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Titre :
ARQ
ARQ s'impose rapidement comme la revue de référence pour le milieu québécois de l'architecture. Elle permet de comprendre l'évolution de l'architecture québécoise contemporaine.
Éditeurs :
  • Montréal :Groupe culturel Préfontaine,1981-,
  • Québec :Cöpilia design inc.
Contenu spécifique :
Décembre
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
six fois par année
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ARQ, 1996-12, Collections de BAnQ.

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[" \\r°M BAINT-JEAN IDENTITÉ ARCHITECTURE REVUE D'ARCHI ECTURE is&jlgg mMËs DECEMBRE 1996 » .-II r, a Un univers * \"'couleurs Mosaïques \u2022 Tuiles \u2022 Ardoises \u2022 Pierres 9975 Boul.St-Laurent, Montréal (Québec) H3L 2N5 Téléphone: (514) 384-5590 Télécopieur: (514) 384-4415 249 St-Valher Est, Québec (Québec) G1K 3P4 Féléphone: (418) 522-4727 Télécopieur: (418) 522-4720 LA REVUE D'ARCHITECTURE 5\tL'IDENTITÉ ARCHITECTURALE DU SAGUENAY-LAC-SAINT-JEAN Luc Noppen et Lucie K.Morisset 7\tPOUR DÉCOUVRIR L\u2019ARCHITECTURE DU SAGUENAY-LAC-SAINT-JEAN Maurice Lagueux 8\tLA BAIE, LA MÉMOIRE PLANIFIÉE : LA NAISSANCE DE LA VILLE AU SAGUENAY Luc Noppen et Lucie K.Morisset 10\tAUX ORIGINES DES «VILLES DE COMPAGNIE» DU SAGUENAY-LAC-SAINT-JEAN : LE VILLAGE HISTORIQUE DE VAL-JALBERT Luc Noppen 12\tLA VILLE D'UN RÊVE : ARVIDA, LA WASHINGTON DU NORD Lucie K.Morisset 14\tQUAND SAGUENÉENS ET JEANNOIS SE MIRENT À PRIER SOUS LA TENTE Claude Bergeron 16\t«LE MOUVEMENT DE LA RIVIÈRE FAIT LA JOIE DE LA VILLE» : LE MONUMENT DU GRAND COUP D'EAU À CHICOUTIMI, POUR METTRE À JOUR LA MÉMOIRE DU LIEU Luc Noppen, Lucie K.Morisset, Claude Cormier 18\tLES ARCHIVES NATIONALES AU SAGUENAY-LAC-SAINT-JEAN : UNE VITRINE DE LA MÉMOIRE DU PAYSAGE ARCHITECTURAL Luc Noppen 20\t«LA PULPERIE» OU L\u2019ART DES RE-NAISSANCES Gaston Gagnon 24\tANCRAGES DE FENÊTRES Dominique Derome et Christian Ouellet ARQ et les rédacteurs invités remercient pour leur collaboration Laurent Thibault, archiviste régional, et le personnel des Archives nationales du Québec à Chicoutimi ; Claude Boudreau et Céline Villeneuve, des Archives nationales du Québec à Québec : François Hains, directeur du Service d\u2019urbanisme de la Ville de Chicoutimi ; Pierre Lahoud, photographe (vues aériennes] ; Paul Laliberté, photographe (bâtiments] ; Pierre Cayer et Michel Bourassa (photographie des documents d\u2019archives, ANQQ] ; Rémy Paré (photographie des documents d\u2019archives, ANQC], La production de ce numéro d'ARQ a bénéficié de l'aide financière du ministère de la Culture et des Communications (Direction du Saguenay\u2014 Lac-St-Jean], Illustrations de la page couverture Le «Monument du Grand Coup d\u2019eau»: esquisse d\u2019aménagement du parc du Bassin, Chicoutimi (projet], Luc Noppen, Lucie K.Morisset, Claude Cormier, 1996 (photo Pierre Cayer et Michel Bourassa],\tÉditeur: Pierre Boyer-Mercier Membres fondateurs de la revue: Pierre Boyer-Mercier, Pierre Beaupré, Jean-Louis Robillard et Jean-H.Mercier.Membres du comité de rédaction: Georges Adamczyk, Anne Cormier, Philippe Lupien, Pierre Boyer-Mercier.Production graphique: Cüpilia design inc.Directeur artistique: Jean-H.Mercier.Représentation publicitaire / Sales Representatives: Jacques Lauzon et associés.¦\tBureau de Montréal, 8250 boulevard Décarie, suite 205, Montréal, Québec, H4P 2P5.Téléphone: (514) 733-0344 / télécopieur: (514) 342-9406.¦\tBureau de Toronto: 1-800-689-0344.La Revue d'architecture ARQ est distribuée à tous les membres de L'ORDRE DES architectes du Québec Dépôt légal: Bibliothèque nationale du Québec et Bibliothèque nationale du Canada.