ARQ, 1 avril 1995, Avril
[" AVRIL 1995 LA REVUE D'ARCHITECTURE QUEBEC LA CAPITALE EN CHANTIER LE CONCOURS DE LA FACULTÉ D'AMÉNAGEMENT DE L'UNIVERSITÉ DE MONTRÉAL \u2022 ¦¦-***.'* ; ¦j&fV .smmmmm \u2022: *æ?-.ïv?,sJ| \u2022r*£ \u2022it y '* ¦-¦ I \u2014 - - j* -i- -î« ¦¦ïm '^T^r^y setx -\u2022*\u2014*-irV-4^ £ 2222 »SXV BÉBél g.\u2022'.:-.sSSE ¦sa ^agwgjj a «pansa «w -¦^ww^iBa BMâ mms.ffiHgHKijij 1^ SSfi Ê:V;ÿ?, SWl^! 1»! ®tlÉi§i Définit les standards TEL.: 1-800-267-0185 Une large bande d\u2019ombre donne un relief marqué, même en plein soleil.delà personnalité Au début du siècle, plusieurs villes de la province de Québec faisaient étalage de leurs maisons de style victorien.Les dômes, flèches, pinacles, balcons travaillés, pignons et vérandas surgirent à profusion.Pour remémorer cette époque, IKO est fier de présenter le Royal Victorian.Un élégant bardeau d\u2019asphalte organique qui exprime raffinement et bon goût.Ses pattes fortement arrondies et sa large bande d\u2019ombre qui lui donnent un relief marqué, même en plein soleil, créent sa personnalité, un style qui s\u2019affirme.Soutenu par une garantie de 25 ans et offert en quatre coloris, il dorme un caractère original à votre résidence et voisinage.Voyez dès maintenant le Royal Victorian chez votre fournisseur.ROYAL VICTORIAN TOUT LE DETAIL DE LA VÉRITABLE BRIQUE D'ARGILE La «Briqueterie St-Laurent» vous offre une gamme complète de produits de qualité depuis près de 100 ans.Vous le saviez! 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LA CAPITALE EN CHANTIER LA CAPITALE DU QUÉBEC, À L\u2019AUBE DU TROISIÈME MILLÉNAIRE Serge Viau, architecte et urbaniste, directeur, service de la planification, ville de ouébec ¦ Capitale de toujours, de la Nouvelle-France, du Bas-Canada, du Canada-Uni, de la province de Québec ou d\u2019un éventuel Etat, Québec défend sa place, se met au défi, soigne sa tenue.Depuis près de 400 ans.Elle est fière.De son passé, de son rôle, de sa beauté, de son site spectaculaire, de sa qualité de vie, de ce qu\u2019elle aspire à être.Elle est ambitieuse.Comme toute autre capitale, elle se veut représentative.Dans tout son être et dans toutes ses fibres, dans son aspect comme dans son aménagement.Représentative aussi de tous les Québécois, de tous les francophones d\u2019Amérique.Du passé, de ce que nous avons été; du présent, de ce que nous sommes; de l\u2019avenir, de ce que nous voulons être.Collectivement.Elle veut témoigner des faits de notre histoire, des gloires comme des défaites, voire de nos exultations et de nos tourments passés.C\u2019est notre patrimoine à reconnaître, à mettre en valeur, à communiquer.Elle se veut le véhicule de nos valeurs, de nos principes, de nos défis, de nos aspirations.Elle se doit d\u2019être au coeur de notre action.Elle réclame une participation dans le jeu.Elle souhaite qu\u2019on s\u2019identifie à elle, comme elle aspire à être le reflet de ceux quelle représente.Elle ne doit nier ni passé, ni présent.Au contraire, elle veut les promouvoir.Elle se tourne aussi vers l\u2019avenir.Elle est manifestation de continuité.Elle est symbole.L\u2019aménagement symbolique d\u2019une capitale L\u2019aspect symbolique dans l\u2019aménagement d\u2019une capitale est fondamental.C\u2019est sa distinction.Dans les grandes capitales, il est évident, naturel, prédominant; dans les plus petites, comme à Québec, il faut le renforcer, volontairement, la qualité suppléant à l\u2019abondance et à l\u2019amplitude.Non seulement dans son coeur, mais dans la totalité de sa trame, dans sa structure urbaine, en périphérie comme au centre.Les espaces verts, la protection de l\u2019environnement, la qualité de vie deviennent des valeurs privilégiées ?Alors l\u2019aménagement des espaces urbains et naturels doit refléter ces valeurs, devenir exemplaire.La technologie de pointe représente un axe majeur de développement ?Alors les espaces et les programmes d\u2019accueil sont planifiés en congruence.Le développement culturel et sa diffusion sont au coeur de l\u2019action politique ?Alors des équipements et des manifestations doivent le démontrer.Québec investit dans tout cela.Revalorisation des espaces publics La fonction de capitale nous amène à miser sur la revalorisation et la restructuration des espaces publics, trop souvent délaissés, insignifiants dans les villes modernes.Leur déploiement en réseau, place-rue-place, crée cette succession tant appréciée dans les villes et les capitales anciennes.La qualité, la signification de ces espaces renforcent l\u2019âme de la ville.Elles supportent la fonction de capitale.Elles créent l\u2019esprit du lieu Québec s\u2019est donc donnée un programme de réfection, voire de création de nouveaux espaces publics, grands et petits.Même si elle en était déjà bien pourvue.La mission visait à élargir le territoire d\u2019animation et de signification, à augmenter le nombre de lieux de commémoration, à amplifier le rôle symbolique, tout en rehaussant la convivialité des lieux.De la terrasse Dufferin à la Pointe-à-Carcy, de la place d\u2019Armes à la place de Paris, de place D\u2019Youville au jar- 6i | [tld IW pen! lit» !i;b: I KljJit Btf | ink ilil \"fa ' J- III ai ¦ É ft ft/ \u2014r\u2014i- EiM- !!- lip/i n 1 us \u2018'4 m i!i Si! TT»; Bli is n liiiliiillii rjaO Suilmlüu :ÏÏPÏW Sy t/ ' mmm mm \\*>i -%;, dm \"wïd -*v 7 1 f-T-v:'.\u2022 -v-\u2018 *\t- AVRIL 1995 1G ¦11111 E .t-JP wiai ¦¦ din de Saint-Roch, du boulevard René-Lévesque à la place de la FAO, de place de l\u2019Amérique française au marché du Vieux-Port, de la rue Cartier au Petit-Cham-plain, et beaucoup plus encore.Et beaucoup plus loin aussi.Une architecture respectueuse du site Québec s\u2019est aperçue un peu tard que les hauteurs ne lui convenaient pas, sauf exception.Elle s\u2019est rajustée.La géographie et l\u2019histoire lui imposent une architecture qui se colle au site, qui se marie avec la trame ancienne, qui met en valeur ce site et cette trame, voire qui les reconstruit.Pour retrouver et assurer la continuité.Les douces audaces sont cependant bienvenues, pour y inscrire l\u2019actuel et même l\u2019avenir; les copies le sont beaucoup moins, même si elles sont parfois inévitables.C\u2019est un travail d\u2019harmonie et d\u2019intégration subtile qui est recherché, qui priorise les valeurs d\u2019ensemble, sans que cela soit au détriment du projet lui-même.Beaucoup plus difficile à réaliser! Un peu plus humble aussi.La trame des anciens quartiers a été tellement affectée par nos modèles d\u2019intervention urbaine des années soixante que, depuis quinze ans et pour les dix prochaines années, on s\u2019attarde à recoudre les tissus, à retrouver le caractère perdu, à humaniser à nouveau l\u2019espace et le paysage architectural.Vivable et vivante Une capitale ne doit pas être qu\u2019institutionnelle, que cérémoniale.Elle doit aussi être vivable et vivante.Québec mise sur la qualité de vie, comme valeur d\u2019avenir.Sur tous les plans, matériel, moral, intellectuel.Elle souhaite un nombre et une étendue de services lui permettant de réaliser cette aspiration.On réclame des espaces de récréation nombreux et à proximité ?Elle est déjà choyée.Une vie urbaine agréable et animée ?On multiplie les lieux de rassemblement, les espaces culturels, les fêtes et les festivals.On veut une large variété de services ?Alors, on spécialise et embellit les artères commerciales.On exige une vie permanente ?On oblige l\u2019habitation, on favorise la mixité, en priorité au centre.Non pour devenir métropole, mais pour assumer pleinement son rôle de capitale effective et symbolique, pour être représentative.Pour rester à son échelle aussi, facilement saisissable, doucement conviviale.Parc Félix-Leclerc.La réanimation spectaculaire de la rue Petit-Champlain s\u2019est complétée dernièrement par le réaménagement du parc Félix-Leclerc flanqué de la Maison de la Chanson agrandie.Design du parc: Service de l\u2019urbanisme, Ville de Québec, André Plante, architecte du paysage.Maison de la chanson, Jean Côté et associés, architectes.Photo: Ville de Québec, Raymond Demers.Méduse.La pointe de la côte d\u2019Abraham revivra par l\u2019installation, dans huit bâtiments rénovés ou reconstruits, de la coopérative Méduse qui regroupera onze entreprises culturelles touchant une vaste gamme de disciplines; une salle expérimentale multi-médias est aussi prévue.Elle est en quelque sorte l\u2019expression du lien nouveau qui doit unir la haute et la basse ville.Architectes du projet: Emile Gilbert et associés.Place de Paris.En bordure de la place Royale, la place de Paris veut marquer le début de la colonie française en Amérique.La modernité de son monument exprime la continuité en projetant un regard vers l\u2019avenir.Design de la place: Service de l\u2019urbanisme, Jean Jobin, architecte.Sculpture, Jean-Pierre Raynaud.Photo: Ville de Québec.Place de la FAO.La FAO a été fondée à Québec en 1945.Pour marquer ce cinquantième anniversaire, une place sera aménagée dans le Vieux-Québec/Basse-Ville de manière à établir la jonction entre la place Royale et la place de la Gare.Elle sera inaugurée lors du symposium international qui aura lieu à Québec à l\u2019automne.Design de la place: Service de l\u2019urbanisme, André Plante, architecte du paysage.Sculpture, Richard Purdy.Photo: M.Boulianne.L\u2019aménagement de ce vaste espace actuellement consacré au stationnement en surface permettra de redéfinir et revaloriser une des principales portes d\u2019entrée à la capitale, par la gare du Palais devenue maintenant intermodale.Photo: Ville de Québec, Claude Chabot.Même contesté, l\u2019aménagement du Vieux-Port reçoit l\u2019été une promenade recherchée.Il a permis aux citoyens et citoyennes de reconquérir le fleuve.La ville de Québec étant née par la mer, il était important qu\u2019elle retrouve le contact avec elle.C\u2019est comme l\u2019extension de l\u2019arrondissement historique.Photo: Serge Viau.Place de l\u2019Amérique française.La place de l\u2019Amérique française, face au Grand Théâtre de Québec, deviendra l\u2019aboutissement du réaménagement du boulevard René-Lévesque en véritable boulevard urbain paysager beaucoup plus compatible avec le caractère de la Colline parlementaire.Ces deux espaces feront donc une boucle avec la Grande Allée, allongeant ainsi les circuits piétonniers.Photo: Ville de Québec, Claude Chabot.LA REVUE D'ARCHITECTURE ARQ rrrnri p !