L'union des Cantons de L'Est : journal politique, industriel, littéraire et agricole, 21 février 1867, jeudi 21 février 1867
1ère.Annee ARTHABASKAYlLIiE, JEUDI.11 21 FEVRIER 1867.No.h'mim fkw hk h'mim ïàiT hk mvxm< u:î :* %âmâ\ Wèm ANTOINE GAGNON, Editsur, ÎSTot:re Foi, 2Si otr*e Langue et L os Institutions.0, CANON et L.G.HOULE, Rédacteurs, EUSTAGHE ÉPISODE SES PREMIERS TEMPS DC CHRISTIANISME.CHAPITRE III.EUSTAOIIE EST RUINÉ FAR LA PESTE.•—SA FUITE EN ÉGYPTE (Suite.) Eustaclie et Théophyta étaient revenus habiter la campagne ; mais ils semblaient vivre d’une vie nouvelle et se sentaient régénérés.La terre leur paraissait pins belle ; car à présent tout ce qui s’offrait à leurs yeux, le soleil et les gouttes de la rosée, les fruits, les fleurs, tout était pour eux un bienfait du Père céleste.Ils se plaisaient à appeler Dieu leur père, et ils étaient comme l’exilé qui, après avoir erré longtemps sans patrie, l’a enfin retrouvée.Chaque jour on faisait en commun la lecture, et cette lecture ne manquait jamais d’être le texte de réflexions pieuses et de saintes exhortations.Rustache répétait souvent que celui qui n’a jamais ressenti les émotions douces de la piété, est comme le poisson que la vague a déposé sur le sable : “ car, disait-il, la connaissance et l’amour du Seigneur sont l’élément qui donne à l’homme sa véritable vie.” Le bonheur de cette famille ne devait pas être de longue durée.Eus-tache et Théophyta touchaient aux .n * v Tiennes tempo- relles commencèrent à les affliger; une contagion cruelle ravageait toute la contrée, et eut bientôt dépeuplé leurs riches étables.Los chevaux, les boeufs, les brebis succombaient par centaines, et ce fléau ne cessa de sévir que Lorsqu'il n’eut plus de victimes à frapper.Au milieu de ces fléaux, Eustaclie disait comme le saint homme Job : “ Le Seigneur me l’a donné, le Seigneur me l’a ôté, que son nom soit béni ; ” et sa vertueuse épouse se consolait facilement de ce dommage temporel ; le moindre péché eût été pour elle un bien plus grand malheur que la perte des plus riches troupeaux ou même celle de tous ses biens terrestres.De plus grands maux vinrent bientôt fondre sur eux ; la contagion gagna aussi les hommes, et en un seul jour la maison d’Eustache et les autres habitations de ses domaines comptèrent un grand nombre de malades.Aeacius et Antioch us entrèrent tout effrayés dans l’appartement de leurs maîtres : “ Fuyez, seigneur, s’écria Acacias, fuyez en toute hâte avec votre épouse et vos enfants, c’est la peste.—La peste ! dit Théophyta en pâlissant ; ô Dieu, prenez pitié de nous ! cher époux, que devons-nous faire ?faut-il fuir ?faut-il Xester ?—-•Si vous restez, dit Antiochus, vous êtes perdus, fuyez au moins pour vos fils.“ Mais Eustache leur répondit avec calme : “ Moi qui ai toujours regardé mes gens comme mes enfants, je les abandonnerais au moment de l’affliction ! Restons, Théophyta, ne laissons pas échapper une si belle occasion de faire le bien, souviens-toi de ces paroles du Sauveur : “ Aimez-vous les uns et les autres,, comme je vous ai aimés ; c’est cet amour mutuel qui doit distinguer mes disciples.” Abandonner ses frères à l’heure de la* mort, est-ce les aimer ?Non, chère épouse, n’obéissons point à des motifs humains, mais confions-nous, en la bonté de Dieu.Sa toute-puissance ne peut-elle pas nous protéger ici comme son bras pourrait nous frapper partout ?Nous resterons, dit-il en élevant la voix, et que la volonté de Dieu soit faite.” Plusieurs dès esclavos prirent la füi-te ; mais, ces pieux, époux restèrent au milieu des pestiférés avec Aeacius, Antiochus et tous les esclaves chrétiens, qui, loin de penser à fuir le fléau, promettaient à leurs maîtres de rester jusqu’à la mort.La contagion faisait chaque jour de nouveaux progrès ; les deux soldats eux-mêmes et le reste, des servi- teurs furent bientôt atteints par la peste.Le palais du général était devenu un vaste hôpital oii Eustache et son épouse soignaient seuls les pestiférés avec la plus affectueuse sollicitude.Eustache s’était chargé du soin des hommes, Théophyta, de celui des femmes ; et ces vertueux époux passaient toutes leurs journées, souvent même des nuits entières au milieu des mourants et de l’infection des cadavres ; car le nombre des morts était devenu trop considérable pour qu’il fût possible de les faire enterrer, même à prix d’argent.Cependant Eustache et sa famille ne ressentaient aucune atteinte du fléau, et le général répétait souvent ces paroles de l’Ecriture: “Celui qui repose à l’ombre de ma puissance ne doit redouter ni la flèche qui vole dans l’air, ni les fléaux des ténèbres de la nuit.Il en tombera mille à sa gauche et dix mille à sa droite, et aucun trait ne l’atteindra.” La peste cessa enfin ses horribles ravages, le plus grand nombre des malades avait succombé, et ceux qui survivaient restèrent longtemps faibles et chancelants comme l’enfant qui essaie ses premiers pas, portant sur leur visage l’empreinte blafarde de la mort.Eustache