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Titre :
Le Canada-français /
Revue de l'Université Laval qui traite de philosophie, de théologie, de questions sociales, de linguistique, d'arts et de littérature.
Éditeur :
  • Québec :Université Laval,1888-1946
Contenu spécifique :
Accusés de réception
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque mois
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseurs :
  • Parler français ,
  • Nouvelle-France
  • Successeurs :
  • Bulletin du parler français ,
  • Nouvelle-France ,
  • Revue de l'Université Laval
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Le Canada-français /, 1940-05, Collections de BAnQ.

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ACCUSÉS DE RÉCEPTION M.Jean Bruchési présente au public une nouvelle édition du « Régime anglais, » second volume de son ^Histoire du Canada pour tous h Les critiques de France et du Canada français ont fait bon accueil à cet ouvrage ; ceux de langue anglaise ont fait des réserves, qui portent surtout sur l’absence des notes et références ; en se plaçant à ce point de vue ils ont estimé que l’ouvrage était un peu trop « pour tous ».Sans vouloir chicaner l’opinion anglaise, nous croyons qu’il était essentiel, pour l’auteur, de tenir la ligne de conduite qu’il s’était tracée ; autrement, le lecteur moyen, à qui l’ouvrage est destiné, se serait trouvé embarrassé par un lourd appareil critique.Au reste, pour autant que nos modestes ressources nous ont permis de contrôler, M.Bruchési semble bien s’être entouré de toutes les précautions voulues.Délivrée du fatras de l’érudition Y Histoire du Canada pour tous se lit avec plaisir.M.Bruchési ne néglige pas l’intérêt dramatique ; il circonscrit avec soin les limites de ses chapitres ; il compose avec sollicitude ; il écrit avec une liberté d’allure qui n’exclut pas une certaine coquetterie d’art.Tout connaisseur admettra que la tâche de l’auteur était difficile, très difficile ; il existe peu d’histoire, qui, comme celle du Canada, soit compliquée des interventions des grands peuples européens et du jeu des circonstances locales.C’est peut-être pourquoi on ne trouvera pas de sitôt l’écrivain capable de composer avec art et avec succès l’Histoire définitive du Canada.En attendant il est bien permis à nos écrivains de faire tout ce qui est en leur pouvoir pour inculquer au peuple une meilleure connaissance de son Histoire, et, surtout pour la lui faire aimer.Certains estimeront que M.Bruchési n’a pas fait mouche ; mais, vraiment, il n’en est pas loin, et c’est déjà un grand mérite : ne le lui marchandons pas.1.Un volume de364 pages, avec une carte, hors texte, du Canada.Éditions ACF, Montréal, 1940. ACCUSÉS DE RÉCEPTION 893 Le premier chapitre, « Vainqueurs et vaincus », traite des capitulations de Québec et de Montréal et des événements qui se sont écoulés entre 1759 et 1763.Je me demande s’il n’eût pas été utile de résumer pour les lecteurs les doctrines de Grotius, les prescriptions du Droit des Gens d’alors.Vus sous ce jour les faits qui se sont déroulés depuis nos défaites jusqu’au Traité de Paris prennent une signification remarquable i en realite les vaincus n avaient rien de bon a attendre d’un vainqueur anglais et protestant ; il est même assez étonnant que nos ancêtres aient eu si peu de peine à obtenir la reconnaissance de leurs droits civils et religieux.Notons, en effet, que nous sommes au 18e siècle ; voyons, par comparaison, ce qui se passe en plein 20e siècle : la conduite des dictateurs à l’égard des vaincus, Éthiopiens, Albanais, Tchéco-Slovaques, Polonais.Pour ces tyrans le vaincu n’a plus aucun droit, il n a qu a s écraser sous la botte du vainqueur.M.Bruchési relève (p.19), comme ont fait tous nos autres historiens, la clause du Traité de Paris (1763) qui accorde la liberté religieuse « en tant que le permettent les lois de la Grande-Bretagne ».Une chose curieuse, à ce sujet, c’est que personne ne paraît avoir déploré la