Le Canada-français /, 1 décembre 1930, No 9-11. Corrigeons-nous!
NO 9 CORRIGEONS-NOUS ! Carreau Nous donnons le nom de carreau à la partie de porte ou de fenêtre qu’on peut ouvrir sans ouvrir la porte ou la fenêtre entière, pour donner de l’air,etc.; à la partie dormante ou mobile de la boiserie d’une porte ou d’une fenêtre qui se trouve au-dessus des battants dont elle diminue la hauteur, et qui est souvent vitrée ; aux châssis qui ferment les petites ouvertures d’une cave; de façon générale, à tout châssis ou panneau qui ferme une petite ouverture servant généralement à ventiler.Ex.: La chambre est pleine de fumée; ouvre donc le carreau ; — As-tu fermé le carreau au-dessus de la porte ?— Les rats vont entrer, si tu laisses les carreaux de la cave ouverts ; — Ferme le carreau du garde-manger.Dans le premier exemple, il faut dire vasistas, au lieu de carreau ; dans le deuxième, imposte ; dans le troisième, soupirail (non pas soupirau, comme nous disons quelquefois) ; et dans le dernier, fermeture mobile (de bouche : d’aération, de jour), ou bien coulisse, s’il s’agit d’une planche ou d’un volet qui glisse dans une rainure.Porte de cave En plusieurs endroits de notre province, on ne donne le nom de trappe qu’à la porte posée horizontalement sur une ouverture qui a été pratiquée dans le plancher d’un grenier, et l’on appelle porte de cave la porte posée horizontalement sur une ouverture à rez-de-chaussée.Il faut dire trappe dans ce cas-ci comme dans l’autre.Une porte de cave est une porte qui est posée verticalement dans une ouverture pratiquée dans un des murs de la cave ou dans une ouverture placée au haut d’un escalier conduisant à la cave.Ravalements Un ravalement est, en français, un enfoncement pratiqué dans un corps de maçonnerie ou de menuiserie.Mais ce mot ne peut s’employer, ni au singulier ni au pluriel, pour désigner soit la face supérieure d’un mur sur le bord de laquelle s’appuie le toit d’une maison, soit le dessus de la sablière, soit le grenier d’une maison.Disons donc : coucher sous les combles, et non sur les ravalements ; tu trouveras cet outil sur le dessus de la sablière, et non sur les ravalements.Soliveau Les grosses pièces de charpente qui, dans nos maisons, supportent les planchers sont des poutres ou des solives, non pas des soliveaux.Les soliveaux ne sont que de petites solives.Plancher de bas, plancher de haut Par plancher, il faut entendre, en français, l’assemblage de solives recouvert de planches, planchettes, etc., qui forme plate-forme sur l’aire d’un rez-de-chaussée ou qui sépare les étages d’une maison.La face supérieure de cet assemblage s’appelle non pas plancher de bas, mais parquet, lorsqu’elle est formée de planchettes étroites, dures et polies, et plancher ordinaire, ou plancher tout court, lorsqu’elle est formée de planches ordinaires jointives.On pourrait dire aussi plancher d'en bas.La surface horizontale qui constitue la partie supérieure d’une chambre, d’une salle, s’appelle plafond, non pas plancher de haut.On peut, toutefois, employer plancher pour plafond, quand le contexte indique clairement qu’il s’agit de la partie supérieure d’une chambre : Et que ton corps goutteux, plein d’une ardeur guerrière, Pour sauter au plancher fit deux pas en arrière.(Boileau, le Lutrin.) Le galant fait le mort, et du haut d’un plancher Se pend la tête en bas.(LaFontaine, le Chat et le vieux Rat.) Bois ure Le revêtement en bois des murs d’une pièce s’appelle boiserie, non pas boisure.Disons donc : Cette boiserie a besoin d’être peinte de nouveau, et non : Cette boisure a besoin d’être repeinturée. Appartement Le mot appartement se dit évidemment en France, comme chez nous, pour désigner une simple chambre, puisque Littré et Bescherelle recommandent de ne pas l’employer avec cette acception.Le mot consacré par le bon usage pour désigner une simple chambre est pièce, non pas appartement, qui signifie logement de plusieurs pièces.Disons donc : Je voudrais louer un logement, un appartement de quatre pièces, et non pas : Je voudrais louer un logement de quatre appartements.Salon double On donne, chez nous, le nom de salon double au salon composé de deux pièces communiquant ensemble