ARQ, 1 février 2014, Février
[" ENVOI DES PUBLICATIONS CANADIENNES, CONTRAT # 40037429 / 8$ BAnQ HABITER ARCHITECTURE-QUÉBEC PREMIÈRE PARTIE A\",,-« liA ( _,F U : :: \u2018\u2018WW \u201cA «nul 166 FÉVRIER 2014 1 ENTRER LES CARACTÉRISTIQUES PRESSION DE CALCUL POSITIVE (PC) Baie-Saint-Paul Terrain rugueux NIVEAU CANADIEN D'INFILTRATION / D'EXFILTRATION D'AIR CHARGE DE NEIGE KPA, 1/50 ^ 2 MODES D\u2019ACCÈS O Internet et application iPad SAUVEGARDE DES RÉSULTATS gâ PARTAGE DES RÉSULTATS : : ENERGY STAR L\u2019application «Calculateur de niveau de performance est maintenant disponible.¦B Créez votre compte utilisateur : CalculNiveauDePerformanceFenetre.com Décèle les tendances aux niveaux national et international et comprend les enjeux de l\u2019industrie.iMROYAL Produits de bâtiment Profilés de portes et fenêtres | Profilés de fenêtres Portes patio Moulures Une société de Axiall www.thermoplast.com | 1 800 361 -9261 NIVEAUX DE PERFORMANCES EXIGES +25 psf +1200 +25 psf 1200 PRESSION DE CALCUL NÉGATIVE (PC) psf 180 RESISTANCE A LA PÉNÉTRATION D'EAU MIN TEMPERATURE DE CONCEPTION EN JANVIER (JDT), C, 2.5% PRESSION DE VENT PÉRIODIQUE (HWP).KPA.1/50 FAITES LE JUSTE CHOIX Conformez-vous au Code National du bâtiment du Canada 2010, à l\u2019aide du Calculateur de niveau de performance ROYAL PRESSION DE VENT POUSSANT LA PLUIE (DRWP), PA, 1/10 0.48 200 Province : Québec Ville Baie-Saint-Paul Style de terrain : Terrain rugueux Élévation (m) : 10 http://CalculNiveauDePerformanceFenetre.com LE SOMMAIRE ARCHITECTURE-QUÉBEC ÉDITORIAL 5 « HABITER » Pierre Boyer-Mercier 8 HABITER UN PAYSAGE?DE LA PENSÉE AU PROCESSUS PAYSAGER Gregory Épaud 16 DIX MYTHES SUR LA BANLIEUE Une entrevue avec Caroles Després 22 PRODUIRE L\u2019HABITAT À LA PETITE SEMAINE ET À LA BONNE FRANQUETTE Gérard Beaudet 27 ÉCOQUARTIERS AU QUÉBEC, SE DONNER LES MOYENS DE NOS AMBITIONS Thomas Gérardin Éditeur : Pierre Boyer-Mercier.Membres fondateurs de la revue : Pierre Boyer-Mercier, Pierre Beaupré, Jean-Louis Robillard et Jean-H.Mercier.Comité de rédaction: Pierre Boyer-Mercier, rédacteur en chef ; Jonathan Cha, Yves Deschamps, Philippe Lupien, Alena Prochazka.Production graphique : Cûpilia design inc./ Directeur artistique : Jean-H.Mercier.Représentante publicitaire (Sales Representative) : Louise Lussier \u2014 LL Communication, 65, rue de la Héronnière, Eastman, Québec, JOE 1 PO/Téléphone : (514) 898-7543 /Télécopieur (Fax) : (450) 297-3854 / Courriel (e-mail) : llussier@llcommunication.ca La revue ARQ est distribuée à tous les membres de L'Ordre des architectes du Québec, aux membres de I Association professionnelle des Designers d'intérieur du Québec et aux étudiants en architecture et en design d'intérieur au Québec.Dépôt légal: Bibliothèque nationale du Québec et Bibliothèque nationale du Canada.ISSN : 1203-1488.O Cûpilia design inc : Les articles qui paraissent dans ARQ sont publiés sous la responsabilité exclusive de leurs auteurs.Envois de publications canadiennes : contrat de vente #40037429.La revue ARQ est publiée quatre fois l'an par CÛPILIA design inc.Les changements d'adresse et les demandes d'abonnement doivent être adressés à : Cûpilia design inc., 21760,4e avenue, Saint-Georges, Québec, G5Y 5B8.Téléphone pour la rédaction : (514) 343-6276, pour l'administration et la production : (418) 228-2269.Abonnement au Canada (taxes comprises) : 1 an (4 numéros) : 36,79 $ et 57,49 $ pour les institutions et les gouvernements.Abonnement USA 1 an : 50,00 $.Abonnement autres pays : 60,00 $.ARQ est indexée dans «Repères». ÉPHf V '%tp îQU'URE ET firTPlANCHc& MASQNI WÊÊ%Wm0È WËÊÊÊÊzzI TOP COI mi Wmmmm DESSUS ET CONCEPTION Les produits en acier ICI de Vicwest sont fréquemment utilisés par les entrepreneurs et les architectes nord-américains, même pour les structures les plus complexes.Voici pourquoi ! 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[Porcelaine Mosaïque Pierre Quartz Tapis - série: materia, couleur: tortora, format: 2 4\"x 6 0\" L\tM\tM\tJ V\tS D 5885, chemin de la Côte-de-Liesse, Ville Saint-Laurent (Québec) H4T 1C3 T 514 336.5604 www.centura.info CENTURA 8 \u2014 18 h 8 - 18h\t8 \u2014 18 h\t8 - 20h 8 - 18h 9 - 16h Fermé ÉDITORIAL « HABITER » Pierre Boyer-Mercier «HEIM» «Habiter ce n'est pas s'abriter» nous dit Bernard Salignon.* Alors, qu'est-ce qu'habiter?Qu'est-ce qu'«habiter» du point de vue ontologique?Salignon nous rappelle que la langue allemande dispose en effet de deux mots pour «désigner la maison :«haus» désigne la réalité matérielle.«Heim» contient l'indisciple» de la maison (ce qu'on ne saurait exprimer), irréductible à l'objectivation et que chacun échoue à exprimer sauf à dire :« C'est ma maison» pour exprimer que c'est là qu'il retrouve, au-delà du gite et du couvert, «l'intime de lui-même».* Chez Grégory Épaud dans Habiter un paysage?De la pensée à un processus paysager, le paysage est intrinsèque à l'humain plutôt qu'une entité qui lui est extérieure, qui serait «devant» ou «autour».«La question de l'habiter, poursuit-il, ne peut être posée comme question d'une simple modalité d'être avec l'espace mais sous l'angle de multiples rapports à l'espace, mis au jour selon les intentionnalités et les pratiques».En plus du rapport avec son contexte, «habiter» tient aussi de son rapport avec la dynamique sociale de son temps En tant que «haus» et «heim», la maison est partie constituante de l'humain, du voisinage de la ville, du territoire.L'IDENTITÉ TERRITORIALE Le lieu de l'enfance empreint chacun d'un mode d'être au monde qui authentifie l'humain en tant qu'il habite et est habité par son «chez-soi».Cette première habitation, ce premier voisinage, ce premier territoire constituant le lien symbolique de sa future expérience d'habiter.Carole Després, dans 10 mythes sur la banlieue évoque dans le sixième mythe, que le concept d'identité territoriale (« settlement identity»**) pourrait même expliquer le choix d'établissement de jeunes familles qui, dans la banlieue et le périurbain de la ville de Québec, cherchent à «retrouver le rapporté la montagne, à la forêt ou au fleuve de leur milieu d'origine».Il y aurait, au-delà du désir de ces jeunes familles de profiter de certains avantages dévolus à la banlieue, un besoin d'association avec un type particulier d'établissement : «le natal», nous dit Salignon renvoie à cette idée de fond comme ce qui ne cesse dans la vie de l'homme d'alimenter ses racines : le natal a un fond, il est fond dans lequel mon être est parvenu à la naissance et vers lequel sans cesse je me retourne comme pour m'alimenter encore et toujours».* * Les citations suivies d'un astérisque sont tirées du livre de Bernard Salignon Qu'est-ce qu'habiter?Éditions de la Vilette ** Roberta.M.Feldman, Settlement identity, Psychological Bound with Home Places in a mobile Society, Selon Feldman, il y aurait des rapports entre la satisfaction que nous apporte notre voisinage et notre capacité de s'identifier à lui.«HAUS» Le survol du développement de l'habitation au Québec auquel nous convie Gérard Beaudet dans Produire de l'habitat à la petite semaine et à la bonne franquette nous présente une facette de l'habiter plus prosaïque que celle décrite précédemment.Produire «à la petite semaine» sans réflexion préalable autre que celle de construire pour construire et d'en tirer le maximum de bénéfices ne constituant pas un réel projet d'habiter.Sans la dimension du «heim», les humains utilisent ni plus ni moins «leur espace comme on utilise un objet que l'on jetterait après usage»* où le logis ne serait qu'un lieu transitoire en attendant la terre promise.Sans réel projet, sans autre proposition «qu'un plan de lotissement plus ou moins original, les voisinages résidentiels restent les parents pauvres de la conception de l'habitat» nous dit Beaudet.On imagine que la symbolicité de l'habiter est réduite au minimum dans de tels développements et que les familles qui ont quelque ambition sociale n'y trouvent pas leur compte.Et, «rien n'indique que l'innovation architecturale sera au rendez-vous» poursuit-il sur une note pour le moins pessimiste.Pour en arriver à de «meilleures pratiques dans tous les domaines liés à l'urbanisme [.], une parti- cipation active et concertée d'un grand nombre d'acteurs est essentielle».Dans son article Écoquartiers au Québec : se donner les moyens de nos ambitions, Thomas Gérardin nous dépeint la situation en aval du projet où s'érigent les traditionnelles embûches face aux nouvelles pratiques : peur des risques financiers chez les promoteurs et non-ingérence des autorités municipales qui, à leur décharge, ne disposent pas ou ne se donnent pas de moyens pour «combler certaines lacunes du marché immobilier par des interventions stratégiques».L'état pourrait, par exemple en se donnant la maîtrise du foncier, mieux en contrôler la surenchère des prix, la qualité des aménagements urbains et celle de la qualité de l'habitat.À Tapiola, en Finlande, la municipalité s'est dotée d'un parc foncier qu'elle contrôle jusqu'au parcellaire.Elle a créé une fondation pour le logement, s'est constituée en maîtrise d'ouvrage qui achète les terrains, revend les lots, installe les équipements, choisit et rémunère les architectes.Aussi longtemps que les constructeurs seront avantagés par la tradition d'urbanisation et de mise en marché de la maison, quel avantage ont-ils à déroger de leur façon de faire?Quelle raison ont-ils d'être soucieux des utilisateurs éventuels?La réalité de l'«habiter » en est une de nature économique, financière et de mise en marché.«Actuellement, nous dit Salignon, de nombreuses questions se posent concernant les pratiques du projet, et la notion même du projet trouve sa pertinence dans une analyse des rapports entre existence, rapport au monde, bien public, citoyenneté, lien social ».5 METTEZ-Y DU MAUVE.?-BASF The Chemical Company Le système d\u2019isolation/pare air WALLTITE\" Eco convient parfaitement à presque tout espace que vous concevez.' \t\t\t\t \t\t\t \tm\t\t \tWm\t\tH WALLTITE Eco Vous apportez beaucoup de soins à la conception d\u2019un bâtiment pour qu\u2019il soit à la fois fonctionnel, harmonieux et confortable.Le choix du système d\u2019isolation/pare-air mérite autant de considération.Notre isolant/pare-air à alvéoles fermées a fait ses preuves.Il résiste aux années et améliore la durabilité d'un bâtiment.WALLTITE Eco s\u2019adapte à presque toutes les formes, adhère a presque tous les recoins et n\u2019a pour limite que votre imagination.Cette mousse permet à créer une enveloppe ayant une bonne étanchéité a l\u2019air, ce qui procure à votre bâtiment l\u2019isolation à haute performance qu'il mérite.Pour savoir comment WALLTITE Eco peut améliorer votre prochain projet, visitez www.walltiteeco.com ou composez sans frais le 1-866-474-3538.Chez BASF, nous créons de la chimie./jÂjS\tt Selon les 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S» wmm^s K SBss «M fffe# w&ÆÊm.'Æm&ilÊt' wmm (Birjtlhousrt » 0r0^lpo|- and fences./ I If ¦\"¦WF,\t- .