présence d’une clause absolument identique dans le Traité d’Utrecht en 1713 ; il s’agissait alors des Français de l’Acadie.A-t-on estimé ce groupe comme étant de moindre valeur que le nôtre ?Ou a-t-on cru que la restriction était inévitable de la part d’une puissance officiellement protestante ?Le chapitre consacré à James Murray fournirait matière à quelques remarques de détail.Par exemple, n’eût-il pas été utile de bien établir la différence entre les diverses expressions des « volontés » de Georges III ?Ces volontés, on les trouve dans la Proclamation royale (octobre 1763), dans la Commission de gouverneur donnée à Murray (novembre 1763), et dans les « instructions » adressées au même (décembre 1763).La Commission et les Instructions concernaient un seul pays, le Canada, tandis que la Proclamation s’appliquait et au Canada et à trois autres nouvelles provinces, celles-ci au sud des Colonies anglaises devenues plus tard les États-Unis et dans les Antilles.Il ne faudrait pas, non plus, laisser entendre que la fixation des nouvelles limites de la province de Québec fut de la seule 894 LE CANADA FRANÇAIS initiative du roi Georges III ; au contraire, ces limites, réduites, furent imposées au Roi par un bureau administratif.Mais ce sont là de petites chicanes, sur lesquelles nous aurions mauvaise grace d insister.Il demeure que l’ouvrage de M.Jean Bruchési devrait connaître un grand succès, succès de librairie ce n est que justice — et succès en influence éducatrice surtout.* * * M* Alexandre Goulet veut bien nous faire hommage de son livre Une Nouvelle-France en Nouvelle-Angleterre b C’est la thèse même que M.Goulet soutint à la Sorbonne pour 1 obtention du doctorat de l’Université de Paris.M.Émile Lauvrière préface le livre.Il existe quantité d’ouvrages sur ce thème, et M.Goulet a bien soin de les insérer dans la bibliographie très complète qu il met a la fin de son exposé.Cependant nous tenons à signaler son livre, comme l’une des meilleures synthèses qui aient été faites de cet autre « miracle canadien », qui s’est accompli sur le territoire des États-Unis.Dans les dix chapitres de son livre l’auteur traite les points suivants : l’émigration (des Canadiens français) avant la Guerre de Sécession ; la première paroisse franco-américaine : Saint-Joseph de Burlington (Vermont) ; la Guerre de Sécession et la grande émigration canadienne ; une paroisse franco-américaine avant 1890 : Notre-Dame des Canadiens de Worcester (Massachusetts) ; le Clergé ; Sociétés et Congrès ; la Presse canadienne-française en Nouvelle-Angleterre ; le rapport du Colonel Wright ou les « Chinois de l’Est » ; tentative d’assimilation : Notre-Dame de Lourdes ; vue rétrospective, vers l’avenir, les Canadiens français deviennent des Franco-Américains.Il y avait là matière à beau travail et M.Goulet s’est donné la peine de bien exécuter son travail.Vouloir signaler en particulier tel ou tel exposé nous entraînerait trop loin.Qu’il suffise de dire que cet ouvrage est tout indiqué pour mettre notre grand public au courant des faits et gestes de nos compatriotes passés aux États-Unis.1.Un volume, 10 x 6J^ pces, 160 pages.A la Librairie de Jurisprudence ancienne et moderne, Paris, 1934. ACCUSÉS DE RÉCEPTION 895 Il nous semble que les recherches condensées dans ce livre préparent fort bien M.Goulet à pousser plus loin et a nous donner un jour l’histoire complète de l’élément français aux États-Unis.* * * Le Peuple est-il éducable ?se demande le franciscain Gonzalve Poulin, dans un livre paru dans la série des « Documents sociaux » de l’A.C.