par une large arcade ou par une large baie non cintrée.Cette appellation, paraît-il, n’est pas usitée en France.On pourrait dire salon de deux pièces, double salon, ou salons en enfilade.Porte d’arche Nous donnons le nom de portes d'arche aux portes de grande dimension (qu’elles soient cintrées ou non cintrées, brisées, à battants ou à coulisse, pleines ou vitrées) ou aux grandes ouvertures qui sont établies entre deux pièces d’une habitation.Cette appellation n’est pas française.Il faut d ire : portes pliantes, portes à coulisse, arcades, baies, etc., selon le cas.Living-room, living Comme les Anglais, nous ménageons dans nos logements, surtout dans les maisons de ville, une pièce où la famille puisse se réunir, se tenir habituellement.Les Français font de même depuis quelque temps, et, comme nous, ils donnent à cette pièce le nom de living-room (nous disons même living tout court), car ce terme anglais n’a pas encore d’équivalent dans le français courant ; mais ils font living-room féminin, tandis que nous faisons ce mot masculin.Chez nous, on a proposé de désigner la living-room sous le nom de vivoir.Ce néologisme, formé à l’image de fumoir * ne semble pas de bon aloi.Si le fumoir est la pièce où l’on se tient, où l’on se réunit pour fumer, la living-roovi est-elle bien une pièce où l’on se tienne, où l’on se réunisse pour vivre ?Quelques architectes de France ont traduit living-room par chambre de famille ou par salle commune.Cette traduction nous paraît mieux inspirée.S’il nous était permis d’imposer nos vues, nou|s recommanderions l’emploi de salle de famille comme équivalent de living-room ; d’abord, parce que nos campagnards donnent depuis longtemps le nom de salle à la chambre où la famille se tient habituellement ; ensuite, parce que le mot salle peut s’appliquer à la pièce où l’on se tient habituellement aussi bien qu’à celle où l’on prend ses repas ; enfin, parce que le nom de salle de famille exprime parfaitement et sans équivoque l’idée que contient l’anglais living-room.Au reste, c’est le terme que le Larousse ménager illustré (p.656) propose pour dénommer la living-room.Pantry Nous employons souvent ce mot anglais pour désigner l’endroit de la maison où l’on serre les provisions, celui où l’on conserve les aliments, le lieu dans lequel on garde le linge de table et la vaisselle.Il faut dire dépense, garde-manger ou office, selon le cas.Ex.: Va donc porter les légumes dans la dépense ; — tu iras serrer ce gâteau dans le garde-manger ; — apporte-moi une des serviettes qui sont dans l’office.Cabaneau, caveau, cavreau Nous donnons le nom de cabaneau, caveau ou cavreau à la petite armoire qui a été pratiquée soit dans un mur, soit sous un escalier ou une fenêtre, soit entre le plancher des mansardes et le comble.C’est petit placard que nous devrions dire.(Conservez ce feuillet.— A suivre.) Le Comité d’étude de la Société du Parler français au Canada. NO ÎO CORRIGEONS-NOUS ! Coin à bois Nos gens donnent le nom de coin à bois au réduit qui a été pratiqué sous l’escalier intérieur conduisant au grenier ou à l’étage supérieur de la maison, et dans lequel on dépose le bois destiné à chauffer le poêle ou le fourneau.Ce coin à bois est un bûcher.On peut aussi donner le nom de bûcher à la boîte à bois, à la boîte an bois.Dado, beaverboard, burlap Nous donnons le nom anglais de dado à certains revêtements de peu d’élévation qui garnissent les murs d’une pièce et au-dessus desquels on met généralement de la tapisserie.L’équivalent français de dado est lambris d’appui ou lambris de demi-revêtement.Disons donc : lambris d’appui en bois, en tuiles, en carton (non pas en beaverboard), en toile (non pas en burlap), etc.Quant aux dados de couleur qui imitent les véritables dados, ce sont des lambris d’appui feints ou de faux lambris d’appui.Bras d’escalier C’est à tort que nous donnons le nom de bras d’escalier tantôt à la balustrade qui borde un escalier, tantôt à la partie de cette balustrade qui sert d’appui à la main.Il faut dire rampe dans le premier cas et main-courante dans le second.Notons, en passant, qu’escalier est masculin.Chantepleure, champleure, champlure, pompe, caduc Chantepleure ne se dit pas