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Titre :
La vie des communautés religieuses /
Revue publiée à l'intention des membres des communautés religieuses catholiques. Elle aborde amplement les questions théologiques et vocationnelles et les enjeux d'adaptation aux changements sociaux. [...]

À consulter : Site Web de la revue, incluant un index de La vie des communautés religieuses (1942-2006).

Éditeurs :
  • Montréal :RR. PP. Franciscains du Canada,1942-2006,
  • Montréal :RR.PP. Franciscains de la Province St-Joseph au Canada,
  • Montréal, Québec, Canada :La vie des communautés religieuses,
  • Nicolet, Qué., Canada :publiée par un consortium de congrégations religieuses du Québec
Contenu spécifique :
Décembre
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque mois
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
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La vie des communautés religieuses /, 1950-12, Collections de BAnQ.

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¦A-vIE-s Vol.8, n.10 MONTRÉAL Décembre 1950 La règle et le devoir d'état.La retraite du mois.292 297 MARIOLOGIE S.Ém.le C.McGuigan Discours au Congrès Mariolo- gique International.289 SPIRITUALITÉ A.Saint-Pierre Une Clarisse HISTOIRE Chan.J.-L.Beaumier L'Union Romaine sous Pie X.300 Une Sœur de la Providence Le voeu d'abandon.304 COMMUNAUTÉ DE CHEZ NOUS Un Père du S.-E.Les Pères du Saint-Esprit.306 DROIT DES RELIGIEUX Adrien-M.Malo Important discours de Pie XII 309 TABLES GÉNÉRALES DE L'ANNÉE 1950 315 CONSULTATIONS — COMMUNIQUÉS — COMPTES RENDUS 1980 OUEST, RUE DORCHESTER — MONTREAL, 25 CANADA LA VIE des COMMUNAUTÉS RELIGIEUSES publiée par les RR.PP.Franciscains du Canada paraît le 15 de chaque mois, excepté juillet et août en fascicule de 32 pages.Abonnement : $ 2.00 par année © Directeur : R.P.Adrien-M.Malo, O.F.M.Conseil de direction : S.E.Mgr J.-C.CHAUMONT, vicaire délégué pour les communautés religieuses.Mgr J.-H.CHARTRAND, vicaire général d'Ottawa M.le Chanoine Cyrille LABRECQUE, directeur de la Semaine Religieuse de Québec Secrétariat : 1980 ouest, rue Dorchester, Montréal 25, P.Q.; .Canada.Téléphone : Wllbank 7498, de 2h.à 5h.de l'après-midi tous les jours, excepté le samedi et les fêtes.Imprimeurs et expéditeurs : Les Frères des Écoles Chrétiennes, 959, rue Côté, Montréal 1, P.Q., Canada © Nihil obstat : Imprimatur : Hadrianus-M.MALO, O.F.M.Albertus VALOIS, P.A.censor ad hoc Vie.Gén.Marianopoli die 3a decembri 1950 © Autorisé comme envoi postal de la deuxième classe, Ministère des Postes Ottawa IMPRIMÉ AU CANADA PRINTED IN CANADA Csagsnssj 41 la VIE Des communnuTés ReuGieuses Vol.8, No 10 Montréal Décembre 1950 DISCOURS D€ CLÔTUR6 DU COnGRCS mflRioLOGiQue inTeRnflTionflL prononcé par S.Em.le cardinal J.-C.McGuigan dans rauditorium de /’Athénée Pontifical S.Antoine de Padoue Rome, le 28 octobre 1950 Avec la modestie qui convient, qu’il me soit permis d’évoquer un souvenir.En 1946, je prenais possession de mon église titulaire, Santa Maria del Popolo.Mû par l’amour que je porte à Marie, sans savoir qu’il y eut quelque mouvement immédiat en ce sens, je formulai dans mon discours Tardent espoir qu’il serait donné au pape Pie XII, glorieusement régnant, de proclamer le dogme de l’Assomption.Aussi quelle ne fut pas ma surprise quand, après la cérémonie je reçus la visite des RR.PP.Charles Balic, O.F.M., et Wilhelm Hentrich, S.J., venus sans tarder m’exprimer la joie et la reconnaissance qu’une telle déclaration publique leur avait inspirées.Aujourd’hui ces espoirs sont comblés, et la joie spirituelle fait tressaillir tous les coeurs.Si nous vibrons d’allégresse, c’est que depuis cinq jours les imposantes sessions d’un congrès vraiment international ont créé dans Rome une atmosphère mariale dont la pénétration se fait de plus en plus conquérante.Nous devons donc des remerciements sincères aux théologiens compétents, accourus de toutes les parties du monde pour chanter les grandeurs de Marie, avec une variété de langues non moins impressionnante que l’harmonie des sentiments.Nous devons aussi de très chaleureuses félicitations au T.R.P.Charles Balic, O.F.M.La tenue de six congrès mariais en Italie, en Espagne, au Portugal, en Hollande, au Canada, dans l’Amérique du Sud et en France l’ont providentiellement conduit à l’indiscutable succès du I congrès mariologique international. 290 LA VIE DES COMMUNAUTES RELIGIEUSES I Les travaux prennent fin ce soir pour faire place aux démonstrations pieuses du 8e congrès marial international.Résumés de la doctrine, les vœux à la fois pratiques et fervents ouvrent à nos âmes un domaine illimité de vie mariale.La science selon Dieu doit aboutir à l’amour^ et c’est très justement que dans le discours d’ouverture, S.Em.le cardinal Pizzardo déclarait que les journées mariologiques qui se terminent ce soir doivent marquer un point de départ.Pour prolonger dignement ces inoubliables assises, les congressistes doivent s’efforcer d’élever à Marie un monument qui en perpétue le souvenir et en garantisse les fruits de sainteté.L’Academia Mariana International^ s’engage à former dans la ville de Rome une bibliothèque mariale, un musée marial, et à publier plusieurs collections d’ouvrages scientifiques.Dès ce soir, le révérendissime Père Général des Frères-Mineurs dédie à l’Assomption cette splendide aula maxima de l’athénée pontifical, placé sous le prodigieux patronage de saint Antoine de Padoue, glorieux défenseur de l’Assomption de Marie.Tout cela mérite notre juste admiration.Mais tous ces efforts ne répondront aux besoins urgents de la sainte Eglise que dans la mesure où ils rendront mariale l’âme du peuple.Le cœur marial du peuple chrétien, voilà le monument plus solide que le bronze, aere perennius, que l’Eglise attend de nos travaux.Ce qui aujourd’hui retient particulièrement l’attention de Pie XII, ce sont les masses populaires du monde entier, fortement tentées de se laisser séduire et entraîner loin du Christ par des idéals trompeurs et mensongers.Pour garder le peuple au Christ, rien de plus efficace que la véritable dévotion mariale.Tel est l’enseignement irrécusable de l’histoire et de la logique divine.Aussi voudrais-je souligner fermement le vœu que soit publiée aussitôt une mariologie populaire.Je veux dire : une mariologie simple, claire et attrayante ; profondément théologique, sans distinctions spéculatives, adaptée à la capacité et aux besoins de toutes les classes de la société, en toutes les langues du monde.Ce sont de telles considérations qui ont suggéré à l’Épiscopat du Canada la croisade du rosaire d’un océan à l’autre, a mari usque ad mare.Pour conserver au Christ le peuple canadien, marial depuis ses origines, des milliers de propagandistes invitent actuellement les fidèles à s’engager par écrit à la récitation quotidienne du chapelet en famille.Avec la ferveur des premiers DISCOURS DU CONGRÈS M ARIOLOGI QUE INTERNATIONAL 291 chrétiens, ces apôtres vont de maison en maison pour recueillir la promesse et en assurer le fidèle accomplissement.Au terme de ce bienfaisant congrès, nos pensées se tournent spontanément vers le geste sublime qui couronnera l’année sainte.C’est le plus grand événement