-F., de Montréal K Il répond oui, et dit à quelles conditions s’effectuera l’éducation de notre peuple.Comme on peut s’y attendre, il s’agit ici de l’éducation des adultes.Qu’on veuille bien se reporter à l’article que nous publions, dans ce même numéro (page 813), de M.Jean Bruchési.L’auteur a étudié à Lille et à Paris ; à Lille, il a obtenu le diplôme supérieur en sciences économiques ; à Paris on lui a décerné le doctorat en sciences sociales.Ces titres nous font entendre que le Père est bien préparé pour traiter le sujet qu’il aborde.L’éducation des adultes est un besoin pressant dans tous les pays, et elle l’est peut-être plus encore dans le nôtre.Aussi ce livre vient-il tout à fait à point.L’auteur a étudié particulièrement les expériences faites en Angleterre ; c’est ce qu’on voit dans le livre qui nous occupe.Les faits qu’expose le Père Poulin dans son Introduction le justifient pleinement d’avoir posé la question et d’avoir tenté de trouver la réponse.L’augmentation fantastique de la population urbaine (de 19.5 en 1871 à 63.1 en 1931), le nombre de ceux qui, dans notre province, ne savent ni lire ni écrire (103,212 personnes au-dessus de 10 ans en 1937), la faible culture de ceux qui ont échappé à l’analphabétisme, le culte de l’arrivisme chez de trop nombreux bourgeois et professionnels, tout cela forme un sombre tableau et doit pousser tous les citoyens honnêtes et actifs à livrer un grand combat à l’ignorance des masses.L’une des armes indispensables dans ce combat, c’est l’éducation des adultes.Tous ceux qui veulent participer à ce combat devront lire l’ouvrage du Père Poulin.Us y 1.Un volume de 150 pages, 1939. 896 LE CANADA FRANÇAIS trouveront une abondante bibliographie (il y en a à la fin de chaque chapitre et après la conclusion), un exposé détaillé des initiatives prises en Angleterre, puis, dans le chapitre V, un (( essai de synthèse sur la pédagogie employée dans les classes d’éducation populaire en Angleterre (pages 97 à 122).Dans ses conclusions 1 auteur montre où en est l’éducation des adultes au Canada (pages 129 à 132) et dans la province de Québec (pages 133 à 142).Assurons un grand succès à ce livre, et à l’œuvre qu’il préconise.La biographie de Charles Lecoq, pretre de Saint-Sulpice, que nous donne M.Henri Gauthier \ pourrait connaître un beau succès de librairie, si le monde n’était pas tourné à l’envers, si l’échelle des valeurs était observée, si un livre sobrement écrit avait encore de l’attrait pour des lecteurs avides du faisandé.Mais ces conditions sont-elles réalisables, ensemble, à l’heure actuelle ?Ne soyons pas méchant, et osons croire que le succès peut encore venir.Il devrait venir.Car Charles Lecoq n’est pas une figure banale.Le peuple est un artiste à sa façon ; il a l’art de simplifier les figures, de les styliser.Il s’est ainsi fait un type, pour chacun des groupes religieux : jésuite, franciscain, sulpicien pour ne nommer que ceux-là, ont pris, dans l’esprit du peuple des traits bien caractéristiques, idéalisés, assez fortement caricaturés même.Pour le peuple le sulpicien est un abbé qui porte une douillette, qui se tient les mains fourrées dans les manches, qui marche effacé.Et pour autant on oublie l’intelligence, le cœur, le beau travail, le rendement.C’est là l’injuste monnaie courante dans le peuple.Monnaie de peu de valeur.On s’en rend bien compte en lisant la vie de Charles Lecoq, et en lisant la prose très vivante de M.Henri Gauthier, sulpicien lui aussi.Ceux de mon âge ont bien entendu parler de Charles Lecoq.De bonne heure il s’était créé autour de son nom une aura de légende, que l’auteur montre très bien dans son 1.Henri Gauthier, Une âme sacerdotale, Charles Lecoq, prêtre de Saint-Sulpice, 1846-1926.Un volume de 180 pages, Montréal, 1939. ACCUSÉS DE RÉCEPTION 897 livre, et qu’il dissipe avec raison.Nous connaissions surtout la légende ; maintenant nous avons la vérité, simple et belle.M.Lecoq naquit d’une famille française, de modeste condition : son père était ouvrier en construction de navires.Rien d’extraordinaire dans l’enfance et la jeunesse de Charles : vie de famille, études pleines de grands succès, vacances au bord de l’océan, rien d’épique ; mais un beau modèle de vie simple, rangée, honnête, laborieuse, modèle non sans utilité pour la jeunesse d’aujourd’hui ! Le voici prêtre, membre de la Compagnie de Saint-Sulpice.Charles Lecoq devient