ARQ, 1 mai 2008, Mai
[" ln,9màns)i ncM ||.9l (nob 9l fnioq U6 w^nnoD BAnQ 29fn9'lJx9 Spécial ville de Québec Les premiers balbutiements d\u2019un cinquième centenaire MAI 2008 ^ - VT?Une protection contre les coups durs I-1 ROYAL ¦ GUARD L J RÉSISTANCE PROJECTILES ET PRESSION ÉTANCHÉITÉ AIR ET EAU Les portes et fenêtres RoyalGuard répondent aux plus exigeantes des normes du code de la construction de la Floride (niveau « D »,zone 4), incluant les comtés de Miami Dade et de Broward.Grâce à leur étanchéité de qualité supérieure, elles sont idéales pour résister aux forces du vent, aux pires intempéries.et aux projectiles.Royal Group Pour une protection qui a de l'impact, faites équipe avec RoyalGuard.www.royalgrouptech.com 1 800 361-9261 \\\\V\\ * Le sommaire 5 ÉDITORIAL Les premiers balbutiements d\u2019un cinquième centenaire Jacques White 8 Le poids du passé Martin Dubois 12 Québec 2008 : à la reconquête des rives du Saint-Laurent Nathalie Prud'homme 22 Le pavillon Espace 400e, Québec Gilles Prud\u2019homme et Diana Cardas 24 Les Jardins éphémères de l\u2019Espace 400e atelier Pierre Thibault 26 Le Palais Montcalm, salle Raoul-Jobin Nicholas Roquet 28 L\u2019édifice Fleurie - Université du Québec consortium: Côté Chabot Morel + Gamache Martin architectes 29 Le réaménagement de l\u2019aérogare, Aéroport international Jean-Lesage Marc Letellier 30 La Falaise apprivoisée lisanne Nadeau 31 L\u2019îlot des Palais, Québec Anne Vallières et Rémi Morency 32 L\u2019agrandissement de la bibliothèque de Charlesbourg Marie-Chantal Croft 34 L\u2019hôtel Musée Wendake Alain Lemay 35 Le Projet PACTE Geneviève Vachon et le groupe interdisciplinaire de recherche sur les banlieues (girba) 36 Québec 2108 : connexions / continuités GianPiero Moretti 39 Le je-me-souviens holographique, une seconde avant la disparition ou pour en finir avec la ville-musée Jean-François Marquis 40 Paul Gauthier, architecte Jacques White Éditeur : Pierre Boyer-Mercier Membres fondateurs de la revue : Pierre Boyer-Mercier Pierre Beaupré, Jean-Louis Robillard et Jean-H.Mercier.Comité de rédaction: Pierre Boyer-Mercier, rédacteur en chef ; Carlo Carbone, Marc Pape, Patrick Morand, Stéphan Kowal, Catherine Szacka et Jonathan Cha.Production graphique : COpilia design inc./ Directeur artistique : Jean-H.Mercier.* Représentants publicitaires (Sales Representatives) : Sylvie Lauzon et associés.Montréal : 32, de Matagami, Blainville, Québec, J7B 1W2 /Téléphone : (514) 747-0047/Télécopieur : (450) 434-0051 / Sans frais (Toll Free) : 1-888-547-0047.La revue ARQ est distribuée à tous les membres et stagiaires de L'Ordre des architectes du Québec, aux membres de I\u2019Association professionnelle des Designers d'intérieur du Québec et à tous les étudiants en architecture au Québec.Dépôt légal: Bibliothèque nationale du Québec et Bibliothèque nationale du Canada.ISSN: 1203-1488.© Art et architecture Québec : Les articles qui paraissent dans ARQ sont publiés sous la responsabilité exclusive de leurs auteurs.Envois de publications canadiennes : contrat de vente #40037429.ARQ est publiée quatre fois l'an par Art et architecture Québec, organisme sans but lucratif.Les changements d'adresse et les demandes d'abonnement doivent être adressés à : Art et architecture Québec, 21760,4e avenue, Saint-Georges, Québec, G5Y 5B8.Téléphone pour la rédaction : (514) 343-6276, pour l'administration et la production : (418) 228-2269.Abonnement au Canada (taxes comprises) : 1 an (4 numéros) : 36,46 $ et 56,98 $ pour les institutions et les gouvernements.Abonnement USA 1 an : 50,00 $.Abonnement autres pays ARQ est indexée dans «Repères».ARCHITECTURE-QUÉBEC MAI 2008 NUMÉRO 143 Sur la page couverture : la silhouette de l'église Saint-Charles Borro-mée, vue de l'intérieur de la bibliothèque de Charlesbourg.Photo: Croft Pelletier.Voir l'article en page 32.60,00 $. FIABILITE POUR LA f jm ?Q> I ^ JU&WEft \t\t\t \t\t\t \t\t\t \t\t\t \t\t\t aa JELD-WEN : LA FIABILITÉ, SANS COMPROMIS Nous savons qu\u2019il vous est parfois difficile d\u2019offrir le meilleur de deux mondes à votre clientèle.C\u2019est pourquoi nos portes d\u2019entrée conjuguent fiabilité et élégance.Offrez un choix sans compromis à votre clientèle.Optez pour les portes d\u2019entrée JELD-WEN.www.fiabilitepourlavie.ca PORTES ET FENETRES \t \t FIABILITÉ pour la vie' \u201e *.DEPUIS 1908 Merci à nos clients les plus 100 ans d'innovation fidèles .\" C/2| * * a.ÆÊ I ¦III if il I BT Conception Mathieu Morel Y\tan Laplante Pierre Morel Pierre Martin Annie Saucier Bruno Verge Réalisation technique Evans Zuniga Y\tan Grégoire Alain Cyr Steve Sénéchal Client Université du Québec Réalisation Août 2007 Construit selon les plus exigeantes normes de performance environnementale, l'édifice écologique Fleurie s'inscrit dans le complexe universitaire de l'Université du Québec, situé au cœur du quartier St-Roch.Le bâtiment de cinq niveaux propose 45 nouvelles unités de résidences étudiantes et les services qui s'y rattachent.De plus, on retrouve aux étages inférieurs un salon universitaire avec terrasse extérieure, des salles de formation multifonctionnelles ainsi que des bureaux.Un passage souterrain fait le lien avec les autres édifices de l'Université du Québec situés à proximité, soit l'École nationale d'administration publique et la Télé-université du Québec.L'édifice, qui se présente comme un volume suspendu au-dessus d'un niveau totalement fenestré, offre des espaces lumineux et ensoleillés au rez-de-chaussée, s'ouvrant par la même occasion sur le quartier St-Roch telle une vitrine qui anime l'espace urbain.Le traitement architectural de l'Édifice Fleurie se démarque de l'architecture environnante par son caractère dynamique et par le rythme séquentiel de ses façades.Le secteur des résidences universitaires se compose de deux éléments: un volume morcelé et articulé d'un côté et une rythmique encadrée de l'autre.Ce traitement audacieux s'intégre à l'environnement bâti par l'utilisation de matériaux et de couleurs s'harmonisant à ceux des bâtiments adjacents.L'édifice Fleurie met à profit plusieurs stratégies de design écologique, de sorte que sa consommation énergétique correspond à seulement 53% de celle d'un bâtiment standard.La géothermie procure une source passive de fraîcheur l'été et de chaleur l'hiver alors que la roue thermique récupère la chaleur produite par le bâtiment plutôt que de la rejeter à l'extérieur.La ventilation naturelle des résidences permet de diminuer la charge à prendre par la mécanique du bâtiment.De même, l'éclairage naturel de tous les locaux régulièrement occupés diminue le recours aux sources d'éclairage artificiel.Une tranchée a été creusée dans le sol adjacent au bâtiment pour permettre l'apport de lumière naturelle au niveau du sous-sol.L'aménagement paysager de pierres et de fougères qu'on y retrouve engendre des percées visuelles intéressantes depuis les salles de formation multifonctionnelles.En outre, le bâtiment, par sa localisation, contribue à la densification de l'environnement urbain.Également, il a redonné aux citoyens un jardin sur un site auparavant contaminé, où poussent désormais des plantes indigènes ne nécessitant aucune irrigation ni tonte.Ce jardin, qui traverse le complexe universitaire d'une rue à l'autre, est en lien avec le salon universitaire et la terrasse, contribuant ainsi à l'animation du quartier St-Roch.liteéfir Emettra d\u2018 (ta de* feactivités tailles te de las ùptaleNati Wrote si ««partis teionni taon Rassi de tetdais R si pou Rfîisco Malien ^tyantii Pistai Sftefon * ARQ ARCHITECTURE-QUÉBEC | MAI 2008 Le réaménagement de l'aérogare, Aéroport international Jean-Lesage Le réaménagement de l'aérogare, Aéroport international Jean-Lesage «SG\u2019Pg I mmmm \t\t - Ego ^ssuTtsHiicmts - mraiHiwi A'R'»*15 «mil La transformation majeure que connaît l\u2019aéroport de Québec permettra d\u2019offrir à la région de Québec des installations d\u2019envergure internationale pour son 400e anniversaire.Les transformations devaient permettre une utilisation sans interruption des activités aéroportuaires, tenir compte de l\u2019aile internationale construite il y a une dizaine d\u2019années et être terminées pour accueillir les visiteurs à l\u2019été 2008, en plus de renforcer l\u2019importance de l\u2019aéroport en affirmant l\u2019identité de Québec comme Capitale Nationale.Le réaménagement ne conserve de l\u2019ancienne aérogare que le rez-de-chaussée de la zone internationale construite sur deux étages au milieu des années 1990.Les plus vieilles parties sur un seul niveau disparaissent ainsi pour laisser place à un nouvel espace sur deux niveaux qui vient compléter la partie conservée.De l\u2019extérieur, ces transformations permettent aussi de créer un bâtiment plus uni.La corniche existante devient dans le nouvel aéroport un élément ondulé survolant le côté air pour évoquer le caractère aérien des opérations.Cette bande contourne ensuite le bâtiment pour se terminer du côté ville où elle articule la façade et soutient un écran d\u2019affichage identitaire complétant la composition de la façade principale.Une attention particulière a été apportée au choix de matériaux ayant une résonance dans l\u2019identité québécoise.Du côté ville, l\u2019installation de la maçonnerie de pierre fait référence à la stratification du Cap-Diamant.Les vestibules et le salon VIP sont recouverts de verre dépoli/miroir rappelant la glace et le climat québécois.