de l’histoire de l’Église depuis le concile du Vatican.En effet la définition du dogme de l’Assomption sertit dans la couronne de Marie son plus brillant joyau.En contemplant les foules qui affluent dans la Ville Eternelle : cardinaux et évêques, prêtres et laïques, venant de l’Australie et des îles de l’Océanie, de la Chine, des Indes et du Japon, de l’Amérique du Nord et du Sud, des Eglises historiques de l’Orient comme des pays libres de l’Europe, les paroles inspirées se pressent sur nos lèvres : (( Surge, illuminare, Jerusalem, quia venit lumen tuum, et gloria Domini super te orta est.Quia ecce tene-brae operient terram, et caligo populos ; super te autem orietur Dominus, et gloria ejus in te videbitur.Leva in circuitu oculos tuos et vide : omnes isti congregati sunt, venerunt tibi ; filii tui de longe venient, et filiae de latere surgent )) (Is 60, 1-4).Lève-toi, ô Reine de l’Assomption ! De ta voix doucement émue, parle aux chefs du monde qui ne te connaissent pas, parle aux peuples qui languissent dans les ténèbres de l’infidélité, parle aux millions d’hommes de ce pays malheureux où tes icônes sont encore vénérées en secret.Amène-les tous à la lumière de ta vérité et à la ferveur de ton amour.Comme le soleil dans sa plénitude, brille sur nous, ô Etoile du matin, ô Hâvre de la paix, jusqu’à ce que, renouvelé et rené à la vie de la grâce, le monde devienne une immense fraternité guidée par la loi du Christ, ton divin Fils.Que ton doux regard, ton gracieux sourire, ton front majestueux irradient des influences sans nombre, non pour confondre et écraser mais plutôt pour convaincre et gagner les ennemis du Christ, rédempteur non seulement d’une nation mais de toutes les nations du monde.Que la grâce de ces solennités, porteuses d’une si grande joie, inaugure une ère de justice sociale et de paix mondiale, à la fois vraie, sereine et durable ! Que notre glorieux souverain Pontife, cher au monde entier par tant de titres, passe à l’histoire comme le Pape de l’Assomption tout autant que le Pape de la paix universelle.Fidèle à sa devise Opus justitiae pax, c’est par Marie qu’il nous offre la paix de Jésus.Adveniat per Mariam pax Christi quae superat omnem sensum! Toronto James Charles, cardinal McGuigan. SPIRITUALITÉ Lfl R€GL€ €T L€ D6VOIR D’€TflT Nous avons dit que la première norme positive certaine qui devait éclairer et guider la conduite du religieux dans la pratique de la vertu chrétienne de tempérance, c’était la fidélité à la règle de la religion qu’il avait embrassée ; que la seconde était l’accomplissement exact de son devoir d’état (1).Il suffit d’un moment de réflexion pour se rendre compte que la soumission à ces deux normes restreint singulièrement le champ des délectations sensibles qui ne sont pas immédiatement motivées par l’une ou l’autre des fins légitimes et honnêtes que nous avons indiquées.Si ce champ laisse encore au religieux quelque latitude douteuse, les deux autres normes que nous indiquerons dans la suite achèveront de le circonscrire.Seulement, l’accomplissement du devoir d’état pose fréquemment en regard de la loi en général et de la règle en particulier des problèmes difficiles à résoudre dans la pratique et dont le principal porte sur l’équilibre à maintenir entre la vie active et la vie contemplative, entre la prière et les œuvres, entre l’ascèse et le travail sous toutes ses formes, entre les exercices spirituels de règle et les tâches quotidiennes où de tierces personnes sont souvent en cause, comme celles du soin des malades et de l’enseignement de la jeunesse.Tous les auteurs spirituels ont rappelé, particulièrement en traitant de la nécessité de l’oraison mentale, que le religieux devait s’appliquer à maintenir un sage équilibre entre la vie contemplative et la vie active et que dans les cas où il devait, par devoir d’état, donner beaucoup de temps aux œuvres extérieures, il devrait s’efforcer, à l’exemple de Saint François de Sales, de ne jamais perdre la pensée de la présence de Dieu.Nous n’insisterons pas sur ce point qui n’intéresse pas immédiatement le sujet que nous traitons.Nous mentionnerons plutôt quelques principes absolument généraux dont la lumière suffira pour apprendre à concilier sagement dans la pratique la fidélité à sa règle et à son devoir d’état toutes les fois que l’une ou l’autre pourront s’exclure ou venir en conflit.Il sera facile d’appliquer ces principes à la pratique de la vertu chrétienne de tempérance.1.Voir la VCR 8 (1950) 247. LA RÈGLE ET LE DEVOIR d’ÈTAT 293 La connaissance du devoir d’état d’une personne religieuse s’obtient du but que poursuit la communauté dont elle fait partie.On sait que les états de vie se partagent en trois d’après leur caractère respectif, non exclusif mais prédominant : vie contemplative, vie active, vie mixte.Ce sont là des genres dont chacun comporte plusieurs espèces.Ainsi dans la vie contemplative, on peut se livrer plus particulièrement à l’adoration, à la prière liturgique, voire au travail manuel.La vie active peut être remplie par l’instruction de la jeunesse, le soin des malades, toutes les œuvres de miséricorde spirituelles et corporelles.La vie mixte maintient plus spécifiquement l’équilibre entre la contemplation et l’action.De là, il est facile de connaître son devoir d’état : celui d’une religieuse contemplative sera l’assiduité aux exercices de sa communauté, celui d’une religieuse hospitalière, le soin des malades, celui d’une religieuse enseignante, l’instruction et l’éducation des élèves qui lui sont confiés et ainsi de suite.Il est certain que la règle de la communauté a été conçue et ordonnée de manière à favoriser le meilleur accomplissement du devoir d’état ; les temps et les lieux peuvent obliger d’en modifier accidentellement l’adaptation au jugement des supérieurs et de l’Eglise.Il reste également hors de doute que la règle rédigée en vue du bien commun et pour l’obtention d’une fin générale ne peut prévoir tous les cas ou l’une ou l’autre de ses prescriptions peut venir en conflit avec l’accomplissement du devoir d’état.C’est pourquoi elle comporte la dispense.Quand cette dispense est-elle légitime ?Pour le savoir, mettons en présence les différentes lois qui régissent la vie religieuse et les exigences du devoir d’état.Au som met, il y a la loi naturelle.Elle ne souffre pas plus de dispense dans la vie religieuse que dans la vie chrétienne ordinaire.L’on ne doit point se permettre un mensonge sous prétexte d’un grand bien à sauvegarder, comme par exemple la bonne renommée d’une communauté, d’un hôpital.Il est une règle magistralement formulée par l’apôtre Saint Paul : Non faciamus mala ut eveniant bona (2), ne nous permettons jamais aucun acte 2.Rom.3, 8. 