professeur et il brille par la clarté et la chaleur de son enseignement.On nous montre en lui le directeur de conscience, le casuiste, le philosophe converti au thomisme ; l’amoureux des Saintes Écritures ; on nous fait admirer sa piété, son humilité, sa patience, et, dans un autre domaine, son étonnante mémoire.Un trait que nous aimons voir en lui : une charité délicate, assez humaine pour, un jour, se charger d’une famille, une veuve et ses enfants ; il leur tient lieu de père, avec une fidélité, une générosité, une discrétion admirables ; sans doute, pour M.Lecoq, comme pour tant d’autres à qui la vie a été dure, c’est un dérivatif, un réconfort, une consolation de pouvoir créer du bonheur autour de lui, de pouvoir jouer le rôle le plus justement humain qui soit, celui de père et de soutien d’enfants déshérités.Notons que le livre de M.Henri Gauthier, tout en faisant très large place à M.Lecoq, ouvre en même temps une fenêtre sur la Compagnie de Saint-Sulpice au Canada, et c’est ce qui, aussi, attirera des sympathies et à l’auteur et à son œuvre.Beaucoup, qui ne connaissent ni Saint-Sulpice ni Monsieur Lecoq, liront ce livre jusqu’au bout, si seulement ils le commencent.C’est que M.Henri Gauthier a de beaux talents d’écrivain : souci et réussite de la composition d’ensemble et de détail ; choix des traits vigoureux ; citations bien utilisées ; et, par-dessus tout cela, à votre goût, un style très alerte, piquant au besoin, voilà des qualités très belles.S’il y avait quelque reproche à faire, ce serait au typographe ou au correcteur d’épreuves, qui a laissé un peu trop de coquilles dans un ouvrage par ailleurs excellent. 898 LE CANADA FRANÇAIS M.l’abbé Victorin Germain peut à bon droit être fier de son œuvre ; qu’on envisage ses écrits sous le rapport de la doctrine, ou sous celui de la rédaction, de la disposition typographique, de l’illustration, il n’y a guère que des compliments à faire a 1 auteur et nous n’avons pas la moindre hésitation à les lui offrir.Son nouvel ouvrage est intitulé De zéro à sept ans 1 ; il traite de la « formation morale et religieuse de la première enfance » ; c’est un tiré à part d’un ouvrage que les religieuses de la Congrégation de Notre-Dame publieront sous le titre de « Précis de Pédagogie familiale ».Plusieurs de nos lecteurs reconnaîtront ici les articles qui ont d abord paru dans la Semaine religieuse de Québec.Au bénéfice des autres nous donnerons un aperçu de l’ouvrage.L’Introduction montre que l’éducation n’est valable que si elle est intégrale, c’est-à-dire si elle discipline toutes les aptitudes, celles du corps, celles de l’intelligence, celle surtout de la volonté.Les grands objectifs de l’éducateur, c’est, au-delà des enfants, la Patrie, la Religion.Que faut-il à l’éducateur pour réussir ?Comprendre sa tâche, savoir commander, savoir sanctionner, savoir surveiller (chapitre II).Et la formation de la volonté, qu’exige-t-elle chez l’enfant ?L’effort, l’habitude, l’obéissance, le sacrifice (chapitre III).Le chapitre sur la formation du cœur (IV) montre comment l’éducateur assurera « l’extension progressive des affections ».La formation de la conscience (objet du chapitre V), comporte, comme exposé principal, l’éducation de la pureté et l’éducation religieuse ; cependant des « observations pratiques » précèdent ce double exposé : nature, éveil, progrès de la conscience, conscience intermittente, l’âge de conscience, aphorismes, procédés dangereux, rôle de la directrice de conscience.Ce petit ouvrage sera donc un guide fort commode pour celles et ceux qui s’occupent des petits enfants.1.Brochure, 9x6 pces, 48 pages, imprimée à l’Action Catholique.L’imprimatur est du 19 mars 1940. ACCUSÉS DE RÉCEPTION 899 Les Ursulines des Trois-Rivières, tel est le titre d une brochure que nous recevons, par les soins de Monsieur le chanoine Georges Panneton, 1 aumônier de ce monastère .Trois-Rivières est un ardent foyer de régionalisme, comme chacun sait.Régionalisme fort légitime, très