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Titre :
ARQ
ARQ s'impose rapidement comme la revue de référence pour le milieu québécois de l'architecture. Elle permet de comprendre l'évolution de l'architecture québécoise contemporaine.
Éditeurs :
  • Montréal :Groupe culturel Préfontaine,1981-,
  • Québec :Cöpilia design inc.
Contenu spécifique :
Avril
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
six fois par année
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ARQ, 1998-04, Collections de BAnQ.

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[" LA REVUE D'ARCHITECTURE PROFIL D'ARCHITECTES D'AUJOURD'HUI AVRIL 1998 - B \u2022 \u2022 U J* U « U I *s «ni im n /\u2022Il W ¦ II.» IG ** \u2022 \u2022il» '«.» B -a\u2019 a a e ''in » » r -J î'-.' H \u2022 U «PI .1 jy* fa A ¦i \u2022 *»\u2022' ccc Sa; coins :ZEËEZ.liütfeiî I 15 Adobe espagnol V 02 Cris cendré antique 08 Mélange adobe sg§sgj {.-ÿjÆBSSB ¦ I S, u pei\tiikJ Î*r7$jt*r; J~?*W***pe«or****^| ; tr' 11 Rouge médium antiqi IjMWMBBjjyÆgHflggBI Des détails qui embellissent et personnalisent Si votre rêve est de créer un extérieur remarqué et de personnaliser votre projet, la brique SM' est le choix tout indiqué, par son ensemble de qualités architecturales et esthétiques exceptionnelles.Elle offre à votre imagination une intéressante variété de formats et leur supermodularité vous ouvre d\u2019innombrables possibilités.Qu\u2019il s\u2019agisse d\u2019exécuter un mur avec motifs ou une arche aux arêtes arrondies, la brique SM' répond aux attentes des concepteurs les plus exigeants et leur permet de façonner un véritable joyau architectural.BETCON Un fier partenaire de votre créativité 1-800-906-4001 Fax: 1-514-670-2834 SOMMAIRE \t 5\tÉDITORIAL JEAN OUELLET, ARCHITECTE DE L'INTÉRÊT PUBLIC Philippe Lupien B\tCONCEPTION ARCHITECTURALE, PROCESSUS DE DESIGN Jean Ouellet 7\tRÉFLEXION DE CARRIÈRE Jean Ouellet 8\tPROFIL JEAN OUELLET Philippe Lupien 12\tMONTRÉALITÉ Yves Deschamps 14\tLA PLACE DESJARDINS ET L\u2019«ÂME» DU COMPLEXE.Pierre Lévesque 16\tRÉFLEXIONS SUR LA CONTINUITÉ DU PROJET Guy Besner 17\tQUAND L'HISTOIRE SE RÉPÈTE SANS EN AVOIR LES MOYENS Jean-Claude Marsan 1 8\tLES ÎLOTS SAINT-MARTIN Michel Barcelo 20\tLE GARAGE LOUIS-COLIN, UNIVERSITÉ DE MONTRÉAL Guy Besner 21\tJEAN OUELLET : BIOGRAPHIE, PROJETS ET RÉALISATIONS, BIBLIOGRAPHIE Philippe Lupien 22\tDÉCÈS DU DOYEN DES ARCHITECTES, HENRI MERCIER [1904-1398] Pierre Boyer-Mercier En page couverture Le Complexe Desjardins Le «Rockfest» et les débordements de la Place, 1994.\tÉditeur: PIERRE BOYER-MERCIER Membres fondateurs de la revue: PIERRE BOYER-MERCIER, PIERRE Beaupré, JEAN-LOUIS Robillard ET Jean-H.MERCIER.Membres du comité de rédaction: Georges Adamczyk, Anne Cormier, Pierre Boyer-Mercier.Production graphique: COPILIA DESIGN INC.Directeur artistique: Jean-H.MERCIER.Représentants publicitaires (Sales Representatives) : JACQUES LAUZON ET ASSOCIÉS.¦\tBureau de Montréal: 100, Alexis Nihon, bureau 592 / Ville Saint-Laurent, Québec /H4M 2P1 Téléphone: (514) 747-2332 / Télécopieur: (514) 747-6558.¦\tBureau de Toronto 1-800-689-0344 ARQ est distribuée à tous les membres de L'ORDRE DES ARCHITECTES DU QUÉBEC Dépôt légal: BIBLIOTHÈQUE NATIONALE DU QUÉBEC et BIBLIOTHÈQUE NATIONALE DU CANADA.© Art et ARCHITECTURE Québec: Les articles qui paraissent dans ARQ sont publiés sous la responsabilité exclusive de leurs auteurs.ISSN: 1203-1488.Envois de publications canadiennes: contrat de vente N° 0472417.ARQ est publié six fois l'an par Art ET ARCHITECTURE QUÉBEC, corporation à but non-lucratif.Les changements d'adresse et les demandes d\u2019abonnement doivent être adressés à: Art ET ARCHITECTURE Québec / 1463, rue Préfontaine / Montréal, Qc / H1W 2N6 / Tel.administration (514) 523-4900 ; rédaction: (514) 523-7024.Abonnements au CANADA (taxes comprises): 1 an (6 numéros): 41,41 $ / 69,02 $ pour les institutions et les gouvernements.Abonnements USA 1 AN: (6 numéros) 60,00 $ / AUTRES PAYS: 70,00 $.ARQ est indexée dans «Repères». LA QUALITE SUPREME mm iaBwiy- rTj1.-.; t |MMUUHI 4 ¦ 'Vi:f,riltiiiiMWMllii fâütülsiàl ®$ÜÙigfc ;.«¦** - ^¦¦nfBwa i ssSjS® agwvjçy.\u2022.v_r- -w^sai > : A.A, Ce bardeau d\u2019asphalte ignifugé* est le seul de sa catégorie fabriqué au Canada.Sa conception unique permet d\u2019obtenir une toiture qui sait attirer les regards.Vue d\u2019en bas, la fusion .ties teintes** subtiles de la gamme Chateau ultra ombragé donne plus de relief à la couverture.Aboutissement de nombreuses ations apportées au fil des ans, nos bardeaux Chateau ultra ombragé connaissent une immense popularité d\u2019un bout à l\u2019autre du continent nord-américain.Leur succès s\u2019explique par leur élégance, si par leur robustesse exceptionnelle.Ces bardeaux, aux aîsseurs assemblées par la choeur, présentent une durabilité e ans.Ils sont d\u2019ailleurs couverts par notre meilleure garantie rous serez si fier de votre achat que.vous aurez envie de le A '.JL crier sur les toits! Les teintes illustrées sont proches de la réalité, mais elles peuvent différer légèrement en raison des limites des procédés d\u2019impression.Nous vous recommandons p apeo nséqu en t défaire votre choix final à partir d\u2019échantillons plein grandeur.* Cette technique rendant les bardeaux iJmanin\\abïês a éternisé à l\u2019essai par Factory Mutual Research Corporation (ASTM E108, ACNOR Al23.IM, ASTM D225 type ** Le gamme Chateau ultra ombragé (étojfe^^^^vji^'cfouble, brun double, cèdre J j# \u201er Kpf 1er 0» ir#.i*f.Jek servir l'activité de la place», et non le contraire.De là l'importance d'un service d'animation hors pair, cœur de la composante socioculturelle et de la fonction d'accueil, parmi les intentions globales du projet.Un élément sans lequel la Place n'est qu'un lieu de repos et de circulation.«Ce qu'on voulait faire de cette Place, nous dit Jean Ouellet, c'était Terre des hommes douze mois par année ! » L'ensemble Desjardins tel qu'il apparaît dans ses volontés fondamentales, c'est en quelque sorte la Place Desjardins et, par extension, les édifices qui l'entourent.LA VITALITÉ DES LIEUX : ACTION, JEU, FÊTE; ANIMATION, UNE PLACE EN CONSTANTE MÉTAMORPHOSE «A chaque fois que je rencontre Jean Ouellet, environ une fois par année, la plupart du temps sur la Grande Place, note Michel Carli, directeur artistique de la Place Desjardins, il me dit : Michel, vous avez tellement bien réussi.Et moi, je lui réponds tout le temps : on n'a pas de mérite, tu nous as fait une Place tellement extraordinaire qu'on avait un outil parfait, et qu'on a seulement su bien s'en servir.» Quand Alfred Rouleau a engagé Michel Carli, il y a 23 ans, «c'était pour mettre une âme dans le complexe».Rouleau mentionnait souvent l'idée de la Place médiévale.Il voulait que la Place publique soit comme le «perron de l'église» où se déroulaient alors toutes les interactions populaires d'une communauté.«Tout se passait là, note Denis Lavallée, assistant de Carli, .le pouls d'une population, c'est là que tu l'avais ! Notre mission, le but de la Place publique, c'est que ce qui s'y passe soit toujours le reflet de notre société, celle dont on est fier, selon ce qui la distingue, dans chacune de ses sphères d'activités.» Contrairement aux services d'animation de centre commerciaux conventionnels, «qui engagent du monde pour faire vendre et cherchent des choses toutes faites», la Place Desjardins engage des gens «pour créer», forme des équipes différentes pour différents projets, établit des partenariats avec les différents acteurs de l'actualité socioculturelle et produit ses propres événements.L'important, c'est «d'être original», c'est de «surprendre et faire découvrir», c'est de «faire participer et s'amuser les gens», de façon «grandiose ou modeste».L'important, c'est aussi de permettre à monsieur et madame tout le monde de voir des choses comme les Grands Ballets canadiens (en chemises carottées, qui dansent sur «Tarn di li dam.» de Vigneau It), François Dom-pierre (et ses 1500 flûtes), Gérard Depardieu et le FFM, les joueurs du Canadiens, Jacques Villeneuve et le concours d'arrêts aux puits.de façon gratuite, sans avoir besoin d'aller à la Place des Arts, au St-Denis, au Centre Molson ou ailleurs.«Ici, c'est l'actualité et la culture effervescente qui vient à la rencontre des gens.» «Aujourd'hui, note Michel Carli, surtout à cause des alliances qu'on a créées avec les grands festivals, nos concurrents nous disent : on sait bien, vous autres, spottés comme vous êtes, tout le monde vient chez-vous.Je leur rappelle alors qu'à l'époque, on était dans un no man's land, dans un miteux ramassis de Pound shops.C'est nous qui avons créé notre chance.L'effervescence urbaine et populaire qui s'est développée autour de nous (TNM, Spectrum, Jésus, Parisien, Musique Plus, les Festivals), c'est nous, avec Place des Arts, qui l'ont générée, de telle sorte qu'aujourd'hui, La Place Desjardins est devenue une plaque tournante du réseau culturel québécois.» LE CONTENANT, LE CONTENU, ET LA GÉNÉROSITÉ DE JEAN OUELLET Lorsqu'on parle d'intégration urbaine, on peut y voir une simple intégration à l'architecture ou encore, de façon plus globale, on peut y voir une intégration à la vie.Et «le mérite fondamental du Complexe Desjardins, nous dit Jean Ouellet, c'est peut-être plus sa préoccupation urbaine dans le sens global que sa préoccupation architecturale au sens conventionnel du terme.La notion d'intégration passe aujourd'hui complètement à coté.Et à cet égard, j'ai préparé beaucoup de réflexions sur l'architecture par le dedans.Et le dedans, c'est un monde assez différent du monde dans lequel l'architecte voit l'œuvre comme une chose monumentale.J'en viens souvent à l'exemple du Par-thénon.Le Parthénon, c'est un temple majestueux, qui réunissait la foule autour de lui pour sa contempla- AVHIL 1998 3 tion.Mais le principal élément et la raison d'être même du temple était dedans: Athéna, à laquelle, seul, le grand prêtre avait accès.Dans l'architecture, le dedans est la partie signifiante; c'est là qu'on travaille, c'est là qu'on dors, c'est là qu'on mange, c'est là qu'on échange.c'est là qu'on vit! Le dehors peut avoir une certaine majesté, une certaine qualité, mais une majesté, ça se fait avec des choses simples et sereines.Quand ça crie un peut trop.