«§*3 '*.«\u2022 H ï n in ni \u2022*» h ï ¦s\" mi IF .Ill Jllfw « Il Al, il :\u2018ü i 11» 'Î2T.SW | [fclSiSK!* _ sHI \u2018WSifi \u2022W~- i£t-t 1 -, - - \u2014¦ \u2022.i !W' 'rStüPin LÏS-r- ¦RU.r.Hi Li ^ 'G » LA CAPITALE EN CHANTIER LA FABRIQUE, SYMBOLE D'UNE RENAISSANCE propos de Jacques Alméras, directeur général adjoint, ville de québec, RECUEILLIS PAR CAROLE BROUSSEAU, CONSEILLÈRE EN MARKETING, VILLE DE QUÉBEC Tout comme la majorité des centres-villes nord-américains, la ville de Québec est touchée par les conséquences de l\u2019étalement urbain.Animée d\u2019une volonté de sauvegarder le patrimoine précieux des vieux quartiers, d\u2019exploiter leur potentiel et de freiner l\u2019exode de la population vers la banlieue, la Ville de Québec est bien déterminée à revaloriser le mode de vie urbain.Un projet ambitieux et de longue haleine! Toutefois, à la lumière des résultats obtenus jusqu\u2019à maintenant, tout laisse croire quelle est sur la bonne voie.Une touche d\u2019audace Le centre-ville de Québec a été laissé à l\u2019abandon pendant plusieurs années.Les industries, les commerces et la population résidente l\u2019ont quitté tour à tour.Le quartier Saint-Roch, situé au cœur de la capitale, est le plus blessé.«Il fallait réagir.Arrêter l\u2019hémorragie.Provoquer et accélérer son redéveloppement», souligne M.Jacques Alméras, directeur général adjoint à la Ville de Québec.Malgré la morosité économique du quartier Saint-Roch, celui-ci présente un potentiel architectural et culturel indéniable.De fait, le quartier recèle des édifices patrimoniaux témoignant d\u2019une riche architecture.On y trouve également une concentration importante d\u2019artistes.Au-delà d\u2019une soixantaine de studios d\u2019artistes et d\u2019une cinquantaine d\u2019ateliers de création y ont pignon sur rue.C\u2019est aussi pour ces raisons qu\u2019un regroupement d\u2019organismes culturels et artistiques, désirant se doter d\u2019infrastructures de production multimédias, a mis de l\u2019avant le projet Méduse.Méduse sera situé dans la côte d\u2019Abraham.La rénovation et la reconstruction d\u2019édifices vont bon train.Déjà les premiers occupants y vivent de leur art.Son ouverture officielle est prévue pour le printemps prochain.«Devant les investisseurs plutôt discrets, souvent absents, nous avons décidé de prendre les devants,» affirme M.Alméras.«Question de donner le signal du retour au centre-ville, de montrer que nous y croyons, la Ville a investi la première, et ce, en misant sur les forces dominantes du quartier».En 1992, le coup d\u2019envoi est donné.La Ville aménage un magnifique jardin public pour enjoliver l\u2019environnement et rendre le quartier plus invitant.Sur certaines artères, des travaux de réfection de rues et de trottoirs sont menés, des arbres sont plantés, des bancs publics et des lampadaires sont mis en place.Soucieuse d\u2019investir selon ses moyens et d\u2019amener les investisseurs à côtoyer et redécouvrir le centre-ville, l\u2019administration municipale s\u2019associe à l\u2019entreprise privée pour recycler un édifice patrimonial, l\u2019ancienne manufacture de lingerie féminine Dominion Corset.Elle y logera son Centre de développement urbain (CDU) à l\u2019automne 1993.«La restauration de l\u2019édifice, inoccupé depuis 1988, et l\u2019aménagement du CDU représentent un geste symbolique de la relance du centre-ville,» souligne M.Alméras.«Iis contribuent, non seulement à redonner vie à l\u2019un des plus beaux bâtiments industriels de Québec, mais aussi à attirer notre clientèle et nos partenaires, promoteurs, gens d\u2019affaires, architectes, citoyens et citoyennes, au centre-ville pour qu\u2019ils voient que les choses changent».La création du CDU a été également l\u2019occasion idéale pour la Ville de revoir ses façons de faire pour mieux répondre aux besoins de sa clientèle.La Ville de Québec a regroupé sous un même toit les services voués au développement urbain: le Service de l\u2019urbanisme, l\u2019Office municipal de développement économique de Québec (OMDEQ) et la Société municipale d\u2019habitation et de développement Champlain (SOMHADEC).Selon M.Alméras, la présence de ces services en un même lieu permet une meilleure concertation et une coordi- AVRIL 1995 f i ¦ ¦ it 11 ¦ ¦ IB 11 Un artisan à l'oeuvre.Photo Michel Bourassa, service des communications, Université Laval.Façade commerciale rénovée sur la rue Saint-Joseph.Photo: Ville de Québec, Raymond Demers.Le Jardin de Saint-Roch.Photo: Ville de Québec.La Fabrique, vue intérieure.La Fabrique.La Fabrique.nation accrue entre les personnes engagées dans un même projet.Simplifier les démarches, les procédures et l\u2019accès aux services municipaux, voilà sur quoi reposent les objectifs du CDU.Petit à petit, le quartier\u2022 reprend vie Il serait utopique de penser que le visage du centre-ville va complètement changer en deux ou trois ans.Toutefois, à force d\u2019efforts soutenus et constants pour convaincre les investisseurs de miser sur le quartier, la Ville est confiante que les choses auront bien changé d\u2019ici an 2000 et que les préjugés négatifs, dont sont accablés les quartiers centraux, ne seront qu\u2019un mauvais souvenir.D\u2019ores et déjà, on constate une nouvelle vitalité dans le quartier Saint-Roch.À peine quelques mois après la fin des travaux de recyclage de l\u2019édifice La Fabrique, \u2019Université Laval faisait l\u2019acquisition de plus de 50% de l\u2019édifice, pour y loger son Ecole des arts visuels.A \u2019automne 1994, près de 800 personnes, étudiants, étudiantes et personnel enseignant débarquaient en ville, insufflant un nouveau dynamisme dans le quartier.Plusieurs ont adopté le quartier.Certains ont même choisi d\u2019y faire leur nid.Ici et là, dans le voisinage de La Fabrique, de petits restaurants et cafés des plus sympathiques voient le jour, notamment sur la rue Saint-Vallier.D\u2019autres commerçants, déjà établis sur la rue Saint-Joseph ou de la Couronne, rafraîchissent la façade de leur établissement.De nouveaux logements sont créés.À deux pas de La Fabrique et du jardin de Saint-Roch, trois jeunes promoteurs ont acquis une ancienne manufacture pour la convertir en lofts résidentiels: Les lofts du Soleil.La majorité des lofts ont été vendus avant la fin des travaux.Ils sont de plus en plus nombreux à tirer profit des programmes mis de l\u2019avant par la Ville pour encourager tantôt la rénovation, tantôt la construction, tantôt le recyclage d\u2019édifices commerciaux et résidentiels.