et Théophyta remercièrent bien vivement le Seigneur de leur avoir conservé la santé à eux et à leurs fils et d’avoir arraché au trépas Antioche, Acacias et quelques autres fidèles serviteurs.Ils espéraient de la bonté de Dieu des temps meilleurs ; mais les jours (A epieu vets n étaient pas écoulés.Dans leur ignorance, les païens de la contrée, au lieu de regarder la peste comme un juste châtiment de leurs erreurs et de se convertir, s’irritèrent de cette punition, et, se liguant entre eux, ils formèrent le projet de piller la demeure du général.Pour déguiser leur avaries sous l’apparence du zèle religieux, ces misérables blasphémaient contre Eustache, l’accusant d’être la cause de leur malheur.Ils disaient que les Dieux irrités de son apostasie leur avaient dans leur fureur envoyé cette épidémie cruelle pour se venger ; qu’il avait ainsi attiré sur eux tous ces maux en se faisant chrétien, et qu’ils devaient s’en venger sur lui.Ces scélérats savaient que les soldats du général étaient morts pour la plupart et qu’une grande partie de ses esclaves avaient pris la fuite : aussi ils convoitaient avec cupidité le riche butin qu’ils se promettaient du pillage du nouveau converti.Ces payons grossiers vinrent par grandes bandes fondre avec une brutale fureur sur la maison d’Eustache: l’or, l’argent, le mobilier, les vivres, tout fut mis au pillage, et ils poussèrent la barbarie j’usqu’à brûler le butin qui ne put tenir sur les chariots qu’ils avaient amenés avec eux.Ils se retirèrent ensuite en poussant des cris sauvages et en faisant entendre les plus atroces imprécations contre le vieux général, auquel ils n’avaient laissé que la vie.Pourtant il supporta cette nouvelle perte avec résignation.“ Qu’importe, se disait-il, ce ne sont que des biens passagers, et il y a plus de mérite à en supporter la privation qu’à les posséder.Heureux l’homme qui aspire à des biens qu’on ne peut lui ravir ! ” Cependant la position des infortunés époux devenait de jour en jour plus critique.Le temps d’ensemencer les terres arriva, mais tout leur manquait ; ils n’avaient ni chevaux, ni charrues, ni laboureurs, ni semences.Dans cette extrémité, Eustache résolut d’implorer le secours de ses riches voisins dont les domaines n’avaient pas été aussi cruellement maltraités par la peste et qui n’avaient point été pillés.Ces nobles et riches Romains avaient été ses amis ; ils étaient venus souvent s’asseoir à sa table et se livrer avec lui au plaisir de la chasse ; mais ils avaient rompu toute liaison avec lui depuis qu’il s’était fait chrétien.Eustache fut d’autant plus sensible à cet abandon, qu'il, aurait voulu leur faire partager son bonheur ; néanmoins il savait se passer de leur société et employer son temps d’une manière plus utile.Cependant, comme il avait rendu d’importants services à plusieurs d’entre eux pendant sa prospérité, il ne douta pas un instant qu’ils ne l’assistassent volontiers dans cette rigoureuse extrémi-té, jusqu’à ce qu’il fut en état de leur restituer tout ce qu’ils lui auraient prêté.Le premier auquel il s’adressa, an lieu de prendre pour règle de conduite ces paroles de Jésus-Christ : “ Il vaut mieux donner que recevoir, ” suivit au contraire la maxime païenne : “ Mieux vaut prendre que donner.” H s’excusa de ne pouvoir en rien l’obliger, assurant avec les plus grands serments qu’il était au désespoir de ne pouvoir lui rendre service.(Jn autre, depuis longtemps son ennemi personnel et qui était jaloux de sa gloire militairo, mais qui, par respect humain, couvrait sa haine et son envie de basses flatteries, le reçut avec le plus outrageant mépris, et fui montra la porte en l’insultant et le rail lain.Un troisième, d’an naturel plus franc et plus humain, lui conseilla de quitter tout à fait le pays, et le prévînt qu’ il savait de bonne source que ses ennemis faisaient les plus grands efforts pour le faire condamner à mort avec sa femme comme chrétien.Il ne restait plus au malheureux Eustache qu’à implorer l’assistance et la protection de Vovnpei’eiu-.il avait à Rome un ami sûr, un compagnon d’armes qui avait un grand crédit à la cour ; il se hâta donc de lui écrire, le priant d’intervenir en sa faveur auprès du souverain.L’empereur qui était païen, répondit : ‘‘‘ J’ai toujours estimé beaucoup le général Placide ; mais le chrétien Eustaclie, comme on l’appelle maintenait, m’est tout à fait étranger.Je regrette qu’un Romain si distingué ait embrassé une telle religion, lorsque les lois prononcent la peine de mort contre ses sectateurs.Lui donner aide et protection dans cette fâcheuse position, qu’il ne doit attribuer qu’à lui seul, ce serait récompenser la désobéissance.Je ne puis autoriser par ma protection la violation de la loi.Cependant c’est un général de mérite qui a rendu des services à l’empire ; aussi serait-ce avec peine que je verrais la loi s’exécuter contre lui ; qu’il ne néglige donc paâ de quitter l’Italie au plus tôt et de choisir en quelque endroit éloigné de la frontière une retraite ignorée.Mais s’il voulait, ce que je souhaite de grand cceur, renoncer à sa nouvelle religion, qu’il soit assuré de trouver en moi un protecteur généreux et bienveillant.” Après avoir lu cette réponse, Eustache dit avec calme à Théophyta ; “ Nous ne pouvons plus demeurer en ce pays, fuyons en Egypte : c’est là que nous trouverons, je l’espère, un lieu ou nous pourrons consacrer au service du Seigneur notre repos et notre liberté ! aujourd’hui même nous partirons avec nos enfants, mais seulement à l’entrée de la nuit, pour il’être pas exposés aux mauvais traitements et aux insultes des païens.