\u2014¦ _ HABITER UN PAYSAGE?DE LA PENSÉE AU PROCESSUS PAYSAGER Gregory Epaud BÂTIR, LOGER, HABITER Dans La Ville fonctionnelleLe Corbusier écrit : «Les clefs de l'urbanisme sont dans les quatre fonctions : habiter, travailler, se recréer (dans les heures libres), circuler.» Ce principe fondamental dans le développement de la théorie des Modernes est pourtant pour le philosophe Martin Heidegger2 une négation pure et simple de l'essence même de ce sur quoi devraient porter les champs de l'urbanisme, c'est-à-dire : « l'habitation ».En effet, pour le philosophe, l'habitation n'est pas un comportement que l'on cumule avec d'autres comportements qui seraient sur le même plan ou à l'intérieur d'une même série, fut-ce celle de la «ville fonctionnelle» cor-buséenne.L'habitation, pour le philosophe, ne peut être prise comme un comportement parmi d'autres, en ce sens, qu'il préside à tout comportement possible, qu'il est le socle fondateur de tous les comportements.Car habiter n'est pas une fonction mais une condition.C'est même, comme le rappelle le philosophe, «le trait fondamental de la condition humaine».L'habiter, d'un point de vue ontologique, n'est rien d'autre que la manière d'être au monde de l'homme.Dans le cadre d'une approche phénoménologique, et loin de la pensée idéaliste appliquée à l'espace, habiter c'est être Homme.Car l'Homme est, dans son être même, un habitant.Ainsi, Thierry Paquot, commentant le philosophe dans Habiter, le propre de l\u2019humain, définit le terme d'habiter ainsi : «\"habiter\" (wohnen) signifie \"être-présent-au-monde-et-à-autrui\".[.]L'actiond\u2019\u201chabiter\" possède une dimension existentielle.[.] \"habiter\" c'est [.] construire votre personnalité, déployer votre être dans le monde qui vous environne et auquel vous apportez votre marque et qui devient vôtre.[.] C'est parce qu\u2019habiter est le propre des humains [.] qu\u2019inhabiter ressemble à un manque, une absence, une contrainte, une souffrance, une impossibilité à être pleinement soi, dans la disponibilité que requiert l'ouverture.3» Les incidences de la définition ontologique de Yhabiter opèrent des distinctions fondamentales entre plusieurs termes qui ne devraient pas se confondre.En effet, par exemple, dans le langage courant le terme habiter est souvent le double indistinct de loger.Dans le cadre de la production industrielle et sa représentation objectivante du loger, l'habitat s'est transformé en objet-logement où Yhabiter n'est que très peu pris en compte dans l'ensemble du processus productif.Pourtant, dans son ouvrage fondamental Pas à pas \u2014 essai sur le cheminement quotidien en milieu urbain, Jean-François Augoyard prétend que l'habiter est intrinsèque du bâtir.Car le bâtir dépend d'un habiter, qui se constitue comme «espace de tensions où s'articulent aussi bien les nécessités de fonction (abri constitué selon les conditions du climat de la région) que les instances symboliques (terre-ciel, diurne-nocturne, proche-lointain, propre-étranger.).4» Le bâtir exprime directement Yhabiter.Il incorpore les manières d'être.Car « bâtir, c'est déjà habiter, c'est qualifier de manière vécue un espace et un temps singuliers ».À contrario, le construire du loger produit des unités de logement calibrées et abstraites, arrangées selon des prérogatives économiques indépendantes du phénomène visé.Le vécu habitant est réduit à un «être logé», exclu de l'acte producteur et livré aux aléas du marché du logement.Ainsi, La planification réduit les pouvoirs de l'expression habitante.Pour Jean-François Augoyard cette réduction permet de définir deux ordres distincts : l'ordre de l'habiter et l'ordre du construire-loger.L'ordre de Yhabiter est caractérisé par un habité qui est vécu partiellement, de manière discrète (avec des absences) et de ARQ, ARCHITECTURE-QUEBEC FEVRIER 2014 T* A S.wv' \u2022\u2022\u2022\u2022 ?.\u2022\u2022\u2022 \u2022ïîîl idle Aidez-nous à toujours l\u2019embellir.favoriser notre sélection, i avons besoin de 30140 sélectionnées signatures cette année! de propriétaires.] manière hétérogène.À l'intérieur de cet ordre, la représentation de la globalité de l'espace est de nature imaginaire.Mais aussi l'espace s'articule selon le temps.Alors que dans l'ordre du construire-loger l'espace d'habitat n'est construit que sous la condition d'une représentation de l'homogène.Il est donné à l'usage comme une totalité rationnelle et réelle.De plus, le temps se structure et se maîtrise par la spatialité.Ainsi : «Le processus qui va du construire au loger se fonde sur la scission.Celui qui va de l'habiter au bâtir, sur une correspondance organique5».Ces définitions engendrent une inscription située de l'être qui semble nécessaire de considérer dans l'ampleur de ses conséquences.Ainsi la question de l'habiter ne peut être posée comme question d'une simple modalité d'être avec l'espace, mais sous l'angle de multiples rapports à l'espace, mis au jour selon les intentionnalités et les pratiques.Cette conception de l'habiter comme être dans l'espace peut être déplacée dans la direction d'un faire avec de l'espace.Car le rapport aux lieux n'existe pas en soi, de façon indépendante, mais est toujours relié à la question des pratiques.C'est d'ailleurs le sens de l'invitation de De Certeau dans ses « arts de faire6» quand il nous pousse à descendre de la tour pour travailler sur les manières d'habiter les lieux géographiques du Monde pour approcher l'invention du quotidien.HABITER UN PAYSAGE ?Ainsi le sujet et l'objet n'existent pas en eux-mêmes, mais en interrelation.Ainsi la réalité concrète de toute prise dépend toujours de l'existant concerné.Cette interrelation prend une dimension particulière dans une approche paysagère.En effet, «tel qu'il se manifeste dans l'expérience du paysage, notre rap- port sensible au monde n'est pas celui d'un sujet posé en face d'un objet, mais celui d'une rencontre et d'une interaction permanente entre le dedans et le dehors, le moi et l'autre » écrit Merleau-Ponty dans Le Visible et l'invisible7.«Ce flux de vie perceptive entre lui et moi [.] ne cesse de battre du matin au soir, et fait que mes pensées les plus secrètes changent pour moi l'aspect des visages et des paysages comme inversement les visages et les paysages m'apportent tantôt le secours et tantôt la menace d'une manière d'être homme qu'ils infusent à ma vie.8» Cet échange entre l'intérieur et l'extérieur ne concerne pas seulement la perception individuelle mais aussi le rapport que les sociétés humaines entretiennent avec leur environnement.Dans son ouvrage Écoumène : introduction à i'étude des milieux humains9, Augustin Berque appelle «médiance» le «flux de relations qui lie indissolublement les sujets aux objets » et «une société à l'espace et à la nature», et il nomme «trajec-tion» l'interaction qui s'y joue et l'échange à la fois matériel et culturel qui s'y noue entre l'homme et son milieu.Dans le processus trajectif, que décrit Augustin Berque, la société perçoit son milieu en fonction de l'usage qu'elle en fait.Réciproquement, elle l'utilise en fonction de la perception qu'elle en a.Des matrices phénoménologiques (les schèmes de perception et d'interprétation du milieu) ne cessent ainsi d'engendrer des empreintes physiques (les modes d'aménagement du milieu), lesquels, à leur tour, influencent ces matrices, et ainsi de suite.Dans cette médiance, l'expérience du paysage révèle ainsi la secrète continuité qui unit le monde au corps et le corps à l'esprit en nous invitant à redéfinir les rapports entre nature et culture pour habiter un paysage.Ainsi pour l'auteur, le paysage est la «médiation entre le monde des choses et celui de la subjectivité humaine».Il est «non seulement trajectif» mais Chères voisines, chers voisins.Savez-vous que le pro|et d\u2019amélioration et de verdissement de notre ruelle est considéré pour la sélection et financement par l\u2019Éco-quaitler Rosemont-La-Petite-Patrie et l\u2019arrondissement?Le plus lit ce sera fan.le plia de chance nous La première collecte des signatures aura Heu: Mardi 7 février, de 18:30 à 20:00 www.faccboQk.com/ruelleverte f* u «SïlËjEfig; ARQ, ARCHITECTURE-QUEBEC FEVRIER 2014 HABITER UN PAYSAGE?DE LA PENSÉE AU PROCESSUS PAYSAGER « l'illustration même de la trajectivité ».Car l'habiter, interaction incessante entre le corps, l'esprit et le monde, s'inscrit dans le prolongement des échanges que notre organisme entretient avec le milieu naturel.Inversement, quoiqu'inséparablement, de ce pouvoir de métamorphose de la réalité, l'incarnation de la conscience dans le corps, induit que la pensée n'est pas sans spatialité.D'ailleurs Merleau-Ponty rejetait la notion même de sujet au profit de celle de « situation spatiale avec sa localité.» La conscience elle-même a lieu dans l'espace, et ce lieu, c'est le corps.Et ce corps a besoin de trajection pour exprimer sa pleine humanité.Cette conception de l'être-au-monde dans la pensée paysagère permet de s'affranchir de manière salvatrice du dualisme de la pensée occidentale moderne, de dépasser un certain nombre d'oppositions qui la structurent, de recoudre les scissions opérées intellectuellement entre le sens et le sensible, le visible et l'invisible, le sujet et l'objet, la pensée et l'étendue, l'esprit et le corps, la nature et la culture.Comme le rappelle Deleuze et Guattari «le sujet et l'objet donnent une mauvaise approximation de la pensée.Penser n'est ni un fil tendu entre un sujet et un objet, ni une révolution de l'un autour de l'autre.Penser se fait plutôt dans le rapport du territoire à la terre.11» L'espace n'est pas neutre, le milieu n'est pas un pur contenant mais est produit par l'homme qui « l'humanise ».Les sociétés «spatialisent» l'espace humain en lui attribuant un ordre qui le met en relation avec le cosmos, la culture, etc.Cette interaction entre nature et culture est encore plus évidente si l'on passe de la perception à la construction du paysage.Celui-ci est façonné à la fois par des agents naturels et par des acteurs humains en interaction.La relation qu'établit l'expérience du paysage entre une étendue de pays et celui qui l'observe est une modalité spécifiquement humaine du lien qui unit tout être vivant à son milieu et les autres hommes.Interroger le paysage par l'habiter pose avec insistance des enjeux anthropologiques et politiques au paysage.Ainsi, à l'instar du géographe Mario Bédard, nous pouvons nous demander si nous n'avons «pas besoin d'un habiter plus conscient de la charge de signifiance de notre geste paysager et plus conséquent vis-à-vis de la portée environnementale de nos pratiques paysagères?»12 Car cette complexité humaine impose aujourd'hui des enjeux différents à tous ceux qui prétendent agir sur l'habiter.INTERROGER LE PROJET PAR L\u2019HABITER Ainsi défini, le paysage est un parti pris, un processus dynamique, trajectif, qui vient interroger individus et sociétés dans leur être et devenir au monde.Une démarche utilisant le paysage comme objet d'étude et de travail doit autant prendre appui sur des éléments matériels et concrets qu'intégrer la reconnaissance d'éléments immatériels comme la diversité et les évolutions des filtres perceptifs ainsi que leurs relativités sociétales.Pourtant, comme l'explique Edgar Morin, encore trop souvent l'inadéquation entre «des savoirs disjoints, morcelés, compartimentés en disciplines» et des réalités ou problèmes de plus en plus «multidisciplinaires, transversaux, multidimensionnels», nous rend incapables de penser «les ensembles complexes», «les interactions et rétroactions entre parties et tout».13 Le paysage est par excellence une de ces «entités multidimensionnelles et complexes», animées de processus interactifs.Pour rendre compte de la complexité de phénomènes tels que le paysage, il faut «substituer» «à