À titre d\u2019exemple, depuis 1993, l\u2019Opération de relance «Rues principales» a permis à près d\u2019une vingtaine de commerçants de la rue Saint-Joseph de rénover la façade de leur établissement.Dans le cadre de ce programme, la Ville de Québec a versé au-delà de 220 000 $ en subventions.Des projets résidentiels importants ont également été réalisés.Depuis l\u2019ouverture du CDU, la Ville de Québec a versé un peu plus d\u2019un million de dollars pour subventionner la création de 209 nouveaux logements dans Saint-Roch.ARRHITEI : IRE ARQ LA CAPITALE EN CHANTIER LE PROJET DE RÉAMÉNAGEMENT DU BOULEVARD RENÉ-LÉVESQUE ET DE L\u2019AUTOROUTE DUFFERIN-MONTMORENCY Lucie K.Morisset Architectes Gauthier Guité Roy, architectes Designers urbains Le Groupe Lestage Ingénieurs Piette, Audy, Bertrand, associés, inc., ingénieurs Historien d'architecture Luc Noppen Spécialiste en éclairage George Sexton Client Ville de Québec Programme Réaménager les deux principaux axes routiers du centre-ville de Québec, notamment dans l\u2019objectif de retisser l\u2019espace urbain proximal.Aux portes du Vieux-Québec, aux pieds de la colline parlementaire, le design urbain s\u2019est investi d\u2019une mission honorable: retrouver la mémoire de la capitale.Depuis leur percée initiale, les axes Dufferin-Montmorency et René-Lévesque ont vu se succéder, inachevés, les projets d\u2019aménagement: d\u2019abord dédiés à l\u2019urbanisme monumental d\u2019une capitale émergente, les boulevards sont passés sous la bannière fonctionnaliste, entichée d\u2019y mesurer, canaliser, drainer les circulations du centre-ville.Centre-ville asthénique dont on est forcé de constater, aujourd\u2019hui, la désuétude; et, mal cicatrisées, les utopies successives hantent toujours les lieux du spectre désolant des no mans land périurbains.Les voies autoroutières ont littéralement disloqué l\u2019espace urbain, ainsi transfiguré en un éden automobile emprisonnant le cœur de la capitale.Il s\u2019agissait de restituer les significations qu\u2019avait dérobées une fonctionnalité passée de mode.Le génie civil proposait à ceci des pistes incontournables; mais pour transcender l\u2019éphémère, seule la mémoire des lieux of- frait de rétablir la continuité essentielle à cet espace plus symbolique que circulatoire.C\u2019est à ces sources que les concepteurs, ici, ont choisi de s\u2019abreuver: ils ont fait de l\u2019histoire le matériau du projet.Certes, on aurait difficilement trouvé un lieu plus riche de cette féconde mémoire au chapitre de laquelle les concepteurs du réaménagement, dont on rappellera l\u2019intervention au Site des Moulins de l\u2019île-de-la-Visita-tion, ont déjà prouvé leurs habiletés.Mais si, en d\u2019autres cas, pareille intervention eut appelé l\u2019excavation de quelque strate archéologique, retisser l\u2019urbain demandait plutôt que l\u2019on excave le principe organisateur des lieux, afin d\u2019effacer les ruptures, peut-être moins concrètes que symboliques, entre les axes et les paysages proximaux.Le réaménagement proposait deux écritures: l\u2019une, structurelle, rétablirait ce mariage tacite; la seconde, explicite, en actualiserait les significations.Ainsi le boulevard Dufferin-Montmorency est-il devenu «coulée verte» \u2014le long de l\u2019emprise des fortifications\u2014, à l\u2019image du tracé qui, ultimement, finit par accueillir des voitures: la définition centrale de l\u2019axe re- | modelé, que ponctuent les passages de la trame dominante \u2014la prééminence historique de l\u2019orientation perpendiculaire a ici renoué les rapports de la ville au faubourg\u2014 sanctionne cette perspective grandiose, depuis son sommet devant l\u2019Hôtel du Parlement, jusqu\u2019à sa fuite vers les Laurentides, au nord.L\u2019axe René-Léves- I que, où la victoire du piéton a réduit le nombre de voies I carrossables, traduit dans le langage du boulevard ur- I bain la ligne de tir du bastion des Ursulines qui, depuis des siècles, dictait déjà sa percée.La définition latérale qu\u2019offraient les gratte-ciel du centre-ville fonctionnel se couple désormais au coteau de la colline, \u2014toutes les I voies du boulevard ont été reportées en contrebas\u2014 qui I consacre une fois pour toutes «l\u2019acropole» de la capi- I taie, dans un paysage monumental dont la trame ancienne, révélée, articule de nouveau le discours.Le long de sa promenade, sur le haut du coteau \u2014des escaliers appareillés à la trame du faubourg, interrompue par la colline, retissent les relations de celui-ci au secteur par- * ¦KilfatQ rPiimai /rïï _______ laaagi têmm bauiit jlfli! iftCfi [OlK jgjllt fui 5133 edi Ips-o te».|biS'' 03111c 101 dpb lün km.H H H K AVRIL 1995 14 Kit, loin-¦: fill ht lifi pi a 1® :« K III- ;;d: mis B Is -fi iCii: lift .elon» üllCl) piih up lementaire\u2014 le piéton nouveau croisera quelques belvédères animant son parcours; son regard vers les Lau-rentides s\u2019accrochera aux repères intermédiaires de la ville que redécouvre la colline, jusqu\u2019à la perspective ultime, celle de Dufferin-Montmorency, qu\u2019interrompt un instant un aménagement sculptural, œuvre d\u2019art ponctuant l\u2019échelle et le symbole du lieu.On ne saurait en effet confondre la mémoire et le passé: truffé de significations et de références, l\u2019exposé sibyllin de cet ancrage historique devient pertinent dans un aménagement thématique qui marque son appartenance à la contemporanéité.D\u2019où cinq nœuds symboliques \u2014celui accrochant l\u2019envolée de Dufferin-Montmorency, à l\u2019ancienne Cliffview Place, en est un\u2014 et plusieurs «citations», de la ligne de tir du canon, de l\u2019ancienne tour Martello, qui côtoient les traductions objectales \u2014éclairages des itinéraires, sculptures, panneaux gravés, etc.\u2014 des paramètres nouveaux du lieu.En dédiant le réaménagement à l\u2019époque actuelle, ces derniers symboles portent gage, dans le court terme, du succès de l\u2019interprétation; le projet Dufferin-Montmo-rency/René-Lévesque réussira dans la mesure où ce traitement «iconographique» l\u2019aura rendu lisible par tous ceux à qui il s\u2019adressera.Mais sous la modulation formelle qui traduit la mémoire cherchée, le propos des créateurs réintroduit les axes dans le syntagme des pratiques urbaines du lieu, ancrant le secteur amnésique au continuum temporel.Qu\u2019on ne s\u2019étonne pas d\u2019une parenté certaine du projet aux grandioses perspectives du baron Haussmann, aux Champs-Elysées, au Paseo del Prado de Madrid, au triomphal Mail de Pierre-Charles l\u2019Enfant (Washington) auxquels s\u2019est d\u2019ailleurs abreuvé le récent réaménagement des boulevards Pacheco-de Berlaimont et du Botanique, à Bruxelles, lui aussi destiné à éradiquer les abus d\u2019un fonctionnalisme désertificateur.Le projet des axes Dufferin-Montmorency et René-Lévesque propose un monument, au sens étymologique du terme, dédié à garder présentes les mémoires en un lieu dont la signifiance garantit la pérennité.Il s\u2019agissait, de fait, de retisser l\u2019identité plutôt que strictement retisser l\u2019espace.Le réaménagement du boulevard René-Lévesque, limitrophe du Centre des congrès, s\u2019amorcera au printemps 1995; celui de l\u2019axe Dufferin-Montmorency suivra, à partir de 1997.Entre temps le concept d\u2019aménagement, hommage \u2014on ne peut mieux situé\u2014 à la richesse sémantique de la capitale, a été soumis à la consultation publique.Il est à espérer que les relents de l\u2019esclavagisme fonctionnel qui, en certains univers, sévit toujours, ne reviendront pas avilir le monument de quelque mortifiante soumission à l\u2019usage ou à l\u2019épargne dont on sait à l\u2019avance l\u2019effet, sur la culture comme sur la mémoire.Notice biographique Lucie K.Morisset est historienne de l\u2019architecture, candidate au doctorat et chercheure au Célat.Elle a signé plusieurs publications et recherches sur l\u2019architecture du XXe siècle au Québec.> ' ' ^ a a t» IP «L » an 1.\tPlan d'ensemble.2.\tPlan, segment type.Coupe, segment type.Elévations type.3.\tPlan, segment type.Coupe, segment type.Elévations type.4.\tÉlément de compositon: le belvédère.15 LA REVUE D'ARCHITECTURE ARQ LA CAPITALE EN CHANTIER LE JARDIN DE SAINT-RÜCH Concepteurs Option aménagement Williams Asselin Akaoui Gagnon, Guy, Letellier, Cyr, architectes Chargés de projet Ron Williams, chargé de projet Marc Letellier, chargé de projet adjoint Ingénieurs Les Experts-conseils Sogéco inc., le groupe Méconair ltée, ingénieurs Entrepreneur Terrassement Portugais inc., entrepreneur général Client Ville de Québec Coût 6 millions $ Programme Aménagement d\u2019un jardin public de quelque 8000 mètres carrés, au cœur d\u2019un quartier fortement urbanisé.Oasis d\u2019un désert urbain plutôt autoroutier, le jardin de Saint-Roch inaugurait, en août 1993, le programme de revitalisation du centre-ville de la capitale.Au cœur des incessants bourdonnements urbains, il se dédiait à requalifier le secteur aux yeux des investisseurs: aux citoyens, il aura à tout le moins rendu la valeur verte qui avait succombé à la dégradation au parc Victoria.Les créateurs ont opté pour un objet autonome, désolidarisé du contexte peu attrayant dont on espère qu\u2019il répondra à la séduction du nouveau lieu: comme pour contredire le va-et-vient qui l\u2019entoure, c\u2019est un jardin, plutôt qu\u2019une place, qui a fait d\u2019un espace de transit une réelle destination.On s\u2019y rend pour s\u2019y détendre, s\u2019y promener, s\u2019y rafraîchir: enfoui en contrebas des axes routiers, un sunken garden qu\u2019on a baptisé «jardin intime» contemple un bassin nommé «lac»; une cascade s\u2019y échoue, après avoir accroché à la «falaise» un bruis- sement d\u2019eau qu\u2019on n\u2019aurait jamais cru entendre en ces lieux.L\u2019analogie n\u2019est pas fortuite avec des visions paysagères qu\u2019on dirait volontiers québécoises: en ce site, rendu amnésique par vingt ans de vacance, les designers ont réuni les images d\u2019autres lieux en une sorte d\u2019anthologie romantique de la ville.De fait, si la «falaise» rachète la dénivellation du terrain, si l\u2019axialité du jardin s\u2019abreuve à la trame urbaine locale, l\u2019ordonnance y réfère