294 LA VIE DES COMMUNAUTES RELIGIEUSES mauvais, afin qu’il en résulte quelque bien (3).Il suit de là que par tout ce qui relève de la loi naturelle dans la pratique de la tempérance, le religieux ne peut obtenir aucune dispense légitime au nom d’un meilleur accomplissement de son devoir d’état.Il y a en second lieu la loi positive divine : elle non plus ne souffre pas de dispense et il est bien évident qu’un religieux, s’il veut tendre véritablement à la perfection de la charité par la perfection du sacrifice, doit tout d’abord vivre en bon chrétien, ce qui suppose l’exacte fidélité aux préceptes du décalogue et de l’Évangile.Dans l’hypothèse peu commune où il aurait à choisir entre deux maux absolument nécessaires comme la violation de l’un ou l’autre de deux préceptes qui viendraient en conflit, il doit savoir ce qu’enseignent communément tous les théologiens catholiques qu’il a le devoir de choisir le moindre mal et qu’en cas de doute, il doit s’en remettre à la décision d’un directeur éclairé et prudent.Quant à la loi essentielle de l’état religieux ou loi des vœux, elle ne souffre pas non plus de dispense proprement dite, car elle possède vis-à-vis de la vie religieuse la même force obligatoire que la loi positive divine vis-à-vis de la simple vie chrétienne.Un religieux peut se faire relever temporairement ou définitivement de ses vœux.Dans le premier cas, il choisit un moindre mal, dans le second, il cesse d’être religieux.Là où l’accomplissement du devoir d’état peut et doit obtenir la primauté, c’est lorsqu’il vient en conflit ou n’apparaît pas conciliable avec une loi de l’Eglise ou une prescription de la règle, surtout si le bien de tierces personnes est en cause.C’est le cas le plus fréquent dans la pratique de la vertu chrétienne de tempérance.Tous les moralistes enseignent qu’un missionnaire absorbé par le ministère de la prédication ou des confessions ou des deux à la fois comme cela arrive le plus fréquemment, peut omettre en tout ou en partie la récitation de son bréviaire, s’il doit, pour s’en acquitter intégralement, négliger son ministère 3.H.Petitot, O.P., Introduction à la sainteté, p.114.Qu’on se rappelle le trait cité dans la vie de saint Thomas d’Aquin, lorsqu’un bon frère convers, en veine de mystification, abusant de l’ingénuité du saint vint lui dire : « Frère Thomas, venez voir un bœuf volant ».Frère Thomas courut à la fenêtre, puis, la figure devenue soudainement très grave, il dit au bon frère tout joyeux : « J’aurais été moins étonné de voir un bœuf voler qu’un religieux mentir ». 295 LA REGLE ET LE DEVOIR d’ÉTAT présent ou compromettre son ministère futur par un surcroît de fatigue ; de même la mère de famille est dispensée du jeûne, sans être pour autant dispensée du devoir de la pénitence auquel elle peut satisfaire d’une foule d’autres manières, si elle ne peut concilier le jeûne avec ses obligations domestiques.Ce principe vaut également pour la religieuse, si, en observant les jeûnes prescrits par l’Eglise ou par la règle, elle ne peut convenablement remplir ses heures de classe ou vaquer au soin de ses malades.C’est également le meilleur accomplissement de son devoir d’état qui doit régler sa conduite dans l’absorption des aliments et des breuvages quant à la qualité et à la quantité.Deux conditions sont requises pour une juste application de ce principe : une grande confiance en Dieu qui peut suppléer éminemment à la faiblesse de la nature chez les personnes débiles ou maladives, puis, une conscience droite, délicate et rigoureuse qui engagera le religieux à ne se croire dispensé de l’un ou l’autre des points de la règle au nom de l’accomplissement de son devoir d’état, que dans les cas où l’un et l’autre lui apparaîtront vraiment inconciliables.Alors le devoir d’état devra primer, surtout s’il y a des tierces personnes en cause comme dans le soin des malades et l’enseignement de la jeunesse, parce qu’alors le devoir d’état relève partiellement de la loi naturelle.En cas de doute, le religieux s’en remettra à la décision de son supérieur ou de son confesseur après lui avoir exposé sa condition en toute sincérité, sans passion ni préjugé.L’obéissance surnaturelle compensera dans ce cas pour toutes les lacunes qui pourraient se glisser, soit dans l’observance de la règle, soit dans l’accomplissement du devoir d’état lorsqu’un des deux est partiellement sacrifié au profit de l’autre.Les distractions et consolations sensibles honnêtes en elles-mêmes que procurent la radio, le cinéma, les journaux, voire les lectures et la correspondance de simple agrément peuvent favoriser ou entraver un meilleur accomplissement du devoir d’état.Elles peuvent être précisément légitimées par celui-ci pour un religieux chargé de contrôler ces moyens de publicté ou de les utiliser lui-même dans un but apostolique.Elles peuvent être aussi ordonnées à un repos légitime de l’âme ou du corps afin de favoriser le meilleur accomplissement d’un devoir d’état qui leur est étranger.C’est alors que la tempérance doit intervenir plus immédiatement.Si la radio, le cinéma, les journaux devien- 296 LA VIE DES COMMUNAUTÉS RELIGIEUSES nent une passion, il est bien évident que le devoir d’état en souffrira comme il souffrirait de jeûnes trop rigoureux, de l’absorption de repas trop copieux, de veilles trop prolongées ou d’un trop long temps donné au sommeil sans raison proportionnée.Les lois de la tempérance chrétienne ne défendents certe pas aux personnes religieuses les distractions honnêtes, les amusements qui, bien loin de nuire à l’accomplissement du devoir d’état, le favorisent en procurant un délassement salutaire, parfois nécessaire, à l’âme ou au corps, dès qu’ils n’occasionnent pas, bien entendu, la violation de quelque point de la règle.Mais si le religieux ne sait jamais se priver en désir comme en fait de la radio, du cinéma, des journaux, etc., toutes choses indifférentes en elles-mêmes, s’il veut tout prendre en fait de distractions, tout voir, tout savoir, tout entendre, il peut arriver qu’il ne viole directement aucun point de la règle, mais il est bien difficile qu’il conserve l’esprit de recueillement absolument nécessaire à sa propre sanctification comme à la fécondité de ses œuvres apostoliques.Il en arrivera peu à peu à soustraire une part considérable de son temps et de ses travaux à son devoir d’état pour la donner à ses distractions et divertissements.On voit par là que la règle et le devoir d’état procurent déjà au religieux deux normes positives absolument certaines qui doivent l’éclairer et le guider dans la pratique de la vertu chrétienne de tempérance.Si la fidélité à ces deux normes ne commandent pas nécessairement des mortifications héroïques dans le manger, le boire et le sommeil, si elle n’interdit même pas toutes délectations sensibles qui n’auraient pour but, du moins apparemment, que la jouissance qu’elles procurent, qui oserait cependant douter que cette fidélité n’assure la perfection du sacrifice et une correspondance suffisante aux inspirations personnelles de l’Esprit-Saint ?Et si nous y joignons les deux autres normes dont nous traiterons dans la suite, les convenances religieuses et l’acceptation calme, patiente et résignée des épreuves de la vie, je crois qu’il ne sera plus nécessaire de minimiser sur des détails pour rassurer les consciences en ce qui regarde l’obligation de tendre au plus parfait et donner à notre problème une solution pratique viable.Saint-Hyacinthe A.Saint-Pierre, O.P. S PIRITUALITÉ LA R€TRAIT€ DU mOIS Un des exercices les plus importants et les plus nécessaires de notre vie religieuse est sans contredit la retraite du mois.C’est un fait que notre faible nature