en France du robinet d’une conduite d’eau ; encore moins champleure et champlure, qui ne sont que des déformations de chantepleure.En parlant de robinets, chantepleure n’est usité en français que pour désigner les robinets de tonneaux en perce.Au lieu de chantepleure, champleure, champlure, employons les termes robinet de conduite d’eau, ou robinet tout court si le contexte le permet.Ex.: J’entends couler l’eau ; va donc fermer robinet (non pas la chantepleure).Il ne faut pas, non plus, confondre une pompe avec un robinet de conduite d’eau, et ce serait parler improprement que de dire : Ferme la pompe, pour : Ferme le robinet.Quelques-uns appellent même le robinet d’une conduite d’eau la caduc.C’est là une corruption des mots Vaqueduc, qui ne vaudraient d’ailleurs pas mieux que la caduc pour désigner ce robinet.Chambre de toilette Cette locution est française, mais, en France, on se sert généralement du terme de cabinet de toilette pour désigner la petite pièce où l’on va se laver, se coiffer, où l’on va faire sa toilette.Armoire à coin Nos gens donnent le nom d’armoire à coin à l’armoire de forme triangulaire qui se place dans une encoignure de chambre.En France, cette armoire s’appelle encoignure.Lave-mains Pour désigner le meuble de toilette garni des ustensiles nécessaires aux ablutions, on ne se sert plus du terme lave-mains dans la langue du bon usage.Ce terme a vieilli.On emploie le mot lavabo.Bol, bassin Le récipieait de faïence, de porcelaine, de marbre, peu profond et à bords évasés et dont on se sert pour les ablutions, est une cuvette, non pas une bol.On lui donne quelquefois, chez nous, le nom de bassin.Evidemment, la cîuvette est un bassin ; mais le terme basshi ne s’emploie pas absolument, en France, pour désigner la cuvette qui garnit le lavabo.De même, le récipient d’un siège d’aisances est une cuvette, non pas une bol.Planche des closets, couvert des closets La planche mobile qui s’abat sur un siège d’aisances ou sur la cuvette d’un siège d’aisances s’appelle abattant. Lit simple, couchette simple Nous donnons le nom de lit simple ou de couchette simple au lit où une seule personne peut coucher.En France, on dit petit lit, ou couchette tout court.Un lit simple est un lit sans ornement.Lit double, couchette double Le lit où l’on peut coucher deux s’appelle en France grand lit, lit de grandeur ou lit de deux personnes, non pas lit double, ni couchette double.Dans le bon langage, le lit double est celui qu’on peut partager à volonté pour faire deux lits distincts ; ce sont les lits jumeaux.Bède, banc-lit, baudet, sofa, crèche Nous donnons le nom de bède et de baudet à un lit formé de deux châssis croisés en X, sur lesquels on a tendu des sangles, ou une toile.C’est lit de sangle qu’il faut dire.Nous donnons amssi le nom de bède, de sofa, de crèche ou de banc-lit à un meuble qui sert de banc quand il est fermé et de lit quand il est ouvert.C’est une espèce de canapé-lit, qui a l’apparence d’un coffre quand il est fermé, d’un coffre qui serait surmonté d’un dossier et de deux accoudoirs comme l’étaient les bancs du treizième siècle.Notre meuble ne serait-il pas la bancasse des marins, la bancasse que les dictionnaires définissent : coffre servant de banc et de lit ?Il va sans dire que crèche peut s’employer métaphoriquement en parlant d’un mauvais lit, d’un grabat ; mais ce terme ne saurait désigner particulièrement notre espèce de canapé-lit.Poteaux, pattes, pommeaux, harias de couchette Une couchette, comme un lit, se compose de quatre pans : la tête, le pied et deux côtés.La couchette, comme le lit, est supportée, aux quatre coins des pans, par des pieds (non des pattes) ou par des colonnes ou des piliers (non des poteaux).Au haut des colonnes ou des piliers, se trouvent parfois des pommes ou pommettes (non des pommeaux) ; et sous les pieds, il y a généralement des roulettes (non des harias), ou des galets qui servent de roulettes. Barres de couchette Les pièces de bois ou de fer qui forment le fond du lit s’appellent goberges ou barres d’enfonçures.Les goberges sont de grandes barres qu’on place, au nombre de six ou sept, en travers du lit.Les barres d’enfonçures, beaucoup plus fortes, croisent