à des images exogènes: entremêlés à un véritable herbier canadien, dont l\u2019expérience botanique défie les féroces embruns salins du secteur, les assemblages géologiques \u2014à commencer, justement, par la «falaise»\u2014 se réclament du Cap Diamant, symbole s\u2019il en est de la capitale.Il ne fait aucun doute que le jardin, ne serait-ce que par le dessin articulé qu\u2019il offre aux futurs bâtiments hauts de son voisinage, évoque une organisation logi- que propice à consolider la stabilité de son environnement.Mais ce double intérêt d\u2019un «tableau» et d\u2019une «promenade», colligeant habilement des signes venus d\u2019ailleurs, ne s\u2019ancre que faiblement au lieu qu\u2019il monumentalise, un peu comme une sculpture générique indifférente à son encadrement; et l\u2019on peut se demander dans quelle mesure la post-modernité, friande de logiques mémorielles, conservera intègre cet «ailleurs» condensé en un espace sans aucune autre mémoire que celle de ses créateurs.De ce point de vue il conviendrait d\u2019interroger la durabilité de cet objet, étranger au quartier Saint-Roch, porteur d\u2019une nouvelle identité dont l\u2019histoire des lieux n\u2019étaie pas le sens.En attendant l\u2019éventuelle sanction culturelle du temps, le succès de foule de l\u2019aménagement, à tout le moins, en consacre la pertinence.Lucie K.Morisset U -^3Sgj PfessasS SEUIL - SEUIL ittoÉSpSÎIHS* ;'v JARDIN aORAL- \u2019-.hj-Tÿ-.' EST-OUEST GAZON.' COUVRE-SOL3 CASCADE _ BELVÊOERE A- ~ ~ - - LE SOLEIL Photos: Paul Dionne - - - K - - ^ Tii*.-M n £ RUE SAINT-VALUt RUE SAINTE-HÉLÈNE AVRIL 1995 16 LA RÉSIDENCE WILFRID-LECOURS Architectes Gagnon, Guy, Letellier, Cyr, architectes Chargé de projet Marc Letellier Architecte collaborateur Luc Laperrière Ingénieurs Les Consultants BPR, ingénieurs en structure Solivar Groupe-Conseil, ingénieurs en mécanique et électricité Paysagistes Associés en planification du paysage Entrepreneur Construction Renald Charland inc., entrepreneur général Client La Société d\u2019habitation du Québec En 1989,1' École technique de Québec a découvert une nouvelle vocation.Agrandi, l\u2019édifice a été choisi pour accueillir les habitations à loyer modique de la résidence Wilfrid-Lecours.Mais devant les budgets que l\u2019on connaît à ce type de programme, respecter le monument d\u2019histoire en créant un lieu bien contemporain devenait tout un défi.Les architectes ont dû choisir: au lieu des structures hétéroclites qui occupaient la cour arrière, ils ont préféré un jardin, désormais enclos par une quatrième aile, inscrite entre les ailes latérales du bâtiment; le vaste couloir de celles-ci, longeant le jardin à la manière d\u2019un cloître \u2014l\u2019ordonnance en arcade des fenêtres de l\u2019école contribue à l\u2019image\u2014, explicite la cohérence de l\u2019intervention.Faire tabula rasa, ici, s\u2019est révélé profitable: le geste des créateurs a restructuré le site, mis en valeur le monument, insufflé au quartier la vie d\u2019une architecture nouvelle, et offert aux futurs locataires des logements exceptionnels, dont plus du tiers recyclent l\u2019ancien bâtiment.L\u2019on remarquera d\u2019abord la personnalité bien autonome de la nouvelle architecture.La nouvelle aile, incurvée, paraît nichée entre les ailes anciennes, comme si ces secondes étaient venues, après coup, envelopper la première: la façade orangée se pare aussi d\u2019éléments Ethiques de l\u2019ancêtre en ce lieu.On pourrait même croire l\u2019alternance des couleurs de la brique destinée à moduler l\u2019échelle, ou encore à rappeler les bandeaux de pierre de l\u2019ancien bâtiment; mais la modénature des percements appartient bien à la sSsfSSBi » J contemporanéité: l\u2019immeuble bigarré s'apparente d'ailleurs plus aux créations des années 1930 qu\u2019à l\u2019historicisme baroque de l\u2019école de l\u2019architecte Lemay.Et c\u2019est cette distinction entre l\u2019ancien et le nouveau, bien mieux que toute servilité plagiaire, qui a ressuscité la qualité formelle du lieu.En plus d\u2019une finition admirable de tous les détails, il faut souligner le soin porté à la composition des unités d\u2019habitation, tant dans les ailes anciennes que dans l\u2019aile nouvelle; là, même le couloir médian, se pliant aux caprices de l\u2019implantation incurvée, rompt l\u2019ennuyeuse enfilade des barres usuelles.Vu de l\u2019extérieur, cet arrondi évoque bien sûr l\u2019historique moulin à vent de l\u2019Hôpital général voisin; mais c\u2019est plutôt l\u2019immeuble d\u2019habitations des Stadtvillen an der Rauchstrassede l\u2019architecte Rob Krier (1983, Berlin) que la résidence Wilfrid-Lecours rappelle.Il convient d\u2019applaudir l\u2019introduction, à Québec, du discours urbain de l\u2019illustre architecte luxembourgeois, discours méritoire de l\u2019intelligente inscription du bâtiment à vocation sociale dans la ville.Si l\u2019on peut regretter, en ce sens, que l\u2019entrée principale, reportée dans une aile latérale de la résidence, ne participe pas à l\u2019axialité de la composition, il faut néanmoins louer le choix des architectes en faveur de la monumentalité du nouvel ensemble \u2014l\u2019articulation symétrique du plan et des volumes en est éloquente\u2014, propice à une expérience intéressante et, surtout, à une appropriation sensible des lieux.Lucie K.Morisset mmwa r&iJ» mil il Coût 7,6 millions $ Programme Construction d\u2019un immeuble de 115 habitations à loyer modique, destinées à des personnes âgées en perte d\u2019autonomie.L\u2019intervention incluait la réutilisation partielle de l\u2019ancienne Ecole technique, construite en 1909.LA REVUE D'ARCHITECTURE ARQ Photos: Paul Dionne .- : \u2014r.-.-agj TWk LE CENTRE DE RECHERCHE FORINTEK Architectes Gauthier, Guité, Roy, architectes Ingénieurs Consultants BPR, ingénieurs en structure Groupe Conseil ADS inc., ingénieurs en mécanique Entrepreneur Rocois Construction inc., constructeurs J.E.Verreault et Fils Ltée, constructeurs Client Forintek Canada Corp.Coût 11,6 millions $ Programme Construction d\u2019un centre de recherche de 70 000 pieds carrés, devant loger l\u2019administration, l\u2019usine pilote et les laboratoires de la Division de l\u2019est de Forintek, entreprise dédiée à la recherche et au développement de l\u2019industrie canadienne des produits du bois.L\u2019aventure, audacieuse, fera date.Forintek a quitté ses installations ontariennes pour le parc technologique du Québec métropolitain.Là, sans doute inspirée par les muses de la recherche, l\u2019entreprise a mis en œuvre un véritable exploit: vitrine technologique et œuvre d\u2019architecture, le nouveau centre Forintek régénère l\u2019idée même de la forme industrielle.Sa structure est toute de bois.Le centre regroupe trois secteurs, l\u2019un d\u2019administration, le second de recherche, le troisième logeant une usine pilote.Sur toute la hauteur des deux étages du bâtiment, un hall monumental et une bibliothèque fédèrent les circulations, tels des carrefours où transiteront les idées et les chercheurs.Déjà l\u2019exceptionnelle clarté de ce plan, quoique révélatrice du travail de ses créateurs, est méritoire.Une rigueur (néo) moderniste régit l\u2019articulation des volumes, explicitée par les modénatures sophistiquées des surfaces: le sol public du hall, d\u2019ardoise, les élévations continues de l\u2019extérieur à l\u2019intérieur, font des trois secteurs autant de pavillons entre lesquels les espaces servants ne sont que des passages.Du travail sur l\u2019échelle qu\u2019ordonnancent et différencient les murs, jusqu\u2019à la vision d\u2019une volumétrie plurielle et limpide \u2014dont le découpage et les rapports pleins/vides ne sont pas sans rappeler la pureté des œuvres de Richard Meier\u2014 on pourrait presque palper, à Forintek, l\u2019intelligence conceptuelle qui hante chaque millimètre des lieux.Et pourtant ce n\u2019est pas encore là le principal attrait de Forintek.Car le centre, dédié à faire la preuve des qualités esthétiques et structurales du bois, est avant tout la démonstration inéluctable de la pertinence, moderne et expressive, d\u2019un matériau (traditionnel ?) qu\u2019on aurait, jusqu\u2019ici, plus volontiers associé aux Cabanes au Canada ou, dans le meilleur des cas, à la «modernité» des structures lamellées-collées qui, jadis, firent la fortune des arénas et églises.Là où les lectures plus naïves du code du bâtiment auraient adopté, spontanément, l\u2019incombustibilité toute industrielle de l\u2019acier, les poutres sont en bois, les colonnes sont en bois, les planchers sont en bois, les parements sont en bois, les meubles sont en bois; en peuplier faux-tremble, en épinette, en pin gris, en sapin baumier, en érable; en lamellé-collé, en aggloméré, en bois de placage lamellé.Aux sceptiques, la multitude des assemblages aura au moins prouvé la validité structurale du matériau, qui supporte partout la quincaillerie des laboratoires et de l\u2019usine, jusqu\u2019au pont roulant \u2014en acier (!)