ça gaspille le talent.C'est pour ça que je m'intéresse encore aujourd'hui au vrai sens de l'architecture, au vrai sens du rôle de l'architecte.Est-ce que l'architecte c'est une vedette à mettre en évidence ou si c'est un gars au service de.Et j'ai souvent à l'image que si un artiste assume ses responsabilités, le coût de ses réalisations, le matériaux et les outils qu'il utilise, et qu'il présente ses œuvres comme ses créations.ca va.Mais l'architecte, lui, il construit avec des matériaux qui lui sont fournis par d'autres, pour d'autres, et il voudrait avoir les mêmes avantages que l'artiste.La notion de service, pour moi, c'est une notion qui n'enlève rien à l'architecte, ça lui donne plutôt, au contraire, une dimension plus riche et plus associée au monde dans lequel il vit.» Et Jean Ouellet d'ajouter, «La notion de durée en architecture est peut-être plus liée à la générosité et la flexibilité des concepts et des éléments qu'à la durabilité des structures comme telle, .comme ça, plusieurs choses peuvent se passer dans un même espace.» C'est ce qui se passe dans sa Grande Place qui permet au Complexe d'être d'avantage qu'un monument ou une belle coquille.«L'architecture par le dedans», c'est ce qui fait du Complexe Desjardins un projet exemplaire pour parler de contenu en architecture.Un contenu global qui vient se cristalliser dans l'idée même de la Place populaire: le cœur, le pouls et l'âme du Complexe.Contrairement au projet Radio-Canada, sans aucun égard pour l'intégration d'un espace public, c'est aussi ce qui fait du programme et du projet Desjardins un exemple de scénarisation.C'est la démonstration d'une architecture capable de transformer la vie.1.\tZachary Richard dans la Grande-Place, 1978 2.\tLa Francofête, Place Desjardins, 20 ans plus tard 3.\tLe «Rockfest» et les débordements de la Place, 1994 u if ipow* n H\t \t réflexions sur la continuité d\u2019un projet Visite au Complexe Desjardins, le 19 mars 1998 avec Jean Ouellet accompagné de Philippe Lupien et de Yves Deschamps Propos recueillis par Guy Besner LA PLACE PUBLIQUE .Dans notre vision, celle à l'époque de la société La Haye-Ouellet, c'était une place publique.Nous avions rêvé d'une place publique ouverte dans laquelle aboutissait un mail commercial qui donnait accès aux trois tours et à l'hôtel.Cela n'a pas tenu le coup.On m'avait demandé de faire une passerelle qui enjambait la place.Moi je m'étais pas objecté à la réaliser.Aujourd'hui, le nouveau dégagement de l'espace, suite à la démolition de la passerelle, ajoute à la qualité de la place, sauf pour les ajouts en porte-à-faux.De ce réaménagement, des choses ont disparu comme le petit amphithéâtre qui avait été creusé entre deux poutres énormes.Nous avions fait des gradins pour tirer partie du volume.C'est comme cela qu'est venue cette idée d'un amphithéâtre.Nous cherchions toutes sortes d'idées afin de créer de l'animation dans la place: des bacs de plantation, des plans d'eau, etc.Les activités reliées à l'amphithéâtre ont fonctionné un certain nombre d'années.Même quand il n'y avait pas de pièces ou d'émissions de télé les gens allait s'asseoir et jaser.La foule, dans l'amphithéâtre, sur la passerelle, sur les différents niveaux, créait une animation humaine, apportant un effet tri-dimensionnel à la place publique.L'animation de la place était très spontanée, non formalisée.Indirectement nous voulions que la place intérieure soit à l'échelle du carré Phillips ou de la place d'Armes.Quant au mail piétonnier, il correspondait au gabarit de la rue Sainte-Catherine.Cette rue piétonne, générée par la principale artère commerciale de la ville, se poursuivait à l'intérieur jusqu'à une place publique animée.À l'origine, cet espace était à ciel ouvert.Mais à l'étape des maquettes, nous nous sommes posé des questions sur ce type de configuration.Depuis mon bureau au 10e étage, alors dans l'immeuble Confédération, j'avais une vue directe sur la place Ville-Marie.J'ai constaté que durant les belles journées ensoleillés de juillet l'esplanade était souvent déserte.Quels étaient les problèmes?À partir de ces observations nous avons pris deux décisions: créer un basilaire qui permettrait une transition entre les tours et la rue et du coup protégerait les piétons contre les effets des vents.De là, nous avons couvert la place et nous l'avons rendue aussi transparente que possible avec de grandes parois de verre dans l'axe piétonnier, et le toit a été percé de nombreux puits de lumière.Ce n'est peut-être pas aussi lumineux que se qui se fait aujourd'hui, mais à l'époque c'était beaucoup de lumière et de transparence.Par rapport aux premiers plans, le toit tel que construit est plus lourd.La portée étant très grande, et la hauteur considérable, nous avions conçu une toiture en modules hyperboloïdes.Les prototypes étaient déjà réalisés sur la rive-sud et on devait les transporter par hélicoptère.On a dû laisser tomber à cause de la complexité.Je ne me suis pas offusqué de la perte des hyperboloïdes qui sont plus dynamique et léger mais cela n'avait pas un effet très marquant sur la vie de la place.Maintenant c'est plus neutre et de toute façon ça attire moins le regard.Évidement les colonnes ont changé d'allure.À l'origine, elles étaient plus fines comme des fusées qui finissait en pointes.Hélas, cela s'est traduit par des volumes pleins considérables.Lorsque l'ingénieur m'a dit qu'elle allaient mesurer 9'X9', j'ai alors demandé que l'on perce la masse aux en- droits non structuraux.C'est comme ça que les formes évidées hexagonales sont apparues.L'hexagone n'est pas celui du mouvement Desjardins.Ce n'est pas un hexagone régulier c'est un hexagone allongé.La ressemblance avec le sigle du mouvement Desjardins est accidentelle.Pour le reste, j'étais conscient des coûts de production aussi je suis resté près de la forme du carré pour faciliter et réduire les coûts de production.Au tout début, je voulais en arriver à faire une place dont l'animation aurait été tridimensionnelle avec des colonnes qui ressembleraient à des arbres.Dans les branches de ces arbres qui auraient couvert un vaste espace, il y aurait eu des plate-formes et entre celle-ci, des passerelles flexibles et des escaliers légers.Évidemment les contraintes de sécurité ne nous permettent pas toujours d'aller au bout de nos idées.LES MODIFICATION SUR LA RUE STE CATHERINE On a fermé la circulation intérieure, restructuré l'entrée de l'hôtel et construit des commerces à front de rue, modifiant ainsi le caractère du projet.À mon avis, on a été trop loin.Qu'on apporte des modifications en conservant l'esprit global du complexe, soit, mais non pas par une série de boutiques qui s'expriment différemment sur la rue Sainte-Catherine alors que toute l'animation devrait se passer à l'intérieur du complexe.Au départ, pour les commerces du mail, nous avions affecté des types de transparences et d'opacité pour chaque façade, une sorte de code d'aménagement.Peut-être était-il trop abstrait, pas assez souple.L'architecture ne peut pas tout faire.Les événements se justifient par eux-mêmes pas en rapport à l'environnement.L'architecture n'appartient pas qu'aux architectes.Ma vision du traitement commercial de la rue Sainte-Catherine était-elle trop puritaine?Le quartier et le type de commerce contrairement à ce que l'on espérait, n'a guère changé.Nous avions un projet d'animation de la rue avec la circulation intérieure, c'est quelque chose qui aurait pu évoluer progressivement.C'est la même chose avec la passerelle qui devait enjamber la rue Sainte-Catherine et qui devait par le fait même donner une animation tri-dimensionnelle à la rue.Je me demande ce que cela aurait donné.LE SITE Nous avons eu une entente dynamique avec la ville de Montréal.Elle était chargée de faire l'acquisition des terrains et de louer l'ensemble au mouvement Desjardins sur une base emphytéotique.Nous avons eu également beaucoup d'échanges avec le service d'urbanisme qui travaillait déjà à la planification du quadrilatère en identifiant comme zone prioritaire les terrains situés devant la Place des Arts afin de poursuivre la continuité de la rue Sainte Catherine.Ceci a été l'élément déclencheur du choix de l'emplacement du complexe Desjardins.Le site avait un potentiel d'urbanité.Au départ il y a eu une certaine hésitation de la part du mouvement Desjardins qui préférait installer ses bureaux en banlieue, sur la rive sud ou dans l'est de Montréal.Progressivement, nous les avons convaincus de l'impact positif que cela pouvait avoir s'il s'installaient au centre-ville de Montréal.Nous leur avons expliqué comment des projets corporatifs ont réussi à revitaliser le cœur d'une ville, à Montréal ou ailleurs.L'idée a fait son chemin et a amené le mouvement Desjardins à s'intéresser à s'implanter au centre-ville.Il faut dire qu'à l'époque le mouvement Desjardins était principalement constitué de gens qui provenaient de petites villes francophones situées en région.Ils avaient un certain ressentiment à se localiser au centre-ville de Montréal.Le seul moyen était d'user du facteur géographique de ce secteur francophone.CONTINUITE La place devait avoir une certaine durée.Les espaces commerciaux étaient appelés à une changement perpétuel.Le complexe est en changement perpétuel.Comme dans une rue,, la vie continue.On construit une fois, puis on réaménagement mille fois.Les réaménagements sont devenus plus importants que le bâtiment lui-même.J'ai travaillé 15 ans sur le complexe Desjardins.Depuis, j'ai pris un grand intérêt à la continuité d'un projet d'architecture.