humaine se lasse d’un effort soutenu, qu’elle ne peut toujours se maintenir sans défaillance sur les sommets de la perfection et, nous tous qui travaillons à nous sanctifier, avons la triste expérience de ces inconstances qui nous affligent.Notre volonté, comme les horloges, a besoin d’être remontée régulièrement pour garder la calme, mais inflexible continuité de son élan, en dépit des impressions si changeantes qui viennent faire osciller ses aiguilles.La retraite du mois a donc toute l’importance d’une clef pour régulariser le mécanisme de notre vie intérieure, qui exige, comme ceux de l’ordre matériel, d’être huilé dans ses divers rouages, d’être vérifié et resserré au besoin, pour prévenir la brusque rupture d’une pièce parfois bien minime, mais qui n’en cause pas moins de mortels accidents.A cet examen consciencieux, la retraite du mois nous offre l’avantage de nous appliquer sous le regard de Dieu, dans un plus profond silence et une solitude intérieure favorable aux inspirations divines : « Je te conduirai dans la solitude et là je te parlerai au cœur.)) (Osée, II, 14.) De plus, elle s’impose à ceux-là surtout qui sont livrés à une activité débordante, dont le ministère est surchargé, et qui n’ont guère le loisir de penser à eux-mêmes au cours de leur journée au programme serré et toujours très lourd de responsabilités.Quel bienfait de s’arracher, au moins une fois le mois, aux exigences terribles et accablantes de ces nombreuses œuvres, pour un jour de repos à l’écart : Venite seorsum in desertum locum., Mc, 6, 31.N’est-ce pas le Christ qui les y invite dans son évangile ?Appel émouvant du Père, conviant ses fils au foyer, pour y respirer l’atmosphère salutaire et réconfortante de la maison familiale.Comment ne pas nous rendre à un désir si plein d’amour et tout ordonné à notrf" plus grand bien spirituel, et même à notre santé physique.Bien que cela semble paradoxal, ce jour de retraite, pout être fécond, doit être préparé par une petite retraite intime.Songer, dès la veille, au bonheur de ce contact plus immédiat avec Dieu, lui dire notre contentement et nos désirs de nous livrer sans réserve à l’action de son Esprit, par les mains de Marie, et confier à cette bonne Mère notre retraite du lendemain, car nul mieux que cettç 298 LA VIE DES COMMUNAUTES RELIGIEUSES divine Maman ne s’y entend pour cette tâche délicate qui lui cause d’ailleurs une vive allégresse.Une telle pratique nous établit déjà dans la joie et la confiance.Quels sont les éléments, la matière de cette retraite mensuelle ?D’une façon générale elle en comporte deux : le travail de notre perfection et la préparation à la mort.Le premier élément varie avec le degré d’avancement de chaque âme, avec son orientation spirituelle, avec ses vertus et ses défauts, ses luttes et ses aspirations.Cependant, la récollection mensuelle doit être pour tous l’occasion d’un retour aux dogmes fondamentaux de notre vie chrétienne et religieuse ; elle devrait toujours nous ramener d’instinct à la synthèse magnifique du plan divin de notre création, de notre rédemption et de notre glorification future, car plus cette synthèse sera profonde, lumineuse, plus elle se détachera en relief sur le décor de nos autres tendances ou pensées intimes, plus notre foi dans la paternité divine et notre filiation dans le Christ deviendra ferme et génératrice de sentiments et d’actes dignes de cette élévation surnaturelle ; plus notre espérance s’affermira par la contemplation de notre union au Christ mystique avec toutes les conséquences qui en résultent pour notre vie pratique.Enfin, notre charité s’enflammera à la vue des efforts inouïs de Dieu pour reconquérir le cœur de ses enfants égarés.Dieu a tant aimé le monde qu'il lui a donné son Fils unique, Jn 3.A la lumière de cette forte synthèse chrétienne, il est parfois très avantageux de concentrer nos méditations sur une vertu unique, par exemple la charité fraternelle, ou l’obéissance religieuse, et de faire converger toutes les activités spirituelles de cette journée : oraison, messe, communion, chapelet, chemin de la croix, invocations spontanées en allant et venant, d’orienter dis-je tous ces exercices vers cette vertu particulière, de manière à créer une atmosphère toute saturée de son parfum pour goûter davantage et affermir notre volonté de l’acquérir coûte que coûte.Quelles réalités à étreindre que celle de la substitution de Jésus dans le prochain ou dans l’Autorité.Tout ce que vous Jerez au plus petit d'entre les miens, c'est à moi que vous leferez, Mt 14, 40 ; Celui qui vous écoute m'écoute, Le 10, 16.Quand la retraite n’aurait pas d’autres thèmes que ces deux vérités fondamentales, d’où découle toute notre perfection chrétienne et religieuse, elle serait justement motivée. LA RETRAITE DU MOIS 299 Pour perpétuer cette atmosphère, et demeurer sous l’influence des lumières reçues, un excellent moyen est de choisir ce point bien spécial comme sujet d’examen particulier, car plus nous y fixerons notre attention en permanence et plus nous agirons (( comme si )) nous avions déjà la vertu acquise, par un effet de volonté que la grâce rend toujours possible, nous arriverons sans aucun doute à créer en nous une habitude nouvelle, et toutes nos énergies psychologiques étant tournées de ce côté, à élever ce sentiment presqu’au degré de la passion, de l’idéal, et cette idée cristallisante sera notre grande joie et notre grande force.Le second élément de la retraite est la préparation à la mort> pratique devenue prudente sagesse en notre siècle de vitesse où la mort elle-même ne trouve presque plus le temps de mourir ! Que d’âmes religieuses sont lancées précipitamment dans leur éternité.Cependant, la mort imprévue n’est qu’apparente, si elles ont bien fait leur préparation mensuelle avec renouvellement des promesses du baptême et de leur formule de profession et, en plus, l’acte d’acceptation de la mort, offrande anticipée de sa vie, selon les desseins de Dieu.Nos âmes ne sont-elles pas les épouses du Christ ; comment dès lors la mort leur serait-elle un sujet de crainte et d’angoissé.Bien au contraire, la véritable épouse souhaite, avec l’Apôtre, abandonner sa tente corporelle, pour être réunie enfin à celui qu’elle a cherché à trouver ici-bas dans les ombres de la foi, pour goûter dans l’ineffable face à face de l’éternité la réalité des promesses divines.Les quelques heures du jour de la retraite s’écoulent avec rapidité, et la tâche quotidienne nous attend dès le lendemain.Mais, n’est-il pas vrai qu’elle semble avoir changé de visage, où plutôt c’est nous qui avons allumé notre lanterne, en avons ravivé la flamme en y jetant l’huile d’un plus grand esprit de foi et d’un plus ardent amour.La retraite a ses fruits savoureux, c’est un tonique qui restaure la santé morale, lui restitue son élan du début, c’est un apéritif qui redonne le goût de la perfection, ou l’intensifie sans mesure.Après l’avoir absorbé, l’amour de notre vocation grandit, notre rôle de co-rédempteur et co-rédemptrice nous apparaît plus sublime que jamais, et nous nous sentons disposés à faire toute notre petite part qui se réduit à laisser faire le bon Dieu, pour atteindre aux sommets de la