une pensée qui isole et sépare», «une pensée qui distingue et relie».Cette «reliance» nécessaire force les aménagistes, agissant sur l'habiter, à s'instruire de la pensée paysagère afin d'être attachés moins à la fonction qu'aux liens. Alors les architectes paysagistes doivent en permanence reformuler les formes de leurs projets en se nourrissant des fondamentaux de leur profession: l'intervention située au cœur d'interrelations de processus biologiques et culturels.En effet, la démarche paysagère tente d'apporter une vision holistique de l'aménagement en venant interroger les rapports qu'entretiennent les sociétés avec leurs milieux pour accompagner le territoire durablement.Dans cette perspective, le paysage constitue une porte d'entrée permettant de nouvelles approches concernant la compréhension de la complexité des territoires tout en offrant un outil de travail permettant de mettre en dialogue des acteurs aux attentes parfois contradictoires.Ce processus doit rendre possible de co-construire le paysage et ainsi d'offrir à chacun l'occasion de participer à son cadre d'existence dans un défi politique et démocratique permanent.Ce projet en réinvention permanente se fixerait, comme le précise Mario Bédard, d'être «cohérent avec la dynamique des échelles et de tous les lieux qu'une population investit simultanément, il proposerait par conséquent une sensibilisation et une mobilisation accrues de tous ses acteurs aux paramètres culturels, sociaux et environnementaux de leur aménagement du territoire.Ce projet de paysage aurait pour ambition de concourir à la re-territorialisation de notre culture.14» Pour cela, l'approche paysagère doit toujours chercher à décloisonner l'opposition traditionnelle entre des visions expertes et profanes.Entre la connaissance experte et la vision intime, elle n'est pas là pour arbitrer les conflits, mais favoriser la construction conjointe d'instruments cognitifs qui permettront ensuite aux acteurs de mieux diriger des politiques de gestion et d'actions en intégrant les différents types de connaissances révélées par la participation dans les projets territoriaux.De plus, à l'échelle individuelle, la pensée paysagère doit pouvoir permettre les possibilités d'une trajection paysagère, faite d'usages et de représentations, la plus ambitieuse possible.En effet, tel que défini, la perspective offerte par le projet de paysage, grâce à son objet de travail, est de répondre aux enjeux que la modernité a posé malgré elle.Ainsi, penser l'habiter dans le paysage, c'est basculer du projet de paysage au processus de paysage.LE PROCESSUS DE PAYSAGE À L\u2019ŒUVRE Dans la conclusion de son ouvrage fondamental À la découverte du paysage vernaculaire Jackson John Brinckerhoff écrit, « nous ne voyons plus le paysage comme séparé de notre vie de tous les jours, et en réalité nous croyons maintenant que faire partie d'un paysage, y puiser notre identité, est une condition déterminante de notre être-au-monde, au sens le plus solennel du mot15».C'est qu'«un paysage, comme un langage, est le terrain du conflit et du compromis perpétuels entre ce qui est établi par l'autorité et ce que le vernaculaire s'obstine à préférer.16 » Dans cet ouvrage l'auteur dans une recherche de définition de l'idée de paysage émet une distinction entre deux types de paysage.Le «paysage Un» qui serait, pour simplifier, le paysage vernaculaire dont la mobilité et le changement seraient, bien malgré lui, les traits caractéristiques.Ce paysage est pour l'auteur une «adaptation patiente, sans fin aux circonstances» de l'expression habitante.Alors que le «paysage Deux», qui serait le paysage politique, s'appuierait sur : «la clarté et le sacré des frontières, l'importance des monuments et des routes centrifuges, le rapport étroit entre le prestige et l'espace clos.» Ici, l'auteur entend par politique les espaces et structures conçus pour imposer ou préserver une unité et un .* : » \\ SiM ® S °\" a nettoyé i cet espace ,Vj3UusI \t HABITER UN PAYSAGE?DE LA PENSÉE AU PROCESSUS PAYSAGER ordre sur la Terre, ou en rapport avec un plan de longue haleine, à grande échelle.Ainsi le « paysage Un » confond toutes sortes d'usages et d'espaces alors que le « paysage Deux » met l'accent sur des espaces homogènes, subordonnés à un objet unique.Cette articulation de deux paysages, et la distinction qu'elle permet, ouvre des éléments cadres simples pour esquisser ce que pourrait être le basculement du projet au processus de paysage.À la petite échelle géographique, dans sa dimension stable, l'approche paysagère doit permettre par de nouvelles approches de contribuer au projet de territoire.Ancrée dans le parti de l'ingénierie de la participation locale par le paysage,17 la pensée paysagère peut faciliter le passage d'une simple connaissance des paysages à une reconnaissance de ceux-ci à titre de leviers d'actions.Pour cela il faut que les processus méthodologiques posent comme nécessité de construire un référentiel de dialogue commun, permettant de hiérarchiser les points sur lesquels les priorités de parti pris d'aménagement doivent porter.Ces processus permettent l'ouverture d'un champ d'intervention produisant des connaissances qui éclairent la complexité des regards, des représentations en jeu et des systèmes de valeurs attachées.Il s'agit de participer à un mécanisme social d'indentification et d'utilisation susceptible, en retour, d'orienter l'action.De nombreuses démarches s'initient et s'inventent pour aller dans ce sens.Citons, par exemple en France, la démarche réalisée par huit professionnels du paysage, rassemblés au sein du collectif du Chomet, autour de l'atlas pratique des paysages d'Auvergne18.Cet atlas innovant est l'aboutissement d'une méthodologie qui est allée chercher les représentations et les pratiques de tous les producteurs agricoles de la région créant, par là même, un «réseau-paysage » efficient.Plus proche de nous, au Québec, la CRÉ Mauricie vient de finaliser une démarche de plan de paysage qui fut réalisé de manière collégiale, et ce, dans toutes les étapes de la démarche, par un comité sur les paysages de la Mauricie constitué par des architectes paysagistes et de nombreux acteurs du territoire.Ces processus de co-construction des regards apparaissent comme des éléments forts dans les démarches de projet de territoire en faisant émerger des objectifs partagés et soulevant des leviers d'actions tangibles et instruits de manière collective.Ainsi, à l'instar de l'exercice démocratique, ils prennent peut-être plus de sens dans les processus de maturation que dans leurs productions finales.La démarche et la méthodologie constituant, à proprement parler, des éléments du projet de paysage.À la grande échelle géographique, il est devenu primordial de chercher les conditions de trajection optimales entre les milieux et les individus afin que le processus humain d'habiter trouve sa pleine expression dans le bâtir.La pensée paysagère, par son objet de travail et d'étude, offre un champ très vaste d'invention.Dans ce rapport au monde, la pratique trajective apparaît comme un moyen d'action efficace.Ainsi, non seulement anthropologiquement, mais aussi politiquement, l'action sur l'espace ne peut plus omettre la dimension sociale et poétique de l'habiter.Dans ce cadre, il est nécessaire de moins chercher des modèles, forcément inopérants, que de permettre l'initiation de processus suscitant le plus grand nombre de gestes par le plus grand nombre de personnes.La démarche, pour le parc de Cambon en France, est un cas d'étude concret sur la participation et la biodiversité mis en place par l'AteLier de PaysAge en partaGE (ALPAGE)19.Ce processus permet une territorialisation agrandie d'un parc munici- ARQ, ARCHITECTURE-QUEBEC FEVRIER 2014 SSI JjL J .' Mfet/HI!; U' ' 1 -v?une participation croisée entre une collectivité, une instance de démocratie locale, des habitants et des paysagistes.Ensemble, ils agissent sur le site par de multiples et inventives interventions sur une période longue.Le plan d'ensemble a intégré, en amont, dans sa méthodologie, une démarche participative de décisions et d'actions entraînant un habiter dans le processus de production des lieux.Au Québec, l'initiative « ruelle verte », mise en place par le Centre d'Écologie Urbaine de Montréal (CEUM) apparaît comme un modèle en la matière.En effet, à l'initiative citoyenne, de la mise en place du projet à sa réalisation, cette démarche permet un processus trajectif fort en venant ré-humaniser des espaces délaissés aux véhicules.Chaque idée, chaque geste sont à l'initiative et sont réalisés par les habitants eux-mêmes.Ces interventions situées ne se limitent alors plus à l'espace géométrique des plates-bandes plantées mais vont au-delà en offrant tout un nouveau récit à l'habiter et en construisant un lien social qui se prolonge par des évènements communautaires.Ainsi, comme le conclut Jackson John Brinckerhoff : « j'aimerais penser qu'à l'avenir la profession de paysagiste dépassera ses valeurs actuelles (fixées par le paysage « Deux »), et s'attachera à créer avec la mobilité de l'ordre et de la beauté.Ce qui impliquerait une profonde connaissance du terrain, de ses usages, de ses valeurs, et de ses forces politiques, économiques et culturelles qui influent sur sa répartition (.) C'est précisément dans le domaine de l'usage de la terre et du paysage communautaire qu'une imagination exercée, une conscience de l'environnement et de l'habitat peuvent être des plus précieuses.(.) C'est une manière de définir le paysage de façon à inclure la mobilité du vernaculaire, avec l'infrastructure politique d'un ordre social stable.»20 NOTES 1.\tLe Corbusier en 1941 a édité sous le titre La Ville fonctionnelle, le texte adapté de la Charte d'Athènes.La Charte d'Athènes a constitué l'aboutissement du IVe Congrès international d'architecture moderne (CIAM), tenu à Athènes en 1933 sous l'égide de Le Corbusier.Le thème en était « la ville fonctionnelle».Urbanistes et architectes y ont débattu d'une extension rationnelle des quartiers modernes.La Charte compte 95 points sur la planification et la construction des villes.Parmi les sujets traités : les tours d'habitation, la séparation des zones résidentielles et les voies de transport ainsi que la préservation des quartiers historiques et autres bâtiments préexistants.Le principal concept sous-jacent a été la création de zones indépendantes pour les quatre « fonctions » : la vie, le travail, les loisirs et les infrastructures de transport.(Sources: Wikipedia) 2.\tVhabiter dont il est question ici est pris dans le sens de la conférence « Bâtir, habiter, penser », de l'être entier de l'homme, car il s'agit de la manière dont l'homme déploie son être.3.\tPAQUOT, Thierry, Michel LUSSAULT et Chris YOUNÈS, (2007).Habiter le propre de l'humain, villes, territoires et philosophie, La découverte, coll.Armillaire.4.\tAUGOYARD, Jean-François.Pas à pas \u2014 essai sur le cheminement quotidien en milieu urbain - préface : Yves Winkin ; avant-propos : Françoise Choay ; postface : David Curtis.Grenoble (Bernin) : Éditions À la Croisée, Collection Ambiances, Ambiance.2010.5.\tOp.Cit.6.\tDE CERTEAU, Michel.L'invention du quotidien 1.Arts de faire, Gallimard, Nouv.éd.établie et présentée par Luce Giard.2005.7.\tMERLEAU-PONTY, Maurice.Le Visible et l'invisible suivi de Notes de travail, Gallimard, Édition de Claude Lefort, Collection Tel (n° 36).1964.8.