© Art et architecture Québec: Les articles qui paraissent dans ARQ sont publiés sous la responsabilité exclusive de leurs auteurs.ISSN: 1203-1488.Envois de publications canadiennes: Contrat DE vente N° 0472417.La Revue d'architecture ARQ est publiée six fois l'an par Art et architecture Québec, Corporation à but non-lucratif.Les changements d'adresse et les demandes d\u2019abonnement doivent être adressés à: Art et ARCHITECTURE Québec, 1463, rue Préfontaine / Montréal, Qc / H1W 2N6 / Tél.adm.(514) 523-4900, rédaction:(514) 523-7024.Abonnements au Canada: 1 AN (6 numéros): 41,02 $ et 68,37 $ pour les institutions et gouvernements.Abonnements USA 1 AN: (6 numéros) 60,00 $ / AUTRES PAYS: 70,00 $.Indexé dans «REPÈRES». RMsW RRR 'fr , ! jHf Bientôt, la confiance que vous faites aux postes DE TRAVAIL TRADITIONNELS NE SERA PLUS JAMAIS LA MEME.Malgré tout le respect que l\u2019on doit aux systèmes RISC/UNIX, vous trouverez, selon nous, que le poste de travail Compaq Professional Workstation offre quelque chose qui manquait grandement dans les postes de travail privés : la liberté.Tout d\u2019abord, vous disposerez de toute la puissance voulue pour faire tourner vos applications spéciales, et ceci, grâce à un éventail de caractéristiques innovatrices en matière de performance.Par exemple, l\u2019architecture de système évoluée de Compaq, qui est optimisée pour Windows® NT et peut faire tourner jusqu\u2019à deux processeurs Pentium® Pro.Et comme notre poste de travail est fondé sur des normes de systèmes ouverts, vous constaterez qu\u2019il s\u2019intégre facilement à votre réseau actuel.Par conséquent, au lieu d\u2019avoir à subir les contraintes d\u2019un système privé, vous disposerez de la souplesse d\u2019emploi voulue pour répondre à vos besoins, quels qu\u2019ils soient.Vous bénéficierez aussi d\u2019une liaison transparente avec toutes les sources d\u2019information qu\u2019il vous faut à l\u2019échelle de votre entreprise.Même dans des environnements RISC/UNIX.Autre avantage : le fruit de nos partenariats avec les principaux fournisseurs de logiciels indépendants comme Microsoft, SDRC, Autodesk et PTC.Comme ces solutions ont été éprouvées à fond, vous obtiendrez une performance et une compatibilité optimales.Enfin, notre poste de travail vous assure un coût de propriété réduit, non seulement en raison du rapport performance/ prix, mais aussi grâce aux fonctions de gestion de Compaq et à ses programmes complets de service et soutien, tous en tête de l\u2019industrie.Notamment, des revendeurs formés spécialement en fonction de votre marché.Tout compte fait, le poste de travail Compaq Professional Workstation diffère de tout autre poste de travail que vous avez utilisé jusqu\u2019ici.Et c\u2019est précisément ce à quoi nous voulions en venir.Pour de plus amples renseignements sur les postes de travail Compaq, appelez-nous au 1 800 567-1616.\t Alors, qu'j a-t-il sous le couvercle?Un à deux processeurs Pentium Pro 200 MHz avec NT4.0, une antémémoire de 256 Ko, une mémoire DIMM ECC allant jusqu'à 512 Mo, un contrôleur Ultra-Wide SCSI et des accélérateurs graphiques 2D / 3D évolués.\t COMPAQ.Votre vie en sera transformée.p£|^1-|m^ppQ\t©1996 Compaq Computer Corporation.Tous droits réservés.Compaq, marque déposée au U.S.Patent and Trademark Office.Compaq Professional Workstation est une marque déposée de Compaq Computer Corporation.Le logo Intel Inside et Pentium sont des marques déposées et les logos Pentium processor\tProcessor et Pentium Pro Processor sont des marques de commerce de Intel Corporation.Tous les autres noms de marques et de produits sont des marques de commerce ou des marques déposées de leurs sociétés respectives. Bâti-Flex Votre prochaine entreprise Lancez-vous dans le Bâti-Flex \u2014 certains