La Caisse populaire Desjardins : organe officiel de la Fédération de Québec des Unions régionales des Caisses populaires Desjardins, 1 août 1940, Août - Septembre
^eÂjaAÀLHA Vol.vi.No.7 Août-Septembre 1940 ICHM41CE Deuxième congrès de la coopération C.Vaillancourt.98 Boîte aux Lettres — Consultations: Garantie conformément à la loi du nantissement agricole Loi du Nantissement Agricole L ’Aviseur Légal.99 -100 Fonctions économiques et sociales des Coopératives dans le milieu rural I Jos.Turmel.100 La Coopération à l’Ecole Primaire Frère Léon Alphonse Mariste.101 -102 Lettre ouverte à monsieur le gérant de la caisse populaire de St-X.103 Les “Trop” de Panard .103 Gaspillards IV Paul Bréval.104 L’Epargne scolaire et ses aboutissants II Louis Arneau.101 Conseils judicieux M.le Chanoine Rochette.106 La Caisse Populaire de St-Denis sur Richelieu P.Desmarchais, Ptre.107 -108 Recommandations du mois .109 Paroles à méditer Paul Bréval.110 Acceptation des chèques .110 La Charte de nos Caisses Populaires (fin) A.Desjardins.111 Tableaux : Variations de Capital Social des Caisses Populaires 1900-1938 Opérations d’Epargne des Caisses Populaires 1900-1938 Opérations de Prêts des Caisses Populaires 1900-1938.112 LA CAISSE POPULAIRE DESJARDINS Organe officiel de la Fédération de Québec des Unions Régionales des Caisses Populaires Desjardins Société régie par la loi des Syndicats Coopératifs de Québec Revue à paraître 10 fois en 1940 —- (Abonnement: $1.00 par an) (par groupe de douze abonnements: 9.00 par an) " " quatre " 3.50 par an) Rédaction et Administration: Bureau de la Fédération, Chambre 912, Edifice Price, Québec.Cette revue est imprimée par L'Imprimerie Laflamme, 34 rue Garneau, Québec, P.Q.£dUtosUcU ^bemUème Gotuyi&i de la Gao-pésiatcan Les 6, 7 et 8 septembre se tenait dans la ville de Québec le deuxième Congrès des Coopérateurs du Québec.Le thème du Congrès était "coordination des forces coopératives dans le Québec".Le temps est venu où nous sentons plus que jamais la nécessité de coordonner tous nos efforts pour faire de la vraie et saine coopération.Afin d'atteindre ce but, il était nécessaire que les dirigeants des diverses organisations coopératives se réunissent, viennent expliquer leur manière de voir ou mieux, leur manière de procéder, puis, à la lumière de tous ces faits, coordonner un plan d'ensemble.Cette coordination est de plus en plus nécessaire pour éviter certaines erreurs de néophytes trop enthousiastes.Plus on est jeune, plus on a d'ardeur et de zèle mais plus on manque de pondération.On ne voit que le beau côté de la médaille et on ignore les obstacles; malheureusement, on s'y bute parfois.Ceci soit dit sans parti-pris ou reproche mais pour faire voir que la question coopérative a beaucoup d'ampleur et doit couvrir toutes les activités économiques.li faut que les nouveaux coopérateurs évitent de ne voir la coopération que sous un seul angle.Par exemple, les membres des coopératives de consommation, si convaincus soient-ils de la primauté du consommateur, ne doivent pas voir seulement le bien-être du consommateur en lui fournissant des marchandises de bonne qualité au prix minimum.La coopérative de consommation doit voir à côté d'elle le coopérateur de production car ce dernier désire avoir pour sa marchandise un prix rémunérateur.Le producteur travaille, produit dans un but de consommation, c'est vrai, mais pour lui, l'accent porte plus spécialement sur la production.Ces deux organismes sont donc intimement liés.Pour les mener à bonne fin, il faut ce que l'on appelle ordinairement le nerf de la guerre, l'argent, et la coopérative d'épargne et de crédit arrive, elle, je pourrais dire, entre les deux autres pour leur donner l'élan voulu.On ne saurait reprocher à nos coopératives d'épargne et de crédit de ne pas avoir fait leur devoir puisque, en date, plus de quatre-vingts caisses populaires ont près d'un demi-million d'avancé aux coopératives de production et de consommation.Voilà une preuve bien évidente que nos coopératives d'épargne et de crédit ne sont pas des coopératives mortes, pour ne pas nous servir du mot "statiques".Nous admettons que certains néophytes puissent nous faire le reproche de ne pas aller assez vite, de ne pas faire tout ce qu'ils voudraient nous faire faire.La coopérative d'épargne et de crédit, avant d'accorder tous les prêts qu'une coopérative de consommation désirerait avoir, devrait regarder si ceux qui dirigent cette coopérative sont des gens sérieux; deuxièmement, si leurs garanties morales vont de pair avec leur sérieux et, troisièmement, si on a réellement affaire à une coopérative.Enfin, il faudrait s'en tenir à la loi.Une coopérative organisée en vertu de la Loi des Syndicats coopératifs ne peut jamais emprunter plus du double de son capital payé et de son fonds de réserve.On nous fait aussi le reproche de ne pas aller assez vite; nous devrions brûler les étapes, faire beaucoup plus que nous faisons.Pourtant, nous trouvons que nous avons fait et que nous faisons beaucoup.C'est précisément parce que le temps presse qu'il faut aller sûrement mais lentement, n'ayant pas le temps de revenir en arrière.Nous n'avons pas le temps de faire de faux pas, nous n'avons pas de temps à perdre pour réparer les gaucheries de gens trop brouillons.Une coopérative qui va mal, qui fait même faillite, cause beaucoup plus de tort à la cause coopérative que ne peuvent lui faire de bien les quatre-vingt-dix-neuf autres.Voilà pourquoi, encore une fois, il faut aller lentement parce que nous n'avons pas de temps à perdre.Pour atteindre ce but, c'est-à-dire la coordination des forces coopératives, il faut faire l'éducation de nos coopérateurs par des cercles d'études.C'est là un des voeux émis par le Congrès: l'organisation de cercles d'études afin que chacun apprenne ce qu'est une coopérative, ce qu'est la coopération.Inutile de former des coopératives si on ne forme d'abord des coopérateurs et des coopérateurs, ça ne se fait pas en vitesse.Ce deuxième Congrès des Coopérateurs avait sa raison d'être et il était nécessaire pour commencer l'organisation de ce monde nouveau que nous souhaitons voir paraître.Pour rémédier à une crise comme celle que nous traversons, il faut changer le monde mais, pour changer le monde, il faut d'abord changer chacun de nous.Pour que le monde de demain soit meilleur, il faut que chacun de nous devienne meilleur.Comment opérer ce chan-ment, c'est ce que nous étudierons dans un prochain article.C.VAILLANCOURT.g.B —Le discours d’ouverture du Congrès, par le Révérend Pire Lévesque, est un chef-d’oeuvre de clarté, expliquant parfaitement ce que doit être la coordination des forces coopératives dans le Québec.¦Nous avons hâte d’en lire le, texte.Tous les vrais coopérateurs devraient se procurer le rapport de ce Congrès.Il sc vend $1.00 a l Ecole des Sciences Sociales, Université Laval, Québec.— 98 — Numéro 7 LA CAISSE POPULAIRE DESJARDINS Volume 6 Boite aux lettres Consultations Garantie conformément à Loi du Nantissement Agricole.En considération d’un prêt au montant de.dollars consenti au soussigné par la Caisse Populaire de .(Régie par la Loi des Syndicats coopératifs de Québec), et pour lequel tient la reconnaissance de dette suivante : (1) Décrire ici la reconnaissance avec indication du nom du signataire, des cautions, de la date, du montant, du taux d’intérêt, do l’échéance, t te.(i) celle-ci dé- IMPORTANT LE PRET NE DOIT PAS ETRE CONSENTI POUR UN TERME EXCEDANT 18 MOIS.Rayer les genres de produits non couverts.a) les animaux domestiques, b) les produits de l’exploitation agricole présents et à venir ci-après décrits sont par les présentes nantis à la Caisse Populaire en garantie du paiement en capital et intérêts du prêt ci-haut mentionné.La présente garantie est assujettie à la loi du nantissement agricole, et elle est donnée suivant les articles 1979-A à 1979-D du Code Civil édictée par la dite loi dont le texte appert au verso des présentes.Les dits: Rayer les genres de a) animaux domestiques, produits non couverts sementprésent Dantis’ b) produits de l’exploitation agricole présents et à venir sont la pleine et entière propriété du dit emprunteur, ne sont pas affectés d’aucuns privilèges ou charges quelconques, et ils sont situés sur : la ferme de.paroisse ou village de.comté de .numéro du cadastre de la terre où se trouve la ferme dont les produits sont nantis ou sur laquelle sont gardés les animaux nantis.division d’enregistrement de.Les dits effets sont les suivants : (2) Indiquer ici la nature des produits et /o\ leur quantité, et dé- ' ' crire les animaux domestiques.SIGNE en triplieata le.jour de.mil neuf cent.TEMOINS : N.B.