—Je vous suivrai,-répondit Théophyta, les larmes aux yeux.Que la volonté de Dieu soit accomplie : pourtant combien il m’est pénible de quitter si malheuretiSëment ce beau pays qui m’a vue naître, où nies yeux se sont ouverts pour la première fois aux rayons du soleil, où se sont écoulés si rapidement les jours heureux de mon enfance et de ma jeunesse.C’est une nouvelle tribulation que le Seigneur nous envoie pour nous faire expier nos années d’erreur : que son ange gardien nous accompagne ! ” Les deux fidèles soldats, Aeacius et Antiochus, apprirent cette détermination subite avec une vive et profonde douleur.“ O ciel ! s’écria Aeacius, vous voulez partir pour un pays étranger, seuls, et sans serviteurs.Nous sommes trop faibles pour supporter la marche, attendez au moins jusqu’à notre rétablisse- ment ! alors nous irons avec vous, nous vous suivrons, fût-ce même au bout du monde.” Antiochus joignit aussi ses prières à celles de sou ami.Eustache répondit avec émotion qu’ils ne pouvaient l’accompagner, mais qu’il était sensible à ces marques de dévouement.“ L’empereur, leur dit-il, m’a donné congé, et je suis libre maintenant, tandis que vous, vous êtes lié par le serment militaire et vous devez être prêts à rejoindre vos aigles au premier appel.” Il les congédia ensuite en leur souhaitant la paix du Seigneur.Ces deux serviteurs allèrent apprendre cette triste nouvelle aux esclaves du général ; elle se répandit bien vite de maison en maison, et tout ce qu’il y avait d’hommes, de femmes et d’enfants dans ses vastes domaines accourut bientôt en foule pour voir encore une fois leur bon seigneur.La plupart affaiblis et abattus par la maladie pleuraient et sanglotaient.Eustache les consolait tous avec bonté : “ Demeurez fermes et inébranlables dans la religion ; ayez toujours la foi, l’espérance et la charité, leur disait-il, et nous nous retrouverons un jour, sinon ici-bas, assurément là-haut dans le ciel.” Dès que la lune eut paru et qu’elle commença à éclairer de sa lumière pâle les champs dévastés, le général dit à Théophyta : “ Mettons-nous en route avec la protection du Ciel.” Tons lus assistants poussèrent en même temps des cris de douleur, et les malheureux exilés serraient la main de chacun de ses braves gens ; les deux jeunes fils du général, à Vexemple de leurs parents, donnèrent aussi à chacun ce témoignage d’amitié.Les voyageurs furent accompagnés par ce touchant cortège jusqu’à la grille de fer ; le général, par un geste plein d’émotion et de douleur, leur fit signe de ne pas venir plus loin.Ils obéirent et restèrent longtemps silencieux à regarder en pleurant leur bon maître et sa famille s’éloigner.C’était un bien touchant tableau que l’émigration de cette noble famille ! Leurs vêtements attestaient leur rang et leur prospérité passée, et contrastaient avec les lourds paquets de voyage dont ils étaient accablés comme de pauvres fugitifs.Eustaclie avait ceint sa brillante épée de général et tenait à la main sa lance de guerre en guise de bâton de voyage ; il portait sur son dos un gros paquet d’habits de toute espèce qu’ils avaient sauvés du pillage, et qui devaient leur être très-utiles dans ce voyage de long cours.Théophyta, vêtue comme les nobles daines romaines, portait avec peine à son bras un grand panier rempli de provisions de bouche ; car elle craignait avee raison que les habitants des pays qu’ils allaient traverser, mal disposés en faveur des chrétiens, ne leur refusassent même le morceau de pain dû à la misère.Eustache marchait tranquillement ; il était calme et donnait le bras à sa femme, qui pleurait en repassant dans son esprit tons les maux dont ils avaient été frappés si subitement.Les deux enfants cheminaient gaiement, tantôt courant en avant, tantôt marchant plus doucement ; et s’appuyant non sans vanité sur leurs petits bâtons, il se racontaient avec nu sourire enfantin les injages riantes qu’ils concevaient de leur voyage.(A continuel-.) - —» Les Veillées Canadiennes.(Suite.) Antoine.-—Me vous crois, et je garderai bon souvenir de votre calcul et plus encore de votre méthode de renfermer vos animaux complète ment pendant Driver, parce que je commence à en comprendre toute l’importance.Blaise.—Tout le temps qui n’était pas employé aux soins des étables, je le passai à divers ouvrages d’ordre, à voiturer du bois pour îês clôtures et pour le chauffage de ma maison, et principalement à battre mon grain.Antoine.