À l\u2019intérieur, la maçonnerie, le bois et la coloration utilisés évoquent les saisons et forment des repères à travers les grands espaces de l\u2019aéroport.Le côté air se développe sur deux étages alors que le côté ville regroupe les trois halls sur un seul niveau double hauteur.Ces trois halls, les arrivées internationales déjà existantes, l\u2019enregistrement et les arrivées intérieures, communiquent entre eux pour permettre des usages variés et flexibles tout en permettant une circulation protégée sur l\u2019ensemble de l\u2019aéroport.Du côté air, le rez-de-chaussée abrite les services techniques, tant publics (récupération des bagages, douanes) que contrôlés (traitement des bagages, bureaux).L\u2019étage déploie la salle d\u2019attente évoquant l\u2019idée d\u2019un loft et permettant l\u2019installation des divers services (restaurants, boutiques, point de fouille) regroupés selon un agencement thématique.La flexibilité de la nouvelle structure et l\u2019effort accru porté au confort des usagers s'expriment à de nombreux égards dans la nouvelle aérogare.La structure d'acier à grande portée de l'étage et l'aménagement simple et clair de l'aéroport minimisent les contraintes et facilitent des agrandissements et réaménagements.Sa salie d'attente n'est plus une simple salle des pas perdus, mais devient plutôt une zone multifonctionnelle (lecture, observation, jeux, travail, détente, restauration, consommation.) s'adaptant aux besoins des divers usagers et assurant une qualité d'expérience de voyage malgré les délais d'attente de plus en plus grands exigés par des normes de sécurité accrues.Un effort particulier a ainsi été apporté à l'aménagement d'espaces vastes, hauts et lumineux soutenus par un contrôle précis du confort thermique, visuel et auditif, alors que la simplicité et l'efficacité de l'organisation permettent d'améliorer la gestion du stress des passagers.L'ancien aéroport de Québec est aujourd'hui devenu un réel aéroport international du 21e siècle, prêt à s'adapter aux changements rapides et constants qui transforment quotidiennement le monde des transports.Chargés de projet Michel Gagnon et Michel Roy Concepteurs principaux Marc Letellier et Michel Hardy Équipe de réalisation François Paradis Normand Desjardins Simon Brochu Maud Francoeur Diane Lafrance Jean-François Arcand Olivier Vallerand Jocelyn Martel Suzanne Castonguay Pierre Michaud Mélissa Allard Sylvain Nault Superficie 27000M2 Coût 6 S MILLIONS Ouverture JUIN 2008 Client Aéroport de Québec inc.I Marc Letellier Consortium d\u2019architectes GPC Gagnon, Létéllier, Cyr Provencher Roy + associés Cardinal Hardy & associés Mm La Falaise apprivoisée sible un contact visuel privilégié avec l'environnement naturel.L'aménagement du coin est de l'édifice respecte les différents points de vue dont celui de l'escalier Baillargé sur Saint-Vallier.De plus, le projet n'excède pas le niveau de la rue Saint-Réal afin de conserver un lien visuel sur la basse ville et inciter une circulation vers ce secteur.La falaise demeure un élément naturel oublié qu'il apparaissait important de revitaliser.Véritable trait d'union entre la basse-ville et la haute-ville de Québec, elle constitue un espace vert imposant au potentiel sous-estimé.Compte tenu de cette situation géographique, il est apparu primordial pour ses concepteurs de doter le secteur d'un projet architectural de premier niveau sur le plan visuel.Le projet du Coteau Sainte-Geneviève constitue à cet égard un concept des plus pertinents et La Falaise apprivoisée s'intégre à ce parcours.Des bandes d'acier Corten courbées de 5 pieds de haut par 30 pieds de long viennent animer la surface.La couleur de ce matériau permet l'intégration visuelle en évoquant la terre, le minéral, et le roc de la falaise.Par ce chromatisme, la façade apporte un élément de contraste au paysage environnant.Des percées longitudinales et élancées rythment la paroi tout en répondant aux exigences de ventilation des espaces de station-! nement.Ces ouvertures sont munies de sources lumineuses qui, le soir, donnent à la façade un impact certain.Ces éléments de lumière sont également visibles de l'intérieur du stationnement et animent cet espace.Les reliefs et les ouvertures pratiquées en façade évoquent à certains égards les architectures millénaires l à flanc de roc (troglodytes) et confèrent à l'ensemble un aspect organique.Un autre élément distinctif de cette façade est certainement [ l'introduction d'une végétation dans les fentes de sa paroi et la présence d'une toiture végétalisée.La nature réintroduite dans l'architecture urbaine permet de rappeler la présence de la falaise, cet environnement naturel qui cintre la ville.lim Lisanne Nadeau Conception Pierre Martin & Florent Cousineau Architecture Gamache Martin Architecte Équipe Pierre Martin Richard Gagnon Serge Morin Marie-Josée Pelletier Conception artistique Œuvre artistique acier Corten Florent Cousineau Intervention artistique sur le béton Florent Cousineau Photos Stéphane Groleau Pur l'agence interactive PauleBourdon Ivan Binet Les développements majeurs qu'a connu le quartier Saint-Roch à Québec, au cours des dix dernières années, ont modifié non seulement son paysage urbain, mais également sa vie sociale et économique.Le centre-ville de Québec a repris ses lettres de noblesse et a acquis, en outre, un statut culturel qui en fait toute la singularité.Située contre la falaise, à l'amorce de la Côte d'Abraham et à l'extrémité est de la rue Arago, La Falaise apprivoisée vient animer une zone majeure du paysage urbain, point de fuite obligé dans la circulation automobile et piétonnière qui unit la basse-ville et la haute-ville.La Falaise apprivoisée contribue à augmenter le nombre de résidents dans le secteur en combinant la présence d'unités d'habitation (36), d'espaces commerciaux (2), d'ateliers d'artistes (4) et de places de stationnement (199).Le projet reprend la trame urbaine des unités d'habitation existantes situées sur la rue Arago et qui présente des façades de plus ou moins vingt pieds en largeur.Les logements sont localisés dans la partie supérieure de l'édifice afin d'éviter un contact direct avec la circulation urbaine.La majorité des logements sont situés sur la rue Arago où se trouvent actuellement des immeubles d'habitation.Des balcons ont été prévus côté nord, mais également, plus intimes, du côté de la falaise rendant pos- üaPS .' Avé\u201c ¦\t' \u2022 < ¦ ¦Mi mm w'r-G-\u2019j-ÀY mm L\u2019îlot des Palais, Québec Architecte Consortium Bèlanger-Beauchemin-Morency ARCHITECTES Anne Vallières, architecte ET GlANPIERO MORETTI Equipe de projet Patrice Beauchemin Anne Vallières Rémi Morency GlANPIERO MORETTI Marc Duval Maxime Rousseau Érick Rivard Catherine Marcotte Laurie Gosselin Emilie Garneau Patrick Vermette Jean-Michel Debès France Pelchat Jean-SEbastien Dupras Marie Myrand Audrey Lavallée Superficie 4500 m1 Budget 18 MS Client Ville de Quebec ¦¦¦ Anne Vallières et Rémi Morency À l'occasion du 400e de Québec, les autorités municipales ont voulu un nouvel équipement muséal, inscrit au cœur du projet de réaménagement urbain : l'îlot des Palais.Ainsi, un concours d'architecture