sainteté, de l’union mystique, gage de notre éternelle félicité dans le Ciel.Riviére-du-Loup Une Clarisse HISTOIRE uunion Romaine Des uRsuunes sous pie x Cette période pourrait être qualifiée d'initiative ¦pontificale.Le pontificat du grand et saint pape Pie X fut remarquable par de nombreuses initiatives.On n’a qu’à se rappeler certains documents de cette époque : Motu proprio sur la Musique Sacrée (1903), Motu proprio sur l’Union des Ursulines (1905), Décret sur la Communion fréquente (1905), Décret pour l’admission des petits enfants à la première communion (1910), Décrets pour la Codification des lois ecclésiastiques.etc.A peine monté sur le Siège Apostolique, Pie X prenait en mains l’affaire de l’Union Romaine des Ursulines.1) — Décret dyapprobation des Constitutions, 14 septembre, 1903.La Sacrée Congrégation des Evêques et Réguliers, le 14 septembre 1903, approuvait pour trois ans, à titre d’expérience, les Constitutions de l’Institut des Sœurs Ursulines, telles que soumises à cette Sacrée Congrégation (14).Dans les derniers jours de Léon XIII la Sacrée Congrégation avait approuvé l’Union des Ursulines, et dans les tout premiers jours du règne de Pie X, la même Sacrée Congrégation approuvait sans tarder les premières Constitutions de l’Union.On sent déjà que Rome est satisfaite, et que le Saint-Siège appuie cette nouvelle orientation.L’important document pontifical suivant va l’exprimer d’une façon non équivoque.2) — Motu proprio de Pie Xy 8 mai, 1905 (15).Ce document mérite une attention spéciale (15).Voyant l’importance du problème et voulant exprimer aux intéressés tout l’attachement qu’il y portait, Pie X, par initiative personnelle, publie son Motu Proprio « Apostolicae S edi )).C’est une exhortation pressante à toutes les Maisons d’Ursulines de se rallier à l’Union Romaine.Après une simple lecture du Motu proprio de Pie X, on est porté à se demander comment il se fait que l’on ne soit pas plus avancé dans la voie de l’Union Romaine des Ursulines.Mais il faut savoir attendre, comme Rome elle-même sait attendre.14.Règle et Constitutions de l'Union Romaine, p.278.15.Règle et Constitutions de l’Union R., p.279 à 281. l’union romaine des ursulines sous pie X 301 a) Le Motu proprio rappelle que durant les années précédentes on avait résolu d’apporter une adaptation devenue nécessaire, pour mieux assurer l’éducation des jeunes filles confiées aux Ursulines.C’était la pensée de Léon XIII que l’Ordre de sainte Ursule, dans son état ancien, c’est-à-dire, avec ses maisons indépendantes et sans relations mutuelles, (( ne répondait plus parfaitement aux nécessités des temps nouveaux )>.Et le Motu proprio d’ajouter : (( Surtout parce que les monastères dont l’Ordre se compose, étant chacun pleinement autonome, ne pouvaient ni se prêter aide et secours réciproque, ni s’exciter par une émulation mutuelle à des projets plus grands et plus beaux ; c’est pourquoi Léon XIII estima qu’il fallait apporter à cet état de choses d’opportuns et salutaires remèdes )) (16).Dans la célèbre Encyclique II fermo proposito, document initial dans la longue et lumineuse série des documents pontificaux sur l’Action Catholique, le même Pie X rappelle un principe d'adaptation, que l’Eglise s’est toujours efforcée d’appliquer au cours des siècles.(( L’Eglise, écrit Pie X, en sa longue histoire, a toujours et en toute occasion lumineusement démontré qu’elle possède une vertu mçrveilleuse d’adaptation aux conditions variables de la société civile : sans jamais porter atteinte à l’intégrité ou à l’immutabilité de la foi, de la morale, et en sauvegardant toujours ses droits sacrés, elle se plie et s’accomode facilement, en tout ce qui est contingent et accidentel, aux vicissitudes des temps et aux nouvelles exigences de la société )) (17).C’est ce même principe que le Pape applique à la vie des Institutions religieuses, qui sont au service de l’Eglise, c’est ce même principe qui a inspiré le Motu proprio Apostolicae Sedi, de Pie X, dans le dessein d’étendre l’Union Romaine aux Ursulines.La (( consultation )> que contenait la lettre du Cardinal Van-nutelli, en 1899, auprès des Evêques et de toutes les Maisons d’Ursulines, donna le résultat rapporté plus haut : Quelque soixante-dix monastères acceptèrent volontiers l’Union.b) Pie X rappelle aussi que l’Union, ayant son siège principal à Rome, a rencontré l’approbation empressée du Saint-Siège.16.Ibid., p.279.17.Actes de Pie X, édit.La Bonne Presse, vol.II, p.94. 302 LA VIE DES COMMUNAUTÉS RELIGIEUSES Aussi le Pape exprime-t-il sa singulière bienveillance et sa grande joie de voir grandir l’Union (18).Pour souligner de façon encore plus paternelle son intérêt à l’œuvre naissante, le Souverain Pontife accorde une indulgence plénière à gagner au jour anniversaire de l’approbation de l’Union Romaine des Ursulines, soit le 28 novembre (19).Ce seul fait est d’une très haute signification et prouve jusqu’à quel point le Saint-Siège appréciait l’Union des Ursulines.c) De plus, le Pape déclare que déjà, depuis à peine six ans, l’Union des Ursulines a produit d'heureux fruits.(( Ayant constaté par Nous-même les fruits abondants que l’Union des Ursulines a portés, et prévoyant encore de plus abondants dans l’avenir, nous approuvons de nouveau et confirmons très pleinement de Notre Autorité, non seulement cette Union si heureusement commencée, mais encore les Constitutions données à l’Institut.» (20).Comme on le voit, Pie X ne ménage pas les expressions de sa paternelle satisfaction.d) Puisqu’il en est ainsi, le Pape exprime son désir très net que toutes les maisons d'Ursulines, non encore ralliées à l’Union, donnent leur adhésion.« On voit facilement par là, dit Pie X, combien nous désirons que, grâce à un nombre toujours croissant d’adhésions, cet Institut, — aux débuts si heureux, s’achemine vers de nouveaux progrès et prenne une plus large extension.C’est pourquoi nous exhortons très vivement les Communautés, 18.Règle et Constitutions de l’Union R., p.280.19.Volentes insuper specialibus favoribus dictum Ursulinarum Institutum augere, omnibus et singulis ejusdem Instituti Sodalibus redeunte anniversaries die, qua Ursulinarum unio ab Apostolica Sede adprobata fuit, videlicet die 28 novembris, in perpetuum plenariam omnium peccatorum suorum indulgentiam et remissionem misericorditer in Domino impertimus.Ibid.p.280.20.Nunc vero, quum uberes fructus, quos Ursulinarum conjunctio peperit, per Nos ipsos perspexerimus, quumque uberiores, quos in futurum est paritura, prospiciamus ; Nos non solum unionem hanc féliciter initam, sed et Constitutiones eidem Instituto datas, auctoritate Nostra iterum plenissime adprobamus et confir-mamus, illisque perpetuce et mviolabilis Apostolica firmitatis robur adjicimus.Ibid.p.280. l’union romaine des ursulines sous pie X 303 qui sont restées jusqu’ici en dehors de l’INSTITUT à vouloir s’y agréger.)) (21).Le Pape va même plus loin, quand il écrit : ut Institutum tam fauste incoeptum, aucto in dies adhœrentium numéro, in majus provehatur, latiusque pateat.Quapropter vehementer adhortamur illas, quœ adhuc extra Institutum versantur, jamilias, ut sese eidem adsciscere velint.Ibid.p.280.22.Neque dubitamus quin Venerabiles Fratres Nostri Episcopi, in quorum diœcesibus hujusmodi Ursulinarum domus existant, non solum earumdem votis obsecundent, verum etiam conctantes, si qua fuerint, ad optatam consociationem suaviter flectant.Ibid.p.280.23.Persuasum plane habentes quod dicti Instituti Constitutiones ita sint concinnata ut quarumlibet nationum consuetudinibus atque indoli aptissime con-gruant.Ibid.p.280. SPIRITUALITÉ SR J€fln-BflPTIST€ F.C.S.P.