—La formule de nantissement doit être signée en triplieata: un exemplaire est remis à l'emprunteur, un second demeure à la Caisse, et un troisième doit être déposé au bureau d'enregistrement de la division où se trouve la ferme dont les produits sont nantis, ou sur laquelle sont gardés les animaux nantis.N.D.L.R.— Afin de faciliter la fâche des gérants de nos Caisses Populaires qui veulent prêter en vertu de la loi du nantissement agricole, nous avons fait préparer par notre aviseur légal — M.Guy Hudon — une formule que nous publions ci-haut et que nous pouvons vendre au prix de vingt-cinq sous la douzaine.— 99 Volume 6 LA CAISSE POPULAIRE DESJARDINS Numéro 7 LOI DU NANTISSEMENT AGRICOLE Sa Majesté, de l’avis et du consentement du Conseil Législatif et de l’Assemblée Législative de Québec, décrète ce qui suit : 1.—Le code civil est amendé en y ajoutant, après l’article 1979, le chapitre et les articles suivants : CHAPITRE TROISIEME “Du nantissement agricole’’ “1979a.Tout agriculteur peut nantir en garantie d’un prêt qu’il contracte, pour un terme n’excédant pas dix-huit mois, tous animaux domestiques et tous produits de son exploitation présents et à venir, tout en en conservant la garde.L’emprunteur a, envers le créancier, les obligations d’un dépositaire, sans avoir contre lui aucun recours pour frais de garde ou de conservation.“1979b.Ce nantissement doit être constaté par un écrit fait en double dont un exemplaire doit être déposé au bureau d’enregistrement de la division où se trouve la ferme dont les produits sont nantis ou sur laquelle sont gardés les animaux nantis.“1979c.Au défaut de l’emprunteur de remplir ses obligations, le créancier peut, sans préjudice de tout autre recours.1.—contraindre l’emprunteur à lui livrer, sur demande, les choses nanties; 2.—vendre ces choses à l’enchère, après avis donné le dimanche, par affiche et lecture, à la porte de l’église de la paroisse à l’issue du service du matin, au moins trois jours avant la date de la vente, et déposé à la poste, sous pli recommandé, à l’adresse du débiteur.Huit jours après la vente, le créancier est tenu de rendre compte à l’emprunteur ou à ses créanciers, du produit de la vente et de remettre tout surplus restant entre ses mains après acquittement de la dette et des frais encourus.“1979d.Par dérogation aux articles 598 et 599 du code de procédure civile, les choses nanties sont saisissables pour ce qui est dû au créancier; il ne peut être convenu qu’à défaut de paiement, ce dernier sera propriétaire, et lorsqu’il en a obtenu la possession, il est tenu, si l’emprunteur l’exige, de les réaliser sans retard inutile.Pour le surplus, ce nantissement donne au créancier les droits résultant du gage.’’ 2.—La présente loi entrera en vigueur le jour de sa sanction.Fonctions économiques et sociales des Coopératives dans le millieu rural.I La coopération sous toutes ses formes est appelée à jouer un rôle considérable dans l’organisation économique de demain.M.Houdin, parlant de la coopérative de production va jusqu’à se demander, si elle n’est pas l’embryon d’une vaste organisation économique dans laquelle la condition sociale des producteurs sera transformée.C’est donc une institution sociale qu’il faut encourager, car elle procure à toute la classe laborieuse une plus grande indépendance économique et des bénéfices plus considérables.Quant à la coopérative d’épargne et de crédit, son rôle n’en est pas moins important.En plus de préparer par l’épargne la libération économique du peuple, l’aider à se suffire à lui-même, elle le met — pour le crédit, — sur le même pied que les grands industriels et les grands commerçants.Ceux-ci, en effet, trouvent assez facilement le crédit nécessaire à leurs opérations mais il n’en est pas ainsi des travailleurs, des classes moyennes qui, faute d’un peu d’argent, ne peuvent étendre ou perfectionner leur petite industrie, ni surmonter des obstacles imprévus.De même l’ouvrier, souvent, ne peut se procurer l’outillage indispensable qui lui fournirait un salaire d’appoint, ou lui permettrait d’arriver insensiblement au petit patronat.De là l’utilité, la nécessité même des coopératives d’épargne et de crédit, “oeuvre qui peut soulager bien des misères, faire disparaître bien des inquiétudes, et cela suffit à l’ambition des hommes de coeur qui lui donnent leur dévouement.” Mais si nous voulons que notre Caisse Populaire soit une excellente école de formation, un.remarquable élément de progrès économique luttant contre la routine et l’égoisme, il y faut de la discipline.Et cette discipline parfois assez difficile à obtenir, se manifeste dans l’observance rigoureuse des statuts et des règlements qui sont comme les clôtures qui indiquent le chemin conduisant au but à atteindre.Ces règlements, fruit de l’expérience ne souffrent pas qu’on les corrige à la légère ou sous l’influence du caprice.Ils restent le lien qui unit tous les sociétaires d’une même coopérative.C’est par eux que ces mêmes sociétaires s’écarteront de la routine où ils s’enlisent et de l’individualisme.Jos.TURMEL, Propaf/andiste des Cuisses Populaires pour VUnion de Québec, 100 — Numéro 7 LA CAISSE POPULAIRE DESJARDINS Volume 6 La Coopération à TEcole Primaire N.D.L.R.— Dans le numéro d’avril dernier, nous avons publié sous le titre de “UNE COOPERATIVE MODELE — L’ECONOMIE A L’ECOLE” une note instructive du Frère Léon Alphonse, directeur de l’Ecole St-François Xavier à Lévis.Noios publions aujourd’hui le.résultat de ce travail de l’année.Nous nous demandons s’il ne serait pas possible que cet exemple soit suivi afin de développer le goût et la pratique de la coopération chez Us jeunes."Les choses apprises dans l'enfance croissent dans l'esprit avec l'âge et ne s'oublient jamais".(St-lrénée.) Au milieu d’un de ses cours, l’an passé, à l’Ecole des Sciences Sociales de Québec, M.Henri €.Bois s’écriait avec une certaine saute d’humeur: “ Si la Coopération est la seule planche de salut de notre peuple, pourquoi ne pas l’enseigner à l’école primaire, secondaire et universitaire !” Tenons-nous ici à l’école primaire qui, comme chacun le sait comporte trois degrés: le cours élémentaire destiné aux bambins de 6 à 13 ans ; le cours complémentaire pour les enfants de 14, 15 ans et le cours supérieur que fréquentent des jeunes gens de 16, 17, 18 ans et plus.Monsieur Bois n’entend pas, probablement, réclamer l’enseignement coopératif pour le cours élémentaire: les petits hommes qui débutent dans l’étude n’ont cure d’un problème économique soigneusement agencé; pour eux, ce problème se résume au troc d’un canif ébréché contre un sifflet de plomb et à l’abandon de quelques gages pour organiser la conspiration du silence sur leur dernière fredaine.En fait de coopération, on ne peut guère plus leur demander que d’acheter à la coopérative scolaire s’il en existe une dans leur jnaison d’éducation.Mais différent est le cas de l’école primaire complémentaire et supérieure: le développement intellectuel des étudiants qui suivent ces cours leur permet de s’initier à une doctrine économique.De plus, la multiplicité des convoitises des jeunes gens tenues en tutelle par les maigres ressources de leurs goussets et, parfois la gêne poignante dans laquelle se débat leur famille, font toucher du doigt le rôle important de l’argent dans la lutte qu’ils vont bientôt affronter eux-mêmes.Ils sont alors en mesure de comprendre le besoin d’études économiques s’ils veulent éviter, semblables à des vaisseaux lancés sur la mer sans pilote, se heurter contre tous les écueils.La formule coopérative devrait alors les intéresser et, semble-t-il, leur être présentée.C’est ce qu’à compris le collège Ste-Anne-de-la-Pocatière en offrant une série de trente leçons sur la coopération aux finissants de son cours commercial.Un essai intéressant vient également d’être tenté à l’école St-François-Xavier de Lévis.Située dans la ville qui a vu naître et mourir l’initiateur de la coopération en Amérique, cette école se devait d’être de l’avant en la matière.Un cours hebdomadaire facultatif sur les principes, les méthodes et les diverses applications de la cooperation fut organisée en octobre dernier pour les élèves de lüe année.De la théorie, on