmes choses de la vie rustique,, familiale et paroissiale, qu’elles ont fortifié leur foi, construit leur idéal et pour jamais orienté leurs actions.Et lorsqu’en 1897, à quarante-sept ans, au milieu d’une carrière où s’étaient confondues la médecine et la poésie, vous avez publié les Floraisons matutinales, vous donniez au public, non pas assurément une œuvre du matin, mais assurément des poèmes où s’était imprimée une âme restée jeune, sensible à toutes les beautés, et qui gardait, si loin déjà de ses matins ardents, les rêves et les pensées d’une noble adolescence.Et dès lors l’on vit paraître en vos poésies matutinales ce souci de célébrer la trinité nécessaire du vrai, du bien et du beau, cette application à chanter pour n’éveiller chez ceux qui vous écoutent que de saines et bienfaisantes émotions, 220 Le Canada français cette recherche d'une harmonie verbale qui s’allie aux harmonies supérieures de la foi religieuse et de la piété canadienne; l’on vit s’exercer en vos premiers poèmes cette action intellectuelle et littéraire que l’on vient justement d’appeler, pour définir toute votre œuvre, “ l’Apostolat laïc par la Poésie ”, Au seuil même de votre œuvre, à la première page des Floraisons, vous chantez la lumière.La lumière, ce fut toujours l’enivrement du poète : que cette lumière soit limpide et profonde comme celle qui enveloppait le vieux Parnasse hellénique, ou qu’elle se mêle souvent d’omhres et de brumes comme la lumière de nos ciels septentrionaux.Mais plus belle encore que toutes ces lumières qui s’échappent du soleil d’or, vous apparaît la lumière qui rayonne du Verbe, la lumière spirituelle plus nécessaire à notre esprit que l’autre ne l’est à nos yeux ; et vous célébrez l’immense clarté que répandit un jour sur le monde le verbe, l’enseignement de ce Léon XIII, de ce pape égal aux plus grands, qui se dressait alors sur la “ colline inspirée ” du Vatican, le front chargé de ses trois couronnes, mais rayonnant aussi des flammes du génie, et qui diffusait vers tous les horizons la lumière invincible de ses encycliques.Hosanna ! Béni soit Léon, l’homme-lumière, L’être divinisé, l’être immatériel, L’âme, l’élu, le saint, l’ange intermédiaire Entre Job et Jésus, entre l’homme et le ciel.(1) Ce fut, Monsieur, le premier vol de votre muse, et il nous emportait, vous et vos lecteurs, aux sphères les plus hautes de la vérité.L’Idylle dorée, si fraîche, si pieuse, que vous avez inscrite à la seconde page de ce premier recueil, et qui est toute baignée dans la poésie mystique de Bethléem, nous avertit aussi des inspirations religieuses où vont se complaire souvent vos méditations et votre art des vers.(1) Floraisons matutinales.Lumière, p.6. Nérée Beauchemin 221 Et lors même que vous chantez autre chose que votre foi profonde, et que vous prenez plaisir à regarder et à décrire tant de choses que la nature ou les hommes ont placées sous vos yeux, l’Avril boréal, le Lac, Y Hirondelle, les Rayons d’octobre, les Perce-Neige, Québec, le Dernier gîte et ces Fleurs d’aurore, qui sont peut-être le chef-d’œuvre de vos matu-tinales floraisons, toujours c’est par des yeux où n’entrent que de pures visions que vous regardez ces choses, que vous en fixez la couleur vive, la ligne gracieuse, ou le spectacle symbolique.Pourquoi fallut-il qu’après avoir groupé tous ces premiers chants, vous ayez cessé de chanter ?ou du moins que, ne faisant plus entendre que de rares harmonies, si largement espacées, vous nous ayez laissé si longtemps sous l’impression que le médecin en vous s’appliquait à endormir, à chloroformer le poète, et ne lui permettait de réveil que juste ce qu’il lui en fallait pour ne pas mourir de sommeil P Impatients que nous étions de vous écouter toujours, nous souffrions un peu de ne capter jamais que de rares ondes émises au poste de Yamachiche, et de ne pouvoir, entre temps, nous consoler qu’en faisant battre le glorieux battant de la Cloche de Louisbourg.Mais voici qu’ “ un matin du printemps dernier ”, une rumeur nouvelle s’éleva du village où vous aviez longuement médité, courut par les champs et la ville, se répandit en sonorités douces et prenantes dans les airs et dans les âmes.C’était l’hymne à la Patrie intime, qui montait enfin du poste émetteur de Yamachiche, et qui donnait à notre univers québécois le multiple concert de supérieures harmonies.Ce fut chez nous une course vers tous les haut-parleurs qui répandaient au loin votre voix et vos chants.Peut-être avez-vous été vous-même, à un âge où votre jeunesse reste timide, peut-être avez-vous été un peu troublé par tant d’empressements, et par tant d’éloges qui s’en suivirent.Vous ne saviez qu’une seule chose : c’est que Patrie intime était le livre deuxième d’un même apostolat.Vous ne songiez 222 Le Canada français pas assez que ce deuxième livre donnait à la poésie canadienne l’un de ses meilleurs recueils.