\tOp.Cit.9.\tBERQUE, Augustin.Écoumène : introduction à l'étude des milieux humains, Belin.2009.10.\tOp.cit.11.\tDELEUZE, Gilles et Félix GUATTARI.Capitalisme et schizophrénie, vol.2 : Mille plateaux, Éditions de Minuit.2004.12.\tBÉDARD, Mario « La pertinence géographique et sociale d'un projet de paysage : errements et suffisances de notre habiter», Cahiers de géographie du Québec, vol.50, n° 141,2006, p.409-414.13.\tMORIN, Edgar.Où va le monde?, Éditions de l'Herne.2007.14.0p.df.15.JOHN BRINCKERHOFF, Jackson.À la découverte du paysage vernaculaire : essai, traduit de l'américain par Xavier Carrère ; préface de Jean-Marc Besse et Gilles A.Tiberghien, Actes Sud, École nationale supérieure du paysage.2003.16.Op.df.17.\tPARADIS, Sylvie et Laurent LELLI, « La médiation paysagère, levier d'un développement territorial durable ?», Développement durable et territoires [En ligne], Vol.1, n° 21 Septembre 2010, mis en ligne le 23 septembre 2010, consulté le 17 Décembre 2013.URL: http://developpementdurable.revues.org/8548 ; DOI : 10.4000/ developpementdurable.8548 18.\tCollectif du Chomet, l'atlas pratique des paysages d'auvergne, Consulté le 13 Décembre 2013.URL : http:// atlaspratiquedespaysagesdauvergne.over-blog.fr/ 19.\tAteLier de PaysAge en partaGE, Consulté le 13 Décembre 2013.URL : http://alpage.over-blog.fr/ 20.\tOp.cit. WÊSÊÊSmbê TOITURE p» ¦ i \u2022 1.8.77.MAMMOUTH www.soprema.ca Les ingénieurs spécialistes de la structure ¦ STRUCTURE ¦ VERRE STRUCTUREL ¦ STRUCTURE INDUSTRIELLE ¦ GENIE CIVIL Collège John Abbott SDK et associés 1751, rue Richardson, bureau 2120 Montréal (Québec) H3K 1G6 Tel.: 514 938-5995 www.sdklbb.com TOIT VERT Des solutions d\u2019étanchéité depuis 1908 MURS FONDATION Un Service de qualité STATIONNEMENT Des produits C|UébéCOiS GENIE CIVIL -BENOTHERNI Isolant de cellulose Un choix écologique pour une meilleure qualité de vie! \u2022 3,8 R par pouce \u2022\t85% de journaux recyclés \u2022\tGreniers, murs et plafonds avec système BenoMat \u2022\tLimite les infiltrations d'air \u2022\tExcellente résistance au feu \u2022\tHaut rendement acoustique Peut compléter un isolant existant www.benolec.com 450.922.2000 1451, Nobel, Sainte-Julie (Qc) J3E 1Z4 1 ') http://www.benolec.com/cellulose-beno-therm/ pÆA-UI^^.VOTfÆ DOMINEZ X VOTFÆ f^EÆ / \u2018X WE£- MMSfM MAN\u20acON&p.lCK.COM I I S ¦ Chez Hanson, nous ne faisons pas que des briques.Nous faisons en sorte qu\u2019une maison devienne un foyer.une école une source d\u2019inspiration.et une collectivité des plus vibrante.Grâce à sa capacité d\u2019être recyclée, réutilisée et transformée, la brique demeure le matériau de construction durable ultime.Explorez notre vaste palette de couleurs, textures et finitions, et vous comprendrez que la vraie raison pour laquelle nous fabriquons des briques, c\u2019est pour réaliser des rêves.Hanson HEIDELBERGCEMENT Group Hanson Briques DIX MYTHES SUR LA BANLIEUE Une entrevue avec Caroles Després Directrice de la Maîtrise en sciences de l'architecture, Directrice de la Maîtrise en design urbain Professeur titulaire (Ph.d), École d'architecture, Université Laval MYTHE NUMÉRO 1___________________________________________MYTHE NUMÉRO 2___________________________ LA BANLIEUE EST EN PERTE DE VITESSE\tLES BANLIEUES SONT TOUTES PAREILLES ARQ : Règle générale, l'étalement urbain est perçu comme un frein important au développement durable, par la dépendance à l'automobile qu'il entraîne, mais aussi l\u2019empiètement sur les terres agricoles, les lacs, les montagnes qu'il implique.Avec toute la sensibilisation sur le DD au grand public, diriez-vous que la banlieue est en perte de vitesse?Carole Després : Même si d'un point de vue durable, plusieurs aimeraient croire que la banlieue est en perte de vitesse, la maison individuelle avec sa cour privée demeure le modèle culturel le plus valorisé et la banlieue le milieu de vie recherché par beaucoup de jeunes et moins jeunes.C'est ce qu'a révélé l'enquête Internet «Demain Québec, je clique et je m'implique» menée par le GIRBa en mai 2011 auprès des résidents de la Communauté métropolitaine de Québec et à laquelle 2501 répondants ont répondu quant à leur profil résidentiel passé, actuel et anticipé.Il ne faut pas oublier que la banlieue est le berceau de plusieurs générations de Québécois dont la première s'y est installée après la 2e Guerre mondiale.C'était l'époque où même l'Église encourageait les familles à acheter en banlieue et à quitter les quartiers surpeuplés comme le GIRBa en fait état dans l'ouvrage La banlieue revisitée (Nota bene, 2002).En 1940, par exemple, 40% des logements de Limoilou logeaient deux familles.Plusieurs générations d'enfants sont nés en banlieue depuis et s'y identifient.Par exemple, dans la ville de Québec, 70% de la population habite la banlieue comparativement à 20% les quartiers centraux.Cela dit, parallèlement au ralentissement et au vieillissement démographiques s'observe une baisse des mises en chantier pour des maisons individuelles.Le marché de la revente va inévitablement être en croissance mais aussi celui des chalets «hivernisés» avec l'arrivée à la retraite des baby-boomers (tendance amorcée en 2011).aagJjB'Srôïip -r i,L.Arrière de maisons aux limites de l'urbanisation ARQ : Les architectes considèrent souvent les banlieues comme des milieux tous pareils, manquant d'originalité et d'histoire, qu'en pensez-vous?Carole Després : Il est bien certain que les banlieues d'après-guerre ont été développées autour du concept d'« unité de voisinage », à partir d'un type architectural \u2014 le bungalow \u2014 qui ceinture un centre composé d'une école, d'une église et de terrains sportifs, mais aussi d'un autre type \u2014 l'immeuble walk-up \u2014 ce dernier, concentré en périphérie le long des artères.En cela et en théorie, elles sont homogènes.Plusieurs sont dorénavant très vertes.En effet, si les larges rues sont peu encadrées par les maisons de plain-pied, elles le sont par les arbres, dorénavant à maturité, qui les bordent et dont plusieurs ont été plantés il y a plus de 50 ans.En outre, la majorité des banlieues québécoises sont rattachées à un noyau historique.Je pense au Trait-Carré de Charlesbourg qui date du 17e siècle, à l'avenue Royale à Beauport qui remonte à la même époque, à la rivière Saint-Charles en bordure de Duberger.Malheureusement, cette histoire ou ces atouts ne sont souvent plus lisibles dans le paysage, la construction d'artères, voire d'autoroutes, mais aussi de grandes surfaces commerciales ayant fait en sorte de camoufler ces trésors.Enfin, si les premières banlieues se sont surtout développées sur des terres agricoles et que ce modèle d'implantation se poursuit encore de nos jours, des banlieues plus récentes, que je qualifie de périurbaines, ont été édifiées dans les années 1990 autour de villages plus éloignés, en discontinuité ou en saute-mouton avec le territoire urbanisé.Les promoteurs se sont malheureusement mis au déboisement des forêts avoisinantes, à l'envahissement de terres agricoles, de flancs de montagnes et de lacs pour y construire du pavillonnaire, altérant de manière irréversible le paysage identitaire qui attirait les consommateurs.Les analyses de mes deux collègues architectes Geneviève Vachon et GianPiero Moretti au GIRBa ont bien caractérisé ces milieux.Mettre en valeur l'histoire locale de ces banlieues et raccommoder les paysages par des interventions judicieuses, voilà de beaux défis pour les architectes! Noyau villageois de Charlesbourg, photo de 1937.¦\u2022W3SSK?A ARQ, ARCHITECTURE-QUÉBEC FEVRIER 2014 16 MYTHE NUMÉRO 3 IL N\u2019Y A QUE DES PROPRIÉTAIRES DE MAISONS EN BANLIEUE xrfr-T rruuïJ imETT ym%# Immeuble «walk-up» MYTHE NUMÉRO 4 LA BANLIEUE EST L\u2019UNIVERS DES FAMILLES AVEC ENFANTS ARQ : On entend souvent que la banlieue est synonyme de propriété.Sachant que le GIRBa a suivi l'évolution de ces quartiers à travers l'analyse de recensements successifs, est-ce vraiment le cas?Carole Després : Il s'agit d'une fausse perception que mes collègues sociologues Andrée Fortin et Dominique Morin ont bien illustrée.La dominance des propriétés individuelles n'est plus vraie de la majorité des vieilles banlieues.Bien sûr, ces premières banlieues se sont développées rapidement dans les années 1950 et 1960, grâce au baby-boom et à la vente de terrains individuels pour construire des maisons de type bungalow.Cela dit, elles ont rapidement évolué pour inclure de petits immeubles locatifs sans ascenseur ou walk-up.Le cas de Sainte-Foy dont 50% des logements sont situés dans des immeubles collectifs illustre bien ce propos.Même si les maisons unifamiliales dominent toujours le paysage, on trouve dans les vieilles banlieues pratiquement autant de locataires que de propriétaires.Après la crise pétrolière de 1973, parallèlement au mouvement de retour vers le centre-ville avec l'établissement de coopératives d'habitation et de copropriétés indivises, les immeubles en copropriété ont connu une certaine popularité dans les banlieues de 2e et 3e couronnes, transformant ici aussi l'image des banlieues unifamiliales.ARQ : Un des stéréotypes associés à la banlieue est qu'il agit là du lieu idéal pour élever des enfants.Cette perception est-elle toujours présente?Carole Després : Oui, tout-à-fait.Cela est ressorti de Jeux séries d'entretiens en profondeur que nous avons menés avec des propriétaires de la banlieue en 1999 et 2006, mais aussi d'une enquête Internet en 2011 auprès de résidents de la Communauté métropolitaine de Québec.Dans les faits, on retrouve très peu d'enfants dans les vieilles banlieues.Seulement 3 maisons sur 10 logent des enfants, et plus de 4 sur 10 parmi ces derniers sont dorénavant de jeunes adultes.Plusieurs bungalows sont dorénavant habités par des couples sans enfants et des personnes seules, voire des femmes âgées.Le portrait social des vieilles banlieues ressemble en fait beaucoup plus à celui des quartiers centraux comme mon collègue sociologue Dominique Morin le soulignait suite à des analyses longitudinales de recensement.Les analyses des entretiens des résidents des banlieues périurbaines de ma collègue sociologue Andrée Fortin du GIRBa ont bien montré que les parents désirent un contact avec la nature pour les enfants et des voisins du même âge pour jouer dans des cours sécuritaires et supervisées.