voulut bientôt passer à la pratique, non pour en retirer quelque avantage pécuniaire mais pour expérimenter le système.A la mi-janvier, on fondait donc une coopérative miniature pour l’achat des articles scolaires: cahiers, crayons, plumes, encre_ ouverte aux élèves de 9e et de 10e années.Un conseil d’administration de cinq membres et un conseil de surveillance de trois membres furent élus par l’assemblée des jeunes sociétaires; les services d’un gérant furent réclamés; services à donner gratuitement le premier mois puis à salaire de vingt sous mensuellement, (salaire raisonnable !) Afin de ne pas risquer d’argent, les parts furent fixées à 0.02 chacune et les membres ne pouvaient en prendre qu’une seule.De si minimes actions obligèrent la coopérative à emprunter pour effectuer l’achat d’un stock initial.Elle s’adressa à la Caisse de Prévoyance de la paroisse qui a un bureau de perception à l’école; celle-ci avança $1.80 au taux de 5%.Le chiffre des affaires du premier mois s’éleva à $5.21.Après avoir déduit le prix d’achat des marchandises, les frais généraux et le montant de l’emprunt, les 21 sociétaires décidèrent de faire deux parts des $0.90 de bénéfices réalisés : un dixième fut placé au fonds de réserve, neuf dixièmes distribués en ristourne au prorata des achats.Tous les membres reçurent ainsi 15% de leur montant d’achat.Afin de bien faire comprendre qu’il s’agissait d’une entreprise financière, on remit la première ristourne en monnaie ; les règlements voulaient cependant qu’elle fut donnée en timbres d’épargne de la Caisse de Prévoyance, ce qui fut fait pour les autres ristournes.Les résultats du premier mois furent si encourageants que l’assemblée décida d’offrir les bienfaits de son service économique aux élèves de 8e année: c’était du coup répandre la doctrine, car la ristourne, distribuée chaque mois, donnait lieu à une réunion générale et un professeur profitait de l’occasion pour expliquer sommairement un point de doctrine.Les activités se continuèrent avec entrain pendant quatre mois.Il avait été convenu lors de la fondation que les activités cesseraient à la mi-mai; le but étant simplement de concrétiser un enseigne- Volume 6 Numéro 7 LA CAISSE POPULAIRE DESJARDINS ment, il n’y avait pas nécessité de maintenir l’organisation.Le rapport final a fait connaître que les ventes totales se sont chiffrées à $19.55; qu’il a été distribué aux 32 sociétaires $2.86 en ristourne ; que les salaires payés se sont élevés à $0.60 et que la taxe d’entrée et la réserve mensuelle ont constitué un fond de $1.15, fonds qui servira l’an prochain, à reprendre les activités si on le désire.Voilà ce qu’ont pu réaliser des adolescents avec l’encouragement de leurs professeurs.Est-ce à dire que, partout, on pourra poursuivre le même programme?Parce que cet effort a été tenté à Lévis, sera-t-on en droit d’accuser de malveillance ceux qui ne se sentiront pas autant d’entrain pour pousser à la roue?Gardons-nous-en bien; nous risquerions de réclamer intempestivement, ce qu’il n’est permis de faire qu’à la fin d’un plantureux banquet.Il n’y a pas à se le cacher, à l’heure actuelle, il y a beaucoup de difficultés à mettre sur pied pareil enseignement à l’école primaire.Il faut d’abord retenir qu’il n’est pas loisible au professeur d’ajouter une matière nouvelle au programme en cours; c’est donc un travail surérogatoire qu’on réclame de lui, un travail à faire en dehors dés heures de classe, au détriment des courts moments de répit que lui laisse sa tâche quotidienne.Il faut, de plus, que la direction de l’établissement consente un sacrifice d’argent : le léger bénéfice réalisé par la vente des classiques et qui servaient à défrayer les dépenses de jeux des écoliers est enlevé sans compensation.D’autre part, le professeur qui guide les jeunes coopérateurs doit posséder parfaitement la technique voulue, ce qui suppose des cours spéciaux.Il est bon également que tous les professeurs des classes concernées soient gagnés à la cause.Mais si délicate que paraisse être la mise en marche de l’enseignement coopératif à l’école primaire, il semble qu’on devrait tenter l’effort.Il n’y a pas de doute que, d’une part les professeurs soucieux des directives de son Eminence, ne se fassent un devoir d’action catholique et nationale “de favoriser et de répandre la doctrine coopératiste comme l’une des conséquences pratiques à déduire des documents pontificaux traçant les grandes lignes de la reconstruction moderne d’un ordre social chrétien.’’ D’autre part, on ne rencontrera guère d’obstacles de la part de l’élève qui y voit un certain urofit à réaliser et qui d’ailleurs comme l’arbrisseau suit la direction qu’on lui donne.Il restera toutefois nécessaire que cette science coopérative relativement nouvelle chez-nous, pénètre le corps enseignant.C’est le premier objectif à atteindre; on devrait s’en occuper sans tarder.Il faudra ensuite prier le Comité Catholique de l’Instruction Publique de bien vouloir étudier l’opportunité d’introduire cette branche d’étude à l’école primaire complémentaire et supérieure ; il sera peut-être bon de plus, de penser à établir un organisme central afin de promouvoir le mouvement parmi la jeunesse étudiante, un peu comme cela se pratique pour les mouvements spécialisés; la revue “Ensemble” paraît tout indiquée pour diriger et encourager les efforts des Jeunes.Cet effort des Jeunes, en plus de leur être avantageux, servira excellemment à développer, une mentalité coopératiste dans tout notre peuple.L’école est le moule où la société prend sa forme.Si ces enfants sont gagnés à l’idée coopératiste, la société deviendra coopératiste.Nul ne conteste aujourd’hui le primat de la jeunesse.Devant les efforts faciste, naziste, bolché-visite et surtout devant l’importance hors pair que le grand Pie XI a attachée aux cadres de son armée d’action catholique, il serait difficile de ne pas connaître ce que l’antiquité acceptait déjà.Tous ont compris, avec Jaurès, qu’un parti qui n’a pas pour lui la jeunesse est un parti perdu.La coopération canadienne se doit, elle aussi, d’utiliser la jeunesse pour son oeuvre de rénovation.La force et le triomphe de ses idées dépendront de l’empire qu’elles exerceront sur les jeunes générations actuelles.Grâce à la jeunesse, lè Danemark a pu se transformer en pays coopératif et devenir l’un des plus prospère de toute l’Europe.Par ces jeunes gens de 18 à 25 ans venus étudier les principes coopératifs dans les “collèges populaires”, l’esprit d’entr’aide a pénétré la population danoise et l’a déterminée à contrôler, elle-même les conditions de sa vie économique.Chez-nous, l’essai fait en 1938 avec 54 jeunes Gaspésiens a donné un résultat prometteur.Que s’étende à toute la jeunesse, l’étude de la coopération et du coup, notre peuple sera gagné à la cause.Pour se rendre maître d’un royaume, c’est assez de s’emparer des principales places; par elles, on se ménagera une libre entrée dans tout le pays.Frère LEON-ALPHONSE, Mariste.Disons que: Une étampe de Caisse: ce n’est pas pour les chinois, encore moins pour les zoulous; c’est pour les caisses populaires Desjardins.Chaque Caisse a la sienne pour s’en servir, à temps, à contretemps, toujours pour identifier, chèaues, bordereaux, correspondance, formules de débit.A propos de ces formules, disons qu’elles doivent toujours être signées.On oublie ça trop souvent.Disons que: Chaque nouveau sociétaire doit d’abord signer au livre des adhérents puis sur la page du capital social.Le faire signer avant de lui remettre son çarnet, 102 —, Numéro 7 LA CAISSE POPULAIRE DESJARDINS Volume 6 Lettre ouverte à Monsieur le gérant de la Caisse Populaire de St-X.Chers amis, Un moment de réflexion vous suffira pour comprendre que vos Caisses vivent présentement des années difficiles, critiques, très critiques.Que nous réserve la guerre?Que sera l’après-guerre?