a été tenu à l'automne 2006 poursuivant le double objectif de réaménager l'ensemble de l'îlot et d'y construire un musée d'archéologie et d'histoire de la Ville de Québec.La valeur exceptionnelle du site de l'îlot des Palais a été révélée par les historiens et par les fouilles archéologiques menées par l'Université Laval et la Ville de Québec depuis plus de vingt-cinq ans.Initialement en bordure de la rivière Saint-Charles et au pied de la Côte du Palais, ce site présente les qualités idéales pour l'implantation du tout premier chantier naval de Québec, de la première brasserie (1668-1675), du premier palais de l'intendant (1686-1713) et d'un second palais incendié en 1775 lors de l'invasion américaine.Puis, l'îlot est désaffecté jusqu\u2019en 1852, au moment où Joseph K.Boswell y installe une nouvelle brasserie dont les bâtiments couvriront éventuellement tout le quadrilatère délimité par les rues Saint-Vallier, des Prairies, Saint-Nicolas et Vallière.Aujourd'hui, l'îlot constitue un carrefour touristique et symbolique important entre la haute et la basse ville, à la rencontre de la promenade des fortifications et des rues Saint-Paul et Saint-Vallier.La proposition soumise au concours vise à faire de l'îlot des Palais un lieu du quotidien.Considéré comme un maillon dans une chaîne d'espaces collectifs, le site réaménagé contribuera à «rapprocher» des espaces signifiants du Vieux-Québec et du quartier Saint-Roch.L'intention «d'ouvrir» cet îlot a mené à la décision d'implanter le musée longitudinalement du côté sud, le long de la rue Saint-Vallier, redonnant du même coup une visibilité à ce segment effacé d'un parcours fondateur.Le musée fait face aux voûtes du second Palais de l'Intendant en dégageant un espace central appropriable, qui évoque l'ancienne cour d'honneur.La coexistence de ces deux palais, qui n'a jamais eu lieu au cours de l'histoire, devient ici le prétexte à un dialogue contemporain entre les vestiges archéologiques du premier palais de l'intendant, et le volume du second Palais, éventuellement érigé sur ses fondations d'origine.La richesse des vestiges archéologiques témoignant des premières occupations permanentes du site et leurs fascinantes transformations auront été le deuxième élément de composition du projet.Ainsi, le musée devient un «bâtiment vitrine» qui se déploie comme un écrin de verre enveloppant les anciens murs et contribuant à instituer un rapport de proximité entre les vestiges et l'espace public.Il met au grand jour la stratification historique du lieu par le biais d'un dispositif contemporain, basé sur un concept structural visant la préservation totale des vestiges.En effet, des cadres rigides dont les appuis verticaux sont posés à l'extérieur du périmètre des vestiges supportent un volume de bois suspendu au-dessus d'eux.Ce volume contient les salles d'exposition qui se superposent à l'empreinte du premier palais dans une évocation libre de la volumétrie d'origine.En outre, ce dispositif spatial permet d'éclairer naturellement les vestiges situés sous le niveau du sol et d'établir la continuité de leur nécessaire dialogue avec l'espace public.Le circuit de visite, non dirigé, comporte trois niveaux.À l'étage supérieur, les visiteurs accèdent aux espaces à l'intérieur de la coque de bois qui présentent une série de «tableaux» mettant en scène l'histoire de Québec.Une large ouverture au plancher permet de porter en plongée un regard sur une part des vestiges avant d'y descendre pour la suite de la visite.Le pavage original de 1750 de la rue Saint-Vallier marque la séquence du cheminement qui mène le visiteur au cœur de l'exposition permanente par le biais d'un système de passerelles suspendues.Plus bas, au niveau des vestiges, des dispositifs numériques de réalité augmentée permettent de saisir le caractère physique des lieux d'origine et de connaître différents faits historique qui s'y sont déroulés.À l'heure où la poursuite de ce projet amorcé est suspendue de manière indéterminée, il y a lieu d'espérer que son potentiel structurant, autant du point de vue urbain que de par son apport à la lisibilité historique du lieu, ne soit pas remis en question.Il importe que ce site, oublié depuis des décennies, recommence à jouer dans l'histoire contemporaine, un rôle à la mesure de son importance.\t -dU J\t_JL_.il IL PLAN D'AMÉNAGEMENT DE L'ILOT © WSk 31 Schéma-concept 29m§rtx' nob 9U înioq U6 F^nno} L\u2019agrandissement de la bibliothèque de Charlesbourg DU CONCOURS AU PROJET CONSTRUIT Marie-Chantal Croft, architecte Architectes Croft Pelletier architectes Au moment où le processus des concours comme mode d'octroi de mandats à des firmes d'architectes est au cœur de controverses, le projet de la Bibliothèque de Charlesbourg démontre quant à lui le succès possible d'une telle entreprise, non seulement sur le plan de la qualité architecturale et paysagère, mais aussi sur le plan de la préservation de l'environnement, du respect des budgets, des échéanciers, du programme fonctionnel et de l'appropriation du projet par le grand public.Le concept que nous avons proposé lors du concours d'idée anonyme de 2003, visait avant tout à résoudre la problématique liée à l'agrandissement de la Bibliothèque, au cœur même du Trait-Carré, secteur patrimonial, institutionnel et central de l'arrondissement de Charlesbourg.Cette problématique était principalement fondée sur les deux questions suivantes : Comment le nouvel aménagement d'ensemble et l'implantation de l'agrandissement pourraient-ils devenir un lieu structurant d'animation urbaine ?Comment la nouvelle bibliothèque pourrait-elle devenir un véhicule, un support de la mémoire des lieux tout en répondant à des besoins actuels et futurs ?Ainsi, la conception du projet s'est orientée autour de quatre grands thèmes, soit : le paysage et la ville, l'animation urbaine et l'appropriation des lieux par la communauté, la démarche expérientielle et finalement par l'architecture verte.Le paysage et la ville Le projet a pris en charge l'ensemble du site, à savoir tout le quadrant sud-est du Trait-Carré.Nous y avons superposé les deux trames urbaines présentes sur le site, soit la trame orthogonale régissant l'implantation du bâti au cœur du Trait-Carré et la trame radiale régissant la division des lots, typique des bourgs.Le paysage s'y déploie, se plie, se soulève et agit en tant que témoin du passé agricole.Il intègre en son cœur le projet et l'abrite d'une couverture de graminées, favorisant ainsi la revégétalisation d'une grande portion du site.L'utilisation intelligente de la pente naturelle du site permet de donner à la nouvelle partie une échelle et une hauteur plus réduites et en assure ainsi son intégration au contexte ainsi que le dégagement complet de l'Église Saint-Charles- Borromée et de l'ancien couvent.Concepteurs principaux Marie-Chantal Croft Éric Pelletier Architectes chargés de projet Marie-Chantal Croft2003-2004 Éric Pelletier 2004-2006 Superficie 4300 M1 (RÉNOVATION 1205 M1 ET AGRANDISSEMENT3200 M1 Budget total 10.0 m S L'animation urbaine et l'appropriation des lieux par la communauté Nous avons aussi voulu redonner son caractère public à la première «commune», soit l'espace que les Jésuites s'étaient autre-i fois réservé pour la construction d'édifices religieux et communautaires.Le stationnement a donc été conçu comme un immense parvis minéral, reliant ainsi l'Église au projet.Cet espan ce devient un lieu de rencontre et de rassemblement qui permet la tenue de plusieurs activités (marché public, spectacles, etc.) ! et pourvoit le Vieux Charlesbourg d'un cœur public et culturel.Le toit végétal devient un parc urbain avec vue imprenable sur Québec et le fleuve Saint-Laurent.L'entrée de la Bibliothèque,, tout en transparence, est située juste à côté de la partie existante; elle est accessible de deux côtés et rend la bibliothèque plus perméable.De plus, du hall d'entrée, il est possible d'accéder directement à la salle d'exposition (au rez-de-chaussée de la partie existante) et à la salle d'animation sans passer par le comptoir de prêt, ce qui signifie que ces deux espaces publics d'animation et de culture peuvent être utilisés en dehors des heures d'ouverture de la bibliothèque par un plus vaste public.La démarche expérientielle Lieu d'échange et de culture, lieu de création intellectuelle et de modernité, lieu ouvert sur le monde, lieu propice à des synergies nouvelles, lieu ouvert aux analphabètes comme aux intellectuels,' aux enfants comme aux personnes âgées, aux pauvres comme aux riches, la bibliothèque devient lieu d'interconnexions.Interconnexions avec le monde, la ville, le paysage.Interconnexions | avec les édifices anciens, interconnexions spatiales et visuelles des différentes fonctions internes.Nous avons décidé de formaliser ces interconnexions par la compression d'une partie des jpüêxaijN vCJOü ;ep O O ARQ, ARCHITECTURE-QUÉBEC I MAI 2008 .