€T L€ VOeU D’fiBRHDOn J.M.J.12 nov.1949.Ma chère Sœur M., Reçu le livre de l’abbé Combes, ainsi que votre bonne lettre du 5 courant, dont chaque ligne m’a intéressée.Le style de l’abbé Combes est savant et ses tours de phrases ont parfois besoin d’une grande attention pour être goûtés.Je dis comme vous : (( il fend un cheveu en quatre )), mais sa psychologie est remarquable et je crois qu’il fait beaucoup de bien aux intellectuels.Moi-même, j’ai goûté ses ouvrages mais j’aime mieux plus de simplicité dans le style, surtout quand il s’agit de petite Thérèse.Vos réflexions sur l’opuscule du Vœu d'abandon me paraissent bien fondées.Là aussi, l’auteur « fend un cheveu en quatre ».Tous ces détails m’embrouillent dans la pratique de l’abandon.Je crois que si l’âme se DONNE, S’ABANDONNE TOTALEMENT et dans une pleine sincérité de volonté, elle n’a pas besoin de tant d’explications : son amour pour Jésus lui fera connaître et même sentir en quoi et comment vivre d’abandon à lui.Et pour bien s’abandonner, iJ suffit de livrer sa volonté propre, d’être prêt à tout souffrir plutôt que de mépriser délibérément une grâce et de reculer sciemment devant un bon plaisir divin connu.Une volonté divine douteuse n’oblige jamais.Un manque de délibération n’est pas plus une faute en matière d’abandon qu’en toute autre matière.Je vous assure que je me simplifie ! Jamais mon vœu d'abandon ne m’a causé le moindre trouble intérieur, et j’en remercie Jésus, car c’est LUI qui me l’a inspiré et qui m’aide à le vivre.Seulement, je suis encore loin de le comprendre et de le pratiquer au parfait : avec le temps, cela viendra.On n’a qu’à suivre la lumière du moment présent et rester en paix.Je ne suis pas trop surprise de la façon dont Jésus vous a traitée durant votre retraite ; il a de ces bons tours à nous jouer, pour voir si c’est LUI SEUL que nous voulons, ou notre propre contentement.J’ai goûté ça, moi aussi, à ma retraite de janvier et, quelques semaines plus tard, j’étais (( renflouée » et reprenais ma vie spirituelle avec entrain.Pourvu que notre volonté reste SR JEAN-BAPTISTE F.C.S.P.ET LE VOEU D’ABANDON 305 droite et orientée vers LUI, qu’importe le reste ?C’est en ces épreuves que le saint ABANDON est utile : il nous donne la paix, tout en opérant cette mort à soi-même qui est la vraie VIE EN JESUS.Merci des bonnes nouvelles (conversions, etc.) que vous me donnez.Cela me réjouit beaucoup.Vous payez cher, mais Jésus a payé plus cher encore.Oh ! oui, souffrons pour les pauvres pécheurs, pour les âmes sacerdotales surtout.Ce fut l’œuvre de la vie de notre Thérèse : voilà sans doute pourquoi elle fournit à ses amies des occasions de s’immoler pour la même cause.Je ne suis pas malade, mais je combats le rhume, sans toutefois être privée du bonheur de travailler et de suivre le train commun.Ma pauvre santé est ma seule croix : je la chéris.Comment songer à faire du bien sans souffrir ?Cela serait un non-sens.Que Jésus se réveille pour vous et vous fasse sa plus tendre caresse ! Il souffre lui-même de ne pouvoir toujours nous faire sentir combien il nous aime.En lui, tendrement.Montréal Sœur Jean-Baptiste.nécROLOGie RR.FF.Maximilien-Aimé, Manuel-Étienne, F.É.C.— R.P.Joannes Kœbele, O.F.M.— RR.FF.Bérard Barré, Franciscus Darpel, Séraphin Silva.— RR.PP.Germain Houle, Henri Morisseau, Donat Poulet, O.M.I.— RR.SS.Marie-de-Lorette, Marie-Emmanuel, A.S.V.— R.S.Marie-de-Saint-Honorat, B.P.— RR.SS.Marie-Henriette-Elzire Valin, Marie-Marguerite Adèle MacDonald, Marie-Béatrice Parent, Marie-Rose-Anna Papin, C.N.D.— RR.SS.Marie de Jésus, Marie-du-Perpétuel-Secours, D.E.J.— RR.SS.Agnès de Rome, Julitte Doucet, Fulgence, Henrianna, Marcienne, Marie-Azélie, Paul-Conrad, Paul-Gilbert, F.C.S.P.— R.S.Marie de St-Flavien, F.M.M.— R.S.Marie-Louise Élisabeth Rémillard, O.S.A.— R.S.Marie-Florencia, P.M.— R.S.Gérardine Fortin, P.F.M.— R.S.Marie Mechtilde, P.F.S.J.— RR.SS.Saint-Camille-de-Lellis, Saint-Josaphan, P.S.S.F.— RR.SS.Bernadette Giguère, Florence Harwood, R.H.S.J.— R.S.Marie Arthémise Boily, R.S.C.— RR.SS.Eugénie Bel-court, Marie-Louise Dumas, Aurore Gagnon, Philomène Michaud, Honora Riordan, Victoire Séguin, S.G.M.— R.S.Emile Bibeau, S.G.S.H.— RR.SS.Marie-Archibald, M.Charles Joseph, M.Eugénie de Rome, M.-Léa de Rome, Marie-Léonie, SS.NNJ.M.— RR.SS.Anne-Émélie Chabot, Anna de Grandpré, Marie-Anne Guérin, Florida Laforest, Simonne Lalongé, Claire Lamarre, Florida Malo, Alece Prévost, Yvonne Serré, S.S.A.— RR.SS.Marie-Louise Guertin, Sarah Ann McDonell, Marie-Louise Quevillon, S.S.C.— R.S.Sainte-Ernestine, S.S.C.M. LES COMMUNAUTES DE CHEZ NOUS L€S P€R€S DU SfiinT-€SPRIT (C.S.Sp.) Parmi les provinces religieuses canadiennes, celle des Pères du Saint-Esprit est une des plus récentes (1946).La VIE DES COMMUNAUTÉS RELIGIEUSES est heureuse de présenter aujourd’hui la notice sur ces religieux, assez peu connus dans leur principale activité, celle de missionnaires.Us ont d’abord la caractéristique d’avoir eu pour ainsi dire une double fondation : comme société de prêtres séculiers par CLAUDE POULLART DES PLACES en 1703, puis comme religieux missionnaires par le P.LIBERMANN en 1848.CLAUDE POULLART DES PLACES (1679-1709) était né en Bretagne, d’une famille de magistrats.Décevant dans un sens les espoirs de ses parents, il se dirigea vers le sacerdoce en même temps que son ami intime S.Louis Grignon de Montfort.Avant même d’être urètre, comme diacre, M.POULLART DES PLACES fonda en 1703 le jour de la Pentecôte le séminaire des Pauvres escoliers sous le nom de Séminaire du St-Esprit.A une époque où cela était bien nécessaire, il groupait sous la direction des associés (membres même de la société), des séminaristes trop pauvres pour réaliser leur idéal.Cette œuvre bénie de Dieu, prit un essor rapide.Les Spiritains ou leurs élèves, empreints de leur esprit, furent bientôt connus comme des amis des jésuites, des « romains )) anti-gallicans et anti-jansénistes.Mais la Providence allait peu à peu les orienter vers un champ plus spécial.L’aumônier général des Colonies, ne trouvant plus au Séminaire des Missions étrangères le nombre voulu de sujets pour les Colonies (Sénégal, Antilles, Canada et Acadie) puise ses recrues au Séminaire du St-Esprit.A part de rares exceptions, c’était des élèves, non des « associés ».C’est là une partie bien mal connue de l’histoire de l’église canadienne.Et pourtant en 1771, l’abbé de l’Ue Dieu écrivait : « Pendant 38 ans que j’ai été chargé, en qualité de Vicaire général de toutes les missions françaises et sauvages du vaste et immense diocèse de Québec, dans l’Amérique Septentrionale, je n’ai jamais fait passer que des sujets formés au Séminaire du Saint-Esprit.Tous ont dépassé mes espérances sans que jamais aucun ne se soit démenti ».Le P.Albert DAVID, c.s.sp.qui