ÎNul ne le sait.Chez nous comme ailleurs, il peut se produire des perturbations économiques insoupçonnées.Aussi, en ces années troublées, devez-vous agir avec une extrême prudence, dans toutes vos opérations financières.De la prudence, mettez-en dans vos placements ou prêts sur obligations, débentures.De la prudence, mettez-en dans les remboursement de vos prêts.Sans faiblesse, exigez des petits remboursements périodiques, hebdomadaires, mensuels, bimensuels et annuels de tous vos emprunteurs.L’un des buts que poursuit votre Caisse, c’est de désendetter ses sociétaires.Si donc, vous n’exigez pas une scrupuleuse exactitude, dans les remboursements, en langage coopératif, vous faites une faute.grave, un péché mortel coopératif.Les petits remboursements périodiques: mais, c’est justement ça qui distingue le crédit coopératif des autres crédits.Alors?.Gardez lui cette marque distinctive, sans quoi, votre Caisse n’aura de populaire que le nom.Je reviens à la question de vos placements, sur obligations ou débentures.Quand l’actif liquide de votre caisse est trop élevé, que vous ne pouvez le placer dans votre paroisse, en prêts rapidement réalisables, il faut alors acheter des débentures.- Qui doit faire ces achats?M.le Gérant?Jamais seul.Les Commissaires de Crédit?Eux non plus.Le Conseil d’Administration seul?Non encore.Oui donc?!.Veuillez lire attentivement ce texte de la loi des Syndicats coopératifs de Québec.C’est celle-là même qui régit vos Caisses, que vous devez observer, parce que.c’est la loi.“Cependant ces placements — les achats de “débentures — ne peuvent être effectués par” “le Conseil d’administration de la société de” “crédit, sans avoir été approuvés au préala-” “ble, par le principal corps administratif, ou” “conseil d’administration de toute fédération” “organisée en vertu de l’article 49 — (Voir” “texte de la loi des S.-C.—article 40 — para-” “graphe 31.)” Et, est-ce par esprit tracassier que la loi exige cette approbation de la Fédération des Caisses Populaires ?Non pas.C’est, par prudence.Un fait me revient à l’esprit.Vers 1924, lors de la première dépression financière d’après-guerre, un compagnon et moi, nous voulûmes donner de sages conseils, concernant les placements, à certaines Caisses, très prospères.Le gérant du temps et les membres du Conseil d’administration, nous envoyèrent revoler.aux étoiles.Mal leur en a pris.Us ont fait des placements.atroces.Dans la suite, ils durent liquider ces placements et leur caisse, puis, en fonder une nouvelle tout à côté, qui va son train, qui répare de son mieux les imprudences inexplicables de l’ancienne.Un dernier conseil Si jamais vous voulez prêter à une municipalité, ayez toujours soin de vous munir auparavant de l’autorisation de la commission municipale.Et sur ce, bons et chers amis, je vous retire ma révérence, en vous assurant l’entier dévouement de votre vieil ami.Louis ARNEAU." LES TC CP" Les trop de PANARD, fort goûtés jadis, ne sont plus guère connus.Ils valent d’être répétés.Trop de repos nous engourdit, Trop de fracas nous étourdit, Trop de froideur est indolence, Trop d’activité turbulence, Trop d’amour trouble la raison, Trop de remède vaut poison, Trop de finesse est artifice, Trop de rigueur est dureté.Trop d’économie avarice.Trop d’audace témérité, Trop d’honneur est un esclavage.Trop de bien devient un fardeau.Trop de plaisir mène au tombeau.Trop d’esprit nous porte dommage.Trop de confiance nous perd.Trop de franchise nous dessert.Trop de bonté devient faiblesse, Trop de fierté devient hauteur.Trop de complaisance bassesse.Trop de politesse fadeur, Volume 6 LA CAISSE POPULAIRE DESJARDINS Numéro 7 / Je gaspillerai, tu gaspilleras, il gaspillera, nous gaspillerons, vous gaspillerez ils gaspilleront.J’ai devant moi un père de famille, nerveux, gesticulant, fumant rageusement la cigarette — trois en 20 minutes — il me parle de vie dure, de loyer cher, du prix du lait, d’un garçonnet intelligent désireux de faire des études et de devenir missionnaire en Afrique, et d’un enfant malade et sans soins requis à la maison.L’évocation de petits canadiens français mal logés, mal nourris, mal soignés, et incapables de s’instruire, et en face de moi, ce grand père de famille, pâle et jauni par la cigarette, c’en était assez pour me faire sortir.de mon.caractère.Et j’en suis (Sorti.Monsieur, lui dis-je, vous n’avez pas le droit d’égrener vos jérémiades, aussi longtemps que vous aurez la cigarette au bec, à coeur de jour, comme je vous la vois depuis.un mois.— Et, cette victime du gaspillage baissa la tête et se tut : et moi de lui dire : vous gaspillez, vous gaspillez votre vie, l’avenir des vôtres, aussi longtemps, que vous abuserez bêtement de la cigarette.Au sujet de ces abus, l’abbé Blanchard écrit: tabac, cigarettes, liqueurs douces, amusements, etc.L’usage du tabac est une autre espèce d’orgie de gaspillage.En quinze ans, nous avons produit un montant de 800 millions de dollars en tabac, cigares, cigarettes.L’an dernier, le montant a été de 33 millions de dollars.Dans tout le Dominion, nous consommons annuellement 6 millions de dollars, et l’on ne compte pas les rouleuses.L’autre jour, un homme frisant la soixantaine se présenta à l’aumônerie des pauvres de Notre-Dame pour demander de quoi se vêtir et manger.Je remarquai ses doigts et la moitié de sa main affreusement jaunis par la fumée de cigarettes.Fumez-vous beaucoup et depuis longtemps, lui demandai-je?J’ai 57 ans, me répond-il.Depuis l’âge de 17 ans, je n’ai jamais manqué de fumer deux paquets de dix par jour.Je les ai quêtes quand il l’a fallu.Eh bien! pendant 40 ans, vous avez fumé pour une valeur de 20 sous par jour, $1.40 par semai- ne, $6.00 par mois,_ $72.00 par année.Savez-vous que 72 dollars déposés chaque année à la banque et accumulés à 3 p.c.f orment au bout de 40 ans un montant de $5,400?Cet homme avait le produit d’une fortune au bout des doigts et il se mourait de faim et de dénuement.La taxe d’amusement révèle que chaque année, en cinéma, théâtre, baseball, hockey, boxe, lutte (pour savourer le trust du ciseau et de la prise d’orteil), il ise dépense dans notre province dix millions de dollars par année.Pour la crème à la glace, les friandises, les liqueurs douces, un autre dix millions de dollars par année.Donc, en récapitulant, nous constatons qu’il se dépense annuellement dans la province $30 millions en boissons, $30 millions en tabac, cigares et cigarettes, $10 millions en amusements et $10 millions en gourmandises (liqueurs douces, friandises), soit un total de 80 millions.Ceci pour la province entière.Concédons que la moitié de cette somme est dépensée par les nôtres à Montréal où les occasions sont plus irrésistibles de se livrer à ces prodigalités.La moitié de $80 millions, c’est $40 millions.Or, cette année, la fédération des oeuvres de charité canadienne-f rançaise s’était proposée un objectif de $400,000 ce qui est exactement 1 p.c.de $40 millions.Ce qui veut dire que si les nôtres veulent faire le sacrifice d’une bouteille de boisson alcoolique sur cent, d’une bouteille de bière sur cent, d’une entrée au cinéma, au forum ou au stadium sur cent, d’une bouteille de liqueur douce sur cent, l’objectif sera facilement obtenu.Constatez comme il est facile de faire du bien aux autres par le sacrifice, non pas du nécessaire, de l utile, de l’agréable, mais en retranchant l’excès, le trop, le superflu, le nuisible.” Ces chiffres de l’Abbé, ils n’ont rien d’exagéré, démontrent, clair comme de l’eau de roche, qu’il est temps, grand temps de commencer une campagne systématique d’éducation économique de notre peuple.Elle presse.Qus nos membres de Caisses Populaires la commencent.en petit.Paul BRBVAL.104 —- Numéro 7 LA CAISSE POPULAIRE DESJARDINS Volume 6 argne scoaire et ses II aboutissants Depuis quelques années, nous avouons franchement avoir négligé un peu les Caisses Scolaires.La raison?.Nos propagandistes, peu nombreux, ne fournissent pas à répondre aux besoins de fondation de Caisse, d’inspection supplémentaire etc, etc.Et puis notre revue ne se fait pas seule.Si elle était plus reçue, mieux lue, que de temps ça épargnerait aux employés de la Fédération ! L’un ou l’autre pourrait s’occuper de Caisse Scolaire.Mais, patience ! Paris ne s’est pas bâtie en un jour.MM.nos gérants et officiers de caisses paroissiales vont se former.C’est à eux que revient la tâche de préparer à leurs caisses, des sociétaires solides, en organisant la Caisse Scolaire.A ce propos, nos amis de l’Ouest ont préparé un petit catéchisme.En voici la seconde tranche.Catéchisme de l’Epargne Scolaire.Chapitre II Organisation Que faut-il tout d’abord pour organiser une Caisse d’Epargne Scolaire dans une maison d’éducation?Il faut d’abord être bien convaincu de sa nécessité, de sa possibilité et être prêt à y apporter le dévouement nécessaire.Quelle est la première démarche dans l’organisation d’une Caisse d’Epargne Scolaire?L’on commence ordinairement par en faire comprendre la nécessité et à créer parmi les élèves une