À un certain moment, on est le principal auteur, puis plus tard on change de rôle, on devient conseiller pour diriger les changements ou pour apporter des modifications.Depuis 1962, nous avions travaillé à l'avenir du mouvement Desjardins.Après la construction du complexe, nous sommes devenus étranger à la continuité du projet.Jamais avons-nous été consultés.Par contre dans le développement du campus de l'Université de Montréal la consultation a été continue.Suivre la continuité d'un projet est très important.Les bâtiments évoluent avec les modes de vie.Aucune réalisation n'est conçue pour l'éternité.Un édifice comme le complexe Desjardins est implanté pour longtemps.Le facteur de durée c'est la dimension de l'usage.On ne remplace pas la Place Ville-Marie du jour au lendemain.C'est la flexibilité qui génère une possibilité de durée.La fonction dans son sens générique doit inclure la flexibilité et différents types d'activités afin qu'il n'y ai pas de changement total.J'ai eu l'impression que le projet avait été un succès lors de l'inauguration du complexe.Par la suite la préoccupation de la réussite commerciale a pris le dessus sur l'aspect social, sur la réussite globale du complexe.À Montréal, on fait des grands coups d'éclats et puis on en fait plus rien.Les choses s'éteignent et on oublie les réussites.(Devant la plaque commémorative) .les personnages qui ont participé au projet: Alfred Rouleau, les membres du conseil d'administration de l'époque, le directeur général.Pas une seule mention des concepteurs.On nous a dit à ce moment que si on voulait une plaque il fallait nous même y voir.Les dirigeants du mouvement Desjardins étaient satisfaits du résultat.On avait mis beaucoup de coeur dans ce projet.Les choses peuvent évoluer de façon positive tout en gardant ses racines.Un arbre peut pousser, avoir des feuilles sans nécessairement perdre ses racines.À une certaine époque pour faire des colonnes avec des arbres les règlements de sécurité m'ont arrêté, bloqué on attendait les plans pendant qu'on coulait les fondations.On avait pas le temps d'explorer.On fait des arbres qui dans cet arbre du place des plates-formes et des passerelles, des éléments légers.Une forêts, un arbre qui pousse, qui couvre un grand espace avec des plate-formes, des passerelles flexibles.I Très léger.Avec les contraintes de sécurité on ne nous permet pas d'aller au bout de nos idées.!fy ls-.'h.1 6 ARQ, LA REVUE D'ARCHITECTURE Iean-Claude Marsan, O.C.L\u2019axe créé par la Place des Arts, les complexes Desjardins et Guy Favreau ainsi que par le Palais des Congrès ne peut être évalué à sa juste valeur comme intervention de revitalisation urbaine sans tenir compte du phénomène de la Place Ville-Marie.Car cette opération fut inspirée par le caractère novateur de ce complexe multifonctionnel et motivée par les retombées qu\u2019il a engendrées pour la partie ouest du centre-ville.Si l\u2019axe du complexe Desjardins a apporté une contribution particulière à la forme et à l\u2019ambiance de la ville intérieure, ses effets sur son secteur d\u2019accueil furent cependant fort minces en comparaison avec ceux produits par la Place Ville-Marie.Lorsque le promoteur américain William Zeckendorf entreprit, à partir de 1955, la réalisation du projet de la Place Ville-Marie en tirant profit de la présence de trois îlots urbains disponibles, totalisant 9 hectares et appartenant à un même propriétaire, le Canadien National, il fut à l\u2019origine d\u2019une opération immobilière unique dans l\u2019histoire de la métropole.Car celle-ci a donné naissance à un nouveau pôle de centre-ville, le précédent ayant été confiné jusque lors dans le Vieux-Montréal, avec des embranchements vers les squares Victoria et Dominion.'Mmm icziacsal lESiLÆ fagg1 Op smswii l-T.'iL '\"WH LI5! pMjï La Place Ville-Marie connut un succès notable pour deux raisons principales: elle répondait bien aux nouveaux besoins d\u2019espaces des entreprises et s\u2019intégrait d\u2019une façon stratégique dans la nouvelle organisation spatiale de l\u2019agglomération qui s\u2019était développée depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale.Cette organisation spatiale s\u2019avère le résultat de deux forces opposées mais complémentaires: une force centripète, interurbaine, qui concentre à Montréal comme pôle régional les activités économiques et une autre, centrifuge, qui disperse les populations à la limite des moyens de transport et de communication.L\u2019urbaniste Vincent Ponte a d\u2019ailleurs très bien compris à l\u2019époque que Place Ville-Marie ne pouvait survivre comme équipement régional qu\u2019à la condition d\u2019être greffée au réseau naissant d\u2019autoroutes urbaines.Ajoutons, enfin, que la présence de la Gare Centrale tout près de la Place Ville-Marie favorisa, grâce à la topographie du lieu, un lien piéton entre ces deux équipements, lequel s\u2019allongea par la suite pour aller rejoindre la Place Bonaventure, construite en 1967, et à nouveau pour relier la station de métro du même nom aménagée près de la gare Windsor au cours de la même période.quand l\u2019histoire se répète sans en avoir les moyens AVRIL 1998 La Place Ville-Marie a agi comme un aimant d\u2019une force considérable, stimulant la construction à proximité de nouveaux immeubles et complexes, soit le long du boulevard Dorchester (aujourd\u2019hui René-Lévesque), soit au pourtour du square Dominion (aujourd\u2019hui Dorchester) et du square Victoria.Avec le temps, la plupart de ces nouveaux équipements furent reliés ensemble et au métro par le réseau piéton inauguré par la Place Ville-Marie, engendrant ainsi une ville souterraine dont l\u2019expansion fut continue et qui est maintenant considérée comme la plus développée au monde.Le caractère organique de ce développement urbain se manifeste d\u2019ailleurs bien dans ce réseau piéton intérieur, lequel, à l\u2019exemple de l\u2019ensemble routier d\u2019une ville médiévale, prend des configurations les plus diverses mais le plus souvent sans contact visuel avec l\u2019extérieur.Les complexes les plus récents, à l\u2019instar de celui de la Place Montréal Trust, apportent cependant une certaine variante à ce pattern, en permettant notamment à la lumière naturelle de pénétrer jusqu\u2019au niveau du réseau piéton intérieur.LE CAS DE L'AXE DU COMPLEXE DESJARDINS Le cas de l\u2019axe du complexe Desjardins, qui a comme épine dorsale un lien piéton reliant la station de métro Place des Arts à celle de la Place d\u2019Armes, s\u2019avère différent.Conçu dans le cadre d\u2019une importante opération de rénovation urbaine, ce projet immobilier touchant tout le secteur compris entre les rues Viger, Jeanne-Mance, Sherbrooke et Saint-Urbain, a fait l\u2019objet en 1967 d\u2019un plan directeur réalisé par la firme d\u2019urbanistes Jean-Claude La Haye.Ce nouveau réseau piéton intérieur n\u2019a pas le caractère organique de celui inauguré par la Place Ville-Marie.Rectiligne, il est ponctué par les places intérieures des complexes Desjardins et Guy Favreau, lesquelles laissent pénétrer la lumière naturelle; de plus, il est en contact avec les places extérieures du complexe Guy Favreau et du Palais des Congrès.L\u2019ambiance qui y règne est celle d\u2019une organisation spatiale programmée, faite de temps faibles et de temps forts, voire, à l\u2019occasion, grandioses comme dans le cas de l\u2019agora du complexe Desjardins, Il est assez évident que cette opération de revitalisation urbaine a été motivée par le besoin des Francophones, historiquement confinés dans l\u2019est de la ville, de reproduire dans leur secteur d\u2019influence le phénomène de la Place Ville-Marie.Mais cet axe du complexe Desjardins, contrairement à celui de la Place Ville-Marie qui n\u2019a monopolisé que des investissements privés, constitue avant tout un axe de caractère «institutionnel».Il ne s\u2019avère, en effet, pas tant le fruit d\u2019investissements commandés par un regroupement stratégique d\u2019équipements de production et par la dynamique du marché foncier qu\u2019un développement voulu en fonction d\u2019une rentabilité politique et sociale: tant la Place des Arts, les théâtres Port Royal et Maisonneuve, le Musée d\u2019art contemporain et le Palais des Congrès que le complexe Guy Favreau furent réalisés respectivement par le gouvernement du Québec et d'Ottawa.Si le complexe Desjardins a été construit grâce à des fonds privés, il demeure occupé en bonne partie par le gouvernement provincial qui y loge divers services.Exh: K.1.\tPlan des réseaux souterrains du centre-ville de Montréal 2.\tPlan du réseau sousterrain Place des Arts - Palais des Congrès DES RETOMBÉES INEXISTANTES Ceci explique pourquoi l\u2019axe du complexe Desjardins, contrairement à son modèle la Place Ville-Marie, n\u2019a pas contribué à stimuler le développement dans son secteur d\u2019accueil.Bien au contraire, les destructions considérables qu\u2019il a laissées sur son passage sont toujours béantes après deux décennies.Car ses équipements ne sont pas des lieux où, dans le cadre de l\u2019industrie tertiaire dominante au centre-ville, on produit des biens et des services mais avant tout des lieux où l\u2019on consomme et où l\u2019on gère des services.À la défense de ceux qui ont enclenché cette opération de revitalisation urbaine à l\u2019époque, il faut rappeler que des études telles qu\u2019Horizon 2000, effectuée par le Service d\u2019urbanisme de la Ville de Montréal en 1967, prédisaient que la métropole atteindrait quelque 7 millions d\u2019habitants au tournant du XXIe siècle.Si cette prédiction s\u2019était réalisée, il est probable que l\u2019axe Place des Arts/Palais des Congrès aurait servi d\u2019épine dorsale à des développements importants.Aujourd\u2019hui, rien de tout cela ne s\u2019est matérialisé, avec le résultat que lorsqu\u2019il y a des interventions à faire au centre-ville, le choix du lieu est déchirant.On assiste à des parties de yo-yo, comme dans le cas de l\u2019avenir du Palais des Congrès où certains intervenants souhaiteraient son agrandissement sur le site qu\u2019il occupe déjà, d\u2019autres préférant son déplacement vers le secteur de la Place Ville-Marie.Compte tenu que Montréal constitue une métropole de taille moyenne et qu\u2019elle est destinée à le rester dans un avenir prévisible, il va falloir accepter, quels que soient les antécédents historiques, que le développement ou le redéveloppement dans le centre-ville se confine désormais entre ces deux axes que constituent ceux de la Place Ville-Marie et du complexe Desjardins.Dans cette optique, il serait logique que le projet annoncé de la Grande Bibliothèque nationale soit implanté dans l\u2019îlot situé à l\u2019ouest de la Place des Arts, de façon à commencer à refermer les plaies hideuses laissées par une opération immobilière que l\u2019histoire n\u2019avait pas les moyens de répéter! 