* * * L’apostolat que vous avez continué dans Patrie intime, dans ces poèmes qui élargissent et perfectionnent les Floraisons matutinales, vous avez pris soin de le définir vous même par la façon dont vous y annoncez le groupement des pièces.N’est-il pas vrai qu’il a pour triple objet la terre, le clocher, et la race : la terre canadienne qui découvre au grand soleil l’abondance et la parure de ses champs fertiles, le clocher qui rythme de ses harmonies graves la vie religieuse de notre peuple, la race qui enferme en ses énergies natives, et en ses traditions conservées, tout le secret et toute la puissance de sa destinée.Nérée Beauchemin a célébré tout cela avec une ferveur d’inspiration, avec une nouveauté d’images, avec une piété plus originale que nous devions applaudir.A vivre plus longtemps dans ce pays de Yamachiche, si calme, et dont les lignes égales s’abstiennent de tout heurt et de toute violence ; à méditer toujours dans ces champs que borde le grand fleuve, où surgissent avec orgueil Vérable et les vieux ormes, où fleurissent au printemps les cerisiers, à l’automne.les roses d’automne ; à écouter près de la claire fontaine rossignoler le rossignol, ou à entendre au temps des semailles la turelure, l’onomatopée du pinson des guérets ; à regarder plus souvent, au mois glorieux de septembre, le crépuscule rustique de notre ciel occidental, où se mêlent des couleurs,— paille mûre, feuillage rouillé, nuances d’or, javelles d’ambre,—- qui enchantent les yeux du poète ; à écouter en cette “ fin de jour ", dans le grand silence, Ce chant qui file, au lointain, Berce, ondule, se balance, Kevient, s’éloigne et s’éteint. Nérée Beauchemin 223 cette douce complainte qu’une voix chante là-bas, et qui est la chanson qu’une mère sainte chantait au poète quand il était petit : à voir, à écouter, à vivre plus longtemps tous ces spectacles de la terre et toutes ces choses de la vie au champ ; à souffrir peut-être aussi plus souvent sur ce sol qui porte à la fois des berceaux et des tombes, le poète en a reçu une inspiration plus forte, et comme un choc qui a ébranlé plus d’une fois jusqu’en son ultime profondeur sa vive et riche sensibilité.Et alors il a chanté, célébré avec plus de tendresse la terre natale, la terre canadienne ; et ce chant la fait mieux aimer.Et faire mieux aimer la terre, le sol, les champs, le pays de chez nous, n’est-ce pas un bienfaisant et noble apostolat ?Mais au-dessus du sol, et montant vers le ciel, il y a chez nous le clocher : comme au-dessus de nos matérielles ou humaines préoccupations, il y a la foi qui porte vers Dieu l’âme canadienne.Et le clocher, pour Nérée Beauchemin, c’est assurément le campanile où sonnent les cloches, les douces cloches natales, mais c’est aussi tout ce que représente son geste altier, son essor vers Dieu.La prière ancestrale, le soir, à la chandelle, devant le Christ qui pend à la croix, prière un peu trop douloureuse, ce soir-là, et trop pleine d’alarmes, sur les lèvres de cette mère qui, songeant aux rudes travaux de la ferme, ne songe pas assez aux joies compensatrices du foyer ; puis c’est le baptême qu’annoncent les clochers ; c’est Noël, c’est Pâques, c’est la Pentecôte in Hymnis et canticis ; c’est le chapelets des morts : Sur les larmes de Job dont la chaîne de fer Porte le crucifix de cuivre et la médaille, Grand’mère, dans la chambre, égrène, maille à maille, Le chapelet, pour ceux d’autrefois et d’hier.c’est la messe, c’est le prêtre, c’est la liturgie annonciatrice de l’évangile, le dimanche, à l’ambon, avec le livre posé 224 Le Canada français sur l’aigle de cuivre Dont la grande aile semble ouverte pour l’essor ; c’est l’ultime prière, la prière du vieillard, si douce, si confiante, qui ressemble à celle de l’enfant, et que l’on entendrait sûrement sur les lèvres du poète lui-même, si ce poète — qui ne fut jamais pharisien •— priait un soir sur les places publiques.Quand on lit tous ces poèmes que lui a dictés sa foi robuste, avec Nérée Beauchemin on apprécie mieux tant de choses surnaturelles, tant de piété consolatrice.Et faire mieux aimer nos clochers, la religion, la prière, et Dieu, n’est-ce pas encore le rôle nécessaire, et le plus sublime de l’apôtre ?Mais que serait la terre de chez nous, et que deviendrait notre foi, si nous n’étions pas une race qui se souvient, et qui puise dans son passé, dans ses traditions, dans son sang la force de sa survivance ?Et alors l’apôtre de Yamachiche célèbre sa race, ses origines françaises, sa fidélité à la France, à la France qui est par delà l’océan, mais surtout à la France plus proche qui est la sienne : La France où mon âme est toute, Ma