mentalité favorable à cette organisation.Il serait préférable que ce soit les élèves qui en demandent eux-mêmes la fondation à leurs maîtres.Lorsque la fondation d’une Caisse d’Epargne Scolaire est décidée, qu’y a-t-il à faire?L’instituteur qui a décidé de fonder une Caisse Scolaire doit alors se procurer le matériel nécessaire.En quoi consiste ce matériel?Il consiste en cartes et en timbres d’épargne scolaire.Où peut-on se procurer ces cartes et ces timbres?A la Fédération des Caisses Populaire, Chambre 912, Edifice Price, 65 rue Ste-Anne, Québec.Combien se vend ce matériel?Les cartes se vendent à $0.40 le cent.Les timbres se vendent à $0.35 le mille.Qui doit payer ce matériel?Il y a deux moyens d’en défrayer le coût, qui d’ailleurs est très minime : lo.Comme la Caisse d’Epargne Scolaire est une filiale de la Caisse Populaire, ce sont ordinairement les officiers de la Caisse Populaire qui paient ce matériel à même les revenus de leur Caisse.2o.Lorsqu’il n’existe pas encore de Caisse Populaire organisée, alors l’on pourrait exiger une taxe d’entrée de .05 qui servira à payer l’achat des cartes et timbres d’Epargne Scolaire.3o.Si ce dernier moyen n’est pas jugé opportun, l’on pourra demander des dons aux commissaires ou ià des bienfaiteurs, ou organiser une séance, bingo, etc, à cette intention.Après s’être procuré le matériel nécessaire, que doit faire celui qui est chargé de la fondation d’une Caisse d’Epargne Scolaire?Il doit en organiser les cadres en choisissant les officiers, tel qu’il sera expliqué dans le chapitre de l’administration.Qui peut devenir membre d’une Caisse d’Epargne Scolaire?Tous les enfants d’une école de village ou de campagne, d’un pensionnat ou d’un collège peuvent devenir membres d’une Caisse d’Epargne Scolaire, quel que soit leur âge ou leurs conditions.Et voilà; à peu de chose près, ce qu’est au Québec, l’Epargne Scolaire.Louis ARNEAU.— 105 — Volume 6 LA CAISSE POPULAIRE DESJARDINS Numéro 7 CONSEILS JUDICIEUX DE M.LE CHANOINE ROCHETTE LoaA- de la teamen de la Gai6Ae Centrale GbeSfoAdwA.de JleiUd.LE 9 JUIN 1940 Nous nous permettons de publier les conseils judicieux et pratiques que monsieur le Chanoine Rochette a donnés lors de la réunion de la Caisse Centrale Desjardins de Lévis, en date du 9 juin 1940.Monsieur le Chanoine Rochette est le gérant de la Caisse Centrale Desjardins, si non de nom, de fait, en ce qui concerne l’administration quotidienne.C’est donc dire que les remarques qu’il a faites sont des plus pratiques.‘ ‘ En vous donnant le résultat financier de la dernière année de votre Caisse Centrale, monsieur Vaillancourt vous a fait certaines remarques qui vous aideront certainement dans votre travail.En les mettant en pratique, elles rendront vos relations avec votre CENTRALE et les autres institutions financières plus faciles et plus agréables.A mesure que votre Caisse grandit, que les affaires augmentent, il faut que vous apportiez une attention de plus en plus soutenue à la comptabilité, relations plus méthodiques, plus coordonnées entre les caisses et votre Caisse Centrale.Rien ne ferait mieux que si dans chaque caisse, le gérant voulait bien noter au jour le jour les remarques faites par la Fédération des Caisses Populaires ou l’Union Régionale.Que l’on n’oublie pas que ces lettres envoyées par la Fédération ou par l’Union sont écrites dans le but de vous être utile.A quoi peuvent servir ces remarques si les lettres restent dans le tiroir non ouvertes.Croyez-le ou non, mais il n’en est pas moins vrai que nos inspecteurs ont trouvé dans certaines caisses populaires, certains documents reçus, tel one la revue “LA CAISSE POPULAIRE DESJARDINS”, circulaires envoyées par la Fédération non ouvertes, etc.Comment voulez-vous que ces gérants soient renseignés s’ils ne prêtent pas plus d’attention à leur propre affaire ?Chaque année, nous parlons des lacunes qui existent dans les caisses.Si chaque gérant voulait suivre les avis donnés, il n’en serait pas ainsi, la perfection serait vite atteinte.Sociétaires indésirables Je ne saurais trop insister en vous recommandant, encore une fois, d’accepter comme sociétaires de votre caisse que des honnêtes gens.Vous devez exclure de votre société les sociétaires qui donnent des chèques sans provision suffisante.Que d’ennuis nous causent ces chèques “pas de fonds”, que de causes d’erreurs ! Quand un sociétaire fait un chèque sans avoir les fonds suffisants, la première fois, avertissez le, puis dites lui bien que la deuxième fois, il sera exclu de la société.Si la chose se répète, le gérant doit en avertir le bureau de direction qui prendra les moyens pour exclure de la société un tel sociétaire indésirable.11 y a longtemps que nous demandons cl agir ainsi, nous espérons que l’on ne fera plus la sourde oreille.Les caisses qui ne voudront pas suivre cet avis devront un jour ou l’autre ttre exclue de l’Union Régionale.Il n’est pas juste que certaines caisses supportent tous les frais de ces échanges de chèques sans jamais n’en retirer aucun profit.Nos Caisses dans 98% des cas ont la réputation d’avoir des déposants qui ne font pas de chèque sans provision suffisante.Nous voulons garder cette excellente renommée.Pourquoi aussi donner des livrets de chèques à des gens qui déposent $100.00 et qui retirent leur argent au fur et à mesure?C’est une circulation de chèques sans profit.Chèques envoyés en collection Lorsque vous recevrez de votre Caisse Régionale ou d’une banque un chèque en collection, vous devez faire remise immédiatement, c est-à-dire dans les vingt quatre heures.Si vous gardez ce chèque plus longtemps, vous vous en rendez responsable.Avec votre Caisse Centrale, les remises sont faciles: vous n’avez qu’à signer le débit que l’on vous a fait parvenir.Avec les Banques: servez-vous d’un chèque qui peut se négocier sans frais, c’est-à-dire un chèque payable “au pair”.La Caisse Centrale donne aux Caisses qui maintiennent des fonds suffisants chez elle, des chèques payables “au pair” Il est certain qu’une caisse qui tire une moyenne de cent à cent-cinquante chèques par mois et qui garde que quelques dollars en dépôt ne peut jouir de ces avantages.D’un autre côté, si vous faites remise à une Banque avec un chèque non négociable “au pair”, la banque va vous charger dix à quinze sous pour l’échange de ces chèques.Vous même, vous avez déjà chargé dix sous pour vos frais et la banque devra chargera son tour pour se dédommager, le client qui encaisse ce chèque et qui doit payer ces frais ne sera pas de bonne humeur et cela fait une très mauvaise réclame aux caisses populaires.En faisant ces remises, vous voudrez bien inscrire au dos du chèque (chèque qui sert à faire la remise) le numéro du feuillet (slip).Nous voulons parler du petit feuillet qui est attaché à chaque chèque que vous envoie la banque.Vous inscrivez aussi au dos le montant exact du chèque moins les frais de collection: dix sous si c’est un chèque en dessous de $100.00 ou moins; 1/10 de 1% au dessus de $100.00.Il n ’y a pas un tiers des caisses qui procèdent ainsi.(à suivre) — 106 — Numéro 7 LA CAISSE POPULAIRE DESJARDINS Volume 6 Jla GcUi&e PopulcU^ie de Saint 2>enid dnï le Pioltelieu tient 6an aMemhlée Dimanche au soir, le 14 juillet 1940, avait lieu l’assemblée générale annuelle cle la Caisse Populaire de Saint-Denis-sur-le-Richeiieu, sous la présidence de M.Louis Nap.Huard.Au delà de 500 personnes assistaient à cette réunion.M.l’abbé J.-A.Lemonde, aumônier de l’hospice St-Louis, représentait Mgr Ls-A.Sénécal, curé de la paroisse.A l’ouverture de l’assemblée, après la prière, M.Ls-N.Huard souhaita la bienvenue aux invités, particulièrement à M.l’abbé Albert Tessier, du séminaire des Trois-Rivières, et à M.l’abbé Philémon Desmarchais, aumônier-propagandiste de l’Union Régionale de Montréal.Rapport du gérant A la demande du président, M.H.Phaneuf, secrétaire-gérant de la Caisse, présente le rapport des activités de l’année se terminant le 31 mai courant.“La fondation de notre caisse en 1937 coin-“cida avec le centenaire d’un évènement qui “tient de notre histoire.Issue des activités “d’une organisation corporative, l’U C.C., no-“tre caisse, aujourd’hui, tient une place envia-“ble au sein des oeuvres paroissiales.Grâce à “la coopération, l’argent, ici, fait oeuvre soeia-“le: elle favorise l’économie, elle active et rend “productif le travail local, elle stimule l’ai-“ sauce de tous, sans nuire à personne.