La vie des communautés religieuses /, 1 juin 1943, Juin-Juillet
Vol.I, n.10 MONTRÉAL Juin-Juillet 1943 SOMMAIRE DOCUMENTS PONTIFICAUX Page Adrien Malo Le front de la paix.289 BILLET MENSUEL DE VIE RELIGIEUSE Une Sœur de la Providence Là foie au service de Dieu.291 SPIRITUALITÉ Nérée-M.Beaudet Dom Édouard Lemieux LITURGIE Moïse Roy Communion aux malades.303 DIÉTÉTIQUE Sr Barcelo Autres maladies.305 Consultations — Chronique — Comptes rendus.TABLES.ADMINISTRATION- C.P.1515 (PL.D’ARMES) - RÉDACTION: 3113 AVE.GUYARDi MONTR É AL Nature des vertus théologales .296 La Présence de Dieu.299 La VIE des COMMUNAUTÉS RELIGIEUSES Publication des RR.PP.Franciscains du Canada Paraît le 15 de chaque mois, de septembre à juin, en fascicule de 32 pages.Abonnement: $1.25 par année.Rédaction : 3113, ave Guyard, Montréal.Administration : C.P.1515 (Place-d'Armes), Montréal.Enregistré au Canada comme matière postale de seconde classe.Cette revue est imprimée en vertu du certificat No 164 de la Commission des prix et du commerce en temps de guerre.Directeur R.P.Adrien-M.MALO, O.F.M.Conseil de direction S.Exc.Mgr J.-C.CHAUMONT, vicaire délégué pour les communautés religieuses.Mgr Ulric PERRON, vicaire délégué pour les communautés religieuses.Mgr J.-H.CHARTRAND, vicaire général.Secrétaire de rédaction R.P.Jogues MASSÉ, O.F.M.Administrateur-gérant M.J.-Charles DUMONT.Chargés de sections Histoire : T.R.P.Damase Laberge, O.F.M.Droit des religieux : R.P.Guy-M.Brisebois, O.F.M.Spiritualité : R.P.Nérée-M.Beaudet, O.F.M.Liturgie T.R.P.Jean-Joseph Deguire, O.F.M.Noviciat : R.P.Séraphin Benoît, O.F.M.Vocation : R.P.M.-Antoine Roy, O.F.M.Au service de l'Église : R.P.Raynald Comtois, O.F.M.Catéchétique : R.P.Fernand Porter, O.F.M.Comptes rendus : T.R.P.Georges-Albert Laplante, O.F.M.Chronique : Le secrétaire de rédaction.Consultations : R.P.Vivalde Massé, O.F.M.La Rédaction laisse à chaque auteur la responsabilité de ses articles.Nihil obstat : Imprimatur : Hadrianus MALO, O.F.M., f Josephus CHARBONNEAU Censor ad hoc.Arch.Marianopolitanua.Marianapoli, die 10 Junii 1943. DOCUMENTS PONTIFICAUX L€ fROnT D€ LA PAIX L ardente sollicitude de Sa Sainteté Pie XII pour le bonheur de 1 humanité lui a inspiré un appel émouvant à la conscience universelle.Il le lança la veille de Noël, de Radio-Vatican.Des accidents de transmission en avaient flétri la beauté.Le soin de S.E.Mgr I.Antoniutti, délégué apostolique, à nous le procurer dans son intégrité en permet la salutaire méditation.Il ne se trouvera aucun religieux qui ne veuille imprégner son âme des mots libérateurs de ce message de paix.Il contient un cri de ralliement pour tous ceux qui entendent mesurer à l’ampleur de l’universelle desolation la grandeur de leur mission et l’étendue de leur responsabilité.C est une croisade que demande Pie XII.Il la demande au nom des innombrables morts enterrés sur le champ de bataille en holocauste pour un ordre meilleur ; au nom de la multitude douloureuse des mères, des veuves, des orphelins privés de la lumière, de la force et du soutien de leur vie ; au nom des exilés arrachés a leur patrie et dispersés en terre étrangère ; au nom des milliers de personnes vouées à la mort ou à l’extinction progressive par le seul fait de leur nationalité ; au nom des femmes, enfants, infirmes, vieillards non-combattants que la guerre aérienne a meurtris de ses implacables horreurs ; au nom enfin du fleuve de larmes et d amertumes, de souffrances et de tortures accumulées par le déchaînement meurtrier de l’horrible conflit.Il y convoque les meilleurs de la chrétienté, vibrants d’un enthousiasme