France, c’est mon pays ! Nérée Beauchemin célèbre aussi ce qui est essentiel à une race, et ce qui peut-être caractérise le mieux son âme ou son génie, je veux dire sa langue, le vieux parler, dont il vante la noblesse, dont il savoure la délectable saveur : Oyez le parler du hameau : 11 coule comme aux goutterelles Coulent les sèves naturelles ; 11 coule aux lèvres comme l’eau Des érables au renouveau le vieux parler, dont il rappelle les victoires laborieuses et certaines : Nérée Beauchemin 225 Durant trois siècles d’affilée, La première langue du sol A lutté sans peur et sans dol.Malgré rafale et giboulée, L’honneur et le droit l’ont parlée.Nérée Beauchemin célèbre aussi ceux-là dont les noms chez nous s’identifient avec les gloires, les luttes ou les victoires de la race : Brébeuf et Lallemant, Montcalm, Papineau, C-rémazie, Gérin-Lajoie ; et ceux-là plus obscurs, qui ont tissé de leurs œuvres pénibles, de leurs sacrifices joyeux, de leurs vertus saintes, la trame de la vivante histoire du peuple : le laboureur, la petite Canadienne : Elle est bonne, franche et telle Que l’amoureux de chez nous Ne courtise et n’aime qu’elle.Et de vrai, c’est la plus belle, Avec ses jolis yeux doux.et cette “sainte ” qui est l’aïeule du poète, semblable à notre aïeule à tous, la grande ouvrière du foyer et la mère auguste de notre race Auguste mère de ma mère, O blanche aïeule, morte un soir D’avoir vécu la vie amère ! et le poète raconte, décrit, chante encore, avec la vieille maison, les petites choses de ce foyer qu’ont construit, habité l’aïeule et ses filles, nos grand’pères et leurs fils, le ber, le rameau bénit, le dévidoir à sonnette, les grandes aiguilles de la tricoteuse, toutes ces choses familières qui sont comme l’âme de nos anciens, éparse sur les objets essentiels de leurs travaux et de leurs amours.La patrie intime, c’est vraiment tout cela.Tout cela, tout ce qui est la matière de vos poèmes est pris à la vie qui se fait ou s’écoule sous vos yeux, dans l’horizon de Yamachiche, 226 Le Canada français dans le cadre traditionnel de la paroisse, ou entre les murs discrets du foyer.Le mot de “ patrie intime ”, qui résume tout cela, je le trouve déjà qui désigne la paroisse natale, dans un poème ancien des Floraisons matutinales(l).Dans votre dernier recueil, ce mot précise toute sa signification, il en déploie tous les objets sacrés : il se charge de toutes les ambitions, de toutes les vertus de votre âme : il y apparaît comme la devise fervente et large de votre apostolat.Je ne veux que rappeler, pour finir, comment votre âme d’apôtre, qui est une âme d’artiste, s’est appliquée davantage, en ce dernier livre, à répandre sur tant d’objets, avec une tendresse plus profonde, des pensées plus abondantes, des grâces plus souples, des rythmes plus variés, des images plus vives, des mots plus pittoresques, une harmonie plus savante.Et votre apostolat n’en est pas moins sincère qui donne à vos rêves, à vos pensées, à vos leçons les formes qui les font mieux comprendre, et tout l’éclat qui les fait mieux resplendir.Cet art plus parfait montre en vous, au contraire, agrandi par toute une noble vie, et par les labeurs féconds d’une longue expérience, le culte que vous avez voué à toutes les choses saintes de la Patrie.* * * Il me reste maintenant à remplir auprès du poète Nérée Beauchemin une mission qui m’est très agréable.L’Université Laval, que je représente ici ce soir, applaudit avec vous, Messieurs, à toute l’œuvre, à tout l’apostolat de l’auteur des Floraisons et de Patrie intime.Elle se souvient avec orgueil que Nérée Beauchemin est l’un de ses anciens qui l’honorent le plus, par leurs travaux et par leur vie.Elle sait aussi comment le poète, quia surgi dans le médecin qu’elle a formé, voulut un jour chanter son Alma Mater, et (1) Le dernier gîte, page 180 Nérée Beatjchemin 22V qu’il écrivit un poème où la piété filiale inspira les plus délicates strophes.C’est de notre chère Université de Québec, que vous dites aux dernières pages de Patrie intime : Un charme est sur tes murs.Un parfum se dégage De ce passé qui fut mon âge le plus beau, Et j’évoque, fidèle et pieux, le mirage Du plus doux souvenir que j’emporte au tombeau.L’Université Laval, sensible à votre fidélité, comme à toute la noblesse et à tous les succès de votre œuvre littéraire, veut vous donner un témoignage certain de sa haute appréciation, et vous décerne la plus haute distinction académique qu’elle puisse accorder.Elle me charge de vous remettre maintenant le diplôme d’honneur de docteur ès-lettres.Veuillez l’accepter, vous le fils qui se souvient, comme le gage d’affection très tendre, et d’admiration, d’une mère qui n’oublie pas.Camille Rot, ptre.
de

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