(/WnC wkm [Pf'frplRïRMICJg fcqji ;dai :::¦ éetfe |IKS ite ¦:i idet oîià si sa 'fis: ! * e sf *?es \\ f:.f\" 'fis ss ' 'fi ¦: fi fi' fi fi- fi fi fi fi fi \u2018i ; espaces intérieurs du projet en un pli topographié.Bandeau incluant des terrasses de lectures et la salle d'animation, ce ruban permet la liaison visuelle et physique des différentes sections de la bibliothèque, l'orientation facile de l'usager, une relation et une progression plus douce entre les différents étages à travers une promenade architecturale, paysagère et intellectuelle.Cette promenade architecturale est le principe d'organisation des circulations intérieures auxquelles s'ajoute une circulation purement effective.Le décloisonnement, la circulation fluide et la transparence permettent à l'usager de s'orienter facilement.De plus, des percées visuelles maximisent les expériences et les vues sur l'église, le parvis, les champs de graminées et sur l'œuvre d'art de l'artiste Bill Vincent.Chacun y trouve son lieu privilégié et est invité à y travailler, s'y distraire, flâner, butiner, déambuler et découvrir.Une architecture verte L'édifice a été le premier bâtiment «vert» parmi les édifices appartenant à la Ville de Québec et a remporté le «Prix Canadien des collectivités Viables 2007».Il a répondu au Programme d'encouragement pour les bâtiments commerciaux (PEBC) en permettant une économie d'énergie de 53 % supérieure au Code modèle National d'économie d'énergie.Cela a été rendu possible parce que le bâtiment est enfoui sous terre du côté nord, qu'il possède une grande toiture végétale (la plus grande accessible au Canada), par le contrôle des gains solaires par la sérigraphie du verre à l'ouest et par des pare-soleil en bois torréfié au sud.Il possède aussi un système de géothermie.Une réduction très substantielle de l'éclairage artificiel a été rendue possible grâce à la fenestration abondante et à la conception d'éclairage particulier aux tables de lecture et au rayonnage.Une grande partie des matériaux utilisés et du mobilier acheté sont de provenance locale, et certains sont recyclés et recyclables.Plusieurs facteurs ont contribué à cette réussite.Le projet construit, terminé à l'automne 2006, est resté très similaire au projet lauréat proposé en 2003.Les seules modifications apportées au concept initial sont la relocaiisation du secteur jeunesse, l'agrandissement de la mezzanine et la façade sud qui a été revisitée.Ces changements mineurs n'ont aucunement altéré le projet.Ceci illustre la grande flexibilité du projet proposé, le respect initial des données de base du programme dans la conception, malgré l'absence de dialogue client-architecte lors de l'élaboration du concept, l'exactitude des estimations produites par l'architecte et toute l'énergie investie lors de multiples présentations tant publiques que spécialisées qui ont très bien servi le projet en démocratisant le contenu conceptuel.Le projet d'ensemble est aussi contrôlé et cohérent grâce au fait que la même équipe de conception été mandatée pour la conception du mobilier, la signalisation et l'architecture du paysage et a assuré un suivi assidu et constant des travaux sur le chantier, que le client (la Ville) et l'usager principal (la Bibliothèque) ont été très impliqués dans le processus décisionnel et finalement que le projet, même au stade du concours, possédait de grandes qualités de matérialisation spatiales, formelles et constructives.Pour conclure, le projet d'ensemble, en devenant support de mémoire collective et lieu d'animation urbaine, peut jouer pleinement son rôle de pôle de diffusion culturelle et d'éducation au sein de la communauté.Son caractère, directement issu du site et de l'histoire du Trait-Carré, lui donne ainsi une identité propre que le public s'est instantanément appropriée.33 SM lit m ^ \u20ac I î.sv, *«»\u2014T?»\" sas^-si ii^üjHl i||!|f[||||[||!|||||||| im wfB iHlIWW '-¦Be L\u2019hôtel Musée Wendake Alain Lemay Architectes Lemay Michaud Architectes concepteurs Katrine Beaudry Roméo Côté, Pierre Lagueux Alain Lemay Maître de l'ouvrage Conseil de la Nation Huronne-Wendat Ils foulèrent la terre de nos ancêtres, Trouvèrent repos près de notre feu, Et repartirent habités de notre esprit.La Ville de Québec, qui célèbre en 2008 son 400e anniversaire, nous convie cette année à un grand rassemblement qui se déroulera sous le thème de «La Rencontre».Un thème évocateur, bien sûr, quand on pense aux milliers de Québécois et de touristes venus des quatre coins du monde qui participeront ensemble à une foule d'activités, de spectacles et d'événements de tous genres qui se dérouleront partout dans la ville au cours des prochains mois.«La Rencontre», c'est tout d'abord celle des Français et des Autochtones qui habitaient le territoire québécois avant l'arrivée des premiers colons.Parmi ceux-ci, les Hurons-Wendat constituaient une grande nation et occupaient une partie importante de ce territoire.Les Flurons-Wendat étaient particulièrement reconnus pour leurs qualités en tant que diplomates et commerçants auprès des autres nations.Passés maîtres dans l'art de recevoir, ils développèrent une architecture traditionnelle qui leur est propre.Aujourd'hui établie au nord de Québec, en périphérie de la ville, la communauté huronne-wendat de Wendake continue d'entretenir des liens étroits avec les concitoyens de la Ville de Québec et les invite régulièrement à venir partager ses fêtes et coutumes.Fiers et déterminés, les Flurons-Wendat ont entrepris l,;: k.'î* K «! fed»!\":! de relever un défi économique de taille en développant eux-mê-j mes le potentiel récréo-touristique de leur région.C'est ainsi qu'ils ont initié la construction d'un Office du Tou-J risme, d'un hôtel-musée et d'un amphithéâtre extérieur qui sera1 le lieu de diffusion de spectacles estivaux à caractère autochtone.Ces projets verront le jour en 2008 et permettront à la nation de démontrer son savoir-faire en matière de développement récréo-touristique.En ce qui a trait à l'hôtel-musée, la nation a choisi de dévelop- lr - pis a few la per un concept unique en son genre en juxtaposant deux fonc- tions à la fois différentes et complémentaires.En effet, le Musée présentera l'ensemble des artéfacts de la nation huronne-wendat alors que l'hôtel profitera de cet héritage culturel pour met-! tre en valeur la créativité des artistes et artisans de différentes nations autochtones du Québec.Au fil des rencontres, nous avons acquis certaines notions sur \u2022.pfeïïiésj la mythologie huronne-wendat, lesquelles nous sont apparues: importantes d'inscrire dans le concept architectural du projet.: C'est ainsi que les chambres d'hôtel réparties sur quatre blocs ! font référence aux quatre points cardinaux ainsi qu'aux quatre ; clans traditionnels de la nation (tortue, loup, ours et chevreuil).) Également, le bâtiment se profile le long de la rivière faisant un | rappel de la légende du serpent de la rivière Akiawenrahk.De même, une mosaïque de céramique au plancher, symbolisant la tortue, mère de l'univers, accueille le visiteur au restaurant de l'hôtel.Par ailleurs, la palissade, précepte de sécurité pour la nation, est symbolisée en plusieurs endroits sur les murs extérieurs du bâtiment.Enfin, la forêt, lieu de vie essentiel et commun à tous les autochtones, est présente à l'intérieur même du bâti- ment, prenant prétexte pour créer parfois l'espace d'accueil au : I musée ou encore servir d'écran intemporel entre l'accueil et la salle à manger du restaurant.La plupart des matériaux utilisés sont naturels et s'harmo- i nisent adéquatement avec l'environnement traditionnel des le hurons-wendat.Qu'il s'agisse des troncs d'arbres constituant la structure de l'enceinte principale de l'hôtel et se déployant à l'intérieur du hall de réception ou de la pierre présente au sol ou ¦ ':ii-encore des revêtements de bois sur les murs, tous nos sens sont en constante relation avec la nature environnante.Cette nature L, s:i': est présente partout, grâce à une fenestration orientée stratégi- L ' quement sur la rivière.Finalement, tous les éléments de décora- k.