17 mmm p* ' IP , loooool Wllffl loooool ,a*«a*ao ¦*¦*1 loooool JEAN OUELLET par Michel Barcelo les îlots saint-martin (petite bourgogne) jean Ouellet, architecte Reeves et Alain, architectes associés.LES ILOTS SAINT-MARTIN ET L\u2019HISTOIRE SOCIALE DE MONTRÉAL Il y avait un maire qui ne voulait pas de logement social, et surtout pas la répétition des Habitations Jeanne-Mance.Il y avait une bonne douzaine de curés du Sud-Ouest de Montréal qui, voyant venir les fastes d\u2019Expo \u201967, en voulaient plus que des miettes pour leurs fabriques ou leurs ouailles.Il y avait des animateurs sociaux et des comités de citoyens, parmi les premiers à Montréal, qui réclamaient un nouvel ordre social.Il y avait des malentendus un peu partout sur le sens des mots comme rénovation urbaine, pauvreté, taudis, participation, etc.Toute une histoire qui nous conduit directement aux îlots Saint-Martin!1 En soi, la contribution des Ilots Saint-Martin à l\u2019histoire sociale et à l\u2019histoire du logement social à Montréal pourrait occuper tout l\u2019espace de cet article, car il s\u2019est agi de la matérialisation, en un temps donné, du débat sur le logement social à Montréal, et des concepts qui en ont par la suite émergé.Jugés à cette aune, les îlots Saint-Martin marquent un tournant historique, à mi-chemin entre les Habitations Jeanne-Mance (1961) et l\u2019abolition de la Rénovation urbaineen vertu de la Loi nationale sur l\u2019habitation (1971).Les îlots peuvent être perçus comme précurseurs des Programmes d\u2019amélioration de quartier au Canada et des PLMà Montréal.C\u2019est de la vieille histoire, déjà : à peu près plus rien de ces programmes n\u2019existe plus, ils sont morts ou moribonds comme \\'État-providence.Comme héritage de i\u2019État-providence, les îlots sont assez remarquables : on n\u2019a qu\u2019à comparer avec ce qui se faisait en Europe ou aux États-unis d\u2019Amérique à l\u2019époque (la Stalinailee, à Berlin, «première rue socialiste d\u2019Allemagne», le grand phalanstère de A.et P.Smithson à Sheffield, ou Lake Meadows de SOM à Chicago sont tous contemporains), que ce soit les typologies de logements sociaux ou que ce soit l\u2019intégration et le traitement des logements anciens, et la conclusion est incontournable : les îlots sont un projet révolutionnaire comme projet de logement social en ville-centre.Qu\u2019en est-il aujourd\u2019hui de cet héritage, maintenant que l\u2019aspect révolutionnaire en est un peu émoussé et que les révolutions tranquille ou sociale sont bel et bien endormies ?NOTES 1.\tBarcelo, Michel, Urban Development Policies in Montréal, 1960-1978 : an Authoritarian Quiet Revolution Québec Studies, No.6, 1988 2.\tThe Canadian Architect, août 1971 3.\tVoir, en particulier, le film de Maurice Bulbulian La Petite Bourgogne 1966 4.\tThe Canadian Architect, août 1971 5.\tThe Canadian Architect, août 1971 LES ILOTS SAINT-MARTIN : LE GENIUS LOCI Commençons par une description sommaire du site : de part et d\u2019autre de la rue Saint-Martin, entre les rues Des Seigneurs et Richmond, deux îlots qui s\u2019étendent, dans le sens Nord-Sud, avec une légère pente, de la rue Saint-Antoine (dont la façade Nord, absolument remarquable par ses maisons en pierre grise, à fait place à la structure infâme de l\u2019autoroute Ville-Marie, dans les années 1960) à la rue Saint-Jacques (dont la façade Sud avait été oblitérée par l\u2019agrandissement de la cour de triage de la gare Bonaventure, dans les années 1930).L\u2019îlot Est comporte un caprice à sa tête sur la rue Saint-Antoine, le Square Richmond, à cheval sur l\u2019îlot voisin, dans l\u2019axe de la rue Richmond.Il s\u2019agit d\u2019un petit square, d\u2019environ cinquante mètres de côté, à composition axiale tout à fait exceptionnelle à Montréal.Le projet des îlots Saint-Martin inscrit sur ces deux îlots 313 logements (nouveaux et existants), sur environ 3,25 ha, principalement des maisons sauvegardées, des walkups et des maisons en ran- 38 gée.Au XIXième siècle, l\u2019expansion urbaine de ce quartier s\u2019est faite à la fois à partir du centre (par le Chemin-de-Lachine-en-haut, c.à d.la rue Saint-Antoine) et à partir du Canal de Lachine, et du Montréal and Lachine Railroad.En bordure du canal et du chemin de fer, on retrouvait le lumpenproletariatvenu des campagnes du Québec et d\u2019Irlande, et quelques esclaves noirs affranchis, vivant tous dans des conditions abominables d\u2019habitat et de salubrité, alors que, rue Saint-Antoine, on retrouvait la petite bourgeoisie, anglophone et francophone, avec des conditions assez remarquables d\u2019habitat urbain.Le patrimoine du lumpenproletariata été oblitéré par le chemin de fer, il y a longtemps.Le patrimoine de la petite bourgeoisie demeurait encore en 1960, même si cette petite bourgeoisie avait déjà commencé à migrer vers la banlieue de la première couronne : le processus d\u2019abandon-succession la remplaçait lentement par des travailleurs aux métiers précaires ou même par des assistés sociaux (le revenu familial moyen en 1965 était inférieur à 4 500 $/année2), futurs locataires potentiels des îlots Saint-Martin, pour lesquels on ne jugeait plus important, depuis belle lurette, de consacrer quelque ressource que ce soit pour l\u2019entretien des logements.LE DESIGN URBAIN DES ÎLOTS SAINT-MARTIN Le programme imaginé par la Ville (Guy Legault en tête) demandait la conservation d\u2019une partie du patrimoine résidentiel en question sur le Square et sur une partie des rues Richmond et Saint-Martin.Cela fut fait avec un succès certain, et à des coûts raisonnables, de sorte qu\u2019on peut se demander aujourd\u2019hui si ces fragments n\u2019auraient pas pu être plus nombreux dans une conservation systémique.On n\u2019a qu\u2019à revoir les films d\u2019époque de l\u2019ONF3, pour comprendre que la conservation de seuls fragments était la mort même de cette communauté fragile, avec les fausses apparences de sa conservation.Au delà des bâtiments eux-mêmes, il y avait le patrimoine des îlots, du Square, des relations à la rue et à la cour arrière.Le parti de modernité des îlots Saint-Martin a voulu qu\u2019on en fasse fi, même à proximité des bâtiments conservés, sauf pour le Square lui-même, conservé à peu près en l\u2019état.On a donc recomposé les deux îlots, en abandonnant l\u2019îlot traditionnel.On se retrouve avec une composition où les bâtiments sur rue alternent avec des bâtiments perpendiculaires hors-rue, sur de nouvelles voies et cours piétonnes publiques, assez difficilement identifiables ou repérables (certaines se terminent en impasses, d\u2019autres pas), un peu comme s\u2019il manquait un concept pour mettre en réseau la circulation piétonne sur rue avec celle à l\u2019intérieur des îlots.Cette forme peut avoir été dictée par le besoin de conserver ou d\u2019augmenter les densités, tout en assurant l\u2019ensoleillement des logements.Mais, déjà en 1971, Raymond Affleck pouvait parler de la contradiction between architectural excellence and an overall negative sense of place4 Ce qui a le plus contribué à ce negative sense of place, beaucoup plus que les circulations piétonnes sans destinations précises et divorcées de la rue, ce sont les parkings installés au pied de la pente, du côté de la rue Saint-Jacques, sous des dalles qui reprenaient l\u2019horizontale à la mi-course de la pente Nord-Sud.En venant du Nord, ils sont évidemment moins perceptibles, quand on circule à l\u2019intérieur des îlots.Quand on circule sur la rue Saint-Martin, on se retrouve, à mi-chemin du parcours, coincés entre les deux rez-de-chaussée grillagés des par- ( kings : les trottoirs, de part et d\u2019autre, se divisent chacun en un trottoir d'en hautet un trottoir d'en bas.Sur la rue j Saint-Jacques, on a masqué les parkings par des talus gazonnés ou minéralisés, et l\u2019accès aux logements qui les surplombent se fait par des escaliers qui sont une ! caricature des escaliers extérieurs d\u2019une certaine tradi- i tion montréalaise, qui n\u2019est pas pour autant la tradition i victorienne de la Petite Bourgogne.À l\u2019intersection de la rue des Seigneurs et de la rue Saint-Jacques, on a masqué le parking par des commerces de proximité, avec un certain succès, mais il y a encore ce trottoir d'en bas, commercial, et ce trottoir d'en haut, résidentiel, qui séparent inutilement les deux types de flux piétons et réduisent l\u2019achalandage sur rue à l\u2019endroit par excellence où on les souhaiterait réunis.L\u2019ARCHITECTURE DES ÎLOTS L\u2019architecture est pourtant remarquable pour le temps et encore pour aujourd\u2019hui.La modulation des bâtiments neufs et leurs matériaux rappellent assez bien ceux des ?bâtiments victoriens rénovés, de même que leurs man- i sardes.Raymond Affleck, en 1971, parlait de son admi- 1 ration for the way in which the project fits in with the I neighborhood scale and character.This has been achieved I by : good color, texture, proportion, sensitive spatial I organization.Le Prix Massey qu\u2019avait mérité l\u2019ensemble en 1970, récompense plutôt inhabituelle pour un projet de logement social, témoigne de toutes ces qualités.Les walkups ont certaines de ces qualités, qui permettent leur intégration dans l\u2019ensemble, en particulier grâce aux mansardes et à la modulation des façades.Pourtant, et cela vaut aussi pour les maisons en rangée, I les fenêtres et les lucarnes horizontales, et leurs proportions, se marient assez mal avec la fenestration verticale des maisons victoriennes.Et, en raison, à l\u2019époque, de l\u2019interdiction absolue des escaliers extérieurs vers l\u2019étage, dans la tradition montréalaise, les architectes ont dû se résoudre à des cages d\u2019escalier qui, de l\u2019extérieur comme de l\u2019intérieur, demeurent un des aspects les plus décevants de cet ensemble.LES ÎLOTS SAINT-MARTIN AUJOURD\u2019HUI On a fait injure à la qualité générale de cette architecture par diverses mesures administratives prises depuis sa réalisation : des clôtures Frost pour