de croisés ; prêts à servir, à se dévouer comme les anciens croisés, il leur appartient de se grouper dans l’esprit de vérité, de justice et d’amour au cri de Dieu le veut ! de s’unir dans le vœu de ne se donner aucun repos jusqu’à ce que dans tous les peuples et dans toutes les nations devienne légion la troupe de ceux qui, décidés à ramener la société à l’inébranlable centre de gravitation de la loi divine, aspirent à se dévouer au service de la personne humaine et de la communauté anoblie en Dieu.Croisés volontaires d’une nouvelle et noble société, de la régénération morale et chrétienne, ils déclarent la guerre aux ténèbres d’un monde séparé de Dieu, à la froideur de la discorde entre frères.Ils forment le front de la paix ! Puisque les ruines de la guerre fournissent les preuves tragiques de l’incapacité de l’ordre actuel à procurer le bien du peuple, ils 290 LA VIE DES COMMUNAUTÉS RELIGIEUSES comprennent l’urgente nécessité d’un retour à une conception spirituelle et morale, sérieuse et profonde, réchauffée à la chaleur d’une vraie humanité, illuminée à la splendeur de la foi chrétienne.Cette conception tient en cinq maximes : Dignité et droits de la personne humaine, défense de l’unité sociale et en particulier de la famille, dignité et prérogatives du travail, reconstitution de l’ordre juridique, ordonnance de l’État selon l’esprit chrétien.La pratique de ces maximes fera lever et se reposer sur la société l’étoile de la paix avec son brillant éclat, son réconfort pacifiant et sa promesse d’un avenir meilleur, plus fécond et plus heureux.Plus que jamais sonne l’heure de la réparation, l’heure de secouer la lourde torpeur des idées fausses largement répandues ! Pas de gémissement sur ce qui est ou ce qui fut, mais reconstruction de ce qui se dressera et doit se dresser pour le bien de la société ! Tous à l’œuvre pour faire briller la splendeur des vérités célestes sur un monde plongé dans la nuit de tragiques erreurs ! Côte-des-Neiges, Montréal Adrien Malo, O.F.M.COMPTE RENDU Lajeunesse, S.E.Mgr Martin, O.M.I., Mgr Charlebois et les saintes règles.(Extrait des Etudes Oblates, [Richelieu, Scolasticat Notre-Dame], livraison juillet-septembre 1942).23cm.24pp.Cette brochure nous présente en Mgr Charlebois « l’homme du devoir ».Celui qui, jeune novice, traçait ces lignes : « Je suis venu ici pour me sanctifier » ne s’est pas démenti.Mais il avait un programme.« Pour exécuter ce plan, il me faudra une fidélité universelle et assidue à nos saintes règles ».Cette fidélité, il la garda toute sa vie et s’efforça de l’inculquer à tous ses missionnaires : prêtres et frères convers.Pour lui la règle était la première expression de la volonté de Dieu.Contrairement a l’énoncé du titre, l’A.ne nous laisse voir que l’aspect religieux de cette fidélité.On aimerait une courte biographie et plusieurs exemples illustrant les autres points de la règle.Les nombreux manuscrits, dont l’auteur est le dépositaire, permetteront un tel travail pour la plus grande gloire de Dieu et l’édification des communautés religieuses.Côte-des-Neiges, Montréal Jogues Massé, O.F.M.néCROLOGI€ R.P.Tharsicius Bouchard, O.F.M.— R.P.Louis-Arthur Pelletier, O.M.I.— R.F.René, C.SS.R.— R.F.Corentin, S.-C.— RR.SS.Sainte-Mechtilde, Saint-Gaspard, Des Chérubins, Saint-Amable, M.-Philomène Couture et M.Célina Cécilia Parent, C.N.D.— RR.SS.M.-Adèle Pigeon et M.-L.Berthe Jeannotte, S.G.M.— RR.SS.Sainte-Anita, et Marie des Séraphins, S.G.Q.— R.R.M.del Visitazione, F.M.M.— R.S.M.-Céline-de-la-Présentation, P.F.M.— RR.MM.Sainte-Marguerite-Marie et Sainte-Croix, A.H.M.J.