- tion ont été soigneusement sélectionnés auprès des artisans et !¦ artistes, aussi bien traditionnels que contemporains, de la nation huronne-wendat et des Premières Nations.Enfin, les aménagements extérieurs qui seront complétés au printemps 2008 intégreront un étang naturel alimenté par un ruisseau renaturalisé, un jardin de plantes médicinales et des sentiers le long de la bande riveraine.En tant que concepteurs de ce grand projet rassembleur, nous avons eu l'opportunité de vivre pleinement le thème de f,.:T- «La Rencontre».Notre collaboration avec la communauté huron- ne-wendat nous a permis de nous imprégner des valeurs, des lé- j .gendes et coutumes de cette nation ainsi que de découvrir une histoire fascinante.ARQ, ARCHITECTURE-QUÉBEC I MAI 2008 ¦¦i Le Projet PACTE\t1 CONCEVOIR UN NOUVEAU QUARTIER UNIVERSITAIRE EN MODE COLLABORATIF\t| HAllONj MUUUJOOAUl tyuM Ipili MP BKS s.-* v (T Ipili ISSSK Desjorc à.Geneviève Vachon et le groupe interdisciplinaire de recherche sur les banlieues (girba), prix thomas-baillargé : m- lifté « fêtai itentrepn nteuxHi* iteiüli «üiss uilodü ilaniw oppaiB ledéidé éewto lleMuif potin* ji&FS lotions» tapp En novembre 2005, le Comité d'aménagement et de mise en œuvre (CAMEO) de l'Université Laval mandate le Groupe Interdisciplinaire de Recherche sur les Banlieues (GIRBa) pour orchestrer la conception d'un nouveau quartier résidentiel sur le campus.Cette commande s'inscrit dans la foulée d'un nouveau plan d'ensemble qui veut avant tout offrir un milieu de vie stimulant et diversifié aux universitaires, en plus de concevoir de meilleurs liens avec la ville.Un des principaux défis est de susciter une grande adhésion pour le projet de développement sur un campus fermé sur lui-même.C'est ainsi qu'est né le Projet Participatif dAménagement du Campus Territoire Est, le Projet PACTE.Depuis près de 10 ans, le GIRBa met de l'avant un programme de recherche, de design et d'action qui propose des alternatives viables à l'étalement dont la requalification et la densification douce des banlieues de première couronne (Fortin, Després & Vachon 2002).L'approche participative de design proposée reconnaît l'importance de mettre en présence et de «croiser» les différents savoirs technique, scientifique, esthétique et éthique que détiennent les acteurs du milieu (Lawrence & Després 2004).Dans le cadre du Projet PACTE, il fallait d'abord identifier les préoccupations de quelque 120 représentants de différents groupes d'intérêts: étudiants et membres de la communauté universitaire, résidants voisins du site, commerçants de l'avenue Myrand, membres de groupes civiques et activistes, gestionnai-res de la Ville de Québec et d'organismes publics et parapublics, t I de même que des architectes, des urbanistes et des promoteurs l en pratique privée.jiiaM Jolis'11 tauran*1 pour!\"1 eittfl® ïiff*®1 Le plan de quartier Le nouveau quartier, avec une densité de 100 unités à l'hectare, prévoit environ 1500 logements sur un site délimité par le Chemin Sainte-Foy, le pavillon des sports (PEPS) et l'avenue commerciale Myrand.Plusieurs principes d'aménagement durable sous-tendent le plan : 1) réduire la dépendance à l'auto; 2) mettre en valeur les boisés en intégrant les modes naturels de filtration des eaux de ruissellement; 3) encourager une architecture «verte»; 4) prévoir du logement abordable pour les étudiants tout en maintenant une mixité de tenures et de typologies pour d'autres clientèles; 5) offrir des espaces publics de qualité et diversifiés; 6) prévoir des services de proximité complémentaires à ceux de l'avenue Myrand.Une nouvelle rue, en partie longée de commerces et de services, relie le campus et son nouveau quartier à l'avenue Myrand.Ce secteur, ancré par le PEPS, prévoit entre autres des usages commerciaux de même qu'une gare intermodale pour consolider le réseau de transports actifs de Québec.Les espaces publics du nouveau quartier sont nombreux, diversifiés et appropriables en toutes saisons.Le bilan Le projet PACTE s'inscrit dans les orientations de la planification urbaine durable.En plus d'intégrer les concepts de mixité et d'urbanité, le plan découle d'une véritable approche de concertation qui a impliqué, durant tout le processus, plusieurs acteurs aux intérêts multiples.Aussi, cette démarche d'aménagement participatif tire sa valeur et son succès autant du résultat, le plan de quartier, que du processus lui-même.Ce dernier a permis de catalyser l'adhésion d'un nombre impressionnant d'universitaires et de citoyens à un projet de développement important tant pour l'Université Laval que pour les collectivités environnantes.4 Références ¦\tDesprés C, Fortin A, Joerin F, Vachon G, Moretti GP.& Gatti E.(2008) Retrofitting postwar suburbs: A collaborative planning process.In H.Hoffmann-Riem (ed.).Handbook of transdisciplinary research, Swiss Academy of Sciences.\u2022\tVachon, G, Després, C, Nembrini, A, Joerin, F, Fortin, A, Moretti, GP (2007) 'Collaborative Planning and Design : A Sustainable Neighborhood for a University Campus', in Thwaites, K et al (eds) Urban Sustainability through Environmental Design: Approaches to time-people-place responsive urban spaces.NY: Spon Press, 129-135.\u2022\tGIRBa (2006) Démarche participative pour l'aménagement d'un nouveau quartier universitaire sur le campus de l'Université Laval : Plan de quartier.Projet PACTE Myrand, CAMEO, U.Laval, Québec (G Vachon, dir) (téléchargeable via www.pacte.ulaval.ca).¦\tDesprés C, Brais N, Avellan S.(2004) Collaborative planning for retrofitting suburbs: Transdisciplinarity and intersubjectivity in action.In Futures, vol 36,2004, pp.471-486.¦\tFortin, A, Després, C et Vachon, G (dir.) (2002) La banlieue revisitée.Québec : Nota Bene.www.girba.crad.ulaval.ca www.pacte.ulaval.ca h Nouvelle porte d'entrée au nord du campus.2.\tSite d'intervention sur le campus de l'Université Laval 3.\tNouvelle connexion entre le campus et l'avenue Myrand 4.\tPlan de quartier Québec 2108 : connexions / continuités V'ÿ-sfc; ARQ, ARCHITECTURE-QUÉBECI MAI 2008 wm% SS a igr ^ââ '1*1 GianPiero Moretti, architetto, professeur agrégé, école d'architecture université laval La ville de Québec célèbre le 400e anniversaire de sa fondation et de nombreux projets sont en train de transformer son paysage.Ainsi, le boulevard Champlain, la Pointe-à-Carcy, la Baie de Beauport, l'autoroute Dufferin-Montmorency, l'Ilôt des Palais et d'autres sites sont l'objet de travaux qui marqueront le paysage urbain durant les prochaines décennies.Si les interventions d'aujourd'hui se concentrent davantage dans les secteurs centraux de la ville, quels défis s'ouvrent à elle dans l'horizon des 100 prochaines années?Comment sera Québec en 2108?Quels secteurs de la grande agglomération de Québec nécessiteront les transformations les plus importantes?Quels espaces publics la caractériseront?Quelles seront les continuités avec la Québec actuelle ?Ce défi de prospection a été lancé aux 27 étudiants des deux ateliers de «Projets de design urbain» de la Maîtrise en architecture de l'Université Laval, à l'automne 2007.Le projet a été mené sous la forme d'un concours d'idées, d'une durée de trois semaines, organisé en partenariat avec le Musée de la civilisation.Au terme de l'activité, une équipe a été désignée pour réaliser une version définitive de la maquette de son projet, en collaboration avec les techniciens du Musée.Cette maquette est actuellement exposée à coté de celles de New York, Chicago et Los Angeles, représentant une vision de ces trois villes dans 100 ans, dans le cadre de l'exposition «Urbanopolis», inaugurée au Musée de la civilisation en janvier 2008 et qui se poursuit jusqu'en mars 2009.Connexions - Continuités De manière générale, les différentes équipes devaient concevoir un projet théorique (utopique?) en explorant le thème général du concours : «Connexions \u2014 Continuités».Cette exploration s'est traduite par la construction d'une maquette