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Titre :
La vie des communautés religieuses /
Revue publiée à l'intention des membres des communautés religieuses catholiques. Elle aborde amplement les questions théologiques et vocationnelles et les enjeux d'adaptation aux changements sociaux. [...]

À consulter : Site Web de la revue, incluant un index de La vie des communautés religieuses (1942-2006).

Éditeurs :
  • Montréal :RR. PP. Franciscains du Canada,1942-2006,
  • Montréal :RR.PP. Franciscains de la Province St-Joseph au Canada,
  • Montréal, Québec, Canada :La vie des communautés religieuses,
  • Nicolet, Qué., Canada :publiée par un consortium de congrégations religieuses du Québec
Contenu spécifique :
Décembre
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque mois
Notice détaillée :
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La vie des communautés religieuses /, 1948-12, Collections de BAnQ.

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m iE a Communautés Religieuses Vol, 6, n.14 MONTRÉAL Décembre 1948 SOMMAIRE MOTU PROPRIQ S.S.Pie XII Primo féliciter, des Instituts Séculiers .417 RECRUTEMENT H.Garrouteigt Les obstacles.422 LITURGIE Clément Morin Le chant de cantiques à la messe 426 ÉDUCATION André-M, Ouillemette Instruction des enfants.428 DOGME Jean-Joseph Deguire La grâce d'état.430 COMMUNAUTÉ DE CHEZ NOUS B.-J.Babin, C.J.M.Les Eudistes.432 CONSULTATIONS COMPTES RENDUS TABLES GÉNÉRALES de septembre 1947 à décembre 1948.ADMINISTRATION- C.P.1515 (PL.D'ARMES) - RÉDACTION: 3113 AVE.GUYARD MONTRÉAL LA VIE des COMMUNAUTES RELIGIEUSES Publication des RR.PP.Franciscains du Canada Paraît le 15 de chaque mois, de janvier à décembre, en fascicule de 32 pages.Abonnement : $ 2.00 par année.Cette revue est imprimée en vertu du certificat No 164 de la Commission des prix et du commerce en temps de guerre.Autorisé comme envoi postal de la deuxième classe, ministère des postes, Ottawa.r.Rédaction : 3113, avenue Guyard, Montréal 26 - - Administration : C.P.1515, Place d'Armes, Montréal 1 Directeur : R.P.Adrien-M.Malo, O.F.M.Conseil de direction : _ S.E.Mgr J.-C.CHAUMONT, vicaire délégué pour les communautés religieuses.Mgr.J.-H ÇHARTRAND vicaire général.- Secrétaire : R.P.Juvénal Daoust, O.F.M.Administrateur-gérant : M.J.-Charles DUMONT.Imprimeurs et expéditeurs : Les Frères des Écoles chrétiennes.Nihil obstat : Imprimatur : Hadrianus MALO, O.F.M.- Albert VALOIS, V.G.Censor ad hoc.Marianopoli die 3a decembris - IMPRIMÉ AtJ CAN AO a.PRINTED IN CANADA 0s=£SS0se> 41 Les FRÈRES desÉ.C 959.rue Côté.Montréal LA Vl€ D€S communouTés r€ligi€us€s Vol.6, No 14 Montréal Décembre 1948 MOTU PROPRIO Primo féliciter — Des Instituts séculiers1 Une année s’est heureusement écoulée depuis la promulgation de Notre Constitution apostolique Pro vida Mater Ecclesia, et au spectacle de la multitude de tant d’âmes cachées (( avec le Christ en Dieu »2, qui dans le siècle aspirent à la sainteté et (( de grand coeur et de bon gré »3, consacrent joyeusement toute leur vie à Dieu dans les nouveaux Instituts séculiers, Nous ne pouvons Nous empêcher de rendre grâce à la divine Bonté d’avoir suscité cette nouvelle phalange, venue renforcer l’armée de ceux qui pratiquent les conseils évangéliques au milieu du monde, comme aussi d’avoir accordé une aide puissante, qui en nos temps troublés et malheureux fortifie providentiellement l’apostolat catholique.L’Esprit-Saint, qui restaure et renouvelle constamment4 la face de la terre désolée et ravagée chaque jour par tant et de si grands maux, a appelé à lui, par une grâce insigne et spéciale, un grand nombre de fils et de filles bien-aimés que Nous bénissons affectueusement dans le Seigneur, afin que, réunis et organisés dans des Instituts séculiers, ils soient, pour le monde fade et ténébreux dont ils ne sont pas5 et au milieu duquel cependant ils doivent demeurer, en vertu d’une disposition divine, le sel qui ne fait pas défaut et qui, renouvelé par l’effet de la vocation, ne s’affadit pas6 ; la lumière qui brille parmi les ténèbres du monde 1.Acta Apostolicae Sedis 40 (1948), 283.Traduit du latin par J.Thomas-d’Hostie.Cf.VCR 6 (1947-48), 43.2.Col 3, 3.3.2 Macc 1, 3.4.Ps 103, 32.5.Jn 15, 19.6.Mt 5, 13 ; Mc 9, 49 ; Le 14, 34. 