tous les jardins privés, sans aucun respect du patrimoine ou de la privauté des ménages; d\u2019énormes bacs à ordures devant les parkings, sur le trottoir (on n\u2019avait pas prévu, semble-t-il, comment se ferait l\u2019enlèvement des ordures pour les logements perchés sur dalle, ou même le déblaiement de la | neige qui demeure un problème); et d\u2019affreuses plaques de béton sur le talus de la rue Saint-Jacques (problème d\u2019érosion?).En 19715, Guy Legault souhaitait un ensemble de recherches sur les îlots Saint-Martin, qui, à ma connaissance, n\u2019ont jamais été faites.De la participation des citoyens à la conception architecturale.Faudra-t-il atten- « dre encore longtemps?ARQ, LA REVUE D'ARCHITECTURE Systèmes de gestion de transmission par câble CS Périmétriques Aériens Plancher Soutien technique Colonnes Tele-Poiuer Electricité Communications Conduits de plancher UJalker §êB Conduits de plancher de surface âêH Câblaqe de meubles Grands espaces | Perçables RCI Encore Pr Distribution mixte K mmmsnssm ancner.K mm mW Wiremold lance le réceptacle perçable pouvant transporter la plus grande densité de courant électrique et de communication : le RCISID RC2001 de Walker®.Le réceptacle allie une prise double à quatre ports de communication CAT 5 pouvant 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Ouellet Reeves et Alain, architectes, Montréal Cuv Besner Il est plutôt rare qu'une construction utilitaire donne lieu à une expression architecturale forte et réussie.Désservant le campus de l'université de Montréal, qui entame alors sa deuxième phase d'expansion dès 1963, le garage de stationnement Louis-Colin se distingue des modèles de l'époque en proposant une réponse différente et originale à un programme destiné avant tout à la culture de l'automobile.Aussi ce modeste projet des architectes Ouellet Reeves et Alain a été récompensé par une médaille de la Fondation Massey en 1970.Aujourd'hui encore, cette imposante structure est l'un des équipements des plus intéressants du campus, entretenu avec vigilance par son propriétaire qui lui assure ainsi son état originel.L'architecte Jean Ouellet contribua à différents titres aux nombreuses interventions sur le campus entre 1962 et 1995 dont celle de concevoir un garage de stationnement pour 1290 voitures, relié aux pavillons y .-Y *.\t- ' :-V- i voisins par un réseau piétonnier.L'intégration fonctionnelle du bâtiment devait s'appuyer sur une étude poussée de l'accessibilité au campus, une des composantes de l'étude du plan directeur mis en oeuvre à l'époque par l'urbaniste Jean-Claude La Haye, successeur d'Ernest Cormier au titre d'architecte de l'Université.Mobilité et intégration au paysage sont le éléments clés du projet.L'unité que présentent le site et le bâtiment intègrent de façon fort réussi les voies de circulation et les accès.À partir de l'étude, les architectes ont considéré deux entrées: l'une au sommet, donnant sur la principale voie intérieure du campus, l'autre, au niveau inférieur, accessibles des rues Louis-Colin, Jean-Brillant et McKenna.La structure apparente en béton brut, simples plates-formes à niveaux décalés, épouse la topographie générale du flanc du mont Royal.Des rampes à sens unique placées à chaque extrémité et au centre du bâtiment relient les six étages.Affirmé par un parapet rectiligne, le dernier étage est aménagé sous forme de terrasse et profite d'un panorama exceptionnel sur la ville.Dans la foulée du courant brutaliste des années soixante, les architectes ont voulu exacerber les particularités de la fonction et les caractéristiques du béton dans le traitement de la surface.Superposé en bandes horizontales, la fonction est exprimée par les lots de stationnement disposés à angle de 60° et construits en porte à faux.Régie par la répétition du redan oblique, qui s'articule par des pleins et des vides dramatisés par des effets d'ombre et de lumière, la composition donne à la surface un relief sculptural que dynamise les fortes perspectives des rues.Ce sont ces vues d'ensembles qui engendrent la monumentalité du bâtiment.En résulte un effet saisissant, induit par la plasticité du parti qui à la fois redéfinit et évoque l'escarpement rocheux dans lequel s'insère le garage.À l'intérieur, dans les aires de stationnement, les architectes ont gardé apparent tout le roc solide et sain, introduisant ainsi un élément du site.Afin d'animer ces vastes espaces et pour identifier les éléments de circulation véhiculaire et piétonnière, les architectes ont eu recours z: b: ib ii h ii EiiriirisriiriFE j iiriruriii JSS EÉEütiEîitll EEtEH ¦i **>>.¦* ¦fl ! W.e- ir.iii Su IgfflMTl s - \u2022¦w-* à la polychromie: rampes montantes en rouge, descendantes en bleu; jaunes dans les parties sombres; accusation des plans par les verts, les bleus et violets, les noirs.Oeuvre qui se distingue dans la pratique de l'agence pour sa plasticité singulière, le garage Louis-Colin contribue au patrimoine architectural moderne de Montréal en inscrivant des notions de collectivité et d'animation dans un typologie qui en est habituellement dénué.Ces mêmes préoccupations se retrouveront à une autre échelle dans les ambitieux projets sociaux que les même architectes réaliseront plus tard.JER BIOGf JeanO J'irati i«p bode l«i NOTICE BIOGRAPHIQUE Guy Besner est diplômé du Module de Design de l'environnement de l'Université du Québec à Montréal et de l'École d'architecture de l'Université de Montréal.Il est chercheur en histoire de l'architecture.Il a écrit plusieurs articles sur l'architecture moderne du Québec, collaboré à plusieurs publications et organisé des expositions.Il est aussi membre de l'équipe inventaire de DOCOMOMO Québec.fe pli tel de 'l'École i Oie\";; (te;- BIBLIOGRAPHIE ¦\tPierre-Richard Bisson, Raymonde Gauthier et Jacques Lachapelle, « Au nord du Mont-Royal » dans Dix circuits pour découvrir l'architecture montréalaise, Montréal, ARQ #54, Encart, avril 1990.¦\t« Parking Garage » dans The Canadian Architect, vol.XV (yearbook 1970), p.90-91.¦\t« Garage Louis-Colin », Université de Montréal dans Architecture Concept, vol.XXV, n° 284, mai 1970, p.24-26.c:- LHije C- ^¦\u2018.2 j; Ce- O:,'-.: ag ¦¦¦ A/Vr/*/ ¦tm ARQ, LA REVUE ?'ARCHITECTURE I», 20 JERN OUELLET; ORQ, CPUQ, FIRRC, RRRC, ARCHITECTE, URBRNI5TE, PROFESSEUR HONORAIRE BIOGRAPHIE Jean Ouellet est né en 1922, à Rivière-du-Loup.Il est capitaine d'aviation pendant la seconde guerre mondiale et peut par conséquent profiter des bourses d'études attribuées aux vétérans lors de son retour au Canada.Il entreprend ses études en architecture à l'École des Beaux-Arts de Montréal qu'il termine en 1952 avec la mention Grande distinction.Sa promotion, une des plus nombreuses incluait entre autres l'architecte Roger d'Astous (Voir ARQ #60) ainsi Jean-Luc Poulin, premier président de l'Ordre des architectes en 1973 et premier directeur de l'École d'Architecture de l'Université de Montréal et pour Jean Ouellet, fidèle conseiller en matière de pratique.Reçu à l'ordre des architectes du Québec en 1954, il pratique seul et est reçu dix ans plus tard dans l'Ordre des urbanistes du Québec.De forts liens d'amitiés avec le pionnier de l'urbanisme au Québec, Jean-Claude La Haye l'amène à joindre son agence ; Jean-Claude La Haye et associés, urbanistes-conseils en 1958.En 1961, Jean Ouellet fonde la firme Ouellet et Reeves, puis après la fusion des deux agences, oeuvre au sein de la Société La Haye Ouellet architectes et urbanistes de 1971 jusqu'en 1985.La firme multidisciplinaire est responsable de plusieurs réalisations importantes dans les domaines de l'urbanisme, l'aménagement du territoire, l'architecture des grands ensembles, l'architecture de paysage et même le design mais on se souviendra particulièrement du complexe Desjardins qui occupa la firme pendant 14 ans de 1962 à 1976.En plus de nombreux prix internationaux, l'agence s'est vue attribuée en 1970 deux médailles Massey dont une pour le garage Louis-Colin et l'autre pour les îlots Saint-Martin.La liste que voici, incomplète, ne mentionne que les réalisations les plus importantes.Jean Ouellet a aussi réalisé plusieurs résidences secondaires dont celle de Fernand Séguin sur les berges de la rivière Richelieu.Parallèlement à sa pratique, Jean Ouellet enseigne à l'École d'architecture de l'Université de Montréal depuis 1962, il reçoit de cette université un doctorat Honoris Causa en 1979 et est reçu professeur agrégé en 1980; il sera le directeur de l'École de 1980 à 1985.En 1972, il a été élu président de l'Association des architectes de la province de Québec qui allait devenir l'OAQ l'année suivante, et a reçu du même organisme la médaille du mérite en 1978.PROJETS ET RÉALISATIONS Firmes ¦\tJean-Claude La Haye et associés, urbanistes conseil ¦\tOuellet, Reeves et Alain, architectes ¦\tLa société La Haye Ouellet architectes et urbanistes (1971) 1962-71 Le Complexe Desjardins; planification, concept d'ensemble, intégration urbaine, faisabilité 1962-95 Plan directeur du Campus de l'université de Montréal.Développements et implantations sur le Campus de l'université de Montréal ¦\tÉléments de design; voirie et services ¦\tGarage Louis-Colin (1969) ¦\tLa rampe mobile ¦\tSecteurs K et J-G (élaboration) ¦\tPavillon interdisciplinaire (esquisse préliminaire) ¦\tPavillon AGG, aménagement, géographie et géologie (esquisse préliminaire) ¦\tStation de métro (Intégration) ¦\tPavillon des sciences mathématiques et informatiques (Implantation) ¦\tGarage étagé du secteur est (esquisse préliminaire) 1962-65 Schéma d'aménagement Université de Sherbrooke 1962-63 La Cité des jeunes de Vaudreuil ¦\tPlan d'aménagement d'ensemble ¦\tInstitut de technologie et de machinerie lourde ¦\tCentre d'éducation physique 1962-1978 Campus Desjardins à Lévis ¦\tPlan d'aménagement d'ensemble (1962) ¦\tPavillon de l'institut coopératif Desjardins (1963) ¦\tSiège social de l'assurance-vie Desjardins (1964) ¦\tSiège social de la fédération de Québec des caisses populaire Desjardins (1976).