de travail représentant la transformation à long terme d'un secteur d'intervention choisi, en imaginant son état en 2108.D'une part, les étudiants ont été invités à aborder les transformations des territoires du périurbain, qui constituent les «non lieux» par excellence de la ville contemporaine.Souvent caractérisés par leurs formes urbaines désordonnées, ils répondent à des logiques sectorielles (de transit, de réseau, commerciales, etc) et complexes qui, superposées aux couches anciennes du territoire forgent progressivement, et parfois spontanément, les paysages.Dans ce cas, l'exploration vise à créer des lieux qui contribuent à la construction d'un récit urbain dans les territoires fragmentés de la ville contemporaine.D'autre part, le 400e anniversaire de la Ville de Québec amène à se questionner sur le rôle que ses parties anciennes peuvent jouer dans l'organisation de la ville contemporaine.Visions urbaines pour 2108 Sur les 7 propositions conçues par les étudiants, trois projets ont été désignés finalistes par le jury.Ces projets ouvrent des pistes novatrices pour une réflexion sur l'avenir de la ville de Québec, d'une manière plus ou moins liée à chaque secteur spécifique.Le projet «Une réalité augmentée», lauréat du concours, met de l'avant l'influence des moyens de communication sur la perception de la ville et sur le déploiement de ses espaces publics.La proposition «Adam et Ève», projet s'étant mérité une mention, présente une nouvelle vision écologique de la ville du XXIIème siècle, prônant une organisation urbaine dans laquelle l'espace construit s'imbrique à l'espace agricole, même au cœur des parties centrales de l'agglomération.Le projet «PICTUREsque invasion ou.l'hypertourisme», ayant également obtenu une mention par le jury, s'interroge sur l'avenir du Vieux-Québec et sur le rôle que ce quartier jouera à l'échelle de l'agglomération urbaine dans 100 ans.Le projet «Une réalité augmentée» s'intéresse aux rapports des nouvelles technologies de communication avec la ville de 2108.Selon ses auteurs, la ville physique changera peu au cours du prochain siècle, maintenant ses acquis et structurant ses parties centrales et périphériques.Ce qui changera davantage, c'est la perception de la réalité physique.En effet, l'augmenta tion et l'évolution des moyens de communication électroniques formera une couche additionnelle qui, en entrant en interaction avec la réalité physique des lieux, contribuera à en modifier la perception et, ainsi, à redéfinir l'espace vécu.¦f' yf mm* Quant au projet «PICTUREsque invasion ou.I'hypertou- risme», il soulève la question du legs patrimonial du Vieux-Québec.Comment ce secteur, géré selon des règles de transformation particulières, se présentera-t-il en 2108 ?Dans ce cas, les auteurs partent d'un regard sur l'évolution de cet arrondissement historique au cours des dernières décennies.Envahi par un nombre croissant de touristes, ce secteur est délaissé par les résidents, les commerces de voisinage laissent place à des boutiques saisonnières qui offrent des souvenirs de voyage.D'autre part, de nombreuses habitations sont progressivement acquises par des investisseurs étrangers, charmés par le paysage urbain.Des hôtels et des gîtes touristiques se multiplient dans le tissu résidentiel.Le projet pousse ces tendances à l'extrême, jusqu'à la provocation.En effet, la proposition présente une déconnexion complète du Vieux-Québec du reste de la ville, accentuée par l'édification d'un méga-hôtel déployé sur les fortifications.Aux premières loges, l'hypertourisme s'approprie de ce morceau de la ville en le déterritorialisant.Le reste de la ville a peu à voir avec ce quartier, devenu un parc thématique.Urbanopolis De manière générale, les projets proposés par les étudiants constituent un prétexte pour lancer des débats relatifs à l'aménagement de la ville, qui devront être abordés au cours des prochaines décennies, bien avant la date de 2108.De cette manière, on pourra peut-être contrer le piège de l'anniversaire avec son avalanche de réalisations «urgentes» (ou en retard.).L'exposition des projets des étudiants au Musée de la civilisation constitue donc une occasion de lancer ce défi qui relève de l'ensemble de la population.Notes 1.\tLes deux ateliers étaient dirigés par Geneviève Vachon et GianPiero Moretti, professeurs à l'École d'architecture.2.\tCes maquettes sont les projets lauréats du concours «City of the Future», organisé en 2007 par la chaîne de télévision spécialisée «History Channel».3.\tSelon l'acception de Marc Augé.4.\tCette réflexion s'inscrit en marge des activités de recherche menées depuis trois ans par le Groupe interdisciplinaire de recherche sur les banlieues (GIRBa) sur les territoires périurbains de la Communauté métropolitaine de Québec.Le jury était composé de Jacques White, directeur de l'École d'architecture; Beatrice Verge, chargée de projet pour l'exposition «Urbanopolis»; Elisabeth Moisan,Musée de la civilisation; Geneviève Vachon et GianPiero Moretti, professeurs à l'École d'architecture.Projet réalisé par Dominic Demers, Annabelle Ratté, Marie-Christine Savard et Andréanne Côté.Projet réalisé par Jean-Daniel Bernier, Pierre-Olivier Bouchard, Hélène Fluet et Patricia Pronovost.8.Projet réalisé par Bianca Doyon, Étienne Dussault-Lepage, Louis-Jasmin Gravel et Anne-Sophie Larochelle-Morin.iifâ.i' despiste leQéa sp# 1(5, ¦lape® car lel'esp* a»i turb lien» Selon cette équipe de concepteurs, le défi de taille est de jeunes ! rendre visible toute l'énergie et «l'intelligence» contenue dans itaoéiM la couche virtuelle qui surplombe la ville.Ils imaginent que les sim espaces comme les parois des bâtiments, les bornes interactives, lestai les enseignes etc.pourront mettre en évidence et rendre visible la couche virtuelle sous-jacente, qui constitue le véritable corps «fj Vivant de l'agglomération.Cette nouvelle dimension de la ville contribue à une méta-orphose des espaces publics.En effet, selon les auteurs « Le positionnement des pôles de liaison se veut pratiquement aléatoire, spontané et éphémère.Un espace public peut se former à l'angle d'une rue, sur un trottoir ou en tout point dans la ville 'espace d'une connexion.La ville physique sert alors de support [pour la création de ces lieux de rencontre.Les espaces publics, surnommés «lieux de forums», prennent alors une signification importante au sein de la ville et sont générateurs de nouvelles icommunications et de forts liens humains.L'être devient lui-même un «blog» ambulant, évoluant au sein des liens de communi-cations continus et des nouvelles technologies.La ville virtuelle dynamise la ville réelle et vient en augmenter son potentiel.» Dans le projet «Adam et Eve», le parti d'une ville qui renou-fi velle son rapport à la nature est mis de l'avant.Pour cette équipe, la transformation d'un vaste pan de la basse ville, actuellement occupé par les tissus industriels et les infrastructures, constitue l'occasion de repenser l'écosystème urbain.De manière générale, «.Le rêve, c'est de substituer la barrière bétonnée par un lien «végétalisé», d'éliminer la friche industrielle par une aire d'agriculture urbaine.Le rêve, c'est de donner à Québec un poumon vert, un véritable jardin d'Éden.» Cette partie de ville jflid bascule alors vers des formes urbaines dans lesquelles l'espace agricole et l'espace bâti s'interpénétrent.Le système proposé pour la nouvelle organisation urbaine s'appuie sur la structure territoriale héritée, marquée par la division des terres agricoles à l'époque delà colonisation.Eco-indus-.- tries, espaces de travail, habitations se structurent en côtoyant la production agricole biologique, le tout dans un «jardin d'Éden» qui ferait de la ville de Québec un exemple de développement urbain durable.¦ De gauche à droite : Une réalité augmentée, Adam et Ève, PICTUREsque invasion ou.I hypertourisme.A droite : la maquette représentant Québec en 2108 qui a été intégrée à l'exposition Urbanopolis, aux côtés de celles de Eric Owen Moss, Jacques Ferrier, WillAllsop et BIG, entre autres r^y^vr, /.- RWHEHRM ¦?