les goberges et vont s’appuyer sur les traverses inférieures de la tête et du pied.On donne le nom d’enfonçure à l’ensemble de ces pièces.Spring, spring-bed, paillasse à spring Nous nous servons de ces termes pour désigner certains sommiers de literie, munis d’un système de ressorts.Ces sommiers portent, en France, les noms de somviiers élastiques ou de sommiers métalliques.Draps de laine D’après les lexiques du bon usage, les draps (de lit) sont des pièces de toile, de fil ou de coton.Nos draps de laine sont des couvertures de laine.Couverte Couverte s’est employé autrefois en France avec le sens de couverture (de lit), même dans la langue littéraire.L’expression est restée dans la plupart des parlers provinciaux ; mais elle n’est plus usitée dans le français d’école, sauf en parlant des couvertures de lit qu’emploient les militaires en garnison ou en campagne.Disons donc : une couverture de laine, et non : une couverte de laine.Trompeuse Ce terme ne s’emploie pas en France pour désigner la couverture de parade qu’on étend sur un lit pour cacher les draps, etc.On se sert du mot couvre-pied ou du mot couvre-lit.Ex.: Un couvre-lit de guipure ; — un couvre-pied de soie.(Conservez ce feuillet.— A suivre.) Le Comité d’étude de la Société du Parler français au Canada NO 11 CORRIGEONS-NOUS ! Catalogne, catelogne, catelone, catolone Nous désignons sous ces noms divers les couvertures de lit que nos Canadiennes font au métier avec des retailles, avec toutes sortes de menus restes d’étoffes.Ex.: Couvrir avec une bonne catalogne.Ces mots de catalogne, catelogne, catelone sont originaires de France.Mais, là-bas, ils servent à désigner des couvertures de lit faites de laine.Comme le français de bonne compagnie n’a pas de vocable pour dénommer les couvertures que nos Canadiennes fabriquent avec des retailles, etc., nous pourrions faire usage du mot «catalogne pour les désigner.Confortable, conforteur, confiteur, douillette Les Anglais donnent les noms de comfortable et de comforter à la couverture ouatée et piquée, ainsi qu’au couvre-pied fait avec du duvet.En français, c’est courte-pointe qu’il faut dire dans le premier cas, et édredon, dans le second.Nos gens donnent le nom de douillette à l’édredon.Le mot douillette n’a pas ce sens en France ; il ne s’y dit que des pelisses moelleuses en soie ouatée.Tête d’oreiller Cette locution vicieuse est courante chez nous, comme dans les parlers populaires de France.Il faut dire : taie d’oreiller.Menteuse, toilette d’oreiller, dessus d’oreiller Nos gens donnent les noms de menteuse, de toilette d’oreiller de dessus d’oreiller, à la couverture qu’on jette sur un oreiller pour le cacher.Ces termes ne sont pas admis dans le vocabulaire français.D’ailleurs, cet article ne paraît pas en usage en France.Nous pourrions dire : couvre-oreiller, comme on dit : couvre-lit.Ber Ce mot a vieilli au sens de petit lit de tout jeune enfant ; il ne s’emploie plus que dans les parlers populaires, en Fran- ce.Le terme consacre aujourd’hui par le bon usage est berceau.Berçante, chaise berçante Ces termes ne s emploient pas en France pour désigner les chaises a oscillations sur lesquelles on peut se bercer.C’est berceuse ou chaise berceuse qu’il faut dire.Bergère Nous donnons le nom de bergère à un fauteuil dont les pieds sont supportés par des lames de bois recourbées, qui permettent de se bercer.C’est berceuse qu’il faut dire.La bergère, en France, est un large fauteuil dont le siège est garni d un coussin moelleux, mais sur lequel il est impossible de se bercer.Berce, berceau Ces mots n’ont jamais été employés dans le bon langage de France pour désigner les lames de bois recourbées, les supports en forme d’arc qui sont à la base d’un berceau ou d’une chaise berceuse.Ces supports s’appellent patins.Fournaise Le mot fournaise se dit bien en France pour désigner un four incandescent, un four destiné à fondre les matières avec lesquelles on fait le verre, etc.; mais il ne s’y est jamais dit des appareils qui servent à chauffer les maisons, les appartements ou les pièces d’un logement.Ces appareils sont des calorifères, des chaudières ou des poêles.Les calorifères et les chaudières sont des