418 LA VIE DES COMMUNAUTÉS RELIGIEUSES lui-même et qui ne s’éteint pas7 ; le modeste, mais efficace ferment, qui agissant partout et toujours et mêlé à toutes les classes de citoyens, des plus infimes aux plus élevés, s’efforce de les atteindre et de les imprégner toutes et chacune, par l’exemple et de toutes façons, jusqu’à informer de telle sorte la masse tout entière qu’elle soit toute levée et transformée dans le Christ7.Afin que tant d’instituts, surgis partout pour la consolante effusion de cet Esprit de Jésus-Christ7 9 10, soient efficacement dirigés d’après les prescriptions de la Constitution apostolique Provida Mater Ecclesia, et produisent très abondamment ces excellents fruits de sainteté qu’on espère d’eux ; afin, aussi, que fermement et sagement organisés comme une armée11, ils soient à même de lutter fortement dans les œuvres particulières et communes de l’apostolat, confirmant avec une grande joie la Constitution apostolique précitée, après mûre délibération, par Motu proprio, en toute connaissance de cause, et investi de la plénitude du pouvoir apostolique, Nous déclarons, décrétons et établissons ce qui suit : I.— Les Sociétés, ou associations de clercs ou de laïques, pratiquant la perfection chrétienne dans le siècle, et paraissant posséder, d’une façon certaine et complète, les éléments et remplir les conditions qu’exige la Constitution apostolique Provida Mater Ecclesia, ni ne doivent ni ne peuvent être laissées arbitrairement, sous n’importe quel prétexte, parmi les Associations communes de fidèles (CC.684-725), mais il faut obligatoirement les amener et les élever à la nature et à la forme propre d’instituts séculiers qui répondent parfaitement à leur caractère et à leurs besoins.II.— Dans cette élévation des Associations de fidèles à la forme supérieure d’instituts séculiers (cfr.n.1), et dans l’organisation aussi bien générale que particulière de tous les Instituts, il faut constamment avoir devant les yeux que le caractère propre et spécial des Instituts, c’est-à-dire le caractère séculier, 7.Jn 9, 5 ; 1, 5; 8, 12 ; Éph 5, 8.8.Mt 13, 33 ; I Cor 5, 6 ; Gai 5, 9.9.Rom 8, 9.10.Cant 6, 3. PRIMO FELICITER — DES INSTITUTS SÉCULIERS 419 en qui se trouve toute leur raison d’être, doit paraître en toutes choses.On ne doit rien retrancher à la parfaite profession de la perfection chrétienne, basée solidement sur les conseils évangéliques et véritablement religieuse quant à sa substance, mais cette perfection doit être réalisée et professée dans le siècle ; en conséquence, il faut l’adapter à la vie séculière dans toutes les choses licites et compatibles avec les obligations et les oeuvres de cette même perfection.La vie tout entière des membres des Instituts séculiers, consacrée à Dieu par la pratique de la perfection, doit être convertie en apostolat ; apostolat qui doit être exercé et constamment et saintement par la pureté d’intention, l’union intime avec Dieu, une forte abnégation et un généreux oubli de soi-même, de telle sorte qu’il révèle l’esprit intérieur qui l’anime, autant qu’il le nourrisse et le renouvelle sans cesse.Cet apostolat, qui embrasse toute la vie, doit s’affirmer si profondément et si sincèrement dans ces Instituts, qu’avec l’aide et l’inspiration de la divine Providence, la soif des âmes et le zèle paraissent non seulement avoir heureusement fourni l’occasion de consacrer ainsi la vie, mais encore avoir fourni en grande partie leur propre raison d’être et leur forme, et avoir aussi, d’une façon admirable, exigé et fixé la fin, dite spécifique, et aussi la fin générale de ces Instituts.Cet apostolat des Instituts séculiers doit être fidèlement exercé non seulement dans le siècle, mais aussi pour ainsi dire par le moyen du siècle, et par conséquent par des professions, des activités, des formes, dans des lieux, des circonstances répondant à cette condition séculière.III.