\"PP m- \u2022 \u2019_________________________\u2022 Une galerie d\u2019art contemporain digne de la capitale COMMISSION DE LA CAPITALE NATIONALE Québec ca ca ca ca Dès l'été, la station des Quais de la nouvelle promenade Samuel-De Champlain accueillera une exceptionnelle galerie de grandes œuvres d'art contemporaines signées Daudelin, Bourgault, Lestage, Morin et Gendreau.SYSTÈME ÉLECTRONIQUE D'APPEL D'OFFRES LE SYSTÈME OFFICIEL D'APPEL D'OFFRES DU GOUVERNEMENT DU QUÉBEC que vous > Publiez tous vos appels d'offres vous-même sur le système officiel d\u2019appel d'offres du gouvernement du Québec.SÉAO est un système simple et facilement accessible.De plus, vous pouvez nous confier la vente et la reproduction de vos plans et devis et ainsi vous faciliter la vie.Pour plus d'information : Par Internet au WWW.seao.Ca Par téléphone au (514) 856-6600 ou 1-866-669-SEA0 Constructo partenaire DE ^ CCI pour le sé@© ¦transcontinental ALUMILEX [ïTSTiul Découvrez la différence Systèmes architecturaux, portes & fenêtres aluminium-bois 3425, boul.Industriel, Montréal (Qc), H1H 5N9 514.955.4135 /1.866.955.4135 www.alumilex.com ARQ, ARCHITECTURE-QUÉBEC I MAI 2008 38 ü e je-me-souviens holographique, une seconde avant la disparition ou Pour en finir avec la ville-musée Jean-François Marquis, étudiant A la maîtrise scientifique en théories de l'architecture A l'université laval.SON MÉMOIRE DE RECHERCHE PORTE SUR LA RUINE ET LA DESTRUCTION.I 3 ¦ Jison et Peter Smithson, coupe sur e projet d'habitation Robin Hood ardens (détail, 1964).jttp://themeasurestaken.blogspot.om Musée L'architecte, scalpel en main, procède à l'opération du patient.Le corps étendu devant lui sur la table, c'est le grand corps nu de la ville.Muni de son autorité, l'architecte manipule le corps collectif.Il a raison d'être soigné : bien qu'il l'ausculte de la pointe de son compas, le corps étendu devant lui n'est pas le sien.Ce parcours d'un corps qui lui est étranger, d'un corps comme un temple, chacun peut l'éprouver dans le parcours muséal, qui est un parcours d'emprunt.Le musée montre des œuvres qui ne peuvent être touchées du doigt : cet interdit rappelle au musée, comme une cicatrice, la trace de son origine.Face à la destruction totale des monuments lors de la Révolution française, l'archéologue Alexandre Lenoir conçoit le projet de rassembler en un seul lieu les œuvres d'art de Paris.Dans cette assurance contre la destruction, nous trouvons l'essence du musée : le patrimoine culturel mérite d'être prémuni contre les vandales.Cependant, la mise sous verre des objets possède une dette obscure, une face cachée.Les artéfacts ne peuvent être manipulés.Ils doivent, au prix de leur sauvegarde, abdiquer toute valeur d'usage.Cette valeur d'usage (usus) implique la possibilité d'une usure et donc d'une destruction (abusus).La seule utilité concédée aux objets du musée, tableaux, sculpture ou calices, réside dans leur valeur d'exposition.Cette destruction muséale - puisque c'en est une -opère par suspension, elle consiste à refusera l'objet toute utilité autre que la seule contemplation.L'ambiguïté du travail de l'architecte se trouve ici.Il doit rendre à l'usage ce qui, pour les autres, ne peut être que contemplé.L'architecte est celui qui touche les œuvres et qui les profane.De là vient son autorité, laquelle est bien celle du prêtre, du conservateur ou du médecin.Hologramme d\u2019un Luger allemand.Produit par la Royal Holographie Art Gallery, Canada.Hologramme Il est difficile de dire à quel point la photographie aura modifié notre rapport à la mémoire.Chez les premiers commentateurs de la photographie, entre autres des œuvres de Atget, la plage d'horreur ouverte par la photographie est sans borne.Les scènes de Paris désertée ont l'aspect macabre de scènes de crime dévastées.La photographie ouvre un gouffre qui permet d'apercevoir le décalage entre un état passé et un état qui n'est plus.Pour Proust, lancé sur les traces du souvenir dans À la recherche du temps perdu, pour d'autres qui prendront peu à peu conscience de la durée et du passage du temps, ce problème de la métaphysique occidentale posé par la photographie ne cesse de fasciner.La photographie influencera certainement en profondeur notre vision du monde, jusqu'à constituer un monde dans lequel les objets ne disparaissent pas, mais sont toujours traçables.Dans ce nouveau rapport au temps, la crise du présent est concomitante à I effondrement des systèmes de valeurs.La prémisse du polémiste Alain Finkielkraut ne peut que renvoyer une image déformée : «Puisqu'il n'y a plus de monde supérieur ou d'ordre surnaturel auquel rattacher les disparités entre les hommes, on se tourne vers l'antérieur».Le passé remplace la divinité.L'architecte, sans connaître tous ces mécanismes, peut cependant comprendre leur fondement.Et à partir d'eux, certainement, mieux maîtriser l'angoisse abyssale qui saisit à l'approche de la destruction, de la disparition.Cette peur est aussi celle qui habite celui qui s'apprête à franchir le premier pas d'un voyage ; celle de la page blanche ; en quelque sorte, aussi, la peur du vide.Le mot holographie vient du grec holos, «en entier» et gra-phein, «écrire».L'hologramme restitue, dans sa totalité, la trace d'un objet absent.Au moment précis du dynamitage, une seconde avant la destruction, le doigt appuyé sur le déclencheur de l'appareil photo capture la dernière image de l'édifice : ici, le Pruitt-lgoe, à Saint-Louis.Suspendu entre l'état de construction et l'état de destruction, l'édifice est rescapé au dernier instant de la disparition totale.La photographie capture l'essence.L'édifice de l'architecte Minoru Yamasaki est suspendu, pour l'éternité, entre la veille et le sommeil.Dans son procédé, la photographie réussit à saisir l'édifice en entier et à enregistrer sa trace.FHolos et graphein : la photographie produit un hologramme.Dans le projet d'habitation des Robin Hood Gardens, les architectes britanniques Alison et Peter Smithson sauront conserver, en un hologramme, la trace des anciens édifices se trouvant sur le site.Amassés en un talus au centre du projet, les débris cumulés servent de colline offerte aux jeux des enfants.Aménagement paysager, tertre mnémonique, le talus des Smithson commémore, en la déplaçant, la trace de l'ancien site.La photographie, la maquette, la récupération des débris, le talus : autant d'hologrammes qui conservent le site en le déplaçant.Par l'art de l'hologramme, la conservation des Smithson se fait poésie, poïesis : en grec, fabrication.Présent La disparition du peuple québécois s'accomplira quand celui-ci aura renoncé, de son propre chef, à exercer tout pouvoir sur son présent.L'abandon de cette capacité, nous l'accomplissons déjà.Chaque fois que nous reconnaissons aux objets du passé un pouvoir obscur qui puiserait son autorité dans sa présence au détriment de la nôtre.Le passé prend alors le relief d'un territoire emprunté dont nous ne serions que les locataires.L'éditeur et journaliste russe Andrey Komov saisit précisément la vérité de cet abandon du présent historique dans un article intitulé Liberté : «(U)ne société privée des liens avec sa culture et son histoire (s')est privée de son existence.Elle ne peut créer rien de nouveau.Ayant perdu sa langue historique, elle est muette.Elle ne peut rien articuler.Elle se dissout dans le présent.Sans reste.» La langue historique dont parle Komov n'est pas la conservation de la langue passée.Son historicité réside dans sa capacité à être articulée.Cette langue est d'abord prise de parole.Débris L'architecte, comme praticien, a le devoir d'opérer le corps de la ville ; laissé seul au bloc opératoire, il est de toute façon le seul en mesure de le faire.Sur la table d'opération, le patient est endormi.La famille se trouve derrière une vitre.À l'autre bout delà ville, les avocats du gouvernement démembrent virtuellement le corps, procédant minutieusement au partage des organes.Les gouvernements n'attendent pas l'issue de l'opération, mais fantasment secrètement la mort du patient.Habitués des musées, la seule opération qu'ils sachent mener à terme est l'étiquetage des débris.¦ r^r mm ¦* ;-|Hb\u2014li a.