—Touchant le battage de vos grains, il me semble qu’au lieu de vous fatiguer, tous-les hivers, à manœuvrer le fléau avee votre fils et votre engagé, vous feriez mieux de faire ! faire pet ouvrage par un da ces nombreux .moulins qui exploitent les récoltes dans les fermes, ce serait pour vous bien moins de trouble et à’enn'ui.BLAISE.—Il faut absolument?vous corriger, si vous voulez réussir, de cette’ tendance continuelle que vous avez à vous soustraire à tout ce qui vous paraît pénible.Je vous Lui déjà dit et vous le répéterai encore : sans peine point de profit.Et puis, que faire pendant un hiver de six mois, si Ton n’a pas le soir, dé ménager quelques travaux pour cette saison ?Le soin des animaux n’exige pas plus de deux heures le matin, et autant le soir, à quoi employer le reste de la journée ?Pour moi, j'ai trouvé convenable d’utiliser ce temps à battre su fléau mes récoltes ; et ce travail a le double avantage de me distaire et d'économiser à ma bourse les huit sous par minot, que je serais forcé de donner au maître d’nn moulin à battre, si je voulais m'épargner du trouble.ANTOINE.—Vous avez raison ; mais au lieu de battre au fléau vous pourriez conduire, comme nous, du bois de la forêt à la ville.BLAISE.—Les bénéfices que je retire en exécutant moi-même mes travaux de ferme, compensent bien au-delà ceux que je pourrais réaliser par cette industrie étrangère, et j’ai en .outre le plaisir de rester chez moi, à l'abri du froid, et de ménager mes chevaux que les charrois ruinent en peu de temps, au point de les rendre incapables de faire les rudes travaux du printemps.PRINTEMPS DE LA PREMIÈRE ANNÉE DE CULTURE, 1843.( Voyez le tableau de la première année?) rlaise.—Les 108 voitures de fumier que j’avais faites durant la mauvaise saison ayajent été comduites aux champs, ainsi que je vous l’a} déjà observé,- et avaient été reparties entre lû premier champ de première sole, qni en reçut 68 voitures,- et le deuxième champ qui en reçut 40.Sur le champ n°.1, qui avait reçu les G8 voitures, je plantai 3i4 d’arpent en patates, et deux arpents en betteraves ; ©t je semai en fève-roles le champ n°.2, en entier; parce qu'il était de terre forte.Pour que mon travail eût été complet, il eut fallu fumer le 3°.champ de ma première sole, mais les engrais me manquaient.Je fus forcé de cultiver oe champ,- pour cotte année là, en jachère morte.Vous verrez plus tard que cette partie do-ma sole se trouva à l’automne suivant tout aussi bien fumée quo les autres, quoique je ri'eusse plus de fumier en réserve.Antoine.—Ce que vous venez de me dire, relativement à la culture de votre première sole, a fait naître en moi le besoin de vous poser trois questions, dont la solution m’intéresse au plus haut dégré.Première question.Vous yenez de me dire que vous aviez semé desféveroles sur votre champ n°.2, parce qu’il était en terre forte qu’est-oe qu'une terre forte ?Pourquoi semer des févero-les en terre forte, plutôt q.u’ailleurs ?Deuxième question.Lors même que.,, BLAISE.—Doucement ; permettez que je réponde à çelle-ei avant de passer à une seoonde.Avant de travailler un eham’p,- il est utile d’observer la nature du sol de ce champ, parce que le même traitement ne convient pas ù toutes les terres, toutes les terres ne sont pas propres à porter les mêmes récoltas.Il y a plusieurs sortes de terre, mais je n’ai jamais distingué que des terres fortes et des terres légères.Pour moi, les terres fortos sont celles dans lesquelles ou trouve beaucoup plus de glaise que de sable, et les terres légères sont celles dans lesquelles on trouve beaucoup plus de sable que de glai.se.Toutes les autres sortes de terra m’ont paru se rapprocher de l’une ou l’autre de ces deux principales,, et j’ai cru ne deyoir tenir aucun compte des légères différences qui existent entre elles.Pour répondre à la seconde partie de votre question, je vous dirai que j’ai semé des févero-les en terre forte, parce que l'expérience m’a appris que cette plante végète très bien dans cette espèce de-terre, tandis que les patates s'accommodent mieux d’une terre légère, Plus tard je reviendrai sur ce sujet, llappelez-vous que nous nous occupons, en ce moment, d’administration et d’organisation, les détails de culture sont doue déplacés dans cette conférence.Antoine.—Eli bien ! passons à la deuxième question.Vous m'avez dit que, pour que votre travail eût été complet, ii aurait fallu fumer et planter votre troisième champ ; je comprends très bien cela.Mais puisque le défaut de fumer était cause de cette lacune, pourquoi n’en achetiez-vous pas ?Blaise.