¦\tSiège social de l'union régionale de Québec des caisses populaire Desjardins (1978) 1965 Concours provincial pour écoles primaires, finaliste 1966-\t67 Le Pavillon de la Jeunesse Expo 67 1967 Concept général de réaménagement de la colline parlementaire de Québec 1967-\t85 Ambassade du Canada à Belgrade, Yougoslavie 1969 Ensemble d'habitation îlots Saint-Martin ¦\t313 unités familiales ¦\tServices communautaires ¦\tAménagements de plein air 1971-76 Le Complexe Desjardins; programmation, design, développement, réalisation 1978 Le Complexe Jacques Gagnon (de l'entraide) à Alma 1978 Le Palais des congrès de Montréal, Projet finaliste 1981 Le siège social de l'Union des producteurs agricoles du Québec à Longueuil 1992-96 Mise à jour du plan directeur d'aménagement AUTRES RÉALISATIONS: ¦\tUniversité du Québec, études d'implantation et de développement (Montréal, Chicoutimi, Rimouski) ¦\tHabitations Hochelaga; 135 unités familiales ¦\tHabitations Dufort; 80 unités Boul.René Lévesque ¦\tHabitations Isabella (105 unités) rue Isabella ¦\tSecteur Fournier à Hull Projet de démonstration de la SCHL et la CCN; 900 unités ¦\tCentre d'accueil Octave Roussin, Montréal ¦\tCentre d'accueil François Séguénot, Pointe aux Trembles ¦\tCentre d'accueil Nazaire Piché, Lachine ¦\tCentre d'accueil Ernest Routhier, Montréal ¦\tCentre d'accueil Judith Jasmin, Montréal PRIX ET DISTINCTIONS ¦\t1970 Médaille d'architecture Massey (Garage Louis-Colin) ¦\t1970 Médaille d'architecture Massey (Ensemble d'habita- tion îlots St-Martin, Petite Bourgogne) BIBLIOGRAPHIE SÉLECTIONNÉE ¦\tUne église et ses dépendances, projet thèse du diplôme, promotion 1952; Architecture, Bâtiment, Construction; juillet 1952 ¦\tImmeuble commercial à Montréal; Architecture, Bâtiment, Construction; janvier 1955 ¦\tThe Canadian Architect study house for the typical family; The Canadian Architect, August 1958 ¦\tMontréal Caledonia curling Club; Architecture, Bâtiment, Construction; août 1960 ¦\tConcours provincial d'architecture pour écoles primaires; Architecture, Bâtiment, Construction; avril 1965 ¦\tInstitut de technologie, cité de Jacques-Cartier, Architecture, Bâtiment, Construction; juin 1966 ¦\tYouth Pavillion, EXPO 67; Architecture Canada, July 1966 ¦\tLe siège social de l'assurance-vie Desjardins, Lévis, Québec; Architecture, Bâtiment, Construction; septembre 1968 ¦\tîlots Saint-Martin, La Petite Bourgogne, Montréal, Québec; Architecture Canada; octobre 1970 ¦\tGarage Louis-Colin, Université de Montréal; Architecture Canada; octobre 1970 ¦\tMontréal.Les îlots Saint-Martin, La petite Bourgogne; commentaire de Guy R.Legault et Ray Affleck, The Canadian architect; august 1971 ¦\tÉdifices à bureaux; Bâtiment; août 1974 ¦\tNouvel immeuble de la CCPED (Confédération des caisses populaires et d'économie Desjardins du Québec) à Lévis; Bâtiment; octobre 1980 ¦\tLe futur palais des congrès de Montréal; Bâtiment, 1978 ¦\tArchitectura, collegio official, Madrid; El garage Louis Colin AVRIL 1998 21 ?U DOYEN DES ARCHITECTES, HENRI MERCIER (1901-1-1 Le doyen des architectes-praticiens du Québec s'est éteint le 17 mars dernier.Henri Mercier fut le premier secrétaire de rédaction de la revue ARQ dont on peut lui attribuer indirectement la paternité.Il en fut l'inspirateur et en demeura, pendant plusieurs années un conseiller inestimable: conscient des influences grandissantes des médias, il s'opposait aux pratiques qui expulsaient les considérations humaines en faveur de la production d'images inhabitées.Il étudia l'architecture à l'École des Beaux-Arts de Montréal où il acquit la maîtrise et l'amour du dessin, il s'inspira à la fois (et paradoxalement) des maîtres reconnus de l'architecture du XXe siècle (entre autres Alvar Aalto, Le Corbusier et Frank Lloyd Wright) et de l'architecture vernaculaire.Son éclectisme le portait à emprunter des thèses «conciliables» et il se dissociait d'instinct des positions sectaires de l'International Style mises de l'avant par Gro- pius et Mies Van der Rohe.Chez Aalto, il admirait le régionaliste, chez Gropius l'artiste et chez Frank Lloyd Wright, tout.Les «exagérations» du postmodernisme, comme il se plaisait à les décrire, l'avaient désintéressé du discours qui se cachait «derrière les façades».Malgré cela, il préférait la complexité à la pureté, l'espace défini à l'espace ouvert, s l'intégration urbaine à l'œuvre iso- lée, la modestie au grandiose et | les technologies éprouvées aux technologies innovatrices.Il n'est pas étonnant, à ce compte-là, qu'on lui soupçonnait une secrète admiration pour les résidences de Robert Stern.Un penchant qu'il aurait certes désavoué de peur qu'on ne lui prête les mêmes égards envers Michael Graves! Malgré son ouverture d'esprit, il se méfiait de la profusion d'idéologies nouvelles qui remettaient sans cesse la pratique en question.Comme les modes graphiques d'ailleurs.Il était un humaniste qui centrait toutes ses attentions sur les besoins et désirs du client.Le discours qu'il a prononcé lors de son élection à la présidence de l'Association des architectes de la province de Québec, en 1960, et que nous publions en en page 23, en fait foi.Il a pratiqué l'architecture avec assiduité jusqu'à l'été 1997.Même affaibli par la maladie, il s'intéressait à la production courante.Son sens du détail (il avait une prédilection pour la maçonnerie, le bois et le fer ornemental) était mis à contribution dans tous les projets de l'agence à qui il a laissé, en héritage, un portfolio de portes d'entrées qu'il créait à temps perdus.Aussi paradoxal que cela puisse paraître, ce «sens» du détail, acquis à la «vieille école» venait d'une pratique mise à l'index par les modernistes : la reproduction calqués d'ornements architecturaux.Il avait appris que la mémoire oubliait les formes et les styles pour ne retenir que les façons.Tous les détails qu'il développait étaient des productions originales qui ennoblissaient le matériau.Son œuvre, il l'a construite en grande partie, entre les années 1950 et 1990.Parmi les plus importantes réalisations, citons : le pavillon principal de l'hôpital Notre-Dame de Montréal, la rénovation de la cathédrale Marie-Reine-du-Monde de Montréal, le chalet du club de golf de Laval-sur-le-Lac, la rénovation et l'agrandissement du Collège L'Assomption (où il fut récipiendaire du Laurier d'Or en 1997), l'école Joseph-Charbonneau pour les handicapés physiques, l'Institut Albert-Prévost, le Sanatorium Saint-Joseph, l'Institut Bruchési, le pavillon Rosemont de l'hôpital Maisonneuve-Rosemont, l'hôpital Sainte-Marie de Trois-Rivières, l'hôpital Saint-Michel de Buckingham, les églises Saint-Thomas Apôtre, Saint-Jude et Saint-Anto-nin, la Maison familiale Saint-Joseph, les résidences Saint-Hubert et le club de golf Islesmere à Laval.Nous regretterons son enthousiasme, son amour inconditionnel pour «la plus belle profession du monde» et pour Frank Lloyd Wright, son insatiable curiosité, son humour et sa présence inspirante.«Cfi I I fcsK IIS 5; lîituii ils(» tel p« T; P.B.-M.Soyez a l\u2019avant-garde du marché grâce à notre nouveau rapport sur les États-Unis I %i|[! CENTRE CA ^'EXPORTATIO pOVJR l L\u2019équipé d exportations de la SCHL vous donne l\u2019occasion d\u2019être à la fine pointe du marché de l\u2019habitation aux États-Unis.Procurez-vous, pour 75 $, notre rapport sur le marché des États-Unis! Vous y trouverez des études de cas de constructeurs canadiens qui ont tenté leur chance sur ce marché.et qui en sont sortis gagnants ¦lu Soyez de la partie! Composez le 1-800-668-2642 pour commander votre rapport.CMHC SCHL Canada ARQ.LA REVUE D'ARCHITECTURE ' ! ¦ 3SEir.ont : '.inl-Anto |« sue, lellff11 J# Et»H L\u2019outil de l\u2019artisan Dans la publication intitulée WORK, LIFE, TOOLS, lancée conjointement ,en 1997, par les presses Monacelli et la Steelcase Partnership sur les outils utilisés par une cinquantaine de professionnels pratiquant autant de métiers, l\u2019architecte Richard Meier écrit : «Si le crayon à dessiner Berol #314 n\u2019existait pas, je ne sais pas ce que j\u2019utiliserais.J\u2019utilise le crayon plus que tout autre instrument pour dessiner ».Cette confession d\u2019un des architectes les plus connus de l\u2019époque, qui dirige une équipe sans doute armée des derniers outils de la technologie, paraît étonnante, voire même anachronique Mon père, qui affectionnait particulièrement les mines molles de la compagnie Staedler me disait que le plomb laissait couler son imagination sur la feuille.« C\u2019est l\u2019infusion de cire contenue dans les tiges de graphite», m'a-t-il appris, «qui donne à cet outil toute sa sensualité».»?JS jtpifStfl Ainsi les casiers de ses tiroirs débordaient de bouts de crayon qu\u2019il conservait sans raison apparente.Et, comme beaucoup d\u2019architectes qui affectionnent cet outil, il les accumulait sans se résoudre à les jeter à la poubelle.On aurait pu croire à sa fidélité envers un ancien collaborateur, un compagnon d\u2019armes en quelque sorte.Mais je crois qu\u2019inconsciemment, il s'était attaché à l\u2019odeur de cèdre qu\u2019ils dégageaient quand il ouvrait son tiroir.C\u2019est que le crayon de bois touche plusieurs sens à la fois.On a même parfois envie de le porter à la bouche pour y goûter quand on oublie qu\u2019il nous noircit la lèvre ou que le plomb finit par nous empoisonner.Certaines personnes sont incapables d\u2019écrire quoi que ce soit sans d\u2019abord humecter la pointe de la mine du bout de la langue.Les enfants aiment mordiller les crayons de bois et y laissent toutes sortes d\u2019empreintes de dents.Mon père, lui, posait longuement le bout non effilé du crayon sur ses lèvres comme s\u2019il voulait l\u2019embrasser, en douceur, ou lui insuffler sa dernière inspiration.P.B.-M.ALLOCUTION PRONONCEE PAR HENRI MERCIER LORS DE SON INVESTITURE À LA PRÉSIDENCE DE L\u2019ASSOCIATION DES ARCHITECTES DE LA PROVINCE DE QUÉBEC, EN 1960 Le sujet que j\u2019ai l\u2019intention de traiter ne veut ni attaquer ni défendre personne en particulier.Je ne représente officiellement moi-même aucun groupe et je n\u2019ai l\u2019intention de partir aucune polémique.J\u2019aimerais simplement démontrer que le succès d\u2019une oeuvre architecturale dépend d'une infinité de choses sur lesquelles le pauvre architecte n\u2019a jamais un contrôle absolu.L\u2019architecture, d\u2019après Larousse, est l\u2019art de construire et d\u2019orner les édifices selon des règles déterminées.