des entrepreneurs et des architectes les plus dynamiques du Canada l\u2019ont déjà fait.Ces gagnants régionaux du Concours Bâti-Flex de la Société canadienne d\u2019hypothèques et de logement donnent aux consommateurs exactement ce qu\u2019ils demandent, à un prix abordable.Comment peut-on exploiter ce créneau ?La trousse de renseignements de la SCHL sur le système Bâti-Flex (49 $, plus taxes et frais de manutention, no de commande KF 4027) vous apprend tout ce que vous devez savoir sur les aspirations des consommateurs et la façon d'y répondre.Appelez-nous dès aujourd\u2019hui au 1-800-668-2642 Visitez notre site Internet à l'adresse www.cmhc-schl.gc.ca PLUS: La trousse de renseignements contient tous les détails sur la façon dont ces chefs de file profitent de ce marché \u2014 et comment vous pouvez les imiter.KARWOOD ESTATES INC.ET GREGG CONSTRUCTION LTD St.John s (Terre-Neuve) logements individuels groupés RADIANT HOMES Armdale (Nouvelle-Écosse) Petits immeubles d'appartements CABINET D\u2019ARCHITECTES STÉPHANE HAZAN Côte-Saint-Luc (Québec) petits immeubles d'appartements ÉCOLE D\u2019ARCHITECTURE DE L\u2019UNIVERSITÉ MCGILL ET SOCIÉTÉ DE CONSTRUCTION ANOBID Montréal (Québec) logements individuels groupés THE DESIGN WORKSHOP Corbyville (Ontario) maisons individuelles NOUVELLE DEVELOPMENT CORPORATION London (Ontario) logements individuels groupés FINALTA DESIGNS INC.Edmonton (Alberta) logements individuels groupés et maisons individuelles INNOVATIVE HOUSING SOCIETY North Vancouver (C.-B.) Petits immeubles d\u2019appartements BÂTI-\t\t ¦\t\t¦ \\ / \t\t¦ Y f\t1\t Des logements adaptables en fonction des besoins SCHL CMHC Question habitation, comptez sur nous Canada -EENOTHERM ISOLANT THERMIQUE DE CELLULOSE\t1.6 DENSITE* Un isolant respectueux de l\u2019environnement FABRIQUÉ PAR: 1451 Nobel, Ste-Julie (Quebec) Canada J3E 124 Tél.: (514) 922-2000 Fax: (514) 922-4333 RAPPORT D'ÉVALUATION \u2022\tCCMC-09232-L TOITURE VENTILÉE \u2022\tCCMC-12307-R MUR EXTÉRIEUR On n'a pas le choix, il faut aller vers l'accréditation ISO 9000 Mais.Existe-t-il un moyen de nous faciliter la vie, MÊME APRÈS LA CERTIFICATION?- Nous AVONS DÉCIDÉ D'OBTENIR NOTRE ACCRÉDITATION ISO 9000.Cependant, nous ne sommes pas nombreux, dans notre boîte.Comment POUVONS-NOUS STRUCTURER ET MAINTENIR NOTRE DOCUMENTATION ISO 9000, LE PLUS EFFICACEMENT POSSIBLE ET AU MOINDRE COÛT?ÉVIDEMMENT, IL EST HORS DE QUESTION DE REPRENDRE TOUT LE TRAVAIL DÉJÀ FAIT.- Hum! Quant à rêver, pourrions-nous dénicher un outil qui nous PERMETTRAIT, DU MÊME COUR DE GÉRER NOS PLANS ET DEVIS?S'IL POUVAIT ÉGALEMENT NOUS AIDER À NOUS Y RETROUVER DANS NOS DIFFÉRENTES VERSIONS, SANS PARLER DE L'ARCHIVAGE, VOILÀ QUI SERAIT VRAIMENT UTILE! - LE SUMMUM SERAIT UN OUTIL SIMPLE D'UTILISATION, MAIS SUFFISAMMENT PUISSANT POUR ÉVOLUER AVEC NOTRE FIRME.Le logiciel SIMODOC™ CONÇU POUR VOUS.Pour plus d'information, demandez notre brochure ou une démo.I 800 383 4293 quadrasys@sympatico.ca QuadraSys V*V L'art de canaliser vos énergies ARQ, LA REVUE D'ARCHITECTURE 4 ÉDITORIAL L'IDENTITÉ ARCHITECTURALE DU SAGUENAY\u2014LAC-SAINT-JEAN Luc Noppen et Lucie K.Morisset Ce serait désormais renier l\u2019histoire que d\u2019ignorer le Saguenay\u2014Lac-Saint-Jean.Certes, pour plusieurs Européens et Américains, le nom de la région n\u2019évoque que l\u2019image de terres et de villes inondées par ce torrent rageur dont s\u2019emparèrent CNN, Euro-News, Newsworld et RDI en juillet 1996.Le Saguenay\u2014Lac-Saint-Jean reste cependant le royaume d\u2019autres paysages.Pour certains, qui auront à tout le moins visité Val-Jalhert \u2014 «le village fantôme» \u2014 la région est le royaume d\u2019une nature théâtrale ; le ijord, qui y a d\u2019ailleurs son musée, la