À l'adolescence, ils se transforment en taxi pour accompagner ou reconduire leurs enfants à leurs activités.Les jeunes adultes, quant à eux, découvrent le prix de la distance pour se rendre au cégep ou à l'université.'i% : i V- ' Cr%.t.».y ¦¦ \\ , è, \u2022*?Image de déboisement de forêt et de défrichage de terres agricoles en périphérie de la Communauté métropolitaine de Québec 17 DIX MYTHES SUR LA BANLIEUE MYTHE NUMÉRO 5 LES BANLIEUES SE VIDENT VERS LE CENTRE-VILLE LE JOUR ARQ : Les banlieues dortoirs, comme on disait de celles qui se sont développées dans les années 1950 et 1960 et qui se vidaient de ses travailleurs le matin.Cette expression colle-t-elle toujours à la réalité?Carole Després : Non, pas du tout, dans le cas des banlieues de 1re couronne bien que cela varie selon la localisation géographique.Plusieurs sont devenues, avec les années, d'importants pôles commerciaux et d'emplois.Pensons à Sainte-Foy qui est le 2e plus grand pôle d'emploi après la Colline parlementaire.Au GIRBa, nos analyses des déplacements des résidents de la CMQ de l'enquête «Demain Québec» montrent que, dorénavant, un nombre important de résidents quittent chaque matin un quartier central pour aller travailler dans une banlieue, ou une banlieue pour aller travailler dans une autre banlieue.Comme les transport collectifs sont pensés pour servir le navettage traditionnel des banlieues vers le centre le matin et vice-versa le soir, nous avons identifié des navettes éprouvantes pour bon nombre de travailleurs qui ne disposent pas d'un accès automobile.Des ajustements au Réseau de transport de la Capitale de Québec, se réalisent en ce sens avec l'ajout de nouveaux parcours vers ces pôles d'emploi de banlieue.MYTHE NUMÉRO 6 LES BANLIEUES VIDENT LES CENTRES-VILLE ARQ : On entend souvent que les familles du centre-ville quittent pour s'établir en banlieue.Qu'en est-il?Carole Després : En fait, c'est un peu ce que nous nous attendions à trouver dans notre enquête sur les résidents du périurbain (notre livre La banlieue s'étale.Nota bene, 2011).Or, nos analyses suggèrent que ce n'est pas tout à fait juste.D'une part, les personnes qui ont grandi en ville et ont vécu une expérience résidentielle positive auront tendance à y demeurer, idem pour ceux qui ont grandi en banlieue ou en campagne.C'est le concept d'identité territoriale ou de «settlement-identity» développé par l'architecte et psychologue de l'environnement Roberta Feldman aux États-Unis.Parmi les nombreux jeunes adultes qui viennent étudier à Québec ou à Montréal et habitent les quartiers centraux pendant leurs études, plusieurs déménageront dans des milieux qui ressemblent à celui où sont leurs racines une fois le diplôme obtenu ou l'envie de fonder un foyer.Le même concept d'identité territoriale explique le phénomène inverse que nous avons observé.En effet, nous avons trouvé beaucoup de résidents du périurbain qui étaient nés dans des villages voisins ou la campagne proche, ou qui y avaient fréquenté un chalet pendant des années.À notre étonnement, nous avons aussi rencontré plusieurs personnes qui arrivaient de régions plus éloignées comme la Côte-Nord ou le Bas-du-Fleuve pour se rapprocher d'un emploi, des services, ou de petits-enfants suite à leur retraite.N'ayant jamais vécu dans une grande ville, ces jeunes et moins jeunes souhaitaient être près du centre-ville sans y vivre, désirant davantage retrouver le rapport à la montagne, à la forêt ou au fleuve de leur milieu d'origine.C'est donc dire que, dans le cas de Québec que nous avons étudié, les banlieues videraient plutôt les campagnes que le centre-ville! Pour Montréal, je n'oserais pas m'avancer, la variable ethnoculturelle influençant possiblement le rapport à la ville des plusieurs immigrants.ARQ, ARCHITECTURE-QUÉBEC FÉVRIER 2014 18 tjtft DEMAIN QUÉBEC\ta B LAVAL Une enquête pour informer l\u2019aménagement de nos viHes 6 TYPES DE PRÉFÉRENCES RÉSIDENTIELLES Logements désirés Voisinages désirés TYPE 1 Banlieue campagne TYPE 2 Banlieue suburbaine Qi [\u20222] f ¦ 1 »^i ûûiîl C3ÛIÎ1 \tTYPE 3 Banlieue urbaine\t£2] Û\t\t\t&\t\t \tTYPE 4 Ville à trois paliers\tH\t¦ ¦ ¦ ¦ ¦ ¦ m\t\t\t\t \tTYPE 5 Ville effervescente\tIl 11\t\t\t\t\tœipipwiiii \tTYPE 6 Ville dense\tü m\tH\ti\ti\t1\t Résultats de l'enquête Demain Québec 1 MYTHE NUMÉRO 7 AVEC DES BÂTIMENTS VERTS DE QUALITÉ, LES BANLIEUSARDS CHOISIRONT LA VILLE ARQ : Les architectes rêvent d'éduquer les banlieusards à des modes de vie plus urbains, en lien avec des visées de développement durable.Est-ce possible?Carole Després : Il n'est pas simple de changer un modèle culturel qui s'est construit sur plusieurs générations, ce que notre enquête «Demain Québec» auprès des résidents de la CMQ a confirmé.En effet, nous avons examiné les aspirations résidentielles de plus de 1000 répondants qui anticipaient déménager dans les 5 prochaines années.Nos analyses ont permis de dégager 6 profils d\u2019aspirations résidentielles dont 2 seulement accepteraient de vivre dans des bâtiments de plus de 3 étages.Ce sont 3 profils sur 6 qui désirent être propriétaires d'une maison de préférence individuelle dans un voisinage où dominent les maisons individuelles (avec une ouverture plus ou moins grande pour un jumelé ou une maison de ville, ainsi que pour un voisinage où il y aurait des triplex et walk-up selon les cas).Outre les couples avec enfants, on retrouve parmi ces répondants des couples sans enfants et des personnes seules.Les 3 autres profils sont plutôt urbains.Le 4e profil chercherait à se loger dans ce que j'appelle «la ville à trois paliers» c'est-à-dire qu\u2019ils habiteraient dans des triplex ou de petits collectifs comme on en retrouve dans les quartiers Limoilou ou Montcalm, ou l'équivalent du Plateau Mont-Royal à Montréal.Nous avons baptisé le 5e profil : « la ville effervescente ».On y retrouve notamment un groupe de retraités à la recherche d'habitations de 4 à 5 étages, mais aussi des personnes seules, des couples sans enfants et de colocataires désirant profiter des avantages de la vie urbaine et du centre-ville.Le 6e et dernier profil correspond à ce que nous aimons appeler «la ville n'importe quoi».Ce sont, par exemple, des étudiants qui accepteraient de se loger à peu près n'importe où (de la maison à la tour) à condition que le loyer convienne et soit abordable.Ces données sont loin de correspondre au marché plus central que l'on voit se développer.Nos résultats suggèrent de miser sur le développement de voisinage où domine une mixité d'immeubles de 3 étages et où se chevauchent divers modes de tenure.19 DIX MYTHES SUR LA BANLIEUE MYTHE NUMERO 8 FRONTIERES ft I II »' , *v!l MYTHE NUMERO 9 LE DEVELOPPEMENT DES BANLIEUES PEUT ETRE UN PROJET POLITIQUE ARQ : Dans certaines villes comme, par exemple Tapiola en Finlande une fondation a été créée pour constituer une maîtrise d'ouvrage qui achète les terrains, revend les lots, installe les équipements, choisit et rémunère les architectes.Tapiola est devenu un modèle reconnu et visité par le monde entier.Croyez-vous qu'une municipalité ici au Québec pourrait se servir d'un tel modèle?Carole Després : Je pense que c'est en partie ce que la ville de Québec tente de faire avec le projet d'écoquartier de la Pointe-aux-Lièvres.Le problème est que le premier réflexe des promoteurs est d'aller vers des types d'habitat comme des barres ou des tours pour atteindre de fortes densités.Or, aussi innovantes soient ces dernières du point de vue des technologies vertes, ces types d'immeuble sont aux antipodes de ce à quoi aspire la majorité des québécois.Les architectes ont un bon rôle à jouer pour développer des types d'habitats qui permettent d'atteindre des densités nettes de l'ordre de 100 logements à l'hectare tout en se rapprochant le plus possible des caractéristiques de la maison individuelle, ce que le triplex fait si bien (une entrée individuelle, un avant public, un arrière privé, etc.).De beaux défis s'offrent aux architectes dans cette avenue.Sans nier la valeur de ces projets, une option plus porteuse, à mon avis, serait d'apporter des modifications à la Loi sur l'aménagement et l'urbanisme pour permettre la division de lots de banlieue.Le cadre règlementaire actuel gèle un immense potentiel foncier.Le propriétaire d'une maison individuelle pourrait ainsi vendre la bande latérale de son terrain pour permettre la construction d'une petite maison de ville.Tout le monde y trouverait son compte : un gain en argent pour le propriétaire vieillissant, un terrain abordable pour des acheteurs éventuels, des dollars de taxes pour les municipalités.Et cela sans compter que cela tire parti d'une infrastructure de rues déjà en place qui fournissait à l'origine des services à des familles de 4 enfants.Quelle belle opportunité pour des architectes de travailler au développement de modèles standardisés (comme l'étaient les bungalows), voire préfabriqués.Ajout latéral d'une petite maison à un bungalow IL N\u2019Y A PLUS DE TERRAINS DISPONIBLES POUR DENSIFIER LA BANLIEUE ARQ : Depuis ses tout débuts, le GIRBa prône la requalification des vieilles banlieues plutôt que la poursuite de l'étalement urbain, y a-t-il vraiment un poten tieI pour densifier la banlieue sans nuire à l'image que les gens aiment de ces milieux?Carole Després : Outre l'option citée dans ma réponse à la question précédente, les vieilles banlieues recèlent des terrains sous-utilisés qui pourraient devenir des opportunités pour le développement.Avec mes collègues Geneviève Vachon et GianPiro Moretti, ainsi que nos étudiants à la maîtrise en architecture, nous en avons exploré plusieurs.Pensons aux nombreux terrains de balle-molle alors que les enfants sont dorénavant peu présents dans ces milieux.On pourrait y localiser de nouvelles options de logement pour les aînés qui veulent vieillir dans leur quartier à défaut de pouvoir entretenir leurs bungalows qu'ils pourraient revendre aux plus jeunes.On pourrait aussi y installer au rez-de-chaussée des services de proximité pour l'ensemble du voisinage, un arrêt de bus adapté et chauffé.Que dire des vastes stationnements entourant les petits centres d'achat de banlieue dont plusieurs vivotent avec la compétition des grandes surfaces commerciales en périphérie?Un autre exemple est le potentiel foncier qui dort autour des écoles polyvalentes dont le nombre d'étudiants n'est souvent plus que la moitié, voire le tiers de ce qu'il était à l'origine.Les commissions scolaires, ayant besoin de fonds pour rénover ces écoles qui ont pour plusieurs plus de 40 ans, pourraient ainsi y trouver leur profit.Autant d'opportunités dans ces banlieues de première génération pour édifier des modèles d'habitation susceptibles de satisfaire les besoins de jeunes familles désirant accéder à la propriété, mais aussi de baby- boomers à la recherche d'alternatives qui s'inscrivent dans la continuité de leurs aspirations résidentielles.Densification d'un terrain de polyvalente ARQ, ARCHITECTURE-QUEBEC FEVRIER 2014 MYTHE NUMÉRO 10 IL EST IMPOSSIBLE DE RAPATRIER DES BANLIEUSARDS EN VILLE n fr- is a is e ît li- n- é- it 'S n e P- ÎS ÎC é- jr u- e.ît n- )i- ?s à le ! ARQ : Croyez-vous qu'il soit possible de rapatrier ies banlieusards au centre-ville ?Carole Després : Tant qu'on n'offrira pas des types d'habitations qui séduisent les populations qu'on veut ramener dans les centres-villes, je pense en effet que l'idée d'un rapatriement est illusoire.Par exemple, aujourd'hui, on construit des tours de dix étages, qui plus est, avec des logements qui ne sont pas abordables pour l'acheteur moyen et n'offrent rien des qualités recherchées dans l'habitat de faible densité.Les promoteurs font grand état de technologies vertes qu'ils utilisent, ou d'une structures de bois innovante, mais ce n'est pas ce qui attirera le banlieusard à la recherche d'un logement qui soit un compromis acceptable sur une maison.C'est à se demander si ces projets sont au service de la technologie plutôt que des gens qui vont les habiter.Il ne s'agit pas de construire des banlieues en ville mais de construire un habitat qui reproduit certaines qualités fondamentales des habitations de banlieue (entrées individuelles, logements «traversants» offrant une double orientation, accès à des petites cours).Des bâtiments de facture modeste avec accès à des petits jardins seront beaucoup plus attrayant que des tours d'habitation qui n'attirent en réalité que les «vrais urbains».Même les urbains de passage comme les étudiants ou les jeunes diplômés ne peuvent s'offrir ces condos! Des maisonnettes de deux étages superposés, des triplex bonifiés, des maisons de ville à front étroits, autant de solutions permettant d'atteindre des densités pouvant aller jusqu'à 100 et 120 logements à l'hectare, ce qui correspond au quartier Montcalm ou au Plateau, mais aussi aux plus beaux quartiers des grandes villes comme Boston.La création de nouveaux prototypes d'habitats qui correspondent aux désirs et aux moyens financiers des jeunes en particulier demeure aujourd'hui le principal défi lancé aux architectes dans le domaine de l'habitation.the difference différence / discover découvrez la Systèmes architecturaux - Portes étfenêtres àlümihlüfih 3425, boul.Industriel, Montréal, QC Ht H 5N9 514-955-4135 / 866-955-4135 info@alumilex.com / www.alumilex.com Développement d'un terrain vacant \u2014 logements traversants mfâm jâr Af I44 îowments rtares da terrain K MKj.33 \u2018 CM.