* U h -, i;i: M Démolition de l'édifice Pruitt-lgoe, Saint.Louis, Missouri (1972).Holahan, Charles J.Environmental Psychology.Random House, 1982, p.33t NY: 1 * » 39 ¦ iisnü*^ in _ Paul Gauthier; architecte, firac, mc par Jacques White, directeur de l\u2019école D\u2019ARCHITECTURE DE L\u2019UNIVERSITÉ LAVAL, EMPLOYÉ DE PAUL GAUTHIER DE 1983 A 1992, RÉCIPIENDAIRE DE LA MÉDAILLE DU MÉRITE 2007 DE L'ORDRE DES ARCHITECTES DU QUÉBEC Une carrière marquée par la persévérance et la constance De haut en bas : Auberge des Gouverneurs, Revenu Québec, Les Jardins Merici, Centre de recherche Forintek, Centre CD P Capital.Paul Gauthier fonde avec Gilles Guité, en 1962, la firme Gauthier Guité, qui devient quatre années plus tard Gauthier Guité Roy, la plus fructueuse agence de Québec pendant plusieurs décennies.Il confonde en 1988 l'agence montréalaise Gauthier Guité Daoust Lestage, avec qui il œuvre jusqu'en 2003.Paul Gauthier a accumulé, au cours de sa longue carrière, de nombreuses reconnaissances pour une production d'une constance et d'une qualité exceptionnelles.Plusieurs de ses réalisations font désormais figure d'œuvres-phares au Québec et au Canada.Les prix et mentions attribués à de nombreux projets dont il a conduit la conception et la réalisation, seul ou en consortium, sont répartis avec une régularité impressionnante dans le temps.Parmi ceux-ci : le pavillon Comtois de l'Université Laval (concours national Design Canada, mention, 1967); un chalet au Mont-Saint-Anne (médaille Massey, 1970); l'ensemble résidentiel des Jardins Mérici (prix du Conseil canadien de l'habitation, 1974; prix d'excellence de l'OAQ, distinction, 1978); le Pavillon Montcalm (prix du Conseil canadien de l'habitation, 1976); l'édifice du Ministère du Revenu à Ste-Foy (prix d'excellence de l'OAQ, distinction, 1981); le Faubourg Laudance / rue du Campanile à Ste-Foy (Prix d'excellence de l'OAQ, distinction; Prix Habitas, Chambre de commerce de Montréal; Projet de l'année, Association de l'industrie de la maçonnerie du Québec, 1987; prix du Gouverneur général du Canada, 1990); le centre de recherche forestière des Laurentides (prix d'excellence de l'OAQ, distinction, 1989); l'édifice à bureaux Mérici (BOMA International, édifice de l'année au Canada, 1992); l'école navale de la Pointe-à-Carcy (prix d'excellence de l'OAQ, 1995); le centre de recherche Forintek (prix d'excellence de l'OAQ; American Wood Council Merit Award; prix national d'architecture du Conseil canadien du bois, 1995); le stade de tennis du parc Jarry (prix d'excellence de l'OAQ, mention, 1996); le Casino de Hull, phase I (projet lauréat du concours; prix d'excellence de l'OAQ, mention, 1996); le centre d'interprétation de la Place-Royal à Québec (projet lauréat du concours, 1997); le centre CDP Capital / Caisse de dépôt et de placement du Québec (prix « Innovation en architecture » de l'Institut royal d'architecture du Canada, 2003); le pavillon Gene-H.-Kruger de l'Université Laval (Prix d'excellence de l'OAQ, 2007).Les projets de Paul Gauthier se fondent invariablement sur des préceptes inspirés du mouvement moderne, notamment : un fonctionnalisme affirmé du programme soumis aux logiques opérationnelles (la forme suit la fonction); l'omniprésence de la trame structurale pour ordonnancer les plans, animer les coupes et rythmer les séquences spatiales; une mise en valeur des qualités expressives des matériaux, qui se présentent toujours en nombre limité.Jamais, l'architecte n'a cédé à la tentation d'afficher un avant-gardisme héroïque, comme le prônaient certains ténors modernistes et néo-modernistes, ni aux élans nostalgiques proposés avec insistance dans les années '80 par certains postmodernistes influents.À toutes les époques, il a maintenu et affirmé les mêmes ambitions, tout en s'adaptant aux réalités technologiques, économiques et sociales en émergence, qu'il intégrait progressivement à ses projets.Chacune des réalisations de Paul Gauthier raconte, sans prendre une ride, les valeurs propres à l'époque de leur réalisation, dans le contexte particulier au Québec ou plus largement international : conviction dans la modernité d'une architecture domestique dépourvue de toute référence stylistique avec le chalet du Mont-Sainte-Anne; confiance dans l'industrialisation par la préfabrication avec le pavillon Comtois et les Jardins Mérici; émergence des préoccupations pour la préservation et l'actualisation des bâtiments hérités d'une autre époque avec le pavillon Montcalm et les bureaux de l'agence sur la rue Saint-Geneviève, dans le Vieux-Québec, réitérées avec le centre d'interprétation de la Place-Royale; affirmation d'une identité contemporaine proprement québécoise avec les Auberges des Gouverneurs; résurgence des préoccupations urbaines dans l'esprit du nouvel urbanisme avec le Faubourg Laudance; création d'un des premiers bâtiments véritablement efficaces au plan énergétique avec l'édifice du Ministère du Revenu, dans le contexte de la crise énergétique des années 1970; stratégies environnementales en évolution avec le centre de recherche forestière des Laurentides, conduites plus loin grâce au développement des outils de simulation avec le Centre CDP Capital à Montréal et le Pavillon Gene-H.-Kruger de l'Université Laval.En engageant au fil des ans de nombreux stagiaires et jeunes architectes de talent, qui ont eux-mêmes ensuite, à leur manière, influencé d'autres jeunes en établissant leur propre agence ou en s'impliquant dans pratiques moins traditionnelles, les valeurs et les convictions de Paul Gauthier et de ses collègues Gilles Guité et Jean-Marie Roy ont été diffusées aux quatre coins du Québec.Il est facile de reconnaître, dans les réalisations de Michel Achard, Michel Gallienne, André Moisan, Pierre Morel, Jean-Pierre LeTourneux, Stephan Langevin, Éric Pelletier, Renée Daoust et bien d'autres, de même que dans les propos et écrits d'anciens employés maintenant dédiés à l'enseignement et à la recherche, l'influence bénéfique du Maître.Éminemment respecté de tous ses pairs et de tous ceux qui ont travaillé avec lui pour réaliser une architecture contemporaine de grande qualité, Paul Gauthier est également apprécié pour son positivisme légendaire, l'élégance des ses manières et son amour indéfectible du métier.Fin négociateur, ouvert aux idées de ses collègues (incluant les plus jeunes), fervent défenseur de la collégialité et grand rassembleur, il laisse à tous ceux qui ont eu la chance de collaborer avec lui un sentiment d'accomplissement partagé envers une même cause, celle de réaliser une architecture pérenne et signifiante.Le dossier complet de la mise en candidature de Paul Gauthier à la médaille du mérite de l'Ordre des architectes du Québec peut être téléchargé à l'adresse suivant : www.arc.ulaval.ca/nouvelle.php?no=29 t=:iE=E 1- c_ «U- 7H\"îr lU&l IBSjSHE * T$X3flB ik.ia i.FAVORISER LA CONSTRUCTION ÉCONERGÉTIQUE, UN CHOIX RENTABLE ET RESPONSABLE.Quel que soit votre rôle dans l'élaboration d'un projet de rénovation ou de construction d'un bâtiment, il est avantageux d'y intégrer nos programmes d'efficacité énergétique* dès le départ.Grâce à notre portefeuille diversifié de programmes, qui couvre les bâtiments, les procédés industriels, l'éclairage et les moteurs, vous permettrez à vos clients de réaliser des économies importantes tout en contribuant au bien-être collectif.Faites profiter vos clients d'un appui financier ou d'une remise à l'achat.0 MIEUX CONSOMMER POUR MIEUX PERFORMER * Certaines conditions s'appliquent.www.hydroquebec.com/affaires a\" Hydro Québec NOUVEAUTÉ il»; !» SB \\m s* P * ® » !» !JB * !» !» !» !» !» !» Bibliothèque architecturale -\toutil pratique aux architectes et aux designers -\tgamme de produits architecturaux Céragrès -\t4 catégories de produits pour faciliter le repérage -\tporcelaine\t¦ -\tcéramique\t¦ -\tardoise et pierre\t¦ -\tmosaïque\t¦ -\tinformations précises et concises -\tfacile à consulter, à manipuler et à ranger -\tceragres.ca/echantillons -\ttélécopieur Montréal 514 384 4415 Québec 418 692 0711 -\tcommuniquez avec votre représentant -\tphoto d'ambiance et/ou du produit -\tidentification des échantillons -\tfeuille de spécifications (disponible au www.ceragres.ca) -\tcoloration de la série -\tformat disponible -\tdétail et variation -\tindicatif d'emballage du produit céramiques porcelaines ardoises pierres carreaux de verre mosaïques revêtements souples Boutique de montréal 9975, boul.Saint-Laurent T : (514) 384 2225 Boutique de québec 265, rue Saint-Paul T : (418) 692 1711 Service aux professionnels (Montréal) T : (514) 384 5590 (Québec) T : (418) 692 1711 ceragres.ca "]
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