baie des Ha ! Ha !, dont le toponyme de Ville de La Baie, sa voisine, commémore les splendeurs, le lac Saint-Jean, que connote son nom montagnais Piekowagami («lac plat») ont, à juste titre, de fervents adeptes parmi les amateurs de plein air.Et voilà que l\u2019on est à découvrir que le Saguenay\u2014Lac-Saint-Jean est aussi le royaume d\u2019un patrimoine architectural du XXe siècle avec lequel peu de régions ou de villes québécoises peuvent prétendre rivaliser.En marge des sentiers battus des circuits d\u2019interprétation traditionnels, l\u2019amateur découvrira un éventail inégalé d\u2019expérimentations urbanistiques et architecturales : hydroélectricité et richesses forestières y ont enraciné l\u2019éclosion industrielle du Québec, forgeant les joyaux d\u2019un patrimoine (la Pulperie de Chicoutimi, par exemple) inégalé.Or, la colonisation de la région était justement contemporaine de cette industrialisation ; et c\u2019est par villes entières, nées d\u2019un coup de crayon, que le Saguenay\u2014Lac-Saint-Jean a vu le jour.Au royaume des villes planifiées, Val-Jalbert, Riverbend et Isle-Maligne (Alma), Kénogami et Arvida (Jonquière), Port-Alfred (Ville de La Baie), Dolbeau ont, à mi-chemin entre les préoccupations sociales européennes et la prestance économique étasunienne, apporté des réponses aux problèmes du logement ouvrier, bien avant Québec ou Montréal.Il n\u2019est guère surprenant, en ce territoire vierge d\u2019habitudes et d\u2019héritages anciens, que le modernisme ait connu son plus probant essor : les institutions du Québec moderne \u2014 écoles, cégeps, hôpitaux, églises.\u2014 mais aussi les commerces avant-gardistes et de nouvelles habitations ont donné aux architectes l\u2019occasion de faire la preuve d\u2019un art remarquable.Après quelques pionniers, tel Alfred Lamontagne, qui participèrent à l\u2019édification des villes de compagnie, les Léonce Desgagné, Paul-Marie Côté, Evans St-Gelais, Jacques iwiiirl %mmm Coutu, acclamés par la critique, ont circonscrit et défini l\u2019identité architecturale du Saguenay\u2014Lac-Saint-Jean : elle appartient résolument au XXe siècle.Plus que celle de tout autre région du Canada français.C\u2019est sur la piste de cette identité que ce numéro de ARQ clôt l\u2019année 1996.Au lendemain du «Grand Coup d\u2019eau» de juillet dernier, le ton aurait pu être nostalgique ; il ne l\u2019est pas.Il faut dire que, depuis le «Grand Feu» de 1870 et les inondations de 1942 dont on parle encore, la région a plutôt tiré profit de ses multiples sinistres, renaissant perpétuellement, comme le phénix, de ses cendres.Aujourd\u2019hui encore, à Chicoutimi par exemple, la catastrophe a offert l\u2019occasion de lendemains meilleurs ; ailleurs, constructions et reconstructions, plus que jamais, appellent à une architecture de paysage signifiante qui, à l\u2019heure de la postmodernité, honore le mariage de la nature et de l\u2019histoire, si typique du Saguenay\u2014Lac-Saint-Jean.Paysage naturel spectaculaire ou paysage urbain méticuleusement planifié, le Saguenay\u2014Lac-Saint-Jean est un royaume où ni la nature, ni la culture \u2014 celle des industries, par exemple \u2014 n\u2019ont encore été totalement apprivoisées.Des trésors dont les archéologues, dans quelque temps, se délecteront : l\u2019Alcan, la «Price Brothers», les villes de compagnie constitueront leurs vestiges.Il serait désolant que ceux-là découvrent les premiers la fortune de notre siècle ; à la veille de l\u2019an 2 000, le XXe siècle de la région devrait recevoir l\u2019attention des conservateurs et des créateurs qui sauront consigner et renouveler l\u2019identité vivante, si particulière, de cette région où les lacs, les montagnes, l\u2019industrie et la ville se sont rencontrés.Le Grand Coup d\u2019eau n\u2019a que porté en exergue le caractère éphémère de toutes ces choses : il nous ap- partient désormais de comprendre et de construire une image permanente qui, même sans tous les monuments, garde pérenne leur mémoire.1.