a fait une étude sérieuse LES PÈRES DU SAINT-ESPRIT (c.S.SP.) 307 de ce point de notre histoire (1) établit une liste certaine de vingt-deux prêtres qui sont venus ainsi dans l’Amérique du Nord française et qui ont reçu leur formation au Séminaire du Saint-Esprit.Aussi, ce Séminaire devint-il bientôt le Séminaire colonial et fut-il enrichi par le Roi, de privilèges légaux très amples.Malheureusement la Révolution porte à cette œuvre, comme à bien d’autres, des coups dont elle eut grand’peine à se remettre.Aux environs de 1840 c’était un cadre brillant mais peu rempli.A ce moment, Dieu avait inspiré à un juif converti, François-Marie-Paul LIBERMANN, de fonder une œuvre consacrée à la conversion des Noirs : les PP.du St-Cœur de Marie.Cette fondation avait pris de la vitalité dès le début et avait envoyé en Afrique (Côte du Gabon, de la Liberia, du Sénégal et à l’Ile Maurice) les premiers missionnaires de l’ère moderne des missions d’Afrique.Voyant d’une part, le Séminaire du St-Esprit, un cadre canonique et légal et de l’autre, les PP.du St-Cœur de Marie, une société pleine de promesses, les deux voués à l’apostolat des Noirs en Afrique et aux Antilles, Rome jugea qu’il était expédient d’unir les deux.Ce qui se fit en 1848, sous la direction du P.Li-bermann, et de cette fusion sortirent les PP.du Saint-Esprit et du St-Cœur de Marie, société religieuse à vœux simples, non exempte, mais de droit pontifical.Tout en apportant aux diocèses coloniaux (Martinique, Guadeloupe, Haïti, Réunion, Maurice, Iles du Cap Vert) le secours approprié à une situation difficile, les Pères du St-Esprit ont ouvert le continent noir à l’évangélisation.Précédant Livingston et bien avant Stanley et Brazza, Mgr Kobès au Sénégal, Mgr Bessieux au Gabon, le P.Horner à Zanzibar, le P.Duparquet au Congo portugais, furent les premiers de tous ces missionnaires spiritains d’Afrique.Aujourd’hui les Pères du Saint-Esprit, avec les fils du Cardinal Lavigerie, restent les premiers missionnaires de la race noire.En 1949, leur champ d’opérations s’établit comme suit : en Afrique et les îles avoisinantes : 6 diocèses, 20 vicariats apostoliques, 3 préfectures apostoliques, 1 mission indépendante (sans prélat).1.A.David, c.s.sp.Les Missionnaires du Séminaire du Saint-Esprit à Québec et en Acadie au XVIII.s., Paris 1926. 308 LA VIE DES COMMUNAUTÉS RELIGIEUSES aux Antilles et Amérique du Sud : 2 diocèses coloniaux, 3 vicariats apostoliques et des établissements isolés : Trinidad, Haïti et Porto Rico.s aux Etats-Unis : 42 œuvres de noirs.leur personnel : 5 archevêques (dont le Délégué Apostolique de l’Afrique française), 29 évêques, 4 préfets apostoliques, 4,700 profès (Pères, Scolastiques, Frères), 11 Provinces religieuses.La Province canadienne des Pères du St-Esprit compte actuellement 22 missionnaires répartis comme suit : Bénoué {Nigeria) : 8 Pères, 1 Frère ; Guinée française : 1 Père ; Douala {Cameroun) : 2 Pères, 1 Frère ; Nova Lisboa {Congo Portugais) : 1 Père ; Ile Maurice : 3 Pères ; Haiti {Port-au-Prince) : 2 Pères, 1 Frère ; Guadeloupe : 1 Père ; Martinique : 1 Père.Maisons au Canada: 4 dont la Maison provinciale, 3136, boulevard de Westmount, Montréal, 6.Admission : Les Pères du St-Esprit reçoivent des Novices clercs et des Novices Frères.Il est entendu que tout candidat qui se présente est avant tout admis comme aspirant missionnaire.Montréal Un Père du S.-E.COMPTE RENDU Thonnard, F.-J., A.A., Précis de Philosophie en harmonie avec les sciences modernes.Paris, 1950.18.5cm.viii—1791pp.Desclée et Cie.250 francs belges.L A.qui a déjà publie Precis d’Histoire de la Philosophie et Extraits des grands Philosophes nous livre cette fois les fruits de ses longues années d’enseignement.Il divise son ouvrage en 4 traités : Logique pp.23-203 ; Philosophie naturelle pp.205-1118 ; Métaphysique pp.l 119-1343 ; Morale pp.1345-1731.Sans négliger les doctrines métaphysiques, il développe largement les questions modernes appartenant à la psychologie expérimentale, à l’économie et à la sociologie ; il en montre l’harmonie avec les conclusions démontrées, dans le but de rassurer le bon sens et la foi.Aussi sert-il à souhait le séminariste cherchant les doctrines métaphysiques indispensables a la théologie et l’aspirant au baccalauréat désireux d’être renseigné sur les problèmes actuels.Bien plus, il ne manquera pas d’intéresser les personnes cultivées.Les étudiants en philosophie qui se servent ordinairement d’un manuel latin y trouveront l’heureux complément d’un exposé français.En recommandant fortement ce volume, nous félicitons les éditeurs de lui avoir donné un format et une présentation attrayants.Montréal Adrien-M.Malo, O.F.M. DROIT DES RELIGIEUX imPORTflirr discours dê pic xii AUX RCLIGieUX Le 8 décembre dernier, S.S.le pape Pie XII recevait en audience spéciale les religieux qui ont pris part à la semaine d’étude, tenue à Rome du 26 novembre au 8 décembre, sur les états de perfection reconnus dans l’Eglise.A cette occasion, le pape prononça un discours remarquable à plusieurs points de vue.Au moment d’aller sous presse, j’en reçois le texte latin distribué immédiatement après l’audience.Nos religieux et nos religieuses seront heureux d’en connaître sans retard les points saillants.Dans l’exorde, le pape affirme trois faits : le succès de l’Année Sainte, supérieur à toute prévision humaine, démontre la vie abondante de l’Eglise catholique ; les religieux pour la première fois se réunissent en congrès pour y traiter de leurs problèmes communs ; au jugement du pape, un tel congrès était devenu nécessaire à cause des nouvelles conditions de vie que l’Eglise doit subir, à cause de certaines fantaisies doctrinales concernant les états de perfection, à cause des travaux apostoliques entrepris généreusement par les religieux, enfin à cause des besoins urgents qui se font sentir.Puis le discours aborde cinq questions inégalement développées.La première veut déterminer la place occupée dans l’Eglise par les Ordres et les Congrégations religieuses.Jésus a fondé une Eglise hiérarchique : d’un côté le clergé, d’un autre côté le laïcat.L’état religieux se place entre ces deux degrés parce qu’il fait sienne la fin propre de l’Eglise qui réside dans la sanctification des hommes.L’état religieux n’est réservé ni aux clercs ni aux laïques puisque les uns et les autres peuvent être religieux.