“Les chiffres ont leur éloquence.Voici la “situation de notre caisse au 31 mai 1940, fin “de notre troisième année d’exercice: ACTIF Placements sur obligations $35,381.10 Prêts sur billets 8,783.93 Prêts sur hypothèques 8,300.00 C.'Centrale Desjardins 500.00 Inventaire 221.19 Caisse 4,019.64 $57,205.86 PASSIF Capital social $ 1.775.Epargne 51,163.Emprunt 3,800.Fonds de Réserve $136.09 Fonds de Prévoyance 42.90 Surplus 288.19 Avoir propre.467.18 $57,205.86 Depuis sa fondation, notre Caisse a enregistré une somme de $372,463.20.Elle a prêté à ses sociétaires un montant total de $49,742.00, sur lequel les emprunteurs ont remboursé $32,658.07.Le montant des intérêts et des bonis payés s’élève à $1,713.07.Nos bénéfices sont cette année, de $1,799.76.Après que nous aurons enlevé le montant des dépenses et des réserves statutaires, nous distribuerons le reste aux sociétaires en intérêts sur les dépôts d’épargne et en bonis sur les parts sociales.Nous sommes, à date, 272 sociétaires, 276 déposants, 22 emprunteurs.Les banquiers internationaux connaissent déjà notre caisse et savent que les chèques de nos sociétaires sont honorés à leur point de départ.Un missionnaire canadien a déjà encaissé, en Chine, trois de nos chèques.Les pièces justificatives sont à nos bureaux.La fierté, à l’égard de notre caisse, n’est-elle pas, légitime?M.l’abbé Philémon Desmarchais Le propagandiste de l’Union Régionale de Montréal félicite les administrateurs et les sociétaires de la Caisse.“L’historien de la paroisse de St-Denis, à côté “des hauts faits d’armes, devra, dorénavent, ‘ ‘ relater les principales activités de votre caisse “populaire.Ce sera l’histoire économique de “votre paroisse.Cet aspect de l’histoire, chez “nous, souvent négligé, a son importance.Il “n’y a pas lieu de dresser de magnifiques tableaux pour l’imagination.A sa lumière, on ‘ ‘ explique bien des événements, les bienfaits “comme les malheurs.“Votre caisse, cette année, a doublé son actif et a distribué un revenu intéressant sur les dépôts à l’épargne et les parts sociales.Elle est au premier rang, parmi les caisses populaires les Mus prosp'ères affiliées à l’Union Régionale de Montréal.“Une caisse populaire est plus qu’une organisation financière, c’est une coopérative.Sont-ils nombreux les sociétaires qui déposent dang le but de rendre service à la communauté, d’aider à l’un des leurs pour améliorer sa situation?Pour cela, à Saint-Denis, le nombre des sociétaires doit être égal à celui des familles.Véritable coopérative d’épargne et de crédit que celle-là, où tous les paroissiens auront alors un sentiment d’affection fraternelle, de confiance mutuelle.La religion, l’éducation de vos enfants, le bien-être de tous y bénéficieront,” 107 —, Volume 6________ ______ LA CAISSE POPULAIRE DESJARDINS Numéro 7 M.l’abbé Albert Tessier.Avant la représentation cinématographique, M.l’abbé Albert Tessier adresse quelques mots: “Je constate, avec plaisir, qu’à St-Denis-sur-le-Richelieu, on ne se satisfait pas seulement à répéter que nous sommes un peuple “Fils du miracle, fils d’une nation fière”.Vous avez réalisé quelque chose.Je vous en félicite.“Les paysages animés, qui se dérouleront sous vos yeux, sont des réalités.C ’est la vie de la Province de Québec, d’aujourd’hui; vie de travail et d’économie, vie de tradition et de pratiques religieuses, sur les bords du St-Lau-rent et du Richelieu, dans les régions de colonisation.Il faut aimer cette vie ; elle est notre partage.” Durant une heure et demie, l’assistance ne ménagea pas les applaudissements et aux vues animées et à la musique des mieux appropriée.M.l’abbé J.-A.Lemonde remercia vivement l’assistance, les organisateurs et en particulier M.l’abbé Tessier pour la leçon de fiei’té donnée avec les réalités réconfortantes de chez nous.A minuit, on dit la prière.Les sociétaires retournent à leur foyer bien résolus de se reposer pour mieux travailler pour la patrie et la religion.Ph DESMARCHAIS, Ptre.Propagandiste des Caisses Populaires pour l’TJnion de.Montréal.Disons que: On s’imagine, en certains milieux, que le montant des polices “Assurance-fidélité”, c’est intouchable, tabou, comme les castes indous.Non! ce n’est pas ça, mais, pas ça du tout.Pour des jeunes Caisses ou des Caisses dont l’actif n’est pas élevé, une police de cinq cents ou de mille piastres peut sufîir.Mais pour des Caisses, avec un gros actif, elles ne sont pas suffisantes.De grâce: ne mesquinons pas sur cette protection.Disons que: Puisque nous sommes à parler d’assurance-fidélité, disons un mot des assurances-incendie.Sachons nous protéger contre le feu.Il y a des incendies purement accidentelles; mais, elles brûlent quand même.Il y a aussi des incendies criminelles, allumées.par les rats.Nous avons vu un rat de.six pieds.Il finit par prendre le chemin du pénitencier.Des polices d’assurance-fidélité et feu nous auraient évité bien des ennuis.fUouA fuuut&g, ao-uA •pAocuAe'i au Secrétariat de la FEDERATION DES CAISSES POPULAIRES Chambre 912 — 65, rue Ste-Anne, Québec.TIMBRES SCOLAIRES (à l'effigie de M.Desjardins) Timbres d'un, de cinq et vingt-cinq sous.35 sous du mille, Carnets pour timbres d'épargne 40 sous du cent.PHOTOGRAPHIE DE M.LE COMMANDEUR ALPHONSE DESJARDINS, Fondateur des Caisses Populaires .$2.50 l'unité CATECHISME DES CAISSES POPULAIRES (nouvelle édition) 25 sous l'unité $2.50 la douzaine.$1 7.00 le cent.FORMULES DE détail de l'encaisse.$0.50 le cent.relieur.0.65 l'unité.FORMULES DE garantie conformément à la loi du nantissement agricole.$0.25 la douzaine.FORMULES DE COMPTES CONJOINTS (Aux caisses qui détiennent au moins six abonnements à notre revue, nous serons heureux de faire parvenir gratuitement sur demande deux douzaines de ces formules dont le prix est de 10 sous la douzaine.CHOQUES, (à l'effigie de M.Desjardins) Par livrets de 25, 50 et plus avec talon, ils vous coûteront: $4.00 du mille par quantité de 1,000 3.35 " " " " " 3,000 3.00 " " " " " 5,000 2.70 " " " " " 10,000 (Réduction de 70 cents du mille pour chèques sans talon non reliés) — 108 Numéro 7 LA CAISSE POPULAIRE DESJARDINS Volume 6 Recommandations du mois Coopération entre Caisses Populaires Depuis que les Caisses Régionales font l’échange des chèques de toutes les caisses populaires, la majorité des chèques passent par ces Caisses Kégionales.Ceci nécessite de la part des caisses locales des dépôts plus considérables aux Caisses Régionales.Certaines caisses comprenant mal leur devoir, étant les plus actives à prêcher la coopération en parole mais ne pratiquant aucunement ce qu’elles prêchent, déposent leur avoir à tout autre endroit qu’aux caisses Régionales, qu’arrive-t-il?Les chèques qui viennent à ces Régionales sont refusés toujours pour la même raison “fonds insuffisants.” Ces quelques caisses font un tort presque irréparable à toutes les caisses de la province.Cependant, il ne faut pas dire que c’est la généralité, au contraire, c’est le petit nombre, quatre ou cinq et pratiquement toutes situées dans la même région.Si dans ces places où ces caisses sont organisées, les gens déposaient tout leur argent ailleurs, ces mêmes gens iraient à leur caisse que pour emprunter, qu’est-ce que ces gérants diraient?C’est actuellement la même chose qui se passe envers les Caisses Régionales, l’on veut avoir des services de la Régionale et l’on voudrait que ce soit les autres qui paient.Ce n’est pas tout : les Caisses Régionales paient à ses déposants entre 2 et 2% % tandis qu’ailleurs les caisses ne reçoivent que V2 de 1% et bien souvent rien du tout pour leur dépôt.Ces caisses se privent par le fait même d’un revenu substantiel et nous nous demandons s’il est juste et équitable qu’on prive les sociétaires de ces caisses d’un revenu auquel ils ont droit.Que les gérants de ces caisses et les directeurs pensent un peu sérieusement et se demandent en conscience s’ils ont droit de faire cela.A chacun d’y penser.Achat d’obligations Il y a certaines caisses qui achètent des obligations à des prix trop élevés et après, demandent l’autorisation à la Fédération des Caisses Populaires.La Fédération se voit dans l’obligation de refuser ces achats parce que le prix payé est trop élevé.De ce refus, certain gérant de caisse populaire se trouve fort offusqué.C’est plutôt à la Fédération d’être offusqué; en effet la loi dit bien clairement: “Cependant, ces placemenst ne peuvent être effectués par le conseil d’administration de la société de crédit sans avoir été approuvés au préalable