— Les prescriptions concernant la discipline canonique de l’état religieux ne conviennent pas aux Instituts séculiers, et, en général, la législation relative aux religieux ne doit pas et ne peut, aux termes de la Constitution apostolique Provida Mater Ecclesia (art.2, § 1), leur être appliquée.Par contre, les dispositions qu’on trouve dans les Instituts, cadrant harmonieusement avec leur caractère séculier, peuvent être conservées, à la condition qu’elles ne portent aucunement atteinte à la consécration parfaite de la vie tout entière et qu’elles s’accordent avec la Constitution Pro vida Mater Ecclesia. 420 LA VIE DES COMMUNAUTÉS RELIGIEUSES IV.— La constitution hiérarchique interdiocésaine et universelle, à la façon d’un corps organique, peut être appliquée aux Instituts séculiers (id.art.9), et cette application doit, sans aucun doute, leur conférer une vigueur intérieure, une influence plus grande, plus efficace, et de la stabilité.Cependant, dans l’organisation qui doit être adaptée à chaque Institut, il faut tenir compte de la nature de la fin poursuivie par l’Institut, de son dessein d’expansion plus ou moins grande, de son évolution et de son degré de maturité, des circonstances dans lesquelles il se trouve et d’autres éléments du même genre.Il ne faut pas rejeter ni mépriser les formes d’instituts qui sont établies sur une confédération et qui veulent conserver et favoriser modérément le caractère local dans chaque nation, région, diocèse, à la condition qu’il soit légitime et imprégné du sens de la catholicité de l’Église.V.— Les Instituts séculiers dont les membres, quoique vivant dans le monde, en raison cependant de la totale consécration à Dieu et aux âmes qu’ils professent avec l’approbation de l’Église et en raison de l’organisation hiérarchique interdiocésaine et universelle qu’ils peuvent avoir à des degrés divers, sont à bon droit, en vertu de la Constitution apostolique Provida Mater Ecclesia, classés parmi les états de perfection juridiquement organisés et reconnus par l’Église elle-même.C’est donc à dessein que ces Instituts ont été rattachés et confiés à la compétence et aux soins de cette Sacrée Congrégation qui a la charge et la garde des états -publics de perfection.En conséquence, tout en sauvegardant toujours, d’après la teneur des canons et les prescriptions expresses (art.IV, §§ 1 et 2) de la Constitution apostolique Provida Mater Ecclesia, les droits de la Sacrée Congrégation du Concile sur les pieuses sodalités et les pieuses unions de fidèles (can.250, § 2), ceux de la Sacrée Congrégation de la Propagande concernant les Sociétés ecclésiastiques pour Séminaires destinés au service des Missions (can.252, § 72), Nous avons décrété que toutes les Sociétés de tous les pays — même pourvues de l’approbation épiscopale ou même pontificale, — reconnues comme réunissant les éléments et les conditions requises propres aux Instituts séculiers, soient obligatoirement et tout de suite établies sous cette nouvelle forme, en conformité des normes énoncées ci-dessus (cfr.n.1), et, afin de sauvegarder l’unité de direction, PRIMO FELICITER- DES INSTITUTS SECULIERS 421 elles sont rattachées et confiées à la seule S.Congrégation des religieux, au sein de laquelle a été constitué un office spécial chargé des Instituts séculiers.VI.— Nous recommandons paternellement aux dirigeants et assistants de l’Action catholique et des autres associations de fidèles, dans le giron maternel desquelles sont formés à une vie intégralement chrétienne et en même temps initiés à la pratique de l’apostolat de si nombreux jeunes gens d’élite qui, répondant à une vocation céleste, aspirent à une plus haute perfection, soit dans les religions et Sociétés de vie commune, soit dans les Instituts même séculiers, de promouvoir généreusement ce genre de saintes vocations ; comme aussi de prêter assistance non seulement aux religieux et aux Sociétés religieuses, mais encore à ces Instituts véritablement providentiels, et, tout en sauvegardant leur propre discipline intérieure, d’utiliser leur concours.En vertu de Notre autorité, Nous confions la fidèle exécution de toutes ces choses, que Nous décidons par Motu proprio, à la Sacrée Congrégation des religieux et autres Sacrées Congrégations mentionnées ci-dessus, aux Ordinaires des lieux et aux directeurs de Sociétés que cela regarde, dans la mesure où elles concernent chacun d’eux.Quant aux prescriptions que Nous édictons, par Motu proprio, dans les présentes lettres, Nous ordonnons qu’elles soient toujours fermes et valides, nonobstant toutes choses contraires.Donné à Rome, près S.Pierre, le 12e jour du mois de mars de Van 1948, au début de la 10e de Notre Pontificat.nécROLOGie R.F.M.