«L\u2019architecture est un des trois arts compris sous la dénomination d\u2019art du dessin, et celui dont les manifestations impressionnent l\u2019esprit avec le plus de puissance» c\u2019est toujours Larousse qui parle, le gros Larousse! «Il dispose de proportions auxquelles ne peuvent prétendre ni la peinture ni l\u2019art plastique.Tout monument doit être utile.Les besoins matériels, les aspirations spirituelles, la sécurité de l\u2019homme dictent à l\u2019architecte le plan général, la distribution intérieure, l\u2019étendue, la richesse ou la sévérité de l\u2019édifice qu\u2019il doit construire».En un mot l\u2019architecture n\u2019est ni un luxe ni une fantaisie, mais bien un art où l\u2019utile et l\u2019agréable se conjuguent en vue d\u2019une fin pratique.Si nous reprenons maintenant la définition de Larousse «Art de construire» et que nous la soupesons attentivement, ne réalisons-nous pas que si l\u2019architecte est au poste de commande de cet art, Il tire à sa suite une infinité d\u2019éléments, une infinité de collaborateurs directs et indirects, qui tous et chacun peuvent aider ou entraver dans une mesure très appréciable le succès de l\u2019œuvre?Quant à l\u2019apport matériel d\u2019abord, pratiquement tous les matériaux simples de la nature sont à sa disposition, quant aux matériaux composés, il en naît un par minute.Encore dans l\u2019ordre matériel, il y a le site, le climat, la mode et les divers degrés de prospérité, pour ne citer que ceux qui viennent à l\u2019esprit sans effort.11 ne faut pas oublier l\u2019apport intellectuel, comme par exemple, le goût, la formation, l\u2019esprit d\u2019observation, l\u2019imagination, le sens pratique et les connaissances générales.Quant à l\u2019apport humain, il y a d\u2019abord le client, simple lui aussi ou composé; je veux dire un individu ou une corporation.Tout de suite après le client et confondant souvent son ombre avec celui de l\u2019architecte vient l\u2019ingénieur.Marchant sur leurs talons viennent l\u2019entrepreneur général et les sous-traitants, puis les manufacturiers, les financiers, les inspecteurs et enfin toutes les catégories d\u2019amis, conseillers et connaisseurs gratuits.L\u2019architecte aime souvent se comparer à un chef d\u2019orchestre compositeur.avec, ci-haut énumérés, ses instruments et instrumentistes.Il a donc une richesse incomparable à sa disposition, mais comme la richesse ne fait pas nécessairement le bonheur, il n\u2019en veut pas toujours tirer un chef-d\u2019œuvre.Restons quelques moments dans le domaine figuratif et admettons qu\u2019il ne peut pas toujours choisir ses musiciens, que plusieurs d\u2019entre eux n\u2019entendent qu\u2019un son, que certains ont eu l\u2019oreille faussée avant de se présenter à la répétition et qu\u2019enfm d\u2019autres ayant des parts dans l\u2019orchestre s\u2019y permettent des fantaisies qui compromettent la bonne harmonie de l\u2019ensemble.Justement, le premier violon, c\u2019est le client, et nous n\u2019avons, nous les architectes, aucune objection ni au client ni à sa position de premier violon; n\u2019est-il pas celui qui nous fournit l\u2019occasion de manifester notre souffle vital, et d\u2019ailleurs s\u2019il lui prend l\u2019envie de fausser, c\u2019est lui qui va le regretter le plus longtemps.Une place de plus en plus importante doit être accordée à l\u2019ingénieur; l\u2019évolution naturelle et la science prévenant et multipliant même les besoins, les caprices et les exigences plus ou moins raisonnables de l\u2019humanité, l\u2019architecte seul ne suffirait jamais à ap- profondir et maîtriser toutes les techniques, surtout quand un ingénieur n\u2019a pas trop lui-même de toute une vie pour s\u2019agripper à une seule de ces techniques, parfois à une couple quand elles sont connexes.L\u2019architecte ne peut négliger aucun des participants (entrepreneurs, manufacturiers et financiers inclus), il est obligé de tenir compte des exigences de tous, et il doit prendre le bon et Futile qu\u2019on lui présente.Car enfin, si l\u2019architecte était seul, sans aucun contact extérieur, il aurait de grands tiroirs remplis de beaux projets (c\u2019est là d\u2019ailleurs que sont les plus beaux) de chef-d\u2019œuvres, d\u2019innovations audacieuses et peut-être même quelque nouveau style, mais il n\u2019y aurait que lui pour les admirer et il ne rendrait service à personne.La loi fait de l\u2019architecture en ce sens qu\u2019elle indique et limite l\u2019usage des matériaux, des dimensions, des destinations, et la localisation des édifices.Son rôle est salutaire, sans elle il y aurait certainement anarchie, d\u2019autre part elle existe pour la généralité et ne peut se permettre trop de flexibilité, elle serait alors au service de la ruse qui n\u2019a pas de bornes et tournerait au détriment général.Celui à qui la loi défend un caprice ou une faveur particulière trouve la loi stupide.N\u2019empêche que si elle protège l\u2019ensemble de la population, elle met aussi souvent un bois dans les roues de l\u2019imagination et l\u2019élan de la composition architecturale.Elle invite la standardisation et la monotonie.La construction du musée Guggenheim à New York, dont les plans ont été préparés par Frank Lloyd Wright, a été retardée de plusieurs années parce que son genre de structure n\u2019était pas prévu dans les règlements de construction, qu\u2019on ne savait pas comment les contourner et qu\u2019on n\u2019osait pas rejeter tout à fait le projet à cause de la personnalité de l\u2019architecte.La finance dispose de ses faveurs bien plus selon l\u2019utilité, le rapport, le pouvoir de rachat ou de revente que sur la valeur architecturale, et on ne peut l\u2019en blâmer.Une peinture, une sculpture peut attendre les siècles pour réaliser sa valeur, mais pas un édifice.L\u2019architecte peut donc faire beau, bon, fonctionnel, mais pas au détriment de la valeur simplement commerciale.L\u2019un n'exclut pas nécessairement l\u2019autre, mais est-ce que la finance sait toujours démêler tout cela.L\u2019architecte doit faire réaliser ses créations au moyen du tout cuit, du préfabriqué, et qu\u2019est-ce qui n\u2019est pas du préfabriqué dans le sens large du mot; même le bois, la pierre, le sable, le minerai, subissent une infinité de retouches avant d\u2019être à son service.L\u2019architecte n\u2019a ni le loisir ni la capacité d\u2019y intervenir à un degré de quelque importance, il doit donc les prendre tels qu\u2019ils sont et malgré la surabondance des matériaux, et souvent même à cause de cette surabondance, il en résulte pour lui de nombreux embarras.Il n\u2019a pas toujours l\u2019occasion d\u2019en faire une solide épreuve avant la saturation des imaginations par l\u2019intense publicité.Il peut s\u2019emballer lui aussi devant les promesses de tous ces nouveaux acolytes, mais il doit aussi réaliser que la majorité de ces matériaux apportent avec eux des méthodes inusitées d\u2019application, et sapent souvent les techniques traditionnelles bien ancrées dans l\u2019esprit de la main d\u2019œuvre.Le succès de leur application dépend du choix judicieux qu\u2019en fera l\u2019architecte.Le manufacturier donc, peut aider ou nuire dans son apport à l\u2019architecture.La compétition, cependant, oblige le manufacturier de plus en plus à ne pas affronter le public sans de solides lettres de créances et les laboratoires d\u2019essai rendent d\u2019incalculables services à la profession.Je ne crois pas qu\u2019il soit qu\u2019il soit nécessaire de s\u2019éten- ALLOCUTION PRONONCÉE PRR HENRI MERCIER LORS OE dre longuement sur le rôle de l\u2019entrepreneur.11 suffit de réaliser qu\u2019il se fait le traducteur de nos plans, c\u2019est lui qui donne la vie à l\u2019œuvre qui dort sur le papier, qui prend chaque trait, chaque signe, et leur donne la troisième dimension.Il sort les quantités et soumissions, prête son organisation, installe les chantiers, dispose les divers corps de métier en rapport les uns avec les autres et avec l\u2019œuvre complète, engage la main d\u2019œuvre, voit au bon fonctionnement, prépare les listes de salaires, etc.etc.En somme il érige un squelette, y dispose des nerfs, veines, artères, et le recouvre enfin de chair avec des yeux, un coeur et du sang.Ne voyez-vous pas la maison d\u2019habitation s\u2019agrippant au sol et protégeant ses occupants comme la mère poule; l\u2019église couchée, les bras en croix, regardant le ciel; le gratte ciel enfin, géant debout sur la pointe des pieds défiant les humains.Les jeunes architectes voient même du sexe dans un édifice.En retournant chez vous tantôt, regardez les édifices, vous en verrez qui sont complètement assoupis, d\u2019autres qui ne dorment que de cinq ou six yeux.Le décorateur et le paysagiste me pardonneront bien si je les intercale ici.Tout en me permettant d\u2019en faire une mention à part, sans insister, vous comprendrez facilement le poids énorme de responsabilités qu\u2019ils assument avec l\u2019architecte envers l\u2019architecture.C\u2019est dans la préparation du montage du squelette avec ses nerfs et ses artères que l\u2019ingénieur intervient.Son apport est utilitaire, presque totalement utilitaire, au moins tant que l\u2019on ne généralisera pas de se servir de la mécanique comme décoration ainsi qu\u2019on l\u2019a fait pour la ventilation des salles de conférence des Nations-Unies où, comme vous le savez, on a laissé apparentes les conduites, tout en y ajoutant des taches de couleurs probablement à cause d\u2019un dernier scrupule, et encore là, on a certainement étudié la disposition de ces conduites avec autant de soin que si on y avait un plafond classique.Il est facile à comprendre que l\u2019ingénieur est nécessaire et qu\u2019il l\u2019est de plus en plus; la structure, la mécanique sous toutes ses formes; chauffage, plomberie, éclairage, ventilation, climatisation, intercommunication sous toutes ses formes, transport vertical et horizontal, protection, etc, etc, deviennent de plus en plus des domaines spécialisés où l\u2019architecte doit s\u2019aventurer avec l\u2019assistance d\u2019experts.Il peut donc lui aussi servir l\u2019architecture