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Titre :
ARQ
ARQ s'impose rapidement comme la revue de référence pour le milieu québécois de l'architecture. Elle permet de comprendre l'évolution de l'architecture québécoise contemporaine.
Éditeurs :
  • Montréal :Groupe culturel Préfontaine,1981-,
  • Québec :Cöpilia design inc.
Contenu spécifique :
Mai
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
six fois par année
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ARQ, 2007-05, Collections de BAnQ.

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[" BAnQ CLAUDE CORMIER IT = S r = 3\t34313* ARCHITECTURE-QUEBEC \t MAI 2007 Développez le bon réflexe Optez pour les fenêtres hybrides de Thermoplast Les avantages du PVC s associent à la force et à la beauté de l'aluminium pour vos projets résidentiels, institutionnels ou semi-commerciaux.Fenêtre à battant Performances A3-B7-C5-F20 Fenêtre guillotine Fenêtre coulissante Performances Performances A3-B7-C3-F20 A3-BK3-F20 ENERGY STAR HIGH EFFICIENCY HAUTE EFFICACITÉ Advocate of the Year - Specific Product Promoteur de l'année - Produit spécifique 7Æ THERMOPLAST 'iiü Une division du groupe Royal Technologies www.thermoplast.com Concepteur et extrudeur de profilés de PVC Partenaires \u2022 Valeurs \u2022 Compétences 1 800 361-9261 AA MA Ifl » Le sommaire 5 INTRODUCTION Claude Cormier, architectes paysagistes Jonathan Cha ô Claude «Capability» Cormier Jonathan Cha 16 Le projet d\u2019architecture de paysage de Claude Cormier ARCHITECTURE-QUEBEC Mai 2007 NUMÉRO 139 Sur la page couverture: Blue Forest, Détroit de Claude Cormier, architectes paysagistes, photo François Farion.Philippe Poullaouec-Gonidec 20 Collaborating with Cormiers Team : Recent Designs for Toronto Elsa Lam 26 Hyper-Nature Paula Meijerink 30 Claude Cormier, Relativist Kelly Rude 36 The Landscape Architect as Camoufleur: Observing the Work of Claude Cormier Charles Waldheim 38 «Faire jardin» par l\u2019installation Nicole Valois V Claude\u2019s Glass : Cormier\u2019s Landscape-way of Seeing Susan Herrington 46 Les dessous et les déçus des concours d\u2019architecture Jacques White Éditeur : Pierre Boyer-Mercier Membres fondateurs de la revue : Pierre Boyer-Mercier, Pierre Beaupré, Jean-Louis Robiilard et Jean-H.Mercier.Comité de rédaction: Pierre Boyer-Mercier, rédacteur en chef ; Carlo Carbone, Marc Pape, Patrick Morand, Stéphan Kowal, Catherine Szacka et Jonathan Cha.Production graphique : Cûpiua design inc./ Directeur artistique : Jean-H.Mercier.Représentants publicitaires (Sales Representatives) : Sylvie Lauzon et associés.Montréal : 32, de Matagami, Blainville, Québec, J7B 1W2/Téléphone : (514) 747-0047/Télécopieur : (450)434-0051 / Sans frais (Toll Free) : 1-888-547-0047.La revue ARQ est distribuée à tous les membres et stagiaires de L'Ordre des architectes du Québec, aux membres de I\u2019Association professionnelle des Designers d'intérieur du Québec et à tous les étudiants en architecture au Québec.Dépôt légal: Bibliothèque nationale du Québec et Bibliothèque nationale du Canada.ISSN: 1203-1488.® Art et architecture Québec : Les articles qui paraissent dans ARQ sont publiés sous la responsabilité exclusive de leurs auteurs.Envois de publications canadiennes : contrat de vente #40037429.ARQ est publiée quatre fois l'an par Art et architecture Québec, organisme sans but lucratif.Les changements d'adresse et les demandes d'abonnement doivent être adressés à : Art et architecture Québec, 21760,4e avenue, Saint-Georges, Québec, G5Y 5B8.Téléphone pour la rédaction : (514) 343-6276, pour l\u2019administration et la production : (418) 228-2269.Abonnement au Canada (taxes comprises) : 1 an (4 numéros) : 36,46 S et 56,98 S pour les institutions et les gouvernements.Abonnement USA 1 an : 50,00 $.Abonnement autres pays : 60,00 S.ARQ est indexée dans «Repères». Comme les propriétaires des Immeubles BBA s.e.n.c., profitez du programme Appui aux initiatives - Optimisation énergétique des bâtiments pour mettre en place des mesures d'efficacité énergétique touchant l'isolation, le chauffage, la ventilation et l'éclairage de votre bâtiment.Vous réduirez ainsi vos coûts d'exploitation et contribuerez au bien-être collectif.Appui financier : 85 918$ «MIEUX CONSOMMER POUR MIEUX PERFORMER * Selon les modalités en vigueur au moment de la réalisation du projet.www.hydroquebec.com/affaires a* Hydro < Québec EN OPTANT POUR LA GEOTHERMIE, LA PROMENADE DE SAVOY III A FAIT UN CHOIX D'AFFAIRES RENTABLE ET RESPONSABLE. %\té ATELIERS-LOFTS MARCONI www.lesafeliefs.ca SOHO STYLE\tDevenez propriétaire Aménagez-lës, à votre IMAGE! 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(à l'image de Cormier) et permettra d'avoir un éventail d'une portion notable des projets réalisés par la firme (une cinquantaine), des installations aux plans directeurs en passant par les espaces publics.Le talent et le dynamisme de l'équipe Claude Cormier architectes paysagistes inc., agence fondée en 1995 et composée de Claude Cormier, Annie Ypperciel, Sophie Beaudoin, Sylvie Coutu, Marie-Ève Cardinal et Marc Hallé, rayonne à l'échelle occidentale par des projets qui ne cessent d'éblouir, de susciter l'attention et de soulever les débats.Place à l'émotion.ou à la passion! De gauche à droite : Claude Cormier, Sophie Beaudoin, Sylvie Coutu, Annie Ypperciel, Marc Hallé et Marie-Eve Cardinal. til - -7 V i çZfæfsf mm .hssk S^ggthi- ! Elle couvre les plus grands édifices avec stvle 'Hanson Le reflet d'une brique\u201c HANSONBRICK COM 1 800 263 6229 > Fini semi-transparent offert exclusivement sur LES REVÊTEMENTS DE BOIS RADITION SANS Garanti 4 ans incluant la main d1 oeuvre Ultra-résistant aux rayons UV grâce à ses pigments de qualité supérieure.Plus de 70 couleurs riches et vives.Leader de l'industrie au niveau environnemental avec le plus faible contenu en COV (Composés Organiques Volatils).i GOODFELLOW Québec : Michel Brunet Ottawa : Luc Poisson Montréal : Danielle Plante 1 (800) 463-4318 1 (800) 577-7842 1 (800) 361-6503 www.goodfellowinc.com \t Le bois.clairement! nu GOODFELLOW ' mm Claude «Capability» Cormier Jonathan Cha H Lipstick Forest (Nature légère).Photo : Marc Cramer, 2003.Plan, HtO - Urban Beach.Illustration : CCAPI /Janet Rosenberg + Associates Landscape Architects, 2003.Coupe, HtO - Urban Beach.Illustration : CCAPI/Janet Rosenberg + Associates Landscape Architects, 2003.HtO - Urban Beach.Photo: CCAPI (Annie Ypperciel), 2006.Esplanade du Palais des congrès de Montréal.Photo : Jean-François Vézina, Mai 2005.Plan conceptuel, Place d'Youville.Illustration : CCAPI + Groupe Cardinal Hardy, 1997.Parcours et reconnaissances Claude Cormier détient un diplôme en agronomie de l'Univer-sity of Guelph (1982), un diplôme en architecture de paysage de l'University of Toronto (1986), ainsi qu'une maîtrise en histoire et théorie de la Harvard Graduate School of Design (1994).Ayant commencé sa carrière aux côtés de Martha Schwartz, figure de proue d'un petit groupe de paysagistes conceptuels «avant-garde» comprenant Topher Delaney à San Francisco, Ken Smith à New York et lui-même à Montréal1, Claude Cormier marque depuis 10 ans le paysage urbain de la métropole québécoise et ses créations actuelles s'exportent, de Détroit à Toronto en