\u2014.Puis, à ceux que l\u2019architecture intéresse, Forintek offre le spectacle saisissant d\u2019une structure laissée à nu dont Mies van der Rohe aurait rêvé.Photo: Pierre Soulard , Renée Méthot AVRIL 1995 Hjjgâ&vv ¦> :-ràss \u2019 v ¦ ¦.mSEA .ï.»rr.te.- - tent inévitablement un avenir intéressant à l\u2019industrie du bois, et aux parcs technologiques.Forintek marque aussi, il convient de le souligner, un retour en force des architectes Gauthier Guité Roy dont les ascendances modernistes ont, cent fois plutôt qu\u2019une, guidé la capitale sur les chemins de la modernité.Et aux connaisseurs perplexes de se rappeler les masses denses de l\u2019expressionnisme formel qui accompagnait la renommée de l\u2019agence, Forintek, monument à la technique, prouve que l\u2019excellence, comme l\u2019architecture, se transforme avec l\u2019évolution des esprits créateurs.Lucie K.Mo r iss et teurs, à Forintek, deviennent objets de design.Ainsi la sensibilité à la logique du matériau, au lieu d\u2019un bête naturalisme, a plongé les architectes dans une expérimentation inédite: en témoigne l\u2019étonnant arrondi à l\u2019extérieur, souplement habillé de bois; mais c\u2019est à l\u2019intérieur, surtout, qu\u2019une colonne nouvelle \u2014telle l\u2019émule d\u2019un pavillon de Barcelone qu\u2019on ne saurait oublier\u2014, en un minutieux assemblage de contreplaqués, porte gage de l\u2019incroyable potentiel, plastique et structural, du bois.L\u2019on serait tenté de regretter, applaudissant cette recherche à la fois rigoureuse et sensible, que le monument ait perdu en cours de chantier les deux tiers des mâts qui, précédant l\u2019entrée, réservaient au «visiteur du bois» un accès quasi triomphal.Mais niché dans un boisé (!), assorti à son écrin, Forintek rien a pas moins accompli sa mission: l\u2019audace et l\u2019inventivité promet- Certes, et c\u2019est heureux, recherche n\u2019est pas furie: l\u2019usage du matériau reste intelligent, substituant parfois, à quelque lacune du bois, l\u2019acier (le sculptural limon de l\u2019escalier du hall en bénéficie manifestement) ou l\u2019aluminium qui, justement, mettent en valeur l\u2019expressivité ligneuse, ou attestent la valeur constructive du matériau.Puis, l\u2019assemblage en panneaux des parements extérieurs, évoquant un romantisme technique à la Renzo Piano \u2014on se rappellera les si typiques façades en \u201c panneaux \u201d de terre cuite et armature de métal de l\u2019extension de l\u2019IRCAM, à Paris (1989)\u2014 révèle la recherche novatrice des architectes d\u2019une esthétique forcément nouvelle.Si l\u2019environnement de bois s\u2019apparente à quelques expériences formelles du même ordre \u2014telle cette structure du Seagram Museum (Waterloo Ont., Barton Myers Associates), qui isolait une salle monumentale dans une distillerie recyclée\u2014, les surfaces et les por- LA CAPITALE EN CHANTIER L'USINE DE FILTRATION DE LA VILLE DE BOISCHATEL Architecte Anne Carrier, architectes Equipe de conception Robert Boily Jacques White Anne Carrier Eric Shareck Charles Harvey Ingénieurs Roche lim.groupe conseil, ingénieurs Client Municipalité de Boischatel Coût 2,8 millions $ Livraison Mars 1995 Programme Construction d\u2019une usine de filtration d\u2019eau potable de 500 mètres carrés et réfection d\u2019un bâtiment de service sur le site des réservoirs Le site, aux dires des architectes, «n\u2019offrait aucune stimulation.Le bâtiment devrait lui-même affirmer sa présence».L\u2019effort de conciliation des architectes, auprès de l\u2019ingénierie qui monopolise usuellement ce type de construction, est révélateur de l\u2019intention du projet: l\u2019usine de filtration d\u2019eau de Boischatel n\u2019est pas un équipement, elle est un paysage.Mais qu\u2019on ne croie pas pour autant son architecture ignorante de son contenu.C\u2019est devant le double constat des rapports conflictuels, séculaires, entre l\u2019objet d\u2019ingénierie et l\u2019objet d\u2019architecture (l\u2019un obnubilant l\u2019autre, ou l\u2019autre masquant l\u2019un), que les architectes, inspirés par l\u2019extrême complexité de l\u2019appareillage technique en cause, ont opté pour la symbiose de la machine et de son abri.L\u2019architecture devient matricielle.D\u2019où l\u2019extrême rigueur de la composition et, partant, le mariage intime de la technicité du lieu à l\u2019expression formelle.Le nouveau bâtiment obéit à l\u2019axe d\u2019implantation du réservoir existant.Là, sculptural, il émerge du sol, comme émanant du cœur de l\u2019usine \u2014 les filtres, qui positionnent, structurent, régissent l\u2019articulation entière du bâtiment\u2014.Le dessin de l\u2019édifice révèle la précision de son ajustement; chacune de ses composantes étroitement appareillée aux dispositions de l\u2019équipement, l\u2019usine fait corps avec la machine.Ce sont peut-être les dimensions restreintes qui ont fourni aux architectes l\u2019occasion de travailler minutieu- sement les moindres détails.Le résultat cependant \u2014le chantier, en voie de complétion, en est prometteur\u2014 est plutôt éloquent d\u2019un choix de conception: la modénature des façades, où l\u2019agencement soigné de la maçonnerie, la composition quasi maniériste de l\u2019ossature \u2014sorte de négation du less is more moderniste\u2014, l\u2019expressivité des assemblages trahissent la tectonique du projet.L\u2019architecture, s\u2019abreuvant au fonctionnement industriel, transcende la forme brute de l\u2019ingénierie.Aucune surprise dès lors à ce qu\u2019on retrouve, à contempler cette manipulation des détails dédiés à convertir l\u2019échelle, la maturité des œuvres de Kohn Pedersen Fox \u2014la Frankfurt Tower (1986-1993) est ses descendantes en sont probantes\u2014.On reconnaîtra, de fait, cette pensée tripartite de l\u2019objet, lisible notamment à l\u2019ordonnance des baies \u2014la KPF Window, ses retraits latéraux fusionnant les rythmes structurels, n\u2019est pas très loin\u2014 ; mais surtout, le couronnement en pare-soleil (discontinu, parce qu\u2019inutile au nord), à mi-chemin de la coiffe des entrées de métro de Guimard, de la finition des œuvres de Foster Associates ( Technical Park, Toulouse), et des gratte-ciel signés KPF, est explicite du but recherché.Dans la foulée de Kohn Pedersen Fox, c\u2019est le difficult whole (Venturi) que les architectes de Boischatel ont atteint.A la différence de la machine, toujours écartelée en parties multiples, les identités particulières de l\u2019architecture \u2014les modulations des élévations trahissent l\u2019imagination des créateurs\u2014 se fondent en un objet d\u2019emmagasinement.total.Avant d\u2019être un bâtiment, l\u2019usine de filtration de Boischatel est une idée.Le vocabulaire graphique des architectes en témoigne: l\u2019architecture, ici, se découvre un langage, en une poétique (post-moderne) de la machine où la versification prévaut sur le discours.Si «le i hangar devient machine», dans les mots des architectes, il faut observer que la mécanique en question n\u2019est plus un antidote au malaise de la forme architecturale.Comme le proposait John Patkau, à qui les architectes attribuent d\u2019ailleurs une inspiration fructueuse: «we know how to build, now we really start to do some interesting things».L\u2019incursion de l\u2019architecte est certes exemplaire d\u2019une nouvelle ère: ici, la municipalité a vu (juste) au-delà de ' l\u2019équipement fonctionnel, le possible lieu d\u2019ancrage d\u2019une identité.Et c\u2019est sans doute en de telles avenues que se joue l\u2019avenir du paysage de la capitale.Lucie K.Morisset AVRIL 1995 2Ü 1.\tPlan d implantation 2.\tElévation, détail 3.\tÉlévation, coupe, plan (de haut en bas) ed'iine L A REV JL C ARCHITECTURE ARQ ^ LA CAPITALE EN CHANTIER LA BIBLIOTHEQUE MARIE-VICTORIN DE LA VILLE DE L\u2019ANCIENNE-LORETTE Architectes Drolet Zérounian architectes Chargés de projet Jean-Claude Zérounian Luc Lévesque Architectes collaborateurs Daniel Denis Céline Drolet Yvan Potvin Artiste multimédia Richard Martel Ingénieurs Sauger, groupe conseil, ingénieurs en structure Lapel, groupe conseil, ingénieurs en mécanique Entrepreneur Nova construction, entrepreneur général Client Ville de L\u2019Ancienne-Lorette Coût 2,2 millions $ Programme Construction d\u2019une bibliothèque municipale de 1000 mètres carrés (rez-de-chaussée), destinée à desservir une population de 15 000 habitants.