—-Je trouvais bien à acheter du fumier dans le voisinage, mais plusieurs raisons m’en empêchèrent : la première et la meilleure de toutes, c’est que je n’avais pas d’argODt.Los habitants, mes voisins, m’auraient peut-être bien vendu leurs engrais à crédit, mais je pansai qu'il était prudent de ne pas commencer mas opérations par contracter des dettes, et que Je devais tirer de lu terre les ressources nécessaires à son amélioration.D’autre part, je craignais de fatiguer, par des charrois faits sur des chemins mauvais, les deux seuls chevaux que je possédais, et dont la perte m’eût jeté dans un grand embarras ; en outre, je ne pouvais exécuter ces charrois en temps convenable ; enfin, comme je vous l'ai déjà observé, j'avais remarqué que les fumiers tels qu’ils se font sur presque toutes les terres des habitants, ayant passé toute une année, et souvent plus, répandus dans une cour, exposés à la pluie et au soleil, avaient perdu la majeure partie de la substance animale qui en fait toute la valeur, et que nous appelons en langage ordinaire, la force du fumier.C’en était assez pour me déterminer à prendre le parti de me suffire avec mes propres engrais.Maintenant quelle est la troisième question ou observation que vous aviez à me faire'' ANTOINE.—Lors même que voua n’aat;^: mis aucun engrais spr le troisième champ dont vous me parlez, esi.qe qu’il n'eût pas été tout aussi bien préparé et amélioré que les deux sr très, par le fait seul des labours d'été ?BLAISE.— Non certainement.ANïoiNÂL'Gepenâant il est adpis pari un très grand nombre do cultivateurs du pay qu'une récolté de blé, par exemple, semée s'" une terre qui est restée en japfière morte quia été labouréeS pu 4 fois pendant Tét mais qui n’a pas été filmée, est tpujours pis belle que celle venue après une récolte de pat tes ou de betteraves, qqi aurait été bien travài lée et fumée.blaîse.—-Cette erreur vient de ce que 1 , agriculteurs dont vous me parlez ignorent « grand principe.La terrene rend qu'àpropoi tion tie ce qu’onhti donne ; et de ce qu'ils n connaissent pas la quantité d’engrais nécess»-res a la nutrition et à la maturité de chaqv.a plante.Los plantes ont besoin d'une certaine quas tité d’engrais ou de nourriture pour atteindr tout leur développement, et arriver à maturité et pour chaque plante, cette quantité varil Maintenant, supposons que pour deux arpenti et demi de patates ou betteraves, il faille 45 voitures de bon fumier, et que vous n’en met tioz que 20, vos 20 voitures seront d’abord absorbées, et ensuite les patates ou betteraves demanderont à la terre tout le surcroît de nourriture qu’elle pourra leur fournir.La terre toujours généreuse s’épuisera en efforts, donnera à, ces plantes tout le peu d’humus qu’elle aura':' reçu antérieurement à votre fumure, et si peu qu’elle donne, oe sera toujours assez pour qu’elle se trouve ensuite dans un état de fertilité inférieur à celui du champ qui n’aura rien eu à produire, et qui, par de nombreux laboqrs, aura vu toute sa surface arable soumise aux bienfaisantes influences du soleil et de {’atmosphère Mais si au champ destiné à produire des patates ou dos betteraves, et auquel 48 voitures de fumier sont nécessaires pour satisfaire aux exigences de la récolte, vous donnez, comme je l'ai fait, 68 voitures, non seulement ce champ ne perdra rien de sa fertilité première, mais enoore il s’enriehira de 20 voitures de fumier, qui profiteront au blé qui succédera aux patates et betteraves ; tandis que le blé qui daus le champ laissé eu jachère morte trouvera, il est vrai, une terre meuble et propre, mais non assez riche pour soutenir sa végétation et il sera bien loin de valoir le blé semé après la jachère sarclée.Et quand même, en dépit de tous les principes le fait invraisemblable que vous m’avez énoncé serait vrai, il s’agirait de savoir, si la différence qui existerait en faveur du blé semé sur j’achère morte serait assez considérable pour dépasser la valeur de la récolte de patates ou de betteraves : oe dont je doute fort.Antoine.—Ce que vous me dites là est très clair et facile à comprendre.blaîse.—Il vous sera facile de comprendre aussi, pourquoi je donnai 68 voitures de fumier .au champ de pattates et de betteraves, et 40‘ seulement à celui des fèves, quoiqu'ils fussent de même étendue.Antoine.—Assurément, c'est parce que les fèves exigent moins d’engrais que les patates et les betteraves.blaîse.— Il n'y a pas d’autre raison.J'a- ' vais calculé que sur deux arpents et demi on pouvait avoir une bonne récolte de patates et de betteraves avec 48 voitures de fumier, et j’en ai mis 68, afin d’avoir 20 voitures de reste pour le blé que je mettrais ensuite.Tandis que pour deux arpents et demi de fèves, je savais que 20 voitures suffiraient ; et si j’en ai mis 40, c’est pour que la même quantité d'engrais restât sur les deux champs.Je poursuis maintenant mon récit.Je semai, sur deux champs de ma deuxième sole, des pois destinés à porter graine, et sur le _ troisième champ de la même sole, de l'avoine ; le tout sans engrais.Il me faisait peine, il est vrai, de chercher encore à tirer une récolte de cette pauvre terre, sans ne rien lui donner ; mais il était indispensable pour la mise en application et le succès de mon système,’que ' je concentrasse tous mes engrais sur ma première sole ; et de plus, il me fallait de la paille pour T année suivante.Je labourai au printemps mon verger, que la gelée m’avait empêché de retourner avant l’hiver, et j’y seinai,^aussitôt que les derniers froids le permirent, d’abord sur un arpent, des pois et du seigle de printemps mêlés ; puis quinze jours plus tard, un autre arpent des mêmes graines ; puis quinze jours après le dernier semis, les deux autres arpents furent couverts cj’un mélange de blé-d'Indo et de sarrasin semé à" la volée.