passant par Le Havre en France.Ses projets, groupés sous quatre axes paysagers : la frontière, la fantaisie, l'avenir et l'aventure se consacrent principalement à la réalisation d'espaces publics et institutionnels et de jardins contemporains.Son portfolio comprend aussi des développements de plans d'ensemble et quelques projets domiciliaires.Au cours des dernières années, la firme menée par Claude Cormier s'est méritée plus de 30 prix et mentions dont le Mérite national de l'Association des architectes paysagistes du Canada (AAPC) à cinq reprises entre 1999 et 2005, le Certificat de reconnaissance 2005 de la Fédération interdisciplinaire de l'horticulture ornementale du Québec (FIHOQ), le Prix Emerging voice for North America de l'Architectural League de New York, de même que le Prix Frederick Todd de l'AAPC, ces deux derniers pour la reconnaissance globale de son œuvre.Ses projets et ses reconnaissances trouvent écho dans de nombreuses revues internationales où les qualificatifs ne manquent pas pour définir sa notoriété acquise au fil des années.Claude Cormier, la «nouvelle étoile» canadienne de l'architecture de paysage2, est reconnu comme «one of the most talented garden and landscape designers around the world»*, «one of the leading second-generation conceptualist landscape designers»4, «leading Quebec landscape architect»5, un architecte paysagiste qui redéfinit sans cesse sa discipline et l'élargit de son cadre habituel.Reconnu comme un «visionnaire éclairé» (AAPC), il est à la fois un créateur «flyé6» et un prédateur de la mémoire7 qui contribue au rayonnement et au renouvellement des problématiques de l'architecture de paysage8.Son exubérance, autant dans sa personnalité que dans ses projets, lui a même valu d'être qualifié de «rock star» ou de «king of entertainment»9 du paysage, c'est dire l'impact que génère son travail.Ce premier texte propose la trajectoire et l'exégèse de l'approche conceptuelle du designer afin de révéler les prémisses de l'identité de Cormier.Par un regard aux textes publiés dans les journaux et les revues canadiennes et internationales, en puisant des exemples divers de projets réalisés ou non, l'article met de l'avant les fondements et les composantes d'une démarche peu banale qui attire à Cormier une attention à l'échelle occidentale.La réinvention de l'architecture de paysage Claude Cormier, architecte paysagiste de la montréalité et de la joie de vivre si vantée de la métropole, «s'est rapidement fait une solide réputation en s'imposant comme un architecte paysagiste capable d'innover et d'imaginer des solutions nouvelles et marquantes»10, ici comme à l'étranger.En ce sens, il est «capable d'une vision : celle de redéfinir la pratique du paysage contem»:i porain»11.Claude Cormier, qui voue une grande admiration et qui s'inspire des œuvres de Olmsted (son héros), de Jekyll (la reine du mixed border) et de Schwartz (son mentor), nous confronte avec l'inattendu dans des projets dont le processus de création prend en compte les dimensions politiques, historiques et sociales.12 Cormier a cette capacité, par la multiplicité et la diversité de ses interventions, à réinventer ou questionner les fondements de l'architecture de paysage, à défier les normes et les standards et encore davantage les perceptions et les conventions.Les contraintes, qu'il juge fondamentales, l'animent, et il considère l'architecture de paysage non pas comme une forme d'art, mais plutôt comme une science créatrice apte à résoudre des problèmes.13 Qualifié de «Botanical Bombast», Cormier participe par ses projets au discours sur la réinvention du monde naturel en redessinant les limites de la profession.Considérant la nature à la fois comme «ennuyante» et comme une ressource économique plutôt qu'un objet romantique14, Cormier bouscule l'univers du paysage urbain : «We're just trying to shake the garden world a bit»'5, «We need to push the envelope (.) We need to challenge the traditional boundaries between art and landscape architecture»'6, hjf( c'est pourquoi il adopte le précepte Form follows fiction, pour ajouter une couche de «fun» aux projets.Imagination et abstraction apparaissent dans l'univers des projets de Cormier en prônant leur indépendance face à l'architecture ; les projets n'étant pas traités comme une extension des systèmes et des langages architecturaux.Cela étant, le cadre bâti, par une compréhension et un respect de ses composantes intrinsèques, influence positivement ses projets.Ces derniers, qui n'ont rien d'aléatoire dans leur conception, vont au-delà de la notion de nature et explosent donc les frontières entre le design et l'art, la nature et l'artifice, le réel et le surréel17.«The garden is no longer just a place to look at plants; it's become another room for entertaining and the display of 'art'»'8.«Claude Cormier architectes paysagistes inc.se distingue par son ouverture, dans un domaine où l'on ne fait bien souvent que révérer la nature, de façon obséquieuse et sentimentale»19.Ils désirent que nous assumions notre artificialité et que nous repensions notre rapport à la nature.«À l'instar de toutes les autres formes d'art, l'architecture de paysage doit être une expression de son temps»20.Cette capacité à voir le potentiel et les opportunités d'un site, à en extraire l'essence, à générer des paysages sensibles et émotifs et à donner pour résultante des paysages urbains marquants lui valent certes le sobriquet Claude «Capability» Cormier.fKlîMj Mihçijm [U» de 5 pesions ARQ, ARCHITECTURE-QUÉBEC MAI 2007 ¦ta de feu tant cei)» itapi» fatal mu WmHn ¦with tco w ¦'tiilitj.inoi Cornier A ta ramier payant® \"\"te morte i lire, filai lof, Aidait \u201c«sllteii à crée taoi ms «Ct( Ne \"'tel, ¦If île (a) riles 6 conte »d taels IN ÎCléitK 3 et soi ifves ÉM lions.I lesprot i»®P els n'eli fit I# letioifi ilesi\"1 jjjess issfun Artificial but not fake Artificiel, elle adj.I.Produit par une technique humaine, et non par la nature; qui se substitue à un élément naturel.(Larousse) Les travaux de Cormier évoquent la tension entre le naturel et l'artificiel en faisant l'éloge du vrai faux21: du vrai de l'intérieur et du faux de l'extérieur.Cette dualité, au sens de Baudrillard, met e l'avant ce que Berque qualifierait d' «inartificialité», un être ni naturel ni artificiel, mais complémentaire rappelant qu'il est dans la nature profonde de l'homme de transformer cette dite nature.La valeur primée est l'authenticité avant tout.Richardson résume bien la philosophie de Cormier :At the core of the conceptualist project is the idea that a naturalistic approach to creating gardens and landscapes is fundamentally dishonest, as it denies the artificiality of the design process as well as our complex relationship with nature.Claude bases all his designs on a single idea, which permeates every aspect and is often realised in a highly artificial, stylised way.The habitual antipathy among conceptualists towards a romanticised vision of nature is, if anything, even more marked in Claude.