-Henri, O.C.R.— Mgr M.-Antoine Roy, RR.PP.Maximin Piette, Pacifique Chardin, RR.FF.Pierre Mulliez, Jean Vernier, O.F.M.— R.S.Marie du Précieux Sang, A.P.S.— R.S.Sainte-Émérentienne, A.S.V.— RR.SS.Marie-de Saint-Amédée, Marie-du-Cœur-Immaculé, B.P.— R.S.Saint-François-Carraciolo, C.N.D.— Marie de Sainte-Catherine-de-Ricci, C.S.C.— R.S.Marie de la paix, F.C.S.C.J.— RR.SS.Claire d’Assise, François de Paule, Gabriel-Archange, Joseph-Arcade, Marie-Conrad, Prince, F.S.C.P.— R.S.Marie Sainte-Angèle, P.M.— R.S.Marie-Joseph-de-la-Croix, P.F.M.— R.S.Marie-des-Oliviers, P.S.S.F.— R.S.Zénaïde Gratton-S.Anthime, S.G.M.— RR.SS.Alida Girard, Marie Caron, Simire-Alda Plante, S.G.S.H.— R.M' Marie-Véronique, S.J.M. RECRUTEMENT L€S OBSTACL6S Mon cher ami, Comme le recrutement des vocations sacerdotales, celui des vocations féminines se heurte à des obstacles, dont certains ont existé de tout temps, mais dont plusieurs autres sont nés ou se sont aggravés à notre époque.En bien des endroits, on déplore un fléchissement dans le recrutement féminin.Quelles en sont les causes ?Suffit-il d’alléguer le démon, la chair et le monde ?Non, car ces trois éléments restent des lieux communs (trop communs, hélas !), tant qu’on n’a pas précisé sous quelle forme leur influence se fait sentir de nos jours.Je voudrais donc détailler le point d’interrogation, en le posant sur la famille — le monde — les déficiences de formation religieuse — le clergé — l’Action catholique.Il y a, grâce à Dieu, bien des parents qui regardent comme un honneur de donner une fille à la vie religieuse, mais il en est d’autres qui ne semblent pas comprendre cette vocation, ou qui la comprenant mal, s’y opposent.Ils acceptent volontiers que leur fils devienne prêtre ; s’il est question pour lui d’entrer dans une communauté de frères, ils font déjà la grimace, mais ils ne peuvent se résigner à laisser leur fille entrer au couvent.Aveuglement, égoïsme, mentalité mondaine ?Peut-être tout cela à la fois.Vous pourrez rencontrer ce cas, et vous vous efforcerez d’ouvrir les yeux à ces parents abusés ou obstinés.Vous leur représenterez qu’il s’agit du bonheur bien compris de leur enfant, et qu’il serait peu raisonnable de leur part de refuser à une vocation ce qu’ils accorderaient à un mariage qui conduirait l’objet de leur affection dans un pays éloigné.Quant à la jeune fille elle-même, si, bien décidée et majeure, elle n’a pas le (( cran » d’agir respectueusement, mais fermement contre le désir de ses parents, elle s’expose à regretter toute sa vie son manque de volonté.On a bien souvent constaté et déploré le caractère naturaliste de notre monde moderne.A toutes les époques, les jeunes filles (nous ne parlons que d’elles), ont éprouvé l’attrait du plaisir.Mais n’est-il pas vrai que, de nos jours, cet appétit s’est singulièrement aiguisé ?Le théâtre, la danse, la mode, les relations trop libres, et même, hélas !, l’intempérance gâtent ou rendent LES OBSTACLES 423 vaines les plus belles années d’un grand nombre.Le premier joug dont elles se libèrent est l’obéissance.Leurs parents sont réputés « vieux jeu ».De leur temps, on agissait ainsi, mais elles ont changé tout cela.Le résultat est l’imprudence et le naufrage.Dans ce tourbillon de plaisirs, on ne trouve pas une heure de ce recueillement nécessaire à une vie sérieuse, et le bruit empêche la réflexion.Comment, à moins d’une grâce exceptionnelle, une jeune fille, ainsi étourdie, songerait-elle à s’orienter vers la vie religieuse, qui exige l’abnégation ?J’ai dit (( à moins d’une grâce exceptionnelle », car, humainement, le problème est insoluble, puisqu’il y a toujours opposition radicale entre l’esprit du monde et les conseils évangéliques.Les