(( Il se trompe donc, dit Pie XII, celui qui en jugeant les fondements posés par le Christ dans la constitution de son Eglise, pense que la foi me particulière du clergé séculier a été comme telle établie et sanctionnée par le divin Rédempteur, tandis que la forme particulière du clergé régulier, bonne et approuvée, est secondaire et auxiliaire.Aussi considérant l’ordre établi par le Christ, aucune forme particulière des deux clergés ne possède de prérogative découlant du droit divin puisque le même droit 310 LA VIE DES COMMUNAUTÉS RELIGIEUSES ne place aucune forme avant l’autre.)) Le Christ a laissé à l’Église de déterminer la différence des deux clergés, leurs relations mutuelles et les travaux qu’il faut confier à chacun.Il est arrivé assez souvent que dans certains territoires tout le clergé soit régulier ; il ne faut pas croire que cette situation soit extraordinaire, anormale et temporaire et que dès que ce sera possible ce territoire devra être remis au clergé séculier.Le deuxième point aborde la manière selon laquelle les clercs et les religieux doivent tendre à la perfection morale de leur vie.Le pape déclare contraire à la vérité l’avancé suivant : L’état clérical comme tel et parce qu’il procède du droit divin, à cause de sa nature ou au moins d’une certaine exigence de sa nature, exige la pratique des conseils et pour cela doit ou peut être appelé état de perfection à acquérir.Le troisième point définit les raisons de se faiie religieux.Il ne s’agit pas de juger les motifs qui en fait poussent à entrer en religion ; il s’agit plutôt de formuler la raison principale et vraie qui conduit à la vie religieuse.Cette raison ce n’est ni la fuite du monde ni une abnégation ruineuse de la personnalité.Sur l’obéissance, le pape énonce des idées vigoureuses et bienfaisantes que je ne pourrais résumer sans les énerver.Le quatrième point examine un problème brûlant : les relations qui doivent exister entre les œuvres extérieures et la vie intérieure.Non seulement elles s’appellent mutuellement mais elles doivent marcher de pair d’un pas égal et dans un degré égal.Enfin le dernier point traite de l’adaptation aux besoins du monde contemporain.Les fondateurs d’Ordres et de Congrégations se sont proposés de porter au monde de leur temps les remèdes nécessaires.Pour rester fidèles à l’idéal de leurs ancêtres, les religieux doivent connaître les opinions, les mœurs, les jugements des personnes au milieu desquelles ils vivent ; s’ils y trouvent quelque chose de bon et de juste, ils s’en empareront ; autrement ils ne pourront pas éclairer, aider, soutenir et diriger leurs contemporains.Peut-être à bon droit certains discernent chez nos contemporains trois traits caractéristiques : largeur de vues dans la pensée et les délibérations ; unité dans les plans et l’organisation ; rapidité dans l’action.Ces trois traits se trouvent déjà chez ceux qui professent la foi catholique.La largeur de vues est indiquée IMPORTANT DISCOURS DE PIE XII AUX RELIGIEUX 311 dans ce texte de saint Paul : Tout vous appartient, vous appartenez au Christ et le Christ est à Dieu.L’unité se retrouve dans cet autre texte du même apôtre : Dieu est tout en tout.Enfin l’agilité et la vivacité de l’action découlent de ce texte de l’apôtre saint Paul : Celui qui après avoir mis la main à la charrue regarde en arrière ri est pas apte au royaume de Dieu.Le tout se termine par un appel vibrant à l’unité et à la fidélité.Cette esquisse prépare les esprits à recevoir religieusement la parole autorisée, forte, providentielle et bienfaisante de notre père commun Pie XII.Montréal Adrien-M.Malo, o.f.m.— LE PROBLÈME DE L’ÉDUCATION AU JAPON SCNM.— Le problème de l’éducation de la jeunesse japonaise est de ceux qui demandent une solution urgente si l’on veut sauvegarder l’avenir du Japon.Pour lutter contre l’emprise grandissante du marxisme, il importe de donner aux jeunes une solide formation morale et religieuse.Or, par décision expresse des Autorités d’occupation et au nom de la liberté de conscience, tout enseignement officiel moral et religieux a été supprimé du programme de l’enseignement.L’école ne peut donner aux élèves qu’une formation purement technique et scientifique.Seules les écoles privées sont autorisées à enseigner la morale et la religion, pourvu que ce soit en dehors des horaires scolaires.Du fait de cette décision, les jeunes japonais ignorent les principes les plus élémentaires de la morale jusqu’à 18 ans, c’est-à-dire jusqu’à leur entrée à l’Université, où cet enseignement est autorisé.Une proposition présentée par des personnalités officielles en vue d’introduire dans l’anthologie des écoles moyennes, à titre purement littéraire, des passages de l’Écriture Sainte et des textes boudhiques s’est heurtée au refus formel des Autorités d’occupation.Celles-ci estiment, en effet, que seules les familles sont aptes à donner aux enfants l’éducation morale.En fait, au Japon cette tâche a toujours été confiée aux maîtres des écoles élémentaires et, dans leur ensemble, les familles ne sont nullement préparées à y faire face.C’est cette carence de l’éducation qui explique l’absence totale de sentiment religieux chez tant de jeunes japonais.C’est elle qui les pousse à chercher dans le marxisme un palliatif au vide spirituel dont ils souffrent.Ceux qui tiennent aujourd’hui en leurs mains le sort du Japon le comprendront-ils avant qu’il ne soit trop tard ?— SCNM. 312 LA VIE DES COMMUNAUTES RELIGIEUSES — PIE XII ET LES EFFETS NUISIBLES DU TABAC Le 14 septembre 1950, le Saint Père a fait cette déclaration dans une allocution devant les membres de la Confédération du tabac venues lui présenter leurs hommages.Il a fait remarquer que bien que l’Église n’ait pas l’autorité directe en cette matière, certains aspects de la question du tabac relèvent de l’ordre moral.« En premier lieu », a-t-il ajouté, « les intoxications et autres accidents qui trop souvent affectent la santé générale ou les organes des fumeurs doivent être réduits au minimum.Les États se préoccupent tant de ce point de vue qu’ils réservent aux premiers lauréats de polytechnique les postes d’ingénieurs des tabacs.(( Un autre aspect moral où la sollicitude de l’Église a lieu de se montrer, concerne le devoir commun à tous de veiller à régler l’usage du tabac de telle manière qu’il s’accorde avec les exigences de la santé physique et morale, avec les possibilités économiques, avec les obligations sociales des individus et des peuples.Votre demande d’être reçus en cette audience spéciale est une preuve que telle est aussi votre pensée et c’est pourquoi, bien volontiers, Nous vous donnons à tous, à ceux qui vous sont chers, avec toute l’effusion de Notre cœur, la bénédiction apostolique ».— 300,000 PRÊTRES CATHOLIQUES SCNM.— Il existe actuellement, dans le monde, 300,000 prêtres catholiques, ce qui représente 1 prêtre pour 7,700 personnes.280,000 de ces prêtres sont affectés aux pays de vieille chrétienté, ce qui représente 1 prêtre pour 1,300 baptisés.Quant aux pays de mission, 20,000 prêtres y ont la responsabilité de 2 milliards de non chrétiens.L’implantation géographique de ces prêtres est variable : 1 pour 400 personnes en Hollande ; 1 pour 500 personnes au Canada ; 1 pour 600 en Belgique ; 1 pour 900 en France, 1 pour 2,100 en Pologne ; 1 pour 8,000 au Brésil et 1 pour 12,000 dans l’ensemble de l’Amérique du Sud.Si on accordait au monde le nombre de prêtres qui existe à Paris, par habitant, il faudrait 2 millions de prêtres et près de 4 millions de collaboratrices religieuses.— SCNM.COMPTE RENDU Blanchette, Albert, O.M.I., Ma Religion que j'ignore.Montréal, Chantecler, 1950.19cm.238pp.Les réponses fournies par ce volume aux questions posées par les lecteurs du iournal hebdomadaire La Liberté et le Patriote, se rapportent au dogme, à la morale, à l’Écriture Sainte, à la liturgie et à l’histoire.Elles ne se retrouvent pas dans les trois volumes de L’Heure Dominicale, pas plus que ce volume ne se présente
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