«I grew up on a farm, so the idea of rural peace doesn't work for me.Nature bores me.» Instead Claude is sustained by the wider culture, in particular the vibrancy of cities.He has little time for ecologically based landscape design : « Everyone is moving eco, but with eco we can forget the idea of the made.It's the issue of artificiality.In our work we are honest about it», he says.22 Cormier affirme que «l'architecture de paysage, même dans ses expressions les plus naturalistes, fait de la nature un artifice et si l'on convient de ce postulat, l'extraordinaire nous attend»23.Le «faux» surréel et abstrait se révèle particulièrement dans les projets ayant comme objet l'arbre ou la forêt.Nature légère, cette «nature morte» ou cette «joie de tree»24 qui propulsa Cormier à l'avant-scène du paysagisme montréalais sera suivie par Solange, Blue Tree et Blue Forest, ce qui donnera à Cormier le pseudonyme de «Forest Rearranger»25.«Une forêt rose.shocking !»26 titrait le quotidien La Presse en référant à l'icône de Cormier installée dans le hall du Palais des Congrès de Montréal.Pour Cormier, cet alignement d'arbres participe à révéler la «vraie personnalité»27 de la ville, à mettre de l'avant ce «je-ne-sais-quoi montréalais», ce côté latin qui nous distingue en Amérique du Nord.Ce projet, largement publié et diffusé, est la figure symbolique de l'approche conceptuelle et duelle qui distance et allie à la fois le naturel et l'artificiel.Cette approche, que certains associent au courant fau-viste, tend à créer des paysages ou plutôt des scènes paysagères inoubliables.28 La démarche démontre que l'artificiel est parfois un sujet beaucoup plus réel que sa contrepartie naturelle.La force des idées, l'humour et la ténacité caractérisent l'équipe de Cormier.«Underlying kitsch may lead to creative, original architecture (-.).The characteristics of kitsch - a strong iconographie idea, a sense of irony and playfulness of spirit, and a stubborn will to execute the work».29 La substance prime sur le style et la couleur n'est pas une décoration, mais une touche d'humour dans un geste honnête.Cette exubérance réfléchie rappelle tout le cha-\u2022 risme qu'exerce la firme dans le milieu urbain.9 CLAUDE «CAPABILITY» CORMIER tV*\" 'y «*\u2022 £ ARQ, ARCHITECTURE-QUÉBEC MAI 2007 (!(': -\" «On est urbain, culturel et on assume l'artificiel».30 Ses projets urbains puisent dans l'âme de la ville, autant dans le sol, dans le paysage de rue, que dans des événements ou des images sym-, W* boliques.Ces projets participent à renouveler le sens de la ville et contribuent à la revitalisation et la réutilisation de sites laissés pour compte (Benny Farm, Nature légère, Commissioner's Parks, p»®1 011F HtO-Maple Leaf Quays) tout autant qu'à une réflexion nouvelle sur le paysage en ville défini par Schwartz comme étant les parcs, les quais et les places31.À cet égard «l'esplanade du Palais des congrès représente la quintessence de la place publique content-f» poraine comme lieu d'attraction, de confort, de convivialité, de sociabilité et d'exploration urbaine»32.ptamierpt teeres du .***.¦'.y.\u2022vr*\"->.\\ -\u20184yr- :V:& \u2019\u2022 \u2022 \u2022 \u2022'ï s \u2022 \u2022\u2022\u2022\u2022 r\t-r;'7 Att-tyS -JV- 1 £.;* « Notes 1.\tCf.Tim Richardson, dir.(2004), Les Paysages iconoclastes de Martha Schwartz, New York, Thames & Hudson, 224 p.2.\t«L'architettura del paesaggio ha una nuova Stella : il canadese Claude Cormier» in Gentile, Francesca (2004), «Alberi fuscia e fiori blu neon», D Casa : Utopie d'autore, 16 octobre, p.92-94.3.\tRichardson, Tim (2005), « Claude Cormier, «specialises in urban spaces in a concept vein»».Garden Illustrated, mai.4.\tPrestigieuse mention «2005 Emerging Voices» de ^Architectural League de New York.5.\tHume, Christopher (2005), «Bringing the beach downtown», Toronto Star, 22 août, p.B.04 6.\tRose, Owen A.(1999), «Claude Cormier.Landscape Architect «flyé»», texte «Draft» pour Fifth Column, 6 décembre.7.\tCormier, Claude, Lucie K.Morisset et Luc Noppen (1998), «Text(ils) urbains», Inter art actuel : paysages, no-69, p.40-41.8.\tCf.Berkowicz, Sylvie et Nicole Charest (2003), «Qui fait quoi», Intérieurs, no.25, avril-mai.9.\tQualificatifs employés par Ron Lovinger, professeur au Department of Landscape Architecture de l'University of Oregon, à l'occasion du colloque «Existence and Experience in Contemporary Garden Design», tenu du 4 au 7 mai 2005 à Dumbarton Oaks, Washington D.C.10.\tChantelois, Mathieu, «Claude Cormier architecte-paysagiste», Voir.11.\tIdem.12.\t_(2006), «Un pin aussi bleu que le bleu du ciel», Formes, vol.2, no-2, mai-juin, p12-13.13.\t«Ne jamais rejeter les réalités existantes, mettre de «nouveaux yeux» afin d'expérimenter de nouvelles perceptions», Manifesto, Claude Cormier architectes paysagistes inc.14.\tDesrochers, Brigitte (2002), «La vie en rose : Think Pink», Azure, mai-juin, p.70-71 15.\tStyle Inside and out, The Globe and Mail, March 9,2002, Shawna Richer, Everything is coming up sticks 16.\tClaude Cormier cité in Tobias, Jacob (2001), «Reford gardens : international garden festival», Land Forum, no 10, p.56-61.17.\tClaude Cormier cité in Carroll, Micheal (2004), «Being At Home with Claude», Canadian Architect, septembre, p.27.18.\tRicher, Shawna (2002), «Everything is coming up sticks», The Globe and Mail, 9 mars, p.Style Inside and out.19.\tDesrochers, Brigitte (2002), Idem.20.\tChantelois, Mathieu, Idem.21.\tGironnay, Sophie (2002), «Une forêt rose.shocking !» La Presse, mardi 26 mars, p.B7.22.\tRichardson, Tim (2005) Ibid, p.99-100.23.\tClaude Cormier cité in_(2005), «Bleu», Landscapes / Paysages, hiver, vol.7, no-1, p.17 et Hall, Christopher (2004), «Avant-Green : Landscaping As a Fine Art», The New York Times, 15 août, p.25.24.\tLam, Eisa (2003), «Quel Fromage !», Canadian Architect, octobre, p.39.25.\tTheodore, David (2003), Azure, septembre / octobre.26.\tGironnay, Sophie (2002), Ibid.27.\tClaude Cormier cité in Palais des congrès (2002), «Un Palais qui a du caractère !», Palais des congrès, vol.15, mai.28.\tCf._(2005), «Garden Party», Saturday Night, mai, p.45.29.\tLam, Elsa (2003), Idem.30.\t_(2006), Idem.31.\tMartha Schwartz cité in Tim Richardson, dir.(2004), Ibid., p.127.32.\tValois, Nicole (2006), «Paysages urbains, cadres de vie», Continuité : Places et parcs, no-107, hiver 2005-2006, p.21.33.\tBaudrillard, Jean et Jean Nouvel (2000), Les objets singuliers: architecture et philosophie, Paris, Calmann-Lévy, p.23.34.lbid, p.22.35.\t«A controversial sculpture from Canada is the talking point among visitors to Hestercombe in somerset this summer» cité in______(2004), «Avant-garde Claude gives the gardens some stick», West Country Life, 14 août.36.\tTiré d'un texte de Tim McKeough publié dans la revue Surface.37.\tDe Winter, Koen (2005), «Repenser le lieu, un entretien avec Jacques Bilodeau et Claude Cormier», Parachute : Design, no-118, avril-mai-juin, p.107.38.\tManifesto, Claude Cormier architectes paysagistes inc.39.\tNoppen, Luc, Michèle Gauthier et Claude Cormier (1999), «Une courtepointe de verdure et de trottoirs».Le Vieux-Montréal, no-10, septembre, 1999, p.7.40.\tLandry, Jean (2006), «Le plan de développement durable de Montréal», Landscapes / Paysages: Des villes passionnément vibrantes, Printemps, Vol.8, No-2, p.39.41.\tRude, Kelly (2006), «Wild Blue Yonder: Montreal landscape architect Claude Cormier», DAM, Design, Architecture & Art Magazine, no-7, juillet /août, p.108-112.42.