(.4 continuer.) ~%7~ l'académie silencieuse ou lés emblèmes.—Il y avait à Amadan une célèbre académie, dont le premier statut était conçu en ces termes : Les académiciens penseront beaucoup, écriront peu, et ne parleront que le moins qu’il sera possible.On l’appelait T Académie silencieuse, et il n’était point en Perse de vrai savant qui n’eût l'ambition d’y être admis.Le docteur Zeb, auteur d'un petit livre excellent, intitulé le Bâillon, apprit, au fond de sa province, qu'il vaquait une place à l'Académie silencieuse.Il part aussitôt ; il arrive à Amadan, et se présentant à la porte de la salle où les académiciens sont assemblés, il prie l’huissier de remettre au président ce billet : Le docteur Zeb demande humblement la place vacante.L’huissier s’acquitta sur-le-champ de la commission ; mais le docteur et sou billet arrivaient trop tard, la place était déjà remplie.L’académie fut désolée do ce contre-temps ; elle reçut, un peu malgré elle, uu bel esprit de la cour dont l'éloquence vive et légère faisait l’admiration de toutes les ruelles, et elle se voyait réduite à refuser le docteur Zeh, le fléau des bavards, une tête si bien faite, si L’UNION DES CANTONS DE L’EST.agg*fcoara-aagrif>.bien meublée ! Le-président, chargé d’annoncer au docteur cette nouvelle désagréable, ne pouvait presque s’y résoudre, et ne savait comment s'y prendre.Après avoir un peu rêvé, il fit remplir d’eau une grande coupe, mais si bien remplir, qu'une goutte de plus eût fait déborder la liqueur ; puis il fit signe qu’on introduisit le candidat.Il pamt avec cet air simple et modeste, qui annonce presque toujours le vrai mérite.Le président se leva, et, sans proférer une seule parole, il lui montra; d'un air affligé la coupe emblématique, cette coupe si exactement pleine.Le docteur comprit du reste qu’il n’y avait plus de place à l’académie ; mais sans perdre courage, il songeait à faire comprendre qu’un acoadémieien surnuméraire n’y dérangerait rien.Il voit à ses pieds une feuille de rose, il la ramasse, il la pose .délicatement sur la surface de l’eau, et fait si bien qu’il n’en échappe pas une seule goutte.A cette réponse ingénieuse, tout le monde battit des mains, on laissa dormir les règles pour ce jour là, et le docteur Zeb fut reçu par acclamation.On lui présenta sur-le-champ le registre de l’académie, où les récipiendaires devaient s’inscrire eux-mêmes.Il s'y inscrivit donc : et il ne lui restait plus qu’à prononcer, selon l’usage, une phrase de remareiment.Mais en académicien vraiment silencieux, le docteur Zeb remercia sans dire mot.Il écrivit en marge le nombre 100, c’était celui de ses nouveaux confrères ; puis en mettant un zéro devant le chiffre, ii écrivit au dessous Ils n’en vaudront ni moins nipins(0100').Le président répondit au modeste docteur avec autant de politesse que de présence d’esprit.Il mit le chiffre un devant le nombre 100, et ii écrivit : Ils en vaudront dix fois davantage^ 1100).—Frédéric roi de Prusse prenait beaucoup de tabac ; pour s’éviter la peine de fouiller dans sa poche il avait fait placer sur chaque cheminée de son appartement une tabatière où il puisait au besoin.Un jour il voit, de son cabinet, un de ses pages qui ne se croyant pas vu, et curieux de goûter du tabac royal, mettait sans façon les doigts dans la boite ouverte sur la cheminée de la pièce voisine.Le roi ne dit rien d’abord ; mais au bout d’une heure il appelle le page, se fait apporter la tabatière, et après avoir invité l’indiscret à y prendre une prise : “ Comment trouvez-vous ce tabac ?— Excellent, Sire.—Et cette tabatière ?—Superbe, Sire.—Hé bien ! Monsieur, prenez-là, car je la crois trop petite pour nous deux.%* —Le Défricheur qui s’est toujours occupé d’agriculture et d’horticulture, voudrait-il bien nous dire quels moyens il a pris pour faire pousser dos plumes et des feuilles à un Laurier, et do plus de faire tomber les feuilles une fois par semaine à un jour indiqué, toutes en conservant les plumes.Cest un secret qu’il serait important de livrer au public ?UN HORTICULTEUR.