\tNature et industrie : installations portuaires de Port-Alfred (Alcan), Ville de La Baie (photo Paul Laliberté).2.\tL\u2019église Notre-Dame de Port-Alfred (Ville de La Baie), Jacques Coutu, architecte (photo Paul Laliberté).3.\tUn monument de l\u2019architecture traditionaliste de l\u2019après-guerre : l\u2019église Saint-Jacques d\u2019Arvida (Jonquière), œuvre des architectes Desgagné et Boileau, avec la collaboration de Fetherstonhaugh, Durnford, Bolton et Chadwick, architectes consultants, projet en 1946 (ANQ, fonds Desgagné et Laberge, photo Rémy Paré).4.\tL\u2019hôtel de ville de Chicoutimi, œuvre des architectes Lamontagne, Gravel et Brassard (photo Paul Laliberté).5.\tLa centrale hydroélectrique de l\u2019Isle-Maligne (Alma), inaugurée en 1924 (ANQ, fonds SHS, photo Rémy Paré).6.\tUn monument du modernisme, remarquablement conservé : salon de barbier au 580, rue Racine, Chicoutimi (photo Paul Laliberté).6 DÉCEMBRE 1996 5 vmm.\u2022Gpya Le guide de l\u2019architecture est un genre littéraire nouveau qui s\u2019est développé à un rythme exponentiel au cours de la dernière décennie.Il en est résulté que les principales œuvres architecturales de nombreuses villes d\u2019Occident se trouvent aujourd\u2019hui inventoriées dans des ouvrages qui rivalisent d\u2019ingéniosité pour présenter ces œuvres à l\u2019aide d\u2019index variés, de photos ou d\u2019esquisses, de schémas, de plans topographiques précis et d\u2019informations sur divers points: date de construction, architecte, style, transformations ultérieures, relation à la trame urbaine, visibilité, possibilité de visite, etc.Des instruments aussi spécialisés ayant généralement tendance à être réservés surtout aux grands centres, il est d\u2019autant plus remarquable que, pour la seule région du Saguenay\u2014Lac-Saint-Jean, huit publications, dont la plupart constituent d\u2019authentiques guides d\u2019architecture, aient vu le jour depuis peu avec l\u2019appui du Ministère de la Culture et des Communications.Sans que tqus les traits dégagés ci-dessus s\u2019y trouvent forcément, chacun des huit guides «d\u2019excursion et d\u2019interprétation du patrimoine», fournit, à propos d\u2019une sélection de bâtiments, des informations précieuses, des illustrations et des plans topographiques fort utiles.On mettra à part deux d\u2019entre eux qui proposent moins des promenades architecturales précises qu\u2019un aperçu d\u2019ensemble d\u2019un patrimoine dispersé sur un vaste territoire.Le premier, qui porte sur l\u2019ensemble de la région Saguenay\u2014Lac-Saint-Jean, consacre une page entière à chacun des biens culturels qui y ont été classés ou reconnus.Le second, consacré à la MRC Le Domaine-du-Roy dégage les aspects les plus caractéristiques du patrimoine archéologique, historique ou architectural de la rive ouest du Lac-Saint-Jean.Les six autres ouvrages sont consacrés chacun à une seule localité.Après un rappel des singularités géologiques de la région, le guide de Lac-à-la-Croix inventorie les types d\u2019architecture domestique et agricole qui caractérisent cette paroisse d\u2019agriculteurs et propose ensuite un parcours permettant d\u2019observer de nombreux exemplaires de ces types.Les quelque 3 500 habitants de Métabetchouan, la ville voisine, disposent quant à eux d\u2019un guide de 75 pages qui parvient à repérer, en les localisant soigneusement sur dix plans détaillés, 76 éléments architecturaux qui vont