\tMcKeough, Idem.43.\tYoung, Chris (2002), «The power of pink», Landscape Design, novembre, p.14-17.44.\tPalais des congrès (2002), «Un Palais qui a du caractère !», Palais des congrès, vol.15, mai.45.\tRichardson, Tim (2006), The Daily Telegraph, 11 février.46.\tTobias, Jacob (2001), Idem.Projets présentés dans cette édition ¦\tLipstick Forest (Nature légère), Montréal, Québec, Canada (1999-2002).Clients : Palais des Congrès de Montréal, Société immobilière du Québec.Collaboration : TDS Consortium m HtO - Urban Beach, Toronto, Ontario, Canada (2003-2007).Client: Ville de Toronto.Collaboration: Janet Rosenberg + Associates Landscape Architects, Hariri Pontarini Architects.¦\tEsplanade du Palais des congrès, Montréal, Québec, Canada (1999-2002).Client: Palais des congrès, Société immobilière du Québec.Collaboration : TDS Consortium ¦\tPlace d'Youville - phase 1, Montréal, Québec, Canada (1997-2000).Clients : Ville de Montréal, Ministère de la Culture du Québec.Collaboration : Groupe Cardinal Hardy ¦\tBenny Farm, Phase 2 - Jardins et cours des résidences pour les vétérans, Montréal, Québec, Canada (1997-2000).Client : Société Immobilière du Canada limitée.Collaboration : Le Groupe Séguin Laçasse Inc., Les Architectes Saia Barbarese Topouzanov.m Blue Tree (L'arbre bleu), Sonoma, Californie, États-Unis (2004).Client : Cornerstone Festival of Gardens m Square Philips, Montréal, Québec, Canada (1996-1997).Client: Ville de Montréal.Collaboration : St-Denis architectes paysagistes.m Hôtel Quatre Saisons et résidences - Bay/Yorkville, Toronto, Ontario, Canada (2006-2010).Client : Menkes Developments.Collaboration : Architects Alliance.m Complexe des sciences Pierre-Dansereau de l'UQAM, Montréal, Québec, Canada (2003-2005).Client: Université du Québec à Montréal.Collaboration : Tétreault Parent Languedoc et Associés /Saïa et Barbarese Architectes.m Roslyn Robertson Herb & Scent Garden, Montréal, Québec, Canada (2005-2006).Client: Université McGill.Collaboration : Diamond Schmitt Architects Inc., Provencher Roy + Associés architectes u Blue Stick Garden (Jardin de bâtons bleus), Jardin éphémère pour le Festival international de jardins de Métis, Métis-sur-mer, Québec, Canada (1999-2000).Client: Les Jardins de Métis.¦\tJackie Gleason Theater, South Beach, Miami, Floride, États-Unis (2005-2006).Client: Cirque du Soleil.Collaboration : Nomade.m Les Pruches, Montréal, Québec, Canada (1990).Client : Business Bar, Collaboration : Philippe Poullaouec-Gonidec.m Blue Lawn (Pelouse bleue), Montréal, Québec, Canada (1996-1997).Client: Centre Canadien d'Architecture.m Place d'Youville - phase 1, Montréal, Québec, Canada (1997-2000).Clients : Ville de Montréal, Ministère de la Culture du Québec.Collaboration : Groupe Cardinal Hardy.m Camouflage Park/Commissioners Park, Toronto, Ontario, Canada (2003).Client: Toronto Waterfront Revitalization Corporation.Collaboration: ENVision - the Hough Group, E.R.A.Architects Inc.m Hôtel Quatre Saisons et résidences - Bay/Yorkville, Toronto, Ontario, Canada (2006-2010).Client : Menkes Developments Hôtel Quatre Saisons.Collaboration : Architects Alliance.¦\tEvergreen /Brick Works, Toronto, Ontario, Canada (2006-2009).Client: Evergreen.Collaboration: Joe Lobko Architects Inc., duToit Allsopp Hillier, Diamond + Schmitt Architects Inc., E.R.A.Architects Inc.m Blue Forest (Forêt bleue), Détroit, Michigan, États-Unis (2000-2007).Client : Nissan America - Creative Design Studio.Collaboration: Luce et Studio Architects.¦\tBassin de la Place des arts, Montréal, Canada (2003).Client: Société de la Place des Arts de Montréal.¦\tSolange, Lyon, France (2003).Client: Domaine de Lacroix-Laval.m Pergola, Le Havre, Normandie, France (2006).Client: Le Havre, biennale d'art contemporain, Claude Gosselin - commissaire. '\u2022H,; - - - - Des centaines de solutions créatives Centura met en scène les tendances inévitablement chics forcément raffinées et nécessairement innovatrices de la nouvelle saison Pour vivre avec style CENTURA Céramique | Porcelaine | Vinyle | Tapis Information et échantillons?Communiquez avec notre équipe de conseillers Design & Architecture.Montréal 514 336.431 Québec 418 653.5267 BPB s\u2019appelle désormais CertainTeed.Nous bâtissons un avenir meilleur CertainTeed a le plaisir d\u2019accueillir BPB Canada et sa gamme étendue de produits de gypse, de finis et de produits pour le plafond au sein de son véritable patrimoine et de ses traditions de plus de 103 ans.Même si le nom sur les emballages sera désormais celui de CertainTeed, la qualité exceptionnelle des produits et des services ne changera pas.Grâce à la vaste expérience et à la position dominante sur le marché de CertainTeed, nous pourrons vous offrir une quantité inégalée en Amérique du Nord de produits de construction pour l\u2019intérieur et l\u2019extérieur.Pour en savoir plus, communiquez avec nous au 1 800 233 8990 ou consultez le site www.certainteed.com CertainTeed El MDMC CertainTeed et la devise « Quality made certain.Satisfaction guaranteed.» sont toutes des marques de commerce de CertainTeed Corporation.Toutes les autres marques de commerce sont la propriété de BPB pic ou de ses filiales ou sociétés affiliées. Le projet d'architecture de paysage de Claude Cormier h Les Pruches.Photo: F.Doyon, 1990 2.\tBlue Lawn (Pelouse Bleue).Plan conceptuel.Illustration : CCAPI, 1996.3.\tPlace d'Youville.Photo :J-F.Vézina, 2004 4.\tProjet : Camouflage Park/ Commissioners Park « Composition with Circles » de Bridget Riley, 1998, Inspiration.5.\tCamouflage Park/ Commissioners Park.Illustration: CCAPI, 2003, plan.6.\tC.E.Beveridge, P.Rocheleau, Frederick Law Olmsted, Design the American Landscape, Rizzoli International Publications, Inc., New York, USA, 1995, pp.76-77.Photo:© Paul Rocheleau,1995.Précédent esthétique : Prospect Park, Brooklyn.Projet : Camouflage Park/ Commissioners Park Philippe Poullaouec-Gonidec En 1992, la revue ARQ consacrait un premier numéro (n° 63) à l'architecture de paysage au Québec.Comme le soulignait l'éditorial, cette publication s'inscrivait en continuité d'intérêts suscités par le projet d'architecture du paysage en Europe et aux Etats-Unis.Cette parution était l'occasion donc de poser un bilan critique sur une «jeune1» pratique québécoise très fortement ancrée dans une «tradition» nord-américaine à quelques exemptions près.Mais surtout, elle énonçait l'importance de mettre en oeuvre l'idée de «projet de paysage»2.Ainsi, il était rappelé que «Faire le paysage» impliquait la compréhension du terme lui-même mais aussi une mise en projet qui postulait «(.) une opération de décryptage du concret et de l\u2019imaginaire pour révéler à la conscience collective, un sensible»3.Cette position associait de facto la fabrication du paysage à la question culturelle.Dans cette revue, le projet du site des Moulins du parc de l'île de la Visitation illustrait à sa manière ces propos puisqu'il faisait avant tout appel à la «mémoire du lieu» et aux métaphores misant sur une traduction culturelle du territoire pour le projet de paysage.Fait important, le texte explicatif du projet de l'île de la Visitation était rédigé sous une forme éditoriale et il rapportait le fait que les concepteurs cherchaient «à éviter la nostalgie d'une architecture