sain, très vivant et fécond.La brochure que nous présentons en est, à son tour, une preuve.Ne cherchons pas le nom de l’auteur : c’est, tout simplement, Y annaliste, la voix du monastère : littérature cloîtrée, comme il convient, mais singulièrement alerte et avertie.C’est en 1697 que les Ursulines de Québec envoyèrent un essaim aux Trois-Rivières.La brochure, cependant, parut à l’occasion du troisième centenaire de l’arrivée des Ursulines à Québec, en 1639.C’est que le monastère des Trois-Rivières a voulu s’associer à ce tricentenaire et il l’a fait de splendide façon, en inaugurant, dans la ville de La Violette, un vaste édifice, le Monastère du Christ-Roi, qui sert en même temps d’École Normale.La première illustration qui orne la brochure, c’est une vue à vol d’oiseau de l’ancien monastère ; la dernière, c’est l’édifice nouveau de 1939.Entre les deux se déroule l'histoire du vieux monastère et celle de ses filiales, en vingt petits chapitres bien condensés.D’abord une note générale sur l’ordre des Ursulines, fondé en Italie au seizième siècle, par sainte Angèle Merici, «premier ordre enseignant pour les femmes, dans l’Église ».On assiste à la fondation du monastère des Trois-Rivières, on fait connaissance avec la première supérieure, les premières religieuses et les premières élèves ; on voit s’élever la première chapelle ; on assiste aux ravages de deux incendies, en 1752 et en 1806 ; on rencontre des personnages intimement liés à l’œuvre des Ursulines : le récollet Didace Pelletier, le bon serviteur Emery Jarry, et l’un des chapelains, l’abbé de Calonne (1807-1822) ; on apprécie l’influence de grands événements sur la vie du monastère, telle la conquête de 1759, telle l’invasion américaine de 1774 ; puis on assiste à l’expansion de l’œuvre : Louisiane, Montana, Maine ; on voit surgir de nouveaux édifices ; enfin l’annaliste glorifie les 1.Brochure, 8 (( x 5H pces.48 pages.Procédé Photo-litho de Tremblay et Dion (Québec).Imprimatur de S.Exc.Mgr A.-O.Comtois, évêque des Trois-Rivières.Décembre 1939.En vente chez les Ursulines des Trois-Rivières, rue Notre-Dame ; 15 sous l’unité ; $1.50 la douzaine. 900 LE CANADA FRANÇAIS évêques de Québec et ceux des Trois-Rivières, qu’elle considère comme d’insignes bienfaiteurs de l’œuvre.Dans une sorte de préface l’auteur s’adresse « aux anciennes élèves et .aux futures ursulines ».C’est de bonne guerre ! Mais c’est un acte de modestie.En effet, nous sommes persuadé que ce petit ouvrage trouvera une foule de lecteurs dans notre grand public.François Hertel, dans un sonnet, qui fait très bonne figure en tête de la brochure, se demande : Oh ! qui dira le dévouement Qui se dépense obscurément Dans tes vieux murs, vieux monastère ! La brochure est une excellente réponse à l’interrogation du poète.* * * Nous recevons de « l’Encyclopédie Alpina » 1 un fascicule consacré aux Primitifs français.M.Louis Dimier, l’un de nos collaborateurs, y a mis une Introduction et nous adresse le tout avec ses hommages.Nous remercions M.Dimier et M.François Gabelin, directeur de l’Encyclopédie pour ce magnifique envoi.Le fascicule est de 9J^ sur 13J^ pouces.Il contient vingt feuillets où se distribuent quarante planches, reproduisant en noir et blanc des œuvres choisies des primitifs français : Jean Fouquet, Brouderlam, Quarton, Nicolas Froment, Bellechose, Miroillet, Bréa, et des anonymes.Dans son Introduction, M.Dimier remonte à l’enlumineur Jean Pucelle, à Mathieu de Viterbe (palais des papes à Avignon), à Pierre de Bruxelles (château de Conflans-Charenton), à Girard d’Orléans, à Jean Coste (château de Vaudreuil en Normandie), à Jean de Saint-Omer.Avec Charles VI nous rencontrons Jean de Bruges, Melchior Brouderlam, Jean d’Arbois, Jean de Beaumetz, Jean Malouel, Henri Bellechose, Jean d’Orléans, Colard de Laon.En Provence on trouve Miraillet, Iverny, Jacques Durand, Enguerrand Quarton, Nicolas Froment, principaux artistes.1.20, rue Armand Moisant, Paris, XVe. ACCUSÉS DE RÉCEPTION 