«JM il.V SU r !0 21 PRODUIRE EHABITAT À LA PETITE SEMAINE ET À LA BONNE FRANQUETTE Gérard Beaudet, urbaniste émérite, professeur titulaire, institut d'urbanisme CHERCHEUR ASSOCIÉ, OBSERVATOIRE DE LA MOBILITÉ DURABLE ET OBSERVATOIRE IVANHOÉ CAMBRIDGE DU DÉVELOPPEMENT URBAIN ET IMMOBILIER Le Québec compte de nombreuses réalisations exemplaires de différentes époques tant en ce qui concerne les résidences unifamiliales, que les petits ensembles intégrés dans des milieux bâtis ou construits dans des espaces en voie d'urbanisation, ou que les édifices à logements et les tours résidentielles.Les exemples de voisinages étendus qui proposent autre chose qu'un plan de lotissement plus ou moins original sont en revanche relativement rares.Encore aujourd'hui, les voisinages résidentiels restent les parents pauvres de la conception de l'habitat.Les causes en sont nombreuses : retards du Québec en matière d'urbanisme, passivité et modestie des attentes des municipalités, quasi-absence ou peu de grands promoteurs immobiliers dans le secteur résidentiel, pérennité d'une production à caractère artisanal, prédominance, chez les professionnels francophones, de la commande architecturale de l'Église puis de l'État et de ses mandataires.Or, dans un contexte où s'imposent les impératifs du développement durable, de l'augmentation des densités, de la mixité sociale et fonctionnelle, des rapports de proximité, de la mobilité active et de l'éco-conception, on peut se demander si des changements se profilent à l'horizon.Mais, pour répondre à cette question, encore faut-il connaître l'état de la situation.C'est ce à quoi s'attardera le présent survol1 de réalisations passées dont on doit constater qu'elles n'ont guère réussi à instaurer une tradition.DEUX SIÈCLES DE PROJETS ET DE RÉALISATIONS EXTRÊMEMENT DIVERSIFIÉES Daté de 1806, le plan de lotissement du fief Griffintown tracé par l'arpenteur Louis Charland constitue un des premiers exercices de planification d'un milieu résidentiel.La grille de rues, plus régulière que celle du bourg, tant par sa configuration que par leur largeur, y présente de nombreuses intersections à angle droit.2 Les îlots sans ruelle et d'égales profondeurs sont subdivisés en lots de dimensions constantes, exception faite des îlots périphériques.Un square s'ouvre au coeur du secteur.Si des résidents y élisent rapidement domicile, l'arrivée d'entreprises industrielles, dès la fin des années 1810, et la construction du canal de Lachine, à compter de 1821, scellent la vocation du lieu pour de nombreuses décennies.Griffintown sera le premier faubourg industriel de Montréal.Aménagée à partir des années 1840, là où se dresse aujourd'hui le cœur du centre-ville de Montréal, la New Town constitue un autre exemple précoce de planification intégrée d'un milieu résidentiel.Le projet fait écho à la ville nouvelle d'Édimbourg, dont la conception remonte à la fin du XVIIIe siècle.Articulé à trois squares reliés par des avenues plantées, doublées par des ruelles, le plan transpose à Montréal une formule qui fera la fortune de l'urbanisme géorgien.Loin de se réduire à un simple plan de lotissement, cette réalisation introduit plusieurs innovations, dont la ruelle, et mobilise également une nouvelle typologie architecturale \u2014 la terrace \u2014 qui conférera à cette première banlieue montréalaise fière allure.3 Plusieurs attributs de la New Town seront ultérieurement repris par les promoteurs d'autres quartiers élégants de Montréal, notamment le square, la ruelle et les alignements en retrait autorisant l'aménagement d'un petit parterre en façade.Mais, à Montréal, Outremont, Québec?quartier Montcalm \u2014 ou Sherbrooke?quartier Vieux-Nord \u2014 on se contente habituellement de tracer des plans de lotissement identifiant parcs et espaces verts et d'adopter quelques règles de zonage et de construction.4 La Grande-Bretagne fera à nouveau sentir son influence au début du XXe siècle.Familier de la manière dont Raymond Unwin et Barry Parker ont concrétisé le concept de cité-jardin élaboré Ebenezer Howard5, Thomas Adams concevra, à la demande d'une papetière souhaitant s'implanter au Témisca- Un TOD avant la lettre.Le plan de Ville Mont-Royal témoigne de l'influence de la banlieue-jardin britannique.Mais la présence d'immeubles à logements aux abords de la gare et du parc qui la jouxte montre également le rôle joué par la desserte ferroviaire dans la naissance, la conception et le développement de cette banlieue montréalaise du début du siècle dernier.(Photo G.Beaudet) .'Cr.à*' ARQ, ARCHITECTURE-QUÉBEC FÉVRIER 2014 22 mingue, un ambitieux projet de ville nouvelle.La proposition, présentée en 1917, adapte les tracés viaires à la topographie et distribue de manière stratégique les habitations unifamiliales ou groupées dont les plans ont été réalisés par les architectes Ross et Macdonald, puis par W.L.Sommerville.Quelques années auparavant, la Canadian Northern Railway avait lancé le projet de la ville nouvelle de Mont-Royal.Le plan, conçu par l'architecte paysagiste F.G.Todd, combinait un tracé orthogonal, des voies diagonales convergeant vers le centre-ville et un parcours sinueux reliant de petits espaces verts, des parcs et les emplacements d'équipements institutionnels placés à mi-distance entre le centre et la périphérie.Si ce plan se démarquait de la trame orthogonale qui prévalait ailleurs dans l'île de Montréal, l'architecture des différents types de bâtiments résidentiels restait passablement conventionnelle.La distribution des densités, plus élevées à distance de marche de la gare, témoignait néanmoins d'une prise en considération de l'importance que devait jouer le transport ferroviaire dans le développement de la ville.En 1925, l'urbaniste H.B.Brained dessine pour l'Alcoa les plans de la ville nouvelle d'Arvida.D'une superficie de quelque 2 400 ha, cette ville de compagnie doit loger les employés de l'entreprise qui construit à proximité une aluminerie.Le plan combine les préceptes du mouvement City Beautiful et de l'unité de voisinage élaborée par C.A.Perry au début des années 1920.Les résidences, dont la conception intègre plusieurs innovations, sont rapidement érigées grâce à la préfabrication de nombreuses composantes et à une gestion taylorisée du chantier.6 L'unité de voisinage est aussi à la base de la conception du quartier Norvick, construit en 1942 à ville Saint-Laurent.Il s'agit d'une des 165 réalisations du programme Wartime Housing destiné à loger les ouvriers d'usines de guerre.Les 400 maisonnettes unifamiliales préfabriquées, dotées d'équipements dont sont toujours dépourvus de nombreux logements construits avant la Première Guerre mondiale, s'y dressent en retrait des voies de circulation, au tracé plus ou moins incurvé, réservées à la circulation locale.Les îlots du cœur du dispositif sont affectés aux équipements collectifs.Également aménagée à l'écart des aires urbanisées avant la crise des années 1930, la cité-jardin du Tricentenaire (1942) était un projet coopératif destiné à offrir une alternative aux plex montréalais traditionnels.Les variantes du projet empruntent à différentes sources, en particulier Radburn, cette banlieue résidentielle du New Jersey construite à compter de 1929 et dont la conception repose sur la ségrégation des circulations piétonnières et véhiculaires et sur l'aménagement de mégaîlots desservis par des rues strictement locales.Maisons canadiennes et «chalets suisses» confèrent à cette réalisation son pittoresque7 tandis que le choix des essences végétales assure une certaine homogénéité paysagère.Peu connu, notamment parce qu'il ne s'est jamais concrétisé, le projet de cité-jardin de Villeray élaboré par l'urbaniste Jacques Gréber en 1935 traduit également une volonté de rompre avec la grille orthogonale montréalaise.Bien que s'inspirant des mêmes sources?la cité-jardin britannique et le mouvement City beautiful1., le plan d'ensemble de ce vaste quadrilatère de plus de 200 ha est plus complexe que celui de ville Mont-Royal.La mixité des typologies résidentielles retenues?maisons individuelles, maisonsjumelées et en rangée et immeubles à logements \u2014 définit par ailleurs une densité plus élevée que dans la plupart des projets coopératifs réalisés dans les décennies suivantes.Les projets de Mont-Royal, d'Arvida, de Norvick et des cités-jardins de Villeray et du Tricentenaire préfigurent, chacun à sa manière, la banlieue pavillonnaire d'après-guerre, notamment en raison de leur implantation à l'écart des périmètres déjà urbanisés et de la prédominance de la résidence unifamiliale.Le il II V Rue principale de banlieue.Les planificateurs du faubourg Laudance ont souhaité conférer une certaine autonomie à ce nouveau quartier de la banlieue de Québec en le dotant d'un petit centre commercial reprenant, avec une liberté de conception assumée, certaines des caractéristiques de la rue principale traditionnelle.Situé à l'écart de grandes voies de circulation, la rue du Campanile ne jouit malheureusement pas d'une grande visibilité, ce qui peut expliquer, du moins en partie, que cette réalisation ait eu relativement peu d'impacts sur d\u2019autres projets.(Photo Jean Mercier) PRODUIRE L'HABITAT À LA PETITE SEMAINE ET À LA BONNE FRANQUETTE soin apporté au plan d'ensemble et le caractère non exclusivement résidentiel distinguent toutefois ces réalisations de l'ordinaire de la production périurbaine des années d'après-guerre.Le projet du Parc de la falaise, réalisé à compter de 1948 à Sillery, demeure une des rares exceptions.Cet ensemble de 180 résidences, conçu par les urbanistes Gréber et Fiset et les architectes Béland, Dumais, Roy-Rouillard et Venne, se définit comme une unité de voisinage desservie par un petit centre commercial, un centre de loisirs8, un stationnement intérieur collectif,9 ainsi que par des parcs et des terrains de jeux.Si un immeuble à logements a été construit au coeur du voisinage, on y trouve surtout des résidences unifamiliales dont la sobriété et l'homogénéité de composition constituent un des caractères distinctifs du projet.