paysagiste qui prend comme modèle, au détriment de tous les autres, la nature pittoresque d'un Capability Brown, d'un Alphand ou d'un Olmsted (.et de souhaiter) amener l'art du paysage au-delà de son aspect de nature d'opérette vers une modernité qui a semblé jusqu'ici lui faire défaut»4.Ces propos colorés et sans détour signalaient très fortement la présence de l'architecte paysagiste Claude Cormier au sein de l'équipe de concepteurs.Elle présageait le rôle et la place qu'il voulait prendre dans le renouveau de l'architecture de paysage au Québec et plus largement en Amérique de Nord.D'autant que quelques années auparavant, il fût l'un des seuls architectes paysagistes au Québec à expérimenter une pratique de l'installation paysagère.Une période d'où émerge le positionnement de Claude Cormier en regard du projet d'architecture de paysage.Le début des années 1990 a été foisonnant d'expérimentations.Pour lui, celle-ci marquait une rupture claire avec un champ de pratique qui ne lui convenait pas.Mais par contre, c'est le domaine d'intervention paysagère qui le passionnait plus que tout.Ses diverses expérimentations étaient à cette époque son espace de jeux où il fallait à tout pris casser les limites, confronter la bienséance et provoquer l'inattendu dans tous les sens et à tous horizons.Principalement situés dans des espaces de plaisir sensoriel comme les «nightclub»5, les projets «Big Bamboo» (1988) et les «Pruches» (1989)6 à Montréal illustraient ce désir de modeler de nouveaux points de vue, de sortir la pratique de son champ.Ces projets étaient le théâtre de tous les possibles et de toutes les aventures.Il fallait pour reprendre l'expression de Claude Cormier à propos d'une pratique d'architecture de paysage trop sage à ses yeux, «casser l'image de la gentille petite fleur».Cette cour de récréation avant son passage à Harvard en 1993-1994 aura permis un retour à l'univers de son enfance.Une période de sa vie où le territoire rural avec ses champs et ses érablières était l'ancrage nécessaire pour défricher le terrain.L'importance de son travail interprétatif sur l'arbre et les déclinaisons qui ont pris place par la suite ne sont pas fortuites.Du tronc d'arbres brut («Les pruches»,1989) et raffiné («Lipstick Forest»,1999-2002, Montréal, Canada et «Solange»,2003, Lyon, France) au branchage suspendu («Blue Forest»,2002/06, Détroit, USA) jusqu'au travestissement total de l'arbre lui-même («Blue Tree»,2004-2005, Sonoma Valley,USA), l'obsession est toujours la même.C'est celle du jeu d'un corps à corps avec une nature volontairement déracinée mais à la fois noyée dans un même fond de ciel (bleu) ou enveloppée de textures polychromes.Sur un autre registre, l'expérimentation de la pelouse bleue («Blue Lawn»,1997, CCA, Canada) et rouge («Red Lawn», 1999, Los Angeles,USA), le «Jardin des bâtons bleus» du festival international des jardins de Métis (1999-2000) et l'installation temporaire de «Pergola» à la première Biennale d'art contemporain du Havre (2006, France) sont ses apports critiques à l'art du jardin.Dans ces installations, Claude Cormier questionne des archétypes pour constituer la mise en scène de son jardin imaginaire, son «cabinet de curiosités» fait de pelouse, de plates-bandes et de pergolas.dans une forêt bien au-delà de l'horizon du rang, d'un «champ de pâture».Cette pratique de l'installation que l'on peut aisément qualifier d'artistique aura été son passage obligé pour imprimer un point de vue sensible à l'architecture de paysage au Québec et elle aura fait «école» dans la nouvelle génération des architectes paysagistes du Québec.Mais au-delà des regards portés par les projets de Claude Cormier, chacune des intentions a pour finalité de générer une expérience au lieu (et aux situations).Celle-ci est centrale au projet et elle s'exprime tant par les ambiances polychromiques que par les univers déambulatoires déployés.Cette expérience paysagère se retrouve notamment dans les commandes institutionnelles de cet architecte paysagiste qui œuvre dans de nombreux projets d'espaces publics de plusieurs grandes villes canadiennes.Cette production est très diversifiée voir hétérogène parce que chaque projet est une expérimentation.C'est l'une des qualités de sa pra- ~-v J ARQ, ARCHITECTURE-QUÉBEC MAI 2007 16 >\u2022 rt wm SÉÎfe: :;rt U L ' *: V: -\u2019^ *3 ,* A ?A.\u2022> ç&eær \u2019_______________________________ «FAIRE JARDIN» PAR L'INSTALLATION 9.\tBlue Stick garden (Jardin de bâtons bleus), Hestercombe Gardens.http://www.veddw.co.uk/charles/index.html.Photo: Charles Hawes, 2004.10.\tBlue Stick garden (Jardin de bâtons bleus), L'International Flora Montréal 2006.http:// www.flickr.com/search?q=blue+stick+garde n&m=text Photo: placeinsun, 2006.11.\tBlue Stick Garden (Jardin de bâtons bleus), Hestercombe Gardens.Photo : Yvan Maltais, Jardins de Métis, 2004.12.\tBlue Stick garden (Jardin de bâtons bleus), L'International Flora Montréal 2006.Photo : Nicole Valois.I l1, iTff i i * a sua ' * ARQ, ARCHITECTURE-QUEBEC MAI 2007 Par ailleurs, même si les projets de commandes publiques permettent de constater que l'élément végétal y est là bien vivant, dans les deux cas, les végétaux en général font office « d'objets paysagers » au même titre que la terre et le sol.Il semble être utilisé comme un matériau brut appartenant au lexique de l'art des jardins ou de l'architecture de paysage.Toutefois, peut-on affirmer que ces « objets paysagers » incarnés soit par un assemblage savant de boules en acrylique et de plantes ou par des bâtons en bois colorés soient des attributs légitimes du jardin?Quoi qu'il en soit, la force des installations est qu'en omettant la végétation vivante, en la réinterprétant, en l'artificialisant ou en la prenant comme objet avec lequel il peut «jouer», Cormier ne fait que court-circuiter nos attentes quant au jardin et déstabiliser l'idée que l'on se fait de l'architecture de paysage.Si l'on considère le végétal comme une des mesures d'appartenance à la catégorie jardin, ces jardins, disons « atypiques », sont à l'avant-garde d'une définition réinventée du jardin, si tant est qu'elle soit changeante au gré du temps et des époques comme le propose Bernard St-Denis2.Si par ailleurs la connaissance du milieu est une des conditions du projet de paysage, c'est sans aucun doute dans ces termes que se définissent les réalisations de Cormier.Mettre en valeur l'authenticité des lieux, saisir la réalité physique, sociale et historique, provoquer une expérience émotionnelle auprès de l'usager, s'appuyer sur des analyses du milieu, telle est l'implication d'une posture à laquelle sont soumis les projets.Par exemple, les arbres centenaires du domaine Lacroix-Laval recouverts d'une tapisserie de fleurs de soie rappellent la proximité de Lyon, capitale du textile.Cormier va à la rencontre de l'histoire dans le but de faire déclencher l'idée, dans la volonté de donner sens et pérennité au projet et d'unifier le côté présumé farfelu et le côté rationnel du projet à son contexte.Comme tout projet s'applique à une projection mentale, chacun d'eux va au-delà d'une réponse à une commande et des contraintes3.Puis dans sa projection, sont puisées toutes les données du contexte et de son passé pour constituer