par le principal corps administratif ou conseil d’administration de toute fédération organisée en vertu de l’article 49, dont la juridiction ou la compétence, telle que définie par ses statuts et règlements, s’étend à la circonscription territoriale de cette société.” La loi est très claire, il faut avoir au préalable l’assentiment de la Fédération.Souvent, pour se donner raison, l’on dira : il faut acheter ces obligations de suite, sans quoi les courtiers les vendront à un autre.Pour régler cette situation, nous vous conseillons de procéder ainsi : acheter ces obligations sous réserve, c ’est-â-dire moyennant que ces valeurs soient acceptées à tels prix par la Fédération.De cette façon, vous êtes parfaitement protégé.Certain gérant nous dit: je vous conteste le droit de nous empêcher d’acheter telle valeur parce que son prix est trop élevé, ça, c’est notre affaire.C’est de votre affaire comme sociétaire d’accepter ou refuser telle ou telle décision, mais comme gérant, vous n’avez pas le droit de prendre l’argent des autres et d’acheter une marchandise à un prix’plus élevé qu’il ne vaut, et ainsi de priver d’autant de revenus, de bénéfices, la caisse populaire.Nous ne sommes pas théologien, ni casuiste mais ceux qui agissent ainsi d’après nous, prennent de l’argent qui ne leur appartient pas et le gaspille.La Fédération des Caisses Populaires, ne peut participer à de tels actes pour ne pas dire vols.On ne peut faire affaire qu’avec les sociétaires.“Toutes les activités productives ou avantageuses de la société étant essentiellement coopératives, sont exclusivement restreintes aux sociétaires.” Comme vous le voyez, la loi est très claire : une caisse populaire 11e peut faire affaire avec des non membres, c’est-à-dire une caisse populaire ne peut prêter ou recevoir des dépôts des personnes qui ne sont pas sociétaires de la caisse.Pour être sociétaire, il faut posséder une part entièrement payée, plus la taxe d’entrée exigée par la société.Si un prêt est fait à un non sociétaire et qu’il aurait perte, celui ou ceux qui ont permis la violation de la loi en sont personnellement responsables.L’article 50 de la loi dit bien “les membres chargés de l’administration ou de la direction de la société sont personnellement responsables des torts occasionnés par la violation de la présente loi.” Or, prêter à un quelqu’un qui n’est pas sociétaire, c’est violer la loi.C.V.109 — Volume 6 LA CAISSE POPULAIRE DESJARDINS Numéro 7 PaSio-ieA.à méditer C’est admis.Nous marchons vers un ordre social nouveau.Tout dernièrement, dans un discours public, un partisan acharné du libéralisme économique, coniessait humblement que, l’état de chose actuel ne pouvait durer.Et, que sera cet ordre nouveau?Ce que nous l’aurons fait.11 faut donc le préparer de notre mieux.Tour aider les lecteurs de notre revue, nous livrons a leurs méditations, des paroles que «Son Eminence le Cardinal Villeneuve prononçait devant des délégués de Caisses Populaires.— “Je voudrais vous répéter, disait-il, que l’oeuvre des Caisses populaires est une oeuvre, en quelque sorte, de rédemption sociale, très particulièrement chez nous, parce qu’elle provoque, qu’elle exige le développement de la vertu, le sens chrétien, et qu’elle éclaire le sens social.Vous le comprenez bien, nous sommes d’abord chargés de nous-mêmes, de notre sort, mais nous ne sommes pas seuls sur la terre; nous sommes dépendants les uns des autres et, par conséquent, il n’est pas possible que nous nous traitions simplement comme des individus.Nous devons nous rappeler que nous sommes des êtres en société.Voilà pourquoi il nous faut développer, outre la perfection personnelle, le sens social, c’est-à-dire la collaboration à l’oeuvre commune.En ce qui concerne la perfection personnelle, qu’est-ce donc qui fait le plus défaut à nous tous, Mesdames et Messieurs?On nous Ta signalé, c’est que nous manquons d’énergie, nous manquons de vouloir, nous sommes faibles, nous sommes lâches, nous suivons, nous n’avons pas de caractère.Et voilà bien ce qui fait la diminution, l’affaiblissement de plus en plus inquiétant, la disparition même en certains milieux de l’esprit chrétien.Pourquoi sommes-nous devenus des païens dans les modes, dans les habitudes de réjouissances, dans les fréquentations, dans les sorties?Pourquoi même sommes-nous devenus des païens dans nos lectures, dans les journaux, dans les théâtres, clans les relations?(Simplement parce que nous sommes trop lâches pour être des chrétiens.Nous consentons à être baptisés, nous voulons bien rester chrétiens; mais, très communément, nous n’avons pas la force de l’être en pratique.C’est donc, par conséquent, de la faiblesse, c’est donc le manque d’abnégation, de renoncement; et vous savez bien, Mesdames et Messieurs, comment Notre-lSeigneur a caractérisé la vie chrétienne : par le renoncement.Cela consiste à se renoncer.Je voudrais vous signaler comment l’épargne dans la Caisse populaire exige du renoncement.Elle demande un acte de volonté et par conséquent, elle est de nature, au point de vue personnel, à protéger en nous la force et la vertu.Vous voyez par suite le grand effet moral de la Caisse populaire, véritable école de moralité individuelle, comme on vous le signalait à l’instant.Je ne sais pas si on pourrait jamais mettre suffisamment en valeur, en relief, cette pensée que l économie, l’épargne pratiquée par renoncement personnel, c’est la plus difficile de nos jours de toutes les mortifications.D’autre part, je pense que c’est la plus utile, c’est celle qui protégera l’esprit chrétien chez nous.S’il y a l’esprit de l’épargne, il y aura plus facilement la fuite de tous ces plaisirs qui nous perdent et qui nous font simplement vivre comme des païens.” Ce serait de l’impertinence que de faire des commentaires.Notre admiration pour l’Emi-nentissime Cardinal nous l’interdit.Disons simplement à nos assidus lecteurs: profitez, faites profiter votre entourage des hautes directives que vous venez de lire.Méditez-en les leçons qui en découlent.Ça vous aidera à préparer, dans la paix, Tordre nouveau qui, en Europe, se prépare dans les larmes et dans le sang.Paul BREVAL.ACCEPTATION DES CHEQUES Nos Caisses peuvent accepter des chèques, mais elles doivent prendre les dispositions suivantes à cette fin: 1— Dès qu’un chèque est accepté le déduire du compte d’épargne de votre sociétaire, qui demande à faire accepter ce chèque.2— Conservez sur un feuille annexée à votre grand livre d’épargne ou dans un cahier spécial à cet effet, un détail complet de tous les chèques acceptés.3— Loi’sque le chèque est payé par la Caisse Centrale ou par votre Banque, vous l’entrez à votre livre de caisse, vous prenez note de la date et du montant dans votre cahier des chèques acceptés.4— En remettant un chèque accepté à votre sociétaire vous devez l’avertir qu’il ne doit pas le détruire, même s’il décidait de ne pas s’en servir, mais dans ce cas, il doit vous le rapporter pour être déposé à son compte et ainsi annuler le retrait qui a été fait.110 — Numéro 7 LA CAISSE POPULAIRE DESJARDINS Volume 6 LA CLAETE LE NOS CASXXEX LC EL LAIE EX Exposé général par M.le Commandeur Alphonse Desjardins (suite) La Coopération à la Caserne.Afin de donner une idée des applications presqu’illimitées auxquelles se prête, avec une merveilleuse souplesse, la forme coopérative, qu’il me soit permis de reproduire ici le paragraphe intéressant qui suit, emprunté à la revue mensuelle, Y Emancipation, publiée à Nîmes, France, par M.de Boyve, l’un des vétérans du mouvement coopératif dans ce pays:— “Nous savions, grâce à Y Union Militaire, d’Italie, les avantages et les bienfaits que la coopération procure aux officiers.“Deux récentes communications nous apprennent ce que la coopération peut faire pour le soldat.” “L’une émane de M.Chéron, sous-sécrétaire d’État au Ministère de la Guerre :— “L’autre jour, disait-il à la tribune de la Chambre (séance du 10 décembre 1906), dans une visite que j’ai faite à la caserne d’infanterie du Havre et au fort de Saint-Adresse, j’ai trouvé, fonctionnant de la manière la plus heureuse, des coopératives de consommation.Je me suis enquis de leur tarif.On y prend le bock, 5 centimes, une tasse de café excellent, 5 centimes, de plus on réalise à la fin du mois clés économies suffisantes pour organiser de petits concerts, des spectacles au profit des soldats, pour leur distribuer un livret de la Caisse Nationale de retraite pour la vieillesse.A ce propos, un officier explique le fonctionnement de cette caisse nationale des retraites, qu’un grand nombre de citoyens français ignorent, il est triste de le dire.