901 Sous Charles VII brilla Jean Fouquet.A Dijon, en Bourgogne, c’est Adam Dumont et Pierre Spicre.Jean Hay, Copin Delf, Bourdichon, Jean Perréal retiennent un moment notre attention.Louis Bréa, peintre niçois, est le dernier des primitifs français._ Au bénéfice de nos lecteurs nous dirons que l’Encyclopédie Alpina illustrée a publié d’autres fascicules d’art : les fresques de Pompéi, les sculpteurs florentins du Quattrocento, Rembrandt aux eaux fortes, la cathédrale de Reims, Albrecht Dürer, la cathédrale de Rouen, la cathédrale d Amiens, la cathédrale de Strasbourg, Notre-Dame de Paris, Chartres, Images de Bruges, Images de Versailles, Images de Rome, la sculpture grecque, la sculpture romane, Dessins français, les calvaires bretons.Chaque album se vend 42 francs franco pour 1 étranger.C’est un prix vraiment modique pour la valeur donnée.* * * Un auteur canadien, la Révérende Sœur Paul-Emile, de Sœurs Grises de la Croix, d’Ottawa, a publié en 1939 aux Éditions Spes un livre qui lui a valu le doctorat ès lettres et un prix de l’Académie française, Le Renouveau marial dans la Littérature française depuis Châteaubriand jusqu a nos jours Paul Claudel et Francis Jammes ont écrit à l’auteur de belles lettres, reproduites en tête du livre ; ajoutons, aussi, une lettre de S.Exc.Mgr Guillaume Forbes, archevêque d’Ottawa.Voilà déjà un beau portail pour une œuvre.Oeuvre bien conduite, aussi.La glorification de la Vierge Marie y est le but d un pèlerinage à travers la prose française, avec Châteaubriand, Louis Veuillot, Edmond Joly, Cécile Jéglot ; à travers la poésie française du XIXe siècle, et on rencontre ici des représentants choisis parmi les romantiques, les parnassiens, les symbolistes, et celle du XXe siècle, avec Louis Mercier, Paul Claudel, Francis Jammes, Charles Péguy, Marie Noël.1.I n volume de 262 pages. 902 LE CANADA FRANÇAIS Les textes sont bien choisis et cadrent bien avec les considerations faites par l’auteur.Il y a plaisir, vraiment, à parcourir ces pages et il n’est pas étonnant que le livre ait déjà connu le succès ; il nous semble appelé à de plus grands succès encore.* * * Une des plus intéressantes figures de notre histoire française, c’est, sans contredit, celle de Jeanne LeBer.Or, Marie Beaupré a voulu en tracer le portrait dans un ouvrage intitulé Jeanne LeBer, -première recluse du Canada français (1662-1714) >.Louable intention et exécutée de façon à capter la faveur publique.L’auteur, croyons-nous, ne s’est pas proposé de composer ce qu on est convenu d’appeler une œuvre scienti-t fique, par l’étendue des recherches et par la rigueur des exposes.Cela n en donne que plus de charme à son livre.En de nombreux chapitres — il y en a vingt-un — on va de la naissance à la mort de l’héroïne, puis on assiste à sa glorification posthume.Comme le dit M.l’abbé Lionel Groulx dans la préface les documents historiques à consulter, sur Jeanne LeBer, ne sont pas abondants.L’auteur s’est entouré de précautions, comme on peut le voir par la liste des « principaux ouvrages consultés », qu’on trouve à la page 198, et où elle mentionne même l’article de M.Marius Barbeau, que nous avons publié dans Le Canada français de février 1939.{Jeanne LeBer, sainte artisane).Terminons par ces mots de M.l’abbé Groulx : « Made- moiselle Marie Beaupré a tenté la résurrection de la noble fille.Elle l’a fait sans prétendre à l’œuvre définitive.Elle a utilisé de son mieux les maigres documents que nous ont conservés les archives.Il semblera néanmoins à ceux qui liront le présent ouvrage que, mieux éclairé, le visage de Jeanne LeBer se rapproche de nous et s’anime de virile beauté.Puisse le charme que l’on prendra à cette résurrection animer les âmes pieuses à prier pour que l’illustre montréalaise atteigne un jour à la gloire qui pourrait être la sienne : celle des saints authentiques ».Arthur Maheux.1.Un volume de 200 pages, publié par les Éditions ACF, à Montréal, 1939.
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