en la présence d'un jardin ou d'une place un des maillons de cette histoire.La mémoire du lieu est donc constitutive de son discours pour soutenir les projets, dans la volonté d'apporter une nouvelle lecture poétique des lieux.Une analyse chronologique plus approfondie de l'esthétique et des contextes de projets permettrait de faire ressortir davantage les apports des festival de jardins dans la pratique de Cormier.Elle donnerait l'occasion sans doute aussi de voir en Four Seasons, le plus récent projet de Cormier, un tournant de cette pratique où est mis en œuvre tout un savoir-faire qui oscille entre les disciplines de l'art et de l'architecture de paysage, tout en restant, je propose, un jardin et un projet de paysage.Somme toute, par leur nombre, et intuitivement, on serait porté à dire que les installations et les projets de commandes publiques font corps dans le cheminement de Cormier et informent quant à son , engagement à créer des espaces empreints de sensibilité, de poésie et dignes d'être habités.Au fil des projets, se plait-il à dire, la recherche d'une sensibilité qui peut toucher tout le monde est primordiale et doit conduire tous et chacun à se sentir bien dans l'espace, qu'il soit expert ou néophyte.T w 4iJû i (asti i «,5i.Mip Dût psint'i jcé foin/, Jwf, km/, lümtrc foiiiy, «05.Nicole Valois, Professeur adjointe, École d'architecture de paysage, Faculté de l'aménagement, Université de Montréal.Notes De Duve, Thierry.« Performance ici et maintenant : l'art minimal, un plaidoyer pour un nouveau théâtre », Essai daté 1, Paris, éditions de la Différence, 1987, p.181, cité i dans : Loubier, Patrick, « L'idée d'installation : essai sur une constellation précaire », in Bérubé, Anne, Sylvie Cotton, L'installation piste et territoires : l'installation au Québec | 1975-1995, Montréal, Centre des arts Skol, 1997, p.17 2.\tSt-Denis, Bernard, « Just what is a garden?», à paraître au printemps 2007 dans Studies in the history of garden and design landscapes.3.\tBoutinet, J.-P., « À propos du projet de paysage, repères anthropologiques », Carnets jj du paysage no 7,2001, p.65-83.40 -T imsM- ï r.^ I mng M irzr Claude's Glass\\ Cormier\u2019s landscape-way of seeing « Le Jardin des Lauves » de Paul Cezanne, c.1906, huile sur toile, 65,5x81,3 cm -c.1906.The Phillips Collection, Washington, D.C.http://www.ibiblio.org/wm/ paint/auth/cezanne/s t- victoire/ garden-lauves.jpg Benny Farm, Phase 3.Photo : Jean-François Vézina, 2005.Benny Farm, Phases 2 et 3.Illustration : CCAPI, 1999.Benny Farm, Phase 2.Photo : Jean-François Vézina, 2005.Susan Herrington Landscapes are Three-Dimensional Replacing flowers commonly found in an Edwardian border garden with painted sticks, Cormier's Blue Stick Garden reveals that landscapes are not governed by the conventional sequencing of foreground, middle ground, and background found in two-dimensional works, or even a scenic viewpoint.Rather landscapes are all-around, three-dimensional spaces that literally change - in colour, light, intensity, emotion - with the movement of our bodies.Drawing upon the likeness of colour change to be found in plant life versus colour change based on our own movement, Blue Stick asks us to see ourselves as the makers of landscapes.Originally created for Les Jardins de Métis festival in 2000, the garden contains hundreds of blue stakes that form an outdoor room.When I enter the garden I am surrounded by walls of blue created by the hue of the painted sticks.However, when I turn around to leave, the garden completely changes to orange because the fourth unseen sides of the stakes are painted orange.While this may seem like a simple lesson, it is an essential way of seeing landscapes because it challenges the common fallacy that experiences with landscapes are like our experience with pictures of landscapes.We may design landscapes in the two-dimensions of the flat computer screen or hand drawing, but they exist in the third.Sticks for flowers, lipstick for trees - the gardens and landscapes of Claude Cormier are thick with metaphor - and this is their appeal.Metaphor involves connecting one type of object or idea with another to imply a likeness between them.Yet, Cormier's metaphors give us a modern twist by drawing a likeness between objects to forge a new way of seeing.In this way, Cormier's work functions much like modern art.For example, one of the first modern painters, Paul Cézanne, thought that painted landscapes could not do justice to actual ones.In response, he created paintings of gardens and landscapes that did not represent landscapes as we optically see them.Consider \"The Garden at Les Lauves» (1906) where he ignores basic conventions of perspective to make the canvass appear three-dimensional - such as a single horizon line, the diminishment of objects as they are distanced from the picture plane, and the convergence of lines to vanishing points.Instead, he interprets the garden as a canvas by painting a likeness between the tectonic forms of mountains and the architecture of the village, the sky and the ground, and the shared reality of the image and the canvas.Cézanne's work changed our perception of painting, ultimately revealing it as a vertical and impenetrable surface of painted marks.Philosopher Garry Hagberg calls this the \"Cézanne -landscape-way of seeing;\" a shift in experience \"that is strong enough to change perception.\"2 While we can debate if Cormier's work is art or not, more importantly his work fulfills modern art's basic aim as forged by Cézanne.Likewise, Cormier's use of metaphor challenges us to see landscapes anew.In fact, Cormier's-land-scape-way of seeing challenges basic premises about them.In the following I reveal four \"Cormier-landscape-ways of seeing\" in his built works and how they can change our perceptions of landscapes. CLAUDE'S GLASS, CORMIER'S LANDSCAPE-WAY OF SEEING Landscapes are Part of Mass Culture Collapsing two seemingly distant phenomena - the dignified beauty of trees with the sexual innuendo of cosmetics and the viscous qualities of resin and that of lipstick - Lipstick Forest demonstrates that landscapes are not merely the distant pleasures of sight.Rather they also involve the more intimate pleasures of touch, smell, sounds, and taste and importantly that of mass culture.Traditional definitions of landscapes hold that they are remote scenes; however, we know that people actually live in the highly sensorial world of landscapes.As part of mass culture, landscapes are also commercial - market driven, swayed by emotion and desire, and subject to the anxious acts of consumption.Lipstick Forest, which wittingly graces the interior entrance to the Montréal Convention Center, contains giant tree trunks rendered in resin to mimic the forms of trees in a nearby park.Emulating the Montréal Lipstick Kiss logo, the trunks are painted glossy pink for that «just applied» look.Visiting this unusual forest I am given a sense of mystery experienced in other forests; the unknown about what's on the other side of the tree.At the same time, the trees ask to be touched to find out if their sumptuous veneer will colour my hand.Cormier's insight is an important one here because landscapes are subject to as much \"niche-marketing\" as lipstick.Consider the likeness of gentrified neighborhoods and \"Classic Red Haute,\" therapeutic gardens and \"Replenishing Tender Kiss,\" wetland restorations and \"Juicy Wear Sheer.