“On a fait mieux, A l’aide de ces économies on envoie des secours aux femmes des soldats mariés.“Je suis encore partisan de cette action coopérative à un autre point de vue que j’indiquerai d’un mot.Nous avons déclaré que nous voulions faire à la caserne l’éducation sociale du citoyen.Or, l’action coopérative est un des meilleurs moyens d’éducation sociale.“C’est ainsi qu’on fera l’apprentissage de la classe ouvrière et qu’on la préparera à prendre sa part légitime de la direction économique”.“L’autre communication a été faite par le commandant Grattau, à la dernière assemblée générale de la Ligue nationale contre l’alcoolisme.“Nous avons fait, dit ce commandant, à Fontainebleau, à la caserne Lariboisière, une expérience concluante et qui peut être appliquée à toute l’armée française quand le ministre le voudra.“Dès le 4e trimestre 1904, nous avons joint à nos salles de lecture et d’écriture, une salie de consommation, ou le soldat vient se reposer après son travail, et où il peut, moyennant dix centimes, boire une tasse de café, de thé ou de chocolat et, en été, de la bière fraîche.“Nos produits sont tous de première qualité et ils sont fabriqués avec le plus grand soin.“A la fin de 1904, les résultats étaient les Francs Recettes brutes.3,690 1 5 Dépenses.2,820 1 0 Bénéfices nets .870 05 "A la fin d'octobre 1906, nous avions comme chiffre d'ensemble :— Francs Recettes brutes.28,472 20 Dépenses.21,648 37 Benefices nets.6,823 83 "Qu'avons-nous fait de ces bénéfices?"Nous les avons partagés en six chapitres:— Francs Gérant du foyer (c'est un soldat désigné par ses camarades à raison de fr.0.35 par jour et 5 pour cent dans les bénéfices 781 32 Amélioration de la bibliothèque .457 15 Caisse de prévoyance collective à tous les soldats de la batterie.356 25 Organisations de fêtes données à la salle du foyer.566 25 Caisse de retraite (chacun de nos hommes ayant un livret individuel.2,980 50 Amélioration et réserve.1,682 36 Total.6,823 S3 "Grâce à notre "foyer moralisateur", nous avons eu la joie de constater dans notre batterie la disparition complète des punitions graves pas un seul cas de conseil de guerre, par un seul cas de conseil de discipline, presque plus de jours de prison et de consigne, "Nos canoniers ne sortent que rarement; la Dlupart du temps ils restent à la caserne et sont contents d'y rester."Ce que nous avons fait à Fontainebleau dans une unité de l'armée française, peut être fait dans les 4,000 unités (batteries, escadrons, compagnies) qui composent l'armée."Si cet exemple était suivi de tous les régiments de France, on aurait un total de recettes de 21 millions de francs; tous frais payés (installation et entretien), il resterait un bénéfice global de 9 millions avec lesouels on pourrait alimenter les caisses de prévoyance, les bibliothèques et l'ordinaire sans demander un sou au budget.Et en "sa cité militaire", bien chauffé, bien nourri, bien amusé, heureux, le soldat resterait, oublierait les bouges et les "Marie-mange-mon-pré" du dehors, pour le grand bien de la patrie et de la race." "La caserne, jusqu'ici le foyer du "fourbi et de la carotte," qui devient, grâce à la coopération, "le foyer moralisateur", où germent et se développent l'économie, la prévoyance, l'instruction, la solidarité, l'éducation sociale.Qu'on aille nier après ces deux récits, l'importance et la vertu de l'idée coopérative!" F I N 111 VARIATIONS DE CAPITAL SOCIAL DES CAISSES POPULAIRES Année Montant de parts souscrites et payées Montant de parts remboursées Montant restant au capital social Nombre de sociétaires Moyenne de parts par sociétaire Nombre de caisses Moyenne de capital par caisse De 1900 à 1914 1915 $ 932,134 132,222 $ 209,081 63,087 $ 715,335 23,614 $ 30 91 $ 7,800 1916 118,195 61,733 770,943 25,028 30 94 8,200 1917 146,507 72,220 837,592 25,669 32 93 9,000 1918 132,006 66,405 907,857 27,593 33 98 9,267 1919 188,235 74,853 1,034,30] 29,795 34 100 10,340 1920 230,816 75,998 1,199,170 31,029 38 113 10,610 1921 241,537 96,326 1,328,991 33,166 40 100 13,290 1922 189,182 115,982 1,355,309 32,173 42 108 12,550 1923 190,785 123,892 1,388,591 31,752 43 111 12,510 1924 165,494 98,469 1,441,373 31,250 46 119 12,110 1925 167,839 91,024 1,534,051 33,279 46 122 12,570 1926 163,201 93,964 1,507,014 36.29B 41 154 9,800 1927 166.287 88,356 1,723,961 41,365 41 159 10,840 1928 213,866 117,955 1,767,090 41,374 42 168 10,520 1929 161,990 109,818 1,850,541 44,835 41 178 10.380 1930 126,411 134,492 1,831,694 45,767 40 179 10,230 1931 95,513 128,393 1,776,049 43,641 40 174 10,200 1932 77,030 141,110 1,619,670 40,933 40 168 9,640 1933 53,704 121,718 1,483,324 36,470 41 162 9,160 1934 97,136 118.435 1,514,070 38,811 39 177 8,555 1935 136,997 88,134 1,557,076 43,045 36 199 7,824 1936 176.208 85,233 1.574,704 49,890 31 234 6,758 1937 252,524 111,080 1,751,229 57,216 31 256 6,841 1938 334,485 118,843 1,993,426 75,419 26 338 5,898 $ 4,890,304 $ 2,606,607 OPERATIONS D’EPARGNE DES CAISSES POPULAIRES Année Montant déposé Montant retiré Montant restant en dépôt Nombre de déposants Moyenne en dépôt par déposant Nombre de caisses Moyenne en dépôt par caisse De 1900 à 1914 1915 $ 9,235,201 2,706,304 $ 8,089,107 2.496,406 $ 1,141,528 13,696 $ 83 91 $ 12,540 1916 3,543,462 3,142,982 1,552.390 15,613 99 94 16,510 1917 4,751.518 4,147,159 2.116,054 18,977 111 93 22,750 1918 5.763,881 5,382,651 2,513,405 20,672 121 98 25,640 1919 8,453,536 7,297.026 3,682,050 23,451 157 100 36,820 1920 10.529,628 9,667,920 4,558,053 26,238 173 113 40,330 1921 10,304,589 10,129,424 4.602,203 30,570 150 100 46.020 1922 6,668,561 7,334,935 3,912,375 30,583 128 108 36,220 192?7,462,071 6,862,423 5,546,339 29,771 150 111 40,950 1924 8.922,645 8,230,520 5,234.973 30,874 170 119 43,990 1925 9,421,380 8,922,721 5,799,951 33,527 173 122 47,540 1926 10,727,346 9.997,154 6,313,532 37,343 169 154 40,990 1927 13,408.563 12,311,982 7,859,954 40,753 192 159 49,430 1928 14,244.035 13,457,731 8,092,968 40,568 200 168 48,170 1929 15,147,018 15,370,605 8,090,614 44.685 180 178 45,450 1930 14,021,284 14,053,755 7,750,875 44,940 172 179 43,300 1931 11,604.832 11,966,213 7,436,861 43,207 172 174 42,740 1932 8,578,836 9,426,961 6.189,794 40,201 154 168 36,840 1933 7,127,428 7,502,889 5,586,812 37,683 148 162 34,490 1934 7.522,689 7,171,415 6,089,713 39,723 154 177 34,405 1935 9,297,288 8,535,890 6,865,477 42,856 160 199 34,500 1936 11,904.751 10,801,832 7,692,407 49,796 154 234 33,015 1937 16,143,273 14.311,550 9,768,984 56,493 173 256 38,160 1938 23,359,462 21,174,755 12,103,888 73,262 165 338 35,810 $250,849,581 $237,786,006 OPERATIONS DE PRETS DES CAISSES POPULARIES Année Montant prêté Nombre de prêts Moyenne de chaque prêt Montant remboursé Montant restant dû.Nombre d’emprunteurs Moyenne due par emprunteur De 1900 à 1914 $ 6,905,414 $ 5,207,284 $ 250 1915 1,483,160 8,983 $ 160 1,270,848 $ 1,684,651 6,728 1916 1,641,258 11,201 140 1,423,445 2,039,178 6,696 300 1917 2,306,171 12,741 180 1,796,574 2,534.134 7,458 340 1918 2,623,095 14,293 180 2,195.190 2,901,517 8,056 360 1919 3,667,004 14,386 250 2,590,282 3,976,940 9,148 430 1920 4,341.543 15,390 280 3,071.338 5,181.391 9,213 560 1921 4,248,725 14,983 280 3,476,322 5,799,282 9,219 620 1922 2,891,092 13,367 210 3,244.932 5,292.322 8,999 580 1923 3,429,444 12,273 270 2,797,933 5,596,589 8,373 660 1924 3,763,852 11,017 340 3,032,071 6,327,516 8,414 750 1925 3,919,960 13,794 280 3,394,208 7,087,211 9,384 750 1926 4,496.955 15,843 280 3,609,813 7,668,292 10.418 730 1927 4,778,761 16.832 280 3,624,570 9,371.925 11,754 790 1928 5,047,769 17,403 290 4,201,771 9,592,607 11,885 800 1929 4,249.650 17,994 230 3,853,001 10,314,622 13,553 760 1930 3,724,537 18,857 200 3,664,922 10.142.575 14,278 710 1931 2,998.046 16,203 185 3,400,013 9,762,338 13,240 735 1932 2,157.886 13,283 160 2,864,183 8,605,440 12,363 695 1933 1,682,551 11,407 150 2,340.816 7,667,919 10,784 710 1934 2,141,801 11,295 190 2,113.368 7.934.002 11,230 707 1935 2,803,748 12,175 230 2,417,586 8,287,077 11,987 691 1936 3,370,821 13.974 241 2.483,578 8,943,821 13,453 665 1937 4,310,777 17,639 244 2,824.457 10,668,901 15,576 685 1938 5,725,808 $ 88,709,828 23,553 243 3,649,750 $ 74,548,255 13,035,610 19,679 663
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