de la croix de chemin à l\u2019église «aux allures de cathédrale» en passant par les ponts, le quai, la gare, les maisons cossues et, bien sûr, le Camp musical du Lac-Saint-Jean.Le guide de Roberval.pour sa part, propose en sept attractions rattachées à deux grands circuits une sélection tirée du patrimoine architectural riche et varié de cette petite ville dont le passé est évoqué de fa- HJuide d'excursion et d'interprétation du patrimoine Sodctc d'histoire de Roberval çon spectaculaire par l\u2019hôtel Roberval détruit par le feu en 1908.Les trois derniers guides portent sur des centres urbains plus importants.Celui consacré à Alma met l\u2019accent sur le développement industriel de cette ville qu\u2019il permet de découvrir à travers quatre circuits qui nous conduisent du centre historique aux quartiers périphériques de l\u2019est de la ville.Un autre, consacré à Chicoutimi, a davantage Failure du guide d\u2019architecture type.Il retient 62 œuvres qu\u2019il distribue en cinq circuits clairement identifiés sur un plan d\u2019ensemble aux couleurs variées et fournit à propos de chacune les informations architecturales essentielles.C\u2019est toutefois le guide de Jonquière qui, en n\u2019hésitant pas à mettre en valeur un patrimoine architectural moderne d\u2019un intérêt exceptionnel, offre le contenu le plus étoffé.104 pages de texte illustrées de photos ou d\u2019esquisses, permettent, grâce à un ingénieux système de notation, de découvrir 176 sites repérables sur un ensemble de plans topographiques.Le riche contenu de cet ouvrage aurait même rendu souhaitable l\u2019adjonction d\u2019un index nominatif et d\u2019un index des types de bâtiments qu\u2019aurait appréciés en particulier l\u2019usager de repérer en peu de temps l\u2019architecture de cette ville.Dans cet ensemble d\u2019ouvrages, on peut regretter des absences, en particulier à ce qui a trait au patrimoine moderne.C\u2019est ainsi que les églises modernes qui ont fait la gloire du Saguenay\u2014Lac-Saint-Jean sur le plan architectural, n\u2019ont pas toute la place qui leur revient.Peut-être è cause du découpage par circuits restreints, le guide de Chicoutimi ignore l'église Sainte-Claire de Chicoutimi-Nord et celui d\u2019Alma ne mentionne pas l\u2019église Saint-Pierre d\u2019Alma.D\u2019autres églises particulièrement remarquables (Saint-Marc à La Baie, Saint-Gérard-Magella à Larouche) demeurent pour l\u2019instant, hors zones couvertes.Mais, en dépit de ces rares carences, la publication de cet ensemble de guides contribuera de façon inestimable à révéler des richesses qui autrement pourraient échapper totalement au visiteur, voire au citoyens des municipalités concernées.Il reste à souhaiter qu\u2019une telle initiative soit poursuivie et imitée dans d\u2019autres régions de la pro- vince.Ces guides sont disponibles à la Librairie du Nouveau-Monde, 103, rue Saint-Pierre, Québec (Qué.), G1K 4A3, téléphone (418) 694-9475, télécopieur (418) 694-9486.NOTICE Maurice Lagueux est professeur titulaire au Département de philosophie de [\u2019Université de Montréal et membre de l\u2019Institut de recherche en histoire de l\u2019architecture du Centre Canadien d'Architecture à Montréal.LISTE DE GUIDES ¦\tBergeron, Michel et Bergeron, Claude.Lac-à-la-Croix.Joyau du patrimoine agricole québécois.Lac-à-la-Croix.Corporation du Musée de Lac-à-la-Croix, 1995, 48 p.(ISBN 2-9804693-0-0) ¦\tBouchard, Russel et Gagnon, Gaston.Chicoutimi.Guide d'excursion et d\u2019interprétation du patrimoine.Chicoutimi, Ville de Chicoutimi/Ministère de la Culture et des Communications, 1992, 66 p.(ISBN 2-921101-05-X) ¦\tCimatech consultants.Guide de sensibilisation et d'interprétation du patrimoine.Municipalité régionale de comté Le Domaine-du-Roy.Roberval.1992, 20 p.