\" While many of these forms of landscape and lipstick are important to our well being, they are also part mass culture.Only by seeing this in landscapes can we then take action to more meaningfully engage with the culture we live in.i i ISP I 1 a & mu Lias II Lii si IH « h fit: Landscapes are About Time Replacing the notion of plants as static green buffers to a changing world with plants as dynamic organisms that grow, fight, and die-back rapidly over time - Benny Farm Courtyard Gardens reveal how landscapes are experienced in expectation of time.While plants are often employed to screen or camouflage unwanted things in the garden, Cormier uses plants as vibrant aesthetic elements in the experiences in the garden courtyards themselves.Benny Farm Courtyards are part of a redeveloped housing complex in Montreal's Notre-Dame-de-Grâce neighborhood.3 The original fifty-two housing structures and courtyards built in 1947 for veterans were redesigned by Saia et Barbarese architectes / Claude Cormier to accommodate a range of people and age groups.Cormier's courtyard designs for the 48 remaining veterans was both sensitive to the vets and grounded in a understanding of time.Refusing to use plants as buffering devices, \u2022 he instead designed circular planters throughout the courtyards that were filled with ornamental grasses and perennial plants.With Quebec's short growing season, the copious amounts of r: vegetal life produced on a daily basis has created a dramatically k); changing courtyard - from scale, color, sound, smell and temperature.These plants tell time rather than denying it and this is helpful to elderly people who have a deeper understanding of the meaning of time.This dynamic treatment of the courtyards has also increased to the social life of vets, people who are increasingly isolated from each other and society.The vigorous plantings not only provide privacy in the courtyard, but they also stimulate social interactions.During the warmer months this is where people meet, converse, smoke, and play board games.People want to see and talk about how the courtyards have changed.Although we may spend a great deal of time controlling plant growth, we need to see landscapes as changing because this will enable us to benefit from their changes.m am WM, Ü!': Start m m 1 rj 7 I ARQ, ARCHITECTURE-QUÉBEC MAI 2007 42 Tr^.i-Ea; \u2022\"\t__«J - 'v V ma («ci ai Landscapes are not Natural Lastly, Cormier's Maple Leaf Quay substitutes the conventional portrayal of urban parks as scenes of nature with an urban park that is a vibrant hub of human activity enjoying real nature - sun, shade, water, breezes, and the beautiful and diverse forms of the kingdoms Animalia and Plantae.Maple Leaf Quay was once the center of Toronto's early 20th century shipping industry.Since «he 1990s the city has been gradually reclaiming its now defunct industrial waterfront for park use.Cormier's conversion of this former warf to a park enlists a basic premise of Frederick Law Olmsted's parks \u2014 to provide a place in the city for individual relaxation and social interaction.However, Cormier does not design the park to look like an Olmstedian urban park \u2014 a series of natural scenes reminiscent of the English landscape tradition.The carefully manufactured illusion of this landscape tradition as nature, is not only false, but often numb to the things that people want to do in parks.Rather Maple Leaf Quay is a series of platforms, the real artificial ground that differentiates the shores of Lake Ontario from its water.The platforms are striped with bands of concrete, pebbles, and limestone revealing the layers of the site's material history to the feet and wheeled vehicles that traverse it.Emerging from these platforms are giant grass mounds in quirky shapes.Topped with willows, the mounds are islands for hanging-out, picnics, barbecues, and observing others.At one platform, a grand set of steps brings you down to the reason why this place so special in the first place, the open void of the Lake.At its heart the park serves the social functions Olmsted envisioned by accommodating the needs of frenetic urban dwellers who are confined by their two bedroom apartments.While Olmstedian parks are often touted for what they look like, nature as envisioned by English landscape tradition, its important that we see their real nature \u2014their social life \u2014particularly in urban settings.As we know nature does not look a certain way and if we choose to look through Claude's glass we will see new landscapes that are as compelling and extraordinary as we want them to be.Susan Herrington is Associate Professor at the School of Architecture and Landscape Architecture, University of British Columbia.Notes '\u2022 This refers to one of the first virtual devices used to view landscapes during the eighteenth century.It was actually named after the French painter Claude Lorrain.2.\tSee Hagberg, Garry L.2002.\"Metaphor.' The Routledge Companion to Aesthetics , (Berys Gaut and Dominic Mclver Lopes, editors).London: Routledge, pages 291-292.3.\tFor more discussion on this project see Herrington, Susan.2006.\"When Art Is a Garden: Benny Farm Gardens by Claude Cormier.\" Contemporary Garden Aesthetics, Creations and Interpretations (Michel Conan, editor).Washington, DC: Dumbarton Oaks, pages 17-32.5-8.Blue Stick garden (Jardin de batons bleus), Festival international de jardins de Métis.Photo : CCAPI, 2000.9.\tÉlévation, Lipstick Forest (Nature légère).Illustration : CCAPI, 2000.10.\tInspiration.Lipstick Forest (Nature légère).Source : Tourisme Montréal 11.\tHtO - Urban Beach.Photo :Alin Copil, 2006.ntréal LART DE SUSPENDRE L\u2019ART Systèmes d\u2019accrochage Système d'accrochage idéal pour MUR arrondi MAÇONNERIE MENUISERIE FAUX FINI ETC.ntacts EN PERMANENCE Lun au Ven de 9h à 17h 4000 St-Ambroise #171 Montréal QC H4C 2C7 tél.514 935-6949 sans-frais 866 935-6949 www.ASHanging.com U EN MAI 2007 AIA, San Antonio TX \u2022 kiosque #24047 MuseumExpo, Chicago IL \u2022 kiosque #337 SIDIM, Montréal QC \u2022 kiosque #520 WÊÊÊ^m Charpentes en gros bois d'œuvre www.heavytimberwork.com 450 451-5678 Rigaud, Quebec HAMLET Charpenterie Traditionnelle ¦ Heavy Timberwork Système complet pour vos projets de toit jardin HVDROTECH Les membranes Hydrotech Corp., 10951 Parkway, Anjou, Québec, H1J 1S1 514-353-6000:800-361-4978 iiüiiifflüi ;n n :i rii n n il il El il T Tl il I\u2019ll és n an n n ih i .i ni .nmnfiR POITIERLE AU www.pomerleau.ca RBQ 2743-1162-70 DES GENS\t, ENGAGES Engagée à maîtriser, à exceller, à rallier et à s'intégrer Pomerleau exploite avec ingéniosité ses connaissances et ses ressources au bénéfice de ses clients. Une solution sans flamme pour votre toiture ?Cool Pour une couverture sure et durable - sans les dangers et les risques de responsabilité propres aux systèmes de toiture à membranes de bitume - faites confiance à Firestone.Nos systèmes d'EPDM, de TPO, de SBS Cool et de Métal offerent un rendement des plus fiables dans les