bien ou mal.Jusqu\u2019ici nous constatons donc que, sans avoir de diplôme à peu près tout le monde joue de l\u2019architecture sans pouvoir être accusé de pratique illégale.mais en ne simplifiant à peu près jamais le rôle de l\u2019architecte.Si on se demandait maintenant pourquoi l\u2019architecte lui aussi peut en faire de l\u2019architecture, après tout ça ne doit pas être simplement parce que les mots architecte et architecture sont de la même étymologie.C\u2019est peut-être parce qu\u2019il a suivi un cours où l\u2019ont poussée une imagination ardente, un goût inné pour le dessin, la création, les couleurs, les proportions, et que ce bagage s\u2019est développé avec l\u2019expérience, le voyage, l\u2019observation constante, la lecture de volumes traitant de son art, des innombrables revues d\u2019architecture qui apportent à son bureau les développements mondiaux de technique et de composition à mesure qu\u2019ils naissent et progressent.Ce qui faisait dire à un de mes amis «An architect is only as good as the magazines he buys».Et qu\u2019enfin tout ce beau bagage a dû s\u2019équilibrer par un SUN INVESTITURE R LR PRÉ5IDENCE ÜE L\u2019flSSOCIRTION sens pratique acquis «the hard way» et que le tout s\u2019est couronné par une admirable vertu de patience.11 ne nous reste plus qu\u2019à parler du client! Lui aussi, comme les lois, il en fait et défait de l\u2019architecture.Vu qu\u2019en définition c\u2019est lui qui écope, il faut bien avoir certains égards pour lui.Qu\u2019est-ce qu\u2019un client?C\u2019est d\u2019abord comme on vous le disait au début celui qui fait vivre l\u2019architecte.C\u2019est aussi celui qui a besoin d\u2019un édifice, maison, église, école, bureau, banque, théâtre, stade, manufacture, etc.pour s\u2019y loger, y prier, y apprendre, y travailler, y jouer, qui a un certain montant d\u2019argent à y disposer, un site, des idées personnelles, des goûts particuliers, quelque fois bien ancrés, quelque fois vagues, des vieilles habitudes, et enfin quelques fois des préjugés plus ou moins tenaces.On aurait pu dire il y a quelques années, avant la première guerre, et pour être un peu moins sérieux : un client c\u2019est celui qui n\u2019a pu trouver de feuilles de calendriers assez grandes pour y tracer ses rêves, c\u2019est celui qui a égaré la petite équerre et le «té» avec lesquels il a appris les rudiments du dessin géométral à la petite école, c\u2019est celui qu\u2019un problème d\u2019escalier, d\u2019une façade, d\u2019un niveau, a soudainement privé de ses facultés créatrices et de son enthousiasme ou encore celui qui ne sait où se procurer le crayon qui trace sur du papier bleu, ou enfin celui qui pense que l\u2019architecture peut faire des miracles.Nous osons croire qu\u2019il n\u2019est plus besoin d\u2019établir la nécessité de l\u2019architecte, considérons-le donc comme un mal inévitable et voyons comment un client peut en user pour faire de l\u2019architecture.Toute la série précédente de collaborateurs exerce une influence assez considérable sur une œuvre architecturale, mais on peut quelquefois en modifier les sujets, les remplacer, les remouler, tandis que le client, c\u2019est la base du projet, le pivot central, il faut le prendre tel qu\u2019il est, deuxième mal inévitable.C\u2019est pour le servir que nous trouvons notre raison d\u2019être, et celui qui peut dans la plus grande mesure influencer le succès de l\u2019œuvre.Je ne crois pas qu\u2019il faille lui conseiller une aveugle soumission aux inspirations foudroyantes d\u2019un génie en ébullition.Je ne crois pas qu\u2019il lui faille pber l\u2019échine et servir de piédestal à la gloire d\u2019un artiste avec un grand «A».On lui demande tout simplement, pour bien servir l\u2019architecture et en tirer son profit par dessus le marché, de bien établir ses besoins à lui, actuels et futurs prochains, de sonder sa bourse à plusieurs reprises et faire la somme totale des montants à engager, terrain, emprunt, frais, plans, construction, ameublement, permis, assurances, aménagement de terrain, etc, c\u2019est lui qui va tout payer.On lui conseille de voir son architecte avant de poser des gestes irrémédiables, comme d\u2019acheter un terrain impossible, soit qu\u2019il soit couvert de servitudes, d\u2019accès difficile ou noyé au printemps.On lui conseille encore de faire table rase du plus grand nombre possible de préjugés, et de ne jamais rejeter une suggestion sans l\u2019avoir longuement pesé, de n\u2019imposer aucune règle immuable que si elle est réellement immuable.On lui demande d\u2019établir le bien fondé de ses exigences, et dans ses exigences d\u2019établir une hiérarchie.On lui demande d\u2019être honnête avec lui-même; une bonne religieuse qui ne pouvait prouver que son architecte avait tort mais qui par orgueil ou autre sainte raison ne voulait céder, eut une ins- 0E5 ARCHITECTES DE LR PROVINCE DE QUÉBEC, EN I960 piration de génie : l\u2019arrangement que proposait l\u2019architecte était en contravention avec les règlements de la communauté! On lui demande, en un mot, d\u2019aérer ses idées, de se convaincre que son architecte peut lui être d\u2019une grande utilité s\u2019il ne lui fait pas endosser la camisole de force.Que le cbent établisse sobdement son programme dans ses grandes lignes et qu\u2019il lui lâche les rennes un peu.Vous ne saurez jamais combien de nobles et jeunes enthousiasmes ont été étouffés trop tôt par une exigence inconsidérée, par un manque de compréhension.Un de mes élèves me demandait dernièrement si on ne devait pas établir des normes de goût que l\u2019architecte n\u2019aurait pas le droit d\u2019enfreindre, et si un architecte a le droit de retirer ses plans à un client qui ne les suit pas fidèlement.Un autre me demandait si l\u2019architecte est obligé, à la requête du client, d\u2019indiquer sur ses plans des pièces qui ne sont pas bien proportionnées entre elles, comme par exemple, de faire une immense cuisine, et un très petit vivoir.Qu\u2019est-ce qu\u2019il aurait à faire si on lui avait demandé d\u2019indiquer deux cuisines sur le même plancher, une pour faire la cuisine et l\u2019autre pour veiller, avec frigidaire, le moulin à laver, la machine à coudre, le radio et deux chaises berçantes.Si on lui avait demandé de mettre la chambre de bain en face du hall d\u2019entrée pour que la visite voit la belle tuile sur le plancher et le mur, si on lui avait demandé de mettre un immense «picture window» avec une vue sur un hangar.L\u2019architecte se rend compte très tôt que la réalisation d\u2019un | édifice, de quelque importance qu\u2019il soit, est une aventure, une très grande aventure pour un cbent et qu\u2019il mérite sa plus en- J tière sympathie.Il n\u2019y a pas de petits projets et d\u2019ailleurs, aux yeux de l\u2019architecte, la question de mécanique mises à part, j tout devient un problème de composition pure et simple, que ce j soit la demeure la plus modeste, ou l\u2019édifice aux dimensions les plus imposantes; il n\u2019y a pratiquement aucune relation entre la somme de travail exigé et l\u2019ampleur du sujet à étudier, le défi est le même, c\u2019est l\u2019ironie du sort.Heureusement, sa formation ; le met à même de voir l\u2019ensemble, de voir en trois dimensions, et de tout ajuster à mesure qu\u2019il déplace la moindre Ugne.Il ne peut souvent plus formuler les principes qu\u2019on lui a inculqués à l\u2019école, mais ils font partie de son subconscient comme le chef! réputé qui serait bien en peine de vous indiquer la quantité exacte j des condiments qui font le plat unique que pas un ne peut imiter.J\u2019ose croire que j\u2019ai réussi à vous rappeler ce que vous saviez tous depuis longtemps, que l\u2019architecte n\u2019est pas libre de faire ce qu\u2019il veut et qu\u2019avant de juger son œuvre il serait bon ! de savoir quel était le problème qu\u2019ü avait à résoudre et quels sont les collaborateurs qu\u2019on lui a imposés.Les élèves finissants en architecture sont bien scandalisés quand je leur dis, pour adoucir les chocs futurs, qu\u2019un bon architecte est celui qui peut prendre les besoins, les goûts et les caprices d\u2019un client et lui donner satisfaction sans blesser l\u2019esthétique à mort.C\u2019est parce qu\u2019il a des besoins qu\u2019il va voir l\u2019architecte.Le fait de n\u2019être pas architecte ne veut pas dire qu\u2019il ne peut pas avoir de goût, et s\u2019il n\u2019avait pas de caprices, la vie et le travail de l\u2019architecte seraient bien monotones.24 ARQ.LA REVUE D'ARCHITECTURE Certains produits donnent d'excellents résultats dans certaines utilisations mais ne sont pas nécessairement aussi efficaces dans d'autres.Les architectes font face à un véritable défi lorsqu'il s'agit d'établir les spécifications des matériaux pour les toitures qui doivent être efficaces à la fois contre l'humidité, l'exposition aux variations extrêmes de températures et les dommages matériels.Voila pourquoi nous vous invitons à considérer l'utilisation de l'isolant pour toiture Foamular, par OC CELFORTEC INC.L'isolant en polystyrène extrudé Foamular améliore la performance du cycle de vie, offre une résistance thermique stable, une résistance élevee à l'humidité, et enfin et surtout, est réutilisable.Voilà les critères de base de la planification et de la rénovation d'un immeuble, lorsqu'il s'agit de choisir les produits d'isolation de toiture.Deux types d'isolants Foamular sont offerts:Foamular 200 pour les systèmes conventionnels et Foamular 350 pour les systèmes de toitures à membrane protégée.Pour un drainage supérieur, le Foamular 350 CVI et l'isolant en pente en polystyrene extrudé sont offerts.Utilisez des matériaux conçus pour durer.Spécifiez l'isolant en polystyrène extrudé Foamular, par OC CELFORTEC INC.Et protégez l'investissement de vos clients.CELFORTEC UNE FILIALE D OWENS CORNING - AN OWENS CORNING COMPANY IL ETAIT SI BEAU niciii ¦ vt ( Owens Corning V '\t£\t*\t.L'isolant FOAMULAR est fabriqué 4u Québec par OC CELFORTEC INC., jtttilisantle procédé Hydrovac*c d OWENS CORNING.\u201c° Foamular et Hydrovac sont des marques de commerce d OWENS CORNING.
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