«Ceci n\u2019est pas une bibliothèque» aurait écrit René Magritte.L\u2019aphorisme saisirait les adeptes du fonctionnalisme.C\u2019est sans doute à leur intention que les architectes de la bibliothèque Marie-Victorin ont conçu six «boîtes»: un «contenant-romans», un «contenant-travail», un «vaisseau des enfants» et un «contenant-services» lui-même réparti en trois «positions», l\u2019une destinée à l\u2019accueil, l\u2019autre à une salle polyvalente, la troisième logeant un espace informatique, une vidéothèque, et une salle de détente.Six volumes fonctionnels, qu\u2019assemblent six composantes imaginaires: le «carré de maçonnerie», vestige fictif de la mission originelle chez les Hurons de L\u2019Ancienne-Lorette; la «ligne d\u2019eau», évocatrice d\u2019un ruisseau enseveli sous le site; la «ligne tan-gentielle» de la rue Saint-Jacques, témoin de la naissance de l\u2019établissement; puis le «train d\u2019entrée» et les «jets curvilignes», axes circulatoires de la bibliothèque, et les «trajectoires aériennes», celles de l\u2019aéroport voisin.Six volumes sur six concepts, qui s\u2019imbriquent, s\u2019entrechoquant jusqu\u2019à basculer, comme si le sol friable s\u2019apprêtait à avaler la structure.Aucune surprise à ce que les architectes déclarent que «la définition du livre tend aujourd\u2019hui à changer»; la bibliothèque \u2014quoique ses architectes s\u2019en défendent\u2014 est aussi un monument.Le lecteur y parcourra une place civique, y lira des livres, fréquentera quelque activité dans l\u2019isolement qu\u2019offre le cloisonnement mobile de la salle polyvalente; mais à l\u2019intersection de l\u2019histoire, de la géographie, et de l\u2019usage des lieux, c\u2019est un spectacle de céramique, de crépi, de brique, d\u2019aluminium qui s\u2019offre, à l\u2019esprit curieux des significations cachées que la création recèle.Devant la commande d\u2019une bibliothèque, les créateurs ont ici promis d\u2019actualiser la spécificité du site: «l\u2019imaginaire», ont-ils écrit, «doit combler les vides et inventer ses propres histoires».On reconnaîtra là, bien entendu, le rayonnement de Peter Eisenman, avec qui Drolet Zérounian partagent manifestement le dédain de la fonctionnalité pure et dure, et cet «archéologisme» de l\u2019architecture qui régit à la bibliothèque l\u2019émergence d\u2019une logique formelle autonome.Imbriqué dans les volumes démultipliés de l\u2019édifice, le «train d\u2019entrée», couloir du hall qui se poursuit au-delà du plafond, devenant puits de lumière \u2014on se rappellera la House V7(Connecticut, 1972) d\u2019Eisenman, dont l\u2019escalier ne pouvait être gravi et ne menait nulle part\u2014 exemplifie cette indépendance parfaite de la forme architecturale nouvelle.Pourtant la bibliothèque est (aussi) une bibliothèque; tant et si bien que, contaminée par sa fonction, elle conte une histoire.La mémoire imprègne ses murs, où un écrin encastré révèle même les (réels) artefacts de la Santa Casa, chapelle de brique de la mission; elle envahit son mobilier \u2014le motif des tables est celui des limites géographiques de la municipalité\u2014, et l\u2019impressionnant concept de «vortex».Cette œuvre d\u2019art multimédia de Richard Martel, judicieusement nommée, compte cent noms célèbres de l\u2019histoire huronne, trois cent dix-huit livres \u2014c\u2019est l\u2019âge de la municipa- lité\u2014, et une vidéo-installation où défilent côte à côte un documentaire sur la fabrication des livres et le film de la récente construction, comme pour superposer, à la commémoration du lieu, celle de son occupation nouvelle.Certes, l\u2019humour déconstructiviste aura brouillé les pistes, entre la bibliothèque que l\u2019on sait, l\u2019histoire que l\u2019on sent et la sculpture que l\u2019on voit.Mais à ceux qui décrieraient l\u2019illisibilité d\u2019un langage d\u2019initiés, «vortex», en discourant sur le sens du livre, offre une piste.Comme l\u2019écrivait Derrida, «un texte n\u2019est un texte que s\u2019il cache au premier regard, au premier venu, la loi de sa composition et la règle de son jeu»; l\u2019on ne pouvait trouver meilleure occasion d\u2019une écriture architecturale qui demande à être lue.Pourquoi une bibliothèque devrait-elle n\u2019être qu\u2019un abri à livres ?Dehors, à l\u2019orée du quartier ancien de la municipalité, la façade déconstruite paraît citer l\u2019implantation disparate des «vieilles maisons» qui font la gloire du secteur.Mais couplée à l\u2019édifice rénové de la Caisse populaire \u2014la parenté des deux bâtiments signe l\u2019intervention presque simultanée des mêmes architectes\u2014, la bibliothèque Marie-Victorin revêt l\u2019apparence d\u2019une porte triomphale, celle du passage de l\u2019historicisme vers la modernité.Jusqu\u2019à ses limites ultimes, la capitale se déleste finalement de ses sobriquets archaïsants en faveur d\u2019une histoire bien contemporaine.Lucie K.Morisset AVRIL 1995 LA CHAPELLE NÜTRE-DAME-DE-FGY K 1, i,i !b », Bit G Ü: JïLI lit: :& la- T.- ra- il.- Ill: Gi ki SC Architectes d\u2019Anjou, Bernard, Mercier, Rheault et Bégin architectes Associé responsable du projet Pierre d\u2019Anjou Chargée de projet Claire Dutil, architecte Architecte designer Donald Poulin Ingénieurs Risi et Carrier, ingénieurs en structure Lebel Laquerre, ingénieurs-conseils en mécanique et électricité Gérants J.E.Verreault & Fils Ltée, gérant de construction Client Sœurs du Bon-Pasteur de Québec Programme Aux côtés d\u2019une des résidences de la communauté des sœurs du Bon-Pasteur, construction d\u2019un bâtiment devant abriter une chapelle et une salle communautaire.Photo: Renée Méthot Une nouvelle chapelle \u2014dans les circonstances actuelles, la chose est déjà, en soi, étonnante\u2014, aux côtés d\u2019un bâtiment conventuel sévère, dans l\u2019univers périurbain peu séduisant des centres commerciaux, des axes autoroutiers et des immeubles locatifs: on aurait imaginé un édifice cultuel aussi sévère que son environnement.Pas du tout.La chapelle Notre-Dame-de-Foy pourrait symboliser l\u2019énergie de la communauté religieuse: légère, allègre, elle est «une nef voguant vers l\u2019infini», pour citer ses créateurs; on en conviendra d\u2019ailleurs, de la nef aux paquebots, l\u2019analogie à la souplesse fluide des formes marines est omniprésente.C\u2019est à l\u2019emplacement des garages, déménagés pour l\u2019occasion, que les architectes ont choisi d\u2019implanter le nouveau bâtiment.Malgré l\u2019exiguïté du terrain, l\u2019agrément d\u2019un boisé qui profiterait davantage aux circulations quotidiennes qu\u2019à ces derniers garages a milité en faveur de cette dérogation à l\u2019usage d\u2019orienter l\u2019espace cultuel vers l\u2019est; c\u2019est à l\u2019ouest que la chapelle offre la fière façade de son chevet, parée d\u2019une «cabine» que forme la sacristie, un peu comme la proue d\u2019un navire qui entraînerait, à sa suite, tout l\u2019ensemble conventuel.L\u2019espace intérieur, nappé d\u2019une lumière opulente, épouse le mouvement ondoyant du volume extérieur; la fonctionnalité devient une expérience.Car si l\u2019articulation du plan s\u2019appareille aux circulations de la résidence, si l\u2019implantation de la chapelle offre une terrasse au boisé et si le bâtiment nouveau abrite aussi la salle communautaire, c\u2019est surtout par l\u2019atmosphère que le geste créa- teur renoue avec l\u2019architecture cultuelle.Peut-être faut-il regretter, en ce sens, que la rigoureuse axialité, particulièrement typique du travail des architectes, soit ici revenue pour rompre cette poétique, proche de celle d\u2019Aalto, que modulent la brique à l\u2019extérieur, le bois à l\u2019intérieur, et l\u2019ondulation généralisée du bâtiment.Mais n\u2019est-ce pas ce même cartésianisme, intense et franc, qui inscrit dans la durée ces tables, ces bancs lourds, équilibrés, solides, matériels, comme issus d\u2019une vision de Gaudi qu\u2019on aurait (enfin) ordonnée ?Si elle rejette la terne sévérité, la chapelle, en effet, refuse tout autant l\u2019éphémère.C\u2019est dans l\u2019équilibre et sans égarement, que les architectes ont proposé, édifice et mobilier comme imprégnés d\u2019une éternité lumineuse et tranquille, ce manifeste bien moderne d\u2019une flamme inextinguible, dont la renaissance, en cette chapelle, souligne la pérennité.Lucie K.Morisset m m m m m m m m eu m m tn te ru m m en m m m tn U Ë U 23 LA REVUE D'ARCHITECTURE ARQ LA CAPITALE EN CHANTIER UN PROJET DE RÉAMÉNAGEMENT POUR L\u2019ÎLOT MONT-CARMEL 0 Conceptrice Johanne Guay, stagiaire en architecture Projet de fin d\u2019études primé atelier Joseph Baker, École d\u2019architecture, université Laval Programme Réaménagement (habitation et commerce) de 1\u2019îlot Mont-Carmel dans le Vieux-Québec, comblant notamment un site vacant à l\u2019angle de deux rues passantes.Existe-t-il un carcan jusqu\u2019ici plus serré que celui de «l\u2019innovation» dans la vieille capitale ?Site pilote du Concept général de réaménagement du Vieux-Québec (1970), l\u2019îlot Mont-Carmel a vu se succéder une kyrielle de projets.La plupart, logés à l\u2019enseigne de «l\u2019intégration architecturale» démolissaient l\u2019ancienne annexe du palais de Justice, édifice de six étages à qui sa relative jeunesse (1955) a valu, auprès d\u2019une certaine ferveur du passé, le surnom de «verrue du Vieux-Québec»; les projets partageaient aussi un commun amour des stationnements souterrains, auxquels toutes les constructions sur le site servaient somme toute de prétexte.Entre quelques bandes d\u2019anciennes maisons en rangées, les remembrements et démolitions prévues en vain pour les agrandissements du palais de Justice, l\u2019îlot détramé