conditions les plus difficiles.Leur facilité d'installation élimine l'utilisation d'une flamme nue, les fortes émanations d'odeurs de bitume et la présence des citernes et bouilloires peu esthétiques.Tous ces avantages se traduisent par un meilleur investissement à long terme pour protéger votre immeuble actuel ou un nouvel immeuble pour des décennies à venir.Quand il est question de sûreté et de rendement, vous ne pourriez être mieux couvert que par Firestone.Pour plus de renseignements, appelez le I 888 292-6265 ou visitez notre site Internet au www.firestonebpco.ca.PRODUITS DE BATIMENT firestone BUILDING PRODUCTS COMPANY LA COUVERTURE PAR EXCELLENCE www.firestonebpco.ca Siège social : I 888 292-6265 Veuillez communiquez avec votre représentant commercial, Michel Couture au (5 I 4) 827-3736 1 Les dessous et les déçus des concours d\u2019architecture Jacques White Les concours ont la réputation d'encourager l'expérimentation, l'innovation et l'audace en conception architecturale, avec pour toile de fond la séduisante perspective d'émerger avec une commande intéressante en main.Le terme concours sous-tend en lui-même l'émulation, l'appel au dépassement et la recherche d'excellence.Même s'ils ne représentent au Québec qu'une fraction négligeable de la commande, les concours y ont fait naître des projets d'exception qui, réalisés ou non, figurent désormais comme des repères dans la culture architecturale contemporaine.Il existerait d'ailleurs un lien entre la culture des concours et le nombre élevé de projets récompensés au Québec, comme l'ont déjà souligné des jurys des prix d'excellence de la revue Canadian Architect et de la médaille du Gouverneur général du Canada.Dans plusieurs pays européens, notamment en France, l'apport positif des concours sur la qualité de la pensée et de la production architecturales est aujourd'hui largement admis.Quand bien même n'est-il pas encore prouvé, hors de tout doute, que les concours conduisent à l'excellence, il faut admettre qu'ils militent en ce sens.Toutefois, les concours ne comportent pas que des avantages, pas plus qu'ils ne génèrent chaque fois des chefs-d'œuvre.Ils soulèvent l'enthousiasme quand ils produisent des projets géniaux, admirés de tous et exempts de problèmes majeurs; mais dans les faits, de telles situations relèvent plutôt de l'exception.Plus souvent qu'autrement, les concours entraînent déceptions, frustrations et rêves brisés.Qui n'a pas déjà entendu dire que Le projet gagnant du concours de salle de spectacles de Dolbeau-Mistassini, par Paul Laurendeau etJodoin Lamarre Pratte.La Ville de Dolbeau-Mistassini a courageusement accepté les risques inhérents à la formule du concours, sauf celui de dépasser un budget fort limité pour la commande.Heureusement, le projet gagnant était à la fois convaincant aux yeux du jury moins risqué que les autres en regard des coûts.L'expression plutôt austère du projet a d'abord inquiété les gens du milieu, mais ceux-ci ont supporté le choix du jury et s'en font maintenant les défenseurs.Une récente reconnaissance de la valeur du projet à l'échelle nationale, avec l'obtention d'un prix d'excellence de la revue Canadian Architect, marque un jalon important de l'histoire de ce projet.La réappropriation dans le milieu suit apparemment son cours normal.serunr U iïiSB I le fi* ! plis en (fie «ut le cc b et/ou femultip ton et fcelhét Kieipi dans un concours, il y a au moins autant de mécontents que de |sii participants, sauf le gagnant (et encore.) ?Une telle assertion relève bien sûr de la boutade.Elle renferme néanmoins une part de vérité.Avant d'engager une réflexion sur le sujet, il convient d'abord d'admettre que, dans tout concours d'architecture, la singularité Lias des conjonctures - inhérente à la formule - engendre inévitable ment l'incertitude.En effet, dans un concours, le défi à relever est toujours original, le programme présente une vision forcément partielle du projet à concevoir (bien d'autres avenues non expri- iftipré mées sont possibles), le processus produit un corpus inédit de visions nouvelles du projet et le jury, dont la composition varie chaque fois, prend collectivement position en réagissant à ce ibm qu'il voit pour la première fois et non pas uniquement sur la base de critères préétablis.Dans de telles conditions, les résultats ne pourraient être entièrement prévisibles.Ceux qui comprennent^ les fondements des concours savent qu'un revers ne remet en cause ni la valeur de leur travail, ni leurs compétences, ni même l'intérêt de cette formule d'attribution de la commande.Or, une déception ne pourrait faire place à la sérénité que si les acteurs d'un concours ont la ferme conviction qu'il a été planifié et con-J,(( duit de la manière la plus compétente et la plus juste possible.Tel est habituellement le cas, en dépit d'apparences qui laissent parfois supposer le contraire et malgré quelques malheureuses exceptions.En l'occurrence, il faut savoir distinguer les déceptions qui relèvent de la nature même du processus du concours de celles qui tiennent de l'irrégularité.En tant qu'architecte qui a été, depuis plus de vingt ans, tour à tour chercheur sur des questions relatives aux concours, formateur et membre du Comité des concours à l'Ordre des architectes du Québec, conseiller professionnel, juré, concurrent, finaliste et lauréat de plusieurs concours d'architecture, j'ai eu à maintes rej[J5 prises l'occasion d'observer, sous différents angles, les nombreux acteurs des concours à l'œuvre.De cette expérience, je retiens d'abord que les problèmes attribués aux concours et les frustrations qu'ils entraînent s'expliquent souvent par la difficulté qu'éprouvent certains acteurs à comprendre le point de vue des autres à partir de leur seule et unique position.En effet, chacun attend généralement des autres qu'ils partagent son propre point de vue, mais peu font un réel effort en ce sens, idéalisant ainsi , le concours à leur manière: par exemple, les représentants du donneur d'ouvrage souhaitent obtenir un projet qui correspond,., dra aux attentes des personnes et des groupes envers qui ils se sentent redevables, alors ils se méfient des architectes et de leurs idées (ils risquent d'avoir à supporter dans leur milieu un projet «étrange» ou pire, «indéfendable»); les architectes espèrent que le programme soit dépourvu d'ambiguïtés, que le règlement établisse des conditions qui leur permettent de déployer avec éloquence leurs talents de concepteurs et que le jury soit à la fois impartial et compétent, alors ils réclament que des architectes contrôlent l'ensemble du processus du concours, de la programmation des besoins à l'évaluation des prestations (ils craignent d'être mal dirigés, inutilement contraints et injustement évalués)/*^ les jurés espèrent primer des projets conformes à leurs valeurs et à la hauteur de leur réputation, alors ils voudraient bien, chacun de leur côté (représentants du donneur d'ouvrage, des usagers, architectes et autres spécialistes), pouvoir juger les prestations 5\u2018Ctî[|[S K soit toi t nouvel Br «(«del ïoirettî HdiK foire df L, K îci Si %Si %i s «%, :»foJie iu.Pou, ARQ, ARCHITECTURE-QUÉBEC MAI 2007 46 II Alii y, r .,ij0^ ¦
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