appareils de grande dimension qui se placent en dehors des pièces à chauffer et qui sont destinés à réaliser un chauffage continu par l’air chaud, par la vapeur ou par l’eau chaude.Les poêles sont des appareils de petite dimension qui se placent dans les pièces ou les logements mêmes qu’on veut chauffer.Petite fournaise Les appareils de chauffage de petite dimension, à enveloppe métallique en forme de cylindre, de cloche, de tronc de cône ou de tronc de pyramide, qui s’installent dans la pièce ou dans le logement même que l’on veut chauffer, portent chez nous le nom de petites fournaises.C es appareils de chauffage sont des poêles ou des poêles genre tortue.Poêle Le poêle est un appareil de chauffage qui se place dans la pièce ou l’appartement qu’on désire chauffer.Il peut servir en même temps à la cuisson des aliments, et il garde alors le nom de poêle si son principal usage est le chauffage de la pièce ou de l’appartement où il se trouve.L’appareil qui se place dans une cuisine et qui sert uniquement ou principalement à cuire ou chauffer des mets est un fourneau.Nos poêles à gaz sont donc des fourneaux à gaz ; nos poêles électriques, des fourneaux électriques ; et nos poêles à l’huile, des fourneaux à pétrole.En France, on donne le nom de cuisinière à l’appareil qui sert à la fois au chauffage du logement et à la cuisson des aliments.Mais nous croyons qu’il vaut mieux appeler cet appareil poêle on fourneau, selon sa destination principale, à moins qu’il ne s’agisse d’en faire ressortir la double utilité ; et dans ce cas, nous recommandons l’emploi du terme poêle-fourneau, qui est usité aussi en France.Ajoutons que nos poêles de cuisine qui fonctionnent, simultanément ou alternativement, au gaz et au charbon sont des fourneaux mixtes.Poêle à deux ponts, à trois ponts On donne, dans nos campagnes, le nom de poêle à deux ponts ou de poêle à trois ponts à un poêle à bois, de forme rectangulaire allongée et comprenant deux ou trois réceptacles superposés, c’est-à-dire un foyer et un four, ou un foyer et deux fours.Cet appareil de chauffage, qui sert chez nous à cuire ou chauffer les mets tout en chauffant le logement, semble inconnu en France.Fourneau, poêle à fourneau Le fourneau est un appareil servant à cuire ou à chauffer les mets.La partie d’un poêle qui est placée au-dessus ou près du foyer et qui forme une caisse fermée où l’on puisse faire cuire des mets est un four, non pas un fourneau.Ainsi, on met cuire les gâteaux dans le four, non pas dans le fourneau d’un poêle.Il va de soi qu’on peut fort bien dire: mettre cuire un gâteau dans le fourneau, s’il s’agit d’un fourneau de cuisine et non d’un poêle.Quant à notre poêle à fourneau, c’est un poêle ou un fourneau, selon sa destination principale, ou bien un poêle-fourneau.Il ne serait pas incorrect de dire poêle à four, mais cette appellation n’est pas usitée en France.Pattes du poêle Les supports d’un poêle, d’un fourneau, sont des pieds, non pas des pattes.C’est parler incorrectement que de dire : Le chat est couché entre les pattes du poêle.Palette, bavette (du poêle) Nos gens donnent le nom de palette ou de bavette à la tablette qui est placée à la bouche du foyer d’un poêle, ou d’un fourneau, et celui de palette à la tablette qui est placée à la bouche du four d’un fourneau ou d’un poêle-fourneau.Les termes palette et bavette ne s’emploient pas avec ces acceptions, dans la langue du bon usage.Plaque, rond (de poêle) Dans les fourneaux de cuisine et les poêles, les pièces de métal avec lesquelles se ferment les trous circulaires qui sont ménagés dans la plaque établie au-dessus du foyer et qui servent à mettre le fond des vases en contact immédiat avec le feu, ne portent pas, en bon français, le nom de plaques ou de ronds, mais celui de rondelles.Ces rondelles mobiles sont dites rondelles concentriques quand elle s’emboîtent les unes dans les autres et qu’on peut les enlever en tout ou en partie de manière à obtenir des trous de diamètres différents.(Conservez ce feuillet.— A suivre.) Le Comité d’étude de la Société du Parler français au Canada.
Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.
Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.