Ÿ * * —Un amide Y Union répond comme suit au calembourg de M.Leclerc qui dernièrement a pataugé dans le eaux bourbeuses du styx : Pourquoi la barque de Leclerc s'est-elle échouée sur les rochers de St.Paul ?Parce qu’elle a navigué sur la mer houleuse des finances, sans avoir CARON pour nocher : Parcequelle était conduite par un le clerc qui n’est encore qu’un CLERC, qui lie sera jamais qu'un CLERC et qui n’a jamais vu CLAIR.HONNI SOIT QUI MAL Y PENSE.CANADA, AltTIIABASKAYILLE, 21 FÉV.1867.est là pour attester cette grande vérité que les révolutionnaires de tous les pays, ne devraient jamais perdre de vue, dans leur intérêt particulier p: et dans l’intérêt général des nations.Le grand O’Connell, la plus grande gloire -1- ”vY-1 —'' nient pénétré de cette et il ne cessait d< toutes ses “ Celui qui recourt à la irvcs de terres n’avaient j Frai uo rcura h uivaicui; i jLiuiiçois 1er.dont le été laites, sous Georges III, que pour I nous demande le texte le soutien et 1 entretien du clergé ! d’instance.A lu voir et protestant, il est très facile d’expli-1 dre on croirait, qu’avec qaer ces paroles : “ Et attendu qu’il j taift traité, il va puuv ficheur i M.Dessaulles tant i Hyacinthe à d ciuth: et ses zélés ^ at desirable de faire disparaître de l’Irlande, était profondé-i “ toute apparence d’union entre TE-' ' ' ’ ‘ ' ' ' “ gliseet l’Etat,” c’est-à-dire entre l’Eglise d’Angletc non entre l’Eglise grande vérité, répéter dans populaires : force, disait-il, n est pas digne de la liberté.Celui qui viole les lois, trahit sa patrie ; celui qui vous, engage à résister., vous expose à périr ; celui qui vous prêche F insurrection, ourdit contre’ vous une trahison.Fuyez le, arrêtez-iè, livrez-le à l’autorité pour qu’elle en fasse justice.” “ D’autres fois il s’écriait : Irlandais, aimez-vous votre patrie ?Oui ! Oui ! Eh bien ! point de désordres, point de troubles, point de sociétés secrètes, point de trames, point de complots contre l’autorité établie.Les démagogues d’un pays voisin, s’avisèrent un jour de lui envoyer une députation pour lui offrir leur concours dans la cause qu’il avait entreprise.Il leur lit répondre : “ Ne vous mettez point en peine, artisans de révolutions, vous n’avez rien de commun avec nous qui voulons l’ordre "et la légalité ; destructeurs de trônes, vous ne pouvez être les bienfaiteurs du peuple ; ennemis de la religion, vous ne pouvez être les bons auxiliaires de la liberté.” rre et l’Etat, et Romaine comme tou tes ses voyez-vous tant il a pr nous ne lui qonneroii demande.Nos lecteurs I, cü i t J avec à l’enten-cut impur-)ir eftaçer 's.IL est espiègle , rM-hct.tr, mais pour-juste en disant que pas ce qu’il nous eoui- frichcur.Or, l’on sait qu’en Angleterre l’Eglise et l’Etat ne sont no u itax, I mais un Eglise ci .}Jet L la création cU tat, union conséquemment qui est —>*£¦ Insurrection des Féniens en Irlande.Les dernières nouvelles que nous avons reçues de Londres par la voie du télégraphe intercolonial nous apprennent qu’il existe actuellement en Irlande, un mouvement insurrectionnel d’une nature assez grave.Les bandes féniennes ont dernièrement pris les armes et sont maintenant en révolution ouverte contre le gouvernement de la Grande Bretagne.Il paraît que Stephen lui-même, est à la tête des rébelles, sous :1e nom du colonel O’Conner, et que sa mise en accusation à New-York, n’était qu’une ruse de guerre inventée dans le but de tromper la police anglaise, et de faciliter son débarquement en Irlande.L’émeute et le pillage sont partout à l’ordre du jour, et les insurgés ont déjà saccagé plusieurs établissements considérables.Cependant on espère pouvoir restreindre les troubles dans les limites des comtés de Kerry et de Cork.Le comté de Kerry est en état de siège et des troupes anglaises, sous le commandement du Colonel Horseford, ont été envoyés à la jonction de Mallow, dans le comté de Cork, par le gouvernement impérial.Il est certain que ces brigands n’auront pas plus de succès en Irlande qu’ils n’en ont eu en Canada, l’année dernière : les forces disciplinées et aguerries do l’Angleterre les auront bientôt écrasés, et les chefs paieront probablement de leur tête leur lutte insensée contre une puissance qui leur est mille fois supérieure.Si l’Irlande à des droits à reclamer de F Angleterre, il n’est qu’un seul moyen de les obtenir, et ce moyen c’est la force de la légalité-et de la justice.La force brutale des révolutions n’a jamais porté chance, et toutes les fois qu’on y a eu recours, pour quelque cause que ce soit, elle n’a jamais enfanté que des désastres et des ruines.L’histoire de tous les temps et de tous les lieux, Le 11 Défricheur ” et les Statuts 17 et 18 Victoria, Chap.IL SÉPARATION DE L'ÉGLISE ET DE L’ÉTAT.Mais voici bien autre chose maintenant, le Défricheur nous accuse d’avoir été les auteurs de la séparation de l’Eglise et de l’Etat qu’il affiche de sang froid dans ses colonnes.“ Ouvrez nous dit-il les statuts 17 et “ 18 Victoria Chap.II, et lisez votre “ propre condamnation écrite de la “ main même de vos amis les conser-“ valeurs, ces traîtres, ces voleurs, “ ces brigands qui méritent d’être “ lapidés.” Vous nous pémiettrez sans doute, M.le Défricheur, ayant de nous courber devant votre infaillibilité doctrinale que nous n’admettons pas pour le cas présent, de faire à nos lecteurs les quelques réflexions qui vont suivre.Expressions favorites du Défricheur.