— R.S.Marie Sainte-Pélagie, P.M.— R.S.Marie-André Beauchemin, C.F.J.— R.S.Sainte-Adélaïde, U.— R.S.Rose de L’Enfant-Jésus, D.E.J. BILLET MENSUEL DE VIE RELIGIEUSE Lfl JOI€ RU S6RVIC6 D6 DI6U Depuis que saint François de Sales a lancé cette spirituelle boutade : (( Un saint triste est un triste saint », on serait mal venu a croire que le service de Dieu est un éteignoir de joie .C’est tout le contraire.Mieux on sert Dieu, plus la joie devient rayonnante.Les hagiographes confirment cette vérité en nous présentant maints serviteurs et servantes de Dieu dont la vie abonde en traits joyeux et charmants, ce qui n’est pas pour en diminuer le mérite.« Quand on vit près des saints, écrit Louis Bertrand, à un rang si infime que I on voudra, on s’aperçoit bientôt que ce sont les plus aimables des créatures ».Parlant de la grande Thérèse d’Avila, « cette carmélite mortifiée jusqu’à l’anéantissement, qui possède un charme humain auquel il faut céder dès qu’on l’approche », il ajoute : « C’est une des saintes les plus souriantes, les plus joyeuses qu’on ait vues ».Ce qu’on dit de la Mère est également vrai de sa fille, Thérèse de Lisieux, qui était la bonne humeur même.Quand son tour de service a la vaisselle la retenait loin des récréations communes, elle manquait ; et les anciennes sœurs aussi bien que les jeunes ne cachaient pas leur désappointement : (( Alors, nous n’allons pas rire, aujourd’hui ! » disait-on.La petite Thérèse elle-même écrivait : (( On raconte de quelques saints qu’ils étaient sérieux, même en récréation.Je ne cherche pas à les imiter ; au contraire, j’ai une dévotion particulière au bienheureux Théophane Vénard ; c’est une âme qui me plaît, parce qu’il a beaucoup souffert et qu’il était gai toujours ».La joie dont nous parlons ici n’est évidemment pas dans le rire, encore moins dans la dissipation.Et même, une certaine gaieté exubérante, qui appartient surtout à la jeunesse, n’est pas toujours de bon aloi : la discipline religieuse ne s’en accommoderait pas, non plus que la vie intérieure.Hors les heures de récréation, qui font contrepoids à la gravité des exercices quotidiens et à la monotonie fatigante des emplois, la joie de l’âme religieuse se traduit par une douce quiétude, par une sérénité d’humeur dont sa physionomie et toute son activité doivent porter l’empreinte.Dans le train ordinaire de la vie commune, l’une des plus belles formes de charité envers le prochain est de se montrer à lui sincèrement joyeux. 292 LA VIE DES COMMUNAUTES RELIGIEUSES L’Église, qui tient école de sainteté, initie ses enfants à la joie.Empruntant les accents du prophète royal ou du grand Apôtre, elle leur répète : « Servez le Seigneur dans la joie.Réjouissez-vous dans le Seigneur en tout temps.Soyez toujours joyeux ».Sa liturgie du temps pascal est toute vibrante d’alleluias.Et comme si elle craignait qu’on oublie ou qu’on méconnaisse chez elle ce trait caractéristique, elle insère un dimanche de joie jusque dans l’austère période du Carême.Même le vendredi saint, alors que la douleur semble absorber tout autre sentiment, elle acclame le Dieu saint, le Dieu fort, le Dieu immortel, en présentant aux hommes la Croix sanglante comme une cause d’universelle jubilation.(( A vrai dire, le christianisme n’est que joie et l’Eglise, qui ne travaille qu’à faire des bienheureux, propage le bonheur dans la mesure où elle propage la sainteté ».(Mgr Gay.) On a défini la joie un écho de la vie de Dieu en nous.Definition profonde, taillée à même l’Evangile.Ecoutons Notre-Seigneur a la dernière Cène :
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