déficiences dans la formation religieuse peuvent aussi expliquer l’indifférence à l’égard de la vocation.Pour désirer la vie parfaite, il faut avoir des lumières qui ne viennent pas de l’instruction profane, mais de la connaissance réfléchie des vérités révélées.Dieu éclaire souvent lui-même les âmes les plus simples (« sed revelasti ea parvulis »), mais dans le cours ordinaire des choses, on ne peut se passer d’une base solide d’initiation à la doctrine de la foi.Faute de cette base, une jeune fille se laissera guider par la sensibilité, et se trouvera déconcertée quand, au lieu d’une dévotion superficielle, elle recevra les enseignements austères de la vie religieuse.Il fut un temps où, dans l’éducation féminine, on osait à peine parler du mariage ; c’était pruderie.Aujourd’hui, on en parle et on y prépare ; c’est sagesse.Mais tout en faisant ressortir la dignité et les devoirs de la vocation commune, on ne doit pas négliger d’ouvrir, surtout devant les plus grandes, une perspective sur toutes les formes de dévouement.Bon nombre d’âmes attendent cette lumière pour faire, en pleine connaissance de cause, le libre choix d’un état de vie.J’ajouterai qu’il ne faut pas se laisser trop facilement décourager par le caractère et les allures de certains sujets.Aujourd’hui, beaucoup de jeunes filles sont indépendantes (je l’ai noté), remuantes, sportives, et font froncer le sourcil à leurs mères ou à leurs éducatrices formées à une autre époque.Rappelez-vous que les natures vives ne sont pas les plus inquiétantes.Pour ma part, je les préfère mille fois à ces tempéraments passifs et lymphatiques, qui ne causent ni ennuis ni « affaires », mais qui ne 424 LA VIE DES COMMUNAUTES RELIGIEUSES donnent rien de très bon.Pourvu qu’ils offrent du sérieux, de la foi et une bonne volonté sincère, ces sujets fourniront souvent un terrain propice à la culture religieuse.Certains prêtres peuvent être, sans bien s’en rendre compte, des obstacles au recrutement des vocations féminines.Ils n’apprécient pas assez hautement la vie religieuse, faute de la bien connaître ; jamais ils n’en parlent dans leurs enseignements ; ils ne sont pas assez convaincus de l’importance de leur ministère de direction au confessionnal ; si une jeune fille leur parle de vocation, ou ils la laisseront indéfiniment en suspens, ou ils se sentiront portés à lui dire, sans examen approfondi, qu’elle fera autant de bien dans le monde.Le directeur doit réfléchir et faire réfléchir, et il se gardera de donner une décision vague ou hâtive qui éteigne à jamais un désir sérieux de vie parfaite.Par contre, il est des prêtres qui ont le souci de bien remplir à l’occasion, ce ministère délicat.Sans exclure les autres, on les trouve surtout parmi ceux qui appartiennent à des groupements de perfection largement ouverts aux réalités spirituelles : Union apostolique, Prêtres adorateurs, Tiers-Ordres, etc.J’aborde, en dernier lieu, une question délicate : celle des rapports entre les vocations féminines et l’Action catholique.L’A.C.est-elle un obstacle à l’entrée en religion des jeunes filles qui s’y consacrent ?Non, certes, du moins par elle-même.Au contraire, nous sommes heureux de constater que beaucoup de vocations nous sont venues d’elle, non seulement pour les congrégations actives, mais même pour les ordres contemplatifs.Voilà les faits indéniables.Mais les meilleures institutions peuvent dévier, non par suite de leur nature, mais par la faute de certains de leurs membres ou de leurs dirigeants.Dans notre société moderne, on se heurte à cette objection, murmurée ou exprimée avec éclat : les congrégations religieuses ont fait leur temps, elles diminuent la personnalité, et barrent la route aux plus louables initiatives, etc.Qu’il y ait ici et là des déficiences, un manque d’adaptation, qui songe à le nier ?Les congrégations elles-mêmes le sentent, elles ont fait et feront, souvent au prix de grands sacrifices, de méritoires efforts pour écarter ou améliorer des méthodes tenues pour surannées, et répondre aux exigences contemporaines.L’Eglise approuve des
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