(ISBN 2-980318-0-9) ¦\tGariépy, Gino.Métabetchouan.Point de rencontre.Guide d\u2019excursion et d\u2019interprétation du patrimoine.Métabetchouan.Ville de Métabetchouan/Ministère de la Culture et des Communications, 1995, 76 p.(ISBN 2-9804694-0-8) ¦\tLeblanc, Marcel et Leclerc, Manon.Roberval.Guide d\u2019excursion et d\u2019interprétation du patrimoine.Roberval, Société d\u2019histoire de Roberval, 1992, 41 p.¦\tMartel, Gaston.Alma.Un Patrimoine à Partager.Guide d\u2019excursion et d'interprétation du patrimoine.Alma.Société d\u2019histoire du Lac-Saint-Jean/Ville d\u2019Alma/Ministère de la Culture et des Communications, 1994, 44 p.(ISBN 2-9800991-4-7) ¦\tNoppen, Luc et Morisset, Lucie K.Jonquière.Mémoires et lieux.Guide d\u2019excursion et d\u2019interprétation du patrimoine.Jonquière.Ville de Jonquière/Ministère de la Culture et des Communications, 1994, 104 p.(ISBN 2-9803914-0-9) ¦\tGagnon, Gaston et Coutu, Guy.Le patrimoine culturel au Saguenay\u2014Lac-Saint-Jean.Chicoutimi, Ministère de la Culture et des Communications, 1993, 32 p.(ISBN 2-550-2762-2-1) JONQUIÈRE mémoires et lieux DÉCEMBRE 1996 7 LA BAIE, LA MÉMOIRE PLANIFIÉE : LA NAISSANCE DE LA VILLE AU SAGUENAY Luc Noppen et Lucie K.Morisset De toutes les villes actuelles du Saguenay\u2014Lac-Saint-Jean, pour plusieurs issues de fusions qui ont oblitéré la matérialité d\u2019entités planifiées (c\u2019est le cas de Jonquière et d\u2019Alma, par exemple), Ville de La Baie est sans doute la plus «historiquement véridique».Autrefois formée de Grande-Baie, de Bagotville et de Port-Alfred, la ville, qui porte aujourd\u2019hui si glorieusement le nom du paysage qui la fédère, ressortit en effet à une planification fort ancienne : à partir de 1840, selon ces limites, le canton Bagot était déjà quadrillé.Ville planifiée ?Ceux qui connaissent ce coin du Saguenay mentionneront spontanément, à ce titre, la «ville de compagnie» Port-Alfred, conçue et construite à l\u2019instigation de l\u2019industriel Julien-Édouard-Alfred Dubuc, à partir de 1917.À ses côtés, au nord et au sud, les «paroisses» Saint-Alphonse de Bagotville et, surtout, Saint-Alexis de Grande-Baie sont généralement perçues et décrites comme des entités organiques : le village de Grande-Baie aurait ainsi résulté de l\u2019établissement, en 1838, des actionnaires charlevoisiens de la Société des Vingt-et-un, squatters sur les terres alors détenues par la Compagnie de la Baie d\u2019Hudson.Or en 1843, quand le canton s'ouvre à la colonisation, l\u2019arpenteur Jean-Baptiste Duberger y dresse soigneusement le plan de «villes» : autour du moulin à scie de la rivière des Ha ! Ha ! et de celui de la rivière à Mars, il surimpose au «Grand-Bay Village» et à «Bagot Town» la rigueur orthogonale d\u2019une planification bien ordonnée.C\u2019est dire que les rives de la Baie des Ha ! Ha ! ont dès lors été destinées à rurbanisation ; en même temps que l\u2019arpenteur Duncan Stephen Ballantyne traçait le plan de Chicoutimi, réservée d\u2019entre les concessions forestières, Grande-Baie et Bagotville confirmaient la naissance de «la ville» au Saguenay\u2014Lac-Saint-Jean.Certes, en regard de la ville industrielle de Port-Alfred, construite en conséquence de sa planification, ces «villes originelles», plus anciennes, n\u2019épousèrent pas si spontanément le geste de l\u2019arpenteur.Sur le territoire de Grande-Baie que Duberger s\u2019efforçait d\u2019ordonner, par exemple, plusieurs obstacles s\u2019imposaient aux rues bien droites : habitations des premiers colons, chapelle et cimetière appellent à quelques contournements.Puis la rivière des Ha ! Ha !, dont les emportements ont ruiné les Vingt-et-un en 1840, et à nouveau en 1841, n\u2019incitait guère à l'établissement septentrional que prévoyait Duberger : les terres menacées par la crue, à l\u2019embouchure de la rivière, n\u2019étaient pas encore véritablement bâties en 1938.