enserre aujourd\u2019hui un cœur vacant, habité en vrac par quelques automobiles; au coin de la rue Saint-Louis, axe structurant, l\u2019hôtel Saint-Louis, disparu en 1969, a cédé la place à un vide occupé depuis déjà longtemps par un parc urbain «temporaire».Tout un défi de fin d\u2019études.Le projet de Johanne Guay a plutôt fait abstraction de ces précédents sur le site.Et franchement oublié le style castellisant auquelnombre «d\u2019intégrations » nous ont habitués.En fait, quand d\u2019autres n\u2019ont considéré que la seule forme architecturale («historique»), ce projet de réaménagement ressortit à la culture urbaine actuelle: économique, fonctionnel, il consolide l\u2019histoire au lieu de confirmer le passé du lieu.Les énergies réservées aux stationnements des projets antérieurs se sont ici vouées à l\u2019architecture.Léco-nomie de l\u2019approche est notable, et régit d\u2019ailleurs l\u2019ensemble de l\u2019intervention: celle-ci, concentrée notamment sur l\u2019annexe du palais de Justice (recyclée en habi- je y ,v f \" mm »>\"! I»! «»: v Vf\\ mm tâtions), a choisi d\u2019en conserver l\u2019ossature, quitte à déshabiller un peu la volumétrie massive pour en rompre l\u2019échelle.Et force est de constater, de fait, que l\u2019impact visuel des façades quadrillées résultantes \u2014leur parenté aux récents immeubles-villas de la rue Marc-Chagall (1991) des architectes Dubus et Lott, à Paris, révèle ici ) aussi le retour en ville des façades ajourées de Le Corbusier, via Meier et Ciriani\u2014 s\u2019appareille on ne peut mieux au paysage fragmenté de la vieille ville.Mais surtout, l\u2019approche intelligente de l\u2019objet «inséré» dans la trame urbaine \u2014la sensibilité subtile de la direction de cet atelier de fin d\u2019études mérite, à ce titre, I d\u2019être applaudie\u2014 a ouvert la voie à un fonctionnement réel de celui-ci, au-delà de la façade sur rue.L\u2019habitation y profite d\u2019un retournement de l\u2019îlot sur lui-même; la nouvelle rue intérieure qui le traverse promet ! un quotidien intime, en même temps qu\u2019elle ouvre une j perspective diagonale inédite, et fort ingénieuse, de la place d\u2019Armes vers ce lieu secret que demeurait à ce jour, au centre de l\u2019îlot, le Cavalier du Moulin, première forteresse de Québec.L\u2019espace a été soigneusement modelé tant à l\u2019intérieur qu\u2019à l\u2019extérieur de l\u2019îlot: le détail j de l\u2019intersection de la voie intérieure et des deux rues, où l\u2019angle tronqué de l\u2019édifice affiche une visible devanture commerciale, en est, entre autres, probant.Sur rue, les architectures volontairement éclectiques j \u2014le déni d\u2019un style d\u2019auteur unitaire et tonitruant est I louable\u2014, reconstruisent l\u2019idée de la trame ancienne au j lieu de prétendre inutilement en restituer le parcellaire.1 La ville, non pas celle de quelque utopie pittoresque, I mais plutôt celle que l\u2019on connaît, est revenue sur les lieux: la densité d\u2019occupation, les façades hétérogènes, la mixité des fonctions (résidentielle et commerciale) appartiennent incontestablement à son échelle.Aussi performant que sympathique, le projet, s\u2019il n\u2019est pas historiquement validé, gagne d\u2019autant en harmonie: on ne saurait désavouer l\u2019élégante silhouette imprégnée de la physionomie urbaine, où les empreintes architecturales nouvelles, de modénatures, de corniches,) d\u2019ordonnances inspirées, sont comme les notes d\u2019une| symphonie diachronique qu\u2019attendait encore la ville 1 ancienne.Il convient de rendre grâce à Aldo Rossi dont L\u2019architettura della città \u2014devenue classique, ailleurs,) de l\u2019intervention architecturale en milieu urbain\u2014 fait ici une remarquable entrée dans le projet d\u2019un Vieux-Québec que d\u2019autres continuent de compléter en style.Un futur fécond, du coup, s\u2019y annonce séduisant: adieu, ville-musée.L\u2019avenir a franchi tes portes.Lucie K.Morisset AVRIL 1995 24 E CONCOURS DE LA FACULTE DE L\u2019AMENAGEMENT VERS UN PROJET INTEGRE Georges Aoamczyk Le concours a été conduit de façon exemplaire.L\u2019enjeu était de taille.«L\u2019idée maîtresse du concours est celle d\u2019un projet intégré, faisant appel à une équipe multidisciplinaire, dans l\u2019esprit même de ce qu\u2019est une faculté d\u2019aménagement».La question ne pouvait se limiter à l\u2019addition de compétences, ni se restreindre à une réponse différentielle aux trois composantes imposées: le paysage, l\u2019agrandissement et le bâti existant.Il y avait là une invitation à dépasser une approche habituellement fragmentée et à favoriser une conception d\u2019ensemble où, tels les instruments d\u2019un orchestre chaque aspect participe de la totalité de l\u2019œuvre, elle même tenue par une vision claire des lieux de la recherche et de l\u2019enseignement des pratiques de l\u2019aménagement à l\u2019aube de l\u2019an 2000.Les projets devaient en quelque sorte matérialiser une vision inclusive du projet d\u2019aménagement, tout en respectant les projets particuliers des disciplines auquel il a recourt.Vu sous un autre angle, les projets pouvaient aussi permettre de vérifier la distance ou la proximité entre les positions des professionnels et celles du milieu académique quant aux orientations sociales, techniques et esthétiques qui contribuent souvent à des querelles d\u2019opinions sur les qualités et les valeurs des propositions qui traduisent le plus justement l\u2019esprit du temps.Compte tenu de la sélection des concurrents, il y avait peu de chance de voir se confronter déconstructivistes et néo-rationalistes.Mais des nuances existaient a priori même si globalement, on peut tous les situer dans la mouvance d\u2019un empirisme néomoderne.Il était donc intéressant de pouvoir apprécier la spécificité de chacune de leur conception d\u2019un projet qui appelle avec autant d\u2019insistance à témoigner de l\u2019état des choses au sein des diverses pratiques sollicitées par ce concours.Les résultats démontrent l\u2019intensité de la réflexion, guidée par un programme très détaillé, de chacun des participants.Le niveau est très encourageant pour qui tend à vouloir se désoler des réalisations contemporaines.Les concurrents confirmaient leur place dans ce concours par l\u2019effort créatif et par' la solide cohérence de leurs propositions.Mais, l\u2019examen des projets illustre avec force la complexité de la question.Aucun d\u2019entre eux ne parvient à démontrer avec autorité l\u2019effet multi-disciplinaire souhaité.L\u2019équilibre et l\u2019intégration sont souvent malmenés par l\u2019émergence d\u2019une hiérarchie architecturale.Par son approche quasi didactique, c\u2019est le projet de Provencher Roy qui s\u2019est le plus efforcé de maîtriser les discontinuités spatio-temporelles et formelles imposées sans toutefois renoncer à mettre en évidence les particularités de chacune des composantes de la commande.Comme le projet de Saia Barbarese, il opte pour l\u2019agrandissement du corps principal de l\u2019édifice existant par l\u2019ajout d\u2019une épaisseur bâtie séparée par un vide, créant de cette manière un passage où s\u2019accumulent «les jeux savants des formes et des volumes sous la lumière».Ces deux projets sont aussi les plus convaincants dans l\u2019approche qu\u2019ils proposent pour l\u2019aménagement paysager.L\u2019énergie métaphorique du paysage tectonique élaboré par Saia Babarese, constitue probablement la plus belle surprise de ce concours.Cependant, aucun de ces deux projets ne parvient à transcender l\u2019impression d\u2019avoir conçu avec une certaine distance cet ensemble et l\u2019on n\u2019y découvre pas d\u2019emblée l\u2019idée d\u2019un espace projeté comme le lieu d\u2019inscription des pratiques de l\u2019enseignement et de la recherche.C\u2019est sans doute le point fort du projet de Saucier Perrotte qui trouve son caractère propre dans la reconnaissance du modèle pédagogique de l'atelier.Le paradigme du «faire» y est fermement établi.L\u2019architecture est parlante: le travail et l\u2019œuvre, le topos et le logos s\u2019opposent et se complètent.Ils permettent de façonner un édifice composite où l\u2019économie générale des formes et des espaces se développe de manière cohérente pour offrir une conception de l\u2019école comme rassemblement de toutes les écoles dans le bloc transparent des ateliers.Des deux projets qui ont fait le choix d\u2019un agrandissement audacieux, celui de Gauthier Guité Daoust est le plus contenu du fait de la forme cylindrique et du schéma classique auquel celle-ci se réfère.Cet élément s\u2019impose par sa maçonnerie tandis qu\u2019à l\u2019intérieur, une trame orthogonale génère des dilations spatiales vers des ouvertures sur le paysage.Inversement, la barre traversante élaborée par Lemoyne Lapointe Magne, s\u2019affirme plus contemporaine, en optant pour une structure forte où colonnes, poutres et dalles sont dépouillées.Ces deux projets regroupent dans l\u2019agrandissement les fonctions facultaires