À Montréal, les Habitations Jeanne-Mance constitueront une autre exception.Cet ensemble construit à compter de 1957 aura en effet été le seul véritable projet de rénovation urbaine québécois.Lancé dans le sillage de l'adoption du plan Dozois10, il visait l'éradication des taudis de la partie du faubourg Saint-Laurent connue sous le nom de Red Light.Les quelque 800 logements dessinés pari.Maclennan sont répartis dans des tours, des barres et des maisons en rangée conçues et implantées en conformité avec les préceptes des CIAM sur un site qui avait préalablement été l'objet d'une vaste opération de démolition, d'un remembrement foncier et d'une modification du réseau viaire.Quoique de moindre envergure, le projet Benny Farm, dessiné au lendemain de la Seconde Guerre mondiale par H.J.Doran pour la société Housing Entreprises of Canada Ltd, consistait en un ensemble résidentiel de 384 unités qui répondait également aux règles formulées dans le cadre des CIAM, notamment en ce qui concerne la disposition libre des bâtiments par rapport à la rue et la double exposition des logements, dont l'organisation intérieure n'a plus rien à voir avec celle du plex montréalais.Un peu plus d'une décennie après l'inauguration du chantier des Habitations Jeanne-Mance, les architectes Bobrow et Fielman réalisaient, avec les Habitations Boyce-Viau, un ensemble résidentiel particulièrement réussi.La quinzaine de bâtiments abritant quelque 200 logements sont disposés de manière à définir un front architectural sur rue et à encadrer une succession de cours intérieures de belles dimensions.Quant aux logements, ils ont été l'objet d'attentions particulières qui leur confère des qualités inhabituelles considérant qu'il s'agit de HLM.Le projet le plus ambitieux de l'époque aura été celui de l'île des Soeurs.Évoquée dès le milieu des années 1950, la création sur cette île d'une superficie de 374 ha d'une ville nouvelle est rendue possible par l'inauguration du pont Champlain au début des années 1960.Pilotée par une entreprise dont le siège social était à Chicago, cette réalisation visait d'emblée un marché locatif.Les tours et les barres étaient implantées librement dans des méga-îlots desservis par des voies piétonnières entièrement désolidarisées du réseau routier.Les typologies architecturales retenues permettaient de libérer un pourcentage élevé d'espaces verts, d'où le vocable de cité-jardin utilisé par les promoteurs.À terme, les 15 000 logements projetés devaient accueillir 45 000 habitants répartis en trois grandes unités de voisinage.Le projet initial est toutefois graduellement abandonné au profit d'une certaine improvisation qui explique le caractère passablement hétéroclite de l'ensemble.Ce sera là le dernier grand site non urbanisé du cœur de Montréal à être l'objet d'un projet résidentiel intégré.Désormais, il faudra compter sur la ressaisie des friches pour alimenter le processus de reconstruction de la ville sur elle-même.Même si les ateliers Angus ne furent définitivement fermés qu'en 1991, la conversion d'une partie de l'immense site est envisagée dès le milieu des années 1970.Des citoyens et des organismes du quartier Rosemont s'opposent toutefois aux visées du Canadien Pacifique qui entend construire un méga centre Erreur sur la personne.Souvent présenté comme exemple de TOD (Transit-oriented development), le secteur de la gare de Sainte-Thérèse offre plutôt le triste spectacle d'un immense vide constitué de rues, de voies d'accès, de stationnements incitatifs, d'un débarcadère pour autobus, de quais d'embarquement et d'une emprise ferroviaire, en périphérie duquel ont été construits des immeubles résidentiels conçus sans liens les uns avec les autres.(Photo G.Beaudet) p j w* Vj «HBSIÜI ; RU ARQ, ARCHITECTURE-QUÉBEC FÉVRIER 2014 commercial.Une fois ce projet abandonné, un débat mobilise ceux qui souhaitent que la trame résidentielle des quartiers avoisinants soit simplement prolongée et ceux qui privilégient la conception d'un voisinage autonome.Si les tenants de la poursuite de la trame traditionnelle ont gain de cause dans la partie de la propriété située à l'est du boulevard Saint-Michel, il en sera autrement lorsque le Canadien Pacifique lancera, suite à la fermeture définitive des installations au début des années 1990, la deuxième phase du projet de réaménagement.On découvre en effet à l'ouest du boulevard Saint-Michel une petite enclave résidentielle qui a peu à voir avec les milieux environnants.Même si plusieurs bâtiments résidentiels se déploient en pourtour de petits espaces verts, le plan d'ensemble reste toutefois passablement conventionnel.À la même époque, l'emplacement de l'ancien aéroport de Cartierville, d'une superficie de 200 ha, est également recyclé à des fins résidentielles.Le projet Bois-Franc, dont le plan a été conçu par le designer urbain Louis Sauer de la firme Daniel Arbour & associés, est une réalisation caractéristique du Nouvel urbanisme.Les bâtiments résidentiels, d'architecture néo-traditionnelle, s'y dressent en bordure ou en voisinage rapproché de nombreux espaces verts, dont certains adoptent les attributs des petits squares des villes coloniales de la Nouvelle-Angleterre.Le quartier, toujours en développement, compte aujourd'hui près de 10 000 habitants.Les concepteurs de la rue du Campanile en banlieue de Québec \u2014 Gauthier, Guité Roy ; d'Anjou, Bernard, Mercier, Moi-san \u2014 ont également opté, au milieu des années 1980, pour un parti traditionnel, soit celui de la rue principale des petites villes de province.Il s'agit toutefois plus d'une réinterprétation urbanistique et architecturale que d'une banale copie.D'une architecture diversifiée et d'une grande sobriété, les bâtiments à vocation mixte encadrent efficacement une rue où les circulations piétonnes et véhiculaires cohabitent harmonieusement.Cette rue d'une longueur de quelque 150 mètres polarise un quartier résidentiel \u2014 le faubourg Laudance.Les unités de voisinages offrent une grande diversité de résidences et sont distribuées de telle sorte que les plus fortes densités soient situées aux abords du cœur commercial et d'autres équipements collectifs, dont une école.DES AVANCÉES RÉCENTES TIMIDES La phase II du projet Angus, le faubourg Laudance et le quartier Bois-Franc ont été planifiés et mis en chantier au moment où de nouvelles conceptions urbanistiques émergeaient, en particulier, le Nouvel urbanisme, né au début des années 1980 d'une critique radicale de l'architecture et de l'urbanisme modernistes, ainsi que le Transit-oriented development (TOD), qui privilégie une meilleure intégration de la mobilité dans la démarche urbanistique.Le dépôt, en 1987, du rapport Brundtland sur le développement durable favorisera par ailleurs la diffusion du concept d'écoquartier à compter du début des années 1990, d'abord en Europe puis de ce côté-ci de l'Atlantique, où les certifications environnementales, lancées à la fin de la même décennie11 visaient également un changement dans les pratiques de construction et d'aménagement.De prime abord, on serait porté à croire que le paradigme du développement durable et les nouvelles pratiques qui s'en réclament favoriseraient une approche plus globale et plus intégrée du développement résidentiel.C'est notamment ce que suggèrent les publications récentes de l'organisme Vivre en ville et certains documents de sensibilisation élaborés par les professionnels du ministère des Affaires municipales, des régions et de l'occupation du territoire ou de la Société canadienne d'hypothèques et de logement.Dans les faits, les pratiques des deux dernières décennies sont demeurées passablement conventionnelles.C'est le cas, entre autres, du faubourg Boisbriand, aménagé sur une trentaine d'hectares de quelque 97 ha de l'ancien site de l'usine GM.La volonté d'obtenir une certification LEED a incité les \" » « B® Quand on n'a de faubourg que le nom.Le faubourg Boisbriand occupe une partie de l'immense emplacement libéré par la fermeture de l'usine de montage automobile de la GM.Même si le projet s'est vu attribuer la certification Leed ND, sa localisation en couronne nord aux abords d'un carrefour autoroutier et le voisinage d'un immense Power Center montrent à quel point il est difficile de rompre avec la dépendance automobile aussitôt qu'on s'éloigne des quartiers centraux montréalais.Quant à l'architecture des immeubles, caractéristique d'un courant néotraditionnel qui a cours depuis plusieurs années, elle témoigne du conservatisme de l'offre immobilière.(photo G.Beaudet) m aSP-l! ¦s* ,B Ipti m m 1.1 \u201d r » «a Un urbanisme à la carte.Le projet de redéveloppement du secteur Grifîntown constitue une illustration éloquente des conséquences d'une absence de leadership de la part de la Ville de Montréal.L'obsession des retombées fiscales a favorisé la relégation du service d'urbanisme au rôle de faire valoir, les promoteurs immobiliers s'imposant d'emblée comme les véritables maîtres d'œuvre de la reconversion de cet ancien quartier industriel.D'où la médiocrité de la conception d'ensemble et des espaces publics.(Photo G.Beaudet) 25 PRODUIRE L'HABITAT A LA PETITE SEMAINE ET A LA BONNE FRANQUETTE concepteurs de la firme Daniel Arbour & associés à introduire plusieurs préoccupations environnementales, par exemple en ce qui concerne les eaux de ruissellement, la marchabilité du quartier et la proportion d'espaces verts '2.Si la disposition des bâtiments vise à créer des espaces extérieurs bien définis, les typologies résidentielles et le traitement architectural ne se démarquent guère de la production courante.Bien qu'ils soient qualifiés d'écoquartiers, les projets de la Pointe-aux-Lièvres et de la Pointe-D'Estimauville lancés par la Ville de Québec en 2010 sont essentiellement des plans d'ensemble reflétant, à l'instar des projets qui visent la certification LEED ND, les préoccupations environnementales de l'heure.L'architecture résidentielle annoncée, qui semble rester subordonnée aux pratiques usuelles du marché, n'apparaît guère en mesure de proposer quoi que ce soit de comparable aux innovations qui caractérisent la plupart des écoquartiers européens.On ne fait guère mieux dans le dossier des TOD.Bien que souvent cités en exemples, les projets de Sainte-Thérèse et de Saint-Hilaire sont en effet des applications édulcorées du concept, les stationnements incitatifs attenants aux gares ferroviaires occupant les espaces stratégiques théoriquement destinés à l'habitat de forte densité et aux équipements commerciaux et collectifs.Jusqu'à présent, l'appellation semble davantage répondre d'un exercice de marketing que d'une véritable transformation des pratiques immobilières.Lancé en grande pompe il y a un peu plus de deux ans par la Ville de Terrebonne, le projet Urbanova semble vouloir se démarquer, notamment par son étendue (1 250 ha), ainsi que par la superficie et le pourcentage d'espaces protégés (463 ha, soit 37% de la superficie totale).Les 10 unités de voisinage planifiées devraient totaliser quelque 12 000 unités de logement, pour une densité moyenne de 30 logements à l'hectare aménageable.Une vingtaine de parcs, 6 écoles primaires, 2 écoles secondaires et 25 centres de la petite enfance ont également été prévus.La desserte par transport collectif et la mobilité active ont également été d'emblée prises en compte par les concepteurs.Rien n'indique toutefois que l'innovation architecturale sera au rendez-vous.Au moment où les plans métropolitains d'aménagement et de développement des communautés métropolitaines de Montréal et de Québec cherchent à imposer un changement de cap, en particulier en ce qui concerne les densités résidentielles, force est de reconnaître que le conservatisme qui caractérise la conception et la production de l'habitat constituera un obstacle de premier plan à l'atteinte des objectifs mis de l'avant par les PMAD.D'autant que le concept même de densité est plutôt mal accueilli dans plusieurs milieux.Ne faudrait-il pas davantage tabler, en la circonstance, sur le leadership des municipalités?C'est à tout le moins la voie que suggèrent de nombreuses expériences étrangères.La passivité de la plupart des municipalités en regard de l'évolution de l'offre résidentielle et la manière désolante dont la Ville de Montréal s'est acquittée de ses responsabilités en matière d'urbanisme dans le dossier du réaménagement du quartier Griffintown, dont il a été question d'entrée de jeu du survol proposé, imposent toutefois un pessimisme critique.Mais n'est-il pas dommage qu'on doive aujourd'hui comme hier s'en remettre entièrement au bon vouloir et à l'initiative des promoteurs ?NOTES 1.