“ Et attendu u quiil est désirable de faire dispa-“ raxtfe toute apparence d’union entre “ VEglise et l’Etat,” Voyez comme c’est clair et concluant.Si le Défricheur eut continué la citation de l’acte précité qu’il a jetée ! connue un épouvantail au milieu du i peuple, l’on aurait lu dans ses colonnes ce qui suit : “ Et de disposer dé-“ fmitivement de toutes matières, “ réclamations et intérêts provenant “ des réserves du clergé, par une dis-“ tribution aussi prompte que possi- “ ble des revenus des dites réserves.Mais non, ce complément de sa phrasé ne faisait pas son affaire.Il eut jeté de la lumière sur la question et M.le rédacteur du Défricheur a une affection prononcée pour les ténèbres, et pour tout ce qui peut embrouiller les choses.En réunissant- à la citation tronquée du Défricheur les mots du statut que nous venons de citer, il est clair que ce journal véridique veut nous référer à l’acte des Statuts 17 et 18 Victoria, intitulé “ Acte pour faire “ de meilleures dispositions pour l’ap-“ propriation des deniers provenant “ des terres jusqu’ici connues sous le “ nom de Réserves du Clergé, en les “ rendant disponibles pour des objets “ municipaux.” Or en lisant le préambule de cet acte, on voit clairement expliqué ce qu’il faut entendre par ces mots ; “ Réserves du Clergé” .telles assignations et appropriations de terres, aucun des salaires ou allocations qui auraient déjà été assignés et donnés au clergé des Eglises d’Angleterre et d’Ecosse.pour le soutien et l’entretien d’un clergé protestant.les- quelles terres sont connues dans la province sous le nom de Réserves du Clergé.Il est donc clair qu’il ne s’agit ici que de l’Eglise d’Angleterre et d’Ecosse, et du clergé protestant on général pour ce qui regarde ces terres.Il est bien vrai que le gouvernement impérial accordait une allocation annuelle à l’Eglise Catholique Romaine pour les missions sauvages, et que lors de la passation de l’acte des réserves du cierge en 1854, il fut statué, que cette allocation serait payable à même les fonds provenant de ces réserves ; mais cette référence incidente ne change nullement les dispositions générales de l’acte dont nous venons de parler.toute au detriment de l’Eglise puisqu’elle ne lui laisse aucune liberté.L’Etat parle et i’Eglise obéit, témoin la fameuse sentence de l’Etat dans l’affaire de l’Evêque Colenso, dans laquelle l’Eglise, dans la personne de ses archevêques et évêques, vit ses décisions et ses jugements renversés par l’Etat qui, eu matières religieuses aussi bien qu’en matières civiles, est le plus haut tribunal du Royaume-Uni.Là l’Etat subventionne l’Eglise, et il se réserve en retour, de juger en dernier ressort des causes religieuses.On comprend les conséquences d’une semblable union, ou piutôhd’un tel asservissement-.Ceux donc qui travaillent à faire disparaître toute cette union, travaillent à rendre plus libre l’Eglise qui se voyait obligée d’en subir les tristes conséquences.On comprend que c’cst au point de vue de la constitution anglaise que nos législateurs ont dit.“ Et atten-“ du qu’il est désirable de faire dis-“ paraître toute apparence d’union “ entre F Eglise et l’Etat.” C’est cette union qui asservit, qui ôte toute liberté d’action, qu’il sagit ici de faire disparaître.Si le parti conservateur qui n’a pas eu jusqu’ici pour habitude d’étouffer la voix de l’Eglise et de se moquer de sës'ju-gements, si le parti conservateur auquel le Défricheur reproche d’avoir introduit une législation qui avait pour but de faire discontinuer une -forte allocation qui, dans un pays dont les habitants sont pour près des cinq sixième catholiques au moins dans le Bas-Canada,• devait être odieuse puisqu’elle n’était destinée qu’au soutien et à l’entretien d’un cierge protestant, si le parti conservateur avait refusé de donner son appui à une mesure qui au point de vue de la constitution anglaise, mettait toutes les églises sur un même pied, on comprend alors qu’il n’aurait pas agi avec la prudence, la j ustice et la libéralité dont-il a toujours fait preuve.Malgré cela le Défricheur trouve moyen d’accuser le parti conservateur de ce qu’il a fait cesser une union qui payait des milliers de piastres au clergé protestant dans un pays où presque toute la population est catholique Tant que le chef de F état en An gleterre sera le chef de l’Eglise, il est facile de prédire de quelle somme de liberté jouira cette église.Ce n’est pas cette union que reclame et qu’enseigne l’Eglise catholique.Ce n’est pas une union qui la rende créature et esclave de l’Etat, mais une union qui lui permette d’aider et de dériger l’Etat dans le bien, de travailler de concert avec lui au bonheur du peuple que tout gouvernement ne doit jamais perdre de vue dans les actes de sa législation.C’est cette union dont parle l’illustre et glorieux pontife qui règne aujourd’hui sur le siège de St.ierru quand il condamne l’erreur prendront facilement quand leur dirons que le document en question est de plus de FI pn"es grand in octavo :rnprii!a- ¦ -.
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