sans toutefois convaincre que celles-ci méritent cette position symbolique à l\u2019arrière d\u2019un bâtiment qui n\u2019en est pas dépourvu à l\u2019avant.Dans les deux cas, ce sont plutôt les intentions tectoniques qui l\u2019emportent, comme souci d\u2019une expression des valeurs de la culture matérielle, au dépend d\u2019un contenu qui, par définition, les questionne.Il est rare qu\u2019un concours d\u2019architecture soit si explicite quant à l\u2019importance qu\u2019il accorde aux relations spatiales entre l\u2019intériorité et V extériorité d\u2019un lieu, entre une construction et ses usages, entre l\u2019état préexistant et les transformations qu\u2019il appelle.Ces quelques points indiquent qu\u2019il y a là une possible redéfinition du projet vers une nouvelle articulation des échelles et une démarche plus intégrée.Limité spatiale doit prédominer sur le découpage disciplinaire.Tous les concurrents ont bien senti l\u2019enjeu et ont livré des projets qui feront date dans l\u2019évolution de nos pratiques.Le projet de Saucier Perrotte qui à été retenu par le jury est perfectible dans ce sens.Il reste à espérer qu\u2019au cours de sa définition et de son exécution, il soit plus qu\u2019un nouvel immeuble et qu\u2019il témoigne des orientations décisives prises par la Faculté afin de favoriser des projets intégrés pour un meilleur environnement.DONNÉES SUR LE CONCOURS Promoteurs du concours ¦\tLa Direction des immeubles de l\u2019Université de Montréal.Louise Joubert, architecte, directrice.¦\tEn collaboration avec la Faculté de l\u2019aménagement de l\u2019Université deMontréal.Michel Gariépy, ingénieur et urbaniste, doyen.Budget ¦\tConstruction nouvelle.6 853 000 $ ¦\tRéaménagement immeuble existant .6 105 000 $ ¦\tAménagement extérieur.1 400 000 $ u Oeuvre d\u2019art.66 800 $ TOTAL.14 424 800 $ Membres du jury ¦\tMichel Gariépy, président du jury, ingénieur, urbaniste, doyen de la Faculté de l\u2019aménagement.¦\tDanièle Routaboule, architecte-paysagiste et professeur à l\u2019Ecole d\u2019architecture du paysage de la Faculté de l\u2019aménagement.¦\tPierre-Richard Bisson, architecte et professeur à l\u2019École d\u2019architecture de la Faculté de l\u2019aménagement.¦\tIrène Cinq-Mars, architecte-paysagiste et vice-rectrice à l\u2019enseignement à l\u2019Université de Montréal.¦\tLouise Joubert, architecte et directrice de la Direction des immeubles de l\u2019Université de Montréal.¦\tDan S.Hanganu, architecte, Montréal.¦\tGeorges Adamczyck, professeur au département de design de l\u2019UQAM et directeur du Centre de design de l\u2019UQAM.¦\tClaude Vasconi, architecte, Paris.Substituts: \u2022 Odette Demers, architecte, Direction des immeubles de l\u2019Université de Montréal.¦\tLen Warshaw, architecte et urbaniste, professeur à l\u2019École d\u2019architecture de la Faculté de l\u2019aménagement.Commission technique m Jacques Aubert, ingénieur, Direction des immeubles de l\u2019Université de Montréal.¦\tOdette Demers, architecte, Direction des immeubles de l\u2019Université de Montréal.¦\tJean-Claude Boisvert, architecte.¦\tRobert-T.Charette, consultant en analyse de valeur et en estimation, Décarel inc.Conseiller professionnel Pierre Beaupré, architecte.25 LA REVUE D'ARCHITECTURE ARQ 1 kfû) YU % ÏS-ÎET ri i m ?nniTOfîî ¦i; p sé SüE; - n»: 1^1 s-ü-.:\u2022¦\u2022 -«.W>^-WÏ6 - mgik >: TJ- nier %»- ?0 ?on ?! ?G üHni üüni gSPfj AVRIL 1995 LE CONCOURS DE LA FACULTE DE L'AMENAGEMENT Saucier + Perotte ¦ René Menkès, architectes Deshaies, Raymond ¦ Blondin, Barone, architecte paysagistes PROJET LAUREAT Rapport du jury Le jury a apprécié la rigueur du projet d\u2019architecture tant dans l\u2019élaboration des surfaces et volumes nouveaux construits que dans la répartition des espaces dans la partie existante.De façon plus particulière, le jury a apprécié les éléments suivants: ¦\tla façon dont l\u2019amphithéâtre vient s\u2019insérer dans le volume de l\u2019ancienne chapelle du couvent, y recréant un lieu sacré, hérité de l\u2019ancienne fonction; ¦\tl\u2019architecture de verre et de lumière des ateliers et, pour certains, l\u2019allusion subtile aux ateliers du Bauhaus qu\u2019on peut y percevoir, l\u2019élégance de la solution qui crée ainsi la nouvelle image de la Faculté; ¦\tla planification générale des espaces intérieurs qui, si elle peut apparaître confuse au premier coup d\u2019oeil pour certains, révèle, à l\u2019examen plus attentif, un bon regroupement des ateliers et des bureaux ainsi que des proximités intéressantes, notamment, entre les départements d\u2019architecture et d\u2019urbanisme; ¦\tla fluidité des espaces qui favorise une grande communication interdisciplinaire et que permet la répartition des galeries de liaison entre les corps de bâtiment; ¦\tl\u2019intérêt de la double irrigation du bâtiment, au rez-de-chaussée et au rez-de-jardin; ¦\tl\u2019intervention simple et correcte en façade sur Côte-Sainte-Catherine qui, à l\u2019image d\u2019une bannière permet d\u2019afficher ce qui se passe à l\u2019intérieur.Certains membres du jury ont émis des réserves sur l\u2019accès aux marchandises situé sur l\u2019axe de communication majeur Faculté / Métro et Université, ainsi que sur la localisation des stationnements à l\u2019avant.D\u2019autres ont relevé que les cours, côté jardin au sud, constituaient des puits d\u2019ombre et ont souligné le traitement banalisé de cette partie de l\u2019aménagement paysager, de la reprise formelle qui y est faite d\u2019un style romantique et passéiste, non relié au caractère du lieu.Le jury considère cependant qu\u2019il existe un meilleur rapport entre l\u2019architecture et le paysage du côté rues.A la suite de ces considérations, le jury convient de la nécessité de revoir le traitement paysager en accord avec certaines des intentions exprimées par les auteurs du projet dans leur texte de présentation. îilllt.îiîi.'i HH * WW\\ 4U4 fil HH ! B0CES mu mis Il II iïfii Ss«4fc iïïEiss lillSÜI 'Ê3ÏS3I Il II II Si lliüil iIMIl U !?»l» II I il III IIII lïïIÎBl liiliil -3~ài.V i «wrerr- -¦«sw ii Saia et Barbarese, architectes Cormier St-Denis, architectes-paysagistes Rapport du jury Le jury a apprécié le travail fait sur l\u2019aménagement paysager et y a vu l\u2019élément porteur du projet.L\u2019architecture encadre bien l\u2019espace et permet une maîtrise du paysage qui est traité de façon simple, forte et neuve.Le jury a apprécié la poétique du jeu de plaques, de failles et de végétation, ainsi que l\u2019audace de l\u2019approche.Il regrette cependant que les idées de base se soient mal traduites au niveau de l\u2019architecture, que le vocabulaire et les idées soient demeurés un peu courts.Le jury a apprécié le parcours extérieur proposé dans l\u2019axe nord-sud, traité avec beaucoup de finesse.Il a cependant de sérieuses réserves sur la volumétrie, la fenestration de l\u2019immeuble, sur la démesure des corridors de l\u2019aile Darlington.L\u2019organisation des espaces en plan est claire mais ceci ne se retrouve pas dans l\u2019organisation spatiale formelle; de plus, la qualité «quotidienne» des espaces n\u2019est pas évidente.On sent, dans l\u2019architecture de ce projet, un jeu de collages et de citations qui semble lié à une culture médiatique plutôt qu\u2019à une culture architecturale.LA REVUE D ARCHITECT Rf ARQ 'ùv* V ?un ?:?In n n n n n :?i: faferit sus \\mmm « 6ff8S5ijS i-.JivAc«cs-r: iCij i»i AVRIL 1995 LE CONCOURS DE LA FACULTÉ DE L'AMÉNAGEMENT Lemoyne Lapointe Magne ¦ Lemay et associés, architectes et urbanistes Marc Fauteux et associés, architectes-paysagistes Rapport du jury Le jury a apprécié le traitement du jardin qui établit le lien entre le pavillon de l\u2019Ecole des Hautes études commerciales et celui de la Faculté.On y décèle une sensibilité au traitement du paysage: la collecte des eaux permet de créer un lieu qui change selon les saisons et c\u2019est ainsi le seul projet qui exprime certaines intentions pour l\u2019hiver.La stratégie d\u2019intervention architecturale fait ressortir les techniques de construction et les stratégies d\u2019assemblage, mais de façon trop sage et trop conforme.Il y manque une manifestation de vigueur.L\u2019addition est prévue comme un ajout plutôt qu\u2019une intégration et la multiplication d\u2019ajouts ponctuels donnent au projet des connotations décoratives.On a senti la volonté d\u2019ancrage de l\u2019addition dans le jardin, mais la localisation de l\u2019entrée de service remet en cause cette idée.Le jury a, en outre, considéré que les modifications apportées au bâtiment actuel, surtout à l\u2019entrée principale, n\u2019étaient pas appropriées, ni compatibles avec l\u2019architecture de cet immeuble.Il a aussi considéré que le parti architectural crée des zones d\u2019ombre importantes dans la partie d\u2019extension de la faculté, constituant ainsi une nuisance pour les locaux limitrophes. ¦iSl \u2022 t§fe-.r45ÉÉ: ?aa C4D EHD CZD (ZZD ] obop ?mm MHniOiiii ÜSSIsfi üiiii litijiiâi wmwî ii!K3SiSSiS!i'
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