À défaut, donc, d\u2019établissement entre les deux rivières \u2014 Bagotville, de son côté, tendait à s\u2019étirer vers le nord, où une industrie d\u2019écorçage attirait les habitants \u2014 le hiatus entre les villes de Duberger, plus redevable aux conditions géographiques et économiques qu\u2019à la «rivalité de clocher» qu\u2019invoque la légende, s\u2019offrait donc, vierge, à la veille de la Première Guerre mondiale.Le territoire «pré-urbanisé» devint, naturellement, celui de Port-Alfred.En-deçà de ces avatars de la planification, cependant, force est de constater le caractère surdéterminant du vouloir de l\u2019arpenteur.Duberger, qui avait d\u2019ailleurs pris en compte les problèmes que poserait Grande-Baie en distinguant à l\u2019intérieur du canton Bagot la «Bagot Town» (Bagotville) du «Bagot Village» (Grande-Baie) a, à l\u2019évidence, irrémédiablement marqué le territoire.Grande-Baie «l\u2019insoumise» a, de fait, conservé un caractère de village que Bagotville n\u2019a plus ; et il n\u2019est sans doute pas étranger à cette obéissance au geste planificateur que Bagotville, plus ordonnée, n\u2019ait pas donné prise aux interventions fonctionnalistes qui ont, à coup de ponts et de boulevards, désarticulé Grande-Baie après la Seconde Guerre.Aujourd\u2019hui, avec une mémoire fragilisée par une cohérence physique peu tangible, Grande-Baie, déjà scindée en deux entités \u2014 le plan de Duberger, puis le vacuum autour de la rivière prévoyaient ceci \u2014 a donc moins de souvenirs que Bagotville.Peu se rappellent, par exemple, que la rue «Alexis-Simard» portait, comme une rue de Bagotville, le nom de lord Elgin ; le boulevard de la Grande-Baie a eu raison de la portion est de la rue Victoria, débaptisée, aussi, en sa portion ouest, pour le nom de «Monseigneur-Dufour».En juillet dernier, certes, la rivière des Ha ! Ha ! a repris les terres qu\u2019elle menaçait depuis 1838, sur lesquelles quelque oubli, semble-t-il, avait poussé à bâtir.Les pertes sont grandes (encadré) ; elles risquent de l\u2019être encore plus, à l\u2019enseigne d\u2019une reconstruction à caractère utilitariste qui paraît plus susceptible de consolider les «acquis» du fonctionnalisme que la mémoire de Grande-Baie.Réinvesti de son implicite histoire, le «village», telle une porte du fjord, gagnerait pourtant en signification ; alors que des catastrophes antérieures ont plutôt favorisé l\u2019épanouissement du paysage local \u2014 ce sont les inondations de 1840 et de 1841, par exemple, qui, laissant le territoire entre les mains de l\u2019industriel William Price, ont ouvert la voie à la planification \u2014 il faut certes espérer que la postmodemité, (en principe) attentive à l\u2019histoire, n\u2019oubliera pas là la mémoire des premières villes du Saguenay\u2014Lac-Saint-Jean.2 Ai A 1ir cr)t moij ISBN: 2-89052-747-6 Robert Fortier, Normand Brouillette, Paul Trépanier, José Igartua, Lucie K.Morisset, Luc Noppen, Villes industrielles planifiées, Montréal, Centre Canadien d\u2019Architecture / Boréal,1996.ART ET ARCHITECTURE DES EGLISES A QUÉBEC Luc Noppen \u2022 Lucie K.Morisset LA PRÉSENCE ANGLICANE À QUÉBEC ISBN: 2-551-16646-2 Luc Noppen et Lucie K.Morisset, Art et architecture des églises à Québec, Foi et Patrie, Québec les publications du Québec, 1996.ISBN: 2-89448-041-5 Luc Noppen et Lucie K.Morisset, La présence anglicane à Québec : Holy Trinity Cathedral, Sillery, Septentrion, 1995.LM HOLY TRINITY CATHEDRAL l "]
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