\tUn certain nombre de monographies québécoises ont été consacrées à quelques villes et à bon nombre de projets urbains.Aucune synthèse ne documente cependant l'ensemble des réalisations qui ont contribué à façonner l'établissement humain.L'histoire de l'urbanisme québécois, au sens non restrictif du terme, reste à écrire, tout comme celle de la planification des milieux résidentiels.2.\tCe plan d'une grande originalité pour l'époque précède de quelques années le célèbre plan de Manhattan.3.\tLe déplacement de la bourgeoisie anglo-protestante vers les glacis du Golden Square Mile et de Westmount facilitera, à compter des années 1920, l'émergence du centre-ville de Montréal et aura pour conséquence la disparition de la plupart des témoignages architecturaux de cette réalisation phare.Elle n'en aura pas moins eu une influence certaine sur l'aménagement de plusieurs quartiers des années 1880-1930.4.\tEn imposant des gabarits de construction et l'usage de la pierre calcaire grise, la municipalité de Viauville (partie est de l'actuel quartier de Maisonneuve) visera une homogénéité architecturale qu'on ne découvre ailleurs qu'à l'échelle des petits ensembles architecturaux.5.\tAvant de s'installer au Canada, en 1914, Adams a été impliqué dans le projet de la cité-jardin de Letchworth, où il a travaillé à titre de gérant de chantier.6.\tOn parvient à ériger 270 maisons unifamiliales en seulement 135 jours.7.\tLes nombreuses difficultés auxquelles les responsables du projet seront confrontés en entraîneront la faillite.Seulement 167 maisons seront construites, soit moins du tiers de ce qui avait été prévu.8.\tConverti ultérieurement en logements.9.\tDans sa publicité, le promoteur faisait référence à la desserte en transport en commun.La voiture s'est toutefois rapidement imposée en mode quasi exclusif et de nombreux abris d'autos ont été greffés aux résidences.10.\tLa première version du rapport Dozois ciblait treize secteurs de taudis répartis dans les différents quartiers montréalais de l'ère industrielle.Finalement, seul un secteur du faubourg Saint-Laurent sera retenu dans la version révisée du rapport.11.\tLa certification LEED est la plus connue.Une certification LEED ND (pour Neighborhood Development) a été adoptee en 2009.12.\tLe quartier avoisine un vaste ensemble commercial de type Power Centre réalisé par le même promoteur, ce qui, aussi incongru cela puisse-t-il être, ne l'a pas empêché d'obtenir la certification LEED ND pour ce projet qui comptera 1 700 unités d'habitation.ARQ, ARCHITECTURE-QUÉBEC FÉVRIER 2014 26 *#ié as \u201e -sy- mmzm 5»! I !*¦ Ü^Srrr-i SsW& -nit) r | 3 ÉCOQUARTIERS AU QUÉBEC SE DONNER LES MOYENS DE NOS AMBITIONS Thomas Gérardin, urbaniste, conseiller législation et réglementation d'urbanisme à vivre en ville Malgré l'abondance de projets annoncés, dont plusieurs prometteurs, les écoquartiers québécois planifiés peinent à atteindre les plus hauts standards établis par les exemples internationaux reconnus.Au-delà du fait qu'il s'agisse pour les acteurs impliqués d'un changement de paradigme récent qui demande la maîtrise de nouvelles pratiques, il existe au Québec comme ailleurs certains obstacles à la mise en oeuvre d'écoquartiers qu'il convient d'aplanir si l'on veut se doter des moyens de nos ambitions.Vivre en Ville a pu, dans sa pratique, en identifier quelques-uns.GOUVERNANCE ÉCLATÉE L'écoquartier est la concrétisation des meilleures pratiques dans tous les domaines liés à l'urbanisme.En ce sens, son succès requiert la participation active et concertée d'un grand nombre d'acteurs.Si les fameux «silos» en planification tendent à se briser au profit de processus plus intégrés, les objectifs recherchés par les différents acteurs continuent parfois d'être difficilement réconciliables : les acteurs se parlent plus, mais ne se rejoignent pas toujours.L'enjeu des transports permet d'imager le phénomène : pour un même projet d'écoquartier, Transports Québec souhaitera capacité et fluidité routières ; la société de transport en commun cherchera à optimiser son achalandage et sa performance ; les services d'entretien et d'urgence voudront à limiter les obstacles ; les promoteurs privés, souvent chargés de la construction des rues, désireront réduire leurs coûts en standardisant et simplifiant les formes et les aménagements; tandis que la municipalité visera des rues animées et à circulation apaisée, ainsi qu'une desserte structurante en transports en commun.Ces objectifs sont tous valables, mais ils ne revêtent pas la même importance dans le contexte de la réalisation d'un écoquartier.Ils doivent en conséquence être hiérarchisés non pas en fonction du rapport de force entre les acteurs impliqués, mais plutôt de l'atteinte des plus hauts standards actuels.AVERSION AU RISQUE ET CONCURRENCE TERRITORIALE Les écoquartiers correspondent actuellement à un produit de créneau qui comporte sa part d'inconnu, exige une expertise particulière et présente un risque plus élevé pour les piomo-teurs et constructeurs.Ceux-ci préfèrent donc limiter ce risque en appliquant des modèles de développement urbain standardisés que l'industrie a participé à définir au fil des décennies.Cette inertie n'est une barrière que dans la mesure où les -autorités municipales ne disposent pas des capacités financières et professionnelles leur permettant de combler certaines lacunes du marché immobilier par des interventions stratégiques.Parmi celles-ci, on retrouve notamment l'acquisition de terrains ou de réserves foncières, la planification détaillée à l'interne (ce qui demande une solide expertise multidisciplinaire) la réalisation des espaces publics et, au besoin, de certains espaces partagés, afin d'en assurer la qualité.À ces responsabilités s'ajoute le poids financier de la prise en charge d'une partie des coûts d'opération du transport en commun au sein d'un écoquartier qui ne sera pas complété avant plusieurs années.Les finances précaires et la surreprésentation de la taxation sur la valeur foncière au sein de leurs revenus participent à l'aversion au risque des municipalités qui craignent, à tort ou à raison, de nuire à la croissance de leur assiette fiscale en perdant des occasions de développement économique au profit de voisines moins exigeantes.L'amoindrissement réel ou perçu du rapport de force entre les promoteurs et les municipalités limite la capacité de ces dernières à agir comme leviers d'un nouveau mode d'urbanisation.Jarla Sjo, Stockholm, Suède. ÉCOQUARTIERS AU QUÉBEC, SE DONNER LES MOYENS DE NOS AMBITIONS LIMITES LÉGISLATIVES ET SOUS-UTILISATION DU POTENTIEL RÉGLEMENTAIRE Un écoquartier réussi peut prendre bien des formes, et le succès d'un projet dépendra de l'attention portée aux détails.Ceux-ci incluent notamment les éléments de diversité architecturale et les proportions entre les gabarits et les espaces ouverts, la concordance entre les usages autorisés et la localisation des stations de transport en commun, le choix du mobilier urbain et sa localisation, ou encore la qualité et la fonctionnalité des aménagements des espaces publics.Une planification détaillée et des dispositions réglementaires spécifiques sont souvent cruciales, en particulier lorsque la municipalité n'est pas maître d'oeuvre.Malgré la très grande flexibilité des outils de planification et de réglementation à la disposition des municipalités, des limites émergent face aux nouvelles pratiques.Une municipalité ne peut, par exemple, réduire la vitesse autorisée sur une rue locale sous la barre des 30 km/h une limite qui découle déjà d'une dérogation à la norme de 50 km/h.De même, la rue partagée (au sein de laquelle aucun mode de transport n'a priorité sur les autres) ne fait pas partie de la hiérarchie routière reconnue.Dans ces deux cas comme dans d'autres, la municipalité doit passer par des moyens détournés, par exemple en amincissant les chaussées et en multipliant les aménagements sur rue afin de naturellement entraîner les automobilistes à ralentir.Le regroupement des aires de stationnement peut aussi présenter le défi d'un montage juridique complexe pour une municipalité décidant d'y recourir pour éviter, par exemple, de dédoubler les accès sur rue.En dehors de ces limites, les municipalités n'utilisent pas toujours leurs pouvoirs réglementaires à leur plein potentiel.Les objectifs et critères des règlements sur les plans d'implantation et d'intégration architecturale sont parfois peu précis ou peu exigeants, tandis que le recours au programme particulier d'urbanisme, un outil très puissant de planification détaillée, n'est pas assez répandu.Même le simple règlement de zonage offre des possibilités allant bien au-delà du coefficient d'utilisation du sol ou des marges minimales.La qualité et le détail de la réglementation sont aussi importants pour les projets d'éco-quartiers que pour le reste du territoire municipal : un trop fort décalage entre les deux participe souvent à isoler le projet d'écoquartier du tissu urbain qu\u2019il devrait aider à restructurer en s'y inscrivant, limitant d'autant sa capacité à atteindre son plein potentiel.VERS DE NOUVELLES NORMES D'autres obstacles s'ajoutent aux précédents, notamment ceux liés aux préférences culturelles nord-américaines (appréhension de l'urbain et priorisation des choix individuels et des espaces privatifs) ainsi qu'aux contextes climatiques (impératifs d'entretien et de durabilité, limites des transports actifs) et géographique (préférence pour les grands espaces et perception d'une ressource-sol infinie).Aucun des obstacles discutés, ni même leur somme, n'empêche la mise en oeuvre d'écoquartiers exemplaires au Québec.Des solutions novatrices ont déjà été mises de l'avant et d'autres continueront de l'être, contournant les obstacles avant que l'expérience collective et l'adaptation au contexte québécois des leçons issues des exemples internationaux ne génèrent de nouvelles normes en aménagement pour les aplanir définitivement.Muhlenviertel, Tübingen, Baden-Württemberg, Allemagne ARQ, ARCHITECTURE-QUEBEC FEVRIER 2014 REDECOUVREZ LE BOIS NORDIC GlaxoSmithKline - Çoaf.çhitectuFe Crédit photo : Stéphane Groleau 1 866 817-3418 | www.nordicewp.com ___\" DE LA PLANIFICATION À LA RÉALISATION DU PROJET, NOTRE ÉQUIPE VOUS ACCOMPAGNE.CERAMIQUE PORCELAINE ARDOISE PIERRE MOSAÏQUE PISCINES FACADES VENTILEES ERA "]
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